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Pourquoi je n’arrive pas à m’arrêter de manger le soir ?

Pourquoi je n’arrive pas à m’arrêter de manger le soir ?

Pourquoi je n’arrive pas à m’arrêter de manger le soir ?

C’est une question que je me suis posée lorsque je souffrais de troubles alimentaires, et je sais que c’est une situation que beaucoup d’entre vous rencontrent. J’avais donc envie de vous parler de mon vécu, des causes possibles et surtout des solutions que vous pouvez mettre en place pour dépasser cette situation.

Tu n'es pas seul-e

Déjà, sache que si tu le lis et que tu te retrouves dans le cas où toi aussi, tu as des compulsions le soir, tu n’es pas seul. Malheureusement, beaucoup de personnes connaissent ça ! Je l’ai donc vécu personnellement quand je souffrais d’anorexie.

J’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, j’ai souffert de compulsions alimentaires pendant plusieurs mois, étalés sur plusieurs années et les fois où j’avais le plus de compulsions, c’était le soir, chez moi, seule ou parfois même à des événements extérieurs.

Alors, qu’est-ce que j’entends par le fait de ne plus réussir à s’arrêter de manger le soir ? Je ne parle pas du fait de se resservir de son plat une fois. Je parle du fait de terminer son repas, mais reprendre une pomme, puis un yaourt, puis un gâteau, puis du pain, et encore du pain, et encore un autre yaourt. Et parfois faire plusieurs aller-retours vers le frigo. Parfois ouvrir un placard et ne prendre qu’un gâteau, puis y retourner et prendre un deuxième, puis y retourner et prendre la moitié du paquet, pour finalement finir la totalité quelques minutes plus tard. Parfois ces crises se font debout, très vite, en culpabilisant… Je parle de ces moments de compulsions.

Quelles sont les causes des compulsions le soir ?

Cause n°1 : La restriction

La première cause la plus fréquente, c’est tout simplement la restriction. J’en ai déjà parlé à de nombreuses reprises sur Norainnoflower, notamment quand j’ai parlé de la faim extrême. Et d’ailleurs, je vous invite à lire l’article de blog où je parle de l’expérience de la famine dans le Minnesota, où j’explique que c’est biologique : un corps restreint va compulser pour se rattraper, parce qu’il a tout simplement besoin d’énergie. Et oui, même les jours où vous vous êtes reposés, même les jours où vous n’avez pas bougé. Votre corps a besoin d’énergie en permanence pour vous faire vivre. Dites-vous qu’une personne alitée, dans le coma, on lui administre des calories pour maintenir son corps en vie et continuer de faire fonctionner ses organes. 

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Donc si vous vous restreignez, votre corps peut compulser pour simplement rattraper la dette d’énergie que vous accumulez en vous restreignant.

Quand je parle de restriction, ça peut même simplement être de la restriction mentale. Par exemple, il est possible que vous vous autorisez à manger à chaque repas, mais peut-être que vous mangez en vous disant “il ne faut pas que je mange trop de ça”. Ou alors, vous cuisinez sans matières grasses, vous choisissez toujours les options les moins caloriques, vous prenez des moitiés, des petits bouts de… tout ça, c’est de la restriction en fait. La restriction dans les troubles alimentaires est parfois très subtile. Parfois on s’autorise à le manger mais en se disant “c’est qu’aujourd’hui parce que j’ai fait x séance de sport”, ou “c’est la dernière fois”. Ça aussi, c’est de la restriction.

Cause n°2 : Le besoin d’un réconfort

Lorsqu’on souffre de troubles alimentaires compulsifs, on parle souvent de ce besoin de réconfort, de combler un vide, un manque par de la nourriture.

Peut-être, et sans doute qu’il y a des cas où c’est la cause. Mais vraiment, retenez que la première cause, c’est quand même la restriction. 

Après, oui, beaucoup de personnes qui souffrent de TCA sont des personnes anxieuses. Le stress, l’anxiété, la fatigue accumulée peuvent mener à des compulsions pour “se réconforter”. Mais j’insiste en disant que la première cause, notamment lorsque vous vous restreignez, c’est la restriction. Pourquoi j’insiste là-dessus ? Parce que, parfois, on va se focaliser sur l’anxiété. Et de ce fait, on va mettre en place des exercices de respiration, de pleine conscience, de méditation au moment des crises pour les éviter. Et ça ne fonctionne pas, parce que dans bien des cas, le problème est plus biologique : c’est-à-dire que c’est dû à la restriction. Donc, vous aurez beau essayer de vous déstresser, de méditer… votre corps est lui en état de stress intense car il n’a pas assez d’énergie pour vivre. Donc il va compulser pour essayer de trouver de l’énergie. 

Après, il faut aussi déculpabiliser un fait : parfois, oui, on mange pour se réconforter. Parfois, ça peut arriver de vouloir se faire plaisir, de manger du chocolat, de se faire un gros brunch pour se faire plaisir : et c’est complètement normal et sain ! C’est le contrôle et la restriction qui ne sont pas sains. Et d’ailleurs, on devrait se faire plaisir tous les jours !

Pourquoi ça arrive particulièrement le soir ?

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  • À cause de la mentalité “économiser des calories pour le soir”. C’est quelque chose que j’ai énormément fait lorsque je souffrais d’anorexie. Je mangeais peu la journée, en me disant “j’économise des calories, comme ça le soir, je peux me faire plaisir et bien manger sans trop compter mes calories”. Et au plus j’avais des compulsions le soir, au plus j’appliquais cette mentalité parce que je me disais “si jamais je fais une compulsion ce soir, il faut que j’ai de la marge niveau calorie”. 

Cette mentalité fait que le corps, à la fin de la journée, il a reçu très peu d’énergie. Et il se dit “mince, on va partir pour une période de jeûne (qui correspond à votre nuit), et je n’ai pas reçu mon quota d’énergie”. Alors, il vous fait compulser. 

  • Une autre raison pour laquelle je pense que ça se passait le soir pour moi principalement, même si j’ai aussi connu des périodes où c’était 3 à 4 compulsions par jour, donc en journée ; mais une autre raison, c’est parce que le soir, une fois que vous êtes rentrés chez vous, vous êtes à l’abri des regards. Et vous n’avez pas besoin “d’assumer” votre compulsion quelque part, puisque vous allez dormir par la suite. Donc c’est “plus facile” en quelque sorte de compulser le soir car vous pouvez ensuite vous réfugier dans votre lit, la lumière tamisée évite de voir votre corps aussi parfois, et on n’a pas une journée à assumer par la suite et après la nuit, on se dit “qu’on peut recommencer à zéro”. La soirée représente aussi un moment de “liberté”, c’est-à-dire que vous avez fait tout ce que vous avez à faire sur votre todo, vous êtes libérés, donc la compulsion peut se produire. 

Pourquoi ça arrive lors des événements ?

Là, je vous ai beaucoup parlé des compulsions le soir chez vous, seul. Mais il peut arriver aussi que vous ayez toujours des compulsions lorsque vous êtes invités à un événement; à une soirée, à un restaurant…

La cause est la même : la restriction et la mentalité “économiser des calories”. Si toute la journée, ou même juste le repas avant votre événement, vous vous restreignez, vous arrivez affamé. Et si de façon générale, vous êtes en restriction, le corps est affamé. Donc lorsqu’il est face à de la nourriture, le corps se dit “oh, de la nourriture, vite, il faut que je fasse le plein avant qu’on me remette en restriction”. En fait, le corps essai de se sauver lui-même en vous faisant compulser puisque votre TCA l’empêche d’être nourri et de répondre à ses besoins. 

Quelles sont les solutions possibles ?

On va parler maintenant des solutions puisque c’est ça qui nous intéresse, mais les solutions découlent des causes, donc c’est important de comprendre le pourquoi. Et d’ailleurs, c’est possible que ce soit pour encore une autre raison qui vous est propre, d’où l’importance d’avoir un suivi personnalisé avec un thérapeute pour comprendre son pourquoi. Mais, encore une fois, la principale raison est souvent la restriction.

Les solutions que je vais vous donner là, je sais qu’elles sont très difficiles à mettre en place, à appliquer. Mais je me dois de vous les redire, et puis la façon dont je vais l’expliquer, ça pourra peut-être vous aider un petit chouilla en plus pour vous aider à avancer petit à petit vers la guérison.

Solution n°1 : Intégrez ce sur quoi vous compulsez dans la journée.

Alors je sais à quel point c’est difficile parce que souvent, les choses sur lesquelles vous compulsez, c’est ce qui vous fait peur. 

Parfois, c’est même pas forcément le cas, ça peut être sur des aliments que vous vous autorisez. Donc déjà, il s’agira d’augmenter votre ration dans la journée pour donner davantage d’énergie à votre corps.

Mais quand je vous dis d’intégrer ce qui vous fait peur, c’est vraiment l’aliment sur lequel vous compulsez. Par exemple, si vous compulsez sur un muffin au chocolat le soir, et bien il faut ajouter ce muffin au goûter par exemple. Et il faut intégrer le muffin, pas une pomme et un yaourt, ou pas un muffin diététique. Votre corps va toujours vous faire aller vers ce dont vous lui interdisez. 

Et même chose, si vous intégrez ce muffin au goûter, il ne faut pas de ce fait réduire le repas du midi, du matin ou du soir. 

Je sais à quel point c’est difficile. J’ai eu des étapes où j’ai intégré autre chose que le muffin par des substituts plus “healthy”, puis des étapes où je prenais le muffin mais de ce fait, je me restreignais aux autres repas. Donc je sais que vous allez possiblement passer par ces étapes. Et ça ne sera pas un échec ! ça ne sera pas encore la bonne solution, mais vous aurez essayé, vous aurez avancé, et ça, c’est l’important ! Mais il faut comprendre, il faut savoir que ce dont vous avez besoin, c’est ce dont vous vous interdisez. Donc vous devez l’intégrer sans vous restreindre sur d’autres choses à côté. En fait, vous ne pouvez pas gruger votre cerveau. Il sait quand vous vous restreignez à côté, il sait quand vous calculez pour économiser des calories. Et donc tant que vous fonctionnez comme ça, il saura qu’il ne peut pas avoir confiance, et donc il compulsera.

Je sais que ce que je dis est bien plus simple dans la théorie que dans la pratique. Je le sais et c’est pour ça que j’ai connu les compulsions pendant de longs mois. Mais la seule façon que j’ai eu de les voir disparaitre, c’était de répondre aux besoins de mon corps, de lui donner ce dont j’avais vraiment envie, sans essayer de le gruger, de le manipuler en quelque sorte.

En fait, en les intégrant dans vos repas classiques de la journée, ça permet à votre cerveau de comprendre qu’ils n’ont pas l’étiquette “interdit”.

Solution n°2 : Accepter vos crises

Une autre des clés pour mettre fin aux compulsions, c’est d’accepter que votre corps vous fait compulser. Souvent, les compulsions se font dans le stress, dans la vitesse, debout, parfois en sueur, parfois en tremblant… parce que vous voulez lutter contre ces compulsions. Vous voulez aller à l’encontre de ce que votre corps vous fait faire. 

Et cette solution, je sais aussi au combien elle est difficile à appliquer, et c’est normal que vous allez prendre plusieurs semaines voire mois avant de commencer à y arriver. Mais c’est en acceptant vos crises qu’elles finiront par s’arrêter. Ça veut dire quoi “accepter ses crises ?” 

Ça veut dire se dire “ok, mon corps me fait compulser parce qu’il est affamé, parce qu’il a besoin de cette nourriture, de cette énergie, alors j’accepte de lui donner et de faire cette crise”. Quand votre corps va comprendre que vous lui faites confiance, et évidemment si en parallèle vous ne vous restreignez plus, alors, les compulsions vont diminuer.

Et quand je dis accepter ses crises et les faire, c’est une fois de plus sur les aliments qui vous font vraiment envie. De toute façon, votre corps finira par vous y faire aller. Moi je me souviens que je commençais par une pomme, puis un fromage blanc, puis du pain… Mais ce n’était pas ce que mon corps me demandait. Et à chaque fois j’essayer en quelque sorte de le berner, et pour finalement manger ces gâteaux que j’avais envie depuis le début, mais je me voilais la face, j’essayer de “rester dans le contrôle”. La réalité, c’est que vous ne contrôlez rien du tout. C’est votre corps qui sait ce dont vous avez besoin, ce dont il a besoin même pour vivre.

Souvent, vous avez du mal à accepter les compulsions parce que vous avez l’impression d’avoir perdu le contrôle, alors qu’en réalité, c’est votre corps qui reprend le contrôle sur ses besoins. Et vous avez du mal à accepter aussi parce que vous avez l’impression que vous allez prendre du poids à l’infini et que ces compulsions ne s’arrêteront jamais. Mais ça, c’est un système de pensée de votre TCA de penser au pire. La réalité, c’est que c’est en acceptant ces crises, en y répondant que petit à petit, elles s’atténueront. Et c’est en allant à l’encontre, en essayant de les contrer, que votre cerveau vous amènera toujours vers ce dont vous l’interdisez.

Solution n°3 : intégrer des night snacks

Une autre solution, c’est d’intégrer des night snack. C’est à dire que vous savez que le soir, vous avez un dernier repas avant de vous coucher. Pourquoi faire ça ? Pour donner de l’énergie à votre corps jusqu’au bout de la journée. Ca peut être temporaire de faire ça, c’est pas forcément pour toujours si c’est quelque chose qui vous fait peur. Mais c’est quelque chose que je faisais lorsque j’étais malade. Et sachant que j’avais ce night snack, donc un snack vers 21h, j’avais moins de compulsion à certains moments. 

Mais attention, si vous ajoutez ce repas, ce n’est pas pour retirer un autre repas dans la journée. Parce que si vous faites ça, vous serez de nouveau dans la restriction. Une fois de plus, l’idée n’est pas de chercher à berner votre cerveau. 

Solution n°4 : un plateau avec tout ce qui vous donne envie

Une autre solution que ma psychiatre m’avait apporté lorsque j’avais beaucoup de compulsions, c’est lorsque vous sentez la compulsion arriver, essayez de prendre une inspiration, vous demander ce qui vous donne envie, et de sortir sur un plateau. Alors par exemple, ça peut être deux paquets de biscuits. Mais il ne faut pas que vous vous limitez à un seul gâteau, ou à un substitut. Encore une fois, l’idée c’est pas de berner votre cerveau, c’est de vraiment autoriser votre corps a ce qui lui fait envie. 

Pourquoi faire cette solution ? Parce que vous donnez à votre corps ce dont il a besoin. Donc ça peut se passer moins dans la précipitation, moins dans le stress. Vous vous autorisez à manger ce plateau, assis, à une table par exemple. 

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Attention, c’est fort possible qu’au début, vous mettiez en place ces solutions mais que les compulsions continuent. C’est normal. Il faut donner du temps à votre corps. Il a besoin de temps pour vous refaire confiance. Il a besoin que ça se produise plusieurs fois pour savoir que la restriction est terminée, que vous répondez à ses besoins. Et d’ailleurs, c’est rare de parvenir à lâcher prise du jour au lendemain. Donc souvent, il y a encore de la restriction cachée, donc c’est pour ça aussi que ça prend du temps, que votre corps doit reprendre confiance en vous petit à petit. C’est normal que ça soit un process qui prenne du temps. Mais dites-vous que c’est pour réparer une relation à la nourriture qui est brisée depuis plusieurs mois voire années, donc forcément ça prend du temps. 

Pareil, parfois on me dit “mais j’ai mangé plus aujourd’hui, et pourtant, j’ai compulsé ce soir”. Mais encore une fois, il faut du temps. Et si ça fait déjà plusieurs semaines que vous remangez plus dans la journée et que les compulsions sont toujours aussi intenses, demandez-vous si vraiment, vous n’avez pas de restriction cachée.

Une solution qui ne l’est pas : la restriction du lendemain.

Bon, je suis quasi certaine que la solution que vous souffle votre trouble alimentaire, c’est de vous restreindre le lendemain pour rééquilibrer. Sauf que faire ça, c’est juste signer pour une autre compulsion. La restriction vous emmènera forcément vers de nouvelles compulsions. Donc même si vous vous sentez mieux en vous restreignant à votre petit déjeuner, parce que vous avez l’impression d’avoir “corrigé” votre compulsion de la veille ; ce sentiment de réassurance, c’est celui de votre TCA, pas celui de votre corps. Votre corps se dit “mince, on tape de nouveau dans la dette d’énergie. Il va falloir que je refasse des compulsions pour refaire le plein d’énergie puisque je suis de nouveau privé ».

Le cas où l’on prévoit ses crises.

Il y a des cas où l’on a pas vraiment envie que ses crises s’arrêtent parce que finalement, vous avez réussi à les contrôler. Souvent, vous vous restreignez toute la journée, et le soir, c’est votre moment de détente. Vous prevoyez même ls choses sur lesquelles vous allez faire votre crise durant la journée.

Pourquoi vous prévoyez ? Parce que c’est votre moment où vous lâchez prise. Toute la journée, vous êtes en contrôle, c’est comme une autocuiseur, la pression augmente petit à petit. Et piouf, le soir, vous vous autorisez enfin à souffler. Et vous n’avez pas envie de perdre ça.

Je peux le comprendre, j’ai longtemps fonctionné comme ça aussi. Sauf qu’encore une fois, le corps a besoin d’énergie toute la journée. C’est comme si vous attendiez de votre voiture qu’elle roule en continu alors que sur la moitié du trajet, elle n’a plus de carburant dans son réservoir. 

L’idée dans ce cas est aussi de vous accorder des moments où vous lâchez prise autrement dans la journée, de prendre soin de vous, et surtout, de travailler sur votre perfectionnisme et la pression que vous vous mettez, pour baisser le niveau que vous vous imposez. J’ai pas de solution toute faite à donner la dessus puisque moi-même je m’impose encore beaucoup de perfectionnisme souvent, mais j’ai déjà beaucoup travaillé dessus en lisant des livres de développement personnel, en grandissant, en le travaillant avec des psys.

“Est-ce qu’il faut éviter d’acheter pour ne pas craquer ?”

C’est quelque chose que l’on m’a déjà souvent demandé. Souvent, pour éviter de “craquer”, vous n’achetez pas ce sur quoi vous pourriez potentiellement faire une crise. Sauf qu’en faisant ça, vous renforcez le côté interdit de ses aliments, donc vous augmentez l’attraction de votre cerveau vers ses aliments. Et donc, le jour où vous êtes en face de ses aliments,  votre cerveau va se dire “c’est une denrée rare, tant qu’il y en a sous mes yeux, il faut que je fasse le plein”. 

Donc non, la solution n’est pas d’éviter d’acheter. Si ça vous fait peur d’avoir en grosse quantité, vous pouvez acheter dans les magasins relay des gares, ou simplement à la caisse de n’importe quel magasin, parfois il y a certains gâteaux qui sont vendus à l’unité. Vous pouvez aussi aller acheter en vrac, souvent dans des magasins bio, où vous pouvez jauger la quantité. Cela peut être une alternative.

Le dernier conseil

Donc voilà, on arrive à la fin de cet article car je pense avoir tout dit sur le sujet des compulsions le soir. Pour résumé, c’est principalement dû à la restriction, et l’idée est donc de briser le cercle vicieux de la restriction compulsion. Je sais à quel point c’est difficile, mais si déjà vous avez conscience qu’il faut briser ce cercle vicieux, si vous avez conscience de vos mécanismes, de votre restriction, c’est déjà des petits pas en avant.

D’ailleurs, je me souviens que moi, souvent après les compulsions, quelques heures après ou le lendemain, je prenais le temps de me poser pour écrire : les émotions que j’ai ressenti avant cette crise, ce que j’ai ressenti pendant la crise et ce que j’ai ressenti après. Et selon moi, le pourquoi ? (émotions, stress, restriction le midi ou sport intense, etc.). Ca m’aidait à prendre du recul, à faire le point, et à essayer de démeler le cercle vicieux dans la théorie. Et je suis persuadée que ça a aidait mon cerveau à comprendre les choses pour en sortir petit à petit.

Aussi, je voudrais vous inviter à voir les compulsions comme une pulsion de vie, comme un message de votre corps et de votre esprit pour vous sauver, plus que comme un échec personnel. Vous n’avez pas échoué en répondant à votre compulsion, vous n’avez pas commis de faute, vous n’avez pas été faible, ni manqué de volonté. C’est votre corps qui a tenté de répondre à ses besoins car le TCA lui en empêche. Votre corps a fait ça car il veut vivre, parce qu’il en a besoin pour fonctionner et lutter contre la restriction imposée par votre TCA.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Faim extrême, Mieux connaître, 0 commentaire
« Comment savoir si mon corps a retrouvé son poids de forme ? »

« Comment savoir si mon corps a retrouvé son poids de forme ? »

« Comment savoir si mon corps a retrouvé son poids de forme ? »

C’est une question que l’on m’a déjà souvent demandée, et je pense que j’ai dû aussi me la poser lorsque je souffrais moi-même d’anorexie.

En général, “retrouver un poids de forme,” c’est un peu l’objectif général que l’on se donne pour guérir de son trouble alimentaire. C’est peut-être même l’objectif que t’a donné un médecin, un de tes proches… ? Bref, c’est un peu une donnée qui revient souvent dans le cadre des troubles alimentaires. 

Pourtant, je l’ai déjà dit pleeeeeeeein de fois. Le poids de forme, tout comme le poids en général, ne sont pas des indications de guérison d’un trouble alimentaire. Et je le redis : prendre du recul vis-à-vis des chiffres, se détacher de la balance, de son poids… C’est vraiment indispensable, ça fait partie de la guérison (même si je sais bien que c’est bien plus facile à dire qu’à faire. Mais si je n’avais jamais pris ce recul-là, j’aurais toujours un pied dans les TCA, je serais dans ce que j’appelle la quasi-guérison).

Pour autant, je vais quand même répondre à cette question en vous donnant les signes et je vous partagerai quelques conseils.

Qu’est-ce que le poids de forme ?

Je commence par redéfinir ce qu’est le poids de forme.

Le poids de forme, c’est le poids que le corps maintient naturellement pour être en bonne santé. C’est un poids où le corps fonctionne de façon optimale (tant sur le plan physique, mental, hormonal, etc.). Deux choses qui sont essentielles à dire, selon moi, concernant le poids de forme : 

Il varie d’une personne à une autre.

Il n’est pas défini selon votre taille, votre âge… Il est défini surtout selon la génétique. Donc ça, c’est vraiment important à garder en tête parce que ni moi, ni votre médecin, ni vous, ni n’importe quelle personne autour de vous ne pouvons prédire votre poids de forme. J’ai dit “ni moi” parce que parfois, on me pose la question “quel doit être mon poids de forme ?”, et je n’ai pas la réponse. Et je sais que ça, c’est vraiment difficile à accepter, parce qu’on est dans une société où l’on vous fait croire que vous avez le contrôle sur ça, que vous pouvez décider de votre poids de forme. Mais si vous cherchez à atteindre un poids précis, vous perdez le contrôle des besoins de votre corps, vous vous déconnectez de votre corps, et vous vous éloignerez justement de votre poids de forme. Donc tout ça pour dire que c’est inutile de se donner un objectif de poids de forme. Parce que vous ne pouvez pas le deviner en amont. Et si jamais vous dépassez ce poids que vous vous fixez, vous allez être affolé. Vous allez penser que vous vous y prenez mal, et donc vous allez vous engager dans des comportements de restriction ou de compensation… bref, vous n’allez absolument pas agir dans le cadre de votre guérison (au contraire).

il ne s’agit pas d’un poids fixe.

L’autre chose que je trouve importante à dire concernant le poids de forme, c’est qu’en réalité, il ne s’agit pas d’un poids fixe. Il s’agit d’une fourchette de poids, dans laquelle vacille votre corps, et dans lequel il se sent bien. Parce que oui, le poids varie, et c’est NORMAL. Vous n’êtes pas une machine qui doit cocher des cases et être réglée précisément sur une seule donnée numérique. Votre poids de forme ne sera pas le même toute votre vie. On ne fait pas le même poids de forme à 15 ans, à 20 ans, à 30 ans, à 40 ans… à 60 ans, etc. Il faut accepter que nous sommes des êtres vivants, on évolue avec le temps, on ne reste pas figé à un poids toute notre vie. Et encore une fois, il faut l’accepter. 

votre poids de forme ne sera peut-être pas le même qu’avant de tomber malade.

Donc, une autre chose à accepter, c’est que votre poids de forme ne sera peut-être pas le même qu’avant de tomber malade. Et d’ailleurs, un poids de forme ne dit rien de votre silhouette non plus. Je trouve que je n’ai absolument pas la même silhouette entre aujourd’hui et avant la maladie (j’avais 19 ans quand je suis tombée malade, j’en ai maintenant 29.) Donc 10 ans me séparent de ce moment-là. Évidemment, mon corps a changé. J’étais donc persuadée de faire un poids nettement supérieur à mes 19 ans. Vous le savez, la balance ne fait plus partie de ma vie, donc je ne connaissais spas mon poids, c’étaient des suppositions. Avec la grossesse que j’ai eue, j’ai été amené à connaître mon poids du 1ᵉʳ mois. Et j’ai été très étonné de réaliser qu’en fait, mon poids était 2-3 kilos en deçà de ce que je pesais au moment où je suis tombée malade. Tout ça pour vous dire que le poids ne veut rien dire, car pourtant, ma silhouette et mes formes se sont davantage développées entre temps. Je ne sais pas si vous avez déjà vu ces photos aussi où l’on voit genre 5 personnes avec une silhouette totalement différente, et il y a une phrase en dessous qui indique qu’en fait, elles font toutes le même poids. Cette image partage la même idée que ce que je viens de vous présenter. 

Donc voilà, je vous ai redéfini ce qu’est le poids de forme, dans un contexte de guérison de TCA. 

Comment accepter que l’on ne puisse pas choisir son propre poids de forme ?

Je viens de vous dire plusieurs fois que c’est primordial d’accepter que vous n’avez pas de contrôle sur ce poids de forme.

Mais alors, comment faire pour l’accepter ? C’est quelque chose que l’on me demande aussi.

