faire une pause dans sa vie pour guérir de son trouble alimentaire ?

Faut-il faire une pause dans sa vie pour guérir de son trouble alimentaire ?

Faut-il faire une pause dans sa vie pour guérir de son trouble alimentaire ?

C’est une question qui m’a été posée et j’ai trouvé super intéressant de répondre via un article de blog dédié parce que j’ai un vrai vécu pour répondre à cette question.

Mon histoire : est-ce que moi j'ai fait une pause dans ma vie pour guérir ?

Je te resitue le contexte de mon anorexie. Lorsque je suis tombée malade, j’étais en 3ᵉ année de licence de commerce. Mais j’étais à l’apogée de ma maladie, on va dire, lorsque je suis entrée en Master. J’étais dans une grande école de commerce, assez reconnue quand même qui était l’IESEG Business School. 

Et le cursus que j’avais choisi était celui de l’alternance, donc pas le plus simple pour ceux qui connaissent. Le rythme, c’était 3 semaines entreprise, 1 semaine école.

Bref, au cours de l’année 2017, durant la première année du Mater, mon état empirait. J’étais suivi par une très bonne équipe, spécialisée dans les TCA au CHU de Lille. Et les médecins avaient plus que conseillé une hospitalisation. Mais pour moi, c’était IMPOSSIBLE. Parce que j’avais du mal à croire que j’avais besoin d’une hospitalisation, vu que la maladie minimise constamment la gravité. Mais au-delà de ça, parfois j’avais conscience que c’était grave. Mais c’était impensable d’arrêter les cours et l’alternance. Rien que l’hôpital de jour, je culpabilisais de manquer 1 journée. 

Alors j’ai poussé un peu plus loin mes limites. Sauf qu’en fait, les limites, je les avais déjà atteintes. Mais je n’en avais pas conscience. Et donc j’ai tiré sur la corde jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Il s’est passé ce que je te parle dans mon article sur le SRI, j’ai fini en réanimation, du jour au lendemain. Vraiment, du jour au lendemain, le corps te prévient pas. La veille je travaillais en entreprise. Donc, je n’ai pas eu le temps de dire à mon école “Est-ce que je peux avoir un aménagement ?” Non, j’étais déjà à l’hôpital, rattaché à des tuyaux, à ne pas savoir comment aller se passer la suite de mon année. On était en fin d’année à ce moment-là, donc je n’ai pas eu de “problème” dans le sens où mon année était validée. J’ai par contre raté 3 mois d’entreprise.

À peine sortie de l’hôpital, je suis retournée dans le rythme effréné de ma vie étudiante / moitié-salarié en alternance pour faire la deuxième et dernière année de mes études. Et j’ai rechuté. Et je ne dis pas que c’est ce qui m’a fait rechuter, mais c’est CERTAIN que si je n’avais pas repris exactement le rythme dans lequel je suis tombée malade, j’aurai certainement eu plus de chance de ne pas replonger. 

Bref, quelques mois passent, et, suite à une tentative de suicide, même chose, je pars aux urgences et je dois arrêter du jour au lendemain école + entreprise. 

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Et à ce moment-là, j’ai fait un “arrêt sur image”. 

Et je me suis demandé, sur mon lit d’hôpital, après avoir échappé de près à la fin de ma vie pour la deuxième fois : “Bon, est-ce que je n’arrêterai pas, ne serait-ce que momentanément, ma vie pro pour me concentrer sur ma guérison ?”. Je suis presque sûre que pour beaucoup de personnes extérieures, non malades notamment, la réponse est presque évidente. Mais pour moi, c’était bien plus compliqué. Ce n’était pas juste “faire une pause”. Pour moi, c’était un échec. C’était échouer dans ma quête du perfectionnisme. 

Et c’était peut-être l’une des décisions les plus difficiles de ma vie à ce moment-là, mais j’ai fait le choix, à raison, de ma santé avant ma vie professionnelle. Je ne m’étais pas donné de durée limite de temps, mais au moins 1 an. Et pour te dire, finalement, je ne me suis arrêtée que 6 mois (parce que j’allais plus vite que je ne l’aurais cru sur le chemin de la guérison). Mais j’ai tout de même repris en temps partiel, à l’école comme en entreprise. En entreprise j’ai repris à 50% puis 80%. À l’école, j’ai fait ma troisième année avec plus de temps pour réaliser mon mémoire par exemple. 

Et bref, c’était important pour moi de commencer à te parler de mon histoire pour maintenant te donner tous les conseils et réflexions qui m’ont aidé à prendre cette décision.

Pourquoi la décision de faire une pause t'est difficile ...

