Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

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Les femmes en bonne santé ont leur règle menstruelle. Oui, des menstruations régulières sont synonymes d’un bon équilibre hormonal et que le corps fonctionne normalement. Plus de 80 % des patientes souffrant d’anorexie mentale n’ont plus leur règle. Les femmes atteintes de boulimie peuvent également être touchées par l’absence de cycle menstruel. Les troubles alimentaires impactent alors fortement l’harmonie hormonale du corps.

Qu’est-ce que l’aménorrhée ?

La disparition de la période menstruelle pendant au moins trois mois se définit par l’aménorrhée. Cela correspond donc à la perte des périodes menstruelles chez une femme en âge de procréer.

On identifie deux types d’aménorrhée différents : l’aménorrhée primaire a lieu lorsqu’une fille âgée de 16 ans n’a pas encore eu ses premières règles. L’aménorrhée secondaire équivaut à l’absence de règle pour une femme qui les a déjà eus dans le passé. L’aménorrhée secondaire est souvent diagnostiquée chez la patiente anorexique. Si un trouble alimentaire survient avant le début de la puberté, cela peut retarder le premier cycle menstruel, soit l’aménorrhée primaire. 

Cependant, toutes les personnes atteintes d’anorexie ne souffrent pas systématiquement d’aménorrhée. Si vous avez un trouble alimentaire, mais que vous n’êtes pas concernée par l’aménorrhée, ne vous considérez pas « suffisamment pas malade ». L’aménorrhée est l’un des symptômes de l’anorexie, mais pas le seul permettant de diagnostiquer un trouble alimentaire.

N’oublions pas que les hommes sont aussi touchés par les troubles alimentaires, et notamment l’anorexie mentale. Cependant, il n’existe pas d’équivalent de l’aménorrhée pour les hommes. Face à un trouble alimentaire, leur niveau de testostérone diminuera, entraînant un dysfonctionnement hormonal également.

L’aménorrhée secondaire chez l’anorexique devient préoccupante sur le long terme, c’est-à-dire à partir de plus de 3 mois sans règles.

Quelles sont les causes de l’aménorrhée ?

L’aménorrhée peut être due à l’un ou plusieurs des facteurs suivants :

Perte de poids extrême et rapide, sous-poids

Restriction calorique

Faible masse grasse

Suralimentation, compulsions alimentaires

Vomissements

Sport intensif

Niveau de stress intense

Carence

L’un ou plusieurs des facteurs cités ci-dessus vont entraîner une baisse voire une interruption de la sécrétion d’hormone envoyée à la partie de votre cerveau (hypothalamus) qui régule le cycle menstruel. Sans un minimum de graisse, la sécrétion d’hormone reproductive ne peut être assurée et ainsi vos règles disparaissent.

Mais pourquoi le corps ne sécrète plus suffisamment de substance hormonale ? Lorsque l’organisme ne dispose plus suffisamment d’énergie (par le manque de nutriment dans l’alimentation, la purge, l’exercice physique intensif…), il va prioriser les fonctions qui sont primordiales à la survie. La fonction de reproduction n’en fait pas partie.

Vous pouvez voir cela d’une façon différente : votre corps vous montre qu’il ne peut pas assurer une grossesse. Car pour porter un enfant, il faut être en bonne santé. Si vous ne pouvez pas assurer vos propres fonctions corporelles, alors vous ne pourrez certainement pas garantir celle d’un autre être qui grandit en vous. L’absence des règles est donc une précaution de votre corps face à une grossesse.

Quelles sont les conséquences de l'absence des règles ?

À court terme, soit moins de 3 mois, l’aménorrhée n’est pas préoccupante. Lorsqu’un poids convenable est repris et que le corps détient suffisamment de graisse pour sécréter à nouveau les hormones reproductives, les règles refont leur apparition.

Cependant, à long terme, l’aménorrhée peut occasionner des complications pour la santé :

L’organisme ne produit plus d’œstrogène, une hormone de reproduction permettant également le maintien du niveau de calcium dans les os. La masse osseuse s’amincit, les os sont affaiblis, mais ne sont pas suffisamment dégradés pour parler d’ostéoporose.

L’ostéopénie correspond au début de la détérioration des os. L’étape suivant l’ostéopénie est l’ostéoporose. L’ostéoporose est plus grave que l’ostéopénie. Les os sont d’autant plus affaiblis que le risque de fractures augmente.

L’hormone de l’œstrogène permet de maintenir la densité osseuse, mais également la santé cardiaque. Bien que ce soit plus rare, l’aménorrhée peut engendrer une maladie cardiaque. L’arrêt cardiaque étant l’une des causes de décès de l’anorexie mentale.

