Les barrières qui vous empêchent de guérir de votre trouble alimentaire

Les barrières qui vous empêchent de guérir de votre trouble alimentaire

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Parfois, on a le sentiment d’être prête pour guérir, mais on n’y arrive pas. Vous avez peut-être l’impression d’avoir tout essayer, mais en vain, vous ne parvenez pas à remonter la pente. Peut-être qu’à travers cet article vous pourrez déceler un obstacle que vous n’avez pas encore surmonté afin de guérir définitivement de votre trouble alimentaire.

La comparaison aux autres

Se comparer aux autres malades et non malades est un obstacle à votre guérison. À ma première hospitalisation, je passais mon temps à faire des comparaisons avec les autres : « il n’y a pas de raison que je mange plus si les autres s’arrêtent à une ration à 1600 calories », me disais-je. J’entendais des filles déclarer que dès qu’elles quitteraient l’hôpital, elles recommenceraient leur restriction. Ça me rendait folle, je me disais que je ne pouvais pas guérir si elles restaient malades. Mais pourquoi ?! C’est complètement absurde ! Et même pas un moins après ma sortie, j’ai rechuté. J’ai rechuté pour un tas de raison, mais me comparer aux autres m’a poussé dans le fond du trou !

À ma deuxième hospitalisation, j’ai vu les choses différemment. J’écoutais les autres malades en me rappelant que c’était leur petite voix qui les faisait agir ainsi. Je prenais plus de recul et je me disais qu’il fallait que je fasse les choses pour moi. Car quand je sortirai de cet hôpital, c’est moi, et moi seule qui vivrai ma vie. Vous êtes l’unique personne responsable de vos choix, la seule personne à vivre votre vie. Ne vous préoccupez pas des autres malades. Ne comparez pas votre guérison à celles des autres. Chaque personne a des besoins divers, a un passé différent, a des difficultés singulières, a un environnement familial distinct de vous, etc. Et puis surtout rappelez-vous que les autres laissent paraitre ce qu’ils souhaitent qu’on sache d’eux, mais ce n’est pas forcément la réalité.

Les chiffres

Compter les calories, peser mes aliments, tracker le nombre de pas que je faisais dans ma journée, vérifier mon poids quotidiennement… Les chiffres envahissaient ma tête lorsque j’étais malade. J’en étais esclave ! Peu à peu, j’ai appris à m’en détacher jusqu’à ne plus jamais les utiliser.

Débarrassez-vous de votre balance alimentaire, de votre pèse-personne, de votre montre connectée qui estime le nombre de pas, de votre application mobile pour calculer les calories… Tous ces outils sont censés être « utile », mais sont surtout là pour soutenir votre trouble alimentaire à mieux vous contrôler ! Ne vous dites pas simplement que vous allez arrêter d’y recourir, débarrassez-en vous réellement ! Sinon, dans un moment de fragilité, vous allez vous dire « bon, je regarde mon poids juste une fois », mais c’est la fois de trop ! Ces outils ne sont pas des ressources qui vont vous aider à guérir, et au contraire ! Les outils qui vous soutiendront vraiment sont le journal alimentaire, votre journal intime, des mantras positifs, des histoires inspirantes, etc.

En parlant de se défaire de déclencheur de votre trouble alimentaire, débarrassez-vous également de vos vêtements taille 12 ans ou taille 32/34. Les apercevoir dans votre placard vous rappellera juste que vous ne rentrez plus dedans. Et au lieu de vous dire que vous êtes sur le bon chemin de la guérison, votre trouble alimentaire préfèrera vous faire culpabiliser. Alors, débarrassez-vous-en ! Donnez-les à une association ou vendez-les sur Vinted ! Mais ne les gardez pas à votre vue quotidienne. Et puis au-delà du fait de faire du rangement dans vos placards, c’est symbolique. Après ma première hospitalisation, je n’avais pas voulu m’en débarrasser « au cas où ». Cela sous-entendait que je laissais la porte ouverte à mon anorexie si elle souhaitait revenir. Mais non ! S’en débarrasser signifie que vous rejetez votre trouble alimentaire et que vous acceptez la guérison.

