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Hyperactivité et sport : comment y remédier pour guérir de l’anorexie ?

Hyperactivité et sport : comment y remédier pour guérir de l’anorexie ?

Hyperactivité et sport : comment y remédier pour guérir de l’anorexie ?

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L’exercice physique quotidien est une recommandation de tout organisme de santé. Pour beaucoup de personnes, faire du sport part d’une bonne intention pour préserver sa santé. Mais cela peut vite tourner à l’obsession. C’est le cas notamment pour les personnes souffrant de troubles alimentaires. Au-delà du sport, les patientes atteintes d’anorexie et de boulimie sont en permanence active, sans s’accorder de repos avant l’heure du coucher. On parle alors d’hyperactivité, un fléau qui touche 80 % des anorexiques.

J’ai décidé de vous écrire cet article, car lorsque j’étais moi-même anorexique, je n’ai lu que très peu d’informations concernant les avantages à ne pas faire de sport pendant la guérison des troubles alimentaires. Et je sais au combien cela m’aurait aidé durant ma phase de récupération.

Je sais à quel point il est difficile de cesser l’hyperactivité quand on souffre d’un trouble alimentaire. Lorsque j’étais anorexique et qu’on me demandait d’arrêter le sport, ne serait-ce que pendant deux jours, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer le poids que je pourrais prendre. J’étais persuadée que je ne pouvais pas interrompre l’exercice. J’allais devoir en faire tous les jours de ma vie entière. Et bien non, ça, c’est ce que votre trouble alimentaire veut vous faire croire. Dans cet article, je vais vous expliquer d’où vient cette hyperactivité et comment y remédier.

Comment reconnaître quand le sport devient obsessionnel ?

La pratique de l’exercice physique est tellement valorisée dans notre société actuelle qu’il en devient difficile de distinguer quand cette pratique est démesurée. Voici donc quelques symptômes à connaître vous permettant de comprendre de quoi s’agit-il lorsqu’on parle d’exercice excessif.

L’exercice excessif se réalise souvent presque tous les jours, et ce durant plusieurs heures. La personne souffrant de cette obsession va jusqu’à passer le sport comme priorité dans sa vie, et ce même devant sa propre famille ou ses amis. Elle va négliger sa vie sociale au profit de son activité physique. Dans les cas les plus graves, la personne continuera de pratiquer malgré des blessures ou douleurs corporelles.

Malheureusement, une personne qui souffre d’un trouble alimentaire effectue de l’exercice intensivement sans avoir conscience de l’impact destructeur de son comportement sur sa santé et sa vie. Généralement, elle dira qu’elle ne fait pas cela pour perdre du poids, mais que simplement, elle est passionnée de sport et aime les bienfaits que lui procure la dépense physique.

Que signifie l’hyperactivité chez les troubles alimentaires ?

Quand on souffre de trouble alimentaire, on ne pratique pas uniquement du sport à outrance. Généralement, on est atteint plus globalement d’hyperactivité. Pour vous expliquer ce point, je vais vous parler de ma propre expérience lorsque j’étais anorexique.

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Il m’était impossible de rester sur une chaise à ne rien faire. Si je devais être assise pendant plus d’une heure, c’était pour dormir. D’ailleurs, les heures de cours étaient très difficiles vis-à-vis de l’inactivité physique qu’elles demandaient. L’hyperactivité causée par mon trouble alimentaire m’incitait également à faire tous mes trajets à pieds, à toujours emprunter les escaliers plutôt que l’ascenseur, à me lancer dans de grandes balades presque tous les jours, à faire un ménage de printemps chaque soir avant de manger. Bref, je devais constamment être en mouvement. J’avais ce sentiment que je ne méritais pas d’être assise, que j’étais obligée de faire de l’exercice continuellement pour pouvoir vivre sereinement. Bien que je n’étais absolument pas sereine, au contraire…

Vous vous reconnaissez dans ce récit ? C’est probablement parce que vous aussi vous souffrez d’hyperactivité due à votre trouble alimentaire.

Comment expliquer cette hyperactivité dans l’anorexie ?

Je m’apprête à vous faire part d’une analyse dont j’ai moi-même était choquée des résultats :

Des chercheurs ont tenté de trouver le lien entre la restriction alimentaire et l’hyperactivité. Ils ont donc fait une expérience sur des rats. Pour cela, ils ont réduit l’apport alimentaire des rats tout en leur donnant accès à une roue pour qu’ils puissent se dépenser. Et devinez quoi… les rats ont commencé à courir de façon excessive sur leur roue. Leur nourriture était donnée sur une durée limitée. Et plutôt que de profiter de cet instant restreint, les rats préféraient continuer de courir au lieu de se restaurer.

J’étais étonnée à la lecture de cette expérimentation, car je m’attendais à ce que les rats aient moins d’énergie au vu de leur dépense physique et de leur faible apport nutritionnel. Et à ma grande surprise, ils étaient encore plus dynamiques. C’est ce qu’on remarque chez les patientes anorexiques : la restriction alimentaire provoque des dysfonctionnements hormonaux, entraînant une hyperactivité. Quand j’étais malade, j’étais capable de faire un millier de choses dans ma journée sans être fatiguée. Je menais une vie éprouvante où beaucoup d’autres personnes se seraient plaintes par la quantité de travail et d’activité physique. Mais je ne montrais aucun signe de faiblesse. Du moins, au début… si les chercheurs avaient laissé la possibilité aux rats de se dépenser physiquement en continuant de diminuer leur apport alimentaire, ils auraient fini par mourir. Tout comme moi. 

L’hyperactivité s’explique donc scientifiquement dans un premier temps. Mais l’hyperactivité est parallèlement une façon pour votre trouble alimentaire de s’exprimer et de perdurer. Il permet de répondre aux peurs de la patiente : c’est un moyen de bruler des calories, de maintenir un contrôle sur son poids et son corps. C’est également un comportement compensatoire, utilisez notamment chez les personnes boulimiques, comme autopunition et compensation de leur crise alimentaire. Si vous vous demandez alors pourquoi vous ne parvenez pas à réduire votre hyperactivité. Ne soyez pas trop dure avec vous-même. C’est votre trouble alimentaire qui vous pousse à procéder ainsi. Ce n’est par conséquent pas contre vous qu’il faudra vous battre, mais contre votre trouble alimentaire.

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Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Pourquoi est-ce mauvais d’être hyperactif pendant la guérison de l’anorexie ?

L’exercice physique est considéré comme une vertu de notre société actuelle. Vous êtes donc clairement en droit de vous demander pourquoi il serait mauvais pour vous. Tout simplement, car lorsqu’on souffre de trouble alimentaire, l’activité est souvent pratiqué en excès et devient un symptôme de votre trouble lui-même. Pire, l’hyperactivité va entretenir et même développer votre trouble en maintenant son aspect obsessionnel compulsif.

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En plus de cela, l’hyperactivité peut causer des complications médicales graves sur un corps sous-alimenté. Avant tout, il faut savoir que l’état de malnutrition est vécu comme un stress intense pour votre corps. Ce dernier a peur pour sa survie, il va ainsi arrêter certaines fonctions pour ne conserver que celles essentielles à votre survie. Le cycle de reproduction est interrompu, résultant alors de faibles niveaux d’hormones, tels que l’œstrogène chez la femme. Pourtant, c’est cette hormone qui permet de maintenir une bonne santé osseuse. En conséquence, une dégradation des os créés de l’ostéoporose. C’est-à-dire que les os sont cassants et donc beaucoup plus vulnérables.

Ainsi, en continuant de pratiquer une activité physique, le risque de fracture osseuse augmente considérablement. Le pire, c’est qu’une fois cette fracture guérie, la fragilisation reste bien souvent présente à vie.

Une personne dénutrie maintenant une activité physique s’expose à d’autres problèmes de santé, notamment la déshydratation. Même si vous buvez des litres d’eau tout au long de la journée, vous n’apportez pas à votre corps l’hydratation que vous pouvez retrouver dans une alimentation complète. Des blessures importantes peuvent également apparaître aux muscles, tendons, ligaments et articulations. La personne souffrant d’hyperactivité, en plus de son trouble alimentaire, peut alors multiplier des foulures, entorses, tendinites qui prendront beaucoup plus de temps à guérir puisque le corps est déjà très fatigué physiquement. De plus, tandis que vous réalisez de l’exercice avec un corps malnutri, votre organisme puise son énergie là où il peut, soit dans les muscles. Il en résulte donc une fonte musculaire importante. Autre conséquence encore bien plus grave et tragique, c’est les problèmes cardiaques pouvant être à l’origine d’une mort subite.

Enfin, le fait d’être constamment en activité représente un stress supplémentaire pour votre corps. Il tente tant bien que mal de vous garder en vie, et l’activité intense va lui rajouter une nouvelle difficulté. Alors, cela rallonge le processus de rétablissement des niveaux normaux d’hormones de reproduction, et ainsi la réapparition des menstruations.

Donc finalement, à l’origine vous souhaitiez faire de l’exercice physique quotidiennement pour maintenir votre santé. Mais en fin de compte, l’exercice physique vous amène au contraire de ce que vous étiez censé atteindre, c’est à dire des complications physiques graves qui peuvent aller jusqu’à la mort.

Est-ce que je dois arrêter le sport ?

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas médecin. Ce n’est pas mon rôle de vous dire si vous devez cesser le sport ou continuer. J’ai fait le maximum de recherche pour vous apporter tous les conseils qui vous permettront de répondre à vos questions. Mais il n’existe aucune motion catégorique sur le fait qu’une personne en guérison d’un trouble alimentaire doit arrêter totalement le sport. Après cela dépend de ce qu’on met derrière le mot « sport ». Mais la décision reste largement subjective. C’est pour cela que je recommande vivement d’être accompagné par une équipe de soignants spécialisée dans les troubles alimentaires. Ils sauront, en fonction de vos constantes (évolution du poids, rythme cardiaque) et de votre état actuel dans la maladie vous dire quelle attitude vous devez adopter vis à vis du sport.

Toutefois, la plupart des praticiens conseillent une période minimale de repos complet pour tout le monde. Comme une phase de sevrage pour pouvoir en second lieu travailler sur la diminution de l’hyperactivité. J’en parle dans le point suivant. Cependant, une minorité de médecins souligne le fait qu’interdire à une personne en phase de guérison tout exercice physique renforce inconsciemment le lien qu’elle fait entre sports et la prise de poids.

Le terrain d’entente qu’on peut alors trouver entre ces deux courants de pensée et qu’il est préférable d’avoir une période où l’activité intensive est complètement interrompue. Mais pendant ce temps, des sports beaucoup plus calmes comme la marche ou le yoga peuvent être pratiqués, mais ce, sur un laps de temps limité. Encore une fois, cela dépend de votre cas personnel et donc de l’avis de votre thérapeute.

Petite information utile : sachez que si vous êtes inscrit dans une salle de sport, vous pouvez demander à votre médecin de vous faire une attestation disant que vous devez arrêter de faire du sport pour raison médicale pendant une durée indéterminée. Cela vous permettra de rompre votre contrat et ainsi de ne plus payer une salle de sport pour rien.

Comment réduire l’hyperactivité ?

Le sevrage

Comme exprimé juste au-dessus, pour réduire votre hyperactivité, il est préférable de commencer par une période de sevrage. C’est-à-dire ne plus faire de sport de façon soutenue pendant une certaine phase. Cette durée pourra être déterminée par votre médecin. Si vous êtes hospitalisé, cette phase d’abstinence sera encadrée par votre équipe médicale. Si votre état de santé s’est déjà amélioré et que vous êtes en ambulatoire, alors je vous conseille de respecter cette période de sevrage en arrêtant toute activité intensive. Je ne vous dis pas de rester toute la journée assise dans votre canapé. Mais je vous invite à passer par des mouvements beaucoup plus doux et variés, tels que du yoga ou de la marche, mais aussi des activités récréatives comme la danse, le jardinage, l’artisanat, etc.

Pendant cette phase de sevrage, je vous incite à identifier les schémas de pensées que vous avez dans votre tête lorsque vous luttez contre votre hyperactivité. L’objectif de cette période va être de rompre le lien que vous avez fait entre votre alimentation, votre poids et l’exercice physique jusqu’à ce que votre obsession soit plus faible.

Travailler sur vos distorsions cognitives

Les schémas de pensées que vous aurez identifiés sont souvent des distorsions cognitives. C’est-à-dire que ce sont des schémas de pensées irrationnels. Je vous donne quelques exemples :

  • « Si je ne fais pas de sport, je vais prendre du poids ».
  • « Si je ne bouge pas dans ma journée, je n’aurai pas le droit de manger »
  • « Si je ne reste pas le maximum de temps debout, je n’aurais pas le droit de manger ce soir »
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Une fois que vous avez identifié les distorsions cognitives qui sont à l’origine de votre obsession pour l’exercice physique, je vous invite à travailler dessus avec un thérapeute. Cela fait partie d’une thérapie cognitivo-comportementale pour vous aider à changer votre façon de pensée et donc votre comportement.

Si vous n’êtes pas accompagné, vous pouvez commencer le travail en trouvant des preuves validant et invalidant votre pensée. Vous pouvez également essayer de reformuler votre distorsion cognitive en réfléchissant ce que vous diriez à un ami qui croit cela.

Voici un exemple employant la méthode des preuves :

  • « Si je ne fais pas de sport, je vais prendre du poids » -> avez-vous déjà vécu cela dans le passé ? Avez-vous déjà tenté de ne pas faire de sport pendant 1 semaine ? Avez-vous pris du poids ? »

Je vous propose une autre illustration en utilisant l’approche de ce que vous exprimeriez à un ami :

  • « Si je ne bouge pas dans ma journée, je n’aurai pas le droit de manger. » Peut-être diriez-vous à votre ami : « Si tu ne bouges pas dans ta journée, ton trouble alimentaire te fait croire que tu n’auras pas le droit de manger. Mais est-ce qu’on doit mériter de manger ? Non, c’est un besoin primaire de tout être humain. Tu as le droit de manger, même si tu t’es reposé. De plus, tu souffres d’un trouble alimentaire, tu as donc besoin de beaucoup de repos et de donner l’énergie dont ton corps a besoin ».

Si vous utilisez le sport pour « penser à autre chose », élaborez une liste d’activité qui peut remplir la même fonction. Par exemple : s’offrir un massage au spa, sortir au cinéma avec des amis, se plonger dans une bonne série ou un bouquin, s’occuper d’animaux, etc.

Utilisez un cahier d’activité

J’ai moi-même utilisé cette méthode pour réduire mon hyperactivité. Chaque fois que vous faites du sport, notez-le dans votre cahier d’activité. Inscrivez le type d’activité, le temps passé et si vous le faites par répétition, le nombre de répétitions réalisé. Essayez au fur et à mesure de diminuer soit le nombre de répétitions ou le nombre de minutes consacré. Par exemple, diminuez de 1 minute voire 30 secondes par jour. Ou alors, réduisez de 10 à 5 répétitions par jour. Cela vous permettra de voir votre évolution et de vous maintenir dans la bonne direction.

Pratiquez du sport avec d’autres personnes

Lorsqu’on est tout seul, on ne voit pas le temps passé, on peut laisser notre trouble alimentaire prendre le dessus et augmenter la durée et l’intensité de notre exercice sans même nous en apercevoir.

Le fait de pratiquer un sport avec une autre personne vous permet de rendre votre activité plus agréable. De plus, cette personne pourra également remarquer et vous dire si vous partez dans l’excès. Elle sera là pour tempérer votre activité et rendre vulnérable votre trouble alimentaire.

Découvrez de nouvelles activités

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on pratique souvent des sports cardio où l’on se dit qu’on doit être complètement à plat à la fin de notre séance.

Il est intéressant de découvrir d’autres activités plus ludiques et que vous appréciez faire, car cela vous plait, et non parce que ça permet de brûler un maximum de calories. Faites la liste des choses que vous aimeriez faire et essayez d’expérimenter une nouvelle activité chaque semaine. Par exemple : le patinage, la danse, le jardinage, la marche nordique, la piscine, etc.

C’est important de tester différentes activités pour savoir laquelle vous correspond.

Quand puis-je reprendre le sport ?

Tout d’abord, avant de recommencer le sport, vous devez avoir fait les exercices que je vous ai suggérés précédemment pour identifier toutes les préoccupations et distorsions cognitives que vous avez concernant le sport. Sinon, les mêmes schémas vont se répéter et vous risquez de rechuter.

De plus, la reprise du sport est une décision qui appartient à votre professionnel de santé qui vous suit. Vous ne trouverez pas la réponse dans cet article, je vous propose simplement des conseils et vous rapportent les informations que j’ai pu collecter à travers diverses lectures scientifiques. Mais en général, il y a trois éléments principaux à avoir avant de pouvoir reprendre une activité physique : un apport nutritionnel adéquat, une restauration du poids et un retour du cycle de reproduction. En effet, la présence ou non des menstruations est un bon indicateur prouvant que la santé de votre corps s’améliore. Cependant, cela ne veut pas dire qu’avoir ses règles signifie que tout va bien. Encore une fois, c’est un symptôme subjectif à chacun. Tout comme le retour des règles n’est pas un feu vert pour recommencer le sport. D’autres éléments sont à prendre en compte comme le poids et l’apport alimentaire.

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Certaines personnes vont refaire le même sport qu’ils pratiquaient lorsqu’ils étaient malades sans que les pensées malsaines reprennent le dessus. Cependant, cela peut être trop déclencheur des troubles obsessionnels et entraîner une rechute. Il est tout de même préférable de changer d’environnement et de débuter de nouvelles activités comme proposées au point 5 dans la partie précédente. Le mieux est de reprendre progressivement, en démarrant avec de courtes périodes de 10 à 15 minutes et des sports doux. N’oubliez pas de maintenir des jours de répit dans votre semaine et une nutrition adéquate à votre dépense. Même les plus grands athlètes s’autorisent du repos.

Mon expérience avec le sport

Je souhaitais vous faire part de ma propre expérience avec le sport durant mes troubles alimentaires. Lorsque j’étais anorexique, je pratiquais beaucoup de sport et j’étais hyperactive comme je vous l’ai expliqué plus haut.

Lorsque je suis arrivée à l’hôpital, j’ai été forcé au repos complet, car nous sommes en permanence surveillée et n’avons que très peu accès à notre chambre. Si vous voulez en savoir plus sur mon hospitalisation, je vous invite à lire l’article où je vous raconte tout.

Lorsque je me suis retrouvée à ne plus pouvoir faire de sport, ni même un minimum d’activité physique du jour au lendemain, je ne vous cache pas que cela a été très dur. Et puisque j’ai toujours été honnête avec vous, je vous avoue que je continuais d’en faire en secret dans ma chambre. Cela ne durait que 3 à 4 minutes, mais ça me permettait d’être rassurée. Au fur et à mesure de mon hospitalisation, j’ai diminué jusqu’à n’en faire qu’une minute par jour puis plus du tout. Lorsque je suis sortie de ma dernière hospitalisation, je n’ai pas recommencé le sport tout de suite. À la place, je pratiquais d’autres activités physiques beaucoup plus douces comme la marche. Mais après deux-trois mois, j’ai repris le sport « cardio ». L’anorexie me quittait peu à peu, mais le sport intensif était le seul outil pour l’anorexie de garder un pas dans ma vie. J’ai pris énormément de temps à arrêter le cardio dans l’objectif de maintenir un contrôle sur mon poids. Cela fait à présent huit mois aujourd’hui que je réalise des activités beaucoup plus variées. Je pratique 2 à 3 séances de sport par semaine en moyenne. Je fais de temps en temps du badminton, de ma danse, parfois je vais me balader. Je fais maintenant des activités qui me permettent de me sentir bien dans mon corps.

En conclusion, bien qu’il n’existe aucune règle indiquant que le sport est interdit durant la guérison d’un trouble alimentaire, c’est toute de même plus que fortement recommandé. Si cela est trop difficile pour vous, arrêtez au moins totalement le sport intensif et préférez des activités plus calmes et ludiques en attendant de retrouver un poids de santé.

Je sais bien que ce n’est clairement pas facile de diminuer son hyperactivité et son sport tandis que la société vous rabâche qu’il faut en faire pour vous maintenir en bonne santé. À peine vous vous connectez sur Instagram que vous voyez vos amis qui partagent leur séance de sport du jour. Mais rappelez-vous que les recommandations nutritionnelles et d’exercice par les organismes de la santé ne s’appliquent PAS aux personnes en guérison de l’anorexie. Pour permettre à votre corps de se remettre de cette longue période de restriction, votre corps a besoin d’un maximum de repos.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Hyperactivité, 8 commentaires
Comment aider votre enfant à sortir de l’anorexie ?

Comment aider votre enfant à sortir de l’anorexie ?

Comment aider votre enfant à sortir de l’anorexie ?