Je ne vais pas faire de généralité, mais beaucoup de personne souffrant de troubles alimentaires sont perfectionnistes, comme je l’étais. Et peut-être que toi qui me lis, tu es comme ça. 

Mon exemple, je le trouve assez pertinent dans le sens où j’étais à la fois à l’école ET en entreprise. Donc j’étais confrontée à deux figures que tu peux connaître si tu es étudiant ou salarié. 

Peut-être que ta réflexion, elle est difficile à prendre parce que tu te dis : 

“Je ne peux pas arrêter mon parcours scolaire en cours de route”

Franchement, je me disais exactement ça. Je me disais “Non mais Mathilde, t’as fait un sans faute là, tu n’as pas redoublé une seule classe. Tu ne peux pas t’arrêter comme ça.

Mais alors qu’en fait, 6 mois, 1 an, même 2… Mais c’est tellement rien dans une vie ! Je te jure. Et ça aide de ramener ton problème à l’échelle du temps. Parce que là, au moment où tu y penses, ça te parait insurmontable. Mais sur 80 ans (en moyenne) de vie, mais qu’est-ce que c’est ?

Et puis, peut-être que tu te mets de la pression pour la réussite de ta scolarité. Mais franchement, j’étais une élève assez modèle dans le sens où depuis le lycée, j’étais la première de ma classe. Et j’ai presque sacrifié ma vie étudiante pour ça. Et quand je suis arrivée sur le marché du travail, je me suis pris une sacrée claque. Parce qu’en fait, la cour d’école, ce n’est pas la cour de la vie. Et heureusement en fait. Parce que ça ne veut pas dire que quand t’es un mauvais élève, tu ne réussis pas dans la vie. C’est juste que l’école, ce n’est pas fait pour tout le monde. Et c’est écrit nulle part sur ton CV que t’es première. Et les entreprises ne recherchent pas des premiers de classe, ils recherchent des profils. Ils t’engageront parce que tu es toi. 

Et d’ailleurs, mon master je l’ai fait en 3 ans, ça se voit sur mon CV et je n’ai JAMAIS eu une seule question par rapport à ça. Vraiment. Alors que je m’étais préparée avec une réponse toute faite pour justifier ça. Mais en fait, il y a tellement de personne qui change de voie en cours de route, qui font une césure d’un an, qui redouble. Et ce n’est pas grave, ça ne fait aucune faute pour ces personnes. Elles sont pas moins bien, moins compétentes. Juste, chacun a son propre parcours. 

Voilà, je te dis tout ça parce que c’est une prise de conscience que j’ai eue avec le temps. 

Mais c’est pour te faire prendre conscience que même si tu passes le BAC ou un examen cette année, ça peut attendre. Et d’ailleurs, au plus tu laisses passer le temps, au plus la maladie peut prendre davantage de terrain. Et au moins tes capacités intellectuelles seront à leur maximum. Parce qu’une maladie mentale ça te prend beaucoup d’énergie. Si tu te sous-alimentes, ton corps n’a même pas de réponse à ses besoins et donc, les capacités de ton cerveau sont forcément impactées (mémorisation, concentration, etc.). Tu n’es pas surhumain. Je ne te dis pas ça pour te faire peur, mais pour te dire que tu peux faire une pause pour prendre soin de ta santé, recharger tes batteries et profiter davantage de tes pleines capacités par la suite. 

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Les examens, l’école, ça peut attendre. Ta santé, elle n’attend pas. Des chances pour poursuivre tes études, tu en as plein, pour de vrai. Ta santé, tu n’en as qu’une.

Et tout ce que je viens de dire pour l’école, c’est la même chose en entreprise. Ta carrière, tu pourras la reprendre plus tard. Tu n’es pas aussi performante que tu ne pourrais l’être.

Personnellement, en entreprise, parfois, j’avais des moments d’absence. En réunion, j’étais là sans être là. À la fin de journée, j’étais tellement affamée que je ne savais plus me concentrer. Et évidemment qu’ils le voyaient les autres salariés. Il vaut mieux faire une pause, prendre soin de toi, de ta santé pour revenir pleine d’énergie et montrer ce que tu vaux réellement, sans le brouillard de la maladie. Et là, tu pourras même évoluer dans ta carrière. 

À quoi bon faire de grandes études si tu ne peux pas exercer ton métier comme tu le pourrais ?

Peut-être que tu as peur de ce que les autres peuvent penser :

Tes amis, tes profs, ton entreprise, même tes proches. Tu as peut-être peur de leur jugement, peur de les décevoir, peur qu’ils te croient trop faible.

