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anorexie : les causes possibles

anorexie : les causes possibles

anorexie : les causes possibles

3.1 Obésité infantile

Aujourd’hui, je vais vous parler des causes des troubles alimentaires, voire des causes de l’anorexie, car une fois de plus, c’est ce dont j’ai souffert. Et c’est aussi le TCA sur lequel on retrouve le plus de littérature médicale. À noter quand même que dans la plupart des revues, que j’ai lues pour me documenter pour compléter mes connaissances, elles signalaient que les causes étaient les mêmes pour les autres troubles alimentaires comme la boulimie ou l’hyperphagie. Dans tous les cas, il s’agit de causes possibles, c’est surtout fait sur des hypothèses, car les troubles alimentaires sont des maladies complexes dont on ne parvient pas à trouver les explications exactes. D’ailleurs, il existe différentes causes de l’anorexie, la boulimie… C’est souvent multifactoriel, et vous pourrez voir que certains éléments sont liés entre eux. Donc c’est presque certain que vous allez vous retrouver dans plusieurs points que je vais présenter. Au-delà du terme « cause », je pense qu’on peut presque surtout parler de facteur de risque. Dans le sens où ce n’est pas parce que quelqu’un a eu les éléments que je vais citer dans sa vie qu’elle va forcément souffrir de cette maladie mentale. 

Et enfin, avant de rentrer dans le cœur du sujet, je voulais aussi dire que les causes des troubles alimentaires dépendent de chacun. C’est pour ça que je dis aussi qu’il y a autant de types de trouble alimentaire que de patients qui en souffrent parce que chacun à son histoire unique. Donc même si l’on a des similitudes, vous n’aurez jamais exactement les mêmes causes qu’une autre personne. 

Il existe donc énormément de causes possibles à l’anorexie, la boulimie… ! Et je ne vais certainement pas pouvoir tout citer, donc c’est vraiment non exhaustif. Justement, pour essayer de structurer un peu, je vais vous parler de causes / facteurs internes et externes. Les facteurs internes, ce sont les facteurs « en vous », donc liés à votre corps, votre organisme, votre fonctionnement, votre cerveau. Mais attention, ça ne veut pas dire que c’est votre faute, que vous êtes responsables de ces causes. Ensuite, on aura les facteurs externes qui proviennent de votre environnement. Mais on verra que ces facteurs-là peuvent engendrer des facteurs internes, en modifiant vos traits de caractère par exemple, etc.

Les causes internes des troubles alimentaires

#1 - LA GÉNÉTIQUE

La première cause possible, c’est une question qu’on a pu souvent me poser : est-ce que les troubles alimentaires sont génétiques ? Donc la première source possible, c’est la génétique. 

Il y a de nombreuses études qui se sont penchées sur le lien entre la génétique et le développement de TCA. Beaucoup démontrent en effet une corrélation significative entre les deux. On ne sait pas quels sont les gènes exacts qui sont impliqués dans le développement de l’anorexie ou de la boulimie. Mais apparemment, s’il y a des antécédents de troubles alimentaires dans la famille, ça augmente fortement la probabilité d’en développer un. Certaines études indiquent que 30% des personnes souffrant de TCA ont une influence génétique, d’autres études tablent autour de 80%. Donc c’est assez vaste, mais ça semblerait en tout cas être un gros élément à prendre en compte. Ce pourcentage augmenterait s’il s’agit d’un parent proche ou d’un frère, d’une sœur. Et en quoi ça représente une cause possible aussi ? Parce que les enfants font du mimétisme et donc en voyant par exemple un parent avoir des comportements de trouble alimentaire, il va reproduire.

Mais il n’y a pas que des antécédents de troubles des conduites alimentaires qui comptent. D’autres études ont montré que des antécédents familiaux de toxicomanie, de dépression peuvent également augmenter le risque de développer cette maladie mentale.

Ce facteur fait parfois beaucoup parler, parce que certaines personnes associent automatiquement la génétique au lien à la mère en culpabilisant du coup la mère, c’est-à-dire en la prenant pour cause. Parce que la mère est la première personne qui nourrit le bébé, qui a la possibilité d’allaiter. Mais ça, c’est dur, je trouve, car la mère est souvent culpabilisée pour quoi que ce soit en lien avec son enfant. Or ce n’est pas vrai. Ce n’est pas la mère qui provoque l’anorexie de sa progéniture. Certes, si la maman souffre elle-même d’un TCA, cela augmente sans doute les risques que sa fille ou son fils le développe. Mais c’est un facteur de danger et pas un lien de cause à effet systématique. Et puis, il n’y a pas que la mère qui peut influencer : le père aussi, les grands-parents, etc. Il y a des enfants qui ont des parents avec des TCA et qui n’en développent pas, et d’autres qui n’ont aucun membre de la famille qui en a, mais qui finalement en développe tout de même. 

Donc voilà, je le précise, car je trouve ça difficile quand les parents, et notamment la mère est accusée à tort. Après, encore une fois, ça dépend de l’histoire de chacun, s’il y a des traumatismes en lien, etc.

#2 - FACTEURS PSYCHOLOGIQUES

Ensuite, d’autres problèmes de santé mentale peuvent créer un terrain favorable au développement de la maladie. Par exemple, un patient souffrant d’anxiété, de dépression, de TOC (troubles obsessionnels compulsifs) présente une probabilité plus accrue d’en développer. 

Je fais notamment un focus sur l’anxiété, beaucoup de personnes souffrant d’anxiété depuis longtemps (souvent de l’enfance) comme avec un TAG (Trouble Anxieux Généralisé), de la phobie sociale, etc., souffrent d’un TCA à un moment de leur existence. J’ai lu une étude qui indiquait que 2/3 des patients anorexiques peinaient déjà avant d’anxiété. Et personnellement, c’était mon cas.

#3 - PROBLÈMES DE SANTÉ LIÉS (PLUS OU MOINS) À L’ALIMENTATION

3.1 Obésité infantile

Les enfants, adolescents ayant des antécédents d’obésité infantile sont plus à risque de développer de la boulimie ou de l’hyperphagie. Ce sont des enfants qui ont peut-être reçu des remarques de façon récurrente sur leur poids (ou même, il suffit d’une fois…) ou qui ont connu de la discrimination sur leur physique. Peut-être qu’on leur a mis une pression sur leur poids dès le plus jeune âge (et ça même par des médecins), peut-être qu’ils ont été restreints… Bref, tous des facteurs qui instaurent un climat favorable aux TCA.

3.2 Diabète de type 1

Une étude a démontré que 25% des femmes ayant un diagnostic de diabète de type 1 développent un trouble du comportement alimentaire. Et il existe d’ailleurs un nom pour ça, la diaboulimie. C’est lorsqu’un patient atteint de diabète type 1 se restreint et diminue sa prise d’insuline pour perdre du poids, ce qui amène des complications pour leur maladie initiale. Pourquoi ces personnes développent davantage un TCA ? Entre autres parce que le diabète leur demande d’avoir une hygiène de vie stricte, un contrôle sur leur nourriture et une activité sportive rigoureuse. Ça fait malheureusement partie de leur traitement de base, or dans les TCA, il faut se détacher de ça pour la guérison, donc ça ne doit vraiment pas être simple à gérer pour eux.

#4 - Les hormones

Il y a aurait un lien entre les hormones et les troubles des conduites alimentaires. Notamment lors de la puberté, où il y a des changements hormonaux. Et ça crée des changements physiques qui peuvent engendrer de l’insatisfaction corporelle.

#5 - La sérotonine

J’ai trouvé une seule étude parlant de ce motif. Une dérégulation de la sérotonine pourrait causer l’apparition d’un trouble du comportement alimentaire. Je n’ai pas plus d’éléments à ce sujet, et n’étant pas médecin, je ne préfère pas dire de bêtises.

#6 - Les traits de caractères

On retrouve beaucoup d’études qui parlent de traits de caractère communs chez les personnes souffrant de trouble alimentaire. Pour moi, là, on doit vraiment davantage parler de facteurs de risque que de causes. Parce que toutes les personnes ayant ces traits de caractère ne tombent pas systématiquement malades. Dans ces traits de caractère, on retrouve notamment : 

  • Difficulté à exprimer ses émotions
  • Faible estime de soi
  • Doutes sur l’avenir, peur des responsabilités
  • Sensibilité aux événements stressants
  • Tendance à faire passer les besoins des autres avant soi
  • Perfectionnisme axé sur soi, en se fixant des attentes irréalistes, en s’imposant une organisation excessive…

Peut-être que vous vous êtes reconnus là ? Le trouble alimentaire vient en apaisement de ces maux-là, de ces souffrances. Évidemment, c’est de façon inconsciente. 

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Personnellement, je pense que ces traits de caractère sont pour beaucoup la conséquence d’éléments externes. Par exemple, des traumatismes, des règles familiales tacites, des événements anxieux… peuvent amener un individu à avoir une faible estime de soi, à ne pas exprimer ses émotions, à s’oublier, etc. Il peut s’agir également de traits de caractère transmis par l’environnement familial. Je vais parler de tout ça par la suite. Je reviendrai aussi sur la notion du perfectionnisme en deuxième partie quand je vais parler des possibles sources externes. 

#7 - Crise identitaire

Avant de passer aux possibles sources externes, je voulais également parler des crises identitaires qui peuvent être une explication possible. J’entends par crises identitaires lorsque quelqu’un ne parvient pas à savoir qui il est : parce qu’on lui a collé trop d’étiquette, parce qu’il a été obligé inconsciemment de vivre à travers une autre personne, parce qu’il s’est oublié, qu’il ne sait plus qui il est en fait. 

Le trouble alimentaire va aider à avoir une identité, donc qui n’est toujours pas SON identité, mais la personne a trouvé cette solution-là. Évidemment, il s’agit d’un processus inconscient. C’est quelque chose dont j’ai parlé dans l’article sur les bénéfices secondaires

Et sur ce sujet de la crise identitaire, il a été démontré que beaucoup de jumelles et jumeaux, notamment les « vrais », donc ceux qui ont un physique très similaire, développent plus de TCA. Pour quelles raisons ? Parce que beaucoup de jumeaux sont souvent comparés l’un à l’autre, ou alors, ils sont considérés comme une seule et même unité (quand on les appelle « les jumeaux », « les jumelles »). Les jumeaux identiques ont aussi ce problème de se voir en permanence comme si l’on se contemplait toute la journée dans un miroir. Donc ils voient les défauts sur l’autre, mais quelque part sur eux-mêmes. Il y a aussi une compétitivité qui peut naître entre eux, ce qui est un facteur de risque qu’on retrouve dans l’anorexie. Donc c’est fréquent, du moins, il y a plus de probabilité chez les jumeaux que l’un d’eux développe un TCA, souvent de l’anorexie mentale. C’est une façon de se démarquer, de se distinguer de l’autre. Encore une fois, c’est de façon inconsciente. 

Les causes externes possibles

Je vais maintenant parler des causes externes. Je pense que c’est pour moi les plus importantes, qui ont le plus de poids dans la balance et qu’on retrouve le plus chez les patients. D’autant que, comme je l’ai dit, les éléments externes engendrent des facteurs internes qu’on a exposés juste avant.

#8 - Les événements anxiogènes, des transitions de vie

La vie n’est malheureusement pas un long fleuve tranquille. Et l’on vit tous des événements tragiques, parfois à des moments où l’on ne s’y attend pas, où l’on est vulnérable. Bref, certains événements peuvent être difficiles à vivre et le trouble alimentaire vient en réponse à ces instabilités (parfois des années après).

Ces événements peuvent être divers selon chaque personne. J’ai déjà entendu dire qu’un TCA arrive dans un contexte d’abandon, de séparation. Donc ça peut être la perte d’un proche, une rupture, un divorce, un ami ou un frère qui déménage, un déménagement justement…

Et de façon plus générale, des transitions de vie comme un nouveau travail, l’arrivée d’un enfant, l’entrée en études supérieures, etc.

En fait, ce n’est pas forcément l’événement en lui-même qui déclenche la maladie. C’est plutôt les croyances adoptées à la suite de ces événements : des croyances sur soi-même, sur la vie. C’est aussi peut-être la façon dont on a été traité, ou la façon dont on s’est senti à l’écart. Finalement, ce n’est pas l’événement en lui-même qui compte le plus, c’est surtout votre ressenti. Et c’est pour ça que c’est important d’analyser ces événements, votre ressenti, ce qu’il s’est passé en vous. Vous pouvez si vous le voulez écrire ce que vous ressentiez ou en parler avec un psy. Mais je précise que c’est le ressenti, car en fait, 2 individus peuvent vivre le même événement, mais seulement l’un d’eux peut tomber dans une maladie mentale. Ça ne veut pas dire que l’un est plus faible ou que c’est dans sa tête, ou que « il en fait trop ». Chaque personne réagit à sa façon et dans son contexte, son interprétation. 

#9 - Les traumatismes

Alors, c’est très intrinsèquement lié à ce que j’ai dit avant. Simplement, je n’ai pas évoqué d’autres traumatismes qu’on retrouve comme antécédent chez les personnes souffrant de TCA : les violences physiques, les violences sexuelles, le harcèlement scolaire, les relations amoureuses toxiques. MAIS, un traumatisme ce n’est pas forcément quelque chose d’aussi tragique. Je sais que certains se sentent illégitimes, car ils n’ont pas vécu de « traumatisme ». On fait souvent le parallèle entre agressions sexuelles et TCA. En réalité, c’est moins de 30% des patients (c’est déjà beaucoup trop). Un traumatisme c’est très vaste et ça ne repose pas sur l’événement en lui-même encore une fois, mais sur le ressenti de la personne. Par exemple, un traumatisme, ça peut aussi être : 

  • Grandir avec un parent qui n’exprime pas d’affection 
  • Avoir un parent qui vit à travers toi, qui essaies de te modeler comme il voudrait que tu sois
  • Devoir t’occuper de tes propres parents ou de tes frères et sœurs alors que tu n’es qu’un enfant
  • C’est être culpabilisé dès que tu exprimes tes sentiments ou tes émotions
  • C’est par exemple des déménagements fréquents 
  • C’est des disputes fréquentes entre tes parents
  • C’est grandir dans une famille qui n’accepte pas la différence
  • C’est grandir dans une famille qui base tout sur l’apparence
  • C’est être soumis à de la pression de réussir ses études, de ne pas avoir le droit à l’erreur
  • C’est ne pas te sentir soutenu dans tes choix 
  • C’est grandir dans une insécurité financière
  • C’est grandir dans une famille où l’on ne prend pas en compte ce que ressens, pense l’enfant

Bref, c’est ultra vaste ! Un TCA survient dans le cadre d’un traumatisme si ce dernier n’est résolu. 

Et encore une fois, l’importance d’un traumatisme ou la gravité d’un traumatisme ne peut être jugée. L’important c’est vraiment ce que toi tu ressens, pas ce que l’opinion publique pense. Je sais que ce n’est pas simple de prendre du recul et de ne pas ressentir ce sentiment d’illégitimité (vraiment je sais), mais c’est important de toi-même te reconnaître comme victime pour pouvoir t’accorder la bienveillance dans ta guérison de tes blessures.

De toute façon, je vais dédier un épisode de podcast au sujet des traumatismes. Parce que c’est un sujet qui me tient à cœur et dont je pense qu’il y a beaucoup de préjugés. Beaucoup ne se sentent pas concernées ou plutôt, ne se sentent pas légitimes d’être concernés, mais pourtant le sont. Et en plus de ça, ça a un GROS lien avec sa façon d’aborder la vie, et notamment le développement potentiel de son TCA.

Avant de clôturer le sujet des traumatismes dans cet article, je voulais aussi parler des moqueries ou remarques sur le corps, l’apparence physique. Beaucoup des patients souffrant de trouble alimentaire (une étude indiquait 60%) affirment avoir reçu des commentaires sur leur poids ou leur physique. C’était notamment par des membres de la famille, de médecin (!!), des professeurs, des entraîneurs de sport, des camarades de classe… Or, ces commentaires engendrent de l’insatisfaction corporelle. Et si tu es déjà dans un contexte où tu as une faible estime de toi-même (dû à n’importe quelle autre cause), bah forcément, cela augmente la fertilité du terrain pour le développement de la maladie.

#10 - HISTOIRES FAMILIALES & TRAUMATISMES TRANSGÉNÉRATIONNELS

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Les traumatismes, événements « tragiques », les non-dits qui se transmettent de génération en génération peuvent aussi être liés. Vous savez que les descendants des survivants de l’Holocauste (donc des camps) ont développé plus de TCA ? Parce que ces survivants ont été soumis à une énorme famine et à cette époque, on n’exprimait pas ce qu’on ressentait. Ils ont tout gardé en eux et la mémoire du corps s’est transmise avec son lot de traumatisme, ce qui a favorisé le développement d’anorexie sur les générations suivantes. 

Personnellement je crois beaucoup en la psychologique transgénérationnelle. Et je pense que c’est intéressant de demander à ses parents, ses grands-parents ou grands-oncles, grandes-tantes si c’est possible, de parler un peu de l’histoire familiale. Moi en faisant ça, j’ai su qu’il y a avait déjà une personne souffrant d’anorexie sur la génération d’avant. J’ai su qu’il y avait eu au moins 2 suicides. Fin voilà, j’ai appris plein de choses ! Est-ce que ça me permet d’expliquer mes TCA? Non, mais c’est juste un élément en plus dans la balance.

Le trouble alimentaire peut venir en moyen de faire face aux conflits émotionnels, aux tensions non résolues au sein de la famille. 

Et en fait, les 3 éléments que j’ai abordés là, les traumatismes & événements clés de votre existence vont venir influer sur votre personnalité, vos traits de caractère, vos mécanismes de défense, vos croyances sur la vie…. Donc tous des facteurs internes ! Et d’ailleurs, avant je parlais de perfectionnisme. J’y reviens maintenant : on dit souvent que l’anorexie est liée au perfectionnisme, au contrôle. Je pense que c’est aussi surtout lié à une recherche de sécurité intérieure. Ce que l’on recherche à travers ces comportements de contrôle, c’est un sentiment de sécurité, c’est pour se protéger.

D’un point de vue extérieur, c’est une perpétuelle recherche de contrôle. Mais à l’intérieur, c’est une quête de sécurité.

Pourquoi cette recherche de sécurité ? Peut-être pour se protéger des regards des autres ou d’un danger extérieur. Certains souhaitent inconsciemment devenir tellement maigres qu’ils seraient comme “invisible”, à l’abri de tout danger. D’autres développent inconsciemment comme une carapace à travers des kilos émotionnels pour se protéger.

Cela peut être dû à une sécurité jamais totalement ressentie durant l’enfance. Ça peut être un manque de sécurité dans un environnement actuel qui semble menaçant. Ça peut être un manque de confiance en soi tellement profond que l’on a peur de ne pas savoir faire face au monde extérieur. Ça peut être des schémas de croyance erronée sur la perception du monde qui semblerait dangereux.

Parfois, c’est une façon d’anesthésier des souvenirs ou des émotions douloureuses qu’on ne semble pas réussir à gérer, qui nous poussent dans une insécurité.

L’origine de cette quête de sécurité est propre à chacun et il y a rarement une seule réponse.

Demande-toi : de quoi te protègerait ton tca ? Quelle sécurité il t’apporterait ?

#11 - Pression culturelle

Ce n’est pas la première fois que j’en parle. On vit dans une société qui inculque une culture du régime, qui valorise la minceur, qui associe la minceur au succès, à la beauté, à la performance. On est même dans une société grossophobe. Et tout ça, c’est véhiculé par les médias, par des médecins, des membres de la famille, des élèves à l’école, des inconnus, etc. Donc ça cultive un terrain favorable à une mauvaise image corporelle, et aux développements de la maladie.

#12 - Les réseaux sociaux

C’est lié au point précédent, mais les réseaux sociaux sont plus que liés à l’apparence (notamment Instagram, TikTok, je dirais aussi YouTube). Je trouve que c’est de pire en pire, et de plus en plus de jeunes (qui sont vulnérables, à un âge où ils ont peu confiance en eux) qui sont sur ces plateformes. Moi lorsque j’étais au collège, ça n’existait pas et heureusement ! Mon adolescence était déjà assez compliquée comme ça… donc ça aurait été encore pire ! Les réseaux sociaux véhiculent une perception irréaliste de l’image corporelle. Les interactions humaines « réelles », en face à face, sont beaucoup moins priorisées pour des interactions virtuelles. Ce qui fait que certaines personnes se renferment sur elles-mêmes. Les réseaux sociaux amènent aussi au cyberharcèlement. Et il y a même des communautés proanorexie. Bref, les réseaux sociaux sont une énorme bête noire pour le développement des TCA. Et c’est un sujet tellement important, et dont vous êtes pour la plupart tellement concernés, que j’ai décidé d’en faire un épisode dédié (que je préparerais bientôt).

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#13 - Métier ou activité propice aux TCA

Sans être à l’échelle de la société, on peut ressentir une pression sur l’apparence, et ce même très jeune, si l’on pratique une activité sportive, artistique qui a des exigences physiques. C’est le cas notamment de la gymnastique, de la danse classique. J’avais écrit un article à ce sujet :  gymnastique, dance & TCA.

Et puis, au-delà de l’activité périscolaire, tu peux également te retrouver dans une branche de métier qui met une grosse pression sur le physique également, notamment dans le monde de la mode, du mannequinat, de la photo, etc. 

#14 - Les régimes

Je ne pouvais pas terminer cet article sans parler des régimes. C’est pour moi lié au point sur la pression culturelle qui incite les gens à faire des régimes. Ça peut aussi être lié à l’environnement familial. Car malheureusement, certaines personnes ont grandi dans un environnement où leurs parents faisaient des régimes. Certaines ont été contraintes de faire un régime très tôt dans leur enfance, l’adolescence. Certaines ont enchaîné des années dans les régimes. Et les régimes sont souvent un facteur de risque aux troubles alimentaires. À savoir que 98% des régimes échouent… Et il y a de nombreuses études qui ont aussi démontré que beaucoup des symptômes des troubles du comportement alimentaire sont en fait des symptômes de la famine. J’en parle d’ailleurs dans l’épisode sur la famine où j’explique l’expérience du Minnesota. La restriction affecte le cerveau, entraîne des changements d’humeur fréquents, une pensée rigide, de l’anxiété, etc. D’ailleurs j’ai fait un article sur les conséquences de l’anorexie et beaucoup des conséquences citées sont en fait le résultat de la restriction. 

Après, on entend souvent dire que les TCA débutent après un « régime foiré ». Pour moi, et ça vaut pour différentes causes que j’ai exposées dans cet article, il y a une différence entre un déclencheur et la cause profonde. Je vous donne mon cas : j’ai eu une relation amoureuse, plutôt même une rupture, qui a été un déclencheur à mes TCA. Pendant longtemps, j’ai cru que c’était de sa faute (mon ex), si j’étais tombée dans les TCA. Mais en fait, c’était la relation dans laquelle j’étais, la façon dont je me ressentais qui venait faire écho à quelque chose de beaucoup plus profond qui remontait à mon enfance. Pareil, je suis tombée malade dans un contexte de séparation amoureuse, mais aussi géographique (puisque c’était lors d’un long voyage à l’étranger). Et ce n’est pas à cause du voyage que je suis tombée malade, ça a été un déclencheur. Mais ça venait faire écho à la séparation avec ma mère, à ma peur de grandir, d’être adulte… à des blessures d’enfance encore une fois. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
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  • Reconstruction de ton identité,
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...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Donc voilà, je vous invite vraiment à vous poser des questions sur le moment où vous êtes tombé malade (le « à peu près », car il n’y a pas de date précise). Essayez d’identifier les déclencheurs. Et pour chaque déclencheur, essayez de comprendre ce que vous vous êtes dit dans votre tête à ce moment-là, dans quel contexte vous étiez. Ça peut vous permettre d’identifier peut-être des croyances que vous aviez, de faire le parallèle avec un autre moment de votre vie plus lointain par exemple. 

