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Quel traitement pour les troubles alimentaires ? (thérapie tca, médicaments…)

Quel traitement pour les troubles alimentaires ? (thérapie tca, médicaments…)

Quel traitement pour les troubles alimentaires ? (thérapie tca, médicaments…)

Cet article est vraiment très très complémentaire à l’article répertoriant les professionnels à consulter et celui te donnant ceux pour répondre à une problématique spécifique de ton chemin de guérison. Comme dedans je parle déjà de certaines thérapies pour ton trouble alimentaire, je ne vais pas me répéter donc si ça t’intéresse je t’invite à les lire. Dans cet article, je vais surtout aborder les traitements pour les troubles alimentaires (anorexie, boulimie, orthorexie, hyperphagie, etc.). Dans “traitement” tca, j’entends les types de thérapies voire traitements médicamenteux

Si tu me lis depuis quelque temps, tu le sais, je ne suis pas médecin ! haha, je le répète presque dans chaque contenu, mais c’est important. Car mes contenus ne remplaceront jamais l’avis d’un médecin. Ici, je fais ces articles pour te guider et te partager mon expérience de rescapée de l’anorexie car on est parfois perdu et on ne sait pas qui consulter, quoi choisir.

Et le fait que je ne sois pas médecin explique pourquoi je vulgarise justement les termes médicaux.

En listant les différents traitements possibles, je vais également te dire ce que moi j’ai testé et ce qui m’a le plus aidé. Comme je dis tout le temps, il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de guérir. Donc ce qui m’a aidé ne t’aidera pas forcément et vice versa. Chacun a son propre chemin de guérison. L’important c’est de tester pour voir ce qui te correspond 🙂

Des thérapies psychologiques pour traiter les tca

Comme je dis très souvent, l’accompagnement psychologique me semble vraiment indispensable pour traiter ton trouble alimentaire. Même si tu n’as pas forcément conscience d’éléments déclencheurs, que tu n’es pas “prêt” à travailler sur ton passé, sur les causes de ton TCA… Il y a déjà le présent sur lequel tu peux te concentrer ! Dans le sens où ton trouble alimentaire monopolise tes pensées, te créé beaucoup de stress t’incitant à mettre en place des comportements destructeurs envers toi-même. Donc, pour t’aider à faire face à tout ça, un accompagnement psychologique est vraiment nécessaire.

La TCC : Thérapie Cognitivo Comportementale

Cette thérapie est certainement celle que je recommande le plus dans le traitement des troubles alimentaires. J’ai moi-même recouru à ça, et je la trouve très pertinente car c’est une thérapie “d’actions” dans le sens où tu as des exercices concrets. Et je me base d’ailleurs sur la TCC pour concevoir mes programmes

Cette psychothérapie fait le lien entre tes comportements, tes pensées, tes émotions et sentiment. La thérapie TCC va se concentrer sur tes schémas de croyances erronées, dans un but de les déconstruire pour t’ancrer des croyances plus saines pour toi. Les schémas de croyances peuvent porter sur ton alimentation, ton rapport au corps, au poids, à l’apparence physique. Mais ça peut être aussi de façon plus générale, même sur ton rapport au perfectionnisme. En gros, elle a pour but de déconstruire les mensonges de la maladie (ceux qui te maintiennent malade) pour retrouver un raisonnement logique, non biaisé par la maladie. Grosso modo. 

Et pour être honnête, ce n’est pas une thérapie facile parce qu’on vient déconstruire des schémas de croyance qui ont certainement pris naissance dans ton enfance. Donc c’est bien ancré. Donc clairement, c’est pas en 1 séance que tout se résout. Et puis ça te demande une réelle implication pour ta santé mentale. Mais souvent l’action, c’est ça qui fait la différence. 

Parce que du coup, tu as des exercices à réaliser chez toi entre les séances. Mais pour le coup, j’ai le sentiment que c’est l’une des thérapies qui a été le plus efficace pour me sortir de l’anorexie. C’était vraiment complet : ça m’a permis de travailler sur mes problématiques du moment dans les TCA, de contrer les pensées de la maladie, de travailler indirectement sur les causes, et donc de me permettre de travailler sur mes peurs de manger, ma peur du poids pour ainsi augmenter mes apports… Donc ça m’a permis une meilleure santé physique ET mentale.

Donc, je recommande +++. Et d’ailleurs, il a été démontré que c’est l’une des thérapies qui a fait le plus ses preuves dans la prise en charge des TCA

L’ACT : Thérapie d’acceptation et d’engagement

Alors je ne connaissais pas cette thérapie, c’est en rédigeant cet article que je suis tombée dessus dans mes recherches. De ce que j’ai compris, l’ACT repose essentiellement sur l’acceptation des émotions, sur un travail de prise de conscience de ses actions. Je trouve ça très pertinent car je vous dis très souvent que la prise de conscience est essentielle et presque prérequis pour pouvoir travailler sur tes TCA. Parce que comment veux-tu travailler sur quelque chose dont tu n’aurais pas conscience ? 

Et le but de l’ACT est in fine que le patient apprenne à mieux accepter ce qu’il ressent, à mieux comprendre et surtout, à adopter des réponses plus saines pour lui (plutôt que des comportements destructeurs du trouble alimentaire : restriction, vomissements, scarification, laxatifs…). Donc ça rejoint la TCC dans le sens où c’est déconstruire les façons de faire néfastes du TCA pour mettre en place des actions plus saines pour ta santé mentale (dans un but évidemment de te sortir du trouble alimentaire).

Donc même chose, de ce que j’ai compris, il s’agit d’une thérapie “d’action”. Et je trouve ça top ! Quand je dis d’action, ça ne veut pas dire que du coup, tu n’échanges pas sur tes ressentis avec ton thérapeute. 

L’EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing

J’ai commencé cette thérapie bien après mes tca. Enfin… en réalité, j’avais encore des restes des mécanismes de l’anorexie. J’étais dans l’anorexie mentale très sévère de 2015 à 2018. Les années 2019 et 2020 ont été ma période essentielle de guérison. Et en 2021, j’ai connu une micro-rechute de quelques mois. Et mentalement, je sentais qu’il me restait quelque chose à travailler pour éviter que je ne replonge totalement dans les TCA. C’est pour ça que j’ai essayé une nouvelle thérapie : l’EMDR.

Et je vous ai fait tout un article dédié dessus que tu peux lire ici. Dedans, je t’explique pourquoi l’EMDR est une très bonne thérapie pour les TCA. Et je te raconte comment se déroule une séance pour que tu aies du concret. 

Avec l’EMDR, tu peux travailler sur ton passé, ton présent, et même des angoisses au conditionnel (qui ne se sont jamais produites). Je le dis déjà dans l’article en question mais il ne faut pas forcément avoir eu un traumatisme. Surtout que parfois, toi aujourd’hui adulte, tu penses que telle chose n’était pas un traumatisme, mais pour un enfant ça peut l’être. 

Et même chose, je l’ai dit dans l’article dédié mais l’EMDR c’est pas comme l’hypnose. T’es vraiment conscient. Et c’est pour ça que d’ailleurs dans l’article sur “Qui consulter” je dis que je recommande davantage l’EMDR par rapport à l’hypnose. Après ça dépend des situations et motifs de consultation j’imagine. Mais vraiment, en EMDR, tu peux avoir des souvenirs de choses qui étaient inconscientes. Mais tu les as seulement si ton “cerveau” juge que tu es prêt à recevoir cette information. Ce qui est beaucoup moins brutal qu’avec l’hypnose, je trouve (d’après mon expérience de patiente).

Donc voilà une thérapie que je commande vraiment +++ (+) haha. Et moi aujourd’hui, mon psy est celui qui m’a fait l’EMDR. Et donc je travaille toujours de temps en temps en EMDR sur des blessures d’enfance et fin c’est la thérapie qui m’a fait le plus avancé dans mon chemin de guérison de vie (au-delà des troubles du comportement alimentaire).

L’Art au service de ta guérison

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L’Art Thérapie est une psychothérapie qui s’appuie sur l’art. Alors, c’est vraiment très vaste l’art et c’est pour ça que ça peut convenir à de nombreuses personnes souffrant de TCA. L’Art Thérapie ça peut être des activités autour de dessin, de la peinture, du collage, du coloriage… Mais ça peut aussi être autour de la danse, du mouvement corporel, de la musique. C’est aussi la sculpture, l’argile, la poterie… L’écriture, aussi la calligraphie, est également un excellent Art thérapeutique finalement. Enfin, il existe vraiment de nombreux moyens ! 

J’ai connu l’Art Thérapie par l’hôpital de jour où il y avait des ateliers collectifs. Mais finalement, je prends conscience en écrivant cet article que j’ai toujours fait de l’art thérapie à ma façon, seule, durant tout mon chemin de guérison.

Pour moi, l’Art Thérapie c’est une façon de créer des choses, de laisser parler sa créativité. Cela permet de reprendre confiance en soi, en ses capacités. C’est un moyen aussi de s’évader, de penser à autre chose que la maladie. C’est une façon de se reconstruire.

Je te donne quelques moyens que j’ai utilisés seule chez moi pour pratiquer en quelque sorte l’art thérapie : 

  • Le fait de tenir un bullet journal où je faisais plein de petites décorations/dessins pour personnaliser le journal et le rendre agréable, vivant.
  • Colorier des mandalas (mais ça j’adorais !!! Ça détend tellement je trouve) 
  • Écrire des pages et des pages de mes ressentis, émotions… Écrire pour inventer des histoires
  • Faire mon vision board dont je te parle dans le programme Pulsion de Vie.
  • Apprendre à dessiner par moi-même avec des tutos “step by step drawing” sur internet
  • Faire de l’origami (pareil, avec des tutos YouTube)
  • Faire de la calligraphie sur mon journal
  • Me mettre à la peinture avec des modèles guidés que j’avais trouvé chez Cultura

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Les thérapies … à plusieurs !

La thérapie de groupe

La thérapie de groupe m’a été proposé “par défaut” lorsque j’étais à l’hôpital de jour et à temps complet. Et c’est pas mal parce que ça permet d’échanger autour de certaines problématiques, de voir ce qui a aidé d’autres par exemple. Combien de fois vous me dites que lorsque je vous partage mon expérience ça vous permet de vous sentir moins seul. Bah la thérapie de groupe permet ça ! 

Et en général, il y a un “médiateur” qui est un médecin, psychologue, thérapeute, psychiatre voire bénévole (notamment si c’est organisé par une association). Et il y a un sujet donné ou alors juste quelqu’un prend la parole pour parler d’une problématique spécifique de la guérison. 

La dynamique de groupe peut vraiment être un moteur, une motivation. Après, je mets “en garde” parce que moi je sais qu’à un moment de ma guérison, j’étais très fragile et la moindre chose pouvait me créer un déclencheur. Si je voyais quelqu’un plus en difficulté que moi, j’avais juste tendance à me dire que je n’étais pas si malade. Et parfois, ça me mettait plus mal qu’autre chose. Donc je pense que lorsque tu recours à ça, il faut être prêt à voir d’autres patients qui sont parfois à différents stades que toi dans la guérison du TCA. Mais dans tous les cas, encore une fois, je t’invite à tester par toi-même.

La thérapie familiale

La thérapie familiale est aussi une thérapie à plusieurs finalement. Alors, “thérapie familiale” ça ne veut pas dire que tu emmènes toute ta famille chez le psy. Mais l’idée, c’est que tu peux proposer à ta famille restreinte (frère & sœurs, parents). Tu peux aussi proposer à ton partenaire de vie. Et tu n’es pas obligé d’avoir tout le monde en même temps, tu peux juste avoir ton père, juste ta mère, juste ta sœur, etc. 

Je trouve personnellement que la thérapie familiale ne doit pas nécessairement avoir lu PARCE qu’il y a un dysfonctionnement dans la famille. Je veux dire que tu peux très bien t’entendre avec ta famille, ne pas avoir de gros problèmes d’entente particuliers et avoir quelques séances voire une seule séance de thérapie familiale. 

Parce qu’avec la thérapie familiale, tu as aussi un médiateur, qui est une personne neutre. Et c’est vraiment important parce que parfois, notamment à cause de la maladie, on n’arrive pas à mettre des mots sur ce qu’on ressent. On se laisse facilement emporter par les émotions, par la peur aussi de dire les choses réellement. Et la présence d’une personne externe permet parfois d’aider à s’exprimer dans le calme. Et le médiateur peut aussi faire comprendre des choses à ta famille que tu n’arrives pas forcément à exprimer.

Donc, je recommande la thérapie familiale. J’ai dû faire 3 ou 4 séances au total. 2 avec mes parents et ma sœur, 1 avec ma mère et 1 avec mon père de souvenir. Et je pense que ça a été d’autant plus bénéfique pour ma sœur qui m’a dit qu’à l’une de ces séances, elle a beaucoup changé d’avis sur moi, elle m’a vu différemment et que ça l’a beaucoup aidé à me comprendre. Et j’ai dit des choses aussi à mon père que j’aurai jamais dit sans le médecin. En gros, je m’exprimais à mon père mais de façon indirecte, puisque je le disais au thérapeute. Et mon père était à côté, il entendait quoi. 

Les animaux pour t’aider dans la guérison de ton trouble alimentaire

La thérapie équine

Alors ça, j’en ai beaucoup entendu parler mais je n’ai jamais fait. Et je sais que certaine clinique propose ça ! Mais en gros, la thérapie équine c’est le fait de s’appuyer sur les chevaux. Le but est de créer un lien avec un cheval pour travailler sur sa propre image corporelle, son estime de soi. Alors, je ne connais pas tous les tenants et aboutissants mais je pense qu’en effet ça peut faire beaucoup de bien.

De toute façon, d’une manière générale, les animaux s’avèrent être un vrai soutien dans la vie en général. Mais vraiment. La ronron-thérapie par exemple c’est le fait que la fréquence des ronronnements du chat créé un réel impact positif pour l’Homme. Les poissons dans les aquariums favorisent aussi le bien-être. Il a été prouvé que ça permet d’instaurer un climat de détente, d’apaisement, etc. À l’hôpital où j’étais hospitalisé, il y avait une salle où il y avait un aquarium. 

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Donc vraiment, si vous avez des animaux, bah profitez-en pour passer du temps avec eux. Moi personnellement, j’ai de la chance car j’ai grandi dans une ferme et donc comme en sortant de la deuxième hospitalisation je suis retournée chez mes parents, j’ai pu profiter de voir mon âne, les chevaux, mon chien, les chèvres, etc. 

Alors c’est sûr que ce n’est pas CA qui permet de guérir des TCA. De toute façon, comme je dis toujours, il n’y a aucune thérapie qui a un effet magique. Enfin, personnellement, je trouve que la guérison, du moins la mienne, était la somme de plusieurs petites actions / prises de conscience / temps, etc. 

Mais l’art thérapie, l’équine thérapie, les thérapies de groupe, c’est des +. Soit, en plus des accompagnements psychologiques que j’ai présentés. La guérison des TCA repose sur un accompagnement pluri-disciplinaire, englobant différents facteurs (psychologique, alimentaire, restructuration cérébrale, confiance en soi…) 

Les traitements médicamenteux dans la guérison des tca

Des médicaments contre les TCA ?

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Je rappelle que je ne suis pas médecin ! La prise de médicaments n’est pas à prendre à la légère et doit être prescrite par un médecin spécialisé, qui te connait, qui a réalisé un diagnostic complet. 

J’ai longtemps été contre les médicaments. Parce que je ne voulais pas qu’on me rende “légumes” et surtout j’avais peur d’une perte de contrôle sur mon corps en fait. Et je suis arrivée à une période où la prise de médicaments a peut-être été inévitable. Donc j’ai été sous-traitement.

Mes médicaments étaient prescrits par ma psychiatre spécialisée en troubles du comportement alimentaire qui me suivait dans l’hôpital où j’avais été hospitalisée. Elle était très compétente et j’avais une entière confiance en elle.

Donc il n’existe pas de médicaments qui vont te permettre de guérir. Encore une fois, pas d’effet magique. Et d’ailleurs, la prise de médicament seul ne “sert à rien”. Dans le sens où ça doit forcément s’accompagner d’un suivi psychothérapeutique à côté si tu veux que ce soit efficace. 

Les médicaments qui sont prescrits sont souvent liés aux symptômes du TCA : état dépressif, crises d’angoisses, idées noires, etc. Il s’agit donc couramment des antidépresseurs, anxiolytiques et antipsychotiques (notamment pour les angoisses, la déformation de l’image corporelle).

Moi j’ai eu des antidépresseurs, que j’ai gardé de 2018 à 2020 donc 1 an et demi. Et pour les anxiolytiques là pour le coup j’avais créé une dépendance. J’ai largement diminué les doses petit à petit mais je n’arrivais pas à me passer de celui que je prenais pour dormir. Et dès que j’avais des crises d’angoisse, j’en prenais davantage. Donc c’était très mauvais mais malheureusement c’est le risque avec ces médicaments. Donc arrêter a été difficile et pour te dire c’est tout récent ! À l’heure où j’écris ça, cela fait 112 jours haha. Et j’ai profité des vacances pour réussir à arrêter et je suis vraiment contente de m’en être enfin séparé. 

Alors attention, on n’arrête pas ce genre de médicament seul, du jour au lendemain. C’est important de se faire accompagner par un thérapeute dédié pour réduire petit à petit et surveiller l’arrêt des médicaments. Parce qu’il peut avoir des effets secondaires. Et c’est aussi l’une des raisons des rechutes. Donc vraiment attention, il ne faut pas prendre ça à la légère.

Je pense que cela m’a aidé, notamment les anxiolytiques. Même si j’avais une dépendance, j’arrivais à prendre du recul et à me dire “ce n’est pas grave, j’en ai besoin en ce moment, c’est pas toute ma vie.” Encore une fois, je faisais preuve de bienveillance avec moi-même mais comme je dis souvent, c’est l’une des clés de la guérison. 

Après, tu peux aussi avoir des médicaments pour les “effets indésirables” que tu peux rencontrer dans la guérison, notamment les troubles digestifs. 

Des compléments alimentaires pour t’aider

Il ne s’agit pas de médicaments mais cela rentre dans la prise en charge des TCA et ça peut t’être prescrit par ton médecin ou psychiatre qui te suit.

Comme les troubles du comportement alimentaire occasionnent de nombreuses carences puisque le corps ne reçoit pas l’énergie qu’il a besoin, tu peux avoir des compléments pour t’aider : magnésium, fer, vitamines, calcium, etc. Tous des choses que tu ne retrouves plus dans ta nourriture dû à la restriction.

Moi j’avais un “cocktail” de tout ça à l’hôpital, je crois 2 ou 3 fois par jour. Et après chez moi j’avais pris aussi en pharmacie du magnésium et des vitamines que je prenais tous les jours, notamment en hiver. C’est histoire de te donner un coup de boost.

Et après tu peux aussi avoir des compléments en potassium, notamment en cas de vomissements ou de prises de diurétique où les taux de potassium sont en chute. Attention parce que ça peut être très grave un manque de potassium ! On appelle ça l’hypokaliémie. Et cela augmente le risque de trouble du rythme cardiaque (crise cardiaque).

D’autres compléments peuvent être prescrits comme les boissons / yaourts Délical ou Fortimel. Il s’agit d’avoir un complément nutritionnel pour t’aider à atteindre une certaine ration dans ta journée. Je n’en ai jamais pris et on ne m’en a jamais prescrit. 

J’en profite d’ailleurs pour terminer cet article en insistant sur le fait que tout ça, toutes les thérapies et traitements auxquels tu peux recourir pour la guérison de ton TCA, elles ne peuvent être totalement efficaces si tu ne l’accompagnes pas d’une alimentation variée qui répond aux besoins de ton corps. Je sais que c’est bien plus simple à dire qu’à faire. Je le sais, crois-moi, j’étais à ta place. Et c’est d’autant plus difficile quand la maladie te fait constamment culpabiliser. Mais c’est pourtant essentiel. Et c’est possible, tu vas y arriver. Ne te dis pas par contre “bon bah je n’arrive pas à manger, donc ça ne sert à rien que je fasse une thérapie”. Non, parce que moi pendant longtemps, genre 3 ans j’ai fait des thérapies sans réussir à répondre aux besoins de mon corps. Mais c’est justement le travail réalisé durant ces thérapies qui m’a aidé à répondre aux besoins de mon corps, à augmenter mes apports nutritionnels. Et après c’est un cercle vertueux. Car les apports nutritionnels me donnaient de l’énergie pour travailler sur mes thérapies psychologiques, qui elles-mêmes m’aidaient à travailler sur mes peurs de certains aliments, et de manger plus globalement et ainsi de suite. 

J’espère que cet article t’a aidé ! Et je te mets en bas de page le lien direct vers les autres articles liés à cette thématique pour t’apporter d’autres informations complémentaires, pour t’aider à savoir qui consulter, quelle thérapie choisir. 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, 0 commentaire
Trouble alimentaire : Qui consulter ?

Trouble alimentaire : Qui consulter ?

Trouble alimentaire : Qui consulter ?

Les troubles alimentaires sont des maladies complexes et parfois, quand on y est confronté, on ne sait pas ou plus vers qui se tourner. Dans cet article, pour t’aider à savoir qui consulter pour t’accompagner dans la guérison de tes troubles alimentaires, je vais essayer de présenter le maximum de types de praticiens que tu peux essayer de consulter, ainsi que ce qu’ils peuvent t’apporter. 

L’important, c’est de savoir que la guérison des troubles alimentaires passent par un accompagnement pluri-disciplinaire. Donc l’idée est de coupler les différentes thérapies. Je ne te parle pas forcément en même temps, tu ne peux pas tout essayer au même moment (financièrement et en termes d’énergie). Mais tu peux parfois coupler 2 thérapies si elles n’agissent pas sur les mêmes dimensions. Ou alors, tu peux tester différentes thérapies tout au long de ton chemin de guérison. 

Mais les causes sont souvent issues de plusieurs facteurs et c’est bien de travailler à la fois sur les causes mais aussi les conséquences, soit les symptômes du TCA.

D’ailleurs, « tester », c’est un terme à retenir aussi. Il faut que tu testes toi-même différentes thérapies pour voir ce qui te convient. Parce que ce qui m’a aidé, ne t’aidera pas forcément et vice versa. On est tous différents et chacun a son propre chemin de guérison. Je sais que c’est pas simple et même éprouvant de devoir toujours raconter son histoire du début à une nouvelle personne. Mais ça fait partie du chemin de guérison. Et parfois, il faut répéter, s’acharner pour trouver la bonne personne, le bon thérapeute qui te correspondra. J’ai tellement de choses à dire sur ce sujet, que pour éviter que cet article fasse 10 km, je te renvoie sur mes 6 conseils pour une bonne thérapie dans un article dédié. 

Tout au long de cet article, je te dirai ce que moi j’ai testé ou non, si ça m’a aidé et quand j’y ai recouru.

Qui consulter : généraliste ou spécialiste ?

Pourquoi le médecin généraliste n’est pas forcément le mieux placé ?

Je n’ai absolument rien contre les médecins généralistes. D’ailleurs, c’est un beau métier et on en a clairement besoin. Mais, ils sont GÉNÉRALISTES. Et de ce fait, ils ne peuvent pas connaître les spécificités des troubles alimentaires. Et combien de témoignage j’ai reçu m’exprimant un rendez-vous avec un généraliste qui a mal tourné. Combien sont allés voir leur médecin pour suspicion de TCA et qu’on leur a répondu que leur IMC était trop élevé ou que le poids était trop élevé pour avoir un TCA. Ou alors qu’on leur a même conseillé un régime. Ou qu’on leur a dit de faire attention à leur poids… Bref, des conseils qui n’ont fait qu’empirer la situation, plus que d’aider en tout cas. 

Et j’ai moi-même expérimenté ça. Donc c’est vrai que c’est pas le médecin généraliste que je recommande forcément, du moins en premier.

Après, c’est mieux que ton médecin traitant soit tout de même informé. Déjà parce que parfois on peut tomber sur une personne familière aux troubles du comportement alimentaire. Mais en plus, parce qu’il pourra te donner des médicaments pour les inconforts digestifs par exemple. Ou plus globalement, il pourra surveiller tes prises de sang, etc. 

Consulter des professionnels spécialisés en trouble alimentaire

Je sais que ce n’est pas simple d’en trouver partout, et j’espère sincèrement qu’un jour, peu importe où l’on se trouvera, on pourra trouver un spécialiste en TCA à proximité de chez soi. Pourquoi ? Parce que les TCA sont des maladies mentales vraiment complexes. Et ça demande vraiment de très bien connaître pour pouvoir accompagner des personnes qui en souffrent. Car il s’agit de mécanisme spécifique, très difficilement compréhensible quand on ne l’a pas vécu ou qu’on ne connait pas bien. Et malheureusement, parfois, un médecin non spécialisé peut donner des conseils vraiment pas adaptés, qui peuvent empirer le trouble. 