Les relations toxiques

Parfois, on n’a pas conscience d’avoir une relation toxique dans notre entourage. C’était mon cas. Cette personne n’est pas quelqu’un de toxique, mais elle l’était pour moi. J’aimais cette personne. Tellement que ça en devenait malsain. Cette relation me détruisait sans même que je prenne réellement conscience des dégâts que cela créait sur ma santé mentale. Ce n’était pas possible de me battre contre ma maladie tant que j’avais cette personne qui hantait mes pensées inconsciemment. Et puis un jour une psychologue m’a questionné sur mon histoire avec cette personne. J’ai raconté toute mon histoire et c’est là que j’ai compris à quel point je devais me séparer définitivement d’elle si je voulais réussir à me consacrer entièrement à ma guérison. Je ne vais pas vous mentir, c’était difficile. Rien que le fait de supprimer son profil sur Facebook, j’ai eu l’impression de me tirer une balle en plein cœur au moment de cliquer sur « Retirer de la liste d’amis ». Un petit bouton, un simple clic, mais qui venait de mettre fin au dernier moyen de communication qui me rattachait encore à cette personne. Plus jamais je ne la verrai. Plus jamais je ne lui parlerai. Plus jamais je ne saurai ce qu’il se passe dans sa vie. Je n’avais plus le choix. Je devais avancer, mais sans elle. Cela a été très difficile et ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Mais je suis presque certaine que si je n’avais pas fait une croix sur cette personne, je ne serais pas encore guérie aujourd’hui. Cela ne veut pas dire que cette personne était responsable de ma maladie, non. Mais mon attention pour cette personne me détruisait et m’empêchait de me battre.

Les relations toxiques peuvent toucher un(e) ami(e), un membre de la famille, un partenaire amoureux. Mais cela peut aussi concerner une personne moins proche qui parle constamment de poids, de régime et de son alimentation. Vous devez vraiment fuir ces personnes pour ne pas nuire à votre guérison. Je vous donne mes conseils pour faire face aux personnes qui parlent de régime dans cet article. Si vous en avez l’occasion, expliquez à la personne dont vous vous écartez la raison de votre prise de distance. Dites-lui que vous souffrez, que vous êtes malade et que vous avez besoin d’un environnement optimal pour vous aider à vous en sortir. Si cette personne est empathique, elle vous soutiendra afin que vous retrouviez votre santé. Ainsi, elle se détachera de vous pour votre bien.

En vous éloignant des relations toxiques, vous éviterez de déclencher des émotions négatives nourrissant votre trouble alimentaire. Mais vous libérez également de la place dans vos pensées pour vous concentrer sur votre rétablissement.

Le perfectionnisme

Beaucoup de personnes souffrant de trouble alimentaire ont pour trait de caractère commun le perfectionnisme. Le perfectionnisme c’est essayer de tout réussir parfaitement. J’ai toujours été d’une nature perfectionniste. Mais lorsque j’étais anorexique, mon perfectionnisme s’est décuplé. Il fallait que j’aie entre 17/20 et 20/20 à l’école. Si j’avais 16/20, j’étais vraiment déçue de moi-même. Il fallait que mon appartement soit impeccablement rangé. Si je n’avais pas eu le temps de ranger seulement un coin, j’avais honte de moi-même. Il fallait que je sois aimé par tout le monde. Si une collègue de travail n’avait pas l’air de m’apprécier, je me détestais moi-même. Bref, je mettais la barre très haute et cela m’épuisait.

Tant que vous maintenez votre perfectionnisme, vous ne pourrez pas guérir. Vous ne serez jamais satisfait de ce que vous accomplissez. Vous trouverez toujours ça insuffisant. Vous ne pourrez jamais atteindre la perfection tout simplement parce que c’est irréalisable. Vous vivrez une vie de déception et vous ne serez pas heureux(se). Le perfectionnisme entretient votre haine de vous-même et ce sentiment de n’être jamais assez bon. Vous avez l’impression de constamment échouer.