Et je vous invite vraiment à chercher vos bénéfices secondaires, ça peut vous aider à trouver les causes. 

Dans le programme ButterflyBody, il y a pas mal de vidéos et exercices que je vous propose pour vous aider à retravailler sur l’origine, le pourquoi de votre maladie. Pour moi, c’est important de comprendre le contexte, l’histoire. Mais après, il ne faut pas se mettre de pression. C’est important d’avoir des éléments, mais vous ne devez pas TOUT résoudre pour guérir. Moi, j’ai eu la réponse à la plupart des questions que je me posais sur mon histoire une fois guérie. Et c’est normal parce que j’avais plus de liberté mentale, plus d’énergie pour y répondre. Et par contre, le fait d’y répondre, d’avancer dessus, je pense que ça m’a permis de ne pas rechuter. 

J’espère que je vous ai donné des pistes de réflexion, que ça vous permet d’avancer même si ce n’est que d’une chouille. Encore une fois, c’est plus que fortement possible que votre TCA soit lié à des éléments que je n’ai pas dits dans cet article, car comme j’avais précisé au début, les causes sont tellement multiples que c’est non exhaustif. 

N’hésitez pas d’ailleurs à apporter votre témoignage et parler de vos causes en commentaire ! Ça peut aider d’autres personnes. 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 0 commentaire
Conséquences de l’anorexie

Conséquences de l’anorexie

Conséquences de l’anorexie

Malheureusement, l’anorexie est une maladie mentale qui affecte de nombreux aspects de la vie de ceux qui en souffrent. Donc évidemment, les conséquences sont nombreuses. J’ai écrit cet article, car c’est quelque chose que l’on m’a souvent demandé. Certaines personnes m’ont dit avoir le besoin de connaître les effets de leur anorexie pour leur créer comme des petits électrochocs. Personnellement, je ne connaissais pas toutes ces conséquences lorsque j’étais moi-même malade. Donc, le but n’est pas de te faire peur ! Tu as déjà assez de sujets d’angoisses comme ça ! Et puis surtout, il faut retenir que tu ne vas pas souffrir de TOUTES ces conséquences. Ici, je présente presque toutes les répercussions possibles. Moi-même, je n’ai pas connu tout ce qui va t’être présenté ici. 

N’oublie pas de toujours consulter un professionnel de santé pour avoir un œil sur ton état de santé et le surveiller. Vraiment, c’est important ! Tu n’as qu’une vie, ne l’oublies pas…! 

Enfin, je voulais te dire que les conséquences ont tendance à tarder à se manifester. Mais ce n’est pas parce qu’une conséquence n’est pas visible qu’elle n’est pas présente. Malheureusement, elles s’installent insidieusement… Et ce n’est pas non plus parce que tu ne les as pas, que ton anorexie est moins grave. Vraiment pas !! (ça, c’est un argument de ton trouble alimentaire pour te faire te sentir illégitime…)

Note : Je parle des conséquences de l’anorexie, car je connais beaucoup mieux ce trouble (c’est celui dont j’ai souffert). Donc je ne parlerai pas des impacts spécifiques des autres troubles du comportement alimentaire : boulimie, hyperphagie…

Les conséquences physiques sur le court terme

Je commence par te parler des impacts physiques, bien qu’il s’agisse d’une maladie mentale. Mais c’est souvent ceux auxquels on prête le plus rapidement attention, car on les ressent, on peut même parfois les voir.

La perte de cheveux :

Il s’agit d’un effet à court terme, mais il faut tout de même garder en tête que nos cheveux reflètent notre état de santé d’il y a 3 ou 4 mois. Par manque de nutriments, les cheveux sont plus cassants, plus ternes, plus fragiles. Ils vont donc tomber. Et en plus de ça, la phase de croissance est beaucoup plus ralentie. Donc d’une façon générale, cela occasionne une perte de cheveux. 

Si tu veux une check list des 26 conseils pour la repousse de tes cheveux après l’anorexie, c’est ici :

Peau, ongles

Un peu dans la même “thématique”, la peau est plus sèche, les ongles plus cassants…

Le flux sanguin est ralenti

Le corps rencontre donc des difficultés à maintenir sa température corporelle. C’est pour ça qu’une personne anorexique a beaucoup plus rapidement froid et qu’elle rencontre de grandes difficultés à se réchauffer, même avec plusieurs couches de vêtements.

Lanugo

Par conséquent, il est possible que pour maintenir le peu de chaleur corporelle, ou tout simplement pour se réchauffer, l’organisme produit naturellement un lanugo. Si tu veux en apprendre plus à ce sujet, j’ai fait un article complet sur le lanugo & l’anorexie.

Les problèmes de digestion 

Les troubles intestinaux sont présents chez la plupart des personnes anorexiques : crampes d’estomac, diarrhée, nausée… 

Il y a également la gastroparésie : c’est-à-dire que les muscles de l’estomac ne fonctionnent pas bien, entraînant un retard de la vidange gastrique. En effet, le corps est en mode “économie d’énergie” puisqu’il a très peu d’énergie due à la restriction. Donc la digestion tourne au ralenti, ce qui provoque une sensation de satiété très rapide (fausse satiété du coup…), des ballonnements, des douleurs abdominales. C’est d’ailleurs pour cela que tu peux avoir le ventre gonflé pendant plusieurs heures après manger. Une personne souffrant d’anorexie peut prendre jusqu’à 8 heures pour digérer un repas (contre 1 à 2 h chez une personne non malade). 

Anémie

Par manque de vitamines, de minéraux, et notamment de fer, tu peux te retrouver anémier. Et cela peut causer de la fatigue et des étourdissements, entre autres.

Hypoglycémie

Les hypoglycémies sont très fréquentes lorsqu’on soufre d’anorexie. C’est lorsqu’il y a une baisse du taux de sucre dans le sang, du glucose, qui est la source n°1 de l’énergie du corps. Les hypoglycémies peuvent causer des maux de tête, des changements d’humeurs, des difficultés de concentration… 

Je précise que l’on n’a pas forcément conscience lorsqu’on fait une hypoglycémie. Je me souviens que lorsque j’étais à l’hôpital, on m’avait demandé en arrivant s’il m’arrivait d’en faire : j’ai répondu “jamais” (et je le pensais). Et on prenait régulièrement ma glycémie, et en fait, je l’étais souvent…

Céphalées (maux de tête)

Dû à de nombreux facteurs. Les maux de tête peuvent être un signe de faim mentale, donc de manque d’énergie. C’est aussi dû aux hypoglycémies, à l’anémie, au manque d’oxygène du cerveau… Mais aussi au stress, au fait de trop penser. Oui oui, le fait de se poser 1000 questions à la seconde peut réellement provoquer un mal de crâne. 

Troubles du sommeil

Ils peuvent être dus à plusieurs facteurs. Par exemple, le fait d’avoir faim peut réveiller en plein milieu de la nuit. Ensuite, souvent, des problèmes d’endormissements ou une qualité de sommeil médiocre sont dus à toute l’anxiété. Parfois, le corps se réveille parce qu’il est en mode “survie”, et il est plongé dans un état de stress, donc il maintient éveillé pour ne pas “mourir”. 

Les difficultés cognitives

Le cerveau consomme de l’énergie que l’on apporte au corps. Parce qu’il a besoin d’énormément d’énergie. Donc lorsqu’il est sous-alimenté, forcément, il est impacté. Et ce sont tes capacités de concentration, de mémorisation qui en prennent un coup. En découlent de potentielles mauvaises performances scolaires et professionnelles (sachant que de nombreuses personnes anorexiques sont dans un hypercontrôle, hyperactivité mentale, un perfectionnisme scolaire / professionnel qui les amène à obtenir d’excellents résultats malgré la maladie. Mais, à quel prix…)

Les conséquences psychologiques 

L’anorexie est une maladie MENTALE, donc évidemment, les conséquences psychologiques sont nombreuses. Dans cette partie, je vais également aborder des comportements qui ne sont pas forcément d’ordre “psychologique”, ou peut-être que si ? Je ne savais pas dans quelle catégorie les classer.

La dysmorphphobie

Elle se caractérise par le fait de voir dans le miroir une image déformée, par rapport à la réalité, de tout ou partie de son corps. Bien que non systématique, c’est très fréquent lorsqu’on souffre de trouble du comportement alimentaire. Souvent, la personne anorexique se voit avec plus de poids qu’elle n’en a réellement. Elle va alors en faire une obsession.

Sensibilité accrue au bruit

Bruits de la foule, des autres personnes qui respirent, mangent…

Alors ça ce n’est pas quelque chose que l’on aborde souvent. Et je l’avais lu dans une littérature américaine et je suis totalement d’accord ! Je pense que c’est lié plus globalement à l’anxiété. Car personnellement, quand je suis angoissée, ça m’arrive de ressentir de nouveau ce symptôme qui était souvent omniprésent lorsque je souffrais d’anorexie. J’avais cette sensation d’étouffer… 

Dérégulation émotionnelle

Sauts d’humeur, faible tolérance, irritabilité, colère… difficulté à gérer ses émotions  ! Cela peut être dû au stress généré par le trouble du comportement alimentaire, mais aussi à des déséquilibres hormonaux, au manque de nutriments qui diminue la capacité à raisonner convenablement, etc.

Possessivité & volonté de tout stocker par peur de manquer

Certaines personnes ont besoin d’avoir des stocks en avance de certains aliments. Personnellement, j’avais ça sur les yaourts. Mais c’est tout. À l’inverse, d’autres personnes ne vont acheter presque rien par peur d’avoir dans leur placard des “tentations”. J’étais plus comme ça…

Dépression & anxiété

Beaucoup de personnes souffrant d’anorexie mentale souffrent de base d’anxiété. C’est intrinsèquement lié. Mais les troubles alimentaires peuvent amplifier le stress, multiplier les idées noires… et conduire à des symptômes dépressifs, voire des tentatives de suicide.

Isolement, retrait social

Le sentiment de honte, la peur du regard des autres, la peur du jugement, la peur d’être confronté à de la nourriture, la peur de “perdre le contrôle” face à des aliments qui font peur… les troubles alimentaires impact de plein fouet la vie sociale en l’anéantissant. Cela impacte ainsi les relations amicales, mais aussi la famille. Les tensions sont nombreuses et les crises, les disputes y sont fréquentes.

Obsessions

Les pensées obsessionnelles sont multiples. Sur l’alimentation, le corps, la peur irraisonnée de prendre du poids… Mais pas uniquement sur soi. On peut développer des obsessions sur les repas des autres, et sur d’autres thématiques. Notamment l’argent. Il n’est pas rare qu’une personne anorexique veuille maladivement épargner au maximum. 

Kleptomanie

Il a été démontré que les personnes souffrant de tca ont une aptitude plus grande au vol (de nourriture, mais aussi d’argent).

L'achat compulsif

Tandis que certains ont une peur excessive de dépenser, d’autres, au contraire, sont poussés vers des dépenses compulsives.

Le fait de mentir

Tu n’as parfois même pas la sensation de mentir tellement ton cerveau a intégré les croyances erronées du tca lui disant qu’il doit manger le moins possible pour être en sécurité. Tu peux donc mentir sur le fait que tu aies déjà mangé (ou que tu n’aies pas mangé, pour cacher une compulsion par exemple). Tu peux mentir sur une séance de sport que tu n’aurais soi-disant pas fait. Tu peux mentir pour éviter un repas, une sortie…

Augmentation du seuil de tolérance de la douleur

Ton corps est comme anesthésié par le trouble alimentaire. Il a été prouvé que des personnes anorexiques ont un seuil de la douleur supérieur à la moyenne. C’est ainsi que ces personnes se coupent, se blessent, se brûlent… sans même en avoir vraiment conscience. 

Faible estime de soi, perte de confiance

Le sentiment de solitude, le sentiment d’être incompris… le fait de se voir mentir, de voler, d’avoir des crises émotionnelles, des compulsions alimentaires… tout ça impact la confiance et l’estime de soi.

Les conséquences physiques sur le long-terme

Toutes les conséquences précédemment citées vont s’amplifier avec le temps.

Certains effets que je vais donner là peuvent se manifester plus tôt chez toi. Chacun a un corps qui réagit différemment.

Intolérance alimentaire

Lorsque tu te restreins, ton organisme fonctionne moins bien, ce qui entraîne une diminution de la production de bactéries intestinales saines. En gros, comme tu n’as pas consommé ou peu certains aliments, ton estomac a cessé de produire les enzymes spécifiques nécessaires à leur digestion. Donc, lorsque tu recommences à les manger, cela peut être difficile à digérer. Cependant, cela ne signifie pas que tu es devenu allergique à ces aliments ou que tu y es intolérant. Cela signifie simplement que ton organisme a besoin de s’y réhabituer. Donc l’idée est de réintroduire ces aliments petit à petit. En général, on a envie de les éviter pour ne pas avoir d’inconfort digestif. Mais ça renforcerait l’intolérance. Après, attention : il existe de vraies intolérances. D’où la nécessité d’avoir un suivi médical.

Œdèmes

Les carences en nutriments et la déshydratation peuvent causer des œdèmes (rétention d’eau), notamment au niveau des jambes, des pieds, mais aussi parfois du visage. C’est une conséquence qui peut également être présente lors de la phase de réalimentation. C’est à surveiller par un médecin, une fois de plus, pour éviter un risque de complications.

Déséquilibres hormonaux

Les personnes souffrant d’anorexie mentale ont souvent de faibles niveaux d’œstrogènes et de testostérone. Chez les hommes, cela peut se traduire par une faible puissance sexuelle. Chez l’homme comme la femme, il y a souvent une perte de libido. Les femmes connaissent des cycles perturbés, voire une aménorrhée. Tout cela impact sur la fertilité.

Structure osseuse altérée

Les os aussi sont affectés par les troubles de la conduite alimentaire. Il y a une réduction de la densité osseuse, rendant les os plus fragiles et plus propices aux fractures. Beaucoup de personnes souffrant d’anorexie sont sujettes à l’ostéoporose ou l’ostéopénie.

Bradycardie

Le cœur d’une personne souffrant d’anorexie a un rythme plus lent que la normale. Le cœur étant affaibli, il peut rétrécir. Or, un affaiblissement du cœur peut provoquer un manque d’oxygène dans le cerveau et d’autres organes. Cela peut ainsi créer des étourdissements, des douleurs thoraciques, de la fatigue…

Perte de poids

J’ai fait exprès de ne pas le mettre en premier. Je ne veux pas participer aux clichés qui pensent que l’anorexie induit forcément une perte de poids. Mais en effet, il s’agit d’une des conséquences. Elle peut arriver assez rapidement et elle n’est pas forcément linéaire. Je veux dire, certaines personnes perdent rapidement au début, puis plus rien, puis de nouveau. Et d’autres perdent progressivement… Encore une fois, chacun son corps.

Détérioration de la masse musculaire

Le corps n’ayant plus d’énergie, il passe en mode catabolisme où il va décomposer, entre autres, les muscles pour créer de l’énergie (qu’il devrait normalement recevoir via l’alimentation). En résulte alors une fonte musculaire, créant de la fatigue. Sur le très long terme, certaines personnes sont fatiguées après avoir monté un étage. Le muscle le plus important étant le cœur, cette fonte musculaire peut entraîner des problèmes cardiovasculaires. 

Pression artérielle basse

Cela peut entraîner une vision trouble, de la fatigue, des nausées, des étourdissements…

Sensations de faim & de satiété perturbées

La faim étant souvent ignorée, le corps la manifeste autrement (par la faim mentale). La satiété a souvent été trompée, ce qui fait qu’elle est également difficile à retrouver. Cela peut prendre encore quelques mois, même après une bonne phase de réalimentation, pour retrouver des sensations de faim & de satiété.

Faim extrême

De nombreuses personnes passant par l’anorexie connaissent une phase de faim extrême (de façon plus ou moins longue, plus ou moins répétée et plus ou moins intense). Cela se manifeste par des crises, des compulsions. C’est une phase que j’ai personnellement connue et de façon longue et intense. Aujourd’hui, je peux dire que c’est une phase qui m’a sauvé la vie. J’ai dédié un article pour te raconter toute mon histoire avec la faim extrême. 

Affaiblissement de la vessie

Et notamment des muscles planchers pelviens. Ainsi, il peut être plus difficile de se retenir sur la durée. Je me souviens que lorsque j’étais malade, je me levais souvent la nuit (2-3 fois) pour faire pipi.

Conséquences de la prise de laxatif, du recours aux vomissements

Je n’ai personnellement pas eu recours aux vomissements (très très peu). Et je n’ai jamais pris (heureusement…) de laxatif. Je sais qu’il s’agit de comportements très addictifs où il est difficile d’arrêter.

Je me suis renseignée, et j’ai noté quelques conséquences liées à ces comportements :

Déséquilibres des électrolytes

La prise de laxatifs et vomissements épuisent les sybstances chimiques de l’organisme (appelés électrolytes). C’est notamment le cas du potassium qui a un rôle primordial pour la santé cardiaque. D’autres électrolytes, comme le sodium et le chlorure, peuvent également être déséquilibrés.

Problèmes de digestion supplémentaires

Œsophage abîmé, brûlure d’estomac, reflux gastriques…

Constipation

L’abus de laxatifs peut endommager les terminaisons nerveuses et laisser ainsi l’organisme dépendant d’eaux pour aller à la selle, entraînant donc des constipations. C’est d’ailleurs souvent ça qui crée la dépendance et le cercle vicieux. Mais il faut passer par là pour se sevrer les laxatifs… 

D’autres impacts

Maux de gorge, voix rauque, glandes salivaires sous la mâchoire & les oreilles enflées. Il est possible d’avoir une inflammation du pancréas (pancréatite). Mauvaise santé dentaire avec des caries dues à l’acidité de l’estomac qui remonte dans la bouche lors des vomissements.

J’ai terminé cet article ! C’est certain que j’ai dû oublier des points… Mais c’est honnêtement une liste non exhaustive. Certaines conséquences peuvent prendre du temps à partir, même avec la réalimentation. Il faut s’armer de patience et de bienveillance pour son corps qui se bat contre une maladie.

Mais globalement, il faut bien comprendre que ton corps, n’ayant pas assez de nutriments via les aliments qu’il ne reçoit pas, il est en mode “économie d’énergie”. Et il redirige le peu d’énergie qu’il a sur ta survie.

Se sous-alimenter a des conséquences vraiment dangereuses pour ta santé. La nourriture, c’est avant tout le carburant de notre organisme. Une voiture qui n’a plus d’essence ne peut plus avancer. Et à terme, elle finira par rouiller et ce n’est pas en lui remettant de l’essence qu’elle sera comme neuve. Il faudra parfois lui faire un nettoyage en profondeur, lui faire différent traitement pour qu’elle puisse de nouveau rouler.

Garde en tête que tu n’as qu’une vie, qu’un corps, qu’une santé. Donc prends le soin de te faire accompagner par des professionnels pour éviter les complications.

Et surtout, n’oublie pas que la guérison est possible. Même si elle te semble loin, elle est possible et tu vas y arriver. Il faut que tu y croies, c’est une grande part de la guérison ! 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 3 commentaires
Idées de pages pour ton bullet journal

Idées de pages pour ton bullet journal

Idées de pages pour ton bullet journal

Il existe de nombreuses idées de pages pour créer ton bullet journal. C’est pourquoi j’ai décidé d’en dédier un article. Je vais notamment te parler des pages que j’ai conçues lorsque je souffrais d’anorexie, tout en complétant la liste pour te donner d’autres idées de page à créer. 

Quelques rappels avant de commencer…

Je commence en te rappelant de ne pas chercher à tout faire. Je vais te donner vraiment beaucoup d’idées. Et même si les photos que tu vois, les inspirations Pinterest que tu enregistres te donnent envie, fais attention de ne pas tomber dans “l’excès”. Parfois, au début, on a envie de tout faire. Mais finalement, tu risques de te fatiguer, voire te dégoûter du bullet journal si tu fais trop d’un coup.

Donc demande-toi réellement ce dont tu as besoin aujourd’hui dans ta vie : que souhaites-tu organiser ? quel domaine ?

Tu n’es pas obligé-e non plus de faire exactement pareil que moi ou que les inspirations des tableaux Pinterest. Encore une fois, un bullet journal est personnalisé. Donc tu peux prendre des éléments à droite à gauche pour constituer ta propre page, celle qui répond à TES besoins et qui te correspond. 

Enfin, tu n’es pas non plus obligé-e de faire des dessins artistiques. Tu peux faire beaucoup plus simple si tu en as envie. Si ta page n’est pas aussi “soignée” que celle que tu as vue en photo, ce n’est grave. Il n’y a pas de comparaison à avoir, ce n’est pas une compétition. Un bullet journal c’est là pour te faire du bien, pas pour te mettre la pression et te stresser 🙂 

Les pages pour la guérison de ton trouble alimentaire

Je te mets quelques pages que j’ai fait dans mon propre bullet journal de l’époque dans ce tableau Pinterest : 

Si tu ne souffres pas de trouble alimentaire, tu peux toujours lire ces idées de pages et les appliquer pour ta santé mentale en règle générale. Sinon, rendez-vous au paragraphe suivant !

Pour faire ce paragraphe, je pars de mon propre bujo de l’époque où je souffrais d’anorexie.

  • Les raisons de guérir 

C’est une liste que je conseille souvent de faire. Pour moi, elle est même indispensable. Personnellement, j’avais juste fait la liste et j’avais fait des petits dessins autour. Pour rappel, tu as une liste de 100 raisons de guérir pour t’inspirer dans mon kit de guérison que tu reçois gratuitement par email en t’inscrivant à la newsletter.

  • Les conséquences négatives de ton TCA

Une liste intéressante à faire lorsque la maladie te manque, que tu as envie d’écouter la voix du TCA.

  • Les choses à garder en tête

J’avais fait plusieurs pages comme ça. Il s’agissait en fait des arguments pour contrer la maladie. C’était des choses que je me disais, que les médecins ou psy me disaient ou que j’avais entendues à droite, à gauche. Tu peux par exemple recopier des choses que je dis dans les podcasts, sur Instagram, sur mon blog… et qui a raisonné en toi.

  • Les citations inspirantes

Je faisais des pages où je notais des citations inspirantes, mais aussi tes petits textes que je recopiais des livres de développement personnel. Si tu le souhaites, j’ai conçu un livre avec 138 textes inspirants : Des mots pour fleurir. Certains sont des textes que je m’étais écrit moi-même à l’époque dans mon propre bujo. Tu peux recopier des textes entiers ou juste des paragraphes. Ou peut-être certains textes vont t’inspirer tes propres arguments pour contrer la maladie.

Dans mon carnet de notes et le feel-good planner, il y a également de nombreuses citations inspirantes.

  • Lettre à ton corps 

Tu peux également écrire une lettre à ton corps en lui demandant “pardon” pour tout ce que ton trouble alimentaire a pu lui faire subir, et en lui expliquant que tu souhaites prendre soin de lui. Une lettre pour lui dire merci d’être toujours là. J’avais écrit une lettre à mon corps dans cet article si tu souhaites t’inspirer. 

