Norainnoflower

Troubles digestifs dans les TCA (causes et conseils)

Troubles digestifs dans les TCA (causes et conseils)

Troubles digestifs dans les TCA (causes et conseils)

Aujourd’hui, on va parler d’un sujet pas très glamour, mais qui touche la plupart des personnes souffrant d’un trouble alimentaire peu importe le trouble alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie, orthorexie, alcoolorexie…) : il s’agit des troubles digestifs dans les TCA. Certaines études parlent de plus de 80% des patients touchés, d’autres rapportent 96%, j’ai lu aussi 98%. Bref, peu importe le chiffre, on sait que c’est une majorité, voire la totalité des patients. 

Je pense que c’est un sujet tabou, parce qu’en parler génère sans doute de la honte. Je pense d’ailleurs que c’est pour ça, que j’ai tardé à en parler pour être honnête. J’espère, que cet article sera vraiment utile pour vous : pour vous permettre de vous sentir moins seule, pour mieux comprendre ces problèmes digestifs et pour chopper quelques conseils que je vais vous donner afin de mieux les vivre.

Personnellement, j’ai eu beaucoup de problèmes digestifs quand je souffrais d’anorexie, essentiellement ballonnements et ventre gonflé, gaz, reflux gastrique et douleurs abdominales. Et en fait, je n’en parlais pas, parce que j’en avais honte, j’avais peur du jugement, j’avais peur de ce que les autres pouvaient penser. Donc je restais un peu solo avec ces problématiques, et même si en parler n’aurait pas forcément atténué mes douleurs, juste se sentir moins seule et compris, ça aide parfois. Donc voilà, tout ça pour dire que ce sujet me tenait à cœur. 

Comme je le disais, les problèmes digestifs sont des effets secondaires presque inévitables dans les troubles alimentaires. Donc c’est vraiment tout à fait normal de rencontrer des ballonnements, de la constipation, des reflux gastriques, des gaz, des douleurs abominables, etc. Mais attention, ici, je vais vous expliquer, de façon vulgarisée et simplifier, les causes des troubles digestifs. Néanmoins, je tiens à rappeler avant tout que même si c’est « normal » dans le cadre des TCA, c’est important d’en parler à votre médecin généraliste ou psychiatre. C’est important qu’un professionnel de santé ait un œil sur votre santé. Ici, je vais donner quelques explications générales, or vous êtes unique donc il y a a forcément des paramètres spécifiques à prendre avec votre contexte. Et je ne vais pas donner, ou peu, d’explications précises médicales et de vocabulaires médicaux parce que tout simplement, ce n’est pas mon métier. Donc c’est vraiment très très important de voir un professionnel. L’avis d’un médecin est essentiel pour pouvoir détecter au plus tôt une possible inflammation de votre intestin ou une autre maladie.

Quels peuvent être les troubles digestifs dans les TCA ?

  • Brûlures d’estomac
  • Reflux gastrique
  • Nausée
  • Diarrhée
  • Flatulences 
  • Constipation 
  • Douleur abdominale
  • Intolérances alimentaires temporaires 
  • Plénitude après avoir mangé, même de petites quantités
  • Ballonnements
  • Syndrome du côlon irritable
  • Arrêt intestinal
  • Dysfonctionnement du plancher pelvien
  • Difficultés à avaler

Les causes possibles, liées au TCA, des troubles digestifs

Les problèmes de digestion, de transit peuvent être dus à de nombreuses causes. Chaque trouble, chaque comportement du TCA va impacter différemment votre système digestif, donc les symptômes ne sont pas forcément les mêmes d’une personne à une autre, ça dépend aussi de la « sensibilité de votre corps ». D’ailleurs, même si évidemment le TCA impact énormément le système digestif, il y a aussi une petite part parfois de génétique, ou d’autres paramètres de votre corps qui entre en jeu.

Les carences nutritionnelles

L’une des premières causes de ces troubles digestifs, ce sont les carences. Le corps a besoin de toutes les catégories nutritionnelles pour son équilibre, et dans les troubles alimentaires, bien souvent, certaines catégories d’aliments sont diabolisées (notamment les lipides ou les féculents…). Ainsi, il y a bien souvent une réduction de la consommation, voire une suppression totale de certains types d’aliments. J’ai fait exprès de dire des carences nutritionnelles et pas « sous alimentation », car lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on est persuadé de manger assez, et on sous-estime ses besoins alimentaires. Donc si j’avais dit « sous alimentation », beaucoup ne se seraient pas senti concerné. Alors que je suis certaine que beaucoup d’entre vous ont supprimé ou réduit certaines catégories d’aliments. 

Le corps a besoin d’énergie pour vivre, c’est vital, c’est ainsi qu’il fonctionne, et ce depuis des millénaires. Pour cela, il faut lui apporter de l’énergie. Mais lorsque tu ne lui apportes pas cette énergie, comme son instinct est de chercher un moyen de vivre, alors il cherche d’autres sources de carburant, notamment en utilisant l’énergie contenue dans tes muscles (pour vulgariser). Au niveau du système digestif, soit de l’estomac et de l’intestin, tu as des muscles qui sont donc affaiblis. Les muscles situés dans ces zones-là ont pour but de se contracter pour pousser les aliments et les faire circuler. Mais étant affaiblie, la circulation des aliments est beaucoup plus lente. 

Il faut bien comprendre que lorsque tu souffres d’un trouble alimentaire et notamment restrictif et/ou compensatoire, ton corps ne recevant pas toutes les énergies qu’il est censé avoir, il est en mode « économie d’énergie ». Et l’énergie qui devrait être allouée à ta digestion est bien en deçà de la normale. Une personne qui souffre de TCA prend entre 5 à 10h pour digérer, contre 1 à 2h pour une personne en bonne santé.

Quels troubles digestifs sont occasionnés par les carences ?

  • Des ballonnements, des douleurs abdominales puisque la nourriture prend plus de temps à être digérée. 
  • Un ventre gonflé puisque la nourriture reste physiquement présente plus longtemps dans ton bol intestinal, cela prend du volume.
  • Constipation, puisque le transit intestinal est ralenti. 
  • Sensation de plénitude même après avoir mangé de petites quantités, satiété qui arrive très rapidement.

Réduction des enzymes digestives et des bactéries intestinales

Ton corps produit des enzymes digestives et des bactéries pour pouvoir digérer les différents aliments que tu lui donnes. Lorsque tu arrêtes de prendre certains aliments (ou réduis fortement leur quantité), le corps diminue voire arrête la sécrétion des enzymes digestives pour digérer ces aliments. Encore une fois, il économise son énergie, il n’a pas le temps de s’occuper de ça puisqu’il doit se concentrer sur les fonctions vitales comme le maintien du fonctionnement de ton cerveau et de ton cœur. Donc, quand tu manges certains aliments, notamment ceux dont tu te restreins, tu vas rencontrer beaucoup plus de difficulté pour digérer. 

Parfois, on peut penser que l’on est devenu intolérant, et la réaction notamment recommandée par ton trouble alimentaire est de ne pas reprendre ces aliments (puisque tu ne sembles plus les digérer). Mais en agissant ainsi, tu maintiens ton corps dans un cercle vicieux, car il a besoin de remanger ces aliments pour reproduire les enzymes et bactéries afin de les digérer. Ce sont dans la plupart des cas des intolérances passagères, qui sont réversibles avec la réintroduction nutritionnelle progressive. Je sais que c’est difficile, et douloureux, mais c’est important de réintroduire ces aliments.

Après, attention, il existe de vraies intolérances, d’où l’importance d’avoir un suivi avec un médecin afin de faire les bonnes analyses pour les identifier. 

Quels troubles digestifs sont occasionnés par cette réduction d’enzymes et de bactéries ?

Comme ce point est très lié au précédent, ce sont les mêmes et donc entre autres : ballonnements, gaz, ventre gonflé, douleurs abdominales, sensation de brûlures d’estomac. 

Alimentation irrégulière

anorexie-constipation

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on a souvent envie de manger « normalement ». Enfin, je me souviens que moi, c’était vraiment mon souhait. Sauf qu’en fait, aujourd’hui, je sais qu’il n’y a pas de normalité. Mais bref, en théorie, je voulais manger de façon « stable ». Et dans la pratique, ça partait totalement en cacahouète. Mes peurs, la culpabilité, mes règles alimentaires… faisaient que j’avais une alimentation irrégulière. Il m’est arrivé de manger très peu, de sauter des repas, et souvent, de faire des compulsions.

Cette irrégularité entraîne des troubles digestifs, notamment comme la constipation puisqu’il y a une trop faible quantité de nourriture, et notamment de fibre qui permet de digérer. Les douleurs abdominales et les ballonnements sont aussi fréquents puisque le corps est en galère, il doit jongler entre très peu de nourriture et d’un coup une plus grande quantité qu’il n’a pas l’habitude de gérer si vous êtes sujet à des compulsions. Et puis évidemment, si on saute des repas, c’est qu’on sous-alimente son corps, qu’on a des carences nutritionnelles, donc on en revient au point 1 et 2, expliqués précédemment. 

Les comportements compensatoires

Qu’il s’agisse d’hyperactivité, de vomissements, de prise de laxatifs… tous ces comportements sont destructeurs pour votre santé mentale et physique, et pour votre système digestif. 

Les comportements compensatoires forment vraiment un cercle vicieux en altérant davantage le système digestif. Parce que sur le moment même, tu as peut-être la sensation que te faire vomir, prendre un laxatif ou compenser avec du sport va atténuer ton mal-être corporel (que ce soit une sensation de plénitude, de douleurs, de ballonnements…). Mais c’est justement en recourant à ces comportements compensatoires que ces effets indésirables sont produits. Donc c’est vraiment le chat qui se mord la queue. 

Les vomissements et laxatifs interfèrent avec le fonctionnement normal de ton système digestif, provoquant une perte de tonus musculaires, des gaz, des ballonnements et des douleurs abdominales. Les laxatifs et vomissements sont vraiment des comportements très dangereux, qui peuvent aller très loin. Je ne vais pas rentrer plus dans le détail, car là on arrive sur des explications très médicales. Mais vraiment, sur le long terme, ça peut vous amener à des conséquences et effets indésirables parfois amenant à un point de non-retour.

Les vomissements et laxatifs entraînent également une perte des nutriments essentiels, ce qui entraîne des carences et donc on en revient à notre point 1 et 2. 

Pour ce qui est de l’hyperactivité, là aussi, c’est le système digestif qui est impacté. L’hyperactivité diminue la production des enzymes digestives dont on a parlé tout à l’heure, ce qui entraîne un ralentissement de la mobilité intestinale. Quand je parle d’hyperactivité, je ne parle pas forcément des séances de sport ou des longues marches que certaines peuvent s’imposer, je parle aussi de tous les petits mouvements parasites, au quotidien, le fait de se forcer à rester debout, de toujours bouger, faire du ménage, etc. L’énergie qui est allouée à tous ces petits mouvements, c’est de l’énergie en moins pour la digestion. C’est pourquoi vraiment le repos est essentiel dans la guérison. Je sais que c’est difficile, mais vraiment, ça fait partie de votre ordonnance, de votre traitement, votre corps en a besoin. Ce n’est pas un signe de paresse, de manque de volonté… C’est un besoin vital pour votre guérison, donc pour votre vie.

Les produits diététiques

digestion-tca

Les règles strictes sur la nourriture, les croyances erronées sur de nombreux aliments et évidemment, toute la diet culture… font que beaucoup de personnes souffrant de troubles alimentaires vont consommer des aliments diététiques : soit pour couper sa faim, fausser sa sensation de satiété ou privilégier des aliments à faibles calories. Pour info, j’ai énormément fait ça. Et à part gaspiller mon argent, et abîmer un peu plus mon corps, ça ne m’a rien apporté ! (parce qu’il y en a des produits chimiques, du faux sucre, etc dans ces produits-là).

Exemple de ces produits : les chewing-gums sans sucre, les sodas zéro comme le coca zéro pour ne pas le citer, les barres diététiques, les nouilles de konjac, etc… tout ça, va vraiment altérer votre digestion :  

  • Le chewing-gum va vous faire avaler beaucoup d’air et donc créer des sensations de ballonnement et d’inconfort. Sans parler du faux sucre qui fait vraiment mal au ventre. 
  • Tous les produits avec des édulcorants vont irriter votre intestin et créer des gaz, ballonnements et peuvent déclencher de la diarrhée.
  • Les aliments de « remplissage » comme le Konjac entraînent également beaucoup de ballonnement et des gaz dû à leur teneur en fibre trop élevé. 

Le stress, l’anxiété, et tout le brouhaha mental

Le système digestif et le cerveau sont très liés, on dit même que l’intestin est le deuxième cerveau.

L’intestin est très sensible à notre état émotionnel. Si on est stressé, anxieux, le système nerveux sympathique déclenche le mode « combat ou fuite ». C’est ce même système qui s’active quand tu es face à un danger. Ce qui veut dire que ton cerveau, il se met en mode survie, il faut qu’il agisse et concentre le peu d’énergie que tu as pour être prêt à combattre, pour te protéger, car il te croit en danger. Or, les moments des repas, et notamment l’après-repas, sont les moments où la culpabilité, l’anxiété et les peurs se font les plus intenses. C’est donc dans ces moments-là où ton corps est le plus mobilisé pour te protéger. Encore une fois, cela signifie que ton système digestif reçoit moins d’énergie que ce qu’il devrait avoir. 

10 conseils pour atténuer les troubles digestifs

Ce n’est pas parce que je dis que c’est normal que vous ne pouvez rien faire. C’est pourquoi je m’apprête à vous donner quelques conseils. Ces troubles digestifs ne sont vraiment pas évidents à vivre, et les conseils que je vais te donner ne vont pas les éradiquer totalement, mais le but c’est déjà de t’aider à atténuer leurs impacts dans ta vie.

#1 - Accepter

Déjà, le premier conseil c’est d’accepter que ton corps passe par cette phase. Et pour accepter, il faut comprendre pourquoi ton corps agit ainsi, c’est pourquoi je t’ai expliqué tout ça juste avant. Moi, je me répétais que c’était un signe de guérison, notamment les ballonnements, les gaz, le ventre gonflé. C’est le corps qui tente de se reconstruire petit à petit.

#2 - Bouillotte

Le chaud peut aider à détendre votre ventre, donc vous pouvez mettre une bouillotte sur votre ventre.

#3 - La menthe poivrée

La menthe poivrée est également reconnue pour ses vertus digestives. Vous pouvez la prendre en infusion, ou en huile essentielle. Pour l’huile essentielle, il en existe de à prendre de façon orale ou alors en l’appliquant dans un corps gras pour vous masser le ventre avec. Attention à bien vous renseigner sur la prise de l’huile essentielle, il y a parfois certaines contre-indications donc bien demander conseil à un médecin ou pharmacien

#4 - Complément alimentaire

Pensez également aux compléments alimentaires. J’en recommande un en particulier, que je prends chaque année, parfois je fais même deux ou trois cures dans l’année, c’est le magnésium. Le magnésium a de nombreuses vertus, notamment au niveau du stress, du sommeil, de la réduction de l’inflammation et même pour soulager la constipation. C’est un complément que vous trouverez assez facilement dans toutes les pharmacies. Personnellement, je prends celui de Nutri&Co puisqu’il a une très bonne composition, ce sont des spécialistes des compléments alimentaires. Si ça vous intéresse, je vous mets le lien :

Il existe d’autres compléments alimentaires évidemment, je ne vais pas tous les lister. Je ne suis pas forcément pour d’avoir une tonne de compléments alimentaires. J’ai eu une période où je faisais ça, et après, en vrai c’était trop alors que le corps n’assimile pas forcément tout. Le magnésium pour moi c’est un peu la base. Mais n’hésitez pas à demander à votre médecin, il peut vous faire des analyses spécifiques pour déterminer vos carences spécifiques. Mais après, attention aussi aux gélules détox, les gélules qui vont détoxifier votre foie, votre intestin ou quoi. Vraiment, je vous les déconseille. C’est surtout de l’argent gaspillé, et je pense qu’il y a quelque part une envie de « perte de poids » avec ces produits, et c’est clairement pas cette mentalité qu’on veut garder lorsqu’on se bat contre un trouble alimentaire. 

Après, si vous avez un complément alimentaire qui vous a aidé, n’hésitez pas à le mettre en commentaire. Ça peut être sympa de partager ce qui vous aide pour inspirer les autres.

#5 - Positions corporelles

Alors, il y existe des positions qui peuvent vous aider à soulager les douleurs. Et ça, c’est un peu à vous de tester ce qui vous convient. Moi je me souviens que lorsque j’étais allongée dans mon lit, je me balançais doucement de droite à gauche, mais vraiment doucement, et ça me détendait, ça me faisait du bien. Une autre position qui me faisait du bien, c’était la position de l’enfant en Yoga. Alors je ne fais pas de Yoga, mais c’est la seule posture que je connaisse. 

yoga-tca

Ensuite, j’ai appris quelque chose aussi lorsque j’étais à l’hôpital, mais une position qui peut vraiment aider lorsque vous êtes aux toilettes, c’est d’avoir les pieds surélevés, pour avoir les cuisses inclinées. Cette position permet au canal anal de s’ouvrir plus largement et donc d’aider ceux qui souffrent de constipation. Donc pour ça, soit vous prenez un marche pied, soit il existe littéralement des tabourets de toilette. Et en fait, pour l’anecdote, les hommes à la base étaient dans cette position, les premiers hommes qui n’avaient pas de toilette. Le but c’est de reproduire ce genre de position qu’ils faisaient en squat dans la nature. Très glamour, je l’avais dit ! 😉 

#6 - Gestion du stress

Évidemment, la gestion du stress est indispensable pour aider votre corps, votre cerveau à moins être en mode survie. Donc là, il existe de nombreuses techniques, j’en partage plus de 42 dans le livre sur l’anxiété & les peurs liées au trouble alimentaire. Après, ce que vous pouvez faire en quelques minutes, 2-3 minutes, c’est de la cohérence cardiaque avant et/ou après manger. Il existe des applications qui permettent ça, vous tapez « cohérence cardiaque » dans l’App Store. Ensuite, le fait de se masser la mâchoire peut aider, car la mâchoire c’est souvent quelque chose qu’on serre, qu’on crispe sans vraiment s’en rendre compte. Ensuite, le fait de fredonner, de chanter, de faire des vocalises, c’est scientifiquement prouvé : ça permet de libérer des endorphines, les « hormones du bonheur » pour procurer un sentiment de détente. Mais après, encore une fois, l’important c’est de trouver ce qui vous fait du bien à vous. 

#7 - Massages doux

On en a parlé un peu lorsque je vous ai parlé de la menthe poivrée, mais le massage du ventre peut vraiment aider. Souvent on dit que c’est mieux de le faire dans le sens des aiguilles d’une montre. Et le fait de se masser a un double aspect positif puisque ça va vous permettre de prendre soin de vous, de vous reconnecter avec votre corps… et votre corps a vraiment besoin de douceur. 

#8 - Médicaments

Le meilleur traitement reste la renutrition. Mais si vraiment c’est insupportable, encore une fois, je vous invite vraiment à en parler avec votre psychiatre ou médecin généraliste. Il peut peut-être vous trouver des médicaments qui vont vous aider à soulager les douleurs ou à atténuer d’autres effets indésirables. 

#9 - 8 autres conseils

Pour éviter de me répéter, je vous renvoie directement vers mon article sur le ventre gonflé où je partage 8 autres conseils qui sont à prendre en compte pour de nombreux troubles digestif : 

#10 - Le temps

Je sais que c’est presque horripilant quand on dit à quelqu’un qui souffre « laisse-toi du temps ». Non, le temps ne résout pas les choses tout seul. C’est sûr, il faut réintroduire progressivement toutes les catégories d’aliments, arrêter les crises, les laxatifs, les vomissements, etc. Mais parfois, même lorsqu’on tend vers un équilibre, on a toujours de nombreux symptômes désagréables. Mais c’est parce qu’il faut laisser à votre corps du temps. Encore une fois, le TCA est un véritable traumatisme pour votre système digestif et il a besoin de temps pour se réparer. Donc là il faut s’armer de patience, et de bienveillance avec soi ; tout en gardant évidemment un suivi avec un professionnel pour être sûre qu’il n’y ait pas de complication.

- Roman autobiographique -

L'anorexie, mon bouclier mortel

Découvre tout mon combat contre les troubles alimentaires dans mon livre témoignage sur l’anorexie. Je te raconte tout mon combat, du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte totalement.

En bref je sais que c’est vraiment très difficile tous ces symptômes : les ballonnements, les douleurs abdominales, la constipation, les gaz… Rien que le fait de ressentir rapidement la satiété. Parce que ça veut dire que vous devez manger même lorsque vous ne ressentez pas la faim. Et c’est psychologiquement difficile, je le sais, je suis passée par là. Tous ces symptômes sont aussi difficiles parce que la guérison implique de réapprendre à se sentir mieux dans son corps, alors qu’avec tout ça, tu te sens super inconfortable dans ton propre corps. Mais justement, votre corps vous dit qu’il souffre, qu’il est en train de se réparer, mais c’est donnant-donnant, il a besoin que vous en preniez soin.

Ma sœur a eu un deuxième garçon qui s’appelle Paul, dont je suis la marraine. Il est né fin août, donc c’est encore un bébé là. Et ses premiers mois, il avait énormément de colique, de problèmes de digestion, et il souffrait, il pleurait beaucoup après les biberons. Et je compatissais pour lui, car je me souviens les douleurs que je ressentais quand mon système digestif était en train de se réparer. Donc je me disais :  « woaaaah c’est dur d’être un bébé, tout est en train de se construire, et c’est douloureux ». Et devant ces douleurs qu’il semblait ressentir, bah je lui massais son ventre, je le prenais dans mes bras, je lui parlais doucement pour le rassurer, le calmer, je le balançais doucement pour l’apaiser. Et bah c’est exactement de cette même façon qu’il faut agir avec votre corps, c’est ce dont il a besoin. La prochaine fois que vous avez mal, pensez comment vous agiriez avec un nouveau-né.

J’espère que cet article vous a fait du bien, qu’il vous a aidé. N’hésitez pas à me donner vos conseils, vos retours d’expérience, de choses qui vous ont aidé. Ça peut vraiment être un plus de le partager aux autres.

Je vous souhaite plein de courage, de force, d’ondes positives pour prendre soin de votre corps, il en a besoin, il en a le droit, accordez-vous-le ! ♥️

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

Inscris-toi à ma newsletter pour des conseils exclusifs (PS :  J’ai des cadeaux pour toi 🤗)

Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 4 commentaires
L’alcoolorexie : quand l’alcool se mêle aux troubles alimentaires

L’alcoolorexie : quand l’alcool se mêle aux troubles alimentaires

L’alcoolorexie : quand l’alcool se mêle aux troubles alimentaires

Aujourd’hui, je vais vous parler de l’alcoolorexie (parfois appelé alcoorexie en français). Aussi nommé « Drunkorexia » en anglais, il s’agit d’un terme non médical. Il est facile de deviner de quoi il s’agit en décortiquant le mot : il s’agit d’une contraction de deux mots avec « alcool » et « anorexie ». C’est donc lorsque les troubles alimentaires se mêlent à des problèmes d’alcoolisme… C’est quelque chose que j’ai connu lorsque je souffrais moi-même d’anorexie, durant plusieurs soirées. Dans cet article, on voit en détail comment ce phénomène se manifeste et ses conséquences.

Qu’est-ce que l’alcoolorexie ?

Plus précisément, il s’agit de la restriction alimentaire pour compenser les calories ingérées par la consommation d’alcool. La principale raison est la peur de prendre du poids. 

Pourquoi ce phénomène prend de l’ampleur ?

Malheureusement, la société y est pour beaucoup… 

Et cela commence très jeunes ! Lorsque les étudiants commencent à sortir, par peur du rejet, et pour se sociabiliser, ils se sentent comme forcés à boire. Personnellement, quand j’étais étudiante, j’ai déjà entendu des phrases comme « Mais tu ne vas pas ne pas boire quand même ? » « Tu n’as pas envie de t’amuser un peu? » Comme si on ne pouvait pas s’amuser et profiter d’une soirée sans boire…

Lorsqu’on a peu confiance en soi, on est plus facilement influençable, et on peut être amenée à se forcer de boire.