Et moi je vous demanderai de vous poser d’autres questions : 

  • Pourquoi ne pas l’accepter ? Pour quelles raisons ?
  • Qu’est-ce qui se passerait si vous ne pouvez pas le contrôler ? 
  • Vous avez peur d’être une personne moins bien ? Moins belle ? Qui a moins de valeur ? 
  • Vous avez peur d’être moins méritante ? De moins réussir votre vie ? 
  • Vous avez peur de ne pas réussir votre vie si vous ne contrôlez pas ça ?
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La réalité, c’est que tout ça, c’est des croyances erronées, que vous avez à cause de la maladie, ou à cause de ce qu’on vous a inculqué, à travers la culture du régime, ou à travers votre éducation. Et c’est ultra-important de comprendre les croyances erronées que vous avez derrière ça, les peurs que vous avez, pour les déconstruire. 

Pour l’accepter, c’est aussi indispensable de faire un vrai travail d’acceptation corporelle (en retraçant votre histoire avec votre corps, les origines des croyances erronées que vous avez sur votre corps/votre poids. En apprenant à identifier les discours de la culture du régime, en apprenant à prendre du recul, à se protéger. Et en faisant des exercices pour apprendre à voir son corps autrement qu’à travers l’apparence, à mettre en place des routines, des exercices pour nouer une relation de confiance avec son corps.)

Donc tout ce que j’ai dit là, c’est quelque chose qui prend du temps déjà, mais qui doit être fait dans la guérison des TCA. C’est souvent quelque chose qu’on passe à la trappe parce qu’on ne sait pas trop comment le travailler. Je vous invite à trouver un psychiatre ou thérapeute spécialisé en TCA avec qui vous pourriez travailler ça. 

Une grosse partie de mon programme Butterfly Body se concentre aussi sur ça, si vous voulez le travailler en autonomie.

Le temps aide aussi. Juste le temps ne suffit pas, c’est certain. Mais je trouve qu’avec le temps, j’accepte mieux en général les choses sur lesquelles je n’ai pas de contrôle. Je trouve que c’est quelque chose sur laquelle j’ai beaucoup travaillé dans ma guérison : me demander “est-ce que tu as vraiment le contrôle ? Si la réponse est non, alors la seule chose sur laquelle tu as le contrôle, c’est ta façon de voir les choses sur ce point-là”. J’avais lu une citation durant ma guérison qui avait énormément résonné en moi, donc je vous la partage si jamais ça peut résonner en vous : « On ne peut pas contrôler ce qui nous arrive, mais on peut contrôler la façon dont on y répond. »

Les signes physiques démontrant que tu as atteint ton poids de forme

J’ai pris beaucoup de temps avant d’arriver aux signes. Parce que je voulais vraiment insister sur le fait qu’on ne peut pas contrôler le poids de forme, et que ça ne doit pas être un objectif de votre guérison.

Après, oui, il y a des signes physiques et psychologiques qui indiquent que tu as atteint ce poids de forme. 

Je commence par vous parler des signes physiques :

Le poids est maintenu naturellement.

Ça, je l’ai déjà dit, mais qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire qu’il n’y a pas d’actions de compensation ou de restriction qui sont faites pour maintenir ce poids. Typiquement, quelqu’un qui calcule à la lettre ses calories par jour pour s’assurer qui ne dépasse pas x calories/ jour au risque de dépasser le poids qu’il fait ; c’est que ce n’est pas son poids de forme. C’est que ce nombre de calories n’est pas non plus adapté aux besoins de la personne. Donc ça, c’est quelque chose que vous pourrez vous rendre compte sur le long terme. Parce que, notamment dans le cadre d’une reprise de poids après un TCA restrictif comme l’anorexie, il peut y avoir des variations de poids au début qui sont complètement normales (même si je sais que ça fait peur). J’ai fait une vidéo sur ce sujet qui est gratuite, dans mon programme offert. Si vous ne l’avez pas encore vu, vous pouvez vous inscrire à ce programme ici.

Les sensations de faim & de satiété sont stables.

Ça, c’est aussi un bon signe que vous avez atteint votre poids de forme. Mais c’est quelque chose que vous ne verrez pas rapidement, parce que là aussi, les sensations de faim & de satiété ne reviennent pas du jour au lendemain ni de façon linéaire. C’est-à-dire que si certains jours, vous avez la sensation de les avoir retrouvés, de savoir les écouter, d’autres jours, ça peut être complètement anarchique. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà cassé une jambe ou fais une entorse à n’importe quel membre en fait : la guérison n’est pas linéaire. Il y a des jours où la douleur peut être plus importante alors que ça semblait pourtant aller mieux. 

le retour du cycle menstruel pour les femmes ?

Un autre signe physique qui peut être clairement questionné, c’est le retour du cycle menstruel pour les femmes.  

C’est un facteur sur lequel beaucoup de personnes du corps médical (et pas que d’ailleurs) vont se baser et le prendre comme indicateur de guérison et comme retour d’un poids de forme.

Pourquoi c’est discutable ?

Parce qu’encore une fois, ce qui va surtout jouer ici, c’est la génétique. Certaines personnes vont vite retrouver des cycles menstruels alors qu’elles n’ont absolument pas atteint leur poids de forme, et d’autres personnes sont à leur poids de forme depuis quelques mois, pourtant, les règles ne reviennent pas. Ça, c’est vraiment propre à chacun et encore une fois, vous n’avez pas le contrôle là-dessus. Donc moi, je ne le mettrai pas en signe physique d’un poids de forme atteint.  

Température corporelle régulée

Les personnes qui sont en sous-poids ont souvent du mal à réguler leur température corporelle et ont donc très facilement froid, même en été parfois. Lorsque le poids de forme est atteint (et maintenu), le corps sait à nouveau réguler sa température corporelle.

Retour de la libido

Même chose, le retour de la libido peut être un signe que vous avez retrouvé votre poids de forme. Mais une fois de plus, ça reste subjectif à chaque personne. Quand on dit qu’il existe autant de TCA que de personnes qui en sont atteintes, c’est parce que le TCA se manifeste différemment chez chacun. Et donc certains vont être plus vite affectés par ce symptôme, alors que d’autres non. Et ce n’est pas parce que vous n’avez jamais eu de baisse de libido que votre TCA était moins grave ou que vous avez gardé votre poids de forme. Tout comme les femmes qui n’ont jamais vu leurs règles s’arrêter, ça ne veut pas dire qu’elles ont toujours été à leur poids de forme. Encore une fois, la génétique a un rôle majeur. 

Amélioration du système immunitaire

Un corps qui est malnutri, dont les besoins ne sont pas comblés, est forcément carencé. Donc c’est un corps qui est plus susceptible de tomber malade. Alors, personnellement, je me souviens que les premières années dans la maladie, à l’inverse, je n’étais pas du tout malade. Et donc j’étais fière, je disais “bah vous voyez, c’est depuis que je mange mieux !”. (Parce que selon moi, au début, je faisais juste un rééquilibrage alimentaire). Mais par la suite, je n’arrêtais pas de tomber malade h24, à me choper le moindre virus. En fait, au début, je ne me donnais même pas la possibilité de m’arrêter ½ journée pour être “malade”. J’avais la sensation sans doute de trop m’écouter, de ne pas mériter de repos donc “je tenais bon”. Mais jusqu’à ce que mon corps n’en puisse plus. Je vous le dis, au cas où vous vous faites la réflexion que vous n’êtes pourtant jamais malade, même en étant dénutri. C’est peut-être tellement vous bloquez mentalement. 

Finalement, en vous donnant ces différents signes physiques, je me rends compte que oui, il y a des signes. Mais en fait, ils ne sont pas immédiats (dans le sens où ce n’est pas dès que vous avez atteint votre poids de forme, vous récupérez un bon système immunitaire, vous avez une bonne gestion de votre température corporelle, etc. Le temps et la génétique influent énormément. 

Les signes psychologiques attestant que tu as atteint ton poids de forme

Je me suis noté quelques signes plutôt d’ordre psychologique cette fois: 

Meilleure gestion du stress & des angoisses

Lorsque vous aurez atteint votre poids de forme, vous pourrez remarquer une meilleure capacité à gérer votre stress aussi bien de façon mentale que physique d’ailleurs. Quand je dis physique, c’est que vous aurez moins de maux de tête ou de fatigue générés par le stress. Et d’un point de vue psychologique, vous verrez que vous aurez moins d’angoisses irrationnelles. Avant de reprendre du poids, j’avais une peur bleue de regagner du poids. J’étais persuadée que j’allais reprendre indéfiniment, j’avais peur de ne plus contrôler, j’avais peur de mal prendre, j’étais vraiment mal. Et à mesure que je reprenais du poids, même si évidemment, ce n’est pas simple à accepter sur le moment-même et ça restait difficile, bah pour autant, ces angoisses diminuaient. Et à la fin, j’acceptais des choses qui, quelques semaines auparavant, m’auraient semblé insurmontables. Parce qu’un corps qui n’a pas atteint son poids de forme est un corps qui a un cerveau dénutri. Et un cerveau dénutri, c’est un cerveau qui a peur, qui est obsessionnel, irrationnel, avec une réalité complètement biaisée. C’est un cerveau qui est plongé constamment dans un environnement anxieux. 

Et donc, plusieurs autres signes, qui sont la conséquence de ce que je viens d’expliquer : 

  • Moins d’obsession autour du poids, de la nourriture
  • Moins d’anxiété lors des repas
  • Capacité à penser à d’autres choses, à avoir de nouveaux projets, à ressentir davantage de joie, de plaisir avec d’autres choses que de la nourriture, du sport, etc.

En gros, les pensées autour de la nourriture et du corps seront moins envahissantes, vous aurez moins ce besoin de devoir tout anticiper, tout contrôler avant/durant les repas, vous aurez une meilleure gestion de la culpabilité. 

Mais globalement, une fois de plus, comme pour les signes physiques, ces signes psychologiques, ils viennent avec le temps. Ce n’est pas dès que vous aurez atteint votre poids de forme que tout va s’apaiser. Et d’ailleurs, ce n’est pas qu’en atteignant votre poids de forme que tout va s’apaiser, surtout sur les aspects psychologiques. Ce que je veux dire, c’est que c’est primordial de coupler la réalimentation (et reprise de poids) avec des thérapies psychologiques pour travailler sur tout l’aspect mental de la maladie. Je l’ai déjà souvent dit, les TCA demandent une prise en charge pluridisciplinaire. C’est-à-dire que sans travailler sur le côté psychologique, ce n’est pas possible d’en sortir, mais tout comme sans atteindre son poids de forme, sans réintégrer toutes les catégories d’aliments sans les diaboliser, on ne peut pas non plus parler de vraie guérison. 

“Si j’ai encore des symptômes de la maladie, ça veut dire que je n’ai pas atteint mon poids de forme ?”

Non vraiment, comme je dis, il y a aussi le temps qui joue et la génétique. Donc c’est possible que vous n’ayez toujours pas vos règles ou que vous avez toujours énormément d’angoisses, alors que vous arrivez doucement à votre poids de forme ou que vous l’avez atteint. D’où l’importance de se donner du temps et d’où l’importance aussi de faire un travail pluridisciplinaire. Par exemple, parfois, certaines personnes ne focalisent sur le poids et font tout pour atteindre un certain poids. Sauf qu’en parallèle, elles n’ont fait aucun travail sur les croyances erronées des aliments qu’elles ont peur, ou aucun travail d’acceptation corporelle, donc il y a encore énormément d’angoisses obsessionnelles autour du poids et de l’alimentation.

Après, moi, je suis littéralement passée par là, c’est-à-dire que j’ai regagné du poids et de mon expérience, on note quand même assez rapidement déjà des effets positifs. Par exemple, assez rapidement, j’ai ressenti un regain d’énergie ou d’intérêt sur de nouveaux sujets/projets. Assez rapidement, j’ai remarqué que certaines angoisses étaient amoindries. Quand je dis assez rapidement, c’était en moins de 2 mois. Mais pour d’autres symptômes, ça a pris beaucoup plus de temps. Donc encore une fois, c’est subjectif. 

Rah, je suis désolée, parce que ça doit être frustrant d’entendre ça pour les personnes qui s’attendaient à une réponse précise de ma part à la question “quand est-ce qu’on sait si on a atteint notre poids de forme ?” 

Votre poids de guérison n’est pas forcément votre poids de forme.

Après une autre chose que je voudrais partager, c’est que le poids se stabilise aussi avec le temps. Ce que je veux dire, c’est que le poids que vous pourriez atteindre durant la guérison n’est pas forcément votre poids de forme non plus.

Pourquoi je dis ça ? Parce que, comme j’ai connu le poids que je faisais au 1er mois de ma grossesse, ou du moins juste avant, et j’ai donc vu qu’il était inférieur au poids que je faisais la toute dernière fois où je m’étais pesée lorsque j’étais en guérison de l’anorexie. Le poids en guérison peut vraiment beaucoup fluctuer et être influencé par de nombreux facteurs (rétention d’eau, digestion ralentie qui maintient les aliments plus longtemps dans le bol intestinal, hormones, etc.). 

Ce qu’il faut retenir là-dedans, c’est que votre corps sait ce qu’il fait. Il agit pour vous et son objectif de vie, c’est d’être en bonne santé. Il n’a aucun intérêt à ne pas être en bonne santé. Donc s’il doit se stabiliser, il le fera. Et c’est quand vous lâcherez prise, que vous lui ferez confiance sur sa capacité à vous mener à son poids de forme, le poids où il est en bonne santé, qu’il vous y mènera justement à ce poids de forme, naturellement.

“Comment faire pour accepter son poids de forme s’il est supérieur à celui que je veux ?”

Alors, ça, c’est une question que l’on m’a posée. Et honnêtement, si vous vous la posez également, c’est que vous n’avez toujours pas accepté le fait que vous ne pouvez pas contrôler votre poids de forme. Et en vrai, ce n’est pas grave. Je veux dire que moi aussi, j’ai eu une longue période durant laquelle je n’acceptais pas ça. ça prend du temps. Et là, le fait de lire cet article, ça va vous permettre de semer une graine qui germera peut-être dans encore quelques mois. Ou ça aidera peut-être une autre graine à germer. D’ailleurs, n’hésitez pas à le lire plusieurs fois, pas d’affilée, genre dans 1 semaine ou 1 mois… pour entendre d’autres informations. C’est comme lorsque vous regardez un film plusieurs fois, la 2ᵉ ou 3ᵉ fois, vous allez parfois repérer des éléments que vous n’aviez pas vus la 1ʳᵉ fois. Ou parfois, lorsqu’on relit un livre, on y voit un message différent de la première fois où on l’a lu : parce qu’on n’est pas toujours disposé/prêt à tout entendre. Donc bref, ça peut être intéressant de le lire plusieurs fois. 

Donc comment faire pour accepter que ce poids de forme est supérieur… eh bien je vous renvoie un peu plus haut, à ce que j’avais dit en amont quand je réponds à la question “Comment accepter que l’on ne puisse pas choisir son propre poids de forme ?” 

Je sais que vous aimeriez avoir un chiffre précis, savoir exactement quand vous aurez atteint votre poids de forme. Mais ce n’est pas possible. Et accepter ça, ça fait partie de la guérison. Accepter que vous ne puissiez pas tout contrôler. 

Accordez du temps aussi à votre corps pour retrouver ses repères, se réguler, se réparer.

Je sais, vraiment, que ce n’est pas simple. Je vous dis ça maintenant que je suis sortie des TCA, que mon poids est stabilisé. Mais j’ai tout de même fait un gros travail d’acceptation corporel, pour accepter que mon corps est bien fait. Et c’est quelque chose qui vous servira pour toute votre vie. J’en suis la preuve une fois de plus. Je sors de 9 mois de grossesse au cours desquels j’ai pris 14 kilos (même si je ne voulais pas le savoir, j’ai fini par le savoir, car on te pèse à chaque rdv. Non pas qu’on veuille surveiller ton poids d’un point de vue apparence, mais une prise de poids rapide dans le cadre de la grossesse pourrait être lié à un diabète gestationnel ou à une autre pathologie qui mettrait en danger le bébé, donc c’est très surveillé).

Bref, si je n’avais pas fait ce travail d’acceptation corporelle et de confiance en mon corps durant la guérison des TCA, je pense que je vivrais très mal le post-partum d’un point de vue corporel, que je me pèserais sans cesse (et c’est hors de question que je remonte sur une balance chez moi, ça reste médical pour moi).

Donc, sachez que ce travail que vous faites là, vous le faites pour votre guérison, mais plus globalement, vous le faites pour votre vie, pour avoir un rapport plus sain à votre apparence, au corps, au poids d’un point de vue général. Et croyez-moi, vous vous démarquerez dans ce monde où (j’ai l’impression), la plupart des gens ont une relation très malsaine au poids et au physique plus globalement.

Aujourd’hui, avec le recul, je sais à quel point le poids est insignifiant, dans le sens où vraiment, ça ne veut rien dire. Ça ne dit pas qui tu es, ça ne dit pas non plus forcément ton état de santé. Si tu te fies à l’IMC par exemple, tu as plein de gens qui sont en mauvaise santé (en sous poids comme en surpoids) alors qu’en réalité, pas du tout. Et je vous dirais encore plus que le poids, dans le cadre de la guérison d’un TCA restrictif (où vous avez perdu du poids notamment), la première année, c’est encore moins parlant. Comme je vous l’ai dit auparavant : à cause de la rétention d’eau, des hormones qui ne sont pas encore forcément stables, de votre digestion qui tourne encore au ralenti… Enfin, je vous conseille vraiment d’aller voir la vidéo que j’ai faite qui s’appelle “Ce qui peut se passer vis-à-vis de ton poids” au début de la reprise de poids. 

Ce que je peux vous dire en mot de fin, c’est réellement de vous accorder du temps et de faire confiance à votre corps. Et puis, un conseil indispensable que je ne cesserais de donner : c’est de lâcher votre balance. Vraiment, c’est ultra-important. Votre balance, pour le moment, c’est un outil de votre TCA, pas de votre guérison. 

Bon désolée, parce que cet article peut être frustrant si vous vous attendiez à une réponse claire qui répondrait à la question posée dans le titre. Mais je préfère être honnête et vous rappeler l’importance de vous détacher des chiffres. Si vous voulez compléter, je vous invite à écouter un autre article que j’ai fait il y a un peu plus longtemps où je parle de l’IMC (et du poids de forme d’ailleurs) et j’explique pourquoi ce sont de mauvais indicateurs pour les troubles alimentaires.

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, Peur du poids, 0 commentaire
Guérison TCA : « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi ? »

Guérison TCA : « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi ? »

Guérison TCA : « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi ? »

On se retrouve pour un nouvel article que j’ai appelé « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi en guérison ? ». Ce titre, je l’ai mis entre guillemets, car il s’agit d’une phrase que tu as déjà pu te dire, et que beaucoup de personnes ayant un trouble alimentaire (ou ayant eu) peuvent être amenées à penser (moi la première !).

Du coup, j’ai eu envie de créer un contenu qui va venir répondre à cette question, en quelque sorte, et que tu pourras lire dès que tu te diras cette réflexion.

J’ai plein de choses à dire par rapport à ça (j’ai toujours plein de choses à dire sur le sujet des TCA toute façon, parce qu’il n’y a jamais une réponse simple et concise. Enfin, rarement ! Puisque les TCA sont des maladies aux problématiques complexes…). Mais tout ça pour dire que je vais un peu donner mes idées « en vrac », ce n’est pas forcément ordonné.

C’est normal que tu ressentes ça

Je commence par te dire que vraiment, c’est normal ce ressenti que rien ne fonctionne pour toi. Comme je viens de le dire, tu n’es pas la/le seul(e)l à ressentir ça :  je fais le pari que quasi toutes les personnes ayant un TCA ont au moins pensé ça une fois dans leur guérison, y compris les personnes qui en sont totalement sorties. 

Moi-même je me suis souvent dit ça lorsque j’étais malade. Parce que, encore une fois, les TCA sont des maladies vraiment complexes. C’est l’une des maladies mentales les plus difficiles à combattre, donc forcément, iil y a de nombreuses phases de désespoir (peut-être même que tu ressens ce sentiment que rien ne marche constamment). C’est une maladie aux problématiques complexes, donc il n’y a pas de « traitement » qui a des effets notables. Ce n’est pas un chemin de guérison où tu vas essayer une séance de n’importe quelle thérapie et tu vas voir un effet direct.

Donc ce qu’il faut retenir de ce premier point, c’est que c’est normal de ressentir ça et surtout, ça ne veut pas dire que c’est la réalité. Je veux dire que moi, la plupart du temps, je n’avais pas l’impression d’avancer. Ou alors, j’avais la sensation qu’à chaque pas en avant, j’en faisais 10 en arrière. Et pourtant, j’en suis sortie ! C’est avec le recul que je peux analyser les moments où j’avançais dans ma guérison. Mais à l’instant T, je ne le percevais pas. Donc c’est pareil pour toi ! Ce n’est pas parce que tu as la sensation que rien ne fonctionne que c’est le cas, en réalité, tu avances !

Tu ressens ça à cause de la comparaison

L’une des raisons qui peuvent expliquer ce sentiment que rien ne fonctionne, c’est à cause de la comparaison. La comparaison, c’est pour moi un symptôme ultra-fréquent dans les TCA, j’appelle d’ailleurs ça la comparaison malsaine, et j’en ai dédié un épisode complet (l’épisode 36). Ici, je vais vous parler de la comparaison que tu peux avoir avec les autres personnes malades (ou celles qui ont été malades).

Souvent, cette comparaison, elle se fait via des groupes de parole, ou pour les personnes qui sont prises en charge à l’hôpital et qui rencontrent d’autres malades. Mais la comparaison est surtout faite sur les réseaux sociaux. Même chose, j’ai fait un article sur le sujet des réseaux sociaux (comment ça impacte votre guérison et comment s’en protéger). Je t’invite à lire ces deux articles évidemment, mais je voudrais vraiment te rappeler que les chemins de guérison représentés sur les réseaux sociaux ne peuvent pas représenter la réalité.

Déjà parce que les personnes qui créent ces contenus ne montrent pas toujours tout. Mais surtout, parce que c’est ultra-difficile de représenter exactement ce qu’est un chemin de guérison. On ne peut pas en un post ou un réel représenter des années de combat. Donc non, la guérison ce n’est pas : 

❌ Manger des bols d’avoine ou d’avocado toast

❌ Devenir une fit girl qui va à la salle et qui progresse de semaine en semaine 

❌ Pleurer devant un fear food ou lors d’une sortie au resto, mais finalement en être fière

❌ Faire une énième crise, mais en tirer des leçons et réussir à les diminuer petit à petit

La guérison, c’est bien plus complexe, ce sont vraiment des montagnes russes. 

Et d’ailleurs, je suis assez certaine que certaines d’entre vous ont déjà comparé leur chemin de guérison au mien et ont peut-être culpabilisé en se disant « Mais elle, elle y arrivait, elle avançait vraiment contrairement à moi ». Et j’en suis sincèrement désolée si tu t’es déjà dit ça. Je pense que la maladie et l’exigence qu’elle impose aux personnes malades rendent cette comparaison assez inévitable. Et bien que je le dise très souvent, que j’essaie d’être la plus transparente possible pour vous montrer à quel point j’ai galéré aussi, tu l’as peut-être quand même ressenti cette comparaison. D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui a fait que j’ai voulu écrire mon roman « L’anorexie, mon bouclier mortel ». Parce que c’est beaucoup plus « facile » de représenter toutes les galères que j’ai traversées, de le faire transparaitre dans un livre de 300 pages plutôt qu’un carrousel de 10 pages sur Instagram. 

Mais en tout cas, si tu t’es dit que je m’en sortais mieux que toi : non, chacun avance à sa façon, à son rythme, et il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de guérir.

Tu as des attentes irréalistes

Une autre raison pour laquelle tu as la sensation que rien ne fonctionne, c’est que tes attentes sur la guérison sont irréalistes. Et ces attentes peuvent d’ailleurs être faussées par ce que tu vois sur les réseaux sociaux, ce qui rejoint le point précédent et renforce mon conseil sur l’importance de se détacher de ce que tu vois sur les réseaux sociaux.

objectifs-trouble-alimentaire

Peut-être que tes attentes sont irréalistes sur le côté temporel, c’est-à-dire que tu t’attends à vite remanger ou réussir certaines choses qui te terrifiant en peu de temps. Ou peut-être que tu as déjà fait une dizaine de séances de psy et tu t’attends à ce que tes problèmes psy soient totalement réglés. Je vais dire quelque chose qui va peut-être décourager, mais personnellement, j’ai eu besoin d’au moins 7 ans de thérapie pour que mes problèmes psy soient quasi totalement réglés (et j’ai encore des petites choses à travailler). Alors non, ça ne veut pas dire que tu vas prendre des années, parce qu’en quelques mois, j’allais déjà mieux sur certains aspects, mais il faut garder en tête quand même que souvent les problèmes sont tellement profonds, qu’ils datent de plusieurs années, voire de l’enfance, que oui, ça prend du temps.

Tu as aussi peut-être des attentes irréalistes sur une méthode, une thérapie en particulier. Par exemple, je parle souvent de l’EMDR. Certaines personnes s’attendent à des effets un peu « du jour au lendemain », en 2-3 séances. Personnellement, j’ai vu des effets en plusieurs mois. Et au-delà de ça, c’était une thérapie qui m’allait, et ça ne veut pas dire que ça te conviendra forcément. 

L’état d’esprit que j’adoptais quand je tentais une nouvelle thérapie, c’était de me dire que ça pouvait vraiment fonctionner (parce que si tu pars défaitiste, il y a de grandes chances que cette thérapie ne t’apporte rien. Le mental joue beaucoup.) Mais par contre, je ne m’attendais pas à des miracles, ou à des changements notables. Je partais en sachant que ça m’apporterait quelque chose, ça m’aiderait, mais ça n’allait pas me transformer. Et je pense que c’est important de ne pas placer ses attentes trop haut parce que sinon tu vas être déçu et tu vas te décourager. 