Pour vous détacher de ce perfectionnisme, vous devez accepter vos forces, mais aussi vos faiblesses. Vous êtes humain, pas une machine. Et même les machines connaissent des problèmes techniques. On doit comprendre leurs erreurs pour les réparer afin qu’elles puissent être de nouveau fonctionnelles. Admettez de rechuter, tolérez de ne pas tout réussir parfaitement, acceptez de progresser pas à pas. Acceptez d’être vulnérable.

Le contrôle

Je dis toujours que les troubles alimentaires sont les maladies du contrôle. Le contrôle j’essayais de l’avoir dans tout ce que j’effectuais : le contrôle sur mon travail, sur ce que je mangeais, sur le nombre de calories avalé et dépensé, sur mes émotions… et même le contrôle sur les autres ! Sauf que non, ce n’est pas possible ! Et au-delà du fait que ce soit irréalisable, c’est complètement malsain et cela ne génèrera que de la négativité dans votre vie.

Apprenez à lâcher prise. Tant que vous serez dans le contrôle, vous nourrirez votre trouble alimentaire et vous ne pourrez pas guérir. Guérir en continuant de calculer vos calories, de peser vos aliments et de faire 2 heures de sport par jour, ce n’est pas guérir. C’est continuer d’essayer de contrôler votre corps et votre alimentation, et donc c’est votre trouble alimentaire qui continue de mener la danse.

La peur de grossir

Je ne sais pas si c’est la peur la plus intense, mais c’est l’une que l’on redoute tous quand on est en chemin vers la guérison : la peur de grossir. C’est vraiment l’un des plus grands défis à surmonter lorsqu’on se bat contre un trouble alimentaire.

Généralement, lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on est persuadé que son organisme est fichu. On pense que l’on a habitué son corps à une trop petite ration calorique et que de ce fait, lorsqu’on se remettra à manger, on prendra forcément du poids, et ce de façon disproportionnée.

Mais détrompez-vous ! Même si cela s’y apparente, vous n’avez pas fait de régime, vous souffrez d’un trouble alimentaire. Il y a quand même une sacrée différence entre les deux ! Votre corps a besoin d’une restauration de son poids à la normale pour guérir, et je dirais même pour vivre ! Votre corps a besoin de retrouver une alimentation qui lui permettra de ne plus se trouver piégé par la restriction ou les compulsions de votre trouble. Votre organisme n’est pas fichu ! Il est malade.

On me demande souvent si j’ai repris du poids lorsque j’ai commencé à guérir. Je n’ai pas d’autres réponses que « oui ». Évidemment, j’ai regagné du poids. Mais c’est du poids qu’initialement je n’aurai pas dû perdre. De plus, on ne peut pas guérir sans démaigrir. Le mot démaigrir peut vous faire moins peur que le terme « grossir ». Mais il s’agit réellement de démaigrir, c’est-à-dire que votre corps reprend peu à peu sa forme « santé ».

Vous ne pourrez pas guérir sans regagner du poids. Je sais que c’est difficile à accepter. Je vous garantis que je le sais, car je l’ai vécu. Et chaque jour de ma guérison, tandis que je reprenais peu à peu du poids, je pleurais chaque jour pour tenir bon et continuer de me battre malgré la peur intense que j’avais que cela ne s’arrête jamais. Je vous assure que vous ne grossirez pas à l’infini. Prenez une éponge toute sèche. Mettais là sous l’eau. Peu à peu, elle récupère son aspect d’éponge avec l’eau. Lorsqu’elle est déjà suffisamment gonflée par l’eau, l’eau qui coule dessus retombe sur les côtés, car elle n’a plus besoin d’eau pour obtenir sa forme d’éponge. C’est comme votre corps, il s’arrêtera de démaigrir dès qu’il aura retrouvé confiance en vous, en vos pensées et qu’il aura atteint son poids santé. Faites-lui confiance.

La zone de confort

Cela faisait un an que j’étais malade quand j’ai entrevu une lueur d’espoir dans mon combat. Pour la première fois depuis un an j’étais partie loin de chez moi, en voyage avec des inconnus. C’était la première fois que je me détachais de ma zone de confort. Et c’était la première fois que j’ai réussi à lâcher prise sur des aliments qui me faisaient affreusement peur.