Sauf que quand des préoccupations sur son image corporelle subsistent… cela amène à réduire sa ration alimentaire pour prioriser l’alcool. C’est ainsi qu’apparaît la drunkorexia.

Il semblerait que cette situation touche davantage les femmes, mais des hommes sont également sujets à ce trouble.

Et la culture du régime… on en parle?

Et oui, malheureusement, elle est encore là elle ! 

Malheureusement, ce qui m’avait personnellement amené à avoir ces comportements de réduction de mon apport alimentaire lorsque j’étais amenée à boire, c’était à cause de tous ces articles que j’avais vus sur des magazines féminins…

Combien de fois j’ai pu lire que l’alcool n’était qu’une bombe calorique ? Combien d’articles j’ai pu lire sur les sucres équivalents selon le type d’alcool choisi ? Combien de conseils j’ai pu lire sur les boissons à privilégier pour « limiter les dégâts »…

Lorsqu’on souffre de préoccupations sur son poids et notamment de troubles alimentaires, évidemment que tout ça nous conditionne à diaboliser l’alcool et à réduire encore plus sa ration alimentaire. D’ailleurs, c’est directement le conseil que donnent ces magazines ! Ce qui est dingue, c’est qu’ils donnent des conseils entraînant des TCA et des problèmes d’alcoolémie ; mais sans que ça pose aucun problème…

Attention, je ne dis pas qu’il faut encourager à boire de l’alcool. Cela reste à consommer avec modération. Mais de là à inciter de manger moins, c’est d’autant plus dangereux (on en parle après dans la partie sur les conséquences).

À titre d’indication, une consommation modérée se trouve à 1 ou 2 verres. Elle est excessive lorsqu’elle se trouve à 4 ou 5 verres en 2 heures environ.

Quel lien entre troubles alimentaires & alcoolisme ?

Les deux sont intrinsèquement liés, évidemment. Mais est-ce que ce sont les troubles alimentaires qui entraînent des problèmes d’alcoolisme ou l’inverse ? 

Et bien je dirais que les deux cas sont possibles. Chacun a sa propre histoire, et donc ça dépend de chaque personne. 

Mais une personne qui n’a initialement pas de problèmes avec l’alcool peut en développer à cause des TCA. En effet, lorsque toute source de plaisir est absente à cause du trouble alimentaire, l’alcool peut trouver sa place comme mécanisme de réconfort et d’adaptation. Il faut en avoir conscience pour être vigilant.

Inversement, une personne alcoolique peut être amenée à perde des kilos sans en prendre conscience. Si elle a des préoccupations liées à son corps en sommeil, cela peut se réveiller et développer des TCA.

Ce n’est vraiment pas rare que les deux coexistent malheureusement.

D’ailleurs, si l’on retrouve le mot « anorexie » dans l’alcoolorexie, il peut également s’agit de boulimie, d’orthorexie, ou d’un autre trouble alimentaire ayant des pratiques restrictives. 

Quelle différence entre alcoolisme et alcoolorexie ?

anorexie-vie-apres

Toutefois, il y a quand même une différence entre les deux, bien que les symptômes se chevauchent. 

La personne alcoolique n’a aucun contrôle sur sa consommation de boissons et boit très régulièrement, plusieurs fois par semaine. La personne souffrant d’alcoolorexie est davantage dans le contrôle de sa consommation ; et cela se produit de façon plus occasionnelle.

Une dimension importante qui distingue, la personne souffrant d’alcoolorexie est préoccupée par son poids et sa silhouette. Tandis qu’une personne alcoolique peut avoir une silhouette mince, une perte de poids dû à ses comportements liés à la boisson mais sans avoir de volonté d’en perdre ni de préoccupation autour de la teneur en calories des boissons alcoolisées. 

Les signes de l’alcolorexie

Comment savoir si tu souffres d’alcoolorexie ? 

Ici, je vais te présenter plusieurs singes ; mais il ne faut pas nécessairement tous les avoir pour souffrir d’alcoolorexie.

J’ai envie, comme je le fais souvent, de te dire d’en parler à un médecin. Mais le problème, c’est que comme je le disais en introduction, il ne s’agit pas d’un terme médicalement reconnu. Donc ça va dépendre de « l’ouverture » de ton médecin et/ou thérapeute sur ce sujet-là.

Voici quelques signes :

  • Inquiétude latente sur son image corporelle et peur de prendre du poids et/ou volonté accrue de perdre des kilos
  • Restriction de l’apport alimentaire en cas de consommation de boisson alcoolisée (voire restriction d’autant plus prononcée)
  • Compensation par anticipation ou en aval de la prise de boisson par de l’exercice physique, des laxatifs ou des vomissements
  • Calcul de l’apport calorique de la journée pour s’assurer de ne pas dépasser le seuil que tu t’es fixé (en prenant en compte les boissons alcoolisées que tu t’apprêtes à boire)
  • Sauter le repas qui aurait dû se prendre avant et/ou après avoir bu de l’alcool
  • S’imposer de boire une quantité importante jusqu’à aller aux vomissements non volontaires pour régurgiter ce qui a été mangé 
  • Culpabiliser lorsque tu bois
  • Choisir un repas plus faible en calorie le jour où tu vas boire
  • T’assurer de ne choisir que les boissons les plus faibles en calories (et pas selon tes goûts : par exemple, j’adore les cocktails mais je me les interdisais lorsque je souffrais d’anorexie). Dans la même logique : ne prendre que des diluants à zéro calorie pour limiter le nombre de calories

Les conséquences de la drunkorexia

Si réduire son apport alimentaire peut vous sembler être une bonne idée et vous rassurer… sachez que ce n’est que sur le court terme. Car les effets secondaires sont nombreux et les conséquences sont désastreuses sur la santé. 

Les conséquences immédiats, sur le court-terme

Des effets nocifs apparaissent immédiatement, au moment où l’on boit de l’alcool : 

  • Changements de comportements : anxiété due à un sentiment de perte de contrôle, variation d’humeur
  • Attitudes dangereuses : coordination réduite, fonction cérébrale ralentie qui peuvent amener à conduire sous emprise, à des violences physiques…
  • Intoxication : même dans une moindre quantité, l’alcool est assimilé comme un poison pour l’organisme. Ce dernier a besoin de nutriments spécifiques pour traiter l’alcool. Lorsque vous ne mangez pas suffisamment, vous n’apportez pas ces nutriments, pourtant nécessaires, à votre organisme. Ainsi, le corps peut très vite s’intoxiquer. C’est d’ailleurs pour cela que l’on dit que l’alcool « monte plus vite » lorsqu’il n’y a pas de nourriture ; ou que l’on parle « d’éponger » pour manger. D’ailleurs, NON, manger n’est pas tricher. Qu’est-ce que j’ai pu entendre cette phrase débile lorsque j’étais étudiante…

L’intoxication est d’autant plus dangereuse lorsqu’il y a des médicaments en parallèle, ce qui est beaucoup le cas pour les personnes souffrant de TCA qui suivent un traitement comme les anxiolytiques, antidépresseurs, neuroleptiques…

  • Problème de digestion : comme je le disais dans le point précédent, l’organisme a besoin de nutriments pour digérer l’alcool. Déjà avec ces nutriments, c’est compliqué pour le corps, alors imaginez sans… C’est ainsi que des dysfonctionnements arrivent au niveau digestif, avec des ballonnements, des douleurs abdominales, des constipations ou des diarrhées. 
  • Compulsion alimentaire : il est fréquent de manger de façon plus excessive lorsque vous avez bu. Je me souviens que moi, c’était systématique. C’est comme si l’alcool avait le pouvoir de faire baisser la garde de l’anorexie, et ainsi, mon corps pouvait crier famine, je répondais enfin à ses besoins (sous emprise…). D’ailleurs, je me privais de nourriture dans le but de limiter mes calories… mais après j’explosais ce compteur. Et le lendemain, pleinement consciente, je culpabilisais horriblement (alors que j’avais juste répondu aux besoins de mon corps affamé, soit, je n’avais rien fait de mal).
  • Étourdissement : avec un estomac vide, on tombe plus facilement dans les vapes.
  • Black out : c’est-à-dire que tu ne te souviens plus de ta soirée, ou tu te rappelles seulement de quelques brides. Sans alcoolorexie, ça peut arriver. Mais avec un estomac peu rempli, ça arrive encore plus vite. Et ça, c’était systématique chez moi lorsque je souffrais d’anorexie, même avec seulement deux verres (ce qui n’est pas considéré comme excessif QUAND ON A PAS LE VENTRE VIDE).

Les conséquences sur le long-terme

Sur le long terme, les conséquences sont d’autant plus désastreuses, voire vitales :

  • Risques de maladies sur le long terme : à force de répéter ces comportements de prise de boisson excessive, le risque de subir des lésions cérébrales ou au niveau d’autres organes est accru. En résulte des maladies de foie, des problèmes cardiaques, le développement de diabète de type 2.
  • Problèmes dentaires : l’organisme manquant des nutriments nécessaires, il est moins capable de se protéger face à l’alcool qui agresse les dents. De plus, si ces prises alimentaires s’accompagnent de vomissements (volontaires ou non), cela peut agresser l’émail des dents et entrainer des caries dentaires voire le déchaussement des dents.
  • Problème de peau : l’alcool absorbe les vitamines et nutriments dont l’organisme a besoin ; cela accélère ainsi le processus de vieillissement. Des problèmes de peau sont très souvent liés, avec une peau sujette à l’acné. Au-delà des problèmes de peau, on retrouve également des cheveux cassants et fins.
  • Cela peut augmenter le sentiment de mal-être : accroissement du manque de confiance en soi, symptômes dépressifs. D’ailleurs, c’est quelque chose qui arrive immédiatement selon moi. Je me souviens des lendemains de soirée où j’étais de nouveau pleinement consciente et j’étais accablée par la culpabilité de ce que j’avais fait la veille sous emprise, je me détestais…
  • Augmentation du risque de dépendance : Évidemment, ces comportements augmentent le risque de développer une dépendance et de tomber dans l’alcoolisme pur. 

Comment en sortir ?

Si vous vous êtes reconnus dans les signes de la drunkorexia, déjà, le fait d’en avoir conscience et de connaitre les conséquences toxiques pour votre santé et votre vie peut vous aider. 

Ensuite, ne restez pas seul, parlez-en avec vos médecins, vos thérapeutes. Agissez avant que cela ne prenne trop de place dans votre vie.

N’en ayez pas honte, c’est malheureusement un comportement bien plus répandu qu’on ne l’imagine.

Pour ma part, je n’ai pas travaillé spécifiquement ce point-là dans ma guérison. Car bien que cela me soit arrivé, ça s’est fait de façon plutôt rare, je pourrais les compter sur les doigts de mes deux mains, voire sur 3 mains ; bref c’est arrivé moins de 15 fois. C’est en travaillant sur mes troubles alimentaires, et notamment sur les croyances erronées autour de l’alimentation que j’ai pu retrouver une relation saine à ces soirées. 

Personnellement, je bois peu, parce que je n’aime pas ça. Comme je l’ai dit dans l’article, l’alcool est un poison pour le corps, même à très faible dose. Quand je sors, je prends un verre, généralement pas plus, deux tout au moins. Comme j’ai dit, j’adore les cocktails, donc c’est fréquent que je prenne des cocktails non alcoolisés (ce qui montre bien que j’ai travaillé sur mes croyances erronées).

J’espère que cet article vous aura aidé ! N’hésitez pas à me le faire savoir ou à parler de votre expérience en commentaire.

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

Inscris-toi à ma newsletter pour des conseils exclusifs (PS :  J’ai des cadeaux pour toi 🤗)

Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 1 commentaire
Partie 2 : La vie sans plus aucun trouble alimentaire : c’est comment ?

Partie 2 : La vie sans plus aucun trouble alimentaire : c’est comment ?

Partie 2 : La vie sans plus aucun trouble alimentaire : c’est comment ?

Cet article fait suite au précédent, sur la thématique « la vie après les troubles alimentaires ».

Dans l’article précédent, je vous ai parlé des premiers mois où j’allais vraiment mieux. Mais, si vous l’avez lu, vous avez pu voir que je vous ai donné encore pas mal de difficultés. Parce que justement, rien n’a été magique, et j’ai connu encore de nombreux obstacles. Le fait que j’aborde cette thématique en deux articles, et que le premier était encore assez péjoratif, montre à quel point le chemin de la guérison se construit petit à petit. 

Cette thématique n’a pas pour but de dire comment je m’en suis sortie. Parce que ça, je l’aborde dans l’article sur la quasi-guérison. Et j’explique également dans beaucoup d’autres articles ce qui m’a aidé à en sortir. 

Mais pour être synthétique, j’ai continué de faire un gros travail physiologique sur les causes, notamment avec la thérapie de l’EMDR. J’ai beaucoup beaucoup travaillé mon rapport au corps, à l’alimentation. Je me construis dans une nouvelle ville, à travers mon couple, à travers mes passions… dans une vie où les TCA n’avaient plus leur place. Et c’est comme ça que j’en suis sortie totalement des TCA. 

Bon, c’est vraiment pour synthétiser au max parce que la réalité était bien plus complexe. Mais comme je dis, cet article n’est pas sur le comment, mais sur quelle est ma vie sans trouble alimentaire ?

Donc dans cet article, je vais vous parler de ma vie sans trouble alimentaire. Parce que oui, c’est POSSIBLE ! Après, évidemment, ça reste mon point de vue. Mais je peux affirmer que c’est possible, car moi, aujourd’hui, je n’en ai plus. Et je vais vous parler de cette vie sans trouble alimentaire, comment elle se passe.

Alors, je vais donner mes idées en vrac, je veux dire qu’il n’y a pas d’ordre prédéfini. Je les donne en fonction de ce qui me vient en tête : 

Mon rapport à la culture du régime

Dans le dernier article, je vous avais dit que j’avais eu une période où je ressentais colère et même jalousie vis-à-vis des personnes qui faisaient un régime. 

Aujourd’hui, et surtout après un gros travail de déconstruction des croyances erronées vis-à-vis de la minceur, ma façon de voir ça a totalement changé.

Aujourd’hui, j’ai plus de la peine pour les personnes qui parlent de régime ou qui sont piégées dans ces régimes. Parce que justement, je les vois plus piégés que chanceux. Et je sais au fond de moi (du moins je pense) que ces personnes-là sont surtout en grande souffrance, qu’elles ont un mal-être. Et j’espère qu’elles finiront par trouver comment guérir leur mal-être sans passer par le contrôle de leur corps. Le seul énervement que je pourrais garder (même si en réalité c’est quelque chose qui me passe au-dessus), c’est contre toute l’industrie de la minceur. Par exemple quand je vais voir ou entendre une pub sur un produit qui met en avant des vertus pour maigrir, ça m’énerve parce que je me dis que juste pour se faire de l’argent, ces entreprises gâchent la vie et la santé de millions de gens.

Comment se passent mes repas ?

Bah comme des repas. La nourriture a repris son rôle de me nourrir, de me donner de l’énergie. Parfois je prévois mes repas en amont parce que faut bien que je sache ma liste de course. Parfois, je fais au feeling, selon ce que j’ai, ou je vais au magasin tous les deux/trois jours parce que j’habite en face, et que je ne prends pas le temps de prévoir. 

Je cuisine au gré de mes envies. Je mange mon repas, souvent devant une série avec mon copain, et après je repars à mes activités sans penser à ce que j’ai mangé. Je ne me compare plus à ce que mon copain mange. J’arrive enfin à ressentir mes sensations de faim et de satiété. Donc je me pose plus la question de savoir si c’est une ration normale puisque je réponds aux besoins de mon corps. Et ça j’en suis tellement reconnaissante de enfin parvenir à le faire. Parce que c’est ce qui m’a pris le plus de temps à retrouver ; mes sensations de faim et de satiété. Donc il y a certains jours où j’ai plus faim, d’autres moins. Ça dépend vraiment de mon corps.

Je disais que la nourriture a repris sa fonction de nourriture, mais elle garde cette fonction de se faire plaisir aussi. Et il n’y a rien de malsain à ça. Si pendant énormément de temps ça m’a fait culpabiliser, aujourd’hui, je trouve ça sain de se faire plaisir et même indispensable pour la santé mentale. De base, j’ai toujours été une personne gourmande (avant d’être malade, c’était comme ça). Et aujourd’hui, c’est toujours le cas. Avec mon copain, on aime bien souvent se faire des goûters, des desserts. Pendant longtemps, ça a été source de culpabilité. Aujourd’hui, c’est quelque chose que j’adore. 

Quand j’étais malade, et notamment les premiers mois où j’allais mieux, je me disais que j’avais tellement compté les calories, que je ne parviendrais plus à me détacher de ces nombres. Et bah sachez qu’en fait, aujourd’hui, je ne saurais même plus dire combien fait tel aliment en termes de calorie, tellement c’est sorti de ma tête. Mais ça, pareil, ça m’a pris du temps, parce que j’ai pris du temps à me détacher du fait de compter les calories. C’est l’un des symptômes qui m’est resté le plus longtemps.

Par rapport à l’alimentation, j’ai aussi découvert de nouveaux goûts que j’aimais, et à l’inverse des aliments que je pensais aimer, mais qu’en fait, c’était mon trouble alimentaire qui me faisait croire que j’aimais. Combien de fois maintenant je me dis « mais comment j’ai pu manger ça ? C’est tellement fade ! ».

Est-ce que je ne ressens plus jamais de culpabilité  ?

Dire « plus jamais » serait mentir. Ça peut encore m’arriver, notamment quand on est en vacances, ou après plusieurs repas de fête par exemple. Je peux ressentir une culpabilité, mais qui n’est pas du tout omniprésente. J’ai envie de dire, c’est une petite culpabilité que beaucoup de gens, TCA ou non, peuvent ressentir occasionnellement. En tout cas, ce n’est pas une culpabilité qui va m’occuper l’esprit, et encore moins me faire engendrer des comportements de restriction ou de compensation. D’autant qu’avec mon passif, je sais identifier ces pensées parasites et me dire « c’est ok Mathilde, t’as rien fait de mal », et passer à autre chose. Et peut-être que là, ça vous semble surréaliste. Et pour moi, ça l’a été pendant longtemps. Je rappelle une fois de plus que j’agis comme ça, mais ça s’est fait tellement petit à petit. Ça n’a jamais été linéaire. Mais je vous assure c’est possible. Et je vous souhaite d’y arriver, je suis sûre que vous y arriverez un jour !

Mon rapport au corps

Même chose, après un gros travail d’acceptation corporel, je vois maintenant mon corps différemment. Je le vois plus de façon neutre, dans son aspect fonctionnel plutôt que son aspect « apparence » on va dire. Maintenant je l’accepte, ce qui ne veut pas dire que je l’aime. Il y a encore des fois où je me trouve pas assez bien, où je complexe. Mais pour autant, je ne vais pas vouloir le changer. Je ne suis plus du tout dans cet objectif de perdre du poids. Et d’ailleurs, depuis que j’ai lâché prise sur cette volonté de perdre du poids, de manger de façon contrôlé, je pense que j’ai perdu du poids, ou du moins ; mon poids s’est stabilisé. Je dis « je pense », parce que je ne suis toujours pas remonté sur une balance. Pour moi, ce chiffre n’a plus la même importance. Donc quand je vois des médecins et qu’on me demande mon poids, je dis « je ne sais pas ». Et il y a zéro problème, on ne me l’a jamais reproché. Et je dis « je pense » dû à mon reflet dans le miroir, et à ce que mes proches m’ont dit.

Pour autant, je ne suis pas en mode « je m’en fous de mon apparence ». Les vêtements m’ont beaucoup aidé à accepter mon corps. J’ai pris le temps, et je prends toujours le temps, de trouver des tenues dans lesquelles je me sens bien. Je mets de bijoux aussi, je fais des coiffures. Tout ça, ça m’aide à me sentir mieux dans ma peau. 

Mon corps d’avant ne me manque plus jamais, contrairement aux premiers mois où j’allais mieux. Et d’ailleurs, dans les premiers mois où j’allais mieux, je regardais mes photos de moi malade en me disant que j’étais physiquement bien avec ce corps-là. Aujourd’hui, c’est comme si je n’avais plus le filtre de la maladie, et je prends conscience d’à quel point j’avais un corps malade et que je n’aime pas du tout. 

Mon rapport au sport

balade-anorexie

Il faut savoir qu’avant de tomber malade, je n’avais jamais été une grande sportive. J’avais uniquement fait du sport pour perdre du poids durant mes troubles alimentaires. Donc j’avais toujours fait le lien de faire du sport selon ce que je mangeais. Aujourd’hui, je ne fais plus vraiment de sport à proprement parler. J’adore me balader, en musique. Mais ça n’a plus rien avoir avec de l’hyperactivité. Déjà parce que si je ne le fais pas, ce n’est pas grave (je n’ai pas toujours le temps). Et quand je le fais, c’est vraiment dans un objectif de détente, pour sortir le nez de mon travail, pour me balader en musique, généralement 30 minutes. Donc ce n’est vraiment plus du tout dans la même optique.

Je voulais faire du badminton parce que j’adore ça. Mais je n’ai pas trouvé de club. Donc de temps en temps je fais du sport, mais avec des amis, ou c’est de temps à autre. C’est vraiment pour faire une sortie, me détendre, plus du tout pour perdre du poids.

Après, je ne dis pas, je pourrais et devrais peut-être faire plus de sport pour ma santé. Mais je ne veux pas que ce soit une contrainte. J’ai déjà essayé de faire du sport plus souvent, et je ne le tiens pas parce que juste, c’est une contrainte.

Mon rapport aux restos

Aujourd’hui, je ne vois plus du tout les resto comme avant. Avant, je subissais ces sorties. J’angoissais avant d’y aller, je redoutais qu’on m’invite. Maintenant, je peux être à l’initiative de ces restos. Et ça m’est déjà arrivé d’avoir 2 restos sur 2 jours consécutifs (choses impensables avant).

Je ne me restreins plus du tout en amont, en fait, je ne pense même pas au côté alimentaire. Je prends le plat qui me fait plaisir sur place, mais je suis surtout là pour découvrir un nouveau lieu, pour partager un bon moment avec mes proches, et pour profiter du fait que je n’ai pas à préparer le repas. (Et ça, avant, c’était impensable de manger un plat que je ne contrôlais pas).

Mon rapport à mes proches

Aujourd’hui, quand je suis avec mes proches, je suis vraiment avec eux. Avant, j’étais toujours préoccupée par les repas qu’on allait manger. Maintenant je vis pleinement l’instant avec eux. 

Je dois dire qu’au début, ça fait bizarre de voir que mes proches ne se souciaient plus de ma santé. Mais avec le temps, j’ai compris que je préférais ne plus être une source de stress pour eux. Et ce qui fait bizarre aussi, c’est de voir que mes proches qui m’ont accompagné de près durant mon combat, ont oublié des choses sur mes TCA. Genre ma mère, ma sœur… ils ont oublié des moments clés de mes troubles alimentaires. Et ça, ça fait bizarre. 

Vis-à-vis de tous les souvenirs négatifs de la maladie que j’avais, de tous les reproches que je me faisais pour le mal causé à mes parents, à ma sœur, à mes proches plus globalement… j’ai pris beaucoup de recul. J’ai compris que je n’étais pas la maladie. Et ce n’est pas une façon de me trouver des excuses, mais vraiment, le fait de se dissocier de la maladie, de justement savoir que moi, ma personne n’est pas les actions de la maladie, ça fait partie de la guérison. Donc c’est ainsi que j’ai commencé à me pardonner. Même si ce n’est pas toujours évident. Mais aujourd’hui, et aussi avec le temps, ces souvenirs n’ont plus le même impact émotionnel.