L’autre fois, j’ai eu un flower call, donc un appel individuel, avec une fille qui souffrait d’anorexie. Et on a eu un échange ultra-intéressant sur les attentes justement. Elle me disait grosso modo qu’elle voulait guérir, et que du coup, elle avait très souvent des périodes où elle était à fond dans la guérison, mais dès qu’une crise revenait ou dès que la maladie « gagnait », alors elle s’arrêtait dans son mindset de guérison parce qu’elle se disait « en fait, ça ne sert à rien, ça ne fonctionne pas ». Et je lui disais qu’il ne faut pas viser la guérison totale tout de suite. J’avais alors réalisé qu’en fait, je n’avais pas visé initialement une guérison totale, parce qu’on m’a tellement dit « ça reste toujours en fond », que je me disais, il faut déjà que j’arrive à cet état de mieux, même s’il y a des restes. Et je suis arrivée à cet état de « mieux » qui n’était donc pas la guérison totale (c’est ce que j’appelle la quasi-guérison). Et c’est quand j’étais à ce stade, que j’avais déjà fait de nombreux pas, que j’avais déjà avancé sur de nombreuses problématiques, que j’avais déjà plus d’énergie, que j’ai finalement pu atteindre la guérison totale (parce que oui, elle est possible, sans qu’elle reste en fond à vie). 

Mais c’est comme la métaphore de l’escalier : quand tu montes l’escalier, tu regardes la prochaine marche, tout au plus les 3 prochaines. Tu n’espères pas arriver sur le palier d’au-dessus dès le prochain pas en avant. 

Et j’en profite aussi pour redire que la guérison, c’est surtout essayer plus que réussir. Dans mon chemin de guérison, si je l’analyse grosso modo, j’ai la sensation que 95 % du temps, j’essayais de lutter contre la maladie, mais que c’était elle qui « gagnait ». Peut-être que concrètement, j’avais encore compensé, je m’étais encore restreint, j’étais restée dans ma zone de confort. Mais j’avais essayé de lutter contre, j’avais indiqué à mon cerveau qu’il existait une autre voie possible que celle de la maladie, un chemin plus positif qui amène à la vraie vie. Et quand tu essaies, tu avances. Vraiment, même si en finalité, c’est la maladie qui a gagné, tu as avancé. 

Ça me fait penser aussi aux personnes qui sont malades depuis 20 ans et qui me disent que de ce fait, elles n’arriveront pas à en guérir. Oui, c’est vrai que la maladie est installée depuis plus longtemps. Mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas possible de s’en sortir. Par contre, oui, peut-être que l’on ne peut pas avoir les mêmes attentes qu’une personne qui est malade depuis 3-5 ans. Mais les attentes vont être différentes sur le temps que ça prendra, sur les types d’avancés. Donc pour moi, c’est quand même possible, mais il ne faut pas se fixer d’objectifs non réalisables, et se dire que c’est vraiment un travail qui se fait petit à petit.

Donc, fixe-toi vraiment des objectifs atteignables, réalistes. Par exemple : 

  • Ne plus avoir de balance chez soi
  • Changer son utilisation des réseaux sociaux
  • Faire une activité qui va t’aider à te reconstruire, qui n’a pas de rapport avec le corps/l’alimentation
  • Utiliser une distraction dès que tu entends une conversation sur les régimes
  • Dès que tu as un discours intérieur négatif, t’apporter de la bienveillance et te dire quelque chose que tu dirais à une personne que tu aimes vraiment

Ces objectifs te paraissent peut-être bidon ou pas assez grands, mais moi, je parle de ces objectifs. Parce que rien que quand tu réussiras vraiment à remplir déjà tout ce que j’ai dit là, tu vas avancer dans la guérison, tu auras affaibli la maladie. Et c’est avec des petits pas comme ça que tu avances. 

J’en profite d’ailleurs aussi pour dire que je ne recommande pas d’avoir des objectifs chiffrés sur le poids, l’IMC, les grammes, les calories… La guérison, c’est aussi prendre du recul sur toutes ces données chiffrées, c’est changer son regard par rapport au poids, aux calories, etc. Donc si vraiment ce sont des données qui doivent être surveillées, préfère garder ça aux médecins, sans que tu aies à t’en occuper. Et surtout, on ne peut pas prédire comment le corps va réagir, on ne peut pas contrôler la reprise de poids ni les besoins de ton corps (certains jours tu auras plus faim, et se mettre un objectif de gramme ou de calorie, c’est risquer de se le mettre comme maximum, plutôt que comme minimum. Donc ça en devient contre-productif pour la guérison, et ça finit par alimenter le côté maladie).

Wow, j’ai dit beaucoup de choses sur ce point-là, mais je trouve vraiment que c’est des informations importantes, des prises de conscience que j’ai eu et qui ont beaucoup joué dans mon chemin de guérison, donc j’ai envie de vous les partager (même si c’est des choses que j’ai déjà pu dire dans d’autres contenus, la répétition ne fait pas de mal dans la guérison des TCA !)

Nécessité de combiner & tester plusieurs approches

Une autre raison pour laquelle tu as l’impression que ça ne fonctionne pas, c’est qu’il y a certaines dimensions de la guérison qui ne sont pas traitées. 

Je l’ai déjà dit dans plusieurs contenus et je pense notamment à celui où je parle de mon parcours de soin que je t’invite à lire.

Mais en gros, les troubles alimentaires touchent pas mal d’aspects de ta vie et ce sont des maladies dont le traitement est multidimensionnel.

Si je devais catégoriser les dimensions à travailler, ce seraient les suivantes : 

Physique

Évidemment, le côté physique doit être travaillé. C’est-à-dire que si tu es en sous-poids, en dénutrition, ton corps a besoin de retrouver son poids de forme pour avoir l’énergie nécessaire de se battre contre la maladie. 

Alimentaire

Même chose, si tu ne réintègres pas les catégories d’aliments que tu diabolises, si tu es toujours dénutrie, la guérison totale ne sera pas possible.

Psychologique

Qui est pour moi la phase la plus importante. L’alimentation, le poids, ce sont des conséquences de la maladie, mais pas les causes. Donc c’est important de traiter les causes pour une guérison totale.

Restructuration cérébrale

restructuration cerebrale trouble alimentaire

Quelque chose qui est très souvent oublié/mis de côté. Je trouve qu’on en parle trop rarement dans les traitements. Mais pour faire simple, notre cerveau va créer des schémas de croyances à partir de nos pensées et de nos actions. Exemple : si devant un plat de pâtes, le TCA te fait avoir peur. Alors ton cerveau associe que pâtes = danger. Et à chaque fois que tu ressentiras cette peur, ça renforcera cette croyance (qui est erronée). Autre exemple : Si dès que tu as un paquet d’aliments dans les mains, tu regardes les calories, alors ton cerveau enregistre que les calories sont une donnée auxquelles il faut accorder de l’importance.

En gros, ton TCA (et parfois la société, et même ton éducation) va te donner un ensemble de croyances erronées. Et ça concerne la nourriture, l’apparence, mais aussi de nombreux autres aspects de ta vie (exemple : parfois au travail, tu te dis que toi, tu dois travailler plus que les autres, car tu es moins intelligent(e). Parfois dans ta vie sentimentale : tu te dis que tu ne mérites pas quelqu’un qui te respecte, que tu dois te dévouer à cette personne pour être aimé, etc). Et en gros, la restructuration cérébrale, c’est identifier ces croyances erronées pour les déconstruire et reconstruire un ensemble de croyances saines. C’est un travail minutieux, qui prend du temps, qui va se faire petit à petit. Ça passe par beaucoup d’introspection personnelle, mais tu peux t’aider avec des thérapies comme les TCC (thérapie cognitivo-comportementale). Pour moi, c’est l’un des aspects de la guérison les plus importants et qui est trop souvent oublié, et qu’en fait, en France, peu de professionnels intègrent. J’ai découvert ça très tard dans ma guérison, en faisant mes propres recherches, vers la fin, quand j’étais en quasi-guérison, donc vers 2020. Et je suis sûre que si je l’avais découvert avant, ça m’aurait aidé plus tôt.

Pour t’aider dans la restructuration cérébrale, j’ai conçu un outil avec 140 fiches de croyances déconstruites.

Dans chaque fiche, tu as une partie pour t’expliquer d’où vient la croyance (pour t’aider à des prises de conscience). Puis je te donne des arguments non biaisés par la maladie, basés sur la logique, parfois des faits scientifiques pour t’aider à déconstruire la croyance et reconstruire un schéma de croyance saine, pour ta guérison.

La confiance en soi/la reconstruction de votre identité

Indépendamment de la maladie.

L’acceptation corporelle

Pareil, c’est quelque chose de peu travaillé en France je trouve. C’est quelque chose sur laquelle j’ai dû faire beaucoup de recherche et de travail seule pour la travailler.

Tous ces aspects, je propose de les travailler avec des exercices et vidéos concrètes dans mon programme Butterfly Body. Mais évidemment, je vous invite à vous rapprocher aussi de professionnels qui sont spécialisés dans les TCA.

Mais tout ça pour dire qu’il y a beaucoup de personnes, quand je discute avec elles, je me rends compte que le travail de guérison s’est surtout fait sur les symptômes de la maladie, sur les conséquences (donc souvent le poids, et la nutrition), mais que le travail psychologique est resté assez « en surface », donc ces personnes restent dans une espèce de quasi-guérison, et ont de ce fait la sensation qu’on ne peut pas vraiment s’en sortir. 

Et je ne les blâme pas parce que je pense qu’en France, on a encore beaucoup de progrès à faire sur la prise en charge de la santé mentale et notamment des TCA. Même si je remarque que de plus en plus de professionnels développent une approche pluridisciplinaire, mais je pense qu’ils ne sont pas assez nombreux au vu du nombre de personnes malades. 

Les problématiques sous-jacentes ne sont pas traitées

C’est un point qui est lié à ce que je viens de dire, et notamment à la dimension psychologique de la guérison. 

C’est pour moi d’ailleurs le point le plus important qui explique parfois le pourquoi certaines personnes ont l’impression que rien ne fonctionne.

Les troubles alimentaires sont liés à des problématiques sous-jacentes (traumatisme, anxiété importante, dépression, etc.). Je le dis souvent, un TCA vient en réponse à un mal-être profond. C’est comme une échappatoire que ton corps a trouvée pour t’aider à survivre face à la douleur interne qu’il ressentait, même si tu n’en avais pas conscience. Et donc, c’est important de travailler ça en parallèle des autres dimensions pour espérer une guérison totale.

J’ai rapidement eu un suivi psychologique dans mes TCA et je l’ai gardé jusqu’à là, récemment (alors que je n’ai plus de TCA). Pour moi, c’est primordial. Je sais qu’il y a beaucoup de professionnels qui disent qu’à un certain stade de la maladie, c’est des choses qu’on ne peut pas travailler.

Par exemple : pour les patients trop dénutris, où la maladie a trop de « puissance dans leur vie ». Et je suis d’accord quand même. C’est sûr que si tu es dénutri, que ton poids est trop faible, tu auras beaucoup moins d’énergie et tu vas mal raisonner pour pouvoir avancer avec lucidité sur tes problématiques psychologiques. D’où le fait qu’il est important de travailler la renutrition en parallèle. 

C’est certain que si tu as un gros traumatisme, je ne conseille pas de le travailler quand tu es déjà au plus bas. Mais c’est important d’avancer sur certaines problématiques. Parce que malheureusement, c’est rarement une seule cause. Par exemple, moi, je devais travailler la problématique d’attouchement subi en étant enfant. Mais ça, je l’ai travaillé tard, vers 2021, quand j’étais quasi sortie des TCA. Par contre, avant, j’ai beaucoup travaillé sur ma peur d’être adulte, ma peur de grandir, ma peur de me détacher de ma mère, mon estime de moi-même, etc.

Comment travailler sur ça ?

Honnêtement, chacun va un peu trouver la méthode qui lui convient. Moi, j’ai toujours beaucoup écrit sur des carnets, à me faire des moments d’introspection, de prise de recul et ça m’a beaucoup aidé pour prendre conscience de schémas toxiques que j’avais en moi. 

Des livres de développement personnel m’ont aussi aidé à prendre conscience que je n’avais pas le bon état d’esprit sur la vie, ça m’a aidé sur mon perfectionnisme, etc. (je pense notamment aux livres de Laurent Gounelle, mais il y en a plein, j’ai fait un article avec toute une liste de livres que je recommande, je vous mettrai le lien en description). Et après, évidemment, les thérapies psychologiques aident.

Alors, il y a les thérapies où tu vas surtout parler. Mais parfois, ce n’est pas simple de mettre des mots sur ce que tu ressentes, ou parfois, tu as déjà parlé de nombreuses choses, mais en vain, tu n’arrives pas à avancer sur une problématique, comme si ça bloquait dans ton corps. Je recommande du coup les thérapies psychocorporelles. Je pense par exemple aux thérapies suivantes : kinésiologie, EMDR, Access Bars, EFT. Je ne vais pas les détailler une à une, d’un parce que je ne suis pas experte, mais aussi parce que l’article serait trop long haha (il l’est déjà assez). Mais je vous invite à vous renseigner sur des thérapies psychocorporelles qui sont pour moi à tester, en complément évidemment d’autres thérapies. Ne vous attendez pas à des miracles, mais ça + ça… ça va vous aider à avancer.

Quelque chose que je voudrais préciser : je te parle d’avancer sur les problématiques psychologiques, d’avoir des réflexions, des prises de conscience, des discussions sur ces problématiques. Je ne t’ai dit à aucun moment qu’il faut les résoudre pour guérir. J’insiste là-dessus parce que ça pourrait te décourager sinon. Tu ne dois pas tout résoudre pour guérir. Parfois, vous allez avoir une prise de conscience ou avoir une discussion à un moment T, puis c’est 2 ans plus tard que tu vas y repenser et que ça te fera beaucoup plus « déclic » dans ta tête. Donc encore une fois, au moment de la prise de conscience tu ne vois pas de progrès concrets, mais pour autant, tu as avancé. 

Donc la dimension psychologique est vraiment importante, parce que parfois, on me dit « j’ai envie de reprendre du poids, d’avancer, mais c’est comme si mon corps ne voulait pas m’aider ». Et le corps est vraiment dans ton camp, dans le sens où il veut te protéger. Donc parfois, ton corps, t’envoie un signal pour te dire « eh oh, quelque chose n’est pas réglé ». Et je suis d’accord, ce n’est pas toujours facile de mettre le doigt dessus, d’où la possibilité de tester les thérapies psychocorporelles où le thérapeute va surtout faire parler ton corps + que toi. Je pense aussi au fait que parfois, il faut aller chercher du côté de la psychogénéalogie, donc la mémoire de tes ancêtres pour comprendre certaines choses.

Les bénéfices de la maladie sont supérieurs aux bénéfices de la guérison

Un autre point qui est encore une fois lié au précédent : c’est le fait que la maladie t’apporte des bénéfices secondaires qui représentent donc des barrières très fortes à ta guérison. J’ai dédié un article à ça, où je vous parle de comment trouver tes bénéfices secondaires et je te donne tous les bénéfices que j’avais moi-même identifiés. Pour moi, cet exercice, c’est un indispensable de la guérison des TCA. Tu ne vas pas forcément les identifier tout de suite, ils vont aussi potentiellement évoluer. J’ai certaines personnes qui m’ont dit l’avoir fait une fois, puis avoir réitéré l’exercice 6 mois plus tard et elles ont découvert beaucoup plus de choses. 

Donc je t’invite à le refaire de temps en temps aussi.

Mais parfois, les bénéfices de la maladie te protègent encore beaucoup trop, parce que justement, le côté psychologique est encore trop en souffrance, trop à vif. Ne t’en veux pas pour ça, « bénéfices secondaires » c’est le terme psychologique, mais ce n’est en rien conscient et volontaire de ta part. Ça ne veut pas dire que tu préfères rester malade. Je ne développe pas plus ce point parce que c’est lié à ce que je viens de dire et j’en parle énormément dans l’article dédié.

Tu es trop dans ta zone de confort

Ta zone de confort, c’est celle de la maladie. Et je sais que ce n’est pas simple, mais si tu restes constamment dans ta zone de confort, tu déloges beaucoup moins la maladie. Sortir de ta zone de confort est ce qui te terrifie le plus, mais ce qui te fait le plus peur en guérison est justement ce qui peut te sauver. Ce sont les choses qui m’ont fait le plus peur qui m’ont permis d’avancer le plus dans ma guérison. Et je dis ça encore une fois avec du recul. Parce que c’est sûr que sur le moment même, c’est inconfortable, et tu as plus la sensation de mal faire que de bien faire. Mais c’est comme ça, justement, que tu vas à l’encontre de la maladie.

Encore une fois, je sais que c’est difficile, mais c’est important que tu te mettes dans des situations « d’inconfort » de temps en temps. 

Encore une fois, ne t’en demande pas trop. Cela dépend vraiment d’où tu en es dans ton parcours de guérison. À certains moments de ma guérison, notamment à la fin, quand j’avais déjà repris du poids et que j’avais beaucoup avancé, là, je sortais de ma zone de confort presque tous les jours. Mais la plupart du temps, notamment au début, c’était plutôt une fois par semaine, voire parfois à une fréquence encore moindre quand je n’allais vraiment pas bien. Donc ça rejoint ce que je te disais sur les attentes irréalistes, parfois, c’est contre-productif de se mettre des défis qui sont trop grands. C’est difficile de juger quel défi se mettre, d’où l’importance encore une fois d’avoir un suivi avec des professionnels spécialisés.

Tu ne manges pas assez

Ce point est aussi lié au précédent. Et je sais à quel point il est difficile. Mais en gros, si tu manges constamment les mêmes aliments, ceux qui te rassurent, ceux que ton trouble alimentaire estime comme sains, alors encore une fois, tu restes trop dans ta zone de confort. Et même chose si tu es en dénutrition, ton cerveau a beaucoup moins d’énergie pour raisonner convenablement, donc c’est beaucoup plus difficile de lutter contre la maladie. Je sais vraiment que ça, ce n’est pas simple. Quand j’étais malade j’en avais conscience, et pour autant je suis resté des mois voire année dans la restriction à manger tout le temps les mêmes aliments, et de ce fait, à faire souvent des compulsions sur les aliments que je m’interdisais. Mais je me dois de dire ce point-là parce que c’est vraiment quand j’ai réintégré les différentes catégories, quand je remangeais de tout, que j’ai pu voir vraiment une grosse différence, parce que mon cerveau était réalimenté, je raisonnais mieux et du coup, les pas que je faisais en avant étaient davantage « notables », et mes peurs étaient beaucoup moins irraisonnées. 

Tu restes dans le même environnement (toxique) de la maladie

Encore une fois ce point est lié au précédent. Mais personnellement, j’ai vraiment vu aussi un changement dans ma guérison quand j’ai un peu quitté l’environnement de la maladie. 

Dans mon livre « L’anorexie, mon bouclier mortel », je vous parle du fait que quand je suis sortie de ma première hospitalisation, je suis retournée exactement dans le même environnement que celui où la maladie s’est développée et j’ai rechuté tout de suite.

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Et par exemple un changement qui m’a beaucoup aidé aussi dans ma guérison, ça a été de ralentir le rythme que je m’imposais, donc pour ça j’ai fait une pause de quelques mois dans mes études. Je ne dis pas qu’il faut forcément arrêter ses études ou son travail, c’est vraiment au cas par cas ce choix. D’ailleurs, j’ai fait un article sur ce sujet où je vous expose ma réflexion sur “faut-il faire une pause dans sa vie pour guérir des troubles alimentaires ?”. Et un autre grand changement qui m’a aidé dans ma guérison, ça a été de déménager.

Donc je ne vous dis pas de quitter ton travail ou de déménager pour guérir. Par contre, je t’invite vraiment à faire un point dans ta vie pour voir si tu n’es pas bloqué dans un environnement toxique. Je t’invite vraiment à te poser et à réfléchir aux différents aspects de ta vie : que ce soit ton logement, ton travail, ton rythme de vie, les lieux que tu fréquentes souvent, même les proches que tu vois souvent… Essaye de faire le point et de voir s’il y a des choses qui te semblent toxiques, qui te mettent en difficulté. Et si tu en identifies, essaies de voir comment tu pourrais diminuer, voire arrêter cette toxicité. Ça demande parfois de faire des choix difficiles, mais ta vie et ton futur t’en remerciera. 

Et parfois, ce ne sont pas des grandes choses. Ça peut être remarqué que tu fais des petites habitudes toxiques. Rien que le faite, par exemple, de consulter fréquemment des comptes de recovery mais qui montrent leur poids, leurs assiettes, etc., ça, ça peut être une habitude toxique qui vous maintient dans la maladie.

Tu es seul-e

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Une autre raison pour laquelle tu as l’impression que ça ne fonctionne pas, c’est que tu êtes trop seul(e). Je sais que ce n’est pas toujours évident, parce que déjà, la maladie elle te pousse à te refermer sur toi-même. Elle te convainc également que tu es un poids pour les autres. Parfois aussi, il y a des personnes qui se sont éloignées de toi après des mois, voire des années dans la maladie.

Mais ça, pour le coup, je trouve que ça fait vraiment une grande différence dans la guérison. Et je le vois aussi sur les personnes avec qui j’échange en Flower call. Je vois sincèrement une différence entre les personnes qui sont entourées et celles qui ne le sont pas.

Je suis parfois étonnée et hyper triste parce qu’il y a des personnes qui me disent que par exemple, leur conjoint ou leurs propres parents ne savent pas qu’ils ont un trouble alimentaire. Il y a vraiment des personnes qui vivent leur trouble alimentaire sans que personne autour d’elles sachent qu’elles sont malades. Et ça me rend vraiment triste parce que ces personnes qui sont malades ont besoin d’aide, de soutien, pas de solitude.

Donc si c’est ton cas, je t’invite vraiment à essayer de trouver une ou deux personnes. Au moins une, en qui tu peux avoir confiance, qui est sensible aux problématiques de santé mentale et à qui tu te confies. Moi aussi, j’avais l’impression d’être un poids pour mes amis. 

Mais honnêtement si j’avais une copine dans le besoin, mais je serais ravie qu’elle m’en parle en fait. Et c’est vrai qu’à un moment de ma vie, mon discours était peut-être plus négatif, j’avais besoin de soutien, d’aide. Mais c’est temporaire. Aujourd’hui parfois les rôles se sont inversés et j’ai été la personne qui a pu soutenir mes amis. 

Donc là je te parle de l’entourage personnel, mais j’insiste aussi sur le fait que tu aies un accompagnement avec des professionnels. Tu ne pourras pas te sortir seul(e) de ton trouble alimentaire. Ça, c’est un mythe que ton trouble alimentaire lui-même essaye de te convaincre pour continuer de se développer en fait. 

Et au-delà d’avoir un suivi avec des professionnels, parfois, il n’est pas assez fréquent. Pour moi, voir son psychologue une fois par mois, ce n’est pas assez. C’est au moins une fois par semaine. J’avais même eu des périodes où je voyais plusieurs professionnels dans la semaine. Après, je sais que financièrement ce n’est pas toujours possible, mais tu n’es pas non plus obligée de voir un psychologue, ça peut être aussi des groupes de soutien ou des groupes de parole qui sont organisés à bas prix ou même gratuitement dans des associations. Et n’oublie pas aussi, tu peux demander l’ALD à ton médecin traitant. Ça veut dire “affection à longue durée”. Et ça permet que tout ce qui est en rapport avec ton trouble alimentaire soit pris en charge par la Sécurité sociale. Malheureusement ça reste les professionnels où l’on peut passer sa carte vitale comme le psychiatre par exemple, mais pas le psychologue. Mais ça peut déjà réduire tes coûts.

Tu n’aides pas ton cerveau

Une autre raison qui peut expliquer pourquoi tu as l’impression que rien ne fonctionne, c’est parce que tu n’aides pas ton cerveau. Ce point rejoint le point où j’ai parlé de la restructuration cérébrale. En gros, il faut vraiment voir le trouble alimentaire comme un poison dans ton cerveau qui va créer un brouillard mental. Et pour moi, c’est important d’aider ton cerveau avec de la positivité, avec de l’espoir, pour travailler le côté sain en toi.

Quand on a un trouble alimentaire, on note souvent de l’ambivalence en soi, c’est-à-dire qu’on a l’impression qu’il y a un côté noir et il y a un côté plutôt blanc qui est toi en fait.

Donc aide son cerveau, déjà, c’est croire en la guérison, croire que c’est possible et croire que tu vas y arriver. Ça, je te le dis souvent et c’est vraiment important. Après évidemment tu peux avoir des jours où tu n’y crois pas, mais globalement l’idée c’est quand même de se dire que tu vas y arriver. 

Ensuite je donne plein de conseils pour créer un environnement favorable à la guérison en aidant ton cerveau à être dans un environnement positif dans mon article sur les 16 outils à mettre en place. Donc même chose, je vais pas tout redire ici, je t’invite vraiment à aller le lire. Dans cet article, je réalise que je vous ai souvent envoyé vers d’autres de mes contenus, mais c’est parce que déjà, là j’ai plein de choses à te dire, et comme les troubles alimentaires sont très complexes, il y a énormément de choses à expliquer et à nuancer. Donc ça vaut le coup que tu lises le contenu qui est dédié sur la problématique en question.

Tu vois les rechutes comme quelque chose de négatif

Une autre raison qui fait que tu as l’impression que rien ne fonctionne, c’est que tu vois les rechutes et les jours difficiles comme quelque chose de fataliste. Alors évidemment, c’est tellement difficile que c’est normal que tu le voies comme ça. Mais j’en avais parlé dans mon article sur les rechutes justement, où je dis que vraiment, les journées difficiles et les rechutes, c’est dans ces moments-là où finalement, tu avances le plus. Moi, si je repense à mon parcours de guérison, j’ai l’impression qu’il y avait beaucoup plus de jours négatifs que positifs. Pourtant j’en suis sorti. Parce que ce sont les jours négatifs qui comptent dans la guérison. Et ce n’est pas parce que tu as rechuté que tu es retourné au point de départ. Les rechutes et les journées négatives n’effacent pas tes avancées.