S’il y a une chose que j’ai apprise durant ma guérison, c’est que c’est réellement en quittant sa zone de confort qu’on avance parfois à pas de géant vers la guérison. C’est extrêmement difficile de sortir de sa zone de confort. C’est horrifiant et l’on ne contrôle rien. Mais c’est à cet instant que la maladie est vulnérable et que vous pouvez espérer reprendre le dessus. Et c’est en répétant l’opération que vous pourrez, pas à pas, cheminer vers la guérison.

Lorsque j’ai commencé à guérir de mon trouble alimentaire, j’ai déménagé. J’ai quitté mon appartement pour revenir m’installer chez mes parents. J’ai débuté de nouvelles activités artistiques, j’ai visité des lieux inconnus et fréquenté de nouvelles personnes. Tant de nouvelles choses qui étaient complètement inconnues pour ma maladie. Elle était vulnérable et c’est ainsi que petit à petit je suis parvenue à la maîtriser. Ce n’est pas forcément possible de faire un nouveau départ comme on le souhaite dans sa vie. Mais commencez par changer la décoration ou l’emplacement des meubles dans votre lieu de vie. Vous pouvez parallèlement choisir un chemin différent pour vous rendre sur votre lieu de travail ou à l’école. Vous pouvez également démarrer une nouvelle activité collective.

Quand vous ressentirez un moment de difficulté, que vous vous sentirez menacé, vous allez éprouver une envie oppressante de retrouver votre zone de confort. Mais c’est à cet instant précis que vous devez vous battre et tenir bon ! Votre zone de confort peut vous sembler être sécuritaire, mais c’est tout l’inverse ! C’est ce que veut vous faire croire votre trouble alimentaire. Si vous souffrez, que c’est douloureux, alors vous êtes sur le bon chemin ! C’est que votre trouble alimentaire est en difficulté. Retenez cette phrase : la guérison est un mal sur le court terme pour un bien sur le long terme. Tandis que le trouble alimentaire est un bien sur le court terme pour un mal sur le long terme.

Le manque de soin médical

Je ne le répèterai jamais assez, mais pour moi, être entouré de personnel médical spécialisé dans les troubles alimentaires est primordial. Si c’est le prix qui vous fait peur, sachez que vous pouvez bénéficier d’une Allocation à Longue Durée (ALD) qui vous permettra d’être prise en charge à 100 % pour les soins liés à votre trouble alimentaire. Quand bien même, certain praticien ne sont pas pris en charge. C’est notamment le cas des sophrologues, des kinésiologues, des psychiatres et psychologues aussi parfois. Cependant, dans certains cas, le fait de payer nous engage davantage à se donner à 100 % dans la thérapie pour qu’elle fonctionne du mieux qu’elle peut.

Selon moi, le fait que ces professionnels soient spécialisés dans les troubles alimentaires est véritablement important. Déjà parce qu’ils connaîtront votre maladie et seront plus à même de vous comprendre. Mais aussi puisque grâce à leur expérience, ils sauront vous guider pour vous sortir de là.

Enfin, le fait que le suivi soit régulier et fréquent est vraiment essentiel. Personnellement, je voyais 3 à 4 médecins par semaine. Puis au fil du temps où j’allais mieux on espaçait les rendez-vous tout en diminuant le nombre de praticiens.

Les bénéfices de la maladie

On a parfois du mal à se détacher de la maladie tout simplement parce qu’on en tire des bénéfices. Des bénéfices à souffrir d’un trouble alimentaire ?! Oui tout à fait ! On n’en a parfois pas conscience, mais c’est bien le cas.

Pour vous aider, vous pouvez dresser un tableau des pours et des contres de votre maladie. Les pours seront les bénéfices que vous en retirez. Il n’y a pas de honte à en éprouver. Cela fait partie du vice de la maladie. Pour ma part, le bénéfice que j’en retirais était d’avoir une excuse. L’excuse de ne pas être présente à des invitations, l’excuse d’être fatiguée, l’excuse de ne pas faire les choses parfaitement. J’avais également la sensation qu’on m’accordait de l’attention grâce à ma maladie. J’avais de même ce sentiment d’être unique, de me démarquer des autres et notamment de ma sœur.

