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IMC anorexie : pourquoi ce n’est pas un bon indicateur dans les TCA

IMC anorexie : pourquoi ce n’est pas un bon indicateur dans les TCA

IMC anorexie : pourquoi ce n’est pas un bon indicateur dans les TCA

Trois petites lettres qui sont pourtant une grande source de stress lorsqu’on souffre de troubles alimentaires, notamment d’anorexie. IMC, c’est l’acronyme d’Indice de Masse Corporelle. Mais ça aurait clairement pu être l’acronyme d’Indice de Mesure de Conneries. 

Le domaine médical donne beaucoup trop d’importance à l’IMC dans le diagnostic des troubles alimentaires, mais aussi dans la guérison. Or, il s’agit d’une maladie mentale… Donc je vois pas bien comment une donnée chiffrée devrait être au centre du diagnostic et de la guérison d’un TCA. 

Bref, je suis certaine que beaucoup d’entre vous se prennent la tête avec cet indicateur. Je suis presque sûre que tu l’as déjà calculé plein de fois, que tu t’es demandé à partir de quel poids tu auras un IMC dit “normal”… Ou pire, tu as peut-être fait le calcul pour t’assurer que tu es bien toujours en sous-poids, comme pour te donner une légitimité à être malade (je sais que c’est la maladie qui te fait faire ça, zéro jugement). Et si tu es dans la catégorie “normal”, tu dois culpabiliser et même te dire que finalement, tu n’es “pas si malade”.

Je le sais parce que c’est ce que j’ai fait quand je souffrais de trouble du comportement alimentaire.

Donc j’ai voulu te faire un article que tu devras relire dès que quelqu’un te dit que tu n’as pas le bon indice de masse corporel pour avoir un TCA, ou que tu te bases dessus pour mesurer la gravité de ta maladie, ta légitimité ou même ta guérison.

À la base, cet article devait être un article court. Mais en faisant mes recherches, j’ai découvert plein de choses intéressantes à te partager. Et j’ai plein de choses à dire sur ce sujet. Donc désolée, mais ça sera encore un article long haha.

Les sombres coulisses de l’IMC

Les informations que je vais te dire là, je les ai découvertes cette année en faisant des recherches sur le sujet. Quand j’étais malade, je ne connaissais pas la sombre histoire qui se cachait derrière cet indicateur et franchement, ça m’aurait bien aidé de la connaître. Donc je te le partage 🙂 

Qu’est-ce que c'est ?

Il s’agit en gros d’un calcul qui établit le rapport entre la taille et le poids d’un individu pour le catégoriser selon différents groupes qui sont : maigreur ; poids normal ; surpoids ; obésité modérée ; obésité sévère. Et donc soi-disant, il s’agit d’une mesure pour établir un indicateur de bonne ou mauvaise santé.

Maintenant, on va revenir sur l’origine.

Cet indicateur a été créé en 1832 par Adolphe Quetelet. Il s’agit d’un Belge qui est mathématicien, statisticien, sociologue, astronome. Bref, c’est pas un médecin ! Mais en fait, à la base, l’IMC ne s’appelait même pas comme ça. ça s’appelait l’Indice de Quetelet. Et d’ailleurs son but était de recueillir des données sur une population. Donc c’était un outil statistique, absolument pas un outil médical. Autre fait important, pour réaliser sa formule de l’indice de Quetelet, ce mathématicien s’est basé sur des participants français et écossais. Donc, il s’est basé sur un échantillon d’Européen blanc. Je le précise car quand même, aujourd’hui, on l’utilise comme indicateur MONDIAL pour toute la population. 

Parce que oui, l’indice de Quetelet est devenu l’IMC. Et ça part d’une expérience célèbre dont j’ai déjà parlé : L’expérience de la famine d’Ancel Keys. Donc en 1972, Ancel Keys a repris l’indice de Quetelet pour son expérience et il aurait donc été le premier a utilisé ce terme dans ses études. Mais une fois de plus, Ancel Keys avait utilisé cet indicateur dans l’étude de la population de son expérience. Il avait même précisé que ça ne pouvait être pris comme indicateur individuel puisque trop de paramètres propres à chaque individu entrent en compte. Il avait souligné le fait que l’IMC ne permettait pas de préciser ni prédire les problèmes de santé d’un patient..

Donc finalement, ces scientifiques avaient fait leur boulot de prévention. Historiquement, c’était donc un outil statistique utilisé par des scientifiques (pas des médecins). Et ces derniers avaient spécifié que ça n’était pas un bon indicateur médical, encore moins pour un diagnostic personnel.

Mais tous ces avertissements, bien que très importants, sont tombés dans la case oubliette.  Pourquoi ? Comment est-ce qu’on en est arrivé à utiliser cet indicateur comme mesure de santé ? 

Entre autre, pour des questions d’argent…

Aujourd’hui, on indique qu’une personne est en surpoids (et donc en mauvaise santé) à partir d’un indice de masse corporel à 25. Pourtant, avant 1998, le seuil de surpoids était de 27,8. Et en 1998, il y a une institution gouvernementale, les National Institues of Health, qui ont décidé de baisser ce seuil à 25. Donc je ne sais pas à quelle date exacte cette décision a été prise. Imaginons que c’était un mardi. Le mercredi matin, il y a eu 29 millions d’Américains qui étaient considérés en bonne santé la veille, qui se sont réveillés dans la case “Surpoids”. Non mais ça montre bien l’absurdité…

Pourquoi il y a eu une “manipulation” de ces chiffres ? Certaines études annoncent que ces directives ont été rédigées en partie par des gros bailleurs de fonds à la tête d’entreprises fabriquant des médicaments amaigrissants. 

Eh oui, dire aux gens que leur corps est en mauvaise santé et qu’ils doivent perdre du poids, ça permet de gagner pas mal d’argent quand tu vends des produits amaigrissants.

Et les assurances aussi ont bien compris que la “mauvaise santé” rapporte de l’argent. Depuis déjà les années 80, beaucoup d’assurances américaines qui utilisaient le calcul de l’IMC pour déterminer la bonne ou mauvaise santé de leurs assurés. Une étude américaine avait révélé que les assurés de la catégorie “Surpoids” payaient en moyenne 22% de plus que celles de la catégorie “Poids normal”.

Bon, je pense que là, vous avez clairement compris que c’est aussi des chiffres manipulés et que ce n’est clairement pas un bon indicateur médical. C’est plus pour servir des objectifs financiers et marketing… 

Mais je vais vous donner d’autres arguments pour vous démontrer que cet indicateur n’est pas fiable dans le domaine des TCA.

Source : https://www.motherjones.com/politics/2014/08/why-bmi-big-fat-scam/

L’IMC dans le diagnostic des troubles alimentaires

Malheureusement, beaucoup trop de médecin utilisent l’IMC comme l’élément central qui permet le diagnostic d’un TCA.

Déjà, les médecins traitants.

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Généralement, ce sont eux que l’on voit en premier : parce qu’on les connait, qu’on se dit qu’il faut en parler au médecin traitant pour être potentiellement redirigé vers le bon thérapeute.

Mais le problème, c’est que beaucoup trop de généralistes ne sont pas sensibilisés aux problématiques des TCA. Et donc ils ne connaissent pas bien, ils sont victimes de plein de clichés, entre autre celui qui dit qu’il faut faire X poids ou X IMC pour avoir un trouble du comportement alimentaire, notamment comme l’anorexie. On associe forcément l’anorexie a un poids faible et donc à un indice de masse corporel faible. Sauf qu’il s’agit d’une maladie MENTALE, pas physique. 

Combien d’abonnés m’ont dit être allés voir leur généraliste parce qu’elles sentaient que quelque chose n’allait pas, qu’elles avaient potentiellement un trouble alimentaire. Et en retour de leur docteur, elles ont eu le droit à des commentaires du genre “Non, vous n’avez pas de TCA, votre IMC est normal” ou “votre poids n’est pas assez faible pour parler de trouble alimentaire”. Donc ces personnes se retrouvent seules, sans aide, sans légitimité de recevoir de l’aide et s’isolent avec leur maladie qui prend de plus en plus de terrain. C’est super grave !

Et c’est problématique au-delà des patients qui viennent en sachant qu’elles ont potentiellement un trouble. Parce que beaucoup de généralistes sont victimes de cliché sur l’IMC et peuvent dire à un patient random  “Vous avec un IMC un peu au-dessus de la norme : il faut perdre du poids, faire un régime, faire du sport”. Donc beaucoup de personnes ressortent de chez le docteur avec ce genre de commentaire alors qu’à la base, elles n’étaient même pas venues pour ça. Et pour certaines personnes, ce genre de commentaire est le début de comportements de restriction, d’hyperactivité. 

Attention, je ne dis pas que les médecins sont à l’origine des TCA. Je n’ai rien contre les médecins traitants, c’est un très beau métier et on en a besoin. Mais à mon sens ils ne sont pas suffisamment sensibilisés aux maladies mentales qui touchent pourtant énormément de monde. En fait, leurs commentaires peuvent être des déclencheurs à des comportements de compensation car ils représentent une autorité importante en qui les patients ont confiance.  

Je vais vous raconter une autre anecdote : dans mon chemin pour la guérison de l’anorexie, j’ai connu la phase de faim extrême où j’ai eu pas mal de compulsion. J’ai eu une otite importante à ce moment-là. J’ai été voir un docteur. Et comme dans son check up habituel, il me demande si je mange bien équilibré, etc. Donc, je lui dis que je souffrais d’anorexie, qu’en ce moment, j’ai des compulsions. Heureusement, j’étais suivi par une psychiatre spécialisée, donc je savais que ces compulsions faisaient partie de la guérison. Et je savais aussi que je reprenais un poids dont j’avais besoin pour guérir, même si c’était clairement super difficile. Bref, ce docteur que j’ai été voir me demande de me peser. Je lui réponds que je ne souhaite pas connaître mon poids car la balance est pour moi un déclencheur à des comportements compensatoires. Il me dit “Ok, alors levez-vous que je regarde votre corps”. Et là, il me dit “Bon va falloir arrêter les compulsions et faire attention à ce que vous mangez. Là, vous êtes bien mais faites quand même du sport.” Même chose, j’étais dans une période où je me sevrais de mon hyperactivité en arrêtant le sport. 

Bref, je suis ressortie en pleurant. “Arrêter les compulsions ?” Il a cru que c’était de ma volonté ? Il n’a même pas cherché à comprendre 2 minutes ce que je traversais dans ma guérison de l’anorexie. 

 

Et en fait, j’ai compris qu’il m’a recommandé ce qu’on m’a diagnostiqué comme trouble alimentaire quand j’étais maigre. En fait, il m’a recommandé sport + contrôle sur mon alimentation. Ce qui était les symptômes de l’anorexie dont les médecins me mettaient en garde quand j’étais maigre. 

Donc on prescrit aux personnes avec une corpulence normale ou plus large ce qu’on diagnostique comme trouble alimentaire à des personnes maigres. 

Ça montre encore une fois à quel point les praticien sont victimes de stigmatisations sur les troubles alimentaires. Et d’ailleurs beaucoup de gens dans la société en sont victimes. Mais quand tu es docteur, c’est plus grave. 

 

En fait, beaucoup de praticiens se permettent de dire à des patients d’une corpulence qui n’est pas en sous-poids des choses qu’ils ne diraient pas à des patients en situation de maigreur. Pourquoi ? Parce que pour eux, ces personnes sont moins “fragiles” que celles en insuffisance pondérale. Mais encore une fois parce qu’ils se basent sur l’apparence et pas le mental. La santé mentale d’un patient, ça ne se voit pas forcément sur son physique. J’imagine qu’ils pensent que leurs commentaires aura moins d’impact puisqu’elles paraissent en bonne santé physiquement. Sauf que c’est faux. Les conséquences sur leur santé mentale sont les mêmes que s’ils l’avaient dit à un patient qui est déjà en insuffisance pondérale. 

Alors c’est sûr pour connaître la santé mentale d’un patient, il faut parler avec elle, prendre plus de temps. Mais au moins, on a tous les paramètres à prendre en compte.

 

Et d’ailleurs, les personnes qui vont voir un médecin en sentant qu’elles ont potentiellement un trouble, elles attendent en retour de l’écoute, de l’empathie, de la réassurance. Utiliser des statistiques ou des calculs pour leur dire qu’elles n’ont pas de TCA, c’est la dernière chose donc elles avaient besoin. 

Dans le milieu médical des TCA :

Bref, là, j’ai parlé des généralistes mais le problème c’est que globalement, même dans le milieu médical spécialisé, on prend encore trop l’IMC comme indicateur phare du diagnostic et de la guérison.  Je me souviens que lorsque j’étais hospitalisée dans un service spécialisé, tout était fait en fonction de cet indicateur. Par exemple, il fallait atteindre tel indice de masse corporel pour avoir une permission, pour pouvoir parler d’une sortie d’hôpital. Et je me rappelle qu’il était calculé en permanence pour voir notre évolution. Après, j’imagine que les médecins ont besoin de statistiques. Mais du coup ça génère une obsession sur les chiffres par les patients. Beaucoup de patients et moi-même d’ailleurs, on se disait il me reste x kilos avant de retrouver un poids santé. Donc en fait on basait notre guérison sur des chiffres, sur notre poids, sur l’IMC. Mais c’est contre-productif quand on y réfléchit. Parce qu’on doit se détacher du contrôle, sur les chiffres, sur notre poids pour se sortir de la maladie. Mais on nous demande indirectement de focaliser notre attention dessus. 

J’en parle souvent mais l’une des clés de ma guérison a été de me détacher de la balance. Et en donnant autant de place à cet indicateur dans le diagnostic et dans la guérison des TCA, les médecins incitent indirectement à garder la balance. Donc en fait c’est comme si on soignait un trouble alimentaire par un trouble alimentaire. C’est-à-dire que lorsqu’on est malade on nous dit il faut se détacher du contrôle, il faut se détacher de son poids donc ce qu’on nous propose pour ça, c’est de contrôler notre poids. 

Après là je dresse un tableau assez dur du milieu médical. Tout n’est pas noir. J’ai rencontré de très bons professionnels qui m’ont sincèrement aidé. Et beaucoup de professionnels spécialisés savent tout de même que ce n’est pas l’indicateur phrase de bonne santé. 

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3 raisons démontrant que ce n’est pas significatif pour juger l’état de santé

Alors, je viens de faire un énorme paragraphe en expliquant à quel point ce n’était pas très intelligent finalement d’utiliser l’indice de masse corporel comme indicateur principal dans les TCA. Mais du coup dans ce paragraphe je vais vous expliquer pourquoi. Il y a 3 raisons principales :

#1 - Il ne prend pas en compte la génétique

La première raison, c’est qu’il ne prend pas en compte la génétique. Pourtant, la génétique influe énormément sur le corps. Et d’ailleurs, il y a plein de coachs, même globalement des entreprises qui vendent des pertes de poids, qui disent que tu peux contrôler ton corps à 100 %. Et moi, je suis pas d’accord avec ça parce que justement, il y a le côté génétique. Et ce qui fait aussi que chaque corps est différent, mais que chaque corps est beau tel qu’il est en fait. Il n’y a pas besoin de d’avoir un modèle à respecter. Et cet indicateur n’est vraiment pas pertinent puisque je vous l’avais dit dans l’origine : le calcul s’était basé sur un échantillon d’individus européens. Donc c’est pas possible qu’une statistique initialement faite pour des Européens soit utilisée pour le monde entier. Tout le monde n’a pas la même génétique dans le monde entier.

#2 - Il ne fait pas la différence entre les muscles, les os et la graisse

La deuxième raison, c’est que par son calcul, il ne fait pas la différence entre les os, les muscles et la graisse. Et donc on en revient à l’histoire de la génétique : quelqu’un qui génétiquement a une masse osseuse plus importante, elle va potentiellement être dans la catégorie “surpoids”. Donc elle va être dans la catégorie “mauvaise santé” alors qu’en fait elle n’a pas trop de masse graisseuse du tout.

#3 - Il ne prend pas en compte les cycles de la vie du corps

La troisième raison, c’est qu’il ne prend pas en compte les différents cycles de la vie du corps. C’est-à-dire que le corps c’est un être vivant qui évolue avec le temps, ce qui est complètement normal. Mais malheureusement la culture du régime nous dit que notre corps doit rester fixe toute sa vie, ce qui entraîne énormément de culpabilité. Mais il y a des périodes dans la vie du corps où l’indice de masse corporel va varier et c’est complètement normal. Je prends l’exemple de la puberté : lorsque l’organisme passe de la phase enfant à la phase adulte, il va avoir beaucoup de changements. Par exemple, les jeunes filles vont prendre plus de graisse corporelle parce qu’elles en ont besoin pour avoir leurs règles et les garçons d’année en année vont également prendre plus de poids, ce qui est entièrement normal. Donc à ces périodes-là, l’IMC connaît plus de fluctuation. De même, lorsque la femme connaît la phase de ménopause, elle peut aussi connaître des variations corporelles qui sont absolument normales.

Donc voilà, il y a énormément de gens qui ont un IMC élevé ou bas et qui sont en très bonne santé. Tout comme il y a beaucoup de personnes qui ont un IMC dans la catégorie poids normal alors qu’elles sont en très mauvaise santé. 

Et si on peut résumer le pourquoi ce n’est pas un bon indicateur médical, c’est parce qu’en fait le corps humain est un organisme et pas une équation de mathématique.

Un IMC “santé” n’est pas égal à guérison

Je vais terminer cet article avec une partie dédiée pour t’expliquer pourquoi se baser sur l’indice de masse corporel est contre-productif pour ta guérison..

Le mythe de l’IMC à 19

Quand je souffrais d’anorexie, j’entendais souvent parler de l’indice à 19. C’était un peu l’objectif de tout le monde j’avais l’impression. C’est-à-dire que j’avais inconsciemment acquis le fait qu’il fallait avoir un indice de masse corporel à 19 pour guérir. Comme j’ai expliqué en introduction, j’avais une vraie obsession sur cet indicateur. Et c’est vrai que je le calculais tout le temps.

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Et quand je me rapprochais de l’indice de masse corporel à 19, sincèrement, j’avais peur parce que j’avais peur de guérir. Et une fois que je l’ai dépassé, bah, je ne comprenais pas. Parce qu’en fait dans ma tête, c’était toujours le chaos et je me sentais toujours aussi malade sauf qu’en plus, il y avait un sentiment d’être illégitime et d’être moins comprise par les autres.

Et en fait, on ne m’avait pas préparé à ça : je veux dire que pour ma part, je n’avais vraiment pas compris, je pense que ce n’est pas parce que tu reprends du poids que tu es guéri. 

Et parfois, j’ai certains abonnés qui viennent me parler et qui me disent ‘mais je ne comprends pas parce que je suis guéri mais pour autant j’ai toujours au tel ou tel symptôme”’. Et en fait, je ne les juge absolument pas puisque comme j’en ai expliqué, j’ai eu le même raisonnement. Mais souvent, je leur dis sur quoi tu te bases pour dire que tu es guéri ?  Et dans la plupart des cas, ces abonnés me répondent “bah parce que j’ai atteint l’IMC normal ou j’ai dépassé mon poids de forme”.

Le problème de se fixer un poids de forme

Et donc j’en arrive à ce fameux poids de forme. Parce qu’en fait, c’est dans la même lignée de ce qu’on est en train de parler. 

Alors qu’est-ce que c’est un poids de forme ?

 En fait, on va dire qu’à votre naissance, votre corps, il est comme programmé pour atteindre un certain poids de forme. C’est là où votre corps se sent à l’aise, où il est en bonne santé. Et ce poids de forme, il dépend de chaque individu, il prend en compte plusieurs facteurs notamment la génétique. Ainsi, ce n’est pas possible d’établir ce poids de forme en fonction de votre âge, de votre taille. Donc ça ne sert à rien d’établir votre poids de forme en fonction de l’IMC. Parce que encore une fois, chaque corps est différent. Il y a un mouvement qui s’appelle Haes, Health At Every Size, qui justement prône le fait que chaque corps est beau tel qu’il est en fait et que la santé elle n’est pas définie qu’en fonction du poids. 

Et en fait le problème, c’est qu’il y a des patients qui vont calculer ce poids de forme pour l’atteindre sans le dépasser. Sauf que ton corps, comme ce n’est pas une machine, lui, il a un fonctionnement biologique. C’est-à-dire que le poids de forme, c’est aussi en fonction des besoins de ton organisme. Ton corps il ne va pas se dire “bah quand j’aurai atteint tel chiffre je vais arrêter de prendre du poids”. Parce que il prend pas en compte la dimension chiffrée lui.  Donc quand tu te fixes un poids de forme, tu peux pas savoir si justement, c’est celui de ton organisme. Et d’ailleurs une autre chose qui est importante à prendre en compte, c’est qu’un poids de forme, ce n’est pas un chiffre fixe. Un poids de forme c’est plutôt une fourchette de poids. Parce qu’encore une fois tu n’es pas une machine il ne dit pas “il faut que je sois à ce tel point fixe”. C’est souvent une fourchette à plus ou moins 5 kg. 

Donc si tu te fixes un poids de forme et que tu le dépasses (parce que ton organisme a besoin de +), tu vas potentiellement mettre en place des comportements de restriction ou de compensation. Donc du coup tu restes dans le contrôle et donc dans ton trouble alimentaire. Restriction et compensation, c’est incompatible avec la guérison. 

En fait pour moi, même si tu es classé dans la catégorie “normal”, tu peux être en sous-poids. Tu as pas besoin d’être maigre physiquement pour être en sous-poids. Je m’explique parce que c’est compliqué à comprendre : si le poids que tu fais actuellement c’est le résultat d’une restriction alors pour moi tu en sous-poids.

Pour moi, tu es en sous-poids peu importe ton poids et ta taille si tu as un poids inférieur à celui que tu devrais avoir naturellement, c’est-à-dire sans restriction ou compensation. 

Pour moi, être en sous-poids, peut arriver à n’importe quel poids. Car on peut ne pas répondre à ses besoins nutritionnels peu importe son poids. 

La récupération du poids n’est qu’une partie de la guérison.

Donc bref pour moi c’est contre-productif de se fixer un indice de masse corporel à atteindre ou un poids de forme à atteindre. Et la raison c’est que la récupération du poids ce n’est qu’une partie de la guérison. C’est ce que j’ai commencé à expliquer au-dessus, c’est que quand j’ai récupéré mon poids, ma guérison elle n’était pas du tout finie.

 D’ailleurs, la perte de poids, ce n’est pas un symptôme systématique dans les troubles alimentaires. Ceux qui sont en insuffisance pondérale et qui souffre de TCA représentent une très très faible minorité.  Évidemment, ce sont plus eux qu’on met en avant dans les médias parce que c’est peut-être plus choquant, que ça interpelle plus et les médias c’est ce qu’ils veulent. Donc la société associe le trouble alimentaire à une apparence très maigre. Mais la plupart des gens qui ont des TCA, ça ne se voit pas en apparence.

La guérison elle est pluridisciplinaire et la reprise de poids ce n’est qu’une partie infime de la guérison. Finalement, la prise de poids, notamment pour les patients qui ont connu une perte de poids, ça fait partie de leur guérison physique mais pas totale. Attention je ne minimise pas ça parce que c’est très important et c’est même nécessaire. Mais il faut prendre en compte que la guérison elle repose aussi sur la déconstruction de schémas de croyance sur son apparence, sur l’alimentation, mais aussi sur des croyances erronées générales dans sa vie.  La guérison, ça passe aussi sur un travail sur ses blessures d’enfance ou sur un traumatisme qui a eu lieu. En fait la guérison, elle est vraiment propre à chacun, donc ça prend en compte plusieurs paramètres qui sont propres à chacun.

Pour moi, la récupération de mon poids m’a permis de retrouver beaucoup d’énergie pour me battre pour la suite de mon combat. Ça m’a permis de donner de l’énergie à mon corps pour restructurer cérébralement toutes mes croyances erronées. Mais clairement quand j’avais retrouvé du poids, j’avais encore besoin d’aide professionnel et même de mes proches. Et ça c’est pas quelque chose que tous les proches comprennent donc c’est important de l’expliquer. Mais moi, j’ai continué d’avoir un suivi professionnel médical même si j’avais récupéré le poids perdu. Et ce pendant plusieurs années. Et c’est là où je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui abandonnent à ce moment-là en se pensant guéri alors qu’en réalité, elles en ont besoin pour justement approfondir vraiment leur guérison et pas rester dans une quasi-guérison 

Je sais sincèrement que ce n’est pas simple parce qu’on se sent vraiment illégitime et moins compris par les autres, mais il faut penser à soi dans ces moments-là. Et vraiment il faut se dire que vous agissez pour votre guérison et que les autres, leur regard, même si c’est difficile, il faut prendre du recul parce que c’est VOTRE vie.

Bon voilà, j’espère sincèrement que cet article vous aura aidé. Notamment si quelqu’un vous a déjà dit que vous n’êtes pas malade avec un IMC comme le vôtre ou que vous avez un poids trop levé pour souffrir de TCA. Et relisez cet article dès que vous vous sentez illégitime de votre maladie avec un IMC “normal” ou en “surpoids”.

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 2 commentaires
Repousse de cheveux : comment l’optimiser après l’anorexie ?

