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Faim extrême et anorexie : mon histoire

Faim extrême et anorexie : mon histoire

La faim extrême est la chose la plus compliquée que j’ai eu à traverser dans tous mes troubles alimentaires. Mais c’est aussi pour moi cette période qui m’a beaucoup aidé à guérir de l’anorexie.

Je suis toujours partagé entre en parler ou non. Parce que d’un côté, j’ai peur de faire peur à celles et ceux qui sont en guérison mais qui ne connaissent pas la faim extrême. Je ne voudrais pas qu’ils soient en stress par mon témoignage. Mais en même temps, les fois où j’en ai parlé, j’ai eu des retours très positifs de personnes me disant que ça les a beaucoup aidées. 

Donc je fais le choix de vous raconter mon histoire avec la faim extrême. Cependant, je tiens quand même à rappeler que tout le monde ne vit pas la faim extrême. Ce n’est pas une étape indispensable par laquelle il faut passer pour guérir des troubles alimentaires. Donc si tu me lis et que tu ne le vis pas, ne t’inquiète pas en avance, vis à l’instant présent car ça ne veut clairement pas dire que tu traverseras ça. Et même si tu le vis, sache que personne ne le vit de la même façon : certain la connaisse de temps en temps, d’autre de façon plus régulière, certain à faible intensité, d’autre à forte intensité. C’est vraiment propre à chacun et ça dépend de nombreux facteurs.

Enfin, je voulais dire que l’on dit “faim extrême”, ou « extreme hunger » en anglais, mais une fois, on m’a parlé de faim réparatrice ou faim adaptée. Et je trouve ça beaucoup plus approprié ! “Extrême” peut paraître péjoratif, violent et peut sembler imposant, ça peut faire peur. Mais c’est une faim NORMALE de ton corps suite à ton trouble alimentaire.

Du coup, je vais te raconter comment ça s’est passé pour moi la faim extrême lorsque je souffrais d’anorexie :

La faim extrême quand je perdais du poids

J’ai connu la faim extrême assez rapidement avec l’anorexie. Sauf que je ne savais pas que ça s’appelait ainsi. Je pensais surtout que je ne savais pas me contrôler. 

D’ailleurs, c’est récemment que je l’appelle comme cela, depuis un peu plus d’un an. Avant, j’appelais ça des compulsions alimentaires. D’où le nom de mon article à ce sujet où je te donne déjà quelques conseils d’ailleurs. 

Si tu as écouté mon épisode de podcast où je te raconte mon histoire avec les troubles alimentaires, tu te souviens peut-être que je suis tombée malade en 2015. Et c’est en fin 2016 que j’ai commencé à sentir une faim extrême. En réalité, à ce moment-là, elle n’était pas si “extrême” au vu de ce que j’ai connu après. Elle se déclenchait en postprandial, soit juste après les repas. Je me resservais en pain, en pomme, en yaourt. Parfois, c’était juste reprendre 2-3 tartines de pain, 1 ou 2 pommes en plus. D’autre fois, je reprenais 10 pommes et le paquet de pain entier. C’étaient les 3 éléments sur lesquels je “compulsais”. Je finissais par avoir peur de commencer à manger pendant les repas parce que j’appréhendais qu’une compulsion arriverait. Et surtout, la culpabilité après me rongeait tellement que ça me gâchait la vie, c’était impossible de me concentrer sur quoi que ce soit d’autre.

Mais j’arrivais (malheureusement) à avoir le contrôle. Je dis “malheureusement” car au fil de ma guérison, j’ai compris que lorsque je pensais avoir le contrôle, c’était en fait le trouble alimentaire qui prenait le dessus sur les véritables besoins de mon corps. Et mon corps allait reprendre justement le contrôle de ses besoins tôt ou tard par cette faim extrême. Et c’était souvent très difficile à accepter pour moi lorsque ça venait.

À chaque fois que cela arrivait, je pensais que je manquais de volonté. Je n’avais absolument pas fait le rapprochement avec le fait que mon corps puisse avoir faim, avoir besoin de ça… Ou du moins, je ne pouvais pas concevoir que mon corps ait besoin d’autant d’énergie. 