Le manque de la maladie

Si dans l’article précédent j’ai pu parler de ce sentiment de manque que j’avais éprouvé les premiers mois, aujourd’hui c’est quelque chose de totalement absent. Parce que j’ai réussi à me reconstruire indépendamment de la maladie, et j’aime ma vie telle qu’elle est. Et aujourd’hui sa place dans ma vie, donc j’ai plus de raison de ressentir de manque pour elle. Et le temps, une fois de plus, aide pour cette problématique. 

Mon couple

Quand je me suis mise avec Arthur, j’avais encore clairement des mécanismes des TCA. Et je trouve que mon TCA m’a volé les instants magiques des débuts de couple. Et bah du coup, c’est au bout de 3 ans de couple que j’ai connu nos vrais débuts haha. J’ai vraiment cette sensation d’avoir redécouvert mon couple. J’ai découvert le fait de partager des moments avec lui sans toutes les pensées parasites de la maladie. Je trouve que déjà la vie de couple c’est pas toujours simple. Mais avec les TCA c’était d’autant plus compliqué. Et là, sans TCA, mais on revit quoi ! C’est comme si avant il y avait un parasite dans notre couple qu’il n’y a plus aujourd’hui. Donc c’est cent fois mieux 🙂 

couple-anorexie

Nouvelles passions, nouvelles occupations, énergie croissante

Aujourd’hui, ma vie est à 100 % remplie par des dizaines de projets que j’ai envie de réaliser dans ma vie. Et si j’avais encore des TCA, déjà je n’aurais pas autant d’envie (parce que finalement, le TCA éteignait cette flamme de la vie en moi) ; mais en plus de ça, je n’aurais pas autant d’énergie pour la réaliser.

Quand je vois aujourd’hui à quel point ma vie est remplie alors que je n’ai plus de TCA, je me dis que lorsque j’avais des TCA, j’ai dû passer à côté de tas d’opportunité, de projets.

D’ailleurs, je peux accepter beaucoup plus facilement des projets. Avant, quand on me proposait un truc au dernier moment, ça gênerait tellement d’angoisse en moi que je refusais. 

Aujourd’hui, je suis en plein déménagement dans quelques jours. On vient d’acheter notre appartement que je vais décorer, peindre, etc. Je n’aurais pas eu l’énergie mentale pour gérer ça quand j’étais malade, ou du moins ça aurait été dans le stress permanent. Dans 3 semaines on part en Thaïlande, pour le moment j’ai pas trop trop préparé. Mais j’ai hâte d’y aller. Avec des TCA, déjà je n’aurai pas accepté de partir 3 semaines dans un pays étranger. Mais en plus de ça j’aurais tellement eu de stress vis-à-vis des repas, là j’y pense même pas. Et ensuite, quand je reviens de Thaïlande, je suis la 15 jours pour ensuite repartir dans ma famille. Et tout ça, tout en faisant un gros projet qui verra le jour en début d’année 2024. Bref, ma vie n’aurait pas été aussi remplie avec des TCA, ou du moins, je ne l’aurais pas vécue de la même façon.

Après, attention, j’ai encore des stress. Et tous ces événements que je viens de dire là, évidemment, ça me génère des stress. D’ailleurs, sur insta, j’ai demandé si vous aviez des questions sur ma vie d’après les TCA, et on m’a répondu « fais-nous rêver » (en rigolant bien sûr, je le sais !). Mais ça m’a fait penser qu’il fallait vraiment que j’insiste sur ce point.

Ma santé mentale

Aujourd’hui, je ne suis pas du tout sans problème de santé mentale. Je suis toujours très angoissée, d’ailleurs j’ai parfois de grosses crises d’angoisse. Je n’ai pas vraiment confiance en moi. Je n’ai plus rien en rapport avec mon corps et l’alimentation. Mais rien n’est magique, j’ai encore des petits problèmes de santé mentale. Après, je pense que tout le monde en a, surtout avec le rythme dans lequel on vit nos vies aujourd’hui.

Et la différence que j’ai par rapport à avant mes troubles alimentaires, c’est que désormais j’ai l’expérience. Donc je sais plus facilement sentir quand je tire sur la corde. Je sais plus facilement écouter les signaux de mon corps quand il est fatigué. J’ai plusieurs techniques pour prendre soin de moi, pour me calmer, pour me recentrer sur l’essentiel. Au fil de mes thérapies dans les TCA, j’ai développé une grande connaissance sur moi-même qui m’aide à mieux gérer les difficultés de ma vie. Mais encore une fois, c’est pas fluide pour autant. Et j’ai toujours des difficultés. C’est important pour moi d’insister là-dessus, parce que vraiment, rien n’est magique. Mais clairement, ma vie sans TCA est 1 million de fois mieux.

Mais d’ailleurs, au tout début où je commençais à me sentir vraiment mieux, où les TCA n’était plus présents, ça me faisait bizarre d’aller mieux. C’est comme si je m’étais habitué à aller mal avant. Et au début, vraiment c’est étrange. C’est comme si mon cerveau était habitué au mal-être. Et je ne me sentais pas forcément « bien d’aller mieux ». C’était presque inconfortable pour être honnête.

Aujourd’hui, je me trouve encore parfois à faire la différence à « comment j’aurai agi avant, lorsque j’étais malade ? ». Et je suis très reconnaissante de ne plus être malade en fait. D’autant qu’avec Norainnoflower, j’ai encore les récits de personnes qui sont malades. Et ça me rappelle à quel point c’était un enfer. Mais vous voyez, pourtant j’en suis sortie ! Et vous allez en sortir, vraiment, il faut y croire !

Un cerveau plus optimiste

Une autre chose que mon combat m’a apprise, c’est à apprécier les petites choses simples. Quand j’étais malade, j’étais h24 pessimiste, je me concentrais parfois davantage sur les côtés négatifs que le côté positif. Je dois admettre que je suis quand même une personne pessimiste, je pense. Mais justement, j’ai pris l’habitude quand j’étais malade de me focaliser sur les petites choses positives. J’avais pris cette habitude d’entraîner mon cerveau à lister 3 choses positives chaque jour, même les journées difficiles. Et ça, ça m’a aidé à apprécier les petites choses : genre le ciel bleu, le beau temps, des gens qui sourient dans la rue, des câlins avec mon chat, un éclat de rire avec des amis, etc. C’est bête, mais c’est tous des petites choses que je ne parvenais même plus à voir lorsque j’étais malade. C’est comme si le TCA m’enfermait dans une bulle où la positivité n’avait pas sa place. 

"Est-ce que tu ressens encore parfois le besoin de tout contrôler ?"

On m’a demandé si j’avais pas parfois le besoin de tout contrôler. Et si, ça m’arrive encore, d’autant que comme je disais, je suis une personne angoissée (je travaille dessus). Mais par contre, je ne contrôle plus jamais l’aspect alimentaire et corporel. Parce que par mon passé, je sais qu’à chaque fois que j’ai fait ça, je suis retombée dans un cercle vicieux de compulsion-restriction. Aujourd’hui, quand je suis en mode « j’ai envie de tout contrôler », je me dis « oh oh, ça c’est un signal de mon corps que je ne suis pas bien » ; et là j’applique mes propres techniques pour me détendre, pour reprendre chaque point de ma vie qui me stresse et y trouver des solutions. Aujourd’hui j’arrive à faire ça parce qu’encore une fois, j’ai l’expérience de mon passé dans les TCA ; mais aussi parce que j’ai plus d’énergie qu’avant (quand mon TCA me prenait toute cette énergie justement). 

"Comment être sûre de ne pas rechuter une fois qu’on en est sorti ?"

Sur intagram, on m’a aussi posé la question : comment être sûre de ne pas rechuter une fois qu’on en est sorti. J’ai fait un article complet sur la rechute. Donc je vais répondre succinctement : pour moi, on peut être sûre de ne pas rechuter si la guérison est consolidée, que les différents aspects de la guérison sont travaillés. Mais du coup, pour une réponse plus détaillée, je vous invite à lire l’article sur la rechute et celui sur la quasi guérison.

« Comment sait-on si on est guéri ou si on est en voie de guérison ? »

On m’a aussi demandé « comment on sait si on est guéri ou si on est en voie de guérison ? ».

Très intéressante cette question ! Plusieurs fois je me pensais guérie, et avec le recul, j’ai compris qu’à ces moments-là j’étais plus en voie de guérison que réellement guéri. Donc je dirais qu’au moment même, t’as tellement la tête dans le guidon que ce n’est pas évident de s’en rendre compte. Mais je pense qu’il faut essayer d’être honnête avec soi-même et de se demander : est-ce que j’ai toujours cette volonté de perdre du poids, de contrôler mon corps/mon alimentation ? Si oui, alors c’est qu’il y a encore des traces de TCA, des mécanismes du trouble alimentaire. Et cette phase de « être en voie de guérison » est vraiment longue, donc c’est normal si vous avez la sensation d’être dedans depuis longtemps. Vous êtes pas bloqué pour autant, parce que c’est un processus lent. Tant que vous en avez conscience, et que vous mettez des choses en place, que vous en discutez avec des thérapeutes pour aller vers un mieux, c’est que vous êtes dans ce processus de guérison, vous êtes pas « bloqué ».

Et ne vous mettez pas de pression, encore une fois, c’est un processus qui est lent. Les petits pas sont parfois tellement minimes que vous avez pas la sensation d’avancer, mais en réalité, si, vous avancez bien. Et ça, c’est quelque chose donc j’ai eu conscience une fois que j’en suis totalement sorti et que j’ai pu prendre le recul.

De toute façon, évidemment, quand on en est sorti, c’est toujours plus simple de dire toutes ces choses-là, parce que j’ai plus le parasite du TCA qui me brouille l’esprit, j’en ai bien conscience. 

Des séquelles ?

J’ai aussi oublié de dire, personnellement, je n’ai aucune séquelle physique. Je n’ai pas de conséquence de ces six années de troubles alimentaires. Même chose, je sais que chaque personne est différente. Mais voilà, me concernant, j’ai la chance de n’avoir aucune conséquence. 

Voilà, je pense avoir tout dit ! C’était peut-être un peu trop en vrac, mais j’espère que ça vous a quand même servi, que ça vous a donné un aperçu de ce qu’est la vie sans TCA. 

Évidemment, chaque personne est différente, donc chaque parcours de guérison sera différent. Je n’ai pas dit tout ça pour juste vous faire rêver, j’ai aucun intérêt à vous dire que la guérison totale est réelle si elle ne l’est pas. 

Et j’insiste une fois de plus qu’avant d’en arriver à ça, ça s’est fait vraiment petit à petit. Et d’ailleurs, tout au long, j’ai toujours gardé un suivi psy. Donc c’est vraiment important pour moi de garder un suivi psy, même quand vous allez mieux.

- Roman autobiographique -

L'anorexie, mon bouclier mortel

Découvre tout mon combat contre les troubles alimentaires dans mon livre témoignage sur l’anorexie. Je te raconte tout mon combat, du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte totalement.

Voilà, c’est la fin de cette thématique « quelle vie après les TCA ». J’espère avoir répondu à toutes vos interrogations. J’espère que ça vous donne également l’espoir de vous accrocher pour parvenir à cette vie-là. Je vous le souhaite sincèrement d’y parvenir, d’arriver à ce jour où vous pouvez vous poser tranquillement, regarder derrière vous tout ce que vous avez parcouru, et vous dire « punaise, je l’ai fait quoi ! ». Vous pouvez y arriver, je vous assure que je n’étais pas plus forte que vous ! Vraiment 🙂 

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

Inscris-toi à ma newsletter pour des conseils exclusifs (PS :  J’ai des cadeaux pour toi 🤗)

Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 1 commentaire
Partie 1 : Comment ça se passe la vie après l’anorexie ?

Partie 1 : Comment ça se passe la vie après l’anorexie ?

Partie 1 : Comment ça se passe la vie après l’anorexie ?

Aujourd’hui où je vous parle de la vie après les troubles alimentaires. Cet article va se faire en deux parties. Ici, je vais vous parler des premiers mois après la sortie, et le prochain article, ce sera la vie après les TCA : sans plus aucun trouble alimentaire.

Ces articles vont être différemment des précédents, dans le sens où je vais ici parler de mon expérience personnelle, sans vraiment donner de conseils. Je fais ces articles, car on me les a demandés. J’imagine que c’est aussi pour vous permettre de savoir ce qu’il se passe après, et peut-être pour vous reconnaître dans mon témoignage. Mais encore une fois, c’est important de garder en tête que c’est MON expérience. Vous vivrez certainement des choses que je n’ai pas vécues et inversement.

Ici, je vais vous parler des premiers mois après les troubles alimentaires. Sauf qu’en réalité, ce n’est pas tout à fait ça. Parce que, qu’on se le dise, on a rarement une date précise du début des troubles alimentaires. Bah c’est la même chose pour la fin ! Je ne me suis jamais réveillée un matin en me disant « tiens, je n’ai plus de TCA ». Mais c’est une période où il me restait des traces des mécanismes de l’anorexie. Ce n’était pas à 100 % éradiqué.

Donc justement, dans cet article, je vais vous parler des premiers mois où j’allais vraiment mieux, c’est à dire où j’avais démaigri, repris tout le poids perdu, que je remangeais concrètement de tout, j’avais une vie sociable, j’avais un travail. Bref, en apparence, je n’avais plus vraiment de troubles alimentaires.

Donc comment se passait ma vie quand mes troubles alimentaires étaient presque plus là ?

Les sensations de faim et de satiété

Je pense que c’est ce qui m’a pris le plus de temps à revenir. Les sensations de faim, je les ressentais. Mais justement, j’avais l’impression d’avoir toujours faim et de ne plus ressentir la satiété. 

Pendant longtemps, je demandais à mon copain : « Est-ce que tu crois que je mange trop là ? Est-ce que c’est une portion normale ». Ça m’a pris vraiment du temps à comprendre ce dont mon corps avait besoin, à écouter les sensations physiques de mon corps parce que mon mental s’en mêlait toujours.

La relation à mon corps

Également, pendant longtemps, je n’acceptais pas le poids repris. Je comparais beaucoup mon corps aux autres filles qui m’entouraient. J’enviais le corps d’autres femmes. J’espérais perdre du poids. 

À cause du fait que je n’acceptais pas mon corps, je redoutais souvent de voir les gens que je n’avais pas vus depuis longtemps. Ça m’arrivait même d’envoyer un message à mes amies pour les prévenir que j’avais pris du poids, par peur qu’elles me fassent une réflexion. Et quand je voyais des personnes que je n’avais pas vues depuis longtemps, je me prenais la tête en m’imaginant ce qu’elle pouvait se dire de mon corps.

La relation à l'hyperactivité

Même chose, je n’ai pas réussi à arrêter du jour au lendemain. Ça s’est fait par phase. J’ai plusieurs fois tenté d’arrêter, puis je reprenais, puis je réarrêté, et ainsi de suite. Je suis passée par des phases où je suivais des fitgirls influenceuse en me persuadant que j’allais faire comme elle. D’ailleurs j’ai suivi des influenceuses qui ne l’avouaient pas, mais dont je suis presque sûre aujourd’hui avec le recul qu’elles avaient elles-mêmes des TCA.

J’ai eu encore longtemps la culpabilité de ne pas bouger certaines journées, où du coup, ça impactait mes apports alimentaires de ces journées-là.

Rapport aux autres

D’une façon générale, le rapport à l’ensemble de la société, on va dire, a été comme « conflictuel » pendant un temps. En fait, c’était plutôt contre la culture du régime. Mais c’est en commençant à sortir des TCA que j’ai pris conscience d’à quel point les gens parlaient de nourriture, de régime en boucle. J’ai la chance d’avoir grandi dans une famille où il n’y a pas d’obsession à la minceur ; et je pense que lorsque j’étais malade, les gens faisaient plus attention. Mais maintenant que j’avais un poids en apparence normal, les personnes qui m’entouraient oubliaient que ce genre de sujet était trigger pour moi. 

Et je me souviens que j’éprouvais à la fois de la colère en entendant ça, mais aussi une forme de jalousie. C’est comme si je me disais « punaise, ils ont la chance, eux ils parviennent à se restreindre ». Même si je savais au fond de moi que ce n’était absolument pas sain. 

Par rapport à mes proches, ils ont pris du temps à me « refaire confiance ». Plusieurs fois je voyais leur inquiétude si j’allais faire du sport, ou si je mangeais moins à un repas. La plupart des cas, j’avais genre vraiment moins faim ou j’avais envie de me défouler. Ce que je veux dire, c’est que ce n’était pas motivé par une envie de compenser ou de me restreindre puisque comme je disais, les TCA étaient presque partis. Mais mes proches avaient peur de retourner dans l’enfer qu’on avait connu, je pense. 

Prises de conscience douloureuses

anorexie-vie-apres

À ce moment-là, quand j’ai donc commencé à bien sortir la tête de l’eau ; j’ai pris conscience de mes dernières années dans la maladie. J’ai pris conscience de la gravité, du fait que j’aurais pu en mourir. Et j’ai surtout pris conscience que la maladie avait fait beaucoup de mal à mes proches. J’avais plein de flashbacks qui revenaient où je revoyais des scènes de cris & de larmes avec ma mère, mon père, ma sœur. Ces prises de conscience ont été très très douloureuses, pendant plusieurs mois, je pleurais parfois des heures dans mon lit en pensant à ça.

Nostalgie de la maladie

J’ai eu aussi une phase de nostalgie, mais vis-à-vis des symptômes de la maladie. Je ressentais de la mélancolie, j’embellissais les aspects de la maladie. Je regrettais de ne plus savoir me restreindre. Je regrettais ces années d’anorexie sévère comme si c’était génial. Alors qu’en fait c’était un enfer. Mais j’ai eu ce manque de la maladie en fait, je me suis même revue vouloir retourner dans le cocon de l’hôpital. 

Les sorties au restaurant

Pour ce qui est des sorties, c’était soit noir, soit blanc. Je ne parvenais pas forcément à trouver un entre-deux. Sur certaines sorties, je les anticipais à fond, je me restreignais, je ne mangeais presque rien sur place. Sur d’autres sorties, je partais en totale compulsion sur place, et j’avais la mentalité « foutu pour foutu ». 

Relation de couple

Avec mon copain, c’était pas mal de prises de tête quand même. Je me comparais beaucoup à ce qu’il mangeait. Je faisais inconsciemment la gueule s’il mangeait moins que moi. Les sorties étaient parfois source d’angoisse donc ça enlevait la magie des sorties de couple, surtout qu’on était dans nos premiers mois.

relation-couple-anorexie

Mais... la guérison ce n'est que du négatif alors ?

Vous voyez que durant les premiers mois, c’était compliqué. Et d’ailleurs, je n’étais pas encore totalement sortie des troubles alimentaires. 

Néanmoins, il y avait quand même déjà du gros positif. Je l’ai moins dit, mais je ressentais que j’avais plus d’énergie. Je faisais bien plus d’activité sociale, donc je revoyais des gens (alors que lorsque j’étais malade, je m’isolais sans cesse). Les moments où je ne pensais pas à la nourriture & à mon corps étaient de plus en plus nombreux. J’avais de plus en plus d’énergie pour me permettre de travailler sur tous les aspects psychologiques de la maladie (dont les causes). 

Nouvelles passions

Durant cette période, j’ai également commencé à me découvrir de nouvelles passions, de nouvelles activités qui n’avaient rien avoir le trouble alimentaire. Mais c’était encore un peu compliqué, j’avais toujours quelques traces du TCA en arrière plan qui me gâchait un peu la vie, du moins, qui m’empêchait d’en profiter pleinement. 

Mais petit à petit, en continuant d’avancer, je commencerais enfin à voir le sommet de la montagne, celle de la guérison, pour m’amener à cette guérison totale. Et ça, on en parle dans le prochain article 🙂 

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

Inscris-toi à ma newsletter pour des conseils exclusifs (PS :  J’ai des cadeaux pour toi 🤗)

Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 2 commentaires
Anorexie : « Je veux grossir sainement »

Anorexie : « Je veux grossir sainement »

Anorexie : « Je veux grossir sainement »

« Je veux reprendre du poids sainement ». Tel était mon souhait lorsque je souffrais d’anorexie mentale. Si l’on m’écoutait à ce moment-là, j’aurais aimé prendre 100 grammes par semaine, reprendre du poids de façon uniforme et en gardant un taux de masse grasse le plus faible possible. Si mon corps avait respecté mon souhait, je serais encore malade…

Parce que justement : si toi-même tu souffres d’anorexie et que tu cherches à grossir sainement ; est-ce que c’est ton souhait ou celui de l’anorexie ? Parce que la réalité, c’est qu’à l’époque je voulais tout ça pour toujours garder ce contrôle sur mon corps et mon poids. Donc, c’était toujours sous couvert de la maladie.

Qu’entends-tu par « sainement » ?

Demande-toi sincèrement ce que tu entends pas « sain ». Parce que si reprendre du poids sainement veut dire avec un taux de masse grasse faible, en cherchant à avoir une alimentation parfaitement équilibrée, qui respecte des règles très précises… Mmmmh, ce n’est pas sain. Même l’alimentation intuitive n’est pas « parfaite », c’est au gré des besoins de ton organisme. Et ces derniers varient, sans que tu puisses anticiper quoi que ce soit. 

Ce qui est sain, c’est justement de respecter ton corps, de lâcher-prise sur toutes ces règles de nutrition que tu t’imposes.

Attention aux vices cachés de la maladie…

grossir-sainement-anorexie

Sur le chemin de la guérison, j’ai rencontré plusieurs pièges de la maladie. Avec mon expérience dans les TCA, j’ai compris que le trouble alimentaire se cache surtout dans des actions vicieuses, tellement subtiles que tu ne t’en rends pas compte.

Et je suis passée par cette phase d’essayer d’être une « fit girl » pour optimiser ma masse musculaire, à vouloir me lancer dans un programme sportif et une alimentation super équilibrée. En soi, en effet, je mangeais plus, voire différemment d’avant. 

Mais c’était toujours dans un but de contrôle des calories, des macronutriments… En fait, c’était juste une autre façon pour le trouble alimentaire de prendre place dans ma vie.

Ce n’est pas rare d’avoir des formes d’orthorexie qui se développent durant la guérison des troubles alimentaires. J’ai eu quelques phases comme ça personnellement.

Si tu veux prendre du poids sainement…

Sache que le fait de chercher ça reste une façon pour toi de garder le contrôle sur ton corps, et c’est ton trouble alimentaire qui parle dans cette action. Mais zéro jugement sur ça, parce que j’ai vraiment été pareil que toi ! 

Je vais te donner quelques conseils, mais c’était important pour moi de te dire ça 🙂 

Quelques conseils lorsque tu es en reprise de poids :

#1- Fais-toi accompagner

C’est vraiment important ! Tu n’en as sûrement pas conscience, mais ton corps est dénutri et il galère physiquement. La santé de ton organisme est fragile et la renutrition ne doit pas être prise à la légère. C’est rare, mais les SRI existent (j’en ai eu un, et l’article complet se trouve ici : tout savoir sur le SRI en anorexie mentale).

Donc, idéalement, fais-toi accompagner par un médecin psychiatre et/ou un(e) diététicien(ne) (ou nutritionniste). C’est vraiment (VRAIMENT) important qu’ils soient spécialisés en troubles du comportement alimentaire. J’insiste sur ça, parce qu’un diet non spécialisé peut te donner des conseils qui vont à l’encontre de ce que tu devrais faire pour la guérison de ton TCA.

#2 - Ne cherche pas un meal plan tout fait…

Tu ne peux pas chercher un plan alimentaire sur les réseaux sociaux ou sur internet. Tu as besoin de conseils spécialisés pour toi. Tu ne peux pas te comparer à d’autres personnes malades, et encore moins à d’autres personnes qui ne souffrent pas de trouble alimentaire.

Parce que tu as tes propres besoins, et ta guérison a ses propres spécificités. 