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Lorsque votre enfant a une grippe ou une gastro, vous savez quoi faire. Vous pouvez leur donner les médicaments adéquats qui leur permettront de guérir en quelques jours. En revanche, quand un enfant souffre d’un trouble alimentaire, les parents sont confrontés à une maladie beaucoup plus compliquée. Et malheureusement, il n’existe pas de médicament qui permet de faire passer l’anorexie, la boulimie ou encore l’orthorexie en quelques jours. Je me souviens que ma mère répétait souvent « j’aimerais tellement qu’on nous fournisse un manuel à suivre pour te faire guérir », mais non, ce n’est pas possible. Par contre, vous pouvez appliquer quelques conseils qui permettront à votre enfant de l’aider à cheminer vers la guérison. Dans cet article, je vous donne mes conseils quant aux choses à faire et à ne pas faire pour soutenir votre enfant souffrant d’un trouble alimentaire. Ce sont des conseils qui moi m’ont aidé lorsque j’étais anorexique. Toutefois, chaque enfant est différent. Mais ayant vécu et vaincu l’anorexie, mes conseils peuvent vous apporter une aide précieuse.

Ce qu’il faut faire

S'informer

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C’est vraiment la première chose à faire, se renseigner sur le trouble alimentaire de votre enfant. Si vous souhaitez comprendre ce qui se passe dans sa tête, vous devez en apprendre au maximum sur la maladie. Il existe de nombreux articles d’associations ou de sites spécialisés dans les troubles alimentaires qui vous apporteront les renseignements nécessaires. Vous le lirez certainement sur Internet, mais je me dois de souligner certaines des informations primordiales à comprendre :

Ce n’est pas que votre enfant ne veut pas manger, mais c’est qu’il ne le peut pas. En vous informant, vous apprendrez que manger pour votre enfant n’est pas seulement du dégout, un manque de volonté ou des maux de ventre. Non, c’est une véritable angoisse de manger. Une peur tellement puissante qui les empêche de le faire. Peut-être que pour vous c’est « juste » de la nourriture, mais vous n’avez pas de trouble alimentaire. Imaginez-vous que votre enfant a un parasite dans la tête qui lui dicte ce qu’il a le droit de manger ou non. Ce parasite lui met un pistolet sur la tempe et si votre enfant mange ce que son trouble lui interdit, alors le parasite appuiera sur la détente lui injectant un poison qu’on appelle la culpabilité. Et pour se débarrasser de cette culpabilité, votre enfant va passer par des actions douloureuses : la restriction, la purge, l’exercice physique en excès…

Parler avec lui

Parler avec votre enfant de son trouble alimentaire est important. Toutefois, ne sautez pas la première étape ! Ne commencez pas une conversation à propos de sa maladie si vous ne vous êtes pas familiarisé avec son trouble auparavant. Comment voulez-vous être empathique à propos de quelque chose que ne comprenez pas ?

Discuter avec votre enfant ne va pas être facile. Il va certainement être agressif, grossier et peut-être même le nier. Surtout, restez calme. Si vous tentez de lui parler pour lui crier dessus, le juger ou essayez de lui donner des arguments logiques lui prouvant que son attitude est absurde, il va se braquer. Votre enfant a déjà assez honte de sa maladie et culpabilise à propos de son comportement. Il est malade, il n’est pas responsable. Si votre enfant avait un cancer, cela vous paraîtrait évident de ne pas le blâmer à cause de son cancer. Pour l’anorexie, la boulimie, l’orthorexie, l’hyperphagie… C’est la même chose.

Lorsque vous dialoguerez avec lui, il n’est pas rare qu’il tente de vous rassurer. Il vous exprimera que lui n’est pas aussi malade que les autres et qu’il pourra s’en sortir seul. En fait, c’est la maladie qui parle à ce moment-là. Votre enfant vous dit cela pour avoir la paix. Je me souviens que pendant longtemps, je répétais constamment « non, ne t’inquiète pas, ça va, je remange déjà mieux, et d’ailleurs je reprends du poids ». C’était des mensonges. Continuez de discuter avec, n’abandonnez pas sous prétexte qu’il a l’air de maîtriser la situation. À ce moment-là, c’était la maladie qui vous a répondu, pas votre enfant.

Lorsque vous vous adressez à lui, utilisez le pronom « je » et pas « tu » pour commencer. Si vous entamez une phrase par « Tu », il se sentira jugez, accusez de quelque chose. Préférez « je m’inquiète pour toi, tu n’as pas l’air très bien en ce moment » plutôt que « tu as l’air d’être malheureux ».

Enfin, lorsque vous discutez avec lui, rappelez-lui sans cesse que vous l’aimez, peu importe son trouble alimentaire. Exprimez-lui combien vous êtes présent pour lui, que vous le soutenez, et que vous serez toujours là pour lui, que vous êtes à sa disposition pour parler. Dites-lui que vous savez faire la distinction entre son trouble alimentaire et lui-même, et qu’ainsi, vous ne le jugez pas. Dites-lui qu’il peut vous dire quand il se sent en difficulté par rapport à un repas, lorsqu’il se fait vomir, qu’il a sauté un repas. Déclarez-lui que vous voulez l’aider et que vous n’êtes pas là pour le gronder. Le fait que votre enfant vous « avoue » ses comportements compensatoires va aider à mettre en lumière son trouble alimentaire et donc le rendre plus faible. Son trouble alimentaire l’incite à se replier sur lui-même et à rester dans le silence.

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Soyez à son écoute

Ce point rejoint le précédent, mais soyez présent pour écouter votre enfant. Écoutez-le plutôt que de le juger et de lui souligner ses difficultés.

Demandez-lui de l’aide

Demandez à votre enfant comme vous pouvez l’aider. Je me souviens avoir dit à mes parents comment ils pouvaient me soutenir : en ne faisant aucun commentaire sur mon physique et sur mon alimentation, en me prévenant à l’avance des repas et invités présents, etc.

Tous les conseils que je vous donne dans cet article peuvent ne pas s’appliquer à votre enfant. Le mieux est d’en discuter avec lui et de lui demander ce qui lui convient, ce qui l’aide ou ce qui a l’inverse va lui mettre des bâtons dans les roues.

Montrez-lui que vous lui donnez de l’attention en dehors de son trouble alimentaire

Si votre enfant prend conscience que vous vous intéressez davantage à lui quand il a une difficulté face à un aliment, lorsqu’il saute un repas ou qu’il a perdu du poids… Il va associer son trouble alimentaire à l’attention que vous lui donnez. Ce qui rendra plus compliqué pour lui de quitter son trouble alimentaire et va même renforcer l’aspect positif de sa maladie.

Quand j’appelais ma mère au téléphone, on ne parlait que de mon trouble alimentaire. Lorsque j’étais sur le point de guérir, j’avais extrêmement peur de perdre l’attention de ma mère en guérissant de mon trouble alimentaire. C’est pourquoi je vous conseille également de poser des questions sur ses études, son travail, sur ses amis, sur les séries qu’il regarde, etc. Inconsciemment, votre enfant comprendra que vous l’aimez pour qui il est et pas pour son trouble alimentaire. Cela parait évident pour vous, mais ça ne l’est pas forcément pour lui.

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Gardez un rythme de vie normal

Ce point rejoint le précédent. Garder un rythme de vie normal est l’idée qu’il ne faut pas que votre vie familiale tourne uniquement autour du trouble alimentaire de votre enfant. Continuez d’aller au cinéma, de rendre visite à votre famille et à vos amis, partez en voyage durant les vacances et les week-ends. Cela permettra par ailleurs de focaliser l’attention de votre enfant ailleurs que sur son corps et son alimentation. 

Trouvez du soutien pour vous

Vous allez affronter des épreuves difficiles tout au long du trouble alimentaire de votre enfant. Même si votre souffrance n’est pas la même que celle de votre enfant, elle est quand même présente. Vous devez tenir bon pour continuer d’épauler votre enfant jusqu’à la guérison totale. Pour cela, il est indispensable pour vous d’obtenir du soutien de la part des professionnels de la santé. Préférez des thérapeutes spécialisés dans les troubles alimentaires qui comprendront beaucoup mieux ce que vous traversez et sauront vous apporter des conseils adaptés. Ces professionnels vous donneront des conseils sur la conduite que vous devez tenir à la maison afin d’aider votre enfant.

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Au-delà des professionnels, vous pouvez également trouver des groupes de soutien pour partager ce que vous traversez avec d’autres parents vivant la même chose. Vous pouvez par exemple vous rapprocher d’une association ou de groupe de parents organisé par des services spécialisés en hôpital ou directement sur les réseaux sociaux, comme sur Facebook. Je me souviens que mes parents se rendaient une fois par mois à un groupe de parents, encadré par un psychiatre spécialisé, à l’hôpital où j’étais hospitalisée. Ma mère avait également contacté une association où une maman lui avait apporté son témoignage en tant que mère d’une ancienne anorexique qui s’en était sorti. Cela lui avait redonné de l’espoir et du courage.

Agissez en conséquence

Parfois, votre enfant se trouve dans un état de santé grave, rongé par son trouble alimentaire. La priorité sera alors de stabiliser sa santé physique en passant par une renutrition encadrée dans un service d’hôpital spécialisé. Si votre enfant est mineur, vous pourrez décider de cela conjointement avec les médecins. Mais c’est important d’en discuter avec votre enfant en soulignant qu’il a besoin de repos et en lui rappelant les terribles conséquences physiques que cause son trouble alimentaire sur sa santé. Rappelez à votre enfant que vous l’aimez et que vous ne faites pas cela pour le faire grossir, mais pour qu’il retrouve une bonne santé.

Toutefois, sachez quand même que l’hôpital est un premier pas vers la guérison, mais que votre enfant n’en ressortira pas guéri. Le chemin sera encore long après la sortie. Je vous invite à lire mes deux articles sur ce sujet : celui sur mes propres hospitalisations et celui expliquant toutes les informations nécessaires concernant l’hospitalisation dans un service de trouble du comportement alimentaire.

Montrez-vous impliqué dans son processus de guérison

Pour moi, cela a été très important de voir que mes parents étaient impliqués dans mon processus de guérison : en s’informant sur le sujet, en regardant des films ou reportages sur l’anorexie, en participant aux groupes de soutien de l’hôpital, etc.

Je me souviens également que lorsque je suis sortie de l’hôpital, j’avais un plan alimentaire à respecter. Je me rappelle me sentir coupable quand je prenais moi-même la décision de manger ma collation de 16 h sans que personne ne me le remémore. Et d’ailleurs, souvent je testais l’attention de mes parents en ne prenant pas mon goûter pour voir s’ils allaient s’en apercevoir. Je vous conseille donc de lui rappeler de façon implicite de suivre son plan alimentaire, par exemple : « Tiens, on prend le goûter ensemble ? » ou « Il est encore l’heure de prendre le goûter non ? ». Vous allez très certainement vous prendre des réflexions méchantes en pleine face. Mais à ce moment-là, ce sera sa maladie qui vous répondra. Mais au fond, votre enfant verra que vous êtes impliqué dans sa guérison et que vous avez conscience de l’importance de son plan alimentaire.

Toutefois, discutez-en avec votre enfant. Si ce genre de remarque le met plus en difficulté qu’autre chose, alors ne le faites pas. Tant qu’il suit bien son plan alimentaire.

Toujours y croire

N’abandonnez jamais ! Croyez toujours en la guérison de votre enfant ! La guérison totale est possible. Soyez positif et montrez que vous croyez en votre enfant. Cela le motivera de savoir que vous y croyez.

Soulignez le courage de votre enfant et sa force qui lui permettra de vaincre ses troubles alimentaires. Lorsqu’il traverse une difficulté ou qu’il fait face à un échec, dites-lui que les échecs font partie de la guérison et que c’est en tombant qu’on se relève encore mieux.

Ce qu’il ne faut pas faire

Ne punissez pas votre enfant

Vraiment, s’il y a bien une chose à ne pas faire c’est de sanctionner son enfant à cause de son trouble alimentaire. C’est comme punir un enfant parce qu’il a du mal à respirer à cause de sa mucoviscidose. Ça n’a aucun sens !

Ne blâmez pas votre enfant, ne le jugez pas. Sachez une fois de plus faire la différence entre votre enfant et son trouble alimentaire. Il peut arriver que son comportement vous exaspère. Mais ce n’est pas en le culpabilisant ou en lui faisant honte que vous l’aiderez à guérir. Au contraire ! Votre enfant ne doit pas avoir l’impression qu’il est malade par sa faute. Cela engendrerait une plus grande culpabilité en lui et aggraverait son trouble alimentaire.

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Votre enfant est grossier ? Il vous ignore ? Il n’applique pas ce que vous lui demandez de manger ? Il n’arrête pas de faire du sport malgré votre interdiction ? Ce n’est pas un enfant en pleine crise d’adolescence. Non, c’est juste un enfant qui souffre. Il a plus besoin de compassion et de réconfort que de jugement.

Ne vous culpabilisez pas

Ne gâchez pas toute votre énergie à découvrir si vous êtes le responsable de son trouble alimentaire. Il n’y a bien souvent pas un coupable ou une seule cause à un trouble alimentaire. C’est généralement dû à un ensemble de facteurs qui ont amené le trouble à s’installer chez votre enfant.

Ne gaspillez pas votre temps à savoir si vous avez provoqué ce trouble alimentaire. Utilisez plutôt votre temps et votre énergie pour la guérison de votre enfant : en contactant des services de soins, des spécialistes qui sauront vous aider, en vous renseignant, en écoutant et en soutenant votre enfant.

Ne faites aucun commentaire sur la nourriture

Ne faites aucune remarque sur la nourriture. Que ce soit ce que votre enfant mange, ce que vous mangez ou sur l’alimentation en général. Même si c’est pour féliciter votre enfant qui a mangé un des aliments qui lui fait peur. Évitez tout commentaire sur l’alimentation, c’est tout. Je vous invite d’ailleurs à regarder mon article indiquant toutes les phrases à ne surtout pas dire à une personne souffrant d’anorexie.

Faites vraiment attention aux mots que vous choisissez lorsqu’il s’agit de parler d’alimentation. Discutez-en également avec les autres membres de la famille pour qu’ils soient vigilants quant à leur langage. Ne dites pas « bon ce soir, c’est un gros repas » pour faire référence à un gratin ou une pizza. Ne déclarez pas non plus « Demain on mangera plus léger, car aujourd’hui c’était des gros repas ».

Et surtout, ne faites pas de régime ! Il n’y a rien de plus éprouvant pour une personne luttant contre un trouble alimentaire que de voir sa mère, sa sœur ou son frère faire un régime à côté de lui. Ne mangez pas de produits 0 %, d’aliment hypocalorique à côté de lui. Vous n’imaginez pas à quel point ce genre de comportement amène une difficulté considérable pour votre enfant.

Concentrez-vous sur vos propres croyances alimentaires et arrêtez dès maintenant d’étiqueter des aliments de « bon » ou « mauvais ». Si vous-même vous pensez que manger des frites ou une part de gâteau de temps en temps est mauvais, votre enfant aura inculqué cela également… Si pour vous avoir une alimentation saine et équilibrée c’est se nourrir de légume et de fruit, votre enfant adoptera pareillement ces habitudes alimentaires… N’utilisez pas non plus la nourriture comme récompense. Par exemple, ne dites pas « ce soir, j’ai le droit de manger de la glace vu la séance de sport que j’ai fait aujourd’hui ». Inconsciemment, vous suggérez l’idée que pour se faire plaisir, il faut le mériter. Non, tout le monde a le droit de se faire plaisir. Même si vous n’avez pas fait de sport ou que vous avez déjà mangé de la pizza il y a deux jours.

Ne commentez pas non plus l’apparence physique

Il en va de même pour le physique, ne faites aucun commentaire à ce sujet : ni sur le physique de votre enfant, ni sur le vôtre, ni sur personne d’autre. Pour résumer, deux sujets sont à éviter : l’alimentation et le physique. 

Même si vous avez envie de faire un compliment à votre enfant pour lui dire qu’il est beau, s’il est très mince, il associera maigreur avec beauté. Ne lui déclarez pas non plus « tu es beaucoup plus joli maintenant » s’il a repris du poids. Dans sa tête, il entendra « tu es beaucoup plus gros maintenant », quand bien même ce n’était absolument pas ce que vous exprimiez.

Ne dites pas non plus que vous vous sentez trop grosse ou que vous trouvez une personne trop grosse. Votre enfant va systématiquement se comparer et se verra toujours plus gros.

Ne vous focalisez pas sur son poids

Certains parents ont besoin de voir le poids de leur enfant augmenter pour se rassurer et se dire que son enfant est sur le bon chemin. Et bien non, le poids n’est absolument pas synonyme de guérison. Votre enfant peut avoir un poids et un IMC tout à fait correct et pour autant souffrir de trouble alimentaire mental sévère.

Ne lui mettez pas de pression pour qu’il gagne des kilos. La guérison se fait pas à pas par l’alimentation, mais aussi et surtout par le psychique. C’est important que votre enfant avance sur les problématiques qui l’ont amené à tomber dans l’anorexie, la boulimie ou l’hyperphagie.

Je parle du poids, mais cela s’applique également aux nombres de calories avalés. Ne calculez pas les calories que votre enfant mange, ni les grammes qu’il a dans son assiette. Ne vous focalisez pas sur les chiffres, mais plutôt sur l’évolution dans la durée, les petits progrès qu’il réalise dans le temps.

Ne lui mettez pas de pression vis-à-vis de ses études

Quand bien même cette année il doit passer le brevet, le bac ou tout autre examen, sa santé passe en priorité ! Ma mère a eu beaucoup de mal à ce que j’arrête mes études pour entrer à l’hôpital. Mais c’était juste nécessaire ! Et aujourd’hui, elle est plus que contente que j’aie pris cette décision. Cela m’a permis de me concentrer pleinement sur ma guérison. J’ai repris mes études un an après et aujourd’hui je suis diplômée d’un Master en marketing d’une grande école de commerce.

Au plus tôt son trouble alimentaire sera traité, au mieux c’est. Ses études, il pourra les terminer plus tard. Sans la santé, il ne pourra pas aller bien loin dans sa vie professionnelle… Surtout que généralement, les personnes souffrant de trouble alimentaire ont ce besoin de tout faire dans la perfection et se mettent déjà elles-mêmes la pression. Donc pas la peine d’en rajouter.

Limitez les déclencheurs de l’anorexie

Réduisez au maximum tout ce qui peut déclencher une pensée anorexique du style « je suis trop grosse » « je dois me restreindre » « je dois faire plus de sport », etc.

Pour cela, ne gardez pas de magazine « santé » à la maison prônant une alimentation saine à base de jus détox et d’eau. Évitez également tous les magazines abordant les sujets de sport ou avec des photos de mannequins.

Les personnes souffrant de troubles alimentaires utilisent énormément internet pour se documenter elles-mêmes sur leur trouble alimentaire. Mais parfois, ils utilisent internet à mauvais escient en parcourant des sites « proana » (pour l’anorexie) ou « promia » (pour la boulimie). Si votre enfant est mineur, n’hésitez pas à mettre un contrôle parental interdisant l’accès à ce genre de site internet.

Ensuite, supprimez tous les aliments « 0 % » ou « faible calorie » à la maison. À moins que ce ne soit les aliments que lui consomme et qu’il accepte de manger.

Enfin, enlevez de la vue également tous les outils d’exercice physique tels que des altères, des cordes à sauter, etc.

Ne l’ignorez pas

Ne l’ignorez pas en tentant de créer un électrochoc chez votre enfant. Ce n’est pas en le rejetant parce qu’il a un trouble alimentaire qu’il le stoppera. Il ne peut pas l’arrêter comme ça. C’est une maladie. Un enfant atteint d’un cancer ne peut pas décider du moment où il le cessera. Un enfant souffrant de boulimie, d’orthorexie, d’anorexie, d’hyperphagie… c’est la même chose ! Votre enfant a plus que besoin de vous, même s’il vous dit le contraire.

Conseils à appliquer pendant les repas

Les repas sont des moments particulièrement compliqués à gérer pour votre enfant, mais également pour vous. Voici quelques conseils pour que cette épreuve se passe au mieux. Si votre enfant est suivi par des professionnels, n’hésitez pas à directement leur demander des conseils pour faire face aux heures de repas.

Créer un cadre rassurant

Mangez à heure régulière et maintenez une atmosphère positive. Parlez de différents sujets de conversation, mais attention, qui n’ont aucun rapport avec l’alimentation et le physique. Convenez avec tous les membres de la famille qu’aucune remarque ne sera faite sur l’alimentation et le physique, notamment sur la quantité que votre enfant mange ou sur sa façon de se nourrir. N’abordez pas non plus la teneur en calorie ou en matière grasse de votre repas. Votre enfant risque tout simplement de s’arrêter de manger ou de vomir après son repas tant la culpabilité sera forte face à ce genre de discours.

Interrogez votre enfant s’il souhaite savoir à l’avance ce qu’il mangera au repas. Pour ma part, je demandais toujours la veille ce que ma mère allait cuisiner pour le lendemain. Cela lui imposait un peu d’organisation, mais parallèlement ça m’aidait à me préparer à affronter éventuellement certaines de mes peurs alimentaires.

Vous pouvez également demander à votre enfant s’il préfère que vous vous occupiez de tout : planifier les repas, les cuisiner vous-mêmes et choisir ce que votre enfant mangera. Cela dépend de chacun, mais je sais que certains patients préfèrent ne rien gérer et que ce soit leurs parents qui s’occupent de prendre les décisions liées à leur alimentation. Pour ma part, ce fut le cas très peu de temps. Par la suite, j’avais besoin de choisir moi-même ce que je cuisinais et ce que je mangeais. Puis, au plus je me rapprochais de la guérison, au plus je laissais ma mère décider ce qu’on mangeait. Je vous invite vraiment à en discuter avec votre enfant.