  • Affirmations

J’avais fait une liste des affirmations positives à se répéter. Il y a aussi une liste d’idées de mantra dans le kit de guérison. Du coup, elles étaient très liées à ma guérison, mais tu peux le faire sur les sujets que tu souhaites.

  • Difficultés rencontrées

Les difficultés que tu rencontres dans ton chemin de guérison. Ça te permet d’en prendre conscience, de mettre des mots dessus.

  • Points sur ma vie : 

Je notais dans une colonne ce que je voulais changer dans ma vie, et l’autre colonne comment je pouvais le faire. Donc même chose, c’était très lié à ma guérison, mais tu peux le faire sur différents aspects de ta vie.

  • Les activités pour prendre soin de mon corps
  • Les leçons de vie que je retenais : Je m’inspirais beaucoup des livres de développement personnel que je lisais.
  • Social boost : J’avais appelé la liste “social boost” là où je notais toutes mes idées de petites activités pour relancer ma vie sociale.
  • Ce que mon corps me permettait de faire.
  • Conseils pour prendre confiance en moi : Je notais des conseils, des exercices que j’avais lus dans des livres ou entendus.
  • Exercices pour mieux gérer son anxiété.

Je notais des conseils, des exercices pour mieux gérer mon stress. Pour rappel, j’ai fait un livre où je donne +26 exercices, donc +42 techniques pour mieux gérer son stress & anxiété, notamment lié aux TCA.

Et ensuite, j’ai fait plein d’autres pages que je vais lister dans cet article. Ce sont des pages plus générales pour me fixer des objectifs, travailler ma gratitude, noter des choses positives, etc. Mais ce sont toutes des choses qui m’ont beaucoup aidé dans ma guérison. De toute façon, je te laisse regarder aussi les exemples de pages que j’ai mis dans mon tableau Pinterest.

Idées de pages pour booster ta santé mentale

Le fait de noter des choses positives conditionne ton cerveau à être plus orienté solution, à être plus optimiste. Noter des motivations, des objectifs, des projets… t’aident aussi à te tourner vers l’avenir, t’aident à avancer.

  • Noter les souvenirs positifs de chaque mois
  • Idées de self-care : Tu peux énumérer les idées d’activités à faire pour prendre soin de toi.
  • Les petits plaisirs qui te rendent heureux-se
  • Bucket list : les choses que tu veux faire au moins une fois dans ta vie
  • Les choses qui te motivent dans la vie
  • Tes projets futurs 
  • Ta journée idéale, de rêve
  • Brain dump” : c’est une page où tu déverses tout ce que tu as dans ta tête. Ça peut être des pensées négatives, du stress… comme ça peut être des choses plus positives. Soit tu écris, soit tu illustres par des petits dessins.
  • 1 mot par jour” (ou par mois) : C’est noter chaque jour ou chaque mois (si tu le fais à l’année) un mot qui résume ta journée.
  • Therapy notes” : c’est soit noter par anticipation les problématiques que tu as envie d’aborder avec ton thérapeute. Ou soit, après la séance, noter un résumé : les prises de conscience, les actions à mettre en place, etc.
  • Plan sur 5 / 10 ans : c’est te projeter sur l’avenir et noter ce que tu voudrais avoir dans ta vie dans 5 ou 10 ans
  • Les réalisations, des accomplissements de ta vie dont tu es fière
  • Pages de gratitude : noter toutes les choses pour lesquelles tu es reconnaissante dans ta vie. Si tu es inscrit à la newsletter, tu as reçu le ebook de la gratitude (que tu reçois au 5ᵉ jour)
  • Les faits à propos de moi : les faits qui te définissent, ou ce qu’il y a à savoir sur toi.

Idées de pages plus classiques de bullet journal

Je n’en ai pas reparlé ici car j’en ai parlé dans l’article précédent. Mais évidemment, tu peux faire les pages “classique” de la méthode initiale du bullet journal avec le future log, l’index, les clés. C’est vrai qu’à la base, c’est aussi une méthode d’organisation, donc on retrouve beaucoup de pages de calendrier, de planning, etc.

Moi, je faisais souvent une page d’organisation mensuelle avec la liste des tâches, des événements, les notes importantes du mois. Et parfois, je faisais les pages de planning hebdomadaire. 

Tu peux aussi faire des pages d’objectifs annuel, mensuel, hebdomadaire…

Comme j’expliquais dans l’article précédent, je n’utilisais par mon bullet journal principalement pour ça, et encore moins pour les to do liste du quotidien. Comme ça changeait beaucoup et que je voulais aller vite là-dessus, je le faisais dans un autre carnet beaucoup moins soigné.

Tu peux toi aussi choisir de fonctionner comme ça. Et si tu le souhaites, j’ai conçu le self-care planner où tu auras toutes les pages de planning classiques (mois, semaine, jour) et d’autres outils phares qui m’ont aidé pour prendre soin de ma santé mentale. Je te laisse découvrir ça :

Autres pages de collection pour ton bujo : 

Activités / Loisirs : 

  • Les livres à lire
  • Livre des livres lus (et notation de ce que tu en as pensé)
  • Les films à voir
  • Les meilleurs films
  • Les séries à voir (ou celles qui ont été vues)
  • Suivi des séries
  • Endroits à visiter
  • Endroits visités
  • Musiques favorites
  • Podcast favori
  • Activités et sorties que tu as envie de faire
  • Ce que tu emmènes dans ta valise
  • Social Log : identifiants sur les différents réseaux sociaux
  • Les sites internet favoris
  • Liste de tes boutiques favorites
  • Les paroles de chansons qui t’inspirent

Fêtes : 

  • Idées de cadeau pour les autres
  • Christmas plans
  • Traditions / fête
  • Dates anniversaires
  • Wish list pour ton anniversaire

Travail : 

  • Énumérer les tâches pour les différents projets
  • Suivi de l’avancement de tes projets
  • Contacts importants
  • Tes objectifs professionnels (pour faire évoluer ta carrière)
  • Rdv importants sur l’année/mois
  • Les compétences que tu souhaites acquérir
  • Log professionnel : tes identifiants des différents outils que tu utilises au travail

Études :

  • Emploi du temps
  • Calendrier de tes examens
  • Nom des profs et des salles de cours
  • Notes par matières
  • Projets de groupe : les membres, les matières, ta liste des tâches, les dates de rendu, etc.
  • Les écoles / métiers qui t’intéressent
  • Conseils pour réviser (je t’en donne 26 dans mon livre sur l’anxiété)

Finance : 

  • Jar d’économie pour t’aider à épargner
  • Budget : répartition de ton budget mensuel
  • Dépenses du mois
  • Suivi de crédit bancaire

Routines :

  • Routine matinale
  • Routine du soir
  • Conseils pour mieux dormir
  • Routine pour prendre soin de tes cheveux (tu trouveras une check list pour prendre soin de tes cheveux après les TCA dans mon kit de guérison offert)
  • Routine pour prendre soin de ta peau
  • Routine pour te maquiller

Inclassables, mais sympa à faire : 

  • Rêves que tu as faits dans la nuit
  • Tes prénoms favoris (si tu as envie d’enfant un jour)
  • Idées pour organiser ton mariage (si tu as envie de te marier)
  • Souvenirs nostalgiques de ton enfance (qui te met du baume au cœur)
  • Astuces / conseils sur n’importe quel sujet qui t’intéresse
  • Les produits que tu as envie d’avoir 

Et enfin, il y a les pages de tracker. Mais je vais en dédier un article spécifique ! 

Voilà, j’ai essayé de te donner une liste assez complète d’idées pour ton bullet journal. Mais en réalité, il en existe encore plein d’autres ! Parce que cette liste peut être déclinée à l’infini. Ça dépend tellement de TA vie, de TES envies, de TON organisation. 

D’ailleurs, n’hésite pas à me partager si tu as réalisé d’autres pages pour compléter cet article et inspirer les autres 🙂 

Et puis une fois de plus, je t’invite à aller sur Pinterest sur les différents tableaux que j’ai faits. Tu pourras avoir plein d’idées également 🙂 

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Publié par Norainnoflower dans Bullet journal, Conseils, 2 commentaires
Comment faire un bullet journal ?

Comment faire un bullet journal ?

Comment faire un bullet journal ?

Comme je disais dans l’article précédent, l’avantage du bullet journal, c’est qu’il est vierge et donc 100% personnalisable, diy (do it yourself). Mais ça peut aussi faire peur, parce qu’on ne sait pas par où commencer. Je vais donc créer un article pour répondre à ta question de comment faire au début d’un bullet journal. Ce sera comme un “guide” pour débutant, étape par étape. Sachant que je n’ai pas un master en Bujo, donc ça va être un guide pour bullet journal “facile”

Je vais donc commencer par te préciser quelles fournitures tu peux utiliser, le vocabulaire à maîtriser (très simple), te dire par quelles pages commencer et te donner mes conseils pour tenir un bullet journal. 

Là, tu te dis peut-être “woooow, mais il y a plein de trucs à maîtriser en fait ?!”. Mais non, ne te décourage pas parce que vraiment, c’est très simple et surtout, tu le fais comme TOI tu veux. Donc pas de quoi te mettre la pression 🙂 

Quels matériels pour commencer un bullet journal ?

Ça, c’est mon matériel ! Mais je l’ai acquis sur plus de 5 ans.

materiel-bujo

En réalité, au début, tu as juste besoin d’un carnet et d’un stylo. Ce que je veux dire, c’est que je te conseille de ne pas te lancer dans une session shopping à 200 balles avec tout le matériel de pro. Ça ne sert à rien de mettre la charrue avant les bœufs. Parce que si ça ne te plaît pas, tu auras juste perdu de l’argent. Et surtout, si ça se trouve, toi, tu as envie de créer quelque chose de très simple, donc tu n’as pas besoin de stylos, de tous les coloris, de fluo, etc.

#1 - Le carnet

Mais la base, ça reste le carnet. En vrai, tu peux prendre n’importe quel cahier, ça fera l’affaire. Le format est souvent en A5. Et généralement, on prend un carnet à point, dit doté ou poitillé, car il permet une certaine structure tout en restant flexible. Après, tu peux prendre tout blanc ou ligné, quadrillé…

Les deux marques les plus connues et recommandées pour le bullet journal, c’est Moleskine et Leuchtturm1917. À l’époque, j’avais un Leuchtturm, et j’ai repris le même (juste avec une couverture différente). Et je ne suis pas déçue (sinon, je n’aurai pas re-commandé !). C’est vraiment de très bonne qualité.

Moleskine – Carnet A5 :

Leuchtturm1917 (que j’avais quand j’étais malade)

Leuchtturm1917 (que je viens d’acheter – il existe plusieurs couleurs)

#2 - Le(s) stylo(s) “classiques”

Moi, je suis une fan de stylo, donc j’en ai plein haha.

Mais tu peux commencer par un stylo noir, ce sera très bien si tu n’as pas envie d’y mettre trop de budget.

Je te mets les stylos que j’utilise (qui sont ceux les plus recommandés pour le bullet journal). Entre parenthèses, tu as la taille de la mine.

J’ai plusieurs couleurs (que tu peux voir sur les photos)

  • Pigma Micron (mes préférés) : j’ai toutes les tailles de mine mais j’aime mieux la 05 et 08.
  • uni pin (0,6 & 5)
  • Stabilo Sensor (F)
  • Faber Caster (S)

Les tailles des mines sont variées. Donc le mieux, c’est que tu testes en magasin. 

Tu les trouveras dans une papeterie, chez Cultura, la Fnac, le Furet du Nord, etc. 

Si t’as la flemme et que tu veux avoir un « kit de base » de stylo de bonne qualité, je te conseille l’un des deux :

Set Pigma Micron :

Set Faber Castell

#3 - Les stylos de teintes plus variées

Moi j’aime bien mettre de la couleur donc j’ai aussi les Staedtler en 0,3 mm. Mais tu as d’autres marques comme par exemple : 

Stabilo

Staedler (ceux que j’ai)

#4 - Les feutres en extras 

J’ai aussi des feutres Faber Caster brillant, métallic : je les utilise pour écrire sur les papiers-cadeaux généralement. Et je l’utilise rarement dans mon bullet journal.

Ceux de la marque Tombow sont aussi très réputés pour le bullet journal.

#5 - Les crayons de couleurs

Encore une fois, j’aime bien mettre de la couleur, donc j’utilise des crayons de couleurs par parcimonie. Certains préfèrent les feutres. Perso, je ne trouve pas ça génial parce que ça bave sur la page d’après, ça traverse. Donc c’est moins soigneux je trouve.

#6 - Crayon de bois 

Je sais, “Crayon de bois” ça vient du Nord haha. On dit aussi un crayon gris. Mais la plupart des gens disent “Crayon de papier”. Tu peux l’utiliser pour des dessins, avant de repasser au-dessus avec un crayon noir.

#7 - Stabilo Pastel

J’aime bien aussi utiliser des Stabilo mais de couleur pastel.

Stabilo (ceux que j’ai)

Stabilo Swing cool

#8 - Extras

Tu peux aussi utiliser du washi tape (c’est du ruban adhésif décoratif), des pochoirs pour t’aider à dessiner des formes régulières, des stickers ou des tampons pour décorer et personnaliser ton journal. 

Personnellement je n’utilise pas tout ça.

#9 - Et enfin, je dirais : un compte Pinterest !

Moi, c’est sur Pinterest que je trouve toute mon inspiration ! Tu peux aussi en trouver via des comptes Instagram ou sur YouTube. Mais Pinterest c’est top pour enregistrer des images, les classer…

Et comme je l’utilise pour moi-même, je vous partage tous mes tableaux pour vous inspirer ! 

Encore une fois, tu n’es pas obligé d’avoir tout ça : au début, tu peux commencer avec un journal (bon ça c’est indispensable), et ensuite tu peux prendre quelques stylos et c’est tout. Tu verras avec le temps. Moi, tout ça, je l’ai acquis en plus de 5 ans. Parce que sinon, ça fait quand même une sacrée dépense ! 

D’ailleurs, vu que j’ai plein de stylo, j’ai une trousse pour les ranger ! C’est une trousse télescopique : je l’aime trop ! Je l’ai prise ici : 

La trousse que j’ai choisie

Celle avec laquelle j’ai hésité

glossaire du bullet journal : 

Quelques mots de vocabulaire pour t’aider à taper les bons mots-clés sur Pinterest, ou ailleurs (Google, YouTube, Instagram…)

Les mots sont en anglais car le bullet journal est une méthode qui nous vient des États-Unis.

Donc si tu ne maîtrises pas trop l’anglais technique du bujo, je t’explique tout : 

  • Bullet journal – et son diminutif  “bujo”. Ça correspond donc au journal.
  • Key – Clé : Aperçu de la façon dont tu organises les informations de ton journal, en gros, c’est la légende. Ça répertorie tous les symboles que tu vas utiliser. Perso, moi je ne fais pas cette page.
  • Index : C’est un peu un sommaire, une table des matières de ton bullet journal. Donc tu mets le titre de la page et le numéro correspondant (soit ton journal est pré-numéroté, soit tu le numérotes). Perso, j’avais commencé à le construire l’index, mais je l’ai pas tenu.
  • Layout : C’est la mise en page
  • Monthly spread / montly layout : Vue d’ensemble mensuelle, c’est comme le calendrier mensuel.
  • Weekly spread / weekly layout : Vue d’ensemble d’une semaine. C’est la même chose mais sur une semaine.
  • Daily spread / daily layout : vue d’ensemble de la journée si tu souhaites organiser ton quotidien.
  • Future log : C’est une vue d’ensemble sur les mois à venir (sur 6 ou 12 mois, voire moins : ça dépend quand tu commences ton journal).
  • Tracker : C’est un outil de mesure pour suivre des habitudes. Je vais dédier un article de blog à ce sujet.
  • Collections : Ce sont des pages thématisées. Je vais en parler dans mon article sur les idées de pages.
  • Frame : c’est des cadres décoratifs, pour entourer un texte, une citation, un titre, etc.
  • Separator, text divider : Ce sont des lignes pour séparer des éléments de ta page.
  • Doodle : ce sont des petits dessins qui permettent d’illustrer.
  • header / banner : ce sont les titres, les bannières en en-têtes.
  • Lettering : C’est l’art de dessiner des lettres.
  • Spread : C’est une vue générale sur deux pages.
  • Ghosting : c’est lorsque l’encre de la page précédente transparaît à travers la page actuelle.
  • Bleeding : c’est lorsque l’encre traverse carrément la page et marque la suivante. 

Voilà, ce n’est pas à connaître par cœur. Mais au moins, tu connais un peu mieux. Et ça te permet d’être plus familière au vocabulaire pour réaliser de meilleures recherches si tu le souhaites sur Internet (et notamment Pinterest).

D’ailleurs, les divider, séparateurs, cadres, lettering… je les rassemble tous dans ces tableaux Pinterest qui se trouvent ici : 

Par quelles pages commencer ?

Bon maintenant que tu es équipé, et que tu connais mieux le vocabulaire, on peut commencer concrètement ton bujo ! 

En vrai, il n’y a pas de règles, pas de méthode spécifique à respecter. Tu le fais vraiment comme TOI, tu veux, encore une fois. 

#1 - La première page

On commence par le commencement : la première page. 

Et justement, cette première page pose souvent problème. Parce qu’on a envie de faire quelque chose de beau. Et on a peur de rater cette première page, qu’elle ne soit pas parfaite… Et bref, du coup, on ne commence jamais. 

Donc si tu te sens concerné, on va faire plus simple : saute la première page. Tu la feras plus tard. 

Mais comme idée, je t’ai mis mon tableau “Première page” sur Pinterest :                                             

Sachant que, n’oublie pas, tu peux faire quelque chose de très simple. Juste écrire “Mon bullet journal”, c’est très bien aussi, tant que toi ça te va.

#2 - Les pages les plus courantes pour débuter 

Tu peux donc commencer par la page qui présente ta légende (Key) si tu le souhaites. Puis ensuite, tu peux créer l’index pour présenter ta table des matières.

Perso, je n’accorde pas d’importances à ces pages et je ne les fais pas.

Ensuite, tu peux créer le “Future Log”. 

Ça te permet d’avoir un calendrier annuel, ou juste des mois à venir. Donc si comme moi, tu commences au cours de l’année, ce n’est pas grave, tu mets les prochains mois jusqu’à la fin de l’année. Et ensuite, tu y notes les événements et grandes tâches prévues par mois.

#3 - Les pages d’organisations / planner

Perso, j’aime bien créer une page de présentation par mois. 

Ensuite, je fais un spread (une double-page) avec une vue mensuelle : un calendrier du mois notamment. Et parfois, je rajoute la todo liste du mois et les grands rendez-vous, les objectifs mensuels, des notes importantes, etc.

Ensuite, tu peux réaliser une vue de la semaine. Mais ça te demande déjà un peu plus de régularité. 

Me concernant, parfois, je prends le temps de le faire, parfois non. Ça dépend du temps que je m’accorde. Et en vrai, ce n’est pas grave si parfois, tu fais la vue de la semaine, et parfois non. Le but, ce n’est pas de s’imposer la perfection. On reviendra sur ce point après 🙂 

#4 - Les collections 

Et ensuite, tu peux créer plein de pages différentes. Tu as une possibilité infinie car ça dépend de toi. Je vais te donner pleins d’idées de page pour ton bullet journal dans un article dédié. 

Je te donnerais notamment celles que j’avais dans mon bullet journal lorsque je souffrais d’anorexie. 

Mes conseils pour ton bullet journal :

Conseil n°1 : Fais TON bullet journal

Le premier conseil que je vais te donner, c’est de prendre du recul face aux conseils que tu vois sur Internet justement ! Parce que ce sont des CONSEILS, pas des règles à appliquer. Un bujo, c’est quelque chose de fun, pour prendre soin de toi. Donc ne cherche pas à appliquer tout ce que tu vois à droite à gauche. 

Pose-toi et demande-toi : de quoi tu as besoin TOI ? Fais le parallèle avec les différentes parties de ta vie et note-toi ce que tu souhaites mieux organiser. Ou veux-tu de l’organisation dans ta vie ? Pour tes cours, ton travail ? Pour ta santé mentale, mettre en place des routines ? Pour trouver un système d’organisation de l’emploi du temps de tes enfants (si tu en as) ? Pour suivre tes symptômes ? Pour avoir un agenda qui répertorie des rendez-vous, tes événements ? Pour avoir une vision globale de tes projets de vie ? 

Là, ce n’est peut-être pas assez concret, mais dans mon prochain article, je vais te donner pleins d’idées 🙂 

Mais garde bien en tête que tout ce que je te présente là, c’est MON organisation, par rapport à MA vie, MES goûts, MES envies. Il n’y a pas une seule bonne façon de tenir un bullet journal. Parce que c’est personnalisé, donc il y a autant de façon de faire que de personnes qui en ont. 

Conseil n°2 : Ne cherche pas le perfectionnisme

Pas simple, je sais… Moi-même, je suis une grande perfectionniste. Mais c’est pour ça que dès le départ, il faut partir dans l’idée que ce n’est pas un concours. Le but, ce n’est pas de créer quelque chose de parfait. C’est juste de créer quelque chose qui te plaît ! Oui, tu vas faire des erreurs, oui tu auras des pages moins belles. Et alors ? Ce n’est rien de grave. De plus, ton carnet est vivant. Il évolue avec toi. Il y a des choses que tu vas noter, qui ne seront plus valables avec le temps. Mais ce n’est pas grave, ça fait partie de ton histoire. Une amie a regardé mon bullet journal et m’a dit “J’adore, on voit que c’est fait à la main, y’a plein de petites imperfections, et c’est ça qui le rend beau”. Bah voilà, elle a tout résumé !

Conseil n°3 : Ne te compare pas

C’est lié aux deux premiers points. Mais vraiment, ne te compare pas. Ça ne sert à rien. Concentre-toi sur TON bullet journal. Encore une fois, ce n’est pas un concours. C’est une activité de kiff. 

Conseil n°4 : Tu peux diviser ton utilisation par carnets

Qu’est-ce que j’entends par là ? À l’époque, j’avais plusieurs carnets : j’en avais 3. J’avais mon bullet journal, où je faisais plein de pages inspirantes et parfois des trucs d’organisation. Mais mes listes de tâches du quotidien, mes plannings… je les gardais dans un cahier classique. Parce que ça bougeait sans arrêt. Donc je préférais séparer ça. Et ensuite, je notais mon “journal intime” (soit tout ce que j’avais dans ma tête) encore sur un autre carnet. 

Donc si tu veux, j’ai le notebook qui est un carnet de notes avec une citation inspirante toutes les 10 pages. Et j’ai le self-care planner où tu as des organisateurs mensuels, semainier, des listes de tâches pour le quotidien, des listes des 3 choses positives par jour pour pratiquer la gratitude… Tu as une page pour noter tes objectifs du mois, et faire le bilan à la fin… et d’autres petits outils… Je te laisse découvrir ça ici : 

Conseil n°5 : Tu n’as pas besoin de savoir dessiner

Je ne suis pas douée en dessin. Vraiment. Donc comment je fais ?Avec les inspirations pinterest, les modèles, j’arrive à faire des dessins/petites déco qui me conviennent. Et comme je t’ai dit en introduction, tu n’as pas besoin que ce soit artistique. Tu peux faire des choses très simples sans aucun dessin. 