Je suis désolée, ce n’était pas l’article qui allait te présenter les produits à consommer pour reprendre du poids sainement. Car l’important, c’est de renouer avec le plaisir aussi, de choisir des aliments qui te donnent envie à TOI (et pas que tu aurais vu sur une liste de produits dans une article de blog). Je ne te blâme pas, j’ai tellement fais ça, rechercher des produits à consommer qui étaient « sains » pour la guérison. La réalité, c’est que c’était malsain…

#3 - Augmente tes portions mais aussi le type d’aliment

Reprendre du poids, c’est augmenter la quantité dans tes assiettes, mais aussi le type d’aliment. La variété dans l’alimentation, c’est ça qui est sain ! Si tu augmentes les quantités mais que tu ne prends que de grandes assiettes de légumes et des plaisirs composés uniquement de fruits, ce n’est pas sain… Et non, tu ne reprendras pas du poids « sainement » (vraiment sainement, pas le « sains » de ton trouble alimentaire). 

Ton corps a besoin de protéines, de lipides, de glucides… Et en bonnes quantités ! Pas un tout petit peu. Je dirais même que dans cette période, tu as surtout besoin de tous ces aliments, pour justement travailler dessus, déconstruire tes croyances erronées selon lesquelles ces aliments sont à diaboliser.

#4 - Dormir…

Oui, le sommeil aide réellement. Je sais que ce n’est pas toujours simple ce conseil car les angoisses du trouble alimentaire font que tes nuits sont écourtées ou de mauvaise qualité. Mais le sommeil aide à réparer ton corps mentalement et physiquement, et de surcroît aide ton métabolisme à se « réparer ». 

fatigue-anorexie

#5 - Faire un travail sur les croyances erronées

Mais ça c’est primordial ! 

Parce que si tu te dis « il faut que je mange beaucoup pour reprendre du poids », mais sans faire de travail sur les croyances erronées liées à ton alimentation et à ton corps, c’est un gros risque de rechuter très rapidement après.

C’est vraiment indispensable de déconstruire toutes ces règles strictes sur ton alimentation, et de faire un VRAI travail d’acceptation corporel. Ça aussi c’est vraiment essentiel pour accepter cette prise de poids (comprendre que tu as besoin de ces kilos, apprendre à voir ton corps différemment, de façon plus neutre…).

Je t’accompagne dans ce travail via mon programme ButterflyBody. Mais tu as aussi des thérapies Cognitivo-Comportementale qui sont compétentes pour déconstruire les croyances erronées. Dans tous les cas, un accompagnement personnalisé est essentiel.

#6 - Débarasse toi de la balance…

Ça non plus ce n’est pas sain. Encore moins si tu en as une qui te détaille le taux de masse grasse.

Au début de la renutrition, le poids peut connaître des fluctuations de poids (notamment dû à la rétention d’eau et au fait que ton système digestif est ralenti, ce qui laisse les aliments plus longtemps dans ton bol intestinal). Mais ce n’est absolument pas fiable. 

Garder la balance, c’est te tirer une balle dans le pied. Vraiment… 

#7 - Souviens-toi que tu souffres de dysmorphophobie

La dysmorphophobie, c’est que tu ne vois pas ton corps tel qu’il est réellement. Tu as comme le filtre du trouble alimentaire devant tes yeux qui t’empêchent d’avoir une image réelle de ton reflet dans le miroir. Et ça, faut que tu le gardes en tête. À chaque fois que ton TCA te dira « tu reprends trop vite, trop mal, de façon disgracieuse… ». C’est des mensonges de ton trouble alimentaire pour te garder dans la maladie.

#8 - Mange régulièrement

Le fait de manger régulièrement, d’avoir plusieurs repas par jour (au moins 4, voire 5 à 6 ; en prenant une collation matin, midi et avant de dormir) peut t’aider à relancer ton métabolisme. Cela peut aider ton organisme aussi, qui a peu d’énergie et donc galère plus à digérer. Le fait de manger régulièrement (même si la culture du régime te dira que c’est grignoter…) s’avère être sain pour ta guérison ! 

Après, encore une fois, si tu préfères avoir des conseils professionnels qui te sont personnalisés à toi ; c’est toujours mieux ! 

#9 - Accorde toi de la patience et souviens-toi que rien n’est figé

La guérison prend du temps. Et même si tu voudrais savoir dès maintenant à quoi ressemblera ton corps demain, tu ne le peux pas. Mon corps n’était pas le même avant la maladie, pendant la maladie, en guérison, et aujourd’hui.

Parce que c’est un être vivant et il évolue. C’est important de garder ça en tête. Si aujourd’hui, tu te retrouves affolé par la silhouette de ton corps, sache qu’il évoluera mais surtout que toi (dans ta tête) tu évolueras. Et avec le temps, en travaillant sur ton acceptation corporelle et tes croyances erronées, tu verras les choses différemment. 

Avant, prendre 200 grammes me terrifiait. Aujourd’hui, je ne connais plus mon poids et ce chiffre n’a plus d’importance.

Avant, je pleurais en voyant la taille de mon pantalon. Maintenant, je m’en fous totalement.

Avant, je scrutais mon corps pour voir le moindre défaut. Aujourd’hui, je vois mon corps dans son ensemble ; et s’il ne me plait pas parfaitement, je le vois surtout dans son aspect fonctionnel et je prends soin de lui. Je l’accepte et je suis en paix avec mon apparence physique. 

« Oui mais moi, je préfère reprendre du poids lentement »

Ah mais je me doute… Et moi aussi je le voulais. Mais sauf que ton corps agit comme bon lui semble, selon ses besoins. Ce que je veux te dire, c’est pas que tu vas reprendre vite. Ça, je n’en sais rien, ça dépend de chaque personne. Tout le monde réagit différemment.

Mais surtout, ce qu’il faut que tu gardes en tête, c’est que ce n’est pas parce que tu reprends plus vite que tu vas prendre PLUS. Pas du tout. 

Et puis surtout, encore une fois, garde en tête que tu souffres de dysmorphophobie et que tu as les pensées parasites de ton TCA qui vont toujours te convaincre que tu prends trop vite. 

J’ai souvent des messages de personnes affolées parce qu’elles ont pris « 500 g », « 600 g » ou « 1 kg » en 3 jours. Et j’ai été à leur place donc je les comprends tellement. J’avais si peur que ça ne s’arrête plus, qu’avec le peu que je mangeais, je reprenais beaucoup, et que donc, j’étais bloquée si je voulais manger davantage…

La réalité, c’est que 500 g, 600 g, 1 kg… c’est rien. (Évidemment, je dis ça aujourd’hui avec mon point de vue hors des troubles alimentaires). Là, en me lisant, tu dois faire de gros yeux. Mais je t’assure que c’est vrai. Déjà parce que TOUT LE MONDE (TCA ou non) connais des variations constantes du poids. Il y a plein de raisons qui expliquent ça : 

  • Le cycle menstruel
  • La teneur en eau des aliments que tu as mangés
  • L’heure de la journée
  • Même le taux d’humidité peut influer…

Mais en plus de ça, se peser une fois n’est pas significatif. Pour vraiment avoir une donnée pertinente, il faudrait se peser 2-3 fois par semaine, pendant 1 mois et faire une moyenne à la fin. CE QUE JE NE TE CONSEILLE PAS !!! Parce que toi, en plus de ça, tu souffres de troubles alimentaires. Donc tu vas connaître (au début, de façon temporaire) de la rétention d’eau et un bol intestinal qui fonctionne au ralenti. Ce qui va influencer d’autant plus tes premières variations de poids. Et puis surtout, tu dois apprendre à te détacher de la balance.

Mais ce que je veux surtout que tu retiennes : c’est que ces prises de kilos ne sont pas significatives. Et si ton TCA te convainc que tu fais fausse route, que tu es bloqué, que tu vas devoir compenser, que tu vas devoir te restreindre toute ta vie : C’est FAUX. Ça fait juste partie du process. Et te restreindre d’autant plus ne fera qu’augmenter ces variations de poids (car ça augmente le ralentissement de l’énergie de ton corps ; donc la rétention d’eau et ton système digestif au ralenti).

« Oui mais moi, je mange super mal à cause de mes crises »

J’ai connu ça ! J’ai eu une grande phase de faim extrême (je te raconte mon histoire ici). Donc j’ai eu plusieurs mois où je mangeais BEAUCOUP de sucre et d’aliments gras. Pendant cette période, j’ai eu de nombreux jours où je n’avalais même pas un légume, ni un fruit…

Et pas par choix, mais parce que mon corps me faisait compulser sur ces aliments que je m’étais tant interdits. 

Et dans ma tête je me disais que j’allais prendre que du gras, que j’allais grossir à l’infini. Oui, j’ai repris du poids. Mais c’était des kilos dont j’avais besoin pour guérir.

Comme j’ai dit dans les conseils, il faut garder en tête que rien n’est figé. Mon alimentation pendant la guérison n’a rien avoir avec mon alimentation aujourd’hui. Je reste une personne gourmande (je l’étais avant d’être malade). Mais je ne mange plus de façon compulsive ni du sucre à longueur de journée. Parce que mon corps sait maintenant qu’il n’est plus restreint sur ça. J’ai eu besoin de passer par cette phase pour retrouver mon équilibre.

Donc ne t’inquiète vraiment pas, sache que ton corps a besoin de passer par cette période pour « rembourser la dette que tu as accumulée » après des années de restriction sur ces aliments. Non, ça ne va pas durer indéfiniment sur tu acceptes ces compulsions. Non, tu ne vas pas grossir indéfiniment. Mais fais-toi accompagner, c’est vraiment important ! 

J’espère t’avoir aidé et apporté des conseils qui te seront utiles pour te détacher de cette envie (qui relève de ton TCA) de reprendre du poids « sainement ». Ne te mets pas de pression, prends soin de toi, et accorde-toi du temps & de la bienveillance !

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

Inscris-toi à ma newsletter pour des conseils exclusifs (PS :  J’ai des cadeaux pour toi 🤗)

Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Conseils, 3 commentaires
rechute anorexie, tca : signes précurseurs, facteurs de risque et comment agir ?

rechute anorexie, tca : signes précurseurs, facteurs de risque et comment agir ?

rechute anorexie, tca : signes précurseurs, facteurs de risque et comment agir ?

Le terme « rechute » est un mot que l’on retrouve souvent associé à la guérison des troubles alimentaires. Et je pense que ça fait peur pour certains, d’autant qu’on l’entend parfois tellement, y compris de la part des professionnels de santé, que lorsqu’on souffre de TCA, on se sent presque bloqué, c’est redouté, comme si c’était inévitable.

J’ai donc choisi de faire un contenu complet sur la rechute, pour vous parler de ma propre expérience des rechutes dans l’anorexie ; pour énumérer les facteurs de risque (afin de les éviter). Je vais vous donner les signes qui indiquent que vous faites une rechute, et surtout : comment agir si ça vous arrive et comment les éviter. 

L’état d’esprit à adopter quant aux rechutes

UNE RECHUTE N'EST PAS UN ÉCHEC

Je voulais démarrer par ce point très important : comment tu dois voir la rechute. Je m’explique. Souvent, lorsqu’on est confronté à une rechute, la petite voix du trouble alimentaire te dit :

  • « Tu as échoué ! »
  • « Tu dois tout recommencer… alors que tu es épuisé. Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? »
  • « Et voilà… tu recules. »
  • « Tu ne guériras jamais »

Et je sais que c’est difficile de ne pas le voir comme ça. Dans mon livre sur l’anxiété & les peurs des troubles alimentaires, je parle de l’importance de faire évoluer son état d’esprit sur l’erreur, l’échec ; de les voir différemment.

rechute-tca

Les rechutes ne sont pas des échecs. Ce n’est pas un signe de faiblesse de rechuter. Ça fait juste partie de la guérison. Les rechutes permettent d’apprendre de nouvelles choses pour t’aider à guérir d’autant mieux et de façon plus consolidée. Tout processus de changement, d’évolution s’accompagne de son lot d’obstacles. Des obstacles ne sont pas des barrières, ce sont obstacles ; c’est-à-dire que tu peux les surmonter. Et tu l’as déjà fait dans le passé

Lorsque tu as commencé à apprendre à marcher, tu as dû faire face à des problématiques d’équilibre, d’objet sur lesquels tu pensais t’appuyer, mais qui n’était absolument pas stable, tu as rencontré des marches inattendues. Tu es tombé, sans doute des dizaines et des dizaines de fois. Mais c’est en tombant que tu as appris à te relever et qu’à force, tu as su marcher. Aujourd’hui, marcher est une compétence fluide pour toi ; mais à la base, tu as vraiment galéré pour y parvenir. 

Les rechutes c’est la même chose, c’est une façon de t’apprendre de nouvelles choses pour que tu puisses viser une guérison durable et consolidée. Je dirais même que si tu ne rencontres aucun obstacle dans ta guérison, c’est trop idyllique ; c’est que ça fait trop plaisir à ton trouble alimentaire. Je dis souvent que lorsque c’est difficile, c’est bon signe, car ça veut dire que tu vas à l’encontre de ton trouble alimentaire. 

Je pense que c’est important de comprendre ça, parce que si tu le vois plus comme une étape qui va t’apprendre quelque chose plutôt qu’une étape maudite, qui t’enverra dans les tréfonds de la maladie… tu agiras différemment si ça t’arrive.

LA MOINDRE DIFFICULTÉ N'EST PAS UNE RECHUTE

La deuxième chose que je voulais dire en avant-propos, c’est qu’il ne faut pas prendre la moindre difficulté comme une rechute. Avoir des journées difficiles, répondre à la maladie plutôt que choisir l’action qui te permettrait d’avancer dans ta guérison… tout ça, c’est normal. Je le dis souvent, mais les jours sombres font partie de la guérison. Je dirais même que dans ma guérison, j’ai eu plus de jours sombres que de jours ensoleillés. Une difficulté n’est pas une rechute. Une rechute, c’est sur du long terme. Mais on va voir plus en détail comment identifier une rechute par la suite.

Mon histoire avec les rechutes

Je voudrais te parler de mon histoire avec les rechutes. Je dis « les rechutes », mais pour moi, j’en ai surtout connu une seule. D’ailleurs, c’est ce que je voulais dire aussi en avant-propos : les rechutes sont fréquentes, mais pas systématiques. Et finalement, je n’en ai connu qu’une seule (une vraie).

Pourquoi je dis que l’une d’elles n’était pas réellement « vraie » ? Parce qu’en fait, je n’étais pas réellement sorti des TCA, pas du tout, donc pour moi, ce n’était pas une rechute, mais juste la continuité. Je parle de la fois où j’ai été à l’hôpital et que là-bas, j’avais remangée, repris du poids… Et je pensais naïvement que l’hôpital avait le don de guérir. Mais dès que je suis ressorti, l’anorexie m’attendait derrière la porte. Donc ici, je n’appelle pas ça une « rechute » (évidemment, je dis ça avec la rechute).

Par contre, pour moi, j’ai connu une période de rechute, que j’évoque dans mon article sur la quasi-guérison. Je ne l’ai pas vraiment vu venir (et je pense que beaucoup de rechutes, malheureusement, s’installent insidieusement. Notamment parce qu’on n’a pas vraiment envie de s’avouer à nouveau dans les TCA). 

Pour autant, ça a été une très petite rechute. Parce que j’ai bien agi aussi (je vous expliquerai dans la partie : « comment agir »). Cette rechute est arrivée selon moi parce que je n’avais pas totalement réglé mes problèmes, j’étais dans ce qu’on appelle la quasi-guérison. Mais justement, je vais tout de suite parler des facteurs de risque à avoir une rechute.

10 facteurs de risque

#1 - AVOIR L'UNE DES PARTIES DE LA GUÉRISON QUI N'A PAS ÉTÉ (ASSEZ) TRAVAILLÉ

Je le dis souvent, chacun a son propre parcours de guérison. Donc forcément, là, je vais donner des facteurs de risque, mais ça reste non exhaustif et dépends de la vie de chaque personne.

Selon moi (et c’est mon point de vue), une rechute survient si la guérison n’est pas consolidée, n’est pas complète. Selon moi, une rechute arrive par exemple si tu es en quasi-guérison : c’est-à-dire que plusieurs choses n’ont pas été travaillées (ou pas totalement). Je parle déjà de ça dans l’article sur la quasi-guérison. Ici, je vais à nouveau expliquer, mais plus synthétiquement. 

Pour moi, il y a 3 grandes catégories dans la guérison : la guérison physique (retrouver un poids d’équilibre, notamment s’il y a eu une perte de poids) ; la guérison comportementale (avec la restructuration cérébrale, l’acceptation corporelle, la prise de recul vis-à-vis de la culture du régime, la rupture des comportements de compensation) ; et la guérison psychologique (le travail sur les causes de la maladie, sur le mal-être plus profond). C’est pourquoi la guérison est multifactorielle. Ce sont tous des points que je traite dans mon programme ButterflyBody ; et d’ailleurs ceux qui le suivent me disent souvent qu’il y a souvent certains points qu’ils n’avaient jamais travaillés avant alors qu’en le travaillant, ils prennent conscience que c’était essentiel.

rechute-trouble-alimentaire

Je pense qu’une rechute survient lorsqu’une ou plusieurs des trois types de guérison n’est pas travaillée solidement.

Attention, il ne faut pas pour autant vous dire « ah bah voilà, c’est ma faute, je suis nul, je n’ai pas bien travaillé ces aspects-là ». C’est normal ! Moi, je n’ai jamais travaillé ces éléments-là d’un coup. Ça s’est vraiment fait petit à petit. Si l’on prend la métaphore d’une montagne où le sommet correspond à la guérison, croyez-moi, même dans la vie réelle, les alpinistes ne grimpent pas d’une seule traite la première fois. Parfois ils s’arrêtent, parfois redescende pour avoir de meilleures prises, parfois ils se blessent même. Il leur faut beaucoup d’entraînement pour atteindre le sommet.

#2 - LORSQU’UNE DES PROBLÉMATIQUES SUIVANTES N’EST PAS TRAVAILLÉE :

  • l’acceptation du corps (ce qui fait qu’il y a toujours une volonté de perdre du poids, une croyance erronée selon laquelle la vie sera plus belle & plus simple en étant plus mince)
  • La cause psychologique (peut-être qu’une blessure n’est pas guérie quant à une relation, l’éducation que vous avez reçue, un trauma, un problème profond de confiance en soi…). Le TCA vient inconsciemment aider à pallier à ces problèmes-là. Donc tant que les causes psychologiques ne sont pas réglées, il y a plus de risque de revenir. Mais attention une fois de plus. Je n’avais pas totalement réglé mes problèmes (et d’ailleurs aujourd’hui je suis toujours stressée, angoissée, avec peu de confiance en moi.. et je n’ai plus de TCA). Régler les problèmes psychologiques, ça veut surtout dire bien comprendre le pourquoi de la maladie, et avancer sur ces problématiques-là. Encore une fois, les personnes qui sont guéries de TCA ne sont pas des personnes qui n’ont plus de problème.

#3 À #10 FACTEURS DE RISQUE :

#Se lancer dans un nouveau régime

#Entamer une nouvelle routine sportive (surtout si le but est de perdre du poids ou de contrôler son corps)

#L’utilisation d’un outil de tracking (montre connectée, application) pour tracter les calories, les pas, etc.

#Un commentaire de quelqu’un qui vient réveiller une blessure non travaillée

#Un événement stressant, qu’il soit positif ou négatif. Ça peut être un accouchement, un décès, un nouveau travail, une nouvelle relation, le retour des règles, le fait d’essayer d’avoir un enfant, un mariage. En fait, c’est un événement qui va venir chambouler votre quotidien. Encore une fois, les rechutes n’arrivent pas systématiquement quand vous avez ces événements. Elles arrivent si la guérison n’est pas consolidée et que ces événements viennent encore plus vous déstabiliser.

trouble-alimentaire-grossesse

#Un événement déclencheur qui vient faire écho à un traumatisme

#Une perte de poids involontaire

#Le fait de s’isoler, de se sentir illégitime : les mécanismes ont donc le temps de se réimplanter dans votre quotidien.

Tous ces facteurs se font souvent de façon inconsciente, et sont parfois liés entre eux. Ce que je veux dire, c’est qu’aujourd’hui, je sais dire les causes de ma rechute. Mais parce que je l’analyse avec du recul, sans avoir les œillets de la maladie qui m’empêche de réfléchir convenablement. 

Ma rechute a eu lieu dans un contexte de déménagement, de nouveau travail. J’étais déstabilisée, donc j’ai commencé à chercher à contrôler pour me rassurer (mais c’était un leurre). C’est ainsi que je me suis lancée dans une nouvelle routine sportive et que j’ai essayé un nouveau régime (bien déguisé sous le nom de « rééquilibrage alimentaire »). Mais la base de cette rechute, c’est que je n’avais pas travaillé un gros point des causes de mon trouble alimentaire ; et je n’avais pas non plus fait de travail consolidé sur l’acceptation de mon corps. Et au final, cette rechute m’a aidé à faire tout ça, et m’a permis de sortir totalement des TCA. Donc cette rechute m’a aidé à guérir totalement ! (C’est pour vous montrer qu’une rechute n’est pas négative).

12 signes que tu rechutes

Comment savoir reconnaître les signes d’une rechute ?

Je vais à nouveau faire une liste pour structurer, mais il ne faut pas avoir tous ces signes-là. C’est des points de repère et une fois de plus, c’est non exhaustif 

#1 - PRÉOCCUPATIONS SUR L'APPARENCE

Vous avez des préoccupations croissantes sur votre poids, votre corps, vos formes. De ce fait, vous pouvez augmenter le fait de vous regarder dans le miroir, le fait de vous peser.

#2 - VOLONTÉ CROISSANTE DE PERDRE DU POIDS

Vous avez la croyance que vous devez perdre du poids pour vous sentir mieux, pour atteindre tel objectif, pour pouvoir vivre plus sereinement. 

#3 - NOSTALGIE DE LA MALADIE

Vous vous rappeler de votre vie passée avec le TCA avec mélancolie, avec manque, en vous souvenant uniquement des côtés « positifs ».

#4 - RETOUR DE LA CULPABILITÉ

La culpabilité augmente (après les repas, lorsque vous ne faites pas d’activité, lorsque vous vous reposez)

#5 - PERFECTIONNISME EN FORCE

Votre perfectionnisme prend davantage de place : vous êtes de plus en plus strict avec vous-même (même dans d’autres domaines que l’alimentation ou votre corps)

#6 - ANXIÉTÉ CROISSANTE

Vous vous sentez submergé, oppressé… La sensation dont vous avez besoin d’une échappatoire à tout ce stress. Vous avez peut-être même des idées noires.

#7 - MENSONGE ET DISSIMULATION

Vous augmentez mensonges et dissimulations à vos proches (voire aux médecins qui vous suivent) : sur votre état psychique, sur votre ration alimentaire, sur vos comportements compensatoires, sur votre poids, etc.

#8 - DIMINUTION DE LA RATION

Vous diminuez les quantités dans les assiettes, vous commencez à vous interdire de manger entre les repas, vous trouvez des excuses pour ne pas manger, vous supprimer à nouveau des catégories d’aliments. Peut-être que vous reprenez même le comptage de calories.

anorexie-boulimie-rechute

#9 - RESTRICTION MENTALE

Augmentation de la restriction mentale : parfois, concrètement, tu manges toujours bien. Mais par contre, dans ta tête tu te dis « ça, il va bientôt falloir que je l’enlève de mon alimentation ou que je le diminue ». « ça c’est vraiment mauvais, il faut que j’arrête ». Ton cerveau assimile cela à de la restriction, et il se souvient de son passé. Il ne veut pas retrouver ça, et ça peut d’ailleurs te déclencher des compulsions. 

#10 - TOCS, ACTIVITÉ PHYSIQUE...

Vous augmentez votre activité physique, vous avez une réapparition des TOCs (lors des repas, dans le ménage, etc.)