Ne faites pas de régime devant eux

Comme dit précédemment, ne mangez pas d’aliment 0 % ou diététique devant eux. Cela les mettra en difficulté.

Ne le regardez pas

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on est persuadé que tout le monde nous observe. Pour ne pas renforcer sa fausse croyance, ne regardez pas son assiette ou ses TOC alimentaires. Concentrez-vous sur votre repas et abordez des sujets de conversation qui changent les idées.

Prévoyez une activité post-repas

Prévoyez une activité familiale après le repas comme regarder un film ensemble, faire un jeu de société ou discuter en famille. Cela permettra à votre enfant de se changer les idées et de ne pas écouter la voix de la culpabilité. Cela pourra également le dissuader d’aller se faire vomir.

Après le repas, n’hésitez pas à rassurer votre enfant s’il ressent des sensations désagréables comme des maux de ventre ou des nausées. Ce sont tout simplement des symptômes de la guérison qui sont normaux et qui se dissiperont au fur et à mesure. J’en parle dans mon article sur la peur de grossir trop vite.

Ne le forcez pas à manger

Vous êtes son parent, vous êtes là pour le soutenir, mais pas pour le forcer à manger. Je me souviens que c’était assez frustrant pour ma mère qui savait qu’à l’hôpital je me nourrissais convenablement avec les infirmières, mais qu’à la maison je n’en faisais qu’à ma tête et que je n’avalais rien. Mais c’est tout simplement parce qu’une infirmière n’est pas ma mère. Elle a un rôle neutre. Alors oui, j’écoutais plus facilement une infirmière que ma mère quand elle me demandait de manger. Mais ne forcez pas votre enfant à manger en lui disant qu’il ne sortira pas de table tant qu’il n’a pas terminé son assiette. Cela va faire pire que mieux en créant un véritable blocage et des tensions au sein de votre famille.

Ne désespérez pas

Ce n’est pas parce qu’un repas s’est mal passé que votre enfant ne s’en sortira jamais. Tout comme ce n’est pas parce que votre enfant a bien mangé aujourd’hui que demain il réussira tout autant. Non, il y a des jours avec et des jours sans. Ça ne sert à rien de lui dire « hier, tu arrivais à manger plus de féculents. Comment ça se fait que tu n’en manges pas plus aujourd’hui ? » Laissez-lui du temps. La guérison est très lente et prend du temps.

N’oubliez pas vos autres enfants

Dans certains cas, le trouble alimentaire de votre enfant vous préoccupe tellement que vous en oubliez vos autres enfants. Les frères et sœurs deviennent parfois des victimes indirectes du trouble alimentaire de votre enfant. Le petit frère ou la grande sœur peut se dire « tiens, elle concentre toute l’attention des parents sur elle avec son trouble alimentaire ». Ainsi, les frères et sœurs peuvent se mettre à adopter des comportements nocifs pour eux-mêmes pour tenter d’avoir plus de votre attention.

Je sais bien que ce n’est pas facile, mais vous devez penser pareillement à vos autres enfants. Demandez-leur comment ils vivent la situation, mais également comment ils vont, ce qu’ils font de leur journée, comment se passe leur étude, etc. Partagez des moments privilégiés avec chacun d’entre eux.

Un trouble alimentaire est difficile à gérer au sein d’une famille. C’est pourquoi, une fois de plus, c’est important d’avoir un suivi avec des professionnels de la santé. Ces derniers peuvent organiser des entretiens familiaux permettant de comprendre le rôle de chacun et comment chaque membre de la famille vit la maladie de votre enfant. Le thérapeute est là pour expliquer à chacun le trouble alimentaire de votre enfant et pour vous donner des conseils sur comment gérer cela en famille.

Soyez solidaire avec votre conjoint

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On n’est jamais préparé face à l’apparition d’un trouble alimentaire chez son enfant. Mais c’est une épreuve difficile que les deux parents doivent traverser ensemble. C’est essentiel, pour l’enfant, que les deux parents s’impliquent dans sa guérison. Même si les parents sont divorcés, la mère comme le père doivent comprendre la maladie et aider son enfant à la surmonter.

Discutez ensemble des décisions que vous prenez vis-à-vis de votre enfant, notamment pour ses soins.

C’est également important d’avoir quelqu’un qui vit une expérience identique que vous pour partager vos émotions, vos ressentis, etc.

Pour conclure, rappelez-vous que votre enfant ne guérira pas en une journée, ni en une semaine, ni même en un mois. Cela prend du temps. C’est pas à pas, petit à petit que votre enfant va cheminer vers la guérison. Il ne sera d’ailleurs pas rare qu’il connaisse des rechutes. Mais cela n’est pas négatif pour autant. C’est en tombant qu’on apprend à marcher.

N’essayez pas de guérir votre enfant à sa place. Le choix de la guérison doit venir de lui-même. Vous pouvez toutefois continuer de lui parler des possibilités de soin qui s’offrent à lui, rechercher des professionnels pour lui. Mais vous ne pourrez pas lui forcer la main. 

Je sais que vous traversez une épreuve difficile, que vous vous sentez impuissant, frustré de ne pas réussir à guérir votre enfant. Mais vous n’êtes pas thérapeute. Vous êtes sa mère ou son père. Et votre rôle est de le soutenir pendant cette période et de maintenir un environnement propice à sa guérison.

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Guérison de l’anorexie : je n’arrive pas à reprendre du poids

Guérison de l’anorexie : je n’arrive pas à reprendre du poids

Guérison de l’anorexie : je n’arrive pas à reprendre du poids

Il m’est déjà arrivé d’entendre que certaines patientes anorexiques en guérison ne parvenaient pas à reprendre du poids. Sachez au préalable une première chose, c’est que chaque guérison est différente. Ce n’est pas parce que j’ai repris très vite du poids avec mes compulsions alimentaires que ce sera la même chose pour vous. Autre chose, c’est que la reprise de poids peut être très longue. Cela peut s’étaler sur des semaines comme sur des mois. Dans cet article, je vous explique pourquoi cette reprise de poids peut être lente et comment y palier.

Votre corps a besoin d’un apport supérieur à la recommandation journalière

Les recommandations journalières sont de 1800 calories pour une femme et de 2000 calories pour un homme. Cependant, lorsque vous avez connu un trouble alimentaire, et notamment une période de restriction, vos besoins journaliers sont supérieurs. En effet, une personne anorexique qui souhaite reprendre du poids nécessite minimum 3000 calories. Et ce chiffre peut aller jusqu’à 5000 calories par jour.

Mais pourquoi votre corps a tant besoin d’apports ? Tout simplement, car quand vous étiez en restriction, votre corps a commencé à tourner au ralenti et a uniquement maintenu les fonctions indispensables à sa survie. Ainsi, certaines hormones ne sont plus produites, votre masse musculaire a fondu, vos organes ne sont plus en pleine puissance. Lorsque vous vous remettez à vous nourrir, votre corps va exploiter l’énergie que vous lui donnez pour le mettre à contribution de tout ce qu’il a arrêté pendant la restriction : reconstitution de cellule, des tissus, de la masse musculaire, réparation des organes, renutrition de la peau et des cheveux, etc. Après avoir restauré tous les dommages créés par la restriction, votre corps pourra utiliser l’énergie qui lui reste pour favoriser la reprise de poids. Ainsi, peut-être que si vous ne prenez pas de poids, c’est tout simplement parce que vous ne mangez pas assez pour votre cas.

Au début de la renutrition, les hormones qui se chargent de la construction de la graisse corporelle demeurent encore inefficaces. Votre organisme s’occupe des fonctions essentielles à votre survie dans un premier temps. Alors, pour récupérer de la graisse corporelle et par conséquent accélérer la prise de poids, il faut laisser du temps à votre corps et continuer de lui donner des apports suffisants chaque jour.

Je sais que cela peut être difficile, car vous allez devoir manger plus que les personnes qui vous entourent. Mais dites-vous bien que ces personnes n’ont pas souffert d’une restriction et n’ont donc pas les mêmes besoins que vous.

De plus, vous allez devoir manger en dépit du fait que vous avez l’impression d’être rassasié et malgré des inconforts physiques. En effet, votre estomac et tout votre appareil digestif ne sont plus habitués à recevoir une quantité de nourriture « normale ». De ce fait, vous allez ressentir des maux de ventre, des crampes d’estomac, des diarrhées et/ou constipations. Ces symptômes sont dus au fait que votre système de digestion tente de s’adapter tant bien que mal aux nouvelles quantités. Ce sont tous des inconforts qui se dissiperont petit à petit à mesure que vous maintiendrez la renutrition de façon permanente.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
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  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
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...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Attention au syndrome de renutrition !

Je vous parlais juste au-dessus d’adopter une ration calorique plus conséquente. Attention toutefois à y aller en douceur. Ne passez pas à une ration à 3000 calories si la veille vous n’en mangiez que 200. Il est essentiel d’y aller en douceur pour éviter un syndrome de renutrition. Je ferai un article dédié à ce sujet. En attendant, retenez qu’il s’agit d’un ensemble de complications métaboliques lié à la réintroduction trop rapide d’apport énergétique important.

Le mieux est d’être accompagné par des professionnels de la santé, notamment spécialistes dans les troubles alimentaires, qui sauront vous guider. Me concernant, j’ai moi-même fait un syndrome de renutrition qui s’est manifesté par une occlusion intestinale. Pendant 48 heures, je n’ai rien pu avaler le temps que les urgences gèrent l’occlusion. Ensuite, j’ai été nourri par sonde avec seulement 200 calories par jour. Puis petit à petit, en fonction de mes résultats cliniques, j’ai majoré de jour en jour ma ration pour atteindre une ration à 1800 calories minimum.

Comment augmenter sa ration calorique ?

Pour une prise de poids continue, c’est important d’augmenter les besoins énergétiques fréquemment : tous les jours à tous les trois jours. Cela pour éviter de créer une stagnation de poids qui ralentirait votre courbe, voire la casserait.

Ce n’est pas évident de manger 4000 calories dans la journée. Je vous conseille donc de manger tous les 2 ou 3 heures. C’est peut-être plus simple pour vous de manger peu, mais régulièrement.

Attention, prendre 3000 à 5000 calories dans la journée ne veut pas dire manger exclusivement des burgers, de la glace, des kebabs, de la pizza et des chips matin, midi et soir. Non, il est essentiel d’avoir une alimentation équilibrée. J’entends par là une alimentation qui inclut toutes les catégories d’aliments. Introduisez toujours de la pizza, de la glace, des burgers… quand vous en avez envie ! C’est important de se faire plaisir ! Mais tentez de reprendre une alimentation équilibrée chaque jour avec des féculents, des protéines et des légumes. Attention à ne pas faire non plus l’inverse. Cela ne sert à rien de manger une ration de 3000 calories en comblant vos assiettes uniquement avec des fruits et des légumes. Vous aurez toujours des carences et votre corps ne pourra pas faire fonctionner normalement votre organisme. Le mieux est d’être suivi par une diététicienne spécialisée dans les troubles alimentaires qui pourrait vous faire un plan.

À l’hôpital, nous augmentions petit à petit la ration calorique en ajoutant une cuillère à soupe de féculent le midi et le soir, une tartine en plus le matin, une tartine en plus au goûter, un yaourt avec un fruit en plus au midi, puis au goûter, et enfin au soir. Me concernant, l’ajout d’un fruit en plus à chaque repas, d’un yaourt et d’une tartine était le plus simple pour moi. Peut-être que pour vous, c’est plus simple d’augmenter votre ration en augmentant votre apport en féculent, ou en rajoutant une sucrerie à la fin de chacun de vos repas. Vous devez vous adapter en fonction de ce que vous aimez.

L’important est quand même d’allier une aide thérapeutique à votre réalimentation. Tout d’abord pour contrôler que votre corps accepte bien la réalimentation. Ensuite, pour travailler sur toutes les angoisses que vous rencontrez durant cette reprise de poids. Enfin, pour travailler sur les causes de votre trouble alimentaire. Je suis intimement persuadée qu’il est déterminant de régler les raisons du problème plutôt que la conséquence, en l’occurrence ici l’alimentation. Si aucun travail psychologique n’est entrepris sur les facteurs qui vous ont amené à tomber dans ce trouble alimentaire, alors le risque de rechute est d’autant plus élevé.

Renverser le mécanisme de perte de poids

Cela faisait peut-être des mois voire des années que vous étiez plongés dans la restriction. Votre état d’esprit était donc en mode « perte de poids ». Lorsque vous vous mettez à vous nourrir, votre état d’esprit doit basculer vers « reprise de poids ». Votre crainte, parfois inconsciente, de regagner du poids génère un stress accru en vous demandant un apport calorique bien plus élevé. Peut-être qu’inconsciemment, vous avez un blocage lié à d’autres angoisses sous-jacentes : la peur de grossir indéfiniment, la peur de perdre son identité en abandonnant son trouble alimentaire, la peur de perdre l’attention des autres. Ce sont des peurs que j’aborde dans mon autre article Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite. Ce sont des peurs sur lesquelles vous devez travailler avec un thérapeute pour être prête pour la reprise de poids, et plus globalement pour votre guérison.

Reposez-vous

Vous devez vous reposer. C’est primordial de minimiser les efforts physiques pour une personne dénutrie. Rien que le fait de rester debout va consommer de l’énergie chez un corps affamé.

Je suis presque certaine que dans votre tête vous vous dites que vous n’avez pas besoin d’autant de calories avec autant de repos pour reprendre du poids. Moi non plus je n’y croyais pas. Les médecins me disaient que comme mon corps était dénutri, si je ne faisais rien qu’un peu d’exercice physique, je perdrais du poids. Je n’y croyais pas jusqu’à ce que ça m’arrive. J’étais à l’hôpital depuis plus d’un mois. Je ne bougeais presque plus et j’avais une ration à 2200 calories par jour. Un après-midi, j’ai eu une permission pour prendre la collation avec mes parents chez moi. Je suis donc rentrée chez moi et nous avons simplement fait le tour du jardin. À la pesée du lundi, j’avais perdu 600 grammes…

Le repos est votre alliée pour la guérison. Cela ne sert à rien de manger une ration à 3000 calories si vous faites 2 heures de sport par jour. Vous pouvez bien évidemment prendre l’air, ou pratiquer des exercices très doux comme le yoga. Mais encore une fois, il est préférable de demander l’avis de votre médecin quant à la pratique du sport durant la guérison.

Peut-être que vous êtes pressé(e) de regagner du poids pour pouvoir enfin vous débarrasser de votre trouble alimentaire. Mais ce n’est pas simplement en récupérant du poids que vous serez guérie. Non, c’est un élément essentiel, mais ce n’est pas l’unique étape permettant la guérison. C’est important de comprendre les causes de votre trouble alimentaire et de travailler dessus pour en sortir totalement.

Soyez patient, laissez-vous du temps. N’allez pas trop vite au risque de rechuter. Prenez le temps de travailler sur chaque difficulté que vous rencontrez. Exprimez vos peurs, vos craintes. C’est normal d’en avoir durant le processus de guérison. Il ne sert à rien de poser un mouchoir au-dessus et d’avancer aveuglément. La guérison se fait étape par étape. « Petit à petit, l’oiseau fait son nid ». J’aime beaucoup cette citation. C’est une infirmière de l’hôpital qui me la répétait souvent. Et cela résume bien le processus de guérison.

Si vous parvenez à regagner du poids et que vous êtes envahi par la peur de grossir, n’hésitez pas à consulter mon autre article sur la même thématique : Guérison anorexie : je grossis trop vite.

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Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite

Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite

Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite

« Help! Je grossis trop vite ! » Je me souviens avoir recherché cela sur Internet lorsque j’ai commencé à reprendre du poids pendant ma guérison. Je voyais mon poids augmenter et j’avais peur. J’aurais tant voulu qu’on me dise ce que je m’apprête à vous écrire dans cet article. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de le rédiger ! Après avoir lu cet article, vous aurez compris à quoi correspond le poids que vous regagnez, les peurs sous-jacentes à votre crainte de grossir, et comment faire pour gérer la prise de poids durant la guérison des troubles alimentaires sans rechuter dans la restriction ou les comportements compensatoires. Cet article s’adresse essentiellement aux personnes anorexiques, mais peut également concerner les boulimiques.

La prise de poids : un élément essentiel de la guérison

Personne n’a envie de reprendre du poids, mais c’est pourtant inévitable si vous souhaitez guérir de l’anorexie. Je sais que c’est effrayant et difficile. Je suis passée par là. Moi aussi je voulais guérir sans reprendre de poids. Mais ce n’est pas possible, bien que ce ne soit pas uniquement en regagnant du poids que l’on guérit, c’est un élément essentiel.

Sachez toutefois que vous ne prenez pas du poids. Vous reprenez du poids. Un poids qu’initialement vous n’auriez pas dû perdre. Dans le processus de guérison, la reprise de poids correspond à l’atteinte d’un poids santé sur le long terme. C’est-à-dire un poids qui permettra à votre corps de maintenir toutes les fonctions de votre organisme, en répondant aux besoins de chaque organe et muscle.

La reprise de poids est difficile, car elle implique un changement physique, mental et alimentaire. Physiquement, vous devrez vous préparer à voir votre corps démaigrir, retrouver des formes. Mentalement, il faudra modifier vos schémas de pensée et ne plus agir pour la perte de poids, mais plutôt pour votre guérison. Dans votre alimentation, vous allez devoir inclure de nouvelles catégories d’aliments que vous vous interdisiez jusque-là, tout en augmentant les quantités.

Votre reprise de poids va engendrer des émotions négatives et cela est tout à fait normal. Il n’est pas rare que vous ressentiez de grandes angoisses à la vue du chiffre de la balance qui se rapproche de votre poids santé. Certaines patientes tombent également dans la dépression pendant cette période. D’où l’importance accrue d’être accompagné par des professionnels de la santé. Je sais que ce n’est pas toujours possible, mais c’est essentiel de trouver des thérapeutes spécialisés dans les troubles alimentaires. Cela vous permettra de recevoir des conseils avisés tirés de leur connaissance et de leur expérience avec votre pathologie. En obtenant un traitement adéquat, vous éviterez également la rechute.

Enfin, sachez que les fluctuations de poids ne sont pas significatives sur une journée. Je vous recommande tout simplement de vous peser une seule fois par semaine pour vous assurer que votre poids augmente bien et ne diminue pas. Pour ma part, je ne me pesais plus. Je laissais les médecins le faire quand je les voyais, soit une fois par semaine. 

Comprendre la prise de poids 

L’explication qui va suivre est importante à comprendre lorsque vous êtes en reprise de poids dans votre processus de guérison. En sachant cela, vous pourrez vous y préparer avance que cela n’arrive et ainsi prévenir les rechutes.

Lorsque vous étiez en restriction, votre corps a limité ses fonctions à celles qui étaient essentielles à votre survie. Tout votre organisme s’est mis à tourner au ralenti. Tous vos organes, muscles, tissus se sont détériorés. Vous avez donc besoin de beaucoup d’énergie pour venir réparer et remettre en route tout ce qui était en état de veille. Cela me fait penser à ma voiture. Lorsque je ne l’ai pas utilisé pendant longtemps, elle ne démarre plus. Mon père est obligé de la recharger pendant toute une nuit pour lui donner suffisamment de batteries pour qu’elle puisse redémarrer. La voiture, c’est votre corps. Et la recharge de la batterie, pour votre corps, passe par une augmentation de l’énergie que vous allez lui donner. Soit, par une alimentation plus importante et du repos.

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Lorsque cette « réparation » débute, la première réaction de votre corps va être de créer un œdème. Cela correspond à une rétention d’eau qui va donner des gonflements autour des chevilles, des pieds et même des yeux. C’est très difficile à accepter de voir son corps gonflé et flasque. Mais ce n’est que de l’eau ! Ne vous inquiétez pas, votre corps ne va pas stocker de la graisse d’un seul coup. Il doit d’abord utiliser toute l’énergie que vous lui fournissez pour reconstituer tous les dommages causés par l’anorexie. La rétention hydrique va s’estomper avec le temps avec une réalimentation progressive et continue.

Par ailleurs, tout le monde ne connaîtra pas forcément des œdèmes. Pour ma part, j’en ai eu que très peu, pendant 3 ou 4 jours et uniquement aux pieds. Mais à l’hôpital, j’ai vu des filles en avoir aux jambes durant 15 jours à 3 semaines. Mais cela s’est estompé avec le temps. Je vous conseille de mettre vos pieds en l’air, de surélever vos jambes lorsque vous dormez par exemple avec un oreiller.

Donc l’une des premières causes de l’augmentation de votre poids est la rétention d’eau. Et cela peut être assez effrayant, car très rapidement, vous allez peut-être apercevoir +1 kilo sur la balance en seulement 2 jours. Me concernant, cela m’est arrivé dans mes premiers jours à l’hôpital : +1,8 kilo en 3 jours. J’en étais malade ! Je me disais que je grossissais bien trop vite. Mais la semaine d’après, je n’avais pris que 100 grammes. Rassurez-vous, les prises de poids précipitées et disproportionnées sont fréquentes dans les premiers jours de renutrition. Mais rappelez-vous bien que ce n’est pas de la graisse.