Mais ne te mets pas une pression de dingue à devoir faire des dessins incroyables. Ce n’est pas grave si tu rates, si tu as des gribouillis. Le perfectionnisme, c’est l’ennemi n°1 de l’action, de la productivité. Mais c’est l’allié de la procrastination. Donc vraiment, relativise vis-à-vis de ça 🙂 

Conseil n°6 : Commence petit

Ne commence par à préparer des dizaines de pages avec tout ce que tu vois sur Pinterest ou ailleurs. Sinon, tu vas te fatiguer et te dégoûter. Tu vas vite en avoir marre. Commence avec 2-3 pages, et tiens-le à un rythme qui te semble tenable.

Conseil n°7 : Inclus-le dans ta routine

D’ailleurs, pour le tenir sur le long terme, tu peux l’inclure dans ta routine. Soit le matin, ou le soir, ou juste le weekend. Tu n’as pas à le tenir tous les jours. Moi souvent, je le faisais 1 soir dans la semaine, et le weekend. Mais parfois, je n’y touchais pas pendant 2 semaines. Ce n’est pas grave, vraiment. Ce ne sont pas des devoirs, c’est une activité réconfortante, relax.

Pour t’aider, tu peux aussi choisir de le remplir dans un endroit agréable, de créer un environnement cocooning. Par exemple en allumant une bougie, ou avec de la musique, avec des lumières tamisées, etc.

Conseil n°8 : Inspire-toi

Vraiment, je le redis. Comment t’inspirer ? Moi je traînais tout le temps sur Pinterest. Et donc ça me donnait envie de le tenir, et ça m’aidait à me maintenir créative. J’adore Pinterest ! D’ailleurs, comme je reprends mon bullet journal, je vais mettre à jour souvent mes tableaux. Donc si tu veux, tu peux déjà suivre les miens 🙂 

Conseil n°9 : Pour toi ou à partager

Ton bullet journal, c’est le tien ! Donc tu choisis de le partager ou de le garder pour toi. Perso, je le montrais avec grand plaisir : j’en suis fière. Mais c’est aussi parce que je communique beaucoup sur mes ressentis. Donc j’ai rien à cacher on va dire. Mais je te dirais que de base, part dans l’idée que tu le garderas pour toi. Au moins, tu ne te censures pas et çe te permet de vraiment déverser tout ce que tu as dans ta tête. Le but, c’est de t’aider TOI, de te désencombrer la tête aussi. C’est ça le vrai but, pas de montrer aux autres que tu as un beau journal. Mais après, tu fais comme tu veux 🙂 

Conseil n°10 : Arrête si c’est trop de stress

Souviens-toi que le bullet journal est censé être un appui pour ta santé mentale, pour ton stress. C’est censé te faire du bien, t’apporter du réconfort. Si tu te rends compte que c’est trop de comparaison, trop de pression, trop de stress : arrête. Ça ne sert à rien de te faire du mal 🙂 Tu as déjà assez de stress avec pleins d’autres sujets dans ta tête. 

Et ce n’est pas un échec d’arrêter ! Juste, ça ne te convient pas et ce n’est pas grave. 

Voilà, je t’ai donné beaucoup d’éléments dans cet article ! Tu vas pouvoir te procurer ton matériel et commencer les premières pages si tu le souhaites. 

Dans le prochain article, je vais te donner pleins d’idées de pages pour ton bujo.

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Journaling & santé mentale : Comment un journal peut t’aider dans la guérison de ton TCA ?

Journaling & santé mentale : Comment un journal peut t’aider dans la guérison de ton TCA ?

Journaling & santé mentale : Comment un journal peut t’aider dans la guérison de ton TCA ?

Ceux qui me connaissent depuis un moment savent déjà que l’un des outils phares de ma guérison a été mon bullet journal. J’aimerais donc expliquer comment le journaling (le fait de tenir un journal) peut vous aider dans la guérison de votre TCA, mais plus globalement, dans l’amélioration de votre santé mentale. Et pour ça, je souhaite montrer du concret pour t’aider à te lancer dans la création d’un bullet journal (si toi aussi ça te tente !)

Cet article est donc le premier d’une petite série. Les 3 prochains articles (qui présentent le matériel nécessaire, les idées de pages, l’inspiration, etc.) sont en bas de page.

Mon histoire avec le bullet journal : 

Honnêtement, je ne sais même pas d’où m’est venue l’idée ?! J’ai commencé à le créer en 2017, ça faisait déjà plus d’un an que j’étais malade. Je pense que j’ai dû voir des inspirations sur mon feed Pinterest, et ça a fonctionné, ça m’a inspiré.

Depuis toute petite, j’ai une passion pour les stylos et les carnets. Je me souviens d’un cadeau que j’avais eu par mon parrain, c’était une palette de stylo avec 200 stylos de toutes les couleurs possibles et inimaginables. J’étais heureuse et je m’en souviens encore haha.

Et c’est par cette passion pour les carnets, l’écriture, les stylos… que j’ai eu l’envie de sortir mes livres pour vous inspirer et même mon propre planner : le Self-Care Planner. (Et j’ai d’autres idées en tête pour les mois à venir 🤫)

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Découvre mon journal prérempli pour prendre soin de ta santé mentale :

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Qu’est-ce qu’un bullet journal ?

Commençons par la base, à savoir : la définition d’un bullet journal. Peut-être que tu as déjà vu le terme “bujo” ? ça veut dire la même chose, c’est juste son abrégé.

En gros, il s’agit d’un journal (ou carnet, cahier… peu importe comme tu l’appelles) que tu personnalises, pour organiser des aspects pratiques de ta vie. Le bullet journal est vierge, il n’est pas pré-remplis. Donc l’avantage, c’est que tu peux vraiment y mettre ce que tu veux, selon tes besoins, tes envies. Tu es vraiment flexible. Et l’inconvénient, c’est que parfois, on ne sait pas par où commencer. C’est pour ça que le prochain article donnera des conseils pratiques pour commencer un bujo.

En gros, le bullet journal permet de centraliser toutes les informations de ta vie, en un seul endroit. Il te permet d’être organisé, mais pas que ! C’est vraiment un outil puissant qui te permet de nombreux bienfaits !

Les bienfaits du journaling pour ta santé mentale :

#1 - Clarification mentale : 

Le fait de noter, d’organiser tes projets, tes mois, tes semaines… Cela te permet de désencombrer ta tête. 

Tu peux aussi utiliser ton bullet journal pour noter tes difficultés, noter les leçons que tu as apprises… En fait, tu peux l’utiliser pour poser sur le papier toutes ces choses qui occupent de l’espace mental dans ta tête. 

#2 - Réduction du stress, gestion de l’anxiété : 

De surcroît, si tu désencombres ta tête, ça te permet aussi de réduire ton stress. Le fait de consigner tes pensées, tes émotions… ça te permet de mettre des mots sur tes maux, et donc de mieux comprendre tes émotions pour savoir comment les gérer.

#3 - Sommeil plus qualitatif : 

Toujours de surcroît, cela te permet d’améliorer ton sommeil. Notamment si tu utilises ton journal le soir. Moi par exemple, je notais (dans un cahier à part pour le coup) 3 choses positives de ma journée. Ça me permettait de terminer sur une note positive. Mais je notais aussi mon organisation du lendemain. Et ça me permettait d’être plus au clair dans mon esprit et de moins ruminer avant de dormir. 

#4 - Mieux te connaître : 

C’est un bienfait plus implicite, mais selon les pages que tu vas créer, le bullet journal te permet d’augmenter la conscience de toi-même. Cela te permet de réfléchir à ce que tu aimes, ce que tu aimerais faire. Cela te permet d’explorer tes projets, tes envies, tes rêves, tes objectifs…

#5 - Conditionner ton cerveau à un état d’esprit positif : 

Même chose, cela dépend des pages que tu feras, mais le bullet journal peut te permettre de faire évoluer ton état d’esprit en l’orientant davantage “solution” plutôt que “problème”. Personnellement, avec les pages que je faisais, cela me permettait vraiment de conditionner mon cerveau à un environnement favorable à ma guérison, pour donner un coup de boost à mon mental et lutter plus activement contre la maladie.

#6 - Te fixer tes objectifs et t’y tenir : 

Le bullet journal est vraiment un outil efficace pour établir des objectifs, suivre progrès et te maintenir motivé jusqu’à la réalisation de ces objectifs. Et ce, notamment grâce aux pages de trackers. Je consacrerai un article sur ce thème.

#7 - Améliorer tes capacités cognitives : 

Il a été prouvé que le fait d’écrire dans un journal permet d’améliorer tes capacités de mémorisations et plus globalement tes compétences cognitives.

#8 - Prendre soin de toi : 

Cela te permet de prendre un temps calme pour toi, tout en développant ta créativité. Et à la fin, tu as quelque chose de concret dans les mains dont tu peux être fière. C’est un vrai accomplissement positif.

Un bullet journal, c’est fait pour toi si…

  • Tu es une personne créative, artistique… qui aime créer des choses (et tu n’as pas besoin de savoir dessiner !)
  • Tu es une personne qui aime écrire, planifier, organiser…
  • Tu es une personne qui a trop de brouhaha dans la tête
  • Tu es une personne qui aime avoir quelque chose 100% personnalisé, adapté selon TES besoins, dont tu as le contrôle total
  • Tu as une passion stylo & carnet (facultatif haha)
  • Tout simplement, ça t’attire ! 

Franchement, je recommande à 2000% d’avoir un bullet journal. J’ai arrêté d’en tenir un pendant plus de 2 ans. Et mon niveau d’anxiété étant encore très élevé, j’ai décidé d’en recommencer un nouveau ! C’est ailleurs pour ça que je commence cette série d’articles. Je vais tenir mon bullet journal… en même temps que vous ! Donc, ce sera mis à jour petit à petit 🙂 

Voilà, c’est un premier petit article pour que ce ne soit pas trop long, mais vraiment, le bullet journal a plein de bienfaits qui ont été prouvés et reconnus ! Dans le prochain article, je vais te donner toutes les astuces pour bien démarrer (le matériel à avoir, les premières pages indispensables, et des conseils pour t’aider à le faire et le maintenir). Dans l’article d’après, je te donnerais toutes les idées de pages à faire et notamment celles que j’avais dans mon bullet journal lorsque je souffrais d’anorexie. 

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Publié par Norainnoflower dans Bullet journal, Conseils, 1 commentaire
Guérison : “Comment guérir ?” “Par où commencer” ?

Guérison : “Comment guérir ?” “Par où commencer” ?

Guérison : “Comment guérir ?” “Par où commencer” ?

Dans le titre de cet article, j’ai mis deux questions entre guillemets parce que c’est des questions que l’on me pose souvent.

Pourquoi je ne peux pas te dire “comment guérir” ?

La première question, c’est “comment guérir ?”. Parfois, je reçois vraiment, “bonjour, je souffre de tca et je voudrais savoir comment guérir?”. Aucun jugement de ma part quand je reçois ça. Je peux complètement comprendre l’intention de la personne derrière le message : j’ai été pareil. J’étais aussi complètement perdue, et je me demandais comment on pouvait guérir de cette maladie. Mais moi, face à cette question, je suis perplexe. 

Je ne peux pas vraiment répondre à cette question, et ce, pour plusieurs raisons :

Déjà, la première, c’est que je ne sais pas comment guérir. Par contre, je sais comment moi je m’en suis sortie. Et en plus d’en être sortie, j’ai beaucoup de recul sur la maladie, j’ai lu énormément de choses aux sujets des TCA, j’ai fait des années de thérapies, donc c’est vrai que j’en connais un rayon. Mais qui serais-je pour savoir la formule magique de la guérison des TCA ? Je sais que vous aimeriez que je vous envoie un PDF du manuel qui précise comment en sortir étape par étape. Ce serait bien plus facile. Moi aussi j’espérais tomber sur un truc comme ça, mais la vérité, c’est que ce n’est pas aussi simple. Donc voilà, la première raison pourquoi je ne peux pas répondre à cette question, c’est que je ne peux pas te dire “comment guérir”.

Deuxième raison, qui est liée à la première, c’est que la guérison englobe tellement de choses différentes, tellement de dimensions que c’est compliqué de répondre en quelques messages. Pour te donner une idée, j’ai traité pas mal de dimensions de la guérison dans le programme Butterfly Body, et ça m’a pris +12h de vidéo, + les 215 pages du ebook avec les 55 exercices, + pleins d’autres choses. Donc difficile de résumer en un message.

Et puis troisième raison, bah c’est que je ne connais rien de la personne. Or, la guérison dépend vraiment de chaque personne. Donc c’est pour ça que j’invite toujours à consulter un professionnel pour avoir des réponses qui sont personnalisées à ses propres problématiques. 

Mais je comprends totalement que vous ayez envie d’avoir l’avis d’une personne qui en est sortie. D’ailleurs je trouve ça même primordial d’avoir un retour sur expérience on va dire. Moi, ça n’existait quand j’étais malade. On dirait que je parle de l’époque lointaine, jadis. Mais c’était en 2015-2018 que je cherchais surtout ça. Comme quoi, tout évolue vraiment vite. Parce qu’à ce moment-là ça n’existait pas encore, pas comme aujourd’hui où on a plein de conseils et de ressources sur Google ou sur les réseaux sociaux. Et je trouve ça génial. Et c’est parce que je ne trouvais pas cette aide à l’époque que je l’offre aujourd’hui. C’est un peu ma revanche on va dire sur ces moments de solitude absolue que je me remémore là, où j’étais toute seule, dans mon appartement, en pleurant. C’était dur. Mais j’en suis sortie ! Et je suis très contente de vous aider en partageant mon expérience.

Et c’est pour ça qu’aujourd’hui, je fais cet article pour donner des premières pistes à ceux qui se demandent comment guérir. Globalement, dans tous les contenus que je fais, que ce soit sur le blog, le podcast, dans ma newsletter, sur instagram… j’y donne plein de conseils, de retours d’expérience pour donner des pistes de guérison justement. 

Guérison des troubles alimentaires : par où commencer ? 

Mais en réalité, dans cet article, je vais surtout répondre à une question qu’on me pose aussi souvent et dont c’est plus simple de répondre on va dire. C’est “Par où je dois commencer ?

Donc cet article pourra répondre à des personnes qui se pose la question. Et même si ça fait plusieurs années que tu es en guérison, que tu es à un stade plus avancé de ta guérison, ça peut quand même t’être utile : de voir justement ce que t’as déjà mis en place, ou ce que tu n’avais pas pensé faire et que du coup tu pourrais tester, etc.

Donc je vais te donner une bonne dizaine de gros conseils que je vais bien développer pour t’aider à savoir comment aborder ta guérison.

Je rappelle quand même que c’est selon MON point de vue. Ce n’est pas à suivre à la lettre les conseils que je donne. Et tant mieux en fait si vous ne les appliquez pas à la lettre. Le but, ce n’est pas d’être bonne élève. Moi j’étais vachement comme ça, mais le but c’est de prendre ce qui vous correspond et de laisser de côté le reste. On n’est pas pareil, chacun est unique donc c’est normal que notre histoire et notre chemin diffèrent. Petite anecdote, j’ai une abonnée qui m’a envoyé un message pour me dire qu’elle utilisait le journal pro-guérison que j’ai sorti : le feel-good planner. Et elle me montrait qu’elle avait un peu changé son utilisation, et presque, elle s’excusait en fait de ne pas l’utiliser pour ce dont il était prévu à la base. Et je lui ai répondu qu’au contraire je trouvais ça juste génial qu’elle se l’était appropriée. Elle l’avait personnalisé pour en faire un outil pour sa guérison, un journal qui lui ressemblait à ELLE. Et c’est ça le plus important, parce que ça lui sera beaucoup plus bénéfique.

#1 - Premier conseil de guérison via des métaphores :

Il n’y a pas d’ordre d’importance particulier dans les conseils que je vais te donner.

Ne te mets pas de pression en te disant “oulala mais j’ai pas fait ça ou je suis à la bourre sur ça” : non. Chacun vit les étapes à sa façon, au moment où il est prêt à les vivre. Il y a des personnes qui connaîtront des étapes avant d’autres, d’autres qui le feront d’une façon différente. Peu importe. Il n’y a pas de mauvaise façon de faire. Il n’y a pas qu’un seul bon chemin qui mène à la ligne d’arrivée. L’importance, ce n’est pas non plus ta vitesse. C’est la direction de ton chemin. Ça nous est tous déjà arrivés de vouloir prendre des raccourcis pour arriver quelque part, et finalement, on se rend compte qu’en fait, bah ce raccourci, il mène à un cul-de-sac. Donc finalement, tu prendras deux fois plus de temps. Ne cherche pas à précipiter les choses, à aller trop vite. L’important, c’est une guérison consolidée. Si tes fondations ne sont pas bien ancrées, le mur s’écroulera plus tard. Et tu auras beau remettre des briques dessus, ça retombera toujours si les fondations ne sont pas solides. Donc petit à petit, étape par étape.

Bon voilà, derrière toutes ces métaphores, c’était déjà un premier conseil finalement pour te concentrer sur TON chemin et pour y aller progressivement, sans te mettre la pression sur le temps que ça prend.

#2 - Crois-y (pour de vrai)

guérison-tca-est-possible

Du coup d’un deuxième conseil que j’avais mis initialement en premier tellement il est important : c’est de croire en ta guérison, et de croire en toi

Croire en ta guérison, c’est te dire que oui, la guérison est possible. Et vraiment, crois-y. Mais pas que les jours où tu te sens bien. Crois-y les jours où tu vas le plus mal aussi. Crois au fait que ces jours difficiles sont temporaires et que cette bataille, tu la fais pour une vie meilleure qui t’attend. 

Pour vous aider, je dois analyser ce qui a pu m’aider dans ma guérison. Donc c’est un exercice intéressant pour moi. Et j’ai compris qu’une chose qui m’avait aidé, ça a  été ça : de croire en ma guérison. Évidemment, il y a des jours où j’étais plus bas que Terre et où je me demandais si j’allais vraiment m’en sortir. 

Mais quand j’étais malade et que je me projetais 10 ans plus tard, je savais que je n’allais pas être malade toute ma vie. Je me disais que ce n’était pas possible, ce n’était pas ça ma vie. Et la visualisation m’a beaucoup aidé d’ailleurs : et je ne me voyais pas malade à vie parce que je croyais au fond de moi à cette guérison. 

Pour ce qui est de croire en toi, c’est croire en tes capacités à battre la maladie. Croire que tu as les ressources en toi. J’ai une phrase qui était affichée sur les murs de ma chambre quand j’étais malade, c’était : “Le changement est une porte qui s’ouvre de l’intérieur”. Et c’est quelque chose que je dis souvent, mais que je vais répéter : tu n’es pas responsable de ta maladie, tu ne l’as pas choisi. Mais tu dois être acteur de ta guérison. Être acteur, ça veut dire mettre des choses en place, des actions concrètes, faire des recherches, vouloir être acteur plutôt que spectateur de sa vie. D’ailleurs si tu m’écoutes c’est que tu es déjà plus acteur que spectateur, parce que tu es une personne proactive, qui veut s’en sortir. Dans les actions que tu peux mettre en place, c’est important de faire des actions qui vont plonger ton cerveau dans un état d’esprit favorable pour la guérison. C’est quelque chose dont je n’en avais pas conscience au moment même, mais pareil, ça m’a beaucoup aidé en fait. Je ne vais pas me répéter parce que j’en ai dédié un article que je te conseille de lire sur les outils concrets que j’ai mis en place (et qui sont souvent à la portée de tout le monde).

#3 - Ne reste pas seul(e)

Être acteur et responsable de sa guérison, ça ne veut pas dire rester dans son coin. Non, tu n’es pas plus fort(e) parce que tu cherches à te sortir seul(e) de la maladie. D’ailleurs, je pense qu’il faut encore plus de force pour demander de l’aide. Donc demander de l’aide, c’est pas un signe de faiblesse, au contraire. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai dit l’importance d’avoir une aide des professionnels de santé. Si je le dis c’est parce que moi-même je me suis fait accompagner. Et sans ça, ça aurait été beaucoup plus compliqué si ce n’est impossible. Je recommande toujours d’avoir des professionnels qui sont spécialisés en TCA. Même si je sais que ce n’est pas facile d’en trouver… 

13-choses-dont-votre-proche-souffrant-tca-aimerait-que-vous-sachiez

Même chose, je ne vais pas me répéter, mais je renvoie vers mes articles parlant de mon parcours de soin où je parle des professionnels que tu peux voir, quelle thérapie choisir, etc. 

Et ne pas rester seule, c’est aussi en parler à ses proches. Je sais qu’il y a souvent un sentiment de honte, de culpabilité d’être malade, d’avoir la sensation d’être un poids en plus, un boulet pour les autres. Mais il faut bien garder en tête que justement, tu n’es pas responsable de ta maladie. Tu ne l’as pas choisi. Et tes proches, ceux qui t’aiment et qui te respectent, ils ne vont pas te rejeter pour ça. Tout le monde n’est pas capable d’être ouvert aux maladies mentales. Donc choisis au moins 2 personnes de confiance qui sont ouvertes à ces problématiques-là. Et prends le temps de vraiment leur en parler, de leur expliquer ce que tu ressens. Tes proches ne peuvent pas deviner ce qu’ils se passent dans ta tête, ils ne peuvent même pas s’imaginer ce que c’est de vivre avec un TCA. Et c’est là où l’importance de la communication entre en jeu. Dis-leur comment ils peuvent t’aider, et à l’inverse, ce qu’il ne faut surtout pas faire. Si tu veux leur partager, j’ai fait cet article sur les 13 choses que votre proche souffrant d’un TCA aimerait que vous sachiez. 

#4 - Ne te met pas la pression

Le 4eme conseil, c’est de ne pas te mettre la pression. 

Parce que je te vois venir, là en me lisant, tu te dis “ok, il faut que je sois acteur de ma guérison, il faut que je mette ça, ça et ça en place, il faut que j’arrive à tel objectif dans tels jours…

STOP.

On lève le pied de la pédale d’accélération.

J’ai aussi dit que c’était important d’y aller étape par étape. Mais je sais que souvent, on a un tel niveau d’exigence avec soi-même qu’on filtre les informations bienveillantes. 

Donc je fais ce conseil “rappel” pour te dire de vraiment ne pas te mettre la pression. Sinon, tu fonces droit dans ce que j’appelle le “burnout de la guérison”. Le fait de vouloir tout bien faire parfaitement, de s’imposer des choses inatteignables à faire dans un but de guérir. Mais au final, tu oublies totalement de te reposer, d’être bienveillant avec toi-même. Or, repos et bienveillance font aussi partie de la guérison. Et c’est même primordial. Donc, vise la progression, pas la perfection. Accepte de faire des erreurs. Tu es humain. Tu n’es pas invincible. C’est normal de ne pas réussir à relever tous les défis. Comme je dis souvent, en guérison, on a parfois l’impression qu’il y a plus de jours de pluie que de soleil. Mais pourtant, ces jours pluvieux t’aident à avancer. Même si tu n’en as pas l’impression. Là, tous les conseils que je te donne, ce ne sont pas des choses que j’ai appliquées dès le début. C’est d’ailleurs des choses que j’ai apprises en tombant. C’est en tombant qu’on apprend à marcher quand on est bébé. Mais je n’étais pas plus forte que toi, vraiment. Garde en tête aussi que quand c’est difficile, c’est que tu vas à l’encontre de la maladie. Donc c’est bon signe, même si c’est difficile de le voir d’une façon positive sur le moment même.

D’avoir vécu et surmonté les TCA, qui a été la période la plus sombre de ma vie, une période très très difficile ; aujourd’hui, j’aborde plus de la même façon les phases compliquées de ma vie. J’en pleure toujours, j’ai toujours peur mais je sais que c’est dans ces moments-là qu’on grandit, qu’on n’avance le plus ; et que ça me sera bénéfique pour plus tard, que ça va m’armer davantage. 

