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Comment gérer les personnes qui suivent un régime durant la guérison d’un trouble de l’alimentation ?

Comment gérer les personnes qui suivent un régime durant la guérison d’un trouble de l’alimentation ?

Comment gérer les personnes qui suivent un régime durant la guérison d’un trouble de l’alimentation ?

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Quand j’étais anorexique, je n’avais plus de vie sociale. Les fois où je voyais ma famille ou mes amis devenaient rares… Lorsque j’étais sur le chemin de la guérison, que j’augmentais ma ration alimentaire, ma vie sociale s’est relancé petit à petit. Cela fait d’ailleurs partie du processus de guérison. Et c’est alors que je me suis confronté à une épreuve de taille : faire face aux conversations parlant de poids et d’alimentation.

Les discussions sur les régimes alimentaires nous impactent tous négativement, avec ou sans trouble alimentaire. Mais si en plus on souffre d’un trouble alimentaire, ces discussions deviennent une vraie épreuve à surmonter et qui nous hantent encore longtemps après que le dialogue ait eu lieu.

Qu’ils soient positifs ou négatifs, les commentaires sur la nourriture ou le corps sont de véritables déclencheurs du trouble alimentaire, pouvant entraîner une rechute. On a tous dans notre entourage quelqu’un qui est obsédé par son poids ou son alimentation. Et même si ces propos ne vous sont pas destinés, ils vous déstabilisent complètement et vous renvoi à des peurs ancrées en vous : celle de grossir, de ne pas bien faire les choses, de mal manger, etc. 

Ce que vous devez savoir pour mieux accepter les commentaires autour de l’alimentation et du poids :

On vit malheureusement dans une société où le régime est mis en avant et la perte de poids est félicitée. Il n’est donc pas étonnant que nous fassions face à des discussions abordant le poids et l’alimentation quotidiennement ! Avant de vous donner des conseils pour gérer ces discussions, il me semble important que vous lisiez ces réflexions pour vous aider à mieux accepter les commentaires négatifs de ceux qui vous entourent.

Personne ne comprend ce que vous vivez

Ce n’est pas pour les excuser, mais la plupart des gens qui vous entourent ne comprennent pas ce que vous vivez. Même ceux qui vous disent qu’ils ont compris. Combien de personnes que je connais sont venues me demander des conseils nutrition et sport pendant que j’étais en guérison, tout simplement parce que je regagnais du poids et que du coup, j’avais l’air « guérie ». S’ils s’imaginaient ce que je vivais, jamais ils ne m’auraient parlé de ces sujets.

Même les membres de votre famille ou vos amis les plus proches ne comprennent pas à quel point il est éprouvant de combattre un trouble alimentaire. Pour eux, les difficultés sont là lorsqu’il y a de la nourriture. Mais même avant les repas, vos pensées vous angoissent. La culpabilité après les repas est paralysante. Et même lorsqu’il n’est pas question d’alimentation, vous êtes en lutte constante contre votre trouble alimentaire. Tout cela, il l’ignore.

Même si leurs conversations déclenchent chez vous des sentiments stressants liés à votre trouble alimentaire, je suis presque certaine qu’ils ne se rendent pas compte de l’impact de leurs propos. Ils n’ont pas conscience à quel point la guérison est difficile. C’est pourquoi il est important de leur expliquer. Je vous parle de cela un peu plus loin dans l’article. 

Beaucoup de personnes sont victimes de l’industrie du régime

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L’industrie du régime est malheureusement puissante et ses messages sont répétés et rabâchées des centaines de fois par jour via les publicités, les médias, certains influenceurs et par des milliers d’habitants de cette Terre. C’est pourquoi énormément de monde a subi un lavage du cerveau leur inculquant une véritable culture du régime.

Vous vous demandez pourquoi tous ces gens parlent sans cesse de nourriture et de poids. Parce qu’ils sont biaisés par la culture du régime, consciemment ou inconsciemment, comme vous l’avez sans doute été à un moment donné.

Je trouve cela personnellement malheureux, mais vous ne pourrez pas changer une société entière. Ainsi, tentez de prendre du recul en vous disant que ces personnes sont victimes d’une industrie. Et ce n’est pas parce qu’elles ont une opinion sur l’alimentation et le poids qu’elles ont raison. Bien au contraire. Alors si vous sentez que dans leur discours, elles ont tort, c’est leur problème, pas le vôtre. Vous avez déjà assez de soucis à vous faire avec votre guérison. 

N’acceptez pas tout pour éviter le rejet

L’une de mes plus grandes peurs est le rejet. J’ai depuis longtemps eu cette peur d’être rejeté par les autres. C’est pourquoi j’ai toujours adopté une stratégie du caméléon : celle d’être d’accord avec tout le monde pour me faire accepter. Sauf que dans ce cas-ci, si j’étais d’accord avec des discussions qui m’étaient néfastes, j’allais repartir en arrière renforçant mon trouble alimentaire. Pour me protéger, je n’ai pas eu d’autre choix que d’appliquer des techniques pour lutter contre les conversations négatives.

N’admettez pas tout par peur du rejet. Vous devez accepter que beaucoup de personnes ne comprendront jamais ce que vous vivez et continueront de parler de régime et de poids. Vous devez penser à votre santé, à votre bien-être et pas aux autres. N’allez pas à l’encontre de votre guérison pour faire plaisir aux autres. Car il y a de forte chance que ces autres personnes ne pensent plus à vous une fois rentré chez elles. Tandis que vous, vous allez ressasser ces conversations encore longtemps dans votre tête.

Si ces gens sont néfastes pour vous, alors ils n’ont pas leur place dans votre vie. Vous verrez avec le temps que seules les personnes qui ont envie de vous aider et de vous comprendre resteront à vos côtés. 

Vous ne pouvez pas changer les autres

C’est l’une des leçons que j’ai apprises de mon anorexie, on ne peut pas changer les autres. C’est vraiment difficile d’entendre son amie vous parler de comment elle réussit à sauter son petit-déj ou le sport qu’elle pratique tous les jours pour rentrer dans sa robe. Vous avez envie de la secouer et de lui demander d’arrêter son obsession à son corps qui est nuisible pour vous, mais aussi pour elle. Mais tant qu’elle-même n’en aura pas conscience elle-même, vous allez juste gaspiller de l’énergie et du temps pour quelque chose dont vous êtes impuissante.

Ce n’est pas parce que vous pensez d’une façon que tout le monde doit adopter le même système de croyances. Quand bien même vous auriez raison. Chaque personne est libre de ses choix, de sa façon d’être et de penser.

Mes conseils pour gérer les personnes parlant de poids et de nourriture

Les réflexions que je vous ai partagées peuvent certes vous aider à accepter les commentaires négatifs autour de l’alimentation et du poids. Mais je vous ai également listé 6 conseils plus concrets pour faire face aux personnes obsédées par leur corps et la nourriture :

Avoir conscience du danger de ces personnes durant la guérison

Je le dis souvent, la prise de conscience est une première étape primordiale. Avoir conscience qu’être entouré de personnes parlant de poids et d’alimentation pendant la guérison peut vous être préjudiciable est important. Si vous en avez conscience, vous allez vous préparer à y faire face, notamment avec les conseils qui vont suivre.

Vous combattez un trouble alimentaire. De ce fait, le dernier régime à la mode ne vous est clairement pas adapté. Ne prenez pas en compte les habitudes alimentaires et sportives qu’applique votre entourage. Cela ne vous concerne pas. Et à moins qu’il s’agisse de votre équipe médicale référente qui suit votre état de santé et connaît vos antécédents psychologiques, personne n’est en droit de vous dire ce que vous devez faire. Le pire, c’est que ces gens qui sont actuellement satisfaits des résultats de leur régime draconien ne sont pas à l’abri de développer un trouble alimentaire. Une analyse a été effectuée par des chercheurs et démontre que certaines règles alimentaires des régimes drastiques sont similaires aux astuces qu’on retrouve sur les sites pro-anorexie.

Or, en tant que guerrier qui se bat contre un trouble alimentaire, vous devez éviter tout conseil pouvant déclencher ce trouble. Sinon, malheureusement, vous pourriez bien rechuter

Exprimez ses besoins

Ce n’est pas toujours facile à faire, car vous avez certainement peur de vous retrouver face à un mur d’incompréhension voire à du rejet. Mais c’est pourtant primordial si vous voulez espérer un changement de la part de votre entourage : il s’agit d’exprimer vos besoins.

Comme je vous le précisais un peu plus haut, les autres ne s’imaginent pas ce que vous vivez. Il est donc important de leur expliquer afin qu’ils puissent davantage vous comprendre et ainsi adopter le bon comportement. Surtout s’il s’agit de vos parents, frère et sœur ou ami que vous voyez très souvent. Il vaut mieux leur exprimer plutôt que d’endurer leur discours prônant des régimes amaigrissants à tout bout de champ. Voici une méthode efficace pour formuler vos besoins :

  • Donner des exemples concrets : donner des phrases que cette personne vous a déjà dites. Par exemple, dites-lui : « Lorsqu’on mange ensemble, tu commentes toujours ton assiette en disant que ça va te faire grossir ou que tu vas devoir faire une bonne séance de sport après ».
  • Dites-lui ensuite vos ressentis vis-à-vis de ses propos. Si l’on continue avec le même exemple, cela donnerait : « Moi lorsque tu dis ça, je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser, car je n’ai pas le droit de faire du sport. Ou pire, cela me déclenche une envie de faire du sport alors que c’est contre-indiqué par mon médecin »
  • Affirmez alors ce que vous voulez. « J’ai vraiment besoin qu’on ne parle pas d’alimentation ni de poids. Même si cela ne me concerne pas et que tes commentaires te sont adressés, il est préférable de ne pas en parler du tout. Ce sont des déclencheurs qui peuvent me faire rechuter. C’est déjà très complexe pour moi de manger et de ne plus faire de sport »
  • Soulignez enfin les effets positifs qu’il y aura d’appliquer ce que vous demandez. « Si l’on n’en parle pas, ce sera plus simple pour moi de manger sans culpabiliser et d’accepter mon repas. Cela me permettra de guérir sans avoir des difficultés supplémentaires. Et puis on pourra discuter de choses qui seront plus joyeuses pour toi comme pour moi. »

Sachez que vous allez devoir exprimer plusieurs fois vos besoins. Les conversations sur les régimes sont tellement banalisées que vos proches ne s’aperçoivent même plus qu’ils en parlent. N’imaginez pas qu’ils le font exprès. C’est ce que je pensais. Mais en leur disant, je me suis rendu compte que vraiment ils n’avaient pas conscience de leurs propos.

N’ayez pas peur de gêner en exprimant vos ressentis. Voyez cela comme une façon pour vous d’expliquer à votre entourage comment gérer votre maladie et vous protéger.

Vous pouvez par exemple dire « Je le rappelle, je préfère qu’on ne parle pas de nourriture ou de corps s’il vous plaît ». Puis vous redirigez vers un sujet qui n’a aucun rapport avec ces deux thématiques.

Filtrez les informations négatives

Parfois, vous vous retrouvez engagez dans une conversation sur les régimes avec des personnes que vous ne connaissez à peine. C’est donc plus compliqué d’exprimer ses besoins. Vous n’avez peut-être pas envie de commencer à raconter vos soucis avec l’alimentation. Sachez quand même que vous n’êtes pas obligé de vous justifier. Vous pouvez tout simplement dire que vous ne préférez pas aborder ces sujets.

Mais si vous choisissez de ne rien dire, alors vous allez devoir apprendre à filtrer les informations que vous ne voulez pas entendre.

Pour cela, vous allez devoir vous déconnecter de la discussion, et ne plus vraiment y participer, ni même écouter. Vous allez utiliser la restructuration cognitive. C’est-à-dire que vous allez vous défocaliser de la conversation pour refocaliser votre attention sur autre chose. Il s’agit d’une stratégie de pleine conscience, car vous allez vous concentrer sur des éléments et/ou ressentis dans l’instant présent.

Je vous propose un exercice qui s’appelle le « 5-4-3-2-1 » :

Dans votre tête, nommez :

  • 5 choses que vous voyez
  • 4 choses que vous entendez
  • 3 choses que vous ressentez
  • 3 choses que vous pouvez sentir
  • 1 chose que vous pourriez goûter dans la pièce où vous vous trouvez

C’est un exemple d’exercice qui vous permet de vous recentrer sur l’instant présent. Vous allez ainsi quitter la conversation tout en restant présente physiquement. Vous pouvez retrouver d’autres exercices en téléchargeant ma nouvelle ressource sur les techniques de détente.  

Si vous n’aimez pas ces exercices de pleines consciences, vous pouvez à la place vous répéter en boucle des affirmations de ce style : « Ce qui est valable pour eux ne l’est pas pour moi », « Ce n’est pas parce qu’elle a une opinion qu’elle a raison », « Ces personnes sont biaisées par l’industrie du régime », etc.

Vous pouvez également vous rappeler les raisons pour lesquelles vous souhaitez guérir. Je vous en ai fait une liste de 50 raisons que vous pouvez télécharger dans l’onglet Ressource de mon blog.

S’éloigner de ces personnes

Dans certains cas, vous avez beau répéter vos besoins, votre entourage ne le respecte pas. Vous avez également essayé de vous défocaliser de ces conversations, mais cela ne fonctionne pas totalement et vous ressentez toujours des déclencheurs vous replongeant dans votre trouble alimentaire.

Ainsi, parfois il est nécessaire de faire des choix qui peuvent s’avérer difficiles. Il s’agit de s’éloigner de certaines personnes qui entravent à votre guérison.

Mais si vous n’êtes pas prêt à vous séparer de certaines personnes, vous pouvez réaliser des activités avec elles sur lesquelles vous avez un certain « contrôle ». Par exemple, si vous proposez de faire un cinéma avec elles, vous allez davantage parler du film plutôt que de nourriture. Parallèlement, évitez d’aller manger au restaurant ou d’aller faire du shopping avec elles. Ce sont des occasions où elles pourront discuter d’alimentation ou de la façon dont elles ne sentent pas bien dans leur corps.

Ensuite, vous pouvez d’abord commencer par vous éloigner des conversations perturbantes avant de vous isoler de ces personnes. Par exemple, lorsqu’elles abordent les sujets négatifs, profitez-en pour vous éclipser aux toilettes ou pour passer un coup de téléphone.

Enfin, si vous avez une personne dans votre vie qui est trop présente et qui aborde sans cesse tous ces sujets de conversations néfastes, alors vous pourrez penser à vous séparer d’elle. Pour ma part, je me souviens qu’au début de ma guérison, je n’exprimais pas mes besoins. Et cela me rongeait de l’intérieur même des heures après, j’en pleurais, je culpabilisais. Puis j’ai décidé d’en parler. J’ai des amis qui persévéraient d’aborder ses sujets sans même s’en rendre compte. J’ai fini par envoyer un long message leur disant que cela avait tendance à me faire rechuter. Et que si cela continuait, pour me préserver, je me verrais contrainte de me séparer d’elles, au moins pour un temps. Cela a été efficace. Elles ont fait très attention à ne plus parler de ces sujets qui fâchent et j’ai pu les garder dans ma vie. 

Dites-vous bien que rien n’est définitif. Vous pouvez vous éloigner de certaines personnes temporairement. C’est pour votre bien, pour vous protéger. Votre santé et votre guérison passent avant tout.

S’entourer de personnes positives

Le fait de devoir vous séparer temporairement de certaines personnes ne signifie pas que vous devez rester seule. Non, et au contraire ! Je trouver personnellement que la vie sociale est l’un des médicaments pour se sortir de son trouble alimentaire (avec la nourriture et le repos).

Vous allez devoir vous rapprocher des personnes qui ont une influence positive sur vous. Lorsque j’étais dans ma phase de guérison et que je parlais de ma maladie, je sentais bien les personnes qui comprenaient ce que je vivais et celles qui ne comprenaient rien. Je me rappelle parfois de certaines personnes qui me disaient « Ah je comprends ! Moi c’est pareil j’arrive pas à m’arrêter de manger quand je prends un carré de chocolat ». Oui, bah non, ce n’est absolument pas pareil… Bref !

Alors, je mangeais plus fréquemment avec ma sœur qui ne parlait jamais des sujets autour de l’alimentation ou du corps. Je vous en parlais dans l’article sur les comparaisons sociales durant la guérison, mais il est préférable également de cesser de suivre des personnes néfastes sur les réseaux sociaux. Ainsi, lorsque j’ai réalisé cela, j’ai commencé à suivre des comptes positifs, non liés au régime alimentaire. Je me suis comme créé une bulle anti-régime pour me protéger de la culture de l’alimentation. J’écoutais par exemple les InPower podcasts de Mybetterself qui sont très inspirants. J’ai lu les livres de Laurent Gounelle qui sont une véritable source de motivation délivrant des messages forts sur la vie. Entourez-vous au maximum de tout ce qui vous fait du bien et qui n’a pas de rapport avec l’alimentation et le corps.

Tentez d’inculquer chez ces personnes une culture « anti-régimes »

Ce dernier conseil n’est pas un conseil à forcément appliquer. Cela dépend des choix de chacun. Il s’agit de choisir de rester engager dans les conversations et de tenter de persuader votre entourage d’adhérer à une culture « anti-régime ». Cela sous-entend que ces personnes parleront davantage positivement du corps au lieu d’aborder les sujets de poids et de régime.

Vous pouvez choisir de vous engager dans cette lutte anti-régime. Mais personnellement, je ne vous le conseille pas. Ce n’est pas votre travail de convaincre les autres. De plus, la plupart des gens ont des idées bien arrêtées, et parce qu’ils voient que tout le monde agit de cette façon, ils préfèrent rejoindre la majorité. Ainsi, vous allez utiliser du temps et de l’énergie pour rien. Vous engager dans un débat du pour et contre la culture de l’alimentation pourrait vous faire plus de mal que de bien.

Par ailleurs, en ne répondant pas à leur conversation sur le poids et l’alimentation, votre entourage se rendra compte que vous n’êtes pas réceptif à ces sujets. Ils verront que vous sortez de votre trouble aliment, que vous évoluez positivement sans suivre les diktats de la société. Vous partagerez donc un message subliminal préconisant qu’on puisse être heureux sans suivre la culture de la minceur

Pour conclure, n’oubliez pas de fixer vos propres limites. Mais sachez que les gens ne changent pas du jour au lendemain et que vous pourriez être contraint de vous séparer de certaines personnes temporairement pour vous protéger. Malheureusement, vous allez être constamment face à des signaux prônant les régimes minceur. Cela fait partie de notre société actuelle. Mais vous observerez qu’au plus vous ferez face à ce genre de message, au plus vous serez renforcé pour les affronter.

De même, au plus vous cheminez vers la guérison, au moins ces messages auront d’impact sur vous. Me concernant, pendant longtemps ce type de conversation me rongeait, et ce jusqu’à récemment. Depuis le déconfinement, j’ai revu certains amis qui parlent sans cesse de ces sujets. Et je me suis rendu compte que cela m’impacte beaucoup moins qu’avant le confinement. Je sais donc que j’ai encore avancé personnellement.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 3 commentaires
Comment arrêter de se comparer aux autres durant son trouble alimentaire ?

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Se comparer aux autres : tout le monde le fait et je suis certaine que vous l’avez déjà fait. La comparaison existe dans tous les domaines : le travail et le salaire qu’on gagne, la vie de couple, le matériel qu’on possède, la voiture, le logement, etc. Cependant, dans cet article je vais me concentrer sur la comparaison à notre apparence, notre poids et ce qui se trouve dans notre assiette lorsqu’on souffre de trouble alimentaire.

Avant même de tomber dans l’anorexie, je me comparais sans cesse à mes copines et aux autres élèves de mon collège et lycée. Pendant l’anorexie, je passais mon temps à me comparer à mon entourage, mais aussi à d’autres personnes également souffrant d’anorexie. Ça en devenait vraiment malsain et ça aidait mon trouble alimentaire à détruire mon estime de moi qui était déjà bien faible. Depuis que je suis guérie, je ne me compare plus du tout aux personnes atteintes de troubles alimentaires. Mais je vous avoue qu’il m’est encore difficile de ne pas mesurer ma vie professionnelle et amoureuse par rapport aux succès de ceux qui m’entourent. Dans cet article je vais vous expliquer à quel point il est toxique de se comparer aux autres lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire. Je vous partage également quelques conseils pour vous détacher de la comparaison.

Pourquoi se compare-t-on ?

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est que la comparaison est un comportement normal. La mauvaise, c’est que vous allez continuer de le faire, car c’est humain. C’est Leon Festinger qui a mis en lumière la théorie de la comparaison sociale en 1954. Il déclare que tout être humain est amené à mesurer ses capacités, son opinion et ses émotions avec le seul moyen concret qu’il dispose, c’est à dire avec les individus qui l’entoure. En effet, on se compare à ceux avec lesquels on s’identifie le plus, et c’est généralement nos proches (notre famille, nos amis, nos collègues, nos voisins, etc.).

En réalité, ce n’est pas vraiment une mauvaise nouvelle si l’on continue de se comparer. Et oui, la comparaison n’est pas forcément négative. Elle nous aide à nous inspirer, à nous motiver, à nous faire devenir la meilleure version de nous-mêmes. Mais le problème, c’est que dans la plupart des cas, la comparaison aux autres est davantage dévalorisante que gratifiante

La comparaison lorsqu’on est atteint de trouble alimentaire est destructrice. Des études prouvent d’ailleurs que les patients souffrant de troubles alimentaires ont une tendance supérieure à se comparer qu’une personne en bonne santé. Elles se comparent même plus que des personnes souffrant de dépression. C’est pour dire à quel point la comparaison est présente dans la vie d’une personne anorexique, boulimique, orthorexique ou encore hyperphagique.

Les médias sociaux : une cause de comparaison malsaine

Il me semble que beaucoup de personnes souffrant de trouble alimentaire sont présentes sur les réseaux sociaux. Et malheureusement, les médias sociaux représentent un véritable danger perpétuant constamment la comparaison avec les autres. Même si les réseaux sociaux ont de bons côtés, notamment celui de rester en contact régulier avec ses proches, ils peuvent s’avérer néfastes dans certains cas.