#11 - ISOLEMENT SOCIAL

Vous vous isolez de plus en plus, trouvez de plus en plus de prétextes pour éviter les invitations à l’extérieur, vous vous renfermez davantage sur vous-même

#12 - PENSÉES PARASITES QUI PRENNENT UNE PLACE CROISSANTE

Globalement, vos pensées commencent à être bien plus focalisées sur vos préoccupations alimentaires, sur votre corps, sur le contrôle de votre vie de façon plus générale. Peut-être même que vos centres d’intérêt s’axent sur ça (par le biais du sport, des comptes que vous visitez sur les réseaux sociaux, etc.)

Comment agir en cas de rechute ? 11 conseils

On arrive maintenant au cœur du sujet : comment agir en cas de rechute. Cela dit, c’est tout de même important de bien comprendre l’état d’esprit à adopter en amont, et de connaître les signes précurseurs, les facteurs de risque pour savoir les identifier, voire mieux, les éviter, pour agir au plus vite si vous les identifiez. 

#1 - NE PAS ÊTRE FATALISTE

Déjà, la première chose, c’est de ne pas se dire que c’est un retour en arrière, un retour à la case départ. Pour moi, une rechute n’est pas un retour en arrière. Tout au plus, c’est quelque pas en arrière pour faire demi-tour et prendre conscience qu’un autre chemin existe et que celui-là a plus de probabilité de vous emmener à la guérison totale.

Il ne faut pas se dire « foutu pour foutu, tant pis, je retourne dans le TCA à fond, je me doutais, ça ne fonctionne pas… ». Bref, l’attitude fataliste, il faut oublier. Je sais que c’est bien plus simple à dire qu’à faire, et que tu sur le moment même, c’est très décourageant. Je vous assure que je sais, je n’étais pas en mode guerrière qui affronte chaque obstacle de sa maladie, je pleurais très souvent et j’avais parfois peur d’être bloquée à jamais dans cette maladie. Mais quand j’ai eu ma rechute, déjà il m’a fallu un temps pour me l’avouer. Mais ensuite, je me suis dit « ok, c’est que mon corps essaie de me dire qu’il y a quelque chose qui n’est pas réglé ». Et c’est comme ça que j’ai consulté directement un professionnel.

Et c’est quelque chose que je vous conseille aussi : 

#2 - ALLER VOIR UN PRO TRÈS RAPIDEMENT

Ne restez pas seul. Allez chercher de l’aide professionnel auprès des spécialistes de TCA. Oui, même si vous n’avez pas perdu de poids (je n’avais pas perdu 1 gramme et en apparence, je n’avais pas du tout l’air d’avoir de TCA). Allez-y même si vous mangez toujours 4 repas par jour, que vos préoccupations ne sont pas encore trop omniprésentes. Vous n’avez pas besoin d’attendre que ça soit pire pour aller consulter. On a toujours l’idée qu’il faut aller voir quelqu’un si on va mal. Mais non, il faut y aller justement avant que ce soit trop grave. Au plus vous laissez le temps à votre TCA, au plus il s’installe, au plus la suite est difficile. Donc agissez le plus rapidement possible, vraiment ! 

Et si vous tombez sur quelqu’un qui ne comprend pas, qui vous dit que ce n’est pas si grave, mais que vous ne vous sentez pas bien… Alors, allez voir quelqu’un d’autre. Malheureusement, des gens qui ne comprennent pas, il y en a ! (Même chez les spécialistes). Le problème, ce n’est pas vous, c’est cette personne qui ne comprend pas. 

#3 - SE DÉFOCALISER DE LA RECHUTE EN ELLE-MÊME

Une autre chose, ce n’est pas se concentrer sur cette rechute en elle-même. Ce que je veux dire, c’est que si vous focalisez votre attention sur le fait que vous n’allez pas bien, sur tous les symptômes qui réapparaissent, sur le côté « j’ai rechuté, j’ai échoué », ça n’aidera pas votre cerveau à combattre. Je sais une fois de plus que c’est bien plus simple à dire qu’à faire. Mais concentrez plutôt votre attention et votre énergie à ce que vous pourriez faire pour vous sortir de cette rechute. Je vais donner des exemples plus concrets : 

#4 - COMPRENDRE LE POURQUOI

Essayez de vous poser, avec de quoi écrire, et demandez-vous « pourquoi, selon moi, j’ai rechuté ? ». Qu’est-ce qui a pu déclencher ça, comment vous vous sentez maintenant, qu’est-ce qui vous a manqué auparavant pour vous permettre de bien guérir.

#5 - COMPRENDRE LES BÉNÉFICES SECONDAIRES

Un autre exercice, s’il n’a pas été fait (et je pense que dans tous les cas il est intéressant de faire plusieurs fois) : c’est de comprendre les bénéfices secondaires de votre maladie. C’est un processus inconscient, j’ai fait un article complet dessus où je donne l’exercice concret à réaliser et des exemples (qui étaient mes bénéfices secondaires). Identifier les bénéfices secondaires c’est important, car ce sont eux qui représentent des barrières à la guérison. Ça peut vous permettre de comprendre la rechute.

#6 - PARLEZ-EN À VOS PROCHES

Je sais que souvent il y a la honte, la peur de décevoir, la peur de ne pas se sentir légitime. Et c’est pour ça que je vous invite à contacter des proches qui sont ouverts, qui peuvent vous comprendre, qui sont sensibles aux problématiques de santé mentale. Vous êtes pas obligé de le dire à tous, mais au moins une ou deux personnes. Et prenez un temps calme, où vous êtes seul avec, pour expliquer comment vous vous sentez. Je vous assure que la solitude est le meilleur allié du trouble alimentaire. Au plus vous ne parlez, au plus vous le rendez vulnérable, au plus vous passez au conscient ce qui subsiste dans votre inconscient. 

#7 - FAITES LA LISTE DES RAISONS DE GUÉRIR

Reprenez les raisons pour lesquelles vous vous battez, qui vous rappellent pourquoi une vie sans TCA est bien mieux qu’une vie avec (qui n’est d’ailleurs pas une vie, c’est de la survie). Et si vous n’avez pas fait cette liste avant, faites-la. Je vous rappelle que dans mon kit de guérison que vous recevez gratuitement en vous inscrivant à la newsletter, il y a une liste de 100 Raisons de guérir. 

#8 - JETER LA BALANCE

Et même tous les outils de tracking (les applications, la balance culinaire, la montre connectée…). Je sais que c’est difficile, mais au moins la balance pèse-personne : c’est un outil du trouble alimentaire, pas de ta guérison.

#9 - BIENVEILLANCE ET ACTIVITÉS SELF-CARE

Faites des activités qui vous font du bien, pour prendre soin de vous, et qui n’ont rien avoir avec votre corps, l’alimentation. C’est aussi ça la guérison : se reconstruire indépendamment de la maladie, dans des activités qui vous font du bien, et qui ne sont pas liées de près ou de loin au TCA.

#10 - UN ENVIRONNEMENT POSITIF

Implémentez un environnement positif pour votre guérison en mettant en place des petites actions qui vous font du bien. Et là je vous renvoie au 16 outils à mettre en place pour créer un climat favorable à la guérison. C’est des outils à porter de main. Je choisis de pas tout répéter parce que l’article est vraiment complet.

#11 - SE FIXER DES OBJECTIFS RÉALISABLES

Ne te met pas une pression de dingue à vouloir te sortir rapidement de cette rechute. Oui, évidemment, tu n’as pas envie d’y rester longtemps et c’est normal. Mais ne t’en demande pas trop, n’essai pas d’aller trop vite. Tu risques de bruler des étapes, de pas consolider la base. Si tu tentes de reconstruire un mur qui s’effondre sans t’assurer que les fondations sont solides, le mur risque probablement de s’effondrer à nouveau tôt ou tard.

7 choses à mettre en place pour éviter de rechuter

Évidemment, tu as envie d’éviter la rechute et c’est tout à fait normal. Déjà, sache vraiment que même si c’est fréquent, ce n’est pas systématique. Et je pense que faut pas se mettre une pression ou avoir une peur bleue de la rechute, parce que cela veut dire que tu vois vraiment la rechute comme quelque chose de péjoratif. Une rechute ne veut pas non plus dire que tu retombes bien plus bas. Ma rechute a été mince, sur une courte durée. Même si tu as déjà connu des rechutes auparavant, chaque rechute est différente, ça ne veut pas dire que tu vas avoir la même chose que al dernière fois.

Une rechute n’est pas fatale, elle peut être surmontée. 

Mais pour prévenir d’une rechute, tu peux :

#1 - IDENTIFIER TES DÉCLENCHEURS

 Les connaître pour mieux les éviter ou savoir comment réagir s’ils arrivent.

#2 - MAINTENIR UN CADRE ALIMENTAIRE

Garder un cadre, pendant longtemps, en termes de repas. Pour t’assurer que tu manges suffisamment, pour t’éviter d’avoir de la restriction qui s’installe.

#3 - LA RESTRICTION N'EST JAMAIS UNE OPTION

Garder en tête que la restriction et la compensation ne sera jamais une option. Dans les périodes où tu vas mal, tu as une petite croyance qui peut émerger, te disant que c’est en contrôlant, en te restreignant que tu iras mieux : mais non, ça c’est un leurre.

#4 - SE FAIRE ACCOMPAGNER SUR LE LONG-TERME

Garder un suivi avec un psy au moins, pendant longtemps, même quand tu vas mieux. J’ai toujours un suivi perso. Et j’ai des copines qui ont des psys sans avoir de TCA ni de gros sujets à travailler. Mais comme je disais, il faut abandonner l’idée qu’il faut aller mal pour aller voir un psy. 

#5 - S'ÉLOIGNER DES INFLUENCES NÉGATIVES

Je ne sais pas si vous connaissez cette image du panier de fruits où il y a un fruit pourri. Ceux qui l’entourent et le touchent finissent par pourrir. Éloignez-vous des relations toxiques, des personnes négatives. Faites aussi le tri dans vos réseaux sociaux. Tout ce qui est contenu qui vous trigger, désabonnez-vous. Le problème des réseaux sociaux, c’est aussi que parfois, on ne contrôle pas : les images sur le corps viennent à nous sans qu’on veuille les voir. Donc faites-vous de digital detox, au moins 1 jour par semaine sans se connecter. Je vous assure que ça fait un bien fou. 

que-faire-rechute-trouble-alimentaire

#6 - DÉVELOPPER DES NOUVEAUX CENTRES D’INTÉRÊT, EN DEHORS DU TCA

Je peux vous conseiller le bullet journal si vous voulez. Moi j’ai beaucoup utilisé cet outil, et j’en fais toujours aujourd’hui ! J’ai 3 vidéos YouTube sur ma chaîne où je vous présente le matériel à avoir, les idées de pages à faire, et des conseils pour en faire un outil positif pour vous.

#7 - TRAVAILLER SUR LES ASPECTS DE LA GUÉRISON (PHYSIQUE, PSYCHOLOGIQUE, COMPORTEMENTALE)

Et puis évidemment, travailler sur ces aspects de votre guérison qui doivent être consolidées : l’acceptation corporelle, la restructuration cérébrale, la déconstruction des croyances erronées, les causes psychologiques… Je vous accompagne sur tout ça dans mon programme ButterflyBody. Mais n’hésitez pas à vous orienter vers des thérapies concrètes, qui vous amènent à travailler sur ces sujets-là ! 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Je vous ai partagé beaucoup de choses dans cet article ! J’espère que ça vous a aidé à mieux comprendre les rechutes, que ça vous a donné des conseils concrets. J’ai toujours plein de choses à dire, mais j’essaie de me limiter pour que ça ne dure pas trop longtemps.

Je voulais terminer cet article en vous parlant d’un autre point de vue dans la rechute. C’est que certains se convainquent qu’il faut rechuter fortement pour être légitime, et pouvoir se battre. En gros, c’est « il faut toucher le fond pour pouvoir remonter » (et il y a zéro jugement, car j’ai moi-même eu cette façon de penser quand j’étais malade).

Je vais vous lire un texte issu du recueil Des mots pour fleurir qui est mon dernier livre sorti en juin :

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

Inscris-toi à ma newsletter pour des conseils exclusifs (PS :  J’ai des cadeaux pour toi 🤗)

Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 1 commentaire
Crise de boulimie : que faire le lendemain ?

Crise de boulimie : que faire le lendemain ?

Crise de boulimie : que faire le lendemain ?

J’ai connu des compulsions alimentaires de 2017 à 2021. Lorsque j’avais terminé ma crise de boulimie, je me détestais, je me dégoutais, je me sentais sale, je m’en voulais d’avoir autant mangé. J’avais la sensation de ne pas avoir de volonté et la première chose à laquelle je pensais, c’était “comment réparer cette crise ?”. Alors, je faisais des recherches sur internet, et “Crise de boulimie : que faire le lendemain ?” (qui est le titre de cet article), c’est typiquement ce que j’aurai pu taper à l’époque.

Bien souvent, je suis tombée sur des conseils qui, en réalité, ne m’aidaient pas tellement à atténuer la culpabilité. Et je lisais parfois des conseils qui allaient finalement empirer ma situation et déclencher une nouvelle crise quelques jours plus tard, si ce n’est pas le lendemain. 

Ayant connu de nombreux épisodes de compulsions alimentaires, et étant aujourd’hui définitivement sortie des TCA, j’ai eu envie d’écrire cet article pour donner mes conseils pour savoir comment réagir après une crise de boulimie.

Par rapport au terme “crise de boulimie”, je pense que c’est ce qui peut venir en tête assez rapidement. Me concernant, j’appelais ça dès le début “crise de boulimie” ou “d’hyperphagie” parce qu’il s’agissait d’une courte période où j’étais comme en pilote automatique et je mangeais beaucoup, rapidement, de la nourriture sucrée et souvent grasse. Mais avec le temps, j’ai compris que mes compulsions alimentaires étaient due à ma faim extrême, dû à la restriction que je m’imposais avec l’anorexie. Je ne peux pas vous dire exactement de quel type de compulsion il s’agit parce que je ne vous connais pas. Et c’est pourquoi le premier conseil que je vous dirai en amont, c’est d’avoir un avis médical par un professionnel SPÉCIALISÉ dans les TCA. C’est vraiment important qu’il connaisse bien, même extrêmement bien, les troubles alimentaires. Parce que le nombre de personnes que je connais qui ont en fait eu un mauvais diagnostic… Or, c’est très important de pouvoir identifier le type de compulsions alimentaires, car ça donnera beaucoup d’indications sur les causes. Si vous voulez en savoir plus sur la faim extrême, j’ai fait plusieurs contenus à ce sujet ici : 

Pareil, j’ai mis “lendemain de crise”, parce que souvent, moi, elles se produisaient le soir. Mais si ça s’est passé dans la journée, alors peut-être que tu te demandes juste “quoi faire après une crise”. Tu es sur le bon article 🙂 

Sinon, on va démarrer ! Peu importe le type de compulsion, ces conseils s’appliquent dans n’importe quel cas si tu as fait une crise, compulsion alimentaire (de boulimie, d’hyperphagie, de faim extrême…) : 

Sois bienveillant·e avec toi

Je sais que là, tu te trouves comme une mer*e, que tu te détestes, que tu as peut-être même envie de te faire du mal. Je sais que tu penses n’avoir aucune volonté, peut-être ton corps te dégoute. Et peut-être que tu te parles super mal. Mais stooooooop. Doucement, ne sois pas si dure avec toi-même.

Si tu as eu cette compulsion, c’est que ton corps et/ou ton mental sont en souffrance. Ne continue pas de l’assaillir d’insulte et de mauvaises intentions. La vérité, c’est que tu n’as rien fait de mal. Tu n’as commis aucun crime, aucun acte préjudiciable. 

Vraiment, accorde-toi bienveillance, de l’auto-compassion. Et ça, je t’assure que c’est très important. Ce n’est vraiment pas simple, je le sais. Mais te détester n’arrangera rien, au contraire. Essaie de penser à une personne qui compte beaucoup pour toi, que tu aimes beaucoup. Si cette personne venait te dire qu’elle avait fait une compulsion alimentaire, est-ce que tu lui dirais toutes ces choses que tu te dis à toi-même ? Traite-toi de la même façon que tu traiterais une personne que tu aimes. Vraiment, c’est important. Je ne te parle pas de te parler avec “amour” (parce que je peux comprendre que tu n’y arrives pas, surtout à ce moment-ci). Mais tu as besoin d’acceptation, au moins. Être dans l’autocritique, le rejet de toi-même ne te permet pas d’accepter ta crise. Tu ne peux rien faire d’autre qu’accepter. Parce que ta crise, elle est arrivée. Tu ne peux pas changer le passé. Le passé est passé, c’est terminé. Ce que tu as, c’est le présent, c’est maintenant. Et avec ces conseils, on va tout essayer pour que dans ton présent, tu apaises ton corps & ton mental pour que tu te sentes mieux dans ton futur.

2. Sport ou pas sport ?

Pas sport, vraiment ! Je sais que la plupart des sites mettent de pratiquer de l’activité physique. Mais le problème, c’est que ces sites ne prennent pas en compte les croyances erronées que tu as dans ta tête. Moi, je sais que tu vois l’activité physique comme un moyen de compenser tes repas précédents et/ou de te donner le droit de manger aux prochains repas. Or, vraiment, il ne faut rompre le lien sport-nourriture. Le sport, c’est un moyen de prendre soin de toi ; ce n’est pas un instrument pour te punir ou t’autoriser à manger. Si tu recours à une activité physique après ta crise avec, dans un coin de ta tête, un soulagement parce que tu auras “rattrapé un peu” ta prise alimentaire. Alors c’est vraiment le mauvais chemin à prendre. Tu peux mentir aux gens qui t’entourent, tu peux te mentir à toi-même, mais tu ne peux pas mentir à ton cerveau. Ton cerveau, il sait que tu fais cette activité physique pour compenser. Or, la compensation est une forme de restriction, et la restriction, c’est la cause n°1 des compulsions (bien souvent). Donc pratiquer du sport pour compenser une crise précédente, c’est le meilleur moyen d’en préparer une prochaine (sans s’en rendre compte évidemment). Mais je vous assure, je sais de quoi je parle, j’ai fait cette erreur plein de fois. Je le dis avec la plus grande bienveillance parce que je sais à quel point c’est difficile. Il n’y a aucun jugement dans ce que je dis là.

Par contre, ce que tu peux faire, c’est une petite balade pour t’apaiser. Je te conseille quand même d’attendre au moins 30 minutes – 1 heure après, parce que sinon, tu vas te sentir très ballonné·e et ça peut être douloureux. Mais je te parle là d’une balade pour te faire du bien. Donc, c’est-à-dire marcher à un pas de balade, pas de course ou de marche nordique. Et l’idée, c’est te balader pendant 30 minutes, dans la nature, avec de la musique ou un podcast si tu préfères, même accompagné. L’idée est vraiment de créer un moment de relaxation. Je sais que ce n’est pas du tout du tout simple ce que je conseille là. Et c’est complètement normal si durant cette balade la crise que tu viens d’avoir (ou que tu as fait la veille) te revient plusieurs fois en tête. Mais une petite balade bienveillante ne peut que te faire du bien. 

3. Non, ne bois pas une quantité d’eau après

que-faire-apres-crise-boulimie

Alors ça aussi, je pense que c’est l’un des conseils que tu retrouveras le plus. Du coup, à chaque fois, je me forçais à boire beaucoup pour me “purifier”. Mais la réalité, c’est qu’une fois de plus, je ne prenais pas en compte les besoins de mon organisme, je me faisais même du mal. Je buvais une quantité d’eau, ce qui me faisait encore plus mal au ventre alors que j’étais déjà ballonnée. Donc ça ralentissait ma digestion et je me forçais une fois de plus à m’imposer quelque chose que mon corps ne voulait pas. Donc mon conseil, c’est bois de l’eau si t’as plus soif, mais sinon, non. Ne te force pas à boire plus que d’habitude. Du moins, ne t’impose pas des grandes quantités. La seule exception, c’est si tu as eu recours à des vomissements, des laxatifs, où là ton organisme est déshydraté, donc c’est important de bien boire. 

4. Oublie la balance

Pour certain, l’automatisme est de monter sur la balance le lendemain, pour voir “les dégats”. Aucune utilité, à part se faire du mal. Vraiment ! Parce que oui, il y a de forte chance que le chiffre soit supérieur à la dernière fois que tu es monté·e sur une balance. Mais c’est tout à fait normal. Les aliments que tu as mangés durant ta compulsion sont souvent riches en glucides. Or, les glucides ont des molécules “hydratées” avec de l’eau. Ces glucides sont donc stockés sous forme de glycogène dans vos muscles et votre foie. Lorsque le glycogène est stocké, 3 grammes d’eau sont stockés pour chaque gramme de glycogène. Donc 300 grammes de glucides = 900 grammes d’eau, donc c’est presque 1 kg en plus. Donc l’eau, ça va se résorber. Ça veut dire que c’est temporaire, c’est pas du “vrai poids”. Et deuxième raison qui explique la hausse de poids soudaine : toute cette nourriture prend plus de temps à être digérée, donc elle est présente physiquement dans ton bol intestinal. Ce qui fait que oui, ça pèse plus lourd sur la balance. Mais même chose, ça fait être digéré, c’est temporaire. Donc vraiment, se peser le lendemain n’a aucun intérêt. J’ai déjà souvent expliqué ce que je pense de la balance. Personnellement, je l’ai tout simplement supprimé de ma vie (alors je dis tout simplement, mais ça a été très dur de sauter le pas). Et personnellement, ça m’a été indispensable dans l’acceptation de mon corps, dans ma façon de le voir. Mais c’est un autre sujet 🙂 

5. Fuis les compensations

Que ce soit les vomissements, les laxatifs, le sport… vraiment, compenser est la pire idée. Je sais que là, ce n’est pas parce que je te dis ça que du coup, tu ne vas pas compenser. Je sais que la compensation c’est comme une addiction, c’est super difficile de s’en passer. J’étais personnellement addict à l’hyperactivité comme moyen de compensation. 

Mais évidemment, je me dois quand même de te le dire. Que ce soit n’importe quel moyen de compensation, les conséquences sont graves sur l’organisme. Et si jamais tu n’y as jamais recouru et que tu as envie d’y recourir, vraiment, je t’assure, ne commence pas. 

Pour ce point-là, il faudrait en parler des heures et des heures. C’est un énorme travail que de se détacher des compensations, ça demande de comprendre les causes de ton mal-être, de travailler sur toutes tes croyances erronées, de travailler sur tant d’aspect… d’où, une fois de plus, l’importance d’avoir un accompagnement.

6. Repose-toi, créé toi un moment cocooning

L’une des manières de lutter contre la compensation et toutes les ruminations après ta crise de boulimie, c’est de te créer des distractions cocooning. Clairement, c’est pas simple. Et évidemment que toutes ces pensées vont te revenir comme un boomerang dans la tête. Mais c’est quand même une action qui va t’aider, qui va indiquer et entraîner ton cerveau à focaliser son attention sur autre chose.

Si ça t’est arrivé le soir, pose-toi dans ton lit : lis un livre, regarde une série, écoute de la musique qui te fait du bien, et dors. Oui, tu as le droit de rester dans ton lit, posé, de dormir alors que tu viens d’avoir une compulsion. Non, tu ne dois pas te punir, souffrir, te faire payer cette crise. Encore une fois, ne sois pas si dure avec toi-même. Tu as besoin de compassion, de bienveillance, pas de critique et de jugement. 

Si c’est en journée, tu as plus de possibilité sur les activités à faire, tu peux sortir pour n’importe quelle activité qui pourra te changer les idées. C’est contrintuitif, tu n’as absolument pas envie de faire ça, je sais. Mais c’est pourtant ça qui t’aidera le plus, bien plus que de te critiquer. 

Et j’en profite ici aussi pour te conseiller de te mettre dans des vêtements confortables. Mets des vêtements qui ne te collent pas à la peau (pas des leggings trop serrés ou des jeans slims). Ton corps a besoin d’être cocooné, aidé dans la digestion. Tu te sens mal dans ta peau… donc autant l’envelopper dans des vêtements doux, confortables.