Comment on trouve des spécialistes en trouble alimentaire ?

En regardant si autour de toi, il y a des hôpitaux ou centres de soin qui disposent d’une unité spéciale trouble du comportement alimentaire. Par exemple à Lille il y avait Fontan 2 au CHU de Lille. 

Tu peux également chercher sur Internet avec la fonction de géolocalisation activée. Et tu tapes le type de praticien + le mot-clé “TCA” ou “trouble alimentaire”. 

Qui consulter pour la prise en charge des troubles alimentaires ?

Toi-même

Un peu facile cette réponse. Mais pourtant tellement vrai. En fait, au départ je voulais le mettre en dernier mais c’est TELLEMENT important, que je te le mets en premier finalement. 

Quand je dis toi-même, c’est juste que, il faut vraiment comprendre que tu auras beau faire appel aux meilleurs spécialistes du monde, si tu n’es pas prêt⸱e à t’impliquer à 200% dans ta guérison, alors, ça sera beaucoup moins voire pas efficace.

Ce n’est pas un grief ce que je dis là parce que je sais que c’est pas toujours simple : parce que la guérison fait peur, parce que ton TCA peut être une façon de te protéger et que du coup il y a beaucoup de résistance aux changements. C’est normal, ne t’en veut pas. Mais vraiment, aies conscience que même si oui, tu dois demander de l’aide autour de toi, tu es la personne qui pourra réellement te sortir de ça, du moins tu es la seule à pouvoir décider de te battre contre celle maladie.

Unité spéciale trouble alimentaire en milieu hospitalier

Cela peut te faire peur car il y a le moment “hôpital”. Mais c’est pas parce que tu fais appel à un centre hospitalier que tu vas être hospitalisé. Généralement, ils proposent également des consultations en journée avec les psychiatres spécialisés en trouble du comportement alimentaire. Moi personnellement j’ai commencé par là. Et ils m’ont réellement aidé ! Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un centre de soin spécialisé à proximité. Mais si tu l’as, vraiment, profites-en. Je recommande ++. 

En unité TCA ou centre de soin spécialisé, tu as aussi la possibilité d’avoir l’hôpital de jour. Alors ça pareil, ça ne veut pas dire que tu vas passer toutes tes journées là-bas. Généralement déjà, c’est pas journée complète (c’est 8h-16h environ). Et en plus, c’est pas toute la semaine. Souvent, tu commences avec 1 ou 2 journées. Et c’est presque rare d’y être toute la semaine. Moi, j’ai commencé avec 1 et après j’en avais 2 journées. Même chose c’est vraiment intéressant dans le sens où tu partages des repas avec d’autres, tu peux être amené à manger avec des soignants qui peuvent être un soutien au moment même des repas. Et tu as la possibilité d’avoir des activités thérapeutiques (cuisine ensemble, groupe de parole, art thérapie, consultation psy…). Donc pareil, ça je recommande ++. Au moins tester. 

Après évidemment, tu as aussi l’hospitalisation à temps complet. J’ai fait 2 articles à ce sujet où je parle de mes 2 hospitalisations. Donc je te laisse les lire si c’est quelque chose qui t’intéresse : 

Psychiatre

Pour vulgariser, la différence du psychiatre par rapport au psychologue c’est le fait qu’il a la possibilité de te faire des ordonnances, de te prescrire des médicaments. Il surveille la santé générale de ton corps, physique et mentale. Il s’occupe aussi de s’assurer que ton corps réagisse bien, qu’il n’y ait pas de complication, etc.

J’ai eu un suivi psychiatre dès la première année après le début de l’anorexie. Et pendant 3 ans approximativement. Vu que j’avais un traitement médicamenteux, j’ai eu à nouveau une psychiatre plus tard. Mais pour le coup, elle faisait que les ordonnances. Je dis ça car c’est un peu “au petit bonheur la chance”. Je pense que y’a certains psychiatres qui sont vraiment tournés “ordonnance” / “santé du corps”. Et il y en a d’autres qui font vraiment aussi l’accompagnement psychologique. Lorsque je suis sortie de ma deuxième hospitalisation, j’ai eu une psychiatre en or. Vraiment, une perle ! Elle m’a tellement aidé ! Elle comprenait très bien les TCA, elle avait une très bonne écoute, me faisait réellement avancer psychologiquement. 

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Psychologue

L’accompagnement psychologique est pour moi indispensable. Surtout si tu n’as pas de psychiatre qui te fait l’accompagnement psychologique. 

Les troubles alimentaires sont parfois (et même souvent) des stratégies d’adaptation. C’est-à-dire que c’est une maladie (= “mal à dire”) que le corps exprime, car c’est le seul moyen qu’il ait trouvé pour dire “Il y a quelque chose qui ne va pas. Donc, il faut le travailler”. De façon imagée bien sûr… Et surtout inconsciente.

Et le psychologue va t’aider à travailler sur l’origine de tes troubles alimentaires. Il va t’aider à surmonter aussi des problématiques de ta vie courante (manque de confiance et d’estime de toi, trouble anxieux, etc.) mais aussi que tu rencontres dans ta guérison. Il va t’aider à te donner des outils pour mieux gérer les situations stressantes et trouver des alternatives saines à ta santé plutôt que les comportements destructeurs que tu peux avoir envers toi-même.

Même chose, je recommande d’avoir un psychologue qui connait assez bien quand même les TCA. Après, s’il ne connait pas mais que tu as d’autres praticiens qui connaissent, ne te bloque pas non plus. Ils peuvent tout de même t’aider sans être expert des conduites alimentaires. 

Pour ma part, j’avais un accompagnement psychologique depuis le début de mes TCA. Et même avant. Et même toujours aujourd’hui haha. Mais pour te dire qu’il ne faut pas forcément aller mal pour aller voir quelqu’un. Je dirai même que tout le monde a besoin d’un psy dans le sens où tout le monde a des choses à travailler, sur lesquelles avancer. 

Diététicien

Tu peux travailler la dimension alimentaire avec un diététicien. Et là pour le coup, c’est presque primordial pour moi qu’il soit spécialisé en TCA. Parce que sinon, les conseils de perte de poids ou de restriction peuvent être vraiment dommageables… 

Le diététicien n’a pas seulement pour rôle de te faire un plan alimentaire. D’ailleurs, ce n’est pas systématique. Il t’aide également à travailler sur tes croyances alimentaires erronées. Il t’aide à incorporer des aliments qui te font peur (fearfoods), à t’instaurer une fréquence dans tes repas. Il t’aide à comprendre comment la nutrition affecte ton corps. Il t’aide à avoir une relation plus saine globalement avec la nourriture.

Pour ma part, j’avais vu une diététicienne au tout début, avant même d’aller voir n’importe qui pour trouble alimentaire. À ce moment-là, j’étais dans un “déni” et je n’admettais pas encore avec de TCA, tout simplement, je ne comprenais pas ce qui se passait. De ce fait, ça ne m’a pas aidé. J’ai fait 2 ou 3 séances. Et après, je ne suis pas retournée en voir spécifiquement. Par contre, ayant été suivi à l’hôpital, j’ai eu “par la force des choses” un plan alimentaire que j’ai utilisé de façon momentanée et qui m’a aidé. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Troubles alimentaires : les thérapeutes auxquels on pense parfois moins

… Mais à tort 😉 Parce que ce sont vraiment des aides intéressantes dans la prise en charge des troubles alimentaires.

En revanche, tous les praticiens que je citerais dans cette partie sont à complémentariser avec un médecin et/ou psychiatre/psychologue. 

Kinésiologue

Alors, la kinésiologie, on n’y pense pas forcément et c’est même pas très connu. Moi, je connais parce que j’en ai fait justement. La kinésiologie ça veut littéralement dire “étude du mouvement”. Et en fait, c’est en gros évaluer la santé du corps via des tests musculaires. C’est assez particulier et très difficile à expliquer par écrit. Mais en gros, un choc émotionnel ou le stress d’une manière générale va affaiblir certains muscles. Quand je dis test musculaire, en fait le praticien va effectuer des pressions très douces, indolore sur un muscle, et souvent, il s’agit des bras (poignées) ou jambes (chevilles). Moi qui n’étais pas à l’aise avec mon corps, ça ne me mettait pas mal à l’aise. Et du coup en gros le but de la kinésiologie, c’est de “rééquilibrer” le corps et l’esprit. Grosso modo. 

Pourquoi j’ai choisi la kinésiologie ? J’ai rencontré une dame dans le village de mes parents qui pratiquait ça et qui avait déjà accompagné des jeunes filles souffrant d’anorexie. Donc j’ai voulu essayer. Dire que ça a été efficace, je ne peux pas parce qu’en fait, il n’y a aucune thérapie qui a un effet magique. Je trouve que la guérison, c’est une accumulation de petites choses. Mais en tout cas, oui, ça m’a aidé. Ça me faisait du bien, je me sentais plus détendue après. 

Sophrologue

Encore une fois pour vulgariser, la sophrologie, c’est des techniques de relaxation pour aider à diminuer ton état de stress général, et donc les tensions dans ton corps. Le but étant, in fine, d’avoir des impacts positifs sur ton mental. 

La sophrologie s’appuie sur la respiration, la relaxation des muscles et la visualisation mentale. Il y a différentes façons de faire, je pense que ça dépend aussi du praticien. 

Cela peut se pratiquer en individuel ou en groupe. 

Alors moi j’ai fait de la sophrologie, à la fois en individuel et en groupe. En individuel, j’avais une thérapeute dédiée. En groupe, c’était à l’hôpital de jour. Ce n’est pas forcément simple. Je trouve, par mon expérience, que la sophrologie demande de la patience et de la répétition.  Certains exercices m’ont sincèrement aidé de façon générale à me déstresser, surtout au moment des séances. Mais après, j’avais appris des exercices que je pratiquais chez moi, notamment lorsque j’avais des crises d’angoisses, ruminations, idées noires, etc. 

Donc oui, la sophrologie m’a aidé. C’était un petit + sur mon chemin de guérison. Mais de toute façon, je trouve que la pratique d’exercices de respiration / relaxation est presque indispensable pour t’aider. Avec sophrologue ou seul. Mais parce que le stress est quand même souvent omniprésent. Et je sais que parfois ça soule de faire ce genre d’exercice, surtout qu’on n’en ressent pas les bénéfices immédiats, mais vraiment, c’est des petits + qui peuvent faire la différence. 

Homéopathe

J’ai aussi été voir une homéopathe. Là après, c’est à chacun de voir à quel point il croit en cette médecin. Je pense que dans certains cas c’est vraiment approprié, et dans d’autres cas peut-être moins. J’ai été voir une homéopathe pour m’aider à avoir un traitement de fond “naturel” pour gérer mes angoisses. Mais en fait, je ne pense pas que ça m’a aidé. Après j’ai peut-être pas pris assez longtemps les gélules prescrites. L’homéopathe que j’ai été voir était très reconnue donc je ne doute absolument pas de ses compétences. Néanmoins, pour être complètement honnête, je l’ai connu dans l’un des moments “apogées” de ma maladie. Et je voyais ces gélules comme du sucre et j’avais très peur de l’apport calorique. C’est débile parce que j’ai su bien plus tard que c’est dérisoire et surtout, c’était pour ma santé. Mais tu sais très bien que la maladie nous fait faire des choses insensées.

L’homéopathe va plutôt venir travailler sur les symptômes anxieux que sur les causes du TCA.

Kinésithérapeute / Ostéopathe

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J’ai regroupé les 2 ensemble parce que parfois certain praticien ont les 2 casquettes. Ici on est plutôt dans le cadre d’une thérapie corporelle. Le but d’aller voir un kiné et/ou ostéopathe dans le cadre des TCA c’est de prendre conscience de son corps, de renouer avec les sensations corporelles de son corps. Voilà ça, c’est dans la théorie.

Dans la pratique, je vais te parler de mon expérience avec ça puisque j’ai aussi vu un kiné. Je te dis souvent que le corps est très bien fait. Et que ton corps est ton allié dans ta guérison, qu’il te veut du bien. Je pense sincèrement que n’importe quel problème psychologique se retranscrit dans ton corps. Et en fait, si tu as des tensions spécifiques, peut-être eu un traumatisme sans forcément qu’il y ait eu un contact avec ton corps, et bien ça peut créer des blocages dans ton corps. Et le kiné, et notamment l’osthéo, je pense, peut vraiment t’aider à ça. 

Moi, au tout début où je suis tombée dans l’anorexie, j’ai eu une vingtaine de séances avec une kiné pour juste me masser, me détendre. Encore une fois, avoir des pratiques pour te détendre c’est un vrai atout dans ta guérison. Ce n’est pas forcément quelque chose que les kinés aiment de “seulement masser” mais là, tu en as besoin. Et ils le savent, ils le sentent que c’est tendu. Pour le coup, la kinésithérapie, c’est très bien pris en charge par la sécurité sociale. Je n’aime pas trop dire ça parce qu’on va penser que c’est de l’abus, mais vraiment ça m’a fait beaucoup de bien. 

Et après, j’ai toujours eu de la kiné et je suis très chanceuse, mais ma sœur est kiné / osthéo et du coup, elle m’a très souvent fait des massages crâniens et ouaaaaah, ça m’a fait TELLEMENT de bien. 

Hypnothérapeute

Ici je mets en garde de recourir à un hypnothérapeute qui vous a été recommandé. Car malheureusement, il existe beaucoup de charlatan et ça peut donc faire bien pire qu’autre chose. Vraiment ! 

L’hypnose a pour but également d’agir sur le côté anxiété, peur et d’aider notamment pour certains traumatismes. Il peut donc travailler sur les symptômes du TCA comme sur les causes. 

Tout le monde n’est pas réceptif à l’hypnose. Alors, il y a une différence entre hypnose thérapeutique et hypnose de spectacle. Pour moi tu n’es pas inconsciente en hypnose thérapeutique. Mais après, moi je pense que je n’étais pas super réceptive. Cela demande peut-être un certain lâcher-prise que je n’arrivais pas à avoir. J’ai dû faire 3 séances.

Et c’est vrai que maintenant que je connais l’EMDR, je n’irai pas vers l’hypnose pour gérer un traumatisme. Dans le sens où le cerveau, s’il garde quelque chose dans l’inconscient, c’est pour te protéger. Et parfois, on n’est pas prêt à voir certaines choses. Et ça peut te plonger dans un état dépressif grave d’être confronté à des souvenirs que tu n’étais pas prêt de voir. Après ça reste mon avis personnel et je pense que l’hypnose a pu faire ses preuves pour d’autres personnes. 

Et je pense notamment pour les personnes qui souffrent de boulimie ou hyperphagie et connaissent des phases de frénésies importantes où un sentiment de perte de contrôle subsiste.

Acupuncteur

Même mise en garde que pour l’hypnothérapeute, choisissez un acupuncteur qui est reconnu pour éviter les charlatans parce que l’acupuncture demande tout de même une très grande connaissance et précision où il ne faut pas faire n’importe quoi. 

Les médecines chinoises ont des interprétations à leur façon des troubles alimentaires. Je ne suis pas du tout fermé à ça, au contraire. Mais peut-être que tout le monde n’y croit pas. Je n’ai une connaissance fine en acupuncture mais en gros l’idée est de rééquilibrer certaines énergies dans le corps. 

acupuncture trouble alimentaire

Honnêtement, je ne m’aventure pas plus sur ce sujet pour le moment. Mais je ferai peut-être davantage de recherches ultérieurement. 

En tout cas, j’ai testé 1 séance. Et ça m’a fait du bien sur le moment-même, cette dame était très reconnue pour son efficacité. Par contre, elle m’a donné des conseils très très mauvais vis-à-vis des TCA. Elle m’a dit que je devais calculer avec des pourcentages mes macro-nutriments pour arrêter ma faim extrême. Et c’était à une période où j’étais perdue, je ne comprenais pas cette faim extrême, ça a généré en moi beaucoup de culpabilité. Bref, je n’y suis pas retournée. Mais tu vois, c’est pour te montrer que l’on tombe parfois sur des personnes pas forcément mal intentionnées mais qui donnent des conseils bien plus destructeurs qu’aidant. Et en fait, c’est presque impossible de ne pas tomber sur au moins une personne comme ça dans son parcours. Moi je ne te l’ai pas toujours dit, mais j’en ai eu plusieurs (infirmière à l’hôpital, psychologue en cabinet, médecin généraliste…)

Encre une fois, il me semble que pour les personnes boulimique ou hyperphagique, l’acupuncture est d’autant plus une aide appropriée, notamment pour les périodes de compulsions alimentaires.

Psychomotricien

La psychomotricité repose sur la médiation corporelle, les émotions et les pensées. L’objectif du psychomotricien est, en gros, de permettre au patient de trouver un équilibre entre son mental et son corps, d’être plus à l’aise avec ses émotions et son environnement. Il permet d’aider à prendre conscience de son corps, à travailler sur l’image corporelle et notamment sur la dysmorphophobie. Cela peut passer par des exercices d’identification des émotions, des exercices de respirations, de relaxation, de la gym douce, des exercices théâtrales, etc.

Personnellement, je n’ai jamais testé mais tout simplement parce que je ne pensais pas qu’un psychomotricien pouvait prendre ne charge les troubles alimentaires. Mais je trouve ça très intéressant. Par contre, je pense qu’il faut vraiment que le praticien ait une expérience avec d’autres patients souffrant de TCA. 

Naturopathe

Je n’ai personnellement pas recouru à la naturopathie mais je sais que l’accompagnement TCA existe dans cette branche. Encore une fois, je pense que c’est important que la personne ait une spécialisation ou qu’elle soit très familière aux troubles alimentaires. Lorsque c’est le cas, elle peut conseiller des plantes, fleurs de Bach et huiles essentielles pouvant t’aider dans certaines angoisses. Je sais que certain naturopathe propose aussi un accompagnement avec des exercices pour se réapproprier son corps, des exercices de relaxation, voire des exercices pour retravailler ses croyances erronées sur l’alimentation.

Et les associations dans tout ça ?

On les oublie parfois, et malheureusement, je trouve presque qu’il n’en existe pas assez car certaines régions de France n’en ont pas. Mais les associations peuvent également apporter leur soutien de façons différentes : 

  • Te permettre de rencontrer des personnes qui sont passées par là
  • Organiser des groupes de parole / de soutien (pour les patients comme pour les proches)
  • Te proposer une ligne d’écoute sur des larges plages horaires 
  • Te mettre en relation avec des professionnels reconnus dans les TCA

Je te laisse regarder sur la page où je recense les associations de troubles alimentaires que je connais.

L’Ald : t’aider à financer ta thérapie

Je sais que financièrement ce n’est pas toujours facile de financer une thérapie. Peut-être que tu connais l’ALD. Si tu ne connais pas, il s’agit d’une Affection à Longue Durée qui peut être défini pour plusieurs années (aucun impact). Mais cela te permet d’avoir une prise en charge à 100% de tes soins de santé en rapport avec les TCA : consultation de médecins traitants, médicaments si tu en as en lien, consultations de psychiatre, etc.

Il faut que tu en fasses la demande auprès de ton médecin traitant. Ce n’est pas payant, c’est gratuit.

Malheureusement, les médecines douces ne sont pas prises en charge par l’ALD. Mais en fait, pour tout médecin où il te demande la carte vitale (et que c’est en lien avec ton TCA), c’est pris à 100% en charge. Donc vraiment, c’est un vrai + ! 

D’autre part, je sais que certaines mutuelles remboursent mieux les médecines douces donc si tu en as souvent, ça vaut peut-être le coup de choisir ta mutuelle en fonction de ce critère. 

À quelle fréquence faut-il consulter ?

Je dirais que ça dépend de beaucoup de choses : si tu es étudiant, en activité professionnelle, en mi-temps thérapeutique… Soit du temps que tu as. Même si on peut toujours trouver le temps… 

Et ça dépend d’où tu en es dans ton parcours de guérison. 

Cela dépend aussi, on ne va pas se le cacher, de tes finances.

Toutes les 2 semaines me semble presque un minimum. Lorsque j’étais dans les stades les plus graves de la maladie (je ne parle pas en termes de poids, mais dans ma tête), je voyais toutes les semaines : psychiatre et/ou psychologue + autre thérapie (donc sophrologue ou kinésiologue). Après, au fil du temps, j’ai espacé. Aujourd’hui, je n’ai plus de TCA, mais je travaille encore sur des blessures d’enfance on va dire et je vois mon psy toutes les 3 semaines à peu près.

Voilà, je pense que cet article est très complet car j’ai essayé d’englober énormément de thérapeutes possibles. En écrivant cet article, je me suis rendue compte que j’en ai testé beaucoup en fait ! Mais il existe certainement d’autres praticiens qui prennent en charge les TCA et que je n’ai pas cité ici.

N’hésite pas à partager ton parcours de soin en commentaire ou à prendre contact avec moi si tu souhaites témoigner d’une expérience que tu as eu avec un praticien en particulier. Cela peut être vraiment intéressant de partager cela (si tu es d’accord) avec les autres !

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, 1 commentaire
Troubles alimentaires & fêtes de fin d’année

Troubles alimentaires & fêtes de fin d’année

Troubles alimentaires & fêtes de fin d’année

À l’approche des fêtes de fin d’année, la magie de Noël peut se faire ressentir dans les rues, les vitrines des boutiques, sur les marchés de Noël. Lorsqu’on souffre de troubles alimentaires, on aimerait pouvoir profiter pleinement des illuminations, d’une bonne gaufre au chocolat sur le marché, de la gaité des chants de Noël, etc. Sauf que la réalité, elle est bien différente. 

Déjà, je dit ça, mais Noël n’est pas synonyme de magie pour tout le monde. Pour certain, c’est le souvenir d’un être perdu, c’est la solitude qui pèse, c’est s’obliger à croiser des regards de proches que l’on évite toute l’année… Bref, ce n’est pas joyeux pour tout le monde.

Mais Noël et plus globalement les fêtes de fin d’année riment avec repas de famille. Et dans « repas de famille », y’a deux choses qui peuvent être douloureuses pour des personnes souffrant de troubles alimentaires : « Repas » et « Famille ». 

Dans cet article, je vais te partager ma propre histoire avec Noël lorsque je souffrais de TCA. Mais je vais surtout de donner 21 conseils pour t’aider à surmonter les fêtes de fin d’année avec ton trouble alimentaire. 

Mes Noël avec les troubles alimentaires

J’ai eu 6 Noël en tout avec un trouble alimentaire. Mais je vais surtout me concentrer sur le Noël de 2017 qui était le pire. Si tu me suis depuis quelque temps, tu sais que 2017, c’était l’apogée de mon anorexie. Et il faut savoir que de base quand même, je suis une grande fan de Noël. Mais cette année-là, c’était le PIRE Noël de ma vie ! (Enfin j’espère).

Le cauchemar n’a pas commencé le 24 décembre, ni même 1 semaine avant Noël. Il a commencé… à peu près autour du 01 Novembre 2017. Parce que, passé le 01 novembre, la voix vicieuse de mon TCA m’a dit « ALERTE !! Dans 2 mois c’est Noël : à Noël, tu vas prendre beaucoup de poids donc il faut que tu contrebalances dès maintenant !! ». Évidemment, gros M.E.N.S.O.N.G.E. Sauf que, bah j’étais vraiment très malade. Et la maladie a été plus forte que moi à ce moment-là. 

Du coup, j’ai commencé à augmenter ma restriction et l’hyperactivité. Et clairement, ces actions m’ont valu la perte de « Mathilde ». Je n’étais plus que la maladie à ce moment-là. Mon humeur était de plus en plus fluctuante, j’habitais seule en appartement à ce moment-là. Et normalement, le weekend je rentrais chez mes parents. Mais plus depuis novembre. Donc ma solitude était aussi à son apogée. C’est aussi à cette période où c’était très tendu avec ma mère. J’étais exécrable. Je perdais encore plus de poids, j’avais de plus en plus de TOC dans mon alimentation.

Décembre c’est aussi le mois de mon anniversaire. J’adore mon anniversaire parce que c’est en quelque sorte « ma journée ». Mais pas cette année. D’ailleurs le 08 au soir j’étais seule, dans mon appartement. J’avais froid, j’étais triste. 

En écrivant ces quelques lignes, j’ai les souvenirs de cette période et j’en ai la boule à la gorge…

Et puis Noël est arrivé. J’étais en vacances déjà depuis quelques jours mais je suis restée chez moi, seule, jusqu’à la veille. Le 24 je n’ai rien mangé ou presque. Je suis d’une famille catholique et à Noël j’ai pour coutume d’aller à la messe de Noël avec mes parents et ma sœur. J’y suis allée. Mais au moment de la communion, j’ai refusé d’aller prendre l’hostie par peur de la teneur calorique… C’est pour te dire à quel point j’étais vraiment très mal psychologiquement.