Lorsque l’on scroll son flux Instagram, on a parfois l’impression d’être entourée de personnes « parfaites », qui ont des corps subliment et qui ont l’air d’avoir une vie remplie d’instants bonheur. À force de voir ça sur Instagram, mais aussi sur tous les médias en général (comme à la télé, dans les magazines et les séries…), on finit par croire qu’avoir un corps de rêve et vivre des moments inoubliables à chaque instant de sa vie c’est une vie normale. Mais en réalité, les médias nous révèlent seulement une façade. C’est rare qu’on voit une grande influenceuse partager une photo d’elle en train de pleurer, ou qu’on nous montre les grandes stars à la télévision déprimant au fond de leur lit. Les posts publiés sur Instargam par les influenceurs sont bien souvent rayonnants et ne reflètent pas leurs difficultés ou leurs faiblesses. Mais en réalité, est-ce que le fait qu’ils aient un corps de rêve et un super beau feed Instagram signifie qu’ils sont heureux ? Non.

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Je vais vous donner un exemple concret qui m’est arrivé. Lorsque j’étais anorexique, j’inscrivais dans ma bio Instagram de mon compte perso « En guérison de l’anorexie ». Je suivais une petite influenceuse que j’aimais beaucoup : elle publiait des photos magnifiques d’elles, des bons plats colorés et des moments palpitants de sa vie. C’était une fille qui m’inspirait. Je commentais et likais chacun de ses posts. Un jour, elle est venue discuter avec moi en privé en me disant qu’elle avait vu dans ma biographie que j’étais atteinte d’anorexie. Elle m’a avoué qu’elle l’était également et me demandait comment je gérais la situation. J’en suis restée bouche-bée. Je suis vraiment tombée de haut. Elle n’en parlait jamais à sa communauté de sa maladie. C’est là que j’ai véritablement compris qu’il ne s’agit que d’apparence sur Instagram. Avoir un corps idéal ne signifie pas être en bonne santé mentalement. Preuve en est dans l’anecdote que je viens de vous raconter.

Je ne dis absolument pas que toutes les personnes avec un corps parfait sur Instagram sont atteintes de trouble alimentaire. Non, évidemment. Mais sachez qu’une personne qui suit un régime en étant constamment préoccupée par son apparence physique et le nombre de calories que son plat contient a très probablement des problèmes d’image de soi similaire à vous. Ne vous fiez pas aux apparences. Vous ne connaissez pas la vie d’une personne ni ce qui se passe dans sa tête à travers une photo.

La toxicité de se comparer à d’autres personnes souffrant de trouble alimentaire

Lorsque j’étais atteinte d’anorexie, j’ai souvent suivie des comptes de filles en train de lutter contre l’anorexie. Je pensais que cela m’aidait, et parfois c’était sans doute le cas. Mais cela était néfaste également puisque je me comparais à elle, sans même en avoir conscience. À l’hôpital, on vivait à 11 patients tous malades à se comparer sans cesse. C’était vraiment usant et nocif pour chacun d’entre nous. Ainsi je sais à quel point cette comparaison aux autres personnes souffrant de trouble alimentaire est toxique : « Est-ce qu’elle est plus maigre que moi ? » « Elle mange beaucoup moins que moi là, non ? » « Quoi ? Elle fait encore du sport alors que moi j’ai complètement arrêté ?! ». Vous vous reconnaissez dans ces phrases ? 

Lorsqu’une personne atteinte d’un trouble alimentaire se compare, elle ne voit qu’une seule option à la comparaison : soit elle « gagne », soit elle « perd ». Si elle perd, les sentiments négatifs qu’elle va ressentir vont venir alimenter son trouble alimentaire, l’entrainant à continuer ses comportements néfastes. Si elle gagne, elle va se sentir satisfaite, temporairement. Mais au final, gagner signifie qu’elle a réussi à avoir le corps le plus mince, à manger le moins, à être la plus malade. Donc la finalité est la même : cela va également enrichir son trouble alimentaire.

En fait, même si vous n’en avez pas conscience ou que simplement vous ne préférez pas le dire, quand vous souffrez d’anorexie, vous êtes très compétitrice. Votre trouble alimentaire cherche à faire de vous la personne qui sera la plus mince, la plus malade, là plus près de la mort. Il vous mène à être en quête constante de nouveaux moyens de maigrir toujours plus. C’est pour ces raisons que j’essaie au maximum de ne pas utiliser de chiffres indiquant un poids lorsque je m’exprime dans mon blog ou sur Instagram : pour vous protéger.

Évitez de vous comparer, car dans tous les cas, votre trouble alimentaire trouvera sans cesse que les autres sont plus minces et plus malades que vous, et vous incitera à vous détruire davantage. Les comparaisons aux autres malades vont toujours émaner chez vous des émotions et sentiments négatifs qui nuiront à votre relation corporelle.

Souvenez-vous que vous n’êtes pas tous au stade identique de la maladie. Lorsque vous voyez une autre personne souffrant du même trouble que vous et qu’elle continue de faire du sport ou de se restreindre, ne l’enviez pas. Vous avez déjà surpassé cette épreuve, vous. Chaque personne va à son rythme et vit les différentes étapes du processus de guérison à d’autres moments que vous.

La comparaison à son entourage pendant la guérison

Quand on se restreint physiquement mais aussi mentalement, soit qu’on qualifie un aliment de mauvais et qu’on s’empêche d’en manger, des modifications s’effectuent dans notre cerveau. Au plus on s’interdit un aliment, au plus notre cerveau va le vouloir. C’est comme un enfant, lorsqu’on lui dit de ne surtout pas faire une bêtise, il va tout faire pour réaliser cette bêtise. Ici, c’est le même fonctionnement.

Ainsi, tandis que vous souffrez de restriction maladive, vous allez en permanence vous concentrer sur votre assiette, mais également sur l’assiette des personnes avec qui vous mangez. Je me souviens à quel point c’était difficile lorsque je sortais à peine de l’hôpital. J’avais envie que mes parents adoptent la même ration que moi, mais en mangeant encore plus pour me faire déculpabiliser. Mais non, ce n’est pas possible. Déjà, car on ne peut pas contrôler le repas des autres, c’est contre-productif pour la guérison. Mais aussi parce que mes parents n’ont pas souffert de trouble alimentaire !

Lorsqu’on sort d’un trouble alimentaire et que le corps a été plongé dans une restriction, l’apport journalier n’est pas le même qu’une personne   »normale ». Cet apport peut aller entre 3000 et 5000 calories selon votre état de dénutrition et votre métabolisme. J’explique pourquoi l’apport quotidien doit être supérieur pour une personne en guérison dans cet article.

Si cela peut vous aider, voyez votre repas comme un traitement pour vous guérir de votre maladie. Si vous étiez atteinte d’un cancer, vous n’allez pas demander à vos parents de réaliser les mêmes chimios que vous. Cela n’aurait aucun sens.

Je sais à quel point c’est difficile de devoir s’alimenter plus que votre sœur, vos parents ou votre ami quand vous êtes en guérison. Combien de fois j’ai pleurées et je culpabilisais parce que mon père ne mangeait qu’une pomme au goûter tandis que moi je devais prendre 4 tartines avec du beurre, un yaourt et un fruit. Oui, mais mon père approche les 70 ans. Il n’a pas les mêmes besoins que moi et surtout il ne sortait pas d’une période d’anorexie sévère.

Vous devez vous donner la permission de manger plus que les autres. Vous en avez besoin, c’est vital pour votre santé. Vous ne pouvez pas vous comparer à quelqu’un qui est en pleine santé. Tout comme vous ne pouvez pas non plus vous comparer à quelqu’un qui est malade, par exemple d’une gastro. Je dis cela, car je me souviens qu’une fois ma sœur était souffrante d’un virus passager. Et de ce fait, elle n’avait plus faim du tout et se sentait constamment ballonnée. Elle n’a pas fait de vrai repas pendant près de 3 jours. Et je lui reprochais de ne pas manger, de vouloir rendre ma guérison encore plus difficile. Mais absolument pas, la pauvre, elle n’y était pour rien et je ne pouvais pas la forcer à se nourrir alors que son estomac avait besoin de ne plus absorber de plats consistants pour lutter contre le virus.

Sachez de plus que c’est en acceptant de vous alimenter davantage, et ce plus que les autres, que votre obsession pour la nourriture baissera sur le long terme. Cela vous fait peur, mais affrontez votre peur et vous verrez qu’avec du temps cette peur diminuera jusqu’à disparaître totalement.

Se comparer aux autres malades pendant la guérison

Un peu plus haut, je vous parlais de la toxicité de se comparer aux autres personnes souffrant d’un trouble alimentaire. Mais cette remarque est d’autant plus importante durant votre phase de guérison. Par exemple, lorsque vous êtes sur Instagram et que vous lisez des posts de personnes qui sont encore dans le déni tandis que vous êtes dans une étape supérieure de guérison : rien que le fait de voir certains TOC, les aliments que cette personne consomme ou son état d’esprit… tout cela peut vous faire rechuter.

Si vous comparez votre propre guérison à celle d’une autre, cela peut vous être préjudiciable. Je me souviens que moi-même j’essayais de trouver sur Instagram des filles qui étaient dans la même phase de guérison pour avoir un élément de repère. Sauf qu’en fait, ma guérison est passée par une période de compulsion alimentaire. Alors que les filles que je suivais avaient une guérison beaucoup plus lente sans compulsion alimentaire. J’avais donc l’impression que je ne guérissais pas « de la bonne façon », que je ne faisais pas ce qu’il fallait. Du coup, j’essayais davantage de me restreindre après mes compulsions pour suivre leur trace. Mais en fait, chaque guérison est différente.

Même si l’anorexie est une seule et même maladie, elle se manifeste diversement chez chacune des personnes qui en est atteinte. Il en est de même pour la guérison : chaque anorexique trouve son propre chemin de guérison qui lui est singulier. Votre corps est unique. Il ne réagira jamais exactement de la même façon que le corps d’une autre. Votre guérison est la vôtre. Ce n’est pas parce qu’une fille que vous connaissez a rechuté que vous devez également rechuter. Imaginez deux personnes atteintes toutes les deux d’un même cancer. Malheureusement, une seule d’entre-elles s’en sort totalement. Cette dernière ne va pas souhaiter rechuter et retomber malade parce que l’autre n’est pas guérie. Vous êtes complètement impuissant face à la guérison ou non des autres. Cela ne vous regarde pas. Concentrez-vous uniquement sur VOTRE guérison. Une fois que j’ai compris cela, j’ai largement ralenti les réseaux sociaux qui m’étaient néfastes.

Comment je fais si ma famille fait un régime à côté de moi ?

Déjà que manger avec d’autres personnes n’est pas évident quand on se bat contre un trouble alimentaire, mais alors manger à côté d’un entourage qui suit un régime : c’est juste complètement déstabilisant ! C’est un exercice de taille, on ne va pas se mentir. Les commentaires, qu’ils soient positifs ou négatifs, sur le poids, l’apparence ou l’alimentation sont des facteurs aggravant des troubles alimentaires. Et notamment la comparaison que va réaliser la personne atteinte de ce trouble. Alors, comment faire si vos amis ou votre famille suivent un régime pour perdre du poids et ne parle que de ça ? Je vous propose de lire mes 6 conseils pour face à ces conversations autour du poids et de l’alimentation

Mes conseils pour arrêter de se comparer aux autres

Je sais bien que tout ce que je viens de vous exprimer est bien plus facile à dire qu’à faire. C’est pour cela que je vous ai préparé une liste de conseils que vous pouvez essayer d’appliquer du mieux que vous pouvez pour déjà limiter l’impact de la comparaison sociale dans votre vie et notamment sur votre trouble alimentaire :

Prenez conscience que la comparaison est néfaste

Avoir conscience que la comparaison est nocive pour votre trouble alimentaire est déjà une première étape primordiale pour changer ce comportement. Lorsque vous vous comparez aux autres, posez-vous la question « Est-ce que cela m’aide à guérir ou aide plutôt mon trouble alimentaire à me détruire ? » Si cela aide plutôt votre trouble alimentaire, c’est que vous devez cesser de vous comparer aux autres. C’est bien plus simple à dire qu’à faire, on est d’accord. Mais dès que vous vous êtes posé cette question, vous êtes en état de conscience. Ainsi, essayez de contourner vos pensées négatives en vous focalisant sur quelque chose de positif. Par exemple, pour moi, il s’agissait de repenser à mes neveux avec qui j’avais déjà passé de merveilleux moments. Vous pouvez penser à votre animal de compagnie que vous aimez tant par exemple. Le but est de vous défocaliser de la comparaison que vous venez de faire.

Répétez-vous fréquemment la question « Est-ce que cela m’aide à guérir ou aide plutôt mon trouble alimentaire à me détruire ? ». Pour le moment, votre cerveau reproduit un schéma inconsciemment qui est celui de la comparaison. Vous devez vous entraîner à changer de mentalité face à la comparaison dès que vous l’utilisez. Avec la pratique, votre cerveau prendra conscience par lui-même que cette comparaison est néfaste. Ainsi, par automatisme, il vous renverra une pensée plus positive à la place. C’est comme lorsque vous avez appris à faire du vélo. Vous avez dû répéter, répéter et répéter encore pour savoir en faire. Maintenant lorsque vous montez sur un vélo, c’est un réflexe. Vous ne tombez pas 5 fois avant de savoir rouler. Ici, c’est la même chose.

Acceptez que le perfectionnisme n’existe pas

J’en parle dans le point 3 de mon article résumant les leçons que j’ai apprises de mon anorexie : la perfection n’existe pas. C’est inatteignable, alors ne perdez pas votre temps et votre énergie pour quelque chose d’irréalisable.

C’est vraiment quelque chose que j’ai encore du mal moi-même à accepter. Ainsi je comprends que vous ayez du mal à lâcher-prise là-dessus. Mais rien que de me le répéter souvent, que la perfection n’existe pas, cela m’aide énormément à relativiser.

Il est important de bien savoir une chose, c’est qu’avec 7.6 milliards d’habitants sur cette Terre, il y aura constamment quelqu’un de meilleur que vous. Alors est-ce que cela fera de vous quelqu’un de malheureux ? Je ne l’espère pas. Et pour cela, il faut bien avoir en tête que le perfectionnisme est irréaliste et mène à la souffrance. Même lorsque vous aurez atteint vos objectifs en termes de poids, d’alimentation ou autre… il y aura toujours quelque chose à améliorer. Et c’est un cercle infernal qui ne se terminera jamais. Lorsque j’étais au poids le plus bas, je n’étais pas heureuse. J’étais même plus que malheureuse. Tant que vous n’aurez pas appris à vous aimer pour qui vous êtes, vous ne serez jamais satisfait de la personne que vous êtes.

La clé, c’est l’amour-propre. Et c’est quelque chose de très difficile à cultiver. Aimez vos défauts, acceptez-les. Avoir des défauts c’est ce qui rend humaine, authentique et unique une personne. Lorsque je réfléchis ce que j’aime chez mes parents, ma sœur, mon frère et même mon copain, c’est leur personne dans son ensemble, et ça avec leur défaut. J’aime vraiment leur défaut, je trouve personnellement que c’est ce qui fait leur charme.

Vous ne pourrez jamais être parfait dans tout. Et puis, qu’est-ce que cela vous apporte réellement ? Je vais vous parler de ma propre expérience avec ma scolarité. Mon BAC je l’ai eu mention très bien. J’étais tellement fière à ce moment-là. Oui, mais après ? Aujourd’hui, plus personne ne vous demande votre mention au BAC. Ensuite, j’ai fait des écoles de commerce prestigieuses où j’ai toujours été major de promo. J’ai été très heureuse de faire de belles études, mais avec du recul, je me rencontre que je me suis tuée à la tâche pour pas grand-chose… Je passais mes soirées à travailler et mes weekends entiers au point de ne plus voir ma famille ni mes amis. Et aujourd’hui, est-ce que j’ai trouvé un emploi plus facilement que les derniers de classe ? Non. Est-ce que j’ai un meilleur salaire que les élèves de fac public ? Non, et parfois c’est d’ailleurs le contraire. Est-ce que j’ai une vie plus heureuse que les autres de ma classe ? Non, pas particulièrement. Je ne néglige pas les études et au contraire je trouve même cela très important. Mais ce que j’essaie de vous dire, c’est que chercher à atteindre la perfection vous rendra peut-être satisfaite momentanément. Mais sur le long terme, vous vous rendrez compter que cela a causé plus de dommages que des bénéfices.

Évitez les déclencheurs

Évitez les situations qui vont enclencher chez vous la comparaison aux autres. Par exemple, les médias sociaux sont un des grands facteurs de la comparaison. Alors, limitez votre exposition à ces derniers. Moi j’avais limité ma connexion à Instagram et j’avais même supprimé certains comptes que je jugeais nocifs pour moi.

Même si vous dites que vous savez que les photos de mannequins sont retouchées ou sublimées grâce à un éclairage soigné, vous vous sentirez quand même mal à la vue de ce qui est pour vous un corps parfait. Alors, évitez également de regarder les photos dans les magazines féminins exposants des mannequins.

Un autre élément qui pour moi était un gros déclencheur lorsque j’étais anorexique était la présence d’une personne qui était obsédée par son poids ou son alimentation. C’est simple, si j’avais une personne comme ça en face de moi, j’étais focalisée sur son comportement, ce qu’elle mangeait, son corps et ses propos. Face à cette situation, il faut faire des choix. J’ai décidé de me couper de certaines personnes qui nuisaient selon moi à ma guérison. Non, vous n’êtes pas égoïste. Votre santé est juste votre priorité. Sans la santé, on ne peut pas faire grand-chose dans la vie.

Comparez-vous à vous-même

S’il y a bien une personne avec qui vous pouvez vous comparer, c’est vous-même. Au lieu de gaspiller votre énergie à tenter de ressembler à quelqu’un d’autre, concentrez davantage cette énergie à devenir la meilleure version de vous-même. Quand je parle de devenir la meilleure version de vous-même, ce n’est pas devenir encore plus maigre ou contrôler encore plus votre alimentation. Non, ça c’est ce que votre trouble alimentaire veut. Mais vous, demandez-vous ce que vous souhaitez vraiment avoir et faire dans votre vie ? Utilisez votre temps pour apprendre à vous connaître et à vous aimer. Apprenez par exemple à avoir un mental plus positif, plus souple.

Quand j’étais malade, je me comparais à l’ancienne-moi. Je me disais qu’effectivement j’étais malade actuellement. Mais lorsque je repensais à ce que j’avais auparavant traversé, je me disais que je pouvais m’en sortir. J’avais déjà survécu à du harcèlement scolaire, à la perte de certains proches qui m’étaient chers, et à d’autres événements dans ma vie qui me sont plus personnels mais qui ont été véritablement des épreuves à surmonter. Des épreuves qui me paraissaient des montagnes à ces moments-là, mais que j’ai réussi à les surpasser. Repensez à tout ce que vous avez déjà accompli dans votre vie. Vous avez déjà un bagage solide qui va vous permettre de combattre la maladie. Soyez vos propres sources d’inspiration.

Il n’existe malheureusement pas de recettes miracles pour guérir des troubles alimentaires. Par contre, je peux vous dire une chose qui est certaine c’est que la comparaison n’a jamais aidé à guérir une personne souffrant de ces troubles, et au contraire. La comparaison renforce la maladie en lui donnant davantage de pouvoirs.

C’est plus simple à dire qu’à faire, mais essayez au maximum de vous focaliser sur vos côtés positifs, sur les personnes que vous adorez et les activités que vous aimez faire. Vous centrer sur le négatif ne générera que du négatif. Au lieu de chercher à devenir quelqu’un d’autre, concentrez-vous sur qui vous êtes et qui vous pouvez devenir.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 4 commentaires
Hyperactivité et sport : comment y remédier pour guérir de l’anorexie ?

Hyperactivité et sport : comment y remédier pour guérir de l’anorexie ?

Hyperactivité et sport : comment y remédier pour guérir de l’anorexie ?

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L’exercice physique quotidien est une recommandation de tout organisme de santé. Pour beaucoup de personnes, faire du sport part d’une bonne intention pour préserver sa santé. Mais cela peut vite tourner à l’obsession. C’est le cas notamment pour les personnes souffrant de troubles alimentaires. Au-delà du sport, les patientes atteintes d’anorexie et de boulimie sont en permanence active, sans s’accorder de repos avant l’heure du coucher. On parle alors d’hyperactivité, un fléau qui touche 80 % des anorexiques.

J’ai décidé de vous écrire cet article, car lorsque j’étais moi-même anorexique, je n’ai lu que très peu d’informations concernant les avantages à ne pas faire de sport pendant la guérison des troubles alimentaires. Et je sais au combien cela m’aurait aidé durant ma phase de récupération.

Je sais à quel point il est difficile de cesser l’hyperactivité quand on souffre d’un trouble alimentaire. Lorsque j’étais anorexique et qu’on me demandait d’arrêter le sport, ne serait-ce que pendant deux jours, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer le poids que je pourrais prendre. J’étais persuadée que je ne pouvais pas interrompre l’exercice. J’allais devoir en faire tous les jours de ma vie entière. Et bien non, ça, c’est ce que votre trouble alimentaire veut vous faire croire. Dans cet article, je vais vous expliquer d’où vient cette hyperactivité et comment y remédier.

Comment reconnaître quand le sport devient obsessionnel ?

La pratique de l’exercice physique est tellement valorisée dans notre société actuelle qu’il en devient difficile de distinguer quand cette pratique est démesurée. Voici donc quelques symptômes à connaître vous permettant de comprendre de quoi s’agit-il lorsqu’on parle d’exercice excessif.

L’exercice excessif se réalise souvent presque tous les jours, et ce durant plusieurs heures. La personne souffrant de cette obsession va jusqu’à passer le sport comme priorité dans sa vie, et ce même devant sa propre famille ou ses amis. Elle va négliger sa vie sociale au profit de son activité physique. Dans les cas les plus graves, la personne continuera de pratiquer malgré des blessures ou douleurs corporelles.

Malheureusement, une personne qui souffre d’un trouble alimentaire effectue de l’exercice intensivement sans avoir conscience de l’impact destructeur de son comportement sur sa santé et sa vie. Généralement, elle dira qu’elle ne fait pas cela pour perdre du poids, mais que simplement, elle est passionnée de sport et aime les bienfaits que lui procure la dépense physique.

Que signifie l’hyperactivité chez les troubles alimentaires ?