Comme expliqué auparavant, votre corps a mis en pause votre système de reproduction pour prioriser sa survie. Au plus l’aménorrhée est longue, au plus le risque d’être stérile augmente.

Vais-je devenir stérile ?

L’aménorrhée peut être un des facteurs de l’infécondité féminine. Cependant, soyez rassurée, plus de 96 % des personnes ayant souffert de trouble alimentaire ont retrouvé des règles naturelles et un système de reproduction fonctionnel.

Il peut arriver que des femmes soient stériles après leur trouble alimentaire, mais ce n’est pas forcément dû à l’aménorrhée. L’infertilité est malheureusement le mal du 21ème siècle et peut être due à des anomalies ovariennes, à l’endométriose, à une défaillance morphologique, etc.

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Comment retrouver mes règles ?

Comme il a été dit auparavant, les causes de l’aménorrhée dans le cas de l’anorexie sont en partie la perte de poids, l’insuffisance de nutriment et le stress. Ainsi, pour récupérer ses règles il semble logique de renverser la machine en regagnant un poids santé, en comblant les carences et en réduisant le stress.

L’obtention d’un poids santé et d’un organisme sans carence est intrinsèquement liée. En effet, en vous nourrissant avec un apport énergétique convenable, incluant tout type d’aliment, vous couvrirez les manques du corps tout en vous approchant de votre poids santé.

Je n’aime pas parler en termes de calorie, mais il est important de manger la quantité calorique recommandée par votre médecin. Chaque personne est différente, ainsi ne vous comparez pas. Je me souviens lorsque j’étais à l’hôpital que certaines filles avaient une ration à 1800 calories pour leur permettre de regagner du poids, tandis que d’autres devaient suivre une ration à 2800 calories. Chaque métabolisme est unique.

Mais peu importe la ration, il faut incorporer toutes les catégories d’aliments. Manger une ration à 2000 calories c’est bien, mais si vous remplissez vos assiettes exclusivement avec des légumes et des fruits, vos carences se perpétueront. Vous ne retrouverez donc pas de cycle menstruel naturel.

Dans la même logique, évitez tous les comportements compensatoires qui vont déstabiliser votre équilibre hormonal : les vomissements, les restrictions, les sauts de repas, le sport intensif, le jeûne… Je sais bien que c’est plus simple à rédiger dans un blog qu’à réaliser en pratique. Je le sais puisque moi-même j’ai pris énormément de temps avant d’interrompre totalement ces comportements de purge. Mais c’est en cessant de compenser que vous retrouverez également plus facilement des règles naturelles.

Il est essentiel de réduire le stress. Encore une fois, c’est bien beau de l’écrire dans cet article, mais pour ce qui est de l’application : on est d’accord que c’est difficile d’arrêter le stress en un claquement de doigts. Mais lorsque vous êtes en rémission d’un trouble alimentaire, c’est important de limiter toutes sources de stress. Si c’est possible, éviter l’exposition au stress scolaire ou professionnel. Éloignez-vous également des personnes néfastes pour vous, qui sont négatives et peut-être elles-mêmes souffrantes d’un trouble alimentaire.

Je sais bien que ce n’est pas forcément envisageable, mais si vous le pouvez, faites une pause dans votre vie. Vous pourrez toujours reprendre vos études dans quelques mois, ou vous mettre temporairement en arrêt maladie.

Ce n’est pas facile de s’accorder du repos. Avant ma deuxième hospitalisation, j’ai pris conscience que je n’arriverais jamais à continuer ma vie scolaire et professionnelle avec mon anorexie. Cela a été l’un des choix les plus difficiles de mon existence, mais j’ai en fin de compte décidé de stopper ma scolarisation 6 mois avant l’obtention de mon diplôme. « 6 mois ? T’aurais pu au moins tenir jusqu’à la fin », vous pourriez me dire. Mais non, vraiment, une semaine de plus et j’allais faire une bêtise. Si je voulais véritablement m’en sortir, je devais me consacrer à ma guérison à 200 %. Et c’est ce que j’ai fait. J’ai été hospitalisée près de 3 mois et par la suite j’ai été en arrêt maladie pendant 4 mois. Et durant l’année qui a suivi, j’étais en cours à mi-temps. Je culpabilisais ne pas travailler. 

Pendant mon arrêt maladie, j’étais contrainte de voir ma famille et mes amis pour rétablir une vie sociale, manger et dormir pour réparer mon corps. C’est presque une vie rêvée pour la plupart des gens ne souffrant pas de troubles alimentaires. Oui, mais ne culpabilisez pas, vous, vous en avez besoin.