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La perte des cheveux durant l’anorexie est une problématique courante, autant pour les hommes que les femmes. J’ai toujours eu une chevelure assez conséquente, avec pas mal de volume. Quand je suis tombée malade, j’ai bien perdu la moitié de ma masse capillaire. Ma chevelure était sans vie. Un peu comme moi finalement… Et mes cheveux, j’y tiens beaucoup ! Donc je me suis renseignée à fond à l’époque pour retrouver des cheveux en bonne santé. J’ai la chance d’avoir connu une repousse des cheveux assez rapidement après la guérison de mon anorexie. Mais aujourd’hui, j’en prends toujours grand soin. Dans cet article, je vais donc te partager mes petits conseils. Mais je sais que certaines personnes éprouvent plus de difficulté à retrouver une bonne densité des cheveux. Je me suis donc renseignée à fond, auprès de ma coiffeuse aussi haha. Et je vous ai fait un article complet pour comprendre la repousse et donner le max de conseils pour retrouver des cheveux de Raiponce !

Anorexie et chute de cheveux : quels liens ?

Lorsqu’on souffre de trouble alimentaire, notamment restrictif, on a tendance à restreindre ses apports alimentaires, voire à augmenter son activité physique. Les apports sont donc bien en deçà des besoins du corps. L’alimentation devient souvent très sélective, supprimant ou diminuant fortement certaines catégories d’aliments et donc certains nutriments nécessaires à sa bonne santé… L’organisme priorise donc le peu de nutriment qu’il reçoit pour les fonctions essentielles à la survie. La production de cheveux n’en fait pas partie. Le cuir chevelu ne reçoit donc plus les nutriments pour son bon fonctionnement : protéine, vitamines, fer… 

Cela entraîne différentes conséquences : 

  • L’effluvium télogène : il s’agit du terme médical pour désigner le phénomène des follicules pileux (qui sont responsables de la croissance des cheveux) ne recevant plus assez de nutriments, ils entrent en sommeil prématurément jusqu’à la fin de leur durée de vie, entrainant ainsi la chute des cheveux. La perte peut se faire de façon générale à l’ensemble de la tête ou sur des zones plus ciblées.
  • Pelade : qui correspond davantage à des chutes de cheveux en plaque ronde (même si ça peut prendre différente forme). Dans le cadre des TCA, les pelades peuvent être dues au stress émotionnel. Ça peut également être causé par des crises d’angoisses où la personne s’arrache les cheveux (on parle alors de trichotillomanie).
  • Amincissement et perte de volume : ils sont plus fins, plus fragiles en raison du manque de nutriments. Ils paraissent donc plus plats.
  • Fragilité : ils sont beaucoup plus cassants, notamment dû à l’amincissement de la masse capillaire. On peut aussi être davantage sujet aux fourches.
  • Moins d’éclat, ternes : ils perdent en brillance, en mouvement et paraissent plus ternes et secs.

La chute de cheveux vient alors s’ajouter aux problèmes d’image de soi que la personne souffrant de troubles alimentaires a généralement déjà. Notamment lorsqu’on est une femme, où c’est quelque chose qui se remarque davantage par rapport aux hommes.

Retrouver des beaux cheveux après des TCA : est-ce possible ?

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La bonne nouvelle, c’est que c’est possible de retrouver une bonne robustesse capillaire ! Selon le temps durant lequel tu as été en carence, la repousse des cheveux peut être plus ou moins longue. En moyenne, on parle d’au moins 15 à 18 mois pour retrouver une bonne vitalité capillaire totale. Mais entre temps, tu pourras déjà constater une amélioration : ça commence généralement par un ralentissement de la chute, puis les cheveux sont moins fragiles et la repousse est relancée. 

Mais ce qu’il faut retenir, c’est la patience. Ça va prendre du temps, et c’est normal. Il faut garder en tête que notre chevelure reflète la santé de notre organisme d’il y a 3 ou 4 mois. Et autre fait important : on prend entre 1 cm et 1,5 cm par mois. Mais ça, c’est lorsqu’on a tous les bons nutriments, qu’on ne se restreint plus. Donc il ne faut pas compter dans sa tête 1 cm par mois depuis le moment où tu as commencé à remanger (ou à reprendre du poids). Car la maladie ne part pas du jour au lendemain et donc les comportements de restriction & compensation non plus. Il faut vraiment beaucoup d’énergie pour “relancer l’organisme”, bien plus que l’on ne le pense quand on est malade. Donc oui, ça prend vraiment du temps. 

Évidemment, de façon globale, c’est la renutrition et le rétablissement de tous les nutriments en carence qui va permettre de retrouver un bon aspect de ses cheveux. Mais c’est important d’également prendre soin de sa chevelure. On verra tous ça dans les conseils en fin d’article.

Repousse du cheveu : comment ça se passe concrètement ?

Je trouvais ça intéressant de connaître comment fonctionne concrètement la croissance d’un cheveu. Elle se décompose en 3 grands cycles  :

La phase anagène :

C’est la période de croissance active du cheveu et c’est l’étape la plus longue. Elle peut durer entre 2 et 7 ans selon la zone du crâne. Pendant cette période, les follicules pileux sont actifs grâce aux nutriments reçus par les vaisseaux sanguins, entrainant une pousse des cheveux de façon continue.

La phase catagène :

C’est l’étape de transition entre la croissance et l’étape de “repos”. Elle est très courte, en moyenne, elle dure une dizaine de jours. Les cheveux se détachent alors de la papille dermique. Le développement des cheveux ralentit jusqu’à l’arrêt.

La phase télogène :

C’est la période de repos. Les cheveux ne sont plus reliés aux vaisseaux sanguins et ils ne reçoivent donc plus les nutriments. Cette étape dure environ 3 mois. Le cheveu étant inactif, il tombe, laissant place à un nouveau cycle, et donc à un nouveau cheveu.

En moyenne, 85% des cheveux sont dans le cycle anagène, 1 à 2% seulement en catagène et un peu moins de 15% en télogène. Mais cela dépend de différents facteurs comme la génétique et d’autres que je présenterai dans la partie suivante.

Mais la répartition que j’ai donnée juste avant est lorsque la santé de la personne est bonne. Lorsque l’organisme ne reçoit pas suffisamment de nutriment, le pourcentage de cheveux en anagène serait donc logiquement plus faible.

Quels peuvent être les autres facteurs influençant la repousse des cheveux ?

Dans cette partie, je vais parler des différents facteurs qui peuvent influencer, voire faire partie des causes à l’origine de votre difficulté à récupérer une bonne condition capillaire (notamment après 18 mois de renutrition). 

#1 - Les hormones

Les hormones peuvent jouer (aussi) un rôle important dans le développement des cheveux ! (Je dis “aussi” parce que ces derniers temps, j’ai pris conscience de à quel point les hormones nous impactent, c’est incroyable !). 

Conseil n°1 :  Le mieux est donc de réaliser un bilan hormonal auprès d’un endocrinologue pour vérifier les différentes hormones et s’assurer qu’il n’y a pas d’anomalies qui pourraient être corrigées avec un traitement. L’hormone thyroïdienne peut d’ailleurs avoir son rôle : d’où l’importance d’effectuer une vérification du fonctionnement de la thyroïde.

#2 - La circulation sanguine

Une bonne circulation du sang est importante pour alimenter les follicules pileux en nutriment. Une mauvaise circulation peut donc affecter la régénération capillaire.

#3 - Les nutriments

Les carences en nutriments, évidemment. Ces nutriments que l’on retrouve dans les aliments et que je détaille juste après !

#4 - Les facteurs environnementaux

La pollution (selon si tu es en ville notamment) peut faire partie des causes à l’origine d’un manque de vitalité. Quand je vais chez mes parents en campagne, c’est dingue comme mes cheveux graisses moins vite et semblent rapidement plus beaux !). Il y a aussi les saisons qui jouent, notamment en été où le soleil et l’eau chlorée peuvent agresser les cheveux si on ne les protège pas.

#5 - Le stress

ahhhh le stress… encore et toujours ! le nombre de conséquences liées à l’anxiété fait peur. D’où l’importance de travailler sur la gestion de son anxiété. J’en ai fait une vidéo YouTube et un article dédié ici si tu veux. Les angoisses perturbent les hormones, ce qui peut donc affecter la production des cheveux.

#6 - Les traitements capillaires

Les teintures, les ombrés, les tie and dye…et ça aussi, on en parle juste après 🙂 

Les conseils pour favoriser la repousse des cheveux

Bon, on arrive ENFIN à la partie “conseil” ! Mais pour moi, c’était intéressant de savoir tout ce qu’il y a avant. Si tu me connais et que tu lis mes contenus ou écoute mon podcast, tu sais que j’aime comprendre ce qui se passe dans mon corps 🙂 

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Les nutriments dans l’alimentation

Et évidemment, je commence par là. Car c’est très important que tu comprennes que tant que tu ne réponds pas aux besoins de ton organisme en lui apportant toute l’énergie dont il a besoin, tous les nutriments nécessaires à son bon fonctionnement… alors tu ne retrouveras une bonne condition capillaire. 

Donc mon conseil n°2, c’est évidemment de manger de tout. Mais je sais que lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, ce n’est pas facile à appliquer. 

Mais je t’explique chaque nutriment nécessaire et pourquoi ils sont importants pour la repousse : 

  • Les protéines : Les cheveux sont constitués en partie de protéine. Pour cela, il faut donc consommer des sources de protéines en bonne quantité pour soutenir la croissance. Tu retrouveras ça dans la viande, le poisson, les œufs, les noix et les légumineuses. 
  • Les acides gras oméga-3 : Ils aident à nourrir les follicules pileux et donc à favoriser la production des cheveux. Tu trouves cela dans le saumon, les sardines mais aussi les noix, les graines de chia. 
  • Le fer : Il est aussi essentiel pour la régénération capillaire puisqu’il permet d’apporter l’oxygène vers les follicules pileux. Tu en retrouves dans les épinards, les lentilles et la viande rouge, entre autres. Une carence en fer amène les cheveux à devenir de plus en plus fin.
  • La vitamine B : Notamment la B7, B3 et B12. Tu retrouveras ça dans les légumes verts, les noix, les œufs, la viande.
  • La vitamine D : Elle te permet de réguler le cycle de développement de tes cheveux. Tu en retrouves dans les poissons gras, les œufs et les produits laitiers enrichis en vitamine D. 
  • Le zinc : Il permet de maintenir l’équilibre des follicules pileux et joue un rôle clé dans la synthèse des protéines. Une carence en zinc entraine des cheveux cassants et donc une chute plus importante. Tu en retrouves dans les fruits de mer, la viande, les noix, les graines. 

Tu peux demander à ton médecin traitant un bilan sanguin afin de déterminer tes carences. 

Mon conseil n°3, c’est de te dire que tu peux t’aider des compléments alimentaires, notamment la première année de guérison pour aider ton organisme à se remettre des troubles alimentaires. Personnellement, j’ai pris des compléments en faisant une cure d’un an de Vitamine D et j’ai pris des Oméga-3 en compléments également. 

Les astuces de grand-mère

Je te partage ce que j’ai appelé des astuces de grand-mère. Il s’agit de produit naturel, que j’ai plus ou moins testé pour faire des soins. Aucun remède magique mais comme je te disais, l’important est de prendre soin de ses cheveux. Et en y prenant soin, cela les aidera forcément : 

Conseil n°4 : Les bains d’huiles pour prendre soin de ta chevelure

J’ai commencé à faire des “bains d’huile” lorsque j’ai recommencé à me renourrir lorsque je sortais de l’anorexie.

cheveux-trouble-alimentaire

L’idée était de leur donner un coup de pouce. Le but des huiles est de les faire pénétrer dans les follicules pileux pour les aider à les renforcer de l’intérieur.

Par contre, au début je faisais des “erreurs” qui je vais vous partager pour éviter que tu fasses les mêmes.

Quand on dit “bain d’huile”, on peut s’imaginer en mettre une grande quantité, et ce, pendant des heures. En réalité, il ne faut pas abuser sur la quantité. Sinon, ça peut alourdir les cheveux, notamment lorsqu’ils sont fins et donc l’accumulation d’huile peut causer des désagréments pour la zone capillaire (casse, graisser trop vite, etc.) 

Des huiles, il en existe énormément ! Et te dire laquelle te correspond, je ne peux pas vraiment puisque ça dépend de ton type de cheveux, de ton derme chevelu… Donc, tu peux tester par toi-même pour voir celles qui semblent avoir les meilleurs effets. Ou alors, tu peux demander conseil à ton coiffeur par exemple.

L’important est d’utiliser au moins une huile de support. Il s’agit d’huile qui peut être utilisée seule ou combinée avec des huiles essentielles qui ne doivent pas être mise à même la peau car trop agressives. 

Je te donne quelques exemples d’huile de support

  • Huile de Jojoba (elle convient facilement à tout type de cheveux)
  • Huile de Coco (elle est particulièrement recommandée pour les cheveux secs)
  • Huile d’Amande douce (elle est bien pour les cheveux fins)
  • Huile d’Argan (recommandé également pour cheveux secs et abîmés)
  • Huile d’Avocat (bien aussi pour les cheveux secs) 
  • Huile de Marula (huile légère donc facilement absorbée par tout type de cheveux)

Personnellement, j’utilisais souvent l’huile de coco, de jojoba et d’avocat. Et j’achetais mes huiles avec des marques Bio.

L’huile de Ricin peut être appliquée seule mais c’est mieux de l’appliquer avec une autre huile de support. L’huile de ricin est reconnue pour favoriser la production des cheveux et les renforcer.

Vous pouvez ajouter de l’huile de Menthe poivrée qui est aussi recommandée. Par contre, attention de la mélanger avec une huile de support et à ne pas l’utiliser à même la peau du crâne. Elle a des propriétés stimulantes pour favoriser la pousse.

Personnellement, j’applique l’huile surtout sur mes pointes, mais pas sur le cuir chevelu car cela graisse trop vite mes cheveux par la suite. Je le fais 1 à 2 heures max avant de prendre ma douche, une fois par semaine. Et parfois je mouille une serviette avec de l’eau chaude et j’enroule mes cheveux avec la serviette. La chaleur va aider à ouvrir les cuticules des cheveux, permettant à l’huile de pénétrer plus facilement dans les follicules pileux et donc de nourrir en profondeur.

Lorsque je les lave et que j’ai fait un bain d’huile en amont, je fais au moins 2 shampoings et 1 masque pour éliminer toute l’huile. D’ailleurs, j’ai oublié de dire, mais ce qui est bien aussi, c’est de masser son crâne avec la pointe de ses doigts, tout doucement. Ça permet de stimuler la circulation sanguine pour favoriser l’absorption des nutriments et donc la régénération capillaire.

On m’a parlé également de l’aloe verra qui aurait des propriétés reconnues pour limiter la chute des cheveux. C’est donc à appliquer sur toute la tête, avant de se les laver. Vous pouvez le laisser reposer 15-30 minutes avant de rincer.

Les infusions pour la repousse :

infusion-repousse-cheveux

Conseil n°5 : Utiliser des infusions en rinçage  

J’ai jamais essayé, mais on m’a aussi parlé des infusions pour donner un coup de pouce dans la repousse. Je te recommande de les acheter en magasin bio ou dans une herboristerie. 

Il s’agit d’infusion à utiliser comme rinçage après le shampoing. Infusez au moins 30 minutes, puis laisser le refroidir. Lorsque tu le verses sur tes cheveux, laisse au moins 3 ou 4 minutes avant de rincer à l’eau claire. Tu peux d’ailleurs en profiter pour masser ton crâne à ce moment-là.

  • L’infusion de romarin : stimuler la circulation sanguine et à favoriser le développement des cheveux. 
  • L’infusion de lavande : Elle aide à réduire la chute et à promouvoir leur développement. En plus de ça, elle est connue pour ses propriétés apaisantes !  
  • L’infusion de thé vert : notamment pour protéger les cheveux des personnes ayant utilisé des traitements chimiques (via des couleurs par exemple). Et ça aide à stimuler une fois de plus la phase anagène.

Si tu essayes, n’hésite pas à donner ton retour d’utilisation 🙂 

Et d’ailleurs, si tu as d’autres « remèdes » de grand-mère, on est toutes preneuses ! 

Les petits gestes qui peuvent donner un vrai coup de pouces :

Je vais te partager maintenant des petits gestes à prendre comme petites habitudes pour prendre soin de tes cheveux. Personnellement, la plupart de ses conseils je les applique toujours. C’est pas forcément simple de tout appliquer du jour au lendemain. Tu peux appliquer une nouvelle habitude par semaine. Et le mieux est d’avoir un petit tracker, comme je te propose dans le feel good journal. Si ça t’intéresse, c’est ici

Je vais te donner ces conseils en vrac : 

  • Conseil n°6 : Je commence par te dire de ne pas dépenser ton argent dans tous des produits que tu trouveras au supermarché. D’autant que beaucoup de shampooings anti-chute sont inefficaces pour traiter une chute aiguë comme tu peux connaître avec une maladie comme les TCA. C’est plus approprié pour les pertes saisonnières ou momentanées. Perso, j’ai dépensé beaucoup trop d‘argent dans des produits différents où aucun n’a prouvé son efficacité. Après, si t’en as un qui a bien marché, n’hésite pas à le noter en commentaire pour en faire profiter aux autres lecteurs 🙂 
  • Conseil n°7 Lorsque les beaux jours reviennent : protège ta tête. Pour de vrai ! Je sais que l’on n’y pense pas toujours de mettre des chapeaux ou casquette, mais peut-être essaie au moins d’y penser surtout quand tes cheveux sont fragiles. 
  • Conseil n°8 Laisse tes cheveux le plus naturel possible : trop de coiffure agresse tes cheveux et les faits chuter. Tout comme le fait de les attacher d’ailleurs… Perso, j’adore attacher mes cheveux quand je travaille mais je fais plus attention à les laisser détacher pour les laisser respirer et moins les abîmer. Si tu le fais, préfère un chouchou en soie. Et les coiffures où les cheveux sont très tirés c’est vraiment à éviter (queue de cheval très serrée ou chignon très fixé).
  • Conseil n°9 En parlant de soie, j’utilise aussi des taies d’oreiller en soie ! C’est vraiment mieux pour le cheveu, et d’ailleurs c’est aussi recommandé pour ceux qui ont des problèmes de peau au visage (type acné).
  • Conseil n°10 Lorsque tu les laves, n’utilise pas d’eau trop chaude. Je ne parle pas non plus de se doucher à l’eau froide ni tiède. Mais parfois, on s’habitue progressivement à la chaleur sans se rendre compte que c’est trop chaud pour notre peau (qui rougit d’ailleurs parfois) et nos cheveux.
  • Conseil n°11 Dans la douche, préfère des produits sans paraben, le plus naturel possible. Toujours mieux pour ton hygiène de vie en général :). Je conseille un masque à chaque lavage personnellement et ma coiffeuse a validé ça.
cheveux-anorexie
  • Conseil n°12 Lorsque tu appliques ton shampoing, tu peux te masser du bout des doigts (regarde sur YouTube il y a des tutos). Le massage du crâne aide à stimuler la circulation sanguine et à favoriser la production des cheveux.
  • Conseil n°13 En termes de fréquence de lavage, il ne faut pas que ce soit trop fréquent mais pas trop espacé non plus. Les laver tous les jours ou tous les deux jours, c’est trop rapproché et ça abîme les cheveux. Je sais que c’est pas simple parce qu’on aime bien avoir des beaux cheveux. Perso, j’utilise un bon shampoing sec pour tenir au moins 3 jours (mais pas la marque Batiste qui n’est pas très quali…). Mais par contre, se les laver 1 fois par semaine c’est parfois pas assez. L’accumulation de saleté et d’huiles sur le cuir chevelu peut obstruer les pores, ce qui peut entraver au développement de la chevelure et même causer une perte supplémentaire. Mais ça, ça dépend de vos cheveux. Si 1 fois par semaine ça te convient et qu’ils ne sont pas gras pour autant, ne change pas 🙂 
  • Conseil n°14 Les cheveux sont plus fragiles lorsqu’ils sont mouillés. C’est pourquoi il faut éviter de trop les brosser lorsqu’ils sont mouillés : une fois pour les démêler, mais sans insister. 
  • Conseil n°15 Ma coiffeuse m’a d’ailleurs dit que c’est essentiellement la lumière UV qui abîment les cheveux lorsqu’ils sont mouillés. Elle m’a donc dit que si je les lave le soir, je peux les laisser sécher naturellement. Mais si c’est le matin ou en journée, il vaut mieux les sécher à une température pas trop élevée, sans “coller” le sèche-cheveux à son cuir chevelu. 
  • Conseil n°16 Ce qui m’amène au point suivant : attention à ne pas abuser (voire même, il vaut mieux éviter) des appareils à trop forte chaleur. C’est-à-dire les lisseurs, les boucleurs, etc. Encore une fois, le mieux est de garder ces cheveux au naturel 🙂 Une fois de temps en temps pourquoi pas si tu veux faire une coiffure. Mais si tes cheveux sont fragilisés, il faut limiter au max.
  • Conseil n°17 Lorsque tu sors de la douche, ne séche pas trop vigoureusement tes cheveux avec une serviette. En fait, il faut vraiment être délicat avec ses cheveux. Il faut se rappeler qu’ils sont fragiles. Et je conseille d’ailleurs d’utiliser une serviette en micro-fibre. 
  • Conseil n°18 Pour le brossage, préfére des peignes à larges branches, des brosses à poils doux plutôt que les grosses brosses avec des genres de petites boules au bout des picots.
  • Conseil n°19 Brossez-les doucement, avec précaution. Il est donc recommandé de se brosser avec précaution, en commençant par les pointes et en terminant des racines jusqu’en bas.
  • Conseil n°20 Coupe-les régulièrement : quand on les coupe, ça leur fait toujours du bien. J’ai fait ça plusieurs fois au début de la régénération de ma chevelure, tous les 3-4 mois, juste quelques petits centimètres. Je sais que ça peut faire peur et qu’on a envie de garder plus long parfois (perso je suis attachée à la longueur de mes cheveux haha) mais c’est pour un bénéfice, pour leur faire du bien.
  • Conseil n°21 Et toujours chez le coiffeur : évite les couleurs, les balayages, etc. Encore une fois, priorise le naturel. Après évidemment, c’est un conseil et je sais que parfois, on aime le changement. J’ai craqué plusieurs fois pour un balayage parce que je trouvais ça trop jolie. Mais sur le long terme, ça m’a abimé les cheveux et je recommencerai plus même si j’ai beaucoup aimé. Les permanentes, les défrisages ou brushings excessifs vont également avoir l’effet d’abîmer vos cheveux. 
  • Conseil n°22 J’en profite juste pour faire la minute prévention sur la consommation du tabac et de l’alcool : ce n’est pas un scoop, évidemment, ça a des conséquences négatives sur l’organisme. Mais il a été prouvé que le tabagisme peut endommager l’ADN du follicule pileux et donc ralentir la production des cheveux voire déclencher un vieillissement prématuré des cheveux. Et une consommation excessive d’alcool diminue la capacité d’absorption des nutriments nécessaires pour la croissance des cheveux. Ça peut donc résulter en une perte de cheveux. Bref, l’alcool est à consommer avec modération 🙂 

(Conseil n°24) Je termine cet article en te disant de ne pas te mettre trop de pression par rapport à la repousse de tes cheveux. Je sais que c’est bien plus simple à dire alors qu’en réalité, c’est difficile à accepter (déjà quand on n’accepte pas son image corporelle). Mais fais confiance à ton corps, prends soin de lui, de tes cheveux. Accorde-toi du temps également. Et n’hésite pas à consulter un médecin et à tester les différents conseils que je t’apporte dans cet article. 

(Conseil n°25) Prends des photos avant/après pour voir ce qui semble le plus fonctionner. Sachant qu’il faut garder en tête que ça a rarement un effet immédiat, souvenez-vous que je vous ai parlé d’au moins 15 à 18 mois après récupération de l’énergie nécessaire.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 1 commentaire
FAQ – Aménorrhée & trouble alimentaire

FAQ – Aménorrhée & trouble alimentaire

FAQ – Aménorrhée & trouble alimentaire

J’ai souvent des questions à propos de l’aménorrhée dans le cadre des troubles alimentaires, notamment restrictifs comme l’anorexie. N’étant pas une spécialiste sur ce sujet, j’ai préféré directement demander à Florence qui, elle, est spécialiste de l’aménorrhée hypothalamique

Florence a elle-même traversé une dizaine d’années dans des comportements de troubles alimentaires (sport à outrance, restriction). Elle a connu l’aménorrhée hypothalamique et ce fut son premier déclencheur pour travailler sur son rapport au corps, à l’alimentation, mais aussi pour avancer sur les dimensions psychologiques.

Si vous voulez, vous pouvez écouter l’épisode de podcast où elle répond à toutes ces questions. Je mets les liens en bas de cet article. 

Je rappelle que ni Florence, ni moi ne sommes médecins. Je recommande donc évidemment de consulter un médecin professionnel qui saura vous donner un diagnostic.

Sinon, on répond aux principales questions juste ici : 

Petite précision, ici, on se concentre sur l’aménorrhée hypothalamique, c’est-à-dire l’aménorrhée où de nombreuses personnes sont concernées avec un trouble alimentaire.

Aménorrhée & troubles alimentaires (anorexie, boulimie) : on répond à toutes vos questions !

L’aménorrhée, c'est le fait de ne pas avoir de cycle menstruel quand on est en âge d’en avoir. 

L’aménorrhée peut être primaire ou secondaire. L’aménorrhée primaire, c’est lorsqu’à la puberté, il n’y a pas de cycle qui arrive. L’aménorrhée secondaire, c’est lorsqu’on a eu des cycles à la puberté, mais qu’ils ont disparu.

L’aménorrhée hypothalamique peut aussi s’appeler aménorrhée hypophysaire ou hypogonadotrope.

On parle d’aménorrhée, notamment dans le cadre hypothalamique quand on compte au moins 3 mois d’absence de cycle.