Je suis arrivée au repas de Noël affamé. Le soir-même, c’était chez mes parents, mais il y avait la famille complète. J’ai passé la soirée à servir les gens, à magner le strict minimum et à pleurer. Vraiment, j’ai le souvenir de moi qui pleure H24. Et je me souviens aussi de la pitié dans le regard des autres.  J’ai fini ma soirée seule dans ma chambre. Le lendemain, rebelote pour le 2ᵉ repas de Noël. C’est souvent ce Noël là que j’adore, où je retrouve toute ma famille que je ne vois qu’une seule fois par an. Et pareil, j’ai passé la journée à pleurer. J’étais épuisée, je n’en pouvais plus. Je voulais que ça se termine. Je n’ai mangé que des pommes et du pain toute la journée ou presque. 

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Et je suis revenue le soir chez mes parents. Et là… J’ai connu ma première grosse compulsion alimentaire (sur autre chose que des aliments que je m’autorisais). Tout le monde dormait pendant que moi je m’enfilais toutes les buches qui restaient dans la cuisine. Affreux les sentiments de honte, culpabilité, dégoût, remords qui m’envahissaient après ce moment. 

Le lendemain, alors que j’étais encore en vacances, j’ai demandé à ma mère de me ramener dans mon appartement : seule. Et quand elle m’a déposé, j’avais les larmes aux yeux parce que je savais que j’allais me retrouver seule avec les démons de l’anorexie. Et ça n’a pas manqué… (Encore une fois, j’ai la boule à la gorge en écrivant ce souvenir).

En Janvier, j’ai connu le début de ma faim extrême. J’en ai parlé plus en détail dans l’épisode 15 du podcast où je raconte mon histoire avec la faim extrême. Mais c’est la phase la plus difficile de mes troubles alimentaires, et ce que je n’ai pas raconté dans l’épisode 15 parce que j’ai quand même toujours un peu de mal à en parler… C’est que c’est à cette période que j’ai fait ma tentative de suicide. Donc après un court séjour en hôpital psychiatrique, je suis retournée quelques mois en hôpital de troubles alimentaires. 

Et c’est vraiment certain que tout ça, c’est arrivé à cause des put*** de mensonges de mon trouble alimentaire en novembre. Ce qui s’est passé en janvier, c’est mon corps qui criait à l’aide parce qu’il ne pouvait plus vivre ainsi. 

Donc voilà. J’étais un peu sceptique à l’idée de raconter mon Noël parce que je ne veux pas que ça te fasse un « déclencheur ». Mais justement, la morale de cette histoire c’est que la restriction n’était clairement pas la solution. C’était le pire Noël de ma vie, ça m’a conduit à faire une tentative de suicide et à retourner à l’hôpital. 

21 conseils pour t’aider à surmonter les fêtes de fin d’année

Maintenant que je t’ai raconté mon histoire, je vais te donner mes conseils pour t’aider à faire en sorte que tes fêtes de fin d’année se passe bien. Parce que comme je l’ai dit, j’ai eu 6 Noëls avec TCA et dont 4 autres Noël après ce cauchemar de 2017. Donc j’ai appris de mes erreurs, mis en place des choses qui ont fait que par la suite, année après année, bah ça s’est beaucoup mieux passé alors même que j’avais encore des TCA.

Dans cette partie, je vais donner des conseils pour toi qui souffres de troubles alimentaires, mais aussi pour tes proches qui t’accompagnent durant ces fêtes. D’ailleurs, les conseils pour les proches seront distingués par un encadré.

Et je scinde ça entre l’avant, le pendant et l’après repas de fêtes. D’ailleurs, n’hésite pas à relire ces conseils avant tes repas de Noël mais aussi après.

# Avant les repas de fête :

1. Te protéger de cette société qui ne t’aide clairement pas

À l’approche des fêtes, au-delà des illuminations dans les rues et de « All I want for Christmas is you » de Mariah Carey qu’on entend partout… Malheureusement, c’est aussi toutes les conneries dans les médias qu’on entend. Je te donne quelques exemples : « Comment faire pour garder la ligne pendant les fêtes ? » « Quels aliments éviter à votre repas de Noël pour ne pas grossir ? » « N’oubliez pas vos bonnes résolutions après Noël :  marathon de 50 km et jus de concombre ». Bon j’exagère mais vous avez l’idée. Qu’est-ce que c’est culpabilisant !! 

Et des publicités te disant de prendre tel ou tel produit pour te faire maigrir, tu vas en avoir plein. L’industrie du régime est dans sa pleine saison. Donc malheureusement, il va falloir que tu te protèges. Donc dès que tu entends ou vois une de ces bêtises (pour rester poli), ferme-toi les oreilles, mets-toi des œillères. N’écoute pas ça, c’est du bulshit. 

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2. Prévoir ton repas de Noël

Alors, ici, il y a deux écoles : certains préfèrent prévoir à fond en amont. D’autres préfèrent que ce soit la surprise. Et j’ai fait les 2 méthodes mais je n’étais clairement pas au même stade de ma maladie. Les 3 derniers Noël, j’y allais à la surprise. Et ça s’est très bien passé. Mais les 3 premiers Noël (hormis en 2017 en fait), je prévoyais avec la personne qui organisait ce qu’on allait manger. Ainsi, je pouvais savoir s’il s’agissait d’un buffet, si c’était servi à l’assiette, ce que c’était. Et si c’était trop un fearfood pour moi, alors je prévoyais une alternative. Après, Noël peut être l’occasion de dépasser certain fearfood, de te challenger. Mais en même temps, ça dépend de où tu en est dans ta guérison. 

Pareil, si c’est un buffet, parfois c’est trop stressant. Donc tu peux demander à un proche de confiance de te préparer ton assiette. Ou alors, tu peux demander à ce qu’une personne t’accompagne lorsque tu vas te servir. En fait, c’est toi qui vois en fonction de ce qui t’aide. Mais essai de prévoir ça en amont pour éviter toute source de stress additionnelle au moment-même. 

3. Prévoir tes interactions sociales

Bon je ne savais pas trop quel nom donner à ce conseil. Mais en gros l’idée c’est de savoir quelles personnes seront présentes aux repas de fête. Et ainsi, cela te permettra de te préparer à d’éventuels commentaires. Parce que malheureusement c’est à ce genre de repas qu’on a un peu les pires commentaires de la famille. Du genre « Ah bah tu manges quand même ? » Ou « Tu te ressers encore? » Ou « Ah bah c’est bien tu as repris du poids / perdu du poids! ».

C’est pas toujours évident d’en parler, mais déjà de prévenir les personnes proches des phrases à ne pas dire, ce serait l’idéal. Par exemple, si tu arrives à en parler à tes parents, ce serait bien si eux-mêmes pouvaient prévenir les invités de ne pas faire de commentaire sur ton trouble alimentaire, ni même sur l’alimentation & le poids d’une façon générale. C’est le seul sujet « interdit » impérativement de ces fêtes de famille. Et en même temps, vous n’y perdez pas grand-chose à ne pas en parler haha.

4. Ne t’engage pas dans des discours contre la diet culture

Dans le conseil précédent, je te parle des commentaires focus sur ton trouble alimentaire. Mais c’est sûr qu’il y aura aussi des commentaires sur la nourriture ou le poids. Je te donne quelques exemples : 

  • « J’ai rien mangé de la journée pour pouvoir profiter du repas de ce soir ! » 
  • « Quel gros repas ! Demain c’est salade et jus de concombre ! » 
  • « Décidément, on ne fait que manger aujourd’hui ! On va en prendre des kilos ! » 

Tu as compris l’idée je pense…

Et je ne te donne pas d’ordre, encore une fois c’est un conseil et ça dépend de où tu en es dans ton parcours de guérison. Mais je te conseille de pas perdre ton énergie pour débattre et donner des arguments sur le pourquoi la culture du régime c’est de la mer**. Parce que certaines personnes ne comprennent pas l’impact de ces commentaires sur ton trouble alimentaire. Et ça va forcément parler de régime, de calorie, de poids, d’aliments bons/mauvais. Et selon où tu en es dans ta guérison, ça peut vraiment être très néfaste pour toi et générer beaucoup de culpabilité. Donc moi je te conseille de pas t’embarquer là-dedans.

Encore une fois, il s’agit de te protéger et de fermer tes oreilles à ça.

Aujourd’hui, je suis sortie de tout ça et je me prends un malin plaisir à dire aux gens qui défendent la diet culture à quel point c’est dévastateur leur discours. Mais y’a des fois où j’abandonne parce qu’on ne peut pas « contrôler » le discours des autres. Et comme j’avais déjà dit en reminder sur Instagram  : « L’avis des autres, ne reste que la vie des autres ». 

5. Parler de tout ce qui te stress à quelqu’un

Cela peut être à un proche de confiance, qui sera là (ou non) lors de ces fêtes, mais ça peut aussi être un thérapeute (ton psy, médecin, etc). Le fait de parler de ce qui t’angoisse peut vraiment déjà beaucoup t’aider. Je le dis souvent, mais je trouve que parler, exposer les « combines » de ton trouble alimentaire le rend vulnérable.

6. [ACCOMPAGNANT] Donner le maximum d’informations sur le déroulement des fêtes

Comme je l’ai expliqué dans les conseils 2 et 3, ça peut vraiment être rassurant pour votre proche de savoir tout le déroulement des fêtes de fin d’année. Donc donner le cadre spatio-temporel : le lieu, les heures de repas, le repas en lui-même, les personnes présentes, etc. 

Je sais que c’est pas simple pour les accompagnants, mais essayez vraiment de limiter le maximum de stress, notamment quant à la préparation des repas. Si possible, limitez au maximum les imprévus possibles. 

7. [ACCOMPAGNANT] Attention à vos commentaires (et ceux des invités)

Alors, je ne vais pas vous mettre la pression non plus parce que vous pouvez pas contrôler les faits et gestes de vos invités. Mais si possible, avertissez en amont vos proches de ne pas faire de commentaires sur la nourriture & le corps. Bon, je sais que c’est pas évident de le dire et d’ailleurs mes parents n’avaient jamais prévenu les invités chez moi. Mais il s’agit d’un peu de bon sens et j’ai eu très peu voire pas de commentaires à ce sujet, j’ai eu de la chance.

Mais du coup, commencez par vous-même faire attention à ce que vous pouvez dire. Même s’il s’agit de commentaire envers vous-même, ce que vous mangez ou votre apparence : ce sera un déclencheur pour votre proche souffrant de TCA. Je vous invite à re-écouter l’épisode de podcast 9 sur les 13 choses que votre proche souffrant d’un TCA aimerait que vous sachiez. 

La règle c’est vraiment de ne pas parler d’activité physique, d’alimentation, de corps, de régime, d’apparence. 

Pour ce qui est des invités, prévoyez également de rebondir en cas de commentaire sur l’alimentation. Soit vous dites directement « Oh mais c’est pas important ça, l’important c’est le repas qu’on partage ensemble. » puis vous rebondissez directement sur un sujet de conversation. Je parle de prévoir pour ne pas être à court d’idée et éviter un trop long moment de silence gênant. Mais vous pouvez aussi ignorer le commentaire et directement rebondir vers un autre sujet de conversation. Évitez par contre de dire « On va éviter de parler de ça pour le trouble alimentaire de /prénom/ »

Je sais que dans la pratique c’est pas évident ce que je dis là parce que bah ça reste la famille, que vous ne voulez pas froisser vos invités. Mais pensez à votre proche qui lui souffre terriblement de ce genre de commentaire. 

8. Se préparer à l’imprévu

J’ai pas mal parlé de prévoir, éviter le maximum les imprévus. Sauf que, la vie, c’est des imprévus. Et surtout qu’aux fêtes de fin d’année il y a souvent des invités. Donc au plus il y a de monde, au moins vous pouvez contrôler. Parce que contrôler les autres, c’est pas possible. 

Donc même si tu prévois le maximum, prépare-toi psychologiquement à ce qu’il y ait des imprévus. C’est peut-être le conseil le plus difficile à appliquer et je le sais parce que j’étais sincèrement dans tous mes états au moindre imprévu.

Mais il faut savoir être flexible. En fait, dis-toi que Noël c’est peu de jours. C’est 2-3 jours, allez max 1 semaine avec la nouvelle année. Mais du coup, 1 semaine dans ton année… C’est même pas 2%. Et dans ta vie…(parce que tu vas pas être malade toute ta vie), bah là on est sur un trop petit chiffre pour que je fasse le calcul. Mais c’est insignifiant. C’est une période de temps définie. 

Et il n’y a absolument rien de grave si tu ne manges pas comme tu avais prévu, si tu ne fais pas les activités que tu pensais faire. Et même si ça se passe mal c’est pas grave. Les gens oublient, et la vie continue. Des autres Noël tu en auras d’autres. Regarde mon Noël de 2017… Aujourd’hui je suis de nouveau une fan de Noël et j’adore retrouver ma famille et je profite pleinement de ça. 

Tu n’es pas une personne moins bien parce que tu ne fais pas comme ton TCA te dit de faire. Ça, c’est des mensonges de la maladie. Au contraire tu vas à l’encontre de ça, tu agis pour ta guérison plutôt que de renforcer la maladie. 

9. Associer Noël à d’autres choses que les repas

Fais une liste de ce que t’apporte de positif cette période. Si tu as du mal, demande-toi comment tu pourrais faire pour que ce Noël soit quelque chose de positif ? 

Tu peux d’ailleurs organiser des choses autour, des activités te permettant d’associer les fêtes à des choses que tu aimes faire. (Et pas qu’au stress du repas).

Je te donne des exemples mais qui sont liés à mes goûts et ma famille. J’ai conscience que tout le monde n’a pas ma vie. (Personne même n’a ma vie) Donc c‘est juste pour t’inspirer : 

  • L’ambiance cocooning (bougie, plaid, feu de cheminée, film de Noël, boisson chaude…)
  • Les pulls kitch rouge et vert & les chaussettes moutmout
  • Retrouver ma famille, passer du temps avec mes neveux
  • Revoir mes cousines que je n’ai pas vu depuis longtemps
  • En profiter pour revoir mes copines qui habitent près de chez mes parents
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  • Les musiques de Noël
  • Les marchés de Noël & la grande roue
  • Les cadeaux (en offrir, et en recevoir)
  • Prendre du temps pour moi
  • M’offrir moi-même un cadeau (un soin, un massage…)

Dès que tu te sens mal, stressé, essaie de relire cette liste, de penser aux choses positives de Noël voire même de pratiquer une activité que tu peux faire dans l’immédiat sur ta liste. 

10. Ne pas compenser en amont pour se « garder de la place »

Évidemment, je te donne ce conseil. Pourtant dans mon histoire je t’ai expliqué à quel point je ne l’ai pas fait en 2017. Mais justement, c’est parce que j’ai anticipé par la restriction que mon Noël et le début d’année 2018 fut catastrophique. 

La restriction ne sera JAMAIS la solution. Ça ne t’aidera en rien. Au contraire. 

Tu n’as absolument pas besoin de te « garder de la place ». Tu n’as pas non plus besoin de manger moins ou très léger avant sous-prétexte que tu mangeras plus le soir. Tout ça c’est des mensonges de ton trouble alimentaire. La nourriture de Noël reste de la nourriture. 

Donc si possible, garde le rythme normal de tes repas, la fréquence, la quantité que tu dois donner à ton corps pour ta guérison. 

Et non, tu ne dois pas sauter le petit-déj le jour de Noël, ça aussi c’est un mensonge de ton trouble alimentaire. 

# Pendant les repas de fête :

Bon, ça y est, on y est… C’est le fameux moment du repas de Noël ou de la nouvelle année. 

11. Prévoir une ambiance décontractée

C’est déjà assez stressant comme ça, donc le mieux est de prévoir une ambiance décontractée. Pour ça, tu peux prévoir de ramener ton enceinte Bluetooth ou ton ordi pour mettre un fond sonore agréable. La musique apaise vraiment.

Si tu peux choisir, mets-toi aussi à côté de personnes qui parlent de sujets distrayants, qui pourront te changer les idées. 

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12. [ACCOMPAGNANT] S’assurer d’une ambiance légère

Bon, encore une fois vous ne pouvez pas contrôler les sujets de conversation lancés par les autres. Mais essayez d’éviter de parler de sujets lourds durant les repas. Sans forcément que s’est un rapport avec l’alimentation, mais parler par exemple d’un meurtre, un cambriolage ou même de la guerre en Russie… Bah, on évite à Noël. Parce que ça reste des sujets de tension, stressant. Et le repas est déjà assez stressant comme ça. Je vous assure. 

Et du coup, si possible, prévoyez de changer de sujets de conversation rapidement si ça arrive sur la table.

13. Tu as le droit de manger ce qui te fait plaisir

Les fêtes de fin d’année, c’est souvent une période où l’on se laisse tenter par des aliments qui nous font plaisir. En réalité, on devrait se faire plaisir toute l’année. Mais il est vrai qu’à Noël, c’est normal de manger plus. Tu ne fais rien de mal à te faire plaisir. Manger par gourmandise c’est indispensable pour ta santé mentale. Tu n’es pas faible, tu ne manques pas de volonté, tu n’es pas moins bien parce que tu manges ce qui te fait plaisir. N’écoute pas les mensonges de ton trouble alimentaire.

Les autres se font plaisir, ils y ont le droit. Pourquoi pour toi, ce serait différent ?

14. Prévoir des distractions

Si tu en as la possibilité, ne restes pas à table entre les repas. Parce que ce sera peut-être un moment où les ruminations et la culpabilité vont être très prononcés. Donc je te conseille de prévoir des activités entre les repas : seul ou avec d’autres invités. Cela peut être un jeu de société, lire un livre, regarder une série / un film, passer du temps avec un animal de compagnie. Les distractions aident vraiment à surmonter la culpabilité et les idées négatives. 

15. [ACCOMPAGNANT] Prévoir des distractions

Non, je n’ai pas fait de faute de copier/coller haha. Il s’agit bien du même conseil pour vous que pour votre proche. 

Même si vous n’êtes pas l’hôte, vous pouvez prévoir des jeux. Je suis souvent celle qui organise des jeux durant les repas parce que j’aime bien ça. Je peux donner quelques exemples de ce que j’ai déjà prévu : blind test, énigmes (en équipe), escape game, etc. 

Cela permettra de distraire le repas de famille et de ne pas le centrer uniquement sur l’action de manger justement. 

Et accordez la possibilité à votre proche de s’éloigner, de rester dans sa chambre devant une série si cela l’aide par exemple.

16. [ACCOMPAGNANT] Éviter de laisser les plats à table

Alors ce conseil dépend vraiment de chacun donc je vous invite à en discuter ensemble. Mais pour certain, avoir les plats à proximité peut être compliqué. Donc peut-être que le service à l’assiette est préférable. D’ailleurs parfois le buffet est trop difficile pour certaines personnes. Donc si c’est le cas et que vous êtes l’hôte de la soirée, essayez de prévoir un repas plutôt à l’assiette qu’en buffet. 

Et si c’est un facteur de stress, évitez de laisser les plats à proximité de votre proche ou même à table. Remettez-les en cuisine par exemple. 

17. [ACCOMPAGNANT] Éviter les encouragements

Même si vous êtes content que votre proche ait mangé son assiette en entier, ou qu’il ait mangé plus que ce que vous pensiez : ne le soulignez pas. 

Je sais que vous pensez bien faire et que vous voulez montrer votre soutien, l’encourager. Mais pour votre proche, il va entendre ça comme si vous vouliez l’engraisser. C’est malheureusement son trouble alimentaire qui lui créé cette assimilation. Mais de ce fait, il va culpabiliser, regretter voire compenser. Donc ne le soulignez vraiment pas.

Faites attention également aux regards insistants. Les personnes qui souffrent de troubles alimentaires ont toujours peur d’être observées. Donc ne les regardez pas en train de manger.

Je sais que c’est pas simple parce que vous avez sans doute l’impression de devoir surveiller vos faits & gestes. Mais c’est pour l’aider que je vous dis ça. 

Vous pouvez en parler en amont à votre proche et lui demander « est-ce que si je te demande après le repas si ça s’est bien passé c’est quelque chose de trop difficile pour toi? » « est-ce que tu préfères ne pas en parler? ». Je précise de demander car je sais que parfois quand ma mère me demandait, je m’énervais. Et quand elle faisait genre de rien, je me disais « bah elle ne prend pas conscience de la difficulté, elle en a rien à foutre. » Je sais, sincèrement, à quel point c’est compliqué. Les troubles alimentaires c’est une ambivalence constante dans la tête de votre proche. Et j’ai conscience que pour les proches c’est pas simple. Mais c’est pour ça que communiquer peut grandement faciliter les choses.

# Après les repas de fête :

C’est parfois le moment le plus difficile de toutes ces fêtes de fin d’année et c’est aussi le moment où il ne faut pas « laisser gagner ton trouble alimentaire ». 

Et ça peut déjà commencer à peine 1 heure après les repas. Parce que là ton trouble alimentaire va être plus que réveillé et va tenter de prendre davantage de terrain. Donc il va te balancer des tas de mensonges pour augmenter ta culpabilité et te pousser à répondre à ses obligations de compensations.

18. Ne compense pas

Donc évidemment, je te donne le conseil de ne pas compenser. Je sais que c’est bien plus facile à dire, à écrire qu’à faire. Je le sais sincèrement, je te jure, j’ai été à ta place. Mais je me dois de te dire ça pour t’aider. 

Compenser ne fera que renforcer ton trouble alimentaire. Demande-toi « Est-ce qu’en faisant cette action je vais renforcer ma guérison ou mon trouble alimentaire ? »

Tu n’as pas besoin de manger moins, de faire du sport, de te faire vomir, de prendre des laxatifs … pour mériter de magner à nouveau. Ni même pour te punir. 

Tu n’as absolument rien fait de mal. Sincèrement. N’écoute pas ton trouble alimentaire. N’écoute pas non plus les conneries de la culture du régime qui te conseille d’éliminer « tes excès ». 

19. Encore une fois, les distractions

Vraiment, j’insiste : les distractions aident sincèrement à ne pas succomber à la compensation. Prends soin de toi, parle avec un ami, colorie un mandala, refais la déco de ta chambre, tri les photos de ton téléphone, lis, regarde un film… Bref, essai de t’occuper pour ne pas penser aux idées négatives et culpabilisantes que t’envoie ton trouble alimentaire. 

20. [ACCOMPAGNANT] Encore une fois, les distractions

Même conseil que pour votre proche, parce que vous pouvez vraiment avoir votre rôle à cette étape. Essayez d’organiser quelque chose avec votre proche : peut-être une virée shopping (sans que ça se transforme en séance d’hyperactivité…) , juste parler ensemble, regarder un film ensemble, rendre visite à quelqu’un ensemble… Changer les idées de votre proche. 

Vous pouvez aussi rassurer votre proche en lui expliquant que vous avez conscience que c’est difficile, mais qu’il n’a rien fait de mal. Dites-lui qu’il n’a pas besoin de compenser, de se restreindre, que ça c’est les mensonges de son trouble alimentaire. 

Inutile de surveiller votre proche pour s’assurer qu’il ne compense pas, qu’il ne se pèse pas. Lui interdire ne servira à rien. Par contre, lui rappeler que ça ne fera que renforcer le TCA, qu’il n’a pas besoin de faire ça… Tout ça sur un ton bienveillant et pas culpabilisant (parce que la personne malade sait qu’elle ne doit pas le faire, mais c’est parfois trop difficile d’y faire face).

21. La balance : on l’oubli

Déjà, dans la vie en général, si tu peux l’oublier c’est génial. Parce qu’elle ne t’apporte rien. Mais encore plus le lendemain de Noël. Tu culpabilises déjà assez comme ça. Inutile de te rajouter un poids en plus sur les épaules. 

La balance c’est juste une petite machine. Elle n’a aucun pouvoir de déterminer ta valeur, ta bonne humeur, ce que tu vas manger ou non. 

Vraiment je t’assure, jette cette balance. Et ne monte surtout pas dessus. Tu sais très bien que ça va te rendre mal. Je sais que ce n’est pas simple mais si tu ne veux pas donner te force à ton TCA, essai de ne pas lui obéir.

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Voilà, j’en ai terminé avec cet article. Une fois de plus, je t’invite à le relire ou à noter sur un carnet à part les choses qui t’ont aidé. Et ainsi, tu pourras les relire dès que tu stress vis-à-vis des fêtes de fin d’année. 

Je te souhaite de très belles fêtes de fin d’année. Je t’envoie toute ma force et je te promets que je penserai sincèrement à vous tous le soir de Noël car je sais, je me souviens de la difficulté que c’est. Je serai vraiment de tout cœur avec vous ♥︎. 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 0 commentaire
Faut-il faire une pause dans sa vie pour guérir de son trouble alimentaire ?

Faut-il faire une pause dans sa vie pour guérir de son trouble alimentaire ?