Moi, c’étaient les peurs que j’éprouvais à l’égard des autres. Mais comme je dis souvent, les peurs qu’on a vis-à-vis des autres, ce sont souvent nos propres peurs qu’on projette sur les autres. La réalité, c’est que j’avais peur de me décevoir moi-même, peur de me croire trop faible. Encore une fois parce que je plaçais la barre trop haut, que j’étais trop exigeante avec moi-même, trop perfectionniste. Je ne me laissais pas le droit à l’erreur. Sauf qu’en fait, il n’y a aucune erreur. Comme j’ai dit avant, ce n’est pas une erreur de faire une pause dans sa vie. Au contraire, c’est intelligent et bienveillant envers soi que de prioriser sa santé par rapport à sa vie professionnelle. Mais ce n’est pas un choix facile, je le sais.

Et du coup, lorsque j’ai pris la décision de faire une pause, j’ai dû en avertir à la fois mon entreprise et l’école. Et en plus je me mettais une grosse pression parce que dans mon école, c’était du high level donc j’avais vraiment peur de passer pour quelqu’un de faible. Et j’ai eu en face de moi des personnes extrêmement bienveillantes. Et qui ont tout arrangé pour que je reprenne les cours d’une façon compatible avec mes traitements & ma prise en charge médicale. J’avais le droit, ou non (au choix) d’avoir des aménagements en termes de date des rendus des projets, etc. Mais ça, c’est quand j’ai repris. Mais pour le fait de faire une pause, j’ai eu aucun problème et au contraire. Parce que les gens autour de toi veulent ta bonne santé. Et surtout, ils sont comme toi : ils sont humains. Et en entreprise, pareil, j’ai eu beaucoup de bienveillance.

Alors après, c’est sûr, je suis tombée sur des personnes bienveillantes. Et j’espère sincèrement que tu auras ça autour de toi. Et souvent, on pense que les autres vont mal réagir mais c’est tout le contraire. Après, les “cons”, c’est un concept international qui n’est pas en voie de disparition, donc il y en a partout. Et malheureusement, c’est possible que tu n’aies pas un retour aussi bienveillant. 

En école, ça m’étonnerait, mais c’est possible. En entreprise, ça m’étonne presque moins parce qu’ils sont dans un objectif de rentabilité et parfois, ils voient les décisions en termes d’argent et du remplacement qu’ils devraient faire, etc. Mais là, j’ai envie de dire, presque, ça te donne un aperçu réel de qui tu as en face. Est-ce que tu as vraiment envie de travailler dans une entreprise qui a ces valeurs-là ? Dans tous les cas, ils n’ont pas le droit de te refuser un arrêt de travail. Et il ne faut pas se stresser par rapport à l’argent que ça peut leur coûter parce que : de 1, la plupart des frais sont pris en charge par les organismes faits pour. Et de 2, c’est une entreprise. Ils ont les fonds pour ce genre de situation. Ils ne sont pas à l’abri que demain, n’importe quel salarié de leur entreprise ait un accident subitement. On ne peut pas le prévoir ça. 

Après, je sais que ce n’est clairement pas toujours simple à prendre comme décision. Surtout que parfois, il y a aussi le côté financier qui entre en compte, parce que le salaire n’est pas maintenu à 100%. Après, parles-en au service RH de ton entreprise. Parce que certaines entreprises permettent le maintien de tout ou partie du salaire. Et d’ailleurs, sache que les ressources humaines veulent que leurs salariés soient bien pris en charge. Parce qu’ils n’ont aucun intérêt à ce que ça se sache que les salariés de leur entreprise soit “mal traités”. Donc généralement, ils font tout pour t’arranger. Après, encore une fois, c’est dans les meilleurs cas et les entreprises de me***, il y en a partout. Mais moi, je m’étais fait des montagnes, et en discutant, je me suis rendue compte que les gens en face étaient très bienveillants. 

Pour ma part, j’avais mes parents derrière financièrement et clairement, ce fut une véritable aide. Je ne vais pas le nier et j’en suis très reconnaissante. J’ai conscience que tout le monde n’a pas cette opportunité-là. 

Peut-être que tu ne connais pas l’ALD. L’ALD c’est le diminutif d’Affection Longue Durée et ça permet une prise en charge à 100% des soins de santé. Les troubles alimentaires sont des maladies qui bénéficient de l’ALD. 

Si tu veux davantage d’information, je te mets ici un document de l’HAS (Haute Autorité de Santé).

Et moi, j’étais en ALD. La demande d’ALD doit être faite par le médecin traitant. Pourquoi je te parle de ça, parce que c’est une vraie aide financière. 