Les causes d’une aménorrhée, au-delà de la restriction & des comportements d’un trouble alimentaire, sont multiples. D’où la nécessité d’investiguer en consultant un gynécologue afin d’être certain de la cause de son aménorrhée. Même si vous avez toujours vos règles, mais que les cycles deviennent tout à coup irréguliers, il faut chercher la cause.

Cela peut être dû : 

  • à des problèmes de thyroïde.
  • à un niveau de prolactine trop élevé
  • à un SPOK (Syndrome polykystique)
  • à la prise de certains médicaments
  • à des causes biologiques (soucis au niveau de l’utérus, des ovaires…)
  • à une tumeur bénigne à l’hypophyse
  • à cause d’un déficit d’énergie (c’est le cas de l’aménorrhée hypothalamique)

Souvent, on le fait par le gynécologue, mais ça peut aussi être un endocrinologue. Le diagnostic de l’aménorrhée hypothalamique est un diagnostic d’exclusion. C'est-à-dire qu’on fait des examens médicaux pour exclure toutes les causes énumérées dans la question 2 pour être certain qu’il s’agit d’aménorrhée hypothalamique. 

Le gynécologue va poser des questions pour mieux comprendre : est-ce que vous prenez un médicament ? quelle est votre hygiène de vie ? (sport, alimentation, stress…) 

L’endocrinologue va réaliser les examens d’hormones : la testostérone libre, LH et FSH pour l’ovulation, l’estradiol (le niveau d’œstrogène), la prolactine, la TSH (l’hormone de la thyroïde), SHBG… Une échographie pelvienne peut également être réalisée pour vérifier qu’il n’y a pas de soucis biologique et/ou physique. Et le médecin peut également prescrire une IRM du cerveau pour écarter le diagnostic d’une tumeur bénigne au cerveau. 

Et enfin, parfois, on demande de prendre de la progestérone pendant 5 à 10 jours (Duphaston). Cette prise de Duphaston n’engendre pas le retour des règles. Mais cela permet de comprendre si vous avez un endomètre. Parce que quand vous allez prendre le Duphaston et que vous avez un endomètre, ce médicament va déclencher le fait que l’endomètre va quitter le corps et donc ça va permettre de dire si vous réagissez à la prise de Duphaston en ayant des pertes de sang par après ou si vous ne réagissez pas. Dans ce dernier cas, cela voudrait dire que vous avez donc très peu d’œstrogène puisque presque pas d’endomètre présent. Donc le Duphaston est utilisé pour juger de la sévérité de l’aménorrhée hypothalamique. 

Le stress peut causer des perturbations des cycles. Mais si cela fait plus de 3 mois qu’il n’y a plus de cycle, il y a probablement un problème sous-jacent. 

S’il s’agit des troubles alimentaires, c’est donc la cause du déficit énergétique. Dans ce cas, comme dit précédemment, il faut faire les différents examens médicaux pour éliminer toutes les autres causes possibles.

Le diagnostic précis est important de la part du corps médical pour prendre conscience de l’impact de son trouble alimentaire. La prise de conscience est indispensable pour la guérison.

Avant, l’aménorrhée faisait partie des critères de diagnostic de l’anorexie mentale. Maintenant, ce n’est plus le cas, car on s’est rendu compte que l’aménorrhée dépend beaucoup de la génétique. Certaines personnes vont les perdre très rapidement alors qu’elles ont commencé à faire un peu de sport. D’autres personnes vont les garder alors qu’elles souffrent d’anorexie mentale sévère avec une forte perte de poids, un gros déficit alimentaire. On n'est pas tous égaux/égales face à la génétique. On ne peut pas aller à l’encontre de la génétique, il faut l’accepter. D’où l’importance de ne pas se comparer aux autres ou de se dire “je suis moins malade, car moi j’ai mes règles, mais pas une autre personne”. L’aménorrhée ou non-aménorrhée n’est pas un indicateur de gravité du trouble alimentaire. Votre TCA n’est pas moins grave sans aménorrhée.

Tout comme le poids, l’IMC n’est pas du tout un bon indicateur à prendre en compte. Je vous invite à regarder mon article sur l’IMC qui sort le 25 mars. Certaines personnes ont un IMC très bas et gardent leur règle. D’autres personnes ont un IMC qui est catégorisé comme “normal” et n’ont pourtant plus leur règle. La réponse à cette question est donc qu’il n’y a pas de valeur stricte indiquant quand on tombe dans l’aménorrhée et quand on en sort. Il faut faire confiance à son corps.

Non, tout ce qui semble ne pas être comme un cycle régulier doit vous interpeller. L’aménorrhée se présente de façon différente chez chaque personne. Il se peut donc qu’au tout début, les cycles commencent par s’espacer avant de disparaître totalement. 

Un SIBO est une maladie correspondant à un excès de bactéries dans l’intestin grêle causant des problèmes de troubles digestifs. Il faut rappeler que les troubles alimentaires occasionnent souvent des troubles digestifs. Donc la cause commune aux deux est certainement le TCA. Florence nous rappelle qu’en 6 heures de restriction, le microbiote intestinal a déjà été modifié. Donc on n’imagine pas après des semaines, des mois, voire années de trouble alimentaire. Il faudrait donc se focaliser sur la guérison de son TCA, ce qui permettra certainement d’améliorer les symptômes du SIBO et en même temps ceux de l’AH. Si les symptômes digestifs persévèrent, cela permettra de certifier le diagnostic du SIBO. Parfois, les médecins n’étant pas familiers aux TCA, ils diagnostiquent une maladie digestive sans faire de lien de cause à effet vis-à-vis du trouble alimentaire. 

Oui, vraiment… C’est difficile d’en prendre conscience, car généralement on ne peut pas voir les conséquences directes de l’aménorrhée hypothalamique sur le corps.

Déjà, on ne peut pas concevoir d’enfant. Le système de reproduction est mis à l’arrêt. Le corps est en mode survie, il a trop peu d’énergie pour s’occuper de certaines fonctions. Donc il se concentre sur celles essentielles à votre survie : faire battre le cœur, faire fonctionner les poumons, la circulation sanguine, etc. La fertilité est considérée comme non essentielle à la survie pour le corps.

Les conséquences de l’aménorrhée sur la santé sont dues au manque d’œstrogène. 

L’une des principales conséquences est l’impact sur la densité osseuse. Il n’y a plus assez d’œstrogène pour maintenir la densité osseuse. On estime qu’une personne en aménorrhée hypothalamique perd en moyenne par an 2 à 3% de leur densité osseuse. Le problème, c’est que cette densité atteint un pic entre 16 et 30 ans (c’est assez vaste, car les études sont divergentes sur l’âge). On construit donc de la densité osseuse pendant l’adolescence et nos premières années d’adulte, et après ça on est censé maintenir cette densité jusqu’à la fin de notre vie. Donc le risque de souffrir d’ostéoporose / ostéopénie de façon précoce augmente considérablement avec l’aménorrhée. Or, il s’agit de maladies très handicapantes.

Par contre, la bonne nouvelle, c’est qu’avec la guérison, on retrouve une partie de sa densité osseuse. 

Il y a également de conséquence d’un point de vue cardiaque et neurologique. Le manque d’œstrogène peut cause un rétrécissement des artères entraînant des problèmes d’accidents cardiaques sur le long terme. Les problèmes neurologiques correspondent à des risques de démence précoce (notamment Alzheimer) si l’aménorrhée se fait sur le long terme.

Malheureusement, beaucoup de médecins disent à leur patient de revenir quand le projet d’enfant sera imminent. Sauf qu’en attendant, les conséquences sur la santé énumérées dans la question précédente sont bien réelles. Il est donc primordial de s’en occuper le plus rapidement possible. 

Tant que vous n’avez pas vos règles, vous n’ovulez pas. Donc sans ovulation, il ne peut pas y avoir de grossesse. Tant qu’on est en aménorrhée hypothalamique, on est stérile. Il y a des solutions qui existent comme la PMA. Mais entamer une PMA quand on est dans un corps dénutri, c’est s’exposer à de nombreuses difficultés et de danger pour la santé de la maman. Le corps n’a pas assez d’énergie pour commencer une grossesse. Donc déclencher cela est très dangereux.

Non, vous êtes stériles uniquement lorsque vous êtes en aménorrhée. Mais une fois que vous êtes sorties de l’aménorrhée, le corps retrouve sa fertilité.

Non, la “facilité” de tomber enceinte dépend de chaque personne. Certaines personnes tombent enceintes dès qu’elles retrouvent leur cycle, dès le 1er. Pour d’autres, elles prennent plus de temps. Mais cela dépend de chaque femme, comme n’importe quelle femme, avec un passé d’aménorrhée ou non. 

On ne peut pas savoir. Car les règles sous pilule ne sont pas des vraies règles. Le contraceptif par voie orale a pour but de bloquer les cycles, de bloquer l’ovulation. Les hormones par voie orale bloquent les règles naturelles. Donc les règles que l’on a sous pilule correspondent à une hémorragie de privation. C'est-à-dire qu’on prend les hormones pendant 3 semaines. Quand on arrête pendant 1 semaine, l’endomètre qui s’est créé par la prise d’hormone disparaît et sort du corps. Donc les règles sous pilule ne sont pas un signe que vous allez avoir de vraies règles naturelles si vous arrêtez la pilule. 

Si vous avez des règles sous pilule, vous ne pouvez pas savoir si vous avez une aménorrhée.

Elle ne va pas faire de travail magique puisqu’elle ne stimule par la production naturelle d’hormone, au contraire, elle l’arrête. Donc, elle ne permet pas de “protéger les os”, mais plutôt de maintenir la densité osseuse au niveau où elle en est lorsque vous commencez à prendre la pilule. 

Le stérilet en cuivre n’a pas d’effet hormonal. Quand on met un stérilet en cuivre et qu’on n'a pas de règle, ça veut dire qu’on n'ovule pas. Donc oui, c’est inquiétant et il faut donc faire les examens médicaux présentés à la question 3. 

Oui, la méthode que Florence a testée & approuvée fonctionne pour de nombreuses personnes. Ça s’appelle la méthode All In. Il n’y a pas de raison que lorsqu’on applique cette méthode, on ne retrouve pas ses cycles. La recherche indique 98% de réussite. Et les 2% restants sont des participants qui ont été perdus de vue. Donc ces personnes-là ont potentiellement aussi retrouvé leur cycle.

Ce n’est pas pour autant que c’est facile à appliquer, notamment quand on soufre de trouble alimentaire. D’où l’importance de se faire accompagner.

Cela dépend vraiment de chaque personne. Quand la méthode All In est appliquée, cela prend en moyenne 6 mois. Mais cela peut aller plus vite, notamment quand on est accompagné. Et cela dépend surtout d'où vous vous trouvez dans le chemin de guérison de votre trouble alimentaire. 

Non, car les troubles alimentaires sont des maladies mentales et pas physiques. Donc on ne peut pas se baser sur des critères physiques : apparition de règle, poids, etc. On peut avoir un retour de cycle, mais avoir toujours beaucoup de pensées obsessionnelles sur son corps, sur l’alimentation. C’est important de poursuivre le travail de guérison sur le trouble alimentaire tant qu’il y a toujours ces schémas de croyance erronée sur son image corporelle, sur son alimentation… même sur le perfectionnisme, le regard des autres, etc.

Non, c’est la bonne nouvelle. Il n’y a pas de médicament à prendre. Il s’agit d’une méthode naturelle qui est “simplement” basée sur le fait de manger entre autres. Mais il s’agit de répondre aux besoins de son corps. Dans la méthode All In, il y a une recommandation d’un minimum de calories à manger. Il s’agit bien d’un MINIMUM. Dans tous les cas, il est conseillé de ne pas compter ses calories. D’où l’importance d’un accompagnement.

Quant au sport, il est conseillé de ne pas faire d’activité physique à haute intensité, de type cardio. En effet, ces activités à haute intensité augmentent l’hormone du stress (le cortisol) ce qui met en veille l’hypothalamus. Donc cela va à l’encontre de la guérison de l’aménorrhée hypothalamique. Il est donc préférable de faire des activités douces, bienveillantes pour son corps. 

Enfin, il est nécessaire de travailler sur son anxiété. Si vous le voulez, je propose des carnets d’exercice pour travailler sur l’anxiété : c’est ici.

Si tous ces conseils ont été appliqués et que des cycles ne reviennent pas, alors une aide médicamenteuse peut être envisagée. On prescrit souvent le clomid qui est une petite pilule permettant de stimuler l’ovulation naturelle. On peut utiliser aussi des compléments alimentaires spécifiques. 

Cela dépend totalement des femmes. Parfois, ça peut être assez surprenant, car pendant toute la durée de l’aménorrhée, il n'y a pas de changements hormonaux. Puis lorsque les cycles se remettent en place, on ressent parfois de nouveau les symptômes prémenstruels : mal dans le bas du dos, les douleurs au ventre, les changements d’humeur, ballonnement, etc.

Certaines personnes décrivent également la sensation de vivre une seconde puberté. Par exemple, certaines personnes peuvent connaître de nouveau de l’acné. Mais cela se stabilise avec le temps.

Parfois, c’est également difficile psychologiquement. Car cela peut faire écho à la féminité, ou cela peut faire écho à un trauma. D’où l’importance d’être accompagné psychologiquement pour travailler sur ça.

Absolument. Lorsqu’on soufre d’aménorrhée, on n'a pas ou très peu de pertes blanches puisqu’il n’y a pas d’hormone. D‘ailleurs, on a également peu de libidos. 

Donc oui, les pertes blanches ou pertes en blanc d’œuf cru sont des signes de retour de cycle, car cela montre que l’ovulation est imminente.

On peut être en aménorrhée primaire, mais c’est quand même de l’aménorrhée hypothalamique. Notamment lorsque l’on n’est tombé dans un trouble alimentaire très tôt et que la puberté devait se déclencher, on peut rester dans cet état-là. Et ainsi, on peut connaître ses premières règles à 30 ans ou plus tard. Mais cela reste réversible et la méthode All In est aussi adaptée.

Ce qui est conseillé c’est 3 cycles consécutifs. Il ne faut pas abandonner les efforts mis en place pour répondre aux besoins de votre corps dès le retour du premier cycle. D’ailleurs, tout ce que vous mettez en place durant la guérison, ce n’est pas “juste pour guérir”, c’est pour votre santé, votre vie. 

Les cycles en guérison peuvent être plus longs. À partir de 3 cycles, cela se rapproche plus vers 35-30 jours entre les cycles.



Florence a donc repris le livre du docteur Nicolas Sykes pour le traduire en français et offrir aux francophones la possibilité d’accéder à ce livre qui l’a elle-même énormément aidé à se sortir de l’aménorrhée hypothalamique. 

Ce livre est donc la première ressource francophone sur l’aménorrhée hypothalamique. 

En français, il s’appelle “Je n’ai plus mes règles : le guide complet pour retrouver des cycles réguliers” 

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Guérir de l’anorexie : 10 étapes par lesquelles j’ai dû passer

Guérir de l’anorexie : 10 étapes par lesquelles j’ai dû passer

Guérir de l’anorexie : 10 étapes par lesquelles j’ai dû passer

Par quelles étapes passe-t-on pour sortir de son trouble alimentaire ? Dans le titre de l’article, je te parle de “guérir de l’anorexie” car je vais te présenter ici les étapes par lesquelles moi je suis passée pour sortir de l’anorexie

Évidemment, ce n’est pas un guide à suivre à la lettre. Cet article de blog se base sur mon expérience, mon histoire. Et si tu me lis depuis un moment, tu sais que je dis souvent que chaque personne est différente et vit son trouble alimentaire à sa façon. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de faire. 

De ce fait, peut-être qu’il y a certaines étapes où tu ne vas pas du tout te reconnaître ou alors des étapes que tu vis et que je n’ai pas inscrites. C’est pas grave si c’est le cas.

Tu ne vas pas forcément identifier si tu es dans telle ou telle étape en me lisant. C’est-à-dire que moi, j’écris cet article avec une énorme prise de recul. Et lorsque j’étais dans la maladie, je n’avais pas conscience de ces étapes. 

De même, l’ordre chronologique n’est pas à “respecter” étape après étape. C’est-à-dire que c’est possible que tu reviennes à une étape d’avant puis, que tu en sautes une pour finalement revenir dessus plus tard. Ce n’est pas “une fois que tu as terminé une étape, tu n’en entends plus jamais parler”. D’ailleurs, les rechutes font parties du process. Et ce n’est pas négatif. Je peux te dire que de chaque rechute, j’ai appris des choses et c’est aussi ce qui m’a permis de me sortir totalement de mes TCA : Un pas en arrière pour 2 pas en avant

Enfin, avant de lire les différentes étapes, il faut que tu gardes en tête qu’il s’agit d’un condensé. Je vais donc à l’essentiel en te présentant 10 grandes étapes que j’ai identifiées. Pour l’entièreté de mon parcours de guérison, ce sera dans mon livre que tu pourras le lire en détail haha.

Allez, on est parti !

10 étapes du chemin de guérison des troubles alimentaires

#1 - “Je vais bien “

Voire même « Je ne me suis jamais sentie aussi bien ». C’est ce qu’on appelle la phase de Lune de miel. C’est lorsque les effets négatifs du trouble alimentaire ne se font pas encore sentir. Tu peux quand même te sentir mal dans ta peau, mais tu as le sentiment d’être « en contrôle », de « bien faire les choses ». Tu as la sensation d’avoir peut-être plus confiance en toi. Peut-être que tu as des compliments de la part de tes proches, notamment si tu as une perte de poids (Fichue culture du régime…). Donc de ce fait, les effets positifs semblent prendre le dessus sur les impacts négatifs. Tu penses aussi pouvoir arrêter tes comportements de restriction / compensation quand tu veux. Et pour toi, ce n’est pas une maladie, il n’y a même pas forcément de problème.

#2 - "Peut-être que quelque chose ne va pas"

Tu commences à te dire que peut-être, il y a un problème.

Des premiers symptômes commencent à te signaler que tout n’est pas « normal » : maux de tête, fatigue, difficulté de concentration…

Et puis cette culpabilité qui prend de plus en plus de place. Tu réalises que finalement, tu ne pourrais peut-être pas arrêter tout ça comme tu le voudrais.

Mais tu gardes un gros sentiment d’illégitimité. Tu sens que ça ne va pas, mais tu n’accordes pas la gravité nécessaire au problème. 

#3 - "Il y a un problème, mais je n'ai pas besoin d'aide"

Tu sais maintenant qu’il s’agit d’un trouble, que c’est un trouble alimentaire (même si tu te sens encore souvent illégitime). Mais tu ne veux pas demander de l’aide, tu penses ne pas en avoir besoin. Pour toi, c’est pas encore trop grave ou du moins, tu vas gérer ça tout seul⸱e. 

Peut-être que tu as commencé à en parler autour de toi, mais toujours en rassurant les autres. Tu sais qu’il y a un problème, tu vas devoir le régler mais ça reste un sujet de second plan.

De plus, ton trouble alimentaire te fait croire qu’il t’apporte du contrôle, qu’il t’aide. Tu n’as donc pas comme premier objectif de te battre contre ton trouble alimentaire puisqu’il te fait croire qu’il est pour toi un atout.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

#4 - "En fait, je ne sais pas si je pourrais continuer de vivre comme ça"...

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Tu prends conscience que ton trouble alimentaire te vole trop de moment dans ta vie, qu’il t’empêche de profiter pleinement.

En fait, tu découvres réellement ce qu’est un trouble alimentaire. Je veux dire au-delà de l’aspect physique ou alimentaire. Tu prends conscience de la charge mentale que c’est, de tous les autres symptômes autour (je les ai répertoriés dans cet article avec les symptômes des TCA)

Tu es épuisé⸱e, plongé⸱e dans un brouillard permanent. Mais tu es perdu⸱e entre ce que ton trouble alimentaire te promet (sécurité, bien-être, être aimé, être une personne « bien »…) et ce que la guérison te permettrait (liberté, retrouver une vie sociale, apaisement mentale, vivre et pas survivre…).

Note : ce que te promet ton trouble alimentaire, c’est des mensonges. Par contre, ce qu’il te promet, en réalité, c’est le chemin de la guérison qui pourra te l’apporter.

Même si d’autres le savent, tu te sens seul⸱e, incompris⸱e.

Tu as peur de ne pas réussir à guérir si tu commences la bataille, et d’ailleurs tu ne sais peut-être pas par où commencer. Tu te dis qu’il y a tellement de chose qui ne vont pas. Tu as la sensation d’être pris dans un cercle infernal que tu ne parviens pas à arrêter par toi-même, seul⸱e.

#5 - "Mais qui serais-je sans mon tca ? j'ai besoin de lui !"

Tu veux guérir, tu le sais que tu vas devoir te battre. Tu as envie de le faire mais il y a beaucoup d’obstacles, de peurs qui viennent se mêler dans ce combat et qui représentent des freins. Tu es tiraillé parce que tu as envie de t’en sortir mais tu as peur de ne plus savoir vivre sans ton trouble alimentaire. Il fait tellement partie de ta vie que tu as peur du vide que ça pourrait laisser.

« À quoi je vais penser ? Et les autres vont être différents avec moi si je guéris ? Je vais perdre le contrôler de ma vie ? Comment savoir comment manger « normalement » à nouveau ? Je suis perdu⸱e »

Ton trouble alimentaire représente à la fois un lieu de sécurité, un cocon et en même temps une prison, un lieu de torture. 

#6 - "Je vais me battre pour guérir”

Tu sais que ce lieu de sécurité / de confort est un leurre. Tu as conscience que ton TCA t’apporte plus de mal qu’autre chose et ce n’est pas possible de vivre avec. 

Tu sais aussi que des personnes s’en sont sortie.

Donc tu sais que c’est possible de s’en sortir même si tu as peur de ne pas y arriver.

Alors tu veux t’en sortir, même si tu as toujours ces peurs de guérir, tu mets en place des actions pour ta guérison. Tu cherches à t’entourer, tu veux plus que tout que cette maladie sorte de ta vie. Cela devient ton objectif premier même si certains jours tu as la sensation de ne pas te battre et de ne plus avoir l’énergie de t’en sortir. Tu continues de vouloir te battre.

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#7 - "Non, je ne peux pas guérir"

Pendant un certain temps, tu oscilles entre l’étape 5 et 6. Tu veux guérir plus que tout mais tu as peur de guérir, tu as peur de ta vie sans la maladie.

Certain jour, tu crois vraiment en ta guérison, tu parviens à faire des petits pas en ce sens.

D’autres jours, tu n’y crois plus, tu as l’impression de constamment laisser la maladie gagner. Tu te demandes si c’est vraiment possible de s’en sortir…

Et là, on a une longue phase de haut, de bas… Des hauts qui semblent minimes comparés à des bas qui semblent très lourds. Mais tout ça fait partie du process, même dans les bas les plus profonds (et surtout avec ces bas là d’ailleurs) tu AVANCES. (Même si je t’assure, tu n’en as pas conscience à ces moments-là). 

#8 - "Si, je peux guérir et je vais continuer de me battre"

Avec tous ces hauts et ces bas, tu avances dans ton parcours de guérison (même si tu n’en as pas forcément conscience) : tu connais mieux tes déclencheurs, tu sais mieux comment contrer la maladie. Tu apprends à gérer la culpabilité même si c’est difficile. Tu apprends à te reconstruire indépendamment de la maladie. C’est une période très très difficile : beaucoup de pleurs, de peurs, un sentiment permanent de « mal faire les choses ». Tu te sens perdu⸱e mais ton but premier reste ta guérison, ta vie.

#9 - "Tu guéris"

Tu sens que tu as avancé : il y a certaine façon de pensées, certains mécanismes, certaines actions de restriction & compensation qui sont plus faibles qu’avant. Tu es davantage bienveillant⸱e avec toi-même. Certains aspects de la maladie peuvent te manquer, mais tu sais que c’est un leurre, que la maladie, c’est de la survie, pas la vie.

Il y a encore des jours difficiles, sombres, d’autres difficultés (le regard des autres vis-à-vis de ton corps qui évolue, la difficulté de construire ta nouvelle identité indépendamment de la maladie, etc.). Mais tu as maintenant de nombreux outils pour t’aider et tu continues de les développer. Quand je te parle d’outil, c’est des choses que tu as apprises en thérapie mais aussi que tu as appris avec le temps, en te connaissant. Des choses qui te font du bien, qui t’aident dans ta vie d’une façon générale pour prendre soin de ta santé mentale. Je t’ai d’ailleurs partagé les 16 outils qui m’ont aidé à guérir de l’anorexie ici. 

#10 - "Tu es guéri"

Tu es à la fin de ton parcours contre le TCA. Tu as peut-être toujours des choses psychologiques à régler (ex : anxiété, trauma…). Mais tu n’as plus de comportement destructeur (restriction/compensation) envers toi-même. Tu n’acceptes pas forcément ton corps à 100% mais tu ne le punis plus. Tu es davantage bienveillant⸱e avec toi-même, tu sais prendre soin de toi, respecter les besoins de ton corps. Tu continues de mettre en place des petites choses pour prendre soin de ta santé mentale.