Faut-il faire une pause dans sa vie pour guérir de son trouble alimentaire ?

C’est une question qui m’a été posée et j’ai trouvé super intéressant de répondre via un article de blog dédié parce que j’ai un vrai vécu pour répondre à cette question.

Mon histoire : est-ce que moi j'ai fait une pause dans ma vie pour guérir ?

Je te resitue le contexte de mon anorexie. Lorsque je suis tombée malade, j’étais en 3ᵉ année de licence de commerce. Mais j’étais à l’apogée de ma maladie, on va dire, lorsque je suis entrée en Master. J’étais dans une grande école de commerce, assez reconnue quand même qui était l’IESEG Business School. 

Et le cursus que j’avais choisi était celui de l’alternance, donc pas le plus simple pour ceux qui connaissent. Le rythme, c’était 3 semaines entreprise, 1 semaine école.

Bref, au cours de l’année 2017, durant la première année du Mater, mon état empirait. J’étais suivi par une très bonne équipe, spécialisée dans les TCA au CHU de Lille. Et les médecins avaient plus que conseillé une hospitalisation. Mais pour moi, c’était IMPOSSIBLE. Parce que j’avais du mal à croire que j’avais besoin d’une hospitalisation, vu que la maladie minimise constamment la gravité. Mais au-delà de ça, parfois j’avais conscience que c’était grave. Mais c’était impensable d’arrêter les cours et l’alternance. Rien que l’hôpital de jour, je culpabilisais de manquer 1 journée. 

Alors j’ai poussé un peu plus loin mes limites. Sauf qu’en fait, les limites, je les avais déjà atteintes. Mais je n’en avais pas conscience. Et donc j’ai tiré sur la corde jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Il s’est passé ce que je te parle dans mon article sur le SRI, j’ai fini en réanimation, du jour au lendemain. Vraiment, du jour au lendemain, le corps te prévient pas. La veille je travaillais en entreprise. Donc, je n’ai pas eu le temps de dire à mon école “Est-ce que je peux avoir un aménagement ?” Non, j’étais déjà à l’hôpital, rattaché à des tuyaux, à ne pas savoir comment aller se passer la suite de mon année. On était en fin d’année à ce moment-là, donc je n’ai pas eu de “problème” dans le sens où mon année était validée. J’ai par contre raté 3 mois d’entreprise.

À peine sortie de l’hôpital, je suis retournée dans le rythme effréné de ma vie étudiante / moitié-salarié en alternance pour faire la deuxième et dernière année de mes études. Et j’ai rechuté. Et je ne dis pas que c’est ce qui m’a fait rechuter, mais c’est CERTAIN que si je n’avais pas repris exactement le rythme dans lequel je suis tombée malade, j’aurai certainement eu plus de chance de ne pas replonger. 

Bref, quelques mois passent, et, suite à une tentative de suicide, même chose, je pars aux urgences et je dois arrêter du jour au lendemain école + entreprise. 

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Et à ce moment-là, j’ai fait un “arrêt sur image”. 

Et je me suis demandé, sur mon lit d’hôpital, après avoir échappé de près à la fin de ma vie pour la deuxième fois : “Bon, est-ce que je n’arrêterai pas, ne serait-ce que momentanément, ma vie pro pour me concentrer sur ma guérison ?”. Je suis presque sûre que pour beaucoup de personnes extérieures, non malades notamment, la réponse est presque évidente. Mais pour moi, c’était bien plus compliqué. Ce n’était pas juste “faire une pause”. Pour moi, c’était un échec. C’était échouer dans ma quête du perfectionnisme. 

Et c’était peut-être l’une des décisions les plus difficiles de ma vie à ce moment-là, mais j’ai fait le choix, à raison, de ma santé avant ma vie professionnelle. Je ne m’étais pas donné de durée limite de temps, mais au moins 1 an. Et pour te dire, finalement, je ne me suis arrêtée que 6 mois (parce que j’allais plus vite que je ne l’aurais cru sur le chemin de la guérison). Mais j’ai tout de même repris en temps partiel, à l’école comme en entreprise. En entreprise j’ai repris à 50% puis 80%. À l’école, j’ai fait ma troisième année avec plus de temps pour réaliser mon mémoire par exemple. 

Et bref, c’était important pour moi de commencer à te parler de mon histoire pour maintenant te donner tous les conseils et réflexions qui m’ont aidé à prendre cette décision.

Pourquoi la décision de faire une pause t'est difficile ...

Je ne vais pas faire de généralité, mais beaucoup de personne souffrant de troubles alimentaires sont perfectionnistes, comme je l’étais. Et peut-être que toi qui me lis, tu es comme ça. 

Mon exemple, je le trouve assez pertinent dans le sens où j’étais à la fois à l’école ET en entreprise. Donc j’étais confrontée à deux figures que tu peux connaître si tu es étudiant ou salarié. 

Peut-être que ta réflexion, elle est difficile à prendre parce que tu te dis : 

“Je ne peux pas arrêter mon parcours scolaire en cours de route”

Franchement, je me disais exactement ça. Je me disais “Non mais Mathilde, t’as fait un sans faute là, tu n’as pas redoublé une seule classe. Tu ne peux pas t’arrêter comme ça.

Mais alors qu’en fait, 6 mois, 1 an, même 2… Mais c’est tellement rien dans une vie ! Je te jure. Et ça aide de ramener ton problème à l’échelle du temps. Parce que là, au moment où tu y penses, ça te parait insurmontable. Mais sur 80 ans (en moyenne) de vie, mais qu’est-ce que c’est ?

Et puis, peut-être que tu te mets de la pression pour la réussite de ta scolarité. Mais franchement, j’étais une élève assez modèle dans le sens où depuis le lycée, j’étais la première de ma classe. Et j’ai presque sacrifié ma vie étudiante pour ça. Et quand je suis arrivée sur le marché du travail, je me suis pris une sacrée claque. Parce qu’en fait, la cour d’école, ce n’est pas la cour de la vie. Et heureusement en fait. Parce que ça ne veut pas dire que quand t’es un mauvais élève, tu ne réussis pas dans la vie. C’est juste que l’école, ce n’est pas fait pour tout le monde. Et c’est écrit nulle part sur ton CV que t’es première. Et les entreprises ne recherchent pas des premiers de classe, ils recherchent des profils. Ils t’engageront parce que tu es toi. 

Et d’ailleurs, mon master je l’ai fait en 3 ans, ça se voit sur mon CV et je n’ai JAMAIS eu une seule question par rapport à ça. Vraiment. Alors que je m’étais préparée avec une réponse toute faite pour justifier ça. Mais en fait, il y a tellement de personne qui change de voie en cours de route, qui font une césure d’un an, qui redouble. Et ce n’est pas grave, ça ne fait aucune faute pour ces personnes. Elles sont pas moins bien, moins compétentes. Juste, chacun a son propre parcours. 

Voilà, je te dis tout ça parce que c’est une prise de conscience que j’ai eue avec le temps. 

Mais c’est pour te faire prendre conscience que même si tu passes le BAC ou un examen cette année, ça peut attendre. Et d’ailleurs, au plus tu laisses passer le temps, au plus la maladie peut prendre davantage de terrain. Et au moins tes capacités intellectuelles seront à leur maximum. Parce qu’une maladie mentale ça te prend beaucoup d’énergie. Si tu te sous-alimentes, ton corps n’a même pas de réponse à ses besoins et donc, les capacités de ton cerveau sont forcément impactées (mémorisation, concentration, etc.). Tu n’es pas surhumain. Je ne te dis pas ça pour te faire peur, mais pour te dire que tu peux faire une pause pour prendre soin de ta santé, recharger tes batteries et profiter davantage de tes pleines capacités par la suite. 

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Les examens, l’école, ça peut attendre. Ta santé, elle n’attend pas. Des chances pour poursuivre tes études, tu en as plein, pour de vrai. Ta santé, tu n’en as qu’une.

Et tout ce que je viens de dire pour l’école, c’est la même chose en entreprise. Ta carrière, tu pourras la reprendre plus tard. Tu n’es pas aussi performante que tu ne pourrais l’être.

Personnellement, en entreprise, parfois, j’avais des moments d’absence. En réunion, j’étais là sans être là. À la fin de journée, j’étais tellement affamée que je ne savais plus me concentrer. Et évidemment qu’ils le voyaient les autres salariés. Il vaut mieux faire une pause, prendre soin de toi, de ta santé pour revenir pleine d’énergie et montrer ce que tu vaux réellement, sans le brouillard de la maladie. Et là, tu pourras même évoluer dans ta carrière. 

À quoi bon faire de grandes études si tu ne peux pas exercer ton métier comme tu le pourrais ?

Peut-être que tu as peur de ce que les autres peuvent penser :

Tes amis, tes profs, ton entreprise, même tes proches. Tu as peut-être peur de leur jugement, peur de les décevoir, peur qu’ils te croient trop faible.

Moi, c’étaient les peurs que j’éprouvais à l’égard des autres. Mais comme je dis souvent, les peurs qu’on a vis-à-vis des autres, ce sont souvent nos propres peurs qu’on projette sur les autres. La réalité, c’est que j’avais peur de me décevoir moi-même, peur de me croire trop faible. Encore une fois parce que je plaçais la barre trop haut, que j’étais trop exigeante avec moi-même, trop perfectionniste. Je ne me laissais pas le droit à l’erreur. Sauf qu’en fait, il n’y a aucune erreur. Comme j’ai dit avant, ce n’est pas une erreur de faire une pause dans sa vie. Au contraire, c’est intelligent et bienveillant envers soi que de prioriser sa santé par rapport à sa vie professionnelle. Mais ce n’est pas un choix facile, je le sais.

Et du coup, lorsque j’ai pris la décision de faire une pause, j’ai dû en avertir à la fois mon entreprise et l’école. Et en plus je me mettais une grosse pression parce que dans mon école, c’était du high level donc j’avais vraiment peur de passer pour quelqu’un de faible. Et j’ai eu en face de moi des personnes extrêmement bienveillantes. Et qui ont tout arrangé pour que je reprenne les cours d’une façon compatible avec mes traitements & ma prise en charge médicale. J’avais le droit, ou non (au choix) d’avoir des aménagements en termes de date des rendus des projets, etc. Mais ça, c’est quand j’ai repris. Mais pour le fait de faire une pause, j’ai eu aucun problème et au contraire. Parce que les gens autour de toi veulent ta bonne santé. Et surtout, ils sont comme toi : ils sont humains. Et en entreprise, pareil, j’ai eu beaucoup de bienveillance.

Alors après, c’est sûr, je suis tombée sur des personnes bienveillantes. Et j’espère sincèrement que tu auras ça autour de toi. Et souvent, on pense que les autres vont mal réagir mais c’est tout le contraire. Après, les “cons”, c’est un concept international qui n’est pas en voie de disparition, donc il y en a partout. Et malheureusement, c’est possible que tu n’aies pas un retour aussi bienveillant. 

En école, ça m’étonnerait, mais c’est possible. En entreprise, ça m’étonne presque moins parce qu’ils sont dans un objectif de rentabilité et parfois, ils voient les décisions en termes d’argent et du remplacement qu’ils devraient faire, etc. Mais là, j’ai envie de dire, presque, ça te donne un aperçu réel de qui tu as en face. Est-ce que tu as vraiment envie de travailler dans une entreprise qui a ces valeurs-là ? Dans tous les cas, ils n’ont pas le droit de te refuser un arrêt de travail. Et il ne faut pas se stresser par rapport à l’argent que ça peut leur coûter parce que : de 1, la plupart des frais sont pris en charge par les organismes faits pour. Et de 2, c’est une entreprise. Ils ont les fonds pour ce genre de situation. Ils ne sont pas à l’abri que demain, n’importe quel salarié de leur entreprise ait un accident subitement. On ne peut pas le prévoir ça. 

Après, je sais que ce n’est clairement pas toujours simple à prendre comme décision. Surtout que parfois, il y a aussi le côté financier qui entre en compte, parce que le salaire n’est pas maintenu à 100%. Après, parles-en au service RH de ton entreprise. Parce que certaines entreprises permettent le maintien de tout ou partie du salaire. Et d’ailleurs, sache que les ressources humaines veulent que leurs salariés soient bien pris en charge. Parce qu’ils n’ont aucun intérêt à ce que ça se sache que les salariés de leur entreprise soit “mal traités”. Donc généralement, ils font tout pour t’arranger. Après, encore une fois, c’est dans les meilleurs cas et les entreprises de me***, il y en a partout. Mais moi, je m’étais fait des montagnes, et en discutant, je me suis rendue compte que les gens en face étaient très bienveillants. 

Pour ma part, j’avais mes parents derrière financièrement et clairement, ce fut une véritable aide. Je ne vais pas le nier et j’en suis très reconnaissante. J’ai conscience que tout le monde n’a pas cette opportunité-là. 

Peut-être que tu ne connais pas l’ALD. L’ALD c’est le diminutif d’Affection Longue Durée et ça permet une prise en charge à 100% des soins de santé. Les troubles alimentaires sont des maladies qui bénéficient de l’ALD. 

Si tu veux davantage d’information, je te mets ici un document de l’HAS (Haute Autorité de Santé).

Et moi, j’étais en ALD. La demande d’ALD doit être faite par le médecin traitant. Pourquoi je te parle de ça, parce que c’est une vraie aide financière. 

Moi, j’étais en ALD pendant 4 ans. Et je ne payais pas le médecin traitant, pas les médicaments. Je n’ai payé aucun frais à l’hôpital, les 6 mois d’hospitalisation, tous les rdv avec la psychiatre, etc. 

Malheureusement, les psychologues et autres médecines douces ne sont pas pris en charge par l’ALD.

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Donc la réponse à la question “Faut-il faire une pause dans sa vie pour guérir ?”, c'est...

Bah si tu en as la possibilité, selon moi, c’est carrément mieux. Moi, vu que j’ai arrêté tout l’environnement qui me causait du stress, j’ai pu pleinement me consacrer à ma guérison. Parce que la guérison, c’est pas seulement manger et voir des médecins. C’est aussi prendre le temps pour se reposer, mais pas que dormir. Genre, se reposer c’est aussi prendre du temps pour soi, prendre le temps de prendre du temps finalement. C’est prendre soin de soi aussi, c’est se reconstruire, se redécouvrir en dehors de la maladie. C’est mettre en place des actions, de nouvelles activités pour tout ça. C’est ralentir le rythme de sa vie pour solidifier les fondations de sa guérison en fait, et éviter les rechutes. Une rechute n’est pas dramatique, dans le sens où j’en ai quand même connue et c’est par les rechutes que j’ai pu me sortir toujours plus loin de mes troubles alimentaires. Les rechutes font avancer. Mais, je pense que si j’avais maintenu le même environnement que j’avais lorsque j’étais malade, je n’en serais peut-être pas sortie aussi vite, aussi bien. 

Les troubles alimentaires, c’est des maladies super graves. Ton TCA te le fait certainement minimiser donc tu n’en as peut-être pas bien conscience. Mais te battre contre un TCA, c’est beaucoup d’énergie.  Donc c’est normal d’avoir un aménagement de sa vie pour t’aider à ça en fait. 

Et d’ailleurs, peut-être que tu vas te dire que cet article de blog concerne que les personnes qui sont en insuffisance pondérale, à deux doigts de l’hospitalisation. Non, pas que. Parce que c’est une maladie mentale, pas une maladie de poids. Et la guérison est épuisante mentalement. Donc peu importe ton poids, sens-toi légitime d’avoir un ralentissement de ton rythme de vie pour ta guérison.

Pareil, peut-être que tu te dis, “Oui, mais elle, c’était des grandes études ou un métier plus prenant que le mien”. Pareil, ça, ce sont des excuses de ton trouble alimentaire qui minimise comme d’habitude ta situation. Mais c’est pas que le fait de travailler qui est épuisant. C’est l’organisation que ça te demande autour : les stress du quotidien au travail (tout le monde en a), le fait de devoir te lever tôt, le temps de trajet, etc. Tout ça, c’est des choses stressantes. 

Et peut-être que d’autres s’en sortent sans faire de pause. Mais ne te compare pas. Chacun fait comme il peut, et ça n’enlève pas la gravité de leur maladie, la pertinence de leur combat. Chacun a son propre chemin de guérison. 

Après, je ne veux pas “culpabiliser” ni mettre de pression. Ce n’est pas parce que tu n’as pas l’opportunité de faire une pause ou un aménagement dans ta vie que tu ne vas pas guérir. Non, comme je viens de dire, il y en a des personnes qui s’en sortent sans. Encore une fois, je ne dis jamais qu’il faut faire les choses comme ça, de telle manière. Il n’y a pas de bonne façon de guérir. Ni de mauvaise d’ailleurs.

Je t’apporte juste mes conseils, suite à mon expérience. Et je sais que cette décision n’est pas facile à prendre. Et parfois, on pense qu’on n’a pas la possibilité, mais on n’en a même pas parlé autour de soi. Donc je te conseille déjà de parler de ça autour de toi : à tes profs, tes responsables pédagogiques, tes collègues, ton manageur si tu es à l’aise, le service RH. Alors, les parents c’est pas forcément les mieux placer. Je dis ça parce que ma mère était un peu dans le déni, enfin peut-être pas déni, mais c’est vrai qu’au début je pense qu’elle n’avait pas forcément conscience que j’avais besoin de pause. Et elle m’a fait beaucoup douter, alors que j’étais à l’hôpital. Elle m’avait par exemple dit “Mais il te reste 6 mois après, t’es tranquille, tu peux peut-être tenir bon ?” Sauf que ces 6 mois m’auraient peut-être été fatal. Vraiment sincèrement, je le pense. Parce que quand j’ai fait ma tentative de suicide, jamais je m’en pensais capable. Jusqu’au jour où… ça n’arrive pas qu’aux autres ! Tout comme la fois où j’ai fini en réanimation, j’étais persuadée que moi ce n’était pas si grave. 

Et d’ailleurs, je rebondis sur le fait qu’on pense jamais que c’est le bon moment. On se dit toujours “oui, je ferai une pause plus tard.”, “j’attends tel événement pour pouvoir me consacrer à ma guérison”. Mais la vie, elle n’attend pas. Vraiment. Elle tient qu’à un fil pour de vrai. Je suis sûr que tout le monde, toi y compris, a des anecdotes autour de soi d’une personne qui est partie sans prévenir. Demain, ça sera peut-être trop tard. Ta vie, c’est maintenant, tu n’en as qu’une. Et ta vie, ta santé, c’est le plus important.

L’école, c’est qu’un passage de ta vie. Tu peux le mettre en pause. Ta carrière professionnelle ne sera que plus belle, plus épanouie si tu es en pleine forme. C’est là où tu pourras réellement profiter d’opportunité qui auront un réel tremplin. Ce que j’ai vécu ensuite en entreprise, les missions que j’ai eues, jamais, j’aurai pu les réaliser, ou du moins pas comme je l’ai fait, si je n’avais pas fait de pause.

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Enfin, je voulais dire aussi que parfois, le travail permet de se retrouver, de se connecter aux autres, de se sentir utile et donc c’est bénéfique pour la guérison. Alors dans ce cas tant mieux, et c’est pour ça que je ne suis pas radicale dans ma réponse et que je ne parle pas forcément de totalement arrêter, mais parfois juste de faire un mi-temps thérapeutique pour ralentir ton rythme. Mais dans tous les cas, même si tu es à mi-temps, l’idée c’est pas de faire une pause pour te concentrer, d’autant plus à faire de l’activité physique, pour alimenter ton TCA. Alors évidemment je dis ça, je sais que ce n’est pas simple de lutter contre. Mais ce que je veux dire c’est que si tu prends un aménagement, c’est pour ta guérison. Donc c’est presque t’obliger par exemple d’avoir des rdv médicaux ou des activités qui te font du bien les jours où tu ne travailles pas. Par exemple moi du coup j’avais des rdv de sophrologie, je passais du temps avec des amis, je faisais de l’art thérapie (donc simplement des activités artistiques), j’en profitais pour faire une journée en hôpital de jour au service TCA, etc. Si tu n’aménages rien, le risque, c’est que tu ailles à la salle de sport, marcher dehors, ou travailler davantage sur tes cours si tu es étudiante. Voilà, j’ai presque oublié de le dire mais c’est super important ça !

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

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  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Donc voilà, ma réponse c’est que je la conseille vivement cette pause. Je ne dis pas que c’est indispensable. Mais dans mon cas, ça m’a clairement aidé ++ à m’en sortir. Et je pensais devoir m’arrêter longtemps, et finalement, j’ai été plus vite que je ne l’aurai pensé. Et j’ai fait 6 mois de pause au total. Ce n’est tellement rien. Sur le marché du travail, tu te retrouves avec des personnes de tout âge, et de tout parcours. Rares sont les personnes finalement qui savaient quoi faire à 18 ans et qui sont restées sur cette voie toute leur vie. Je parle dans notre génération actuelle, la génération de tes parents c’est pas la même qu’aujourd’hui, les temps ont évolué. Et heureusement ! C’est rare maintenant de faire la même métier, dans la même entreprise toute sa vie.

Moi, je suis en train de changer de voie professionnelle en ce moment, parce que je me rends compte que ce que je faisais ne me faisait pas vibrer, et j’ai trouvé d’autres raisons d’être au fil du temps. Et c’est normal, et heureusement que dans notre vie on peut changer de direction. 

Donc je recommande une pause, un ralentissement du rythme effréné dans lequel tu vis. Parce que je connais trop bien ça. J’étais à 1000 à l’heure, je ne m’autorisais pas de pause, je bossais comme une dingue pour atteindre un perfectionnisme inatteignable. Et on dit parfois que c’est difficile de guérir dans l’environnement qui te maintient malade. Et “pause” peut faire peur mais rien que faire un aménagement, un ralentissement de ses horaires, de son planning, ça peut déjà faire une grosse différence. Rien que ‘d’avoir 1 journée, voire 2 demi-journées dans sa semaine, ou terminer plus tôt. Parles-en réellement autour de toi. Même par email si ça te fait peur en face. 

N’hésite pas à partager ton histoire en commentaire pour témoigner si tu as un aménagement de ta vie pro et qui t’aide à guérir. 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 0 commentaire
Comment savoir si on a des tca ?

Comment savoir si on a des tca ?

Comment savoir si on a des tca ?

Beaucoup des personnes qui me suivent sur Instagram ou qui viennent sur mon site internet savent déjà qu’elles ont un trouble alimentaire

Cependant, il m’est déjà arrivé que des personnes viennent me parler en privé pour me demander comment savoir si on a des tca car elles n’étaient pas certaines. Alors évidemment, je ne suis pas médecin ni psychologue, donc je ne peux leur certifier que oui ou non, elles souffrent de TCA. Mais, par mon vécu et tout ce que je sais sur les troubles alimentaires, je me suis dit que je pourrais faire un article à ce sujet pour t’aider à donner matière à répondre à ton questionnement si tu n’es pas certain.

Attention, cet article n’a pas pour but de te permettre un auto-diagnostic. Il ne te donnera pas une réponse exacte à ta question. Ce n’est pas possible, je ne te connais pas personnellement. Il y a trop de facteurs à prendre en compte. 

La meilleure chose à faire reste de voir un médecin, et qui plus est, quelqu’un qui soit spécialiste dans les TCA. N’étant pas médecin, je vais surtout vulgariser les propos médicaux dans cet article. 

Déjà, on entend quoi par trouble alimentaire ?

Ce sont des maladies très vastes finalement. Il n’existe pas QUE l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie. Les troubles alimentaires, ça englobe les maladies suivantes :

L’anorexie

L’anorexie mentale fait partie des TCA les plus connues. Elle se caractérise grossièrement par la peur de grossir, la volonté d’avoir un poids toujours plus faible et par conséquence, de tout faire pour effectuer un contrôle sur son poids.

Dans l’anorexie, on peut faire 3 distinctions : 

  • L’anorexie restrictive pure : la personne s’impose des quantités de nourriture bien en deçà de ses besoins. La restriction s’accompagne parfois d’hyperactivité.
  • L’anorexie-boulimie : la personne s’impose également une certaine restriction mais passe par des épisodes de compulsions alimentaires où s’ensuivent des conduites de purge (prise de laxatifs, vomissement, hyperactivité, etc.)
  • L’anorexie atypique : parfois plus difficile à distinguer car il n’y a pas forcément de répercutions sur le poids ; le patient souffre également d’une vision déformée de son corps et une volonté de contrôler son poids à la baisse avec des comportements de restriction. 

L’orthorexie

La personne a une obsession sur la qualité de sa nourriture. Elle mangera de façon excessivement saine. Elle développe une inquiétude quant à la teneur en matière grasse de ses aliments, quant aux données exactes de ses macros nutriments. Il est parfois impossible pour elle de manger un aliment qui est transformé, etc. 