Quand votre corps était en mode « famine », son métabolisme s’est mis à tourner au ralenti. Ainsi, lorsque vous vous remettez à vous nourrir, l’énergie que vous fournissez à votre corps va être consacrée à la création des muscles, à la réparation des organes et tissus abîmés. Les hormones qui se chargent de l’élaboration de la graisse corporelle restent encore inefficaces à ce stade. Donc une fois de plus, le poids que vous récupérez au début vous fait peur et c’est normal. Mais soyez rassuré, c’est du poids nécessaire à votre survie : le poids de vos organes qui reprennent une taille normale, le poids de l’eau, le poids de vos muscles en construction, etc.

Maintenant, vous allez me dire : mais si mon métabolisme est ralenti, alors je vais grossir si je continue à manger plus ? Non ! À mesure que vous mangez de plus en plus, votre métabolisme va se réveiller et s’accélérer par la quantité absorbée. Au plus vous allez manger, au plus votre métabolisme va s’activer. Donc pas de panique, votre métabolisme ne va pas rester en mode « ralenti ».

Le ralentissement métabolique entraîne également un affaiblissement de la digestion. Même si vous n’en avez pas l’impression, vos organes digestifs ont moins de force. Alors qu’elle prend environ 1 heure et 30minutes chez une personne en bonne santé, la nourriture est digérée en 4 à 5 heures chez une personne affamée. C’est ainsi que vous pouvez ressentir des maux de ventre, des ballonnements, des crampes d’estomac. Mais ces symptômes ne sont pas signe que vous avez trop mangé. Non, c’est la preuve que votre corps est dénutri, et de cette façon, votre système digestif tente de s’adapter petit à petit à des quantités de nourriture plus normales que ce que vous avaliez durant la restriction. Vos muscles et organes digestifs s’étirent et se renforcent. C’est ce qui est douloureux au début. Vous ne pouvez pas contourner ces inconforts physiques. Ils font partie de la guérison et sont la confirmation que vous êtes sur le bon chemin.

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Attention toutefois si les douleurs sont bien trop intenses au point que vous ne pouvez plus bouger. Cela peut être le signe d’un syndrome de renutrition. Il est donc préférable de prévenir votre médecin qui saura vous diagnostiquer. Je vous ferais prochainement un article sur le syndrome de renutrition.

Oui, vous allez également reprendre du gras. Mais sachez que le gras est indispensable pour votre existence. Arrêtons de diaboliser le gras, ce n’est pas une mauvaise chose. Le gras vous permet de maintenir votre température corporelle. Vos muscles vont parallèlement avoir besoin de la graisse que votre corps stocke pour réaliser des efforts physiques.

Le gras va également permettre de protéger vos organes et de créer de nouvelles cellules dans votre corps. Le gras va vous approvisionner en vitamines A, D et E permettant de conserver une bonne vision, une belle peau, de beaux cheveux et une croissance des os.

Enfin, c’est votre cerveau qui a besoin de gras. Il est même principalement constitué de graisses ! C’est avec cette graisse corporelle que votre cerveau pourra continuer de fonctionner et de maintenir vos capacités mentales.

Ce n’est pas parce que vous avez de la graisse corporelle que vous êtes une personne grasse. C’est juste tout à fait normal. Sans graisse, vous ne survivrez pas.

Bien que toutes les patientes anorexiques ne l’aient pas, il n’est pas rare de souffrir de lipodystrophie au début de votre reprise de poids. En effet, lorsque votre corps a récupéré assez d’énergie pour refaire votre masse musculaire, vos organes et toute autre fonction vitale, il va commencer à stocker de la graisse corporelle. Et au début de la récupération, la graisse peut être stockée de façon inégalée à certaines parties du corps, notamment au niveau du ventre. La lipodystrophie correspond à l’accumulation des tissus adipeux, dans notre cas ici, autour de l’abdomen. Ne vous inquiétez pas, vous n’allez pas garder un ventre gonflé pour toujours. Ne tombez pas dans le piège de la restriction pour pallier à cette peur. Sachez qu’en maintenant votre réalimentation, votre graisse corporelle finira par se redistribuer uniformément dans les autres parties de votre corps. Mais ce, si vous persévérez à manger de façon continue tous les jours. La graisse du ventre est un signe de rétablissement.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

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  • Psychologique,
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...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Les peurs sous-jacentes à la prise de poids

Bien souvent, lorsqu’on a peur de grossir, il y a d’autres peurs sous-jacentes derrière. C’est important d’en prendre conscience et de travailler dessus :

Vous avez peur que votre poids continue d’augmenter sans jamais s’arrêter ? J’avais cette terrible peur également. Mais je vous rassure, votre corps cessera de reprendre du poids. Quand votre corps aura suffisamment de nutriment, qu’il n’aura plus peur d’une prochaine restriction, il n’aura plus besoin d’autant de nourriture que durant votre rémission. Pendant longtemps, je craignais de prendre indéfiniment du poids. Je vous en parle d’ailleurs dans mon article sur les compulsions alimentaires. Dès que j’avais fait une crise, j’avais peur du poids que cela allait engendrer. Je me mettais alors à me restreindre à nouveau. Et une nouvelle compulsion faisait son apparition, et ainsi de suite. Jusqu’à ce que je stoppe les compensations après une crise alimentaire. J’ai fait confiance à mon corps en lui donnant ce qu’il réclamait. Et mon corps a fini par me faire confiance à son tour : ma prise de poids s’est arrêtée et petit à petit j’ai retrouvé un poids de forme.

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Ah ça c’était aussi une de mes grandes peurs ! Mais qu’est-ce que je vais devenir sans l’anorexie ? C’est elle qui me définissait pour le moment. Sans elle, quelle identité vais-je avoir ? Rassurez-vous, vous deviendrez vous-même. Cela prendra du temps. Vous allez apprendre à vous connaître. Et petit à petit, vous découvrirez une nouvelle passion, vous ferrez de nouvelles rencontres… Et c’est ainsi que vous écrirez un tout nouveau chapitre de votre vie.

Le fait de regagner du poids n’est pas synonyme de guérison. C’est un élément essentiel, mais cela ne fait pas tout. Ceux qui vous entourent comprendront qu’il vous reste un long chemin à faire avant d’aller mieux. Vous pouvez d’ailleurs l’expliquer à vos amis et à votre famille. Moi je le disais clairement : « Physiquement, j’ai l’air d’aller mieux, mais dans ma tête c’est pas encore ça. C’est toujours compliqué. » Je vous rassure, le fait de regagner du poids ne va pas vous faire perdre le soutien de vos proches. Ceux qui comprendront réellement resteront à vos côtés. Et vous aurez continuellement accès aux soins des thérapeutes. Cela amène à un point crucial qui est de comprendre qu’un trouble alimentaire peut survenir à tout le monde, peu importe sa taille ou son poids. Vous ne devez pas être au plus maigre pour être crédible et bénéficier de soin. Non, tout le monde a le droit d’obtenir du soutien.

Tandis que j’étais anorexique, la nourriture occupait mes pensées du matin au soir. Il m’arrivait même d’en rêver… Mais alors à quoi pense-t-on lorsqu’on est guéri ? À tout ! Sauf à la nourriture ! Vos amis, votre famille, vos destinations de rêve où voyager, votre prochain cinéma, votre escapade du week-end à venir…

Certainement qu’au début vous aurez du mal à l’accepter. Mais c’est normal, ça fait partie du trouble et de la rémission. Mais petit à petit, vous retrouverez la santé et vous prendrez conscience de tout ce que vous pourrez faire à nouveau ! Avec le temps, vous allez pouvoir profiter de la vie, pleinement ! Vous allez pouvoir vous consacrer à de nouveaux projets !

Tout culturiste avisé vous dira qu’on gagne du muscle dans son lit, au repos ! La récupération est primordiale pour la croissance musculaire. Au moment où vous étiez en restriction, votre fibre musculaire s’est décomposée. Le corps concentrait le peu d’énergie qu’il avait sur les fonctions essentielles à la survie : le muscle ne l’est pas. Quand vous recommencez à vous nourrir, votre fibre musculaire se forme à nouveau, et ce, sans musculation. D’ailleurs, le muscle pèse lourd sur une balance. Donc lorsque vous voyez votre poids augmenter, ce n’est absolument pas QUE du gras.

Mes conseils pour accepter la prise de poids

La prise de poids est une étape importante, mais terrifiante de la guérison. C’est primordial d’apprendre à l’accepter pour ne pas rechuter. Voici donc quelques conseils pour vous aider dans cette épreuve difficile :

S’il y a bien une chose que j’ai faite en premier c’est de me débarrasser de mes vêtements taille 12 ans, taille 32 et 34 dès qu’ils ne m’allaient plus. Les garder dans mon placard ne m’aurait fait que du mal. Donnez-les dans un organisme, une association ou à quelqu’un d’autre. Mais débarrassez-vous-en au plus vite ! Pour ma part, j’ai tout mis dans des cartons que j’ai mis dans une autre pièce de la maison, loin de ma vue, avant de les donner complètement. 

Vous pourrez donc vous acheter une nouvelle garde-robe. Cela a été une des étapes difficiles de ma guérison : accepter d’acheter des vêtements dans une taille supérieure. Je vous conseille de faire les boutiques avec quelqu’un (votre sœur, votre amie, votre mère) pour surmonter cette épreuve. Pour ma part, je pleurais quand j’étais dans les magasins. Mais c’est normal de ressentir de la détresse lorsque votre corps change physiquement après une période de restriction.

Entourez-vous d’amis et de famille qui vous comprennent et vous soutiennent dans cette étape délicate. Défaites-vous de vos relations toxiques. La vie est déjà assez complexe pour se la compliquer encore plus avec des personnes négatives. Évitez pareillement de garder contact avec d’autres patientes souffrant de troubles alimentaires. C’est difficile de voir une autre fille anorexique dans un corps frêle tandis que vous tentez de vous débarrasser vous-même de cette maladie. Développez également un réseau de soutien thérapeutique. Pour ma part, lorsque je suis sortie de l’hôpital, chaque semaine je consultais ma psychiatre, une psychologue, une sophrologue et une hypnotiseuse. Je sais bien que tout le monde n’a pas les moyens, mais dans les hôpitaux publics, les soins sont pris en charge. Il existe également des psychologues offrants des consultations gratuites dans les CMP (centre médico-psychologique). Enfin, renseignez-vous auprès de votre mutuelle qui peut prendre en charge toute ou partie des frais médicaux.

Si vous cliquez sur l’icône PDF, vous découvrirez une liste que je vous ai partagé. Elle compte 50 raisons de guérir de l’anorexie. Cette liste je l’ai réalisé petit à petit durant mes 4 ans d’anorexie. Ceci est une liste non exhaustive et ce n’est qu’un exemple ! En dessous de cette liste, vous verrez une liste vierge que vous pouvez imprimer et remplir vous-même ! C’est important de relire souvent cette liste pour vous remémorez du pourquoi vous voulez guérir. Vous avez choisi de guérir, en partie, car un trouble alimentaire n’est pas la vie. Vous ne serez jamais satisfait de votre trouble alimentaire : vous ne vous trouverez jamais assez parfait(e), assez mince, assez jolie.

Essayez de vous défocaliser de votre prise de poids en vous consacrant à d’autres activités : le dessin, le chant, la musique, la méditation, la lecture, etc. Vous pouvez exprimer qui vous êtes au travers d’autre chose que votre corps.

Quand je parle de déclencheurs, je parle des éléments qui vont vous faire culpabiliser vis-à-vis de votre reprise de poids. Fuyez les miroirs, évitez de regarder d’autres photos de vous lorsque vous étiez plus maigre. Évitez également de contempler des photos d’autres filles encore malades sur les réseaux sociaux. Éloignez-vous des photos de corps, mais aussi des assiettes des personnes encore malades.

La thérapie d’exposition existe bel et bien et passe effectivement par le regard dans le miroir, ou la comparaison des photos. Mais cela se fait de façon encadrée et avec un thérapeute.

L’acceptation du corps prend du temps. J’ai commencé à démaigrir en juin 2018 et j’ai vraiment accepté mon corps en décembre 2019. Cela prend du temps, mais c’est possible ! Rappelez-vous en plus que vous souffrez peut-être de dysmorphophobie. C’est-à-dire que vous vous voyez plus grosse que vous ne l’êtes réellement. Les changements corporels sur lesquels vous faites une fixette ne sont généralement pas visibles aux yeux des autres.

Ne soyez pas trop dure avec vous-même. Vous vous battez contre une maladie mentale grave, c’est légitime de ressentir de la peur, des angoisses, de la triste et de la détresse. Prenez le temps de vous reposer et de respecter votre corps.

  • Votre ventre est gonflé après avoir mangé ? C’est normal, votre estomac digère votre repas.
  • Vos cuisses ont l’air plus grosses lorsque vous êtes assise ? C’est normal, vos cuisses s’appuient contre la chaise.
  • Vous n’avez pas un écart entre vos cuisses ? C’est normal, vos cuisses sont là pour vous aider à marcher, à vous tenir debout. Vous avez besoin d’avoir de belles cuisses pour vous maintenir sur pieds.

La prise de poids est terrifiante, je connais, je l’ai vécu. Mais vous savez quoi ? Je suis toujours en vie, plus heureuse qu’il y a deux ans, ça, c’est certain ! Je suis devenue une jeune femme avec de nouveaux projets de vie, avec une vie sociale plus développée et je suis capable de faire ce que je souhaite.

En sachant tout ce que vous venez de lire, ne soyez pas terrifiée face à votre ventre gonflé, vos chevilles enflées, votre estomac qui crie de douleur après avoir mangé ou encore votre poids qui augmente de façon disproportionnée. Tout cela est normal et fait partie du processus de guérison. Si vous ressentez cela, c’est une excellente nouvelle : vous êtes sur le bon chemin de la guérison. Si cela est possible pour vous, c’est un véritable atout d’être entouré par des professionnels spécialisés dans les troubles alimentaires pour vous aider à faire face à cette reprise de poids. Enfin, si vous traversez une étape de compulsions alimentaires durant votre phase de guérison, je vous invite à lire mon article sur les compulsions alimentaires pendant la guérison pour savoir comment y faire face.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Peur du poids, 19 commentaires
Anorexie : je vous raconte mes séjours à l’hôpital

Anorexie : je vous raconte mes séjours à l’hôpital

Anorexie : je vous raconte mes séjours à l’hôpital

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En écrivant mon article tout savoir de l’hospitalisation à temps complet en TCA, j’ai eu envie de vous raconter mes propres hospitalisations lorsque j’étais anorexique. Je tiens avant tout à dire que ceci est mon ressenti personnel et que malgré que cela ait été difficile, j’en retire une expérience positive. Mais je sais que certains patients ont mal vécu leur hospitalisation et cela leur aurait même fait plus de mal que de bien. Cela dépend du vécu, mais également du service hospitalier. Dans cet article, je vais donc vous expliquer comment j’ai éprouvé mes deux séjours hospitaliers : de mes premiers moments en précisant les routines journalières et hebdomadaires du service dans lequel j’étais. Attention, ces routines sont propres à l’hôpital dans lequel j’étais. Tous les services de troubles alimentaires ne fonctionnent pas pareil, mais cela peut vous donner une idée des méthodes utilisées.

Mon histoire

Pendant mon anorexie, j’ai vécu deux hospitalisations en service addictologie TCA (trouble du comportement alimentaire). Concrètement, c’était un service où la majorité des patientes était des femmes anorexiques. J’ai connu seulement  deux garçons anorexiques en six mois d’hôpital. De temps à autre, il y avait également des boulimiques qui venaient se sevrer des leurs crises et vomissements pour une durée de deux ou trois semaines.

Ma première hospitalisation, j’y ai été contrainte suite à un syndrome de renutrition. C’est-à-dire que mon intestin avait cessé de fonctionner, j’ai alors passé 10 jours en réanimation avant de me faire hospitaliser près de 3 mois au service des TCA.

Ma deuxième hospitalisation, c’est moi qui l’ai demandé. Elle a eu lieu six mois après la première. J’oscillais entre compulsions alimentaires et restriction, et je ne parvenais pas à me sortir de ce cercle infernal. J’ai donc décidé de mettre ma vie en pause, d’arrêter mes études et de me faire hospitaliser une nouvelle fois. J’ai dû patienter trois semaines sur liste d’attente avant de pouvoir commencer ma deuxième hospitalisation de trois mois. 

Les premiers jours à l'hôpital

Les premiers jours sont assez déroutants. Il faut s’adapter à une nouvelle organisation, à de nouvelles règles et de nouvelles personnes. Vous réalisez pendant ces premiers jours que vous serez enfermé pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois avec de nombreuses restrictions (peu de visite, accès à Internet et au téléphone limité, pas de contrôle sur les repas…). Je ne vais pas vous mentir, lorsque vous entrez à l’hôpital, vous n’êtes pas en colonie de vacances. C’est vraiment une étape très difficile de votre histoire que vous vous apprêtez à vivre. Mais elle est parfois nécessaire pour justement vous permettre de continuer à vivre.

Généralement, le premier jour, lors de votre admission, vous constituez votre dossier avec l’équipe soignante : vous racontez comment agit votre trouble alimentaire dans votre vie quotidienne. C’est essentiel d’être honnête et transparent avec le personnel soignant. Ils ne vont pas vous juger. Ils connaissent ces pathologies et savent que vous êtes prisonniers d’une maladie. Pour instaurer une relation de confiance avec le personnel infirmier, c’est important de leur dire toute la vérité. Ils sauront comment vous aider. Par exemple, ne leur déclarez pas que vous n’aviez aucun problème pour manger à l’extérieur ou que vous réussissiez à suivre une ration à 1800 calories tous les jours. Sinon, lorsque vous serez devant votre assiette, incapable d’avaler la sauce, les pommes de terre et le steak haché, les infirmières auront du mal à vous comprendre…

Lors de votre admission, on vous explique les règles du service et les horaires à respecter :

Lorsque je suis arrivée, on a fouillé ma valise pour y retirer tout ce que je pouvais utiliser contre moi : lacet, rasoir, ciseaux, pince à épiler, etc. D’ailleurs, à chaque fois que quelqu’un me ramenait quelque chose (du linge propre, des cadeaux, des affaires…), tout était inspecté pour vérifier qu’il n’y avait pas d’objets interdits ou de nourriture (notamment les chewing-gum ou boisson zéro calorie).

Ensuite, on m’a expliqué les règles quant aux visites : 3 visites sont autorisées par semaine et l’on choisit les jours. En semaine, la visite se passe de 17 :00 à 18 :00. Le weekend, elle se déroule de 14 :00 à 16 :00 et de 17 :00 à 18 :00.

Pour les téléphones, ils étaient autorisés une demi-heure de 19 :15 à 19 :45 en théorie. Généralement, c’était soit un peu avant ou un peu après. Vous n’avez pas d’autre accès à internet dans la journée. Vous pouvez cependant prendre un MP4 tant qu’il n’y a pas possibilité d’accéder à internet avec.

Concernant les permissions, elles sont accordées en fonction de l’évolution de vos constantes et de votre ration. Elles sont données par étape : une demi-journée, puis une journée, puis 24 h avec une nuit, puis 48 h avec deux nuits. Elles préparent petit à petit à la sortie de l’hospitalisation.

Les deux premiers jours, dans le service où je me trouvais, j’étais en observation. C’est-à-dire que je me nourrissais avec ce que je voulais dans les quantités que j’acceptais. Et en fonction de cela, on m’a fixé ma ration. Il ne faut pas vous forcer, mangez ce dont vous vous sentez capable. J’avais donc commencé avec une ration calorique à 700. Ensuite, elle était réévaluée de 100 à 200 calories en plus tous les 2 ou 3 jours en fonction de mes difficultés. Attention, dans mon service on m’avait déterminé une ration calorique, mais tous les hôpitaux ne fonctionnent pas de la même façon.

À chaque fois qu’on me proposait une nouvelle ration calorique, je pouvais voir à quoi elle correspondait : en termes de gramme de féculent/protéine/légume à chaque repas. Puis, je la signais pour prouver que je m’engageais à la respecter. Je n’étais pas obligée de le ratifier. Cependant, cela signifiait que je ne voulais pas progresser et que je n’essayais même pas de m’en sortir. Dans ce cadre, la nourriture faire partie de notre traitement, ce sont nos médicaments. Si vous refusez d’augmenter de ration pendant plusieurs jours, vous pourriez être exclu du service.

Attention, pas de pression, vous pouvez vous arrêtez à certain palier. Par exemple, moi je suis restée 2 semaines à 1600 calories. Et vous n’augmentez pas de ration jusqu’à l’infini : ma première hospitalisation je me suis arrêtée à 2300 calories, mais à ma deuxième j’avais stoppé à 1900 calories.