Par cette dernière étape, je t’expose ce qu’est pour moi une vraie guérison (et pas une “quasi-guérison” dans laquelle beaucoup de personnes se retrouvent bloquées). Pour moi, la guérison ce n’est pas ne plus avoir de problème dans sa vie. Tout le monde a des problèmes ! Pour moi, la guérison d’un trouble de l’alimentation n’est pas qu’une question de nourriture et de rapport au corps. Du moins, la guérison c’est ne plus avoir de comportements destructeurs associés aux repas & au corps.

guérison-tca

La guérison totale est possible

Laissez-moi t’expliquer :

Pour moi, la vraie guérison vis-à-vis des repas c’est :

✅ Plus de restrictions ni de compensation

✅ Se faire plaisir sans culpabilité

✅ Répondre aux besoins de son corps (et savoir se faire plaisir sans se punir)

✅ Arrêtez de catégoriser les aliments comme bons/mauvais

✅ Ne pas ruminer après avoir mangé, juste passer à autre chose

✅ Ne plus anticiper ou compenser des repas “plus riches” 

✅ Déconstruire toutes vos fausses croyances sur la nutrition

 

Pour moi, la vraie guérison vis-à-vis de son rapport au corps, c’est :

✅ Pas nécessairement s’accepter à 100%. Très peu de gens aiment leur corps à 100 %. Personnellement, j’apprends encore à aimer mon corps.

✅ Ne plus avoir de comportement de punition (exercice physique, hyperactivité, restrictions) parce que tu n’aimes pas ton corps

✅ Prendre soin de toi et respecter les besoins de ton corps

✅ Revoir tes idéaux de beauté et déconstruire tes idées sur l’idéal de la minceur, la perte de poids, etc.



Cela m’a pris du temps, j’étais bien restée pendant 2 ans dans une quasi-guérison. C’est aussi pour ça que pendant 17 mois, je n’avais plus communiqué sur Norainnoflower. Parce que je voulais m’en sortir TOTALEMENT, avoir une coupure pour apporter une aide qui est SAINE. 

Et je t’assure que c’est possible d’avoir un rapport sain à la nourriture, à son corps et de savoir prendre soin de sa santé mentale. Je te le dis, car j’entends trop souvent “c’est une maladie qui reste en fond, toute la vie”. J’ai longtemps cru ça et c’est pour ça que je ne cherchais pas à sortir de ma quasi-guérison parce que je me disais que c’était normal. Mais oui, c’est possible de connaître la VRAIE liberté ! Je n’ai aucun intérêt à te mentir 🙂 

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Les bénéfices secondaires de la maladie et les coûts de la guérison

Les bénéfices secondaires de la maladie et les coûts de la guérison

Les bénéfices secondaires de la maladie et les coûts de la guérison

C’est un sujet que je trouve très important à aborder dans le parcours de guérison. Cependant, c’est un contenu que je ne savais pas comment aborder car je dois avouer que j’ai « peur » de comment ça pourrait être pris. En effet, tout le monde n’est pas au même stade d’avancement dans son parcours de guérison. 

Et notamment si tu es au « début » ou que tu n’as jamais exploré l’aspect psychologique de ta maladie, c’est quelque chose qui peut-être difficile à entendre / comprendre.

En fait, il se peut grandement que certaines choses que je dis dans ce contenu te tiraille ou te met comme en colère. Je le sais parce que les premières fois où j’ai lu ou entendu des choses sur ce « phénomène psychologique », j’étais assez mal à l’aise en quelque sorte. Rien que le début du titre « les bénéfices de la maladie » peut déjà susciter de l’incompréhension. 

Et d’ailleurs, il faut bien garder en tête que dans cet article, j’évoque ce sujet avec beaucoup de recul maintenant. Mais dans tous les cas, je vais essayer de l’expliquer en vulgarisant les choses, et surtout en l’exprimant de mon point de vue de patiente (donc étant moi-même concernée par ça).

Je rappelle d’ailleurs que je ne suis pas psychologue ou psychiatre, même si j’aurai adoré. Mais c’est la psychologie me passionne, j’ai fait des années de thérapie et lu énormément de livre donc j’ai matière à discuter sur ce sujet. Mais ça n’en reste pas moins MA compréhension des choses et MON vécu. 

C’est quoi les bénéfices secondaires de la maladie ?

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Les bénéfices secondaires sont les avantages qu’une personne peut retirer à ne pas surmonter un problème. Donc tu vois, là je ne parle pas de « maladie » dans ma définition. 

Donc c’est un élément important parce que ça veut dire que les bénéfices secondaires touchent TOUT LE MONDE. Et pas uniquement les personnes qui souffrent de maladie mentale. 

D’ailleurs, cet article peut être intéressant pour n’importe quelle personne, avec ou sans trouble alimentaire. 

Je donne quelques exemples pour être plus concrets et mieux comprendre ce concept de « bénéfices secondaires ».

  • Monsieur X est submergé par la pression / l’ambiance / la charge mentale de son travail. Il est en burn-out. S’il va mieux, il devra retourner au travail et faire à nouveau face à tout ça mais il a peur de ne pas en être capable. 
  • Madame Y a extrêmement peur de sortir dehors, peur des foules, peur des endroits bruyants ou avec une forte affluence. Ses amis ne lui en tiennent donc pas rigueur lorsqu’elle refuse une invitation. Si elle n’avait plus ses peurs, ses amis ne comprendraient pas pourquoi elle refuse, et elle aurait peur d’être rejetée. 

Là, t’as déjà peut-être fait une tête choquée en lisant « les avantages qu’une personne peut retirer ». Moi, quand j’avais entendu ça pour la première fois je me suis dit « Pardon ?! Mais j’ai aucun avantage à être malade ! ». Ou peut-être que tu te dis « Mais du coup les gens créent exprès leurs symptômes pour avoir comme des excuses ?! »

Et c’est pour ça qu’il est important de comprendre qu’il s’agit d’un mécanisme comportemental INCONSCIENT dans lequel la personne est prise au piège. 

Ici, plusieurs mots sont à retenir : 

  • Il s’agit d’un mécanisme comportemental, donc ce n’est pas un trait de caractère de la personne.
  • Et c’est inconscient. C’est pour ça qu’on dit bénéfices SECONDAIRES. 

Donc ça veut dire que, la personne ne fait pas les choses consciemment, elle est pas manipulatrice, ni elle ne fait pas semblant. 

Les symptômes sont bien réels, la souffrance aussi. Monsieur X souffre réellement d’un burn-out, et Madame Y est réellement effrayée lorsqu’elle est à l’extérieur de chez elle. 

Et d’ailleurs les bénéfices secondaires ne sont pas positifs pour la personne qui les a (inconsciemment, je le rappelle). Si je reprends l’exemple de Madame Y : son bénéfice secondaire c’est donc que ses amis comprennent pourquoi elle refuse des invitations et donc de ne pas être rejetée à tord. Sur le moment, ça lui fait du bien, ça l’apaise de savoir qu’elle ne va pas devoir affronter ses peurs dehors. Mais sur le long terme, Madame Y, elle se sent seule. Elle voit qu’elle rate des choses que ses amis eux vivent. Elle rate des rencontres, des moments de bonheur. Et ça, elle en souffre. 

Et ça peut être difficile à comprendre d’un point de vue extérieur, notamment pour quelqu’un qui ne comprend pas forcément que les bénéfices secondaires c’est un mécanisme psychologique inconscient. Parce que ces personnes se disent « Bah si Madame Y elle en souffre de sa solitude, elle a qu’à affronter ces peurs et sortir de chez elle ! ». Oui mais c’est pas aussi simple. Sinon, croyez-moi Madame Y sortirait. Encore une fois la souffrance de Madame Y est réelle, elle ne fait pas semblant. 

En fait, il faut bien comprendre que les bénéfices secondaires sont une forme de protection, selon moi, face à des blessures très intenses. 

Et ça, je pense que ça peut aider les proches pour mieux comprendre. Parce que les bénéfices secondaires affectent aussi les proches. 

Les proches ont parfois le sentiment d’être manipulé, que la personne malade fait exprès de rester dans des actions d’auto-destruction. Les proches ont parfois l’impression que l’autre profite de sa maladie, que la personne se complait dans son mal-être. 

Mais c’est faux ! Et c’est pour ça que c’est important de comprendre qu’il s’agit d’un mécanisme comportemental. C’est-à-dire que ça ne fait pas partie de la personnalité de la personne malade. Et d’ailleurs la première personne à souffrir de ça, c’est la personne qui en est malade elle-même. 

N’oubliez pas aussi que c’est inconscient, donc la personne qui en est malade ne réalise pas ce qu’elle veut réellement, elle tente de répondre à un besoin inconscient non satisfait, dans son passé ou son présent. 

Attention, je ne suis pas en train de dire que si tu souffres de trouble alimentaire, c’est pour en tirer des bénéfices secondaires même s’ils sont inconscients. Les causes d’un trouble alimentaire sont propres à chacun, variées, il y a rarement une cause. Et d’ailleurs je ne dis pas non plus que les bénéfices secondaires sont la cause de ta maladie. 

Par contre, et là je vais parler dans mon cas parce que je ne vous connais pas personnellement : j’ai pris conscience que ce qui m’empêchait d’avancer dans certains pas de la guérison, ou qui m’empêchait même de sortir totalement de mes troubles alimentaires (et de pas rester dans cette quasi-guérison) était dû à des bénéfices secondaires. Donc en fait, les bénéfices secondaires sont plus pour moi l’une des barrières à la guérison, l’une des raisons qui peut aussi expliquer la peur de guérir. 

Comment tu peux faire pour travailler sur ces bénéfices secondaires ?

Peut-être que tu t’es dit « Euhhhh, c’est un processus inconscient mais toi t’en as conscience ? ». Alors, comme j’ai dit en préambule, je parle de ça aujourd’hui avec une énorme prise de recul. Ma vision d’aujourd’hui, je l’ai acquise avec beaucoup de réflexion, de prise de conscience. 

La première partie de ce contenu avait surtout pour but de te faire connaître ce phénomène qui est courant. Et surtout, te dire que c’est pas quelque chose que tu dois avoir honte. Et ça, c’est important parce que si tu en as honte, tu vas difficilement vouloir travailler dessus parce que ça te met dans une situation inconfortable. Et tu vas encore moins te sentir à l’aise d’en parler avec un thérapeute. 

benefice-secondaire

Parce que moi ce qui m’a beaucoup aidé dans ce processus, c’est d’en parler avec mes psys. Et on m’a déjà demandé si pour moi un accompagnement psy est indispensable, je réponds toujours oui. Après, c’est mon point de vue. Comme je dis souvent, la guérison est propre à chacun et il n’y a pas une seule bonne façon de guérir. 

Si tu n’as pas de psy, ou que tu veux déjà commencer par toi-même à avancer dans tes propres réflexions, je te propose différentes questions qui peuvent t’aider.

Je t’invite à vraiment te poser pour répondre à ces questions, et vraiment y répondre à l’écrit. Le fait de mettre des mots sur ces maux est souvent extrêmement bénéfique. Bien plus que de juste y réfléchir dans sa tête.

Pour travailler sur ce point-là, tu peux te demander : 

  • Quels sont les bénéfices de ma maladie ? Qu’est-ce que j’en retire ?
  • Qu’est ce que j’y perdrais que j’ai peur de perdre ?
  • Qu’est-ce qui me retient de guérir ? 
  • Quelles sont mes peurs présentes ?

Encore une fois, sois bienveillant avec toi-même. Ne te dis pas « Bah en fait, je suis malade de ma faute. ». Non, tu n’as pas demandé à être malade. Tu n’es pas responsable de ta maladie. 

Je précise ça parce que je suis passée par ces réflexions. Il m’est arrivé de me dire « mais en fait, c’est peut-être ma faute ? C’est moi qui le veut d’être malade ? Du coup ça me donne des excuses, ça me permet d’avoir l’attention, etc. » Et je culpabilisais en fait. Mais pour ma part, oui, l’anorexie a aussi été un bouclier pour moi, une protection. Et je pense que j’en avais besoin à un moment dans ma vie. C’est ainsi que j’ai pu travailler sur des blessures bien plus profondes. C’est ainsi que j’ai pris conscience de mécanismes, de dysfonctionnement dans mes relations, et que j’ai pu travailler dessus. Mais c’est pas pour autant que j’ai créé ma maladie. Je suis tombée malade sans vraiment m’en rendre compte. Je ne me suis jamais levée un matin en me disant « tiens, aujourd’hui je vais développer un trouble alimentaire qui va me pourrir la vie pour qu’on comprenne que je souffre ». Une fois de plus, c’est un mécanisme inconscient.

Et là, je te parle de maladie mais tu peux appliquer ça pour n’importe quel problème. Par exemple, si tu prends conscience que tu fais des actions répétitives qui te rendent malheureux-se, ça peut être intéressant de te poser la question. Exemple : Si tu acceptes constamment tout ce que te demande un-e collègue alors que tu ne veux pas / peux pas. Le bénéfice secondaire c’est de ne pas être rejeté. 

En fait, je t’invite à faire ça sous forme de tableau. Première colonne, le symptôme / l’action ; deuxième colonne, le bénéfice et/ou ce que tu y perdrais si tu allais mieux. Troisième colonne, le pourquoi tu fais ça (selon toi), c’est quelle blessure, sur quoi tu devrais travailler. Si je prends l’exemple de la personne qui accepte tout, ne sait pas dire non : sa blessure c’est la peur d’être rejeté. Donc là ça vient peut-être faire écho à un abandon dans son enfance, à une relation toxique passée. Enfin, il y a plein de chose. Et c’est pour ça que c’est pas toujours évident de voir ça par soit même et que ça demande une discussion avec un thérapeute.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Des exemples de bénéfices secondaires

Pour te guider, et te montrer d’ailleurs que je n’en ai pas honte et qu’il faut pas en avoir honte, je vais te partager des exemples ce qui ont été pour moi des bénéfices secondaires (et les causes). 

Encore une fois, je rappelle que toute cette réflexion que je t’apporte là est le fruit d’un processus long. Je pourrais dire que du moment où j’ai pris conscience des bénéfices secondaires à aujourd’hui, il y a bien 6 ans de passé. Et chacun prend le temps qu’il lui faut 🙂 

Alors, dans mes bénéfices secondaires de mon anorexie, et pourquoi j’avais peur d’aller mieux : 

Bénéfice secondaire #1

Je pense que le principal bénéfice secondaire que j’avais, c’était pour faire face à ma peur d’être adulte, ma peur de grandir. Je pense que l’anorexie me permettait d’avoir comme une « excuse » de ne pas affronter les difficultés de l’adulte. C’était comme une façon de ne pas assumer les responsabilités qui me faisaient peur. Et dans la même continuité, c’était une façon de garder ma position de « enfant de ma maman » plus que d’être une « femme, adulte » qui peut voler de ses propres ailes sans la protection de sa mère / de ses parents. 

Ce que je viens d’aborder là mériterait un épisode de podcast dédié tellement c’est complexe haha. Mais comment j’ai travaillé là dessus : bah en avançant sur le concept d’être adulte justement. Parce qu’en fait j’ai pris conscience j’avais peur d’assumer des responsabilités que j’assumais déjà. Et en travaillant beaucoup sur ma relation d’attachement à ma mère (travail toujours en cours). Et en prenant confiance en moi, en la femme et l’adulte que je suis, en mes capacités : dans le fait que oui, je peux m’en sortir. Et en travaillant du coup sur ma peur d’échouer, de pas réussir sa vie, ma peur de décevoir, ma peur du regard des autres, ma peur de pas être parfaite. J’ai fait évoluer mon état d’esprit sur ces points-là et ça m’a beaucoup aidé. C’est d’ailleurs ce que je vous partage dans mon livre sur les peurs liées au trouble alimentaire :

ebook

Le premier est un livret qui traite les différents sujets d’anxiété que tu peux éprouver dans tes troubles alimentaires, et dans la vie en général. Il s’agit d’un livret qui reste interactif avec des questionnaires à remplir et 22 questions avec un espace dédié pour y répondre. Tu retrouveras toutes les infos ici :

Bénéfice secondaire #2

Un autre bénéfice secondaire c’est que l’anorexie me permettait d’être comme une autre personne, de créer un « faux moi ». Je dis faux parce qu’en fait ce n’était pas moi la maladie, c’était pas ma personnalité. Et ça c’est quelque chose aussi de très important dans la guérison : apprendre à se reconstruire indépendamment de sa maladie. Et pareil, en fait j’ai pris conscience que je ne m’aimais pas, je me pensais indigne d’être moi. Et du coup je préférais vivre dans le corps / la vie de quelqu’un d’autre, en l’occurrence de la maladie. Et ça c’est un gros travail que d’apprendre à se reconstruire. Et c’est tellement propre à chacun.

Bénéfice secondaire #3

Un autre bénéfice secondaire c’est le faux pouvoir et contrôle que me donnait la maladie, que j’avais peur de perdre. Encore une fois je dis « faux » car c’est un leurre de la maladie. Quand tu es malade, tu as justement plus aucun contrôle sur ta vie. Et ça je dirais aussi que je l’ai beaucoup travaillé avec le temps, en prenant conscience des ravages de la maladie sur ma vie. Et en changeant mon état d’esprit comme je parle encore une fois dans mon livre sur le peurs liées aux troubles alimentaires. 

Bénéfice secondaire #4

Un autre bénéfice secondaire, et là ça parait assez dingue de dire le mot « bénéfice » quand on voit ce que je vais dire après. Mais justement, ça prouve bien à quel point c’est inconscient et que c’est un mécanisme dont la personne est piégée. Ce bénéfice, c’était d’exprimer ma haine envers moi, de m’attaquer à moi-même. Et en fait, ça me faisait comme du bien de me « punir ». Et là, encore une fois, c’est propre à mon histoire mais en fait, c’est parce que je portais une culpabilité énorme, que je ne devais pas, qui ne m’appartenait pas. Et le fait de travailler sur ça, m’a aussi aidé dans ce bénéfice secondaire.

Bénéfice secondaire #5

Un autre bénéfice secondaire c’était de ressentir autre chose que la détresse psychologique dans laquelle j’étais. Et parfois, des personnes ont tellement un sentiment d’inutilité, de dégoût envers elles-même, elles sont tellement en lutte contre des blessures profondes (souvent inconsciemment encore une fois), que ressentir la souffrance d’une maladie est plus simple. C’est comme un évitement.

Bénéfice secondaire #6

Un autre bénéfice secondaire c’était aussi pour moi de « paraître bien », d’essayer de rentrer dans des cases, de faire bien comme il faut, comme les autres voudraient que je fasse. Parce qu’en thérapie, j’ai pris aussi conscience que dans ma famille je ressentais des interdits, une image à tenir. Comme s’il y a avait des choses à ne pas dire, pour ne pas attirer les regards. Rester bien droit dans ses bottes, pas faire de faux pas. Et là, c’est aussi en apprenant à être moi-même, à me construire indépendamment de la maladie, que j’apprends à assumer qui je suis, indépendamment de mes proches, de ma famille, de mon éducation. Et aussi indépendamment du regard des autres, comme j’en parle encore une fois dans le livre sur les peurs du TCA.

Autres bénéfices secondaires

Je pense que je vais poursuivre avec d’autres bénéfices secondaires possibles, que j’ai eu ou non. Comme ça, ça peut donner des pistes de réflexion : 

Ça peut être …

  • Une façon d’éviter des conflits, des cris, des mécontents de ses proches 
  • Une surcompensation pour se « prouver » plus fort, plus confiant; face à la réelle image que l’on a de soi, ou à l’étiquette qu’on vous a collé depuis que vous êtes enfant
  • Une façon de démontrer de l’amour, de répondre aux besoin d’un être cher. Par exemple, parfois je me suis demandée si ce n’était pas une façon de rester l’enfant de ma mère, pour qu’elle s’occupe de moi car j’avais le sentiment que ma mère avait beaucoup de mal à voir ses enfants grandir et partir.
  • Une façon de se cacher à soi-même des vérités, une façon de se protéger face à une décision à prendre 
  • Ça peut être une façon d’exprimer une injustice vécue, une rancune jamais évoquée. Comme une façon de se venger (de façon inconsciente, je le rappelle toujours)

Et pour ce qui est des coûts à aller mieux ?

Et du coup dans mon titre je parle aussi de coûts à la guérison, au fait d’aller mieux mais je n’en ai pas encore parlé. 

C’est très lié aux bénéfices secondaires forcément. Moi je pense que ce que j’avais peur de perdre / d’affronter en guérissant, c’était : 

  • Que mes proches se désintéressent de moi, qu’ils passent moins de temps avec moi, qu’ils soient moins conciliant. Mais en fait, tes proches ne t’aiment pas parce que tu es malade. Ils t’aiment parce que tu es toi. Et autre chose, c’est aussi que tu te rends compte avec le temps (enfin pour ma part je parle), que les symptômes que tu avais disparaissent ou s’atténuent, en travaillant sur ça justement. Par exemple moi je refusais toujours les invitations (comme Madame Y, en fait c’était moi je l’avoue haha). Mais à mesure que j’ai fait évoluer mon état d’esprit, que j’ai travaillé sur moi, sur l’acceptation de qui je suis, sur la reconstruction de moi… Eh bien je refusais de moins en moins parce que j’étais contente d’aller à la rencontre de l’autre. J’avais moins ce problème de confiance en moi donc je n’avais plus besoin de vivre cachée.
  • Un autre « coût » c’était aussi que j’allais devoir accepter de ne plus être l’enfant de ma mère, mais plus une adulte responsable, capable de se débrouiller seule. Et ça me faisait terriblement peur, et pour être honnête je travaille toujours sur ça.
  • Un « coût » c’est peut être aussi le fait d’accepter d’avancer sur son passé et de se tourner vers le futur. Parce que ça fait terriblement peur de sortir de sa zone de confort. 
  • Le coût ça peut aussi être de libérer des émotions qu’on ne sait pas forcément gérer, des traumatismes qu’on a jamais résolu. D’où l’importance aussi d’être accompagné justement. 
  • L’un des « coûts » que j’avais aussi c’était d’assumer la responsabilité de mes actes. De me dire que si je faisais une erreur, c’était « ma faute ». Quand on est enfant, c’est tes parents qui en sont responsables en quelque sorte. Tu es protégé. Quand tu es adulte, tu dois assumer. J’en reviens à la peur d’être adulte. Une fois de plus, j’ai fait évoluer ma façon de voir l’adulte, de voir l’erreur… Mais aussi ma confiance en moi, etc.

Voilà, je t’ai donné pas mal d’éléments de réponse, plutôt même des pistes de réflexion. Le but de les trouver est de te permettre des prises de conscience, mais aussi de trouver des solutions avec un accompagnement pour faire en sorte que ça ne soit plus des bénéfices à ta maladie, des barrières à ta guérison.

Mais c’est important aussi pour moi de dire que tu n’as pas besoin de travailler, de résoudre tous les coûts, d’avoir avancé sur tous les bénéfices secondaires. Je te prends l’exemple de la peur d’être adulte, de me détacher de ma position « d’enfant » : je l’ai pas encore totalement résolu. Et il y a d’autres bénéfices secondaires d’ailleurs sur lesquels je n’ai pas terminé de travailler parce que ça prend du temps

J’ai fait des pas de géant mais je sais que j’ai encore des petits pas à faire pour m’en libérer totalement. Pourtant, je n’ai plus de trouble alimentaire. Donc ne te mets pas la pression. 

Tu n’as pas besoin de travailler sur tout ça pour guérir. C’est plus avancer dessus, avoir des prises de conscience qui peuvent t’aider à cheminer dans ta guérison.

Bon, je dois avouer que c’est la première fois que j’aborde un sujet plus « psychologique » et ça me stress un peu. J’ai peur de brusquer certaines personnes. Et c’est pour ça d’ailleurs que je mesure beaucoup mes mots, que j’essai de vous rassurer au maximum.

Mais c’est pour moi tellement important dans la guérison, d’avoir ces réflexions là. Et on en parle finalement peu en général. On parle surtout de la peur de prendre du poids, de sa relation au corps, à la nourriture. Mais pour moi, les réflexions beaucoup plus profondes m’ont tellement aidé à guérir, que je veux vous les partager. Mon but c’est de vous aider dans votre propre chemin de guérison.

Voilà, dites moi sincèrement, faites moi des retours c’est important pour moi pour que je sache les contenus que je peux vous proposer. Donc dites-moi si ça vous a aidé. Parce que si oui, j’ai d’autres sujets que j’ai beaucoup envie d’aborder, qui sont plus sur les causes, ou des réflexions psychologiques qui ont été pour moi indispensables dans ma guérison. 

Je parle notamment de la peur de grandir / d’être adulte, mais aussi de la relation à la mère / aux parents. C’est certain que c’est propre à moi ça et qu’encore une fois, la guérison est propre à chaque personne. Donc on a pas du tout tous les mêmes sujets d’anxiété on va dire. Mais c’est vrai que je trouve que c’est des thèmes qui ressortent souvent avec les personnes avec qui j’échange. 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 8 commentaires
16 outils pour t’aider à sortir de l’anorexie

16 outils pour t’aider à sortir de l’anorexie

16 outils pour t’aider à sortir de l’anorexie

Je suis très contente de faire cet article, car il est pour moi essentiel. En fait, on me demande souvent des conseils pour se sortir de l’anorexie (qui est le trouble alimentaire principal dont j’ai souffert, mais ce contenu est valable pour tout trouble alimentaire). Et c’est pour moi assez difficile de répondre en 1 message quand on me demande ça. D’autant que la guérison est multidimensionnelle : j’ai déjà parlé des sphères alimentaires, restructuration cérébrale, physique… dans mes autres contenus. Mais quelque chose que je répète toujours et sur lequel j’insiste beaucoup : c’est l’implication dans sa guérison. Ce fut pour moi INDISPENSABLE pour se sortir de l’anorexie.