L’alcoolorexie

Il s’agit d’un terme qui correspond à la contraction des mots “Anorexie” et “Alcool”. Grossièrement, il s’agit de manger moins, voire sauter un repas pour s’autoriser de boire de l’alcool. C’est préférer la boisson alcoolisée à manger, entraînant des conséquences néfastes sur la santé, notamment sur le foie, le cœur… 

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération

La boulimie

La personne boulimique connaît des épisodes de compulsions alimentaires où elle mange une quantité importante de nourriture dans un délai de temps réduit (moins de 2 heures). Elle le fait souvent seule, par honte du regard des autres. Elle recourt ensuite à des comportements de purge.

L’hyperphagie

La personne connaît également des épisodes de compulsions alimentaires où elle mange une grande quantité en peu de temps. Elle ressent également la honte et la culpabilité. Cependant, elle recourt plus rarement à des comportements compensatoires, comme c’est le cas avec la boulimie.

PICA

Le PICA correspond au fait de manger de façon persistante des substances non nutritives, qui ne sont pas des aliments : terre, charbon, craie, argile…

Trouble de l’alimentation sélective et évitante (TAR ou AFRID)

Le TAR, plus connu sous le nom d’AFRID signifie en anglais Avoidant Restrictive Food Intake Disorder

Le patient évite certains aliments voire catégorie nutritionnelle. Ainsi, son alimentation se restreint à un faible choix d’une nourriture qui lui est familière. Les raisons de cette restriction ne sont pas les mêmes que l’anorexie mentale ou la boulimie. Les causes sont diverses : sensibilité à la texture, l’odeur, le goût, l’apparence, etc. Cela peut être dû à un traumatisme vécu lors de l’introduction de nouveaux aliments durant l’enfance par exemple.

Merycisme

Le patient qui en souffre développe une dépendance à la régurgitation et/ou rumination d’aliments qui ont déjà été avalés. Il s’agit d’un trouble alimentaire compulsif, qui peut être quotidien avec une envie irrépressible de répéter ces 2 symptômes. 

OSFED (Other Specified Feeding and Eating Disorder)

Il s’agit des autres troubles de l’alimentation ou de l’alimentation spécifiée.

Il s’agit des troubles alimentaires qui n’entrent pas dans les critères de diagnostic de tout autre tca connu. Cependant, de nombreuses similitudes existent : une image corporelle déformée, une peur de prendre du poids, des habitudes alimentaires perturbées, etc.

Deux exemples d’OSFED : 

Le syndrome de l’alimentation nocturne : lorsqu’une consommation de nourriture importante survient le soir, et ce, de façon récurrente. 

Le trouble purgatif : Lorsqu’une personne connait de façon récurrente des épisodes de purge sans consommation excessive d’aliments.

Les “définitions” que je viens de te donner sont clairement à prendre avec des pincettes. Parce que je ne peux pas définir une maladie mentale en 2 ou 3 lignes. La réalité, c’est que c’est bien plus complexes que ça et une définition devrait être donnée au cas par cas.

Il faut savoir également qu’on peut avoir plusieurs troubles du comportement alimentaire dans sa vie. Par exemple, l’anorexie peut-être en même temps que l’alcoolorexie, et basculer par la suite vers l’orthorexie ou la boulimie. Une personne boulimique peut tomber dans l’anorexie, etc.

J’ai vraiment essayé de vulgariser et comme je disais en préambule, je ne suis pas médecin ni psychologue, donc je ne connais pas les particularités de chacune de ces maladies.

Les troubles de la conduite alimentaire que je connais le mieux, c’est l’anorexie, évidemment puisque j’en ai souffert. Ensuite, je connais bien la boulimie, l’orthorexie, l’alcoolorexie, l’hyperphagie. Et depuis quelques années, je connais aussi l’AFRID puisque mon neveu en souffre. 

Alors, j’ai listé ceux que je connaissais. Il est clairement possible qu’il en existe d’autres et d’ailleurs, n’hésite pas à compléter cet article en commentaire avec d’autres TCA que tu connais. Je dis souvent qu’il existe “autant de trouble alimentaire que de personne qui en souffrent”. Dans le sens où si tu ne te retrouves pas dans ces maladies mais que tu sens une relation troublée avec la nourriture et ton corps, fais-toi confiance. Toi seul ressens qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ce n’est pas parce que ton mal-être n’est pas exprimé à travers le nom d’une maladie qu’il est “invalide”. 

D’ailleurs, tout le monde vit sa maladie à sa façon. Toutes les personnes souffrant d’anorexie n’ont pas exactement les mêmes symptômes par exemple, même si l’on retrouve des similarités. 

Comment savoir si on a des tca : les symptômes pouvant indiquer que tu en souffres

Maintenant, je vais te donner quelques conduites, actions qui peuvent être la preuve que tu souffres de tca. Comme expliqué en première partie de cet article, je ne connais pas tous les TCA. Donc les signes que je vais te donner ici concernent essentiellement : l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie. Cet article est assez généraliste donc il ne sera pas précis quant aux symptômes. Encore une fois, l’idée de cet article est de te donner des pistes, pas de te donner un diagnostic officiel.

Tout d’abord, par rapport à l’anorexie, je te renvoie vers un article que j’ai fait pour les symptômes de l’anorexie.

Une autre chose à prendre en compte : il ne faut pas avoir TOUS ces signes-là. Il est possible de souffrir d’anorexie sans jamais recourir au vomissement par exemple. Mais si tu te reconnais dans plusieurs de ces symptômes, alors c’est qu’il y a quelque chose à travailler…

Première dimension impactée : l’alimentation

  • Mise en place de règle rigide : exclusion de certains aliments, voire catégories d’aliments
  • Recourir au comptage de ses calories et parfois ne pas manger un aliment si tu ne connais pas sa valeur énergétique
  • Développement de TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif) sur la façon de te nourrir, de cuire tes plats. Cela peut être utiliser des contenants plus petits dans lesquels tu manges, manger dans un certain ordre tes aliments, réaliser des combinaisons de nourriture particulières, couper en petits morceaux ta nourriture, etc. 
comment savoir si on est anorexique
  • Utiliser beaucoup plus de condiment dans tes plats pour y mettre de la saveur (puisque tu manges généralement des aliments cuits à l’eau ou sans sauce)
  • Éprouver du stress au moment des repas, avant et après
  • Intérêts très tournés autour de la nourriture, des régimes : dès qu’un article parle d’alimentation, tu es attiré. Dès qu’une conversation en parle, tes oreilles sont tout ouïe.
  • Te limiter à certaines quantités, peu importe ta faim : ne pas te resservir alors que tu as faim, prendre des petites quantités dans ton assiette, parfois toujours moins que tes voisins.
  • Avoir des produits “familiers”, que tu vas très régulièrement (presque à chaque repas) consommer pour te rassurer, rester dans une certaine zone de confort.
  • Préoccupation importante quant à l’étiquette nutritionnelle. Tu peux d’ailleurs parfois passer des heures au supermarché en scrutant les étiquettes. Tes choix d’aliments se font en fonction des produits où les chiffres sont les plus bas.
  • Tenter d’ignorer ta faim (par de l’eau, des chewings-gum, du thé…)
  • Rechercher avec une certaine obsession des aliments peu caloriques, ou à forte satiété
  • Avoir des périodes d’obsession autour d’aliments qui te donnent terriblement envie, mais que tu considères comme “mauvais” voire que tu t’interdis.
  • Avaler beaucoup d’aliment, en se cachant ou non, en peu de temps
  • Recourir à de la purge (par prise de laxatif ou vomissement par exemple)
  • Sauter des repas
  • Avoir des peurs sur certains aliments
  • Avoir une peur de perdre le contrôle devant certain aliment
  • Te nourrir secrètement, cacher de la nourriture pour plus tard
  • Aimer ressentir que tu as faim, ressentir un sentiment de puissance lorsque tu ne manges pas
  • Tu connais des épisodes de crises alimentaires notamment le soir, en fin de journée voire la nuit

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Deuxième dimension impactée : l’activité physique

comment savoir si on est boulimique
  • Recourir à une activité physique régulière, à du sport de façon intense dans un objectif de contrôle de ton corps / ton poids.
  • Au-delà du sport, tu es en constant mouvement : tu préfères les escaliers à l’ascenseur, tu vas régulièrement marcher, t’imposer de rester debout…
  • Tu culpabilises lorsque tu es une journée sans sortir, sans bouger. Voire, tu adaptes ta ration alimentaire par rapport à ton activité physique de la journée.
  • Tu utilises le sport, l’activité physique comme une punition ou une façon de mériter de manger plutôt qu’une façon de faire réellement du bien à ton corps.

Troisième dimension impactée : ton poids

  • Perte ou prise de poids possible (non, ce n’est pas toujours « indispensable »)
  • Dysmorphophobie : ton reflet dans le miroir est faussé par ton trouble du comportement alimentaire. C’est-à-dire que tu te vois plus large que tu ne l’es réellement. Tu n’arrives pas à avoir une réelle perception de ton image corporelle.
  • Obsession autour du contrôle sur ton poids 
  • Focus sur des parties de ton corps que tu détestes
poids-tca
  • Développer une obsession sur la balance : le chiffre de la balance t’obsède, tu te pèses plusieurs fois par semaine, voire tous les jours.
  • Le chiffre de la balance influence comment tu te sens et ce que tu manges
  • Peur intense de prendre du poids (et donc mise en place de comportement compensatoire pour contrôler ton poids)
savoir si on a des troubles alimentaires

Quatrième dimension : ton corps

  • Problème gastro-intestinal possible : difficulté de digestion, constipation, maux de ventre…
  • Perte des sensations de faim & de satiété : tu ne sais plus si tu as vraiment faim, tu n’arrives parfois plus à ressentir ta satiété
  • Tu n’es pas à l’aise dans ta peau, dans les vêtements : tu recherches des vêtements plus amples pour cacher ton corps.
  • Tu es fatigué, tu te sens plus faible, tu manques d’énergie.
  • Tu as froid aux extrémités (mains, pied, nez)
  • Perte de cheveux, cheveux secs et cassants
  • Peau sèche
  • Avoir du mal à te voir dans le miroir ou en photo sans que ce soit difficile

Cinquième dimension : ta vie sociale

  • Tu préfères manger seul, tu n’aimes pas partager ton repas avec d’autres personnes car cela génère du stress. Tu te caches devant les autres.
  • Tu peux analyser les autres : leur apparence physique, leur façon de s’alimenter. Tu effectues régulièrement des comparaisons par rapport à toi.
  • Tu peux développer une “haine” contre les personnes plus minces, celles qui font des régimes. 
  • Tu as l’impression qu’ils te regardent, ce que tu manges, ton corps
  • Tu refuses des sorties avec eux pour mieux contrôler ton alimentation
  • Tu t’enfermes dans la solitude
  • Tu es plus facilement irrité et donc multiplies les disputes avec ta famille, tes amis
vie-sociale-trouble-alimentaire

Sixième dimension : ta santé mentale en général

Tu ressens un tas d’émotions négatives et difficiles à vivre :

  • Culpabilité
  • Honte
  • Tristesse
  • Perdue avec 1000 questions dans ta tête
  • Angoisses très importantes avec des crises d’anxiété
  • Avoir des humeurs changeantes
  • Irritabilité
  • Peu de patience
  • Problème de gestion de ta colère

 

  • Faible estime de soi
  • Tu as des problèmes de sommeil
  • Difficulté de concentration dû à tes préoccupations autour de la nourriture et de ton poids, de ton apparence
  • Épisode dépressif 
  • Automutilation

Attention, au début, tu peux vivre ce qu’on appelle la lune de miel. C’est-à-dire que ton trouble alimentaire te fait te sentir bien. Tu as peut-être jamais eu autant confiance en toi. Notamment si tu perds du poids, tu as peut-être reçu des compliments qui font que tu te sens mieux dans ton corps. Tu te sens peut-être plus fort que les autres car tu sais te contrôler face à la nourriture, tu sais te restreindre. Mais tout ça, c’est un leurre de la maladie. Les effets indésirables sont bien réels et se mettent insidieusement en place dans ton corps, tu ne le vois juste pas encore… Vraiment, il faut avoir conscience de ça.

Pourquoi tu doutes de ton tca ?

La réalité, c’est que c’est COMPLÈTEMENT normal que tu ne sois pas certain d’être malade. Et ce, pour plusieurs raisons principales : 

1. À cause de la culture du régime

La première, c’est que l’on vit dans une culture du régime. Et que donc, de nombreuses conduites de restriction et comportements de compensation sont normalisés. Par exemple : se restreindre avant un restaurant, compenser avec du sport lorsque tu as mangé un aliment plaisir, refuser une soirée parce que tu n’as pas la possibilité de “contrôler” ce que tu manges, etc. Tout ça… Dans le but d’avoir une vie saine ? Sauf qu’il n’y a absolument rien de sain à faire des choix par obligations et restriction plutôt que par envie et liberté. 

2. Tu souffres d'anosognosie

La deuxième chose, c’est que lorsqu’on souffre d’un trouble du comportement alimentaire justement, il est fort probable que l’on ait de l’anosognosie. C’est quelque chose qui arrive pour beaucoup de maladie mentale et qui correspond à un dysfonctionnement du cerveau qui empêche d’avoir conscience de la maladie, ou qui atténue sa gravité. Ce qui fait que, tu estimes que tes comportements ne sont pas si graves, que d’autres font bien pire, etc. Alors, pour te rassurer, ces dysfonctionnements ne sont pas définitifs, ça revient à la normale par la suite. 

3. Tu es encore dans la lune de miel

La troisième chose, comme je t’en ai parlé en fin de la deuxième partie, tu vis peut-être la lune de miel. Donc pour le moment, ton trouble alimentaire t’apporte plus de bénéfices que d’effets indésirables. Sauf que ce sont des maladies mentales qui s’inscrivent de façon insidieuse dans ton corps. Par exemple, il n’est pas rare que si tu fais des prises de sang, tout soit au vert. Pourtant, les effets indésirables sont bien réels mais ne sont pas encore “assez visibles”. Et justement, lorsque les impacts négatifs sont visibles, c’est que le trouble alimentaire a déjà pris beaucoup de terrain.

4. Les TCA sont victimes de nombreux mythes

La quatrième raison, c’est qu’il existe de nombreux mythes autour des troubles du comportement alimentaire. Et je vais te les déconstruire par les affirmations suivantes : 

Oui tu peux avoir un trouble alimentaire : 

  • sans être en insuffisance pondérale
  • en étant adulte (tu peux en avoir à tout âge : enfants, adolescents, jeunes-adultes, plus âgés…)
  • et être un homme (non, ça n’arrive pas qu’aux femmes)
  • et manger 4 repas par jour
  • et connaître des jours heureux
  • et continuer de vivre une vie “classique” (avec une vie sociale, avec un travail, avec un compagnon, etc.)

Encore une fois, souviens-toi que ton trouble alimentaire te fera constamment te sentir illégitime. Et si c’est le cas, je t’invite à écouter mon podcast sur ce sujet de l’illégitimité.

Peut-être que tu penses qu’il faut être dans un état très grave, mais non. Et d’ailleurs les cas extrêmes restent une minorité finalement ! Mais simplement, c’est souvent eux que les médias montrent en premier et également eux qui sont pris en urgence à l’hôpital. Donc tu as le sentiment qu’il faut être dans un état grave pour être légitime de souffrir d’un trouble du comportement alimentaire. Mais le problème, c’est pas toi, c’est le système médical français, c’est la fausse image que reflètent les médias vis-à-vis des troubles alimentaires. 

Enfin, peut-être que tu doutes car c’est difficile parfois de faire face à la réalité et clairement, être malade fait peur. C’est complètement normal.

Je ne veux pas te faire peur d’ailleurs avec cet article ! Ce n’est pas mon but et je ne dis pas que tout le monde souffre de trouble de comportement alimentaire. J’espère sincèrement que tu n’en as pas, parce que je sais le calvaire que sont ces maladies. Mais je veux juste que tu aies conscience que c’est “normal” que tu ne sois pas sûr d’avoir des troubles alimentaires alors même que tu as pas mal de signes qui te démontrent que tu en as.

Est-ce que tu te retrouves dans certains points de cet article ? Dis-moi en commentaire si cela t’a aidé.

Dans tous les cas, je te conseille une fois de plus d’aller voir un spécialiste, un psychologue qui connait les TCA et qui saura t’aider et te trouver un traitement approprié.

De même, ne restes pas seul. Parles en autour de toi, n’ais pas honte. Discute de cela avec ta famille, avec des amis. Tu peux également me retrouver sur Instagram @norain.noflower où je parle régulièrement de ces sujets dans mes publications. Peut-être, tu pourras te reconnaître. J’y donne également de nombreux conseils. 

Je terminerai cet article en te disant que je pense que si cette question te stresse, te reste dans la tête, ce n’est pas anodin… 

Mais surtout, il faut que tu saches qu’il s’agit de maladies qui se soignent, où tu peux en guérir et ce totalement. Des thérapies, traitement et actions à mettre en place existent pour te sortir de là. Ne perds jamais espoir.

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 2 commentaires
Pulsion de Vie : pourquoi ce programme pour t’aider à surmonter ta faim extrême ?

Pulsion de Vie : pourquoi ce programme pour t’aider à surmonter ta faim extrême ?

Pulsion de Vie : pourquoi ce programme pour t’aider à surmonter ta faim extrême ?

Dimanche, après des mois et des heures de travail, je t’ai (enfin) annoncé que le programme Pulsion de Vie est en lancement ! 

C’est le premier programme dédié à la faim extrême dans le cadre de la guérison d’un trouble alimentaire

Il s’agit d’un programme COMPLET qui te guide vraiment pas à pas pour t’aider à surmonter ta période de faim extrême. Dans cet article, je t’explique pourquoi je l’ai créé et les raisons pour lesquelles il peut vraiment t’aider dans ton chemin de guérison.

Pourquoi j’ai lancé Pulsion de Vie ?

La faim extrême est la période la plus compliquée que j’ai eu à vivre dans tous mes troubles alimentaires

  • Tu sais même pas si t’as faim, mais tu manges.
  • Tu as même mal au ventre, mais tu ne penses qu’à manger.
  • Tu te demandes si c’est la gourmandise, une addiction au sucre, une mauvaise habitude…
  • Tu as l’impression de basculer dans un autre extrême. 
  • Tu ne comprends pas comment tu peux manger des quantités astronomiques alors que tu savais tant te restreindre avant. 

Et quand tu as fini par manger ce qui t’obsédait, tu culpabilises. Mais genre TELLEMENT. Et encore, la culpabilité, c’est pas la seule émotion toxique que ton TCA te fait ressentir : dégoût de toi & de la nourriture, remords, impression de mal faire, peur de manquer de volonté, peur de l’impact sur ton poids, angoisses, idées noires…

Et puis ces douleurs de ton ventre qui se tord. Ça n’arrange clairement rien.

Quand je dis que c’est la pire période que j’ai vécu, je n’exagère pas. Comme je n’acceptais pas cette faim extrême et que clairement, je ne comprenais pas ce qui se passait dans mon corps, ça partait toujours en compulsion alimentaire incontrôlable.

Alors, j’ai eu des moments où je faisais compulsion – pleurer – dormir, et je recommençais. Parfois jusqu’à 3 fois dans la journée.

C’était vraiment épuisant. 

Je te parle de tout ça dans mon histoire avec la faim extrême.

Pour ma part, souvent, ça arrivait le soir. Et une fois que t’as fait ta compulsion, que tout le monde dort, tu te sens TERRIBLEMENT seule.

Alors dans ces moments-là, tu cherches un peu désespérément sur internet quelque chose pour t’aider à apaiser tes angoisses… Enfin, moi c’est ce que je faisais. Et je trouvais plein de truc sur des fringales, de la boulimie. Mais rien vraiment sur la faim extrême. Surtout à mon “époque” (bon, c’était en 2017-2018 mais en 4 ans il y a déjà beaucoup de choses qui ont évolué !)

Il existe beaucoup moins de contenus sur la faim extrême. Du moins, beaucoup moins de connaissance dessus. Et du coup, moi ça me faisait encore plus peur, j’avais l’impression d’être anormale à force de ne rien trouver à ce sujet. 

Dans ces moments-là, j’espérais tellement trouver du contenu qui puisse m’aider, me rassurer, me dire quoi faire, m’expliquer ce qui se passait.

Alors aujourd’hui que j’en suis sortie, j’ai voulu être cette personne qui propose ce contenu. 

Et c’est entre-autre pour cette raison que je lance le premier programme dédié à la faim extrême dans le cadre d’un trouble alimentaire pour te donner toutes les clés et t’aider à surmonter cette période difficile.

Une autre raison, c’est que je reçois vraiment beaucoup de message de personne m’exprimant à quel point elles ne savent plus comment se sortir de cette phase de faim extrême. Et c’est super frustrant pour moi parce que j’adore aider, mais répondre en 1 message ou 1 email, c’est trop peu pour dire tout ce que j’ai à dire. J’ai tellement de choses à apporter, de connaissance, de conseils, d’exercices même à proposer. 

Donc j’ai cherché une façon d’aider le plus de monde et que mon aide soit presque “à la demande”. Le programme représentait le meilleur format pour répondre à ces critères.

Ce programme, c’est toutes les connaissances basées sur la science que j’aurais aimée savoir avant. C’est tous les conseils que j’aurais aimé appliquer plus tôt, c’est toutes des prises de conscience que j’aurai aimé qu’on me dise à ce moment-là. Et c’est toutes les actions que j’ai mises en place pour sortir de la faim extrême.

Mais pourquoi “Pulsions de vie” ?

Clairement, c’est avec beaucoup de recul que j’ai appris à voir les choses comme ça. Mais pour moi, ma faim extrême c’était une Pulsion de Vie. C’était mon corps qui voulait guérir, qui voulait se battre contre la maladie. C’était une pulsion de mon corps pour me ramener à la vie, et ne plus me laisser dans ce mode survie.

Évidemment, je dis que j’ai pris du temps à le voir comme ça, parce qu’à ce moment-là, je haïssais lorsque je ressentais ma faim extrême

Mais faim “extrême” n’est peut-être pas approprié. Il s’agit d’une faim NORMALE, logique, biologique du corps suite à la restriction dans laquelle il a été plongé par le trouble alimentaire. C’est une faim réparatrice, une faim de guérison. C’est une pulsion de vie

Et c’est quoi concrètement Pulsion de Vie ?

Ce programme, je ne l’ai clairement pas fait en 1 après-midi. Il m’a demandé des semaines, même des mois de préparation. Je voulais absolument qu’il soit complet et de qualité. Alors j’ai complété tout ce que je savais par énormément de lectures scientifiques et académiques. Genre, franchement +100 heures combinées, c’est sûr. 

J’ai pris en compte tout ce que j’avais vécu, je me suis replongée dans mes carnets de l’époque, dans mes notes de cette période-là. J’ai listé toutes les choses que j’avais faites dans ma thérapie et qui m’ont aidé.

Je suis également partie de vos peurs, de vos questions pour être certaine qu’il réponde à vos besoins.  

Et ça a donné Pulsion de Vie.

Un programme de 5h30

Divisé en 6 modules

Répartis en 34 vidéos

Le module 1 - Mieux comprendre la faim extrême, ce qui se passe dans ton corps & ton cerveau

On n’imagine pas comment c’est important de comprendre ce qui se passe dans le corps et dans le cerveau : avoir conscience des mécanismes de ton corps, de ses besoins, des fonctionnements logiques qui expliquent beaucoup de tes comportements, identifier les comportements inconscients de ton trouble alimentaire.

La conscience des choses est indispensable en premier lieu pour pouvoir ensuite travailler dessus.

Le module 2 - Des actions concrètes à mettre en place facilement et rapidement pour aider ton corps à lutter contre ton trouble alimentaire

Pour n’importe quel problématique rencontrée sur le chemin de la guérison, c’est essentiel de s’instaurer un environnement positif. Et pour ça, je te propose 10 exercices concrets à mettre en place qui te seront utiles pour ta santé mentale en général en fait.

Module 3 - Savoir comment réagir au moment de la faim extrême

Je pense que tu connais cette tornade d’émotions et de questions qui te submergent en quelques secondes lorsque la faim extrême se fait ressentir. Et d’ailleurs, dans les questions, tu peux même te demander si c’est vraiment de la faim extrême justement. 

Ce module a pour but de répondre à TOUTES tes questions et peur : 

  • Savoir comment réagir à l’instant T, 
  • Savoir distinguer la faim extrême des cas d’hyperphagie, d’addiction au sucre, de gourmandise, d’ennui…
  • Comprendre les cas spécifiques de la faim extrême le soir, lorsque ça se transforme en crise, quand elle survient en mangeant…

Module 4 - Gérer l’après faim extrême, quand tu viens d’y répondre

Ce moment où tu es accablé par la culpabilité, la peur, la honte, le dégout, les remords… Et encore, je dis “ce moment”, mais ça dure souvent des heures. Avec ces mensonges de ton trouble alimentaire qui t’ordonne de compenser… Alors qu’au plus tu compenses, au plus la faim extrême reviendra 🙁 

Ce module c’est comprendre tous les effets indésirables qui peuvent subvenir après, comment gérer le reste de ta journée & le lendemain, mettre en place des outils concrets pour contrer les pensées de ton TCA, pour gérer ton envie de compenser, etc.