Quand on souffre de trouble alimentaire, on ne pratique pas uniquement du sport à outrance. Généralement, on est atteint plus globalement d’hyperactivité. Pour vous expliquer ce point, je vais vous parler de ma propre expérience lorsque j’étais anorexique.

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Il m’était impossible de rester sur une chaise à ne rien faire. Si je devais être assise pendant plus d’une heure, c’était pour dormir. D’ailleurs, les heures de cours étaient très difficiles vis-à-vis de l’inactivité physique qu’elles demandaient. L’hyperactivité causée par mon trouble alimentaire m’incitait également à faire tous mes trajets à pieds, à toujours emprunter les escaliers plutôt que l’ascenseur, à me lancer dans de grandes balades presque tous les jours, à faire un ménage de printemps chaque soir avant de manger. Bref, je devais constamment être en mouvement. J’avais ce sentiment que je ne méritais pas d’être assise, que j’étais obligée de faire de l’exercice continuellement pour pouvoir vivre sereinement. Bien que je n’étais absolument pas sereine, au contraire…

Vous vous reconnaissez dans ce récit ? C’est probablement parce que vous aussi vous souffrez d’hyperactivité due à votre trouble alimentaire.

Comment expliquer cette hyperactivité dans l’anorexie ?

Je m’apprête à vous faire part d’une analyse dont j’ai moi-même était choquée des résultats :

Des chercheurs ont tenté de trouver le lien entre la restriction alimentaire et l’hyperactivité. Ils ont donc fait une expérience sur des rats. Pour cela, ils ont réduit l’apport alimentaire des rats tout en leur donnant accès à une roue pour qu’ils puissent se dépenser. Et devinez quoi… les rats ont commencé à courir de façon excessive sur leur roue. Leur nourriture était donnée sur une durée limitée. Et plutôt que de profiter de cet instant restreint, les rats préféraient continuer de courir au lieu de se restaurer.

J’étais étonnée à la lecture de cette expérimentation, car je m’attendais à ce que les rats aient moins d’énergie au vu de leur dépense physique et de leur faible apport nutritionnel. Et à ma grande surprise, ils étaient encore plus dynamiques. C’est ce qu’on remarque chez les patientes anorexiques : la restriction alimentaire provoque des dysfonctionnements hormonaux, entraînant une hyperactivité. Quand j’étais malade, j’étais capable de faire un millier de choses dans ma journée sans être fatiguée. Je menais une vie éprouvante où beaucoup d’autres personnes se seraient plaintes par la quantité de travail et d’activité physique. Mais je ne montrais aucun signe de faiblesse. Du moins, au début… si les chercheurs avaient laissé la possibilité aux rats de se dépenser physiquement en continuant de diminuer leur apport alimentaire, ils auraient fini par mourir. Tout comme moi. 

L’hyperactivité s’explique donc scientifiquement dans un premier temps. Mais l’hyperactivité est parallèlement une façon pour votre trouble alimentaire de s’exprimer et de perdurer. Il permet de répondre aux peurs de la patiente : c’est un moyen de bruler des calories, de maintenir un contrôle sur son poids et son corps. C’est également un comportement compensatoire, utilisez notamment chez les personnes boulimiques, comme autopunition et compensation de leur crise alimentaire. Si vous vous demandez alors pourquoi vous ne parvenez pas à réduire votre hyperactivité. Ne soyez pas trop dure avec vous-même. C’est votre trouble alimentaire qui vous pousse à procéder ainsi. Ce n’est par conséquent pas contre vous qu’il faudra vous battre, mais contre votre trouble alimentaire.

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Pourquoi est-ce mauvais d’être hyperactif pendant la guérison de l’anorexie ?

L’exercice physique est considéré comme une vertu de notre société actuelle. Vous êtes donc clairement en droit de vous demander pourquoi il serait mauvais pour vous. Tout simplement, car lorsqu’on souffre de trouble alimentaire, l’activité est souvent pratiqué en excès et devient un symptôme de votre trouble lui-même. Pire, l’hyperactivité va entretenir et même développer votre trouble en maintenant son aspect obsessionnel compulsif.

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En plus de cela, l’hyperactivité peut causer des complications médicales graves sur un corps sous-alimenté. Avant tout, il faut savoir que l’état de malnutrition est vécu comme un stress intense pour votre corps. Ce dernier a peur pour sa survie, il va ainsi arrêter certaines fonctions pour ne conserver que celles essentielles à votre survie. Le cycle de reproduction est interrompu, résultant alors de faibles niveaux d’hormones, tels que l’œstrogène chez la femme. Pourtant, c’est cette hormone qui permet de maintenir une bonne santé osseuse. En conséquence, une dégradation des os créés de l’ostéoporose. C’est-à-dire que les os sont cassants et donc beaucoup plus vulnérables.

Ainsi, en continuant de pratiquer une activité physique, le risque de fracture osseuse augmente considérablement. Le pire, c’est qu’une fois cette fracture guérie, la fragilisation reste bien souvent présente à vie.

Une personne dénutrie maintenant une activité physique s’expose à d’autres problèmes de santé, notamment la déshydratation. Même si vous buvez des litres d’eau tout au long de la journée, vous n’apportez pas à votre corps l’hydratation que vous pouvez retrouver dans une alimentation complète. Des blessures importantes peuvent également apparaître aux muscles, tendons, ligaments et articulations. La personne souffrant d’hyperactivité, en plus de son trouble alimentaire, peut alors multiplier des foulures, entorses, tendinites qui prendront beaucoup plus de temps à guérir puisque le corps est déjà très fatigué physiquement. De plus, tandis que vous réalisez de l’exercice avec un corps malnutri, votre organisme puise son énergie là où il peut, soit dans les muscles. Il en résulte donc une fonte musculaire importante. Autre conséquence encore bien plus grave et tragique, c’est les problèmes cardiaques pouvant être à l’origine d’une mort subite.

Enfin, le fait d’être constamment en activité représente un stress supplémentaire pour votre corps. Il tente tant bien que mal de vous garder en vie, et l’activité intense va lui rajouter une nouvelle difficulté. Alors, cela rallonge le processus de rétablissement des niveaux normaux d’hormones de reproduction, et ainsi la réapparition des menstruations.

Donc finalement, à l’origine vous souhaitiez faire de l’exercice physique quotidiennement pour maintenir votre santé. Mais en fin de compte, l’exercice physique vous amène au contraire de ce que vous étiez censé atteindre, c’est à dire des complications physiques graves qui peuvent aller jusqu’à la mort.

Est-ce que je dois arrêter le sport ?

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas médecin. Ce n’est pas mon rôle de vous dire si vous devez cesser le sport ou continuer. J’ai fait le maximum de recherche pour vous apporter tous les conseils qui vous permettront de répondre à vos questions. Mais il n’existe aucune motion catégorique sur le fait qu’une personne en guérison d’un trouble alimentaire doit arrêter totalement le sport. Après cela dépend de ce qu’on met derrière le mot « sport ». Mais la décision reste largement subjective. C’est pour cela que je recommande vivement d’être accompagné par une équipe de soignants spécialisée dans les troubles alimentaires. Ils sauront, en fonction de vos constantes (évolution du poids, rythme cardiaque) et de votre état actuel dans la maladie vous dire quelle attitude vous devez adopter vis à vis du sport.

Toutefois, la plupart des praticiens conseillent une période minimale de repos complet pour tout le monde. Comme une phase de sevrage pour pouvoir en second lieu travailler sur la diminution de l’hyperactivité. J’en parle dans le point suivant. Cependant, une minorité de médecins souligne le fait qu’interdire à une personne en phase de guérison tout exercice physique renforce inconsciemment le lien qu’elle fait entre sports et la prise de poids.

Le terrain d’entente qu’on peut alors trouver entre ces deux courants de pensée et qu’il est préférable d’avoir une période où l’activité intensive est complètement interrompue. Mais pendant ce temps, des sports beaucoup plus calmes comme la marche ou le yoga peuvent être pratiqués, mais ce, sur un laps de temps limité. Encore une fois, cela dépend de votre cas personnel et donc de l’avis de votre thérapeute.

Petite information utile : sachez que si vous êtes inscrit dans une salle de sport, vous pouvez demander à votre médecin de vous faire une attestation disant que vous devez arrêter de faire du sport pour raison médicale pendant une durée indéterminée. Cela vous permettra de rompre votre contrat et ainsi de ne plus payer une salle de sport pour rien.

Comment réduire l’hyperactivité ?

Le sevrage

Comme exprimé juste au-dessus, pour réduire votre hyperactivité, il est préférable de commencer par une période de sevrage. C’est-à-dire ne plus faire de sport de façon soutenue pendant une certaine phase. Cette durée pourra être déterminée par votre médecin. Si vous êtes hospitalisé, cette phase d’abstinence sera encadrée par votre équipe médicale. Si votre état de santé s’est déjà amélioré et que vous êtes en ambulatoire, alors je vous conseille de respecter cette période de sevrage en arrêtant toute activité intensive. Je ne vous dis pas de rester toute la journée assise dans votre canapé. Mais je vous invite à passer par des mouvements beaucoup plus doux et variés, tels que du yoga ou de la marche, mais aussi des activités récréatives comme la danse, le jardinage, l’artisanat, etc.

Pendant cette phase de sevrage, je vous incite à identifier les schémas de pensées que vous avez dans votre tête lorsque vous luttez contre votre hyperactivité. L’objectif de cette période va être de rompre le lien que vous avez fait entre votre alimentation, votre poids et l’exercice physique jusqu’à ce que votre obsession soit plus faible.

Travailler sur vos distorsions cognitives

Les schémas de pensées que vous aurez identifiés sont souvent des distorsions cognitives. C’est-à-dire que ce sont des schémas de pensées irrationnels. Je vous donne quelques exemples :

  • « Si je ne fais pas de sport, je vais prendre du poids ».
  • « Si je ne bouge pas dans ma journée, je n’aurai pas le droit de manger »
  • « Si je ne reste pas le maximum de temps debout, je n’aurais pas le droit de manger ce soir »
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Une fois que vous avez identifié les distorsions cognitives qui sont à l’origine de votre obsession pour l’exercice physique, je vous invite à travailler dessus avec un thérapeute. Cela fait partie d’une thérapie cognitivo-comportementale pour vous aider à changer votre façon de pensée et donc votre comportement.

Si vous n’êtes pas accompagné, vous pouvez commencer le travail en trouvant des preuves validant et invalidant votre pensée. Vous pouvez également essayer de reformuler votre distorsion cognitive en réfléchissant ce que vous diriez à un ami qui croit cela.

Voici un exemple employant la méthode des preuves :

  • « Si je ne fais pas de sport, je vais prendre du poids » -> avez-vous déjà vécu cela dans le passé ? Avez-vous déjà tenté de ne pas faire de sport pendant 1 semaine ? Avez-vous pris du poids ? »

Je vous propose une autre illustration en utilisant l’approche de ce que vous exprimeriez à un ami :

  • « Si je ne bouge pas dans ma journée, je n’aurai pas le droit de manger. » Peut-être diriez-vous à votre ami : « Si tu ne bouges pas dans ta journée, ton trouble alimentaire te fait croire que tu n’auras pas le droit de manger. Mais est-ce qu’on doit mériter de manger ? Non, c’est un besoin primaire de tout être humain. Tu as le droit de manger, même si tu t’es reposé. De plus, tu souffres d’un trouble alimentaire, tu as donc besoin de beaucoup de repos et de donner l’énergie dont ton corps a besoin ».

Si vous utilisez le sport pour « penser à autre chose », élaborez une liste d’activité qui peut remplir la même fonction. Par exemple : s’offrir un massage au spa, sortir au cinéma avec des amis, se plonger dans une bonne série ou un bouquin, s’occuper d’animaux, etc.

Utilisez un cahier d’activité

J’ai moi-même utilisé cette méthode pour réduire mon hyperactivité. Chaque fois que vous faites du sport, notez-le dans votre cahier d’activité. Inscrivez le type d’activité, le temps passé et si vous le faites par répétition, le nombre de répétitions réalisé. Essayez au fur et à mesure de diminuer soit le nombre de répétitions ou le nombre de minutes consacré. Par exemple, diminuez de 1 minute voire 30 secondes par jour. Ou alors, réduisez de 10 à 5 répétitions par jour. Cela vous permettra de voir votre évolution et de vous maintenir dans la bonne direction.

Pratiquez du sport avec d’autres personnes

Lorsqu’on est tout seul, on ne voit pas le temps passé, on peut laisser notre trouble alimentaire prendre le dessus et augmenter la durée et l’intensité de notre exercice sans même nous en apercevoir.

Le fait de pratiquer un sport avec une autre personne vous permet de rendre votre activité plus agréable. De plus, cette personne pourra également remarquer et vous dire si vous partez dans l’excès. Elle sera là pour tempérer votre activité et rendre vulnérable votre trouble alimentaire.

Découvrez de nouvelles activités

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on pratique souvent des sports cardio où l’on se dit qu’on doit être complètement à plat à la fin de notre séance.

Il est intéressant de découvrir d’autres activités plus ludiques et que vous appréciez faire, car cela vous plait, et non parce que ça permet de brûler un maximum de calories. Faites la liste des choses que vous aimeriez faire et essayez d’expérimenter une nouvelle activité chaque semaine. Par exemple : le patinage, la danse, le jardinage, la marche nordique, la piscine, etc.

C’est important de tester différentes activités pour savoir laquelle vous correspond.

Quand puis-je reprendre le sport ?

Tout d’abord, avant de recommencer le sport, vous devez avoir fait les exercices que je vous ai suggérés précédemment pour identifier toutes les préoccupations et distorsions cognitives que vous avez concernant le sport. Sinon, les mêmes schémas vont se répéter et vous risquez de rechuter.

De plus, la reprise du sport est une décision qui appartient à votre professionnel de santé qui vous suit. Vous ne trouverez pas la réponse dans cet article, je vous propose simplement des conseils et vous rapportent les informations que j’ai pu collecter à travers diverses lectures scientifiques. Mais en général, il y a trois éléments principaux à avoir avant de pouvoir reprendre une activité physique : un apport nutritionnel adéquat, une restauration du poids et un retour du cycle de reproduction. En effet, la présence ou non des menstruations est un bon indicateur prouvant que la santé de votre corps s’améliore. Cependant, cela ne veut pas dire qu’avoir ses règles signifie que tout va bien. Encore une fois, c’est un symptôme subjectif à chacun. Tout comme le retour des règles n’est pas un feu vert pour recommencer le sport. D’autres éléments sont à prendre en compte comme le poids et l’apport alimentaire.

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Certaines personnes vont refaire le même sport qu’ils pratiquaient lorsqu’ils étaient malades sans que les pensées malsaines reprennent le dessus. Cependant, cela peut être trop déclencheur des troubles obsessionnels et entraîner une rechute. Il est tout de même préférable de changer d’environnement et de débuter de nouvelles activités comme proposées au point 5 dans la partie précédente. Le mieux est de reprendre progressivement, en démarrant avec de courtes périodes de 10 à 15 minutes et des sports doux. N’oubliez pas de maintenir des jours de répit dans votre semaine et une nutrition adéquate à votre dépense. Même les plus grands athlètes s’autorisent du repos.

Mon expérience avec le sport

Je souhaitais vous faire part de ma propre expérience avec le sport durant mes troubles alimentaires. Lorsque j’étais anorexique, je pratiquais beaucoup de sport et j’étais hyperactive comme je vous l’ai expliqué plus haut.

Lorsque je suis arrivée à l’hôpital, j’ai été forcé au repos complet, car nous sommes en permanence surveillée et n’avons que très peu accès à notre chambre. Si vous voulez en savoir plus sur mon hospitalisation, je vous invite à lire l’article où je vous raconte tout.

Lorsque je me suis retrouvée à ne plus pouvoir faire de sport, ni même un minimum d’activité physique du jour au lendemain, je ne vous cache pas que cela a été très dur. Et puisque j’ai toujours été honnête avec vous, je vous avoue que je continuais d’en faire en secret dans ma chambre. Cela ne durait que 3 à 4 minutes, mais ça me permettait d’être rassurée. Au fur et à mesure de mon hospitalisation, j’ai diminué jusqu’à n’en faire qu’une minute par jour puis plus du tout. Lorsque je suis sortie de ma dernière hospitalisation, je n’ai pas recommencé le sport tout de suite. À la place, je pratiquais d’autres activités physiques beaucoup plus douces comme la marche. Mais après deux-trois mois, j’ai repris le sport « cardio ». L’anorexie me quittait peu à peu, mais le sport intensif était le seul outil pour l’anorexie de garder un pas dans ma vie. J’ai pris énormément de temps à arrêter le cardio dans l’objectif de maintenir un contrôle sur mon poids. Cela fait à présent huit mois aujourd’hui que je réalise des activités beaucoup plus variées. Je pratique 2 à 3 séances de sport par semaine en moyenne. Je fais de temps en temps du badminton, de ma danse, parfois je vais me balader. Je fais maintenant des activités qui me permettent de me sentir bien dans mon corps.

En conclusion, bien qu’il n’existe aucune règle indiquant que le sport est interdit durant la guérison d’un trouble alimentaire, c’est toute de même plus que fortement recommandé. Si cela est trop difficile pour vous, arrêtez au moins totalement le sport intensif et préférez des activités plus calmes et ludiques en attendant de retrouver un poids de santé.

Je sais bien que ce n’est clairement pas facile de diminuer son hyperactivité et son sport tandis que la société vous rabâche qu’il faut en faire pour vous maintenir en bonne santé. À peine vous vous connectez sur Instagram que vous voyez vos amis qui partagent leur séance de sport du jour. Mais rappelez-vous que les recommandations nutritionnelles et d’exercice par les organismes de la santé ne s’appliquent PAS aux personnes en guérison de l’anorexie. Pour permettre à votre corps de se remettre de cette longue période de restriction, votre corps a besoin d’un maximum de repos.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Hyperactivité, 8 commentaires
Comment aider votre enfant à sortir de l’anorexie ?

Comment aider votre enfant à sortir de l’anorexie ?

Comment aider votre enfant à sortir de l’anorexie ?

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Lorsque votre enfant a une grippe ou une gastro, vous savez quoi faire. Vous pouvez leur donner les médicaments adéquats qui leur permettront de guérir en quelques jours. En revanche, quand un enfant souffre d’un trouble alimentaire, les parents sont confrontés à une maladie beaucoup plus compliquée. Et malheureusement, il n’existe pas de médicament qui permet de faire passer l’anorexie, la boulimie ou encore l’orthorexie en quelques jours. Je me souviens que ma mère répétait souvent « j’aimerais tellement qu’on nous fournisse un manuel à suivre pour te faire guérir », mais non, ce n’est pas possible. Par contre, vous pouvez appliquer quelques conseils qui permettront à votre enfant de l’aider à cheminer vers la guérison. Dans cet article, je vous donne mes conseils quant aux choses à faire et à ne pas faire pour soutenir votre enfant souffrant d’un trouble alimentaire. Ce sont des conseils qui moi m’ont aidé lorsque j’étais anorexique. Toutefois, chaque enfant est différent. Mais ayant vécu et vaincu l’anorexie, mes conseils peuvent vous apporter une aide précieuse.

Ce qu’il faut faire

S'informer

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C’est vraiment la première chose à faire, se renseigner sur le trouble alimentaire de votre enfant. Si vous souhaitez comprendre ce qui se passe dans sa tête, vous devez en apprendre au maximum sur la maladie. Il existe de nombreux articles d’associations ou de sites spécialisés dans les troubles alimentaires qui vous apporteront les renseignements nécessaires. Vous le lirez certainement sur Internet, mais je me dois de souligner certaines des informations primordiales à comprendre :

Ce n’est pas que votre enfant ne veut pas manger, mais c’est qu’il ne le peut pas. En vous informant, vous apprendrez que manger pour votre enfant n’est pas seulement du dégout, un manque de volonté ou des maux de ventre. Non, c’est une véritable angoisse de manger. Une peur tellement puissante qui les empêche de le faire. Peut-être que pour vous c’est « juste » de la nourriture, mais vous n’avez pas de trouble alimentaire. Imaginez-vous que votre enfant a un parasite dans la tête qui lui dicte ce qu’il a le droit de manger ou non. Ce parasite lui met un pistolet sur la tempe et si votre enfant mange ce que son trouble lui interdit, alors le parasite appuiera sur la détente lui injectant un poison qu’on appelle la culpabilité. Et pour se débarrasser de cette culpabilité, votre enfant va passer par des actions douloureuses : la restriction, la purge, l’exercice physique en excès…

Parler avec lui

Parler avec votre enfant de son trouble alimentaire est important. Toutefois, ne sautez pas la première étape ! Ne commencez pas une conversation à propos de sa maladie si vous ne vous êtes pas familiarisé avec son trouble auparavant. Comment voulez-vous être empathique à propos de quelque chose que ne comprenez pas ?

Discuter avec votre enfant ne va pas être facile. Il va certainement être agressif, grossier et peut-être même le nier. Surtout, restez calme. Si vous tentez de lui parler pour lui crier dessus, le juger ou essayez de lui donner des arguments logiques lui prouvant que son attitude est absurde, il va se braquer. Votre enfant a déjà assez honte de sa maladie et culpabilise à propos de son comportement. Il est malade, il n’est pas responsable. Si votre enfant avait un cancer, cela vous paraîtrait évident de ne pas le blâmer à cause de son cancer. Pour l’anorexie, la boulimie, l’orthorexie, l’hyperphagie… C’est la même chose.

Lorsque vous dialoguerez avec lui, il n’est pas rare qu’il tente de vous rassurer. Il vous exprimera que lui n’est pas aussi malade que les autres et qu’il pourra s’en sortir seul. En fait, c’est la maladie qui parle à ce moment-là. Votre enfant vous dit cela pour avoir la paix. Je me souviens que pendant longtemps, je répétais constamment « non, ne t’inquiète pas, ça va, je remange déjà mieux, et d’ailleurs je reprends du poids ». C’était des mensonges. Continuez de discuter avec, n’abandonnez pas sous prétexte qu’il a l’air de maîtriser la situation. À ce moment-là, c’était la maladie qui vous a répondu, pas votre enfant.

Lorsque vous vous adressez à lui, utilisez le pronom « je » et pas « tu » pour commencer. Si vous entamez une phrase par « Tu », il se sentira jugez, accusez de quelque chose. Préférez « je m’inquiète pour toi, tu n’as pas l’air très bien en ce moment » plutôt que « tu as l’air d’être malheureux ».