#5 - Des listes pour t'aider dans ta guérison

liste-guerison-trouble-alimentaire

Je propose souvent de faire 3 listes pour avoir un welcome package de la guérison. 

La première c’est la liste des raisons de guérir. Et c’est pas juste faire la liste, c’est la faire, mais la relire souvent. Donc le mieux c’est de la personnaliser, de la rendre jolie dans un journal ou sur une affiche que tu accroches sur ton mur. D’ailleurs, je t’offre 100 raisons de guérir dans le kit de guérison qui est sur mon site où il y a plein d’autres petites ressources offertes.

La deuxième liste, c’est la liste des avantages et inconvénients de ton trouble alimentaire. Les inconvénients deviendront des motivations à te battre, pour ne plus les avoir. Et la liste des avantages est très intéressante. Elle est vraiment à faire sans jugement, parce que c’est normal de tirer des avantages positifs. C’est un processus inconscient dans le domaine de la santé mentale, on va dire. C’est ce qu’on va appeler les bénéfices secondaires de la maladie. Et les identifier est primordial pour travailler dessus parce qu’ils représentent souvent des barrières à la guérison.

Même chose, j’ai fait un article où je t’explique comment trouver tes bénéfices secondaires et je te donne ceux que j’avais. 

Et dernière liste (même si j’en ai plein en stock haha), c’est la liste des conséquences de ton TCA. J’avais lu une revue scientifique qui disait que le cerveau des personnes souffrant d’un tca restrictif, comme l’anorexie, était câblé un peu différemment (alors pas d’affolement, ce n’est pas irréversible, ça revient à la “norme” avec la guérison). Mais en gros, le circuit des récompenses et de la prise de risque est différent. La plupart des gens sont motivés par les récompenses, mais chez les personnes souffrant d’anorexie, elles sont motivées par la conséquence. Donc par exemple, au lieu de te dire “Si tu guéris, tu pourras voyager dans tel grand pays de tes rêves”, tu peux aussi te dire “Si tu ne guéris pas, tu ne vas pas pouvoir exercer tel métier qui te donne envie”. ou “Si tu ne t’alimentes pas, tu auras beaucoup moins de capacité de mémorisation, de concentration… car ça impacte négativement ton cerveau”. Je sais que moi, ça, c’était important, le fait de préserver mon cerveau. Donc c’est bien de faire cette liste des conséquences, pour le coupler à la liste des motivations de guérir. Comme ça, tu peux voir ce qui marche le mieux pour toi.

#6 - Vois la guérison dans son ensemble

C’est quelque chose que je dis souvent, mais parfois, on focalise sa guérison uniquement sur les conséquences : le côté nutritionnel, son poids, son hyperactivité, ses TOC, ses stratégies de compensation… C’est normal que ça attire une grande partie de ton attention parce que c’est ce qui est omniprésent dans ta vie. Mais, tout ça, c’est des symptômes physiques. Or, je le dis souvent, les TCA ce sont des maladies MENTALES. Alors oui, il faut traiter ces symptômes, c’est important. Mais faut pas oublier de travailler sur le côté psychologique, sur le côté causes de la maladie, le pourquoi. C’est vraiment personnel, mais moi, j’ai plus travaillé sur les causes que sur les conséquences dans mon parcours, et personnellement, ça m’a été bénéfique. Ça m’a permis de reconstituer l’histoire de ma maladie, et ça m’a aidé à guérir d’une façon générale les blessures que j’avais en moi. Donc comment j’ai fait : par un accompagnement psy, par l’EMDR, et surtout par beaucoup d’introspection avec moi-même, via le journaling et les livres de développement personnel qui m’ont beaucoup aidé. 

#7 - Penser long terme

Tu apprends à dépasser tes peurs alimentaires, pas uniquement pour guérir, pas uniquement pour reprendre du poids.

Tu ne te bats pas que pour soigner tes compulsions si tu en as. Tu ne te bats pas pour accepter ton corps cet été à la plage, pour ne pas culpabiliser au restaurant demain soir. Tu ne te bats pas pour des raisons à court terme. Tu te bats pour ta vie. Tu ne guéris pas uniquement pour sortir de ton TCA, tu te bats pour un mieux-être à VIE. Donc c’est pour du long terme. Il y a une citation qui dit “ne précipite pas les choses que tu veux avoir éternellement”. Et ce mieux-être, cette paix intérieure, tu le veux éternellement, pour le reste de ta vie. Donc c’est normal que ça prenne du temps.

#8 - Aie de l’autocompassion pour toi-même

Tu n’es pas cette personne. Enfin, je parle dans mon cas et peut-être que tu te reconnaîtras. Mais moi, quand j’étais malade, je me suis perdue. Je n’étais plus la Mathilde si bienveillante. Surtout avec mes proches où je mentais, j’étais agressive, j’avais zéro tolérance… Et j’avais honte, je me détestais. Mais vraiment, tu n’es pas cette personne. C’est la maladie. Et en guérissant, tu te retrouveras davantage. Donc c’est important de prendre du recul et de te pardonner parce que tu n’es pas cette horrible personne que tu penses être, je te jure. 

Aussi, ne sois pas si difficile, si indulgente avec toi-même. Ne t’impose pas des emplois du temps de ministre que personne ne pourrait tenir. Et encore moins toi, tu as besoin de te reposer, de te battre contre ton TCA et le repos est en top liste de ton ordonnance. Ne sois pas aussi difficile avec toi quand tu as un mauvais jour. Souligne plutôt tes demi-victoires que tes demi-défaites.

Demande-toi si tu agirais ainsi avec une personne que tu aimes ? Demande-toi si tu lui parlerais comme ton discours interne te parle

Et prends soin de toi, mais vraiment concrètement. Fais des actions pour prendre soin de ton mental, de ta peau, de tes cheveux, de ton corps, de toi quoi.

#9 - Ouvre-toi à d’autres choses que ton trouble alimentaire.

Être acteur de sa guérison, aller sur des comptes recovery, faire des recherches sur les causes de sa maladie. Oui, mais avec des pauses. Accorde-toi des pauses où tu fais des trucs qui n’ont rien à avoir avec tes troubles alimentaires. C’est super important, d’apprendre à te déconnecter. Le TCA il est tellement omniprésent dans ta vie, que tu as la sensation qu’il fait partie de toi. Et la guérison ça passe aussi par apprendre à se redécouvrir, apprendre à se connaître, faire des choses que tu aimes faire TOI (et pas ton TCA). Et donc ouvre-toi à des centres d’intérêt qui n’ont rien avoir avec les TCA : fais des activités créatives, inscris-toi dans des associations, lis des livres qui n’ont rien avoir, regardes des séries, des films qui n’ont rien avoir non plus et qui te changent les idées. Ouvre-toi à des personnes qui ne savent pas que tu es malade ou du moins qui ne t’en parlent pas. L’idée ce n’est pas de le cacher, pas du tout. Mais c’est d’avoir des moments de répit où tu fais autre chose que penser à ton TCA. Et ce n’est pas simple hein. Moi quand j’ai commencé à bien guérir, j’ai eu 1 an où mon copain me rappelait que j’étais en train d’en parler h24. Genre j’étais dans la nostalgie de ma maladie, et je n’en avais même pas conscience. 

D’ailleurs, cette année-là, mon feed instagram était rempli de compte recovery, ou de nourriture, ou de fitgirls. Pareil, défollow les comptes qui ne parlent que de nourriture ou qui montrent des photos de corps. Parce que ça fait un rappel à ton TCA que tu es là-dedans. Évidemment, garde les comptes conseils recovery, qui te sont bénéfiques, qui te donnent des conseils concrets. Ça, c’est bien. Mais n’aie pas que ça dans ton feed. Ouvre toi à des influenceurs qui n’ont rien avoir, qui parlent d’autres sujets cools : sur de la décoration, du journaling, sur du dessin, sur des tutos do it yourself, sur l’humain… il existe plein d’influenceurs cools qui ne parlent absolument pas de ça, de corps, de nourriture.

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Si tu as peur de “râter” les posts des comptes qui te sont bienveillants pour ta guérison, ce que tu peux faire, c’est aussi te créer un compte spécifique pour ça, où tu as que ça et donc tu y fais un tour 10 minutes par jour par exemple. Et après, tu passes sur ton compte classique, ce qui fait que tu n’as pas de rappel de TCA (je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, si je m’exprime clairement).

Et autre chose, c’est bien aussi de suivre justement des comptes qui parle de diversité corporelle, d’acceptation corporelle… ça permet de remettre en question tes idéaux de beauté, de déconstruire tes idées reçues, de t’ouvrir à de nouveaux points de vue sur le corps, etc. (Sans faire que ça). 

Enfin, ça reste MON conseil. Mais c’est vrai que j’ai vu une nette différence quand j’ai arrêté de suivre que des comptes de nourriture, de corps, etc. Et j’avais fait un compte insta à côté où je suivais tous ces comptes-là. Et petit à petit j’ai fini par plus y aller parce que mon cerveau n’y était plus confronté en permanence, même quand je n’y pensais pas et que hop, il y avait un post dessus dans mon feed. Donc je te recommande de faire ça. 

#10 - Fais le bilan de ta vie, et demande-toi ou tu veux aller.

J’ai pensé à le proposer parce que j’ai relu hier mon bullet journal que je tenais à l’époque. Et j’avais fait ça et ça m’a aidé. En gros c’est un exercice que je m’étais mis où je faisais le point dans ma vie. Donc j’avais passé en revue les différentes parties de ma vie : professionnel, situation amoureuse, vie sociale amicale, relation familiale, confiance en moi, relation avec la nourriture et relation avec mon corps. Et j’avais fait 4 colonnes : 

La première, bah je notais chacune de ces parties.

La deuxième, je faisais l’état des lieux d’où j’en étais.

La troisième, je me suis demandé ce que je ne voulais plus, de quoi je voulais me séparer (donc des habitudes, des actions, des façons de penser)

La dernière, je notais ce que je voudrais avoir dans chacun des domaines. Et je notais vraiment l’idéal, sans prendre en compte les barrières et les peurs que j’avais à ce moment-là.

Et je suis sûre que cet exercice m’a aidé à me projeter dans mon futur et à faire l’état des lieux de ma vie un peu. Et ça permet de ne pas se focaliser sur les conséquences du TCA, plus sur les causes ou ce qui est indirectement lié, mais dont on n’a pas forcément conscience. Moi à l’époque j’avais beaucoup parlé de ma relation à ma mère et à mon père. Et globalement, je suis contente parce que j’ai atteint aujourd’hui ce que j’avais mis dans ma dernière colonne, ou presque. Et si c’est pas du tout pareil bah au final je suis contente de la tournure que ça a pris. Toute façon j’essaie de me dire que faut faire confiance à la vie.

#11 - Faire un vrai travail d'acceptation corporelle

Dernier conseil, finalement il y en a 11 vu que j’avais introduits avec un conseil. Ce dernier conseil c’est de faire un vrai travail d’acceptation corporelle. Souvent, on passe son temps à se dire “il faut que j’aime mon corps,” ou à s’autopersuader “j’aime mon corps”. Mais au final, on ne met rien de concret en place. Moi c’est ce que j’avais fait, mais à tort. Et ce travail d’acceptation corporelle, je l’ai fait tard finalement. Pourtant, il m’a aussi aidé à sortir totalement de mes TCA ou peut-être aussi de ne pas rechuter. Et d’ailleurs le but c’est d’accepter son corps, pas nécessairement de l’aimer.

C’est vraiment un gros travail indispensable selon moi que j’ai réalisé à travers de nombreuses recherches et lectures pour trouver quelles actions et état d’esprit adopter par rapport à ça. Dans Butterfly Body, ça représente un gros module, de +de 3h30 de vidéos et 100 pages dans le ebook donc vraiment avec plein d’exercices. Et en fait, ce travail d’acceptation corporelle je trouve qu’on devrait nous l’apprendre à l’école. J’ai beaucoup de copines qui me disent ne pas aimer leur corps et vouloir le changer, se prendre la tête avec ça, sans qu’elle ait de TCA. Mais je me dis qu’elles devraient faire un travail d’acceptation corporelle.

C’est indispensable que tout le monde le fasse finalement. Moi c’est l’une des choses que je voudrais transmettre, apprendre à mes enfants quand j’en aurai. On est dans une culture de la culpabilité, de la minceur et c’est indispensable de savoir s’en détacher concrètement. Et c’est important d’apprendre à voir son corps différemment, au-delà de son apparence. De le voir dans sa globalité, pour l’accepter, le respecter et ne plus lui faire du mal, de plus le soumettre à des comportements destructeurs.

Voilà, c’était mon dernier conseil. Parce qu’il faut savoir mettre un point final à ses contenus pour éviter que ça dure 1000 ans. J’espère que ça t’a plu.

À très vite 🙂 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 1 commentaire
Gymnastique, ballet… des facteurs de risque aux TCA ?

Gymnastique, ballet… des facteurs de risque aux TCA ?

Gymnastique, ballet… des facteurs de risque aux TCA ?

Je voudrais mettre le doigt sur un problème beaucoup trop grave mais pourtant normalisé : la pression qui est mise sur l’image corporelle dans le milieu de la dance, et notamment du ballet ; ainsi que chez les gymnastes. J’ai sélectionné ces deux sports car ce sont les deux principaux qui me semblaient avoir cette problématique. Mais si tu en as un autre en tête, partage-le en commentaire.

Les facteurs de risques de la gym & du ballet au développement des troubles alimentaires

Cet article me tenait à cœur de le faire car trop souvent, j’ai des filles qui ont fait ou font encore du ballet, de la gym… et elles me témoignent le rôle qu’a eu ce sport dans le développement de leur trouble alimentaire. Je n’ai pas trouvé les chiffres français, mais une étude américaine de 2022 montrait que 1 gymnaste sur 2 souffrait de TCA. Et un danseur de ballet a 10 fois plus de risque de développer un TCA qu’un autre danseur.  Je voudrais donc te présenter les différentes raisons possibles qui peuvent expliquer pourquoi ces sports amènent parfois au développement de trouble alimentaire.

#1 - Des performances liées au poids, aux courbes du corps

Les performances de gymnastique et du ballet ne se mesurent pas dans le fait d’atteindre une ligne d’arrivée. Les performances sont très tournées autour du poids et de l’apparence physique. 

Pour ce qui est de la gym, les gymnastes soulèvent leur propre poids corporel contre la gravité. Ainsi, pour améliorer leur performance, les jeunes athlètes tombent rapidement dans des régimes alimentaires pour diminuer leur poids vers un chiffre toujours plus bas.

 

Pour ce qui est du ballet, l’accent est mis sur leurs courbes corporelles, la “légèreté de leur mouvement”. On s’attend à ce qu’ils soient “flottant”. Beaucoup de danseurs commencent le ballet très jeune et y restent des années. Entre temps, la puberté fait son apparition. Or, les courbes sont très peu acceptées dans le monde du ballet. À la vue de leur corps qui se développent naturellement et par peur que cela affecte leurs performances, les jeunes ballerin(e)s tombent rapidement dans des entraînements sportifs plus intenses ou des régimes restrictifs pour chercher à modeler leur corps pour qu’il corresponde aux attentes.

#2 - La mentalité de ces industries et les stéréotypes de la société

Le pire dans tout ça, c’est que ces pratiques sportives intenses et ces régimes restrictifs dans lesquels tombent les jeunes athlètes, c’est considéré comme normal. Dans ces industries, l’insatisfaction corporelle est considérée comme étant la norme. Et si tu parles de tes difficultés à accepter ton corps ou de tes prises de tête sur la nourriture, sur ton poids… c’est perçu comme un signe de faiblesse, ou de “ne pas travailler assez dur”.

Les professeurs les poussent même à aller en ce sens. Même les danseurs et gymnastes entre eux se tirent vers le bas, dans ces pratiques destructrices pour leurs corps et leur santé. Il y existe d’ailleurs une réelle compétition qui peut naître entre les athlètes (un peu comme entre les malades des troubles alimentaires…).

C’est un monde où l’accent est mis sur le perfectionnisme, sur la discipline, sur le contrôle (de son corps, de ses mouvements, de sa façon de marcher…). Il s’agit là de facteurs communs que l’on retrouve chez les personnes qui souffrent de trouble alimentaire.

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D’ailleurs, durant les compétitions, l’apparence physique fait clairement partie de la notation impactant le score. Une triste anecdote à ce sujet : Christy Heinrich, la gymnaste d’élite de la fin des années 80 aux États-Unis souffrait d’anorexie et de boulimie. Un juge américain lui a dit qu’elle devait perdre du poids pour faire partie de l’équipe nationale. Elle est décédée des complications de ses TCA en 1994, elle ne pesait plus que 27 kg…

Dans les clubs de gym les plus compétitifs qui veulent amener leurs athlètes à un haut niveau, les entraîneurs vont recruter des athlètes toujours plus jeunes. Le but ? Confronter les enfants à des sauts périlleux le plus tôt possible, tant qu’ils n’ont pas encore une trop grande notion du danger. Mais de ce fait, ces enfants sont plongés très rapidement dans un monde porté sur l’apparence alors qu’ils sont encore vulnérables. 

 

Et les clichés de la société participent à cette pression sur le corps, une fois de plus ! Dans les films, dans les séries TV, dans les médias… On nous montre qu’un bon danseur ou un bon gymnaste est une grande personne, mince. C’est comme s’il fallait être maigre pour gagner dans ces sports. De ce fait, de nombreux stéréotypes subsistent et entretiennent cette pression sur l’image corporelle qu’ils renvoient : 

Ah bon, tu fais du ballet et tu manges tout ça ?

Mais tu ne vas pas manger ça quand même ? Et tes compétitions de gym ?”

 

#3 - Un environnement matériel favorable aux développements des TCA

Pour les ballerin(e)s, l’entraînement se fait devant des miroirs pour avoir un œil continue sur ses mouvements, sur son corps. Cela participe à l’obsession corporelle.

Et que ce soit les gymnastes ou les danseurs de ballet, leur uniforme correspond souvent à des justaucorps, des costumes ajustés qui collent à la peau. Donc une fois de plus, cela rajoute une pression supplémentaire pour ne pas avoir un “bout de peau en trop”…

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Comment faire pour lutter contre cette pression à l’image corporelle ?

On peut avoir l’impression que je dépeins un tableau assez noir de la gymnastique et du ballet. Si c’est ce qui est ressenti, ce n’est pas ce que je voulais faire. En réalité, mon but était surtout de sensibiliser pour bien comprendre les risques que présentent ces pratiques sportives pour le développement des TCA.

Mais je comprends bien qu’il s’agit de sports artistiques et que l’accent est mis sur les mouvements du corps, la beauté des tenues, etc. Et d’ailleurs, ce sont deux sports dont j’aime beaucoup regarder en spectacle et j’ai un grand respect pour ceux qui pratiquent ces sports.

Mais je pense qu’une évolution des mentalités est tout de même indispensable pour la bonne santé physique et mentale des pratiquants de ces sports. 

Déjà, je voulais quand même préciser que toutes les personnes qui font de la gym et du ballet ne tombent pas dans les troubles alimentaires. Évidemment, d’autres facteurs externes jouent : le contexte environnemental, un événement stressant, un traumatisme, un contexte d’abandon/ de séparation avec autrui, un caractère perfectionniste, etc.

Mais il faudrait tout de même qu’il existe des campagnes de sensibilisation aux troubles alimentaires dans ces écoles de gym, de ballet. Il devrait même y avoir des cours de diététique pour rappeler ce dont le corps a besoin. Il me semble que ça existe dans quelques grandes institutions, mais ça ne devrait pas être réservé à l’élite. 

Et bien que la discipline fait partie des sports à haut niveau, il faudrait tout de même qu’il y ait une évolution de l’état d’esprit des professeurs pour qu’ils gardent en tête que chaque corps est beau tel qu’il est. Il faudrait que ceux qui enseignent, désapprennent les idées reçues alliant beauté et minceur. Ainsi, cela se ressentira dans leur discours pour y mettre un peu plus de bienveillance, je l’espère. 

Et faut-il interdire son enfant s’il souhaite faire de la gym ou du ballet ?

danseur-tca-anorexie

Selon moi, non, si c’est sa passion, qu’il en a envie, il faut le laisser faire. Mais en étant conscient des risques et en apportant donc une grande vigilance à son insatisfaction corporelle et à ses habitudes alimentaires. Il faudrait aussi lui rappeler que sa pratique sportive ne doit pas se faire au détriment de sa santé. Il faudrait lui rappeler que son corps est parfait tel qu’il est, qu’il doit en prendre soin ; et pour cela, il faut répondre à ses besoins. Il faudrait lui dire que peu importe ce qu’il entend, son corps a des besoins primaires auxquels il faut répondre. Il faudrait l’aider à prendre du recul sur ce qu’il peut entendre durant ses cours.

Vos témoignages à ce sujet

N’ayant jamais fait de gymnastique ni de ballet, j’ai écrit cet article à partir de mes recherches et de mon point de vue.

Je serais donc super contente d’avoir des témoignages de danseurs, de gymnastes ou même de leurs parents. 

Tu peux me faire part de ton témoignage directement en commentaire en bas de l’article, ou via mon Instagram sur @norain.noflower

Je mettrai alors la capture d’écran de ton témoignage dans cette partie de l’article, ci-dessous.

Je mets quelques questions pour te guider si tu souhaites témoigner : 

  • Présente-toi : Prénom, âge. 
  • Si tu fais de la gym / ballet, depuis combien de temps en fais-tu ? 
  • As-tu développé des TCA avant, pendant ou après ce sport ?
  • Dans quel cadre ce sport a déclenché ton TCA ?
  • Est-ce que ce sport a empiré ton TCA ?
  • Est-ce que tu te souviens de ta relation aux autres sportifs ?
  • Est-ce que tu te souviens d’une pression particulière mise par les coaches ? As-tu des souvenirs de choses qu’ils ont dites/ fait dans ce sens ?
  • Qu’est-ce que tu penses que le monde de la dance / du ballet a besoin pour diminuer le risque de développer des TCA ? 
  • Quel conseil dirais-tu à une personne qui soufre de TCA & qui fait de la gym/dance aujourd’hui ? 