Module 5 - Gérer son rapport au poids, au corps durant la phase de faim extrême

C’était pour moi indispensable de te consacrer un module sur ton rapport au poids dans cette phase de faim extrême. L’une des raisons pour lesquelles tu n’acceptes pas la faim extrême est souvent ta peur de l’impact que ça peut avoir sur ton apparence et sur ce fameux chiffre de la balance. 

Je réponds à tes inquiétudes de grossir indéfiniment ou de la mauvaise façon, t’aide à identifier les réelles causes de ton mal-être et te propose des exercices concrets pour travailler l’acceptation de ton corps.

Module 6 - Gérer le regard et les commentaires des autres

Alors, même chose, c’était essentiel de te proposer ce module. Surtout que si toi tu ne connais pas bien la faim extrême, imagine tes proches… Du coup, parfois ils prennent peur, ne savent pas comment réagir. Ils font parfois des choses qui entravent à l’acceptation de ta faim extrême.

Bref, je t’aide à savoir quoi dire à tes proches pour qu’ils te comprennent mieux et qu’ils puissent te soutenir dans cette phase. Et je te donne toutes les clés pour adopter le bon état d’esprit et prendre du recul face aux regards et commentaires des autres 

 

Maiiiiis, c’est pas tout !

Je te propose 6 bonus !

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Un cahier d’exercice de 59 pages avec 21 exercices concrets

Un accès au support du programme de 70 pages

15 fonds d’écrans pour te booster partout

23 affiches inspirantes et motivantes

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Accès à une playlist motivante de +26 chansons

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12 annexes avec l’accès à +16 sources & exercices vierges

11 avantages du programme Pulsion de Vie pour t’accompagner dans ta phase de faim extrême

1. Je l’ai vécu, et franchement… ça fait une grande différence

JAMAIS je ne nierai l’importance de l’accompagnement des médecins spécialisés en TCA. Parce qu’ils m’ont beaucoup aidé et c’est essentiel que des médecins t’entourent pour s’assurer que ta santé soit surveillée. Lorsque j’étais suivi dans une unité spéciale TCA, j’ai reçu une aide indispensable. Mais JAMAIS ils ne m’ont parlé de faim extrême. Alors que je leur décrivais ce que je vivais… JAMAIS, ils ne m’ont parlé de ce qui se passait concrètement dans mon corps, ce qui pourrait arriver, ce que je pourrais faire pour surpasser cette période.

Sauf que je ne pouvais pas rester dans ces questionnements sans réponse, tourmentée par 1000 peurs, accablée par des émotions dont je n’arrivais plus à gérer. Donc j’ai dû m’impliquer à 2000 % dans ma guérison et un peu comprendre « par moi-même ».

Toutes les peurs que tu as, les questions sans réponse que tu te poses, les émotions accablantes que tu ressens… J’ai tout vécu. Je sais à quel point c’est dur, à quel point tu veux que ça en finisse, à quel point tu es épuisé. Combien de fois dans les troubles alimentaires on dit que seules les personnes qui l’ont vécu peuvent vraiment comprendre. Je veux dire que oui, les médecins comprennent approximativement. Mais comprendre exactement cette détresse psychologique, émotionnelle et physique que tu ressens… peu de gens le comprenne.

Dans ce programme, tu verras à quel point tu te sentiras comprise, moins seul et tu trouveras des réponses adaptées et efficaces vis-à-vis de tes angoisses.

2. C’est un investissement pour ta santé, ta vie future. C’est un pas de plus vers ta guérison

Investir dans un programme pour sa santé est une prise de position forte, un ancrage dans sa guérison, un engagement que tu fais avec toi-même contre la maladie. C’est une façon de marquer et d’augmenter ton implication dans ta guérison. Et le jour où j’ai compris que c’est primordial d’être actrice de sa guérison, ça m’a permis d’être tellement plus forte contre la maladie, d’avoir plus de force mentale pour la combattre.

Ce n’est pas une dépense, c’est un investissement. Et un investissement qui peut vraiment faire la différence dans ton parcours de guérison. C’est un investissement pour une vie meilleure, une vie plus épanouie, sans être angoissée par ton apparence, par des peurs autour de ton repas. C’est un investissement pour VIVRE et plus survivre. Tu mérites d’être libre, de faire des choix par envie plutôt que par contrainte, obligation et restriction. Tu mérites mieux que ce que ton trouble alimentaire te promet.

3. Tu le fais à ton rythme

L’avantage d’un programme, c’est que tu le fais à ton rythme ! Tu peux le faire dans n’importe quel endroit, à n’importe quel moment. Tu peux mettre pause quand tu veux et reprendre dès que tu le veux.

Si tu n’as pas compris quelque chose, tu peux le re-écouter. Tu peux même commencer par la partie 4 “Que faire après avoir répondu à sa faim extrême” si tu viens de t’y confronter. C’est toi qui décides.

4. Tu y as accès à n’importe quel moment. Et la faim extrême arrive sans prévenir...

La faim extrême ne te dit pas qu’elle va arriver jeudi, à 8h30, après ton petit-déjeuner. Et quand elle arrive, c’est un peu un ascenseur émotionnel, une tornade d’émotions qui est arrivée beaucoup trop vite. Et tu te retrouves seule, avec toutes les émotions toxiques de ton TCA. Malheureusement, tu as rarement la possibilité de voir un thérapeute dans l’immédiat. Et parfois, tes proches ne savent pas toujours comment te rassurer, quel conseil te donner. Le programme, tu peux le consulter à n’importe quel moment.

En plus de ça, j’ai scindé les vidéos par questions et peurs spécifiques. Donc dès que tu te confrontes à une peur, une question spécifique : tu regardes la vidéo correspondante à la demande (peur de grossir indéfiniment, est-ce que j’ai encore faim, faim extrême qui arrive le soir, gérer l’envie de compenser, est-ce de la gourmandise ? un autre TCA? …)

5. Répéter pour mettre des points contre ton TCA à chaque fois qu'il tente de te garder dans la maladie

Ton trouble alimentaire est omniprésent. Et lorsqu’il se sent en danger, il va t’envoyer en masse des tas de mensonges pour te garder dans la maladie. Il faut toujours rétorquer face à ces mensonges. Et clairement, parfois c’est difficile de trouver un raisonnement logique avec tous ces mensonges du TCA. 

Parfois, ta réalité devient biaisée par ton trouble alimentaire. C’est pour ça que tu demandes constamment à tes proches de te rassurer, de te répéter des choses que tu sais au fond de toi. C’est comme une façon de mettre un point dans la tête du trouble alimentaire. Avec le programme, tu pourras avoir le raisonnement logique, non biaisée par le TCA à la demande. Et ce à n’importe quel moment de la journée et de la nuit. Et peu importe où tu te trouves puisque tu peux y avoir accès via ton téléphone !

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6. Il est vraiment complet

Le programme est MEGA complet ! Mais vraiment ! J’y ai passé tellement de temps pour être certaine d’englober TOUS les aspects, toutes tes questions, toutes les peurs qui peuvent subvenir. J’y ai intégré des cas spécifiques : comme la faim extrême le soir, la faim extrême qui arrive en mangeant ou encore la faim extrême lorsque tu n’es pas en sous-poids.

J’ai englobé tous les aspects à intégrer, à savoir, sur lesquels travailler pour que ce programme t’aide réellement : aspects psychologique, mentale, physique, sensations de faim, découverte de soi, etc.

7. Tu gagnes un temps fou

Comme je te disais, j’y ai passé tellement de temps à lire beaucoup de revues académiques, scientifique (je te partage les sources dans le programme), des livres de développement personnel, des contenus sur la restructuration cérébrale… Franchement, c’est sûre il y a +100 heures de lecture. Et puis tout ce que j’ai appris en 6 ans de troubles alimentaires, durant mes thérapies analytiques, TCC (thérapie cognitivo-comportementale)… Évidemment, je m’en suis servie pour bâtir ce programme.

Et je te le livre directement, je te passe ces centaines d’heures de lecture. Je te livre également tous les conseils reçus durant ma thérapie, ceux qui m’ont vraiment aidé. C’est pour toi un raccourci.

8. Il est concret : 21 exercices

Pour moi c’était INDISPENSABLE de te proposer du concret. Parce que la théorie c’est bien, c’est même important de comprendre pour pouvoir agir. Mais agir, c’est souvent ça qui fait la différence. Je te propose des exercices que j’ai personnellement faits dans mon bullet journal, des exercices qui m’ont réellement aidé dans mon parcours de guérison. Et tout ça, je te le propose dans mon ebook de 59 pages avec toutes les explications, les conseils pour les appliquer, des exemples et un espace pour chaque exercice te permettant de les réaliser toi-même.

9. Si des posts t’aident à aller mieux, imagine un programme dédié !

Combien de messages bienveillants et super encourageants je reçois, me disant à quel point mes contenus les aide. Je sais pas si tu écoutes mon podcast, me suit sur instagram ou lis mes articles de blog. Mais si mon contenu t’aide, imagine un programme dédié sur ta problématique.

10. Tu as plein de bonus

Et en plus de tous les bonus que je t’ai cité juste au-dessus…

Crois-moi, d’autres projets trop cool arrivent sur Norainnoflower ! Et je veux remercier avant tout ceux qui m’auront déjà fait confiance ! Alors tu peux être sûre qu’en rejoignant le programme, tu recevras des avantages exclusifs pour les futurs projets !

11. Tu ne prends aucun risque

Enfin, tu ne prends aucun risque. Vraiment. Et ça, c’est parce que je suis vraiment sûre que ce programme va t’apporter un vrai plus dans ton chemin de guérison. C’est vraiment LE programme qui rassemble tout ce que j’aurais aimé savoir avant, tous les conseils que j’aurais aimé entendre, tous les exercices que j’aurais voulu connaître quand je vivais la faim extrême. Tant de choses qui m’auraient évité de répéter certaines erreurs qui me maintenaient dans le cercle infernal restriction / compulsion.

Du coup, je te propose la garantie Sérénité. Cette garantie te permet de regarder 1 module en entier, celui que tu souhaites. Et si ça ne te convient pas, tu seras remboursé intégralement.

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Elles ont suivi le programme ...

Si tu as des questions sur le programme, n’hésite pas ! J’y répondrai personnellement 🙂 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Couple, Faim extrême, Mieux connaître, Parents, Thérapie, 1 commentaire
Faim extrême et anorexie : mon histoire

Faim extrême et anorexie : mon histoire

Faim extrême et anorexie : mon histoire

La faim extrême est la chose la plus compliquée que j’ai eu à traverser dans tous mes troubles alimentaires. Mais c’est aussi pour moi cette période qui m’a beaucoup aidé à guérir de l’anorexie.

Je suis toujours partagé entre en parler ou non. Parce que d’un côté, j’ai peur de faire peur à celles et ceux qui sont en guérison mais qui ne connaissent pas la faim extrême. Je ne voudrais pas qu’ils soient en stress par mon témoignage. Mais en même temps, les fois où j’en ai parlé, j’ai eu des retours très positifs de personnes me disant que ça les a beaucoup aidées. 

Donc je fais le choix de vous raconter mon histoire avec la faim extrême. Cependant, je tiens quand même à rappeler que tout le monde ne vit pas la faim extrême. Ce n’est pas une étape indispensable par laquelle il faut passer pour guérir des troubles alimentaires. Donc si tu me lis et que tu ne le vis pas, ne t’inquiète pas en avance, vis à l’instant présent car ça ne veut clairement pas dire que tu traverseras ça. Et même si tu le vis, sache que personne ne le vit de la même façon : certain la connaisse de temps en temps, d’autre de façon plus régulière, certain à faible intensité, d’autre à forte intensité. C’est vraiment propre à chacun et ça dépend de nombreux facteurs.

Enfin, je voulais dire que l’on dit “faim extrême”, ou « extreme hunger » en anglais, mais une fois, on m’a parlé de faim réparatrice ou faim adaptée. Et je trouve ça beaucoup plus approprié ! “Extrême” peut paraître péjoratif, violent et peut sembler imposant, ça peut faire peur. Mais c’est une faim NORMALE de ton corps suite à ton trouble alimentaire.

Du coup, je vais te raconter comment ça s’est passé pour moi la faim extrême lorsque je souffrais d’anorexie :

La faim extrême quand je perdais du poids

J’ai connu la faim extrême assez rapidement avec l’anorexie. Sauf que je ne savais pas que ça s’appelait ainsi. Je pensais surtout que je ne savais pas me contrôler. 

D’ailleurs, c’est récemment que je l’appelle comme cela, depuis un peu plus d’un an. Avant, j’appelais ça des compulsions alimentaires. D’où le nom de mon article à ce sujet où je te donne déjà quelques conseils d’ailleurs. 

Si tu as écouté mon épisode de podcast où je te raconte mon histoire avec les troubles alimentaires, tu te souviens peut-être que je suis tombée malade en 2015. Et c’est en fin 2016 que j’ai commencé à sentir une faim extrême. En réalité, à ce moment-là, elle n’était pas si “extrême” au vu de ce que j’ai connu après. Elle se déclenchait en postprandial, soit juste après les repas. Je me resservais en pain, en pomme, en yaourt. Parfois, c’était juste reprendre 2-3 tartines de pain, 1 ou 2 pommes en plus. D’autre fois, je reprenais 10 pommes et le paquet de pain entier. C’étaient les 3 éléments sur lesquels je “compulsais”. Je finissais par avoir peur de commencer à manger pendant les repas parce que j’appréhendais qu’une compulsion arriverait. Et surtout, la culpabilité après me rongeait tellement que ça me gâchait la vie, c’était impossible de me concentrer sur quoi que ce soit d’autre.

Mais j’arrivais (malheureusement) à avoir le contrôle. Je dis “malheureusement” car au fil de ma guérison, j’ai compris que lorsque je pensais avoir le contrôle, c’était en fait le trouble alimentaire qui prenait le dessus sur les véritables besoins de mon corps. Et mon corps allait reprendre justement le contrôle de ses besoins tôt ou tard par cette faim extrême. Et c’était souvent très difficile à accepter pour moi lorsque ça venait.

À chaque fois que cela arrivait, je pensais que je manquais de volonté. Je n’avais absolument pas fait le rapprochement avec le fait que mon corps puisse avoir faim, avoir besoin de ça… Ou du moins, je ne pouvais pas concevoir que mon corps ait besoin d’autant d’énergie. 

Alors j’avais cherché des astuces sur internet. Je tombais tout le temps sur “fringales”, “boulimie”, “hyperphagie”. Mais ça ne correspondait pas exactement à ce que je vivais. J’étais perdue. J’avais essayé de manger de façon plus intuitive, sans distraction, plus calmement, en faisant de la relaxation… Rien n’y faisait !

À ce moment-là, cette faim extrême se faisait quand même rare. Je dirais 1 fois par mois voire tous les 2 mois. 

Puis, ma faim extrême s’est intensifiée

Cette fois, nous sommes à peu près un an plus tard, en 2018. J’avais déjà fait une hospitalisation où j’avais rechuté 1 mois après ma sortie. Nous étions en janvier, vers la fin du mois. Le 01 de l’an, j’ai fait le vœu de guérir pour cette nouvelle année. 

Les deux derniers mois de 2017, novembre et décembre, la maladie m’avait totalement anéanti. J’avais extrêmement peur des fêtes de fin d’année et j’avais, en réponse à ce stress, augmenté la restriction. Mon corps n’en pouvait plus. Il était en détresse physique, mentale et émotionnelle aussi. Je me souviens avoir demandé à ma mère de me ramener dans mon appartement, seule, le lendemain de Noël. Alors que toutes les vacances de Noël j’adorais les passer dans ma famille, au coin du feu, dans une ambiance chaleureuse. Là, je fuyais les autres, je me renfermais sur moi-même. Et je me souviens d’ailleurs, lorsque ma mère m’amenait dans mon appart’ à Lille, les larmes coulaient, car je savais qu’une fois seule, l’anorexie allait me dévorer d’autant plus. 

Et c’est à partir de la mi-janvier que j’ai connu une faim extrême très “violente”. En réalité, je dis “violente” mais tout est relatif. De mon point de vue, en tant que personne souffrant d’anorexie, c’était violent. Mais en vérité, aujourd’hui en prenant du recul, je sais que c’était totalement mesuré avec le passé restrictif et les carences d’énergie que mon corps subissaient.

Sauf que je rappelle, je ne savais ABSOLUMENT pas ce qui se passait, je connaissais pas la faim extrême. Je ne comprenais pas mon corps. Je n’avais pas faim mais je ne pouvais rien faire d’autre que manger. Même quand physiquement j’avais super mal au ventre, je continuais de manger.

Je comprenais quand même que mon corps était restreint, alors j’essayais d’augmenter mes apports mais en vain, cela m’ouvrait toujours plus l’appétit. Et comme je ne m’autorisais pas à acheter quoi que ce soit sur quoi je pourrais “craquer”, j’allais dans les boulangeries, les magasins pour acheter de la nourriture à manger. Et j’allais vers tous les aliments que je redoutais : des céréales, des gâteaux, des muffins, des viennoiseries, de la glace, etc. Tout ce qui était sucré me donnait envie. Je ne comprenais pas comment je pouvais avaler autant, j’avais extrêmement mal au ventre, j’avais la sensation que j’allais exploser et pourtant, je continuais de penser à manger, et j’achetais, et je mangeais… 

J’ai dépensé TELLEMENT d’argent durant cette phase-là. Mais je ne calculais pas, je n’étais plus moi-même.

En fait, je ne voulais pas acheter ces aliments qui me donnaient envie parce que je ne voulais pas me l’autoriser. J’étais persuadée que si je les avais chez moi, je compulserais d’autant plus. En réalité, cela augmentait le caractère restrictif de ces aliments, ce qui engendrait encore plus de faim extrême. 

Comme je ne les avais pas chez moi mais que j’avais terriblement faim, à chaque fois, ça se passait dans la rue. J’achetais en me disant que je ne devrais pas. J’étais dans un état de stress… Je commençais toujours par les boulangeries car le pain, c’était ce que je pouvais m’autoriser à peu près. J’achetais un premier pain dans une première boulangerie. Je croquais quelques crocs dedans. Je le jetais, puis je retournais dans une autre boulangerie faire la même chose mais avec un autre type de pain. J’avais besoin de goûter à tout ce que je ne mangeais plus, tous ces types de pain qui me donnaient envie. Dans la queue, lorsque je réfléchissais à ce que j’allais acheter, j’étais perdue face au choix qu’il y avait. C’est comme ci il fallait absolument que ce que je mange soit incroyable en bouche. Pourtant, lorsque je le mangeais, je ne savourais même pas.

Je mangeais de plus en plus à chaque nouvelle boutique que je faisais. Pourtant, je ne ressentais jamais cette sensation de satiété. J’avais toujours ce besoin de manger, alors que je n’avais pas l’impression d‘avoir faim. C’était super ambivalent.

Je mangeais en stress, debout, en marchant et en pensant à ce que j’allais manger juste après. Après les boulangeries, je passais aux rayons de supermarché où j’achetais des gâteaux, des céréales. Et je faisais la même chose qu’avec le pain : je n’en mangeais qu’un peu, je croquais dans quelques biscuits puis je jetais pour recommencer l’achat. Et enfin, j’allais dans des Starbucks ou des Nothing Hill Coffee pour acheter des cookies, des muffins. Et c’était ça ce que je voulais vraiment en fait : les muffins, les cookies qui me donnaient vraiment envie depuis le début, mais que je ne m’autorisais pas.

Dans le fond, je le savais. Mais pourtant je recommençais le même schéma.

Et ça, je le répétais tous les 2 jours.

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(Je sais que ça faisait beaucoup de gaspillage alimentaire la façon que j’avais de faire mes compulsions. Et je peux te dire que j’aurai aimé ne pas le faire. Mais c’était plus fort que moi. D’ailleurs ça m’était déjà arrivé de donner mes restes à des sans abris.)

J’ai tellement fait de compulsions dans certaines rues qu’il y a des rues où mon corps se souvient et je me sens mal en les traversant de nos jours. Pour ceux qui connaissent Lille, c’est notamment les rues Faidherbe, Nationale et la rue de Béthune. C’est dommage parce que c’est un peu le centre de Lille donc quand j’y retourne parfois (ce qui est rare du coup), je suis presque obligée d’y passer. Bref.

J’étais une fille très studieuse, très pro. À ce moment-là, j’étais en Master d’une école de commerce. Je faisais 3 semaines en alternance et 1 semaine de cours. Lorsque j’étais à l’école, je dévalisais les distributeurs automatiques. J’avais tellement honte : la fille qui paraissait anorexique et ne bouffait rien se met à manger des gâteaux par dizaine. Voilà ce que je me disais que les autres pensaient.

Et les 3 semaines où j’étais en alternance, je bossais à la Voix du Nord qui se trouve sur la Grande Place, au centre quoi. Donc je partais plus tôt de chez moi pour avoir le temps de faire ma compulsion. C’est comme ci je la prévoyais même si je ne le voulais pas, c’était super ambivalent.

Un jour, je me suis arrêtée de faire ma compulsion pour aller au boulot parce qu’il était l’heure. Mais une fois arrivée au boulot, j’avais encore tellement envie de manger que je suis repartie en laissant toutes mes affaires. J’ai averti ma manageuse que j’avais quelque chose à faire et que je revenais d’ici 15 minutes. +1h30 plus tard, j’ai pris mon portable et vu une dizaine d’appels de mon équipe. Je n’avais même pas vu le temps passer tellement j’étais dans un état second. Pour dire à quel point la faim extrême avait une puissance sur moi incroyable.

J’étais comme dans un état second pendant ces moments de “crises”. Et ça devait se voir : je me souviens du regard des autres. Certains devaient connaître et me regarder avec empathie. D’autres me regardaient comme ci j’étais folle. Et j’avais vraiment la sensation d’être folle à vrai dire. Et puis il y a les gens qui travaillaient dans les boulangeries, les magasins et les salons de thé dans lesquels j’allais toujours. Parfois j’allais 2 ou 3 fois dans ces enseignes le même jour, à quelques minutes d’intervalle. J’avais tellement honte…

Je rentrais chez moi épuisée, comme-ci une tornade venait de me dévaster de l’intérieur. Je me retrouvais seule dans mon appartement avec toute la culpabilité qu’il soit. J’appelais ma mère en pleurant. J’avais des douleurs horribles au ventre qui ne m’aidaient pas à accepter ces compulsions. Je me sentais énorme, sale d’avoir mangé tout ça. Mon corps me dégoutait, la nourriture me dégoutait. Je ruminais constamment en repensant à tout ce que j’avais mangé. Et j’établissais un plan pour contrebalancer tout ça avec de la restriction et du sport. Et j’enchaînais souvent avec de nombreuses heures de compensation. Évidemment, “grosse erreur” mais le trouble alimentaire était encore trop fort et je n’avais pas les bonnes clés pour y faire face.

J’étais à bout, épuisée, seule. Je me demandais comment je pourrais arrêter ce cercle vicieux infernal de la compulsion/restriction. Et c’est là que j’ai demandé une nouvelle hospitalisation, en février, en me disant que j’avais besoin de me sevrer de mes crises. J’étais persuadée qu’il s’agissait de boulimie. 

Évidemment, durant l’hospitalisation, impossible de faire ces crises puisque tous les repas étaient supervisés. Mais à peine 15 jours après être sortie de ces 3 mois d’hospitalisation, les crises sont revenues.

Nous étions en Juin 2018, j’avais rendu mon appartement. Donc cette fois, j’habitais chez mes parents. Donc plus à Lille, plus en ville. Et là, lorsque ça me prenait, je partais en voiture dans les magasins les plus proches et je reproduisais exactement la même chose qu’en janvier dernier. J’achetais plein de choses que je mangeais dans ma voiture. Je parcourais des kilomètres pour tester plein d’enseignes différentes. 

J’étais chez mes parents et ma mère achète pas mal de gâteaux pour les goûters de mes neveux. Un soir, alors que j’avais déjà fait une compulsion au matin, j’ai commencé à dévorer tous leurs goûters. Et c’est là que j’ai commencé à manger aussi ce qui se trouvait chez mes parents. C’est de là aussi que de 1 crise par jour, je suis passée à 2 voire 3 crises quotidiennement. Ma journée se résumait entre faire une crise, dormir, pleurer, faire une crise, dormir, pleurer, etc. 