Donc finalement ça rejoint le tout premier point que je disais, c’est que ce n’est pas parce que tu as l’impression que ça ne fonctionne pas que c’est la vérité.

Célèbre tes petits pas

Et du coup, par rapport à ce dernier point et puis globalement par rapport au fait que tu as l’impression que rien ne fonctionne, je t’invite vraiment à te poser et à noter dans un carnet régulièrement tous les petits pas que tu fais en avant, toutes les fois où tu es fier de toi. 

C’est important de les noter pour les relire quand tu as l’impression que tout va mal. Et si tu ne l’as jamais fait, je t’invite aussi à faire un peu une rétrospective depuis que tu es malade, des choses que tu as réussies, de tes avancées. Même si c’étaient des choses qui te paraissent insignifiantes, même si depuis tu as l’impression que tu as régressé sur ces points-là. Encore une fois, ce n’est pas parce que tu as rechuté ou que tu vas moins bien que ça efface tes avancées passées. Quand un sportif a remporté un match en 2022 et qu’en 2023 il a perdu un autre match qui était tout aussi important, ça n’efface pas sa victoire de 2022. 

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Parfois j’ai des personnes qui me disent « je suis malade depuis X années et je n’ai jamais réussi à avancer, je n’en vois pas le bout ». Et finalement, en discutant avec elles, on prend conscience ensemble des avancées qu’elles ont déjà faites. Et ça peut t’aider à te garder motivé.

Et puis je terminerai cet article en te disant aussi de vraiment t’accorder de la patience. Je sais que ce n’est pas simple de dire ça à une personne qui souffre et qui n’en peut plus. Mais vraiment la guérison des troubles alimentaires, elle prend du temps. Et pour autant, moi, j’ai eu des moments, et notamment vers la fin, où j’ai eu des avancées très rapides, bien plus vite que ce que je n’aurais pensé. Par exemple mes tocs qui ont disparu quasiment tous du jour au lendemain. Mais c’est parce que j’avais avancé sur d’autres aspects de ma guérison en amont. Et pourtant je n’en avais pas conscience. Je ne sais pas si tu arrives à percevoir ce que je veux dire là, c’est quelque chose sur lequel j’ai plus longuement insisté dans mon roman autobiographique, « l’anorexie, mon bouclier mortel », tu peux le trouver sur Amazon si ça t’intéresse. 

J’espère que cet article et tous les éléments que je t’ai donnés là t’auront aidé à te dire que même si tu as l’impression que ça ne fonctionne pas, tu avances quand même. J’espère que ça t’aura réconforté, que ça t’aura apporté de l’espoir et des nouvelles pistes peut-être pour ton chemin de guérison. N’hésite pas à me faire le retour !

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Articles récents

Publié par Norainnoflower dans Conseils, Thérapie, 2 commentaires
Trouble alimentaire & infertilité ?

Trouble alimentaire & infertilité ?

Trouble alimentaire & infertilité ?

La fertilité… ou l’infertilité après/avec des troubles alimentaires. C’est un sujet que je voulais aborder depuis longtemps, car je sais que vous êtes nombreux à vous questionner sur le sujet. Mais je voulais attendre d’expérimenter un peu plus avant d’en parler. Quand je dis expérimenter, en réalité, j’attendais de tomber enceinte ! Et c’est en portant mon premier enfant que je t’écris cet article de blog ! C’est donc pour moi le moment idéal pour écrire sur le sujet de l’anorexie et l’infertilité.

Je vous ai annoncé ma grossesse sur Instagram au début du mois d’août et à ma grande surprise, vous avez vraiment été nombreux à vouloir en savoir plus sur ma grossesse. Ça me touche vraiment et je suis heureuse de pouvoir partager ça ! J’arrive déjà à la fin du deuxième trimestre. J’ai donc pas mal de choses à vous partager ! 

Je vous ai partagé une « boîte à question » en story pour savoir les sujets qui vous intéressent dans la grossesse / maternité & les TCA. Et de nombreuses questions sont revenues sur la fertilité avec et/ou après des TCA

Dans cet article, je vais donc répondre à cette partie-là ! Pour ce qui est des autres questions, j’y réponds dans mon épisode de podcast dédié à la grossesse & TCA 🙂 

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Retour de règles après un TCA

Il y a eu plusieurs questions concernant le retour de mes règles après les TCA. 

Me concernant, j’étais sous pilule lorsque je suis tombée malade. Les médecins m’ont dit de la garder pour soutenir mes os et me protéger de l’ostéoporose. J’ai donc toujours eu des sortes de « règles » puisque j’étais sous pilule, mais ce n’était clairement pas des vraies. Et d’ailleurs, j’ai quand même vu une différence en voyant mes cycles être très courts et avec un flux vraiment minimes. Je dirais que mes règles sont revenues de façon plus naturelle après quelques mois de réalimentation et de reprise de poids. J’ai fait le choix en 2021 d’arrêter la pilule et du coup ça m’a permis de confirmer que j’avais de vraies règles.

Mais le retour des règles est vraiment subjectif pour chaque personne : certaines personnes vont vite les retrouver, d’autres vont prendre plusieurs mois tandis que leur apport alimentaire a augmenté et qu’elles ont atteint leur poids de forme. C’est la nature qui choisit, et aussi la génétique ! Le mieux reste d’avoir un suivi avec une gynécologue. Et si vous voulez, j’en ai parlé plus en profondeur dans les épisodes de podcast 22 et 23 qui sont dédiés à l’aménorrhée dans les TCA où Florence, du compte @jenaiplusmesregles_livre est mon invitée ! Elle met d’ailleurs en avant ce livre « Je n’ai plus mes règles » qui explique en profondeur le pourquoi et comment retrouver ses règles. Donc, je vous conseille vraiment d’aller écouter les épisodes, consulter le compte de Florence et lire ce livre pour avoir le maximum d’informations à ce sujet.  

Pourquoi & comment les TCA impactent votre fertilité ?

On entend beaucoup des « on dit » qui disent qu’une personne qui a des TCA ou a eu des TCA a dégradé sa fertilité, en quelque sorte. Et on entend même parfois dire que c’est très difficile d’avoir un enfant avec, voire après, un TCA. Sur la question du « après un TCA », j’y réponds plus tard, mais bon, je vous ai déjà annoncé la couleur en intro ;).

Pour la question de « la fertilité avec un TCA », en effet, il y a pas mal de choses à dire. 

Les problèmes d’infertilité sont malheureusement fréquents et sont l’un des effets secondaires des TCA comme l’anorexie, mais aussi la boulimie, l’hyperphagie ou tout autre trouble alimentaire restrictif et/ou compulsif. D’ailleurs, j’ai lu qu’1 femme sur 5 qui souffre d’infertilité souffre également de TCA. Et comme je l’ai déjà souvent dit, il y a plus de personnes qui souffrent de TCA qu’on ne le croit, mais aussi plus de personnes qui souffrent de TCA qu’elles ne le croient. Dans le sens où je pense que des personnes ont des problèmes d’infertilité, et peut-être qu’à cause ou « grâce à ça », elles prennent conscience qu’elles ont des TCA. Bref, c’est une parenthèse que je referme :).

Cause n°1 : La sous-alimentation

Pour ce qui est des TCA restrictifs, la sous-alimentation fait que votre corps ne peut répondre à ses besoins nécessaires. Il doit donc prioriser le peu d’énergie qu’il reçoit sur les fonctions vitales (faire battre ton corps, faire fonctionner tes poumons, alimenter ton cerveau…). Il juge alors que la fonction de reproduction n’est pas vitale. Le système endocrinien de la femme est affecté, or c’est lui qui permet la production des hormones de reproduction. Cela perturbe donc l’ovulation et réduit la quantité d’ovules, entraînant des cycles irréguliers, voire l’arrêt total des règles. 

Cause n°2 : Le faible niveau de graisse

Les TCA restrictifs entraînent également de faibles niveaux de graisse corporelle. Or, je le dis souvent, le corps a besoin de gras. Un corps qui n’a pas suffisamment de gras a une production d’œstrogènes réduite, qui est pourtant une homogène cruciale pour le maintien de la fertilité. 

Cause n°3 : Les conséquences psychologiques

Les personnes souffrant de TCA souffrent également de stress, d’anxiété, parfois de dépression… Tout ça impacte grandement les ovulations. Pour les personnes qui ont retrouvé leurs règles, je ne sais pas si vous avez déjà remarqué des cycles plus courts ou plus douloureux quand vous êtes dans des périodes stressantes. Moi je me souviens qu’il m’est arrivé de sauter un cycle ou d’avoir un retard de 10 jours quand j’étais dans des périodes stressantes de ma vie, et ce, même quand j’étais guérie des troubles alimentaires. Donc ça montre l’impact du stress sur l’ovulation.

Cause n°4 : Le cas de la boulimie et de l’hyperphagie

On parle souvent des problèmes d’infertilité dans le cas de l’anorexie. Mais on parle moins souvent des TCA compulsifs comme la boulimie ou l’hyperphagie

Dans les TCA compulsifs, on retrouve également des dérèglements hormonaux. Les compensations (vomissements, laxatifs, hyperactivité…) perturbent la régulation des hormones et donc du cycle menstruel, compliquant la conception. 

Les comportements de purge peuvent également impacter la qualité des ovocytes. 

L’hyperphagie est parfois associée à une résistance à l’insuline qui peut également être l’une des causes d’infertilité. 

Et enfin, les TCA compulsifs sont aussi touchés par le stress. Or comme je l’ai expliqué dans le point précédent, un niveau élevé de cortisol peut inhiber la fonction reproductrice. 

Cause n°5 : L’hyperactivité : quelles conséquences sur la fertilité ?

L’hyperactivité, un niveau intense d’activité physique, vient également se placer dans les causes principales d’infertilité. L’activité intense entraîne des niveaux d’œstrogènes et de progestérone en diminution, or ce sont des hormones essentielles pour l’ovulation. 

La pratique du sport intense peut également entraîner une diminution de la masse graisseuse, qui impacte la production d’œstrogènes comme j’en ai parlé précédemment. 

Et évidemment, cela peut également entraîner des carences alimentaires nécessaires à une bonne fertilité (manque de fer, de calcium, de vitamines ou minéraux…).

J’ai également lu que l’exercice physique en abondance peut perturber l’implantation de l’embryon dans l’utérus à cause des niveaux d’hormones qui sont déséquilibrés et le flux sanguin vers l’utérus est aussi en baisse. Or ce sont deux éléments essentiels pour soutenir une grossesse. 

Enfin, le sport excessif est vécu comme une forme de stress pour votre corps. Cela augmente donc encore votre niveau de cortisol, qui plus est était déjà élevé, ce qui inhibe l’ovulation et donc perturbe l’équilibre hormonal comme j’en ai parlé précédemment également. 

Cause n°6 : Les comorbidités addictives

Il n’est pas rare de souffrir d’une autre addiction lorsqu’on souffre de TCA comme l’alcool, le tabac ou autre drogue. Or, ces substances font partie des premières causes d’infertilité.

 

D’ailleurs, je parle énormément du système de reproduction des femmes, puisqu’étant une femme, je connais bien plus. Mais la production de testostérone chez l’homme est aussi affectée par ces différents comportements de TCA (hyperactivité, purge, etc.), ce qui entraîne une perte de libido, une baisse du nombre de spermatozoïdes ou une altération de leur qualité. Tout ça impacte donc négativement leur fertilité. 

 

Donc clairement, malheureusement, oui, les troubles alimentaires impactent la fertilité lorsqu’on souffre de TCA et augmente grandement le risque d’infertilité.

Aménorrhée & TCA : est-il possible de tomber enceinte ?

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On m’a aussi beaucoup posé la question de savoir s’il est possible de tomber enceinte tandis qu’on est en aménorrhée. 

Comme je viens d’en parler dans la partie précédente, on a vu que c’est clairement plus difficile de concevoir un bébé lorsqu’on souffre de TCA. Mais est-ce impossible, notamment pour les personnes en aménorrhée, c’est-à-dire qui n’ont plus de règles, que les cycles menstruels sont arrêtés ?

Pour répondre à cette question, j’ai littéralement demandé à mon experte sur le sujet, Florence, dont je vous parlais à l’instant ! 

En aménorrhée, il n’y a plus de cycles menstruels, ce qui veut dire qu’il n’y a plus d’ovulation. J’en ai expliqué les causes dans la première partie. Donc la logique veut que sans ovulation, il ne soit pas possible de tomber enceinte. Mais ça, c’est dans la théorie ! 

Si on est à la limite du déficit énergétique, ou si on est dans le cas où les cycles mensuels sont très longs, alors il est possible d’avoir des ovulations imprévisibles et irrégulières. Cette irrégularité entraîne des difficultés à déterminer le moment opportun pour avoir un enfant. Parce que du coup, pour vous expliquer grosso modo, sur tout le cycle, on n’a que quelques jours où on est fertile et où on peut donc maximiser nos chances de tomber enceinte. Alors certaines personnes préfèrent être en mode totale naturel et avoir des rapports quand ils ont envie. J’ai été dans la team « on maximise nos chances d’avoir un bébé sur cette période en multipliant les rapports ». Et quand j’en parle autour de moi, je vois que beaucoup sont dans cette team 🙂 

Bref, pour revenir sur la réponse à la question « peut-on tomber enceinte même en aménorrhée ? », la réponse est OUI. C’est assez illogique, improbable, mais c’est possible, même si les chances sont considérablement réduites. 

Mais j’ai quand même déjà plusieurs fois entendu des personnes qui pensaient être totalement infertiles en raison de l’absence de règles et qui ont eu la surprise de tomber enceintes ! Donc si quelque part, vous voulez un enfant, c’est une bonne nouvelle ! Mais d’autres personnes n’en veulent pas ou ne sont pas prêtes, d’où l’importance d’avoir toujours un moyen de contraception. 

Risque d’infertilité même une fois guérie des TCA ?

Jusque-là, j’ai beaucoup parlé des risques d’infertilité lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire. 

Mais qu’en est-il des risques d’infertilité après un trouble alimentaire ? 

Mon expérience : mes essais bébé après un TCA ?

Comme je vous ai dit dans le début de l’article, j’écris actuellement en étant enceinte. Donc la conclusion est rapide : oui, c’est possible de tomber enceinte même après avoir eu un TCA.

On m’a du coup demandé si j’ai rencontré des difficultés pour tomber enceinte ?

Quand on s’est lancé dans le projet, je me suis mise en tête que ça prendrait au moins 6 mois pour tomber enceinte. La moyenne est même de 8 mois à 1 an. 

Par contre, à aucun moment, je ne me suis dit que mon parcours avec les TCA allait impacter mes chances de tomber enceinte. Parce que je suis totalement rétablie et que j’avais de ce fait confiance en mon corps.

Mais quand j’ai annoncé ma grossesse à mon copain et à ma mère, les deux m’ont dit qu’ils avaient peur qu’avec mon passif dans les TCA, je rencontre beaucoup de difficultés voire je ne parviens même pas du tout à tomber enceinte. 

norainnoflower-enceinte

Et bien, vous savez quoi, je suis tombée enceinte après 1 semaine d’essai ! 

Et je me sais vraiment très chanceuse d’être tombée enceinte dès nos premiers essais ! Je n’ai pas connu la déception de voir le test de grossesse négatif. Et vraiment, j’ai une gratitude infinie pour ça ! Et je pense sincèrement à tous les couples qui rencontrent des difficultés, vraiment, je suis de tout cœur avec eux parce que j’en ai eu plusieurs couples d’amis autour de moi qui ont été concernés (et qui ont un bébé ou sont enceintes actuellement d’ailleurs), mais je sais à quel point c’est quelque chose de très difficile à vivre.

Donc, non, je n’ai pas du tout rencontré de difficulté à tomber enceinte, même après avoir vécu des TCA. 

Infertilité persistante après les TCA

Évidemment, l’histoire de chaque personne est différente. Et ce n’est pas parce que je suis tombée enceinte du premier coup que c’est la même chose pour tout le monde. 

Déjà, encore une fois, la moyenne se trouve autour de 1 an pour la conception. 

Il me semble qu’on parle d’infertilité après 12 mois d’essais bébé justement. 

N’étant pas concernée par cette infertilité persistante après les TCA, je me suis renseignée pour voir si ça existait. 

>> Cause n°1 des difficultés de tomber enceinte après un TCA : la quasi-guérison

Déjà, on note que beaucoup de personnes dites « guéries » rencontrent des difficultés. Mais en réalité, beaucoup de ces personnes sont en « quasi-guérison ». C’est-à-dire que la médecine les considère parfois guéries, car elles ont un IMC ou un poids qui est selon des tableaux statistiques « dans la norme », mais ces personnes sont toujours en restriction ou bloquées dans des mécanismes du TCA. Je parle de la quasi-guérison dans cet article : comment ne pas être bloqué en quasi-guérison. Je vous invite à le lire, parce que je sais que beaucoup de personnes ont écouté l’épisode de podcast correspondant et sont venues me voir en me disant qu’à l’écoute de l’épisode, elles ont pris conscience qu’elles étaient bloquées dans cette quasi-guérison alors qu’elles se pensaient totalement guéries.

Bref, tout ça pour dire que parfois, on se pense guérie, on est en projet, mais comme on ne l’est pas totalement, on rencontre des difficultés. 

>> Cause n°2 des difficultés de tomber enceinte après un TCA : la durée de la maladie

Il semblerait que la durée durant laquelle vous avez été malade impacterait la fertilité sur le long terme. Il n’y avait pas de données d’âge indiqué dans les articles que j’ai lus, je dirais peut-être 20 ans de maladie ? Mais sachez que j’ai eu plusieurs mamans qui sont venues me parler lorsque j’ai annoncé ma grossesse. Plusieurs d’entre elles souffrent de TCA depuis plus de 20 ans, parfois 30-40 ans. Et elles avaient eu des enfants même en ayant un TCA. Donc ce n’est pas impossible encore une fois.

La durée de la maladie peut avoir des dommages à long terme sur la fonction ovarienne qui serait réduite, et pourrait causer dans des cas beaucoup plus rares qu’une ménopause prématurée.

>> Cause n°3 des difficultés de tomber enceinte après un TCA : le manque de temps depuis la guérison

J’ai mis en route mes essais bébés 3 ans après être totalement guérie de mes TCA

Et c’est clairement certain que ça m’a aidé. 

Comme on l’a vu précédemment, le TCA impact la qualité des ovocytes, perturbe les niveaux d’hormones. Il faut donc laisser du temps au corps de récupérer, de se réparer. D’autant que le corps a beaucoup de dommages causés par le TCA à réparer : les muscles, la reproduction des cellules, réalimenter les organes, relancer la digestion, etc. La fonction de reproduction peut passer en dernière priorité chez certaines personnes. Et ça, comme je le disais par rapport à la question du retour des règles après un TCA, c’est vraiment aléatoire chez chaque personne. Je sais que c’est frustrant, mais c’est la nature qui décide, pas vous. Ce sur quoi vous avez le ‘pouvoir’, c’est la réalimentation, la diminution de l’hyperactivité, la gestion du stress… Donc, vous pouvez soutenir votre corps, mais pas le forcer. 

Donc parfois, il faut s’armer de patience pour que le corps récupère et soit prêt à être opérationnel pour la reproduction. Dites-vous que si c’est long, c’est que votre corps n’est pas prêt à accueillir un bébé, et que de ce fait, il ne serait pas bien. Votre corps est dans votre camp, il fait tout pour vous réparer et faire en sorte que vous puissiez créer un nid douillet au sein de votre utérus pour votre futur bébé. 

>> Cause n°4 des difficultés de tomber enceinte après un TCA : autres problèmes gynécologiques

fertilite-anorexie

Ensuite, il y a des personnes qui peuvent rencontrer des difficultés à tomber enceinte après un TCA sans que ça n’est aucun rapport avec leur passé dans les TCA. Il y a de nombreuses causes d’infertilité, comme des problèmes gynécologiques tels que l’endométriose ou un SOPK (Syndrome des Ovaires PolyKystiques). D’où l’importance d’être suivi par des professionnels, par une gynécologue et/ou sage-femme. D’ailleurs, peut-être que les gynécologues, ça vous fait peur. Je trouve qu’une sage-femme est parfois plus douce. J’ai souvent eu de très bons retours des personnes suivies par une sage-femme et je sais qu’on n’y pense pas forcément. Non, il ne faut pas être en projet bébé pour être suivi par une sage-femme. Tu peux avoir 15-16 ans, sans aucun projet bébé et être suivie par une sage-femme. 

>> Cause n°5 des difficultés de tomber enceinte après un TCA : autres causes psychologiques

On a parlé du stress comme facteur impactant la fertilité. Or, j’en ai déjà parlé plusieurs fois, mais ce n’est parce qu’on sort des TCA que miraculeusement, la vie devient sans problème. Je n’ai plus de TCA aujourd’hui. Pourtant, je suis toujours une personne très angoissée, anxieuse, stressée… Appelez ça comme vous voulez. Mais clairement, c’est quelque chose de toujours compliqué. Et je l’ai dit aussi juste avant, mais j’ai eu des cycles impactés par ce stress.

Donc c’est possible que vous soyez sortis des TCA, mais que votre stress fasse que ça impacte votre fertilité.

 

Enfin, il y a d’autres causes possibles qui peuvent faire que vous rencontrez des difficultés à tomber enceinte, mais qui ne sont pas liées à votre passé avec les TCA. De toute façon, après 1 an d’essai, souvent on va chercher de l’aide auprès de professionnels spécialisés dans les problématiques d’infertilité pour faire toute une batterie d’examens et investiguer sur les causes possibles. 

grossesse avec un TCA ?

Je fais un petit aparté sur la grossesse lorsqu’on souffre d’un TCA.

Les personnes souffrant de TCA peuvent rencontrer des complications lors de la grossesse

Déjà, il y a un risque de fausses couches qui est plus accru. Une fausse couche ce n’est malheureusement pas rare, c’est 1 grossesse sur 5. C’est lorsque la grossesse s’interrompt, dans la plupart des cas, c’est dû au fait que la grossesse est non évolutive. C’est-à-dire que le fœtus se développait mal ou il y a un autre problème chromosomique quelconque. Mais ce n’est pas la faute de la maman. 

Le risque de fausse couche peut être plus accru, car le niveau de stress subi par le corps est trop élevé (avec les carences nutritionnelles ou l’hyperactivité par exemple). Le déséquilibre hormonal peut également entraîner des anomalies de l’endomètre (la muqueuse de l’utérus).

Il y a d’autres complications de grossesse qui peuvent lorsqu’on souffre d’un TCA : 

  • Retard de croissance : le fœtus ne recevant pas suffisamment de nutriment, cela peut impacter sa croissance, son développement et faire que le bébé ait un poids plus faible à la naissance. 
  • Accouchement prématuré : parfois, pour la bonne santé du bébé et/ou de la maman, il est nécessaire de déclencher l’accouchement de façon prématuré ou alors parfois, le bébé nait de façon prématurée naturellement.
  • Décollement placentaire : il y a un risque plus accru de décollement du placenta, ce qui peut être dangereux. Mais sachez quand même que ça, ce n’est pas rare, même hors TCA et que pour autant, la grossesse se poursuit, et le décollement peut se réduire par lui-même avec du repos.

Je vous parle de tout ça, parce que ça fait partie du sujet « infertilité, grossesse et TCA ». Mais pour autant, le but ce n’est pas de vous faire peur. Mais on ne peut pas non plus le nier : une grossesse lorsque le corps (et l’esprit) sont en souffrance, ça comporte des risques, que ce soit pour le bébé et pour la maman. Pour autant, VOUS N’ÊTES PAS RESPONSABLES. Vous n’avez pas choisi d’être malade, ça ne dépend pas de votre volonté. C’est une maladie, vous n’y êtes pour rien et vous faites ce que vous pouvez. 

Je tiens quand même à dire, encore une fois, que j’ai eu beaucoup de retours suite à l’annonce de ma grossesse, des personnes qui ont un TCA et ont eu une grossesse et que tout s’est globalement bien passée. Les risques de complications de grossesse ne veulent pas dire que vous les aurez systématiquement. Ce sont juste des risques qui existent. Et d’ailleurs, ils existent aussi, peut-être en probabilité plus faible, pour n’importe quelle femme. Et pourtant, ça reste des cas rares sur l’ensemble des grossesses qui existent.

 

Personnellement, je conseille d’être guérie pour tomber enceinte. Moi, je me souviens que c’était une grande motivation pour moi : être guérie totalement pour ne plus avoir ce fardeau dans ma vie lorsque je serai maman. Je me souviens que malade, guérir était une motivation pour mes futurs enfants, alors que je n’avais même pas de copain lorsque j’y pensais. Après, je sais que tout le monde ne veut pas d’enfant, et c’est un choix que je respecte, ce n’est pas automatique d’avoir des enfants ! Je sais aussi que certaines personnes ont peur d’avoir des enfants parce qu’elles ont un TCA et que quelque part, elles s’en empêchent parce qu’elles ont peur des conséquences que ça peut avoir sur leur alimentation, leur poids, leur corps, le contrôle général qu’elles ont dans leur vie. J’en parlerai dans l’épisode de podcast où je réponds à vos questions. 

 

Mais je conseille de régler au maximum vos TCA avant un projet bébé pour éviter les risques de rechute aussi. Quoique, j’ai déjà entendu aussi des témoignages de personnes guéries grâce à leur grossesse…

Je vous parle de ça en dernier point : 

La grossesse : un risque de rechute dans les TCA ?

Je pense que la grossesse peut vraiment être à double tranchant. 

Pour moi, si la guérison n’est pas consolidée, si on est en quasi-guérison, alors ça veut dire qu’on a toujours des mécanismes de restriction qui reste en fond, qu’il y a aussi possiblement toujours pas d’acceptation de son corps, de son poids. Et donc, oui, il y a un risque de rechute dans les TCA. J’ai déjà entendu des témoignages comme ça. Parce que oui, clairement, la grossesse engendre de nouvelles réflexions sur son corps et son poids (je parlerai de mon expérience dans l’épisode FAQ sur ma grossesse).