Les témoignages que j'ai reçu :

Salut, je m’appelle Thelma et j’ai 17 ans. Ça fait 2 ans et demi que j’ai des Tca (entre anorexie, boulimie et hyperphagie). A la fin du confinement, j’ai commencé à développer une obsession pour la nourriture mais avant ça, comme on était confiné chez nous, je faisais du sport tout les jours chez moi donc en réalité, j’ai commencé à avoir un problème avec les Tca pendant le confinement. Je voulais témoigner mon approche de la gym et des Tca.
Je fais de la gym depuis que j’ai 2 ans donc ça fait maintenant 15 ans que j’en fait. À un moment de mon parcours, je faisais plus d’entraînement que les autres et j’évoluais plus vite. C’était pour moi une récompense et j’étais fière de moi de voir que j’arrivais à faire de nouvelles choses. Puis j’ai grandi et c’était de plus en plus dur de progresser rapidement. J’ai remis la cause sur mon poids, je ne voyais pas autre chose qui pouvait me ralentir dans ma progression (en fait c’est tout à fait normal que ça soit plus dur). Et je voyais les autres gymnastes avec qui je m’entraînais grandir mais rester toujours autant fortes, énergiques. Ça m’a fait beaucoup de peine mais j’ai continué. En 2018, une gymnaste a développé un Tca mais elle arrivait à faire énormément de sport et elle était tellement musclée. Ensuite une deuxième gymnaste et même si elles avaient des poids faibles, elles arrivaient à évoluer (mais je savais pas que c’était de l’hyperactivité). Du coup je me suis dit qu’il fallait que je fasse pareil. (Je n’ai pas développé un Tca que pour cette raison). Je ne ratais plus aucun entraînement et je n’arrêtais pas une seule minute pendant ceux-ci. Pendant le confinement c’était tous les jours muscu. Puis mon médecin spécialisé dans les tca m’a fait une dispense de sport. C’était un moment horrible quand on te dit que tu n’as plus le droit de faire du sport alors que c’était en quelque sorte une addiction. Puis j’ai été hospitalisé et ensuite j’ai fait de l’hôpital de jour pendant 1an et demi. Donc je n’ai pas fait de sport pendant 2ans
Il y a quelques mois, j’ai été autorisé à refaire du sport. Les premiers mois, je n’ai pas réussi à y aller par peur du regard des autres puis je n’étais pas prête psychologiquement. J’ai repris la gym il y a maintenant 3 mois. C’est très compliqué pour moi d’y aller même si au final ça me fait du bien de voir des gens. Mon club où je suis n’est pas un club où il faut absolument la performance. C’est plutôt un lieu où l’on fait du sport ensemble pour se défouler, s’entraider, s’amuser et tout ça dans une bonne ambiance. Mais malgré tous ces points positifs, je me compare énormément aux autres gymnastes et pendant ces 2 années sans sport, j’ai beaucoup perdu (muscles, souplesse…) et voir et me dire que je dois recommencer tout à zéro est vraiment démotivant.
Derrière ce témoignage, je veux dire aux gens qui souffrent ou pas de tca que peu importe le sport que l’on pratique, ce n’est pas une forme d’acharnement contre soi même. Même si on a des courbes ou bien peu de muscles, on est libre de pratiquer un sport comme on le souhaite et que se soit une forme de plaisir. En pratiquant un sport trop intensif, les choses vont empirées mais le plus dur est de remonter.
Voilà je vous souhaite tous bon courage et on tient bon.

Thelma

Vers mes8-10ans ma mère m’a biensur fait faire de la danse classique, je ne peux malheureusement pas vraiment témoigner suite aux plutôt lourdes conséquences qu’a eu mon parcours d’anorexie avec mes problèmes de mémoire…Mais j’ai quand même des « flashs » qui me sont revenus et c’est clair que les profs mettent une pression assez lourde sur leurs élèves, surtout concernant le poids-l’apparence et l’élégance;Vu le contexte personnel dans lequel j’ai « grandi » aussi (avec ma mère anorexique+mon père assez absent…)cela n’a pu que m’aider, entre autres, à ce que je tombe ds l’anorexie sans problème de poids à l’époque…Si j’ai un conseil à donner pour ceux qui veulent tenter un de ces domaines, ou pour leur entourage, ce serait vraiment de tenir compte en1er de l’état d’esprit de celui qui veut faire cette activité, ainsi que du pourquoi…Je pense qu’il ne vaut mieux pas mettre la pression lorsque l’activité est commencée, et voir par la suite le comportement du « nouveau sportif », et au moindre doute l’amener consulter une « bonne » personne;

Stéphanie

Bonjour!  j’ai vu qu’un article allait être écrit sur le thème du ballet/gymnastique et des TCA et j’aimerais donner mon petit témoignage là-dessus!
J’ai fait de la danse de mes 4 à mes 18 ans et suis dans la maladie depuis mes 16 ans ( j’en ai 21 ans mais ne me considère pas totalement guérie, je débute cependant une thérapie!), et je me souviens des compliments que j’ai reçu en perdant du poids! Tous les adultes de la compagnie me félicitaient, trouvaient que j’avais de la force d’avoir perdu autant de poids si vite … personne ne s’est demandé si perdre 20 kg en 3 ou 4 mois, à 16 ans,ce n’était pas un peu dangereux ? ( à n’importe quel âge d’ailleurs) … je pense que ces compliments ont rendu mon TCA encore plus fort car ‘y voyais un réel accomplissement et ça m’aidait à penser que ce que je faisais était « bien » et que j’avais le contrôle, que je devenais une meilleure version de moi-même …
je me sentais plus belle en me regardant dans les miroirs de la salle de danse! Mais évidemment ça n’a pas duré et une fois la « lune de miel » passée j’ai commencé à subir les réelles conséquences ( encore aujourd’hui) alors la danse n’a pas déclenché mes TCA mais je me dis qu’elle y a peut-être contribué un peu ( je me souviens aussi que quand j’étais plus jeune, vers mes 14 ans, une pesée régulière avait été instaurée à la danse par de nouveaux sponsors et une fille grosse avait d’ailleurs été refusée pour un spectacle alors qu’elle dansait merveilleusement bien! C’est indécent de peser des ados et des enfants et de commenter leur poids comme si ça contribuait à la valeur en tant que personne … et en plus de faire de la discrimination assumée avec cette fille par exemple )

Juliette

Merci beaucoup pour ta lecture (et ta participation peut-être) 🙂 

J’espère que cet article t’a plus ! N’hésite pas à me faire ton petit retour en commentaire.

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, Parents, Trouble du comportement alimentaire, 0 commentaire
Ne pas rester bloqué dans la quasi-guérison des TCA

Ne pas rester bloqué dans la quasi-guérison des TCA

Ne pas rester bloqué dans la quasi-guérison des TCA

Dans cet article, je voudrais te parler de la quasi-guérison des troubles alimentaires.

Je sais pas si tu en as déjà entendu parler ? Je me trompe peut-être, mais j’ai la sensation qu’on n’en parle pas forcément assez, du moins pas en profondeur.

Enfin, moi : je ne savais pas ce que c’était réellement. Et je suis restée assez longtemps dans cette quasi-guérison. Et je pense que si j’avais lu avant ce que je vais te dire ici, j’y serai restée moins longtemps.

Qu’est-ce que c’est la quasi-guérison ?

Certaines personnes considèrent que c’est une période qui arrive à mi-chemin de la guérison. Sous-entendu, après la quasi-guérison, il reste encore la moitié du chemin à parcourir pour en sortir totalement.

Je pense que ça dépend un peu de chaque personne, de chaque histoire. Je le dis souvent, chaque chemin de guérison est différent. Et me concernant, j’estime quand même que tout le parcours que j’ai fait avant la quasi-guérison était tellement difficile et douloureux, que pour moi : la quasi-guérison, c’est une étape qui arrive en fin de chemin. Et je ne parle pas vraiment en termes de temps, mais plutôt en termes d’effort de guérison. Mais encore une fois, c’est propre à MON EXPÉRIENCE. 

Pour autant, ça reste une étape difficile de la guérison dont on parle peu. Et finalement, plein de personnes sont bloquées dedans sans même en avoir conscience. 

Je vais expliquer plus en détail après ce que c’est concrètement pour que tu saches si tu es justement bloquée dedans. 

Mais avant ça, je voulais quand même préciser quelque chose. Pour moi, c’est inévitable de passer par une phase de quasi-guérison. Le problème, en réalité c’est surtout d’y rester longtemps. Je m’explique : Souvent, quand on est à fond dans son chemin de guérison, on part d’un stade où on est épuisé émotionnellement, où on s’est peut-être coupé de sa vie sociale, où on se sent seule, où on a des comportements que l’on déteste. Et avec la guérison, tous ces symptômes diminuent largement. On retrouve une vie sociale, on retrouve de la force, de l’énergie. On a moins de désagrément. On sent que ça y est, on retrouve de la flexibilité, de la vie. Et donc quand on ressent ça. On a envie de faire une pause, de s’accorder un peu de répit, de profiter de ces petits plaisirs qu’on n’avait plus depuis des années ! Et c’est … normal ! Mais sauf qu’on ne se rend pas compte que parfois, on entre dans une prison dorée. On est comme libre dans une cage. Parce qu’il reste des choses à travailler pour réellement atteindre la guérison.

Pourquoi la quasi-guérison te maintient bloqué ? Et pourquoi la quasi-guérison peut même être dangereuse si tu n'en as pas conscience ?

En quasi-guérison, souvent, tu as déjà bien avancé dans ton chemin de guérison. Donc, si tu avais perdu du poids, peut-être que tu as déjà retrouvé le poids perdu, ou presque. Peut-être que tu as largement diminué ton hyperactivité. Peut-être que tu as beaucoup moins de peurs alimentaires, et que même tu remanges beaucoup plus de choses qu’avant. Peut-être même que tu es plus facilement capable de nouer des liens avec des proches parce que les obstacles liés aux repas sont moins présents.

Donc, d’un point de vue extérieur, tu peux sembler aller vraiment mieux. Et d’ailleurs, tes proches te bombardent peut-être de commentaires bienveillants te disant « Ohhh t’as l’air vraiment mieux », « tu sembles enfin guérie », etc. Donc le truc, c’est que c’est une période où tu peux facilement tromper tout le monde, leur faire croire que tu vas réellement mieux. Et je dirais même que c’est une période où tu peux toi-même être persuadée que tu es guérie. Et ce n’est pas que tu te voiles la face consciemment, c’est que vraiment, tu en es persuadée. Je le précise parce que moi, c’est ce qui m’est arrivé : je me pensais guérie, mais je ne l’étais pas. 

Mais comment ça se fait ? Bah, toujours à cause du même problème.

Le problème, c’est que même quand on est la personne concernée par la maladie mentale, on se soumet aux idées communes disant que les maladies mentales sont réelles si elles sont visibles. Pourtant c’est bien des maladies MENTALES.

Donc le danger de la quasi-guérison, c’est que les autres et peut-être même toi, tu peux croire que tu es guérie si tu te bases sur tes symptômes en apparence visible. Mais pourtant, tu es toujours en lutte mentalement contre les mécanismes du trouble alimentaire. Donc, tu te confrontes à ce sentiment d’illégitimité où tu vas te renfermer dans cette quasi-guérison. Tu vas l’accepter, sans chercher à en sortir.

Pourtant, tu n’es toujours pas libre. Tu ne vis toujours pas pleinement ta vie. Car tu as toujours ces pensées parasites, cette culpabilité. Même si c’est beaucoup moins présent qu’avant, c’est toujours là. C’est comme si tu vivais, mais à moitié. Tu es dans une quasi-vie. 

Et le problème, c’est que si les mécanismes du trouble alimentaire restent là, même de façon minime… Et bien il y a un GROS RISQUE de rechute. C’est-à-dire qu’il y a un risque qu’un jour, ces mécanismes reprennent de plus en plus de place, que la culpabilité soit de plus en plus présente et qu’à nouveau, tes choix soient dictés par le TCA.

Parce que le problème, c’est qu’en quasi-guérison, comme les symptômes sont moins omniprésents, qu’ils sont plus sournois, plus discrets… Et bien, tu t’habitues presque à ça. Tu as presque organisé ta vie autour de ça. Et ta guérison totale, elle ne fait plus partie de tes priorités. Tu te dis que finalement, tu pourras vivre comme ça toute ta vie. Une fois de plus, je le sais, parce que j’ai fait pareil. Je parlerai de mon expérience juste après 🙂

Mais c’est souvent quand on ne s’y attend pas, quand on tourne le dos, que ça refait surface. Souvent, c’est quand tu as un stress qui est plus prononcé qu’à un autre moment : ça peut être une rupture, un décès, la naissance d’un enfant, la perte d’un emploi ou au contraire un nouveau boulot…

En fait, si les mécanismes du trouble alimentaire ne sont pas totalement éradiqués… Et bien, tu prends le risque de retomber à un stade bien plus grave, sans t’en rendre compte, et plus rapidement.

Bon, mon but c’est absolument pas de te faire peur. C’est vraiment de sensibiliser. Et c’est bienveillant : parce que je pense que des personnes restent dans cette quasi-guérison, sans s’en rendre compte et que c’est dommage du coup parce qu’elles se privent  d’une vie qu’elle pourrait vivre pleinement. Et en plus, elles prennent le risque de rechuter. Je ne dis pas que c’est automatique, mais c’est un risque.

Donc pour résumer, pourquoi on reste bloqué dans la quasi-guérison : à cause du sentiment de solitude vis-à-vis des autres qui te pense guéri, donc sentiment d’illégitimité qui fait que tu t’isoles, tu restes seule. Et comme les symptômes sont moins handicapants, alors, tu peux plus facilement cohabiter avec. 

Une autre raison pour laquelle je pense que beaucoup de personnes restent bloquées en quasi-guérison, c’est propre à moi : mais je pense que c’est parce que pour beaucoup de personnes, la quasi-guérison = la guérison totale. Je veux dire, on entend souvent dire que, des maladies comme les TCA, tu les gardes toute ta vie en fond. 

Mais alors, c'est quoi la vraie guérison des TCA ? (selon moi)

Je ne peux pas parler de quasi-guérison, sans parler de ce qu’est la vraie guérison d’un trouble alimentaire. Alors c’est quoi guérir complètement d’un trouble alimentaire ?

C’est une question compliquée.

J’ai déjà observé plusieurs réponses à ce sujet. Et je ne partage pas forcément les avis que j’ai vus, mais pour autant, je les respecte. Parce que comme je dis, chaque histoire, chaque guérison est différente et propre à la personne qui en a souffert.

Donc à la question : c’est quoi guérir totalement ? Je vais y répondre selon MON point de vue, mais aussi selon MON histoire, MON contexte, etc. 

Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a pas UNE SEULE bonne réponse à cette question.

guérison-anorexie

Est-ce que la guérison totale des troubles alimentaires est possible ?

Selon moi, OUI.

Je vois parfois des contenus qui disent qu’il faut faire attention à ne pas envoyer du rêve sur la guérison. Et j’espère que ce n’est pas ce que vous ressentez en m’écoutant, en me lisant. Parce que vraiment, non, la guérison, ce n’est pas simple. Le chemin est long, douloureux. Il n’est clairement pas linéaire. Et il demande beaucoup de temps, de travailler sur de nombreux aspects. Donc ce que je veux dire, c’est que tu n’arrives pas à la guérison totale de ton trouble alimentaire du jour au lendemain. Clairement pas, et ça prend du temps. Mais ça vaut vraiment le coup, 1000x le coup. 

Tu sais, d’avoir été malade, souvent, je fais la comparaison entre maintenant et avant, quand j’étais malade.

L’autre fois, je marchais près des quais à Lyon, je me baladais. Avant, quand j’étais malade et encore dans la quasi-guérison. J’aurais été en train de compter mes pas, de me dire qu’il fallait que je continue pour pouvoir griller le max de calories. J’aurais aussi pensé à ce repas où une copine m’avait invité et qu’il fallait que je trouve une excuse pour ne pas y aller. J’aurais pensé à ma gamelle du lendemain que je devais préparer, au nombre de calories dans ce repas. J’aurai pensé à ce weekend où mes beaux-parents allaient venir et qu’il fallait que je fasse à manger sans qu’ils prennent conscience d’à quel point ça me stressait, de comment j’allais le compenser, etc.

Aujourd’hui, quand je me balade près des quais à Lyon. Donc là on est au printemps quand j’écris cet article. Déjà, mon pas est calme, posé. Je profite d’observer la nature, je regarde les chiens qui profitent de la balade autour de moi. Je regarde le beau ciel bleu, le paysage. Et juste, je kiffe. Je pense même au fait qu’il fait tellement beau que je pourrais aller manger au resto en terrasse avec mon copain le soir. Ou que je pourrais proposer à une copine un picnic sur les quais.

Mais ma vie n’a clairement RIEN AVOIR. Et j’aime à 1 milliard de % plus ma vie aujourd’hui que quand j’étais malade ou en quasi-guérison (où j’étais toujours malade d’ailleurs, je ne devrais pas faire la distinction).

Signes d'une guérison totale :

Donc, je m’éloigne, mais pour moi OUI, la guérison totale existe. Et ça ressemble à quoi ?

  • La nourriture, c’est « que de la nourriture » : dans le sens où c’est plus une source de stress.
  • Tu n’as plus de symptômes physiques (digestion, maux de tête, de sommeil, de concentration…. Liés à la nutrition)
  • Tu profites des repas avec tes amis, ta famille. Et tu profites en étant concentré sur les interactions sociales. Tu n’as plus de stress lié au repas que ça implique.
  • Tu n’es plus en contrôle sur les repas : tu n’as pas besoin de connaître à l’avance ce que tu vas manger. Tu n’as plus besoin de l’anticiper ou de le compenser après.
  • Tu réponds aux besoins de ton corps, tu es davantage connecté à ses signaux.
  • Quand tu fais du sport, c’est vraiment dans un but de te faire du bien, de te vider la tête… mais pas pour compenser ton repas ou t’autoriser à manger.
  • Tu sais te reposer, sans t’en vouloir, sans culpabiliser vis-à-vis de ton poids, de tes repas.
  • Tu ne te limites plus sur les types d’aliments, tu n’évites plus certains aliments par peur.
  • Tu sais qui tu es TOI, ta valeur. Tu n’associes plus ton poids à ta valeur, à ta personne. Tu as d’ailleurs changé tes standards de beauté.
  • Tu n’as plus peur de prendre du poids, tu n’as plus d’obsession à ce sujet.

Voilà, c’est que quelques exemples, mais la liste peut être beaucoup plus longue et développée.

Par contre, ma vie n’est pas fluide et sans problème.

Ce que je veux dire, c’est que les personnes qui disent « tu gardes toujours des restes de TCA », je peux comprendre cette phrase. Du moins, voilà le sens que je lui donne : 

Il peut m’arriver quand on est 1 semaine en vacances et qu’on enchaîne plusieurs restos, plusieurs barbecues, plusieurs journées avec des repas plus lourds, ça peut m’arriver de me dire « Oula, c’est peut-être un peu trop ». Ça pour moi, c’est une pensée culpabilisante. Mais en réalité, beaucoup de personnes l’ont, même sans passif dans les TCA. Mais la différence, c’est qu’aujourd’hui, je ne donne plus de pouvoir à ces pensées. Déjà, elles sont de plus en plus rares. Mais en plus de ça, je n’agis plus en conséquence. Plus jamais, je ne vais me restreindre ou compenser car ça serait donner raison à ces pensées culpabilisantes. Donc voilà, je veux bien entendre qu’en effet, il peut y avoir des pensées, de façon plus ou moins intense (au début, il y en a encore beaucoup, et peu à peu, de moins en moins surtout si tu n’y accordes plus d’importance). Mais par contre, la vraie guérison, pour moi, c’est de ne plus y mettre en place d’action destructrice en réponse.

Et autre point que je voulais souligner : est-ce que j’aime mon corps à 100% ? Non. Je vais être honnête : non. Il y a des fois je me dis « oh punaise, faut que je me mette en maillot de bain, je suis pas super à l’aise ». Il y a des fois je regarde d’autres filles que je trouve trop belles et je les envie. Mais ça ne dure pas longtemps. Et surtout, pareil, je ne mets plus d’actions en place pour changer mon corps. Parce que je l’accepte. Et voilà, c’est ça le truc : ok je n’aime pas forcément mon corps à 100%. Par contre, je l’accepte. Mais une fois de plus, je pense que plein de gens n’aiment pas leur corps à 100% sans avoir un passif dans les TCA.

Donc voilà, j’espère que tu comprends bien que, c’est pas noir ou blanc la réponse. Et puis, encore une fois, réussir à arriver dans cette guérison totale, ça m’a demandé énormément de travail, sur de nombreux aspects et ç’a m’a pris du temps. Ça s’est fait PETIT à PETIT.

Mon histoire avec la quasi-guérison

On arrive au moment où je te parle de mon histoire avec la quasi-guérison.

En gros, en 2015, je suis tombée dans l’anorexie. En 2018, j’ai commencé à vachement bien en sortir. Jusqu’en 2019 où là, j’avais beaucoup moins de symptômes. Physiquement, j’avais repris le poids perdu. Je remangeais de tout, j’avais des amis. Avec mon copain, on allait à des repas, des soirées, des restos. En apparence, j’allais bien. Mais la réalité, c’est que de 2019 à 2020, j’avais toujours les mécanismes de l’anorexie. J’avais toujours les mêmes schémas de pensées. Je testais toujours de nouvelles méthodes pour essayer de perdre du poids. Dès que je faisais du sport, c’était dans l’objectif de changer mon corps. Quand j’étais invitée, la première chose à laquelle je pensais, c’était la nourriture qu’il y avait à cet événement (avant de penser à l’évènement social en lui-même). J’avais toujours beaucoup de stress et de préoccupations sur la nourriture et mon poids. C’est comme si j’étais guérie, MAIS, je savais qu’un jour, ça repartirait. Aujourd’hui, je dis ça avec le recul. À ce moment-là je ne le sentais pas concrètement.

Et bref, en 2021, j’arrive à Lyon. Je viens de Lille, mais je suis passée par Marseille avant d’être à Lyon. Donc déjà un déménagement entre 2 villes éloignées à gérer. Et là, nouveau travail : grosse période stressante, des nouvelles responsabilités.

Et fiouuuuuuu. Je ne m’en suis même pas rendu compte, mais BAM, un jour j’ai ouvert les yeux et Ohhh : ça y est j’étais retombée dans le contrôle.

Je recalculais la moindre calorie. Je mangeais très peu. Je refusais toute sortie sociale. J’étais constamment tendue, irritée. On s’embrouillait avec mon copain parce que je refusais d’avoir qui que ce soit chez moi pour pas avoir un repas non contrôlé. Je refaisais de l’hyperactivité à fond.

Enfin, j’avais totalement replongé.

Alors c’était une rechute, mais elle était quand même minime. Dans le sens où elle a été courte, genre 6 mois. Et j’ai très vite eu conscience des choses quand même.

Et puis, je ne suis pas retombée dans le stade où j’étais avant. Et puis, j’ai eu le bon réflexe de tout de suite me faire accompagner. Et finalement, c’est cette rechute qui m’a permis de me sortir TOTALEMENT de mon TCA. Parce que c’est là que justement j’ai pris conscience qu’il y a avait pas mal de choses qui me restaient, qu’il fallait travailler.

Et c’est pour ça d’ailleurs que je dis que les rechutes ne sont pas forcément négatives. Parce que les rechutes te permettent de travailler sur des choses dont tu n’avais pas encore travaillé, donc te t’amener encore plus loin dans ta guérison.

Et donc voilà, finalement, je suis sortie aussi assez rapidement de cette petite rechute. Parce que justement, c’est ce que je disais en début d’épisode. Tout ce que j’avais parcouru, travailler en amont… bah c’était énorme. Donc j’avais déjà bien travaillé sur beaucoup de choses, donc ça m’a servi évidemment pour sortir de cette rechute.

Comment savoir si tu es bloquée dedans ?

Les signes qui indiquent que tu es en quasi-guérison :

Une fois de plus, comme chaque personne vit son TCA à sa façon, il n’y a pas de liste précise. Je vais te donner quelques signes pour t’éclairer, mais c’est non exhaustif : 

  • Tu respectes tes sensations de faim, mais avec des aliments que tu considères comme « sains » « sûres »
  • Tu continues de calculer tes calories, de lire les étiquettes nutritionnelles
  • Tu t’autorises des plaisirs, mais 1x par semaine ou que les jours où tu fais du sport
  • Tu manges plus qu’avant, mais toujours moins que ce dont ton corps te réclame
  • Tu vois toujours l’alimentation de façon dualiste « bon » ou « mauvais » ; « qui fait prendre du poids » ou « qui fait perdre du poids ». 
  • Tu as toujours du stress, des préoccupations quand tu es invitée quelque part
  • Tu fais du sport pour mériter de manger ou compenser tes repas
  • Tu continues d’avoir des routines étranges, ou des règles. Ça peut être vis-à-vis des heures de repas. Par exemple moi pendant longtemps je m’affamais dans la journée pour faire de gros repas le soir. Et je me protégeais en disant « bah non au final je mange dans les bonnes quantités » oui, mais en me restreignant toute la journée : il n’y a rien de sain à ça.
  • Tu continues à avoir très peur de prendre du poids, à surveiller constamment ton poids
  • Tu ne fais peut-être plus de sport à proprement parler, comme du cardio, mais tu continues peut-être l’hyperactivité via du ménage ou de longs trajets que tu t’imposes à la marche.

