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Les choses que vous ne devez absolument pas dire à une personne souffrant d’un trouble alimentaire

Les choses que vous ne devez absolument pas dire à une personne souffrant d’un trouble alimentaire

Les choses que vous ne devez absolument pas dire à une personne souffrant d’un trouble alimentaire

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Lorsque j’étais moi-même malade, j’en ai entendu des phrases en tout genre de la part de mes amies, de ma famille et de mes parents. Ils étaient tous bien intentionnés et avaient cette envie de m’aider. Mais la plupart du temps, leurs phrases me blessaient plus qu’elles ne m’aidaient. Je ne les blâme pas, ils ne comprenaient très certainement pas la situation. Et c’est pour cela que j’ai décidé de faire cette article.

En voyant un proche qui souffre d’un trouble alimentaire, vous vous sentez sûrement impuissant et vous tentez de dire certaines phrases en pensant soutenir la personne, en essayant de déclencher chez elle un électrochoc qui la mènera sur le chemin de la guérison. Rappelez-vous d’abord que les troubles du comportement alimentaire sont une maladie mentale et que le malade agit contre sa volonté, il procède sous l’influence de son trouble qui le ronge de l’intérieur.

Et ainsi dans certains cas, vos mots, malgré qu’ils soient exprimés avec la meilleure intention possible, peuvent s’avérer plus douloureux qu’encourageants. Ils peuvent parfois faire plus de mal que de bien. Je vous ai fait une liste d’exemples de commentaires qu’il ne faut absolument pas dire à une personne souffrant de trouble du comportement alimentaire, et notamment d’anorexie.

Ces phrases, vous devez éviter de les dire à une personne anorexique, mais également à quelqu’un en rémission et qui s’en est sorti. Car parfois, le simple fait de lui mettre en face les peurs qu’elle a vécu peut la faire rechuter.

« Waouh, comment est-ce que tu as fait pour perdre autant de poids ? Tu peux me donner des conseils pour perdre du poids ? »

Je le rappelle encore une fois au risque de me répéter, mais les troubles du comportement alimentaire sont une maladie mentale grave. Ce n’est pas une volonté de faire un régime. Une anorexique ne choisit pas de perdre du poids, elle est contrainte de se restreindre ou de se gaver pour ensuite se faire vomir par la petite voix qu’est l’anorexie dans sa tête.

Quand vous avez conscience que c’est une maladie, réfléchissez à ce que vous venez de demander. Est-ce que vous souhaitez demander à quelqu’un atteint d’une leucémie de vous apprendre comment attraper la leucémie ? Bien sûr que non ! En sollicitant des conseils concernant la perte de poids à une anorexique, vous négligez la gravité de la maladie.

De plus, en soulignant l’aspect positif de la perte de poids, vous donnez du pouvoir au trouble lui-même en renforçant la croyance que maigrir est bon pour la santé chez le malade.

« Mange normalement, comme tout le monde ! » « Tu n’as qu’à manger, ce n’est pas si compliqué ! »

Manger est un besoin primaire. Alors quand vous voyez un ami qui ne s’alimente pas, cela vous parait incompréhensible et insensé. Et vous pensez certainement qu’en donnant un argument aussi logique, cela va créer un électrochoc chez votre proche.

Je comprends que ce soit déconcertant et que vous vous sentez complètement impuissants. Mais la nourriture n’est pas le vrai problème d’une personne anorexique, boulimique, hyperphagique… Non, les problèmes sont souvent psychologiques et dus à des blessures ancrées au plus profond de son être. Ce sont ces problèmes-là qui rendent une personne souffrante de trouble alimentaire incapable de se nourrir convenablement. Elle a une peur irréfutable de manger. Et lui demander de « tout simplement manger » ne sera pas utile. C’est comme demander à quelqu’un en fauteuil roulant de tout simplement se lever et marcher. Elle ne le peut pas, même avec toute la volonté du monde.

Lui réclamer de manger comme tout le monde lui montre juste que vous ne comprenez pas sa maladie, que vous ne prenez pas cela au sérieux. Elle se sentira incomprise et se renfermera sur elle-même.