Évidemment, le parcours de guérison est propre à chaque personne : il n’y a pas une seule bonne façon de guérir. Mais dans cet article, je souhaite partager 16 outils concrets que j’ai moi-même utilisé et qui ont joué un accélérateur et un appui essentiel pour ma guérison de l’anorexie

Je n’avais pas conscience que ça m’aidait à sortir de l’anorexie

C’était important pour moi de commencer par cette précision. Car en lisant les outils que je vous propose, vous allez parfois vous dire “Genre ça, ça peut m’aider à sortir de mon trouble alimentaire”. Mais en fait, ce n’est même pas spécifique aux troubles alimentaires. Ces outils n’ont pas pour première vocation à vous sortir de votre trouble alimentaire. Ces outils ont pour but de vous aider à prendre soin de vous, à mieux vous connaître, à faire évoluer votre état d’esprit sur différents points de votre vie. Ces outils ont pour objectif d’apaiser votre mental en ébullition. Ces outils ont en fait pour but de créer un environnement favorable à votre guérison, à votre santé mentale. Donc tout le monde pourrait, et devrait même, mettre en place certains de ces outils dans leur vie quotidienne. Parce que tout le monde devrait prendre soin de sa santé mentale 🙂

Et d’ailleurs, moi-même, j’utilise encore la plupart des outils que je vais énumérer.

Pourquoi je n’avais pas conscience que ça m’aidait à l’époque où je souffrais d’anorexie ? Parce que clairement, les effets ne sont pas immédiats. La clé pour vraiment que ça soit efficace et que ça impacte positivement : c’est la répétition et la durée. Et c’est ça le plus difficile en réalité : les pratiquer quotidiennement ou du moins régulièrement. Pas tous évidemment, mais au moins l’un de ces outils. Dans tous les cas, je conseille de tester ces outils pour voir ceux qui vous conviennent, que vous aimez bien.

Si vous me suivez sur Instagram, vous verrez que c’est des choses que j’ai déjà dit. Mais là, tout est rassemblé dans 1 seul et même contenu. Je les donne en vrac, il n’y a pas d’ordre d’importance particulier. 

Ce que j'ai mis en place concrètement pour sortir de l'anorexie

#1 - Les livres de développement personnel

Quand je suis tombée dans les troubles alimentaires, je ne comprenais pas vraiment ce qu’il m’arrivait. Et à vrai dire, j’ai pris un an à dire que je souffrais d’anorexie. Difficile de s’avouer malade…

Cependant, depuis le début, je voyais que mes préoccupations étaient tournées sur mon corps, mon alimentation. Mais j’ai tout de suite compris que le véritable problème était bien plus profond. J’avais toujours eu ce mal-être en moi. Et je devais travailler dessus. Cette maladie qui venait prendre possession de mon corps, de ma tête en était l’alerte.

Et c’est comme ça que je me suis vite rendu dans les rayons de développement personnel des librairies. J’en ai lu vraiment beaucoup. Et ça m’a énormément aidé. Je vous ai présenté dans cet article les livres qui m’ont particulièrement aidé dans mes TCA.

 Et parfois, quand j’avais une prise de conscience ou un paragraphe, une phrase qui résonnait beaucoup en moi, je le recopiais dans mon journal pour le relire plus tard. Et ça aussi, c’est important d’ailleurs, le fait de noter et relire ! Mais j’en parle dans le point suivant. 

Les livres de développement personnel m’ont personnellement aidé à faire évoluer mon état d’esprit, à comprendre que justement, je n’étais pas bloquée dans mon stress, dans mon mal-être : que je pouvais mettre en place des choses pour évoluer. C’est un process sur le long terme, je trouve, mais ça m’a aussi aidé à travailler sur mon perfectionnisme, mon rapport aux autres, ma place dans ma famille et ma persévérance.

#2 - Un journal de bord

Mon bullet journal, c’était mon outil phare avec les livres de développement personnel ! J’en ai déjà parlé plusieurs fois en newsletter, sur Instagram. 

Mon bullet journal, je l’utilisais pour écrire des listes comme ma bucket list, mes raisons de guérir, des listes de citations. Je l’utilisais aussi pour noter les difficultés que je rencontrais, les prises de conscience que j’avais. Je l’utilisais beaucoup pour planifier mes mois, mes semaines, mes journées pour désencombrer ma tête. Je l’utilisais aussi pour pratiquer la gratitude. Et vraiment je suis certaine que ce journal m’a trop aidé. 

Et d’ailleurs, j’avais comme lancé une mode à l’hôpital ! Les autres filles me voyant le remplir, elles ont commencé à créer le leur :). Et certaines infirmières ou autres patientes avec qui j’étais se souviennent de moi par ce journal que je tenais. Je le faisais en partant de zéro, avec un carnet vierge, mes stylos, des dessins, etc. Il était entièrement personnalisé. 

J’ai vraiment une passion pour les carnets ! Et aujourd’hui, je suis trop trop contente parce que j’ai sorti mon propre journal ! Je l’ai appelé le self-care planner pour prendre soin de ta santé mentale. En gros, je voulais un joli journal qui rassemble toutes les bonnes habitudes que j’avais mises en place pour vous le proposer.

J’ai fait une première partie de quelques pages qui s’appelle Get to know yourself où je pose différentes questions pour t’aider à mieux te connaitre sur des aspects spécifiques de ta vie. Savoir qui tu es et qui tu souhaites devenir.

Ensuite, j’y ai mis des planners (donc des outils d’organisation) pour chaque mois et semaine. Il y a des todo list quotidienne, des listes de gratitude pour chaque soir. J’ai fait une énorme recherche des citations les plus inspirantes, adaptées pour un combat quoi. Donc il y en a + de 60. J’y ai mis aussi une page d’objectif avant chaque mois et une page de bilan à la fin du mois pour identifier tes difficultés, savoir sur quoi travailler sur le mois d’après. 

Et à la fin du planner, il y a des trackers pour suivre ton sommeil, suivre ton humeur, suivre tes symptômes… En fait tu les utilises comme tu veux. Et d’autres outils comme le budget mensuel, le jar pour t’aider à faire des économies, ta bucket list, ta liste des livres que tu as envie de lire, etc. Bref je suis trop contente !

Le journal a cet avantage de mettre des mots sur les choses. Et donc vous pouvez  les relire n’importe quand, puisque c’est posé. Et vraiment, relire les choses que tu as écrites, c’est important. D’où le fait d’avoir un joli journal pour donner envie de s’y replonger. Que si tu notes sur des papiers à droite à gauche, c’est pas la même chose je trouve.

Le fait de tenir ce journal m’a aidé et m’aide encore à entraîner mon cerveau à la pensée positive, à me désencombrer la tête, à avoir des prises de conscience, à prendre un temps pour moi en fait. Et on l’oublie souvent ça 🙂 Ralentir le tourbillon infernal de sa vie.

#3 - La liste des raisons de guérir

Un peu dans la même thématique que le point 2, du moins moi j’avais utilisé mon journal pour faire ça : la liste de vos raisons de guérir. Ça c’est un outil qui est vraiment important et à faire. Si vous me suivez depuis un moment, vous le savez parce que j’en parle souvent. D’ailleurs, je le propose dans mon kit de guérison. Je vous ai mis une liste de 100 raisons de guérir pour vous inspirer, et après je vous propose de faire votre propre liste.

Moi, ma liste je la faisais évoluer avec le temps, je l’ai complété. Et vraiment, je la relisais souvent. Et c’est vraiment important encore une fois de relire, surtout cette liste. Dès que tu te sens mal, dès que tu as envie d’abandonner, dès que tu penses que jamais tu ne vas réussir à te sortir de l’anorexie ou de ton TCA : relis les raisons pour lesquels tu te bats. 

#4 - Les post-it ou les Notes de ton portable

motivation-guerir-anorexie

Alors, ce point peut attirer l’attention. Mais sincèrement, moi ça m’a beaucoup aidé 🙂 Toujours dans cette idée de s’exposer à des choses inspirantes, motivantes, positives. J’utilisais des post-it, les notes de mon téléphone ou même des affiches que je personnalisais moi-même pour y inscrire des citations, des phrases, des proverbes qui m’aidaient à faire face à la maladie. 

Le fait que ce soit des posts-it, c’est juste que tu peux les mettre où tu veux assez facilement (sur le miroir de ta salle de bain, dans ta cuisine, dans ta chambre). Les notes de ton portable c’est bien pour les avoir de n’importe où tu te trouves. 

La maladie te balance tellement de mensonges en permanence que parfois tu ne sais plus quelle est la vérité, comment y contrer. Donc le truc, c’est de préparer ces notes quand tu es dans un moment stable (on va dire quand tu n’es pas dans une crise d’anxiété). 

Je vous mets souvent des reminders (rappels) sur Instagram, dans mes posts ou en story. J’ai également un article de +58 citations motivantes dont tu peux t’inspirer.

#5 - Les photos

Les photos, comme les notes / affiches / post-it m’ont beaucoup aidé à me motiver. Attention, pas des photos où tu étais plus mince. Pas des photos d’un objectif physique. Parce que ça, ce n’est pas aidant. C’est plus un déclencheur de ta maladie qu’une motivation à ta guérison.

Les photos que j’affichais, ça pouvait être des photos personnelles donc de ma vie. Mais c’était ce que j’appelle des instants bonheurs, ou des photos de mes proches, de mes petits neveux pour ma part. Et ça me donnait envie de guérir. C’étaient aussi des photos de vacances avec mes copines, de soirées avec elles. Parce que passer du temps sans prises de tête avec mes copines, avec mes neveux étaient pour moi des motivations pour me battre.

Mais ça pouvait aussi être des photos qui n’étaient pas les miennes. Des photos de paysages, des photos que je trouvais trop jolies, pétillantes, vivantes. Des photos qui m’inspiraient : de paysages, de gens, d’enfants qui éclataient de rire. Je les connaissais même pas les gens en photo, mais ils étaient beaux parce qu’ils étaient heureux. Et ça, ça m’inspirait. c

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

#6 - Le vision board

Je poursuis direct sans vraiment de transition avec l’outil 5. Mais il est clairement lié avec le point 4 et 5. En fait, un vision board c’est un outil de visualisation pour t’inspirer, te motiver. Et il peut avoir des photos, des mots, des citations… Tout ce que tu aimes. Moi j’utilisais le vision board pour représenter ce que je voulais dans ma vie : du bonheur, de la nature, de l’amour, des rencontres, de l’amitié, des voyages, etc. De la vie en fait ! 

Ton vision board, tu peux le faire physiquement ou virtuellement. Moi j’utilisais les murs de ma chambre. Je sais que certains préfèrent en faire plusieurs, dans un grand cahier. 

C’est à vous de voir. Je conseille souvent de le faire à proximité voire en quinconce sur votre miroir. Parce que se voir dans un miroir est souvent très compliqué : on a tous les mensonges de la maladie qui te mitraille de méchanceté, tant de haine d’un coup. Donc moi j’essayais de contrebalancer cette haine avec de la bienveillance. J’y avais donc accroché autour des photos inspirantes, des mantras positifs, des mots motivants. 

Alors non, l’effet n’est pas immédiat. Ce n’est pas parce que j’avais ça que du coup, j’aimais mon corps dans le miroir.

Par contre, je suis sûre que le fait d’être exposé à ça en permanence m’aidait énormément. Parce que je m’exposais à des visages souriants, des visuels qui représentaient l’amour, la vie, le voyage. Pour moi, c’était une façon de mettre des gros coups de poing à la maladie qui elle représentait la partie obscure. Je mettais comme du soleil dans son obscurité. 

Et si vous voulez, vous pouvez aussi faire un vision board digital. J’utilisais Pinterest pour ça personnellement. Donc j’avais à la fois le physique et le digital. Comme pour les Notes de téléphone, ça fait que j’avais un vision board peu importe où j’étais et peu importe le moment. D’ailleurs, Pinterest vous permet également de trouver des visuels inspirants que vous pouvez utiliser pour votre vision board physique.

#7 - Ta chambre

Une fois de plus, cet “outil” est lié aux 3 points précédents. Je l’ai dit, le vision board était affiché sur les murs de ma chambre. 

Ta chambre, c’est vraiment TA pièce. Même si je sais que tout le monde n’a pas sa chambre seul. En fait, l’idée c’est plus d’avoir une pièce à vous, un lieu à vous où vous pouvez vous sentir bien. 

Votre chambre, ou votre pièce dédiée, doit être un lieu de réconfort, positif. Et pour ça, je recommande vraiment d’y afficher des citations, des photos.

Mais je vous invite également à prendre le temps de la décorer comme vous aimez, d’y mettre des éléments de déco cocooning : un plaid, des oreillers tout doux. Même votre lit doit être un lieu de réconfort, choisissez des draps dans lesquels vous vous sentez bien, que vous trouvez beaux.

Et enfin, je te conseille de ranger votre chambre. Ce n’est pas un ordre, juste un conseil haha. Mon but n’est pas non plus de vous rendre maniaque-rigide. (Perso, je l’étais un peu quand j’étais malade…). Mais des études ont vraiment prouvé que lorsque ton espace de vie est rangé, c’est déjà moins le bordel dans ta propre tête. 

C’est important de vivre dans un lieu sain, où tu te sens bien. Pour résumer, ta pièce à toi doit te permettre de te mettre du baume au cœur.

sortir-anorexie-photo

#8 - L’Art Thérapie

C’est vraiment quelque chose que je conseille également. A l’époque, j’en faisais beaucoup, je ne savais juste pas que ça faisait partie de l’Art Thérapie. En gros, j’appelle l’art thérapie toutes les activités artistiques qui t’aident à soigner ton mental. Mais pour moi, pas besoin de souffrir d’une maladie mentale pour faire de l’art thérapie. 

Tu peux en faire en groupe, dans un club. Mais tu peux aussi le faire par toi-même. L’avantage de l’art thérapie, c’est que ça touche de nombreux domaines. Donc, tu peux forcément trouver quelque chose pour toi. Je te donne quelques exemples : 

  • Colorier (des mandalas par exemple)
  • Dessiner
  • Faire du collage
  • Peindre
  • Écrire
  • Faire de la calligraphie
  • Danser
  • Chanter
  • Faire de la sculpture
  • Travailler l’argile
  • Faire de la poterie
  • Faire de la couture
  • Faire de l’origami

Une fois de plus, l’art thérapie a l’avantage de t’aider à te poser, de faire quelque chose pour toi. Et en plus, tu es trop fière de toi après quand tu as créé quelque chose. Je trouve que ça développe ta créativité, ta connaissance de toi-même, ta confiance en toi. Et c’est aussi une façon de prendre soin de toi.

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#9 - Prendre soin de toi

Du coup je rebondis avec ma dernière phrase pour parler du point 8. 

Prendre soin de soi est super important. Je dis souvent que l’une des clés de la guérison est, selon moi, la bienveillance.

Parce que ton trouble alimentaire est tout sauf bienveillant avec toi. Et ton corps a besoin que tu prennes soin de lui. Il y a un proverbe indien qui dit “Prend soin de ton corps pour que ton âme ait envie d’y rester”. 

C’est important que chaque jour tu t’assures de faire au moins une action pour prendre soin de toi. Et je dis bien “au moins”, c’est un minimum, pas un maximum. Personnellement, chaque jour je fais au moins 5 à 10 actions qui me font du bien. Et ce sont vraiment des actions toutes simples. Je vais donner quelques exemples : 

  • Allumer une bougie
  • Prendre le temps de te faire des soins
  • Prendre un bon bain chaud
  • Savourer une boisson chaude, au calme, dans ton plaid
  • Lire un livre que tu aimes bien
  • Faire de l’art thérapie
  • Te faire un cadeau
  • Écouter de la musique que tu aimes bien

#10 - La musique

J’en ai parlé dans le point précédent, mais la musique a de nombreux bienfaits sur la santé mentale. Moi, personnellement, je suis une addict de la musique. Vraiment, ça m’aide à vivre. Je ne pourrais pas vivre sans musique. J’écoute au moins 2 à 3 heures de musique par jour. C’est sincèrement ma drogue, à consommer sans modération 🙂 

Et lorsque je souffrais d’anorexie, j’ai commencé à me créer des playlists super motivantes. J’avais une playlist que j’avais appelée “Mood Booster”. Une autre que j’avais appelé “Chante comme si personne ne t’entendait”. Et une autre qui s’appelait “It’s time now”. 

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En gros, ma playlist “Mood Booster”, je la mettais souvent le matin pour m’envoyer un boost de positivité. Ma playlist “It’s time now”, c’étaient plus des musiques qui m’inspiraient, qui me donnaient envie de me battre. Et la dernière playlist, c’est toutes les musiques (plus ou moins kitch haha) sur lesquelles je chante le soir dans ma chambre. Et le chant personnellement m’aide aussi beaucoup à libérer mes émotions, ça me détend.

Donc, je vous conseille vraiment d’avoir vos propres playlists pour vous aider et de les faire si vous n’en avez pas. 

#11 - Les affirmations

Un autre outil que j’aimais moins faire, mais qui m’a aidé. Je n’aimais pas trop parce que j’étais moins à l’aise. Mais j’avais lu tellement de choses positives sur ce sujet, des bienfaits pour la santé mentale… que j’ai fini par en pratiquer aussi. 

C’est un outil que j’ai notamment beaucoup fait lorsque j’étais hospitalisée. En fait, tous les matins, je lisais 5 à 10 affirmations à voix haute. Même chose que les raisons de guérir, je vous ai mis des exemples de mantras positifs dans mon kit de guérison.

Mais le mieux c’est que ce soit des affirmations qui vous correspondent. Il en existe énormément. Vous pouvez en trouvez plein sur Internet selon la thématique voulue (confiance en soi, guérison, acceptation du corps, perfectionnisme, etc.) Et vous pouvez vous inspirer, mais créer vos propres affirmations. Parce qu’il faut bien que vous les compreniez, qu’elles soient simples et faciles à prononcer. 

Une autre chose que je faisais, et que vous allez peut-être trouver bizarre. En gros, pendant une grosse période, tous les matins, je me regardais dans la glace : les yeux dans les yeux. Et je me répétais “Tu vas y arriver Mathilde, tu vas te sortir de cette maladie de merde. Tu es forte et c’est certain que tu vas t’en sortir”. Vraiment, chaque matin je me disais ça. Et ça, franchement, je suis sûre que ça m’a aidé.

#12 - Faire des exercices pour déstresser

Souvent, les personnes qui ont des maladies mentales, et notamment dans les TCA, souffrent également d’anxiété. C’est un sujet que j’ai beaucoup abordé ces derniers temps et j’ai d’ailleurs fait une vidéo YouTube où je vous explique l’importance de traiter votre anxiété en même temps que votre trouble alimentaire pour un traitement vraiment efficace. 

Donc je vous conseille vraiment de mettre en place des actions concrètes pour travailler sur votre anxiété. Je vous ai présenté il y a 15 jours les carnets d’anxiété que j’ai d’ailleurs publiés avec des exercices concrets qui se base sur 42 techniques différentes. 

Mais sinon, vous pouvez également faire appel à un thérapeute qui vous propose des exercices concrets. Mes carnets se basent sur beaucoup d’exercices que j’ai eus dans mes thérapies TCC et de Sophrologie. 

#13 - Les contenus sur internet (Podcast, Instagram, Blog…)

Dans la même logique de lire des livres de développement personnel, je t’incite à lire, regarder, écouter des contenus inspirant, motivant. Les réseaux sociaux peuvent être toxiques si vous suivez des contenus triggers, c’est-à-dire qui viennent déclencher la maladie : qui parle de maigrir, de régime. Mais par contre, si vous vous entourez de contenus positifs, qui donnent des conseils, qui vous guident dans votre chemin de guérison, alors c’est bénéfique 🙂 

Évidemment, je conseille mon podcast haha !

J’invite également à me suivre sur Instagram ou à lire mon blog. Je donne des conseils sur différentes problématiques de la guérison, mais je partage également des contenus pour vous aider à réfléchir sur certains aspects de la maladie, pour vous aider à avoir des prises de conscience. 

Mais évidemment, il existe de nombreux autres podcasts, comptes Instagram et sites internet très qualitatifs ! De toute façon, l’idée est de suivre des comptes qui vous parlent, qui vous correspondent. C’est le plus important 🙂 

Dans mon contenu, j’explique aussi souvent comment fonctionne le corps, les mécanismes de la maladie. Et ça, pour moi c’est vraiment important. En tout cas, c’est aussi ce qui m’a aidé à sortir de l’anorexie : en comprenant comment le trouble alimentaire fonctionnait. Donc je vous ’invite aussi à lire des contenus qui expliquent tout ça, qui vous informent et vous permettent de mieux comprendre la maladie.

3 derniers outils tout aussi important

Les 3 prochains “outils” ne sont pas vraiment concrets, du moins pas matériels. Mais c’est quand même important de le dire. Parce que oui, votre implication dans la guérison est primordiale. Mais cela ne veut pas dire que vous devez chercher à vous en sortir absolument seul, sans aide de qui que ce soit.

#14 - L'aide des proches

Donc, je vous invite à chercher de l’aide autour de vous : à en parler à vos proches, vos amis. Je trouve que lorsque je parlais de la maladie, de ses fonctionnements aux autres, c’était comme si je mettais en lumières ses combines. Il y a un proverbe anglais qui dit “Secrets die in the light”. Ça veut dire que lorsque tu exposes des secrets au grand jour, ils “meurent”, en l’occurrence pour la maladie, ils sont plus faibles. La maladie est plus forte lorsqu’elle est seule. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle t’isole. Et c’est difficile, mais il faut aller à l’encontre de ça. 

Et en plus, en parlant aux autres, tu leur expliques aussi comment ça se passe dans ta tête, ce qui t’aide, ce qui ne t’aide pas. Et c’est une façon d’en faire des alliés pour ta guérison. Parce que je le dis souvent, mais pour les proches, c’est difficile à comprendre comme maladie. Mon copain, je lui en ai parlé de nombreuses fois. Il comprend beaucoup mieux, mais il me dit toujours que dans tous les cas, c’est impossible à comprendre si on ne le vit pas. N’empêche qu’en lui expliquant ce que je vivais, il a pu mieux m’aider et mieux me comprendre. Et c’est super important ça. Parce que déjà que c’est difficile de se battre contre la maladie. Alors si en plus tes proches ne comprennent pas et qu’ils t’ajoutent (même malgré eux) des bâtons dans les roues, ça ne t’aidera vraiment pas.

#15 - L’aide des professionnels

Je sais que beaucoup ne sont pas accompagnés. Et je sais aussi que malheureusement, c’est très difficile de trouver des professionnels qui sont familiers aux troubles alimentaires. Mais c’est vrai que je recommande toujours d’avoir une équipe de professionnel avec soi.

Moi-même, j’étais accompagnée par des médecins. J’ai testé de nombreux thérapeutes, différentes thérapies. Je vous parle de tout ça dans mon épisode 18 où je vous indique tous les praticiens que vous pouvez consulter dans le cadre d’un trouble alimentaire. 

Pour moi, c’est important parce qu’un thérapeute est externe à ta famille. Il n’y a pas s’affecte personnel. Enfin, clairement avec le temps, on finit par en avoir quand on les voit fréquemment sur la durée.

Mais en tout cas, ce n’est pas un proche de la famille. Et ça change beaucoup de chose. Parce qu’on parvient à dire plus de chose, sans avoir peur d’être jugé. Et le thérapeute est neutre, donc pareil, il ne prend pas parti dans quoi que ce soit. 

Et puis enfin, ce sont des professionnels. Donc, ils ont une écoute professionnelle, sans jugement, compréhensive, empathique et bienveillante. Normalement.

Et ils te posent des questions spécifiques, te proposent des exercices concrets pour t’aider à avancer dans ta guérison (notamment dans les médecines douces, ou les psychologues, psychiatres…).

Autre chose, notamment quand ils sont spécialisés dans les troubles alimentaires, c’est vraiment un appui indispensable que d’avoir une personne qui comprend la maladie. Déjà parce que tu te sens mieux compris toi-même. Mais aussi parce qu’il peut te conseiller, et t’expliquer les mécanismes de ton cerveau/de ton corps face à la maladie. Et ça, c’est vraiment important pour comprendre la maladie comme j’en parlais avant. 

#16 - Crois en toi

Dernier outil, qui n’est pas non plus concret. Mais il peut le devenir 🙂 J’en ai parlé plus haut, quand je te disais ce que je faisais le matin en me regardant dans la glace haha. 

Cet outil, c’est de croire en toi. C’est super important ! Vraiment. Il y a une citation de Martin Luther King qui dit “Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et ils se réaliseront sûrement”. Alors oui, je suis à fond dans les citations. Mais comme je vous en ai parlé au début, avec le Self-Care Planner que j’ai conçu, j’ai fait une énorme recherche des meilleures citations donc j’en ai plein en tête haha.

Mais le fait de croire en soi est indispensable. Évidemment, il y a plein de fois où, j’avais peur de pas y arriver, où je me disais “Mais c’est pas possible, je ne vais pas m’en sortir”. Mais ça, c’était 5% du temps. 95% du temps je me répondais à moi-même : “Si Mathilde, tu vas t’en sortir. C’est certain, tu ne vas pas rester toute ta vie malade, tu as plein de choses magnifiques à faire dans ta vie !”. Et donc vraiment, je vous invite à vous répéter que vous allez y arriver. C’est vraiment important. 

Je n’étais pas plus forte que vous, vous allez y arriver comme j’ai pu me sortir de l’anorexie. C’est possible, vraiment, c’est possible.

Je finis par préciser que je ne fais pas de positivité toxique. C’est-à-dire que j’étais à l’écoute de mes émotions négatives, justement j’utilisais mon journal pour ça. Mais c’est juste que j’entraînais mon cerveau à être plus positif. Et se créer un environnement positif est vraiment important pour votre guérison. C’est comme un coup de boost pour vous aider.