Donc oui, je pense qu’un risque de rechute existe SI LA GUÉRISON N’EST PAS CONSOLIDÉE.

J’insiste sur ça. 

 

Mais en même temps, j’ai déjà eu des témoignages de femmes me disant que la grossesse a pour elles été un déclic et que c’est même grâce à ça et à leur enfant qu’elles sont sorties des TCA. Donc, vous voyez, il n’y a pas de règles. Je sais que lorsqu’on souffre de TCA, on aimerait pouvoir tout anticiper, savoir comme ça va se passer. Mais ce n’est pas possible. Je le dis très souvent, on est tous différents et il y a autant d’histoires de guérison que de personnes qui souffrent de TCA. 

D’ailleurs, je vous invite vraiment à partager votre propre expérience en commentaire de cet article pour diversifier les expériences et enrichir le contenu sur ce sujet !

Aperçu de l'épisode de podcast "faq sur ma grossesse après un tca"

Je crois que je vous ai tout dit sur le sujet fertilité et TCA, je vous ai même fait un aparté grossesse & TCA. Je voudrais quand même vraiment que vous reteniez une chose : ne stressez pas trop pour ça. Si vous vous soignez, physiquement (par la réalimentation, la réduction des purges & compensations) et psychologiquement, alors ça va le faire. Oui, c’est sûr, il y a plus de risques, plus de difficultés, mais ce n’est pas impossible. Et encore une fois, le mieux est que vous sortiez de cette maladie et que vous ayez un avenir plus paisible avec vos futurs enfants si tel est votre souhait ! 

 

Je vais maintenant répondre à toutes vos questions sur ma grossesse après un TCA dans un épisode de podcast dédié. 

Un petit aperçu du programme de cet épisode : 

  1. Mes essais bébé après un TCA (l’état d’esprit que j’ai adopté)
  2. Comment je vais ? 
    1. Comment s’est passé mon 1er trimestre ? 
    2. Comment s’est passé mon 2e trimestre ?
    3. Est-ce que le bébé va bien ? Et moi ?
  3. Mon rapport au corps 
    1. Comment je réagis à la prise de poids ?
    2. Est-ce que la prise de poids me fait peur ?
    3. Comment supporter les changements du corps après l’accouchement ? 
  4. Mon rapport à l’alimentation 
    1. Est-ce que mon rapport à l’alimentation a changé ? A-t-il été impacté ?
    2. Est-ce que j’ai dû augmenter mes apports ?
  5. Est-ce que j’ai des peurs particulières ?
    1. Accouchement ?
    2. Post-partum ?
    3. Temps pour moi
    4. Avenir professionnel
    5. Gestion du manque de sommeil, des pleurs de bébé
  6. Ce que j’ai mis en place pendant ma grossesse pour gérer mon stress de l’insécurité 
  7. Autres questions 
    1. Ai-je eu de nouveaux déclics ?
    2. Est-ce que j’ai peur que mon enfant ait des TCA ?
    3. Est-ce que j’ai changé d’état d’esprit ou mis en place de nouvelles choses depuis que je suis enceinte ?
    4. Est-ce que j’ai hâte ?
  8. L’envie et la peur d’avoir un enfant quand on a un TCA

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 2 commentaires
Réseaux sociaux & TCA : aide ou préjudice ?

Réseaux sociaux & TCA : aide ou préjudice ?

Réseaux sociaux & TCA : aide ou préjudice ?

Je vous retrouve pour parler du sujet des réseaux sociaux dans les TCA. C’est un sujet un peu incontournable de nos jours, dont j’avais envie de vous parler depuis un petit moment, et vous avez été une majorité à me dire que c’est un sujet que vous vouliez que j’aborde dans mon podcast. Donc c’est parti ! 

Les réseaux sociaux font partie de la vie de la plupart des jeunes, et je dirais même de la plupart des gens, de tout âge maintenant ! Mais les réseaux sociaux ont donné ces dernières années une nouvelle dimension aux TCA je trouve. Je me suis souvent fait la réflexion ces 2 dernières années : si les réseaux sociaux avaient été autant développés au moment où je suis tombée malade, ça aurait été tellement difficile. Autre réflexion : si les réseaux sociaux avaient été aussi développés lorsque j’étais au collège, je serais peut-être tombée plus rapidement dans les TCA. Je vais paraître un peu vieille en disant ça, mais du coup quand j’étais au collège, c’étaient les premières années de Facebook. Et quand je suis tombée malade, c’était le début d’Instagram, où on partageait essentiellement des photos de paysage mais pas tant de nourriture ni de corps. Bon, ces petites réflexions perso montrent déjà ce que je pense des réseaux sociaux haha. Mais en réalité, j’ai plutôt un avis mitigé, c’est-à-dire que je n’y vois pas que du négatif. D’un point de vue général, les réseaux sociaux nous permettent de rester connecté avec nos amis, notre famille, notamment quand on est loin ou que notre emploi du temps ne nous permet pas des rencontres régulières. Mais les réseaux sociaux sont aussi associés à pas mal de problématiques. 

Allez, je vous parle de tout ça : 

Les dangers que représentent les réseaux sociaux pour tout le monde

Je commence par parler des « dangers » (même si y’a pas de notion de danger de mort non plus) mais dans un contexte de « vie en général ». Parce que oui, les réseaux sociaux peuvent être toxiques, mais pas que pour les personnes qui souffrent d’une maladie mentale. Au contraire, une personne qui est bien dans sa tête peut se voir avoir des problèmes de santé mentale à cause des réseaux sociaux, ou du moins que ça les déclenche ou les empire.

Perte de concentration, de motivation

Les réseaux sociaux nous apportent tout, très vite, à porter de main. Dès qu’on a quelques minutes (dans les transports, dans une salle d’attente, en attendant quelque chose…) : HOP, on ouvre une appli d’un réseau social. Et parfois, on y reste bien plus que quelques minutes. Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé de vous dire « allez, j’y vais un tour 5 minutes » (par exemple avant d’aller dormir). Et puis finalement, ¾ d’heure plus tard, vous y êtes toujours… 

Et souvent, quand on fait ça, on a cette sensation d’avoir perdu du temps, ou de ramollir son cerveau. Je dis « on », car je me compte dans le lot. Il n’y a pas longtemps, je me suis dit « allez, je vais sortir de chez moi, bosser dans un cowork, sortir me balader ». Sauf que juste avant, j’ai décidé de faire un petit tour sur des réels. Et finalement, j’y ai passé un temps fou, j’y ai perdu toute motivation et je suis restée enfermée chez moi, avec une concentration minimale. Donc, même si on n’en a pas conscience sur le moment même, l’un des premiers points, c’est que les réseaux sociaux impactent notre motivation, concentration et de surcroît estime de soi. 

La comparaison

D’ailleurs, une autre raison pour laquelle ils impactent l’estime de soi, c’est à cause de la comparaison. C’est une notion que je parlerai d’autant plus dans la suite de cet article quand je parlerai spécifiquement des TCA. Mais déjà chez énormément de gens, les réseaux sociaux engendrent de la comparaison. Et même chose, on ne s’en rend pas forcément compte sur le moment, mais les contenus que l’on peut voir engendrent de la comparaison à nos valeurs, à de l’apparence, à nos emplois du temps… parfois, on voit des « familles parfaites », des « mamans parfaites », ou des personnes qui semblent tout réussir dans tous les aspects de leur vie. Évidemment que ça pousse à culpabiliser ! La réalité, c’est qu’autour de moi, que je connais vraiment bien, je ne connais personne qui gère toutes les parties de sa vie. C’est que sur les réseaux sociaux qu’on nous montre ça… D’ailleurs, souvent, c’est des influenceuses qui ont une si grande communauté, que leur gagne-pain, c’est justement de filmer leur lifestyle. Donc, elles ont toute leur journée pour tout faire en effet, mais elles ne sont que quelques-unes dans le monde entier. Tous ces contenus peuvent aussi créer de la frustration : « Pourquoi moi je ne voyage pas autant ? Pourquoi sur moi les vêtements ne me vont pas aussi bien ? Pourquoi moi je n’ai pas autant de bijoux dans mon armoire ? Pourquoi moi je n’arrive pas à faire autant… ? »

Et puis, pour certaines personnes, il peut aussi y avoir une comparaison aux chiffres : au nombre de vues, au nombre de likes, de partage, etc. Elles peuvent se sentir moins bien selon le nombre de réactions qu’elles reçoivent. 

Désinformation de masse

Un autre point sur l’impact des réseaux sociaux dans la vie des gens en général, c’est aussi qu’il y a une grosse désinformation. Il y a énormément de contenus qui balancent des informations non vérifiées, mais où la personne le dit avec tellement de conviction, que tout le monde y croit. Et parfois, ça crée des réactions ultra-violentes, où des gens dépensent une énergie de dingue alors que l’info de base n’est pas vérifiée… D’ailleurs, énormément de personnes vont faire des posts avec des infos choquantes pour faire réagir, parce que c’est comme ça que l’algorithme fonctionne. Donc ils s’en foutent de si l’information est vraie, tant que ça fait des vues. Donc parfois, vous culpabilisez peut-être pour des contenus qui sont totalement irréels. 

Donc voilà, je pense que j’ai déjà donné pas mal de points qui montrent à quel point les réseaux sociaux peuvent être toxiques. Et encore, je n’ai pas parlé du cyberharcèlement, où des gens se permettent d’insulter les autres sous prétexte qu’ils sont protégés par un pseudo et un écran. Et ça peut aller tellement loin… à croire qu’ils en oublient que derrière, ces insultes s’adressent à de vrais humains. 

Réseaux sociaux et TCA : quels dangers ?

Je vais maintenant me concentrer sur l’impact des réseaux sociaux dans le cadre des TCA, mais sachant que tous les points que j’ai énoncés juste avant sont d’autant plus impactant pour des personnes ayant une santé mentale fragile. 

Pour préparer mes contenus, j’aime bien vous demander votre avis sur Instagram en amont (comme quoi, les réseaux sociaux peuvent être un outil utile dans certains cas haha ! Mais je le dis, je ne blâme pas à 100 % ! Sinon, je ne serais pas moi-même dessus). Mais du coup, j’ai fait un sondage. 

Je vous ai demandé votre relation avec les réseaux sociaux : 

  • Vous n’avez été que 7 % à me dire que vous trouviez qu’ils vous aidaient, 
  • Contre 19 % à dire que ça vous rend plus mal que ça ne vous fait du bien. 
  • Et la majorité a répondu « ça m’aide, mais parfois ça me rend mal ». Donc c’est bien ce que je dis, c’est que ça peut être bien mais il y a pas mal de dangers !

Et du coup, je vous ai aussi demandé les raisons de ce qui vous rendait mal dans les réseaux sociaux. Vous avez été énormément à me parler de la comparaison.

Danger n° 1 : déclencheurs à la comparaison

Vous avez été nombreux à m’avoir partagé le fait que les réseaux sociaux engendrent chez vous beaucoup de comparaison. 

Les réseaux sociaux pullulent de publications sur la perte de poids, des régimes, souvent déguisés par le terme de « rééquilibrage alimentaire », véhiculant des images corporelles avec des idéaux complètement irréalistes. 

Une abonnée m’a répondu « les publications sur la nourriture et le sport, et l’interprétation qu’en fait la maladie ». Et j’ai trouvé ça tellement pertinent ! C’est-à-dire que déjà chez beaucoup ça pourrait engendrer de la comparaison, mais quand vous souffrez de TCA, il y a aussi l’interprétation de la maladie qui va vous dire « toi, tu ne fais pas assez » « tu as vu, ces personnes mangent moins ou font plus de sport, tu devrais faire pareil », etc. 

Danger n° 2 : déclencheurs à des comportements de la maladie

Et le problème, c’est que toute cette comparaison engendre des comportements malsains de la maladie. C’est-à-dire que ces publications sont de véritables déclencheurs. Par exemple, des publications sur la nourriture peuvent vous inciter à manger moins. Combien « d’astuces » il y a sur les réseaux sociaux pour mincir, dépenser des calories… C’est tellement malsain, on vous apprend à vous déconnecter de votre corps alors que vous avez déjà du mal à être connecté à ses besoins. Il y a aussi des déclencheurs lorsque vous voyez d’autres personnes faire du sport, ou juste le corps d’une autre personne peut vous donner envie de perdre du poids. Il y a une personne qui m’a aussi dit « certains posts de diététicien présentent des aliments comme mauvais alors que moi je les consomme ». 

Danger n° 3 : La communauté TCA

Là, je vous ai parlé des réseaux sociaux en général, mais dans les TCA, il y a aussi la particularité d’avoir une communauté TCA. On va dire qu’il y a deux types de contenu dans cette communauté : 

  • Les contenus éducationnels, qui sont là pour aider, donner des conseils… 
  • Les contenus des personnes qui sont en guérison. Toutes ces personnes ne partagent pas le même contenu, mais pour certaines, elles ressentent le besoin de partager ce qu’elles mangent, ce qu’elles ont accompli comme défi, leur hospitalisation, leur variation de poids, etc. Et peut-être que pour eux-mêmes, c’est source de motivation, peut-être que pour d’autres, c’est source d’inspiration. Mais je pense que malheureusement, pour beaucoup, c’est source de comparaison. 

Donc, il y a d’une part la comparaison aux gens en général sur les réseaux sociaux, mais peut-être que la comparaison à d’autres personnes malades peut être aussi dangereuse. Moi je me souviens que lorsque j’étais malade, j’étais presque rassurée de voir que j’allais moins bien que d’autres, comme si j’étais davantage légitime alors que c’était débile. Mais ça me rassurait, c’était la maladie qui me faisait croire ça. Donc si je voyais quelqu’un qui semblait plus en difficulté que moi, je culpabilisais presque et ça pouvait me ralentir dans mes avancées dans la guérison. 

tiktok-tca

Focus TikTok & TCA : 

Une personne m’a dit que son déclencheur sur les réseaux sociaux, ce sont « les filles sur TikTok qui romantise les TCA ». Alors, TikTok, je connais beaucoup moins. C’est moins de mon âge je pense (je semble super vieille en disant ça haha). Mais c’est vrai que j’avais été voir il y a 1 an je crois, ce qui se faisait sur TikTok en termes de TCA. Et j’avais été assez choqué de voir beaucoup de contenus en effet qui semblaient romantiser la guérison, la réalimentation, les hospitalisations, etc. Et j’avais trouvé que certains contenus étaient vraiment malsains et n’aidaient en rien ! Surtout qu’il me semble que la communauté TikTok est en effet plus jeune, et être confronté à ce genre de contenu peut vraiment être dangereux je trouve ! 

La mention « TW »

Alors, je ne sais pas si vous avez déjà vu cette mention dans certains posts, ce n’est pas seulement réservé aux TCA hein. Mais TW, c’est l’abréviation de Trigger Warning, qui signifie en anglais que le contenu peut contenir un déclencheur pour la personne qui lit. Donc c’est un avertissement, pour dire que le post peut contenir des informations qui vont vous sentir mal. Le fait de mettre « TW » permet un peu au créateur de contenu de se dédouaner de toute responsabilité, en disant « c’est vous qui faites le choix de vous y confronter ». J’ai moi-même déjà utilisé cette mention il y a longtemps, en 2021 je dirai. Mais courant 2022, j’ai lu une étude américaine qui disait que le fait de mettre cette mention attirait d’autant plus les gens à aller consulter ces contenus. Donc c’est vrai que je ne sais pas trop ce qui est le mieux : ne pas mettre cette mention ou pas ? Je vous conseillerais de faire vraiment attention quand vous voyez cette mention TW, même si vous êtes attirés, ne le lisaient pas. Personnellement, je ne mets plus la mention TW mais je fais surtout très attention à ne pas parler de choses qui pourraient être trigger pour ma communauté. 

Ce que je pense de la sensibilisation des TCA sur les réseaux sociaux

Justement, je voudrais vous parler de la sensibilisation des TCA sur les réseaux sociaux. Alors, évidemment, je trouve ça positif. Je participe moi-même à ça. 

Ce que je trouve bien : 

  • Le fait d’ouvrir la parole sur des sujets qui ne sont encore pas assez connus ou du moins mal compris du grand public
  • Le fait de donner la parole aux personnes malades, elles en parlent le mieux 
  • Le fait que ça peut aider les personnes malades à se sentir moins seules, mieux comprises et peut-être même avoir des prises de conscience 

Mais par contre, je pense que comme partout, il y a parfois des choses qui peuvent ne pas aider. Je pense notamment aux posts tels que « X choses que j’ai faites lorsque je souffrais de TCA », « X choses que mon TCA m’a fait faire » en donnant en quelque sorte des comportements malsains, des choses qui s’apparentent presque à des « astuces » pour la maladie. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire. Les personnes qui partagent ça ne font pas ça du tout à mal, mais je pense que parfois, ça donne des idées au côté « maladie » en vous. Par exemple, peut-être que vous pourriez vous dire « tiens, elle a fait ça mais moi je ne l’ai jamais fait, c’est que je suis moins malade » « tiens, c’est vrai que je n’avais pas pensé à ça pour dépenser plus de calories ». La personne qui l’a écrit, si elle est passée par les TCA et qu’elle en est sortie, elle a une prise de recul sur ces actions du TCA que la personne malade qui lit le post n’a peut-être pas encore, et donc ça peut être néfaste. Donc je pense qu’il y a certains contenus qui sont parfois trigger alors qu’à la base ils étaient là pour aider. Mais bon après, ça peut être trigger pour certaines personnes et pas pour d’autres. 

Après, je pense que c’est de la responsabilité de chacun qui crée du contenu de savoir si ça pourrait heurter sa communauté, de savoir où mettre des limites. Par exemple, moi je ne publie JAMAIS de contenu avec de la nourriture parce que je me dis que ça pourrait être trigger pour certaines personnes. Peut-être une infime partie de ma communauté mais je ne préfère donc pas le faire. Là où d’autres comptent en partage, et ça peut même être inspirant pour leur communauté. Je me pose toujours énormément de questions quand je fais un contenu car je veux vraiment aider et pas porter préjudice, et je trouve que ça demande de prendre beaucoup de précautions, de me souvenir quand j’étais malade, comment j’aurais reçu cette information. Pour vous dire, ça m’est déjà arrivé de rédiger tout un contenu pour finalement l’effacer, au cas où ça serait néfaste pour quelques personnes. Et encore, c’est grave possible que j’ai déjà publié du contenu qui ait été problématique pour vous et je vous assure que je m’en excuse vraiment, j’essaie de faire au mieux. Mais c’est ça aussi le problème avec les réseaux, c’est qu’on s’adresse à une communauté de plusieurs centaines voire milliers de personnes et donc forcément, on ne peut pas prendre en compte les problématiques spécifiques de chaque personne, puisqu’évidemment, on ne connait pas tout le monde personnellement. Et c’est là où il faut aussi savoir prendre du recul en tant que lecteur/utilisateur, de se dire « ça ne m’est pas adressé spécifiquement ».  

Par contre, il y a une partie de la sensibilisation des TCA que je n’aime pas sur les réseaux sociaux. C’est quand ça vient de la part des influenceuses/influenceurs qui vendent des programmes de perte de poids, de régime… et qui savent qu’évidemment, ça a des conséquences, donc pour se donner bonne conscience, de temps en temps, ces personnes font un post de sensibilisation pour les TCA. Je ne trouve personnellement pas ça crédible, puisqu’en fait, ils font partie des personnes qui publient du contenu qui envenime le mal-être des personnes qui ont des TCA. Tu ne peux pas parler de perte de poids toute l’année puis une semaine par an, parler de trouble alimentaire. Tu ne peux pas faire la prévention des troubles alimentaires tout en favorisant les régimes. 

Danger n° 4 : se renfermer sur les réseaux sociaux

J’ai déjà pas mal parlé des dangers, j’en ai un dernier à partager avant de passer à la partie « conseils ». 

Un autre danger, qui peut pourtant faire du bien quelque part et je le comprends, c’est le fait de trouver dans les réseaux sociaux un refuge. On le sait, les TCA ont tendance à éteindre la vie sociale, à renfermer la personne sur elle-même. Et les réseaux sociaux offrent des contacts sociaux derrière un écran, donc c’est beaucoup moins de barrières pour la personne malade. Et pour certaines personnes, ça peut les aider à renouer avec des amitiés, à se sentir moins seules, à être avec d’autres personnes. J’ai eu la chance d’être entouré dans ma guérison, donc je ne peux pas 100 % me mettre à la place des autres. Mais ce que je voudrais tout de même dire : c’est attention à ne pas vous renfermer exclusivement aux réseaux sociaux. Parce que ce n’est pas la vraie vie les réseaux sociaux. Et une partie de la guérison consiste justement à renouer avec la vraie vie. Mais ça, j’en parlerai dans la partie « conseil », mais je voulais déjà le dire ici comme « danger potentiel ». 

Les conseils pour une utilisation plus positive des réseaux sociaux.

Ces conseils peuvent s’appliquer à une personne souffrant de TCA, mais pas que. J’ai pas mal parlé de danger, mais je voudrais quand même rappeler que oui, les réseaux sociaux peuvent aider : 

  • À se sentir moins seule, à être mieux compris
  • À trouver des contenus éducatifs qui vous aident à mieux comprendre la maladie
  • À rester en lien avec des proches, à faire des rencontres, à maintenir un minimum de vie sociale

Mais je voudrais vous donner quelques conseils pour vraiment les utiliser de la façon la plus positive possible. Bon, sachant que moi-même, j’essaie d’appliquer certains de ces conseils et certains jours, je n’y arrive pas et ce n’est pas grave. C’est normal d’avoir des jours de « moins bien », j’en parlerais justement dans le contenu que je ferais sur le burnout de la guérison. 

#Conseil 1 - Suivre les bons comptes TCA

C’est un conseil qui revient fréquemment, que vous avez déjà dû entendre : suivez les bons comptes. C’est-à-dire que dès que vous voyez un contenu qui vous trigger, et que vous remarquez peut-être que ce n’est pas la première fois que ce compte poste des contenus qui vous dérangent, alors désabonnez-vous. Moi je me souviens qu’à la fin de mes TCA, je suivais pas mal de filles de compte recovery, mais aussi des filles fitgirl, qui partageaient des recettes avec les calories, etc. Et dans ma tête je me disais que c’était pour me donner des idées, pour élargir mes possibilités de repas. Mais en réalité, ça me maintenait dans la mentalité « il faut associer des calories à la nourriture ». Et une fois mon copain m’a regardé faire et m’a dit « mais regarde, tous les soirs tu regardes ton feed, il y a que de la bouffe ». Et il avait raison ! Et ça a été vraiment dur pour moi de plus suivre ces comptes-là, c’était presque devenu une routine. Et un jour j’ai tout defollow, et vraiment, ça m’a fait du bien et ça a été un pas en plus dans ma guérison, mais un vrai grand pas qui a fait la différence pour moi en tout ça.

À l’inverse, je vous invite vraiment à suivre des comptes TCA qui vous aident, qui partagent des choses plus éducatives sur le sujet. Évidemment, je vais vous parler du mien @norain.noflower où je partage plein de posts qui répondent souvent à des questions qu’on me pose mais pas que ! Mais il y en a plein et qui sont vraiment chouettes ! Et n’hésitez pas à enregistrer leurs posts, pour vraiment en faire une utilisation « utile », pour que vous ayez des posts qui vous aident, rassemblés au même endroit, comme votre propre base de données d’aide, que vous pouvez consulter à n’importe quel moment.

#Conseil 2 - Ayez (peut-être ?) un compte TCA

Suivre des comptes qui vous aident dans la guérison de votre TCA c’est vraiment bien. Mais le truc, c’est que la guérison des TCA, c’est justement s’ouvrir à d’autres choses que la maladie. 

Donc c’est vrai qu’il y a peut-être ce truc où vous êtes sur les réseaux sociaux juste pour vous changer les idées, ou peut-être qu’enfin vous avez réussi à décrocher quelques instants du monde du TCA, et là bim, l’algorithme qui a remarqué que c’est un sujet qui vous intéresse, il vous met des infos sur les TCA. Et parfois, vous n’avez pas envie de ça ou juste, de ce fait, ça vous replonge dans le monde de la maladie (même si c’est plus de la guérison). Mais ce que je veux dire dans le fait d’avoir un compte « TCA », c’est peut-être un compte où vous pouvez suivre tous ces comptes qui vous aident (je ne vous parle pas d’un compte où vous partagez vos assiettes, vos victoires, etc). Le but de ce compte « exclusivement TCA », c’est que c’est vous qui choisissez quand vous avez envie d’aller voir des posts à ce sujet. Ce n’est pas l’algorithme qui décide de vous mettre ça sous le nez à n’importe quel moment. Et en plus c’est très facile de swipper d’un compte à l’autre, que ce soit sur Insta ou TikTok, ils ne vous redemandent pas de mot de passe ou quoi que ce soit. Donc ça, c’est à vous de voir, mais ça peut être un conseil intéressant. 

#Conseil 3 - Diversifiez les comptes que vous suivez

Un autre conseil, notamment si vous gardez un unique compte, c’est de diversifier les comptes que vous suivez : soit ne pas suivre uniquement des comptes TCA. Essayez de diversifier : des comptes d’humour, de déco, de calligraphie, de lecture, de voyage, d’animaux… enfin, ce qui vous plaît en fait ! Mais si vous ne suivez que des fitgirls, des comptes recovery et des comptes de recettes… bah une fois de plus, ça vous maintient dans l’univers de la maladie, c’est plein de trigger que la maladie peut facilement utiliser contre vous. 

#Conseil 4 - Réinitialiser votre algorithme

Si vous avez décidé d’avoir un compte TCA mais que votre compte de base est déjà plein de contenu TCA ou si vous en avez juste marre de voir plein de contenu sur les TCA… il vous faut manipuler votre algorithme.