« J’ai tellement mangé hier soir, je vais sauter le petit déjeuner »

Peut-être que vous ne souffrez pas de trouble du comportement alimentaire et que lorsque vous mangez un paquet de biscuits entier, vous sautez le prochain repas sans culpabiliser trop longtemps à propos des biscuits avalés quelques heures avant. En revanche, si vous dites cela devant une personne souffrant d’un trouble du comportement alimentaire, le simple fait d’en parler pourrait déclencher des ruminations à propos de son alimentation, de son poids et pourrait même provoquer une rechute chez une patiente en convalescence. Parce qu’une personne souffrant de trouble du comportement alimentaire ne peut pas sauter de repas, car ça la ramènerait sur la pente glissante de la restriction alimentaire. Et le simple fait de savoir que vous allez sauter un repas va l’inciter à elle-même sauter son prochain repas quand bien même elle n’a pas dévoré le paquet de gâteau que vous avez mangé. 

Si je peux vous donner un conseil : juste, ne discutez pas de repas avec une personne souffrant de troubles alimentaires. Ni même de poids, de kilos et de tout ce qui s’y rapproche. C’est peut-être difficile pour vous de vous empêcher d’en parler. Mais ça peut éviter d’accroître les troubles alimentaires d’une personne voire d’enclencher une rechute chez elle.

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« C’est tout ce que tu manges ? »

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Cela s’apparente à ce que j’ai écrit juste au-dessus : ne parlez pas de nourriture ou de la quantité que la personne malade avale pendant son repas. Cela peut paraître une question inoffensive et même bienveillante de votre part, mais cela va générer beaucoup d’anxiété et un énorme blocage chez la personne en souffrance.

« Vu comment t’es maigre, tu pourrais te faire un kebab ou un gros McDo ! »

Les personnes souffrant de troubles alimentaires catégorisent généralement les aliments de bon ou mauvais. Ils ont des aliments confort, qui ne leur font pas trop peur et qu’ils s’autorisent de manger. Et ils ont des aliments qu’ils redoutent terriblement. Ceux qu’on appelle les « fear food ». Ces derniers englobent très souvent des aliments gras, des hamburgers, des kebabs, etc. Les inciter à manger leurs fear food peut générer chez eux une anxiété intense. Les pousser à faire face aux aliments qu’ils craignent prouve une fois de plus que vous ne comprenez pas ce qu’ils vivent.

De plus, sachez qu’inverser l’effet de la perte de poids n’est pas aussi simple que de manger un kebab ou un McDo.

« Tu es jolie. Tu as perdu du poids ? »

Malheureusement, dans notre société, on félicite et l’on encourage la perte de poids. En complimentant une anorexique, on lui confirme juste que les résultats de son trouble alimentaire sont positifs, peu importe comment elle a dû obtenir cette perte de poids.

Je me souviens qu’au début de mon anorexie, on me disait « Ça te va super bien, tu es trop belle ! T’as un beau corps ». Les gens s’imaginaient qu’en me disant cela, j’allais être satisfaite de mon apparence et que je m’arrêterais là. Mais moi, quand je me regardais dans la glace, je ne me suis jamais dit que j’avais perdu assez. Lorsqu’on me complimentait, je me disais simplement que j’étais sur la bonne voie et que je pouvais continuer ainsi. Cela me confortait dans ma perte de poids.

« Mais, tu ne vois pas que tu es trop maigre ?! Ce n’est pas joli ! »

dysmorphophobie

Déjà, sachez une chose, c’est que les personnes touchées par les troubles alimentaires souffrent généralement de dysmorphophobie. C’est-à-dire qu’elles se voient plus grosses qu’elles ne le sont réellement. Cela fait partie du trouble. Donc elle ne voit pas la même chose dans le miroir que vous. Ainsi ce genre de commentaire va juste augmenter son mal-être et sa faible estime d’elle-même. 

Ensuite, dans l’anorexie il existe un énorme préjugé qui est celui de croire qu’une personne anorexique essaie de perdre du poids simplement pour être plus jolie. Non, c’est absolument faux !  Le contrôle qu’elle exerce sur son alimentation est le contrôle qu’elle essaie d’obtenir sur ses émotions.

Mais cela n’a souvent aucun rapport avec son apparence. Je ne me suis jamais trouvée jolie, même à un poids « normal » et même lorsque j’ai atteint le poids le plus bas que je pouvais. Mon mal-être ou bien-être n’a jamais été en lien avec mon reflet dans le miroir, mais bien avec le désordre que je ressentais en moi.