Vous savez, dans un panier de fruit, si un fruit est pourri, ceux qui le touchent pourrissent aussi. Aussi, dans le film de Guillaume Canet, les petits mouchoirs, il y a une scène que j’adore où Gilles Lellouche a deux pots avec des graines qui sont en train de pousser. A l’un des pots, il ne dit que des insultes. À l’autre pot, il lui dit qu’il l’aime. La scène est franchement marrante. Mais en fait, l’idée de cette scène qui est une expérience connue, c’est de dire que quand on donne de l’amour à quelque chose / quelqu’un, alors il s’épanouit et peut grandir de façon bien plus vite / belle que lorsqu’on n’en prend pas soin. 

Donc c’est ça le but de tous ces outils : si je reste sur la métaphore de la fleur sur laquelle se base toute mon image de Norainnoflower. Une fleur a besoin de jours de pluie et de jours soleil pour grandir et fleurir. En gros, les orages et la pluie, c’est les difficultés de la maladie. Le soleil, c’est toutes ces petites actions que tu vas mettre en place pour t’aider à fleurir.

Je vous ai dit au début que la difficulté, c’est la répétition de ces actions sur la durée. Mais en réalité, la plus grande difficulté, c’est l’action : c’est de commencer.

Bon, je continue sur ma lancée des citations vu que j’en ai déjà dit plein mais j’adore franchement : 

Pour terminer, je citerais Thomas Edison, qui disait “Une idée ne vaut rien si elle n’est pas mise en œuvre”. Et pour finir, Gandhi disait “La plus petite des actions vaudra toujours mieux que la plus grande des intentions”.

Donc, je vous invite à faire le choix aujourd’hui de vous engager à essayer un des outils que je vous ai proposé dans ce contenu. Si vous avez déjà mis en place des outils, parfait ! Pourquoi pas en mettre en place un nouveau. 

Évidemment, ce sont des conseils bienveillants. Vous faites ce que vous voulez 🙂 Mais sachez que moi ça m’a beaucoup aidé.

Mais ne vous mettez pas trop de pression : allez y petit pas par petit pas. Ne mettez pas en place les 16 conseils du jour au lendemain. L’idée n’étant pas de vous épuiser, mais de prendre soin de vous. Je dis ça parce que je sais que quand j’étais malade, et encore aujourd’hui, j’avais cette tendance au perfectionnisme ++, à être “bonne élève” on va dire. Mais encore une fois : bienveillance 🙂 

Prenez soin de vous 🌷

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Lanugo & anorexie : ce duvet protecteur

Lanugo & anorexie : ce duvet protecteur

Lanugo & anorexie : ce duvet protecteur

Le lanugo, c’est quoi ?

Le lanugo est un fin duvet de poils doux qui recouvre la peau. Il est normal chez le nouveau-né, mais chez l’adolescent ou l’adulte, il signale souvent une dénutrition liée à un trouble alimentaire. C’est une réponse du corps pour se protéger du froid quand il manque d’énergie.

Le lanugo fait partie des conséquences plus rares de l’anorexie. Beaucoup de personnes ignorent même que ça existe, jusqu’au jour où ce duvet apparaît sur leur corps.
On va voir ensemble ce qu’est vraiment le lanugo : où il apparaît, pourquoi ton corps le fabrique, et quand il finit par disparaître.
Moi, je n’en ai pas eu pendant mon anorexie. Mais une fille hospitalisée avec moi en avait, et je ne connaissais pas du tout. Pour cet article, je me suis renseignée à fond et j’ai interviewé 5 de mes abonnées qui ont vécu ou vivent ce duvet.

Le lanugo dans l’anorexie : qu’est-ce que c’est ?

duvet-anorexie-lanugo

Peut-être en as-tu entendu parler pour un nouveau-né. En effet, un nouveau-né peut arriver au monde avec un petit duvet de poils très fin, tout doux sur sa peau. C’est quelque chose que le fœtus fabrique dans l’utérus. Au bout d’une ou deux semaines, voire un peu plus, ce petit duvet disparaît de la peau de ces petits bébés. Ce petit duvet de poil s’appelle le lanugo.

C’est donc quelque chose qui arrive chez les nouveaux-nés, notamment les prématurés. Et ce n’est absolument pas inquiétant. 

En revanche, cela est plus inquiétant lorsqu’il arrive chez une personne adolescente ou adulte. C’est le signe d’un dysfonctionnement corporel. 

La cause la plus courante de l’apparition de ce duvet chez les adultes est les troubles alimentaires

Comme pour les bébés, ce duvet se présente de la même façon : des poils fins, doux qui viennent recouvrir la peau.

Les endroits les plus fréquents sont :

  • les avants-bras,
  • les jambes,
  • le ventre,
  • le dos,
  • les épaules
  • le cou
  • et le visage.

Le lanugo ne peut pas pousser sur les paumes de main, la plante des pieds, les organes génitaux, les ongles et les lèvres. 

La couleur de ce duvet dépend de la génétique mais est souvent la même que la couleur naturelle des cheveux.

Quelles sont les causes de ce lanugo dans les troubles alimentaires ?

Selon les médecins, l’apparition de ces poils dans le cadre de l’anorexie mentale est une réponse naturelle face à un manque de nutriment dû à une alimentation non adaptée aux besoins du corps. En effet, une personne souffrant de trouble alimentaire (anorexie, boulimie…) va recourir à la restriction, entraînant ou non une perte de poids. Les apports nutritionnels sont donc bien en deçà des besoins nécessaires pour vivre en bonne santé. Le corps se trouve donc en malnutrition et ne reçoit pas les nutriments nécessaires pour son bon fonctionnement. En conséquence, certaine fonction corporelle ne sont plus assurées comme notamment la thermorégulation. 

En effet, beaucoup de patients souffrant de troubles alimentaires expriment à quel point ils ont toujours froid. Et ce, même en été, quand le soleil brille sur leur peau (j’en ai moi-même fait l’expérience). Et d’ailleurs, le symptôme d’avoir constamment froid a été pour moi parmi ceux qui sont restés le plus longtemps même lorsque j’étais en renutrition et que je regagnais du poids. 

L’organisme ne parvient pas à se réchauffer, notamment parce qu’il manque de graisse corporelle. Eh oui, on diabolise souvent le gras… Pourtant ton organisme en a besoin ! C’est notamment la graisse qui permet de réguler la température corporelle. 

C’est donc une réaction intelligente du corps pour te protéger. Je le dis souvent : il faut faire confiance à son corps. À travers mon chemin de guérison de l’anorexie, j’ai pris conscience à quel point le corps est intelligent. Il ne veut qu’une chose : te maintenir en vie. Il agit rarement par hasard.

Le lanugo en est un exemple typique : il s’agit d’une protection, une réponse intelligente de ton corps pour maintenir le peu de chaleur créé par l’organisme. C’est comme une couverture qui enveloppe ta peau pour te garder au chaud. Il ne veut pas risquer de tomber en hypothermie, ce qui est dangereux pour ta santé. Ton organisme tente de survivre comme il peut face au manque de nourriture et donc d’énergie auquel il fait face.

Il faut savoir également que lorsque tu souffres de TCA, la production de ces poils fins lui demande moins d’énergie que de réguler la chaleur corporelle. Car pour cela, il lui faudrait énormément de nutriment qu’il n’a pas dans l’alimentation actuelle que tu lui donnes. Donc encore une fois, c’est une réponse d’adaptation pour maintenir ta santé, et je dirai même, pour survivre. 

Bien que beaucoup des patients souffrant de troubles alimentaires disent notamment avoir froids aux extrémités (mains, pieds) ; les poils apparaissent rarement sur ces zones. 

L’intensité du duvet dépendra donc des besoins de ton corps.

Note additionnelle : Plusieurs des filles interviewées m’ont dit qu’elles avaient entendu dire que cela pouvait être dû également à une carence en œstrogène. 

Qui a le plus de risque d’en développer ?

Dans le cadre des troubles alimentaires, les personnes qui sont plus susceptibles de développer un duvet de poils fins sont notamment : les personnes souffrant d’anorexie, de boulimie qui ont connu une perte de poids et/ou qui ont un taux de masse grasse très bas et/ou qui sont en dénutrition sévère. 

Mais cela n’est pas systématique. 

Et attention, ce n’est pas parce que tu n’as pas ce phénomène que ta maladie est « moins grave ». Ça, c’est encore un des mensonges de ton trouble alimentaire pour tenter de te garder dans la maladie, pour te donner ce sentiment d’illégitimité.

J’ai été dans un stade sévère de l’anorexie, je n’ai pourtant pas eu de lanugo.

Donc ce n’est clairement pas automatique.

Dans tous les cas, je te recommande d’aller voir un médecin, au moins généraliste, afin d’avoir un diagnostic officiel. 

À quand la disparition du lanugo dans l’anorexie ?

Non, il n’existe pas de traitement miracle contre ça. Comme vu précédemment, le corps a créé ce duvet pour te protéger parce qu’il n’a pas assez de nutriment. 

La disparition devrait donc se faire en tout logique lorsque tu retrouves suffisamment d’énergie pour assurer la thermorégulation de ton organisme.

disparition-lanugo-anorexie

Cela peut donc partir avec la renutrition et quand il y a une re prise de poids (notamment si tu avais connu une perte initiale). C’est ce qui s’est notamment passé pour Léna : « C’est un des premiers symptômes qui part quand on reprend du poids…mais tout est relatif à si on reste à un poids trop faible… je sais que la première fois, c’est parti hyper vite..3 semaines, mais j’ai repris très vite du poids. »

Ainsi, indiquer une donnée de temps est inutile car c’est subjectif à chacun. Cela dépend de tes besoins, de ton parcours de guérison.

Il est donc nécessaire de te faire accompagner par des médecins (psychiatre spécialisé en TCA notamment) pour t’aider car il s’agit là d’un signal très fort de ton corps pour indiquer ta mauvaise santé. C’est un signal d’alarme à ne pas ignorer. 

Enfin, le lanugo est un mécanisme de défense. Lui retirer serait donc contre-bénéfique. C’est pourquoi, dans la mesure du possible, je te recommande de ne pas l’épiler. Ton corps en ayant besoin, cela repoussera de plus belle. Clara confirme cela : « Je me sentais personnellement mal de voir tous ces poils dans mon dos mais je n’ai jamais cherché à les enlever parce que l’on m’avait dit (par expérience) que ça devenait pire »

L’impact psychologique de ces poils

Je te recommande également un suivi psychologique. En effet, le duvet peut être visible sur les parties de ton corps qui sont découvertes (le visage, les avants bras notamment en été). Cela peut être difficile à vivre, à travers le regard des autres, impactant l’image de soi. 

Cela peut impacter mentalement, et même, encourager la maladie malheureusement. Klara témoignage : 

« Mentalement, je dirais que cela m’a (la maladie) impacté positivement car je voyais le Lanugo comme une petite victoire, cela montrait encore une fois que j’étais en malnutrition et ça me faisait du “bien” ». Klara entend par là que la maladie était « contente » de parvenir à ses fins. 

Léna a également mal vécu ce duvet : « mentalement c’est compliqué car on sait que les bébés avant ou au tout début de leur vie en ont donc on a l’impression de revenir en enfance et d’être un enfant à 27 ans (…) C’est mentalement difficile de se dire qu’on est aussi fragile qu’un nouveau-né ».

Maëlle témoigne également : « Psychologiquement, je trouvais cela étrange mais sans plus. Je veux dire que ça ne m’a pas plus impactée que ça car au fond, ce n’était pas du tout le pire. Oui ça me dérangeait et cela me dérange toujours, mais bon j’ai appris à vivre avec …»

J’espère que cet article t’aura aidé à en savoir plus sur le lanugo. N’hésite pas à partager ton expérience en commentaire si tu l’as vécu ou si tu le vis actuellement 🙂

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FAQ – hospitalisation & trouble alimentaire

FAQ – hospitalisation & trouble alimentaire

FAQ – hospitalisation & trouble alimentaire

Vous êtes nombreux à me poser des questions sur l’hospitalisation pour anorexie, boulimie…Trouble alimentaire en général ! 

Je vous ai donc demandé toutes vos questions sur Instagram, et j’y réponds dans cette FAQ ! 

Si vous souhaitez l’intégralité, à l’oral, c’est dispo en épisode de podcast. 

J’avais également écrit deux autres articles il y a plus longtemps où je parle de mes deux hospitalisations pour anorexie. Les liens vers ces articles se trouvent tout en bas de cette page. 

J’ai eu deux hospitalisations pour anorexie pour ma part. Il faut bien garder en tête que c’est mon expérience, mon histoire et que l’hôpital dans lequel j’étais au CHU de Lille (Fontan 2) ne sera pas le même que le tien.

Hospitalisation pour troubles alimentaires (anorexie, boulimie) : je réponds à toutes vos questions.

J’ai toujours décidé moi-même de mes propres hospitalisations. Mais on va dire qu’un travail d’éducation inconscient avait été réalisé en amont par les médecins. J’étais déjà suivi dans l’hôpital où j’ai été hospitalisé. Mais je m’y rendais uniquement pour des consultations avec les psychiatres, et juste avant l’hospitalisation à temps complet, j’ai eu 1 journée par semaine d’hôpital de jour. D’ailleurs, je trouve que l’hôpital de jour est une bonne alternative, notamment lorsque vous avez peur de l’hospitalisation à temps complet. Cela permet de t’immerger dans le milieu hospitalier, de commencer à te familiariser avec l’environnement. 

Les psychiatres qui me suivaient voulaient que je sois hospitalisée en temps complet, mais je refusais. Pour moi, je n’étais pas assez malade. Je me disais d’ailleurs qu’ils étaient fous de vouloir m’hospitaliser, qu’ils n’avaient pas conscience que ceux qui étaient hospitalisés étaient beaucoup plus malades que moi. Mais la réalité, c’est que c’était moi qui n’avais pas conscience de la gravité de ma situation. Comme j’en ai souvent parlé, le trouble alimentaire minimise toujours la maladie. 

Pour ce qui est de ma première hospitalisation, je l’ai demandé suite au séjour en réanimation que j’ai fait, du jour au lendemain. Je ne vais pas de nouveau l’expliquer, car j’en ai parlé dans l’article sur le SRI. Mais ça m’est vraiment arrivé du jour au lendemain, et c’est aussi comme ça que j’ai pris conscience de la gravité et que j’avais vraiment besoin d’aide. J’ai eu vraiment peur de mourir avec cet épisode. Je pense que ça a eu l’effet d’un petit électrochoc. 

Pour ce qui est de ma deuxième hospitalisation, c’est moi aussi qui l’est demandé. Malheureusement, j’ai eu un délai d’attente de 3 semaines. Mais je l’ai demandé, car j’étais dans un cercle vicieux et violent de restriction / compulsion. J’alternais réellement entre 24h de restriction et 8h non-stop de compulsion. Ça m’épuisait et j’étais tellement en détresse que j’ai fini par faire une tentative de suicide. Et après être passée par une cellule psychologique pendant 3 jours, j’ai demandé directement une place dans le même service TCA que ma première hospitalisation. 

Donc j’ai toujours été décideuse de mes hospitalisations. Je vais détailler par la suite les critères d’une hospitalisation générale en TCA. Je pense que j’ai malheureusement eu une place finalement rapidement parce que j’avais un IMC très faible. Je dis malheureusement car c’est très triste de juger la gravité de la maladie en fonction du poids. Parce que les personnes qui ne sont pas en insuffisance pondérale ne se sente de ce fait pas légitime. Alors qu’il s’agit bien d’une maladie mentale, et non pas physique. Après, je pense que cela s’explique notamment par le fait que le nombre de centres / hôpitaux spécialisés TCA, et même le nombre de places dedans sont très faibles. Donc, ils sont obligés d’être ultra-sélectifs.

Alors, on m’a demandé s’il faut être en grande dénutrition. La réponse est non, il ne faut pas être en dénutrition. Ce n’est pas comme cela que l’on mesure la gravité de la maladie comme j’en parlais dans la question précédente. Mais comme je disais aussi juste avant, le nombre de places et d’établissement pouvant accueillir étant limité, alors c’est souvent ceux-là qui sont privilégiés. Mais je trouve que ce critère de l’IMC faible (critère qui n’en est pas un, ou qui l’est inconsciemment) tue les patients. C’est hyper violent ce que je dis et ce n'est pas directement vrai, mais indirectement, ça l’est. Je m’explique : l’hôpital est obligé (pour cause de non-assistance à personne en danger) de prendre les personnes en extrême danger physique. Même si pour moi, une personne qui n’est pas en sous-poids est tout aussi en danger par sa mauvaise santé mentale. Mais dans l’idée commune (et même dans les hôpitaux en fait), la gravité d’une maladie est justifiée si visible physiquement. Donc en effet, les personnes présentant des IMC ultra-faibles sont souvent priorisées. Le nombre de personnes souffrant de TCA augmentant beaucoup plus vite que le nombre de places disponibles, les listes d’attente s’allongent. Parfois, des patients attendent 2-3 mois avant de pouvoir rentrer. De ce fait, la réaction “logique” de la personne malade (et qui est en total accord avec la maladie en fait), est de mettre en place des comportements de restriction & compensation d’autant plus drastique pour atteindre un stade de poids toujours plus bas, en espérant (je pense) entrer plus vite. Ou du moins, se sentir légitime à être hospitalisé. Il y a aussi, je pense inconsciemment (du moins c’est ce qui s’est passé dans ma tête), que lorsqu’on sait qu’on va rentrer à l’hôpital, que ce soit dans quelques jours ou quelques semaines, on se dit que puisqu’on va devoir manger à l’hôpital, alors autant profiter de répondre aux envies de la maladie. Et du coup, pendant les 3 semaines d’attente, j’ai aggravé mon cas en augmentant la restriction. 

Et un autre critère injuste de l’hospitalisation, qui n’est pas explicite, c’est l’âge. 

Malheureusement, de nombreux centres & hôpitaux n’acceptent que les adolescents ou les personnes de moins de 25 ans. Alors qu’encore une fois, les TCA n’ont pas d’âge. N’importe qui peu avoir un trouble alimentaire, à n’importe quel âge. Donc le fait de limiter les âges entraîne de nouveau de la culpabilité chez les personnes ayant un TCA mais qui ne sont pas ado ou jeunes adultes. Mais encore une fois, je pense que le peu de place disponible amène à être ultra-sélectif. 

Je parle ici essentiellement d'anorexie car ce fut mon cas et je ne veux pas dire de bêtise.

Je me suis inspirée du site de la Haute Autorité de Santé (HAS). 

Évidemment, il y a des raisons cliniques : 

  • L’IMC faible vient souvent en premier critère (malheureusement comme j’en ai parlé avant). 
  • Une perte de poids rapide également.
  • Le refus de s’alimenter.
  • Un SRI ou un syndrome occlusif.
  • D’autres raisons médicales comme hypothermie, hyperthermie, hypotension, tachycardie, hypokaliémie, insuffisance rénale, etc. 

Les raisons mentales (puisque après tout, il s’agit de maladie mentale !) : 

  • Tentative de suicide
  • Abus de drogues, alcool
  • Dépression, personnalité borderline, symptôme psychotique
  • Pensées intrusives permanentes
  • Besoin de sevrage vis-à-vis de l’hyperactivité et/ou dû au recours aux vomissements ou aux laxatifs
  • Nécessité de renutrition par sonde naso-gastrique 

Et enfin, ça peut être dû au contexte environnemental :

  • Conflit familial, épuisement familial 
  • Environnement stressant
  • Burn-out professionnel

Évidemment, il ne faut pas avoir tous ces critères. Dans tous les cas, c’est vraiment au cas par car et le mieux est d’avoir un rendez-vous en amont avec le personnel soignant de l’hôpital ou le centre en question afin de déterminer les conditions, les objectifs de l’hospitalisation qui sont propres à chacun. 

L’hospitalisation sous-contrainte est possible, mais quand même rare. La contrainte a lieu lorsqu’il y a un danger vital pour la personne malade. Il me semble qu’il faut l’avis de 2 personnes dont au moins 1 personne du corps médical. L’avis étant d’assurer que la personne est en danger vital pour elle-même, voire pour les autres, si elle n’est pas hospitalisée.

L’hospitalisation peut aussi être non consentis pour les personnes mineures puisqu’il s’agit des parents qui sont les représentants légaux et qui donc, prennent la décision pour leur enfant. Après, évidemment, ce n’est pas évident car parfois en tant que parent on s’inquiète et on est rassuré de savoir son enfant entre les mains des médecins. Mais je pense qu’une hospitalisation à temps complet a peu de chance d’être bénéfique si c'est forcé. Parce que la personne y va à contrecœur, et j’en parlerais dans les autres réponses de la FAQ, mais l’implication est indispensable à la “réussite” d’une hospitalisation selon moi. 

J’ai été hospitalisée entre 2 et 3 mois pour chaque hospitalisation. 



La durée d’une hospitalisation est propre pour chaque patient. Encore une fois je précise anorexie car ce fut mon cas.

Cela dépend d’où la personne en est dans son parcours de guérison, de ses objectifs d’hospitalisation, aussi de son contexte environnemental (si c’est une personne en étude, qui travaille, qui n’a pas une situation familiale stable, etc.)

Je n’ai jamais vu une personne faire moins de 2 semaines d’hospitalisation. Et les personnes qui font 2 ou 3 semaines c’est notamment pour se sevrer de crise, de prises de laxatif, des vomissements ou qui a simplement besoin d’une pause pour retrouver une stabilité dans sa vie, pour avoir un coup de boost dans sa guérison. 

Si je devais partir sur une durée moyenne, je dirais 2 mois. Quand j’étais hospitalisée, les personnes restaient souvent entre 1 mois&demi et 3 mois. 

Non, ce n’est pas indispensable à la guérison. La réponse à cette question est propre à chaque personne puisque comme je le dis souvent, chacun a son propre parcours de guérison.

Moi, personnellement, ça m’a aidé. Mais cela dépend d'où tu en es dans la guérison. Et ça dépend surtout de comment tu abordes l’hospitalisation, dans quel état d’esprit tu arrives. 

Pour ce qui est de ma première hospitalisation, je l’ai demandé un peu par la force des choses, suite au SRI, sous la peur de la mort en fait. Je pense que je n’avais pas fait assez de travail psychologique en amont, que je n’étais pas dans l’action de ma guérison. Du moins, je me concentrais surtout sur les conséquences de la maladie, à savoir sur le côté alimentaire & poids pour ma part. Je me disais qu’il fallait que je mange plus et que je reprenne du poids pour guérir. C’est ce que j’ai fait durant cette hospitalisation, mais j’ai de ce fait très vite rechuté à peine sortie. Donc je dirai que cette hospitalisation m’a surtout permis de prendre conscience de la gravité de mon trouble alimentaire. Parce qu’avant l’hospitalisation, je ne prenais pas conscience que mon corps était épuisé. Je me souviens que j’étais très étonnée de à quel point je dormais à l’hôpital, même en journée, alors que la veille de mon entrée, je bossais encore comme une dingue. 

J’ai abordé ma deuxième hospitalisation complètement différemment. Parce qu’avec le recul, j’avais compris que ma première hospitalisation ne s’était pas basée sur les bons “problèmes”, et qu’il fallait que je m’attaque davantage aux causes. J’ai commencé ma deuxième hospitalisation en étant encore plus basse mentalement. C'est-à-dire que j’avais énormément de rituels, j’étais encore plus dans le contrôle et j’étais très noire dans mes idées. Cette hospitalisation était beaucoup plus difficile. Pour ce qui est du côté poids / alimentaire, je ne mangeais pas tout pour faire plaisir à l’équipe de soignant (ce que je faisais durant la première hospitalisation). La première je voulais prendre du poids (inconsciemment je pense que c’est la maladie qui voulait que je sorte au plus vite). La deuxième j’avais un contrôle encore énorme sur mon poids, j’augmentais très doucement ma ration, etc. Mais par contre, je travaillais beaucoup plus sur les causes : avec mon interne, et puis surtout seule, dans mes propres réflexions. Je lisais des livres de développement personnel, écrivais beaucoup dans mon bullet journal, je réfléchissais beaucoup. Je me disais tant qu’à être enfermée, autant avancer. J’ai eu plusieurs entretiens familiaux aussi qui m’ont aidé à avancer également sur mes blessures d’enfance. 

Donc je dirai que l’hospitalisation m’a aidé à prendre conscience de la gravité de la maladie, de la nécessité d’avancer sur des problématiques douloureuses. 

Mais je dirais que ce qui m’a vraiment le plus aidé, c’est de faire une “pause” dans ma vie. Et d’ailleurs c’est grâce à ça que j’ai pu avoir mes prises de conscience, et travailler sur mes blessures d’enfance. Donc c’est vraiment le fait de casser toute la spirale de l’anorexie. Même si dans ma tête ça continuait, dans mes actions j'étais beaucoup plus limitée pour obéir à la voix de l’anorexie

Parce que dehors, je ne m’autorisais pas à m’arrêter, j’étais pris dans le tourbillon infernal de ma vie. Et à ce moment-là, la maladie était trop forte, je ne parvenais pas de moi-même à faire une pause. Et à l’hôpital, c’est comme si je remettais momentanément ma santé entre les mains des soignants. Et pareil, j’avais besoin de ça. Parce que là, je ne calculais plus rien, je ne devais plus penser à la nourriture. Et en fait ça parait ambivalent parce que justement, j’avais toujours besoin de contrôler et je me rendais malade quand ce n’est pas moi qui cuisinais. Mais là, c’est comme si je n’avais pas le choix. Et j’avais besoin de ça pour me lancer sur le chemin de la “vraie” guérison. 