Reposez-vous, dormez bien la nuit, faites des siestes, prenez du temps pour faire des choses que vous aimez, détendez-vous en écoutant de la musique ou devant un bon film… Bref : reconstruisez-vous.

Certains docteurs prescrivent la pilule pour permettre de faire revenir les règles. Mais une grande majorité est plutôt contre. Toutefois, si vous preniez déjà la pilule auparavant, les médecins vont vous conseiller de la maintenir, car les hormones de la pilule vont soutenir une certaine solidité des os évitant ainsi l’ostéopénie voire l’ostéoporose. Cela a été mon cas.

Cependant, la prescription de la pilule pour retrouver ses règles n’est pas une solution à privilégier. En effet, quand on prend la pilule, une semaine par mois, on a un faux saignement. Parce que oui, les règles sous pilule s’apparentent à de véritables périodes, mais ne le sont pas. Je m’en suis rendu compte, car tandis que j’avais mes règles sous pilule, j’avais un saignement d’une couleur étrange, sans rien ressentir corporellement (pas de petites douleurs au ventre ou aux seins, pas de fatigue, pas de saut d’humeur). Je ne dis pas que ces sensations sont normales, mais c’est ce que je sentais auparavant lorsque j’avais mes vraies règles. Et j’ai su quand j’ai eu à nouveau des règles naturelles en ayant un saignement plus abondant accompagné d’autres petits symptômes physiques.

Ainsi, les contraceptifs oraux vous donneront un saignement chaque mois, mais pas de façon naturelle, pas due à l’ovulation. Cela ne redémarrera donc pas votre système hormonal naturel.

Combien de temps pour retrouver mon cycle menstruel naturel ?

Vous avez regagné un poids correct, vous mangez suffisamment, mais vous n’avez pas récupéré vos règles naturelles ?

Ne soyez pas inquiète. En moyenne, le cycle menstruel naturel revient environ six mois après la guérison, c’est-à-dire lorsque vous avez cessé les comportements compensatoires (restriction, purge, sport excessif…) et que vous avez regagné du poids. Cependant, chacune a un corps différent et le poids santé peut varier d’une femme à une autre. Certaine femme vont retrouver leur règle avec un IMC de 18, tandis que d’autres ne les récupèreront pas avant d’avoir atteint un IMC de 22.

Il y a un point que j’ai oublié de mentionner dans les solutions pour retrouver ses règles : soyez patiente. Le temps fait beaucoup de choses. En vous laissant du temps, en ne vous focalisant pas sans cesse sur le retour de vos règles, vous verrez qu’elles reviendront naturellement.

Lorsque vous comptez trois périodes menstruelles consécutives, vous pouvez vous assurer que votre équilibre hormonal se rétablit correctement.

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5 commentaires

bonjour, je m’appelle sarah et j’ai été atteinte d’anorexie. J’ai voulu perdre du poids après avoir passé des jours à me comparer à des filles minces (voir maigres). Quand je me voyais dans un miroir je me disais « comment je pourrais ressembler à ces filles, elles, elles sont maigres, et moi je suis grosse ». Alors j’ai décidé de perdre du poids. Mais je l’ai fais de la mauvaise manière..j’ai tout arrêté! soda, bonbon, gâteau, pain, produit laitier… je me disais « c’est trop gras tu vas pas perdre du poids! ». Et au fil du temps j’ai presque tout arrêté. Je n’acceptais de manger que des légumes et des choses peu caloriques, en me disant « tu vas perdre du poids, il le fait ». Puis à côté je faisais aussi énormément de sport 2 à 3h voir plus en mangeant aussi peu! Je mesure 1m65 et je pesais 63/65kg avant ma perte de poids. Pendant cette longue période de privatisation je suis tombée à 48kg.. et je voulais perdre encore du poids! Mais les parents m’ont stoppé avant le pire. Je suis allée voir un docteur qui ne pas vraiment aidé. Et cela fait presque 1an et quelques mois que je n’ai pas mes règles! Pourtant maintenant je ne fais plus aucunes privation je mange ce que je veux quand je veux. Mais elle ne reviennent pas.. Pouvez-vous m’aider et me donner des conseils pour pouvoir enfin retrouver un cycle hormonal normal. S’il vous plaît..

Bonjour Mathilde,

Tout d’abord merci pour ce site que j’ai découvert grâce au podcast Norainnoflowers (trouvé également de manière fortuite). Je le parcours avec beaucoup d’intérêt et il m’aide dans le processus de guérison pas à pas, même si chaque jour est pour l’instant une nouvelle bataille.