Pendant les premiers jours, c’est difficile, car vous avez un énorme décalage avec votre vie avant d’arriver à l’hôpital et votre vie après. Avant d’arriver à l’hôpital, beaucoup (dont moi) sont hyperactifs. Pour ma part, la veille de ma première fois à l’hôpital je travaillais encore en entreprise. Je faisais du sport tous les jours et voilà que d’un coup je me retrouvais à ne plus pouvoir rien faire, à devoir rester assise toute la journée… C’était difficile de réussir à lutter contre l’hyperactivité.

Enfin, c’est souvent durant les 2 ou 3 premiers jours que je faisais la connaissance avec l’interne qui allait s’occuper de moi durant toute la durée de l’hospitalisation. Avec lui ou elle, je définissais mes objectifs. Par exemple : comprendre les causes de mon anorexie, récupérer un IMC à 16, reprendre x kilos, améliorer ma relation avec mon père, etc.

Routine hebdomadaire à l'hôpital

Toutes les semaines se ressemblaient. Voici donc la routine hebdomadaire du service dans lequel j’étais hospitalisée :

Le lundi, c’était le jour de la pesée. Il y avait deux pesées dans la semaine. Concrètement, deux infirmières et une aide-soignante rentraient dans ma chambre pour me réveiller. Une des infirmières prenait mes constantes (glycémie, tension, température). Puis je passais aux toilettes avant de monter sur la balance. Je pouvais choisir de voir ou non mon poids. Pour ma part, je l’ai toujours demandé.

Le lundi matin, c’était la réunion des médecins. C’est-à-dire que les internes, les médecins du service et deux infirmières se rassemblent pour discuter de chacun des dossiers des patients. C’est généralement lors de cette réunion que de nouvelles décisions sont prises concernant les patients. De ce fait, en fin de journée, mon interne venait me voir pour m’annoncer ce qui avait été prononcé : augmentation de ration, travail à faire pour diminuer un TOC alimentaire, etc.

Pendant le tour des médecins, la totalité des patients du service était en rendez-vous de groupe avec la psychologue du service. On discutait d’un sujet que nous choisissons généralement collectivement.

Le mardi, nous avions une fois de plus une activité de groupe cette fois-ci avec deux diététiciens, souvent pour travailler sur des croyances alimentaires. Ensuite, on avait un petit atelier chant. Concrètement, on chantait tous ensemble avec un des infirmiers qui était musicien. C’était une activité qui détendait vraiment, car elle n’avait pas de rapport avec notre maladie. Cela faisait du bien de décrocher un peu.

Le mercredi il n’y avait pas vraiment d’activité. Généralement, je voyais mon interne tous les deux jours donc c’était l’un des jours où je la rencontrais.

Ensuite, je choisissais le mercredi soir pour organiser une visite entre 17 :00 et 18 :00  pour faire une coupure dans ma semaine.

Le jeudi était un jour particulier dans notre service. Déjà parce que c’était le deuxième jour de la pesée, donc même rituel que le lundi. Mais aussi, car il y avait ce qu’on nomme « le tour en chambre ». Nous étions tous regroupés dans la salle à manger, sans avoir le droit d’aller en chambre ni même dans le couloir des chambres. Pendant ce temps-là, un à un, nous étions appelés pour rencontrer dans notre chambre l’ensemble du corps médical, y compris le chef de service. Cela durait 15 à 30 minutes et on pouvait poser toutes les questions que l’on voulait : quand est-ce que je sors ? Quand est-ce que je peux sortir en permission ? C’est vraiment ce jour-là où de réelles décisions sont prises. C’est une étape assez stressante et assez longue qui perdure généralement jusqu’au repas, voire au-delà.

L’après-midi, il y avait la balnéothérapie pour ceux qui avaient un IMC supérieur à 14. Personnellement, je n’ai jamais eu un IMC supérieur à 14 durant mes hospitalisations donc je n’ai jamais pu faire cette activité. Moi, j’étais en sophrologie. C’était donné par notre kinésithérapeute, c’était un moment vraiment relaxant où l’on était à l’étage en dessous. Ça nous changeait d’environnement et cela faisait du bien.

Le vendredi midi, la plupart du temps on avait une salle de repas « apprêtée ». C’est-à-dire qu’il y avait des nappes, de la décoration sur les tables, des beaux couverts… L’idée était de nous divertir pour égayer le repas qui était source de stress pour nous. Après le déjeuner, nous avions généralement un nouvel atelier avec les diététiciens qui nous avaient préparé la salle de repas ce jour-là.

Plus aléatoirement, dans la semaine nous avions un rendez-vous avec la kinésithérapeute si cela était prescrit par l’interne. Nous avions également la possibilité de prendre un rendez-vous avec l’esthéticienne qui nous maquillait, nous coiffait ou nous offrait un massage.

En règle générale, les semaines n’étaient pas beaucoup chargées en activité, et cela pour trois raisons. La première, c’est que les hôpitaux manquent crucialement de moyens financiers pour nous permettre plus d’activité. La deuxième est due au fait que les hôpitaux, du moins publics, sont encore assez fermés sur les pratiques de médecines douces. Preuve en est, c’était notre kinésithérapeute qui nous faisait des séances de sophrologie… Et enfin, l’insuffisance des ateliers s’expliquait par le fait que la plupart des patientes avaient un IMC inférieur à 14. Il fallait donc limiter les déplacements physiques et les mouvements qui fatiguaient vite un corps frêle disposant de peu de forces.

Parfois dans la semaine, l’interne pouvait, avec mon accord, organiser un entretien familial. Vous pouvez demander que votre père, votre mère ou vos deux parents y assistent. Mais vous pouvez également faire participer votre conjoint(e), un frère, une sœur, une tante, etc. Les entretiens familiaux simplifient la discussion entre l’entourage et la patiente, car il y a deux coordinateurs : l’interne qui vous suit et le chef de service. Ces deux derniers peuvent plus facilement faire comprendre votre maladie à vos proches.

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Le week-end était beaucoup plus calme, puisqu’il n’y avait plus de médecins, à part celui de garde qui venait uniquement en cas d’urgence. Les samedi et dimanche étaient de ce fait assez longs, mais relaxants, car on abordait moins les questions autour de l’alimentation avec les diététiciens ou sur notre propre guérison avec notre interne ou la psychologue.

Les visites étaient plus longues le week-end. Ainsi, le samedi et dimanche j’avais de la visite de 14 :00 à 16 :00, ce qui occupait bien le temps.

Une journée dans ma vie de patiente à l’hôpital

La journée que je vais vous décrire est une journée typique de mon hospitalisation. Les jours se suivaient et se ressemblaient, à l’exception de certaines activités qui changeait comme je l’ai expliqué dans le paragraphe précédent. Cependant, cela reste une journée type dans l’hôpital où j’ai été hospitalisé.

Le matin, j’étais réveillée par les infirmières. Je n’avais pas le droit de me lever avant, car la première chose qu’elles faisaient était d’enregistrer mes constantes : température, tension et glycémie. Si je bougeais au préalable, les constantes seraient faussées. Ensuite, j’avais minimum 15 minutes pour me préparer pour la journée avant le verrouillage des chambres, cela dépendait quand j’avais été réveillée. Généralement, c’était entre 7:00 et 7:45, et une infirmière fermait les portes à clé maximum à 8:00.

8:00, c’était également le début du petit-déjeuner. Nous allions chercher un à un notre plateau-repas. Je me servais moi-même pour apprendre les bonnes quantités qu’il faudrait continuer d’adopter à la sortie. Chacun avait une ration différente donc un plateau-repas différent. Nous mangions par table de 4, et parfois une infirmière se joignait à nous. Cependant, je sais que dans certains hôpitaux, les patients mangent seuls en chambre.

Nous étions surveillés pendant notre repas afin d’empêcher qu’on ne dissimule de la nourriture par terre, sous les plateaux ou dans nos poches. Nous étions également chronométrés pour éviter qu’on ne s’éternise : 30 minutes à partir du moment où nous avions reçu notre plateau-repas.

Ensuite, les chambres restaient fermées jusqu’à 10:30. Ceci pour éviter qu’on retourne dans notre chambre faire du sport ou vomir le repas. Pendant ce temps-là, il fallait donc s’occuper. Personnellement, je dessinais, je coloriais des mandalas, j’écrivais énormément dans des cahiers, etc. Mais dans tous les cas, nous devions faire notre activité assise. Si nous étions debout depuis plus de 10 secondes, une infirmière nous rappelait à l’ordre.

De 10:30 à 11:45, nous pouvions rejoindre notre chambre pour faire les activités identiques que nous faisions dans le salon, mais seule.

Vers 11:45-12:00, nous retournions en salle des repas pour prendre le déjeuner. Même rituel qu’au matin, nous allions chercher un à un notre repas, en nous servant nous-mêmes dans les quantités indiquées sur notre ration. Tout cela bien évidemment sous la surveillance d’une infirmière. Nous étions chronométrés : 45 minutes si nous avions une entrée dans notre ration, sinon 30 minutes.

Les portes restaient fermées jusqu’à 15:00. Entre temps, si nous devions aller aux toilettes, on devait demander à une infirmière, qui vérifiait ensuite si nous n’avions pas vomi ou jeté de la nourriture dans les toilettes. C’était elle qui donnait son accord pour qu’on tire la chasse d’eau.

À 16:00, c’était l’heure de la collation de l’après-midi. Même rituel qu’au matin et au déjeuner, et nous avions 30 minutes maximum pour manger

Les portes des chambres étaient fermées jusqu’à 17:30, sauf si nous avions de la visite. Alors, nous pouvions entrer dans notre chambre avec la visite de 17:00 à 18:00.

À 18:30, nous retournions en salle des repas pour le dîner. C’était assez difficile de passer à table à peine 1h30 après en être sortie. Mais c’était dû aux horaires des cuisines en hôpital.

Les chambres étaient à nouveau fermées jusqu’à 20:30. De 19:15 à 19:45, nous avions accès à nos portables. Nous étions tous éparpillés dans le salon ou le couloir. On ne parlait pas trop fort pour avoir un minimum d’intimité. Durant ce temps, j’appelais souvent ma mère, ma sœur et mon frère.

À 21:00, nous avions la tisane. C’est un moment de détente qui pouvait s’avérer stressant, si nous n’avions pas respecté notre ration dans la journée, nous avions la possibilité de prendre une collation pour compenser le manque calorique de la journée.

Le couvre-feu était à 23:00. Habituellement, je regagnais ma chambre dès 21:00. Mais il m’arrivait de regarder la télévision jusqu’à 22:00 avec les autres patients. Dans la nuit, une infirmière passe de temps en temps pour vérifier que tout va bien. Mais elle ne nous réveille pas si nous sommes endormis.

Généralement, dans la journée, on voit son interne, tout au moins un jour sur deux. Personnellement, je parlais avec eux comme à un psychologue, car je suis tombée sur d’excellents internes ! Nous faisions également des exercices ensemble d’acceptation du corps et sur les distorsions cognitives.

Ce n’est franchement pas une période facile : être surveillé lorsqu’on va aux toilettes, être sans cesse enfermé, assise, sans trop faire d’activité. Cela ressemble même à une prison. La seule zone « extérieur » que nous avions était la terrasse pour les fumeurs. Et comme le service était à l’étage, le balcon était entouré de grillage pour dissuader toutes tentatives de suicide.

Il y a bien des moments où je haïssais l’endroit où je me trouvais, où j’avais envie de retrouver ma vie d’avant, où je n’en pouvais plus de vivre avec 10 autres malades en étant constamment surveillé par les infirmières et médecins. Ce n’était clairement pas facile de partager mon quotidien avec d’autres individus tous aussi malades que moi. Notre trouble alimentaire était notre addiction, notre moyen de survie. Prenez 10 personnes et privez-les de leur moyen de survie. Évidemment, parfois on voit des patients qui pètent des plombs. Ce n’est pas simple, mais il faut faire abstraction des autres et se concentrer sur soi. C’est votre guérison, pas la leur. Tout comme votre guérison n’est pas la leur.

Puis je me suis rappelé qu’à l’extérieur, ma vie était anéantie par la maladie. Je me suis imaginé que si j’avais eu un grave accident de la route, j’aurai peut-être été alitée dans un lit pendant 3 mois sans pouvoir sortir et en dépendant des infirmières pour manger, boire et faire ma toilette. À l’hôpital, je prenais conscience de la gravité de ma maladie et des soins dont j’avais besoin. Enfin, j’ai compris que l’hôpital était pour moi une sécurité. Cela me permettait d’éviter les compulsions, de ne pas compenser par du sport à outrance, d’empêcher de me peser tous les jours. J’avais un support 24 h/24 7j/7 dès que je n’allais pas bien. J’étais entourée par une équipe médicale qui comprenait ma maladie, qui ne me jugeait pas et qui était là pour m’aider.

Je vous invite vraiment à lire mon article sur l’hospitalisation à temps complet en TCA. Cela vous permettra de répondre à vos questions : quand hospitaliser ? Au bout de combien de temps peut-on sortir ? Les bénéfices de l’hospitalisation, mais aussi les points négatifs.

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Publié par Norainnoflower dans Thérapie, 3 commentaires
Tout savoir sur l’hospitalisation à temps complet en TCA

Tout savoir sur l’hospitalisation à temps complet en TCA

Tout savoir sur l’hospitalisation à temps complet en TCA

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J’ai eu envie de faire cet article, car je me souviens que quand j’étais moi-même anorexique, je recherchais sur Internet des témoignages de filles ayant traversé une hospitalisation en service de trouble alimentaire. C’est pourquoi j’ai voulu faire cet article afin de vous fournir le maximum d’information à ce sujet. Je vous invite parallèlement à lire mon article sur mon expérience personnelle en hôpital lors de mon anorexie. L’article est vraiment complémentaire à celui-ci et vous donnera un aperçu de mon propre vécu. J’y raconte également les routines hebdomadaires et quotidiennes à l’hôpital en service des troubles alimentaires.

Avant tout, sachez que si vous souffrez d’un trouble alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie…), il est préférable d’être hospitalisé dans un service spécialisé en trouble alimentaire plutôt qu’en psychiatrie générale ou en maison de repos. Cela dépend bien évidemment des motifs d’hospitalisation, mais des professionnels habitués aux problématiques et formés pour les pathologies de troubles de comportement alimentaire (TCA) sauront mieux vous encadrer que personne.

Quand hospitaliser ?

Je ne suis pas médecin, mais je suppose qu’il y a des critères d’hospitalisation, dont voici une liste d’exemples tirés à partir de mes recherches sur les sites de HAS (haute autorité de santé) :

Raisons cliniques

Troubles mentaux et addiction

Anorexie mentale

Contexte environnemental

hospitalisation-ta-anorexie

Il ne faut évidemment pas avoir tous ces critères pour être hospitalisé. Dans tous les cas, avant de vous faire hospitaliser, vous avez un premier rendez-vous avec un médecin du service qui évalue votre situation et décide avec vous si l’hospitalisation vous correspond. Si le motif pour lequel vous voulez être hospitalisé ne figure pas sur la liste ci-dessus, demandez quand même. L’énumération que j’ai inscrite est simplement un exemple de raisons possibles, la liste est non exhaustive.

Me concernant, j’ai choisi ma deuxième hospitalisation vu que je n’arrivais pas à arrêter seule mes comportements destructeurs (restriction et compulsions alimentaires). J’avais également besoin d’un milieu neutre, car l’environnement familial n’est pas toujours évident à concilier avec la guérison. Enfin, j’avais besoin de faire une pause dans ma vie. Je me sentais submergée et je ne parvenais pas à me consacrer à ma guérison. L’hospitalisation me permettait de me soulager de nombreuses tâches quotidiennes qui devenaient trop compliquées à gérer.

Si vous êtes mineur(e) et que c’est vos parents qui ont décidé, dites-vous qu’ils ne font pas cela pour votre mal. Au contraire, c’est pour vous protéger. C’est parce qu’ils vous aiment qu’ils souhaitent que vous alliez mieux. Ils ont probablement pris cette décision conjointement avec les médecins. De toute façon, vous n’avez pas d’autres choix que d’y aller si la décision a été prise. Alors, prenez-vous « au jeu » et mettez toutes les chances de votre côté pour que l’hospitalisation se passe bien et soit efficace. 

Quand peut-on sortir de l'hôpital ?

Je sais que certains hôpitaux instaurent des contrats de poids ou demande l’atteinte d’un certain IMC pour permettre une sortie. Dans l’hôpital où je me trouvais, il n’y avait pas vraiment de condition à remplir. La sortie dépendait de l’évolution de notre poids, de nos angoisses face à la nourriture, du travail effectué sur notre propre histoire, etc. Cela se décidait en fonction du ressenti du patient lui-même et des médecins.

Si vous êtes mineur(e) : ce sont les médecins qui décident conjointement avec vos parents. Généralement, c’est lorsque vous avez fait des progrès nutritionnels, que vous avez regagné du poids, de l’énergie et que vous avez atteint une ration à 1800 calories.

Si vous êtes majeure : vous pouvez partir quand vous le souhaitez. Mais ne voyez pas l’hôpital comme une contrainte, mais plutôt comme une aide. D’ailleurs, je dis « quand vous le souhaitez« , mais si vous êtes en danger vital alors vous serez hospitalisé sous contrainte. Pour que les médecins acceptent votre demande de sortie, il vous faut avoir récupéré un peu de poids, un IMC supérieur et maintenir une ration d’au moins 1800 calories depuis plus de 10 jours d’hôpital.

On peut ressortir lorsqu’on sent que l’hospitalisation n’est plus bonne pour soi, qu’elle devient plus nocive que bénéfique. Le fait d’habiter avec 10 autres patients tout aussi malades que vous peut être néfaste au bout d’un moment. Vous pouvez très bien repartir chez vous quelques semaines en programmant avec votre interne une nouvelle hospitalisation 1 mois plus tard.

Les bénéfices de l’hospitalisation

Dans la plupart des cas, on entre à l’hôpital lorsqu’on a déjà tout essayé, qu’on a plus vraiment le choix et que notre poids est bien trop faible pour nous permettre de vivre seul sans assistance médicale. Mais moi je trouve cela dommage. Bien que ce soit grandement redouté par beaucoup des patients, l’hôpital est pour moi un bon traitement face à l’anorexie. Cela dépend bien évidemment de la qualité du service et des méthodes utilisées. Mais me concernant, l’hôpital a été bénéfique. Toutefois, je sais que c’est difficile d’accepter une hospitalisation et moi-même j’ai été hospitalisée deux fois de suite quand je n’avais presque plus le choix. En revanche, suite à ma deuxième hospitalisation, j’étais prête à revenir pour une durée plus courte de 15 jours si c’était nécessaire. Mais avec un bon suivi extérieur, je n’ai pas eu le besoin d’y retourner.

En effet, tout est structuré avec des repas planifiés. Il y a une routine quotidienne et hebdomadaire qui permettent de mettre un cadre. Cela est rassurant. Vous n’avez plus rien à gérer, vous pouvez pleinement vous concentrer sur votre guérison. Parce que oui, pour qu’une hospitalisation soit efficace, vous devez vouloir guérir. Il faut que vous ayez le désir de travailler sur les choses qui vous font mal, sur les plaies qui ne sont pas encore cicatrisées. Vous devez parallèlement avoir envie d’affronter vos peurs, car c’est de cette façon que vous pourrez déranger la maladie et ainsi vous en sortir.

Cela vous permet également de faire un point sur votre vie extérieure. Vous avez « l’excuse » d’être à l’hôpital et donc de ne plus poursuivre votre scolarité, votre vie professionnelle ou d’accepter n’importe quelle autre invitation dont vous n’aviez pas l’envie d’aller. Cela vous offre l’opportunité de faire un bilan sur votre orientation pro, peut-être sur certaines relations toxiques que vous avez envie d’interrompre. L’hôpital permet de vous reposer, de laisser de côté tous les impératifs de la vie.

L’encadrement médical est familiarisé avec les troubles alimentaires. Ils comprennent tous les mécanismes qui se passent dans votre tête. Ils ont de l’expérience et savent vous conseiller, vous guider sur le chemin de la guérison. C’est bon de se sentir compris, et de ne plus avoir tous ces conflits familiaux ou amicaux avec d’autres personnes qui tentaient de comprendre. Malheureusement, pour vraiment bien comprendre votre maladie, il faut la vivre de près ou de loin, en tant que malade ou personne très proche du malade. Alors tant mieux si les autres ne comprennent pas. C’est qu’ils ne l’ont pas vécu.

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Le côté négatif de l’hôpital

L’un des désavantages de l’hospitalisation, du moins dans le service où j’étais, c’est qu’on s’exprime en calorie et en gramme. À tous nos repas il y a protéine, féculent et fruits/légumes dans notre assiette. C’est peut-être nécessaire au moment de l’hospitalisation, mais il est difficile de s’en détacher par la suite. Me concernant, j’ai pris 2 ans pour accepter que ce n’est pas grave si un jour je n’avais que protéine et féculent dans mon assiette, que je ne suis pas obligée de rassembler toutes les catégories d’aliments à chaque repas.