Alors, ça c’est une bonne question ! À mon sens, non. Ou du moins trop peu. Après encore une fois ça dépend des hôpitaux. Mais en France, je trouve que la prise en charge de la santé mentale a encore énormément de progrès à faire (comparé à des pays comme le Canada, les États-Unis ou même la Belgique). Peut-être que dans des centres privés c’est différent d’ailleurs. 

Mais c’est vrai que l’accent est surtout mis sur le côté nutritionnel : dans le sens où les repas sont très cadrés. Et j’avais aussi des “cours” là-dessus où l’on remettait en cause les règles de la culture du régime en gros. Mais ça je l’ai eu qu’à la deuxième hospitalisation parce qu’il y avait des diététiciens en stage qui étaient là. 

Après il y a surtout l’aspect physique qui est travaillé dans le sens où t’as des bilans réguliers, des prises de sang. Donc, tu es certain qu’ils s’assurent que ton corps réagisse bien à la renutrition. 

Pour ce qui est de l’aspect psychologique, tu as quand même ton interne qui passe te voir au moins 1 fois tous les 2 jours. Là tu peux parler de tout avec. Il y avait aussi une psychologue que tu peux voir 1 fois par semaine voire moins, parfois tous les 15 jours. Et tu as des groupes de parole. Donc il y a quand même tout ça, c’est certain. Pour moi en fait, ça ne changeait pas puisqu’à l’extérieur j’avais déjà ma psy. Mais c’est vrai que pour quelqu’un qui n’a rien eu à côté, c'est un vrai plus. D’autant que là, c'est tous des professionnels familiers ++ aux troubles alimentaires. Donc ça aide forcément, tu as des conseils plus appropriés, des réponses à des questions spécifiques sur la maladie.

Mais après, il faut savoir quand même qu’une hospitalisation, selon moi encore une fois, est beaucoup plus efficace si toi tu t’investis à fond. Dans n’importe quelle maladie je pense qu’il faut être investis ++ dans ton hospitalisation. Parce que c’est à toi de sentir les choses : dès que tu ressens une difficulté, va en parler aux soignants, demande à ce que la psy ou ton interne passe te voir. N’attends pas qu’ils te proposent, parce qu’ils ne peuvent pas lire dans ta tête. Pareil si tu as une difficulté après un repas, une culpabilité ingérable : va en parler, ne reste pas dans ton coin. Et ensuite, lis des livres de développement personnel, écris, prends le temps de faire comme un bilan sur ta vie. Je te parle de ça plus en détail sur la question “Comment s’occuper quand le temps parait infini ?”.

Alors, je ne sais pas ce qui a été le plus difficile. En réalité, clairement, ce fut difficile. C’est certain que je ne vais pas vous mentir, l’hôpital, c'est une épreuve. Et il y a beaucoup de difficulté mais tant mieux parce que le but, c'est que ce soit temporaire, pas que tu t’y sentes trop bien et d’ailleurs, on en parle juste après. 

L’enfermement est difficile, c’est certain. Et couplé à l’inactivité, encore plus. Parce que là où j’étais et normalement c’est partout pareil, tu dois être assise au max, jamais d’activité parce que ton corps a énormément besoin de repos (même si ton trouble alimentaire te dit le contraire). Donc ça c’était difficile parce que mes repas étaient plus importants qu’à l’extérieur, donc la culpabilité était parfois très élevée. Et je n'avais pas la possibilité de compenser. Mais HEUREUSEMENT. Parce que compenser, c’est la maladie, là, j'y faisais face. Et d’ailleurs je ne l’ai pas dit dans ce qui m’a aidé, mais c’est plus simple de faire face à la maladie à l’hôpital puisque tu y es comme contrainte. Tu as moins de déclencheur aussi, et ça c’est ultra-important. Donc c’est plus simple de ne pas répondre aux sollicitations du trouble alimentaire. 

Je pense que vraiment c’est ça qui a été le plus difficile pour moi. Après il y a d’autres difficultés que j’aborde dans les réponses aux prochaines questions. Mais surtout, les difficultés encore une fois sont propres à chacun. 

Ça dépendait vraiment des jours.

Je pense qu’au tout début, pour la première hospitalisation du coup, tu découvres un peu le monde hospitalier. Et ça peut être impressionnant. Et après ça dépend encore une fois si tu es là parce qu’on t’a forcé ou si c’est de ton plein gré. Ça dépend aussi si t’es encore dans la lune de miel, c'est-à-dire que ton trouble alimentaire représente un bien-être dans ta vie plus qu’une maladie. Ou alors si tu as conscience que cette maladie te pourrit la vie et que tu sais que tu dois en sortir.

 

J’étais pour ma part dans le deuxième cas de figure. Et de ce fait, il y a des jours où je sentais les bienfaits de l’hospitalisation. Il y a d’autres jours où je détestais les soignants, où j’avais envie de tout envoyer en l’air, de hurler ma colère. Mais ce n'est pas négatif en fait. Sur le moment, c'est pas agréable, c'est certain. Mais ça veut dire qu’il se passe quelque chose en toi. Et d’ailleurs, il y a pas longtemps, j’avais vu un contenu d’une psy sur Instagram, je sais plus qui. Mais elle disait qu’elle était contente quand ses patients, ils étaient en colère contre elle ou qu’ils étaient énervés contre elle. Parce que ça veut dire que tu t’affirmes, que tu n'es pas là passivement, juste à faire ce que les soignants voudraient que tu fasses. 



Cette question je l’ai trouvé super ! Parce que c’est important d’en parler. C’est un peu le “risque” de l’hospitalisation. C’est qu’à l’hôpital, comme je disais avant, tu as beaucoup moins de déclencheur. Tu es un peu dans une bulle, protégé du monde extérieur, de la culture du régime, etc. Et tu as aussi ce côté, “la maladie est entre les mains des médecins”. Donc c’est vrai que moi, je me sentais parfois comme dans un cocon, protégée, rassurée en effet. Et je sais qu’il y a des patients chroniques à l’hôpital parce que parfois, ils y trouvent un réconfort dans l’hospitalisation. 

C’est aussi un endroit où tu fais des choses pour te reposer, te relaxer. C’est un endroit où tu es peut-être plus écouté qu’à l’extérieur, où tu te sens peut être plus compris. C’est peut-être une façon de te protéger de personnes toxiques avec qui tu vivais quotidiennement. 

Donc si, j’ai clairement ressenti ça. Et je pense que beaucoup le ressent. Je me souviens avoir eu un déclic qui m’a fait dire que non, ça, ce n’était pas la vie. Parce que non, la vie à l’hôpital c’est pas la vraie vie.  Du coup j'explique ce déclic : il y a avait beaucoup de fenêtre, des grandes baies vitrée. Et je me posais souvent devant l’une de ces baies parce que j’aime beaucoup regarder dehors. Et j’étais dans un CHU universitaire. Et c’était la fin d’année scolaire. Et j’entendais des étudiants faire comme la fête, c’était en fin de journée. Mais sans doute ils fêtaient un examen ou la fin de l’année. Et je me suis dit : “Mathilde, t’as 22 ans, ta vie elle n’est pas dans un hôpital. Tu passes à côté de ta jeunesse”. Et vraiment, je vous assure, les cris de joie de ces étudiants me pinçaient le cœur, mais m’ont tellement donné encore plus de rage de vaincre la maladie. 

Très intéressante aussi comme question ! Donc moi, j'étais dans une unité où il y avait 11 places, donc j’étais avec 10 autres patients. Généralement, c'était 9 patientes et 1 patient. Et il faut quand même garder en tête que c’est 10 autres personnes qui souffrent, qui sont malades. Et vous le savez, la maladie change un peu une personne. On fait parfois des actions toxiques, on dit parfois des choses vicieuses, etc. 

Moi, je dirais en général qu’il ne vaut mieux pas être “ami”, trop proche, d’une autre personne qui souffre de trouble alimentaire. Je parle notamment d’une personne qui est en plein dans la maladie. Après, il y a des exceptions, évidemment ! Toute façon, chaque histoire est propre à chacun. Et je sais que certains ça les a aidés, au contraire.

Et ça n’empêche que je ne dis pas de rester seule à l’hôpital. Moi, j'y suis restée longtemps, et évidemment tu crées des affinités. Mais il faut garder en tête que l’autre personne est malade. 

Je vais commencer par vous dire le positif, et ensuite je vous donne des anecdotes plus “sombres” à ce sujet.

Le positif, c’est que durant mes deux hospitalisations, il y avait une fille pour qui j’ai eu un coup de cœur ! Elle s’appelle Audrey, et c’était pour moi mon camarade de guerre dans cette lutte contre la maladie. C’est avec elle que j’ai eu mon premier fou rire avec 2 ans sans avoir rigolé aux éclats. Être avec elle me faisait beaucoup de bien. On parlait beaucoup, sur nos maladies, sur la cause de nos maladies. Et on s’entraidait en fait, vraiment on se disait des arguments pour démontrer les mensonges du trouble alimentaire. Et d’ailleurs, elle a quitté la deuxième hospitalisation avant moi, et j’en ai beaucoup pleuré. Mais, en dehors de l’hôpital, on ne s’est jamais revu. On s’est envoyé des nouvelles, mais quand on allait vraiment mieux. Et de temps en temps j’ai des nouvelles, et je suis trop trop contente. Je ne l’oublierai jamais parce qu’elle a vraiment fait partie de mon combat.

J’étais proche d’autres filles, mais la relation n’était pas aussi saine. Et en fait, c’est pour ça que je vous dis qu’il faut garder en tête que vous n’avez pas comme objectif d’en faire des amies, et qu’il faut se rappeler qu’elles sont aussi malades. Parce qu’il y a des fois où tu t’entends trop bien avec une fille, tu parles avec elle, tu es proche. Mais sauf qu’il y a des moments où la maladie prend le dessus, et vous le savez, le trouble alimentaire est vicieux. La comparaison, la compétitivité est très présente dans les TCA. 

Pour être plus concrète : les jours de pesée étaient des jours vicieux. Car chacun voulait savoir combien l’autre avait pris de poids. Moi-même ! Je m’inclus dedans, quand j’étais malade, j'avais ce côté vicieux que je détestais. Et le plus horrible, c’est que tu te réjouissais intérieurement et inconsciemment quand les autres avaient pris plus de poids. 

Autre exemple, au moment des repas : tu n’as pas forcément les mêmes plateaux repas que tes voisins puisque chacun a son rythme, à un palier différent. Et en fait, pareil, tu préfères être assise à côté de ceux qui mangent plus que toi. Et donc celle qui a plus de difficulté à manger ou qui a un plateau inférieur à toi, ton TCA va te la faire détester. 

Pour ce qui est de l’activité, je vous expliquais avant qu’il faut rester au max assise. Mais quand les soignants ne sont pas là, certains marchent en rond ou restent debout. Et là ton trouble alimentaire te culpabilise de ne pas faire pareil. Donc encore une fois, soit cela t’entraîne vers le bas, soit tu détestes l’autre personne. 

Et c’est pour ça que je vous dis que les relations d’amitié ne sont pas possibles. En même temps, vous n'êtes pas à l’hôpital pour vous faire des amis. Mais c’est assez malsain comme relation parce que parfois, la maladie prend le dessus. 

J’avais une fille avec qui je m’entendais trop bien. C’était à ma première hospitalisation, il y avait 2 chambres doubles et malheureusement, j’étais dans l’une d’elles. Et cette fille était pro-guérison à fond, donc je m’entendais bien, car j’étais dans la même démarche. Elle avançait plus vite que moi dans la guérison, elle mangeait super bien, acceptait très bien la reprise de poids, elle n’avait aucune peur. Elle se demandait presque ce qu’elle faisait là. Et elle allait bientôt sortir, mais les médecins lui avaient demandé un certain poids pour ça. Et un jeudi, c’était le jour de pesée, elle a fait un truc qui m’a tellement déçue. En gros quand t’as la pesée, tu dois aller aux toilettes avant. Et en fait, elle a été aux toilettes, mais elle n’a rien fait, elle s’est retenue pour que la balance indique plus de poids. Et de ce fait, elle est sortie plus vite de l’hôpital. Ce jour-là, elle me l’a dit. Et dans ma tête, je me suis dit que j’étais tellement naïve, que je n’avais rien vu mais qu’elle m’avait toujours menti. Je lui en voulais parce que ça faisait plus d’un mois qu’on partageait une chambre, j’étais proche d’elle. Je me sentais trahi. Un an plus tard, j’ai su qu’elle était toujours malade et qu’elle était même dans un état plus grave. Et avec le recul, j'ai compris que ce n’était pas intentionnel, ce n’était pas elle qui m’avait trahi, mais la maladie. 

En vous racontant tout ça, ça m’a fait penser à une autre difficulté. C’est que les autres patients parfois nous apprennent des nouveaux vices de la maladie. Je m’explique : moi, je suis ressortie de l’hôpital avec bien plus de TOC alimentaire qu’en arrivant. Et ça, c’est aussi un risque de l’hospitalisation. J’ai appris des choses en voyant les autres faire. 

Après ma première hospitalisation, j’ai pris conscience de l’impact de l’influence des autres patients sur moi. Et donc dans la deuxième, j'ai pas eu la même posture. Et c’est pour ça que je vous conseille vraiment de vous mettre dans votre bulle. Et c’est pas toujours facile, c’est pour ça aussi que certains vivent très mal l’hospitalisation et je comprends. Mais moi je me disais : je guéris pour MOI. C’est ma vie, les autres patients je ne les reverrai jamais. Et quand je serai dehors, je ne saurai même pas ce qu’ils font de leur vie. Donc, je dois me concentrer sur ma guérison. Même chose, ne vous embarquez pas à demander les IMC, poids, ration calorique des autres. Ça ne sert à rien à part vous comparer et alimenter la maladie. Si on vous demande, répondez que ça ne regarde que vous. Moi, je disais même : “ça ne t’apportera rien de savoir, c’est ta maladie qui veut savoir”. Certain l’admettait, d’autre faisait la gueule. Mais peu importe. Encore une fois, l’important c’est de vous soigner VOUS. C’est VOTRE combat. 

Bon voilà, j’ai peut-être une vision spécifique à ça et ça peut choquer les personnes qui ne connaissent pas ce milieu hospitalier. Mais j’ai du vécu et surtout j’ai réagi en fonction de moi. Encore une fois, ça ne veut pas dire que je ne parlais à personne. Je m’entendais bien avec la plupart et j’ai eu de très belles rencontres, des discussions profondes avec beaucoup. Et je me souviens encore presque de tous. Et pas négativement.

Alors par rapport aux proches, il faut savoir que moi, je suis une personne qui communique beaucoup. J’exprimais beaucoup à mes proches ce qui se passait dans ma tête pour qu’ils puissent mieux me comprendre. Et j’ai rapidement eu conscience que c’était une maladie. Donc pour mon cercle familial proche (parents, frère & soeur), je n'ai jamais eu de problème, pas de honte. Je dirai que les entretiens familiaux avec les médecins ont aussi beaucoup aidé à faire comprendre certaine chose parce qu’il y avait le psychiatre qui est neutre dans la famille.

La première hospitalisation, je faisais venir ma famille et mes amis en visite. Et j’avais zéro honte, mais comme j’expliquais, la première hospitalisation, bizarrement, elle se passait presque trop bien. J’acceptais tout facilement, avec le recul, je pense que c’était la maladie qui voulait rapidement sortir. Franchement, quand j’y repense que j’étais dans un état second. C’est comme si j’étais redevenue la vraie Mathilde pendant l’hospitalisation : souriante, vivante, avec des envies, des projets. Mais que dès que je me suis retrouvée seule chez moi, la maladie est revenue du jour au lendemain telle qu’elle l’était avant. 

Mais du coup pour ma deuxième hospitalisation qui était beaucoup plus difficile, je n’ai fait venir que 2 amies avec qui j’étais vraiment proche et mes parents, ma sœur essentiellement. Et là pour le coup les visites étaient plus difficiles parce que j’étais honnête et je ne me cachais plus derrière mes sourires. Je pleurais, je disais à quel point c’était dur et à quel point je n’en pouvais plus. 

Mais voilà, si je peux donner un conseil, c’est d’expliquer ce qui se passe dans votre tête, d’inviter vos proches à se renseigner sur la maladie. J’ai des contenus pour eux dans la catégorie “Parents” notamment de mon blog. Et parfois, c'est difficile de le faire comprendre par vous-même, donc vous pouvez recourir à des entretiens familiaux pour avoir l’aide d’une personne qui est neutre.

Alors non, ce n’est pas obligatoire. Et je dirai même que s’ils peuvent éviter de la poser, ils le font. Parce que ce qu’ils préfèrent c’est que vous preniez vos repas “naturellement”, par la bouche, les repas, en prandial. Les personnes qui l’avaient, ils étaient en minorité. 

Je l’ai eu de façon très courte, mais pas dans le service TCA. Je l’ai eu juste avant à cause du syndrome que j’ai fait en réanimation. Donc j’ai eu une première sonde assez grosse, qui n’est pas la sonde alimentaire puisque le but, c'était d’aspirer ce qui bloquait mes intestins. Et par la suite, j'ai eu la sonde naso-gastrique alimentaire pendant 10 jours parce que c’était trop dangereux de m’alimenter par moi-même. 

Je  vous renvoie à mon article où je vous raconte mes hospitalisations, vous aurez une semaine type à l'hôpital.

 

Alors ça c’est vrai que le temps parait infini surtout que beaucoup ont une vie hyperactive à l’extérieur. J’avais la sensation que les journées étaient très rythmées par les repas pour ma part. 

Et comme il y a des jours où l’on ne voit pas de médecin, de psychiatre, d’interne, etc… Bah, c'est plus long ! Comme les weekends ou malheureusement, pendant les vacances d’été. 

C’est pour ça que je disais que c’est important de s’impliquer dans sa guérison. Moi j’avais emmené des livres de développement personnel. Aussi j’écrivais, je fais des exercices que je trouvais moi-même, où dont j’ai été inspiré dans certains livres, où que j’avais appris par mes thérapies antérieures ou que mon interne me proposait. Il y a pas mal de ces exercices que j’ai proposés dans mes carnets d'anxiété d’ailleurs. 

Et j’ai aussi commencé des nouvelles activités créatives : j’ai appris à dessiner, à faire de l’origami, à faire beaucoup de mandala, à peindre, etc. Et en fait c’est super important. C’est ce qu’on appelle de l’art thérapie. Moi, perso, ça a fait partie de mon traitement, de ma reconstruction de moi, indépendamment de la maladie. C’était une façon de prendre soin de moi, d’être fière de ce que je produisais. 

Après ça arrivait aussi qu’on faisait des jeux de société avec les autres, ou il y avait souvent des infirmiers qui organisaient des activités.

Oui, les visites sont autorisées, je pense que chaque hôpital a sa propre politique de visites. 

Pour ma part, j’en avais 3 par semaines. Donc dans la semaine, tu avais 1 heure, et le weekend, tu avais 2 à 3 heures par jour. 



Pareil, je pense que ça dépend des hôpitaux car je sais que pour certain, vous avez le portable tout le temps. Dans l’hôpital où j’étais, j’avais le droit qu’à une demi-heure de portable par jour.

Et franchement, je ne l’ai absolument pas mal vécu, au contraire. Pour moi le portable faisait partie des déclencheurs. J’avais plus toutes ces notifications stressantes. Et surtout, plus accès à Google. Parce que quand j’étais malade, je faisais des recherches qui alimentaient ma maladie. Le nombre de fois où j’ai tapé le nom d’un aliment + le mot calorie. Et d’ailleurs, à ma deuxième hospitalisation, quand j’étais mal, ça m’est arrivé de privilégier faire une recherche sur de la bouffe plutôt que d’appeler quelqu’un. Donc moi, je trouve ça bien que le portable était limité dans mon cas.

L’activité physique est interdite en effet parce que tu as besoin de beaucoup de repos. Après, une fois par semaine, il y avait 1 session de sport, mais qui était autorisée à partir d’un certain IMC. Et c’était de la balnéothérapie, il me semble.  



Alors je trouve que c’est vraiment du bulshit. Parce que je le dis souvent, les troubles alimentaires sont des maladies mentales, pas physique. C’est l’un des côtés que je n’apprécie pas dans la médecine en France pour la santé mentale et notamment les TCA. Les médecins se basent parfois sur des statistiques (avec l’IMC) ou des tranches de poids.

Non, je n’avais pas de contrat de poids. Il n’y en avait pas à proprement parlé dans mon hôpital. Après, il y avait des règles sur l’IMC justement. À partir d’un certain IMC tu peux faire du sport, tu peux avoir des permissions, tu peux sortir. Mais en réalité, c’est dans la théorie. 

En fait, ça c’est quelque chose d’important aussi : c’est qu’il ne faut pas voir ton équipe soignante comme ton ennemi. Non, leur but, ce n'est pas de t’engraisser. C’est ton trouble alimentaire qui dit ça. Leur but, c’est de te soigner, c’est leur métier. Mais d’ailleurs ce n’est pas eux qui vont te guérir, ils t’accompagnent pour te mettre sur le chemin de la guérison. 

Je dis ça parce que c’est important de comprendre que le but de ton hospitalisation, c’est de co-construire ta prise en charge main dans la main avec les médecins. Et ça je l’ai compris à ma deuxième hospitalisation. À la première, j’appliquais juste tout ce qu’on me demandait. La seconde, je refusais parfois de passer à un palier supérieur de calorie. J’exprimais ne pas vouloir reprendre de poids. J’exprimais quand c’était trop compliqué. J’ai demandé des permissions (qui m’ont été accordés) alors que je n’avais pas l’IMC théorique autorisé. Mais les médecins voyaient que j’étais dans l’envie d’en sortir et que ce n'était pas la maladie qui parlait je pense. 

Alors pour ma part je ne l’ai pas tellement ressenti. Je vivais en appartement seule, plus chez mes parents. Je pense que tu le ressens d’autant plus quand tu habites encore chez eux.

 

Même chose, mes parents habitaient à ¼ d’heure de l’hôpital donc je les voyais chaque semaine. Il y avait des patients qui venaient de très loin donc ils ne pouvaient pas les voir toutes les semaines.

 

Après j’ai quand même eu un éloignement parce qu'il y avait moins de possibilité de communication. Mais moi ça m’a fait du bien cette coupure. Je pense même que ça a fait du bien à ma famille. Parce qu’ils avaient peur pour moi et là, ils savaient que j’étais enfin prise en charge à 100%. 

 

Ça m’arrivait de me demander s’ils pensaient à moi la journée. Et j’ai demandé bien plus tard, genre 2 ans plus tard. Et ma mère m’avait dit que oui, tous les jours. 

 

Mais voilà, je pense que parfois ça fait partie de la thérapie aussi. Moi l’éloignement n'a pas été violent pour les raisons expliquées. Pour certaines personnes, ça peut être difficile, et notamment les personnes plus jeunes.



Oui, quand même, ça, c'est vrai que je peux le nier. 

En fait, je pense qu’ils ont peu confiance en nous. Mais ce n'est pas en nous, notre personne, c’est plus aux vices de la maladie. Parce qu’ils connaissent avec l’expérience. Et en soi, je pense qu’ils ont raison. J’ai vu des personnes faire des choses assez dingues.

 

En fait, là où j’étais dès nos chambres étaient fermées à clé 1h30 après chaque repas. Et dans mon cas, franchement, heureusement, parce que sinon je serais partie faire du sport en cachette. D’autres se seraient fait vomir. Après c’est vrai que du coup, pendant cette période, tu dois demander pour aller aux toilettes. Et par exemple c’est le soignant qui tire la chasse d’eau pour vérifier que tu ne t’es pas fait vomir. Donc c’est assez gênant, infantilisant. 

 

Et même dans leur façon de parler, c’est vrai que certain sont infantilisants. Et aujourd’hui c’est avec du recul que je dis que certaines contraintes étaient pour notre bien. Mais à ce moment-là c’était pas toujours simple à vivre.

 

Après, ça me fait penser à un sujet et je serai curieuse de savoir ce que vous en pensez, et ce qu’il en est pour vous. Mais moi quand je souffrais d’anorexie, j’étais très enfantine en fait : je regardais des dessins animés, je portais des pyjamas très enfantins, j’avais beaucoup de doudous (alors que je n’en avais plus). Et avec ma thérapie, j’ai compris que mon anorexie avait aussi été une forme de peur de grandir. Donc pour moi ça fait sens. Et justement, je me souviens qu’à l’hôpital, tous avaient des pyjamas enfantins, des doudous. Certains faisaient des dessins enfantins. Enfin, encore une fois je dis ça avec beaucoup de recul. Au moment-même, je n’en avais pas conscience quand j’étais dedans, donc ça ne va peut-être pas vous parler. après, c'est mon point de vue, et je n'affirme rien, c’est plus une généralité. N'hésitez vraiment pas à me dire ce qu’il en est pour vous sur Instagram ou en commentaire de la vidéo YouTube. Et j’en profite aussi pour vous dire de mettre une note sur votre plateforme d’écoute à ce podcast. Cela me permet de m’encourager et de savoir si ce podcast vous aide.  

 

Je reviens au sujet de l’hospitalisation. 



Alors, non, selon moi, on ne te force pas à manger. Par contre, on t’y incite fortement. Donc c’est vrai que si tu ne termines pas ton plateau, les soignants vont te faire des remarques genre “bah alors ?”, “il faut manger”, etc. Ce n'est clairement pas agréable. C’est aussi leur métier de tirailler la maladie en fait. 