Alors j’avais cherché des astuces sur internet. Je tombais tout le temps sur “fringales”, “boulimie”, “hyperphagie”. Mais ça ne correspondait pas exactement à ce que je vivais. J’étais perdue. J’avais essayé de manger de façon plus intuitive, sans distraction, plus calmement, en faisant de la relaxation… Rien n’y faisait !

À ce moment-là, cette faim extrême se faisait quand même rare. Je dirais 1 fois par mois voire tous les 2 mois. 

Puis, ma faim extrême s’est intensifiée

Cette fois, nous sommes à peu près un an plus tard, en 2018. J’avais déjà fait une hospitalisation où j’avais rechuté 1 mois après ma sortie. Nous étions en janvier, vers la fin du mois. Le 01 de l’an, j’ai fait le vœu de guérir pour cette nouvelle année. 

Les deux derniers mois de 2017, novembre et décembre, la maladie m’avait totalement anéanti. J’avais extrêmement peur des fêtes de fin d’année et j’avais, en réponse à ce stress, augmenté la restriction. Mon corps n’en pouvait plus. Il était en détresse physique, mentale et émotionnelle aussi. Je me souviens avoir demandé à ma mère de me ramener dans mon appartement, seule, le lendemain de Noël. Alors que toutes les vacances de Noël j’adorais les passer dans ma famille, au coin du feu, dans une ambiance chaleureuse. Là, je fuyais les autres, je me renfermais sur moi-même. Et je me souviens d’ailleurs, lorsque ma mère m’amenait dans mon appart’ à Lille, les larmes coulaient, car je savais qu’une fois seule, l’anorexie allait me dévorer d’autant plus. 

Et c’est à partir de la mi-janvier que j’ai connu une faim extrême très “violente”. En réalité, je dis “violente” mais tout est relatif. De mon point de vue, en tant que personne souffrant d’anorexie, c’était violent. Mais en vérité, aujourd’hui en prenant du recul, je sais que c’était totalement mesuré avec le passé restrictif et les carences d’énergie que mon corps subissaient.

Sauf que je rappelle, je ne savais ABSOLUMENT pas ce qui se passait, je connaissais pas la faim extrême. Je ne comprenais pas mon corps. Je n’avais pas faim mais je ne pouvais rien faire d’autre que manger. Même quand physiquement j’avais super mal au ventre, je continuais de manger.

Je comprenais quand même que mon corps était restreint, alors j’essayais d’augmenter mes apports mais en vain, cela m’ouvrait toujours plus l’appétit. Et comme je ne m’autorisais pas à acheter quoi que ce soit sur quoi je pourrais “craquer”, j’allais dans les boulangeries, les magasins pour acheter de la nourriture à manger. Et j’allais vers tous les aliments que je redoutais : des céréales, des gâteaux, des muffins, des viennoiseries, de la glace, etc. Tout ce qui était sucré me donnait envie. Je ne comprenais pas comment je pouvais avaler autant, j’avais extrêmement mal au ventre, j’avais la sensation que j’allais exploser et pourtant, je continuais de penser à manger, et j’achetais, et je mangeais… 

J’ai dépensé TELLEMENT d’argent durant cette phase-là. Mais je ne calculais pas, je n’étais plus moi-même.

En fait, je ne voulais pas acheter ces aliments qui me donnaient envie parce que je ne voulais pas me l’autoriser. J’étais persuadée que si je les avais chez moi, je compulserais d’autant plus. En réalité, cela augmentait le caractère restrictif de ces aliments, ce qui engendrait encore plus de faim extrême. 

Comme je ne les avais pas chez moi mais que j’avais terriblement faim, à chaque fois, ça se passait dans la rue. J’achetais en me disant que je ne devrais pas. J’étais dans un état de stress… Je commençais toujours par les boulangeries car le pain, c’était ce que je pouvais m’autoriser à peu près. J’achetais un premier pain dans une première boulangerie. Je croquais quelques crocs dedans. Je le jetais, puis je retournais dans une autre boulangerie faire la même chose mais avec un autre type de pain. J’avais besoin de goûter à tout ce que je ne mangeais plus, tous ces types de pain qui me donnaient envie. Dans la queue, lorsque je réfléchissais à ce que j’allais acheter, j’étais perdue face au choix qu’il y avait. C’est comme ci il fallait absolument que ce que je mange soit incroyable en bouche. Pourtant, lorsque je le mangeais, je ne savourais même pas.