« T’es au courant qu’il y a des gens qui meurent de faim dans le monde ? À ta place, ils seraient heureux de manger ! »

Je suis certaine que oui, la personne à qui vous avez dit ça est au courant qu’il y a des gens qui meurent de faim chaque jour. Mais le fait de lui dire ça ne va absolument pas l’aider et au contraire. Cela va renforcer sa culpabilité. Lorsque j’étais anorexique, je m’en voulais d’être malade alors que je n’y pouvais rien. Je portais déjà toute la culpabilité du monde sur mes épaules. Alors pas la peine d’en rajouter…

« Je suis content(e) que tu aies mangé »

Les personnes souffrant d’un trouble du comportement alimentaire sont souvent persuadées qu’elles sont constamment surveillées lorsqu’elle mange. Elles ont ce sentiment d’être observées. Et leur faire ce genre de commentaire ne fera que renforcer leur croyance.

De plus, même si votre proche a réalisé un effort extraordinaire, qu’elle a mangé plus que d’habitude, qu’elle a osé goûter à l’aliment qui lui fait peur, ne lui faites pas de commentaire pour souligner son effort, à moins qu’elle vous en parle d’elle-même. Mais sinon, cela la stoppera net dans son élan ! Cela augmentera même la culpabilité qu’elle a de ne pas obéir à son trouble alimentaire qu’est la restriction ou l’interdiction de manger certain aliment. Elle est en lutte contre l’anorexique qui est en elle.

« Viens on va en discuter ensemble autour d’un repas » « viens on va boire un verre pour te changer les idées »

Manger ou boire un verre sont des activités sociales, ce sont des moyens faciles de retrouver ses amis. Mais si cet ami a du mal à manger, alors évitez de lui suggérer un restaurant. Même boire un verre c’est stressant ! Parce qu’on n’est pas sûr à 100 % qu’ils auront du coca zéro. Si vous avez envie de voir votre ami pour lui remonter le moral, proposez plutôt une balade dans un parc ou un cinéma. Cela évitera de lui mettre une pression supplémentaire et de vous retrouver plus sereinement.

« Tu sais à quel point c’est difficile pour moi de gérer cette situation ? »

Je me doute que ce doit être très difficile à vivre pour l’entourage. Moi-même j’ai vu mon entourage en souffrir de ma maladie, différemment que moi, mais tout autant. Je sais combien il doit être frustrant de regarder un proche ou même son enfant malade, mais de rester impuissant face à cela. Mais ne tentez pas de le culpabiliser pour le faire arrêter. Déjà parce que ça ne marchera pas, mais en plus parce qu’il culpabilise déjà très certainement et cela ne fera que renforcer son mal-être. Il a besoin de votre soutien, de votre amour, de votre empathie, mais pas de vos reproches.

difficulté pour l'entourage

« Je suis grosse ! » « Je vais éviter de manger ça, il y’a plus de 200 calories dedans ! »

Les personnes souffrant de troubles alimentaires sont en alerte permanente quant à l’apparence, au poids et à l’alimentation des autres autour. Alors, évitez d’en rajouter en commentant votre ressenti de vous-même concernant ces choses-là. Cela va les amener à se concentrer encore plus sur leur poids et leur nourriture. Pire, elles vont se comparer à vous et puisqu’elles sont atteintes de dysmorphophobie, elles risquent de se trouver plus grosses et donc de se restreindre davantage si vous-même choisissez de ne pas manger tel ou tel aliment.

« Je sais comment t’aider ! Tu n’as qu’à faire ce que je te dis et tout ira bien » « À l’hôpital, tu les écoutais les infirmières quand elles te disaient de manger »

Combien de fois j’ai entendu ma mère me dire qu’elle voulait m’aider, qu’elle pouvait faire l’infirmière à la maison et s’occuper de ma réalimentation. Et bien non, ce n’est absolument pas possible. C’est certainement frustrant, notamment si votre enfant a été hospitalisé, de savoir qu’à l’hôpital il réussissait à manger mais pas avec vous. C’est tout simplement parce qu’une infirmière ou un médecin n’est pas vous. C’est une personne neutre, extérieure à la famille, aux proches. Et si vous pouviez remplacer les infirmière, on fermerait bientôt les hôpitaux. 