Enfin, lorsque vous discutez avec lui, rappelez-lui sans cesse que vous l’aimez, peu importe son trouble alimentaire. Exprimez-lui combien vous êtes présent pour lui, que vous le soutenez, et que vous serez toujours là pour lui, que vous êtes à sa disposition pour parler. Dites-lui que vous savez faire la distinction entre son trouble alimentaire et lui-même, et qu’ainsi, vous ne le jugez pas. Dites-lui qu’il peut vous dire quand il se sent en difficulté par rapport à un repas, lorsqu’il se fait vomir, qu’il a sauté un repas. Déclarez-lui que vous voulez l’aider et que vous n’êtes pas là pour le gronder. Le fait que votre enfant vous « avoue » ses comportements compensatoires va aider à mettre en lumière son trouble alimentaire et donc le rendre plus faible. Son trouble alimentaire l’incite à se replier sur lui-même et à rester dans le silence.

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Soyez à son écoute

Ce point rejoint le précédent, mais soyez présent pour écouter votre enfant. Écoutez-le plutôt que de le juger et de lui souligner ses difficultés.

Demandez-lui de l’aide

Demandez à votre enfant comme vous pouvez l’aider. Je me souviens avoir dit à mes parents comment ils pouvaient me soutenir : en ne faisant aucun commentaire sur mon physique et sur mon alimentation, en me prévenant à l’avance des repas et invités présents, etc.

Tous les conseils que je vous donne dans cet article peuvent ne pas s’appliquer à votre enfant. Le mieux est d’en discuter avec lui et de lui demander ce qui lui convient, ce qui l’aide ou ce qui a l’inverse va lui mettre des bâtons dans les roues.

Montrez-lui que vous lui donnez de l’attention en dehors de son trouble alimentaire

Si votre enfant prend conscience que vous vous intéressez davantage à lui quand il a une difficulté face à un aliment, lorsqu’il saute un repas ou qu’il a perdu du poids… Il va associer son trouble alimentaire à l’attention que vous lui donnez. Ce qui rendra plus compliqué pour lui de quitter son trouble alimentaire et va même renforcer l’aspect positif de sa maladie.

Quand j’appelais ma mère au téléphone, on ne parlait que de mon trouble alimentaire. Lorsque j’étais sur le point de guérir, j’avais extrêmement peur de perdre l’attention de ma mère en guérissant de mon trouble alimentaire. C’est pourquoi je vous conseille également de poser des questions sur ses études, son travail, sur ses amis, sur les séries qu’il regarde, etc. Inconsciemment, votre enfant comprendra que vous l’aimez pour qui il est et pas pour son trouble alimentaire. Cela parait évident pour vous, mais ça ne l’est pas forcément pour lui.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

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  • Physique,
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  • Acceptation corporelle,
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...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Gardez un rythme de vie normal

Ce point rejoint le précédent. Garder un rythme de vie normal est l’idée qu’il ne faut pas que votre vie familiale tourne uniquement autour du trouble alimentaire de votre enfant. Continuez d’aller au cinéma, de rendre visite à votre famille et à vos amis, partez en voyage durant les vacances et les week-ends. Cela permettra par ailleurs de focaliser l’attention de votre enfant ailleurs que sur son corps et son alimentation. 

Trouvez du soutien pour vous

Vous allez affronter des épreuves difficiles tout au long du trouble alimentaire de votre enfant. Même si votre souffrance n’est pas la même que celle de votre enfant, elle est quand même présente. Vous devez tenir bon pour continuer d’épauler votre enfant jusqu’à la guérison totale. Pour cela, il est indispensable pour vous d’obtenir du soutien de la part des professionnels de la santé. Préférez des thérapeutes spécialisés dans les troubles alimentaires qui comprendront beaucoup mieux ce que vous traversez et sauront vous apporter des conseils adaptés. Ces professionnels vous donneront des conseils sur la conduite que vous devez tenir à la maison afin d’aider votre enfant.

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Au-delà des professionnels, vous pouvez également trouver des groupes de soutien pour partager ce que vous traversez avec d’autres parents vivant la même chose. Vous pouvez par exemple vous rapprocher d’une association ou de groupe de parents organisé par des services spécialisés en hôpital ou directement sur les réseaux sociaux, comme sur Facebook. Je me souviens que mes parents se rendaient une fois par mois à un groupe de parents, encadré par un psychiatre spécialisé, à l’hôpital où j’étais hospitalisée. Ma mère avait également contacté une association où une maman lui avait apporté son témoignage en tant que mère d’une ancienne anorexique qui s’en était sorti. Cela lui avait redonné de l’espoir et du courage.

Agissez en conséquence

Parfois, votre enfant se trouve dans un état de santé grave, rongé par son trouble alimentaire. La priorité sera alors de stabiliser sa santé physique en passant par une renutrition encadrée dans un service d’hôpital spécialisé. Si votre enfant est mineur, vous pourrez décider de cela conjointement avec les médecins. Mais c’est important d’en discuter avec votre enfant en soulignant qu’il a besoin de repos et en lui rappelant les terribles conséquences physiques que cause son trouble alimentaire sur sa santé. Rappelez à votre enfant que vous l’aimez et que vous ne faites pas cela pour le faire grossir, mais pour qu’il retrouve une bonne santé.

Toutefois, sachez quand même que l’hôpital est un premier pas vers la guérison, mais que votre enfant n’en ressortira pas guéri. Le chemin sera encore long après la sortie. Je vous invite à lire mes deux articles sur ce sujet : celui sur mes propres hospitalisations et celui expliquant toutes les informations nécessaires concernant l’hospitalisation dans un service de trouble du comportement alimentaire.

Montrez-vous impliqué dans son processus de guérison

Pour moi, cela a été très important de voir que mes parents étaient impliqués dans mon processus de guérison : en s’informant sur le sujet, en regardant des films ou reportages sur l’anorexie, en participant aux groupes de soutien de l’hôpital, etc.

Je me souviens également que lorsque je suis sortie de l’hôpital, j’avais un plan alimentaire à respecter. Je me rappelle me sentir coupable quand je prenais moi-même la décision de manger ma collation de 16 h sans que personne ne me le remémore. Et d’ailleurs, souvent je testais l’attention de mes parents en ne prenant pas mon goûter pour voir s’ils allaient s’en apercevoir. Je vous conseille donc de lui rappeler de façon implicite de suivre son plan alimentaire, par exemple : « Tiens, on prend le goûter ensemble ? » ou « Il est encore l’heure de prendre le goûter non ? ». Vous allez très certainement vous prendre des réflexions méchantes en pleine face. Mais à ce moment-là, ce sera sa maladie qui vous répondra. Mais au fond, votre enfant verra que vous êtes impliqué dans sa guérison et que vous avez conscience de l’importance de son plan alimentaire.

Toutefois, discutez-en avec votre enfant. Si ce genre de remarque le met plus en difficulté qu’autre chose, alors ne le faites pas. Tant qu’il suit bien son plan alimentaire.

Toujours y croire

N’abandonnez jamais ! Croyez toujours en la guérison de votre enfant ! La guérison totale est possible. Soyez positif et montrez que vous croyez en votre enfant. Cela le motivera de savoir que vous y croyez.

Soulignez le courage de votre enfant et sa force qui lui permettra de vaincre ses troubles alimentaires. Lorsqu’il traverse une difficulté ou qu’il fait face à un échec, dites-lui que les échecs font partie de la guérison et que c’est en tombant qu’on se relève encore mieux.

Ce qu’il ne faut pas faire

Ne punissez pas votre enfant

Vraiment, s’il y a bien une chose à ne pas faire c’est de sanctionner son enfant à cause de son trouble alimentaire. C’est comme punir un enfant parce qu’il a du mal à respirer à cause de sa mucoviscidose. Ça n’a aucun sens !

Ne blâmez pas votre enfant, ne le jugez pas. Sachez une fois de plus faire la différence entre votre enfant et son trouble alimentaire. Il peut arriver que son comportement vous exaspère. Mais ce n’est pas en le culpabilisant ou en lui faisant honte que vous l’aiderez à guérir. Au contraire ! Votre enfant ne doit pas avoir l’impression qu’il est malade par sa faute. Cela engendrerait une plus grande culpabilité en lui et aggraverait son trouble alimentaire.

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Votre enfant est grossier ? Il vous ignore ? Il n’applique pas ce que vous lui demandez de manger ? Il n’arrête pas de faire du sport malgré votre interdiction ? Ce n’est pas un enfant en pleine crise d’adolescence. Non, c’est juste un enfant qui souffre. Il a plus besoin de compassion et de réconfort que de jugement.

Ne vous culpabilisez pas

Ne gâchez pas toute votre énergie à découvrir si vous êtes le responsable de son trouble alimentaire. Il n’y a bien souvent pas un coupable ou une seule cause à un trouble alimentaire. C’est généralement dû à un ensemble de facteurs qui ont amené le trouble à s’installer chez votre enfant.

Ne gaspillez pas votre temps à savoir si vous avez provoqué ce trouble alimentaire. Utilisez plutôt votre temps et votre énergie pour la guérison de votre enfant : en contactant des services de soins, des spécialistes qui sauront vous aider, en vous renseignant, en écoutant et en soutenant votre enfant.

Ne faites aucun commentaire sur la nourriture

Ne faites aucune remarque sur la nourriture. Que ce soit ce que votre enfant mange, ce que vous mangez ou sur l’alimentation en général. Même si c’est pour féliciter votre enfant qui a mangé un des aliments qui lui fait peur. Évitez tout commentaire sur l’alimentation, c’est tout. Je vous invite d’ailleurs à regarder mon article indiquant toutes les phrases à ne surtout pas dire à une personne souffrant d’anorexie.

Faites vraiment attention aux mots que vous choisissez lorsqu’il s’agit de parler d’alimentation. Discutez-en également avec les autres membres de la famille pour qu’ils soient vigilants quant à leur langage. Ne dites pas « bon ce soir, c’est un gros repas » pour faire référence à un gratin ou une pizza. Ne déclarez pas non plus « Demain on mangera plus léger, car aujourd’hui c’était des gros repas ».

Et surtout, ne faites pas de régime ! Il n’y a rien de plus éprouvant pour une personne luttant contre un trouble alimentaire que de voir sa mère, sa sœur ou son frère faire un régime à côté de lui. Ne mangez pas de produits 0 %, d’aliment hypocalorique à côté de lui. Vous n’imaginez pas à quel point ce genre de comportement amène une difficulté considérable pour votre enfant.

Concentrez-vous sur vos propres croyances alimentaires et arrêtez dès maintenant d’étiqueter des aliments de « bon » ou « mauvais ». Si vous-même vous pensez que manger des frites ou une part de gâteau de temps en temps est mauvais, votre enfant aura inculqué cela également… Si pour vous avoir une alimentation saine et équilibrée c’est se nourrir de légume et de fruit, votre enfant adoptera pareillement ces habitudes alimentaires… N’utilisez pas non plus la nourriture comme récompense. Par exemple, ne dites pas « ce soir, j’ai le droit de manger de la glace vu la séance de sport que j’ai fait aujourd’hui ». Inconsciemment, vous suggérez l’idée que pour se faire plaisir, il faut le mériter. Non, tout le monde a le droit de se faire plaisir. Même si vous n’avez pas fait de sport ou que vous avez déjà mangé de la pizza il y a deux jours.

Ne commentez pas non plus l’apparence physique

Il en va de même pour le physique, ne faites aucun commentaire à ce sujet : ni sur le physique de votre enfant, ni sur le vôtre, ni sur personne d’autre. Pour résumer, deux sujets sont à éviter : l’alimentation et le physique. 

Même si vous avez envie de faire un compliment à votre enfant pour lui dire qu’il est beau, s’il est très mince, il associera maigreur avec beauté. Ne lui déclarez pas non plus « tu es beaucoup plus joli maintenant » s’il a repris du poids. Dans sa tête, il entendra « tu es beaucoup plus gros maintenant », quand bien même ce n’était absolument pas ce que vous exprimiez.

Ne dites pas non plus que vous vous sentez trop grosse ou que vous trouvez une personne trop grosse. Votre enfant va systématiquement se comparer et se verra toujours plus gros.

Ne vous focalisez pas sur son poids

Certains parents ont besoin de voir le poids de leur enfant augmenter pour se rassurer et se dire que son enfant est sur le bon chemin. Et bien non, le poids n’est absolument pas synonyme de guérison. Votre enfant peut avoir un poids et un IMC tout à fait correct et pour autant souffrir de trouble alimentaire mental sévère.

Ne lui mettez pas de pression pour qu’il gagne des kilos. La guérison se fait pas à pas par l’alimentation, mais aussi et surtout par le psychique. C’est important que votre enfant avance sur les problématiques qui l’ont amené à tomber dans l’anorexie, la boulimie ou l’hyperphagie.

Je parle du poids, mais cela s’applique également aux nombres de calories avalés. Ne calculez pas les calories que votre enfant mange, ni les grammes qu’il a dans son assiette. Ne vous focalisez pas sur les chiffres, mais plutôt sur l’évolution dans la durée, les petits progrès qu’il réalise dans le temps.

Ne lui mettez pas de pression vis-à-vis de ses études

Quand bien même cette année il doit passer le brevet, le bac ou tout autre examen, sa santé passe en priorité ! Ma mère a eu beaucoup de mal à ce que j’arrête mes études pour entrer à l’hôpital. Mais c’était juste nécessaire ! Et aujourd’hui, elle est plus que contente que j’aie pris cette décision. Cela m’a permis de me concentrer pleinement sur ma guérison. J’ai repris mes études un an après et aujourd’hui je suis diplômée d’un Master en marketing d’une grande école de commerce.

Au plus tôt son trouble alimentaire sera traité, au mieux c’est. Ses études, il pourra les terminer plus tard. Sans la santé, il ne pourra pas aller bien loin dans sa vie professionnelle… Surtout que généralement, les personnes souffrant de trouble alimentaire ont ce besoin de tout faire dans la perfection et se mettent déjà elles-mêmes la pression. Donc pas la peine d’en rajouter.

Limitez les déclencheurs de l’anorexie

Réduisez au maximum tout ce qui peut déclencher une pensée anorexique du style « je suis trop grosse » « je dois me restreindre » « je dois faire plus de sport », etc.

Pour cela, ne gardez pas de magazine « santé » à la maison prônant une alimentation saine à base de jus détox et d’eau. Évitez également tous les magazines abordant les sujets de sport ou avec des photos de mannequins.

Les personnes souffrant de troubles alimentaires utilisent énormément internet pour se documenter elles-mêmes sur leur trouble alimentaire. Mais parfois, ils utilisent internet à mauvais escient en parcourant des sites « proana » (pour l’anorexie) ou « promia » (pour la boulimie). Si votre enfant est mineur, n’hésitez pas à mettre un contrôle parental interdisant l’accès à ce genre de site internet.

Ensuite, supprimez tous les aliments « 0 % » ou « faible calorie » à la maison. À moins que ce ne soit les aliments que lui consomme et qu’il accepte de manger.

Enfin, enlevez de la vue également tous les outils d’exercice physique tels que des altères, des cordes à sauter, etc.

Ne l’ignorez pas

Ne l’ignorez pas en tentant de créer un électrochoc chez votre enfant. Ce n’est pas en le rejetant parce qu’il a un trouble alimentaire qu’il le stoppera. Il ne peut pas l’arrêter comme ça. C’est une maladie. Un enfant atteint d’un cancer ne peut pas décider du moment où il le cessera. Un enfant souffrant de boulimie, d’orthorexie, d’anorexie, d’hyperphagie… c’est la même chose ! Votre enfant a plus que besoin de vous, même s’il vous dit le contraire.

Conseils à appliquer pendant les repas

Les repas sont des moments particulièrement compliqués à gérer pour votre enfant, mais également pour vous. Voici quelques conseils pour que cette épreuve se passe au mieux. Si votre enfant est suivi par des professionnels, n’hésitez pas à directement leur demander des conseils pour faire face aux heures de repas.

Créer un cadre rassurant

Mangez à heure régulière et maintenez une atmosphère positive. Parlez de différents sujets de conversation, mais attention, qui n’ont aucun rapport avec l’alimentation et le physique. Convenez avec tous les membres de la famille qu’aucune remarque ne sera faite sur l’alimentation et le physique, notamment sur la quantité que votre enfant mange ou sur sa façon de se nourrir. N’abordez pas non plus la teneur en calorie ou en matière grasse de votre repas. Votre enfant risque tout simplement de s’arrêter de manger ou de vomir après son repas tant la culpabilité sera forte face à ce genre de discours.

Interrogez votre enfant s’il souhaite savoir à l’avance ce qu’il mangera au repas. Pour ma part, je demandais toujours la veille ce que ma mère allait cuisiner pour le lendemain. Cela lui imposait un peu d’organisation, mais parallèlement ça m’aidait à me préparer à affronter éventuellement certaines de mes peurs alimentaires.

Vous pouvez également demander à votre enfant s’il préfère que vous vous occupiez de tout : planifier les repas, les cuisiner vous-mêmes et choisir ce que votre enfant mangera. Cela dépend de chacun, mais je sais que certains patients préfèrent ne rien gérer et que ce soit leurs parents qui s’occupent de prendre les décisions liées à leur alimentation. Pour ma part, ce fut le cas très peu de temps. Par la suite, j’avais besoin de choisir moi-même ce que je cuisinais et ce que je mangeais. Puis, au plus je me rapprochais de la guérison, au plus je laissais ma mère décider ce qu’on mangeait. Je vous invite vraiment à en discuter avec votre enfant.

Ne faites pas de régime devant eux

Comme dit précédemment, ne mangez pas d’aliment 0 % ou diététique devant eux. Cela les mettra en difficulté.

Ne le regardez pas

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on est persuadé que tout le monde nous observe. Pour ne pas renforcer sa fausse croyance, ne regardez pas son assiette ou ses TOC alimentaires. Concentrez-vous sur votre repas et abordez des sujets de conversation qui changent les idées.

Prévoyez une activité post-repas

Prévoyez une activité familiale après le repas comme regarder un film ensemble, faire un jeu de société ou discuter en famille. Cela permettra à votre enfant de se changer les idées et de ne pas écouter la voix de la culpabilité. Cela pourra également le dissuader d’aller se faire vomir.

Après le repas, n’hésitez pas à rassurer votre enfant s’il ressent des sensations désagréables comme des maux de ventre ou des nausées. Ce sont tout simplement des symptômes de la guérison qui sont normaux et qui se dissiperont au fur et à mesure. J’en parle dans mon article sur la peur de grossir trop vite.

Ne le forcez pas à manger

Vous êtes son parent, vous êtes là pour le soutenir, mais pas pour le forcer à manger. Je me souviens que c’était assez frustrant pour ma mère qui savait qu’à l’hôpital je me nourrissais convenablement avec les infirmières, mais qu’à la maison je n’en faisais qu’à ma tête et que je n’avalais rien. Mais c’est tout simplement parce qu’une infirmière n’est pas ma mère. Elle a un rôle neutre. Alors oui, j’écoutais plus facilement une infirmière que ma mère quand elle me demandait de manger. Mais ne forcez pas votre enfant à manger en lui disant qu’il ne sortira pas de table tant qu’il n’a pas terminé son assiette. Cela va faire pire que mieux en créant un véritable blocage et des tensions au sein de votre famille.

Ne désespérez pas

Ce n’est pas parce qu’un repas s’est mal passé que votre enfant ne s’en sortira jamais. Tout comme ce n’est pas parce que votre enfant a bien mangé aujourd’hui que demain il réussira tout autant. Non, il y a des jours avec et des jours sans. Ça ne sert à rien de lui dire « hier, tu arrivais à manger plus de féculents. Comment ça se fait que tu n’en manges pas plus aujourd’hui ? » Laissez-lui du temps. La guérison est très lente et prend du temps.

N’oubliez pas vos autres enfants

Dans certains cas, le trouble alimentaire de votre enfant vous préoccupe tellement que vous en oubliez vos autres enfants. Les frères et sœurs deviennent parfois des victimes indirectes du trouble alimentaire de votre enfant. Le petit frère ou la grande sœur peut se dire « tiens, elle concentre toute l’attention des parents sur elle avec son trouble alimentaire ». Ainsi, les frères et sœurs peuvent se mettre à adopter des comportements nocifs pour eux-mêmes pour tenter d’avoir plus de votre attention.

Je sais bien que ce n’est pas facile, mais vous devez penser pareillement à vos autres enfants. Demandez-leur comment ils vivent la situation, mais également comment ils vont, ce qu’ils font de leur journée, comment se passe leur étude, etc. Partagez des moments privilégiés avec chacun d’entre eux.

Un trouble alimentaire est difficile à gérer au sein d’une famille. C’est pourquoi, une fois de plus, c’est important d’avoir un suivi avec des professionnels de la santé. Ces derniers peuvent organiser des entretiens familiaux permettant de comprendre le rôle de chacun et comment chaque membre de la famille vit la maladie de votre enfant. Le thérapeute est là pour expliquer à chacun le trouble alimentaire de votre enfant et pour vous donner des conseils sur comment gérer cela en famille.

Soyez solidaire avec votre conjoint

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On n’est jamais préparé face à l’apparition d’un trouble alimentaire chez son enfant. Mais c’est une épreuve difficile que les deux parents doivent traverser ensemble. C’est essentiel, pour l’enfant, que les deux parents s’impliquent dans sa guérison. Même si les parents sont divorcés, la mère comme le père doivent comprendre la maladie et aider son enfant à la surmonter.

Discutez ensemble des décisions que vous prenez vis-à-vis de votre enfant, notamment pour ses soins.

C’est également important d’avoir quelqu’un qui vit une expérience identique que vous pour partager vos émotions, vos ressentis, etc.

Pour conclure, rappelez-vous que votre enfant ne guérira pas en une journée, ni en une semaine, ni même en un mois. Cela prend du temps. C’est pas à pas, petit à petit que votre enfant va cheminer vers la guérison. Il ne sera d’ailleurs pas rare qu’il connaisse des rechutes. Mais cela n’est pas négatif pour autant. C’est en tombant qu’on apprend à marcher.

N’essayez pas de guérir votre enfant à sa place. Le choix de la guérison doit venir de lui-même. Vous pouvez toutefois continuer de lui parler des possibilités de soin qui s’offrent à lui, rechercher des professionnels pour lui. Mais vous ne pourrez pas lui forcer la main. 