En faisant la liste des bénéfices, essayez de trouver pour chacun d’entre eux un raisonnement logique provenant de vous et non pas de votre trouble alimentaire pour réfuter ces bénéfices. Ce n’est pas aussi simple que cela n’y paraît. Vraiment, prêtez-vous au jeu. Vous pouvez vous aider d’un thérapeute pour contredire ces bénéfices.

Peur de l’échec

La peur de l’échec est une peur tout aussi importante que la peur de grossir. Les personnes souffrant d’un trouble alimentaire ont souvent une faible estime d’elle-même. Tellement faible qu’elles sont persuadées de n’être bonnes à rien. Leur peur de l’échec peut quelquefois les empêcher d’essayer de guérir au cas où elles n’y arriveraient pas. Parfois, rien que le fait d’accepter de guérir confirme selon elles qu’elles ont pris « le mauvais chemin » et que donc elles se sont trompées.

Le fait d’être perfectionniste amplifie d’ailleurs souvent la peur de l’échec.

N’ayez pas peur de l’échec et admettez de « faire des erreurs ». L’échec est la clé du succès. On apprend en échouant. Vous avez appris à marcher en tombant de nombreuses fois et en vous relevant. Si chaque bébé ne se relevait plus par peur d’échouer la prochaine fois qu’il réessaie de marcher, on verrait du monde à quatre pattes dans la rue.

Votre trouble alimentaire n’est pas un échec. C’est une épreuve de la vie. Et c’est une étape qui vous aura rendue plus solide une fois que vous en serez sortie. Je vous assure que si je devais renouveler ma vie, je la recommencerais exactement telle que je l’ai vécu. Avec mon trouble alimentaire y compris ! Parce qu’aujourd’hui je me sens plus forte. Bon nombre de fois où je suis face à une difficulté et où je me dis intérieurement « Si j’ai réussi à vaincre mon trouble alimentaire, alors je suis capable de surmonter n’importe quelle épreuve de la vie ! »

Attendre le bon moment

Lorsqu’on s’apprête à se battre contre un trouble alimentaire, on dit souvent qu’on « attend le bon moment ». Sauf que le bon moment, ça n’existe pas ! Il n’y a pas de moment approprié pour guérir !

Une personne atteinte d’un cancer ne va pas attendre le bon moment pour commencer sa chimio. En attendant, les cellules contaminées auront le temps de se répandre dans son corps, amplifiant sa maladie et la rendant encore plus difficilement guérissable.

C’est la même chose pour votre trouble alimentaire ! Sachez qu’au plus le temps passe sans que vous ne vous soigniez, au plus votre trouble alimentaire se propage dans votre cerveau et au plus ce sera complexe de se battre contre lui. Plus tôt vous déciderez de vous soigner, plus vous guérirez rapidement et facilement.

L’identité du trouble alimentaire

Les troubles alimentaires sont pervers à tel point qu’ils nous volent notre identité. Lorsqu’on est atteint d’anorexie, de boulimie, d’hyperphagie, d’orthorexie ou de tous autres TCA, on s’est forgé une identité à travers sa maladie. Le trouble fait partie intégrante de notre vie. On se retrouve donc en droit de se demander « Que vais-je devenir sans mon trouble alimentaire si je guéris ? ». Je me suis moi-même posé la question. Et la réponse, on ne la trouve qu’en se laissant aller vers la guérison. Petit à petit, j’ai découvert la nouvelle Mathilde que je devenais sans mon trouble alimentaire : j’ai découvert mes goûts, mes passions, mes envies, etc.

Votre trouble alimentaire dirige littéralement votre vie : vos actions, vos pensées, vos choix, votre comportement… Votre vie entière tourne autour de la survie de votre trouble alimentaire plus que votre propre survie ! Quitter la maladie va laisser un vide qu’il faudra combler. Et c’est de ce vide qu’on a peur lorsqu’on se trouve sur le chemin du rétablissement.