Je mangeais de plus en plus à chaque nouvelle boutique que je faisais. Pourtant, je ne ressentais jamais cette sensation de satiété. J’avais toujours ce besoin de manger, alors que je n’avais pas l’impression d‘avoir faim. C’était super ambivalent.

Je mangeais en stress, debout, en marchant et en pensant à ce que j’allais manger juste après. Après les boulangeries, je passais aux rayons de supermarché où j’achetais des gâteaux, des céréales. Et je faisais la même chose qu’avec le pain : je n’en mangeais qu’un peu, je croquais dans quelques biscuits puis je jetais pour recommencer l’achat. Et enfin, j’allais dans des Starbucks ou des Nothing Hill Coffee pour acheter des cookies, des muffins. Et c’était ça ce que je voulais vraiment en fait : les muffins, les cookies qui me donnaient vraiment envie depuis le début, mais que je ne m’autorisais pas.

Dans le fond, je le savais. Mais pourtant je recommençais le même schéma.

Et ça, je le répétais tous les 2 jours.

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(Je sais que ça faisait beaucoup de gaspillage alimentaire la façon que j’avais de faire mes compulsions. Et je peux te dire que j’aurai aimé ne pas le faire. Mais c’était plus fort que moi. D’ailleurs ça m’était déjà arrivé de donner mes restes à des sans abris.)

J’ai tellement fait de compulsions dans certaines rues qu’il y a des rues où mon corps se souvient et je me sens mal en les traversant de nos jours. Pour ceux qui connaissent Lille, c’est notamment les rues Faidherbe, Nationale et la rue de Béthune. C’est dommage parce que c’est un peu le centre de Lille donc quand j’y retourne parfois (ce qui est rare du coup), je suis presque obligée d’y passer. Bref.

J’étais une fille très studieuse, très pro. À ce moment-là, j’étais en Master d’une école de commerce. Je faisais 3 semaines en alternance et 1 semaine de cours. Lorsque j’étais à l’école, je dévalisais les distributeurs automatiques. J’avais tellement honte : la fille qui paraissait anorexique et ne bouffait rien se met à manger des gâteaux par dizaine. Voilà ce que je me disais que les autres pensaient.

Et les 3 semaines où j’étais en alternance, je bossais à la Voix du Nord qui se trouve sur la Grande Place, au centre quoi. Donc je partais plus tôt de chez moi pour avoir le temps de faire ma compulsion. C’est comme ci je la prévoyais même si je ne le voulais pas, c’était super ambivalent.

Un jour, je me suis arrêtée de faire ma compulsion pour aller au boulot parce qu’il était l’heure. Mais une fois arrivée au boulot, j’avais encore tellement envie de manger que je suis repartie en laissant toutes mes affaires. J’ai averti ma manageuse que j’avais quelque chose à faire et que je revenais d’ici 15 minutes. +1h30 plus tard, j’ai pris mon portable et vu une dizaine d’appels de mon équipe. Je n’avais même pas vu le temps passer tellement j’étais dans un état second. Pour dire à quel point la faim extrême avait une puissance sur moi incroyable.

J’étais comme dans un état second pendant ces moments de “crises”. Et ça devait se voir : je me souviens du regard des autres. Certains devaient connaître et me regarder avec empathie. D’autres me regardaient comme ci j’étais folle. Et j’avais vraiment la sensation d’être folle à vrai dire. Et puis il y a les gens qui travaillaient dans les boulangeries, les magasins et les salons de thé dans lesquels j’allais toujours. Parfois j’allais 2 ou 3 fois dans ces enseignes le même jour, à quelques minutes d’intervalle. J’avais tellement honte…

Je rentrais chez moi épuisée, comme-ci une tornade venait de me dévaster de l’intérieur. Je me retrouvais seule dans mon appartement avec toute la culpabilité qu’il soit. J’appelais ma mère en pleurant. J’avais des douleurs horribles au ventre qui ne m’aidaient pas à accepter ces compulsions. Je me sentais énorme, sale d’avoir mangé tout ça. Mon corps me dégoutait, la nourriture me dégoutait. Je ruminais constamment en repensant à tout ce que j’avais mangé. Et j’établissais un plan pour contrebalancer tout ça avec de la restriction et du sport. Et j’enchaînais souvent avec de nombreuses heures de compensation. Évidemment, “grosse erreur” mais le trouble alimentaire était encore trop fort et je n’avais pas les bonnes clés pour y faire face.