Je sais que vous traversez une épreuve difficile, que vous vous sentez impuissant, frustré de ne pas réussir à guérir votre enfant. Mais vous n’êtes pas thérapeute. Vous êtes sa mère ou son père. Et votre rôle est de le soutenir pendant cette période et de maintenir un environnement propice à sa guérison.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Parents, 0 commentaire
Guérison de l’anorexie : je n’arrive pas à reprendre du poids

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Il m’est déjà arrivé d’entendre que certaines patientes anorexiques en guérison ne parvenaient pas à reprendre du poids. Sachez au préalable une première chose, c’est que chaque guérison est différente. Ce n’est pas parce que j’ai repris très vite du poids avec mes compulsions alimentaires que ce sera la même chose pour vous. Autre chose, c’est que la reprise de poids peut être très longue. Cela peut s’étaler sur des semaines comme sur des mois. Dans cet article, je vous explique pourquoi cette reprise de poids peut être lente et comment y palier.

Votre corps a besoin d’un apport supérieur à la recommandation journalière

Les recommandations journalières sont de 1800 calories pour une femme et de 2000 calories pour un homme. Cependant, lorsque vous avez connu un trouble alimentaire, et notamment une période de restriction, vos besoins journaliers sont supérieurs. En effet, une personne anorexique qui souhaite reprendre du poids nécessite minimum 3000 calories. Et ce chiffre peut aller jusqu’à 5000 calories par jour.

Mais pourquoi votre corps a tant besoin d’apports ? Tout simplement, car quand vous étiez en restriction, votre corps a commencé à tourner au ralenti et a uniquement maintenu les fonctions indispensables à sa survie. Ainsi, certaines hormones ne sont plus produites, votre masse musculaire a fondu, vos organes ne sont plus en pleine puissance. Lorsque vous vous remettez à vous nourrir, votre corps va exploiter l’énergie que vous lui donnez pour le mettre à contribution de tout ce qu’il a arrêté pendant la restriction : reconstitution de cellule, des tissus, de la masse musculaire, réparation des organes, renutrition de la peau et des cheveux, etc. Après avoir restauré tous les dommages créés par la restriction, votre corps pourra utiliser l’énergie qui lui reste pour favoriser la reprise de poids. Ainsi, peut-être que si vous ne prenez pas de poids, c’est tout simplement parce que vous ne mangez pas assez pour votre cas.

Au début de la renutrition, les hormones qui se chargent de la construction de la graisse corporelle demeurent encore inefficaces. Votre organisme s’occupe des fonctions essentielles à votre survie dans un premier temps. Alors, pour récupérer de la graisse corporelle et par conséquent accélérer la prise de poids, il faut laisser du temps à votre corps et continuer de lui donner des apports suffisants chaque jour.

Je sais que cela peut être difficile, car vous allez devoir manger plus que les personnes qui vous entourent. Mais dites-vous bien que ces personnes n’ont pas souffert d’une restriction et n’ont donc pas les mêmes besoins que vous.

De plus, vous allez devoir manger en dépit du fait que vous avez l’impression d’être rassasié et malgré des inconforts physiques. En effet, votre estomac et tout votre appareil digestif ne sont plus habitués à recevoir une quantité de nourriture « normale ». De ce fait, vous allez ressentir des maux de ventre, des crampes d’estomac, des diarrhées et/ou constipations. Ces symptômes sont dus au fait que votre système de digestion tente de s’adapter tant bien que mal aux nouvelles quantités. Ce sont tous des inconforts qui se dissiperont petit à petit à mesure que vous maintiendrez la renutrition de façon permanente.

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Attention au syndrome de renutrition !

Je vous parlais juste au-dessus d’adopter une ration calorique plus conséquente. Attention toutefois à y aller en douceur. Ne passez pas à une ration à 3000 calories si la veille vous n’en mangiez que 200. Il est essentiel d’y aller en douceur pour éviter un syndrome de renutrition. Je ferai un article dédié à ce sujet. En attendant, retenez qu’il s’agit d’un ensemble de complications métaboliques lié à la réintroduction trop rapide d’apport énergétique important.

Le mieux est d’être accompagné par des professionnels de la santé, notamment spécialistes dans les troubles alimentaires, qui sauront vous guider. Me concernant, j’ai moi-même fait un syndrome de renutrition qui s’est manifesté par une occlusion intestinale. Pendant 48 heures, je n’ai rien pu avaler le temps que les urgences gèrent l’occlusion. Ensuite, j’ai été nourri par sonde avec seulement 200 calories par jour. Puis petit à petit, en fonction de mes résultats cliniques, j’ai majoré de jour en jour ma ration pour atteindre une ration à 1800 calories minimum.

Comment augmenter sa ration calorique ?

Pour une prise de poids continue, c’est important d’augmenter les besoins énergétiques fréquemment : tous les jours à tous les trois jours. Cela pour éviter de créer une stagnation de poids qui ralentirait votre courbe, voire la casserait.

Ce n’est pas évident de manger 4000 calories dans la journée. Je vous conseille donc de manger tous les 2 ou 3 heures. C’est peut-être plus simple pour vous de manger peu, mais régulièrement.

Attention, prendre 3000 à 5000 calories dans la journée ne veut pas dire manger exclusivement des burgers, de la glace, des kebabs, de la pizza et des chips matin, midi et soir. Non, il est essentiel d’avoir une alimentation équilibrée. J’entends par là une alimentation qui inclut toutes les catégories d’aliments. Introduisez toujours de la pizza, de la glace, des burgers… quand vous en avez envie ! C’est important de se faire plaisir ! Mais tentez de reprendre une alimentation équilibrée chaque jour avec des féculents, des protéines et des légumes. Attention à ne pas faire non plus l’inverse. Cela ne sert à rien de manger une ration de 3000 calories en comblant vos assiettes uniquement avec des fruits et des légumes. Vous aurez toujours des carences et votre corps ne pourra pas faire fonctionner normalement votre organisme. Le mieux est d’être suivi par une diététicienne spécialisée dans les troubles alimentaires qui pourrait vous faire un plan.

À l’hôpital, nous augmentions petit à petit la ration calorique en ajoutant une cuillère à soupe de féculent le midi et le soir, une tartine en plus le matin, une tartine en plus au goûter, un yaourt avec un fruit en plus au midi, puis au goûter, et enfin au soir. Me concernant, l’ajout d’un fruit en plus à chaque repas, d’un yaourt et d’une tartine était le plus simple pour moi. Peut-être que pour vous, c’est plus simple d’augmenter votre ration en augmentant votre apport en féculent, ou en rajoutant une sucrerie à la fin de chacun de vos repas. Vous devez vous adapter en fonction de ce que vous aimez.

L’important est quand même d’allier une aide thérapeutique à votre réalimentation. Tout d’abord pour contrôler que votre corps accepte bien la réalimentation. Ensuite, pour travailler sur toutes les angoisses que vous rencontrez durant cette reprise de poids. Enfin, pour travailler sur les causes de votre trouble alimentaire. Je suis intimement persuadée qu’il est déterminant de régler les raisons du problème plutôt que la conséquence, en l’occurrence ici l’alimentation. Si aucun travail psychologique n’est entrepris sur les facteurs qui vous ont amené à tomber dans ce trouble alimentaire, alors le risque de rechute est d’autant plus élevé.

Renverser le mécanisme de perte de poids

Cela faisait peut-être des mois voire des années que vous étiez plongés dans la restriction. Votre état d’esprit était donc en mode « perte de poids ». Lorsque vous vous mettez à vous nourrir, votre état d’esprit doit basculer vers « reprise de poids ». Votre crainte, parfois inconsciente, de regagner du poids génère un stress accru en vous demandant un apport calorique bien plus élevé. Peut-être qu’inconsciemment, vous avez un blocage lié à d’autres angoisses sous-jacentes : la peur de grossir indéfiniment, la peur de perdre son identité en abandonnant son trouble alimentaire, la peur de perdre l’attention des autres. Ce sont des peurs que j’aborde dans mon autre article Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite. Ce sont des peurs sur lesquelles vous devez travailler avec un thérapeute pour être prête pour la reprise de poids, et plus globalement pour votre guérison.

Reposez-vous

Vous devez vous reposer. C’est primordial de minimiser les efforts physiques pour une personne dénutrie. Rien que le fait de rester debout va consommer de l’énergie chez un corps affamé.

Je suis presque certaine que dans votre tête vous vous dites que vous n’avez pas besoin d’autant de calories avec autant de repos pour reprendre du poids. Moi non plus je n’y croyais pas. Les médecins me disaient que comme mon corps était dénutri, si je ne faisais rien qu’un peu d’exercice physique, je perdrais du poids. Je n’y croyais pas jusqu’à ce que ça m’arrive. J’étais à l’hôpital depuis plus d’un mois. Je ne bougeais presque plus et j’avais une ration à 2200 calories par jour. Un après-midi, j’ai eu une permission pour prendre la collation avec mes parents chez moi. Je suis donc rentrée chez moi et nous avons simplement fait le tour du jardin. À la pesée du lundi, j’avais perdu 600 grammes…

Le repos est votre alliée pour la guérison. Cela ne sert à rien de manger une ration à 3000 calories si vous faites 2 heures de sport par jour. Vous pouvez bien évidemment prendre l’air, ou pratiquer des exercices très doux comme le yoga. Mais encore une fois, il est préférable de demander l’avis de votre médecin quant à la pratique du sport durant la guérison.

Peut-être que vous êtes pressé(e) de regagner du poids pour pouvoir enfin vous débarrasser de votre trouble alimentaire. Mais ce n’est pas simplement en récupérant du poids que vous serez guérie. Non, c’est un élément essentiel, mais ce n’est pas l’unique étape permettant la guérison. C’est important de comprendre les causes de votre trouble alimentaire et de travailler dessus pour en sortir totalement.

Soyez patient, laissez-vous du temps. N’allez pas trop vite au risque de rechuter. Prenez le temps de travailler sur chaque difficulté que vous rencontrez. Exprimez vos peurs, vos craintes. C’est normal d’en avoir durant le processus de guérison. Il ne sert à rien de poser un mouchoir au-dessus et d’avancer aveuglément. La guérison se fait étape par étape. « Petit à petit, l’oiseau fait son nid ». J’aime beaucoup cette citation. C’est une infirmière de l’hôpital qui me la répétait souvent. Et cela résume bien le processus de guérison.

Si vous parvenez à regagner du poids et que vous êtes envahi par la peur de grossir, n’hésitez pas à consulter mon autre article sur la même thématique : Guérison anorexie : je grossis trop vite.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Peur du poids, 4 commentaires
Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite

Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite

Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite

« Help! Je grossis trop vite ! » Je me souviens avoir recherché cela sur Internet lorsque j’ai commencé à reprendre du poids pendant ma guérison. Je voyais mon poids augmenter et j’avais peur. J’aurais tant voulu qu’on me dise ce que je m’apprête à vous écrire dans cet article. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de le rédiger ! Après avoir lu cet article, vous aurez compris à quoi correspond le poids que vous regagnez, les peurs sous-jacentes à votre crainte de grossir, et comment faire pour gérer la prise de poids durant la guérison des troubles alimentaires sans rechuter dans la restriction ou les comportements compensatoires. Cet article s’adresse essentiellement aux personnes anorexiques, mais peut également concerner les boulimiques.

La prise de poids : un élément essentiel de la guérison

Personne n’a envie de reprendre du poids, mais c’est pourtant inévitable si vous souhaitez guérir de l’anorexie. Je sais que c’est effrayant et difficile. Je suis passée par là. Moi aussi je voulais guérir sans reprendre de poids. Mais ce n’est pas possible, bien que ce ne soit pas uniquement en regagnant du poids que l’on guérit, c’est un élément essentiel.

Sachez toutefois que vous ne prenez pas du poids. Vous reprenez du poids. Un poids qu’initialement vous n’auriez pas dû perdre. Dans le processus de guérison, la reprise de poids correspond à l’atteinte d’un poids santé sur le long terme. C’est-à-dire un poids qui permettra à votre corps de maintenir toutes les fonctions de votre organisme, en répondant aux besoins de chaque organe et muscle.

La reprise de poids est difficile, car elle implique un changement physique, mental et alimentaire. Physiquement, vous devrez vous préparer à voir votre corps démaigrir, retrouver des formes. Mentalement, il faudra modifier vos schémas de pensée et ne plus agir pour la perte de poids, mais plutôt pour votre guérison. Dans votre alimentation, vous allez devoir inclure de nouvelles catégories d’aliments que vous vous interdisiez jusque-là, tout en augmentant les quantités.

Votre reprise de poids va engendrer des émotions négatives et cela est tout à fait normal. Il n’est pas rare que vous ressentiez de grandes angoisses à la vue du chiffre de la balance qui se rapproche de votre poids santé. Certaines patientes tombent également dans la dépression pendant cette période. D’où l’importance accrue d’être accompagné par des professionnels de la santé. Je sais que ce n’est pas toujours possible, mais c’est essentiel de trouver des thérapeutes spécialisés dans les troubles alimentaires. Cela vous permettra de recevoir des conseils avisés tirés de leur connaissance et de leur expérience avec votre pathologie. En obtenant un traitement adéquat, vous éviterez également la rechute.

Enfin, sachez que les fluctuations de poids ne sont pas significatives sur une journée. Je vous recommande tout simplement de vous peser une seule fois par semaine pour vous assurer que votre poids augmente bien et ne diminue pas. Pour ma part, je ne me pesais plus. Je laissais les médecins le faire quand je les voyais, soit une fois par semaine. 

Comprendre la prise de poids 

L’explication qui va suivre est importante à comprendre lorsque vous êtes en reprise de poids dans votre processus de guérison. En sachant cela, vous pourrez vous y préparer avance que cela n’arrive et ainsi prévenir les rechutes.

Lorsque vous étiez en restriction, votre corps a limité ses fonctions à celles qui étaient essentielles à votre survie. Tout votre organisme s’est mis à tourner au ralenti. Tous vos organes, muscles, tissus se sont détériorés. Vous avez donc besoin de beaucoup d’énergie pour venir réparer et remettre en route tout ce qui était en état de veille. Cela me fait penser à ma voiture. Lorsque je ne l’ai pas utilisé pendant longtemps, elle ne démarre plus. Mon père est obligé de la recharger pendant toute une nuit pour lui donner suffisamment de batteries pour qu’elle puisse redémarrer. La voiture, c’est votre corps. Et la recharge de la batterie, pour votre corps, passe par une augmentation de l’énergie que vous allez lui donner. Soit, par une alimentation plus importante et du repos.

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Lorsque cette « réparation » débute, la première réaction de votre corps va être de créer un œdème. Cela correspond à une rétention d’eau qui va donner des gonflements autour des chevilles, des pieds et même des yeux. C’est très difficile à accepter de voir son corps gonflé et flasque. Mais ce n’est que de l’eau ! Ne vous inquiétez pas, votre corps ne va pas stocker de la graisse d’un seul coup. Il doit d’abord utiliser toute l’énergie que vous lui fournissez pour reconstituer tous les dommages causés par l’anorexie. La rétention hydrique va s’estomper avec le temps avec une réalimentation progressive et continue.

Par ailleurs, tout le monde ne connaîtra pas forcément des œdèmes. Pour ma part, j’en ai eu que très peu, pendant 3 ou 4 jours et uniquement aux pieds. Mais à l’hôpital, j’ai vu des filles en avoir aux jambes durant 15 jours à 3 semaines. Mais cela s’est estompé avec le temps. Je vous conseille de mettre vos pieds en l’air, de surélever vos jambes lorsque vous dormez par exemple avec un oreiller.

Donc l’une des premières causes de l’augmentation de votre poids est la rétention d’eau. Et cela peut être assez effrayant, car très rapidement, vous allez peut-être apercevoir +1 kilo sur la balance en seulement 2 jours. Me concernant, cela m’est arrivé dans mes premiers jours à l’hôpital : +1,8 kilo en 3 jours. J’en étais malade ! Je me disais que je grossissais bien trop vite. Mais la semaine d’après, je n’avais pris que 100 grammes. Rassurez-vous, les prises de poids précipitées et disproportionnées sont fréquentes dans les premiers jours de renutrition. Mais rappelez-vous bien que ce n’est pas de la graisse.

Quand votre corps était en mode « famine », son métabolisme s’est mis à tourner au ralenti. Ainsi, lorsque vous vous remettez à vous nourrir, l’énergie que vous fournissez à votre corps va être consacrée à la création des muscles, à la réparation des organes et tissus abîmés. Les hormones qui se chargent de l’élaboration de la graisse corporelle restent encore inefficaces à ce stade. Donc une fois de plus, le poids que vous récupérez au début vous fait peur et c’est normal. Mais soyez rassuré, c’est du poids nécessaire à votre survie : le poids de vos organes qui reprennent une taille normale, le poids de l’eau, le poids de vos muscles en construction, etc.

Maintenant, vous allez me dire : mais si mon métabolisme est ralenti, alors je vais grossir si je continue à manger plus ? Non ! À mesure que vous mangez de plus en plus, votre métabolisme va se réveiller et s’accélérer par la quantité absorbée. Au plus vous allez manger, au plus votre métabolisme va s’activer. Donc pas de panique, votre métabolisme ne va pas rester en mode « ralenti ».

Le ralentissement métabolique entraîne également un affaiblissement de la digestion. Même si vous n’en avez pas l’impression, vos organes digestifs ont moins de force. Alors qu’elle prend environ 1 heure et 30minutes chez une personne en bonne santé, la nourriture est digérée en 4 à 5 heures chez une personne affamée. C’est ainsi que vous pouvez ressentir des maux de ventre, des ballonnements, des crampes d’estomac. Mais ces symptômes ne sont pas signe que vous avez trop mangé. Non, c’est la preuve que votre corps est dénutri, et de cette façon, votre système digestif tente de s’adapter petit à petit à des quantités de nourriture plus normales que ce que vous avaliez durant la restriction. Vos muscles et organes digestifs s’étirent et se renforcent. C’est ce qui est douloureux au début. Vous ne pouvez pas contourner ces inconforts physiques. Ils font partie de la guérison et sont la confirmation que vous êtes sur le bon chemin.

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Attention toutefois si les douleurs sont bien trop intenses au point que vous ne pouvez plus bouger. Cela peut être le signe d’un syndrome de renutrition. Il est donc préférable de prévenir votre médecin qui saura vous diagnostiquer. Je vous ferais prochainement un article sur le syndrome de renutrition.

Oui, vous allez également reprendre du gras. Mais sachez que le gras est indispensable pour votre existence. Arrêtons de diaboliser le gras, ce n’est pas une mauvaise chose. Le gras vous permet de maintenir votre température corporelle. Vos muscles vont parallèlement avoir besoin de la graisse que votre corps stocke pour réaliser des efforts physiques.

Le gras va également permettre de protéger vos organes et de créer de nouvelles cellules dans votre corps. Le gras va vous approvisionner en vitamines A, D et E permettant de conserver une bonne vision, une belle peau, de beaux cheveux et une croissance des os.

Enfin, c’est votre cerveau qui a besoin de gras. Il est même principalement constitué de graisses ! C’est avec cette graisse corporelle que votre cerveau pourra continuer de fonctionner et de maintenir vos capacités mentales.

Ce n’est pas parce que vous avez de la graisse corporelle que vous êtes une personne grasse. C’est juste tout à fait normal. Sans graisse, vous ne survivrez pas.

Bien que toutes les patientes anorexiques ne l’aient pas, il n’est pas rare de souffrir de lipodystrophie au début de votre reprise de poids. En effet, lorsque votre corps a récupéré assez d’énergie pour refaire votre masse musculaire, vos organes et toute autre fonction vitale, il va commencer à stocker de la graisse corporelle. Et au début de la récupération, la graisse peut être stockée de façon inégalée à certaines parties du corps, notamment au niveau du ventre. La lipodystrophie correspond à l’accumulation des tissus adipeux, dans notre cas ici, autour de l’abdomen. Ne vous inquiétez pas, vous n’allez pas garder un ventre gonflé pour toujours. Ne tombez pas dans le piège de la restriction pour pallier à cette peur. Sachez qu’en maintenant votre réalimentation, votre graisse corporelle finira par se redistribuer uniformément dans les autres parties de votre corps. Mais ce, si vous persévérez à manger de façon continue tous les jours. La graisse du ventre est un signe de rétablissement.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Les peurs sous-jacentes à la prise de poids

Bien souvent, lorsqu’on a peur de grossir, il y a d’autres peurs sous-jacentes derrière. C’est important d’en prendre conscience et de travailler dessus :

Vous avez peur que votre poids continue d’augmenter sans jamais s’arrêter ? J’avais cette terrible peur également. Mais je vous rassure, votre corps cessera de reprendre du poids. Quand votre corps aura suffisamment de nutriment, qu’il n’aura plus peur d’une prochaine restriction, il n’aura plus besoin d’autant de nourriture que durant votre rémission. Pendant longtemps, je craignais de prendre indéfiniment du poids. Je vous en parle d’ailleurs dans mon article sur les compulsions alimentaires. Dès que j’avais fait une crise, j’avais peur du poids que cela allait engendrer. Je me mettais alors à me restreindre à nouveau. Et une nouvelle compulsion faisait son apparition, et ainsi de suite. Jusqu’à ce que je stoppe les compensations après une crise alimentaire. J’ai fait confiance à mon corps en lui donnant ce qu’il réclamait. Et mon corps a fini par me faire confiance à son tour : ma prise de poids s’est arrêtée et petit à petit j’ai retrouvé un poids de forme.

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Ah ça c’était aussi une de mes grandes peurs ! Mais qu’est-ce que je vais devenir sans l’anorexie ? C’est elle qui me définissait pour le moment. Sans elle, quelle identité vais-je avoir ? Rassurez-vous, vous deviendrez vous-même. Cela prendra du temps. Vous allez apprendre à vous connaître. Et petit à petit, vous découvrirez une nouvelle passion, vous ferrez de nouvelles rencontres… Et c’est ainsi que vous écrirez un tout nouveau chapitre de votre vie.