Mais en tout cas, repose-toi. Il est fort probable que tu te sentes d’ailleurs d’un coup très fatigué. Parce que émotionnellement, c’est beaucoup d’émotions. Et physiquement, ton système digestif doit digérer et ça lui demande beaucoup d’énergie. Mais non, tu ne deviens pas paresseux-se. Accorde-toi le droit de te reposer, ton organisme en as besoin. Est-ce que tu dirais à cette personne que tu aimes qu’elle est paresseuse parce qu’elle se repose après une crise alimentaire, qui est une épreuve très difficile ? 

 

Par contre…

7. Évite les réseaux sociaux

crise-d-hyperphagie

Parfois, pour essayer de “s’anesthésier” le cerveau et ne plus penser à rien, on est tenté de courir sur les réseaux sociaux. Pour moi, ce n’est pas la bonne idée. Il a été prouvé que les courtes vidéos, les shorts, les tiktok ont des mauvais impacts sur le cerveau (si vous ne l’avez pas vu je vous conseille cette vidéo de Simon qui explique très bien :   ). Alors, je ne vais pas mentir. Moi aussi j’en regarde. Mais avec modération. Et même si c’est tentant, dans les moments où tu vas mal, les réseaux sociaux c’est pas l’endroit qui va te remonter le moral. Tu peux ressentir une oppression face à la quantité de posts, de vidéos. Tu peux être confronté à des posts sur la nourriture, sur des photos de physique qui te font te sentir encore plus mal. Ton cerveau a besoin d’être nourri avec des ondes positives, pas enfermé dans un petit écran. Personnellement, j’ai remarqué que les fois où je me coupe totalement des réseaux sociaux (ne serait-ce qu’une journée), ça me fait beaucoup de bien au moral. Mais c’est mon point de vue, peut-être que toi, tu l’utilises pour quelque chose de spécifique qui te fait du bien 🙂

8. Ne reste pas seul·e

Je sais que t’as envie de t’isoler, parce que tu as honte, que tu ressens une culpabilité énorme. Tu as peur du regard des autres, du jugement des autres, de l’incompréhension des autres. Et je comprends, ce n’est pas facile de trouver quelqu’un qui comprenne les compulsions alimentaires. Je conseille toujours de trouver au moins une ou deux personnes à qui tu peux parler de ces problèmes-là, qui sont plus ouverts sur ces questions de santé mentale. Et du coup, en post-crise, c’est important de leur parler : au téléphone, mais aussi pourquoi pas les voir. A chaque fois, avant d’y aller, je n’avais pas du tout envie d’y aller. Et après, finalement, ça m’avait trop du bien. Parce que ça te change les idées quand même, ou ça t’apporte un nouvel œil sur la question, ou souvent, ces personnes qui sont tes amis ou même tes thérapeutes, t’apportent de la bienveillance et de la compassion. Et comme je te disais, c’est ce dont tu as besoin. 

9. Ne te lance pas dans des réflexions sur la nourriture

Je sais aussi qu’après une compulsion, les ruminations fusent par millier dans ta tête. Et c’est souvent dans ces moments-là qu’on se met à procéder à des recherches sur internet. Du genre “quels types d’aliments manger après une crise ?” → La vraie réponse : mange normalement, de tout, sans exclure certains aliments. Ça aussi, c’est l’une des causes n°1 des compulsions. Après je sais que ce n’est pas aussi simple, et je sais que si tu soufres d’un trouble alimentaire restrictif, c’est vraiment très difficile pour toi de réintégrer des aliments qui te font peur. Mais le travail se trouve donc sur ces aliments qui te font peur, pas sur les aliments que tu dois manger après une crise. Le seul aliment que je peux conseiller c’est la banane, notamment si tu as recours au vomissement. La banane est forte en potassium et lorsque tu te fais vomir, tu as une chute du potassium, ce qui peut être très dangereux pour ton cœur. 

Peut-être que tu fais plein de recherche sur le nouveau régime que tu pourrais essayer dès demain pour compenser. Mais même chose, c’est retourner dans la restriction et tant que tu es bloquée dans ce cercle vicieux de restriction-compulsion, tu ne régleras rien. 

Et enfin, peut-être que tu tentes de calculer toutes les calories que tu as potentiellement ingérées durant ta prise alimentaire. (Je fais mes suppositions sur les comportements que j’avais). Même chose, ça ne sert à rien. Ta compulsion est terminée, passée. Tu veux calculer pour savoir le nombre de calories à compenser ? Mais c’est vraiment le mauvais chemin. Ce chemin-là, c’est celui qui t’amène à une autre compulsion pour sûr. Je te jure, je le sais parce que j’ai emprunté ce chemin-là et centaine de fois, et ça s’est toujours terminé par une autre compulsion (le lendemain ou dans les jours à venir).

Encore une fois, je dis tout ça avec énormément de bienveillance parce que je sais que dans les faits, tu as la sensation que faire tout ça te rassure et que tu n’as aucun autre choix que de compenser. Mais je me dois de te dire que c’est le chemin opposé à celui que tu dois prendre. Ce n’est pas du tout simple et tu ne parviendras pas à t’en libérer en une fois, mais tu vas y arriver. 

10. Et tes repas d’après ?

Sûrement que ta voix critique intérieur te dit de sauter le repas suivant, ou de te restreindre sur le ou les repas suivants. Mais une fois de plus, cela ne fera qu’indiquer à ton cerveau qu’il est dans la restriction, et donc que la prochaine fois qu’il sera face à de la nourriture qu’il lui fait envie, il en fera le stock en te faisant compulser avant la prochaine restriction. La restriction, je vois ça comme la pression qui augmente dans une cocotte minute. Et au bout d’un moment, elle finit par exploser sous la pression, ce qui donne naissance à la compulsion.

Donc vraiment, continue de t’alimenter, ne supprime pas tes collations si tu en prenais déjà, voire, ajoute des collations, car c’est peut-être aussi parce que tu as faim ou que tu t’interdis des plaisirs que tu finis par compulser.

restriction-anorexia

11. Fais des exercices de relaxation

Pratique des exercices de relaxation, pour gérer toutes les idées que tu as dans ta tête, toute l’anxiété générée par ta crise. Dans mon livre sur l’anxiété liée aux troubles alimentaires, je te propose 26 exercices pour gérer ton anxiété, basé sur 42 techniques différentes. Donc tu peux choisir la technique qui te correspond le mieux, qui est le plus efficace pour toi.

Le but est de calmer toutes les questions, les doutes que tu as dans ta tête. Et l’idéal est aussi de revenir sur l’instant présent, en recourant à un exercice de pleine conscience. Ça peut paraitre barbant dit comme ça. Mais vraiment, ça peut aider. Si tu veux, déjà, dans mon kit de guérison que tu reçois en t’inscrivant à la newsletter, je partage des techniques de détente. 

12. Recourir au journaling

apres-crise-boulimie

Comment j’ai pu oublier d’en parler en premier ? haha

Le journaling, c’est tout simplement le fait d’écrire ton ressenti. Parfois, juste après, tu n’as juste pas envie d’écrire et t’es tellement enseveli sous toutes ces émotions négatives, qu’en effet, ce n’est pas forcément le meilleur moment pour écrire, tu n’as pas la prise de recul nécessaire.

Mais le lendemain ou quelques heures après, tu peux écrire sur un journal ou juste une feuille de papier.

Le but, c’est d’écrire ce qu’il s’est passé mais sous un angle d’analyse. Je m’explique : en gros tu essaies de comprendre les déclencheurs : 

  • Est-ce que tu t’es restreint en amont ?
  • Est-ce que depuis plusieurs jours, semaine, mois… tu te restreins, tu t’interdis des choses… et même restriction mentale ! C’est-à-dire, peut-être que tu manges mais que dans ta tête tu te dis “c’est pas bien”, “il ne faut pas que je mange ça”, “ces aliments sont mauvais”, etc. 
  • Est-ce que dans ta journée ou récemment, tu as eu une contrariété ?

Ensuite, c’est d’expliquer comment ça s’est passé, quelles pensées et croyances erronées tu as eu (envers toi ou envers la nourriture, ou quoi que ce soit d’autres). 

Le but d’écrire, c’est d’identifier tout le côté émotionnel et essayer de comprendre les mécanismes qui se sont passés dans ta tête avant et au moment de la compulsion. C’est vraiment important pour pouvoir avancer dans ton chemin de guérison et te sortir du cercle vicieux des compulsions.

Ce n’est pas un travail simple à aborder, donc tu peux aussi t’accompagner d’un médecin spécialisé.

Et d’ailleurs, pour le côté émotionnel, ne bloque pas ce que tu ressens, ne minimise pas non plus. C’est normal que tu pleures, que tu aies peur, que tu sois affolé, que tu te sentes très mal. Je me souviens que moi après une compulsion alimentaire, j’étais dans tous mes états. Et les autres ne comprenaient pas autour de moi. Mais moi je te comprends. Et je sais à quel point c’est dur à accepter psychologiquement et même physiquement. Donc c’est normal que tu sois mal parce que tu es dans une grande souffrance et c’est une grande épreuve que tu traverses là, donc c’est normal. T’es légitime à ressentir tout ça.

13. Entamer une thérapie, un travail profond, sur le long terme

Ta crise s’est passée à l’instant T, sur une courte durée finalement (quelques minutes, quelques heures tout au plus). Et peut-être que dès que tu te sentiras mieux, tu préféreras ne plus y penser et basta. Mais si ça se répète plusieurs fois, rien que 2 fois c’est plusieurs fois, je te conseille vraiment de faire un travail profond.

 

La cause des crises de boulimie est différente selon chaque personne. Je donne quelques causes possibles : 

  • La restriction (le fait de se restreindre, même si toi, tu penses manger assez)
  • Les règles alimentaires (le manque de flexibilité dans l’alimentation, le fait de catégoriser les aliments comme “bon” ou “mauvais”, s’imposer de manger à telle heure, s’interdire des catégories d’aliments, tu planifies tous tes prises alimentaires, tu refuses des sorties sociales pour éviter des repas à l’extérieur, etc.)
  • La rigidité, le contrôle et le perfectionnisme imposé dans d’autres aspects de ta vie (et donc potentiellement, le fait de n’avoir aucune source de plaisir, autre qu’alimentaire)
  • Le fait de recourir à des activités de sport intense sans adapter sa ration alimentaire (l’organisme en manque d’énergie finit par compulser)
  • Le fait de traverser une période compliquée, d’être bloqué dans une relation toxique, d’être harcelé au travail, etc. (la nourriture devient alors une échappatoire)
  • Le fait d’avoir un traumatisme non résolu (la nourriture devient alors une façon de te dissocier, de te faire du mal)

Tu vois, il existe vraiment plein de raisons possibles, et je précise que ces raisons peuvent être cachées dans ton inconscient. 

Donc c’est vraiment important de faire un gros travail sur soi, ça prend du temps mais c’est nécessaire.

Et c’est aussi important de faire un gros travail d’acceptation corporel, de remise en question des standard de beauté. Et un gros travail sur les croyances erronées concernant la nutrition. Alors, ça peut paraitre barbant aussi comme travail à faire mais je vous jure que c’est essentiel. Personnellement, c’est depuis que j’ai fait ce travail (qui se fait en continu, sur plusieurs années honnêtement, petit à petit), que je n’ai plus jamais eu de compulsion. Pourquoi car depuis je ne suis plus aussi dur sur mon physique envers moi-même et je ne me restreins plus jamais, même mentalement. Vraiment ça prend du temps, rien de magique. Mais c’est un travail essentiel.

Dans le programme Butterflybody, le module 2 fait 3h30 et dedans il y a 26 exercices (c’est le module où y’a le plus d’exercice) où le but c’est justement de vous aider à identifier les racines profondes de ta relation conflictuelle avec ton image corporelle, apprendre à te détacher de ton influence familiale, des croyances erronées de la culture du régime, et beaucoup d’exercices pour travailler sur l’acceptation corporelle. Et dans le module 3, on travaille tout ce qui est alimentaire, les croyances erronées sur la nutrition, affronter ses peurs alimentaires, et se détacher de la compensation. C’est un travail qui nécessite vraiment du concret, donc c’est pour ça que je vous recommande de passer aussi par des thérapies concrètes comme la TCC (thérapie cognitivo-comportementale). Si vous voulez en savoir plus sur le programme, je mets le lien en description. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

14. Ne pas oublier que tu n’es pas seul

Vraiment, tu n’es pas seul. Des milliers de personnes connaissent des compulsions alimentaires dans leur vie, et beaucoup s’en sont sorti. On le voit d’ailleurs sur les réseaux sociaux, il y en a de plus en plus qui témoignent de leur passé avec les compulsions. Moi-même j’en ai eu, et je te le dis ,c’est possible de ne plus en connaître dans sa vie. Et oui, franchement, ça change la vie de ne plus en avoir. Ce n’est pas magique, c’est un long travail, douloureux, et pas du tout linéaire (j’ai eu des périodes où c’était revenu, notamment parce que je n’avais pas fini d’avancer sur certaines problématiques, comme l’acceptation corporelle par exemple). Mais vraiment, c’est possible d’en sortir, donc ne perd pas espoir.

15. Ne vois pas les compulsions comme quelque chose de négatif

Je sais que là, maintenant, c’est peut-être impossible pour toi de te dire que c’est positif. Moi au moment-même, je trouvais que les compulsions étaient la pire chose qui me soit arrivée dans mon histoire avec les troubles du comportement alimentaire. Mais en fait, les compulsions, c’est un signe de ton corps qui s’exprime, qui t’alerte que quelque chose ne va pas. 

Et il m’a fallu énormément de temps, beaucoup de recul, et d’en être presque sorti pour dire que les compulsions alimentaires que j’ai connu m’ont aidé dans ma vie. Cela m’a permis de travailler sur des choses dont je n’aurais travaillé si je les avais pas eu. Et sans ce travail, je ne serais pas aussi sereine avec mon corps et la nourriture aujourd’hui. Attention, ça ne veut pas dire que j’aime mon corps. J’ai toujours du mal avec certaines parties, mais plus jamais ça n’impacte ma façon de m’alimenter parce que je m’accepte physiquement (nuance avec le fait de l’aimer).

Et aujourd’hui, je dis même que les compulsions étaient des pulsions de vie de mon corps qui m’ont permis de sortir de l’anorexie.

Oui, je sais, c’est difficile de voir ça positivement, surtout que peut-être que tu prends du poids via tes compulsions. J’en ai pris du poids et c’était horriblement difficile à accepter. J’avais même des compulsions alors que j’avais repris tout mon poids, et que je n’étais clairement pas en sous-poids. Donc je sais, vraiment, à quel point c’est difficile.

D’ailleurs, je parle énormément de tout ça dans mon programme sur la faim extrême. Programme qui concerne les personnes qui sont dans un trouble alimentaire restrictif, je le précise. Mais si vous vous posez des questions sur ce programme que j’ai d’ailleurs appelé pulsion de vie, n’hésitez pas à m’envoyer un DM sur Insta ou un mail. 

Je termine en te disant : ne te dis pas qu’à cause de cette compulsion tu as foutu en l’air ta journée, ta semaine, ton weekend. Je sais que tous les conseils que je t’ai donnés là ne sont pas simples à appliquer dans l’immédiat. Et d’ailleurs, la plupart du temps, j’appliquais l’inverse de ces conseils-là. Mais c’est justement parce que je les ai faits et que je sais que ça ne mène à rien que je vous dis tout ça ici. 

Ne te dis pas non plus “demain, je me reprends en main” ou “c’était la dernière crise”. Parce que ça aussi, le cerveau comprend cela comme de la restriction. D’ailleurs, un jour, ça faisait des mois que je connaissais des compulsions, je n’avais pas une semaine sans compulsion (et souvent, c’était 2-3 dans la semaine). Et là, je me suis dit “bah ok, je lâche prise, si mon corps veut faire des compulsions, qu’il les fasse. Dans tous les cas, soit j’essaie de contrôler mon alimentation et ça fini toujours pas une compulsion. Soit, je laisse faire la compulsion… Dans les deux cas, ça finit par une compulsion”. Alors, j’avais fait déjà un gros travail dans ma tête en amont, mais à ce moment-là j’ai eu quand même un gros changement. J’ai commencé à avoir beaucoup moins de compulsions car mon cerveau savait que je n’étais plus dans l’optique de le restreindre, et j’étais ok d’avoir des compulsions. Dans la pratique, c’était quand même très difficile ! Mais le fait d’accepter mes compulsions et d’être même prête à me dire que j’en connaîtrais finalement d’autres ne m’a pas conduit à en avoir à répétition par la suite, mais m’a plutôt conduit à en avoir de moins en moins. 

Je te souhaite en tout cas plein de force, d’énergie positive pour cette épreuve que sont les compulsions. Je sais que c’est très difficile, j’ai eu des périodes où j’en pleurais tous les jours et je dirais même que c‘était la pire période de tous mes troubles du comportement alimentaire.. 

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

Inscris-toi à ma newsletter pour des conseils exclusifs (PS :  J’ai des cadeaux pour toi 🤗)

Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Conseils, 5 commentaires
Boulimie sans vomir : c’est quand même de la boulimie ?

Boulimie sans vomir : c’est quand même de la boulimie ?

Boulimie sans vomir : c’est quand même de la boulimie ?

Je fais cet article en réponse à une question que l’on m’a déjà posé plusieurs fois. La boulimie sans vomir, est-ce que c’est possible ? Je pense qu’il y a tellement d’idées reçues sur les troubles alimentaires que même lorsqu’on souffre soi-même de TCA, on en est victime. Je dois dire que moi-même, lorsque j’étais malade, la boulimie sans vomissement ne me semblait pas possible. Je pense d’ailleurs que si cette question se pose, c’est parce que les termes “boulimie vomitive” sont très souvent associés.

Je vais donc répondre à cette question dans cet article ! Toutefois, je fais cet article pour donner des pistes de réponse. Mais vraiment, c’est important d’avoir l’avis d’un professionnel qui est spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire. 

Boulimie avec vomissement v/s boulimie sans vomissement

Il existe deux types de boulimie : la boulimie avec purge et la boulimie sans.

Les symptômes communs :

Les deux présentent de nombreux symptômes en commun. 

Les personnes boulimiques, qu’elles recourent ou non aux vomissements, présentent souvent plusieurs des symptômes suivants : 

  • Problème d’image corporelle (dysmorphophobie, se sent mal dans sa peau, ressent peut-être même un dégoût envers lui)
  • Obsession pour la perte de poids et le contrôle du corps
  • Relation à la nourriture compliquée (vision dichotomique des aliments : soit ils sont “bons” ou “mauvais”, beaucoup de règles alimentaires, alimentation désordonée…)
  • Anxiété, perfectionnisme
  • Faible estime de soi voire haine envers soi-même

La crise de boulimie est également la même, peu importe s’il s’agit d’une boulimie vomitive ou non.

La crise présente donc souvent les caractéristiques suivantes : 

  • Manger une grande quantité de nourriture, sur un laps de temps court, et ce même si la personne n’a plus faim (ou du moins n’a plus la sensation d’avoir faim, que son ventre est ballonné) 
  • Sentiment d’une perte de contrôle sur la nourriture consommée et sa quantité
  • La personne a parfois la sensation de ne pas être vraiment consciente de ce qu’elle fait durant la crise
  • Elle peut se diriger vers des aliments encore même surgelés 
  • La crise se fait seule, à l’abri des regards, par honte de son comportement 
  • S’ensuit une grande culpabilité qui génèrera alors des comportements compensatoires

Les différences

La différence notable se fait sur les compensations qui sont faites, le type et la façon. 

Dans le cadre de la boulimie avec purge, le patient va recourir aux vomissements et/ou prise de laxatifs. Une fois que la crise de boulimie est terminée, les personnes boulimiques ressentent un besoin compulsif urgent de recourir à ces pratiques. Sensuivra un sentiment de soulagement une fois qu’elle aura répondu à ces pulsions. 

Dans ce cas-ci, tout comme les crises en elles-mêmes, les comportements de compensation se font en privé, à l’abri des regards et potentiels jugements.

Dans le cadre d’une boulimie sans recours à la purge, il y a tout de même des comportements compensatoires, mais qui prennent une forme différente. Il s’agit d’ailleurs de compensation que l’on retrouve également dans l’anorexie mentale. 

La personne boulimique peut recourir à l’hyperactivité, la restriction sur les repas suivants la crise, voire le jeûne total sur un ou plusieurs repas. Elle peut également recourir à la prise de pilule amaigrissante ou des diurétiques stimulants. La différence dans ces moyens de compensations, c’est que même si le patient ressent également un besoin compulsif de le faire, il y a moins cette notion d’urgence. La compensation se fera souvent dans la journée, mais pas forcément dans l’heure, contrairement aux vomissements ou laxatifs. De même, ces comportements de compensation peuvent se faire en public : la compensation physique ou la restriction ne sont pas forcément visibles. 

Donc non, les vomissements ne sont pas systématiques dans la boulimie ; et on peut souffrir de boulimie sans se faire vomir. Ce n’est pas un critère nécessaire pour un diagnostic. 

Boulimie sans purge v/s l’hyperphagie

Du coup, on peut se poser la question de la différence entre l’hyperphagie et la boulimie sans purge. Et en effet, les frontières sont très minces. D’ailleurs, globalement, entre les différents types de troubles du comportement alimentaire, beaucoup de symptômes se retrouvent en commun et quelques petits points les distinguent. D’ailleurs, les termes “hyperphagie boulimie”, “boulimie hyperphagie” ou “hyperphagie boulimique” sont couramment employés ensemble. C’est dire à quels points les deux pathologies sont proches.

Les symptômes communs :

L’hyperphagie présente les mêmes signes que la boulimie non vomitive, à quelques distinctions près, que je développerais après.

Les conséquences sur la santé sont les mêmes : 

  • Les conséquences psychologiques : l’anxiété, la faible estime de soi, le sentiment de honte, de dégout de soi, l’isolement social
  • Les conséquences sur l’organisme : brûlure d’estomac, indigestion, fatigue, déshydratation, dommages à l’œsophage…

Les différences :

Les symptômes communs sont ceux que j’ai listés au-dessus. Mais il faut enlever les points suivants : 

  • Problème d’image corporelle : il aurait été remarqué que les patients souffrant d’hyperphagie présente moins de problème d’image corporelle qu’une personne boulimique. Certes, une personne hyperphage ne se sent pas particulièrement bien non plus dans sa peau. Mais l’obsession autour du poids et du contrôle du corps semble moins intense.
  • Le déclencheur de la crise d’hyperphagie : Même si dans les deux cas, le manque de nourriture, la restriction (qu’elle soit concrète ou simplement mentale, comme le fait de catégoriser un aliment comme mauvais et se l’autoriser qu’en petite quantité ou une fois de temps en temps) amène à la naissance des épisodes de crise.

Mais il aurait été noté que chez les patients hyperphagiques, le déclencheur est d’autant plus émotionnel. La crise viendrait en moyen de combler un vide émotionnel intérieur, ou pour réguler des émotions qui ne sont pas gérées. 

Là-dessus, je trouve que ça reste flou, car ayant souffert de faim extrême, même si elle était là en conséquence de la restriction, j’avais la sensation que parfois, c’était également émotionnel.

Peut-on souffrir de boulimie ET d’anorexie ?

Même chose, les termes “anorexie boulimie” sont très souvent liés. Et l’on entend souvent “il n’y a qu’un pas entre les deux”, phrase qui personnellement me terrifiait lorsque je souffrais d’anorexie. J’avais très peur de “tomber dans l’autre extrême”.

Il faut savoir que l’on parle de boulimie lorsque les crises que j’ai décrites dans la section 1 se répète souvent, et qu’elles sont présentes depuis plus de trois mois. Donc, une compulsion de temps à autre ne serait pas de la boulimie.