Le traitement se focalise essentiellement sur l’alimentation, les carences et autres problèmes physiques provoqués par la maladie. Ainsi, la prise en charge se concentre sur les conséquences de l’anorexie. Les hôpitaux sont malheureusement encore beaucoup trop fermés aux techniques de médecine douce. De ce fait, l’analyse des causes est minime. En 6 mois (2 x 3 mois) d’hospitalisation, j’ai rencontré 4 fois la psychologue de l’hôpital et je voyais mon interne 30 minutes tous les deux jours dans la semaine, sois 1 h 30 par semaine. Ce n’est clairement pas assez pour faire une thérapie approfondie. C’est pour cela que l’hôpital est souvent qu’un premier pas. D’ailleurs, je tiens à préciser une chose importante : c’est qu’il ne faut pas aller à l’hôpital en pensant que vous en ressortirez guéri. Non pas du tout, comme je le disais l’hôpital est seulement la première étape de la guérison. Elle vous offre tous les outils et ressources dont vous avez besoin. Une hospitalisation permet de vous remettre sur pieds. Lorsque vous sortez, le vrai combat commence. Vous allez devoir apprendre à voler avec vos propres ailes.

À l’hôpital, vous êtes dans une sorte de cocon : tout est fait et pensé pour vous (les repas, les quantités…) et lorsque vous n’êtes pas bien, on vous apporte une solution ou un soutien dans la minute. Même si c’est nécessaire au début de l’hospitalisation pour offrir les meilleures conditions pour le traitement, ce n’est pas la vraie vie. Et il y a un énorme décalage entre la vie à l’hôpital et la vie dehors. C’est pour cela que c’est important de profiter au maximum de nombreuses permissions de sortie pour faire une transition entre l’hôpital et la maison. C’est durant les permissions que vous vous rendrez compte des difficultés qu’il y a à l’extérieur et que vous pourrez déjà commencer à les appréhender avec vos médecins : tentations alimentaires, regards des autres, repas en famille, etc. Dans la vie quotidienne, lorsque vous vous retrouvez en train de cuisiner votre repas (chose que vous n’avez pas faite depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois), les choses se compliquent.

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Pour conclure cet article, je ne vous ferai pas de recommandation quant à l’hospitalisation, car le choix est propre à chacun. Pour moi, les mois que j’ai passés à l’hôpital ont été extrêmement difficiles à vivre, mais se sont avérés bénéfiques. Lorsque j’y étais, je ne trouvais même pas vraiment la pertinence. Cela me faisait du bien, momentanément, mais je ne voyais pas comment ça pouvait me guérir. Finalement, en couplant l’hôpital à d’autres thérapies à la sortie, cela a été très utile sur le long terme. C’est en partie grâce à mes hospitalisations que je me suis sortie de l’anorexie. Néanmoins, il n’existe pas de recette miracle pour guérir. Cela va dépendre d’un ensemble d’actions que vous entreprendrez et qui se monteront efficaces sur le long terme.

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Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Les femmes en bonne santé ont leur règle menstruelle. Oui, des menstruations régulières sont synonymes d’un bon équilibre hormonal et que le corps fonctionne normalement. Plus de 80 % des patientes souffrant d’anorexie mentale n’ont plus leur règle. Les femmes atteintes de boulimie peuvent également être touchées par l’absence de cycle menstruel. Les troubles alimentaires impactent alors fortement l’harmonie hormonale du corps.

Qu’est-ce que l’aménorrhée ?

La disparition de la période menstruelle pendant au moins trois mois se définit par l’aménorrhée. Cela correspond donc à la perte des périodes menstruelles chez une femme en âge de procréer.

On identifie deux types d’aménorrhée différents : l’aménorrhée primaire a lieu lorsqu’une fille âgée de 16 ans n’a pas encore eu ses premières règles. L’aménorrhée secondaire équivaut à l’absence de règle pour une femme qui les a déjà eus dans le passé. L’aménorrhée secondaire est souvent diagnostiquée chez la patiente anorexique. Si un trouble alimentaire survient avant le début de la puberté, cela peut retarder le premier cycle menstruel, soit l’aménorrhée primaire. 

Cependant, toutes les personnes atteintes d’anorexie ne souffrent pas systématiquement d’aménorrhée. Si vous avez un trouble alimentaire, mais que vous n’êtes pas concernée par l’aménorrhée, ne vous considérez pas « suffisamment pas malade ». L’aménorrhée est l’un des symptômes de l’anorexie, mais pas le seul permettant de diagnostiquer un trouble alimentaire.

N’oublions pas que les hommes sont aussi touchés par les troubles alimentaires, et notamment l’anorexie mentale. Cependant, il n’existe pas d’équivalent de l’aménorrhée pour les hommes. Face à un trouble alimentaire, leur niveau de testostérone diminuera, entraînant un dysfonctionnement hormonal également.

L’aménorrhée secondaire chez l’anorexique devient préoccupante sur le long terme, c’est-à-dire à partir de plus de 3 mois sans règles.

Quelles sont les causes de l’aménorrhée ?

L’aménorrhée peut être due à l’un ou plusieurs des facteurs suivants :

Perte de poids extrême et rapide, sous-poids

Restriction calorique

Faible masse grasse

Suralimentation, compulsions alimentaires

Vomissements

Sport intensif

Niveau de stress intense

Carence

L’un ou plusieurs des facteurs cités ci-dessus vont entraîner une baisse voire une interruption de la sécrétion d’hormone envoyée à la partie de votre cerveau (hypothalamus) qui régule le cycle menstruel. Sans un minimum de graisse, la sécrétion d’hormone reproductive ne peut être assurée et ainsi vos règles disparaissent.

Mais pourquoi le corps ne sécrète plus suffisamment de substance hormonale ? Lorsque l’organisme ne dispose plus suffisamment d’énergie (par le manque de nutriment dans l’alimentation, la purge, l’exercice physique intensif…), il va prioriser les fonctions qui sont primordiales à la survie. La fonction de reproduction n’en fait pas partie.

Vous pouvez voir cela d’une façon différente : votre corps vous montre qu’il ne peut pas assurer une grossesse. Car pour porter un enfant, il faut être en bonne santé. Si vous ne pouvez pas assurer vos propres fonctions corporelles, alors vous ne pourrez certainement pas garantir celle d’un autre être qui grandit en vous. L’absence des règles est donc une précaution de votre corps face à une grossesse.

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Quelles sont les conséquences de l'absence des règles ?

À court terme, soit moins de 3 mois, l’aménorrhée n’est pas préoccupante. Lorsqu’un poids convenable est repris et que le corps détient suffisamment de graisse pour sécréter à nouveau les hormones reproductives, les règles refont leur apparition.

Cependant, à long terme, l’aménorrhée peut occasionner des complications pour la santé :

L’organisme ne produit plus d’œstrogène, une hormone de reproduction permettant également le maintien du niveau de calcium dans les os. La masse osseuse s’amincit, les os sont affaiblis, mais ne sont pas suffisamment dégradés pour parler d’ostéoporose.

L’ostéopénie correspond au début de la détérioration des os. L’étape suivant l’ostéopénie est l’ostéoporose. L’ostéoporose est plus grave que l’ostéopénie. Les os sont d’autant plus affaiblis que le risque de fractures augmente.

L’hormone de l’œstrogène permet de maintenir la densité osseuse, mais également la santé cardiaque. Bien que ce soit plus rare, l’aménorrhée peut engendrer une maladie cardiaque. L’arrêt cardiaque étant l’une des causes de décès de l’anorexie mentale.

Comme expliqué auparavant, votre corps a mis en pause votre système de reproduction pour prioriser sa survie. Au plus l’aménorrhée est longue, au plus le risque d’être stérile augmente.

Vais-je devenir stérile ?

L’aménorrhée peut être un des facteurs de l’infécondité féminine. Cependant, soyez rassurée, plus de 96 % des personnes ayant souffert de trouble alimentaire ont retrouvé des règles naturelles et un système de reproduction fonctionnel.

Il peut arriver que des femmes soient stériles après leur trouble alimentaire, mais ce n’est pas forcément dû à l’aménorrhée. L’infertilité est malheureusement le mal du 21ème siècle et peut être due à des anomalies ovariennes, à l’endométriose, à une défaillance morphologique, etc.

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Comment retrouver mes règles ?

Comme il a été dit auparavant, les causes de l’aménorrhée dans le cas de l’anorexie sont en partie la perte de poids, l’insuffisance de nutriment et le stress. Ainsi, pour récupérer ses règles il semble logique de renverser la machine en regagnant un poids santé, en comblant les carences et en réduisant le stress.

L’obtention d’un poids santé et d’un organisme sans carence est intrinsèquement liée. En effet, en vous nourrissant avec un apport énergétique convenable, incluant tout type d’aliment, vous couvrirez les manques du corps tout en vous approchant de votre poids santé.

Je n’aime pas parler en termes de calorie, mais il est important de manger la quantité calorique recommandée par votre médecin. Chaque personne est différente, ainsi ne vous comparez pas. Je me souviens lorsque j’étais à l’hôpital que certaines filles avaient une ration à 1800 calories pour leur permettre de regagner du poids, tandis que d’autres devaient suivre une ration à 2800 calories. Chaque métabolisme est unique.

Mais peu importe la ration, il faut incorporer toutes les catégories d’aliments. Manger une ration à 2000 calories c’est bien, mais si vous remplissez vos assiettes exclusivement avec des légumes et des fruits, vos carences se perpétueront. Vous ne retrouverez donc pas de cycle menstruel naturel.

Dans la même logique, évitez tous les comportements compensatoires qui vont déstabiliser votre équilibre hormonal : les vomissements, les restrictions, les sauts de repas, le sport intensif, le jeûne… Je sais bien que c’est plus simple à rédiger dans un blog qu’à réaliser en pratique. Je le sais puisque moi-même j’ai pris énormément de temps avant d’interrompre totalement ces comportements de purge. Mais c’est en cessant de compenser que vous retrouverez également plus facilement des règles naturelles.

Il est essentiel de réduire le stress. Encore une fois, c’est bien beau de l’écrire dans cet article, mais pour ce qui est de l’application : on est d’accord que c’est difficile d’arrêter le stress en un claquement de doigts. Mais lorsque vous êtes en rémission d’un trouble alimentaire, c’est important de limiter toutes sources de stress. Si c’est possible, éviter l’exposition au stress scolaire ou professionnel. Éloignez-vous également des personnes néfastes pour vous, qui sont négatives et peut-être elles-mêmes souffrantes d’un trouble alimentaire.

Je sais bien que ce n’est pas forcément envisageable, mais si vous le pouvez, faites une pause dans votre vie. Vous pourrez toujours reprendre vos études dans quelques mois, ou vous mettre temporairement en arrêt maladie.

Ce n’est pas facile de s’accorder du repos. Avant ma deuxième hospitalisation, j’ai pris conscience que je n’arriverais jamais à continuer ma vie scolaire et professionnelle avec mon anorexie. Cela a été l’un des choix les plus difficiles de mon existence, mais j’ai en fin de compte décidé de stopper ma scolarisation 6 mois avant l’obtention de mon diplôme. « 6 mois ? T’aurais pu au moins tenir jusqu’à la fin », vous pourriez me dire. Mais non, vraiment, une semaine de plus et j’allais faire une bêtise. Si je voulais véritablement m’en sortir, je devais me consacrer à ma guérison à 200 %. Et c’est ce que j’ai fait. J’ai été hospitalisée près de 3 mois et par la suite j’ai été en arrêt maladie pendant 4 mois. Et durant l’année qui a suivi, j’étais en cours à mi-temps. Je culpabilisais ne pas travailler. 

Pendant mon arrêt maladie, j’étais contrainte de voir ma famille et mes amis pour rétablir une vie sociale, manger et dormir pour réparer mon corps. C’est presque une vie rêvée pour la plupart des gens ne souffrant pas de troubles alimentaires. Oui, mais ne culpabilisez pas, vous, vous en avez besoin.

Reposez-vous, dormez bien la nuit, faites des siestes, prenez du temps pour faire des choses que vous aimez, détendez-vous en écoutant de la musique ou devant un bon film… Bref : reconstruisez-vous.

Certains docteurs prescrivent la pilule pour permettre de faire revenir les règles. Mais une grande majorité est plutôt contre. Toutefois, si vous preniez déjà la pilule auparavant, les médecins vont vous conseiller de la maintenir, car les hormones de la pilule vont soutenir une certaine solidité des os évitant ainsi l’ostéopénie voire l’ostéoporose. Cela a été mon cas.

Cependant, la prescription de la pilule pour retrouver ses règles n’est pas une solution à privilégier. En effet, quand on prend la pilule, une semaine par mois, on a un faux saignement. Parce que oui, les règles sous pilule s’apparentent à de véritables périodes, mais ne le sont pas. Je m’en suis rendu compte, car tandis que j’avais mes règles sous pilule, j’avais un saignement d’une couleur étrange, sans rien ressentir corporellement (pas de petites douleurs au ventre ou aux seins, pas de fatigue, pas de saut d’humeur). Je ne dis pas que ces sensations sont normales, mais c’est ce que je sentais auparavant lorsque j’avais mes vraies règles. Et j’ai su quand j’ai eu à nouveau des règles naturelles en ayant un saignement plus abondant accompagné d’autres petits symptômes physiques.

Ainsi, les contraceptifs oraux vous donneront un saignement chaque mois, mais pas de façon naturelle, pas due à l’ovulation. Cela ne redémarrera donc pas votre système hormonal naturel.

Combien de temps pour retrouver mon cycle menstruel naturel ?

Vous avez regagné un poids correct, vous mangez suffisamment, mais vous n’avez pas récupéré vos règles naturelles ?

Ne soyez pas inquiète. En moyenne, le cycle menstruel naturel revient environ six mois après la guérison, c’est-à-dire lorsque vous avez cessé les comportements compensatoires (restriction, purge, sport excessif…) et que vous avez regagné du poids. Cependant, chacune a un corps différent et le poids santé peut varier d’une femme à une autre. Certaine femme vont retrouver leur règle avec un IMC de 18, tandis que d’autres ne les récupèreront pas avant d’avoir atteint un IMC de 22.

Il y a un point que j’ai oublié de mentionner dans les solutions pour retrouver ses règles : soyez patiente. Le temps fait beaucoup de choses. En vous laissant du temps, en ne vous focalisant pas sans cesse sur le retour de vos règles, vous verrez qu’elles reviendront naturellement.

Lorsque vous comptez trois périodes menstruelles consécutives, vous pouvez vous assurer que votre équilibre hormonal se rétablit correctement.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 5 commentaires
Faire face à la culpabilité après avoir mangé

Faire face à la culpabilité après avoir mangé

Faire face à la culpabilité après avoir mangé

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Je suis presque certaine qu’il vous est déjà arrivé d’avoir culpabilisé après avoir mangé un aliment que vous qualifiez de mauvais. Mais si, rappelez-vous la fois où vous vous êtes dit « Punaise, je n’aurais pas dû avaler ces chips… » « Si je reprends du gâteau, il faudra que j’aille faire une bonne séance de sport pour éliminer » « Je n’aurai pas jamais dû prendre ce pain »… 

Dans cette article, je vais vous expliquer d’où vient cette culpabilité et comment y faire face.

Tout le monde a déjà culpabilisé vis-à-vis d’un aliment

Malheureusement, la nourriture est assimilée dans de plus en plus de cas comme notre ennemi plutôt qu’un allié qui permet à notre corps de vivre. Beaucoup trop de personnes ont une vision dichotomique des aliments : c’est-à-dire que c’est soit bon ou mauvais, soit bien ou mal. Et si l’aliment est jugé comme mauvais, alors la culpabilité apparaît. C’est un schéma tellement ancré dans notre esprit qu’il en devient naturel. Et le pire, c’est que manger un « mauvais » aliment est considéré comme un échec, un manque de volonté dans notre société. On en devient ainsi faible de ne pas avoir réussi à résister. On se sent coupable : coupable d’avoir mangé un aliment qui est soi-disant « mauvais ». Avoir le sentiment de culpabilité après avoir blessé quelqu’un, ça me semble normal. Mais coupable d’avoir mangé… Un besoin naturel du corps humain… Comment a-t-on fait pour en arriver là ?

À quoi est due cette culpabilité ?

Pour faire face à la culpabilité alimentaire, il faut d’abord comprendre d’où vient cette culpabilité initialement.

Vous allez penser que j’ai une dent contre la société et les médias, mais une fois de plus, je vais vous répondre qu’à l’origine, ce sont de fausses idées de la société qui sont véhiculées par les médias.

C’est bien simple, j’ai presque envie de vous lancer le défi de passer une journée sans voir une allusion aux aliments qui sont bons ou mauvais. Je suis presque sûre que vous entendrez une publicité prônant un nouveau régime à base de jus detox et de produits 0 %. Sous-entendu, les produits 0 %, les fruits et légumes sont les seuls aliments bons pour maintenir la ligne. Je suis certaine que vous lirez également un post sur Instagram ou Facebook d’un ami qui associera la culpabilité de la nourriture avec son repas posté en photo avec un commentaire du style « j’ai explosé le compteur de calorie là ! ». Ou encore un influenceur qui publie une photo de sa glace avec une légende telle que « Après mon footing de 30 minutes, je peux enfin me permettre ma glace ».

Tous ces exemples, vous y avez déjà forcément été confronté. Ils sont tous fondés sur des croyances alimentaires que la société nous a inculquées. Et nous avons transformé ces croyances sous forme de règle à respecter dans notre alimentation, parfois inconsciemment.

C’est difficile de ne pas culpabiliser quand rien qu’en parcourant ton fil d’actualité Instagram, tu as l’impression que c’est facile de l’atteindre cette perfection. On en oublie que les photos sont plus souvent illusoires que réelles. On se compare sans cesse à cette fille ultra mince, qui n’a l’air d’avoir aucun problème pour manger   »healthy » et qui en plus de ça ne semble pas louper une seule séance de sport dans sa semaine.

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À travers la télévision, les réseaux sociaux, les magazines… on nous éduque à étiqueter les aliments comme mauvais ou bons pour nous. Et d’ailleurs, notre catalogue d’aliments « mauvais » augmente au fil du temps… (viande rouge, gluten, produits laitiers, le sel…) La société nous inculque l’idée que pour avoir le corps que vous souhaitez, vous devez uniquement vous nourrir d’aliments « bons » dans la quantité qu’elle vous aura indiqué. Ainsi, lorsqu’on voit ce gâteau au chocolat sur la table, on a comme une alarme rouge qui se déclenche dans notre tête nous alertant « Attention, ceci est un aliment mauvais ». Et l’on a cette fichue impression que si l’on en mange une part, on grossira presque à chaque bouchée tellement c’est « interdit ».

On nous a conditionné à l’idée qu’introduire de la nourriture qui nous fait plaisir dans notre alimentation est mauvais (pâtisserie, fromage, dessert, sucrerie, frites, etc.). Et si l’on cède à nos envies, on nous fait se sentir mal, se sentir comme quelqu’un d’indigne. À croire qu’un simple « faux mouvement », que serait celui de manger un produit qui nous procure de la satisfaction, remettrait intégralement en question la vie d’une personne. Non, vous n’êtes pas horrible, dégoutant(e), bête, sans volonté, faible… et j’en passe parce que vous avez mangé ce chocolat ou ce plat que vous désirez tant. Ça, c’est le discours d’une industrie manipulatrice du régime de plus de 70 milliards d’euros.

Attention à ne pas faire d’amalgame. Je ne dis pas qu’il faut simplement se nourrir de cookie, de dessert, de glace, de fritures, de sauces et de fromage. Je parle bien de se faire plaisir lorsqu’on en ressent l’envie tout en respectant son corps et sa santé. Je parle d’adopter une alimentation flexible, ce qui correspond généralement au fameux 80/20 qu’on entend partout : 80 % d’alimentation équilibrée et 20 % d’aliments plaisirs.

Être constamment en train de culpabiliser après avoir mangé certains aliments peut marquer le début d’un trouble alimentaire. Quand bien même ce dernier n’est pas diagnostiqué en tant qu’anorexie ou boulimie, il faut rester en alerte quant à ce genre de pensée obsédante. Si la culpabilité occupe tellement votre esprit au point que d’autres piliers de votre vie en pâtissent (vie sociale, repas de famille, restaurant entre amis ou en couple…), que vous en arrivez à oublier le plaisir réel de votre aliment, c’est qu’il y a un travail psychologique à faire.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

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La culpabilité chez le trouble alimentaire

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) vont venir augmenter la culpabilité de manger. Les personnes souffrant de TCA vont culpabiliser d’avoir répondu à leur besoin. Les personnes anorexiques, boulimiques, orthorexiques… vont chercher à éviter ce sentiment de culpabilité tout simplement en ne s’alimentant plus avec les aliments qui leur font peur, ou en compensant par des comportements destructeurs. Après avoir avalé un aliment que vous étiquetez de mauvais, vous n’arrivez pas à profiter pleinement de votre journée. Vous êtes constamment en train de ruminer, de planifier comment vous pourrez compenser pour remettre le compteur calorique à zéro : par le sport, la restriction, la purge…

Je connais trop bien ces comportements compensatoires puisque je les ai utilisés pendant quatre longues années. Je ne pouvais pas rester assise sur ma chaise après avoir mangé, je ressentais le besoin de bouger, il fallait que j’aie cette impression d’éliminer ce que je venais de manger. Je n’arrivais pas à continuer ma journée comme-ci de rien était sans avoir planifié plus tard de contre-balancer mon apport journalier par du sport ou une restriction au prochain repas. Mais c’est pourtant lorsque j’ai enfin arrêté ces compensations que j’ai pu en partie me libérer des troubles alimentaires.