Le fait de regagner du poids n’est pas synonyme de guérison. C’est un élément essentiel, mais cela ne fait pas tout. Ceux qui vous entourent comprendront qu’il vous reste un long chemin à faire avant d’aller mieux. Vous pouvez d’ailleurs l’expliquer à vos amis et à votre famille. Moi je le disais clairement : « Physiquement, j’ai l’air d’aller mieux, mais dans ma tête c’est pas encore ça. C’est toujours compliqué. » Je vous rassure, le fait de regagner du poids ne va pas vous faire perdre le soutien de vos proches. Ceux qui comprendront réellement resteront à vos côtés. Et vous aurez continuellement accès aux soins des thérapeutes. Cela amène à un point crucial qui est de comprendre qu’un trouble alimentaire peut survenir à tout le monde, peu importe sa taille ou son poids. Vous ne devez pas être au plus maigre pour être crédible et bénéficier de soin. Non, tout le monde a le droit d’obtenir du soutien.

Tandis que j’étais anorexique, la nourriture occupait mes pensées du matin au soir. Il m’arrivait même d’en rêver… Mais alors à quoi pense-t-on lorsqu’on est guéri ? À tout ! Sauf à la nourriture ! Vos amis, votre famille, vos destinations de rêve où voyager, votre prochain cinéma, votre escapade du week-end à venir…

Certainement qu’au début vous aurez du mal à l’accepter. Mais c’est normal, ça fait partie du trouble et de la rémission. Mais petit à petit, vous retrouverez la santé et vous prendrez conscience de tout ce que vous pourrez faire à nouveau ! Avec le temps, vous allez pouvoir profiter de la vie, pleinement ! Vous allez pouvoir vous consacrer à de nouveaux projets !

Tout culturiste avisé vous dira qu’on gagne du muscle dans son lit, au repos ! La récupération est primordiale pour la croissance musculaire. Au moment où vous étiez en restriction, votre fibre musculaire s’est décomposée. Le corps concentrait le peu d’énergie qu’il avait sur les fonctions essentielles à la survie : le muscle ne l’est pas. Quand vous recommencez à vous nourrir, votre fibre musculaire se forme à nouveau, et ce, sans musculation. D’ailleurs, le muscle pèse lourd sur une balance. Donc lorsque vous voyez votre poids augmenter, ce n’est absolument pas QUE du gras.

Mes conseils pour accepter la prise de poids

La prise de poids est une étape importante, mais terrifiante de la guérison. C’est primordial d’apprendre à l’accepter pour ne pas rechuter. Voici donc quelques conseils pour vous aider dans cette épreuve difficile :

S’il y a bien une chose que j’ai faite en premier c’est de me débarrasser de mes vêtements taille 12 ans, taille 32 et 34 dès qu’ils ne m’allaient plus. Les garder dans mon placard ne m’aurait fait que du mal. Donnez-les dans un organisme, une association ou à quelqu’un d’autre. Mais débarrassez-vous-en au plus vite ! Pour ma part, j’ai tout mis dans des cartons que j’ai mis dans une autre pièce de la maison, loin de ma vue, avant de les donner complètement. 

Vous pourrez donc vous acheter une nouvelle garde-robe. Cela a été une des étapes difficiles de ma guérison : accepter d’acheter des vêtements dans une taille supérieure. Je vous conseille de faire les boutiques avec quelqu’un (votre sœur, votre amie, votre mère) pour surmonter cette épreuve. Pour ma part, je pleurais quand j’étais dans les magasins. Mais c’est normal de ressentir de la détresse lorsque votre corps change physiquement après une période de restriction.

Entourez-vous d’amis et de famille qui vous comprennent et vous soutiennent dans cette étape délicate. Défaites-vous de vos relations toxiques. La vie est déjà assez complexe pour se la compliquer encore plus avec des personnes négatives. Évitez pareillement de garder contact avec d’autres patientes souffrant de troubles alimentaires. C’est difficile de voir une autre fille anorexique dans un corps frêle tandis que vous tentez de vous débarrasser vous-même de cette maladie. Développez également un réseau de soutien thérapeutique. Pour ma part, lorsque je suis sortie de l’hôpital, chaque semaine je consultais ma psychiatre, une psychologue, une sophrologue et une hypnotiseuse. Je sais bien que tout le monde n’a pas les moyens, mais dans les hôpitaux publics, les soins sont pris en charge. Il existe également des psychologues offrants des consultations gratuites dans les CMP (centre médico-psychologique). Enfin, renseignez-vous auprès de votre mutuelle qui peut prendre en charge toute ou partie des frais médicaux.

Si vous cliquez sur l’icône PDF, vous découvrirez une liste que je vous ai partagé. Elle compte 50 raisons de guérir de l’anorexie. Cette liste je l’ai réalisé petit à petit durant mes 4 ans d’anorexie. Ceci est une liste non exhaustive et ce n’est qu’un exemple ! En dessous de cette liste, vous verrez une liste vierge que vous pouvez imprimer et remplir vous-même ! C’est important de relire souvent cette liste pour vous remémorez du pourquoi vous voulez guérir. Vous avez choisi de guérir, en partie, car un trouble alimentaire n’est pas la vie. Vous ne serez jamais satisfait de votre trouble alimentaire : vous ne vous trouverez jamais assez parfait(e), assez mince, assez jolie.

Essayez de vous défocaliser de votre prise de poids en vous consacrant à d’autres activités : le dessin, le chant, la musique, la méditation, la lecture, etc. Vous pouvez exprimer qui vous êtes au travers d’autre chose que votre corps.

Quand je parle de déclencheurs, je parle des éléments qui vont vous faire culpabiliser vis-à-vis de votre reprise de poids. Fuyez les miroirs, évitez de regarder d’autres photos de vous lorsque vous étiez plus maigre. Évitez également de contempler des photos d’autres filles encore malades sur les réseaux sociaux. Éloignez-vous des photos de corps, mais aussi des assiettes des personnes encore malades.

La thérapie d’exposition existe bel et bien et passe effectivement par le regard dans le miroir, ou la comparaison des photos. Mais cela se fait de façon encadrée et avec un thérapeute.

L’acceptation du corps prend du temps. J’ai commencé à démaigrir en juin 2018 et j’ai vraiment accepté mon corps en décembre 2019. Cela prend du temps, mais c’est possible ! Rappelez-vous en plus que vous souffrez peut-être de dysmorphophobie. C’est-à-dire que vous vous voyez plus grosse que vous ne l’êtes réellement. Les changements corporels sur lesquels vous faites une fixette ne sont généralement pas visibles aux yeux des autres.

Ne soyez pas trop dure avec vous-même. Vous vous battez contre une maladie mentale grave, c’est légitime de ressentir de la peur, des angoisses, de la triste et de la détresse. Prenez le temps de vous reposer et de respecter votre corps.

  • Votre ventre est gonflé après avoir mangé ? C’est normal, votre estomac digère votre repas.
  • Vos cuisses ont l’air plus grosses lorsque vous êtes assise ? C’est normal, vos cuisses s’appuient contre la chaise.
  • Vous n’avez pas un écart entre vos cuisses ? C’est normal, vos cuisses sont là pour vous aider à marcher, à vous tenir debout. Vous avez besoin d’avoir de belles cuisses pour vous maintenir sur pieds.

La prise de poids est terrifiante, je connais, je l’ai vécu. Mais vous savez quoi ? Je suis toujours en vie, plus heureuse qu’il y a deux ans, ça, c’est certain ! Je suis devenue une jeune femme avec de nouveaux projets de vie, avec une vie sociale plus développée et je suis capable de faire ce que je souhaite.

En sachant tout ce que vous venez de lire, ne soyez pas terrifiée face à votre ventre gonflé, vos chevilles enflées, votre estomac qui crie de douleur après avoir mangé ou encore votre poids qui augmente de façon disproportionnée. Tout cela est normal et fait partie du processus de guérison. Si vous ressentez cela, c’est une excellente nouvelle : vous êtes sur le bon chemin de la guérison. Si cela est possible pour vous, c’est un véritable atout d’être entouré par des professionnels spécialisés dans les troubles alimentaires pour vous aider à faire face à cette reprise de poids. Enfin, si vous traversez une étape de compulsions alimentaires durant votre phase de guérison, je vous invite à lire mon article sur les compulsions alimentaires pendant la guérison pour savoir comment y faire face.

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Anorexie : je vous raconte mes séjours à l’hôpital

Anorexie : je vous raconte mes séjours à l’hôpital

Anorexie : je vous raconte mes séjours à l’hôpital

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En écrivant mon article tout savoir de l’hospitalisation à temps complet en TCA, j’ai eu envie de vous raconter mes propres hospitalisations lorsque j’étais anorexique. Je tiens avant tout à dire que ceci est mon ressenti personnel et que malgré que cela ait été difficile, j’en retire une expérience positive. Mais je sais que certains patients ont mal vécu leur hospitalisation et cela leur aurait même fait plus de mal que de bien. Cela dépend du vécu, mais également du service hospitalier. Dans cet article, je vais donc vous expliquer comment j’ai éprouvé mes deux séjours hospitaliers : de mes premiers moments en précisant les routines journalières et hebdomadaires du service dans lequel j’étais. Attention, ces routines sont propres à l’hôpital dans lequel j’étais. Tous les services de troubles alimentaires ne fonctionnent pas pareil, mais cela peut vous donner une idée des méthodes utilisées.

Mon histoire

Pendant mon anorexie, j’ai vécu deux hospitalisations en service addictologie TCA (trouble du comportement alimentaire). Concrètement, c’était un service où la majorité des patientes était des femmes anorexiques. J’ai connu seulement  deux garçons anorexiques en six mois d’hôpital. De temps à autre, il y avait également des boulimiques qui venaient se sevrer des leurs crises et vomissements pour une durée de deux ou trois semaines.

Ma première hospitalisation, j’y ai été contrainte suite à un syndrome de renutrition. C’est-à-dire que mon intestin avait cessé de fonctionner, j’ai alors passé 10 jours en réanimation avant de me faire hospitaliser près de 3 mois au service des TCA.

Ma deuxième hospitalisation, c’est moi qui l’ai demandé. Elle a eu lieu six mois après la première. J’oscillais entre compulsions alimentaires et restriction, et je ne parvenais pas à me sortir de ce cercle infernal. J’ai donc décidé de mettre ma vie en pause, d’arrêter mes études et de me faire hospitaliser une nouvelle fois. J’ai dû patienter trois semaines sur liste d’attente avant de pouvoir commencer ma deuxième hospitalisation de trois mois. 

Les premiers jours à l'hôpital

Les premiers jours sont assez déroutants. Il faut s’adapter à une nouvelle organisation, à de nouvelles règles et de nouvelles personnes. Vous réalisez pendant ces premiers jours que vous serez enfermé pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois avec de nombreuses restrictions (peu de visite, accès à Internet et au téléphone limité, pas de contrôle sur les repas…). Je ne vais pas vous mentir, lorsque vous entrez à l’hôpital, vous n’êtes pas en colonie de vacances. C’est vraiment une étape très difficile de votre histoire que vous vous apprêtez à vivre. Mais elle est parfois nécessaire pour justement vous permettre de continuer à vivre.

Généralement, le premier jour, lors de votre admission, vous constituez votre dossier avec l’équipe soignante : vous racontez comment agit votre trouble alimentaire dans votre vie quotidienne. C’est essentiel d’être honnête et transparent avec le personnel soignant. Ils ne vont pas vous juger. Ils connaissent ces pathologies et savent que vous êtes prisonniers d’une maladie. Pour instaurer une relation de confiance avec le personnel infirmier, c’est important de leur dire toute la vérité. Ils sauront comment vous aider. Par exemple, ne leur déclarez pas que vous n’aviez aucun problème pour manger à l’extérieur ou que vous réussissiez à suivre une ration à 1800 calories tous les jours. Sinon, lorsque vous serez devant votre assiette, incapable d’avaler la sauce, les pommes de terre et le steak haché, les infirmières auront du mal à vous comprendre…

Lors de votre admission, on vous explique les règles du service et les horaires à respecter :

Lorsque je suis arrivée, on a fouillé ma valise pour y retirer tout ce que je pouvais utiliser contre moi : lacet, rasoir, ciseaux, pince à épiler, etc. D’ailleurs, à chaque fois que quelqu’un me ramenait quelque chose (du linge propre, des cadeaux, des affaires…), tout était inspecté pour vérifier qu’il n’y avait pas d’objets interdits ou de nourriture (notamment les chewing-gum ou boisson zéro calorie).

Ensuite, on m’a expliqué les règles quant aux visites : 3 visites sont autorisées par semaine et l’on choisit les jours. En semaine, la visite se passe de 17 :00 à 18 :00. Le weekend, elle se déroule de 14 :00 à 16 :00 et de 17 :00 à 18 :00.

Pour les téléphones, ils étaient autorisés une demi-heure de 19 :15 à 19 :45 en théorie. Généralement, c’était soit un peu avant ou un peu après. Vous n’avez pas d’autre accès à internet dans la journée. Vous pouvez cependant prendre un MP4 tant qu’il n’y a pas possibilité d’accéder à internet avec.

Concernant les permissions, elles sont accordées en fonction de l’évolution de vos constantes et de votre ration. Elles sont données par étape : une demi-journée, puis une journée, puis 24 h avec une nuit, puis 48 h avec deux nuits. Elles préparent petit à petit à la sortie de l’hospitalisation.

Les deux premiers jours, dans le service où je me trouvais, j’étais en observation. C’est-à-dire que je me nourrissais avec ce que je voulais dans les quantités que j’acceptais. Et en fonction de cela, on m’a fixé ma ration. Il ne faut pas vous forcer, mangez ce dont vous vous sentez capable. J’avais donc commencé avec une ration calorique à 700. Ensuite, elle était réévaluée de 100 à 200 calories en plus tous les 2 ou 3 jours en fonction de mes difficultés. Attention, dans mon service on m’avait déterminé une ration calorique, mais tous les hôpitaux ne fonctionnent pas de la même façon.

À chaque fois qu’on me proposait une nouvelle ration calorique, je pouvais voir à quoi elle correspondait : en termes de gramme de féculent/protéine/légume à chaque repas. Puis, je la signais pour prouver que je m’engageais à la respecter. Je n’étais pas obligée de le ratifier. Cependant, cela signifiait que je ne voulais pas progresser et que je n’essayais même pas de m’en sortir. Dans ce cadre, la nourriture faire partie de notre traitement, ce sont nos médicaments. Si vous refusez d’augmenter de ration pendant plusieurs jours, vous pourriez être exclu du service.

Attention, pas de pression, vous pouvez vous arrêtez à certain palier. Par exemple, moi je suis restée 2 semaines à 1600 calories. Et vous n’augmentez pas de ration jusqu’à l’infini : ma première hospitalisation je me suis arrêtée à 2300 calories, mais à ma deuxième j’avais stoppé à 1900 calories.

Pendant les premiers jours, c’est difficile, car vous avez un énorme décalage avec votre vie avant d’arriver à l’hôpital et votre vie après. Avant d’arriver à l’hôpital, beaucoup (dont moi) sont hyperactifs. Pour ma part, la veille de ma première fois à l’hôpital je travaillais encore en entreprise. Je faisais du sport tous les jours et voilà que d’un coup je me retrouvais à ne plus pouvoir rien faire, à devoir rester assise toute la journée… C’était difficile de réussir à lutter contre l’hyperactivité.

Enfin, c’est souvent durant les 2 ou 3 premiers jours que je faisais la connaissance avec l’interne qui allait s’occuper de moi durant toute la durée de l’hospitalisation. Avec lui ou elle, je définissais mes objectifs. Par exemple : comprendre les causes de mon anorexie, récupérer un IMC à 16, reprendre x kilos, améliorer ma relation avec mon père, etc.

Routine hebdomadaire à l'hôpital

Toutes les semaines se ressemblaient. Voici donc la routine hebdomadaire du service dans lequel j’étais hospitalisée :

Le lundi, c’était le jour de la pesée. Il y avait deux pesées dans la semaine. Concrètement, deux infirmières et une aide-soignante rentraient dans ma chambre pour me réveiller. Une des infirmières prenait mes constantes (glycémie, tension, température). Puis je passais aux toilettes avant de monter sur la balance. Je pouvais choisir de voir ou non mon poids. Pour ma part, je l’ai toujours demandé.

Le lundi matin, c’était la réunion des médecins. C’est-à-dire que les internes, les médecins du service et deux infirmières se rassemblent pour discuter de chacun des dossiers des patients. C’est généralement lors de cette réunion que de nouvelles décisions sont prises concernant les patients. De ce fait, en fin de journée, mon interne venait me voir pour m’annoncer ce qui avait été prononcé : augmentation de ration, travail à faire pour diminuer un TOC alimentaire, etc.

Pendant le tour des médecins, la totalité des patients du service était en rendez-vous de groupe avec la psychologue du service. On discutait d’un sujet que nous choisissons généralement collectivement.

Le mardi, nous avions une fois de plus une activité de groupe cette fois-ci avec deux diététiciens, souvent pour travailler sur des croyances alimentaires. Ensuite, on avait un petit atelier chant. Concrètement, on chantait tous ensemble avec un des infirmiers qui était musicien. C’était une activité qui détendait vraiment, car elle n’avait pas de rapport avec notre maladie. Cela faisait du bien de décrocher un peu.

Le mercredi il n’y avait pas vraiment d’activité. Généralement, je voyais mon interne tous les deux jours donc c’était l’un des jours où je la rencontrais.

Ensuite, je choisissais le mercredi soir pour organiser une visite entre 17 :00 et 18 :00  pour faire une coupure dans ma semaine.

Le jeudi était un jour particulier dans notre service. Déjà parce que c’était le deuxième jour de la pesée, donc même rituel que le lundi. Mais aussi, car il y avait ce qu’on nomme « le tour en chambre ». Nous étions tous regroupés dans la salle à manger, sans avoir le droit d’aller en chambre ni même dans le couloir des chambres. Pendant ce temps-là, un à un, nous étions appelés pour rencontrer dans notre chambre l’ensemble du corps médical, y compris le chef de service. Cela durait 15 à 30 minutes et on pouvait poser toutes les questions que l’on voulait : quand est-ce que je sors ? Quand est-ce que je peux sortir en permission ? C’est vraiment ce jour-là où de réelles décisions sont prises. C’est une étape assez stressante et assez longue qui perdure généralement jusqu’au repas, voire au-delà.

L’après-midi, il y avait la balnéothérapie pour ceux qui avaient un IMC supérieur à 14. Personnellement, je n’ai jamais eu un IMC supérieur à 14 durant mes hospitalisations donc je n’ai jamais pu faire cette activité. Moi, j’étais en sophrologie. C’était donné par notre kinésithérapeute, c’était un moment vraiment relaxant où l’on était à l’étage en dessous. Ça nous changeait d’environnement et cela faisait du bien.

Le vendredi midi, la plupart du temps on avait une salle de repas « apprêtée ». C’est-à-dire qu’il y avait des nappes, de la décoration sur les tables, des beaux couverts… L’idée était de nous divertir pour égayer le repas qui était source de stress pour nous. Après le déjeuner, nous avions généralement un nouvel atelier avec les diététiciens qui nous avaient préparé la salle de repas ce jour-là.

Plus aléatoirement, dans la semaine nous avions un rendez-vous avec la kinésithérapeute si cela était prescrit par l’interne. Nous avions également la possibilité de prendre un rendez-vous avec l’esthéticienne qui nous maquillait, nous coiffait ou nous offrait un massage.

En règle générale, les semaines n’étaient pas beaucoup chargées en activité, et cela pour trois raisons. La première, c’est que les hôpitaux manquent crucialement de moyens financiers pour nous permettre plus d’activité. La deuxième est due au fait que les hôpitaux, du moins publics, sont encore assez fermés sur les pratiques de médecines douces. Preuve en est, c’était notre kinésithérapeute qui nous faisait des séances de sophrologie… Et enfin, l’insuffisance des ateliers s’expliquait par le fait que la plupart des patientes avaient un IMC inférieur à 14. Il fallait donc limiter les déplacements physiques et les mouvements qui fatiguaient vite un corps frêle disposant de peu de forces.

Parfois dans la semaine, l’interne pouvait, avec mon accord, organiser un entretien familial. Vous pouvez demander que votre père, votre mère ou vos deux parents y assistent. Mais vous pouvez également faire participer votre conjoint(e), un frère, une sœur, une tante, etc. Les entretiens familiaux simplifient la discussion entre l’entourage et la patiente, car il y a deux coordinateurs : l’interne qui vous suit et le chef de service. Ces deux derniers peuvent plus facilement faire comprendre votre maladie à vos proches.

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Le week-end était beaucoup plus calme, puisqu’il n’y avait plus de médecins, à part celui de garde qui venait uniquement en cas d’urgence. Les samedi et dimanche étaient de ce fait assez longs, mais relaxants, car on abordait moins les questions autour de l’alimentation avec les diététiciens ou sur notre propre guérison avec notre interne ou la psychologue.

Les visites étaient plus longues le week-end. Ainsi, le samedi et dimanche j’avais de la visite de 14 :00 à 16 :00, ce qui occupait bien le temps.

Une journée dans ma vie de patiente à l’hôpital

La journée que je vais vous décrire est une journée typique de mon hospitalisation. Les jours se suivaient et se ressemblaient, à l’exception de certaines activités qui changeait comme je l’ai expliqué dans le paragraphe précédent. Cependant, cela reste une journée type dans l’hôpital où j’ai été hospitalisé.

Le matin, j’étais réveillée par les infirmières. Je n’avais pas le droit de me lever avant, car la première chose qu’elles faisaient était d’enregistrer mes constantes : température, tension et glycémie. Si je bougeais au préalable, les constantes seraient faussées. Ensuite, j’avais minimum 15 minutes pour me préparer pour la journée avant le verrouillage des chambres, cela dépendait quand j’avais été réveillée. Généralement, c’était entre 7:00 et 7:45, et une infirmière fermait les portes à clé maximum à 8:00.

8:00, c’était également le début du petit-déjeuner. Nous allions chercher un à un notre plateau-repas. Je me servais moi-même pour apprendre les bonnes quantités qu’il faudrait continuer d’adopter à la sortie. Chacun avait une ration différente donc un plateau-repas différent. Nous mangions par table de 4, et parfois une infirmière se joignait à nous. Cependant, je sais que dans certains hôpitaux, les patients mangent seuls en chambre.

Nous étions surveillés pendant notre repas afin d’empêcher qu’on ne dissimule de la nourriture par terre, sous les plateaux ou dans nos poches. Nous étions également chronométrés pour éviter qu’on ne s’éternise : 30 minutes à partir du moment où nous avions reçu notre plateau-repas.