L’algorithme des réseaux sociaux fonctionne de la façon suivante : 

Au plus vous montrez de l’intérêt à un contenu, au plus l’algorithme sait que ce genre de contenu vous plait, et il va donc vous mettre en avant des contenus similaires. 

algotihme-tca-reseaux-sociaux

Comment vous montrez de l’intérêt à un contenu ? En le likant, en le partageant, le commentant, et en le regardant. Et ça, c’est quelque chose qui devient très important, ça s’appelle le watchtime. Si votre algorithme remarque que vous passez 2 secondes de plus à lire un contenu sur la perte de poids ou sur de l’alimentation, même si vous ne l’avez pas liké ou n’avez fait aucune interaction, alors il enregistre que ça vous intéresse. 

Donc comment manipuler son algorithme ?

En vous forçant à regarder du contenu différent, et à swipper très vite les contenus que vous ne voulez plus voir. 

Et ça, vous pouvez le faire simplement déjà 10 minutes, et ça devrait suffire pour manipuler votre algorithme, pour qu’il ne vous montre plus les contenus que vous ne voulez plus voir.

#Conseil 5 - Protégez-vous des contenus inappropriés

Alors, là je vais vous parler uniquement d’Instagram car TikTok, comme je vous disais, je l’utilise peu donc je ne connais pas assez. 

Mais sur Instagram, vous pouvez faire quelques manipulations pour vous protéger. Ça marche pas à 100 % mais ça peut déjà réduire je pense. 

Déjà, s’il y a un contenu, n’importe lequel qui vous dérange, vous pouvez cliquer sur les trois petits points à la verticale à droite de la publication, et cliquer sur « Masquer ». Au moins, si vous ne souhaitez pas vous désabonner, vous ne verrez plus les publications de cette personne. Et elle ne le saura pas, rassurez-vous.

Ensuite, rendez-vous sur votre profil > sur les trois barres latérales à droite > vous arrivez sur paramètres et activité directement. Là dans la barre de recherche vous écrivez « pub » > sélectionnez « sujet publicitaire » > allez dans la barre de recherche et là vous aurez tout en bas « contrôle du poids corporel » > cliquez et sélectionner « voir moins ». Et dans la barre de recherche vous pouvez mettre d’autres termes mais en anglais. Par exemple « diet » pour régime, et faire la même chose. D’expérience, ça ne marche pas à 100 % mais ça permet normalement de limiter un peu. 

#Conseil 6 - Prendre du recul

Un autre conseil, c’est de prendre du recul vis-à-vis des réseaux sociaux, et notamment garder en tête que les réseaux sociaux, ce n’est clairement pas la vraie vie. Sur les réseaux, vous ne voyez qu’un instant qui est capturé, vous ne savez pas ce qu’il se passe avant ou après. Une personne peut sembler avoir un mode de vie saine, mais être très malade psychologiquement. La souffrance psychologique ne se voit pas en photo. Et même chose, d’expérience, c’est souvent ceux qui affichent le plus sur les réseaux sociaux qui ont le plus de souffrance, et pas forcément ceux qui ont « la plus belle vie ». Comme s’il fallait prouver que leur vie était bien. Sur mes réseaux perso, je dois poster 1 photo par an voire tous les 2 ans. Et pourtant, je ne suis pas malheureuse ! J’ai plein de trucs où je me dis que je pourrais le montrer. Mais les réseaux, ce n’est pas la vraie vie, je préfère vivre ces choses à fond plutôt que de tout le temps montrer. Ça ne veut pas dire que ceux qui postent souvent c’est pas bien, chacun ses choix, mais c’est juste pour dire que ce n’est pas corrélé avec à quel point votre vie est bien ou non. 

Et c’est important de prendre du recul et de se faire un esprit critique vis-à-vis des contenus que vous voyez. Ça aussi je trouve que ça fait partie de la guérison. Quand vous voyez des contenus qui prônent des régimes, des pertes de poids, des produits minceurs ou quoi que ce soit : gardez en tête que bien souvent, ces contenus jouent sur les émotions et peurs de gens pour vendre quelque chose derrière. Comme je disais, il y a bien des contenus où ils se foutent de savoir si leurs informations sont vérifiées, tant qu’ils font le buzz et qu’ils vendent derrière. C’est une triste réalité… Mais du coup, il faut prendre du recul vis-à-vis de ça. 

#Conseil 7 - Diminuer votre temps d’écran

Ça franchement, c’est l’un des meilleurs conseils que je pourrais donner. Je l’applique moi-même et vraiment, ça aide de fou ! Psychologiquement, et même, vous gagnez du temps. Et je ressens personnellement une oppression en moins. 

Donc quelques astuces pour vous aider : 

  • Mettre votre portable en mode silencieux, c’est-à-dire où vous ne recevez pas les notifications. Et je vous dirai même de faire en sorte que ce mode s’active automatiquement (plutôt que vous le mettiez manuellement). Quitte à l’enlever manuellement si ça vous dérange. Mais par exemple, moi il est en silencieux avec zéro notif jusqu’à 8 h et puis, prend le relais d’un autre mode qui ne me montre que les notifications importantes : SMS et appel quoi. Et à 22 h, je repasse automatiquement en zéro notification. Moi je suis sur iPhone, donc je ne sais pas comment ça se fait sur Androïd, mais ces modes-là, vous les paramétrez dans Réglages > Concentration. Et là, vous pouvez définir des programmes avec des heures ou choisir les applications dont vous souhaitez garder les notifications. 
  • Vous pouvez aussi mettre votre téléphone dans une autre pièce. Par exemple, si vous travaillez dans votre bureau, laissez-le dans le séjour. Et ça même chose, ça aide vraiment. Si vous l’avez à portée de main, la tentation est plus grande. 
  • Vous pouvez aussi utiliser des applications qui vous aident à limiter votre utilisation des réseaux sociaux. Je vous en donne 4 et je vous laisserai regarder par vous-même si ça vous intéresse : Forect, Flipd, Space, AppBlock

#Conseil 8 - Faire des digitales detox

Une digitale detox, une vraie, c’est de ne plus avoir d’écran du tout pendant une période de temps définie. Bon, c’est plus difficile à mettre en place concrètement. Mais ce que je fais personnellement, puisque je sais que ce qui me prend le plus de temps, c’est Instagram ou les vidéos Facebook (ouais, je suis vieille…), je vais me faire des journées entières sans aller dessus. Et je vous conseille d’avoir au moins une journée sans y aller dans votre semaine, par exemple le dimanche, où vous laissez vraiment votre portable dans un coin. Je fais ça aussi parfois sur des plages horaires. C’est-à-dire que je sais que de 9 h à 18 h je ne me connecte pas. Mais après il faut faire attention à ne pas s’accorder les réseaux juste avant de dormir, ce qui peut clairement impacter votre sommeil avec la lumière bleue du portable, et le fait que les écrans juste avant de dormir ce n’est pas génial ! Je dis ça, mais ça m’arrive encore trop souvent de le faire… 

Je vous ai déjà donné pas mal de conseils concrets qui j’espère vont vous aider. Je voudrais terminer en donnant un conseil très spécifique.

On me dit souvent que j’inspire d’autres personnes malades à faire ce que je fais sur les réseaux : à savoir aider les autres. Je vous redonne mon vécu par rapport à ça. En 2020, j’avais lancé mon compte alors qu’en fait, je n’étais pas totalement guérie. J’étais en quasi-guérison. J’allais vraiment mieux et moi aussi j’ai eu envie de partager mon vécu. D’un coup, j’ai eu plein de messages de gens qui vivaient ce que j’avais vécu ou que je vivais encore à ce moment-là, et j’ai ressenti en fait une oppression où les réseaux dans les TCA devenaient ma nouvelle vie en quelque sorte, alors que je cherchais à me reconstruire indépendamment de la maladie. Au final, j’ai tout arrêté du jour au lendemain, sans rien à personne. Parce que ça me portait préjudice dans ma guérison. Je suis partie 17 mois, le temps de guérir totalement et de faire une vraie coupure entre le moment où je guéris et le moment où je voulais en faire une force, et aider d’autres. Et pour moi, ça a été vraiment indispensable. Pour moi, la coupure est importante pour vous comme pour ceux que vous voulez aider. Pour apporter plus saine et être capable de prendre un véritable recul sur ce que vous entendrez et/ou lirez et/ou verrez d’autres personnes.

Donc voilà, je tenais à le dire. Pour autant, chacun fait comme il veut. Et c’est super de vouloir en faire une force, de vouloir aider, de témoigner, ça aide clairement les autres ! Mais pensez à vous, à consolider VOTRE guérison avant tout. C’est vraiment un conseil bienveillant que je vous donne là 🙂 

J’espère que cet article vous aura aidé ! Mettez vos propres conseils en commentaire de l’article de blog correspondant, que vous retrouverez sur mon site norainnoflower.com. Ça peut être sympa de partager ça aux autres pour enrichir ce contenu !

Je vous remercie pour votre écoute et je vous dis, à bientôt ! 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 0 commentaire
Culpabilité dans les TCA : la comprendre pour mieux y répondre

Culpabilité dans les TCA : la comprendre pour mieux y répondre

Culpabilité dans les TCA : la comprendre pour mieux y répondre

Aujourd’hui, on se retrouve pour parler de culpabilité. C’est un terme omniprésent dans les troubles alimentaires. Et c’est un terme assez connu, mais je trouve que, il a pas du tout la même signification dans la vie courante, pour une personne en bonne santé, que dans le cadre des troubles alimentaires, donc pour une personne malade. 

Qu’est-ce que la culpabilité dans les TCA ?

Donc, je vais commencer par définir cette culpabilité dans les TCA. Je le précise, parce que je me souviens que lorsque j’étais malade, je parlais d’à quel point j’étais mal à cause de cette culpabilité, et on me répondait parfois “ah, mais moi c’est pareil, parfois je mange des chips avant de manger, et je culpabilise grave”. Bah, pour moi, ça n’est pas la même chose. Parce que la culpabilité dans les TCA, elle est bien souvent permanente. Et d’ailleurs, c’est pas que la culpabilité liée à l’alimentation, c’est aussi la culpabilité d’être malade, parfois de ne pas être assez malade, de ne pas avoir fait assez de sport, de s’être reposé, d’avoir gagné du poids, de ne pas être assez bien, de ne pas réussir à guérir, etc. Et lorsqu’elle est liée à l’alimentation, c’est pas “juste” une culpabilité d’avoir mangé un peu plus que d’habitude, c’est culpabilité d’avoir mangé un aliment considéré comme “mauvais”, d’avoir mangé trop de ceci ou trop de cela, d’avoir mangé plus que son voisin, d’avoir mangé alors qu’avant tu venais de faire une compulsion, etc.

 

Autre point : La culpabilité quand on n’a pas de TCA, on parvient facilement à se raisonner, à passer à autre chose, ce n’est pas paralysant. Tandis qu’avec un TCA, on ne parvient pas à se raisonner. La personne qui culpabilise est même persuadée que la voix de la culpabilité est la bonne, qu’elle est vraiment en tort et que c’est grave. Et d’un autre sens, c’est très souvent que les personnes malades disent “en réalité, je sais que c’est insensé, mais je ne parviens pas à me raisonner”. Donc c’est ultra-ambivalent, et c’est là toute la difficulté des TCA. Donc dans le cadre des troubles alimentaires, c’est vraiment une culpabilité qui emprisonne. Les sentiments associés à la culpabilité dans les TCA sont souvent des sentiments de dégoût, de honte, de désespoir. C’est une sensation d’être dans une impasse, d’être bloqué, de ne pas avoir d’autre choix que de répondre à la maladie pour mettre fin à cette culpabilité. Avec un TCA, lorsqu’on culpabilise, on a la sensation de manquer de volonté. Normalement, le sentiment de culpabilité est fait pour qu’on prenne conscience qu’on a fait une faute, quelque chose d’immoral, voire qui peut être puni par la loi. Mais dans les TCA, c’est vraiment une culpabilité malveillante, c’est un véritable poison. Souvent, cette culpabilité entraîne du stress, un renfermement sur soi donc une diminution de sa vie sociale, une mauvaise estime de soi, une baisse de confiance en soi… ça peut entraîner aussi des compulsions ! J’en parlerai plus tard de ce point-là.

 

Bref, en réalité, je prends le temps de définir la culpabilité, mais malheureusement, je pense que vous connaissez déjà trop bien tout ça puisque vous le vivez. C’est surtout intéressant pour les proches de ces explications, pour mieux comprendre la personne malade.

Je vais donc maintenant vous parler des causes de cette culpabilité, qui sont vraiment multiples, et en même temps, je vous donnerai des conseils pour diminuer cette culpabilité. C’est important cette partie parce que parfois, on ne parvient pas à savoir pourquoi, la raison profonde du sentiment de culpabilité. Or c’est indispensable de comprendre l’origine pour pouvoir travailler dessus. 

Causes et conseils pour diminuer la culpabilité

#1 - Les déclencheurs

Le terme de “déclencheur” est souvent utilisé dans le cadre des TCA, en anglais ça se dit “trigger”. Les déclencheurs, c’est surtout ce qui va alimenter la culpabilité. C’est plutôt des outils de la culpabilité, plutôt qu’une cause. 

Quand je parle de déclencheur, c’est : 

  • la balance (culinaire ou pèse-personne)
  • les montres connectées qui indiquent les calories dépensées, le nombre de pas effectué
  • les applications qui comptent les calories ou les pas, encore une fois
  • les étiquettes alimentaires 
  • les réseaux sociaux
  • etc.
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En fait, parfois, vous culpabilisez après une certaine action : ça peut être après avoir fait un tour sur Instagram, après être monté sur la balance, etc. Il faut vraiment vous questionner : qu’est-ce qui m’a déclenché ce sentiment ? Est-ce un outil physique? Et si la réponse est oui, il faut vraiment supprimer ces déclencheurs. Combien de fois je vous ai dit de jeter la balance. Je sais que c’est un GRAAAAND pas, mais vraiment, c’est indispensable. La balance, elle ne vous apporte RIEN. Et si vous me répondez “si, ça me rassure” ou “si, ça me permet de garder le contrôle” ; je vous assure que ce sont des leurres du TCA. Ça rassure votre partie TCA (soit partie maladive) uniquement quand ça répond à SES exigences. 

Pour ce qui est des réseaux sociaux, vraiment, ne suivez plus les comptes qui vous rendent mal, qui vous font culpabiliser. C’est des sujets qui reviennent souvent dans mes podcasts, mais parce que je sais que les réseaux, ça peut aider, mais ça peut aussi créer d’autres angoisses. Et pour ce qui est des étiquettes alimentaires, ça c’est difficile, je sais aussi. Je pense que ça m’a pris énormément de temps avant de perdre l’automatisme de ne plus regarder les étiquettes. Je sais que certains collent une étiquette blanche dessus, d’autres barrent au marqueur les informations susceptibles de faire culpabiliser. Une personne m’avait dit qu’elle achetait tout en vrac, ou le maximum possible, pour ne pas avoir les informations nutritionnelles.

#2 - Le poids & l’IMC

Une autre cause de la culpabilité, c’est parce que vous avez en tête un poids défini, souvent trop faible, ou un IMC (selon comment vous raisonnez). Le fait d’avoir un objectif de poids ou d’IMC va générer de la culpabilité, puisque selon ce que vous mangez ou l’activité que vous faites (ou ne faites pas), vous allez culpabiliser par peur de dépasser cet objectif, ou alors vous allez culpabiliser parce que justement vous avez déjà dépassé cet objectif. 

Sauf que ça, ça fait clairement partie intégrante de la guérison : accepter que vous ne puissiez pas vous-même déterminer votre poids de forme. Le poids de forme, c’est votre corps qui sait lequel est le bon pour vous. Non, le poids, le corps, ne sont pas à maitriser, comme nous le fait croire la culture du régime. Le corps est un être vivant, et comme n’importe quel être vivant, il sait lui-même ce dont il a besoin et il envoie des signaux afin que vous y répondiez. Aucun être vivant ne fait de régime. Les animaux ne font pas de régime… sinon ils n’auraient plus de force pour rester à leur position dans la chaîne alimentaire, ils se feraient capturer facilement par des proies. Aucune fleur ne fait de régime, sinon elle fanerait puis mourait. C’est vraiment quelque chose sur lequel travailler, la notion de poids de forme et d’IMC. J’ai fait un article complet sur ce sujet, celui ci. Je vous laisse l’écouter parce que c’est vraiment une notion cruciale dans les TCA. Je pense qu’on me l’avait souvent dit, mais j’ai pris du temps à l’intégrer. Donc même si vos médecins ou d’autres contenus l’ont déjà dit ailleurs, n’hésitez pas à écouter quand même. Parfois, le fait de l’entendre, encore et encore, ça aide à ancrer l’idée en vous. 

#3 - Les réseaux sociaux et les autres.

Une autre cause de la culpabilité, c’est la comparaison aux autres. 

Souvent, les TCA vous amènent à vous replier sur vous-même.

Donc peut-être que finalement, vous avez moins d’occasions de vous comparer à ceux qui vous entourent. Mais de ce fait, beaucoup passent énormément de temps sur les réseaux sociaux. 

Les réseaux sociaux, ce n’est pas que péjoratif. Cela peut vous aider, mais il y a quand même le problème de la comparaison. Les personnes qui souffrent de trouble alimentaire manquent de confiance en elles. Donc dès qu’elles vont voir une personne qui montre son corps, ou sa routine sportive, ou ce qu’elle mange… Elles vont se comparer ! Et ça, ça peut être source d’anxiété et de culpabilité.

Sur les réseaux sociaux, il y a une grosse communauté TCA. Alors il y a une partie aidante, avec des comptes comme le mien ou des comptes de professionnels, ça c’est top. Mais il y’a aussi une communauté des personnes malades. Souvent, c’est dans un but de s’entraider, de se motiver. Et ça peut être le cas, peut-être que toi qui m’écoutes tu as un compte et que ça te motive. Mais pour d’autres personnes, ou dans certaines situations, ça peut aussi être source de comparaison et de culpabilité. 

Et puis au-delà des réseaux sociaux, même si vous vous renfermez, vous vivez peut-être avec de la famille, des amis… ou peut-être tout simplement les commentaires que vous entendez à l’école, au travail… ça peut générer de la comparaison, et donc de la culpabilité.

Même chose sur ce point de la comparaison, je vous renvoie à l’épisode 36 qui est dédié à ce sujet, et où je donne tous mes conseils dedans. Vous allez dire qu’au final, je n’arrête pas de renvoyer vers d’autres épisodes. Mais c’est parce que j’ai déjà traité ces sujets-là de la façon la plus complète possible et donc je risquerais de me répéter. Et c’est aussi parce que, malheureusement, la culpabilité est omniprésente dans les TCA comme je le disais en intro donc c’est un sujet transverse qu’on retrouve dans un peu toutes les autres problématiques de la maladie. 

Je voudrais quand même préciser un petit quelque chose. 

Quand on souffre de TCA, dans bien des cas, il s’agit de comparaison malsaine, de comparaison qui ne devrait pas lieu d’avoir. Souvent, on a la sensation que les autres nous observent, nous juge… Et tout ça ne fait qu’augmenter votre angoisse et votre culpabilité. Mais la réalité, c’est que les gens ne s’occupent pas de vous, ils ont leur propre vie et parfois ils vous regardent, mais sans analyser ni vraiment réfléchir à ce que vous mangez ou à quoi votre corps ressemble. Et si c’est le cas, ils ont oublié 2 secondes plus tard. Bref, je ne dis pas ça pour dire que vous êtes nombriliste. Parce que quand j’étais malade, j’étais aussi persuadée qu’on m’observait. La vérité, c’est que vous êtes plus mal dans votre peau que nombriliste. Mais bref, je divague. 

Ce que je voulais surtout dire, c’est que malheureusement, parfois, ce n’est pas dans votre tête. Peut-être que vous avez vraiment des remarques de proche autour de vous qui vous parle de régime, de perte de poids, de restriction. Peut-être que ce n’est pas un conseil pour vous (clairement, je n’espère pas, parce que là, c’est ce de la malveillance).

Mais quand on a un TCA, toutes ces discussions que l’on entend sur des sujets de régime, de perte de poids… on les ramène à soi. 

Si vos proches, votre famille, vos amis… sont coincés dans ces régimes… c’est LEUR problème. Ce n’est pas parce qu’ils le font qu’ils ont raison. Ce n’est pas non plus parce que tu as vu des tas de gens suivre le même régime sur les réseaux, qu’ils ont raison. C’est prouvé scientifiquement : 99,9% des régimes échouent. Quand vous voyez les avant-après, c’est sur du très court terme, on ne vous montre pas l’évolution à long terme. Et surtout, vous ne voyez que l’apparence, le résultat physique. Tous les dommages psychologiques causés par la restriction, elle n’est pas visible en photo. Si ces personnes vous donnent la sensation que vous ne faites pas les choses de la bonne façon, je vous le dis : le problème, c’est eux. 

#4 - Ton mal-être

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La culpabilité est aussi décuplée selon comment on passe sa journée. Et ça, on n’en a pas toujours conscience. Et donc, quand vous êtes pris par une vague d’anxiété, de culpabilité, je vous invite vraiment à prendre le temps de vous poser 2 petites minutes, de souffler et de prendre votre météo intérieure : demandez-vous comment vous allez réellement ? Est-ce que jusque là vous passez une bonne journée ? Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous dérange ? Quoi exactement ? Est-ce que c’est quelque chose qui pourra s’arranger ? Est-ce que vous pouvez changer cela maintenant ? Est-ce que vous avez le contrôle dessus ?

Prendre conscience de ces éléments est important, parce que souvent la culpabilité est corrélée avec comment vous vous sentez.

Or, ce n’est pas parce que vous passez une mauvaise journée que vous devez vous en vouloir d’avoir mangé, de vous être reposé, d’avoir mangé quelque chose qui vous faisait peur.

Ce n’est pas parce que vous allez mal intérieurement que vous devez vous punir, vous amener encore plus bas psychologiquement.

Et parfois, le fait de réaliser qu’en fait, aujourd’hui est une journée compliquée, ça peut vous aider à ne pas être dans la lutte, mais plutôt dans l’acceptation. Vous pouvez vous dire “ok, je ne vais pas bien, c’est pour ça que je ressens davantage de culpabilité, c’est un indicateur pour me dire que ça ne va pas, mais ce n’est pas un indicateur qui doit m’indiquer ce que je dois manger, ou si j’ai le droit de me reposer.” 

Si la culpabilité augmente quand tu te sens mal, que tu t’es disputé… que tu t’en veux pour autre chose, que tu veux te punir. Le réel problème n’est pas ce plat ou cet aliment, mais un mal-être beaucoup plus profond et ce n’est pas en compensant ou en restreignant que ça arrangera le problème. Au contraire, il continuera de se perpétuer. 

#5 - La restriction

Ce qui augmente et alimente la culpabilité, c’est évidemment la restriction. Parce qu’au plus vous vous restreignez, au moins votre cerveau est alimenté, au moins il peut raisonner convenablement, au plus il crée des peurs infondées pour vous faire culpabiliser, et au moins, vous avez d’énergie mentale pour lutter contre. Et c’est un cercle vicieux.

Un autre cercle vicieux que beaucoup connaissent, c’est celui de la restriction-compulsion. Vous vous restreignez, ce qui nourrit une compulsion. La compulsion entraîne de la culpabilité, qui vous pousse à vous restreindre. Or la restriction crée la compulsion, et ainsi de suite. 

Une étude a demandé aux participants de déterminer si un gâteau au chocolat leur procurait de la culpabilité ou de la joie. Ceux qui associaient le gâteau à de la culpabilité étaient plus susceptibles de trop en manger et déclaraient ressentir une perte de contrôle en mangeant. (Source : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25186250/)

Donc voilà, je ne vais pas vous donner le conseil “arrêtez de vous restreindre” parce que je sais bien que c’est bien plus dur à faire qu’à dire, je suis passée par là. Mais ce que vous pouvez aussi retenir, c’est qu’au moins il y aura de restriction, au moins il y aura de culpabilité. Cela prouve bien que cette culpabilité est créée par votre TCA et qu’elle n’a aucune raison logique d’exister autrement. La culpabilité, c’est un sentiment de votre TCA, mais ça ne dit en rien la vérité, ni ne reflète en rien la réalité. Au moins il y aura de restriction, au plus vous retrouverez votre capacité à raisonner et au plus votre vous authentique comprendra que ce cookie est acceptable, que vous n’avez pas à vous sentir coupable pour ça. Manger des cookies, ça fait partie de la vie en vrai. 

#6 - Le perfectionnisme

Une autre cause de la culpabilité, c’est le perfectionnisme que vous vous imposez, c’est parce que vous vous en demandez trop. Si j’arrive à trouver le temps un jour, j’essaierai de faire un épisode de podcast sur le perfectionnisme. Mais en tout cas, ce que je peux vous dire ici, c’est qu’il faut accepter qu’une alimentation parfaite n’existe pas. Il n’y a pas une seule bonne façon de s’alimenter. L’idée de manger “parfaitement” est créée par la culture du régime. Et si vous essayez d’appliquer à la lettre ce que cette culture vous enseigne, vous vous déconnecterez des signaux naturels de votre corps, et c’est comme ça que né la culpabilité. 

La nourriture est censée apporter du plaisir. Et à chaque repas. Oui, c’est de l’énergie. Mais c’est aussi une façon de prendre soin de soi. Et ça aussi pour moi, c’est important de l’intégrer. Parce que ce qu’apprend la société c’est que se faire plaisir est une faute, c’est un manque de volonté ou alors ça doit être occasionnel. Mais le plaisir est une notion difficile quand on souffre de TCA et qui ne s’arrête pas à l’alimentation. D’ailleurs, demandez-vous : st-ce que vous vous faites plaisir aujourd’hui dans votre vie ? Au-delà de l’alimentation ? 

Pleine conscience pour ne plus culpabiliser ?

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On m’a parlé aussi de l’outil de la pleine conscience pour lutter contre la culpabilité. Alors, la pleine conscience durant le repas… perso ça ne m’a jamais aidé lorsque j’étais en pleine guérison. Évidemment, ça dépend de chaque personne et surtout de là où vous en êtes dans votre guérison. Pendant longtemps, en tout cas, ce fut mon cas, je n’avais plus de sensations de faim et de satiété qui étaient fiables. C’était faussé par la digestion de mon corps qui tournait encore au ralenti et par les peurs de mon TCA. Donc je ne pouvais pas me baser sur ça pour guider mes repas.