La culpabilité va accroître la restriction, or, comme je l’ai expliqué dans l’article sur les compulsions alimentaires, la restriction multiplie les pensées envers les aliments que l’on s’interdit, augmentant ainsi la frustration. Et c’est cette frustration qui va justement entraîner les compulsions alimentaires, et consolider la culpabilité par la suite.

Le fait de « céder » à la tentation de nos aliments plaisirs ne doit pas être considéré comme un échec. Non, vous n’êtes pas un(e) incapable qui n’a aucune volonté. Vous êtes seulement humain. Et l’Homme est conçu de la sorte, une partie spécifique de son cerveau réagit très fortement à la restriction. Nous sommes attirés par ce qu’on se proscrit. Et vous ne pouvez pas lutter contre votre fonctionnement. C’est quelque chose que vous devez accepter, car vous ne pouvez pas le changer. (C’est d’ailleurs la première leçon de vie que j’ai tirée de mon anorexie) Il ne sert donc à rien de se restreindre ni de s’interdire des aliments. Je sais bien que c’est plus facile à dire qu’à faire. Je ne blâme personne qui culpabilise. Je comprends et moi-même je culpabilise encore parfois.

J’ai une image en tête qui me fait sourire et qui m’aide à me dire que personne ne peut lutter contre le naturel : Avez-vous déjà vu un loup en pleine course vers sa proie et s’arrêter net en se disant qu’il devrait faire attention à sa ligne, et se restreindre à l’approche de l’été pour frimer et draguer ses amis les coyotes ? Non, tout simplement parce qu’il suit son instinct naturel qui est de chasser pour se nourrir. Tout comme les animaux, la restriction ne fait pas partie d’un comportement originel pour notre corps. C’est d’ailleurs pour cela que le corps va compulser, réduire sa concentration mentale, diminuer sa force physique face à la restriction.

La culpabilité lors de la rémission

La culpabilité est omniprésente pendant la phase de rémission de notre trouble alimentaire. Pire : C’est un outil de notre trouble lui-même pour nous tenter de nous ramener à nouveau entre les griffes de la maladie. La culpabilité a le pouvoir de nous faire rechuter. Mais bonne nouvelle ! Vous êtes plus forte qu’elle et vous ne lui laisserez pas la possibilité d’exercer son pouvoir.

Je vais quand même rester honnête avec vous et vous avertir que ce n’est clairement pas facile de lutter contre la culpabilité. Vous aurez de la culpabilité d’avoir bien respecté le plan alimentaire que vous avez établi avec vos soignants. Vous culpabiliserez de réussir à ne plus faire de sport de façon intensive. Vous éprouverez beaucoup de culpabilité de regagner du poids. Mais c’est en suivant le plan alimentaire, en limitant vos dépenses physiques et en regagnant du poids que vous serez sur la bonne voie pour guérir. Dites-vous que si vous culpabilisez, c’est que vous sortez de votre zone de confort et que c’est pour ça que votre trouble n’est pas content. Vous êtes donc sur le bon chemin. Rappelez-vous que pour guérir, il faut faire le contraire de ce que votre trouble alimentaire veut que vous fassiez. Et petit à petit la culpabilité diminuera jusqu’à disparaître au plus vous avancerez sur le sentier de la rémission. Mais rassurez-vous, c’est normal de toujours ressentir de la culpabilité pendant votre phase de rétablissement.

Mes conseils pour se débarrasser de la culpabilité :

Je vais être transparente avec vous, les conseils que je vais vous donner ne vont pas être magiques. Il faut du temps et de la répétition dans la pratique de ces exercices pour que la culpabilité disparaisse totalement. Cela peut prendre un certain laps de temps : des mois voire des années. Mais manger sans culpabiliser coûte que coûte c’est comme vivre à nouveau.

Aucun aliment n’est exclusivement bon ou mauvais. Une part de gâteau n’est pas mauvaise. Mais une part de gâteau matin, midi et soir pendant un mois, ça devient néfaste ce n’est pas le gâteau qui est mauvais, c’est la façon dont il est consommé. Les légumes sont « healthy ». Mais si vous ne vous nourrissez que de légumes, vous souffrirez de ballonnements et de problèmes de transit. Encore une fois, ce qui cause ces désagréments est l’absorption excessive des légumes.

Ne vous focalisez pas sur un aliment en particulier, l’équilibre se fait sur la semaine et même sur le mois.

Lorsque vous êtes en train de manger votre aliment plaisir et que vous vous dites « je n’aurai pas dû… » « Ce n’est pas bien ce que je viens de faire… », reconnaissez d’abord que vous êtes en train de vous juger dû à une croyance alimentaire. En avoir conscience est déjà une première étape primordiale. Ensuite, vous pouvez essayer de voir d’où provient cette croyance : est-ce que c’est ce que vous avez lu sur internet dans des articles minceurs ? Est-ce que c’est ce que vous avez entendu dans la pub prônant un nouveau régime ? Prenez conscience que c’est une croyance alimentaire que la société vous a inculquée, mais qu’une croyance ne représente pas la vérité.

Cet exercice est très difficile je le sais, mais il est très efficace. J’ai moi-même pris énormément de temps pour l’appliquer. La thérapie de l’exposition consiste à faire face à ces aliments peurs tout simplement en les mangeant. S’exposer à ses aliments « fear food » est effrayant, mais c’est comme ça que vous diminuerez petit à petit votre culpabilité face à ces aliments-là. Me concernant, j’avais écrit une liste de tous les aliments que je craignais. Je les ai par la suite numérotés en partant de celui qui me faisait le moins peur à celui que je redoutais le plus.

 Cet exercice est très difficile, je vous conseille ainsi de commencer par celui qui vous fait le moins peur, celui dont vous vous sentez prêt à manger. Par exemple, moi mon premier aliment qui générait le moins d’angoisse chez moi était le saumon. J’en ai mangé une première fois sans compenser ni avant ni après. Puis une deuxième fois, et une troisième fois. Et au fil du temps, je ressentais de moins en moins de culpabilité. Donc je pouvais barrer le « saumon » de ma liste. Je prenais le temps dont j’avais besoin. Pour certains aliments il m’a fallu quelques jours, pour d’autres j’ai pris plus d’un mois avant de le consommer sans culpabiliser ni compenser. Le muffin au chocolat est l’aliment dont j’ai pris le plus de temps à manger sans culpabiliser. J’ai commencé à m’exposer à cet aliment en juin 2018 et ce n’est qu’en décembre 2019 que j’ai enfin réussi à le manger sans culpabiliser ni compenser. Pour vous dire qu’il faut vous laisser du temps et continuer de vous y confronter pour vaincre la culpabilité. 

Si cela peut vous rassurer, programmez dans un premier temps le repas, l’heure et le jour où vous allez prendre votre aliment « fear food », cet aliment qui vous fait peur. Moi au début je me prévoyais un « fear food » par semaine. Certaines semaines, je parvenais à le surmonter, et d’autre semaine je n’y arrivais pas. Mais ce n’est pas grave, ne vous brusquez pas. L’important c’est de vous sentir prêt. Il ne faut pas vous forcer, il faut que ça vienne de vous.

Je sais à quel point c’est difficile. Comme je vous l’ai déjà souvent dit, moi-même j’ai compensé pendant longtemps pour éviter la culpabilité. Mais comme je l’explique dans mon schéma plus haut, la restriction va amener à l’obsession de vos aliments interdits. Vous finirez par les manger, parfois sous forme de compulsion, car votre corps est en mode « famine », et ainsi la culpabilité va être plus forte. C’est donc en cessant la restriction et les comportements compensatoires que vous pourrez éloigner l’entretien de la culpabilité.

Peut-être que sur le court terme c’est ce qui vous aide à vous sentir mieux. Mais sur le long terme, vous vous retrouverez prisonnier(e) dans un cercle vicieux de compensations-compulsions-culpabilité.

Vous savez que la culpabilité arrive souvent après avoir mangé ce qui vous fait peur. Ainsi prévoyez de vous occuper l’esprit juste après vous y êtes confronté. Par exemple, vous pouvez demander de manger avec quelqu’un d’autre si cela vous aide pour ensuite continuer de discuter avec cette personne, de tout sauf ce que vous venez de manger. Ou alors, vous pouvez planifier un FaceTime avec un ami, ou simplement un appel classique. Vous pouvez prévoir de regarder votre série préférée, de colorier un mandala, d’écrire dans votre journal… Le but est d’éviter de ressasser les idées et de ne pas écouter la voix de la culpabilité.

Paradoxalement et malgré ce que beaucoup de gens pensent, les troubles alimentaires n’ont souvent rien avoir avec la nourriture. Il s’agit davantage de contrôler un élément de sa vie pour ordonner le chaos dans sa tête et son esprit, issu d’un traumatisme conscient ou inconscient auquel la personne a été confrontée dans son existence. Me concernant, l’anorexie a été un moyen pour moi de n’être presque plus visible et donc de ne plus attirer le regard des hommes. Parallèlement, au plus j’étais maigre, au plus mes proches étaient inquiets pour moi. Dans le fond, ce devait être ma façon de leur montrer que je souffrais intérieurement. Enfin, à mesure que je perdais du poids, j’augmentais le contrôle sur ma vie qui me permettait d’apaiser toutes mes peurs. C’est en travaillant sur mes angoisses, en communiquant avec ma famille, en travaillant sur mon corps et mon rapport avec les hommes que j’ai réussi également à me détacher de l’anorexie.

Ce que je veux dire par là, c’est que la culpabilité que vous ressentez vis-à-vis de ce que vous avez mangé n’est pas le vrai problème. Le souci est certainement plus profond, et c’est en incluant une thérapie où vous travaillez sur vos émotions, sur les causes de votre anorexie, que peu à peu, l’anorexie s’affaiblira et ses symptômes pareillement, notamment la culpabilité de manger.

Je vous ai préparé comme une fiche que vous pouvez télécharger dans mon kit de guérison. Vous pourrez lire et relire ces phrases sensées pour vous aider lorsque vous ressentirez un sentiment de culpabilité.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 3 commentaires
Compulsions alimentaires dans la guérison de l’anorexie

Compulsions alimentaires dans la guérison de l’anorexie

Compulsions alimentaires dans la guérison de l’anorexie

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Lorsque j’étais sur le chemin de la guérison après trois ans d’anorexie, je suis passée par une phase que beaucoup d’ex-anorexiques ont traversée avant de sortir de la maladie : les compulsions alimentaires. Je sais à quel point elles sont frustrantes. Tandis que vous vous remettez à vous nourrir et que vous avez envie de manger « normalement », elles apparaissent et vous déstabilisent complètement. Dans cet article, je vais vous parler de mon expérience personnelle dans ma rémission de l’anorexie. Chaque personne réagit différemment et d’ailleurs certaines ne connaissent jamais de compulsions alimentaires dans leur guérison. Mais sachez que c’est un symptôme que beaucoup d’anorexiques ont rencontré lors de leur propre rémission.

Mon expérience avec les compulsions alimentaires 

Au début de ma guérison, j’étais heureuse de ressentir moins de peur face aux aliments que je m’étais toujours interdit pendant mon anorexie. J’ai alors commencé à me les autoriser. Mais malheureusement, ça n’a pas été aussi facile que ça. La première fois que j’ai mangé du pain avec du Nutella, je n’ai voulu prendre qu’une petite tartine. Mais finalement, j’en ai repris une autre, puis encore une, encore et encore jusqu’à en avoir avalé une bonne dizaine. Et je ne me suis pas arrêté là. J’ai mangé ensuite un muffin qui me faisait languir. Puis un deuxième, et un troisième. Et j’ai dévoré le cookie d’à côté avec, le paquet de biscuits que j’ai trouvé dans le placard et les trois dernières glaces qu’il restait au congélateur… J’étais incontrôlable, je ne parvenais pas à m’interrompre. Est-ce que j’avais faim ? Est-ce que j’étais trop gourmande ? Est-ce que je ne devenais pas addict au sucre ? Je me posais tant de questions, je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait, moi qui avais un self-control imparable face à la nourriture.

Mais ça ne s’est pas arrêté là. Deux jours après j’ai recommencé. Ensuite, c’était le lendemain. Et à la fin de deux semaines, une autre compulsion débutait quelques heures après la première. Jusqu’à ce que j’approche les trois compulsions par jour. Et j’ai connu ça pendant des mois.

Mais alors c’est quoi ces compulsions alimentaires dans le processus de guérison ?

En fait, j’appelle cela des compulsions alimentaires, mais le vocabulaire employé diverge. Certain parle de crise et nos amis anglophones nomment cela de « binge eating ». Mais qu’est-ce que j’entends par les compulsions alimentaires ? C’est ce moment où après une restriction sévère de votre nutrition, vous vous mettez à manger, manger, manger et encore manger. Vous avez une faim sans fin. Vous ne savez pas où votre estomac parviens à placer cette nourriture, mais vous sentez que vous pouvez davantage manger et vous n’arrivez pas à résister. 

Après une période d’anorexie ou même de boulimie, vous pouvez rencontrer des phases de compulsions alimentaires pendant votre guérison. C’est une réponse corporelle, naturelle et vitale du corps suite à la restriction qu’il a connue. Je m’explique : votre corps a été en mode famine pendant longtemps. Quand bien même vous n’étiez pas anorexique et que vous vous nourrissiez convenablement, psychologiquement, votre trouble alimentaire à faire endurer des restrictions tellement intenses à votre cerveau, que ce dernier a activé son mode « famine ». Votre corps est intelligent, il veut vous maintenir en vie. Après avoir subi une diète excessive, votre corps a donc parfois besoin temporairement de passer par l’autre extrême avant de retrouver son équilibre.

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Pendant longtemps, votre corps vous envoyait des signaux de faim que vous avez ignorés. Dans certains cas, notamment concernant la boulimie, la satiété et la faim ont toutes deux été ignorées puisque vous étiez habitué à manger ou non, peu importe la faim. Les vomissements altèrent également ces sensations-là.

Ainsi, quand vous donnez de la nourriture à votre corps, il émet des avertissements plus forts concernant les aliments dont il a été privé pendant des mois voire des années. Lorsque le corps a enfin accès à ces aliments, il fait comme un « plein » avant l’éventuelle prochaine famine. Car votre corps a peur que vous lui fassiez subir une nouvelle période de restriction. Il faut lui laisser du temps pour qu’il vous fasse confiance à nouveau.

Sachez toutefois que c’est également normal que votre corps mange beaucoup plus que d’autres personnes qui n’ont pas souffert de troubles alimentaires. Et cela ne dépend pas de votre volonté ! Votre corps a des carences. Certaines fonctions de votre organisme ont été altérées. Il a donc besoin d’énormément de carburant pour renouveler vos cellules, remettre en marche vos organes correctement, reconstituer votre masse musculaire, etc.

L’erreur que j’ai faite

erreur

Après ma première grosse compulsion, mon erreur a été de ne pas manger au repas qui suivait, comme pour compenser. Puis au repas suivant, j’ai mangé, mais une petite quantité. Et c’est exactement-là que j’ai commis mon erreur. J’ai résisté à ma faim dans les repas qui ont suivi ma compulsion alimentaire. Alors, mon corps a simplement assimilé que la restriction n’était pas terminée et qu’il devait rester sur son mode famine. Et c’est ainsi qu’une deuxième crise a débuté deux jours après. Puis j’ai recommencé la même erreur : sauter un repas, moins me nourrir pour compenser. Et une troisième crise est arrivée, toujours plus forte. Et le cercle infernal de la restriction-compulsion s’était lancé. Plus je me restreignais sur mes aliments plaisir, plus mon corps me les réclamait. Lorsque je mangeais un paquet de céréales, je culpabilisais et je me disais : « c’est la dernière fois que tu en manges ! Au moins pour une semaine », devinez ce dont j’avais le plus envie le soir même ? Des céréales ! Évidemment !

La plus grosse erreur que j’ai faite aussi, dans une logique identique, a été de finir par me faire vomir. Les compulsions qui suivaient mes vomissements étaient encore plus grandes.

Je sais que c’est difficile de continuer à manger une quantité suffisante de nourriture après une crise sans compenser. Je le sais puisque quand bien même j’avais compris mon erreur, je persévérais à la reproduire, tant j’avais peur de ces crises, tellement je craignais la prise de poids. Mais aussi longtemps que vous maintiendrez des compensations après vos compulsions (purge, restriction alimentaire, sport, diurétique, laxatifs, etc.), le corps ne se sentira pas en sécurité et il perpétuera les compulsions comme pour se protéger.

Combien de temps ça va durer ?

Chaque personne est différente, il n’existe donc pas de durée prédéfinie. Cela dépend de la durée de votre restriction, du degré auquel vous vous êtes restreint. Et cela va surtout dépendre de comment vous gérez les compulsions alimentaires. Comme je vous l’exprimais précédemment, tant que vous n’acceptez pas vos compulsions alimentaires et que vous maintenez une restriction, alors votre corps continuera de compulser.

Me concernant, cela faisait 10 mois que j’avais des compulsions presque tous les jours. J’avais évidemment pris du poids. Je ne comprenais pas :  malgré que mes crises s’étaient calmées, qu’elles étaient moins conséquentes, j’en avais toujours. Je me disais que j’avais repris du poids, qu’avec mes crises je mangeais tous les jours des aliments que je m’interdisais auparavant. Alors pourquoi mon corps ne me faisait toujours pas confiance ? Et bien parce que justement, je ne m’autorisais mes aliments plaisirs que pendant mes crises. Et même si la restriction n’était plus visible physiquement, elle était constamment présente mentalement.

En dehors de mes crises, je passais mon temps à chercher sur internet les aliments detox, les aliments « brûle graisse » qui me permettraient de perdre du poids. Et j’intégrais ces aliments dans mes repas. Mais je n’incluais pas d’aliment plaisir. Ou alors, si je me les autorisais, ce n’était qu’un petit bout et il ne fallait absolument plus que j’en mange pendant trois jours après et que j’augmente le sport pour compenser. Bref, j’essayais toujours d’avoir un contrôle maximal sur mon alimentation. Et mon cerveau ressentait cela comme la même restriction qu’il a subie les trois années d’anorexie précédentes. Ainsi, il maintenait les compulsions pour se protéger.

schéma restriction-compulsion

En conclusion, la durée des compulsions alimentaires va dépendre du temps que vous prenez à accepter ses compulsions et à continuer de suivre votre plan alimentaire. C’est-à-dire de conserver les 3 à 4 voire 5 repas que vous devez faire par jour, quand bien même vous auriez fait des compulsions alimentaires entre ces repas.

Comment je m’en suis sortie ?

Aussi simplement que cela puisse paraître, mais tellement difficile en soi : j’ai accepté mes compulsions. J’ai admis que mon corps ait besoin de dépasser mon poids de forme pour le retrouver plus tard. Attention, cela me concerne ! Soyez rassuré, vous ne le dépasserez pas obligatoirement ! Mais consentez que cela puisse être possible temporairement. C’est extrêmement difficile mais tellement important de se détacher de votre poids, du nombre de calories et des chiffres en général… C’est un élément que j’aborde dans le point 8 de mon article sur les leçons de vie que j’ai tirées de mon anorexie

J’ai accepté également que j’avais le droit de manger du chocolat en dehors de mes crises, et ce tous les jours si j’en avais envie. Dans mon cas à moi, mes aliments « peurs » que je ne m’autorisais plus et sur lesquelles je faisais des compulsions étaient la pâte à tartiner, les muffins, le pain, le fromage et la glace.

Alors que cela faisait près d’un an que j’avais des compulsions alimentaires, que j’enchainais compulsions puis restrictions voire vomissements, et de nouvelle compulsion, j’ai décidé de changer. Je me suis dit que dans tous les cas, j’avais pris du poids et que si j’avançais de cette façon, je continuerais d’en prendre. Donc, soit je poursuivais mon schéma restriction-compulsion qui me conduisait à la prise de poids, soit je me permettais mes aliments peurs qui selon moi m’amenait également à la prise de poids. La finalité serait la même d’après moi.

schéma rompre le cercle vicieux des compulsions alimentaires

Ainsi j’ai commencé à m’autoriser mes aliments plaisirs : je me suis dit que tous les petit-déjeuner, maintenant je mangerais du pain avec de la pâte à tartiner, sans me restreindre sur le nombre de tartines. Je me suis dit que j’inclurais plus souvent des desserts et goûters avec de la glace et des muffins. Je me suis dit que j’ajouterais moi aussi du gruyère sur mes pâtes si j’en ai envie. Au début, j’avalais 6, 7, 8 tartines de Nutella le matin. Je mangeais régulièrement de la glace et des muffins. Et j’ajoutais toujours du fromage dans mes plats. Mais je continuais de me nourrir aux repas suivants. J’avais horriblement peur, je pensais que j’allais prendre un poids monstrueux avec une alimentation pareille. Je me disais que j’étais addict au sucre, que j’étais bien trop gourmande. Mais je tenais bon, je voulais que mon corps me fasse confiance à nouveau, et je patientais.