Il ne faut pas avoir TOUS les éléments de cette liste pour être en quasi-guérison. Pour moi, si tu as rien qu’un élément de cette liste, c’est que tu n’as pas encore atteint la guérison totale. Mais c’est normal, ne t’en veux pas. Je le rappelle, ça prend du temps. Sois bienveillant avec toi-même.

Alors comment se sortir de la quasi-guérison ?

Parce que OUI, tu peux te sortir de cette phase, peu importe le temps depuis lequel tu es dedans. C’est possible d’atteindre une guérison totale. Même si en effet, ça va prendre du temps, ça va se faire petit à petit. 

Mais déjà, la première chose pour justement aussi avoir la prise de conscience : c’est de réussir à être honnête avec soi-même. Parce que pour travailler sur quelque chose, il faut avoir la prise de conscience en amont.

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Donc vraiment, la première étape c’est d’être honnête avec toi-même sur le fait qu’il y a encore des choses sur lesquelles travailler. Si tu as encore des règles, des restrictions, des routines en place qui sont à l’origine d’une anxiété sur ton poids, ton alimentation, ton corps… Bah, c’est que le travail n’est pas terminé. 

Une autre chose importante pour moi, c’est que tes proches soient au courant que le chemin n’est pas terminé. J’espère pour toi qu’ils s’éduquent eux-mêmes sur les TCA et qu’ils savent que la guérison ne se mesure pas à un poids rétabli. Mais c’est important de toi-même, de communiquer pour leur exprimer que oui, tu as encore besoin de soutien et t’aide, et que tu es toujours en lutte contre des mécanismes des TCA. Le but c’est de te sentir moins seule.

Et d’ailleurs, en parlant de solitude. Une autre chose ultra-importante c’est de t’entourer. En fait, je l’ai dit en parlant de mon histoire vis-à-vis de la quasi-guérison. Mais mon avantage c’est que j’ai eu la bonne idée de rapidement m’entourer. Donc vraiment, même si tu te sens pas légitime : tu l’es. Va chercher de l’aide, vraiment. Ne reste pas seul, va auprès de professionnels pour t’aider à en sortir totalement.

Et puis quelque chose de super important qui m’a par-dessus tout aidé : c’est de me rattacher à mes raisons de guérir. Mais ça n’importe quand ça doit t’aider. C’est pour ça d’ailleurs que je le propose dans le kit de guérison offert. Mais lister ses raisons de guérir + se les remémorer souvent ne les relisant régulièrement c’est indispensable.

Par exemple, dans mes raisons de guérir j’avais le fait de pouvoir profiter pleinement de mes amis, de ma famille. Est-ce que je pouvais le faire dans cette quasi-guérison ? Non. Dans mes raisons de guérir, j’avais aussi le fait de vivre de façon fluide avec mon copain. Et là, clairement, je ne pouvais pas non plus. Parce que j’avais toujours des prises de tête vis-à-vis de la nourriture, même vis-à-vis du fait que lui mangeait parfois moins que moi. Dans mes raisons de guérir, j’avais aussi le fait de vouloir être maman un jour. Et personnellement, je ne voulais pas être maman si j’avais toujours cette grosse fragilité parce que j’avais peur de transmettre à mes enfants cette relation malsaine que j’avais à mon corps, à la nourriture.

Donc voilà c’est mes propres motivations et évidemment, tu as les tiennes. Mais réécris-les si tu ne les as plus. Ou même, refais cet exercice parce que c’est normal que les raisons de guérir évoluent au fil du temps.

Ces aspects sur lesquels travailler pour sortir de ta quasi-guérison

Et donc je t’ai dit que pour sortir de cette quasi-guérison, j’ai travaillé sur des aspects sur lesquels je n’avais pas assez ou pas du tout travaillé.

Entre autres, il y avait le côté psychologique où j’ai énormément travaillé sur ma peur de grandir. J’ai beaucoup travaillé sur ma relation à mes parents. J’ai aussi travaillé beaucoup plus concrètement sur l’acceptation du corps et sur la construction de mon identité au-delà de mon apparence. Mais ça pour le coup c’est des choses que j’avais déjà commencé à travailler depuis 2017. Et puis c’est aussi en travaillant sur la remise en question de l’idéal de beauté de la société, en me créant un esprit critique vis-à-vis de la culture du régime. Et un autre truc c’est que j’avais pas assez travaillé sur la restructuration cérébrale, donc le fait de « recâbler » mon cerveau sur des schémas de pensées sains et non pas ceux du TCA. Et sans restructuration, tu gardes toujours les mêmes schémas de pensées en fait.

Donc voilà beaucoup de choses, variées. Mais qui m’ont été vraiment indispensables pour me sortir totalement de mes troubles alimentaires. 

Et d’ailleurs, pour t’épauler, te guider dans ton propre chemin, tous ces aspects-là et bien d’autres, je les propose dans le programme Butterfly Body. Donc c’est un programme pour t’aider à surmonter la peur de prendre du poids en travaillant sur tous les aspects du TCA : donc psychologique, nutritionnel, anti-compensation, acceptation du corps, création de ta propre identité, etc. Donc vraiment complet et CONCRET avec un ebook avec +55 exercices & méthodes à mettre en place. Donc voilà c’est un programme qui t’accompagne sur au moins 3 mois. 

Un petit mot pour la fin ?

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Ce que je peux dire en petit de fin c’est de vraiment, bah continuer de se battre jusqu’au bout. Parce que je te jure que ça vaut le coup. Tu as le droit de vivre pleinement, et pas à moitié. Parce que rester dans les mécanismes du TCA, même s’ils sont plus discrets, bah ça reste te couper de TOI, de TA VIE. Tu as le droit de VIVRE, et pas seulement d’exister. N’oublie pas quand même de rester bienveillant avec toi-même parce que ça prend du temps d’arriver à une guérison totale, ne te met pas de pression, tu as le temps. Et voilà, accorde-toi patience et bienveillance. 

Personne ne mérite de « s’installer » dans une période de quasi-guérison. Et ça me tenait à cœur, vraiment, de parler de ce sujet et de mon point de vue sur la guérison des TCA. J’aimerais trop avoir vos retours. Donc n’hésite pas à me laisser un commentaire ou à me MP sur Instagram 🙂 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 5 commentaires
La peur de prendre du poids : pourquoi et comment la surpasser

La peur de prendre du poids : pourquoi et comment la surpasser

La peur de prendre du poids : pourquoi et comment la surpasser

La peur de prendre du poids, de reprendre du poids… C’était dans mon combat, la peur qui me semblait la plus terrifiante. Mais en même temps, c’était aussi la peur indispensable et essentielle sur laquelle je devais travailler pour me sortir de mes troubles alimentaires.

Et je pense que pour beaucoup, c’est la même chose.

Déjà, je viens d’écrire « peur de prendre du poids, de reprendre du poids… ». Il y a une distinction qui est souvent faite, et que je vais expliquer.

La peur de reprendre du poids : qu’est-ce que c’est ?

Je vais commencer par donner la définition que l’on retient quand on souffre de trouble alimentaire. Et je vais te démontrer qu’il y a une différence avec la réelle « définition ». Je dis souvent que lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, sa réalité est biaisée. Bah là, ça va bien le démontrer.

Zéro jugement quand je dis ça, parce que moi-même, quand j’étais malade, je répondais à travers les arguments de mon trouble alimentaire plutôt qu’avec des arguments raisonnés. 

Donc si on demande à une personne souffrant de TCA, qu’est-ce que la reprise de poids. Ce serait « Un processus de récupération faisant référence à un individu qui atteint un poids sain POUR LUI ». Alors évidemment, la personne ne répondrait pas cette définition exacte mais c’est dans l’idée. Ce que je veux souligner ici, c’est que souvent, quand on souffre d’un TCA, on associe la reprise de poids à un poids « sain » selon SOI.

Donc ça veut dire que souvent, la personne dans sa reprise de poids, elle va se fixer un poids à atteindre qui est SAIN selon ELLE. Et pour déterminer ce poids, elle se base souvent sur l’IMC. Or, j’ai fait un article sur l’IMC. Et justement, dedans j’explique pourquoi il faut vraiment pas se baser sur l’IMC, ni même qu’il ne faut pas se baser sur un objectif de poids. Alors, comme j’ai dédié un article à cette explication, je ne vais pas revenir dans le détail. Mais grosso modo, ton corps nait avec un poids de forme génétiquement programmé. Et donc tu ne peux pas déterminer de toi-même, selon des calculs, le poids que ton corps doit atteindre. Parce que justement, la reprise de poids, c’est atteindre un poids qui est bon mais pas selon TOI, selon TON CORPS. Selon les besoins de ton corps. 

Toujours, si on demande à une personne souffrant d’un TCA ce qu’est la reprise de poids, la personne peut répondre « C’est reprendre un poids que tu es capable de maintenir sur le long terme ». Et là aussi j’émets une distinction avec la définition plus réaliste (que je donnerai par la suite). Ce n’est pas un poids que TU es capable de maintenir sur le long terme, c’est un poids que TON corps maintient NATURELLEMENT sur le long terme.

La différence elle est où ?

La différence elle est dans le fait que ton TCA peut te persuader que c’est ton poids « sain »/ « santé » parce que tu le maintiens sur le long terme. Mais à quel prix ? Parce que si le poids que tu fais, que tu maintiens sur le long terme est le résultat d’actions de compensation & de restriction… Ce n’est absolument pas un poids santé. 

Donc je te redonne la définition d’un point de vue maladie : « Processus de récupération faisant référence à un individu qui atteint un poids sain pour lui. C’est un poids qu’il est capable de maintenir sur le long terme ». Et maintenant, la définition d’un point de vue guérison : « Processus de récupération faisant référence à un individu qui atteint un poids sain pour lui, c’est-à-dire répondant aux besoins de son corps. C’est un poids que son corps maintient naturellement sur le long terme ». Et quand je dis les besoins de son corps, ce n’est pas que nutritionnel, c’est aussi respecter quand son corps est fatigué, donc se reposer.

Bon, voilà pour le côté théorique. Peut-être que tu t’es rendu compte que ta définition à toi est plus proche du point de vue maladie. Peut-être qu’à l’inverse, tu as pris conscience que tu es plus sur la définition réelle. Ça va vraiment dépendre de où tu en es dans la guérison, si tu vis une période compliquée en ce moment, etc.

Et ne te juge pas si ta définition est plus proche du côté maladie. Ça se fait petit à petit d’accepter que son poids de forme est un poids que l’on ne contrôle pas, qui correspond aux besoins du corps et pas aux exigences du TCA, des standards de beauté. 

La peur de reprendre du poids v/s la peur de prendre du poids ?

La distinction, si on peut en faire une, selon moi c’est que : 

  • Peur de reprendre du poids : c’est quand ton TCA se dit « ok, il admet que tu as quand même du poids à reprendre mais tu en es tout de même terrifiée ». 

 

  • La peur de prendre du poids : c’est soit quand selon ton TCA, tu n’as plus de poids à prendre (même si en réalité, tu n’as pas atteint le poids de forme qui correspond à ton CORPS (et pas à toi). Ou alors, c’est quand tu as peut-être atteint un poids où ton corps est bien mais mentalement, tu as toujours cette peur terrifiante de prendre du poids. Et l’important, ce n’est pas le poids que tu fais, c’est la peur que tu as. Parce que je le rappelle, les troubles alimentaires c’est des maladies MENTALES, pas physiques. 

 

Ce que je veux dire, c’est que peu importe si tu as peur de reprendre du poids ou peur de prendre du poids : il faut le travailler. Parce que rester avec cette peur te maintient forcément plus ou moins dans les mécanismes de restriction / compensation ; peut-être même dans le cercle vicieux compulsion-restriction. Et rester dans ces mécanismes, c’est s’exposer à un risque de rechute, ou de rester dans une quasi-guérison. Je parlerai de la quasi-guérison dans le prochain article  d’ailleurs. 

5 raisons pour lesquelles c’est indispensable de travailler sur ta peur de prendre/reprendre du poids

Déjà, il a tous les dangers physiques qu’il existe de vivre dans un corps dénutri. Mais je vais pas les lister parce que je veux répondre à la question avec des réponses qui concernent tout le monde, peu importe ton poids. Ça évitera à ton trouble alimentaire de te dire « non mais toi ça te concerne pas » alors qu’en réalité ça te concerne. 

Mais voilà 5 bonnes raisons :

#1 - Pour être toi.

Parce que peut-être que tu penses que c’est toutes tes actions, réactions, pensées actuelles c’est TOI. Mais NON, enfin je veux dire, pas toujours.

Je m’explique : C’est vraiment toutes les pensées de ton TCA qui font qu’à terme, tu peux être une personne constamment irritée, sur la défensive, qui a peu de tolérance, qui prend tout mal, qui parle mal à tes proches… Peut-être même que tu leur mens pour pouvoir t’assurer de ne pas manger un certain aliment ou pour t’assurer que tu vas bien pouvoir faire ta séance de sport.

Toute cette obsession sur ton corps, ton poids, ton alimentation… fait que tu n’es plus vraiment toi. Je n’aimais vraiment pas la Mathilde malade. Surtout avec mes proches « proche » : soit mes parents, mes frères & sœurs. Après, je ne me permettais pas avec les autres. Mais avec eux, je mentais, je les rejetais, je les engueulais pour un rien, je n’acceptais rien de ce qu’ils me disaient, je les culpabilisais pour mon mal-être… Franchement, ça me fait mal de me souvenir que j’ai été comme ça. Mais la réalité, c’est que ce n’était pas moi. Je ne suis pas cette Mathilde et j’ai pu retrouver en guérissant la Mathilde attentionnée, proche de sa famille, qui aime leur faire plaisir, partager de beaux moments avec eux. Donc retrouver le vrai toi, c’est une énorme raison pour travailler sur ta peur de prendre du poids.

Parce que quand tu es comme ça, c’est difficile d’apprendre à t’aimer.

#2 - Pour retrouver ta vie sociale

Ces obsessions sur la nourriture, sur ton poids sur ton corps… Elles ont tendance à t’isoler. Tu vas refuser des sorties, des weekends, des soirées. Tu vas de surcroit t’éloigner de tes proches, de ta famille, de tes amis. Peut-être que du coup, tu ne profites même pas de ta vie étudiante (c’était mon cas…).

Même si tu as l’impression qu’être seul t’apaise : c’est un LEURRE. Oui, sur le moment même, ça t’apaise. Mais sur le long terme, tu te coupes de ta vie.

Je t’assure qu’en t’ouvrant aux autres, tu t’ouvres à de la vie, du bonheur, des moments de partage, d’échange. Tu t’ouvres à d’autres choses que ta maladie, tes obsessions. Les autres permettent de rendre vulnérables toutes ces obsessions. Même si au début tu n’as pas l’impression, il faut multiplier les sorties parce que forcément, les premières fois tu as peur.

Mais au plus tu te confrontes à ces peurs, au plus ce sera « facile ». 

#3 - Pour avoir une relation saine à la nourriture

Parce que oui, avoir cette obsession autour du poids, de ton corps… fait que forcément, tu n’as pas une relation saine à la nourriture.

Soit tu te restreins, tu ne réponds pas aux besoins de ton corps, tu te coupes de tout plaisir alimentaire.

Soit tu manges, mais ne choisis pas l’option dont tu as réellement envie. Tu es dans la culpabilité, les regrets alimentaires. Tu es dans le calcul, le contrôle. Peut-être même que tu connais des compulsions alimentaires et que tu es prise au piège dans ce cercle vicieux de restriction/compulsion.

Peut être même que tu incites les autres à manger plus, en cuisinant pour eux, en les incitant à manger plus, en leur offrant constamment de la nourriture. Quelque part, inconsciemment peut-être, tu espères qu’ils prennent du poids, plus que toi tu dois en prendre.

Mais c’est méga malsain. Aucun jugement, moi aussi j’ai longtemps fait ça. Mais le truc c’est que les autres s’en rendent compte. Et forcément, ils risquent de mal le prendre, ce qui est normal. 

#4 - Pour lutter contre la dépression, l’anxiété

L’isolement, le fait de se restreindre (même mentalement : c’est-à-dire que tu manges l’aliment mais en te l’interdisant), le fait d’être toujours dans la culpabilité, d’avoir cette voix critique intérieure, de mal se traiter, de ne pas prendre en compte les besoins de son corps… Tout ça, ça développe des symptômes dépressifs, anxieux.

#5- Parce que tu as la vie devant toi

Et ça, peu importe ton âge ! Ce que je veux dire c’est que tu aies 16, 20, 30, 40, 55 ans… Peu importe que le TCA soit dans ta vie depuis 5, 10, 20, 25 ans…

Il n’y a pas de trop tard. Tu as plein de belles expériences à vivre, plein de belles rencontres. Plein de choses incroyables à vivre. C’est certain ! Depuis que j’en suis sortie, je prends conscience de à quel point la vie est belle. Genre vraiment belle.

Évidemment, elle a son lot de problèmes dont on se passerait bien. Mais elle réserve aussi de belles surprises 🙂 

#6 - Parce que tu n’as qu’une vie

Genre vraiment qu’une vie. Et elle passe vite ! J’avais vu une citation qui disait « on a qu’une vie, mais une vie suffit si tu la vis à fond ». Est-ce qu’avec cette peur de prendre du poids tu vis ta vie à fond ? Genre vraiment, réponds en étant honnête avec toi-même.

Bon et en fait, des raisons y’en a plein ! Mais je ne veux pas tous les lister sinon ce serait trop long hihi.

Et puis surtout, à la base, je voulais aborder la peur de prendre du poids sous un autre angle. 

Et cet angle, c’est de te parler de…

Pourquoi c’est réellement difficile de surmonter cette peur de prendre du poids / de reprendre du poids ?

Pour moi, je pense que surmonter cette peur demande de surmonter bien d’autres peurs qui sont plus beaucoup profondes. Je veux dire, qu’il ne faut pas « juste » travailler sur ta peur de prendre du poids.

En fait, il faut aller vraiment plus en profondeur. Et comprendre de quoi tu as réellement peur ?

Et parce que c’est beaucoup plus profond, la peur de prendre / reprendre du poids demande vraiment un travail sur de nombreux aspects : 

Cette peur fait parfois référence à :

  • La peur de grandir
  • La peur de s’émanciper de ses parents
  • La peur d’avancer dans sa vie
  • La peur de perdre l’attention des autres
  • La peur d’être oublié, remplacé, abandonné…

En fait, ça peut être d’autres choses, ça dépend de chaque personne.

=> Mais c’est tous des aspects psychologiques qui sont indispensables à traiter.

Cette peur peut être due à de nombreuses croyances erronées que tu as sur ton corps, sur l’alimentation, sur le poids.. qui sont dû à des choses qu’on t’a dites quand tu étais enfant, ou que tu as intégrées de par les valeurs de la société…

Parfois et même souvent, c’est des croyances inconscientes. Mais dont il faut prendre conscience, déconstruire, et reconstruire des croyances saines.

=> donc toute la dimension mentale, reconstruction cérébrale doit être travaillée

Cette peur peut être due à la peur de l’inconfort digestif, d’avoir temporairement un corps non harmonieux, en gros dû à la peur de certains symptômes. Et en effet, si tu n’es pas préparé, si tu ne comprends pas ce qui se passe dans ton corps, tu peux retomber dans de la restriction/compensation donc rester bloqué dans ces mêmes schémas. 

=> Donc toute la dimension physique, doit être travaillée.

Tu as peut-être aussi peur de prendre du poids/reprendre du poids parce que :

  • Tu as peur de voir ton corps changer physiquement 
  • Tu as peur des commentaires des autres
  • Tu as peur de te dégoûter, d’encore moins t’aimer
  • Tu as peur de plus te reconnaître, de plus savoir qui tu es 

=> Donc un travail concret d’acceptation corporelle doit être fait. Genre pas juste dire « Tu dois t’accepter », vraiment mettre en place des actions concrètes. Et un travail qui est lié, qui est celui de se reconstruire, d’apprendre à se connaître, à savoir qui tu es.

Donc : il faut un travail mental, physique, physiologique, d’acceptation corporelle, de reconstruction de soi. 

En fait, il faut un travail pluridisciplinaire. Ce n’est pas la première fois que tu m’entends dire ça . J’en avais parlé notamment dans l’épisode 18 où je t’explique l’importance d’avoir une équipe médicale complète ,d’essayer différentes thérapies. 

Comment je peux t'aider dans ce travail pluridisciplinaire ?

Comment j’en suis arrivée à lier ce travail pluridisciplinaire à la peur de prendre du poids ?

En fait, ça fait depuis 2020 que j’ai Norainnoflower. Et depuis 3 ans, je reçois énormément de messages de personnes qui me parlent aussi de cette peur qui les bloque en fait dans leur guérison. Et souvent, je me rends compte que le travail qui est réalisé pour les aider ne se concentre que sur les conséquences : une focalisation sur le poids, sur la nourriture, l’hyperactivité… En fait, le travail est fait sur les symptômes en apparence visibles.

Mais justement il n’y a pas de travail en profondeur qui est réalisé, pas de travail multidimensionnel. Donc bah c’est difficile pour ces personnes de se détacher totalement de leurs mécanismes de restriction, de compensation. C’est difficile pour ces personnes de ne pas rester dans une quasi-guérison. C’est difficile pour ces personnes de se libérer totalement.

Moi j’ai fait ce travail multidimensionnel. Mais avec du temps. Je veux dire, te mets pas la pression en écoutant ça : c’est un process de petits pas, qui se fait petit à petit. 

Mais j’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice. Je me suis demandé :

Comment je pourrais aider les personnes dans leur peur de prendre du poids / de reprendre du poids ?

Et donc il y a quelques mois, je me suis lancé dans la création d’un nouveau programme que je pensais sortir il y a déjà au moins 2 mois. Au début je proposais surtout tout le travail sur l’acceptation corporelle, les outils concrets pour aider à mieux accepter son corps et la reprise de poids. Mais je me concentrais sur ce côté d’acceptation corporelle. Et en fait, j’ai eu la réflexion que je vous ai exposée en amont : 

Le fait que la peur de prendre du poids est liée à énormément d’autres peurs, et englobe énormément de dimensions. Donc j’ai pris plus du double de temps à le faire. Sans rire, j’y ai travaillé +600 heures ! 

Mais je suis trop fière et trop contente du résultat parce qu’il répond à de nombreuses problématiques et englobe tous les aspects de la guérison.

C’est 5 modules, plus de 11h30 de vidéo, un ebook de +200 pages avec 55 exercices & techniques concrètes, et tant d’autres choses.

✅ Le premier module sera sur toute la dimension psychologique : comprendre les mécanismes inconscients du TCA, comprendre le pourquoi de ta maladie, ce qui t’empêche de guérir, et t’apprendre à te détacher de la maladie.