Moi, j’étais en ALD pendant 4 ans. Et je ne payais pas le médecin traitant, pas les médicaments. Je n’ai payé aucun frais à l’hôpital, les 6 mois d’hospitalisation, tous les rdv avec la psychiatre, etc. 

Malheureusement, les psychologues et autres médecines douces ne sont pas pris en charge par l’ALD.

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Donc la réponse à la question “Faut-il faire une pause dans sa vie pour guérir ?”, c'est...

Bah si tu en as la possibilité, selon moi, c’est carrément mieux. Moi, vu que j’ai arrêté tout l’environnement qui me causait du stress, j’ai pu pleinement me consacrer à ma guérison. Parce que la guérison, c’est pas seulement manger et voir des médecins. C’est aussi prendre le temps pour se reposer, mais pas que dormir. Genre, se reposer c’est aussi prendre du temps pour soi, prendre le temps de prendre du temps finalement. C’est prendre soin de soi aussi, c’est se reconstruire, se redécouvrir en dehors de la maladie. C’est mettre en place des actions, de nouvelles activités pour tout ça. C’est ralentir le rythme de sa vie pour solidifier les fondations de sa guérison en fait, et éviter les rechutes. Une rechute n’est pas dramatique, dans le sens où j’en ai quand même connue et c’est par les rechutes que j’ai pu me sortir toujours plus loin de mes troubles alimentaires. Les rechutes font avancer. Mais, je pense que si j’avais maintenu le même environnement que j’avais lorsque j’étais malade, je n’en serais peut-être pas sortie aussi vite, aussi bien. 

Les troubles alimentaires, c’est des maladies super graves. Ton TCA te le fait certainement minimiser donc tu n’en as peut-être pas bien conscience. Mais te battre contre un TCA, c’est beaucoup d’énergie.  Donc c’est normal d’avoir un aménagement de sa vie pour t’aider à ça en fait. 

Et d’ailleurs, peut-être que tu vas te dire que cet article de blog concerne que les personnes qui sont en insuffisance pondérale, à deux doigts de l’hospitalisation. Non, pas que. Parce que c’est une maladie mentale, pas une maladie de poids. Et la guérison est épuisante mentalement. Donc peu importe ton poids, sens-toi légitime d’avoir un ralentissement de ton rythme de vie pour ta guérison.

Pareil, peut-être que tu te dis, “Oui, mais elle, c’était des grandes études ou un métier plus prenant que le mien”. Pareil, ça, ce sont des excuses de ton trouble alimentaire qui minimise comme d’habitude ta situation. Mais c’est pas que le fait de travailler qui est épuisant. C’est l’organisation que ça te demande autour : les stress du quotidien au travail (tout le monde en a), le fait de devoir te lever tôt, le temps de trajet, etc. Tout ça, c’est des choses stressantes. 

Et peut-être que d’autres s’en sortent sans faire de pause. Mais ne te compare pas. Chacun fait comme il peut, et ça n’enlève pas la gravité de leur maladie, la pertinence de leur combat. Chacun a son propre chemin de guérison. 

Après, je ne veux pas “culpabiliser” ni mettre de pression. Ce n’est pas parce que tu n’as pas l’opportunité de faire une pause ou un aménagement dans ta vie que tu ne vas pas guérir. Non, comme je viens de dire, il y en a des personnes qui s’en sortent sans. Encore une fois, je ne dis jamais qu’il faut faire les choses comme ça, de telle manière. Il n’y a pas de bonne façon de guérir. Ni de mauvaise d’ailleurs.

Je t’apporte juste mes conseils, suite à mon expérience. Et je sais que cette décision n’est pas facile à prendre. Et parfois, on pense qu’on n’a pas la possibilité, mais on n’en a même pas parlé autour de soi. Donc je te conseille déjà de parler de ça autour de toi : à tes profs, tes responsables pédagogiques, tes collègues, ton manageur si tu es à l’aise, le service RH. Alors, les parents c’est pas forcément les mieux placer. Je dis ça parce que ma mère était un peu dans le déni, enfin peut-être pas déni, mais c’est vrai qu’au début je pense qu’elle n’avait pas forcément conscience que j’avais besoin de pause. Et elle m’a fait beaucoup douter, alors que j’étais à l’hôpital. Elle m’avait par exemple dit “Mais il te reste 6 mois après, t’es tranquille, tu peux peut-être tenir bon ?” Sauf que ces 6 mois m’auraient peut-être été fatal. Vraiment sincèrement, je le pense. Parce que quand j’ai fait ma tentative de suicide, jamais je m’en pensais capable. Jusqu’au jour où… ça n’arrive pas qu’aux autres ! Tout comme la fois où j’ai fini en réanimation, j’étais persuadée que moi ce n’était pas si grave. 