Et puis un jour, je n’avais plus envie d’une quatrième tartine au petit déjeuner. Je n’avais plus la tentation de manger de la glace cinq fois par semaine. Je n’éprouvais plus le besoin d’ajouter du fromage à TOUS mes repas. J’ai commencé à ressentir petit à petit les sensations de faim, de satiété. Et puis les compulsions se sont espacées, jusqu’à s’arrêter totalement.

Maintenant mon corps me fait confiance. Il sait que je vais le nourrir convenablement tous les jours, à tous les repas. Il sait que je vais lui donner des aliments plaisirs qui vont me permettre de me sentir bien dans ma tête. Il sait qu’il ne connaîtra plus de restriction ni plus jamais de vomissements. Et aujourd’hui, quand je mange de la glace, je ne prends que deux ou trois boules. Je ne ressens pas le besoin de terminer le bac. Quand je déguste un muffin, je n’en mange qu’un et pas cinq. Lorsque je mange des céréales, je prends un bol, et je ne finis pas le sachet dans l’heure. Avant, je pouvais terminer un paquet de biscuits et en rentamer un autre même pas une heure après avoir fini le premier. Aujourd’hui, je ne sais même pas si je réussirais à terminer le premier entièrement. Et bon sang, qu’est-ce que c’est bon de me faire plaisir sans avoir peur que ça ne se termine en orgie où que je sois obligée de me restreindre par la suite !

Les compulsions alimentaires ne s’arrêtent pas du jour au lendemain, quand bien même vous vous autorisez vos aliments plaisirs et que vous avez cessé toute forme de compensation. Il faut du temps pour votre cerveau d’assimiler que vous avez changé vos habitudes et du temps à votre corps pour vous faire confiance et pour cesser son mode famine. Les compulsions alimentaires vont disparaitre petit à petit, doucement, mais sûrement.

Mais, est-ce que je ne serais pas en train de devenir boulimique ?

C’était la question que je me posais sans cesse ! Je pensais que j’avais quitté l’anorexie pour trouver la boulimie. Mais non, ce n’est pas nécessairement de la boulimie. Attention, je dis bien « nécessairement », car il peut arriver que le trouble évolue vers de la boulimie. L’important est d’être entouré par un professionnel de la santé qui saura vous guider et vous diagnostiquer.

Mais notez bien ces différences entre la boulimie et les compulsions alimentaires. Dans mon cas, on peut parler de « boulimie », mais ce n’est pas de la boulimie à proprement parler, c’est plutôt la suite de l’anorexie, un symptôme de la rémission selon moi :

comparaison boulimie et compulsion alimentaire

Attention enfin à ne pas confondre non plus les compulsions alimentaires avec le grignotage. Le grignotage correspond à des petites quantités fractionnées, souvent prises sur une durée prolongée, par exemple sur toute la journée. On grignote sans avoir faim, c’est plus une pratique pour combler l’ennui ou pour apaiser ses angoisses.

Mes conseils face aux compulsions alimentaires

Quelques petits conseils que j’ai appliqués lorsque j’avais des compulsions alimentaires. Attention, je ne vous donne pas de conseils miracles qui vont vous faire arrêter les compulsions. Non, ce sont des astuces qui m’ont aidé à accepter et à mieux vivre mes compulsions alimentaires :

Ayez un soutien avec un professionnel de la santé qui est spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire. Ce dernier saura diagnostiquer votre trouble. De plus, il est important d’être supervisé pour éviter le syndrome de renutrition. Je ferai un article sur ce sujet très prochainement.

Le sommeil est le meilleur remède de pas mal de maux. Et dans notre cas ici, le sommeil est fondamental. Pendant la nuit, votre corps fabrique de nombreuses hormones qui permettent de réguler votre corps, vos émotions et ainsi de mieux gérer vos compulsions alimentaires. Je vous conseille donc de dormir à heures fixes si possible, durant une durée suffisante d’au moins 7 heures.

Il est primordial de s’hydrater correctement dans la journée. L’eau va permettre de faire fonctionner votre corps : régulariser votre salive, réguler votre température corporelle, renouveler vos cellules, normaliser le volume de sang qui circule dans votre corps, etc. C’est important de boire de l’eau pour vous sentir bien dans votre corps. Mais attention à ne pas tomber dans l’excès ! Ne buvez pas une quantité monstrueuse d’eau pour vous remplir le ventre en espérant éviter la compulsion ! C’est une fois de plus chercher à tromper les sensations de faim de votre corps qui ne pourra pas vous faire confiance. Il maintiendra donc les compulsions alimentaires et vous ne sortirez pas de ce cercle infernal.

Après mes crises, j’avais pris pour habitude de noter dans un journal mes émotions. Je tentais d’identifier la situation qui pourrait être la cause de ma compulsion : stress lié à un événement, tristesse, repas précédent peu conséquent, envie alimentaire non comblée, etc. Le but était de comprendre l’élément déclencheur pour par la suite changer mes schémas de pensée, modifier mes croyances, répondre autrement que par la compulsion. Je ferai un article plus en détail sur l’utilisation du carnet des émotions.

Comme je vous le disais plus haut dans l’article, il est important de maintenir votre plan alimentaire avec tous vos repas et constituez vos repas avec les bons apports. Ne vous privez pas. Vous savez que c’est la privation qui amène à la compulsion.

Ne perdez pas espoir. Les compulsions alimentaires après une restriction extrême sont normales et cela passera. Apprenez à faire confiance à votre corps. Soyez patiente et je peux vous garantir que les choses rentreront dans l’ordre si vous cessez les compensations et surtout la restriction, notamment mentale.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Faim extrême, Mieux connaître, 18 commentaires
Covid19 : Conseils pour gérer son trouble alimentaire en confinement

Covid19 : Conseils pour gérer son trouble alimentaire en confinement

Covid19 : Conseils pour gérer son trouble alimentaire en confinement

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Le contexte sanitaire actuel est compliqué à gérer pour le monde entier, notamment avec un confinement imposé mais nécessaire pour lutter contre la propagation du coronavirus. Cependant, certaines personnes ont d’autres difficultés qui s’ajoutent à ce confinement, en particulier pour les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie, orthorexie). En effet, le COVID19 est un virus encore trop peu connu pour nos scientifiques et nous sommes dans la plus grande incertitude face à ce coronavirus. D’ailleurs, la seule chose dont nous sommes sûres, c’est que nous sommes en territoire inconnu. Et l’incertitude, l’inconnu… font partie des mots tant détestés par ceux qui souffrent de troubles alimentaires.

Comment le Covid19 affecte les personnes avec un trouble alimentaire ?

Dans un climat de stress, tout être humain va se tourner vers des stratégies d’adaptation, presque automatiques, déjà utilisées par le passée. Pour les personnes souffrant de troubles de l’alimentation, elles vont adopter un comportement spécifique lié à leur alimentation : la restriction, la purge, la compulsion… Toute action qui va leur procurer une échappatoire, un sentiment de confort et de sécurité momentanément. Les troubles alimentaires se renforcent donc dans cette période de combat face au COVID19.

Pour guérir des troubles alimentaires, il faut lutter contre l’isolement. Car l’isolement, c’est ce que veut la maladie. Et face au contexte actuel, les personnes atteintes de troubles alimentaires sont contraintes de se confiner.

L’isolement est d’autant plus compliqué pour les personnes souffrant d’un trouble alimentaire, car elles se retrouvent, soit seul, soit avec leurs proches. Dans le cas où la personne est confrontée à la solitude, alors la voix de son trouble peut être amplifiée et plus forte. Dans le cas où elle vit le confinement avec sa famille, des angoisses peuvent être générées concernant les repas à partager avec d’autres personnes.

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Le trouble est manipulateur et fera tout pour transformer toute situation en moyen de parvenir à ses fins : « Pas d’école? Pas de travail? Ce confinement c’est l’opportunité pour perdre du poids!» « Personne ne m’en voudra d’avoir rechuté pendant cette période délicate, ce n’est pas grave si je me restreignais à nouveau, je me concentrerai sur ma guérison une fois le confinement terminé» « Je suis seul(e) chez moi, personne pour me surveiller… ». La maladie vous mentira. Mais gardez en mémoire que cette guérison est essentielle pour vous, pour votre vie, peu importe le confinement.

Les gens avec un trouble alimentaire ont souvent des aliments « confort », qui ne génèrent pas ou très peu de stress chez elles. En raison de la panique d’une pénurie, le trafic dans les magasins alimentaires s’accroît créant de réelle pénurie alimentaire temporaire pour certains produits. Cette situation est d’autant plus angoissante, car la personne souffrant d’un trouble alimentaire ne peut pas être certaine que son magasin soit approvisionné normalement, et pire, elle peut se retrouver devant un rayon vide qui comportait son aliment « confort ». 

Je comprends tellement ce que ces personnes peuvent ressentir. Je me souviens quand j’étais anorexique, je n’avais qu’un seul type de yaourt que je considérais comme « sûre ». C’était une marque en particulier qu’on ne trouvait pas dans tous les magasins. Je me rendais exprès dans ce magasin pour mes yaourts, même si c’était à 20 minutes de chez moi. Et si je ne les avais pas, alors je ne mangeais rien d’autre comme yaourt. Je pense également aux personnes orthorexiques qui ont une obsession pour les aliments « sains ». Elles peuvent se retrouver dans l’incapacité d’acheter leurs aliments frais souhaités, et cela peut être bouleversant à vivre.

Le confinement impose des déplacements limités, et à l’heure actuelle, des exercices physiques autorisés pour une certaine durée et dans un certain rayon kilométrique autour du lieu de résidence. L’hyperactivité fait partie du trouble pour beaucoup de personnes souffrant d’anorexie, de boulimie, etc. Le fait de ne plus pouvoir se rendre à sa salle de sport ou de restreindre les déplacements quotidiens est déroutant et très complexe à gérer.

La possibilité de se rendre dans son centre de soin, au cabinet de son psychologue ou dans le bureau de sa nutritionniste est réduite, voire impossible en cette phase de confinement. Il est néanmoins important et même primordial que les professionnels de santé s’organisent pour poursuivre les consultations à distance. Cela peut être dommageable de rompre le lien avec son thérapeute pendant cette période de confinement.  

Plus globalement, la lutte contre le Covid19 entraîne tout un tas de restrictions qui entrent en contradiction avec l’envie de contrôle des personnes souffrant d’un trouble alimentaire. Ces personnes sont malades, et ne peuvent pas simplement « faire un effort » pour ne pas pratiquer de sport, pour manger différemment « pour une fois », pour rester enfermer avec leur parent avec qui peut-être elles ont souvent des conflits. Non, il ne s’agit pas d’un effort. Elles doivent faire un véritable travail psychologique sur elles pour pallier à cette période éprouvante. N’hésitez pas à tendre la main vers vos proches souffrant de troubles alimentaires. Même s’ils n’acceptent pas votre aide, vous leur aurez montré que vous êtes présent en ces temps difficiles. Toutefois, veillez à ne pas leur dire des phrases plus embarrassantes que réconfortantes. Je vous ai listé les phrases à ne pas dire à une personne souffrant d’un trouble alimentaire dans un article. 

Les conseils pour gérer votre trouble alimentaire pendant le confinement

Les conseils que je vais vous donner sont simplement des techniques visant à vous soutenir. Ne vous mettez pas la pression. Ces outils ne vont pas éliminer vos envies de compulsions, de restriction ou d’exercice physique intense. Non, ces techniques vont vous aider à accepter les difficultés, à tenter de faire avec. Mais il est clair que la situation actuelle est compliquée et qu’il est normal que vous vous retrouvez désarmé et en détresse.

Entre les internautes qui plaisantent sur leur potentiel prise de poids causée par le confinement et les articles des médias en tout genre relatant des renseignements qui ne sont pas toujours fiables toutes les 30 minutes… C’est l’endroit à éviter ! Ne croyez pas toutes les informations que vous voyez défiler sur les réseaux sociaux. Assurez-vous que la source soit fiable et vérifiée par un organisme d’autorité tel que l’OMS par exemple.

Ce que je peux vous conseiller, c’est de vous limiter à une certaine durée par jour de réseaux sociaux, ou de l’utiliser seulement durant une certaine plage horaire. Et si vous tenez à être au courant de l’actualité, je vous recommande la chaîne d’Hugo Décrypte qui réalise un point quotidien sur l’actualité quant au Covid19 avec des informations vérifiées.

Lorsque j’étais à l’hôpital, j’ai commencé à formater mon cerveau à la positive attitude. Ce n’est pas que je croyais réellement aux bénéfices de cette façon de procéder, mais je n’avais que ça à faire, alors je l’ai fait. Et cela a fait ses preuves ! Chaque jour, je me répétais des mantras positifs à voix haute, en me regardant dans la glace. J’avais également fait un tableau de visualisation où j’avais mis des images positives, des citations qui me motivaient, notamment « No rain, no flower ». Bref, enduisez vos murs de proverbes positifs, de photos encourageantes et de tout ce qui vous transmet de la force pour vous battre et garder le sourire. J’avais pareillement confectionné une playlist pour booster ma bonne humeur avec des musiques qui donnent la pêche ! Vous pouvez chanter en même temps ! (Bon, c’est facultatif, mais c’est très efficace aussi !)

En lien avec la culture de l’optimisme, vous pouvez également tirer le positif de votre journée chaque jour avec la gratitude. Chaque soir, vous pouvez prendre un petit carnet où vous noterez un point positif de votre journée ou une chose pour laquelle vous êtes reconnaissante. Par exemple : Grâce au confinement, je fais des économies de shopping. Ou plus simplement : Je suis reconnaissante pour cette belle journée ensoleillée, je suis reconnaissante de pouvoir vivre dans cette jolie maison… N’oubliez pas que mêmes les petites choses qui vous paraissent insignifiantes comptent ! Tant qu’elles ont procuré en vous un sentiment positif : la chaleur du soleil sur votre peau, le plaid doux qui vous enveloppe dans le canapé, le sourire de la voisine hier matin. Cela permettra de vous endormir sur une note positive et d’entraîner votre cerveau à se focaliser sur les choses positives.

Essayez d’adopter une certaine routine qui structure vos journées. Pour ma part, le confinement me rappelle beaucoup mes hospitalisations où j’ai été enfermé pendant trois mois sans bouger et ainsi à devoir tuer le temps par moi-même. Je me créais donc des routines avec par exemple le matin une plage horaire pour colorier des mandalas et écrire. L’après-midi, je réservais une plage horaire destinée à la lecture et à des jeux avec d’autres personnes…

Votre routine doit comprendre des temps de repos, des temps pour manger, des temps pour discuter avec vos amis ou votre famille, des temps pour travailler, etc.

C’est également important de continuer se doucher chaque jour et de s’habiller différemment la journée de la nuit. Je sais que c’est super confortable d’être en jogging toute la journée. Mais on entre ainsi dans un état d’esprit qui n’est pas si bon pour notre moral.

Concernant le sommeil, essayez de garder un rythme raisonnable : ne pas vous coucher trop tard ni vous lever trop tardivement. Évidemment, je ne vous parle pas non plus de vous réveiller à 6 heures du matin. Agissez selon les besoins de votre corps. Vous pouvez d’ailleurs en profiter pour dormir un peu plus tard pour vous reposer, vers 9 h 30 par exemple. Mais éviter d’aller dormir vers 3 h du matin pour vous lever à midi.

Prévoyez vos plages horaires où vous mangerez vos repas. Dans la journée, vous devez avoir au moins 3 repas, voire 4 à 5 avec les collations. Respectez votre plan alimentaire même en période de confinement avec des heures fixes. Structurer vos repas vous aidera à réguler vos sensations de faim et de satiété et de prévenir les compulsions alimentaires.

Manger à table si possible, pas dans votre lit ou dans le canapé. Et évitez également de manger devant une distraction que peut être votre téléphone, votre ordinateur ou votre télévision. Lorsque vous mangez, vous mangez. C’est important de prendre le temps de faire une chose à la fois pour que votre cerveau inculque bien l’idée qu’il est en train de se nourrir.

Réglez des alarmes pour vos heures de repas et de collation si cela peut vous aider. Et prévoyez des activités avant et après pour vous éviter de ruminer : par exemple, appelez un ami, lire un livre, colorier un mandala, etc. Notez vos plans alimentaires, vos heures de repas sur un papier, et affichez-les dans votre chambre ou même dans la cuisine.

Pour les personnes ayant une ration prescrite par une équipe soignante, veuillez à contacter un professionnel de santé référant qui saura vous donner un plan B voire C pour adapter votre plan avec les aliments disponibles et que vous vous sentez prêt à manger. Si l’un de vos aliments confort n’est plus accessible, faites une liste d’aliment qui peut le remplacer par un autre produit sûr pour vous.

Concernant ceux pour lesquels une quantité importante de denrée peut être déclencheur de compulsion, essayez d’éloigner la nourriture de votre vue. Soit en demandant à un proche de le cacher, soit en le mettant dans une cave, au garage, ou dans la voiture afin de limiter les crises alimentaires.

Si vous sentez la compulsion alimentaire, arrivez, tentez de la maintenir 5 minutes : soit en téléphonant à un proche, en faisant un jeu sur votre smartphone, en lisant une page d’un livre… Cela n’évitera pas forcément la crise, mais votre cerveau aura enregistré que vous avez interrompu le processus du schéma répétitif habituel de la crise alimentaire. Un décalage neurologique s’est ainsi créé et permet un changement de comportement sur le long terme.

Même si le confinement oblige une distanciation sociale, vous pouvez vous tourner vers les nouvelles technologies pour discuter avec vos amis ou vos proches : Messenger, Skype, Zoom, House Party… Vous pouvez en outre faire des jeux en ligne avec vos collègues sur Skribbl.io ou Blindz pour les fans de blind test (j’en suis une). Vous pouvez d’ailleurs en planifier après avoir mangé pour vous occuper l’esprit et éviter d’écouter la voix de la culpabilité. C’est l’occasion également de discuter de ce que vous vivez pendant ce confinement vis-à-vis de votre trouble alimentaire. Vous avez le droit de vous sentir en difficulté et c’est important d’en parler à quelqu’un en qui vous avez confiance.

Les nouvelles technologies vont parallèlement vous permettre de poursuivre les consultations avec votre médecin à distance. Si ce dernier n’utilise pas de solution vidéo, n’hésitez pas à chercher un autre thérapeute temporairement sur des sites tels que Care ou Goodpsy. Mais c’est essentiel de ne pas interrompre le traitement pour vous maintenir sur le chemin de la guérison.

Profitez-en pour apprendre de nouvelles compétentes. Me concernant, durant cette période de confinement, j’en ai profité pour peaufiner mon livre et commencer ce projet de site internet. Vous utilisez l’occasion pour découvrir une nouvelle langue, écrire votre propre livre, ou simplement pratiquer la pleine conscience, la méditation, la relaxation… Ce sont des méthodes qui vous permettront de vous détendre et de gérer votre stress pendant cette période de confinement. Vous pouvez recourir à l’application petit bambou qui est très bien fait avec des méditations courtes guidées. Mais vous pouvez également en trouver gratuitement sur YouTube.

Rappelez-vous qu’à notre époque, avec internet, on peut se former à un tas de choses pour ne pas dire « tout ».

En vous occupant l’esprit, vous aurez moins de temps pour ressasser des idées noires.

Utilisez l’art pour vous distraire : le dessin, la musique, le cinéma, mais également en regardant des musées, des spectacles diffusés en ligne. Intéressez-vous notamment à la lecture. Et si vous n’avez pas eu le temps de faire le plein de livre dans votre bibliothèque, pensez aux e-books en ligne.

yoga

L’hyperactivité est très difficile à gérer. Mais quand bien même vous « bougez » moins que d’habitude, rappelez-vous que votre corps nécessite de l’énergie pour vivre, pour faire fonctionner vos organes, pour régénérer vos cellules, pour assurer ses fonctions. Même au repos, votre corps dépense de l’énergie et a besoin de carburant.

Si vous cherchez à pratiquer du sport, et que c’est autorisé par votre équipe médicale encadrante, préférez un sport doux comme le yoga. Vous trouverez des vidéos gratuites sur YouTube de cours de Yoga, notamment pour les débutants si vous êtes novices. Assurez-vous que votre pratique sportive ne soit pas excessive ni compulsive. Et profitez-en peut-être si vous vous sentez prête à freiner votre activité sportive.

Soyez bienveillant envers vous-même. Il s’agit d’un événement historique que nous vivons actuellement et personne ne peut prédire ce qu’il se passera demain. Il est donc normal de ressentir des émotions négatives, d’être angoissé dans ce contexte. N’oubliez pas d’être empathique avec vous-même. Faites-vous confiance. Vous êtes très fort, bien plus que vous ne l’imaginez. Et vous allez y arriver, c’est une conviction. Réfléchissez à la dernière difficulté que vous avez rencontrée et que vous étiez certain(e) de ne pas surmonter. Vous avez fini par y parvenir. Alors il n’y a aucune raison que vous ne réussissiez pas cette fois. Rappelez-vous que vous n’êtes pas tout seul. Et pleurez si vous en avez envie, c’est important de laisser ses émotions sortir.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 0 commentaire