Et je dirais même qu’au contraire, moi au début j’ai eu besoin de manger en regardant une série pour aider mon esprit à focus sur autres choses que sur les pensées culpabilisantes de mon TCA qui tourbillonnaient dans ma tête. Et la pleine conscience post-repas, le moment où tu as envie de tout calculer, de ruminer, de ressasser ton repas, c’est pour moi pas le bon moment pour entrer en pleine conscience avec tes ressentis car c’est la tempête interne. Pour moi, si je donnais de l’attention à ces émotions négatives en les ressassant, j’alimentais la culpabilité car j’indiquais à mon cerveau que cette culpabilité il fallait lui donner de l’importance. Donc même chose, après les repas, je conseille d’utiliser des distractions.

Mais encore une fois, c’est MON vécu et je le dis bien, ça dépend d’où vous en êtes dans votre parcours de guérison. Par contre, en dehors des repas et post-repas, je pense que la pleine conscience, la méditation… ce sont de bonnes techniques pour t’aider à calmer ton esprit et à te reconnecter à toi. Mais pas dans les moments où la tempête est déjà déchainée. Mais ce n’est que mon avis et c’est fort possible que des témoignages me fassent nuancer ces propos. 

"Même guérie, la culpabilité reste" ... ?

J’entends souvent “même une fois guérie, la culpabilité reste”. C’est un peu comme quand j’entends “on ne peut jamais vraiment en sortir”. Bon, ça, ça dépend du point de vue de chacun. Quand j’étais en quasi-guérison, et dans les premiers mois après la guérison, moi-même je disais ça. Mais aujourd’hui, après plusieurs années où je suis sortie des TCA, je peux vous le dire : on peut se sortir totalement de cette maladie et la culpabilité ne reste pas. Ou du moins, cela n’a plus rien à avoir avec la culpabilité toxique que j’ai décrit au tout début de l’article. J’allais presque dire que maintenant, c’est “une culpabilité normalisée”, mais ça prouve à quel point la culture du régime nous enseigne que la culpabilité est quelque chose de normal. Mais pour vous donner des exemples concrets, voilà comment ça se passe quand il m’arrive encore de culpabiliser. Souvent, c’est dans un contexte de vacances ou de fêtes, où j’ai enchaîné plusieurs repas qui étaient moins équilibrés, où il y avait des collations récurrentes. et là, ça peut arriver, une pensée furtive de “ohlàlà, on a peut-être quand même trop mangé là.” Mais c’est vraiment furtif. C’est-à-dire que maintenant, ça reste quelques secondes dans ma tête et je passe à autre chose. Et ce n’est pas parce que je ressens cette petite once de culpabilité que je vais me restreindre par la suite ou compenser avec de l’activité physique. Et c’est là qu’on peut parler de vraies guérisons pour moi, quand ça n’impacte plus la vie ni la santé de la personne. C’est juste une pensée furtive à laquelle on ne donne pas de poids.

Après, comme je le dis dans mon roman autobiographique, c’est ce que je ressens aujourd’hui. Peut-être que la vie me prouvera le contraire, mais je n’espère pas car j’ai travaillé en profondeur les causes du TCA. Mais voilà, c’est mon point de vue.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Pour conclure, la culpabilité prend du temps à partir. ça ne part pas du jour en lendemain, ce n’est pas linéaire non plus, c’est possible qu’à certains moments elles reviennent de plus belle. Mais c’est normal, ça fait partie du process. Et par contre, non, elle ne part pas “juste” en patientant ou juste avec le temps. Cela demande un travail, sur les différents points que j’ai abordés ici : 

  • Déconstruire ces croyances erronées
  • Travailler sur la notion de poids de forme
  • Travailler sur son acceptation corporelle
  • Éviter les déclencheurs
  • Travailler sur la dimension psychologique du TCA, comme toujours.

Et en parallèle de ce travail, évidemment, il est indispensable de manger, d’augmenter son apport énergétique et de retrouver le poids de forme dans lequel votre corps se sent bien. Parce que sans manger ces aliments qui vous font peur, et sans répéter la confrontation à ces aliments, ce sera impossible d’indiquer à votre cerveau qu’il s’agit d’aliments safe, qu’il n’y a pas de quoi en avoir peur. Et sans réaugmenter votre apport, vous n’aurez pas suffisamment assez d’énergie pour vous aider à mieux raisonner et à faire tout ce travail de déconstruction. 

J’espère que ce contenu vous aidera ! J’avais envie de faire un contenu sur la culpabilité parce que c’est central dans les TCA, mais pour autant y’a tellement de choses à dire et c’est tellement transverse à un tas d’autres sujets, que j’ai la sensation d’avoir dit énormément d’infos et ça manquait peut-être de clarté

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 0 commentaire
Hyperactivité & anorexie : comment y mettre fin ?

Hyperactivité & anorexie : comment y mettre fin ?

Hyperactivité & anorexie : comment y mettre fin ?

Aujourd’hui, je vais parler d’un sujet qui est assez attendu, je le sais puisqu’on me l’a souvent demandé. Le sujet en question c’est l’hyperactivité dans l’anorexie, dans les troubles alimentaires.

L’une des raisons qui expliquent pourquoi c’est un sujet que vous m’avez beaucoup demandé, c’est parce que déjà, je pense que malheureusement, beaucoup d’entre vous sont sujets à l’hyperactivité. Mais en plus de ça, les “recommandations” vis-à-vis de l’hyperactivité restent assez floues. Certains médecins “interdisent” à leur patient de ne pas en pratiquer. D’autres parlent de réduire. D’autres encore n’en parlent même pas. Bon, ça, c’est clairement dommage parce que ne pas en parler n’évite pas le problème. Au contraire…

Mais je tenais à commencer par ce point pour vous rappeler que je vais parler de mon expérience, mais qu’encore une fois, chacun aura sa façon de faire. Ce n’est pas parce que moi, ça s’est passé comme ça, que pour vous, ce sera la même chose, et que pour les autres personnes malades, ça doit être la même chose. 

Alors, qu’est-ce que l’hyperactivité ?

Certaines personnes me disent, “non, je ne fais pas d’hyperactivité, je ne fais plus de sport”. Sauf que l’hyperactivité, ce n’est pas que le sport. En effet, le fait de pratiquer du sport fait partie de l’hyperactivité. Mais l’hyperactivité, dans les TCA, pour moi, ce sont surtout les petits mouvements parasites qui sont dangereux : 

  • Le fait de ne pas s’autoriser à s’asseoir
  • Se forcer à ne prendre que les escaliers, pas les ascenseurs ni les escalators (ou alors grimper dans les escalators)
  • Le fait de s’imposer de marcher une certaine distance
  • Le fait de vouloir faire les magasins ou le ménage à tout prix (qui est une façon, consciente ou inconsciente, de faire de l’exercice)
  • Choisir tes occupations selon le niveau d’activité physique que ça te demande
  • Avoir la “bougeotte” : je ne savais pas trop comment appeler ça, mais c’est le fait d’être toujours actif, que ses jambes bougent, ses pieds bougent…

Dans les TCA, il y a également l’hyperactivité mentale, évidemment, et malheureusement. Donc c’est le fait de penser h24 à quelque chose, de réfléchir sans arrêt, de se poser des tas de questions, d’être assommé par des doutes, de la culpabilité… Mais aussi de s’imposer de travailler sur ses cours, sur son boulot (si c’est un travail de bureau), d’apprendre de nouvelles choses, etc. Mais pour ce contenu, je vais rester sur l’hyperactivité physique 🙂 

Des explications biologiques à l’hyperactivité dans l’anorexie ?

Dans cette partie, je vais vous partager des hypothèses biologiques qui pourraient expliquer l’hyperactivité dans les TCA. J’aime bien apporter plusieurs points de vue, plusieurs angles pour expliquer une problématique. Comme ça, ça vous permet de prendre ce qui vous parle, de vous faire votre propre opinion. Je ne dis pas que ces théories sont forcément valides, j’apporte la dimension scientifique que je trouve intéressante.

Explication scientifique 1 - Expérience sur des rats de laboratoire

Donc, il y a une équipe de scientifiques qui a fait des expériences sur des rats en laboratoire. Pas top… Mais bon. Ces rats avaient donc à disposition une petite roue sur laquelle ils pouvaient courir. Vous savez, c’est la petite roue que l’on voit souvent dans les dessins animés. Voilà les observations qui ont été faites : 

  • Lorsque les rats ont été sous-alimentés, ils ont commencé à courir plus longtemps.
  • S’ils avaient le choix entre manger ou courir, ils privilégiaient souvent leur temps pour courir.
  • Au plus ils perdaient du poids, au plus ils couraient longtemps

Explication biologique 2 - Que font les animaux en cas de famine ?

Nous sommes des êtres vivants comme les animaux. Et il y a deux réactions communes chez les animaux lorsqu’ils se trouvent dans un endroit où la nourriture n’est plus présente (exemple : certains endroits où il y avait avant de quoi se nourrir, mais que les conditions climatiques font que ce n’est plus le cas) : 

  • Réaction 1 : Ils économisent au maximum leur énergie, restant sur place et entrant en hibernation
  • Réaction 2 (la plus courante) : ils se mettent en mouvement, à la recherche de nourriture. 

D’ailleurs, ces deux réactions démontrent que tout le monde souffrant TCA ne fait pas systématiquement de l’hyperactivité. Même si ça reste une majorité dans les troubles alimentaires restrictifs. 

hyperactivite-tca

Explication scientifique 3 - la dépendance à la récompense

Enfin, une dernière théorie scientifique : apparemment, la restriction accompagnée d’activité physique activerait les circuits de récompenses du cerveau, créant ainsi une dépendance. Ce qui pourrait notamment expliquer pourquoi c’est difficile de s’arrêter.

“Mais le sport me fait du bien”

Une autre difficulté qui explique pourquoi c’est difficile d’arrêter, c’est qu’on est dans une société où le sport, l’activité physique est valorisé. C’est finalement très facile de cacher aux autres que l’on fait du sport d’une façon maladive. Tout comme c’est très fréquent que les autres soulignent ta capacité à être assidu en sport, alors que toi tu sais dans ta tête qu’en réalité, ça fait partie de ton trouble. Et ces commentaires ne t’aident pas à arrêter.

C’est difficile aussi, car tu te dis “si les autres en font, il faut que j’en fasse”. Sauf que les autres ne souffrent pas de TCA. Et encore que, ils souffrent de TCA : tu ne peux pas te comparer aux autres. Tu dois faire les choses pour toi, pour ta guérison. Je sais que c’est bien plus facile à dire qu’à faire. Mais je me dois te le rappeler. Moi aussi je ressentais cette injustice et frustration en moi, cette culpabilité à ne pas faire du sport quand je voyais que tous les autres allaient à la salle ou courraient le soir.

Prendre du recul face au discours de la culture du régime

L’une des clés de la guérison de cet aspect “hyperactivité”, ça va être d’apprendre à prendre du recul vis-à-vis de ce que font les autres et de ce que dit la culture du régime.

Tu ne peux pas attendre que les autres ne fassent plus de sport ou que la société évolue et arrête de nous culpabiliser en nous incitant à courir à la salle. Si tu attends ça pour t’arrêter de faire de l’hyperactivité, tu ne pourras jamais guérir totalement. 

Lorsque j’entendais des discours encourageant le sport comme moyen de changer son corps, de perdre du poids… je me répétais que ce n’était pas pour moi, que ça ne me concernait pas, qu’ils avaient tort d’avoir cette approche-là. Et d’ailleurs, j’avais raison à ce moment-là. Aujourd’hui, j’ai une relation totalement saine à l’activité physique, je ne compense plus jamais. Et les personnes qui faisaient des régimes et des programmes sportifs pour perdre du poids ou contrôler leur corps quand j’étais en guérison… Sont toujours bloqués (5 ans plus tard) avec les mêmes malêtres. Ils sont toujours enfermés dans des régimes et des heures à la salle alors qu’elles n’aiment même pas ça. L’activité physique pour perdre du poids n’est pas saine. L’activité physique pour une personne qui est en guérison d’un TCA n’est pas saine.

"Le sport = bon pour la santé"

Beaucoup disent “je fais du sport, car c’est bon pour ma santé, ça me fait du bien”. Je me cachais beaucoup derrière cette excuse quand j’étais malade. Évidemment, je ne peux pas dire que j’ai forcément raison. Je le répète : on est tous différents, et je ne peux pas dire qu’une personne souffrant de TCA qui me dit ça ment. Mais en tout cas, me concernant, maintenant que j’en suis sortie, je vous le dis : si je faisais tout ce sport, ce n’était pas parce que ça me faisait du bien. C’est parce que ne pas le faire me rendait terriblement anxieuse et me remplissait de culpabilité. 

D’ailleurs, c’est fréquent aussi d’avoir ce sentiment que le sport permet de réduire l’anxiété. Lorsque j’étais malade, tant que je n’avais pas bougé, fais mon sport dans la journée… je me sentais mal, anxieuse en effet. Une fois que je l’avais fait, j’étais apaisé, car “ouf, j’ai fait ça”. Mais la réalité, c’est que c’était terriblement malsain. L’anxiété que je ressentais avant le sport, c’est mon TCA lui-même qui me l’instaurait en me disant que tant que je n’avais pas fait mon sport, je n’étais pas “pure”, je ne faisais pas les choses bien. Une fois que je l’avais fait, c’est la partie TCA en moi qui était rassurée, contente parce que j’avais compensé ce que j’avais mangé, ou alors je pouvais de ce fait m’autoriser à manger… 

On entend parfois dire que le sport est bon pour les personnes en dépression. Est-ce que c’est le cas pour les personnes qui ont des TCA sachant que le sport est vu comme un moyen de compensation & de restriction, soit un outil destructeur du trouble lui-même… ? Je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas. Car il y a des personnes qui disent s’être sorti des TCA en devenant runneuse, ou en faisant beaucoup de salles de sport, en musclant leur corps. Mais est-ce que finalement, ce n’est pas garder une partie du trouble dans sa vie ? Honnêtement, je ne sais pas. Je n’ai pas envie d’avoir d’avis tranché sur ça, car on est tous différents, et je ne peux pas dire que les personnes qui font ça ont forcément tort, je ne suis pas à leur place. Mais me concernant, tant que je gardais le sport comme un moyen de compensation ou de contrôler mon corps / mon poids… je sais que c’était encore le trouble alimentaire qui en était à l’origine. Et c’était malsain. Maintenant que j’ai totalement fait la coupure, que je ne fais plus de sport pour compenser… je vois la différence. 

Comment savoir si le sport & l’activité physique que je fais sont malsains ?

Je dis souvent qu’une chose importante (et qui n’est pas toujours facile à faire…), c’est d’être honnête avec soi-même. Et parfois, le TCA te ment tellement bien que tu ne te rends même pas compte qu’il te manipule. 

Je vais te donner quelques questions à te poser pour savoir si le sport ou l’activité physique que tu fais est fait de façon saine ou malsaine : 

  • Est-ce que le fait de ne pas le faire génère en toi de la culpabilité ?
  • Est-ce que si tu ne peux pas faire ta séance ou ne peux pas bouger, tu vas réduire ta ration alimentaire ? Est-ce que ça te rend irritable ?
  • Dans quel objectif fais-tu du sport ? Et si tu selon toi ce n’est pas pour perdre du poids, ou pour contrôler ton corps, pose-toi cette question : 
  • Si tu étais certaine que cette activité physique n’avait pas d’impact sur ton poids ou ton corps ; est-ce que tu la ferais quand même ?

Les risques de l’activité physique quand on souffre de TCA

osteoporose-anorexie

Avant de vous donner quelques petits tips, et vous parler de mon expérience et du comment j’ai fait pour arrêter le sport, je voulais d’abord vous parler des risques liés à l’hyperactivité avec un TCA.

  • Blessure musculaire : vos muscles n’étant pas suffisamment nourris (notamment dans un TCA restrictif), ils sont déjà affaiblis. En les sollicitant, et d’autant plus quand ils ont peu de repos, vous risquez de vous blesser. Et comme votre organisme n’est pas en bonne santé, vous prendrez bien plus de temps pour vous “réparer”. De plus, les problèmes d’ostéoporoses sont également fréquents lorsqu’on souffre de TCA, ce qui augmente le risque de fracture.
  • Problème cardiaque : le cœur est un muscle, et comme les autres, il est affaibli, réduisant sa capacité à pomper le sang efficacement. Lors d’un exercice intense, les risques cardiovasculaires augmentent.

Je m’arrête là pour les risques, mais il en existe d’autres. Mon but n’est pas de vous faire peur pour vous faire peur. Le but est d’essayer de vous faire prendre conscience de à quel point votre corps a besoin de repos. Car ça, je n’en avais moi-même pas conscience quand j’étais malade, et ça m’aurait peut-être aidé dans la gestion de mon hyperactivité.

Arrêt total ou progressif de l’hyperactivité ?

C’est une question qui revient souvent. La réponse théorique et qui est préférable, c’est TOTAL. Pourquoi ? Parce que aujourd’hui, votre cerveau a fait le lien entre mouvements et manger (et comme je l’ai dit précédemment, c’est quelque chose de valorisé dans notre société, et même normalisé). Mais non, il ne devrait pas avoir de lien entre les deux. Combien de fois j’entends “Allez, on a bien marché, on peut s’accorder ça” ou “Après l’effort, le réconfort” ou “Bon allez je peux prendre un cookie, hier j’ai fait un marathon”. STOOOOOOOOP. Le sport, c’est un outil pour se faire du bien. Ce n’est pas un outil pour compenser un repas ou pour s’autoriser de manger un prochain repas. Vraiment pas. 

Et comment casser ce lien ? En faisant un sevrage, et en arrêtant totalement le sport. 

Sauf que là, quand je dis ça, il y a une alarme qui s’active dans votre tête en disant “Alerte ! Alerte ! C’est impossible pour moi d’arrêter le sport du jour au lendemain”. Et je comprends. Comme je disais, c’était la réponse théorique. Qui a pour autant été la solution pour moi. Mais pas du jour au lendemain.

C’est déroutant d’arrêter du jour au lendemain. Et si c’est imposé, et non intégré par la personne malade elle-même, je pense que parfois, ça peut être contreproductif, et qu’à terme, la personne va rechuter rapidement, ou qu’elle trouvera un moyen de faire du sport “en cachette”. 

Mais alors comment moi j'ai fait ?

J’ai tenté d’arrêter progressivement. Vraiment progressivement, de 5 minutes en 5 minutes en moins. 

J’ai tenté de changer le type d’exercice : d’exercices de cardio, je suis passée à des mouvements plus doux, de type Yoga, étirement musculaire, balade à pas plus lent… 

Un autre conseil, ça peut être aussi de changer pour une activité en équipe. Ou rien que le fait d’être accompagné par une autre personne. Ça permet de discuter d’autres choses, d’être moins dans les ruminations de la maladie. Mais pour d’autres, ça peut entraîner des comparaisons… Donc à voir selon vous.

Mais je le dis quand même, ce qui a été le plus efficace pour moi, ça a été d’arrêter totalement le sport. Sauf que ce n’est clairement pas linéaire. C’est-à-dire que parfois je parvenais à tenir, une semaine, puis je rechutais, je reprenais un nouveau sport. Puis j’arrêtais 1 mois, puis je rechutais, 5 mois, puis je ré-arrêtais… et ainsi de suite, jusqu’à ce que je parvienne à être longtemps (+ d’un an) sans faire de sport dans un but de compenser. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Intégrer l’arrêt du sport dans un parcours de soin pluridisciplinaire

Si je n’avais pas travaillé sur les autres différents aspects de la guérison, je suis certaine que je ne saurais pas parvenue à arrêter totalement le sport, et à reprogrammer mon cerveau pour cesser ce lien entre mouvements & nourriture.

Ces autres aspects, ce sont notamment ceux que je parle dans l’article sur la quasi-guérison. Je le répète souvent, la guérison d’un TCA doit être multidimensionnelle. Je ne vais pas réexpliquer, car je le dis souvent, donc je vous invite à écouter aussi l’article sur mon parcours de soin en TCA.

Mais un trouble alimentaire se développe de façon inconscience à des blessures plus profondes, à un mal-être. L’alimentation, le poids qui fluctue, l’hyperactivité, la prise de laxatifs, le recours aux vomissements… tout ça, ce sont des symptômes, des conséquences du TCA. Mais ce ne sont pas les causes. Et j’insiste, à nouveau car je sais que je le rabâche souvent, mais c’est vraiment important de travailler tout l’aspect psychologique. Parce que si vous vous concentrez sur l’arrêt de l’hyperactivité, qui est un moyen que votre corps trouve pour exprimer son mal-être (en quelque sorte)… mais que le mal-être n’est pas travaillé, que vous n’ayez pas avancé sur ça… Alors, soit vous allez vite rechuter, soit vous allez tomber dans un autre mécanisme tout aussi destructeur.

Déconstruire les croyances erronées autour du sport.

Un autre aspect qui fait partie des différentes dimensions de la guérison, c’est ce que j’appelle la reprogrammation du cerveau. Le TCA vous a fait croire tout un tas de mensonges, de croyances erronées (qui sont d’ailleurs souvent des croyances provenant de la culture du régime et/ou de votre entourage). Ces croyances, même si au fond de vous, vous savez que c’est faux, que ce n’est pas sensé, vous en êtes tout de même terrifié.

Je vous donne quelques exemples qui seront plus parlants : 

  • Si je ne fais pas d’activité physique juste après avoir mangé, mon corps va trop stocker
  • Si je m’arrête de faire du sport, je vais prendre du poids
  • Si je ne fais pas de sport, mon corps sera flasque
  • Un corps sain, c’est un corps musclé et mince
  • Plus on fait de sport, plus on est fort.
  • Il faut marcher minimum x pas par jour.

Je vous invite à vous demander quelles sont vos croyances erronées sur le sport et l’activité physique. Qu’est-ce que votre TCA vous dit qu’il va se passer si vous n’en faites pas ? 

Faites la liste, et ensuite, mettez en face tous les arguments pour contrer ces croyances erronées. Ce n’est pas toujours facile à faire seul, c’est même rarement facile. Donc je vous invite à le faire avec votre thérapeute (d’où l’importance qu’il soit spécialisé en TCA, sinon, il risque d’avoir des pensées de la culture du régime… Une fois on m’a dit “non, vous n’avez pas besoin de faire autant de sport. Quand vous faites un restaurant ou un plus gros goûter, pourquoi pas mais pas tous les jours”….)

Une thérapie que j’avais suivie qui utilise ce processus de déconstruction des croyances erronées, c’est la thérapie cognitivo-comportementale.

Alors, évidemment, le simple fait de déconstruire ne permet pas à elle seule d’arrêter l’hyperactivité. Mais la répétition de ces arguments pour contrer le TCA, le travail psychologique à côté, le fait de mettre en place des actions concrètes pour déjà tenter de diminuer en intensité, en temps… et clairement, la renutrition… tout ça a pour moi fini par payer. 

Quand est-ce que je pourrais reprendre le sport ?

C’est assez difficile pour moi de répondre à cette question. La personne la plus appropriée pour vous dire ça, c’est le professionnel qui vous suit depuis un petit moment, qui vous connait bien. Car ça dépend de plusieurs facteurs :

  • Physique (où en est votre corps dans la réparation des dommages causés par le TCA, où en est votre santé osseuse….)
  • Et surtout votre état psychologique. Si vous êtes toujours dans l’optique de vouloir reprendre le sport pour perdre du poids, pour contrôler votre corps… ce n’est pas le bon état d’esprit (et aucun jugement, car je sais que ce sont là des pensées de la maladie).

Pour moi, au plus la coupure est longue, au plus la cassure avec le lien malsain est faite.

Si je peux donner deux petits conseils sur la façon de reprendre le sport :

  • Reprenez progressivement, autant sur l’intensité que la durée. Vraiment.
  • Et aussi, si possible, changez de sport ou du moins, des conditions dans lesquelles vous les exercez lorsque vous étiez malade. Peut-être, changez de salle de sport si c’était dans une salle par exemple.
  • Et encore une fois, rappelez-vous que dans tous les cas, ça ne sera pas linéaire. Ça m’a pris plus de 3 ans pour retrouver une relation totalement saine avec l’activité physique.

Essayez vraiment de trouver un sport qui vous plait. Si le yoga ou le pilate ça ne vous parle pas, alors n’en faites pas. Ne faites pas du sport parce qu’on vous a dit de le faire ou parce que les autres le font, ou parce que c’est à la mode. Pendant longtemps je fonctionnais comme ça, et je n’étais pas bien. J’ai même été à la salle de sport pour être une de ces fitgirls, mais moi ça ne me correspondait pas. Je ne dis pas qu’il ne faut pas faire de sport dans sa vie, mais c’est important de faire quelque chose qui vous plait. Moi, c’est la marche. Si j’écoutais autour moi, je culpabiliserais parce que je ne fais pas de sport cardio ni un sport qui muscle. Mais au moins, je fais un sport qui fait du bien à ma tête, et donc à mon corps.

D’ailleurs, où j’en suis aujourd’hui avec l'activité physique ?

Je n’étais pas une personne sportive avant mes TCA. J’avais clairement fait du sport dans ma vie que pour perdre du poids. Aujourd’hui, je ne fais pas vraiment de sport à proprement parler. Par contre, j’adore la musique, et la nature. Donc j’aime marcher dans la nature, j’essaie chaque jour pour m’aérer l’esprit. Mais ça n’excède jamais 30 minutes, c’est à pas lent, pour me faire du bien, sans aucun lien avec un objectif de pas ou de calorie dépensée. Et parfois, je fais quelques étirements (mais j’ai du mal à m’y tenir). C’est ma kiné & ostéo qui me l’a prescrit en quelque sorte, car j’ai des tensions au niveau des cervicales et haut du dos (merci le stress).  Mais il y a des jours où je ne marche pas, car pas l’envie ou pas le temps, et ça ne me stresse pas, ça n’impacte pas non plus ce que je mange, ni la quantité.