 

Mais la première hospitalisation, je mangeais tout sans rechigner sans montrer de difficulté pour pas avoir ces remarques. La deuxième j’étais moi. Je me prenais plein de remarque, notamment sur mes TOC parce que j’en avais énormément. Vraiment, c'était beaucoup, j’étais dans les personnes qui en avaient le plus. Et les infirmières me faisaient souvent des remarques, la maladie les traitaient intérieurement. C’était dur mais elles avaient raison. 

 

Bref il m’est arrivé de ne pas terminer mes plateaux, on ne m’a pas forcé à les finir. En fait, tu dois atteindre une ration calorique dans ta journée. Donc en fonction de ce que tu rends, les infirmières calculent. Et si tu as une “dette” de 50, 100, 150, voire plus de calories, le soir à 21h on te propose de rattraper avec des tartines de pains beurre. Mais c’est toi qui l'acceptes ou non. Moi j’ai déjà refusé, c’est noté dans ton dossier, mais ce n'est pas grave. Moi, je le vivais trop mal à la première hospitalisation, donc j’acceptais. Mais en fait, le but, ce n'est pas d’être un élève modèle. Le but, c’est que tu travailles vraiment sur tes peurs, que tu affrontes la maladie. C’est sûr que si jamais tu manges tes plateaux repas en entier, que tu refuses toujours les mêmes aliments et que tu refuses d’en parler à côté, tu vas à l’encontre du soin. Par contre, si tu refuses, mais qu’à côté t’en parle à ton interne, de tes peurs, que vous trouvez de solutions pour y faire face, des alternatives pour y arriver petit à petit, bah là tu es dans le traitement. 



Alors difficile de répondre à cette question, parce que déjà je me souviens pas. Mais je vais plutôt vous expliquer le “fonctionnement des repas.”

Déjà, on a une ration calorique que l’on “signe” où l’on voit ce qu’on a par repas. Par exemple, pour 1900 calories / jour, c’est x grammes de féculent par repas, x grammes de protéines, etc. 

Je ne trouve pas ce fonctionnement génial parce que ça ne permet pas se détacher des grammes, des calories… bref des chiffres. 

Mais en même temps, c’est aussi comme ça que j’ai pu mieux apprendre à faire mes assiettes, à voir ce que ça représentait en termes de quantité une assiette comme je devais me faire en guérison. En gros, nous on mangeait tous ensemble. Et chacun un à un on est appelé à une table où y’a les plats. Et tu te sers toi-même avec une cuillère à souple. Et l’infirmière vérifie que tu en as mis assez, et te dis d’en rajouter si ce n’est pas le cas. 

Donc c’est toujours moitié de l’assiette avec des féculents, ¼ de légumes, ¼ de protéine. Et tu as une “option” quand tu as moins de difficulté, c’est des plats “mix”. En gros c’est que tu as des quiches, des gratins, des pizzas… Enfin des plats où protéine / légumes / féculents sont mélangés. Moi j’ai toujours refusé, c’était trop compliqué pour moi de travailler dessus à l’hôpital. C’est des choses que j’ai intégrées grâce à ma faim extrême en réalité, donc en dehors de l’hospitalisation. 

Alors ici, la personne avait spécifié les traitements chimiques dans sa question, donc j’entends par là les traitements médicamenteux. Si tu refuses le traitement général de l’hôpital, genre que vraiment tu ne manges presque rien, que t’es toujours en hyperactivité, que tu continues de te cacher pour te faire vomir, etc. Bah les médecins sont là pour t’aider hein mais si tu es vraiment dans le refus du soin, que tu dis ne pas vouloir essayer d’en sortir, généralement, l’hospitalisation prend fin. 

Pour les traitements médicamenteux, je comprends que ça fait peur. Moi la première je refusais. La deuxième, je suis arrivée un mental plus abimé on va dire et j’ai accepté parce que j’avais conscience que j’avais besoin d’une aide supplémentaire. Donc j’ai eu des anxiolytiques. 

Après je me souviens que certains avaient des neuroleptiques et c’était plus difficiles pour eux de l’accepter. Je ne peux pas trop répondre à cette question parce que je n’y ai pas été confronté. 

En revanche, je dirai que c’est important d’exprimer les peurs qu’il y a, toutes les questions que vous avez à votre interne et de comprendre pourquoi vous refusez. Par exemple, si c’est par peur de perdre le contrôle sur vous-même, c’est la maladie qui parle donc il faut le travailler psychologiquement.

Et il faut voir ça comme une aide supplémentaire, ça fait partie du traitement. 

Mais voilà, je n’ajoute rien car je n’ai pas été confronté. Pareil, j’ai pas été confronté aux compléments alimentaires donc difficile de répondre à ce sujet.

Ça, c'est une bonne question aussi ! (En réalité, elles sont toutes bien haha)

Je pense que c’est difficile, mais c’est aussi l’une des choses que j’appliquais dans ma guérison : essayer d’être honnête avec soi-même. Et ça, ça veut dire essayer de se demander : est-ce que c’est moi, Mathilde (dans mon cas) ou la maladie qui veut ça ? 

Donc en gros, si tu veux sortir, demande-toi pour quelles raisons ? 

Si c’est pour avoir plus de contrôle dehors, reprendre l’hyperactivité, recalculer tes calories, te refaire vomir, etc… Bah c’est la maladie. Donc je te dirai qu’en effet c’est fuir.

Si par contre, tu veux partir parce que tu sens que c’est nocif, l’environnement de l’hôpital, des autres patients, que tu ne parviens pas à te protéger. Si tu sens que l’éloignement de tes proches, peut-être de tes enfants si tu en as est plus dévastateur qu’autre chose. Si tu sens que l’hôpital nuit à ta guérison, alors c’est pas fuir. 

Dans tous les cas, il faut en parler, en discuter avec l’équipe soignante. Parce qu’encore une fois, ils sont pour que ça se passe bien. Peut-être que s'ils s’y opposent (c’est un avis, c’est pas déterminant), c’est parce qu’ils savent que c’est la maladie. Et évidemment quand tu es dedans c'est difficile de dire ça. Mais ils ont pas forcément raison. Toi seule sait où tu en es, enfin que tu essaies du moins d’être honnête.

La deuxième fois, c’est moi qui aie demandé à sortir. Je ressentais que je stagnais, que je n'avançais plus. Au contraire, je ruminais trop, ça allait à l’encontre de ma guérison. Mais je leur disais que j’étais dans un état catastrophique quand même et que je devais mettre en place des choses pour en sortir. 

Et ils m’ont laissé sortir, ils ont accepté mais on a décidé de plusieurs choses ensemble : 

  • J’allais avoir une psychiatre toutes les semaines, la fameuse psychiatre géniale dont je vous ai déjà parlé notamment dans l’épisode sur les thérapies que je recommande.
  • J’avais 1 journée par semaine en hôpital de jour.
  • Et j’avais dit que j’allais commencer la sophrologie + une psychologue en TCC en parallèle (ce que j’ai fait).
  • J’avais également dit que je ne reprenais pas mes études avant la rentrée de septembre donc j’avais 3 mois devant moi pour me consacrer à ma guérison. 
  • Et enfin j’ai gardé le traitement d’anxiolytique

Je me souviens que les avis étaient divergeants. Certaines infirmières me disaient que je ne faisais pas le bon choix, un interne m’a dit que dans 6 mois je serais toujours au même stade. Et ça me terrifiait mais au fond de moi je n’y parvenais plus, quitte à revenir plus tard. Un autre interne à qui j’avais exprimé ma peur de ne pas y arriver m’avait dit “Vous ne savez pas où vous serez dans 1 an, l’été prochain.”. Et je me rappelle tellement de lui, Benjamin. Je m’en suis d’autant plus souvenu 1 an après, où je vivais à Marseille avec mon copain que je n’avais pas à l’époque. Et en effet, ma vie n’avait rien avoir, j’étais toujours en lutte, mais j’avais tellement avancé, je revivais, j’avais une vie sociale, je remangeais de tout, etc. 

Alors juste avant je vous ai parlé de 1 an après, mais j’ai fait beaucoup de chemin en 1 an. Et en effet, la sortie n’a pas été simple.

Et d’ailleurs, c’est important de préparer la sortie. C'est-à-dire que normalement, moi, il y avait ça, il y a des permissions qui te permettent d’avoir un pont entre la vie à l’hôpital et la vraie vie. Les permissions ont pour but de te confronter à un repas dehors. Donc souvent on te conseille d’en faire avec différentes personnes avec qui tu vis (tes parents, ton/ta partenaire, tes amis) ; et un repas de famille, et un repas à l’extérieur. Après en soi, tu fais ce que tu veux. Mais le but, c'est de te confronter à des difficultés tout en sachant que tu reviendras rapidement dans un cadre rassurant qu’est l’hôpital et que tu pourras travailler sur ces peurs avec ton équipe soignante. 

La première étape de perm’ c’est de faire une collation à l’extérieur, donc c’est une après-midi, 4 heures. Tu peux le faire qu’une fois si ça s’est bien passée, ou plusieurs fois. Le deuxième pallié c’est faire une journée. Le troisième pallié c’est de faire un weekend donc avec une nuit compris à l’extérieur. C’est vraiment important de le faire pour pas avoir de transition trop violente.

Et encore une fois, il faut vraiment parler de toutes vos angoisses, tout ce qui vous pose problème en amont avec votre interne.

Mon autre conseil qui est pour moi indispensable, c’est de mettre en place des choses à l’extérieur comme j’ai fait. Parce que sinon tu prends le risque de retourner dans le même environnement dans lequel tu étais malade et que le trouble alimentaire retrouve vite ses habitudes. Je sais que c’est pas toujours simple, même financièrement. Mais c’est important. L’avantage de l’hôpital public, c'est que c’est pris en charge les consultations avec psychiatre et les journées en hôpital de jour. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Voilà, j’ai répondu à toutes les questions 🙂 Dans tous les cas, je vous conseille de rencontrer l’hôpital en amont, d’avoir un entretien avec un psychiatre, une infirmière où vous posez toutes vos questions. 

Moi, personnellement, ça m’a aidé et je pense que j’en avais besoin. Ça m’a permis de me lancer sur le chemin de la guérison. Je sais que pour d’autres personnes ça a fait pire que mieux, elles sont vites parties car l’hôpital n’était pas forcément qualitatif ou que ça ne passait pas avec l’équipe soignante. Enfin en réalité il y a plein de raison et c’est propre à chacun. Et je comprends parce que c’est vraiment difficile. Il y a de nombreuses difficultés, il faut vraiment apprendre à se protéger, à prioriser SA guérison avant tout.  

Je voulais ajouter quelque chose aussi, c’est que dans l’équipe soignante parfois il y a des internes, des infirmières, des aides-soignants qui ne sont vraiment pas appropriés je trouve pour la santé mentale. Et pareil, il faut savoir se protéger. Une fois, une infirmière parlait de régime devant nous par exemple. Ou alors une autre infirmière faisait constamment des remarques désobligeantes, elles étaient plutôt méchantes dans ses paroles et d’autres fois très gentilles. Enfin, ça, c’est comme partout, tu tombes parfois sur des gens qui ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre la maladie. Et il faut réussir à se mettre des œillères face à eux. 

Et d’ailleurs, je trouve ça dommage que l’on ne rencontre pas des personnes qui se sont sorties des TCA. Moi j’adorerai animer un groupe de parole à l’hôpital pour discuter, répondre aux questions et donner des conseils dans des unités de TCA. Je pense que je vais vraiment me renseigner, me rapprocher des hôpitaux autour de chez moi pour voir si c’est possible. Je pense que ça pourrait être bénéfique, avec l’accompagnement de psychiatre qui pourraient répondre aux questions plus sur des choses techniques de la maladie par exemple.

J’espère avoir répondu à vos interrogations 🙂

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, 1 commentaire
Anorexie et stress

Anorexie et stress

Anorexie et stress

N’importe quel être vivant ressent du stress dans sa vie. Et ce n’est pas forcément péjoratif. À petite dose, le stress permet de prévenir le corps qu’il y a un danger face à une menace externe. C’est donc un moyen intelligent du corps de nous protéger, de se mettre en état d’alerte afin de maintenir sa survie. 

Dans la plupart des cas, le stress est momentané et ne présente aucun effet indésirable s’il est bien géré. 

Mais lorsqu’on ne parvient pas à réagir sainement au stress, qu’il revient constamment, en plus grande dose, et ainsi engendre des conséquences néfastes pour la santé. 

Il n’est pas rare, et c’est même plus que fréquent, d’être sujet à du stress chronique lorsqu’on souffre d’anorexie mentale ou de n’importe quel trouble alimentaire. Mais anorexie et stress ne font pas bon ménage…

Anorexie et stress : quel lien ?

Lorsque le stress n’est pas géré, il se transforme en maladie. Donc oui, le stress peut engendrer des troubles du comportement alimentaire ; et les TCA amènent d’ailleurs du stress. Bref, stress et anorexie sont intrinsèquement liés. Mais le stress n’engendre pas systématiquement le développement d’un trouble alimentaire. Sinon, tout le monde aurait des TCA. Et bien que ce soit malheureusement en nette augmentation, heureusement, on n’en est pas là. Ça ne peut pas être la cause d’un trouble alimentaire car il s’agit souvent d’un ensemble de facteurs qui en est la cause. Mais l’anxiété est l’un des facteurs qui entre dans l’adéquation du développement de troubles alimentaires (anorexie, boulimie, hyperplasie…). Les personnes qui ont de l’anxiété présentent plus de risque de développer une maladie mentale comme les troubles alimentaires.

Et bien que chaque personne est différente, on voit souvent des similarités dans les caractères des personnes souffrant de trouble du comportement alimentaire. Un tempérament anxieux en fait partie.

Mais le problème, c’est qu’il s’agit d’un cercle vicieux. Je vais partir de mon propre exemple. J’étais une personne extrêmement anxieuse. Et en fait, même si ça va nettement mieux, je le suis encore et cela fait partie des problématiques que je continue d’apprendre à gérer. Lorsque j’étais anorexique, je développais des stratégies d’adaptation face à ce stress qui alimentaient mon anorexie. Parce que le TCA est vicieux et trouve constamment des excuses pour augmenter la puissance de la maladie, la petite voix me faisait croire que pour m’apaiser, la restriction et la compensation aideraient. 

La réalité était tout autre. Au plus je me restreignais, au plus j’étais dans une perte de poids, au moins j’avais d’énergie. Et donc je parvenais moins bien à raisonner convenablement pour faire face à ces angoisses. Ce qui engendrait encore plus de stress…

Est-ce que ton stress impact ta vie ?

Je pense que lorsque je souffrais d’anorexie mentale, je n’avais peut-être pas conscience de l’impact de mon anxiété sur ma vie. D’autant que de nos jours, on dit toujours que tout le monde est stressé. Sauf que chez moi, c’était maladif.

L’anxiété ce n’est pas être stressé une fois de temps en temps parce qu’on a un rendez-vous important ou parce qu’on s’inquiète de comment va se passer une réunion. C’est des symptômes bien plus profonds que ça… 

L’anxiété c’est…

  • Ruminer tous les jours certaines peurs. Tellement, qu’on finit par se convaincre que ces peurs sont réelles, qu’elles se sont passées pour de vrai.
  • Avoir la sensation que quelque chose de mal va arriver. Et parfois même, être stressé parce que justement, on ne semble pas stressé. Tout va trop bien, ça ne semble pas normal.
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  • Constamment chercher la réassurance auprès des autres en leur demandant souvent les mêmes choses. Et lorsque leur réponse va dans ton sens, tu as peur qu’ils te le disent « juste pour te rassurer » et pas parce qu’ils le pensent vraiment.
  • Savoir que ses pensées sont irrationnelles mais ne pas réussir à calmer son anxiété pour autant.
  • Avoir peur que tout le monde te juge, être persuadé que les autres te trouvent bizarre, qu’ils ne t’aiment pas.
  • Ressentir que ses angoissent énervent les autres. Culpabiliser, mais pour autant, ne pas réussir à passer à autre chose.
  • Ne pas oser en parler aux autres par peur qu’ils te jugent ou qu’ils ne parviennent pas à te comprendre.
  • Être bloqué dans le passé, le futur ou le conditionnel. Et ne pas réussir à profiter de l’instant présent.
  • Constamment douter de soi-même et toujours se remettre en question. 
  • Analyser le moindre petit problème pendant des heures. Se refaire des scénarios en boucle et faire d’un petit détail, une montagne de problèmes qui parait insurmontable.
  • Laisser la responsabilité des décisions aux autres car tu ne te crois pas capable de pouvoir te faire confiance et prendre les décisions par toi-même.

Tu te reconnais dans ces points ? Même pas forcément dans tous ! Mais ne serait-ce que dans quelques-uns… C’est que tu souffres d’anxiété qui paralyse ta vie et t’empêche de vivre pleinement. 

Et d’ailleurs, lorsqu’on souffre d’anorexie, ou d’un TCA plus généralement (boulimie nerveuse, orthorexie, hyperplasie…), les sujets d’anxiété ne sont pas forcément uniquement liés à l’alimentation ou à son image corporelle. Parce que ça, c’est la conséquence du mal-être, mais pas la cause. Alors c’est certain que les angoisses liées à ces sujets sont nombreux : la peur de grossir, de certains aliments, de manger avec d’autres personnes, la peur de perdre le contrôle pendant un repas, de faire des compulsions… Mais pour moi, il ne s’agit pas du vrai problème. Les vraies peurs derrières ça sont beaucoup plus profondes. 

C’est indispensable de traiter ton anxiété en même temps que tes troubles alimentaires.

Comme je disais précédemment, les troubles alimentaires cachent des peurs beaucoup plus profondes. Et je pense que lorsque je souffrais d’anorexie mentale, je n’avais pas forcément conscience de ces peurs. Ce qui fait que du coup, je ne les avais pas vraiment travaillées. En sortant de l’anorexie, peu à peu, je n’ai plus eu de peurs liées à mon corps et à la nourriture. Mais il me restait toutes ces peurs bien plus profondes :

La peur de …

  • Ne pas être parfaite
  • Faire des erreurs
  • Ne pas réussir ma vie
  • L’imprévu, de sortir de ma zone de confort
  • Décevoir
  • Du regard des autres 
  • Etc.

Pour moi, le traitement du stress chronique ne peut pas être dissocié de la prise en charge des troubles alimentaires. Car comme je le disais, les TCA sont parfois des mécanismes d’adaptation face à ce stress. Et si la personne souffrant d’anxiété et de TCA sort de son trouble alimentaire, elle peut retomber dans d’autres conduites tout aussi dangereuses pour sa santé afin de faire face à son anxiété qu’elle n’a pas appris à gérer (drogue, alcool, dépression…)

J’ai beaucoup avancé sur la gestion de mon anxiété. Pour moi, la plupart de mes peurs sont liées à un manque de confiance et d’estime de moi-même. C’est donc en apprenant à me connaître, en faisant des choses que j’aime… que j’ai pu travailler sur ces aspects-là. Cela demande un travail personnalisé et beaucoup de travail avec soi-même finalement. C’est à faire au cas par cas, c’est difficile pour moi de t’aider sur ce plan-là.

En revanche, je me suis dit que je pouvais t’aider autrement. Pour moi, la gestion de son anxiété demande aussi de faire évoluer son mindset, sa façon de voir les choses sur certains aspects (perfectionnisme, le droit à l’erreur, l’importance accordée aux regards des autres…). Une autre clé pour gérer son anxiété est d’apprendre à trouver des mécanismes d’adaptation qui soient sains pour ta santé. Il en existe énormément ! Le truc c’est de trouver la méthode qui te convient à toi ! 

Bref, afin de t’aider à gérer ton anxiété, et ce, de façon accessible, j’ai créé 2 outils physiques ! 

ebook

Le premier est un livret qui traite les différents sujets d’anxiété que tu peux éprouver dans tes troubles alimentaires, et dans la vie en général. Il s’agit d’un livret qui reste interactif avec des questionnaires à remplir et 22 questions avec un espace dédié pour y répondre. Tu retrouveras toutes les infos ici :

Le second est d’autant plus concret. Il te présente 26 exercices avec un total de 42 techniques basées sur des techniques reconnues dans le traitement de l’anxiété (TCC, visualisation, ancrage, thérapie des schémas…). Tu retrouveras toutes les infos ici ! 

26-exercices-ebook-anxiete

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Quelle prise en charge pour des problématiques plus spécifiques dans les TCA ?

Quelle prise en charge pour des problématiques plus spécifiques dans les TCA ?

Quelle prise en charge pour des problématiques plus spécifiques dans les TCA ?

Cet article vient clairement à la suite de l’article où je te parle des praticiens que tu peux consulter pour t’aider dans ta guérison de ton TCA. Dedans, j’y partage mon propre parcours de soin. Je t’invite vraiment à le lire.

J’ai scindé l’article pour éviter qu’il soit encore plus long qu’il ne l’est déjà en proposant un article dédié sur les praticiens à aller voir lorsque tu rencontres des problématiques spécifiques dans ton parcours de guérison.

gastro-entérologue

problemes-digestifs-trouble-alimentaire

Les troubles digestifs sont des symptômes très fréquents dans les troubles alimentaires : constipation, problèmes de digestion, maux de ventre, etc. J’ai d’ailleurs dédié 2 articles de blog sur les causes du ventre gonflé et mes 8 conseils pour mieux vivre avec ce ventre gonflé dans la guérison.

Le gastro peut donc t’aider pour les problèmes digestifs en faisant des examens complets de tout ton système digestif. Il va t’apporter des conseils pour diminuer les inconforts et prévenir des maladies gastros–intestinales entre-autres

gynécologue

Alors ça parait un peu anodin, mais on sait que l’un des impacts possibles des TCA c’est le dérèglement hormonal et donc une absence des règles.

Déjà globalement, lorsqu’on est une femme c’est bien de faire un check régulièrement chez un(e) gynécologue. Je sais que c’est pas forcément évident, perso je déteste ça c’est assez difficile pour moi.

Et en fait, je recommande d’aller voir une gynécologue, notamment après, lorsque peut-être tu recommences à reprendre de la force, et peut-être un retour des menstruations. L’idée c’est simplement d’avoir un contrôle par un expert. 

Évidemment, c’est bien d’expliquer ton parcours dans les TCA. En espérant que tu aies en face quelqu’un de compréhensible vis-à-vis de ça.

J’en profite pour te dire qu’à cette période, je prenais la pilule depuis le lycée déjà (donc avant d’être malade) pour raison acnéique. Et les médecins m’avaient dit de la maintenir pour éviter l’ostéoporose. Je ne m’aventure pas sur ce sujet car je ne connais pas le “pourquoi du comment”. Mais c’est vrai que je les ai écoutés et je n’ai effectivement pas eu d’ostéoporose. je dis ça parce que mon réflex avait été d’arrêter la pilule. Par contre, je ne pense pas qu’il faut la prendre POUR éviter l’ostéoporose si tu ne la prenais pas initialement. Dans tous les cas, je laisse ça dans les mains d’un médecin 😉

Rhumatologue

Le rhumatologue se concentre notamment sur les os, les articulations, les muscles, etc. Or, les TCA peuvent impacter ces différents éléments. L’anorexie a dans la nombreuse liste de ses conséquences possibles : l’ostéoporose. 

Moi j’ai eu 2 ou 3 rendez-vous au service de rhumatologie du CHU de Lille. Mais parce qu’en fait, c’était dans la prise en charge du service TCA où j’étais hospitalisée. Et cela permettait de checker que je n’avais pas d’ostéoporose ou de s’assurer que ça n’évolue pas négativement.

osteoporose-anorexie

Sexologue

Alors ça peut paraître surprenant, mais on peut aller voir un(e) sexologue sans avoir de rapports sexuels, sans avoir de partenaire. 

En fait, ici, je le recommande dans le cadre où tu n’es pas à l’aise avec ton corps et notamment si tu as subi une agression corporelle. 

Et pareil, je te rassure (parce que j’avais plein d’apriori avant d’y aller), elle ne va pas te faire d’exercice de toucher ou de manipulation d’objet durant les séances (c’était ma peur). Elle travaille plus sur les peurs que tu as sur ton corps, sur l’image que tu as de la sexualité.

Du coup, moi j’ai été voir une sexologue (alors je dis “une” mais ça peut être “un”. Moi, j’étais plus à l’aise avec une femme). Et j’ai été à plusieurs reprises, 3 thérapeutes différents (à 3 moments de ma vie différents) pour un total d’une dizaine de séances qui m’ont beaucoup aidé. 

Dentiste

probleme-dentaire-boulimie

Même chose, ça peut paraître surprenant mais l’un des symptômes des TCA c’est malheureusement une détérioration de la dentition. Notamment si tu recours à des vomissements. Mais également si tu recours à des boissons sucrées pour t’éviter de manger… Tout ça, et notamment l’acide de l’estomac, accélère l’érosion dentaire (usure, décoloration jusqu’à déchaussement des dents).

Donc c’est bien de faire régulièrement un check-up chez le dentiste, en fait 2 fois par an suffit je pense. 

Voilà, je n’en ai pas mis d’autres mais peut-être qu’il y en a certains auxquels tu penses qui se trouve déjà dans l’article où je te parle des praticiens plus courants voire indispensables à consulter dans la guérison des troubles alimentaires. 

Si ce n’est pas le cas, n’hésites pas à partager en commentaire, ou à m’envoyer un email pour témoigner d’une problématique spécifique que tu aurais rencontré et quel praticien tu aurais vu pour t’aider à y faire face.

En tout cas, je t’invite vraiment à demander de l’aide et ne pas rester seul. Je sais que ce n’est pas simple car on a souvent peur du jugement des autres mais tu n’as pas choisi d’être malade. Ce n’est pas ta faute et tu mérites d’être aidé.

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