Je précise également qu’il est courant d’avoir la sensation de faire une crise alors qu’en réalité, ton corps te demande simplement plus que ce que tu avais prévu. Parce que ce que tu avais prévu (ou ce que ton tca t’a autorisé) est bien en deçà de ce que ton corps a besoin. Si ton corps est restreint, c’est normal qu’il te réclame plus. Car il a des besoins vitaux pour vivre. Tu es comme carencé⸱e en énergie, et ton corps doit avoir suffisamment d’énergie pour contrebalancer la carence. Le trouble alimentaire trouve le moindre petit aliment mangé en plus par rapport à ce qu’il t’avait autorisé pour te faire culpabiliser et t’inciter à te restreindre. Donc parfois, tu n’as pas compulsé, tu as juste répondu aux besoins de ton organisme.

Pour autant, les épisodes de crise existent dans le cadre de l’anorexie, et c’est pour cela que l’on parle souvent d’”anorexie à tendance boulimique” ou “d’anorexie boulimie”. 

De mon expérience, je pense que la faim extrême est très courante dans la guérison de l’anorexie, mais que c’est un terme employé dans le monde médical et qu’à la place, on parle vite de boulimie.

Et donc la faim extrême dans tout ça ?

J’avais donc quand même envie de parler de la faim extrême dans cet article ! Que l’on te parle de “faim extrême” ou de “boulimie” dans le cadre de l’anorexie, ça importe peu. C’est juste un terme, en réalité.

Je sais que le terme “boulimie” a tendance à faire peur lorsqu’on souffre d’un trouble restrictif comme l’anorexie. Parce qu’on a la sensation de tomber dans l’autre extrême. Je me souviens que lorsque j’étais malade, je répétais “je préfère contrôler et souffrir d’anorexie, que perdre le contrôle et souffrir de boulimie”. Mais je t’assure que dans aucun des cas tu contrôles la situation. Si tu contrôlais, tu saurais arrêter ta maladie du jour au lendemain. Or, tu ne le peux pas. Cette sensation de contrôle c’est un leurre de la maladie justement.

La boulimie est souvent diabolisée, mais pour autant, ça reste un trouble alimentaire qui se soigne, pour lesquels il existe un traitement possible, au même titre que l’anorexie.

J’ai connu de nombreux épisodes de compulsions alimentaires dans mes 6 années de TCA. Et sur certains papiers des médecins, c’était noté “anorexie à tendance boulimique”. Pour autant, je ne me suis jamais considérée comme une “boulimique à part entière”. Je veux dire que pour moi, je ne souffrais pas de boulimie. Ces crises de boulimie étaient le résultat de mon anorexie, et j’aurai appris plus tard dans ma guérison que ça avait un nom ; la faim extrême. 

En faim extrême, tu vas surtout te diriger vers des aliments que tu t’interdis, donc pour ma part, c’était beaucoup de sucre. Dans le cadre de la boulimie, tu peux manger “ce qui te passe par la main, voire même du surgelé”. Le surgelé est moins fréquent dans le cadre de la faim extrême. 

En faim extrême, tu vas souvent faire des compulsions seules, par honte du regard de l’autre. Mais ça peut aussi arriver que tu le fasses en présence d’autres personnes, en compulsant par exemple sur des desserts lors d’un repas en famille. La boulimie, il y a plus cette notion de solitude.

Il y a énormément de choses à dire sur la faim extrême, et j’ai déjà fait beaucoup d’articles dessus si tu veux : Ici, je te parle de mon histoire avec la faim extrême. Sur mon instagram @norain.noflower, dans les guides (3ᵉ onglet du profil), tu as toutes les publications sur ce sujet. Et j’ai même un programme complet sur le sujet, qui s’appelle Pulsion de vie.

Ils peuvent être dus à plusieurs facteurs. Par exemple, le fait d’avoir faim peut réveiller en plein milieu de la nuit. Ensuite, souvent, des problèmes d’endormissements ou une qualité de sommeil médiocre sont dus à toute l’anxiété. Parfois, le corps se réveille parce qu’il est en mode “survie”, et il est plongé dans un état de stress, donc il maintient éveillé pour ne pas “mourir”. 

Ce que je pense de tout ça

Les termes “anorexie boulimie” “boulimie hyperphagique” “faim extrême” “boulimie vomitive”… Sont surtout des termes justement. Et tu vois qu’entre tous, les limites restent flou. Encore une fois, je ne suis pas médecin, et donc je n’ai pas la vérité absolue. Vraiment pas ! Chacun expérimente le trouble alimentaire à sa façon et c’est pour ça que c’est super important de demander de l’aide, pour avoir comme un diagnostic sur-mesure, un suivi personnalisé pour répondre à TES problématiques et spécificités de ton TCA.

Tu n’as pas besoin d’avoir un mot précis pour caractériser ton trouble alimentaire, tu n’a pas besoin de rentrer dans une case pour pouvoir demander de l’aide. 

Je serais curieuse de savoir si cet article t’a aidé ? Et selon TON expérience, qu’est-ce que tu rajouterais toi ? 🙂

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

Inscris-toi à ma newsletter pour des conseils exclusifs (PS :  J’ai des cadeaux pour toi 🤗)

Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 0 commentaire
anorexie : les causes possibles

anorexie : les causes possibles

anorexie : les causes possibles

3.1 Obésité infantile

Aujourd’hui, je vais vous parler des causes des troubles alimentaires, voire des causes de l’anorexie, car une fois de plus, c’est ce dont j’ai souffert. Et c’est aussi le TCA sur lequel on retrouve le plus de littérature médicale. À noter quand même que dans la plupart des revues, que j’ai lues pour me documenter pour compléter mes connaissances, elles signalaient que les causes étaient les mêmes pour les autres troubles alimentaires comme la boulimie ou l’hyperphagie. Dans tous les cas, il s’agit de causes possibles, c’est surtout fait sur des hypothèses, car les troubles alimentaires sont des maladies complexes dont on ne parvient pas à trouver les explications exactes. D’ailleurs, il existe différentes causes de l’anorexie, la boulimie… C’est souvent multifactoriel, et vous pourrez voir que certains éléments sont liés entre eux. Donc c’est presque certain que vous allez vous retrouver dans plusieurs points que je vais présenter. Au-delà du terme « cause », je pense qu’on peut presque surtout parler de facteur de risque. Dans le sens où ce n’est pas parce que quelqu’un a eu les éléments que je vais citer dans sa vie qu’elle va forcément souffrir de cette maladie mentale. 

Et enfin, avant de rentrer dans le cœur du sujet, je voulais aussi dire que les causes des troubles alimentaires dépendent de chacun. C’est pour ça que je dis aussi qu’il y a autant de types de trouble alimentaire que de patients qui en souffrent parce que chacun à son histoire unique. Donc même si l’on a des similitudes, vous n’aurez jamais exactement les mêmes causes qu’une autre personne. 

Il existe donc énormément de causes possibles à l’anorexie, la boulimie… ! Et je ne vais certainement pas pouvoir tout citer, donc c’est vraiment non exhaustif. Justement, pour essayer de structurer un peu, je vais vous parler de causes / facteurs internes et externes. Les facteurs internes, ce sont les facteurs « en vous », donc liés à votre corps, votre organisme, votre fonctionnement, votre cerveau. Mais attention, ça ne veut pas dire que c’est votre faute, que vous êtes responsables de ces causes. Ensuite, on aura les facteurs externes qui proviennent de votre environnement. Mais on verra que ces facteurs-là peuvent engendrer des facteurs internes, en modifiant vos traits de caractère par exemple, etc.

Les causes internes des troubles alimentaires

#1 - LA GÉNÉTIQUE

La première cause possible, c’est une question qu’on a pu souvent me poser : est-ce que les troubles alimentaires sont génétiques ? Donc la première source possible, c’est la génétique. 

Il y a de nombreuses études qui se sont penchées sur le lien entre la génétique et le développement de TCA. Beaucoup démontrent en effet une corrélation significative entre les deux. On ne sait pas quels sont les gènes exacts qui sont impliqués dans le développement de l’anorexie ou de la boulimie. Mais apparemment, s’il y a des antécédents de troubles alimentaires dans la famille, ça augmente fortement la probabilité d’en développer un. Certaines études indiquent que 30% des personnes souffrant de TCA ont une influence génétique, d’autres études tablent autour de 80%. Donc c’est assez vaste, mais ça semblerait en tout cas être un gros élément à prendre en compte. Ce pourcentage augmenterait s’il s’agit d’un parent proche ou d’un frère, d’une sœur. Et en quoi ça représente une cause possible aussi ? Parce que les enfants font du mimétisme et donc en voyant par exemple un parent avoir des comportements de trouble alimentaire, il va reproduire.

Mais il n’y a pas que des antécédents de troubles des conduites alimentaires qui comptent. D’autres études ont montré que des antécédents familiaux de toxicomanie, de dépression peuvent également augmenter le risque de développer cette maladie mentale.

Ce facteur fait parfois beaucoup parler, parce que certaines personnes associent automatiquement la génétique au lien à la mère en culpabilisant du coup la mère, c’est-à-dire en la prenant pour cause. Parce que la mère est la première personne qui nourrit le bébé, qui a la possibilité d’allaiter. Mais ça, c’est dur, je trouve, car la mère est souvent culpabilisée pour quoi que ce soit en lien avec son enfant. Or ce n’est pas vrai. Ce n’est pas la mère qui provoque l’anorexie de sa progéniture. Certes, si la maman souffre elle-même d’un TCA, cela augmente sans doute les risques que sa fille ou son fils le développe. Mais c’est un facteur de danger et pas un lien de cause à effet systématique. Et puis, il n’y a pas que la mère qui peut influencer : le père aussi, les grands-parents, etc. Il y a des enfants qui ont des parents avec des TCA et qui n’en développent pas, et d’autres qui n’ont aucun membre de la famille qui en a, mais qui finalement en développe tout de même. 

Donc voilà, je le précise, car je trouve ça difficile quand les parents, et notamment la mère est accusée à tort. Après, encore une fois, ça dépend de l’histoire de chacun, s’il y a des traumatismes en lien, etc.

#2 - FACTEURS PSYCHOLOGIQUES

Ensuite, d’autres problèmes de santé mentale peuvent créer un terrain favorable au développement de la maladie. Par exemple, un patient souffrant d’anxiété, de dépression, de TOC (troubles obsessionnels compulsifs) présente une probabilité plus accrue d’en développer. 

Je fais notamment un focus sur l’anxiété, beaucoup de personnes souffrant d’anxiété depuis longtemps (souvent de l’enfance) comme avec un TAG (Trouble Anxieux Généralisé), de la phobie sociale, etc., souffrent d’un TCA à un moment de leur existence. J’ai lu une étude qui indiquait que 2/3 des patients anorexiques peinaient déjà avant d’anxiété. Et personnellement, c’était mon cas.

#3 - PROBLÈMES DE SANTÉ LIÉS (PLUS OU MOINS) À L’ALIMENTATION

3.1 Obésité infantile

Les enfants, adolescents ayant des antécédents d’obésité infantile sont plus à risque de développer de la boulimie ou de l’hyperphagie. Ce sont des enfants qui ont peut-être reçu des remarques de façon récurrente sur leur poids (ou même, il suffit d’une fois…) ou qui ont connu de la discrimination sur leur physique. Peut-être qu’on leur a mis une pression sur leur poids dès le plus jeune âge (et ça même par des médecins), peut-être qu’ils ont été restreints… Bref, tous des facteurs qui instaurent un climat favorable aux TCA.

3.2 Diabète de type 1

Une étude a démontré que 25% des femmes ayant un diagnostic de diabète de type 1 développent un trouble du comportement alimentaire. Et il existe d’ailleurs un nom pour ça, la diaboulimie. C’est lorsqu’un patient atteint de diabète type 1 se restreint et diminue sa prise d’insuline pour perdre du poids, ce qui amène des complications pour leur maladie initiale. Pourquoi ces personnes développent davantage un TCA ? Entre autres parce que le diabète leur demande d’avoir une hygiène de vie stricte, un contrôle sur leur nourriture et une activité sportive rigoureuse. Ça fait malheureusement partie de leur traitement de base, or dans les TCA, il faut se détacher de ça pour la guérison, donc ça ne doit vraiment pas être simple à gérer pour eux.

#4 - Les hormones

Il y a aurait un lien entre les hormones et les troubles des conduites alimentaires. Notamment lors de la puberté, où il y a des changements hormonaux. Et ça crée des changements physiques qui peuvent engendrer de l’insatisfaction corporelle.

#5 - La sérotonine

J’ai trouvé une seule étude parlant de ce motif. Une dérégulation de la sérotonine pourrait causer l’apparition d’un trouble du comportement alimentaire. Je n’ai pas plus d’éléments à ce sujet, et n’étant pas médecin, je ne préfère pas dire de bêtises.

#6 - Les traits de caractères

On retrouve beaucoup d’études qui parlent de traits de caractère communs chez les personnes souffrant de trouble alimentaire. Pour moi, là, on doit vraiment davantage parler de facteurs de risque que de causes. Parce que toutes les personnes ayant ces traits de caractère ne tombent pas systématiquement malades. Dans ces traits de caractère, on retrouve notamment : 

  • Difficulté à exprimer ses émotions
  • Faible estime de soi
  • Doutes sur l’avenir, peur des responsabilités
  • Sensibilité aux événements stressants
  • Tendance à faire passer les besoins des autres avant soi
  • Perfectionnisme axé sur soi, en se fixant des attentes irréalistes, en s’imposant une organisation excessive…

Peut-être que vous vous êtes reconnus là ? Le trouble alimentaire vient en apaisement de ces maux-là, de ces souffrances. Évidemment, c’est de façon inconsciente. 

causes-trouble-alimentaire

Personnellement, je pense que ces traits de caractère sont pour beaucoup la conséquence d’éléments externes. Par exemple, des traumatismes, des règles familiales tacites, des événements anxieux… peuvent amener un individu à avoir une faible estime de soi, à ne pas exprimer ses émotions, à s’oublier, etc. Il peut s’agir également de traits de caractère transmis par l’environnement familial. Je vais parler de tout ça par la suite. Je reviendrai aussi sur la notion du perfectionnisme en deuxième partie quand je vais parler des possibles sources externes. 

#7 - Crise identitaire

Avant de passer aux possibles sources externes, je voulais également parler des crises identitaires qui peuvent être une explication possible. J’entends par crises identitaires lorsque quelqu’un ne parvient pas à savoir qui il est : parce qu’on lui a collé trop d’étiquette, parce qu’il a été obligé inconsciemment de vivre à travers une autre personne, parce qu’il s’est oublié, qu’il ne sait plus qui il est en fait. 

Le trouble alimentaire va aider à avoir une identité, donc qui n’est toujours pas SON identité, mais la personne a trouvé cette solution-là. Évidemment, il s’agit d’un processus inconscient. C’est quelque chose dont j’ai parlé dans l’article sur les bénéfices secondaires

Et sur ce sujet de la crise identitaire, il a été démontré que beaucoup de jumelles et jumeaux, notamment les « vrais », donc ceux qui ont un physique très similaire, développent plus de TCA. Pour quelles raisons ? Parce que beaucoup de jumeaux sont souvent comparés l’un à l’autre, ou alors, ils sont considérés comme une seule et même unité (quand on les appelle « les jumeaux », « les jumelles »). Les jumeaux identiques ont aussi ce problème de se voir en permanence comme si l’on se contemplait toute la journée dans un miroir. Donc ils voient les défauts sur l’autre, mais quelque part sur eux-mêmes. Il y a aussi une compétitivité qui peut naître entre eux, ce qui est un facteur de risque qu’on retrouve dans l’anorexie. Donc c’est fréquent, du moins, il y a plus de probabilité chez les jumeaux que l’un d’eux développe un TCA, souvent de l’anorexie mentale. C’est une façon de se démarquer, de se distinguer de l’autre. Encore une fois, c’est de façon inconsciente. 

Les causes externes possibles

Je vais maintenant parler des causes externes. Je pense que c’est pour moi les plus importantes, qui ont le plus de poids dans la balance et qu’on retrouve le plus chez les patients. D’autant que, comme je l’ai dit, les éléments externes engendrent des facteurs internes qu’on a exposés juste avant.

#8 - Les événements anxiogènes, des transitions de vie

La vie n’est malheureusement pas un long fleuve tranquille. Et l’on vit tous des événements tragiques, parfois à des moments où l’on ne s’y attend pas, où l’on est vulnérable. Bref, certains événements peuvent être difficiles à vivre et le trouble alimentaire vient en réponse à ces instabilités (parfois des années après).

Ces événements peuvent être divers selon chaque personne. J’ai déjà entendu dire qu’un TCA arrive dans un contexte d’abandon, de séparation. Donc ça peut être la perte d’un proche, une rupture, un divorce, un ami ou un frère qui déménage, un déménagement justement…

Et de façon plus générale, des transitions de vie comme un nouveau travail, l’arrivée d’un enfant, l’entrée en études supérieures, etc.

En fait, ce n’est pas forcément l’événement en lui-même qui déclenche la maladie. C’est plutôt les croyances adoptées à la suite de ces événements : des croyances sur soi-même, sur la vie. C’est aussi peut-être la façon dont on a été traité, ou la façon dont on s’est senti à l’écart. Finalement, ce n’est pas l’événement en lui-même qui compte le plus, c’est surtout votre ressenti. Et c’est pour ça que c’est important d’analyser ces événements, votre ressenti, ce qu’il s’est passé en vous. Vous pouvez si vous le voulez écrire ce que vous ressentiez ou en parler avec un psy. Mais je précise que c’est le ressenti, car en fait, 2 individus peuvent vivre le même événement, mais seulement l’un d’eux peut tomber dans une maladie mentale. Ça ne veut pas dire que l’un est plus faible ou que c’est dans sa tête, ou que « il en fait trop ». Chaque personne réagit à sa façon et dans son contexte, son interprétation. 

#9 - Les traumatismes

Alors, c’est très intrinsèquement lié à ce que j’ai dit avant. Simplement, je n’ai pas évoqué d’autres traumatismes qu’on retrouve comme antécédent chez les personnes souffrant de TCA : les violences physiques, les violences sexuelles, le harcèlement scolaire, les relations amoureuses toxiques. MAIS, un traumatisme ce n’est pas forcément quelque chose d’aussi tragique. Je sais que certains se sentent illégitimes, car ils n’ont pas vécu de « traumatisme ». On fait souvent le parallèle entre agressions sexuelles et TCA. En réalité, c’est moins de 30% des patients (c’est déjà beaucoup trop). Un traumatisme c’est très vaste et ça ne repose pas sur l’événement en lui-même encore une fois, mais sur le ressenti de la personne. Par exemple, un traumatisme, ça peut aussi être : 

  • Grandir avec un parent qui n’exprime pas d’affection 
  • Avoir un parent qui vit à travers toi, qui essaies de te modeler comme il voudrait que tu sois
  • Devoir t’occuper de tes propres parents ou de tes frères et sœurs alors que tu n’es qu’un enfant
  • C’est être culpabilisé dès que tu exprimes tes sentiments ou tes émotions
  • C’est par exemple des déménagements fréquents 
  • C’est des disputes fréquentes entre tes parents
  • C’est grandir dans une famille qui n’accepte pas la différence
  • C’est grandir dans une famille qui base tout sur l’apparence
  • C’est être soumis à de la pression de réussir ses études, de ne pas avoir le droit à l’erreur
  • C’est ne pas te sentir soutenu dans tes choix 
  • C’est grandir dans une insécurité financière
  • C’est grandir dans une famille où l’on ne prend pas en compte ce que ressens, pense l’enfant

Bref, c’est ultra vaste ! Un TCA survient dans le cadre d’un traumatisme si ce dernier n’est résolu. 

Et encore une fois, l’importance d’un traumatisme ou la gravité d’un traumatisme ne peut être jugée. L’important c’est vraiment ce que toi tu ressens, pas ce que l’opinion publique pense. Je sais que ce n’est pas simple de prendre du recul et de ne pas ressentir ce sentiment d’illégitimité (vraiment je sais), mais c’est important de toi-même te reconnaître comme victime pour pouvoir t’accorder la bienveillance dans ta guérison de tes blessures.

De toute façon, je vais dédier un épisode de podcast au sujet des traumatismes. Parce que c’est un sujet qui me tient à cœur et dont je pense qu’il y a beaucoup de préjugés. Beaucoup ne se sentent pas concernées ou plutôt, ne se sentent pas légitimes d’être concernés, mais pourtant le sont. Et en plus de ça, ça a un GROS lien avec sa façon d’aborder la vie, et notamment le développement potentiel de son TCA.

Avant de clôturer le sujet des traumatismes dans cet article, je voulais aussi parler des moqueries ou remarques sur le corps, l’apparence physique. Beaucoup des patients souffrant de trouble alimentaire (une étude indiquait 60%) affirment avoir reçu des commentaires sur leur poids ou leur physique. C’était notamment par des membres de la famille, de médecin (!!), des professeurs, des entraîneurs de sport, des camarades de classe… Or, ces commentaires engendrent de l’insatisfaction corporelle. Et si tu es déjà dans un contexte où tu as une faible estime de toi-même (dû à n’importe quelle autre cause), bah forcément, cela augmente la fertilité du terrain pour le développement de la maladie.

#10 - HISTOIRES FAMILIALES & TRAUMATISMES TRANSGÉNÉRATIONNELS

cause-de-lanorexie

Les traumatismes, événements « tragiques », les non-dits qui se transmettent de génération en génération peuvent aussi être liés. Vous savez que les descendants des survivants de l’Holocauste (donc des camps) ont développé plus de TCA ? Parce que ces survivants ont été soumis à une énorme famine et à cette époque, on n’exprimait pas ce qu’on ressentait. Ils ont tout gardé en eux et la mémoire du corps s’est transmise avec son lot de traumatisme, ce qui a favorisé le développement d’anorexie sur les générations suivantes. 

Personnellement je crois beaucoup en la psychologique transgénérationnelle. Et je pense que c’est intéressant de demander à ses parents, ses grands-parents ou grands-oncles, grandes-tantes si c’est possible, de parler un peu de l’histoire familiale. Moi en faisant ça, j’ai su qu’il y a avait déjà une personne souffrant d’anorexie sur la génération d’avant. J’ai su qu’il y avait eu au moins 2 suicides. Fin voilà, j’ai appris plein de choses ! Est-ce que ça me permet d’expliquer mes TCA? Non, mais c’est juste un élément en plus dans la balance.

Le trouble alimentaire peut venir en moyen de faire face aux conflits émotionnels, aux tensions non résolues au sein de la famille. 

Et en fait, les 3 éléments que j’ai abordés là, les traumatismes & événements clés de votre existence vont venir influer sur votre personnalité, vos traits de caractère, vos mécanismes de défense, vos croyances sur la vie…. Donc tous des facteurs internes ! Et d’ailleurs, avant je parlais de perfectionnisme. J’y reviens maintenant : on dit souvent que l’anorexie est liée au perfectionnisme, au contrôle. Je pense que c’est aussi surtout lié à une recherche de sécurité intérieure. Ce que l’on recherche à travers ces comportements de contrôle, c’est un sentiment de sécurité, c’est pour se protéger.

D’un point de vue extérieur, c’est une perpétuelle recherche de contrôle. Mais à l’intérieur, c’est une quête de sécurité.

Pourquoi cette recherche de sécurité ? Peut-être pour se protéger des regards des autres ou d’un danger extérieur. Certains souhaitent inconsciemment devenir tellement maigres qu’ils seraient comme “invisible”, à l’abri de tout danger. D’autres développent inconsciemment comme une carapace à travers des kilos émotionnels pour se protéger.

Cela peut être dû à une sécurité jamais totalement ressentie durant l’enfance. Ça peut être un manque de sécurité dans un environnement actuel qui semble menaçant. Ça peut être un manque de confiance en soi tellement profond que l’on a peur de ne pas savoir faire face au monde extérieur. Ça peut être des schémas de croyance erronée sur la perception du monde qui semblerait dangereux.

Parfois, c’est une façon d’anesthésier des souvenirs ou des émotions douloureuses qu’on ne semble pas réussir à gérer, qui nous poussent dans une insécurité.

L’origine de cette quête de sécurité est propre à chacun et il y a rarement une seule réponse.

Demande-toi : de quoi te protègerait ton tca ? Quelle sécurité il t’apporterait ?