Ensuite, les chambres restaient fermées jusqu’à 10:30. Ceci pour éviter qu’on retourne dans notre chambre faire du sport ou vomir le repas. Pendant ce temps-là, il fallait donc s’occuper. Personnellement, je dessinais, je coloriais des mandalas, j’écrivais énormément dans des cahiers, etc. Mais dans tous les cas, nous devions faire notre activité assise. Si nous étions debout depuis plus de 10 secondes, une infirmière nous rappelait à l’ordre.

De 10:30 à 11:45, nous pouvions rejoindre notre chambre pour faire les activités identiques que nous faisions dans le salon, mais seule.

Vers 11:45-12:00, nous retournions en salle des repas pour prendre le déjeuner. Même rituel qu’au matin, nous allions chercher un à un notre repas, en nous servant nous-mêmes dans les quantités indiquées sur notre ration. Tout cela bien évidemment sous la surveillance d’une infirmière. Nous étions chronométrés : 45 minutes si nous avions une entrée dans notre ration, sinon 30 minutes.

Les portes restaient fermées jusqu’à 15:00. Entre temps, si nous devions aller aux toilettes, on devait demander à une infirmière, qui vérifiait ensuite si nous n’avions pas vomi ou jeté de la nourriture dans les toilettes. C’était elle qui donnait son accord pour qu’on tire la chasse d’eau.

À 16:00, c’était l’heure de la collation de l’après-midi. Même rituel qu’au matin et au déjeuner, et nous avions 30 minutes maximum pour manger

Les portes des chambres étaient fermées jusqu’à 17:30, sauf si nous avions de la visite. Alors, nous pouvions entrer dans notre chambre avec la visite de 17:00 à 18:00.

À 18:30, nous retournions en salle des repas pour le dîner. C’était assez difficile de passer à table à peine 1h30 après en être sortie. Mais c’était dû aux horaires des cuisines en hôpital.

Les chambres étaient à nouveau fermées jusqu’à 20:30. De 19:15 à 19:45, nous avions accès à nos portables. Nous étions tous éparpillés dans le salon ou le couloir. On ne parlait pas trop fort pour avoir un minimum d’intimité. Durant ce temps, j’appelais souvent ma mère, ma sœur et mon frère.

À 21:00, nous avions la tisane. C’est un moment de détente qui pouvait s’avérer stressant, si nous n’avions pas respecté notre ration dans la journée, nous avions la possibilité de prendre une collation pour compenser le manque calorique de la journée.

Le couvre-feu était à 23:00. Habituellement, je regagnais ma chambre dès 21:00. Mais il m’arrivait de regarder la télévision jusqu’à 22:00 avec les autres patients. Dans la nuit, une infirmière passe de temps en temps pour vérifier que tout va bien. Mais elle ne nous réveille pas si nous sommes endormis.

Généralement, dans la journée, on voit son interne, tout au moins un jour sur deux. Personnellement, je parlais avec eux comme à un psychologue, car je suis tombée sur d’excellents internes ! Nous faisions également des exercices ensemble d’acceptation du corps et sur les distorsions cognitives.

Ce n’est franchement pas une période facile : être surveillé lorsqu’on va aux toilettes, être sans cesse enfermé, assise, sans trop faire d’activité. Cela ressemble même à une prison. La seule zone « extérieur » que nous avions était la terrasse pour les fumeurs. Et comme le service était à l’étage, le balcon était entouré de grillage pour dissuader toutes tentatives de suicide.

Il y a bien des moments où je haïssais l’endroit où je me trouvais, où j’avais envie de retrouver ma vie d’avant, où je n’en pouvais plus de vivre avec 10 autres malades en étant constamment surveillé par les infirmières et médecins. Ce n’était clairement pas facile de partager mon quotidien avec d’autres individus tous aussi malades que moi. Notre trouble alimentaire était notre addiction, notre moyen de survie. Prenez 10 personnes et privez-les de leur moyen de survie. Évidemment, parfois on voit des patients qui pètent des plombs. Ce n’est pas simple, mais il faut faire abstraction des autres et se concentrer sur soi. C’est votre guérison, pas la leur. Tout comme votre guérison n’est pas la leur.

Puis je me suis rappelé qu’à l’extérieur, ma vie était anéantie par la maladie. Je me suis imaginé que si j’avais eu un grave accident de la route, j’aurai peut-être été alitée dans un lit pendant 3 mois sans pouvoir sortir et en dépendant des infirmières pour manger, boire et faire ma toilette. À l’hôpital, je prenais conscience de la gravité de ma maladie et des soins dont j’avais besoin. Enfin, j’ai compris que l’hôpital était pour moi une sécurité. Cela me permettait d’éviter les compulsions, de ne pas compenser par du sport à outrance, d’empêcher de me peser tous les jours. J’avais un support 24 h/24 7j/7 dès que je n’allais pas bien. J’étais entourée par une équipe médicale qui comprenait ma maladie, qui ne me jugeait pas et qui était là pour m’aider.

Je vous invite vraiment à lire mon article sur l’hospitalisation à temps complet en TCA. Cela vous permettra de répondre à vos questions : quand hospitaliser ? Au bout de combien de temps peut-on sortir ? Les bénéfices de l’hospitalisation, mais aussi les points négatifs.

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Publié par Norainnoflower dans Thérapie, 3 commentaires
Tout savoir sur l’hospitalisation à temps complet en TCA

Tout savoir sur l’hospitalisation à temps complet en TCA

Tout savoir sur l’hospitalisation à temps complet en TCA

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J’ai eu envie de faire cet article, car je me souviens que quand j’étais moi-même anorexique, je recherchais sur Internet des témoignages de filles ayant traversé une hospitalisation en service de trouble alimentaire. C’est pourquoi j’ai voulu faire cet article afin de vous fournir le maximum d’information à ce sujet. Je vous invite parallèlement à lire mon article sur mon expérience personnelle en hôpital lors de mon anorexie. L’article est vraiment complémentaire à celui-ci et vous donnera un aperçu de mon propre vécu. J’y raconte également les routines hebdomadaires et quotidiennes à l’hôpital en service des troubles alimentaires.

Avant tout, sachez que si vous souffrez d’un trouble alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie…), il est préférable d’être hospitalisé dans un service spécialisé en trouble alimentaire plutôt qu’en psychiatrie générale ou en maison de repos. Cela dépend bien évidemment des motifs d’hospitalisation, mais des professionnels habitués aux problématiques et formés pour les pathologies de troubles de comportement alimentaire (TCA) sauront mieux vous encadrer que personne.

Quand hospitaliser ?

Je ne suis pas médecin, mais je suppose qu’il y a des critères d’hospitalisation, dont voici une liste d’exemples tirés à partir de mes recherches sur les sites de HAS (haute autorité de santé) :

Raisons cliniques

Troubles mentaux et addiction

Anorexie mentale

Contexte environnemental

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Il ne faut évidemment pas avoir tous ces critères pour être hospitalisé. Dans tous les cas, avant de vous faire hospitaliser, vous avez un premier rendez-vous avec un médecin du service qui évalue votre situation et décide avec vous si l’hospitalisation vous correspond. Si le motif pour lequel vous voulez être hospitalisé ne figure pas sur la liste ci-dessus, demandez quand même. L’énumération que j’ai inscrite est simplement un exemple de raisons possibles, la liste est non exhaustive.

Me concernant, j’ai choisi ma deuxième hospitalisation vu que je n’arrivais pas à arrêter seule mes comportements destructeurs (restriction et compulsions alimentaires). J’avais également besoin d’un milieu neutre, car l’environnement familial n’est pas toujours évident à concilier avec la guérison. Enfin, j’avais besoin de faire une pause dans ma vie. Je me sentais submergée et je ne parvenais pas à me consacrer à ma guérison. L’hospitalisation me permettait de me soulager de nombreuses tâches quotidiennes qui devenaient trop compliquées à gérer.

Si vous êtes mineur(e) et que c’est vos parents qui ont décidé, dites-vous qu’ils ne font pas cela pour votre mal. Au contraire, c’est pour vous protéger. C’est parce qu’ils vous aiment qu’ils souhaitent que vous alliez mieux. Ils ont probablement pris cette décision conjointement avec les médecins. De toute façon, vous n’avez pas d’autres choix que d’y aller si la décision a été prise. Alors, prenez-vous « au jeu » et mettez toutes les chances de votre côté pour que l’hospitalisation se passe bien et soit efficace. 

Quand peut-on sortir de l'hôpital ?

Je sais que certains hôpitaux instaurent des contrats de poids ou demande l’atteinte d’un certain IMC pour permettre une sortie. Dans l’hôpital où je me trouvais, il n’y avait pas vraiment de condition à remplir. La sortie dépendait de l’évolution de notre poids, de nos angoisses face à la nourriture, du travail effectué sur notre propre histoire, etc. Cela se décidait en fonction du ressenti du patient lui-même et des médecins.

Si vous êtes mineur(e) : ce sont les médecins qui décident conjointement avec vos parents. Généralement, c’est lorsque vous avez fait des progrès nutritionnels, que vous avez regagné du poids, de l’énergie et que vous avez atteint une ration à 1800 calories.

Si vous êtes majeure : vous pouvez partir quand vous le souhaitez. Mais ne voyez pas l’hôpital comme une contrainte, mais plutôt comme une aide. D’ailleurs, je dis « quand vous le souhaitez« , mais si vous êtes en danger vital alors vous serez hospitalisé sous contrainte. Pour que les médecins acceptent votre demande de sortie, il vous faut avoir récupéré un peu de poids, un IMC supérieur et maintenir une ration d’au moins 1800 calories depuis plus de 10 jours d’hôpital.

On peut ressortir lorsqu’on sent que l’hospitalisation n’est plus bonne pour soi, qu’elle devient plus nocive que bénéfique. Le fait d’habiter avec 10 autres patients tout aussi malades que vous peut être néfaste au bout d’un moment. Vous pouvez très bien repartir chez vous quelques semaines en programmant avec votre interne une nouvelle hospitalisation 1 mois plus tard.

Les bénéfices de l’hospitalisation

Dans la plupart des cas, on entre à l’hôpital lorsqu’on a déjà tout essayé, qu’on a plus vraiment le choix et que notre poids est bien trop faible pour nous permettre de vivre seul sans assistance médicale. Mais moi je trouve cela dommage. Bien que ce soit grandement redouté par beaucoup des patients, l’hôpital est pour moi un bon traitement face à l’anorexie. Cela dépend bien évidemment de la qualité du service et des méthodes utilisées. Mais me concernant, l’hôpital a été bénéfique. Toutefois, je sais que c’est difficile d’accepter une hospitalisation et moi-même j’ai été hospitalisée deux fois de suite quand je n’avais presque plus le choix. En revanche, suite à ma deuxième hospitalisation, j’étais prête à revenir pour une durée plus courte de 15 jours si c’était nécessaire. Mais avec un bon suivi extérieur, je n’ai pas eu le besoin d’y retourner.

En effet, tout est structuré avec des repas planifiés. Il y a une routine quotidienne et hebdomadaire qui permettent de mettre un cadre. Cela est rassurant. Vous n’avez plus rien à gérer, vous pouvez pleinement vous concentrer sur votre guérison. Parce que oui, pour qu’une hospitalisation soit efficace, vous devez vouloir guérir. Il faut que vous ayez le désir de travailler sur les choses qui vous font mal, sur les plaies qui ne sont pas encore cicatrisées. Vous devez parallèlement avoir envie d’affronter vos peurs, car c’est de cette façon que vous pourrez déranger la maladie et ainsi vous en sortir.

Cela vous permet également de faire un point sur votre vie extérieure. Vous avez « l’excuse » d’être à l’hôpital et donc de ne plus poursuivre votre scolarité, votre vie professionnelle ou d’accepter n’importe quelle autre invitation dont vous n’aviez pas l’envie d’aller. Cela vous offre l’opportunité de faire un bilan sur votre orientation pro, peut-être sur certaines relations toxiques que vous avez envie d’interrompre. L’hôpital permet de vous reposer, de laisser de côté tous les impératifs de la vie.

L’encadrement médical est familiarisé avec les troubles alimentaires. Ils comprennent tous les mécanismes qui se passent dans votre tête. Ils ont de l’expérience et savent vous conseiller, vous guider sur le chemin de la guérison. C’est bon de se sentir compris, et de ne plus avoir tous ces conflits familiaux ou amicaux avec d’autres personnes qui tentaient de comprendre. Malheureusement, pour vraiment bien comprendre votre maladie, il faut la vivre de près ou de loin, en tant que malade ou personne très proche du malade. Alors tant mieux si les autres ne comprennent pas. C’est qu’ils ne l’ont pas vécu.

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Le côté négatif de l’hôpital

L’un des désavantages de l’hospitalisation, du moins dans le service où j’étais, c’est qu’on s’exprime en calorie et en gramme. À tous nos repas il y a protéine, féculent et fruits/légumes dans notre assiette. C’est peut-être nécessaire au moment de l’hospitalisation, mais il est difficile de s’en détacher par la suite. Me concernant, j’ai pris 2 ans pour accepter que ce n’est pas grave si un jour je n’avais que protéine et féculent dans mon assiette, que je ne suis pas obligée de rassembler toutes les catégories d’aliments à chaque repas.

Le traitement se focalise essentiellement sur l’alimentation, les carences et autres problèmes physiques provoqués par la maladie. Ainsi, la prise en charge se concentre sur les conséquences de l’anorexie. Les hôpitaux sont malheureusement encore beaucoup trop fermés aux techniques de médecine douce. De ce fait, l’analyse des causes est minime. En 6 mois (2 x 3 mois) d’hospitalisation, j’ai rencontré 4 fois la psychologue de l’hôpital et je voyais mon interne 30 minutes tous les deux jours dans la semaine, sois 1 h 30 par semaine. Ce n’est clairement pas assez pour faire une thérapie approfondie. C’est pour cela que l’hôpital est souvent qu’un premier pas. D’ailleurs, je tiens à préciser une chose importante : c’est qu’il ne faut pas aller à l’hôpital en pensant que vous en ressortirez guéri. Non pas du tout, comme je le disais l’hôpital est seulement la première étape de la guérison. Elle vous offre tous les outils et ressources dont vous avez besoin. Une hospitalisation permet de vous remettre sur pieds. Lorsque vous sortez, le vrai combat commence. Vous allez devoir apprendre à voler avec vos propres ailes.

À l’hôpital, vous êtes dans une sorte de cocon : tout est fait et pensé pour vous (les repas, les quantités…) et lorsque vous n’êtes pas bien, on vous apporte une solution ou un soutien dans la minute. Même si c’est nécessaire au début de l’hospitalisation pour offrir les meilleures conditions pour le traitement, ce n’est pas la vraie vie. Et il y a un énorme décalage entre la vie à l’hôpital et la vie dehors. C’est pour cela que c’est important de profiter au maximum de nombreuses permissions de sortie pour faire une transition entre l’hôpital et la maison. C’est durant les permissions que vous vous rendrez compte des difficultés qu’il y a à l’extérieur et que vous pourrez déjà commencer à les appréhender avec vos médecins : tentations alimentaires, regards des autres, repas en famille, etc. Dans la vie quotidienne, lorsque vous vous retrouvez en train de cuisiner votre repas (chose que vous n’avez pas faite depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois), les choses se compliquent.

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Pour conclure cet article, je ne vous ferai pas de recommandation quant à l’hospitalisation, car le choix est propre à chacun. Pour moi, les mois que j’ai passés à l’hôpital ont été extrêmement difficiles à vivre, mais se sont avérés bénéfiques. Lorsque j’y étais, je ne trouvais même pas vraiment la pertinence. Cela me faisait du bien, momentanément, mais je ne voyais pas comment ça pouvait me guérir. Finalement, en couplant l’hôpital à d’autres thérapies à la sortie, cela a été très utile sur le long terme. C’est en partie grâce à mes hospitalisations que je me suis sortie de l’anorexie. Néanmoins, il n’existe pas de recette miracle pour guérir. Cela va dépendre d’un ensemble d’actions que vous entreprendrez et qui se monteront efficaces sur le long terme.

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Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Les femmes en bonne santé ont leur règle menstruelle. Oui, des menstruations régulières sont synonymes d’un bon équilibre hormonal et que le corps fonctionne normalement. Plus de 80 % des patientes souffrant d’anorexie mentale n’ont plus leur règle. Les femmes atteintes de boulimie peuvent également être touchées par l’absence de cycle menstruel. Les troubles alimentaires impactent alors fortement l’harmonie hormonale du corps.

Qu’est-ce que l’aménorrhée ?

La disparition de la période menstruelle pendant au moins trois mois se définit par l’aménorrhée. Cela correspond donc à la perte des périodes menstruelles chez une femme en âge de procréer.

On identifie deux types d’aménorrhée différents : l’aménorrhée primaire a lieu lorsqu’une fille âgée de 16 ans n’a pas encore eu ses premières règles. L’aménorrhée secondaire équivaut à l’absence de règle pour une femme qui les a déjà eus dans le passé. L’aménorrhée secondaire est souvent diagnostiquée chez la patiente anorexique. Si un trouble alimentaire survient avant le début de la puberté, cela peut retarder le premier cycle menstruel, soit l’aménorrhée primaire. 

Cependant, toutes les personnes atteintes d’anorexie ne souffrent pas systématiquement d’aménorrhée. Si vous avez un trouble alimentaire, mais que vous n’êtes pas concernée par l’aménorrhée, ne vous considérez pas « suffisamment pas malade ». L’aménorrhée est l’un des symptômes de l’anorexie, mais pas le seul permettant de diagnostiquer un trouble alimentaire.

N’oublions pas que les hommes sont aussi touchés par les troubles alimentaires, et notamment l’anorexie mentale. Cependant, il n’existe pas d’équivalent de l’aménorrhée pour les hommes. Face à un trouble alimentaire, leur niveau de testostérone diminuera, entraînant un dysfonctionnement hormonal également.

L’aménorrhée secondaire chez l’anorexique devient préoccupante sur le long terme, c’est-à-dire à partir de plus de 3 mois sans règles.

Quelles sont les causes de l’aménorrhée ?

L’aménorrhée peut être due à l’un ou plusieurs des facteurs suivants :

Perte de poids extrême et rapide, sous-poids

Restriction calorique

Faible masse grasse

Suralimentation, compulsions alimentaires

Vomissements

Sport intensif

Niveau de stress intense

Carence

L’un ou plusieurs des facteurs cités ci-dessus vont entraîner une baisse voire une interruption de la sécrétion d’hormone envoyée à la partie de votre cerveau (hypothalamus) qui régule le cycle menstruel. Sans un minimum de graisse, la sécrétion d’hormone reproductive ne peut être assurée et ainsi vos règles disparaissent.

Mais pourquoi le corps ne sécrète plus suffisamment de substance hormonale ? Lorsque l’organisme ne dispose plus suffisamment d’énergie (par le manque de nutriment dans l’alimentation, la purge, l’exercice physique intensif…), il va prioriser les fonctions qui sont primordiales à la survie. La fonction de reproduction n’en fait pas partie.

Vous pouvez voir cela d’une façon différente : votre corps vous montre qu’il ne peut pas assurer une grossesse. Car pour porter un enfant, il faut être en bonne santé. Si vous ne pouvez pas assurer vos propres fonctions corporelles, alors vous ne pourrez certainement pas garantir celle d’un autre être qui grandit en vous. L’absence des règles est donc une précaution de votre corps face à une grossesse.

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Quelles sont les conséquences de l'absence des règles ?

À court terme, soit moins de 3 mois, l’aménorrhée n’est pas préoccupante. Lorsqu’un poids convenable est repris et que le corps détient suffisamment de graisse pour sécréter à nouveau les hormones reproductives, les règles refont leur apparition.

Cependant, à long terme, l’aménorrhée peut occasionner des complications pour la santé :

L’organisme ne produit plus d’œstrogène, une hormone de reproduction permettant également le maintien du niveau de calcium dans les os. La masse osseuse s’amincit, les os sont affaiblis, mais ne sont pas suffisamment dégradés pour parler d’ostéoporose.

L’ostéopénie correspond au début de la détérioration des os. L’étape suivant l’ostéopénie est l’ostéoporose. L’ostéoporose est plus grave que l’ostéopénie. Les os sont d’autant plus affaiblis que le risque de fractures augmente.

L’hormone de l’œstrogène permet de maintenir la densité osseuse, mais également la santé cardiaque. Bien que ce soit plus rare, l’aménorrhée peut engendrer une maladie cardiaque. L’arrêt cardiaque étant l’une des causes de décès de l’anorexie mentale.

Comme expliqué auparavant, votre corps a mis en pause votre système de reproduction pour prioriser sa survie. Au plus l’aménorrhée est longue, au plus le risque d’être stérile augmente.

Vais-je devenir stérile ?

L’aménorrhée peut être un des facteurs de l’infécondité féminine. Cependant, soyez rassurée, plus de 96 % des personnes ayant souffert de trouble alimentaire ont retrouvé des règles naturelles et un système de reproduction fonctionnel.

Il peut arriver que des femmes soient stériles après leur trouble alimentaire, mais ce n’est pas forcément dû à l’aménorrhée. L’infertilité est malheureusement le mal du 21ème siècle et peut être due à des anomalies ovariennes, à l’endométriose, à une défaillance morphologique, etc.

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Comment retrouver mes règles ?

Comme il a été dit auparavant, les causes de l’aménorrhée dans le cas de l’anorexie sont en partie la perte de poids, l’insuffisance de nutriment et le stress. Ainsi, pour récupérer ses règles il semble logique de renverser la machine en regagnant un poids santé, en comblant les carences et en réduisant le stress.

L’obtention d’un poids santé et d’un organisme sans carence est intrinsèquement liée. En effet, en vous nourrissant avec un apport énergétique convenable, incluant tout type d’aliment, vous couvrirez les manques du corps tout en vous approchant de votre poids santé.

Je n’aime pas parler en termes de calorie, mais il est important de manger la quantité calorique recommandée par votre médecin. Chaque personne est différente, ainsi ne vous comparez pas. Je me souviens lorsque j’étais à l’hôpital que certaines filles avaient une ration à 1800 calories pour leur permettre de regagner du poids, tandis que d’autres devaient suivre une ration à 2800 calories. Chaque métabolisme est unique.