Je souhaiterais soumettre une question pour aller plus loin dans le thème de cet article… comment faire lorsqu’on ne souhaite pas retrouver ses règles, et que l’absence de menstrues est en quelque sorte une protection, un bouclier entre soi et sa condition de femme / sa féminité ? Ça me bloque franchement dans le courage de retrouver un corps fonctionnel.

Merci d’avance
Lou

Bonjour Lou,
Tu soulignes là un point très intéressant. Je vais essayer de sortir un article ou épisode de podcast sur le rapport à la féminité dans les troubles alimentaires 🙂 Je te remercie pour ton commentaire qui m’encourage à continuer ! Je t’envoie plein de force et de courage pour t’aider à combattre la maladie !
Mathilde

Bonjour,
Je voulais savoir, je suis actuellement en rémission de l’anorexie, ait désormais un poids santé et vais plutôt bien sur tous les points psychique, alimentaire et physique de la maladie. Point qu’il manque encore je n’ai pas mes règles. Mais est-il possible que des signes se manifestent ? Genre impression de rétention d’eau, moral un peu plus bas ?

Bonjour,
Tout d’abord merci pour ton article, il est très bien fait !
Je voulais juste faire part de mon expérience pour permettre à d’autres filles de relativiser et d’être très très patientes quand au retour des regles.
J’ai eu mes premières règles lorsque j’avais 14 ans au collège, ça a été un moment horrible pour moi, devenir femme enfin un peu plus femme, c’était pour moi pas envisageable. Bref moment très compliqué, mais nous n’avons pas le choix. Puis petit à petit, sur environ 3 années j’ai perdu plus de 20 kg. Ma famille et surtout moi, ne voyait pas le problème puisque ça a été très long cette perte de poids. Cependant à la fin de l’année de seconde j’ai été hospitalisé pendant plus de 8 mois, dans un service non pas de TCA mais plus pour dépression. Je pense, enfin c’est ce que je me suis toujours dit, que j’ai eu de la chance de ne pas être dans un service avec que des filles anorexiques comme moi. Bien sûr le séjour n’a pas été simple, malgré le contrat de poids très strict instauré par les psychiatres je perdais de poids. Et pas mal. Bref pour 1m65, je suis descendu à 38 kg, j’ai frôlé la sonde. Puis je suis sortie de l’hôpital, car je pensais que ça allait mieux, et à vrai dire j’en avais vraiment très marre. Je n’avais le droit à aucun moyen de communication ni de voir mes proches pendant les 6 mois sur 8. Et bien sûr pas d’activité ni de sortie du service pour prendre l’air. Je comprend bien que les soignants font ça pour notre bien, mais quand j’y repense maintenant où quand j’en parle un peu, je me dis que c’est inhumain.
Puis à ma sortie, et venue le premier confinement, donc je n’ai pas pu reprendre les cours, or c’est ce que j’attendais le plus: faire quelque chose d’autre que ces longues heures de lecture à l’hôpital !
J’ai ensuite repris mon cursus scolaire en première. Mais la catastrophe… J’ai été diagnostiqué en phobie scolaire, et grosse grosse dépression. Je vomissais le matin, je pleuré tout le temps, et je dormais longtemps pour oublié, malgré de grosses insomnies. Ma psychiatre me téléphoné tout les 2 jours pour m’hospitalier, mais j’ai réussi à tenir le coup et à finir mon année et passer le bac de français. Cependant durant cette année mes résultats ont toujours été excellent (+ 17 de moyenne générale) et mes profs ne comprenait pas.
Puis j’ai bien réfléchi, et je me suis dit que je ne tiendrait pas une autre année comme ça :avec trop de pression, de compétition, de tristesse, de sous alimentations…
J’ai donc été prise dans une clinique soin étude. Il en existe une quinzaine en France. C’est une clinique lambda mais ont suis un cursus scolaire normal avec de vrais profs dépendants de l’éducation nationale. Cette clinique était à Grenoble. J’ete loin de ma famille mais j’ai tenu toute l’année scolaire. Les profs étaient excellents, on été max 5 élèves par classe… J’ai donc passé mon bac spé maths et svt avec brio. Mais j’en oublie l’essentiel: les débuts on été très dures. Mon alimentation c’est encore réduite étant donné que personne me surveillé car c’était un self. Et je me suis fait une super amie, mais qui avait le même problème que moi. On mangeait ensemble mais au bout d’un moment on a arrêté car cela ne devenait plus bénéfique ( la comparaison, le regard de l’autre…). Puis cette amie est partie, et je suis rentrée en vacances chez moi. Et là j’ai pas eu un déclic, mais beaucoup de choses se sont débloquées. Je mangeait seule mais beaucoup plus librement et je me suis autorisé à réintroduire un peu de féculents. Avec l’aide de la diététicienne évidement. J’ai repris un peu de poids mais combien, je ne sais pas, car je n’ai plus voulu savoir mon poids des pesées de chaque semaines. Et vraiment ça m’a aidé.