N’essayez pas de guérir votre enfant ou votre ami. Ce n’est pas votre rôle. Votre rôle est de le soutenir, d’être patient à ses côtés et de se montrer présent. Si vous essayez de trop vous immiscer dans son processus de guérison, vous risquez de heurter votre relation. 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Couple, Mieux connaître, Parents, 4 commentaires
Les leçons de vie que j’ai apprises de mon anorexie

Les leçons de vie que j’ai apprises de mon anorexie

Les leçons de vie que j’ai apprises de mon anorexie

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Dans ce récit, je souhaite vous faire part des leçons de vie que j’ai tirées de ma maladie. Ces prises de conscience, je les ai notées petit à petit dans un journal que j’ai tenu pendant mes 4 années de combat contre les troubles alimentaires. Je les relis encore de temps en temps, car je n’arrive pourtant pas toujours à les appliquer. Mais ce n’est pas grave, parce que je ne suis pas parfaite. C’est d’ailleurs l’une des leçons que j’ai tirées : l’imperfection est normale. Mais je vous laisse découvrir cela un peu plus bas.

L’anorexie est la maladie du contrôle. Chaque personne anorexique est différente et a une histoire unique. Mais on retrouve des traits de caractère commun chez ces patients : la peur de l’échec et de l’imprévu, le perfectionnisme, la crainte constante du regard des autres et évidemment, le manque incroyable de confiance en soi.

1. Acceptez les choses qui viennent à vous

L’une des premières leçons que j’ai acquises c’est d’accepter. Accepter les choses qui viennent à moi. Il est inutile de lutter contre le changement, car il est naturel et surtout indispensable pour évoluer. Imaginez si l’on vivait toujours à l’âge de pierre… Changez les choses que vous pouvez changer, mais acceptez le reste.

Personnellement, je réussis à accepter les choses en me disant que si elles arrivent, ce n’est pas un hasard. C’est qu’elles sont nécessaires pour moi, qu’elles vont me générer quelque chose de positif dans ma vie. Mon anorexie mentale n’a clairement pas été la période la plus glorieuse de mon existence. Pourtant, je suis prête à déclarer aujourd’hui que je suis contente d’avoir traversé cette période dans ma vie. D’abord parce que j’ai réussi à m’en sortir. Mais ensuite, car elle m’a apporté un tas de leçons qui me permettent d’avancer chaque jour dans ma vie, de la vivre différemment.

2. Les autres : les accepter, s’en détacher et communiquer

Il n’y a pas que les choses quotidiennes à accepter, il y a également les autres. Admettre qu’ils aient leur propre opinion et que même si elle est opposée à la nôtre, ça les regarde. Cela ne signifie pas qu’ils ont ou que j’ai raison, ça veut simplement dire qu’on est tous uniques. On ne peut pas changer les autres, en revanche, on peut modifier notre perception par rapport à autrui.

En parlant des autres, j’ai aussi réussi à me détacher du regard des autres, bien que ce ne soit pas tous les jours évident. Mais j’ai compris que l’opinion des gens ne définit pas ma réalité. Je dois apprendre à me faire confiance, à suivre mon instinct. Et quand bien même je me tromperais, ce n’est pas grave, je m’instruirai de ma propre expérience et je m’améliorerai la fois d’après. J’ai d’ailleurs dû, pendant ma maladie, me détacher le maximum des préjugés des autres, notamment des phrases que j’ai entendues et que je vous ai répertorié dans mon article concernant les phrases à ne pas dire à une personne anorexique

J’ai aussi saisi que pour enrichir sa relation avec les autres, il suffit parfois simplement de communiquer. Parler, s’exprimer, dire ce que l’on ressent à l’autre. Cela parait tellement simple mais surtout essentiel. En effet, ce qui est évident pour vous ne l’est pas forcément pour l’autre. Et si l’on attend quelque chose de quelqu’un, il vaut mieux le verbaliser plutôt qu’espérer un comportement ou une parole en supposant que l’autre l’ait deviné.