En prenant en compte toutes les activités que je fais actuellement, toutes les personnes que je vois, les choses que je réalise quotidiennement, je me demande qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir dans ma vie avant, lorsque les troubles alimentaires occupaient mon esprit : RIEN. Vraiment, la réponse n’est « rien » ! C’était principalement des choses insignifiantes : ce qu’on va manger ce soir, ce qu’on mangera demain, le nombre de calories de notre petit-déjeuner, le repas que notre voisin a pris, le nombre de kilomètres parcourus, etc. Votre trouble alimentaire biaise totalement votre façon de voir la vie. Sans lui, vous apprendrez à vivre et ça vaut tellement le coup de vivre plutôt que de survivre !

Votre passé

Lorsque j’étais malade, je vivais constamment dans le passé. Je cherchais à connaître le coupable de ma maladie. Je me demandais si ma vie serait différente si je n’avais pas vécu mon passé. Je regardais des photos du passé avec nostalgie. Je relisais des conversations avec des personnes qui n’étaient même plus dans ma vie.

Ce qui est passé est terminé ! On ne peut plus rien modifier ! La seule chose que l’on détient réellement c’est le présent. Il est donc essentiel de se focaliser sur votre présent, sur ce que vous pouvez faire ici et maintenant pour changer votre futur.

Même lorsqu’on commence à guérir, il faut éviter de regarder son passé. Cela peut représenter des déclencheurs de rechute vers le trouble alimentaire. Débarrassez-vous des photos, des messages, des vêtements… de tout ce qui peut vous rappeler de mauvais souvenirs du temps passé.

Il est temps de remplacer les mauvais souvenirs en créant dans le présent des anecdotes positives.

Quitter son trouble alimentaire est vraiment une chose difficile. Lorsque j’étais sur le chemin de la guérison, j’avais parfois ce sentiment que l’anorexie était prête à me lâcher tandis que moi je n’étais pas encore prête à la laisser partir.

Abandonner son trouble alimentaire demande un lâcher-prise sur soi-même, sur son idéal de la beauté, sur sa peur de l’échec, sur sa peur de grossir… C’est avoir peur de devenir « ordinaire», de tomber dans la « normalité ». C’est également vouloir guérir, mais en gardant un corps maigre. Ce sont deux choses incompatibles et même irrationnelles. Ou alors, vous ne serez pas totalement guéri et votre risque de rechute sera d’autant plus élevé.

Lâcher prise sur les dernières barrières qui vous maintiennent dans la maladie. Vous vivrez une vie plus épanouie, avec des processus cognitifs rétablis et des obsessions sur la nourriture et le corps qui diminueront jusqu’à disparaître.

C’est extrêmement difficile et vous avez peut-être la sensation de ne pas avoir la force de lutter contre votre trouble alimentaire. Mais je vous promets que ça en vaut la peine et que vous serez beaucoup plus heureux(se) lorsque vous serez guéri. 

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3 commentaires

Bonjour
Merci pour ton blog. Moi le plus difficile dans la guérison cest la perte d’identité. Jai l’impression que l’anorexie a comblé un vide et j’ai peur de retrouver ce vide…

Bonjour,
Je vos totalement ce que tu veux dire. C’est comme ci on déraciné un arbre (qui était l’anorexie), et qu’il y avait un énorme trou. Et on ne sait que mettre dans ce trou, on a peur d’y tomber sans savoir remonter. Je vois totalement ! Tu peux tenter de « combler » ce vide en cherchant des choses que tu aimes faire qui n’ont pas de rapport avec ton corps/alimentation : Voir des amis; de la famille; faire une activité artistique (dessin, musique)… Tu vas « combler » ce vide en apprenant à te connaître, en découvrant ce que tu aimes vraiment faire.

Bonjour,
Je viens de découvrir ton blog et sincèrement ça m’a fait du bien de lire ses lignes… je me suis retrouvée dans de nombreuses situations notamment celle de la peur de grossir et aussi celle où tu n’ose pas sortir de sa zone de confort. J’essaie de lâcher prise, je remange des choses que j’aime mais parfois la culpabilité et la peur de prendre du poids si brutalement me fait peur et je me retranche dans ma zone de confort… je sais, ce n’est pas la bonne méthode et qu’il faut continuer à lâcher prise mais c’est très dur quand cette peur te prend au tripes.

Merci en tout cas pour cet article si vrai

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