J’étais à bout, épuisée, seule. Je me demandais comment je pourrais arrêter ce cercle vicieux infernal de la compulsion/restriction. Et c’est là que j’ai demandé une nouvelle hospitalisation, en février, en me disant que j’avais besoin de me sevrer de mes crises. J’étais persuadée qu’il s’agissait de boulimie. 

Évidemment, durant l’hospitalisation, impossible de faire ces crises puisque tous les repas étaient supervisés. Mais à peine 15 jours après être sortie de ces 3 mois d’hospitalisation, les crises sont revenues.

Nous étions en Juin 2018, j’avais rendu mon appartement. Donc cette fois, j’habitais chez mes parents. Donc plus à Lille, plus en ville. Et là, lorsque ça me prenait, je partais en voiture dans les magasins les plus proches et je reproduisais exactement la même chose qu’en janvier dernier. J’achetais plein de choses que je mangeais dans ma voiture. Je parcourais des kilomètres pour tester plein d’enseignes différentes. 

J’étais chez mes parents et ma mère achète pas mal de gâteaux pour les goûters de mes neveux. Un soir, alors que j’avais déjà fait une compulsion au matin, j’ai commencé à dévorer tous leurs goûters. Et c’est là que j’ai commencé à manger aussi ce qui se trouvait chez mes parents. C’est de là aussi que de 1 crise par jour, je suis passée à 2 voire 3 crises quotidiennement. Ma journée se résumait entre faire une crise, dormir, pleurer, faire une crise, dormir, pleurer, etc. 

(Je précise juste que je ne me suis jamais faite vomir pendant cette période. Plus tard j’aurai essayé mais genre 3 ou 4 fois. Donc c’était pas du tout quelque chose de récurrent. Je le précise car souvent quand on entend « crise » on pense à vomissement après. Mais c’est pas automatique la preuve. Et j’emploie le terme « crise » mais c’était de la faim extrême. Et comme je n’acceptais pas de répondre à cette faim extrême, ça se transformait en ce que j’appelle des crises tellement les émotions étaient intenses.)

J’avais des comportements dont j’avais tellement honte : je mangeais toujours de cette façon bizarre, de croquer un bout puis de le jeter, tellement je culpabilisais en fait. Mais comme j’étais chez moi, il m’arrivait très souvent de récupérer dans la poubelle ce que j’avais jeté au-dessus pour continuer de le manger. Parfois, je me levais la nuit pour manger. J’essayais de faire le moins de bruit possible parce que mes parents dormaient et qu’une fois ma mère s’était levée. J’avais tellement honte… 

D’ailleurs, mes parents ne savaient pas comment réagir. J’étais presque passée de manger que des fruits et légumes à ne manger que des aliments sucrés et gras. Mon père une fois m’avait dit “Mais tu devrais manger un peu plus de légumes et de fruits, c’est meilleur pour la santé…”. Évidemment, très difficile à entendre mais ils ne connaissaient pas non plus ce que je traversais.  

Je ne savais plus quoi faire. J’avais la sensation que ça ne s’arrêterait jamais.

J’avais demandé à ma mère de me prendre tout mon argent, ma carte bleu. Mais j’avais fini par réussir à voler. Je lui avais dit de m’empêcher de partir de la maison, j’avais fini par fuguer par la fenêtre. Je lui disais de cacher tout ce qui pouvait me donner envie. J’ai fini par “retourner” la maison pour trouver ces gâteaux que j’avais tellement envie.

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Je voyais que mon corps commençait à changer, je ne rentrais plus dans mon Jean’s. J’avais terriblement peur. Je me disais que ça y est je reprenais du poids, je mangeais tous ces aliments. Donc mon corps devrait ne plus en avoir besoin. Mais non, ça continuait. J’avais terriblement peur que ça ne s’arrête jamais, que je grossisse indéfiniment.