(Je précise juste que je ne me suis jamais faite vomir pendant cette période. Plus tard j’aurai essayé mais genre 3 ou 4 fois. Donc c’était pas du tout quelque chose de récurrent. Je le précise car souvent quand on entend « crise » on pense à vomissement après. Mais c’est pas automatique la preuve. Et j’emploie le terme « crise » mais c’était de la faim extrême. Et comme je n’acceptais pas de répondre à cette faim extrême, ça se transformait en ce que j’appelle des crises tellement les émotions étaient intenses.)

J’avais des comportements dont j’avais tellement honte : je mangeais toujours de cette façon bizarre, de croquer un bout puis de le jeter, tellement je culpabilisais en fait. Mais comme j’étais chez moi, il m’arrivait très souvent de récupérer dans la poubelle ce que j’avais jeté au-dessus pour continuer de le manger. Parfois, je me levais la nuit pour manger. J’essayais de faire le moins de bruit possible parce que mes parents dormaient et qu’une fois ma mère s’était levée. J’avais tellement honte… 

D’ailleurs, mes parents ne savaient pas comment réagir. J’étais presque passée de manger que des fruits et légumes à ne manger que des aliments sucrés et gras. Mon père une fois m’avait dit “Mais tu devrais manger un peu plus de légumes et de fruits, c’est meilleur pour la santé…”. Évidemment, très difficile à entendre mais ils ne connaissaient pas non plus ce que je traversais.  

Je ne savais plus quoi faire. J’avais la sensation que ça ne s’arrêterait jamais.

J’avais demandé à ma mère de me prendre tout mon argent, ma carte bleu. Mais j’avais fini par réussir à voler. Je lui avais dit de m’empêcher de partir de la maison, j’avais fini par fuguer par la fenêtre. Je lui disais de cacher tout ce qui pouvait me donner envie. J’ai fini par “retourner” la maison pour trouver ces gâteaux que j’avais tellement envie.

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Je voyais que mon corps commençait à changer, je ne rentrais plus dans mon Jean’s. J’avais terriblement peur. Je me disais que ça y est je reprenais du poids, je mangeais tous ces aliments. Donc mon corps devrait ne plus en avoir besoin. Mais non, ça continuait. J’avais terriblement peur que ça ne s’arrête jamais, que je grossisse indéfiniment.

Je ne pouvais pas compter mais je sais qu’approximativement, j’allais parfois jusqu’à 10 000 calories par jour. Je ne pensais qu’à manger, du matin au soir. Et j’étais attirée par du sucré, tout le temps. Je pensais que je devenais addict au sucre, que je devenais une mangeuse émotionnelle, hyperphagique. Au plus le temps passait, au plus je me disais que c’était en fait peut-être juste une mauvaise habitude que j’avais prise. 

À chaque repas, même en plein milieu de la journée, je mangeais d’énorme quantité. Je me demandais si j’avais vraiment faim. Pour moi je n’avais pas faim vu tout ce que j’avais mangé, de toutes les douleurs que je ressentais au ventre. À chaque fois que je faisais une crise, je me disais que c’était la dernière. Mais ça n’était jamais la dernière…

Mais la faim extrême est normale

Sauf que tout ça, tout ce que je viens de te raconter, c’est NORMAL.

Et c’est même prouvé scientifiquement, comme j’en parle dans l’expérience menée dans le Minnesota !

Je dis pas qu’il faut que tu passes par là absolument pour guérir. Certaines personnes ne connaissent pas la faim extrême comme je te l’ai dit. Certaines personnes ne la connaissent qu’un peu. Enfin, la façon dont je l’ai vécu n’est clairement pas la façon dont tout le monde le vit. Et d’ailleurs, si je l’ai vécu d’une façon aussi  “violente” c’est parce que je ne l’acceptais pas et que je répétais des erreurs que j’ai compris avec le temps.

Mais je te dis cela pour que tu saches que si tu te reconnais dans ce discours, tu n’es pas anormal. C’est une réponse biologique de ton corps face à tout ce que ton TCA a causé sur ton corps. 

Parallèlement à tout ce que je t’ai raconté là, et surtout depuis Juillet 2018, j’ai commencé à vraiment mettre en place des choses pour ma guérison : 

  • J’étais accompagnée par une psychiatre, je suivais également une TCC (Thérapie Cognitivo-comportemental) où j’ai travaillé sur mes problématiques de faim extrême avec des exercices concrets.
  • J’ai mis en place des petites actions, essayé des choses que je lisais dans des bouquins.
  • J’ai lu beaucoup beaucoup de revues scientifiques, académiques ou autres bouquins pour m’expliquer le fonctionnement du corps humain, les mécanismes du cerveau.
  • J’ai mieux compris la faim extrême, comment je devais agir, les actions que je faisais qui me maintenaient davantage dans la faim extrême…

Alors ça ne s’est clairement pas fait du jour au lendemain, rien n’a été magique et ça n’a pas disparu d’un coup. Cela m’a demandé un vrai travail sur moi-même, sur mes croyances erronées, sur mon rapport au corps, sur le fait de répondre aux besoins réels de mon corps, sur un changement d’état d’esprit quant à la faim extrême.

Mais une chose est sûre, c’est que toutes ces informations que j’ai apprises, toutes ces prises de conscience et actions que j’ai mises en place m’ont clairement aidé à accepter et à surmonter ma faim extrême. 

Alors petit à petit, la faim extrême s’est estompée jusqu’à totalement disparaître. Parfois elle revenait, mais d’une façon beaucoup moins “violente” et je savais comment réagir, comment mieux l’accepter pour m’assurer qu’elle ne revienne pas, que mon corps ait obtenu réponse à ses besoins.

 

Mais comment je pourrais faire pour t’aider ?

Nombreux d’entre-vous m’ont envoyé des messages me parlant de la faim extrême et du fait que vous n’arriviez pas à la gérer. 

Nombreux d’entre vous aviez 1000 questions auxquelles vous ne parvenaient pas à répondre. Et peut-être que t’en fait partie. 

Mais c’était impossible pour moi de répondre en 1 ou 2 messages, vocaux, emails. Et c’est super frustrant parce que j’ai plein de choses à dire, des conseils, des exercices à donner…

Donc c’est pour ça que je me suis plongée sur un contenu vraiment complet et qualitatif qui pourrait vraiment aider. C’est pourquoi j’ai créé le programme Pulsion de Vie pour répondre à toutes les questions que tu te poses, pour comprendre ce qui se passe dans ton corps, pour identifier les causes & déclencheurs de ta faim extrême. Je veux te donner toutes les clés pour t’aider à savoir comment gérer le moment-même où ta faim extrême se fait ressentir et gérer l’après : soit la culpabilité, tous les sentiments négatifs et effets indésirables qui arrivent à ton corps durant cette phase. 

Pulsion de vie c’est un programme de 34 vidéos, avec plus de 5h30 d’explications, de prises de conscience, de partage d’expérience des erreurs que j’ai faites et de ce qui m’a vraiment aidé. Avec ça, tu as un ebook de 60 pages où je te propose 21 exercices concrets à réaliser pour t’aider durant cette phase de faim extrême. Et en plus de ça, il y a de nombreux autres bonus. 

Je me souviens de nombreuses fois après les compulsions : J’étais dans mon lit, recroquevillée en tenant mon ventre douloureux. Je pleurais parfois, j’avais peur, j’étais perdue avec 1000 questions en tête. Et je cherchais du contenu sur internet pour m’aider. J’aurais tant aimé avoir une personne qui aurait vécu la même chose et qui s’en serait sortie. 

Alors j’ai voulu être cette personne. 

Ce programme c’est tout ce que j’aurais aimé savoir avant, toutes les réponses aux questions et aux peurs que j’avais, tous les conseils que j’ai appliqués.

Ce programme je l’ai appelé Pulsion de vie car avec beaucoup de recul, avec le temps, j’ai véritablement vu la faim extrême comme une pulsion de vie. C’est-à-dire que c’est mon corps qui voulait vivre, qui demandait l’énergie qu’il n’avait plus pour vivre. Encore une fois, c’est une faim de guérison, une faim réparatrice. 

Je te laisse découvrir tout ça si cela t’intéresse sur l’onglet programme de mon site internet norainnoflower.com ou directement en description. 

J’espère que ce témoignage t’a aidé à te sentir moins seule, à prendre conscience que tout ce que tu ressens n’est pas signe d’un manque de volonté où d’une perte de contrôle, d’une addiction au sucre ou quoi que ce soit d’autre. C’est quelque chose de complètement normal dans le cadre de la guérison d’un trouble alimentaire. N’hésite pas à me partager en commentaire ton expérience avec la faim extrême et ce que tu as pensé de mon témoignage. 

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Renutrition anorexie : 8 conseils pour mieux accepter son ventre

Renutrition anorexie : 8 conseils pour mieux accepter son ventre

Renutrition anorexie : 8 conseils pour mieux accepter son ventre

Cet article fait suite à celui où je te donne toutes les explications te permettant de comprendre pourquoi tu as un ventre qui peut être gonflé lorsque tu manges, et même quelques heures après.

C’est pour moi important que tu commences par là avant de lire l’article qui va suivre. 

Dans cet article, je te donne 8 conseils pour t’aider à accepter ton ventre gonflé

C’est assez difficile voire même impossible d’aller à l’encontre de ce ventre gonflé. Comme je te dis dans l’article précédent, c’est un signe positif de ta guérison. Physiquement, tu ne peux pas vraiment l’atténuer. En revanche, psychologiquement, tu peux travailler sur l’acceptation de ce symptôme de guérison. 

Je te donne tout de même quelques conseils pour mieux vivre cette phase de guérison : 

1. Adapter la cuisson de tes aliments

Certains aliments sont plus facilement digérés et demande moins d’énergie à ton corps s’ils sont cuits d’une certaine façon. C’est notamment le cas des légumes. Comme je sais que chez beaucoup d’entre vous, c’est un composant un peu indispensable de votre alimentation (c’était mon cas), je me permets de commencer par ce conseil. 

Les fruits et légumes crues sont beaucoup plus difficilement digérés par l’estomac. C’est pourquoi je te conseille de les cuire voire même de les manger en purée ou en potage pour aider à la digestion. Alors attention, ça ne veut pas dire que tu dois te contenter d’une soupe ou une purée de légumes en guise de repas ! Ce n’est qu’un accompagnement. Bien évidemment, tu gardes toutes les autres catégories d’aliments à côté. 

2. L’eau… Avec modération !

Même chose, je sais que souvent, on a tendance à abuser de grandes quantités d’eau, de thé, de café, etc. Du moins, c’était mon cas aussi. 

Et clairement, l’eau ça prend de la place dans ton estomac. Et ça contribue (négativement) à tes problèmes de ballonnements et de digestion. De plus, trop d’eau dilue les acides de ton estomac, nécessaires à la décomposition des aliments. 

Donc, je te conseille de ne pas boire plus de 1,5 L, vraiment. Peut-être que tu te dis que tu en es loin, mais tu ne comptes justement peut-être pas l’eau qui a dans ta tasse de thé ou de café. Et n’oublie pas que les fruits et légumes sont pleins d’eau également.  

Je te conseille également d’éviter de boire de l’eau pendant les repas, au moment où ton système digestif s’apprête à recevoir et à digérer de la nourriture. Préfère l’eau entre les repas. 

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3. Réduits les aliments riches en eau… et faible en énergie !

C’est lié à mon point précédent, mais comme je te disais, les fruits et légumes sont des aliments riches en eau, en fibre mais qui ne t’apportent que très peu d’énergie. Or ton corps a une carence en énergie et il a besoin de cette énergie pour guérir. 

En lui apportant beaucoup d’aliments riches en fibres et en eau, ton corps va devoir dépenser beaucoup d’énergie (qu’il n’a pas) pour les digérer. La digestion étant ralentie, ce sont tous des aliments qui prennent de la place et qui restent plus longtemps dans le système digestif. Ainsi, cela accentue les symptômes de ventre gonflé. 

Je sais que ça peut être difficile pour toi de ralentir les légumes et les fruits parce que c’est ce qui te rassure. Mais tu dois tout de même te limiter sur la quantité de légumes dans ton assiette. Voire commencer par manger les féculents et protéines. Sinon, tu auras beaucoup plus d’inconfort intestinal à terminer ton assiette.  

Et d’ailleurs, ton corps sait que ces aliments ne lui apportent pas assez d’énergie. J’en parle souvent lorsque j’aborde le sujet de la faim extrême. Mais c’est fréquent que tu te diriges davantage vers des aliments énergétiques, qui te donnent envie mais que tu t’es tant interdit. L’une des raisons est que ton corps a besoin d’énergie avec des aliments digestes pour lui. Et oui, un cookie est plus facile à digérer et lui apporte plus d’énergie qu’une pomme ou un bol de salade.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

4. Manger régulièrement

Alors pareil, ce conseil est assez difficile à appliquer, je le sais. Mais je me dois de te le dire. D’ailleurs, parfois tu dois te dire “Ah bah c’est plus facile à dire qu’à faire !” Et je te promets que je le sais car j’étais à ta place. Et parfois, je n’arrivais pas toujours à appliquer ces conseils, et ce n’est pas grave. Mais au moins j’en avais conscience, et j’essayais de lutter contre mon trouble alimentaire pour appliquer ces conseils bénéfiques pour ma guérison.

Mais en effet, manger régulièrement est mieux pour ton système digestif. Parce qu’un gros repas toutes les 4-5 heures, c’est beaucoup de travail pour ton estomac, qui, souviens-toi, est en mode “économie d’énergie”. Je te conseille donc de faire au moins 4 repas, mais voire 5, 6, 7 ! Et l’idée est donc de scinder tes repas, de faire des collations le matin, l’aprem et avant d’aller dormir. Ça peut te paraitre horrifiant ce que je te dis. Je le sais mais fractionner tes repas est aussi une façon pour ton estomac de digérer “petit à petit”. Globalement, il vaut mieux avoir MAXIMUM 3 heures entre tes prises alimentaires. 

5. Éviter les édulcorants, faux sucres et tout ce qui fait mal à ton ventre

J’étais une grande amatrice de toutes ces cochonneries (marketing d’ailleurs !) : le coca zéro, les chewings-gums sans sucre, les yaourts bourrés d’édulcorants pour me donner une sensation de (faux) sucre en bouche. Sauf que ce sont tous des ingrédients néfastes pour le corps, qu’il digère mal. Donc ça vient rajouter une difficulté supplémentaire à ton corps dans sa digestion (comme-ci il n’en avait pas assez…). 

Même chose, je sais que c’est parfois difficile d’arrêter du jour au lendemain. Mais diminue déjà le plus possible. 

6. Une marche digestive

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Pour le coup, ce conseil peut faire plaisir à ton TCA. Mais attention, je te parle pas d’aller faire un semi-marathon ou une marche super active. Je t’ai dit dans l’article précédent que le repos va de pair avec guérison et l’activité physique vient ralentir ta digestion. Donc je vais pas me contredire haha 

Mais c’est vrai que parfois, une marche digestive, tout doucement, m’aidait à digérer, à faire fonctionner les muscles de mon estomac pour faire avancer les aliments dans mon système digestif. 

Je te conseille d’attendre au moins 30 minutes à 1 heure après le repas. Une marche trop proche de ta prise alimentaire peut être contre-productive. Et on parle vraiment d’une marche à un pas LENT. Oui, en mode grand-mère haha. Mais promène-toi dans la nature, tu admiras le paysage en même temps. Ou prend quelqu’un avec toi, tu prendras le temps d’échanger pour faire de ce moment un moment agréable et distrayant (plutôt que de focaliser ton attention sur ton ventre). Le temps de cette marche n’excède pas non plus 30 minutes. 

Peut-être que là, tu te dis “Ouaaah mais elle s’imagine pas que moi je fais bien plus que 30 minutes par jour et je cours presque”. Si si, j’imagine bien puisque j’étais comme ça. Mais encore une fois, je me dois de te le dire. Pour te faire comme une “piqure” de rappel et pour que tu aies conscience que ton corps doit être ménagé pour guérir. 

7. Les distractions pour ne pas penser à ton ventre gonflé

J’en parle très souvent, mais les distractions sont importantes dans le cadre de la guérison des troubles alimentaires. Elles sont à utiliser n’importe quand tu ressens une émotion négative : la culpabilité, l’envie de compenser, du dégoût envers ton corps, des pensées obsessionnelles…

L’idée est de donner à ton cerveau des occupations positives, qui te font du bien. Pour cela, tu peux donc t’occuper avec une activité créative (dessiner, lire, faire ou écouter de la musique…), passer du temps avec ton animal, discuter avec tes proches, regarder une série, etc. Tu peux également écouter un podcast ! Évidemment, je te propose le mien :

Mais il en existe beaucoup et c’est vraiment un bon outil de distraction ! 

Au début, tu n’y arriveras pas toujours. Tu vas tenir 1 minute peut-être. Mais l’important est de continuer, de répéter la distraction pour “obliger” ton cerveau à penser à autre chose, à te focaliser sur quelque chose qui te fait du bien plutôt que sur ces pensées qui te font du mal.

8. Des vêtements confortables pour faire un nid douillet pour ton ventre

Se sentir ballonné, serré dans tes vêtements ne t’aide pas à accepter ton ventre gonflé. C’est pourquoi je te conseille vivement de porter des vêtements amples. Évites les leggings qui te collent à la peau et qui te donne encore plus mal au ventre. “Laisse respirer” ton ventre avec des vêtements dans lesquels tu te sens bien, confortable. Cela t’aidera également à moins focaliser ton attention dessus.


* Update : En partageant cet article via ma Newsletter, une de mes lectrices m’a dit qu’un Ostéopathe l’a beaucoup aidé à régler ce problème. Et en effet, on ne pense parfois pas à ça alors que les osthéo sont très compétents pour ça, et également pour débloquer des problèmes corporels liés à des problèmes psychologiques.

J’espère que ces conseils te sont utiles et peuvent t’aider, ne serait-ce qu’un petit peu, à mieux accepter ton ventre. N’oublie pas que c’est temporaire, c’est un signe de guérison positif, qui prouve que ton corps fonctionne bien, qu’il se remet en marche. Si tu écoutes ton TCA et que tu diminues ta ration en espérant atténuer ton ventre, tu ne feras que renforcer ce phénomène car ton système digestif a justement besoin d’énergie pour pouvoir relancer ta digestion et te permettre de guérir.

Tu dois passer par cette étape, de façon momentanée, pour guérir. Fais confiance à ton corps et au fonctionnement de ton organisme. Il est bien fait, s’il te fait agir de cette façon, c’est qu’il en a besoin. N’oublie pas qu’il est toujours de ton côté, il veut ta bonne santé. 

Ne hais pas ce petit ventre d’amour. Il ne fait rien de mal. Il agit pour ta santé, pour ta guérison. Il te veut du bien, alors prends soin de lui. Il mérite ton amour ♥︎

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 2 commentaires
Ventre très gonflé dans la guérison de l’anorexie

Ventre très gonflé dans la guérison de l’anorexie

Ventre très gonflé dans la guérison de l’anorexie

La guérison des troubles alimentaires est rude car lorsqu’on commence à se réalimenter, les difficultés sont autant mentales que physiques. Et l’une de ces difficultés justement, c’est ce ventre qui peut être très gonflé, notamment suite à un trouble alimentaire restrictif comme l’anorexie. Ce ventre gonflé peut s’accompagner de douleurs, ballonnements, gaz, constipation… qui rendent d’autant plus difficile à accepter. Je pense que je dédierai un article aux problèmes intestinaux durant la guérison !

Combien de personnes en guérison sont venues me poser des questions sur la normalité ou non d’avoir son ventre gonflé. Combien d’entre-elles sont venues me dire qu’on leur avait déjà demandé si elles n’étaient pas enceintes. On ne me l’a jamais demandé, mais j’imagine au combien ça doit être difficile… 

Si tu t’es déjà retrouvé face à l’une de ces deux questions, cet article va t’intéresser !

Je commence cet article en te disant que OUI, avoir un ventre gonflé dans la guérison de l’anorexie est complètement NORMAL. Non, ce n’est pas parce que tu manges trop. Ça, c’est ton trouble alimentaire qui te ment pour essayer de te garder plus près de la maladie. La cause générale de ce ventre gonflé, c’est ton passé restrictif. 

Mais je vais te donner de façon plus détaillée les principales causes physiologiques de ton corps. Cet article est complémentaire avec un autre où je te donne quelques conseils pour mieux vivre ces ballonnements (lien en bas d’article).

Comme souvent, avant de commencer, je t’incite à consulter un médecin qui pourra surveiller ta santé et t’apporter des conseils adéquats à ta situation, voire un traitement pour t’aider à mieux supporter les douleurs si tu en as. Cela te permettra d’ailleurs de t’assurer qu’il ne s’agit pas d’un SRI : Syndrome de renutrition inappropriée

Pourquoi as-tu un ventre très gonflé en guérison d’anorexie ?

1. Une digestion ralentie dû à la dénutrition

La première cause est due au fait que ton système digestif tourne au ralenti. Tu en as peut-être entendu parler puisque j’en parle souvent sur Instagram ! Ton corps ne recevant plus assez d’énergie pour répondre correctement à ses besoins, il est donc en mode “économie d’énergie”. De ce fait, il alloue le peu d’énergie que tu lui donnes sur des choses essentielles à ta survie (comme faire battre ton cœur par exemple). 

L’énergie allouée à ta digestion est bien en deçà de ce que tu devrais avoir. Or, la digestion demande énormément d’énergie pour bien fonctionner. C’est pourquoi tu as un ralentissement de ta vidange gastrique. On parle de gastroparésie : les mouvements de l’estomac tournent au ralenti. Les muscles de l’estomac qui se contractent pour pousser les aliments sont beaucoup plus lents pour économiser l’énergie. Ainsi, la nourriture que tu ingères reste plus longtemps dans ton système digestif. Pour te donner un ordre d’idée, une personne qui soufre d’un trouble alimentaire prend en moyenne 5 à 10 heures pour digérer contre 1 à 2 heures pour une personne en bonne santé. 

Le lien avec ton ventre gonflé ? La nourriture étant physiquement présente dans ton estomac, intestin… elle prend du volume dans ton ventre.

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2. La diminution des enzymes digestives et bactéries intestinales

“Bactérie” ?! Oui, mais des bactéries saines ! Ton intestin en a besoin, et tous les systèmes digestifs sains en ont. Tu en as naturellement et notamment grâce à ton alimentation. 

Le problème, c’est qu’avec la restriction, ton organisme ne fonctionnant plus correctement, il produit beaucoup moins de bactéries intestinales (saines du coup). Et cette diminution d’enzymes digestives et bactéries participent au ralentissement de ta digestion. On en revient au point 1 ! 

Mais pas de panique, ça revient avec le temps. En gros, comme tu n’as pas consommé ou peu certains aliments, ton estomac a arrêté de produire les enzymes spécifiques à la digestion de ces produits. Donc quand tu vas les manger à nouveau, ça peut être difficile à digérer. Mais ça ne veut pas dire que tu es devenu allergique à ces aliments ou que tu es intolérant, ça veut dire que ton corps a besoin de s’habituer à nouveau. Donc ce n’est pas agréable les premières fois, mais il faut continuer de les manger pour “entraîner” ton système digestif. L’arrêt total de ces aliments serait bien pire et renforcerait cette “intolérance passagère”. 

(Attention, il existe tout de même des vraies intolérances et allergies alimentaires. Donc, je te recommande comme d’habitude d’avoir un suivi avec des professionnels de santé qui sauront de donner un diagnostic). 

De plus, si tu as recouru à des vomissements ou prise de laxatifs, cela vient également impacter négativement ta flore intestinale. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
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...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

3. La faiblesse de ta zone abdominale

Lorsque le corps ne reçoit pas d’énergie suffisante, il vient puiser l’énergie en lui-même et notamment dans tes muscles. C’est pourquoi on entend souvent parler d’une “fonte des muscles” dans le cadre de l’anorexie mentale

De ce fait, les muscles qui se trouvent au niveau de ton abdomen, notamment tes abdominaux, ne sont parfois plus assez “forts” pour maintenir le ventre, qui semble alors distendu. 

Et ne te dis pas que du coup, il faut que tu fasses 50 abdos par jour ! Même pas 10, même pas 1 en fait. Ce n’est pas ça qui va t’aider dans ta guérison ni même pour “cacher” ton ventre. 

Ce qui m’amène à mon point suivant…

4. L’hyperactivité à l’origine de ton inconfort digestif

L’hyperactivité impact également ton système digestif. L’hyperactivité diminue la production d’enzymes digestives et d’acide gastrique, entraînant un ralentissement de la mobilité intestinale. L’acide gastrique aide à la décomposition, digestion et absorption des nutriments provenant de la nourriture que tu ingères. 