Mais peu importe la ration, il faut incorporer toutes les catégories d’aliments. Manger une ration à 2000 calories c’est bien, mais si vous remplissez vos assiettes exclusivement avec des légumes et des fruits, vos carences se perpétueront. Vous ne retrouverez donc pas de cycle menstruel naturel.

Dans la même logique, évitez tous les comportements compensatoires qui vont déstabiliser votre équilibre hormonal : les vomissements, les restrictions, les sauts de repas, le sport intensif, le jeûne… Je sais bien que c’est plus simple à rédiger dans un blog qu’à réaliser en pratique. Je le sais puisque moi-même j’ai pris énormément de temps avant d’interrompre totalement ces comportements de purge. Mais c’est en cessant de compenser que vous retrouverez également plus facilement des règles naturelles.

Il est essentiel de réduire le stress. Encore une fois, c’est bien beau de l’écrire dans cet article, mais pour ce qui est de l’application : on est d’accord que c’est difficile d’arrêter le stress en un claquement de doigts. Mais lorsque vous êtes en rémission d’un trouble alimentaire, c’est important de limiter toutes sources de stress. Si c’est possible, éviter l’exposition au stress scolaire ou professionnel. Éloignez-vous également des personnes néfastes pour vous, qui sont négatives et peut-être elles-mêmes souffrantes d’un trouble alimentaire.

Je sais bien que ce n’est pas forcément envisageable, mais si vous le pouvez, faites une pause dans votre vie. Vous pourrez toujours reprendre vos études dans quelques mois, ou vous mettre temporairement en arrêt maladie.

Ce n’est pas facile de s’accorder du repos. Avant ma deuxième hospitalisation, j’ai pris conscience que je n’arriverais jamais à continuer ma vie scolaire et professionnelle avec mon anorexie. Cela a été l’un des choix les plus difficiles de mon existence, mais j’ai en fin de compte décidé de stopper ma scolarisation 6 mois avant l’obtention de mon diplôme. « 6 mois ? T’aurais pu au moins tenir jusqu’à la fin », vous pourriez me dire. Mais non, vraiment, une semaine de plus et j’allais faire une bêtise. Si je voulais véritablement m’en sortir, je devais me consacrer à ma guérison à 200 %. Et c’est ce que j’ai fait. J’ai été hospitalisée près de 3 mois et par la suite j’ai été en arrêt maladie pendant 4 mois. Et durant l’année qui a suivi, j’étais en cours à mi-temps. Je culpabilisais ne pas travailler. 

Pendant mon arrêt maladie, j’étais contrainte de voir ma famille et mes amis pour rétablir une vie sociale, manger et dormir pour réparer mon corps. C’est presque une vie rêvée pour la plupart des gens ne souffrant pas de troubles alimentaires. Oui, mais ne culpabilisez pas, vous, vous en avez besoin.

Reposez-vous, dormez bien la nuit, faites des siestes, prenez du temps pour faire des choses que vous aimez, détendez-vous en écoutant de la musique ou devant un bon film… Bref : reconstruisez-vous.

Certains docteurs prescrivent la pilule pour permettre de faire revenir les règles. Mais une grande majorité est plutôt contre. Toutefois, si vous preniez déjà la pilule auparavant, les médecins vont vous conseiller de la maintenir, car les hormones de la pilule vont soutenir une certaine solidité des os évitant ainsi l’ostéopénie voire l’ostéoporose. Cela a été mon cas.

Cependant, la prescription de la pilule pour retrouver ses règles n’est pas une solution à privilégier. En effet, quand on prend la pilule, une semaine par mois, on a un faux saignement. Parce que oui, les règles sous pilule s’apparentent à de véritables périodes, mais ne le sont pas. Je m’en suis rendu compte, car tandis que j’avais mes règles sous pilule, j’avais un saignement d’une couleur étrange, sans rien ressentir corporellement (pas de petites douleurs au ventre ou aux seins, pas de fatigue, pas de saut d’humeur). Je ne dis pas que ces sensations sont normales, mais c’est ce que je sentais auparavant lorsque j’avais mes vraies règles. Et j’ai su quand j’ai eu à nouveau des règles naturelles en ayant un saignement plus abondant accompagné d’autres petits symptômes physiques.

Ainsi, les contraceptifs oraux vous donneront un saignement chaque mois, mais pas de façon naturelle, pas due à l’ovulation. Cela ne redémarrera donc pas votre système hormonal naturel.

Combien de temps pour retrouver mon cycle menstruel naturel ?

Vous avez regagné un poids correct, vous mangez suffisamment, mais vous n’avez pas récupéré vos règles naturelles ?

Ne soyez pas inquiète. En moyenne, le cycle menstruel naturel revient environ six mois après la guérison, c’est-à-dire lorsque vous avez cessé les comportements compensatoires (restriction, purge, sport excessif…) et que vous avez regagné du poids. Cependant, chacune a un corps différent et le poids santé peut varier d’une femme à une autre. Certaine femme vont retrouver leur règle avec un IMC de 18, tandis que d’autres ne les récupèreront pas avant d’avoir atteint un IMC de 22.

Il y a un point que j’ai oublié de mentionner dans les solutions pour retrouver ses règles : soyez patiente. Le temps fait beaucoup de choses. En vous laissant du temps, en ne vous focalisant pas sans cesse sur le retour de vos règles, vous verrez qu’elles reviendront naturellement.

Lorsque vous comptez trois périodes menstruelles consécutives, vous pouvez vous assurer que votre équilibre hormonal se rétablit correctement.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 5 commentaires
Faire face à la culpabilité après avoir mangé

Faire face à la culpabilité après avoir mangé

Faire face à la culpabilité après avoir mangé

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Je suis presque certaine qu’il vous est déjà arrivé d’avoir culpabilisé après avoir mangé un aliment que vous qualifiez de mauvais. Mais si, rappelez-vous la fois où vous vous êtes dit « Punaise, je n’aurais pas dû avaler ces chips… » « Si je reprends du gâteau, il faudra que j’aille faire une bonne séance de sport pour éliminer » « Je n’aurai pas jamais dû prendre ce pain »… 

Dans cette article, je vais vous expliquer d’où vient cette culpabilité et comment y faire face.

Tout le monde a déjà culpabilisé vis-à-vis d’un aliment

Malheureusement, la nourriture est assimilée dans de plus en plus de cas comme notre ennemi plutôt qu’un allié qui permet à notre corps de vivre. Beaucoup trop de personnes ont une vision dichotomique des aliments : c’est-à-dire que c’est soit bon ou mauvais, soit bien ou mal. Et si l’aliment est jugé comme mauvais, alors la culpabilité apparaît. C’est un schéma tellement ancré dans notre esprit qu’il en devient naturel. Et le pire, c’est que manger un « mauvais » aliment est considéré comme un échec, un manque de volonté dans notre société. On en devient ainsi faible de ne pas avoir réussi à résister. On se sent coupable : coupable d’avoir mangé un aliment qui est soi-disant « mauvais ». Avoir le sentiment de culpabilité après avoir blessé quelqu’un, ça me semble normal. Mais coupable d’avoir mangé… Un besoin naturel du corps humain… Comment a-t-on fait pour en arriver là ?

À quoi est due cette culpabilité ?

Pour faire face à la culpabilité alimentaire, il faut d’abord comprendre d’où vient cette culpabilité initialement.

Vous allez penser que j’ai une dent contre la société et les médias, mais une fois de plus, je vais vous répondre qu’à l’origine, ce sont de fausses idées de la société qui sont véhiculées par les médias.

C’est bien simple, j’ai presque envie de vous lancer le défi de passer une journée sans voir une allusion aux aliments qui sont bons ou mauvais. Je suis presque sûre que vous entendrez une publicité prônant un nouveau régime à base de jus detox et de produits 0 %. Sous-entendu, les produits 0 %, les fruits et légumes sont les seuls aliments bons pour maintenir la ligne. Je suis certaine que vous lirez également un post sur Instagram ou Facebook d’un ami qui associera la culpabilité de la nourriture avec son repas posté en photo avec un commentaire du style « j’ai explosé le compteur de calorie là ! ». Ou encore un influenceur qui publie une photo de sa glace avec une légende telle que « Après mon footing de 30 minutes, je peux enfin me permettre ma glace ».

Tous ces exemples, vous y avez déjà forcément été confronté. Ils sont tous fondés sur des croyances alimentaires que la société nous a inculquées. Et nous avons transformé ces croyances sous forme de règle à respecter dans notre alimentation, parfois inconsciemment.

C’est difficile de ne pas culpabiliser quand rien qu’en parcourant ton fil d’actualité Instagram, tu as l’impression que c’est facile de l’atteindre cette perfection. On en oublie que les photos sont plus souvent illusoires que réelles. On se compare sans cesse à cette fille ultra mince, qui n’a l’air d’avoir aucun problème pour manger   »healthy » et qui en plus de ça ne semble pas louper une seule séance de sport dans sa semaine.

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À travers la télévision, les réseaux sociaux, les magazines… on nous éduque à étiqueter les aliments comme mauvais ou bons pour nous. Et d’ailleurs, notre catalogue d’aliments « mauvais » augmente au fil du temps… (viande rouge, gluten, produits laitiers, le sel…) La société nous inculque l’idée que pour avoir le corps que vous souhaitez, vous devez uniquement vous nourrir d’aliments « bons » dans la quantité qu’elle vous aura indiqué. Ainsi, lorsqu’on voit ce gâteau au chocolat sur la table, on a comme une alarme rouge qui se déclenche dans notre tête nous alertant « Attention, ceci est un aliment mauvais ». Et l’on a cette fichue impression que si l’on en mange une part, on grossira presque à chaque bouchée tellement c’est « interdit ».

On nous a conditionné à l’idée qu’introduire de la nourriture qui nous fait plaisir dans notre alimentation est mauvais (pâtisserie, fromage, dessert, sucrerie, frites, etc.). Et si l’on cède à nos envies, on nous fait se sentir mal, se sentir comme quelqu’un d’indigne. À croire qu’un simple « faux mouvement », que serait celui de manger un produit qui nous procure de la satisfaction, remettrait intégralement en question la vie d’une personne. Non, vous n’êtes pas horrible, dégoutant(e), bête, sans volonté, faible… et j’en passe parce que vous avez mangé ce chocolat ou ce plat que vous désirez tant. Ça, c’est le discours d’une industrie manipulatrice du régime de plus de 70 milliards d’euros.

Attention à ne pas faire d’amalgame. Je ne dis pas qu’il faut simplement se nourrir de cookie, de dessert, de glace, de fritures, de sauces et de fromage. Je parle bien de se faire plaisir lorsqu’on en ressent l’envie tout en respectant son corps et sa santé. Je parle d’adopter une alimentation flexible, ce qui correspond généralement au fameux 80/20 qu’on entend partout : 80 % d’alimentation équilibrée et 20 % d’aliments plaisirs.

Être constamment en train de culpabiliser après avoir mangé certains aliments peut marquer le début d’un trouble alimentaire. Quand bien même ce dernier n’est pas diagnostiqué en tant qu’anorexie ou boulimie, il faut rester en alerte quant à ce genre de pensée obsédante. Si la culpabilité occupe tellement votre esprit au point que d’autres piliers de votre vie en pâtissent (vie sociale, repas de famille, restaurant entre amis ou en couple…), que vous en arrivez à oublier le plaisir réel de votre aliment, c’est qu’il y a un travail psychologique à faire.

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La culpabilité chez le trouble alimentaire

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) vont venir augmenter la culpabilité de manger. Les personnes souffrant de TCA vont culpabiliser d’avoir répondu à leur besoin. Les personnes anorexiques, boulimiques, orthorexiques… vont chercher à éviter ce sentiment de culpabilité tout simplement en ne s’alimentant plus avec les aliments qui leur font peur, ou en compensant par des comportements destructeurs. Après avoir avalé un aliment que vous étiquetez de mauvais, vous n’arrivez pas à profiter pleinement de votre journée. Vous êtes constamment en train de ruminer, de planifier comment vous pourrez compenser pour remettre le compteur calorique à zéro : par le sport, la restriction, la purge…

Je connais trop bien ces comportements compensatoires puisque je les ai utilisés pendant quatre longues années. Je ne pouvais pas rester assise sur ma chaise après avoir mangé, je ressentais le besoin de bouger, il fallait que j’aie cette impression d’éliminer ce que je venais de manger. Je n’arrivais pas à continuer ma journée comme-ci de rien était sans avoir planifié plus tard de contre-balancer mon apport journalier par du sport ou une restriction au prochain repas. Mais c’est pourtant lorsque j’ai enfin arrêté ces compensations que j’ai pu en partie me libérer des troubles alimentaires.

La culpabilité va accroître la restriction, or, comme je l’ai expliqué dans l’article sur les compulsions alimentaires, la restriction multiplie les pensées envers les aliments que l’on s’interdit, augmentant ainsi la frustration. Et c’est cette frustration qui va justement entraîner les compulsions alimentaires, et consolider la culpabilité par la suite.

Le fait de « céder » à la tentation de nos aliments plaisirs ne doit pas être considéré comme un échec. Non, vous n’êtes pas un(e) incapable qui n’a aucune volonté. Vous êtes seulement humain. Et l’Homme est conçu de la sorte, une partie spécifique de son cerveau réagit très fortement à la restriction. Nous sommes attirés par ce qu’on se proscrit. Et vous ne pouvez pas lutter contre votre fonctionnement. C’est quelque chose que vous devez accepter, car vous ne pouvez pas le changer. (C’est d’ailleurs la première leçon de vie que j’ai tirée de mon anorexie) Il ne sert donc à rien de se restreindre ni de s’interdire des aliments. Je sais bien que c’est plus facile à dire qu’à faire. Je ne blâme personne qui culpabilise. Je comprends et moi-même je culpabilise encore parfois.

J’ai une image en tête qui me fait sourire et qui m’aide à me dire que personne ne peut lutter contre le naturel : Avez-vous déjà vu un loup en pleine course vers sa proie et s’arrêter net en se disant qu’il devrait faire attention à sa ligne, et se restreindre à l’approche de l’été pour frimer et draguer ses amis les coyotes ? Non, tout simplement parce qu’il suit son instinct naturel qui est de chasser pour se nourrir. Tout comme les animaux, la restriction ne fait pas partie d’un comportement originel pour notre corps. C’est d’ailleurs pour cela que le corps va compulser, réduire sa concentration mentale, diminuer sa force physique face à la restriction.

La culpabilité lors de la rémission

La culpabilité est omniprésente pendant la phase de rémission de notre trouble alimentaire. Pire : C’est un outil de notre trouble lui-même pour nous tenter de nous ramener à nouveau entre les griffes de la maladie. La culpabilité a le pouvoir de nous faire rechuter. Mais bonne nouvelle ! Vous êtes plus forte qu’elle et vous ne lui laisserez pas la possibilité d’exercer son pouvoir.

Je vais quand même rester honnête avec vous et vous avertir que ce n’est clairement pas facile de lutter contre la culpabilité. Vous aurez de la culpabilité d’avoir bien respecté le plan alimentaire que vous avez établi avec vos soignants. Vous culpabiliserez de réussir à ne plus faire de sport de façon intensive. Vous éprouverez beaucoup de culpabilité de regagner du poids. Mais c’est en suivant le plan alimentaire, en limitant vos dépenses physiques et en regagnant du poids que vous serez sur la bonne voie pour guérir. Dites-vous que si vous culpabilisez, c’est que vous sortez de votre zone de confort et que c’est pour ça que votre trouble n’est pas content. Vous êtes donc sur le bon chemin. Rappelez-vous que pour guérir, il faut faire le contraire de ce que votre trouble alimentaire veut que vous fassiez. Et petit à petit la culpabilité diminuera jusqu’à disparaître au plus vous avancerez sur le sentier de la rémission. Mais rassurez-vous, c’est normal de toujours ressentir de la culpabilité pendant votre phase de rétablissement.

Mes conseils pour se débarrasser de la culpabilité :

Je vais être transparente avec vous, les conseils que je vais vous donner ne vont pas être magiques. Il faut du temps et de la répétition dans la pratique de ces exercices pour que la culpabilité disparaisse totalement. Cela peut prendre un certain laps de temps : des mois voire des années. Mais manger sans culpabiliser coûte que coûte c’est comme vivre à nouveau.

Aucun aliment n’est exclusivement bon ou mauvais. Une part de gâteau n’est pas mauvaise. Mais une part de gâteau matin, midi et soir pendant un mois, ça devient néfaste ce n’est pas le gâteau qui est mauvais, c’est la façon dont il est consommé. Les légumes sont « healthy ». Mais si vous ne vous nourrissez que de légumes, vous souffrirez de ballonnements et de problèmes de transit. Encore une fois, ce qui cause ces désagréments est l’absorption excessive des légumes.

Ne vous focalisez pas sur un aliment en particulier, l’équilibre se fait sur la semaine et même sur le mois.

Lorsque vous êtes en train de manger votre aliment plaisir et que vous vous dites « je n’aurai pas dû… » « Ce n’est pas bien ce que je viens de faire… », reconnaissez d’abord que vous êtes en train de vous juger dû à une croyance alimentaire. En avoir conscience est déjà une première étape primordiale. Ensuite, vous pouvez essayer de voir d’où provient cette croyance : est-ce que c’est ce que vous avez lu sur internet dans des articles minceurs ? Est-ce que c’est ce que vous avez entendu dans la pub prônant un nouveau régime ? Prenez conscience que c’est une croyance alimentaire que la société vous a inculquée, mais qu’une croyance ne représente pas la vérité.

Cet exercice est très difficile je le sais, mais il est très efficace. J’ai moi-même pris énormément de temps pour l’appliquer. La thérapie de l’exposition consiste à faire face à ces aliments peurs tout simplement en les mangeant. S’exposer à ses aliments « fear food » est effrayant, mais c’est comme ça que vous diminuerez petit à petit votre culpabilité face à ces aliments-là. Me concernant, j’avais écrit une liste de tous les aliments que je craignais. Je les ai par la suite numérotés en partant de celui qui me faisait le moins peur à celui que je redoutais le plus.

 Cet exercice est très difficile, je vous conseille ainsi de commencer par celui qui vous fait le moins peur, celui dont vous vous sentez prêt à manger. Par exemple, moi mon premier aliment qui générait le moins d’angoisse chez moi était le saumon. J’en ai mangé une première fois sans compenser ni avant ni après. Puis une deuxième fois, et une troisième fois. Et au fil du temps, je ressentais de moins en moins de culpabilité. Donc je pouvais barrer le « saumon » de ma liste. Je prenais le temps dont j’avais besoin. Pour certains aliments il m’a fallu quelques jours, pour d’autres j’ai pris plus d’un mois avant de le consommer sans culpabiliser ni compenser. Le muffin au chocolat est l’aliment dont j’ai pris le plus de temps à manger sans culpabiliser. J’ai commencé à m’exposer à cet aliment en juin 2018 et ce n’est qu’en décembre 2019 que j’ai enfin réussi à le manger sans culpabiliser ni compenser. Pour vous dire qu’il faut vous laisser du temps et continuer de vous y confronter pour vaincre la culpabilité. 

Si cela peut vous rassurer, programmez dans un premier temps le repas, l’heure et le jour où vous allez prendre votre aliment « fear food », cet aliment qui vous fait peur. Moi au début je me prévoyais un « fear food » par semaine. Certaines semaines, je parvenais à le surmonter, et d’autre semaine je n’y arrivais pas. Mais ce n’est pas grave, ne vous brusquez pas. L’important c’est de vous sentir prêt. Il ne faut pas vous forcer, il faut que ça vienne de vous.

Je sais à quel point c’est difficile. Comme je vous l’ai déjà souvent dit, moi-même j’ai compensé pendant longtemps pour éviter la culpabilité. Mais comme je l’explique dans mon schéma plus haut, la restriction va amener à l’obsession de vos aliments interdits. Vous finirez par les manger, parfois sous forme de compulsion, car votre corps est en mode « famine », et ainsi la culpabilité va être plus forte. C’est donc en cessant la restriction et les comportements compensatoires que vous pourrez éloigner l’entretien de la culpabilité.

Peut-être que sur le court terme c’est ce qui vous aide à vous sentir mieux. Mais sur le long terme, vous vous retrouverez prisonnier(e) dans un cercle vicieux de compensations-compulsions-culpabilité.

Vous savez que la culpabilité arrive souvent après avoir mangé ce qui vous fait peur. Ainsi prévoyez de vous occuper l’esprit juste après vous y êtes confronté. Par exemple, vous pouvez demander de manger avec quelqu’un d’autre si cela vous aide pour ensuite continuer de discuter avec cette personne, de tout sauf ce que vous venez de manger. Ou alors, vous pouvez planifier un FaceTime avec un ami, ou simplement un appel classique. Vous pouvez prévoir de regarder votre série préférée, de colorier un mandala, d’écrire dans votre journal… Le but est d’éviter de ressasser les idées et de ne pas écouter la voix de la culpabilité.

Paradoxalement et malgré ce que beaucoup de gens pensent, les troubles alimentaires n’ont souvent rien avoir avec la nourriture. Il s’agit davantage de contrôler un élément de sa vie pour ordonner le chaos dans sa tête et son esprit, issu d’un traumatisme conscient ou inconscient auquel la personne a été confrontée dans son existence. Me concernant, l’anorexie a été un moyen pour moi de n’être presque plus visible et donc de ne plus attirer le regard des hommes. Parallèlement, au plus j’étais maigre, au plus mes proches étaient inquiets pour moi. Dans le fond, ce devait être ma façon de leur montrer que je souffrais intérieurement. Enfin, à mesure que je perdais du poids, j’augmentais le contrôle sur ma vie qui me permettait d’apaiser toutes mes peurs. C’est en travaillant sur mes angoisses, en communiquant avec ma famille, en travaillant sur mon corps et mon rapport avec les hommes que j’ai réussi également à me détacher de l’anorexie.

Ce que je veux dire par là, c’est que la culpabilité que vous ressentez vis-à-vis de ce que vous avez mangé n’est pas le vrai problème. Le souci est certainement plus profond, et c’est en incluant une thérapie où vous travaillez sur vos émotions, sur les causes de votre anorexie, que peu à peu, l’anorexie s’affaiblira et ses symptômes pareillement, notamment la culpabilité de manger.

Je vous ai préparé comme une fiche que vous pouvez télécharger dans mon kit de guérison. Vous pourrez lire et relire ces phrases sensées pour vous aider lorsque vous ressentirez un sentiment de culpabilité.

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