3. Vous en avez fait assez

La prochaine leçon, j’ai pris environ 1 460 jours avant de l’inculquer réellement, soit les quatre années de ma maladie. Et j’ai enfin compris que non, la perfection n’existe pas et qu’il ne sert à rien de gaspiller son énergie pour chercher à atteindre l’inatteignable. « You are enough ». Je ne sais pas si vous connaissez cette expression anglaise. Cela signifie que vous en avez fait assez et que vous avez le droit de vous accorder des pauses, de prendre du temps pour vous. On a le droit de ne rien faire, d’uniquement s’allonger dans le canapé. Ce n’est pas possible d’être constamment à 100 %, de toujours tout faire dans les règles. Comme on dit, « le moins est l’ami du mieux ». C’est important de prendre le temps de faire une chose à la fois, de refuser de temps en temps certaines sollicitations, de se contenter des choses simples. Vous avez également le droit de ressentir des émotions négatives parfois, c’est juste complètement normal. Et c’est en outre plutôt rassurant, ça veut dire que vous êtes humain !

4. L’échec est le secret pour grandir

Autre chose qui fait partie de la race humaine : l’échec. C’est humain d’échouer. L’échec fait partie de la vie. On a même besoin de défaites pour se construire et progresser. Souvenez-vous de vos débuts dans la vie, vraiment les prémices de votre existence. Pour apprendre à marcher, vous êtes tombé. Plus d’une fois d’ailleurs, mais vous vous êtes toujours relevé. Et c’est comme ça que vous savez marcher aujourd’hui. Les échecs font partie de la vie, et nous aident à avancer. En fait, ils représentent le secret pour grandir.

Vous pouvez accepter vos failles, vos faiblesses. Vous n’êtes pas invincible, vous pouvez tomber, comme tout le monde.

C’est pareillement essentiel de parvenir à placer le curseur au milieu. Ce que je veux dire, c’est que tout n’est pas blanc ou noir. Il n’y a pas que des succès ou des échecs, il existe aussi des demi-succès. Et c’est primordial de savoir les savourer.

5. La seule chose que l'on dispose, c’est le présent

J’ai compris également l’importance du moment présent. La seule chose qui existe vraiment, c’est le présent ! Le passé est fini et l’on ne peut plus le changer. L’avenir, on ne peut pas le prédire. Rien n’existe si ce n’est le présent. Si l’on réfléchit bien, le passé est survenu au présent et le futur se produira dans le présent. Le présent est donc la seule chose que l’on a. C’est d’ailleurs en me concentrant sur le moment présent que j’ai réussi à entrevoir des instants de bonheur dans la pire période de ma vie. J’ai eu tant de belles attentions durant mes quatre années de maladie. Lorsque j’étais en réanimation, j’avais peu de visite. Une jeune soignante passait 15 minutes de son temps chaque jour pour discuter avec moi et me remonter le moral. Au moment où j’étais hospitalisée en TCA (Trouble du Comportement Alimentaire), une autre infirmière avait fait une vidéo de son fils de 5 ans pour moi qui disait « Mathilde, je suis sûre que tu vas t’en sortir, t’es la meilleure ! ». Une autre encore avait laissé un mot dans ma trousse pour me donner plein de courage. Je n’ai trouvé ce mot que 5 mois après, et il m’a tellement réchauffé le cœur. J’ai eu tant de petits cadeaux, de messages, d’attentions de ma famille, de mes amis qui m’ont soutenu dans l’instant présent.

6. Vous êtes la seule personne à pouvoir vous changer

L’anorexie est une maladie mentale. Les patients ne sont pas responsables et la volonté ne suffit pas à les sortir de là. Mais j’ai quand même appris une chose de ma guérison. C’est qu’il ne faut jamais rester dans l’attente, il faut provoquer du changement et ce changement peut venir que de nous-mêmes. Nous sommes la seule personne à avoir le pouvoir de transformer notre propre vie. Et même si l’on risque d’échouer, on se doit de tout tenter. Car en essayant une thérapie, on va peut-être rencontrer une personne qui va nous aider d’une autre façon, ou comprendre un des facteurs de la maladie. Il ne faut jamais cesser d’y croire. Il faut toujours être sûre qu’on y arrivera, qu’on se sortira de la maladie ou de n’importe quelle situation difficile que l’on vit. Agissez, et vous serez surpris de tous les changements que vous êtes capables d’opérer.