Dans la cadre de la guérison d’un trouble alimentaire, le sport et même l’activité physique en général sont vécues comme un stress pour le corps. L’énergie qui est allouée à l’activité physique, c’est de l’énergie en moins pour la digestion et plus globalement pour aider ton corps à guérir. Le repos est tout aussi important que l’alimentation. Ton organisme en a besoin. Tu n’es pas paresseux quand tu t’autorises à répondre aux besoins de ton corps !  

Donc non, faire des abdos en te disant que du coup ton ventre sera plus musclé c’est WRONG WAY. Tu dépenseras de l’énergie (que tu as déjà en quantité limitée) pour de l’activité physique. C’est de l’énergie en moins pour ta digestion, ce qui renforce tes ballonnements et c’est alors un cercle vicieux.

5. Et l’impact du stress sur ton ventre, on en parle ?

Les troubles alimentaires vont souvent de paires avec l’anxiété. Lorsqu’on va à l’encontre du TCA, on sort de sa zone de confort. L’anxiété se fait ressentir puissance 1000. Et c’est lorsque c’est difficile que l’on est sur le bon chemin. Mais ce stress n’est clairement pas simple à gérer pour ton petit estomac.

Lorsque tu stresses, ton système nerveux sympathique s’active. Donc ton cerveau se met en mode “combat”. C’est ce même système qui s’active si jamais tu es en danger. Par exemple, si un animal se met à t’attaquer, ton cerveau te dit de courir, de prendre la fuite. Donc, lorsque tu angoisses, le peu d’énergie que ton organisme a, il le concentre sur ta survie, il est prêt à combattre, à te protéger. Donc encore une fois, c’est de l’énergie en moins pour ta digestion, ce qui la maintient dans une digestion lente. 

Alors évidemment, la solution serait de s’alimenter de façon décontractée. Mais je sais très bien que ça, c’est la théorie. Moi-même, j’étais constamment angoissée, j’avais 1000 questions dans ma tête, des peurs plus incohérentes les unes des autres… Bref, je ne te juge absolument pas.

Par contre, avant les repas, j’avais pris l’habitude parfois de me masser la mâchoire pour me détendre le visage, ou de prendre quelques inspirations profondes avant. Cela te permet de mettre ton cerveau dans les bonnes conditions au moment des repas. Tu peux par exemple faire une séance de 1 ou 2 minutes de cohérence cardiaque. Je t’avais parlé sur Instagram de l’application Respire. Elle est gratuite. 

Manger moins pour un ventre moins gonflé : la mauvaise idée

Peut-être que tu te dis que tu devrais diminuer ta ration pour que ton système digestif soit moins en galère, pour diminuer ces ballonnements et ce ventre gonflé.  

La seule chose bénéfique que ça aura, c’est un soulagement TEMPORAIRE. Vraiment, temporaire. Les bénéfices ne durent qu’un temps. Tout comme toutes les actions qui émanent de ton TCA. 

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Mais si l’on se positionne d’un point de vue de ta guérison, en mangeant moins, tu ne donnes pas l’énergie nécessaire à ton corps pour guérir. De plus, ton système digestif a besoin d’être “entraîné” justement avec des quantités plus grandes. C’est ainsi qu’il aura l’énergie pour produire les bactéries et enzymes nécessaires à ta digestion, qu’il pourra reconstituer tes muscles, relancer le système digestif, etc. Et c’est comme ça justement qu’à termes, les ballonnements et ton ventre gonflé vont s’estomper.

Mais combien de temps ça va durer ?

Ça je ne peux pas y répondre, et personne à vrai dire. Parce que chaque personne vit son propre chemin de guérison. Il n’y pas de temporalité exacte. Le ventre gonflé s’estompera à mesure que ton corps sera re-nourrit, qu’il aura assez d’énergie pour digérer convenablement. Mais une chose est sûre, c’est que ça ne restera pas à vie, je te rassure !  

C’est temporaire. Et c’est difficile de le voir comme ça, mais c’est un signe positif de la guérison. Cela veut dire que ton organisme se bat contre le TCA, qu’il est en train de guérir. 

J’espère que ces explications t’aident à mieux comprendre pourquoi ce ventre gonflé est totalement normal dans la guérison de ton anorexie mentale. Et d’ailleurs non, ce n’est pas un cumul de graisse soudain après tes repas. 

Il n’existe pas de traitement spécifique pour ce symptôme. Mais je t’invite à lire l’article où je te donne 8 conseils pour t’aider à mieux accepter ton ventre et atténuer l’inconfort des ballonnements occasionnés par la renutrition.

Et n’oublie pas que c’est temporaire, ça s’améliore au fil de la guérison et tu as besoin de manger, d’énergie, de repos pour aider ton corps à digérer. Même si ta première réaction (ou que ton trouble alimentaire te dit) est de moins manger, la seule solution est justement de t’alimenter plus. Tu dois passer à travers cette étape de la guérison, c’est nécessaire, c’est un signe positif que ton organisme fonctionne bien. Comme je te dis souvent, fais confiance à ton corps. S’il agit ainsi, c’est qu’il en a besoin.

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 3 commentaires
Syndrome de renutrition inappropriée dans les troubles alimentaires

Syndrome de renutrition inappropriée dans les troubles alimentaires

Syndrome de renutrition inappropriée dans les troubles alimentaires

Tu l’as peut-être entendu sous un autre nom, comme syndrome de réalimentation, ou refeeding syndrom qui est la traduction anglaise du terme Syndrome de Renutrition Inappropriée. Pour aller plus vite, j’utiliserai parfois l’abréviation SRI

J’ai un peu hésité à faire cet article de blog car c’est quand même très médical comme sujet. Donc j’avais un peu peur aussi de vous faire peur. Mais en même temps, c’est aussi un sujet que vous m’avez demandé à plusieurs reprises. Donc, je me suis documentée à fond sur ce sujet, j’ai lu des revues académiques et scientifiques pour te donner le maximum d’information et t’expliquer de quoi il s’agit. Et du coup, je te donne toutes mes sources en bas de cet article.

⚠️ Cependant, je commence quand même par un disclaimer : je rappelle que je ne suis pas médecin, pas infirmière. J’ai pas fait d’études dans le domaine médical. Mais je te donne mon expérience en tant qu’ex-anorexique, survivante des troubles alimentaires. Et je passe beaucoup de mon temps à lire et à me renseigner sur des sources fiables. Mais je recommande toujours d’être accompagné par des médecins spécialisés, même le médecin traitant au moins. Mais c’est très important que tu aies un suivi de ta santé pour s’assurer que tu ne sois pas en danger. J’ai moi-même été suivi par une équipe médicale et c’est pour moi indispensable.

Le syndrome de renutrition inapproprié : c’est quoi ?

Ce terme a été utilisé pour la première fois dans le contexte de la 2nd Guerre Mondiale concernant les victimes des camps de concentration. Ils ont subi pendant une longue période de la restriction sévère forcée ou leurs apports étaient bien en deçà de leur besoin. Et lorsqu’ils sortaient des camps, ils se sont mis à remanger de grandes quantités puisqu’ils étaient affamés. Sauf que malheureusement, à cette époque, la médecine n’était pas aussi évoluée. Et certains d’entre eux sont décédés en remangeant, suite à un SRI justement. Et moi, c’est en cours d’histoire, en Première au lycée que donc j’ai entendu ça pour la première fois. Et ça m’avait tellement choquée que je me souviens encore la place où j’étais assise dans la classe que je l’ai su !

Donc on parle de syndrome de renutrition inappropriée pour désigner des réponses corporelles chez des personnes qui souffre de malnutrition et qui augmentent d’un coup leur apport nutritionnel calorique, soit volontairement de façon orale ou entérale (par sonde naso-gastrique) ou parentérale (perfusion intraveineuse). Mais c’est pas “dédié” aux patients qui souffrent de troubles alimentaires. Cela peut se produire aussi chez des personnes alcooliques, après un cancer ou d’autres maladies occasionnant une malnutrition. Je donnerai plus tard dans l’article les facteurs de risque qui déclenchent un SRI.

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser dès maintenant que le SRI est un phénomène quand même rare ! Je dis ça parce que je pense que beaucoup d’entre vous en ont peur. Et de ce fait, ça peut te bloquer dans ta renutrition. Après, c’est pas parce que c’est rare que ça ne doit pas être pris au sérieux. Et pour cause, c’est l’une des complications les plus graves qui peut arriver pour les patients atteints de TCA, notamment d’anorexie. Et ça peut même être mortel.

Qu’est-ce qui se passe dans le corps pour déclencher un sri ?

C’est là qu’on arrive sur des explications bien médicales et assez complexes, je trouve. Donc moi, je vais vulgariser le plus possible les choses pour les rendre compréhensibles. Mais si tu veux vraiment en savoir plus, je te laisse toutes mes sources en bas de l’article. Après, mon avis c’est que tu n’as pas besoin de savoir en détail ce qu’il se passe pour comprendre.

Je vais partir d’un corps en bonne santé : 

Il va décomposer les aliments ingérés et les convertir en énergie pour faire fonctionner le corps (les cellules, les tissus, les organes…). Ici, on dit que le corps est donc dans un état anabolique.

Pour un corps qui est restreint, il reçoit beaucoup moins de nourriture, en deçà de ses apports nécessaires et de ses besoins. Il a donc moins d’énergie. Sauf qu’il a besoin d’énergie pour survivre. Donc des changements dans le fonctionnement corporel vont se faire. Entre autres, le corps va décomposer ses propres muscles par exemple pour les convertir en énergie. Là, on dit que le corps est en état catabolique. C’est certainement ton cas si tu souffres d’un trouble alimentaire restrictif. De plus, le corps développe des carences et voit s’épuiser ses stocks de minéraux, vitamines et nutriments importants à son bon fonctionnement. Ceux dont vont notamment impacter le SRI sont les suivants : les taux de potassium, thiamine, glucose, phosphore, magnésium, sodium et azote. 

Lorsque le corps est à nouveau nourri, qu’il sort de la restriction, il revient à son état anabolique. Sauf qu’un changement trop brutal peut entraîner des changements métaboliques et hormonaux.

En gros, si j’ai bien compris : la réalimentation entraîne une augmentation de l’insuline dû à l’augmentation des glucides. Cela stimule la synthèse de glycogène qui nécessite l’utilisation des vitamines et minéraux dont on a parlé juste avant, qui sont déjà presque épuisés. De ce fait, des changements s’opèrent au niveau métabolique entraînant un déséquilibre électrolytique et hydrique (de liquide). De là, le corps connait une diminution brutale du phosphate, du potassium et du magnésium. Alors que ce sont déjà des éléments en carence.

En vrai, c’est clair ce que je dis ? J’ai l’impression que c’est quand même assez compliqué ! Mais comme je te disais, tu n’as pas besoin de comprendre exactement ce qu’il se passe pour te renourir en toute sécurité.

Les symptômes d’un sri : comment le reconnaître ?

Les symptômes non exhaustifs cités sont les suivants :

  • Fatigue
  • Se sentir faible
  • Confusion, désorientation
  • Irrégularité des battements du cœur (avec risque d’arrêt cardiaque)
  • Difficulté respiratoire
  • Pression artérielle élevée
  • Œdèmes 
  • Coma
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Mais je pense que cela dépend de ton état de malnutrition, et ça dépend de chaque personne. En tout cas il ne faut pas avoir tous ces symptômes pour que ce soit un SRI. Mais ces symptômes sont très graves et si tu en ressens un, je te conseille vivement d’en parler à ton médecin pour que ta santé soit sous surveillance.

⚠️ Dans tous les cas, au moindre doute, parles-en à ton médecin. Il vaut mieux faire de la prévention, comme on dit “il vaut mieux prévenir que guérir”. Tu n’as qu’une vie !

Quels sont les facteurs de risques à développer un syndrome de renutrition ?

Les “critères” ou plutôt facteurs de risques énumérés dans les différentes sources présentées en bas d’article sont les suivants : 

  • Patient souffrant d’anorexie mentale
  • Patient ayant un Indice de Masse Corporelle (IMC) inférieur à 16. 
  • Patient qui ne s’alimente plus ou peu depuis 5 à 10 jours (certains parlent de moins de 1000 calories quotidiennement)
  • Patient recourant à de la purge (diurétique, laxatif)
  • Patient présentant des résultats sanguins avec de faibles taux de magnésiums, phosphate (hypophosphatémie : faible teneur en phosphate), potassium
  • Patient qui a connu une perte du poids rapide
  • Patient ayant un antécédent avec l’alcool, la chimiothérapie ou l’insuline

Je tiens à préciser qu’il ne faut pas être dans un état de malnutrition sévère ou en insuffisance pondérale pour déclarer un SRI. Je veux dire que si tu consommes moins de 1000 calories par jour pendant rien que 5 à 10 jours puis d’un coup 2000 ou 3000 calories, ça peut être trop brutale pour ton organisme. C’est pas une question d’intensité ou de poids. Tout simplement parce que ton corps n’est plus habitué à recevoir cette quantité dans l’alimentation que tu lui donnais.

Le SRI survient généralement dans les premiers jours de réalimentation. Certaines sources parlent de 24 à 72 heures, d’autres de 5 jours. Donc apparemment, si cela fait plus longtemps que tu te réalimentes, les dangers sont beaucoup plus faibles voire sont inexistants. Encore une fois, je te conseille fortement d’avoir un suivi avec un médecin qui lui seul saura t’apporter un diagnostic et surveillera ton état de santé. 

Comment prévenir le développement d’un sri ?

Je le redis au risque de me répéter, mais je conseille plus que fortement d’être accompagné par un médecin. C’est vraiment super important pour ta santé. 

C’est important d’avoir une surveillance médicale avec des analyses régulières de ton sang et de tes electrolytes & liquide soient faites. 

Les sources données indiquent également la réintroduction progressive de l’alimentation. C’est effectivement le traitement que j’avais eu lorsque j’ai été hospitalisée.

Le nombre de calories était augmenté par palier de 100 à 200 calories tous les 2-3 jours. Puis j’avais des analyses tous les 2-3 jours pour voir si mon corps réagissait bien et que donc on pouvait maintenir l’augmentation. 

L’idée est d’augmenter par palier jusqu’à atteindre 2000 calories, donc ça doit se faire sous 10 jours approximativement. 

Mais ça, c’est clairement de la théorie dans les revues scientifiques. Après, c’est ce qui est en effet fait à l’hôpital. Mais bon, je trouve que ça oblige donc à calculer ces calories et c’est pas top. Parce que, sans faire de généralité, les personnes qui souffrent de TCA ont tendance à être perfectionniste et vont vraiment compter à la calorie près.

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Donc encore une fois, le mieux c’est que tu aies un suivi avec des médecins spécialisés, notamment sur ta nutrition, avec des diététiciens, pour que ce soit géré par des professionnels plutôt que ce soit une source de stress en plus pour toi.

Il me semble qu’à l’hôpital j’avais aussi des compléments de vitamine à côté pour aider mon corps à se remettre en route en gros. 

Mais après, je peux pas te dire combien tu dois reprendre de calorie par jour. C’est vraiment au cas par cas. Donc les revues scientifiques, académiques c’est bien mais la réalimentation, c’est personnalisé. Ça dépend de chacun, de ton organisme, de ton poids, de tes taux sanguins… et là-dessus, une aide de la médecine est indispensable. C’est tellement “touchy”, parce que même si c’est rare ça reste potentiellement mortel, donc vraiment ne prend pas ça à la légère et sois encadré. 

Je parle aussi de cette expérience dans un épisode de podcast : 

Et du coup, moi : mon histoire avec le sri

Est-ce que j’ai fait un syndrome de renutrition inapproprié ? Eh bien, je pense qu’il y a des contenus où j’ai dû écrire que oui. Parce que je le pensais sincèrement et que l’on m’a dit ça même ! 

Je vais te raconter mon histoire en entier pour que tu puisses avoir tous les tenants et les aboutissants.

Je me souviens de ce jour-là avec beaucoup de précision. C’était le 25 Mai 2017, un jeudi. C’était l’ascension donc c’était férié. Et franchement HEUREUSEMENT. Parce que sinon j’étais dans mon appartement à Lille, seule. Et là, j’étais toute la journée chez mes parents. Je sais pas si c’est la vie qui est bien faite ou si c’est mon corps qui a compris que là il pourrait demander de l’aide. Mais c’est arrivé ce jour-là.

Une précision important à t’apporter, c’est le fait que 3 jours plus tôt j’avais été aux urgences dans la nuit prise de douleurs atroces au niveau de l’estomac. Expérience assez catastrophique dans cet hôpital où ils ont perdu mes analyses, j’y dû les refaire pour qu’au final, ils me disent que j’avais une gastro. Je suis sortie toujours avec un grand mal au ventre. Le mercredi, le mal de ventre s’était à nouveau fait ressentir dans l’après-midi.

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Bref, toujours est-il que j’étais étudiante, en Master 1 en école de commerce et alternante en même temps. Donc j’avais un rythme de vie assez intense. Ce jour-là, jour férié, j’avais prévu de bosser sur mes cours. Donc, je me lève tôt comme d’habitude. Je suis le genre de personne qui se lève au premier retentissement de son réveil. Mais pas ce matin-là. Je m’étais même surprise à rappuyer sur le bouton “réveil moi dans 10 minutes”. 

Je me souviens que quand j’ai décidé de me relever, je me suis d’abord mis au bord du lit en me disant “Allez Mathilde, tu peux le faire, faut que tu marches jusqu’à la cuisine, t’en as pour 10 pas à peine”. Vraiment, d’habitude je suis une personne super vive, même à 6 heures du matin quoi.

J’ai compris qu’il y avait un truc qui n’allait pas. Je me souviens m’être dit “Merde, ça y est, mon corps me lâche”. Quand j’étais anorexique, je voulais que mes parents me laissent tranquille donc je ne voulais pas qu’ils s’inquiètent pour moi donc généralement, je ne disais rien. Mais ce matin-là, la première chose que j’ai dite en me levant à mes parents qui déjeunaient dans la cuisine, c’était “Je me sens pas bien du tout”. Je crois que j’ai été prise d’une peur ce jour-là : la peur de mourir. 

Du coup, j’ai décidé de manger exactement comme mes parents. D’habitude le matin, je mangeais un yaourt et une demi-pomme (ce qui est clairement pas assez !!). Ce jour-là, j’ai mangé un bon bout de baguette avec du Nutella. Très vite, j’ai eu extrêmement mal au ventre. Je suis partie m’allonger dans mon lit où je travaillais sur mes cours. Sauf que je n’arrivais pas trop à garder ma concentration sur mes cours. J’avais toujours cette peur que mon corps était en train de me lâcher. J’envoyais des messages à ma sœur en lui disant que je prenais conscience qu’il fallait que je me soigne. Et je lui disais dans un message que j’avais même peur qu’il ne soit trop tard. 

Arrivé l’heure du midi, même chose qu’au petit-déjeuner, j’ai pris exactement la même chose que mes parents. Ma mère avait préparé de la viande de bœuf, il me semble, avec des lentilles et des légumes, je crois. J’essayais vraiment de manger mais je n’arrivais pas trop. Mais là, c’était pas la peur des aliments. Bizarrement, je n’avais pas peur de l’aliment mais plutôt peur que mon corps me lâchait. Donc je me forçais, mais j’avais tellement mal au ventre. La douleur s’intensifiait. Ma mère m’a aidé à marcher jusque dans mon lit. Je hurlais de douleur tellement c’était insupportable. Et je pense qu’il devait être aux alentours de 14 heures quand ma mère a dit à mon père qu’on allait aux urgences. Du coup, pas aux mêmes urgences que 3 jours plus tôt.

Heureusement, on était à 15 minutes de ces urgences. Mais tout le long de la route j’avais horriblement mal. Les urgences, c’est pas fun. Les urgences un jour férié, ça l’est encore moins. Il y avait beaucoup moins de personnel j’avais l’impression. 

Arrivée aux urgences, j’ai commencé à vomir involontairement. J’étais allongée dans un brancard. Je me sentais de plus en plus faible, j’avais l’impression que mon cœur s’essoufflait. Je crois avoir le souvenir qu’une infirmière est venue poser une pastille rouge sur mon dossier. Et de ce fait, je suis passée un peu en priorité. 

Je vomissais beaucoup. Ça demandait un effort incroyable je crois pour mon corps qui était épuisé. J’avais l’impression qu’à chaque fois que je vomissais, mon cœur ralentissait un peu plus. Et cette douleur au ventre… 

Ce jour-là, ce moment-là, j’ai vraiment cru que j’étais en train de mourir. Sincèrement, je me suis dit “merde, les médecins avaient raison en fait, on peut en mourir”. La veille, j’étais en train de bosser en entreprise, je marchais dans la rue. Enfin, jamais j’aurais cru quoi ! Et j’ai même dit à mes parents que ce n’était pas leur faute, qu’ils avaient tout fait pour m’aider. Je leur disais au revoir en fait…

Bon, du coup, spoiler : c’était pas mon heure ! Sinon je ne serais pas là en train d’écrire ça. Mais franchement, ça a été trèèèèèès long avant qu’on trouve ce que j’ai. Comme j’avais vomi involontairement, j’avais moins mal au ventre. Mais j’étais quand même pas bien du tout. C’est genre vers 1 ou 2 heures du matin qu’ils ont posé un diagnostic, après des prises de sang, des radios, etc.

À ce moment-là, j’avais pas tout compris. Parce que je n’étais pas en état. Mais on m’avait dit que c’était suite à la renutrition que j’avais fait, suite à mon anorexie. Et je suis presque certaine qu’on m’a parlé d’un syndrome de renutrition. Voilà pourquoi je pensais que j’en avais fait un ! 

Sauf qu’en faisant cet article, j’ai repris le courrier de ma sortie d’hôpital et du coup, j’ai vu que ce n’était pas exactement ça ! 

Je vous dis exactement ce qui était écrit : “On note un syndrome de la pince aorto-mésentérique suite à une réalimentation en raison d’une dilatation gastro duodénale.”

Du coup, en lisant ça, j’ai été voir sur internet ce que c’était un Syndrome de la Pince aorto-Mésentérique. Déjà le nom fait faire des gros yeux haha. Pour aller plus vite, je dirai “SPAM”.

Apparemment, c’est un syndrome assez rare qui peut subvenir chez des patients en dénutrition sévère ou en conséquence d’un hypercatabolisme, notamment pour les patients qui ont connu une chimiothérapie ou une chirurgie lourde. 

Et du coup c’est une obstruction duodénale secondaire à une pince anatomiquement acquise dû à la compression du troisième duodénum par l’artère mésentérique supérieur et l’aorte en arrière dû à la disparition du tissu graisseur périvasculaire. 

Wooow. Genre cette phrase était super longue et compliquée ! Et “duodénum” je l’ai beaucoup entendu dans la nuit du 25 au 26 Mai 2017 dans la bouche des médecins aux urgences. Sauf que j’avais entendu “Duo des Gnomes”. Genre un problème entre un couple de gnomes quoi. Bon j’en rigole aujourd’hui, pour te faire sourire, mais clairement, à ce moment-là, c’était pas une partie de plaisir.

Du coup j’ai eu une sonde pour “aspirer” il me semble ce qui était bouché dans mon système digestif. Mais c’était pas certain que ça marche. Alors c’est pas une sonde alimentaire, c’est un peu plus gros. Et c’était super douloureux la pose. Et j’ai eu ça quelques jours. Et heureusement, ça a marché ! Parce que sinon, je sais qu’ils auraient dû m’opérer mais ils avaient dit à mes parents que c’était risqué dû à mon insuffisance pondérale et à l’épuisement de mon corps.

À la suite de ces quelques jours aux urgences, j’ai été transporté en réanimation une dizaine de jours où j’ai été alimenté par sonde alimentaire cette fois-ci. Donc ils ont échangé les sondes en gros. Et après ça, moi j’ai demandé à être hospitalisée en service de trouble alimentaire où là j’ai eu une réintroduction de mon apport nutritionnel progressif et sous la surveillance des médecins.

Donc tu vois, c’est pas un “refeeding syndrom” à proprement parlé. Mais je trouve que ça y ressemble, du moins dans le fait que c’était suite à de la réalimentation et en conséquence à la malnutrition causée par mon anorexie. Mais après métaboliquement ou corporellement, ça n’était donc peut-être pas un SRI.

Voilà, j’ai terminé cet article ! J’espère qu’il t’aura aidé à comprendre les choses et la gravité des troubles alimentaires. 

Mon but c’était évidemment pas de te faire peur. Je te rappelle que c’est rare comme phénomène mais ça ne veut pas dire impossible, ni que tu es une exception et que “ça n’arrive qu’aux autres”. Jusqu’au jour où ça t’arrive à toi.

Donc, je me répète, vraiment, fais-toi accompagner de médecins, c’est super important ! 

Prends soin de toi, tu n’as qu’une santé, qu’une vie ! 

Comme promis, mes sources pour faire ce contenu :

 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 1 commentaire