#11 - Pression culturelle

Ce n’est pas la première fois que j’en parle. On vit dans une société qui inculque une culture du régime, qui valorise la minceur, qui associe la minceur au succès, à la beauté, à la performance. On est même dans une société grossophobe. Et tout ça, c’est véhiculé par les médias, par des médecins, des membres de la famille, des élèves à l’école, des inconnus, etc. Donc ça cultive un terrain favorable à une mauvaise image corporelle, et aux développements de la maladie.

#12 - Les réseaux sociaux

C’est lié au point précédent, mais les réseaux sociaux sont plus que liés à l’apparence (notamment Instagram, TikTok, je dirais aussi YouTube). Je trouve que c’est de pire en pire, et de plus en plus de jeunes (qui sont vulnérables, à un âge où ils ont peu confiance en eux) qui sont sur ces plateformes. Moi lorsque j’étais au collège, ça n’existait pas et heureusement ! Mon adolescence était déjà assez compliquée comme ça… donc ça aurait été encore pire ! Les réseaux sociaux véhiculent une perception irréaliste de l’image corporelle. Les interactions humaines « réelles », en face à face, sont beaucoup moins priorisées pour des interactions virtuelles. Ce qui fait que certaines personnes se renferment sur elles-mêmes. Les réseaux sociaux amènent aussi au cyberharcèlement. Et il y a même des communautés proanorexie. Bref, les réseaux sociaux sont une énorme bête noire pour le développement des TCA. Et c’est un sujet tellement important, et dont vous êtes pour la plupart tellement concernés, que j’ai décidé d’en faire un épisode dédié (que je préparerais bientôt).

causes-des-troubles-alimentaires

#13 - Métier ou activité propice aux TCA

Sans être à l’échelle de la société, on peut ressentir une pression sur l’apparence, et ce même très jeune, si l’on pratique une activité sportive, artistique qui a des exigences physiques. C’est le cas notamment de la gymnastique, de la danse classique. J’avais écrit un article à ce sujet :  gymnastique, dance & TCA.

Et puis, au-delà de l’activité périscolaire, tu peux également te retrouver dans une branche de métier qui met une grosse pression sur le physique également, notamment dans le monde de la mode, du mannequinat, de la photo, etc. 

#14 - Les régimes

Je ne pouvais pas terminer cet article sans parler des régimes. C’est pour moi lié au point sur la pression culturelle qui incite les gens à faire des régimes. Ça peut aussi être lié à l’environnement familial. Car malheureusement, certaines personnes ont grandi dans un environnement où leurs parents faisaient des régimes. Certaines ont été contraintes de faire un régime très tôt dans leur enfance, l’adolescence. Certaines ont enchaîné des années dans les régimes. Et les régimes sont souvent un facteur de risque aux troubles alimentaires. À savoir que 98% des régimes échouent… Et il y a de nombreuses études qui ont aussi démontré que beaucoup des symptômes des troubles du comportement alimentaire sont en fait des symptômes de la famine. J’en parle d’ailleurs dans l’épisode sur la famine où j’explique l’expérience du Minnesota. La restriction affecte le cerveau, entraîne des changements d’humeur fréquents, une pensée rigide, de l’anxiété, etc. D’ailleurs j’ai fait un article sur les conséquences de l’anorexie et beaucoup des conséquences citées sont en fait le résultat de la restriction. 

Après, on entend souvent dire que les TCA débutent après un « régime foiré ». Pour moi, et ça vaut pour différentes causes que j’ai exposées dans cet article, il y a une différence entre un déclencheur et la cause profonde. Je vous donne mon cas : j’ai eu une relation amoureuse, plutôt même une rupture, qui a été un déclencheur à mes TCA. Pendant longtemps, j’ai cru que c’était de sa faute (mon ex), si j’étais tombée dans les TCA. Mais en fait, c’était la relation dans laquelle j’étais, la façon dont je me ressentais qui venait faire écho à quelque chose de beaucoup plus profond qui remontait à mon enfance. Pareil, je suis tombée malade dans un contexte de séparation amoureuse, mais aussi géographique (puisque c’était lors d’un long voyage à l’étranger). Et ce n’est pas à cause du voyage que je suis tombée malade, ça a été un déclencheur. Mais ça venait faire écho à la séparation avec ma mère, à ma peur de grandir, d’être adulte… à des blessures d’enfance encore une fois. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Donc voilà, je vous invite vraiment à vous poser des questions sur le moment où vous êtes tombé malade (le « à peu près », car il n’y a pas de date précise). Essayez d’identifier les déclencheurs. Et pour chaque déclencheur, essayez de comprendre ce que vous vous êtes dit dans votre tête à ce moment-là, dans quel contexte vous étiez. Ça peut vous permettre d’identifier peut-être des croyances que vous aviez, de faire le parallèle avec un autre moment de votre vie plus lointain par exemple. 

Et je vous invite vraiment à chercher vos bénéfices secondaires, ça peut vous aider à trouver les causes. 

Dans le programme ButterflyBody, il y a pas mal de vidéos et exercices que je vous propose pour vous aider à retravailler sur l’origine, le pourquoi de votre maladie. Pour moi, c’est important de comprendre le contexte, l’histoire. Mais après, il ne faut pas se mettre de pression. C’est important d’avoir des éléments, mais vous ne devez pas TOUT résoudre pour guérir. Moi, j’ai eu la réponse à la plupart des questions que je me posais sur mon histoire une fois guérie. Et c’est normal parce que j’avais plus de liberté mentale, plus d’énergie pour y répondre. Et par contre, le fait d’y répondre, d’avancer dessus, je pense que ça m’a permis de ne pas rechuter. 

J’espère que je vous ai donné des pistes de réflexion, que ça vous permet d’avancer même si ce n’est que d’une chouille. Encore une fois, c’est plus que fortement possible que votre TCA soit lié à des éléments que je n’ai pas dits dans cet article, car comme j’avais précisé au début, les causes sont tellement multiples que c’est non exhaustif. 

N’hésitez pas d’ailleurs à apporter votre témoignage et parler de vos causes en commentaire ! Ça peut aider d’autres personnes. 

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

Inscris-toi à ma newsletter pour des conseils exclusifs (PS :  J’ai des cadeaux pour toi 🤗)

Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 0 commentaire
Conséquences de l’anorexie

Conséquences de l’anorexie

Conséquences de l’anorexie

Malheureusement, l’anorexie est une maladie mentale qui affecte de nombreux aspects de la vie de ceux qui en souffrent. Donc évidemment, les conséquences sont nombreuses. J’ai écrit cet article, car c’est quelque chose que l’on m’a souvent demandé. Certaines personnes m’ont dit avoir le besoin de connaître les effets de leur anorexie pour leur créer comme des petits électrochocs. Personnellement, je ne connaissais pas toutes ces conséquences lorsque j’étais moi-même malade. Donc, le but n’est pas de te faire peur ! Tu as déjà assez de sujets d’angoisses comme ça ! Et puis surtout, il faut retenir que tu ne vas pas souffrir de TOUTES ces conséquences. Ici, je présente presque toutes les répercussions possibles. Moi-même, je n’ai pas connu tout ce qui va t’être présenté ici. 

N’oublie pas de toujours consulter un professionnel de santé pour avoir un œil sur ton état de santé et le surveiller. Vraiment, c’est important ! Tu n’as qu’une vie, ne l’oublies pas…! 

Enfin, je voulais te dire que les conséquences ont tendance à tarder à se manifester. Mais ce n’est pas parce qu’une conséquence n’est pas visible qu’elle n’est pas présente. Malheureusement, elles s’installent insidieusement… Et ce n’est pas non plus parce que tu ne les as pas, que ton anorexie est moins grave. Vraiment pas !! (ça, c’est un argument de ton trouble alimentaire pour te faire te sentir illégitime…)

Note : Je parle des conséquences de l’anorexie, car je connais beaucoup mieux ce trouble (c’est celui dont j’ai souffert). Donc je ne parlerai pas des impacts spécifiques des autres troubles du comportement alimentaire : boulimie, hyperphagie…

Les conséquences physiques sur le court terme

Je commence par te parler des impacts physiques, bien qu’il s’agisse d’une maladie mentale. Mais c’est souvent ceux auxquels on prête le plus rapidement attention, car on les ressent, on peut même parfois les voir.

La perte de cheveux :

Il s’agit d’un effet à court terme, mais il faut tout de même garder en tête que nos cheveux reflètent notre état de santé d’il y a 3 ou 4 mois. Par manque de nutriments, les cheveux sont plus cassants, plus ternes, plus fragiles. Ils vont donc tomber. Et en plus de ça, la phase de croissance est beaucoup plus ralentie. Donc d’une façon générale, cela occasionne une perte de cheveux. 

Si tu veux une check list des 26 conseils pour la repousse de tes cheveux après l’anorexie, c’est ici :

Peau, ongles

Un peu dans la même “thématique”, la peau est plus sèche, les ongles plus cassants…

Le flux sanguin est ralenti

Le corps rencontre donc des difficultés à maintenir sa température corporelle. C’est pour ça qu’une personne anorexique a beaucoup plus rapidement froid et qu’elle rencontre de grandes difficultés à se réchauffer, même avec plusieurs couches de vêtements.

Lanugo

Par conséquent, il est possible que pour maintenir le peu de chaleur corporelle, ou tout simplement pour se réchauffer, l’organisme produit naturellement un lanugo. Si tu veux en apprendre plus à ce sujet, j’ai fait un article complet sur le lanugo & l’anorexie.

Les problèmes de digestion 

Les troubles intestinaux sont présents chez la plupart des personnes anorexiques : crampes d’estomac, diarrhée, nausée… 

Il y a également la gastroparésie : c’est-à-dire que les muscles de l’estomac ne fonctionnent pas bien, entraînant un retard de la vidange gastrique. En effet, le corps est en mode “économie d’énergie” puisqu’il a très peu d’énergie due à la restriction. Donc la digestion tourne au ralenti, ce qui provoque une sensation de satiété très rapide (fausse satiété du coup…), des ballonnements, des douleurs abdominales. C’est d’ailleurs pour cela que tu peux avoir le ventre gonflé pendant plusieurs heures après manger. Une personne souffrant d’anorexie peut prendre jusqu’à 8 heures pour digérer un repas (contre 1 à 2 h chez une personne non malade). 

Anémie

Par manque de vitamines, de minéraux, et notamment de fer, tu peux te retrouver anémier. Et cela peut causer de la fatigue et des étourdissements, entre autres.

Hypoglycémie

Les hypoglycémies sont très fréquentes lorsqu’on soufre d’anorexie. C’est lorsqu’il y a une baisse du taux de sucre dans le sang, du glucose, qui est la source n°1 de l’énergie du corps. Les hypoglycémies peuvent causer des maux de tête, des changements d’humeurs, des difficultés de concentration… 

Je précise que l’on n’a pas forcément conscience lorsqu’on fait une hypoglycémie. Je me souviens que lorsque j’étais à l’hôpital, on m’avait demandé en arrivant s’il m’arrivait d’en faire : j’ai répondu “jamais” (et je le pensais). Et on prenait régulièrement ma glycémie, et en fait, je l’étais souvent…

Céphalées (maux de tête)

Dû à de nombreux facteurs. Les maux de tête peuvent être un signe de faim mentale, donc de manque d’énergie. C’est aussi dû aux hypoglycémies, à l’anémie, au manque d’oxygène du cerveau… Mais aussi au stress, au fait de trop penser. Oui oui, le fait de se poser 1000 questions à la seconde peut réellement provoquer un mal de crâne. 

Troubles du sommeil

Ils peuvent être dus à plusieurs facteurs. Par exemple, le fait d’avoir faim peut réveiller en plein milieu de la nuit. Ensuite, souvent, des problèmes d’endormissements ou une qualité de sommeil médiocre sont dus à toute l’anxiété. Parfois, le corps se réveille parce qu’il est en mode “survie”, et il est plongé dans un état de stress, donc il maintient éveillé pour ne pas “mourir”. 

Les difficultés cognitives

Le cerveau consomme de l’énergie que l’on apporte au corps. Parce qu’il a besoin d’énormément d’énergie. Donc lorsqu’il est sous-alimenté, forcément, il est impacté. Et ce sont tes capacités de concentration, de mémorisation qui en prennent un coup. En découlent de potentielles mauvaises performances scolaires et professionnelles (sachant que de nombreuses personnes anorexiques sont dans un hypercontrôle, hyperactivité mentale, un perfectionnisme scolaire / professionnel qui les amène à obtenir d’excellents résultats malgré la maladie. Mais, à quel prix…)

Les conséquences psychologiques 

L’anorexie est une maladie MENTALE, donc évidemment, les conséquences psychologiques sont nombreuses. Dans cette partie, je vais également aborder des comportements qui ne sont pas forcément d’ordre “psychologique”, ou peut-être que si ? Je ne savais pas dans quelle catégorie les classer.

La dysmorphphobie

Elle se caractérise par le fait de voir dans le miroir une image déformée, par rapport à la réalité, de tout ou partie de son corps. Bien que non systématique, c’est très fréquent lorsqu’on souffre de trouble du comportement alimentaire. Souvent, la personne anorexique se voit avec plus de poids qu’elle n’en a réellement. Elle va alors en faire une obsession.

Sensibilité accrue au bruit

Bruits de la foule, des autres personnes qui respirent, mangent…

Alors ça ce n’est pas quelque chose que l’on aborde souvent. Et je l’avais lu dans une littérature américaine et je suis totalement d’accord ! Je pense que c’est lié plus globalement à l’anxiété. Car personnellement, quand je suis angoissée, ça m’arrive de ressentir de nouveau ce symptôme qui était souvent omniprésent lorsque je souffrais d’anorexie. J’avais cette sensation d’étouffer… 

Dérégulation émotionnelle

Sauts d’humeur, faible tolérance, irritabilité, colère… difficulté à gérer ses émotions  ! Cela peut être dû au stress généré par le trouble du comportement alimentaire, mais aussi à des déséquilibres hormonaux, au manque de nutriments qui diminue la capacité à raisonner convenablement, etc.

Possessivité & volonté de tout stocker par peur de manquer

Certaines personnes ont besoin d’avoir des stocks en avance de certains aliments. Personnellement, j’avais ça sur les yaourts. Mais c’est tout. À l’inverse, d’autres personnes ne vont acheter presque rien par peur d’avoir dans leur placard des “tentations”. J’étais plus comme ça…

Dépression & anxiété

Beaucoup de personnes souffrant d’anorexie mentale souffrent de base d’anxiété. C’est intrinsèquement lié. Mais les troubles alimentaires peuvent amplifier le stress, multiplier les idées noires… et conduire à des symptômes dépressifs, voire des tentatives de suicide.

Isolement, retrait social

Le sentiment de honte, la peur du regard des autres, la peur du jugement, la peur d’être confronté à de la nourriture, la peur de “perdre le contrôle” face à des aliments qui font peur… les troubles alimentaires impact de plein fouet la vie sociale en l’anéantissant. Cela impacte ainsi les relations amicales, mais aussi la famille. Les tensions sont nombreuses et les crises, les disputes y sont fréquentes.

Obsessions

Les pensées obsessionnelles sont multiples. Sur l’alimentation, le corps, la peur irraisonnée de prendre du poids… Mais pas uniquement sur soi. On peut développer des obsessions sur les repas des autres, et sur d’autres thématiques. Notamment l’argent. Il n’est pas rare qu’une personne anorexique veuille maladivement épargner au maximum. 

Kleptomanie

Il a été démontré que les personnes souffrant de tca ont une aptitude plus grande au vol (de nourriture, mais aussi d’argent).

L'achat compulsif

Tandis que certains ont une peur excessive de dépenser, d’autres, au contraire, sont poussés vers des dépenses compulsives.

Le fait de mentir

Tu n’as parfois même pas la sensation de mentir tellement ton cerveau a intégré les croyances erronées du tca lui disant qu’il doit manger le moins possible pour être en sécurité. Tu peux donc mentir sur le fait que tu aies déjà mangé (ou que tu n’aies pas mangé, pour cacher une compulsion par exemple). Tu peux mentir sur une séance de sport que tu n’aurais soi-disant pas fait. Tu peux mentir pour éviter un repas, une sortie…

Augmentation du seuil de tolérance de la douleur

Ton corps est comme anesthésié par le trouble alimentaire. Il a été prouvé que des personnes anorexiques ont un seuil de la douleur supérieur à la moyenne. C’est ainsi que ces personnes se coupent, se blessent, se brûlent… sans même en avoir vraiment conscience. 

Faible estime de soi, perte de confiance

Le sentiment de solitude, le sentiment d’être incompris… le fait de se voir mentir, de voler, d’avoir des crises émotionnelles, des compulsions alimentaires… tout ça impact la confiance et l’estime de soi.

Les conséquences physiques sur le long-terme

Toutes les conséquences précédemment citées vont s’amplifier avec le temps.

Certains effets que je vais donner là peuvent se manifester plus tôt chez toi. Chacun a un corps qui réagit différemment.

Intolérance alimentaire

Lorsque tu te restreins, ton organisme fonctionne moins bien, ce qui entraîne une diminution de la production de bactéries intestinales saines. En gros, comme tu n’as pas consommé ou peu certains aliments, ton estomac a cessé de produire les enzymes spécifiques nécessaires à leur digestion. Donc, lorsque tu recommences à les manger, cela peut être difficile à digérer. Cependant, cela ne signifie pas que tu es devenu allergique à ces aliments ou que tu y es intolérant. Cela signifie simplement que ton organisme a besoin de s’y réhabituer. Donc l’idée est de réintroduire ces aliments petit à petit. En général, on a envie de les éviter pour ne pas avoir d’inconfort digestif. Mais ça renforcerait l’intolérance. Après, attention : il existe de vraies intolérances. D’où la nécessité d’avoir un suivi médical.

Œdèmes

Les carences en nutriments et la déshydratation peuvent causer des œdèmes (rétention d’eau), notamment au niveau des jambes, des pieds, mais aussi parfois du visage. C’est une conséquence qui peut également être présente lors de la phase de réalimentation. C’est à surveiller par un médecin, une fois de plus, pour éviter un risque de complications.

Déséquilibres hormonaux

Les personnes souffrant d’anorexie mentale ont souvent de faibles niveaux d’œstrogènes et de testostérone. Chez les hommes, cela peut se traduire par une faible puissance sexuelle. Chez l’homme comme la femme, il y a souvent une perte de libido. Les femmes connaissent des cycles perturbés, voire une aménorrhée. Tout cela impact sur la fertilité.

Structure osseuse altérée

Les os aussi sont affectés par les troubles de la conduite alimentaire. Il y a une réduction de la densité osseuse, rendant les os plus fragiles et plus propices aux fractures. Beaucoup de personnes souffrant d’anorexie sont sujettes à l’ostéoporose ou l’ostéopénie.

Bradycardie

Le cœur d’une personne souffrant d’anorexie a un rythme plus lent que la normale. Le cœur étant affaibli, il peut rétrécir. Or, un affaiblissement du cœur peut provoquer un manque d’oxygène dans le cerveau et d’autres organes. Cela peut ainsi créer des étourdissements, des douleurs thoraciques, de la fatigue…

Perte de poids

J’ai fait exprès de ne pas le mettre en premier. Je ne veux pas participer aux clichés qui pensent que l’anorexie induit forcément une perte de poids. Mais en effet, il s’agit d’une des conséquences. Elle peut arriver assez rapidement et elle n’est pas forcément linéaire. Je veux dire, certaines personnes perdent rapidement au début, puis plus rien, puis de nouveau. Et d’autres perdent progressivement… Encore une fois, chacun son corps.

Détérioration de la masse musculaire

Le corps n’ayant plus d’énergie, il passe en mode catabolisme où il va décomposer, entre autres, les muscles pour créer de l’énergie (qu’il devrait normalement recevoir via l’alimentation). En résulte alors une fonte musculaire, créant de la fatigue. Sur le très long terme, certaines personnes sont fatiguées après avoir monté un étage. Le muscle le plus important étant le cœur, cette fonte musculaire peut entraîner des problèmes cardiovasculaires. 

Pression artérielle basse

Cela peut entraîner une vision trouble, de la fatigue, des nausées, des étourdissements…

Sensations de faim & de satiété perturbées

La faim étant souvent ignorée, le corps la manifeste autrement (par la faim mentale). La satiété a souvent été trompée, ce qui fait qu’elle est également difficile à retrouver. Cela peut prendre encore quelques mois, même après une bonne phase de réalimentation, pour retrouver des sensations de faim & de satiété.

Faim extrême

De nombreuses personnes passant par l’anorexie connaissent une phase de faim extrême (de façon plus ou moins longue, plus ou moins répétée et plus ou moins intense). Cela se manifeste par des crises, des compulsions. C’est une phase que j’ai personnellement connue et de façon longue et intense. Aujourd’hui, je peux dire que c’est une phase qui m’a sauvé la vie. J’ai dédié un article pour te raconter toute mon histoire avec la faim extrême. 

Affaiblissement de la vessie

Et notamment des muscles planchers pelviens. Ainsi, il peut être plus difficile de se retenir sur la durée. Je me souviens que lorsque j’étais malade, je me levais souvent la nuit (2-3 fois) pour faire pipi.

Conséquences de la prise de laxatif, du recours aux vomissements

Je n’ai personnellement pas eu recours aux vomissements (très très peu). Et je n’ai jamais pris (heureusement…) de laxatif. Je sais qu’il s’agit de comportements très addictifs où il est difficile d’arrêter.

Je me suis renseignée, et j’ai noté quelques conséquences liées à ces comportements :

Déséquilibres des électrolytes

La prise de laxatifs et vomissements épuisent les sybstances chimiques de l’organisme (appelés électrolytes). C’est notamment le cas du potassium qui a un rôle primordial pour la santé cardiaque. D’autres électrolytes, comme le sodium et le chlorure, peuvent également être déséquilibrés.

Problèmes de digestion supplémentaires

Œsophage abîmé, brûlure d’estomac, reflux gastriques…

Constipation

L’abus de laxatifs peut endommager les terminaisons nerveuses et laisser ainsi l’organisme dépendant d’eaux pour aller à la selle, entraînant donc des constipations. C’est d’ailleurs souvent ça qui crée la dépendance et le cercle vicieux. Mais il faut passer par là pour se sevrer les laxatifs… 

D’autres impacts

Maux de gorge, voix rauque, glandes salivaires sous la mâchoire & les oreilles enflées. Il est possible d’avoir une inflammation du pancréas (pancréatite). Mauvaise santé dentaire avec des caries dues à l’acidité de l’estomac qui remonte dans la bouche lors des vomissements.

J’ai terminé cet article ! C’est certain que j’ai dû oublier des points… Mais c’est honnêtement une liste non exhaustive. Certaines conséquences peuvent prendre du temps à partir, même avec la réalimentation. Il faut s’armer de patience et de bienveillance pour son corps qui se bat contre une maladie.

Mais globalement, il faut bien comprendre que ton corps, n’ayant pas assez de nutriments via les aliments qu’il ne reçoit pas, il est en mode “économie d’énergie”. Et il redirige le peu d’énergie qu’il a sur ta survie.

Se sous-alimenter a des conséquences vraiment dangereuses pour ta santé. La nourriture, c’est avant tout le carburant de notre organisme. Une voiture qui n’a plus d’essence ne peut plus avancer. Et à terme, elle finira par rouiller et ce n’est pas en lui remettant de l’essence qu’elle sera comme neuve. Il faudra parfois lui faire un nettoyage en profondeur, lui faire différent traitement pour qu’elle puisse de nouveau rouler.

Garde en tête que tu n’as qu’une vie, qu’un corps, qu’une santé. Donc prends le soin de te faire accompagner par des professionnels pour éviter les complications.

Et surtout, n’oublie pas que la guérison est possible. Même si elle te semble loin, elle est possible et tu vas y arriver. Il faut que tu y croies, c’est une grande part de la guérison ! 

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

Inscris-toi à ma newsletter pour des conseils exclusifs (PS :  J’ai des cadeaux pour toi 🤗)

Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 3 commentaires