7. La nourriture, ce n’est que de la nourriture

Je voudrais aussi vous parler de l’alimentation. Bien que la nourriture ne soit que la conséquence de l’anorexie et non la cause, c’est l’obsession de tous les patients souffrants de troubles du comportement alimentaire : anorexique, boulimique, orthorexique, hyperphagique et j’en passe. Les préoccupations autour de notre corps et de notre alimentation sont grandissantes chez de plus en plus de personnes dans notre société, et de plus en plus jeunes.

C’est difficile, mais nécessaire de tenter de faire abstraction face à toutes ces normes qu’on nous impose. Il est nécessaire de prendre du recul. Manger ou ne pas manger ne va pas résoudre vos problèmes. Au contraire, cela peut en créer de nouveau. Si l’on ne s’alimente pas correctement, et vice-versa, les conséquences peuvent être désastreuses. Manger tel ou tel aliment ne fera pas de vous quelqu’un de bien ou de mal. C’est important de se détacher de toutes les croyances que l’on a sur la nourriture.

8. Votre poids et votre corps ne définissent pas votre valeur

C’est parfois difficile de me le remémorer, mais la vie ne se limite pas à l’apparence. Non, le chiffre qu’affiche la balance ou le nombre indiqué sur un mètre ruban ne définit pas votre personne. Il ne sert à rien de tenter d’atteindre des nombres précis. De quoi avez-vous envie qu’on se souvienne de vous ? De votre poids ? Des centimètres de votre tour de cuisse ? Pensez à ce qui est vraiment important, les choses qui vous caractérisent réellement.

Nous sommes dans une société visuelle, confrontés à des normes qui définissent ce qu’est la beauté. Avant de tomber dans l’engrenage de l’anorexie, j’avais commencé par un simple régime. Pourtant je n’avais pas de kilos en trop. Mais je n’étais pas bien dans mon corps. La société n’est pas l’unique coupable de ce régime, mais elle y a fortement contribué.

Dans le fond, je comprends pourquoi tant de gens se sentent mal dans leur peau. Quand bien même c’est en train de changer, les mœurs ancrées dans cette société prônent l’idée qu’une personne belle est mince. On entend, on voit, on lit partout les mêmes choses : les cures d’amincissement, les régimes detox, les pertes de poids fulgurantes en seulement deux semaines, etc. C’est impossible de passer à côté : les publicités à la télévision, à la radio, dans les clips musicaux, dans les magazines, dans les films, sur les réseaux sociaux… On est formaté inconsciemment à chercher à avoir le corps parfait. Alors on essaie tous, tant bien que mal, de suivre les mœurs et de rentrer dans le moule.

 

On ne va pas se mentir, une personne jolie physiquement est très attirante. Mais si cette même personne est égoïste, agressive, malhonnête, hautaine, machiavélique et j’en passe… Ce n’est pas une belle personne !

C’est l’âme et l’esprit qui définissent la vraie beauté de quelqu’un. Le poids, qu’il soit faible ou élevé ne va pas déterminer la valeur de quelqu’un. C’est important de ne pas se focaliser sur l’apparence, mais plutôt d’entrevoir la beauté d’un sourire, de la confiance, de la gentillesse, du partage…

Je sais que vous avez des complexes, on en a tous !  « Un ventre trop gros », « un nez qui couvre 80 % du visage », « un pied plus gros que l’autre », « les cuisses les plus grosses du monde »… Mais il faut également cesser de se focaliser sur une seule partie de votre corps. Déjà parce que vous amplifiez certainement votre vision de cette partie du corps tandis que personne ne la remarque. Mais aussi, car c’est essentiel de voir son corps dans son ensemble. Je ne parle pas du poids que pèse l’ensemble de votre corps. Non, le poids c’est un chiffre, et cela ne vous définit pas. Pensez plutôt à ce que votre corps vous permet de réaliser. Votre corps est unique, et il vous appartient. Un corps ne sert pas à être beau, bien sculpter et parfait. Un corps vous offre la possibilité de vivre, d’être en forme, de rire, de créer, d’accomplir vos rêves, d’être de bonne humeur, de partager de magnifiques moments avec les personnes que vous aimez et même de donner la vie !

Ce n’est pas facile de toujours appliquer toutes ses règles de vie. Mais ne vous inquiétez pas, accordez-vous le droit de ne pas être parfait, et de prendre le risque d’échouer. Vous en retirez vos propres leçons de vie !

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Publié par Norainnoflower dans Thérapie, 6 commentaires