Et d’ailleurs, je rebondis sur le fait qu’on pense jamais que c’est le bon moment. On se dit toujours “oui, je ferai une pause plus tard.”, “j’attends tel événement pour pouvoir me consacrer à ma guérison”. Mais la vie, elle n’attend pas. Vraiment. Elle tient qu’à un fil pour de vrai. Je suis sûr que tout le monde, toi y compris, a des anecdotes autour de soi d’une personne qui est partie sans prévenir. Demain, ça sera peut-être trop tard. Ta vie, c’est maintenant, tu n’en as qu’une. Et ta vie, ta santé, c’est le plus important.

L’école, c’est qu’un passage de ta vie. Tu peux le mettre en pause. Ta carrière professionnelle ne sera que plus belle, plus épanouie si tu es en pleine forme. C’est là où tu pourras réellement profiter d’opportunité qui auront un réel tremplin. Ce que j’ai vécu ensuite en entreprise, les missions que j’ai eues, jamais, j’aurai pu les réaliser, ou du moins pas comme je l’ai fait, si je n’avais pas fait de pause.

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Enfin, je voulais dire aussi que parfois, le travail permet de se retrouver, de se connecter aux autres, de se sentir utile et donc c’est bénéfique pour la guérison. Alors dans ce cas tant mieux, et c’est pour ça que je ne suis pas radicale dans ma réponse et que je ne parle pas forcément de totalement arrêter, mais parfois juste de faire un mi-temps thérapeutique pour ralentir ton rythme. Mais dans tous les cas, même si tu es à mi-temps, l’idée c’est pas de faire une pause pour te concentrer, d’autant plus à faire de l’activité physique, pour alimenter ton TCA. Alors évidemment je dis ça, je sais que ce n’est pas simple de lutter contre. Mais ce que je veux dire c’est que si tu prends un aménagement, c’est pour ta guérison. Donc c’est presque t’obliger par exemple d’avoir des rdv médicaux ou des activités qui te font du bien les jours où tu ne travailles pas. Par exemple moi du coup j’avais des rdv de sophrologie, je passais du temps avec des amis, je faisais de l’art thérapie (donc simplement des activités artistiques), j’en profitais pour faire une journée en hôpital de jour au service TCA, etc. Si tu n’aménages rien, le risque, c’est que tu ailles à la salle de sport, marcher dehors, ou travailler davantage sur tes cours si tu es étudiante. Voilà, j’ai presque oublié de le dire mais c’est super important ça !

Donc voilà, ma réponse c’est que je la conseille vivement cette pause. Je ne dis pas que c’est indispensable. Mais dans mon cas, ça m’a clairement aidé ++ à m’en sortir. Et je pensais devoir m’arrêter longtemps, et finalement, j’ai été plus vite que je ne l’aurai pensé. Et j’ai fait 6 mois de pause au total. Ce n’est tellement rien. Sur le marché du travail, tu te retrouves avec des personnes de tout âge, et de tout parcours. Rares sont les personnes finalement qui savaient quoi faire à 18 ans et qui sont restées sur cette voie toute leur vie. Je parle dans notre génération actuelle, la génération de tes parents c’est pas la même qu’aujourd’hui, les temps ont évolué. Et heureusement ! C’est rare maintenant de faire la même métier, dans la même entreprise toute sa vie.

Moi, je suis en train de changer de voie professionnelle en ce moment, parce que je me rends compte que ce que je faisais ne me faisait pas vibrer, et j’ai trouvé d’autres raisons d’être au fil du temps. Et c’est normal, et heureusement que dans notre vie on peut changer de direction. 

Donc je recommande une pause, un ralentissement du rythme effréné dans lequel tu vis. Parce que je connais trop bien ça. J’étais à 1000 à l’heure, je ne m’autorisais pas de pause, je bossais comme une dingue pour atteindre un perfectionnisme inatteignable. Et on dit parfois que c’est difficile de guérir dans l’environnement qui te maintient malade. Et “pause” peut faire peur mais rien que faire un aménagement, un ralentissement de ses horaires, de son planning, ça peut déjà faire une grosse différence. Rien que ‘d’avoir 1 journée, voire 2 demi-journées dans sa semaine, ou terminer plus tôt. Parles-en réellement autour de toi. Même par email si ça te fait peur en face. 

N’hésite pas à partager ton histoire en commentaire pour témoigner si tu as un aménagement de ta vie pro et qui t’aide à guérir. 

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