Je ne pouvais pas compter mais je sais qu’approximativement, j’allais parfois jusqu’à 10 000 calories par jour. Je ne pensais qu’à manger, du matin au soir. Et j’étais attirée par du sucré, tout le temps. Je pensais que je devenais addict au sucre, que je devenais une mangeuse émotionnelle, hyperphagique. Au plus le temps passait, au plus je me disais que c’était en fait peut-être juste une mauvaise habitude que j’avais prise. 

À chaque repas, même en plein milieu de la journée, je mangeais d’énorme quantité. Je me demandais si j’avais vraiment faim. Pour moi je n’avais pas faim vu tout ce que j’avais mangé, de toutes les douleurs que je ressentais au ventre. À chaque fois que je faisais une crise, je me disais que c’était la dernière. Mais ça n’était jamais la dernière…

Mais la faim extrême est normale

Sauf que tout ça, tout ce que je viens de te raconter, c’est NORMAL.

Et c’est même prouvé scientifiquement, comme j’en parle dans l’expérience menée dans le Minnesota !

Je dis pas qu’il faut que tu passes par là absolument pour guérir. Certaines personnes ne connaissent pas la faim extrême comme je te l’ai dit. Certaines personnes ne la connaissent qu’un peu. Enfin, la façon dont je l’ai vécu n’est clairement pas la façon dont tout le monde le vit. Et d’ailleurs, si je l’ai vécu d’une façon aussi  “violente” c’est parce que je ne l’acceptais pas et que je répétais des erreurs que j’ai compris avec le temps.

Mais je te dis cela pour que tu saches que si tu te reconnais dans ce discours, tu n’es pas anormal. C’est une réponse biologique de ton corps face à tout ce que ton TCA a causé sur ton corps. 

Parallèlement à tout ce que je t’ai raconté là, et surtout depuis Juillet 2018, j’ai commencé à vraiment mettre en place des choses pour ma guérison : 

  • J’étais accompagnée par une psychiatre, je suivais également une TCC (Thérapie Cognitivo-comportemental) où j’ai travaillé sur mes problématiques de faim extrême avec des exercices concrets.
  • J’ai mis en place des petites actions, essayé des choses que je lisais dans des bouquins.
  • J’ai lu beaucoup beaucoup de revues scientifiques, académiques ou autres bouquins pour m’expliquer le fonctionnement du corps humain, les mécanismes du cerveau.
  • J’ai mieux compris la faim extrême, comment je devais agir, les actions que je faisais qui me maintenaient davantage dans la faim extrême…

Alors ça ne s’est clairement pas fait du jour au lendemain, rien n’a été magique et ça n’a pas disparu d’un coup. Cela m’a demandé un vrai travail sur moi-même, sur mes croyances erronées, sur mon rapport au corps, sur le fait de répondre aux besoins réels de mon corps, sur un changement d’état d’esprit quant à la faim extrême.

Mais une chose est sûre, c’est que toutes ces informations que j’ai apprises, toutes ces prises de conscience et actions que j’ai mises en place m’ont clairement aidé à accepter et à surmonter ma faim extrême. 

Alors petit à petit, la faim extrême s’est estompée jusqu’à totalement disparaître. Parfois elle revenait, mais d’une façon beaucoup moins “violente” et je savais comment réagir, comment mieux l’accepter pour m’assurer qu’elle ne revienne pas, que mon corps ait obtenu réponse à ses besoins.

 

Mais comment je pourrais faire pour t’aider ?

Nombreux d’entre-vous m’ont envoyé des messages me parlant de la faim extrême et du fait que vous n’arriviez pas à la gérer. 

Nombreux d’entre vous aviez 1000 questions auxquelles vous ne parvenaient pas à répondre. Et peut-être que t’en fait partie. 

Mais c’était impossible pour moi de répondre en 1 ou 2 messages, vocaux, emails. Et c’est super frustrant parce que j’ai plein de choses à dire, des conseils, des exercices à donner…

Donc c’est pour ça que je me suis plongée sur un contenu vraiment complet et qualitatif qui pourrait vraiment aider. C’est pourquoi j’ai créé le programme Pulsion de Vie pour répondre à toutes les questions que tu te poses, pour comprendre ce qui se passe dans ton corps, pour identifier les causes & déclencheurs de ta faim extrême. Je veux te donner toutes les clés pour t’aider à savoir comment gérer le moment-même où ta faim extrême se fait ressentir et gérer l’après : soit la culpabilité, tous les sentiments négatifs et effets indésirables qui arrivent à ton corps durant cette phase. 