Puis les 2 derniers mois d’hospitalisation je suis passée dans un autre service. C’est une grande maison, une sorte de coloc avec 10 patients, où nous nous préparions notre propre nourriture et pouvions prendre des permissions beaucoup plus souvent. Ça a été dur mais bénéfique, dur car les placards était grand ouverts et remplis de choses que je ne m’autorisé pas depuis de nombreuses années. Pour compenser ces petits excès ( je n’ai jamais fait de compulsions alimentaires) qui au final n’en était pas, mais qui sont en fait la vraie vie, j’ai repris le sport. Car oui aussi avant je faisait beaucoup de sport ( + de 10h par semaine). Seulement j’ai pris du poids, trop de poids. Enfin c’est ce que je pense. Je suis passé du 12-14 ans au 36. Mais au delà de ça, j’étais quand même bien. Je courais vite, j’avais de l’énergie, j’étais et je le suis toujours beaucoup plus joyeuse et souriante !
Et puis je suis rentrée chez moi au mois de juillet pour passé un petit mois de vacances avec ma familles. J’ai profité : pour la première fois depuis au moins 3 ans j’ai réussi à manger une glace et de la pizza. Ça peut paraître ridicule, mais quand un an plutôt tu ne faisait plus que boire de l’eau, c’est vraiment une super progression. J’ai continué mes efforts et mon alimentation ce fait de plus en plus spontanément et le sport n’est plus là que pour dépenser des calories. J’ai pris goût pour la course à pieds. Cela fait du bien de courrir, de se sentir voler, de réussir à griller son père sportif à la course !
Et pour finir, comme début d’une autre page de ma vie, je suis depuis 2 semaines en prépa de médecine avant la grande rentrée de la fac. J’ai depuis longtemps voulu être médecin, pour partir dans l’humanitaire. J’espère que cette années va être une réussite pour moi.
Pour revenir sur le sujet de l’article, je n’ai toujours pas de cycles menstruel depuis donc 5 ans étant donné que j’ai désormais 19 ans malgré un poids très correct, une alimentation équilibré et suffisante.
Et pour tout vous dire cela ne me préoccupe pas plus que ça, car je ne souhaite vraiment pas les avoir.
Donc les filles, soyez patientes, si vous souhaitez les r’avoir.
Ça me fait vraiment bizarre de raconter en bref une partie de ma vie. Je n’ai jamais fait ça ni racontait à personne d’autres que mes parents mon histoire. Mais je pense que c’est libérateur.
Si j’ai des conseils à donner pour vous les filles, ou bien les garçons diagnostiqués ou pas comme anorexiques:
-Entourée vous de personnes de confiance et pas trop des gens dans la même pathologie, car pour moi ça n’a pas été bénéfique.
-Faite confiance au médecin ! Même si on pense qu’ils ne sont pas aptes à nous comprendre car pas vécus la chose.
-il y aura beaucoup de haut et de bas, d’abandons, de rechutes mais aussi de réussite même si elles sont infimes.
-si vous n’êtes pas prêt à accepter votre maladie et votre situation, vous ne pourrez sans doute pas avancer.
-il faut croire en soi, même si bon moi je ne croit pas trop en moi mais aimez vous un peu plus et protéger votre capsule qui est votre corps car sans cette capsule vous n’êtes plus. Le corps a des réserves extraordinaires mais il lâche assez rapidement quand cela devient trop.
-je pense aussi que le sport est un bon moyen transitoire pour accepter son corps et sa reprise de poids. Cependant à pratiquer avec modération et extrême prudence.
Aussi laisser le temps au temps, tout ne reviendra pas du jour au lendemain. Et je ne crois pas au déclic.
-et le plus dure mais pas forcément le plus important pour s’en sortir, c’est de comprendre ce pourquoi le mécanisme très bien rodé du corps c’est mis en place. Moi même après des heures avec pleins de psychologues et psychiatres différents je n’ai pas trouvée de réponses exacts à cette questions et je pense qu’il n’y en a pas forcément.
Je vous souhaite du courage, de la force et du bonheur!

Car l’anorexie ce n’est pas le bonheur, on s’en rend vite bien compte lorsque on entrevoit les possibilités d’une vie sans !

Bonne soirée à vous, en espérant que mon témoignage est pu servir à ne serait ce qu’un petit quelque-chose.

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