✅  Le 2e module c’est l’acceptation corporelle : identifier les racines profondes de ta relation conflictuelle avec ton corps et apprendre à t’en détacher (donc l’influence sociétale, mais aussi l’influence familiale, parentale, tes expériences passées). Déconstruire toutes tes croyances erronées, te mettre des objectifs adaptés pour ta guérison. Et après énormément d’outils concrets pour accepter ton corps, travailler sur qui tu es réellement, et aussi des outils pour accepter la reprise de poids).

✅  Le 3e module c’est ton plan d’action nutritionnel & anti-compensation. Parce que ce n’était pas possible de parler de la peur de prendre du poids sans traiter la dimension alimentaire et compensation (hyperactivité, laxatifs, vomissement…). Donc le but c’est aussi de travailler sur les croyances erronées, de comprendre tes sensations de faim, satiété, de revenir sur la base alimentaire, de te proposer des méthodes concrètes pour t’aider durant les repas, mais aussi après les repas pour faire face à la culpabilité et lutter contre les compensations.

✅  Le 4e module parle de tout ce qui peut se passer dans ton corps : les symptômes, mais aussi ce qui peut se passer mentalement dans ta tête. Le but c’est donc de défier tes peurs, de comprendre les variations de ton poids. En gros, le but c’est de connaître pour mieux se préparer et éviter les rechutes. Et y’a une partie sur la communication avec ses proches ; apprendre à exprimer ses besoins, gérer leur commentaire sur ton poids, ton corps…

✅  Le 5e module parle de la quasi-guérison pour éviter d’y rester coincé, parle des différentes causes de rechute. Et je fais un focus sur la peur de grandir qui a été une peur importante pour moi. Et je t’aide aussi à gérer les moments où la maladie te manque.

Bref, franchement, là j’ai même pas tout dit ce qu’il y a dedans. Il est vraiment ultra-complet, concret. Le programme s’appelle ButterflyBody et si tu veux en savoir plus, c’est par ici :

Un petit mot pour la fin ?

Je te dirai de ne pas rester seul(e). Fais-toi accompagner, entoure-toi de tes proches, de professionnels. Vraiment, cherche à te sortir totalement de cette obsession sur ton poids. Sois honnête avec toi-même : ce n’est pas une vie de vivre comme ça. Et c’est possible de s’en libérer totalement. Je t’assure. Et la vie est tellement plus belle, plus légère sans ça ! Je dirai même qu’en fait, la vie est déjà pas toujours facile. Donc pas besoin de se rajouter ce poids sur les épaules. 

Ta vie c’est maintenant, elle ne t’attend pas, n’oublie pas que tu en as qu’une encore une fois. Crois vraiment en cette vie sans ces obsessions. Tu vas t’en sortir, crois-y réellement. Tu es bien plus fort/forte que tu ne le crois. 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Peur du poids, 3 commentaires
Mot d’encouragement quand tu perds espoir

Mot d’encouragement quand tu perds espoir

Mot d’encouragement quand tu perds espoir

À toi qui te bats contre l’anorexie, la boulimie, ou n’importe quel trouble alimentaire. J’espère que ce mot d’encouragement t’aidera à trouver de l’espoir, du réconfort, de l’envie de te battre.

Cet article sera un peu différent des autres. Parce que dans ce mot d’encouragement, je m’adresse à toi.

Toi, qui me lit et qui est en train de te battre contre l’anorexie, la boulimie ou n’importe quel trouble alimentaire.

Toi, qui vit peut-être un moment difficile, une journée difficile, une période difficile.

Toi, qui es peut-être en train de perdre espoir.

Toi, qui peut-être te demande si vraiment c’est possible de se sortir de cette maladie de mer**.

Toi, qui n’en peut plus de te battre depuis des mois voire des années contre ton trouble alimentaire.

Toi, qui peut-être même pense parfois à mettre un terme à ta vie parce que tu penses que c’est la seule façon de faire taire cette petite voix qui t’ordonne des actions qui n’ont pour seul but que de te détruire. 

Sache que j’ai ressenti tout ce que tu ressens actuellement.

Moi aussi, après 3 ans dans l’anorexie mentale, deux hospitalisations, et 3 autres années dans les TCA, je me suis dit que j’allais devoir accepter de vivre avec une relation malsaine autour de la nourriture, de mon corps. Je pensais que toute ma vie, je devrais être dans le contrôle, le stress, les angoisses, les idées noires. Moi aussi, j’ai réfléchi très sérieusement comment je pouvais mettre fin à ma vie sans me louper. Moi aussi, je commençais à perdre espoir… Et c’est pour cette raison que je t’écris ce mot d’encouragement ! Pour te montrer que la guérison est possible et pour te demander de continuer de te battre.

Déjà je voudrais te dire bravo ! Parce que si tu es en train de lire ce mot d’encouragement, que tu t’es retrouvé sur mon blog, c’est que tu cherches à guérir de ton trouble alimentaire. Tu peux vraiment être fièr⸱e de toi. Parce que malgré toutes les peurs que tu as, malgré tous les mensonges de ton TCA qui tente de te dissuader, tu choisis la guérison. Cela veut dire que tu choisis de vivre plutôt que de survivre. Tu as choisi de te battre. Tu es un⸱e véritable combattant⸱e et le simple fait de chercher de l’aide est une étape primordiale de la guérison. Et c’est même indispensable à vrai dire.

Peut-être que tu te dis que tu n’es pas encore tout à fait prêt⸱e à la guérison. Mais sache que tu ne seras jamais vraiment prêt⸱e. Lorsque j’ai appelé le service des TCA à l’hôpital pour la première fois, je n’étais absolument pas prête à guérir. J’avais extrêmement peur de guérir d’ailleurs. Ça voulait dire quoi guérir ? Qu’est-ce que je ferais si je guérissais ? Je penserai à quoi si je ne pense plus à la nourriture ? Je ressemblerai à quoi ? Je ne suis même pas sûre que j’avais vraiment envie de guérir lorsque j’ai appelé l’hôpital. Mais je l’ai quand même fait. Parce que je me suis demandée si j’allais pouvoir rester comme ça toute ma vie ? La réponse était évidemment non ! C’était incompatible avec mes projets de vie. Pourtant, mes projets étaient assez simples : rencontrer quelqu’un, fonder une famille, être maman, me lancer dans une carrière professionnelle dans laquelle je m’épanouirai. Juste simplement : VIVRE. Sauf que je voyais bien que cette maladie me pompait toute mon énergie. Il allait falloir que je guérisse. Alors je me suis lancée. 

Honnêtement, c’est totalement compréhensif que tu sois terrifiée à l’idée de te battre contre ton trouble alimentaire, à l’idée de guérir. Qui ne le serait pas ?  Ton trouble alimentaire, c’est le moyen que tu as trouvé inconsciemment pour te protéger face à des choses stressantes que tu vivais, peut-être face à un traumatisme que tu as vécu. Contrôler ton poids, ton alimentation, c’est la façon que ton corps et ton mental ont trouvé pour te rassurer. Ta vie est structurée autour de ton alimentation, de ton apparence. Ton trouble alimentaire impact tes relations sociales, tes pensées, tes actions, tes choix… Guérir va te demander de changer les actions que tu faisais jusqu’ici (restriction, hyperactivité, compensation, etc.). Tu as besoin de trouver d’une autre façon ce sentiment de sécurité que ta maladie t’apporte. Mais cette fois-ci, un vrai sentiment de sécurité, pas un leurre de la maladie. Et franchement, oui, c’est pas facile. 

Mais en fait, même si tu ne te sens pas prêt⸱e, que le toi après la guérison te fait peur. Ne regarde pas si loin. Parce qu’avant d’en arriver là, tu vas parcourir un chemin énorme. Tu vas vraiment beaucoup progresser, tu vas retrouver de l’énergie qui te permettra de pouvoir d’autant plus lutter contre toutes ces pensées parasites. 

Commence par prendre la première étape, chaque chose à la fois. La prochaine étape pour toi, c’est peut-être de prendre rendez-vous avec un médecin, c’est peut-être d’essayer de manger à l’extérieur, c’est peut-être d’en parler avec tes proches… 

Peu importe, mais pense au prochain pas que tu dois faire. Parce que la guérison c’est ça, c’est des tout petits pas. Parfois tellement petit que tu n’as pas la sensation que ça t’aide. Pourtant mis bout à bout, c’est ça qui te mène vers la libération de ta maladie. Tiens, cette journée difficile aujourd’hui : elle fait partie de ta guérison. Je t’assure même si t’as l’impression que tu fais davantage des pas en arrière qu’en avant. Même si tu as l’impression que cette journée est d’une utilité zéro. C’est faux. Chaque jour compte, même les plus sombres. Parce que c’est dans l’épreuve qu’on apprend aussi. Si je prends la métaphore de la fleur, elle a besoin de jour de soleil et de jour de pluie pour fleurir, grandir, s’épanouir. 

Mais, peut-être que tu te dis que toi, tu n’as pas besoin de vraiment te battre, du moins pas à 200 %. Parce que tu ne te considères peut-être pas si malade que ça finalement. Mais ça, c’est un mensonge de ton TCA. Ton trouble alimentaire déteste demander de l’aide car c’est l’un des éléments qui peut t’aider à le déloger de ta tête. Le problème, c’est que ton TCA est vicieux et manipulateur. Et ça, il faut que tu le gardes en tête. Il va donc te faire croire des choses du style « Les médecins ne veulent que t’engraisser », « Tu n’es pas assez malade pour être prise en charge », « Les autres ne peuvent rien t’apporter, ils ne comprennent rien ! » Ne crois pas que tu n’es pas assez malade, ton trouble alimentaire t’a déjà volé assez de ta vie ! 

Ton trouble alimentaire va toujours trouver la moindre excuse pour faire en sorte que tu ne mettes rien en place contre la maladie, que tu restes dans sa zone de confort. Donc peut-être qu’il te dit que tu n’es pas assez malade puisque tu manges encore, que tu n’as pas un poids faible, que les autres sont pires que toi, que tu as encore une vie normale, que tes proches ne sont pas si inquiets. En fait, peu importe le mensonge. À quel moment tu n’es pas assez malade ?! Encore une fois, si tu es en train de lire ce mot d’encouragement, que tu t’es retrouvé sur mon blog ou mon Instagram… C’est que tu t’es rendu⸱e compte qu’il y a quelque chose qui ne va pas, qui t’empêche de vivre pleinement. Fais confiance à TON ressenti, pas à ton trouble alimentaire. Tu ne peux pas faire confiance à quelque chose qui veut te tuer. Crois-moi, tu es assez malade ! 

Donc tu n’as pas non plus besoin d’être plus malade pour mériter de l’aide. Tu n’as pas besoin d’être à peine vivante, à deux doigts de l’hospitalisation pour être légitime de te battre. Tu n’as pas à prouver à qui que ce soit que tu souffres, que c’est difficile. Même si le monde entier avait conscience de ta souffrance, ça ne changerait rien. Je suis certaine que ton trouble alimentaire trouvera encore une excuse. Tu sais, c’est comme le « tu dois encore perdre X kilos. Et vraiment, quand tu seras à ce poids-là, cette fois, tu t’arrêteras ou cette fois-ci, tu te sentiras légitime à avoir de l’aide ». Sauf que quand tu y es à ce fameux poids, ce n’est toujours pas assez. C’est toujours pousser un peu plus loin. Je te le dis, tu ne peux pas faire confiance à quelque chose qui veut te tuer. Ton trouble alimentaire veut TOUT sauf ton bien.

Donc STOP ! Non, ça ne sert à rien que tu sois encore plus malade. Tu es déjà assez malade. Tu n’as pas besoin de la validation des autres. Parce que c’est toi la personne qui est malade. Et tu en souffres déjà assez comme ça. C’est toi, la seule personne qui peut te battre. Le soutien des autres, il est évidemment indispensable et sera un vrai moteur dans ta guérison. Mais tu es la seule personne à vivre ta propre vie. Depuis ton premier jour sur cette Terre jusqu’à ton dernier. Fais-le pour toi. Tu le mérites, vraiment. 

Je t’assure, n’aie pas honte de demander de l’aide. Demander de l’aide ne fait pas de toi quelqu’un de faible. Cela prouve surtout que les troubles alimentaires sont des maladies mentales très complexes qui requiert une aide externe pour en sortir. 

N’aie pas honte de ton trouble alimentaire d’ailleurs. Tu es malade, ce n’est pas ta faute. Tu n’as rien demandé, tu n’as pas choisi d’être malade. Personne ne peut choisir cet enfer. Même si parfois ça te semble être une zone de confort, de sécurité, où tu peux même t’y sentir bien. C’est le vice de ton TCA. Mais tu sais au fond de toi que la vraie vie, ce n’est pas ça. Que ton trouble alimentaire te vole ta vie justement. Tiens, fais une liste de toutes ces choses négatives que ton trouble alimentaire t’apporte : vraiment, écris le maximum de chose, détaille là à fond. Et puis, relis là quand ton TCA te fait croire qu’avec la maladie, tu es plus heureux⸱se. Et à l’inverse, fais une autre liste de toutes tes raisons de te battre, toutes ces choses que tu as envie de faire dans ta vie, toutes ces choses que tu aimes faire, mais que ton trouble alimentaire te vole, t’empêche de profiter pleinement. Cette liste sera une vraie motivation pour toi, pour te redonner de la force quand il n’y a plus d’espoir en toi.

Tu vois, cette liste des raisons de guérir : c’est TOI, c’est ta vie. Tu n’es pas ton trouble alimentaire. Tu souffres de ce trouble. Sois bienveillant⸱e avec toi-même. Ça aussi, c’est quelque chose d’essentiel dans la guérison. Apprendre à être bienveillant avec soi-même. 

Ne t’en veux pas pour tes actions, tes pensées, tes paroles que ton trouble alimentaire te fait faire. Ne t’en veux pas pour les disputes avec tes proches dû à ton TCA. Encore une fois, tu n’es pas ton trouble alimentaire. Tu souffres de ce dernier et tu en es la première victime. Ne t’en veux pas de savoir ce qu’il faut faire pour te battre contre mais de ne pas réussir à l’appliquer. C’est normal. Vraiment, c’est l’une des maladies les plus difficiles à combattre. Tu sous-estimes le combat que tu mènes, les difficultés auxquelles tu fais face. Mais moi, je sais ce que tu vis parce que je l’ai traversé. Et je peux te dire que tu es une personne incroyable, combattante, courageuse ! 

Alors ne sois pas trop dur avec toi-même. Pardonne-toi de ce que ton TCA te fait faire.

Oui, c'est vrai, c'est extrêmement difficile...

Par contre, oui, on ne va pas se mentir. Comme je viens de le dire, c’est une bataille extrêmement difficile. C’est se battre chaque jour, chaque heure, chaque repas. C’est même jour et nuit. À n’importe quel moment de l’année. Parce que le trouble alimentaire ne prend pas de vacances. C’est se battre face à chaque regard lancé sur ton corps, face à ton propre regard posé dans le reflet du miroir. C’est à chaque rendez-vous médical, chaque réunion de famille, chaque sortie entre amis, chaque nouveau gramme pris, chaque crise ou compulsion alimentaire… Ce sera terrifiant de résister à l’envie de faire de l’hyperactivité, de manger cet aliment qui te fait tellement peur. Et puis, tu devras affronter les messages publicitaires de la culture du régime qu’on entend partout à la télé, à la radio, sur les réseaux sociaux … Tu devras aussi faire face aux remarques désobligeantes des personnes qui t’entourent, des regards pesants des passants dans la rue… J’écris ce paragraphe en n’ayant pas pour objectif de te décourager. Je veux juste te dire à quel point je sais que ta bataille est difficile. Je pense que personne n’ayant vécue ça peut comprendre le courage que ça te demande, la force que tu as, la douleur permanente que c’est. Mais moi, je te comprends. Je te comprends et je suis la preuve qu’on peut s’en sortir. Et tu vas en sortir, je t’assure. Ce que je viens de dire, ça prouve à quel point cette bataille est difficile. Mais garde en tête que les plus grands combats sont réservés aux plus grands guerriers. Tu es un.e véritable guerrière.

La guérison c’est des hauts mais aussi des bas. En fait, au début, c’est surtout des bas. C’est normal, ça fait partie du processus. Mais même dans les jours sombres, tu avances. Ne sois pas déçu de toi-même. Même si tu rencontres une difficulté que tu pensais avoir déjà surpassée. D’ailleurs, c’est possible que tu connaisses des rechutes, des périodes où c’est plus compliquée. Mais ça ne veut pas dire que tu es retourné⸱e en arrière. Tu n’as pas échoué. Tu n’es pas faible. Sache que toutes mes rechutes m’ont permis de me sortir encore plus loin de mon trouble alimentaire. Une rechute n’est pas négative. Cela fait partie du chemin de guérison, ce n’est pas linéaire. Il y a certains jours plus difficiles que d’autres et c’est normal. Avec le recul, après avoir fait face à toutes ces rechutes, ces difficultés, j’ai vu que j’en suis sortie toujours plus forte, même si ça prenait du temps. Maintenant, je sais que même dans la plus grande obscurité, je parviendrais toujours à retrouver la lumière. 

Au-delà d’une rechute, c’est possible que sur le chemin de la guérison, tu aies ce sentiment que cela empire. Tes angoisses augmentent, tu ressens encore plus de peurs, de culpabilité, de pensées négatives et oppressantes… Tu es perdu⸱e parmi 1000 questions à te demander si ce que tu fais est normal, si tu as vraiment faim, si tu manges de la bonne façon, dans les bonnes quantités, si ce que tu ressens est logique ou non, etc. 

Sache que tu es sur le bon chemin. Parce que cela veut dire que ton trouble alimentaire se sent en danger, alors il fait tout pour te maintenir dans la maladie. Il y a une citation anglaise qui dit « Things tend to scream when dying ». Ce qui veut dire qu’avant de mourir, une chose « crie ». Je trouve que c’est très représentatif.

Lorsque tu as l’impression de mal faire les choses, c’est souvent que tu fais bien justement. Quand c’est trop facile, ça renforce davantage ton trouble alimentaire que ta guérison. Et on est d’accord que c’est SUPER DIFFICILE. Mais ça en vaut la peine. Je te promets.

Quand tu commenceras à aller mieux, il y a aussi des jours où ton TCA va te manquer. Tu auras envie de retrouver les sensations de restriction, d’impression de contrôle sur ton corps. Tu auras envie d’y retourner juste 1 journée. Parfois tu seras même frustré⸱e parce que tu ne parviens plus à te restreindre comme avant par exemple. Et c’est normal, ça aussi, ça fait partie du chemin de guérison.

Mais c’est ton trouble alimentaire qui tente te reprendre du terrain en toi. Ne le laisse pas faire. Il te ment, il biaise ta réalité. Il te fait croire qu’avec le TCA tu étais davantage en sécurité, plus forte, plus puissante. Mais ce ne sont que des mensonges. Une vie avec un trouble alimentaire ce n’est pas une vie. C’est de la survie. Tu mérites bien plus que ce que ton trouble alimentaire te promet. N’abandonne jamais la guérison pour retourner dans les travers de ton trouble alimentaire. N’écoute pas ces pensées néfastes pour ta santé. Tu es bien plus fort⸱e que tu ne le crois.

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Ne perds pas espoir

Alors voilà, je te dis tout ça pour te dire que tu ne dois pas perdre espoir.

Évidemment, tu as le droit de pleurer, de te mettre en boule dans ton lit, d’écouter de la musique triste même. Ne renie pas tes émotions pour autant. Mais garde en tête que tu vas te relever. Tu vas continuer de te battre. N’abandonne pas. Tu n’as qu’une vie. Qu’une seule. Et c’est tellement court… 

Et puis la vie, elle n’attend pas. Le temps continue de passer. Et parfois, la vie peut changer brutalement du jour au lendemain. Et elle ne te prévient pas. Alors choisi toujours de te battre. Écoute toujours cette part de toi qui veut vivre. Ne fais pas confiance à ton trouble alimentaire. Chaque jour est une nouvelle chance de te battre contre ton TCA. Je dirais même chaque instant. Ce n’est pas parce que ce matin, tu as rencontré une difficulté que ta journée est gâchée. 

Avec le temps, au plus tu te battras, au plus tu gagneras contre ton TCA, au plus tu reprendras de l’énergie… Au plus les choses qui te paraissaient insurmontables deviendront de plus en plus facile à accepter. Ça prend du temps, c’est sûr, mais je t’assure que c’est vrai.

N’abandonne pas : il y a tellement de belles choses dans la vie qui t’attendent. Tu n’as pas envie de vivre ta vie entre la peur et la restriction ? Tu as toutes les capacités de guérir, vraiment. Je n’étais pas plus forte que toi. 

Parfois, j’ai certaines personnes qui me disent « Non mais toi tu es forte, tu as un mental d’acier et c’est pour ça que tu t’en es sortie. Moi je suis faible psychologiquement ». Mais alors pas du tout ! Tu as peut-être l’impression que j’ai un mental de plomb à travers ton écran. Mais là, je te parle avec un tel recul sur la maladie. Lorsque j’étais en plein dans la maladie, je me disais aussi que j’étais faible psychologiquement. J’avais même l’impression de laisser beaucoup trop souvent la maladie gagner. Je me disais « en fait je n’ai pas assez de force mentale, je ne suis pas assez déterminée, je ne me bats pas assez. » Aujourd’hui, avec le recul, je me suis rendue compte que si, je me battais quotidiennement. C’est juste que la maladie est tellement puissante, que j’étais constamment épuisée. C’était une bataille terriblement difficile. Mais j’ai la preuve que tu fais partie de ces guerriers qui se battent : tu ne serais pas en train de m’écouter si ce n’était pas le cas. Donc même si tu as l’impression que tu ne te bats pas, crois-moi, tu te bats.

Moi, je crois en toi. Je sais que tu vas y arriver. Et il faut que toi aussi, tu croies en toi d’ailleurs. C’est vraiment important. Même si j’avais peur, même si c’était difficile, jamais, je n’ai vu ma vie entière avec mon trouble alimentaire. Je savais que c’était passager. Et je suis certaine que le fait de croire en ma guérison m’a profondément aidé. Je dirai même que ça a été indispensable.

Crois en toi, crois-en ta guérison. Fais confiance à ton corps. Une vie bien plus belle t’attend au bout de cette guérison. La vie qui t’est destinée, la vie que tu mérites. Ne laisse pas ton trouble alimentaire te voler cette belle vie que tu dois vivre. 

Un jour, tu seras tellement fièr⸱e de toi. Je t’assure, c’est un sentiment tellement puissant. J’ai hâte que tu puisses ressentir ça. Un jour tu regarderas tout le chemin que tu auras parcouru et tu seras tellement heureux⸱se d’en avoir fini avec ça. Et tu te diras que si tu as combattu l’une des maladies mentales les plus difficiles, alors tu es prêt⸱e à combattre n’importe quoi. 

J’espère qu’à travers ce mot d’encouragement j’aurai réussi à te redonner espoir et à te donner envie de te battre davantage. N’oublie pas qu’un trouble alimentaire peut être vaincu. C’est une maladie dont on peut s’en sortie, dont on guérit. Encore une fois, j’en suis la preuve. Et je ne suis pas la seule. Et aucune des personnes qui s’en sont sorties ne l’a regretté. Sinon, j’aurai abandonné il y a bien longtemps, et je ne serais pas là en train de te dire tout ça. Tu ne seras pas prisonnier⸱e de cette maladie toute ta vie. Tu as déjà assez souffert comme cela. 

Allez, je te laisse. Prends soin de toi. Mais genre, vraiment ♥︎. Tu le mérites tellement. À très vite 🌷

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