Pulsion de vie c’est un programme de 34 vidéos, avec plus de 5h30 d’explications, de prises de conscience, de partage d’expérience des erreurs que j’ai faites et de ce qui m’a vraiment aidé. Avec ça, tu as un ebook de 60 pages où je te propose 21 exercices concrets à réaliser pour t’aider durant cette phase de faim extrême. Et en plus de ça, il y a de nombreux autres bonus. 

Je me souviens de nombreuses fois après les compulsions : J’étais dans mon lit, recroquevillée en tenant mon ventre douloureux. Je pleurais parfois, j’avais peur, j’étais perdue avec 1000 questions en tête. Et je cherchais du contenu sur internet pour m’aider. J’aurais tant aimé avoir une personne qui aurait vécu la même chose et qui s’en serait sortie. 

Alors j’ai voulu être cette personne. 

Ce programme c’est tout ce que j’aurais aimé savoir avant, toutes les réponses aux questions et aux peurs que j’avais, tous les conseils que j’ai appliqués.

Ce programme je l’ai appelé Pulsion de vie car avec beaucoup de recul, avec le temps, j’ai véritablement vu la faim extrême comme une pulsion de vie. C’est-à-dire que c’est mon corps qui voulait vivre, qui demandait l’énergie qu’il n’avait plus pour vivre. Encore une fois, c’est une faim de guérison, une faim réparatrice. 

Je te laisse découvrir tout ça si cela t’intéresse sur l’onglet programme de mon site internet norainnoflower.com ou directement en description. 

J’espère que ce témoignage t’a aidé à te sentir moins seule, à prendre conscience que tout ce que tu ressens n’est pas signe d’un manque de volonté où d’une perte de contrôle, d’une addiction au sucre ou quoi que ce soit d’autre. C’est quelque chose de complètement normal dans le cadre de la guérison d’un trouble alimentaire. N’hésite pas à me partager en commentaire ton expérience avec la faim extrême et ce que tu as pensé de mon témoignage. 

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2 commentaires

Merci Mathilde pour ce témoignage ! J’aurais tellement aimé que quelqu’un me dise il y a 15 ans que c’était normal … Au lieu de ça j’ai commencé au bout d’un temps à me faire vomir quand ça arrive… ça fait 6 mois que ce n’est pas arrivé parce que je suis repartie dans une phase de restriction mais ça me donne presque envie de me laisser aller dans ces épisodes de faim de extrême pour guérir (même si ça me fait très très peur). Encore merci !

Cette honte et cette peur de se voir avoir envie et besoin de manger plus que les autres et plus souvent lors des périodes d’anorexie sévère… Ce corps qui réclame à manger sans cesse et que tu refuses de nourrir alors que tu pèses à peine 30 kg… Cette honte aussi d’aller CHAQUE JOUR dans le MÊME supermarché acheter les MÊMES aliments de crise, me disant que le personnel du magasin devait comprendre qu’il y avait un problème… Et manger ses mêmes aliments sur le chemin du retour, ne pouvant me contrôler et attendre d’être rentrée chez moi. Cette énorme culpabilité de se voir manger des aliments gras et sucrés, à longueur de journée, sans retenue, tentant de dissimuler les paquets et emballages vides au fond de la poubelle, et descendre tous les stocks alimentaires, y compris ceux des autres, sans pouvoir se contenir… J’avais aussi tenté de confier ma CB et mon argent à d’autres, mais je trouvais toujours le moyen d’acheter et de satisfaire ma crise. Une fois sortie de l’hôpital après des semaines enfermée, sans pouvoir faire de crises, la première chose que j’ai faite c’était assouvir mes envies et criser, de nouveau. Ne plus se reconnaître dans le miroir, le visage gonflé par les crises, avoir honte de se regarder et avoir l’impression de porter sur son visage tout le poids des TCA, prendre des dizaines de kg, ne plus savoir qui on est, se voir changer sans cesse, etc. Merci pour ton témoignage poignant, dans lequel, je suis sûre, beaucoup se reconnaissent.

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