Par contre, un truc que je peux vous assurer : non, je n’ai pas repris du poids à l’infini et mon corps n’est pas devenu flasque depuis que j’ai arrêté totalement le sport. Même si au début j’en étais persuadée parce que le TCA avait plein de bons arguments pour me convaincre. Mais maintenant, avec une tête saine, je peux vous assurer que ce sont vraiment des croyances erronées. 

3 derniers conseils & rappels :

Je vous donne encore quelques conseils en vrac concernant l’hyperactivité : 

  • Les distractions : j’en ai souvent parlé. Le but des distractions, ce n’est pas de vous empêcher de ressentir ce que vous ressentez. C’est normal de ressentir de l’anxiété, de la culpabilité. Mais souvenez-vous que lorsque vous avez la sensation de mal faire, c’est que vous allez à l’encontre du TCA, donc que vous faites bien. Les distractions ont pour but de vous aider à focaliser votre cerveau sur autre chose. Peut-être que si vous tentez de réduire de 5 minutes en 5 minutes par jour, pendant ce temps gagné, vous pouvez faire 5 minutes de musique, de lectures… idéalement une activité qui mobilise bien votre attention. Non, les distractions, ce n’est pas magique. C’est un outil en plus. Et encore une fois, tout le travail à côté, pluridisciplinaire est nécessaire.
  • Rappelez-vous que le repos fait partie de votre ordonnance, au même titre que votre alimentation. Le repos, ce n’est pas quelque chose qui se mérite. C’est un besoin que tous les hommes ont pour vivre, et pour vous, c’est d’autant plus vital (oui, même si vous mangez 4 repas par jour, même si vous avez repris selon vous votre poids de forme).
  • Évitez les déclencheurs : c’est-à-dire d’éviter tout ce qui peut vous donner de la culpabilité par rapport au sport : Les trackers, les montres connectées qui comptent vos pas, les machines qui comptent vos calories dépensées… (En plus ce n’est absolument pas fiable ces trucs-là, c’est juste du marketing pour inciter les gens à augmenter leur utilisation). Les comptes Instagram qui partagent leur réussite sportive (si ça vous met mal évidemment). Les salles de sport. Cela peut mettre dans une ambiance de comparaison malsaine et de se pousser toujours plus, à augmenter ses “performances”.

Je pense que cet article n’a pas forcément plus à ceux qui font beaucoup de sport, et qui ont une passion pour le sport. Encore une fois, je rappelle que j’ai commencé par dire que chaque personne est différente. J’ai aussi dit que je ne peux pas dire qu’une personne passionnée le fait dans une optique malsaine. Parce que je ne suis pas tout le monde, et les meilleurs conseils sont peut-être ceux de la personne professionnelle qui vous suit depuis longtemps, et puis, votre vous intérieur. Je pense que parfois, au fond de soi, on sait pourquoi on fait les choses (même si la maladie biaise beaucoup la réflexion). 

C’est peut-être pour ça que j’ai pris du temps à faire cet article, car je le trouve tout de même délicat. Mais encore une fois, je ne suis pas catégorique dans ce que je dis, d’autant que ça dépend aussi d’où vous en êtes dans votre guérison.. En tout cas, j’ai pris pas mal de temps pour faire cet épisode parce que je voulais vraiment lire des choses sur le sujet, pour faire quelque chose de complet. J’espère avoir répondu à vos interrogations. Évidemment, j’aurais pu déconstruire chaque croyance erronée sur le sport, mais ça, c’est plus le rôle d’un professionnel.

Dites-moi ce que vous avez pensé de cet article en commentaire 🙂

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Publié par Norainnoflower dans Hyperactivité, 2 commentaires
Dysmorphophobie & trouble alimentaire : 9 conseils pour t’aider

Dysmorphophobie & trouble alimentaire : 9 conseils pour t’aider

Dysmorphophobie & trouble alimentaire : 9 conseils pour t’aider

Dysmorphophobie. Ce mot qui semble si compliqué. Lorsque je l’ai entendu pour la première fois, déjà j’avais du mal à le prononcer. Mais en plus je me suis dit « c’est quoi ce truc encore?! ». Et quand on m’a expliqué, j’ai dit « aaaaaah » parce qu’en effet, c’était omniprésent dans ma vie.

Je suis presque sûre que vous souffrez de dysmorphophobie.

 

Qu’est-ce que la dysmorphophobie ?

Elle se caractérise par le fait de voir dans le miroir une image déformée, par rapport à la réalité, de tout ou partie de son corps. Donc c’est le fait de se dire « oh la la, j’ai trop de poids » ou « j’ai trop de formes ». Et c’est une image déformée par rapport à la réalité, mais en fait, bien souvent, vous n’en aviez pas conscience et vous pensez que ce que vous voyez dans le miroir, c’est la réalité. Mais ça ne l’est pas. Je ne sais pas si vous suivez ce que je raconte haha

Ce n’est pas systématique comme symptôme, mais c’est quand même assez courant. Donc pour résumer, la dysmorphophobie, c’est le fait de ne pas se voir tel qu’on est vraiment. Et d’ailleurs, je dis c’est courant, sachez qu’en fait énormément de gens, et surtout des femmes d’ailleurs, à cause des injonctions de la société, ont de la dysmorphophobie sans même avoir de TCA. Mais quand on souffre de troubles alimentaires, vraiment, c’est décuplé.

Quelques signes de dysmorphophobie :

Je vais vous donner quelques façons dont la dysmorphophobie peut se manifester pour voir si vous vous reconnaissez :

  • Scruter le moindre petit défaut sur son corps
  • Avoir une voix intérieure très critique qui te remémore à longueur de journée que tu as tel “défaut”
  • Te forcer à te restreindre, à t’engager dans des activités physiques intenses jusqu’à épuisement pour chaque jour lutter contre ce que tu penses être ton « défaut »
  • Être mal à l’aise en public et avoir le sentiment que tout le monde regarde TON “défaut”, que l’on ne voit que ça.
  • Vérifier dans le miroir ou le reflet des vitrines dans la rue si ton soi-disant « défaut » n’a pas empiré (même si en réalité tu viens de le vérifier 3 minutes plus tôt)
  • Même lorsque les autres te rassurent, qu’ils te disent que ça ne se voit pas ou que ce n’est pas réel, ne pas réussir à dé- focaliser ton attention de ça
  • Te persuader que tu ne mérites pas l’amour, la réussite ou juste profiter paisiblement de ta vie tant que ce « défaut » ne sera pas résolu
  • Détester être pris en photo, et encore plus te voir en photo. Tu as l’impression de ne voir que les “défauts” de ton corps.
  • Constamment te comparer aux autres, notamment sur la partie de ton corps qui te gêne. Envier ceux qui ont un corps selon toi “mieux” que le tien
  • Porter des vêtements plus amples ou d’une certaine forme, certaine couleur pour tenter de cacher les parties de ton corps que tu détestes
  • Régulièrement toucher la partie de ton corps où tu as ton “défaut” pour vérifier sa taille. Ou alors, prendre des photos régulièrement pour en contrôler son évolution. (Quand on souffre de dysmorphophobie, ça peut entraîner ce qu’on appelle du body checking, donc le fait de vérifier des endroits de ton corps).

Si vous vous êtes reconnu dans un ou plusieurs points, c’est que vous en souffrez.

9 conseils pour vous aider à amoindrir la dysmorphophobie

Je me souviens d’un exercice que j’ai fait avec mon interne à l’hôpital qui était très représentatif de cette dysmorphophobie. Il m’avait donné une petite cordelette, et il m’a demandé de faire une boucle avec la corde pour représenter ce qui était selon moi mon tour de cuisse.

Il a ensuite réellement fait le tour de ma cuisse pour la mesurer et la représenter avec une autre cordelette. Il a ensuite superposé ma supposition et la réalité : la réalité était moitié moins grande que ce que je pensais.

C’est vraiment un symptôme vicieux parce qu’il entrave à la guérison : c’est difficile d’accepter la renutrition, d’apprendre à aimer son corps quand on ne le voit pas tel qu’il est.

C’est l’un des symptômes qui est resté le plus longtemps chez moi !

Le but de cet article, c’est de vous donner quelques conseils par rapport à la dysmorphophobie ; parce que la réalité c’est que je pense que vous étiez déjà pas mal à connaître ce phénomène (si on peut l’appeler comme ça).

1 - Avoir conscience de cette dysmorphophobie

La première étape, c’est souvent la prise de conscience. Mais au-delà de la prise de conscience, c’est aussi de se le rappeler. Parce que je pense que beaucoup savent que lorsqu’on souffre de TCA, on souffre de dysmorphophobie, mais quelque part, ils l’oublient, ou se disent que ça ne s’applique pas pour eux.

Eh bien si ! Dès que vous vous trouvez moche dans le miroir, que vous vous trouvez avec trop de poids, trop de forme… que vous ne focalisez que sur votre défaut : rappelez-vous que vous avez comme un filtre au-dessus des yeux, celui du trouble alimentaire, qui vous empêche de vous voir tel que vous êtes réellement. Donc vous n’êtes pas objectif avec vous-même. Vous ne pouvez pas faire confiance à votre ressenti quant à votre corps. Et ça c’est vraiment important de se le rappeler. 

2 - Désapprendre ce qu’on t’a appris

Le deuxième conseil, c’est de désapprendre ce qu’on t’a appris ou de remettre en question ce que tu entends ou que tu as déjà entendu. De quoi je parle ? Je parle de toutes les croyances autour de la minceur, du ventre plat, d’un corps harmonieux… La vérité c’est qu’un corps, c’est un être vivant, et c’est imparfait. Imparfait c’est pas négatif, c’est juste naturel. La prochaine fois que vous vous baladerez en nature, vous regarderez autour de vous à quel point tous les organismes vivants sont « imparfaits » : les feuilles, les arbres, les plantes. Elles ne sont jamais exactement pareilles, elles ont parfois des formes et des tâches, des marques de « vieillesses ». 

Pourquoi désapprendre toutes ces croyances qui sont véhiculées par la société ou parfois même dans ta propre famille ? Parce que c’est évident que si tu y crois toujours, que tu te les appliques, lorsque tu vas te regarder dans la glace, tu vas continuer de te juger, de te croire pas assez bien, trop comme ci, trop comme ça.

3 - Attention aux réseaux sociaux

L’une des choses que j’avais beaucoup moins lorsque j’étais malade par rapport aux personnes qui sont malades aujourd’hui : c’est l’influence des réseaux sociaux. 

En 2015, c’était un peu les débuts d’Instagram. Presque on partageait des photos de nos vacances, des paysages… Mais pas du corps, pas autant qu’aujourd’hui. Maintenant c’est quelque chose d’omniprésent, même les marques mettent en avant leurs publicités sur ces réseaux.

Et en fait, toutes ces photos qui une fois de plus généralement montre des corps mince, musclé, bien « proportionné », avec une peau lisse, parfaite, pas un bourrelet, pas un bouton, pas un poil… bah tout ça, forcément, ça renforce ta sensation de ne pas être assez bien, et donc alimente quelque part ta dysmorphophobie.

Donc vraiment, protégez-vous des réseaux sociaux et prenez du recul aussi. 

Comment se protéger ? 

  • Lorsque vous voyez un compte Instagram qui partage des photos de corps ou des informations qui viennent déstabiliser votre relation corporelle : désabonnez-vous.
  • Lorsque vous vous rendez compte que votre algorithme est pollué par des contenus qui viennent vous déstabiliser : manipulez votre algorithme. Ça peut aller dans les deux sens, c’est pas qu’Instagram ou TikTok qui peut vous manipuler. Vous pouvez faire l’inverse. Comment ? Allez taper un mot clé tout autre, exemple : Chat ou Thaïlande. Et là vous allez regarder plein de contenu de chat, interagir avec ces contenus en likant voire en commentant, en enregistrant ces publications-là. Vous faites ça pendant quelques minutes, voire sur 2-3 jours. Et là votre algorithme va vous mettre en avant des contenus liés à ce que vous avez cherché (donc évidemment, prenez vraiment un sujet qui vous intéresse). 
  • Si vous avez trop de publicités qui vous mettent en avant des corps, des produits cosmétiques…normalement vous avez la possibilité de cliquer sur les trois petits points à droite de la publication (je parle d’Instagram ici) et vous pouvez cliquer sur Masquer ou Ne plus me montrer des contenus de ce genre.
  • Faites des digital detox : limitez votre temps sur les réseaux voire essayez de faire 1 jour ou 2 sans réseaux sociaux.
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Et comment prendre du recul ? 

En vous rappelant que c’est les réseaux sociaux, pas la vraie vie. Aujourd’hui, en quelques secondes, on peut ajouter un filtre à une photo pour la faire paraître « sans défauts ». 

Une photo, c’est un instant capturé. Mais on ne sait pas ce qui se passe avant ou après. 

4 - Comment tu vas réellement ?

Un quatrième conseil, c’est de vous demander comment vous allez réellement. Parfois, on se focus sur des « problèmes » physiques alors que le vrai problème est interne.

J’ai pris conscience de ça un jour, sur une anecdote flagrante. J’étais partie le matin au boulot, je m’étais aperçu dans le miroir du couloir, et j’aimais le reflet que je venais de voir. La journée se passe, j’enchaîne merde sur merde, je rentre énervée. Et là, je repasse devant le même miroir du matin et je me dis « oh, mais horrible, je suis énorme ». Et là je me suis dit « non, c’est impossible Mathilde, il y a quelques heures, tu aimais bien ton reflet. » La seule chose qui avait changé, ce n’était pas mon corps, c’était l’état de mon mental. 

Et vraiment, le mental impacte sur votre dysmorphophobie. Quand je me sens mal dans ma peau, c’est souvent que je me sens mal dans ma tête. Et ça, même chose c’est important d’en prendre conscience. Je vous invite vraiment à vous demander, quand votre corps vous dégoûte, comment vous vous sentez là maintenant ? 

Rejeté ? Mal aimé? Frustré ? Énervé ? Stressé ? En manque de sécurité? Incomprise ? Seul?

Essayez de mettre le doigt sur ce qui va vraiment mal. Si vous parvenez à le faire, ça vous aidera à prendre plus de recul par rapport au reflet du miroir que vous voyez. Gardez en tête que dans tous les cas, vous vous heurtez à un mur si vous cherchez des solutions dans des choses externes (sur votre corps, poids…) alors que les causes sont internes.

5 - Éviter les miroirs

Je peux complètement comprendre que les miroirs, les photos… ça peut être un déclencheur à vous sentir mal. Donc ce que je vous conseille, c’est de les éviter, au moins temporairement. 

D’ailleurs, je voulais aussi vous parler d’un truc par rapport à ça. Il y a une citation qui exprime super bien ce que je veux dire, mais elle est en anglais. C’est « Where your attention goes, energy flows ». Littéralement, ça veut dire « Là où va votre attention, l’énergie circule ». En fait, le cerveau il va créer des schémas de croyance selon vos pensées et actions. Par exemple, si vous regardez à chaque fois les calories sur les emballages de ce que vous mangez, votre cerveau enregistre l’information que les calories sont une donnée importante à prendre en compte. Si vous vous pesez tous les jours, vous envoyez l’information à votre cerveau que le poids est une variable importante. Quand vous vous regardez tous les soirs devant le miroir ou que vous vous checkez la taille de vos cuisses dans le reflet d’une vitrine à chaque fois que vous passez devant une, vous envoyez l’info à votre cerveau que la taille de vos cuisses est quelque chose auquel il faut faire attention.

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Je sais que ce n’est pas simple d’arrêter. Mais déjà, prendre conscience de ça, ça va peut-être vous aider. Quand j’ai compris ça, je me suis vraiment forcée à ne plus me regarder dans les reflets des vitrines. Et ça m’a aidé à me défocaliser de mon corps.

Ne plus checker, ça ne veut pas dire que vous allez perdre le contrôle sur ça. Tout comme ne plus vérifier votre poids ne veut pas dire que vous allez de ce fait prendre du poids à l’infini ou prendre trop de poids. Ça aussi, c’est important. Je sais que dans la pratique c’est plus compliqué à appliquer, mais je vous le dis, parce que je suis passée par là. J’ai arrêté de me peser, de me checker, et il ne s’est pas passé tout ce que je pensais qu’il se passerait.

6 - Changer de perspective

On est toujours la personne la plus dure avec soi-même, et on ne se voit pas tel qu’on est.

Alors, essayez de vous demander ce que vous diriez à une personne que vous aimez si elle vous avance les mêmes arguments que vous utilisez contre vous. Exemple : vous vous dites « mon ventre me dégoûte, il déborde de partout, je suis ignoble ». Qu’est-ce que vous lui répondriez si une personne que vous aimez énormément vous disait ça ? Vraiment, répondez à cette question. Et si vous lui retourneriez des arguments bien plus bienveillants que ce que vous vous apportez à vous-même : demandez-vous pourquoi vous ne pouvez pas vous appliquer ces arguments ? Même chose, répondez-y sincèrement. Parce que peut-être là vous vous dites « mais oui elle a raison ». Mais moi je veux vraiment que vous vous posiez pour essayer de comprendre le pourquoi vous êtes aussi dur avec vous-même, pourquoi vous ne pourriez pas vous appliquer des conseils bienveillants ? 

Aussi, quand vous vous détestez, que vous avez peur d’être rejeté par les autres ou de ne plus être aimé si vous prenez du poids : rappelez-vous (notez le si vous avez besoin) que vous ne jugez pas les autres pour leur poids ou leur physique. Enfin, je vous le demande: est-ce que vous aimeriez moins une personne si elle prenait du poids ? Si elle prenait du ventre? Si elle n’était pas comme ce que la société nous dicte ? 

Personnellement, mes amis et ma famille, je les aime pour qui ils sont, pour leur personne, pas pour leur corps ni leur poids. Et je suis assez certaine que vous c’est pareil.

7 - Changer de focus

Tout à l’heure, je vous ai dit « Where your attention goes, energy flows ». Je la reprends pour vous parler de distractions. Quand vous avez une pensée négative sur votre corps, n’alimentez pas ces pensées (je sais encore une fois que c’est bien plus facile à dire qu’à faire). Mais changez le focus de votre cerveau en l’occupant à autre chose. 

Parfois, on se dit « non, il faut que je pense à ça pour trouver une solution ». Et votre solution ça va être de vous restreindre, ou de faire telle action qui en fait s’avère destructrice. Peut-être qu’après avoir ruminé sur ça, vous vous sentez comme rassuré. La réalité, c’est que c’est le trouble alimentaire qui est rassuré. Mais le fait de ruminer dessus, de penser à comment vous pourriez corriger votre corps, ça alimente le stress autour de votre corps. Encore une fois, je sais que c’est pas simple. Au début, vous tenterez et vous ne tiendrez pas longtemps. Mais à force de répétition, ça entraînera votre cerveau à changer de focus.

Comment vous pourriez changer de focus ? En pensant automatiquement à autre chose, et idéalement quelque chose qui est prenant pour votre cerveau. Par exemple : en pensant à une tâche du boulot, ou de vos cours. Ou en faisant un calcul mental. Ou alors plongez-vous dans un bon souvenir. Et si vous avez du matériel autour, écoutez un podcast, regardez une série, lisez un livre, faites des binero… Bref, faites quelque chose qui vous occupe l’esprit à autre chose qu’à vos pensées obsessionnelles autour de votre corps.

8 - Faites de votre corps un allié

Un autre conseil, c’est de vous rappeler que vous n’êtes pas que ce reflet que vous voyez dans le miroir. Un corps, ce n’est pas qu’un physique, qu’une apparence ou qu’un poids. 

Votre corps, c’est votre outil pour réaliser la vie que vous voulez vivre, pour accomplir vos rêves, vos projets. C’est comme le véhicule qui vous amène aux différentes étapes de votre vie.

Mais pour qu’il puisse vous emmener où vous voulez, il a besoin de carburant, d’énergie, et que vous en preniez soin. L’injurier de tous les noms ne l’aidera pas. Le corps entend les pensées du cerveau et ça lui fait du mal. Il a besoin que vous en preniez soin. Donc prenez le temps de soigner votre environnement, de prendre soin de vous avez des crèmes, des shampoings, des bijoux… 

La relation que vous avez avec votre corps, c’est comme n’importe quelle relation : il faut en prendre soin, il faut l’entretenir. Prendre souvent de ses nouvelles, en vous demandant comment vous allez réellement. Lui offrir des cadeaux, des moments de bien-être. Prendre du temps pour lui, donc pour soi. 

Ça me semble assez abstrait ce que je dis, mais j’espère que vous comprenez. Parce qu’en prenant soin de vous, vous améliorez votre relation à votre corps (même si ça se fait de façon très petit à petit). Et du coup, la dysmorphophobie est plus « facile » à gérer, à contrer. Je dis facile entre guillemets, car je sais bien que ça n’est jamais facile.

9 - Les vêtements aussi sont vos alliés

Je trouve que les vêtements ont vraiment eu un rôle dans ma guérison. Ça fait d’ailleurs partie de prendre soin de son corps. Offrez à votre corps des vêtements dans lesquels il se sent bien. Si vous voyez des vêtements qui ne sont pas à la mode, mais dans lesquels vous vous sentez bien, alors prenez-les. Si vous voyez des vêtements à la mode, mais dans lesquels vous vous sentez mal, ne les prenez pas. Des vêtements, c’est fait pour vous aller. C’est à eux de s’adapter à vous, pas à vous de vous adapter aux vêtements. D’ailleurs, débarrasse-toi de tes vêtements trop petits. Si tu es en reprise de poids, les garder dans ton placard représente un véritable déclencheur. Même si tu les gardes « au cas où ». Tu gardes donc dans un coin de ta tête la possibilité de rechuter.

Pour trouver mon style, j’avais fait un tableau Pinterest où j’enregistrais des idées de tenues. Et je m’étais abonnée à des comptes Instagram de boutiques de fringues. 

Autre point par rapport aux vêtements, je divague un peu, mais ça peut être lié à la dysmorphophobie, parce que parfois quand on essaie un vêtement et qu’on se rend compte que la taille qu’il fait est supérieure à celle qu’on pensait faire, ça peut déclencher de la dysmorphophobie. Les tailles ne sont pas significatives. D’un magasin à un autre, il peut y avoir une différence réelle de 2 tailles pour l’appellation « 38 ». Pour la petite anecdote, j’ai bossé au siège d’une boîte de lingerie. Et la modéliste utilisait toujours des patrons toujours trop petits. Plein de femmes me faisaient le retour que ça taillait trop petit. Certaines culpabilisaient… Pourtant, le problème, ce n’était pas leur taille. C’était le patron trop petit. Sauf qu’en entreprise, pour changer des modèles, c’est long parce que ça passe par de nombreux process. Donc vraiment, ne culpabilise pas pour des histoires de taille ! 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

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  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Voilà pour les quelques conseils. 

Globalement, la dysmorphophobie est très liée à l’acceptation de son corps, au travail sur les croyances erronées par rapport à l’apparence. Donc je t’encourage à travailler sur ça, avec un thérapeute. Moi j’ai aussi fait le programme ButterflyBody qui permet de travailler sur ça. Mais j’espère que déjà, ce petit épisode t’aura apporté de l’aide, au moins te rassurer quelques instants.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Peur du poids, 0 commentaire
Rapport à l’argent & TCA : quels liens ?

Rapport à l’argent & TCA : quels liens ?

Rapport à l’argent & TCA : quels liens ?

Pourquoi vous parler du rapport à l'argent dans votre TCA ?

Je vous explique le contexte du pourquoi j’aborde ce sujet :

Début février, à l’occasion du lancement de mon roman « L’anorexie, mon bouclier mortel », j’ai partagé plusieurs extraits sur Instagram en story. Et j’ai partagé notamment un passage que voici :

livre-histoire-vraie

- Roman autobiographique -

L'anorexie, mon bouclier mortel

Découvre tout mon combat contre les troubles alimentaires dans mon livre témoignage sur l’anorexie. Je te raconte tout mon combat, du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte totalement.

Sur ce passage, j’ai eu plusieurs messages de personnes qui ont été interpellés par le côté financier, parce qu’ils se sont reconnus. De ce fait, j’ai voulu savoir où se situait la majorité par rapport au côté financier, donc j’ai lancé un sondage. J’ai d’abord demandé « As-tu vu une anxiété croissante liée à l’argent depuis que tu souffres de ton TCA ? » Et j’ai eu 74% de oui.

Et la seconde question était de savoir plus exactement quel rapport vous avez avec l’argent. J’ai eu 37% de personnes qui ont coché la case « J’essaie de ne rien dépenser ». 8% qui ont choisi l’option « Je dépense n’importe comment ». 38% qui m’ont dit « j’oscille entre les deux ». Et du coup, ça nous laisse 17% de personnes qui n’ont pas de relation « malsaine » avec l’argent. 

Mais de ce fait, ça faisait quand même une majorité et j’avais plein de choses à partager à ce sujet parce que je me suis moi-même posé beaucoup de questions.

Mon expérience avec l'argent pendant mon anorexie

Pour parler un peu de mon expérience, j’ai vu personnellement une anxiété croissante liée à l’argent au fil du temps où je sombrais dans la maladie. De base, je suis quelqu’un d’épargnante, mais là, ça prenait des dimensions vraiment presque maladive. J’étais radine maladive, mais surtout en ce qui concerne dépenser pour moi. J’en étais à un point où je me chauffais pas, je restais dans le noir pour pas utiliser d’électricité, j’utilisais peu d’eau chaude… Et tout ça en 2015, donc c’était pas les tarifs qu’on a aujourd’hui. 

Pendant deux ans, je dépensais le moins possible, j’économisais presque au moindre centime… Et du coup j’ai mis pas mal d’argent de côté. Puis, j’ai eu des compulsions alimentaires qui ont pris une « violente » (j’en parle dans mon article sur la faim extrême). Et là, je dépensais sans compter parce que je perdais comme le contrôle de moi-même. Et donc toutes mes économies, elles s’envolaient en quelques minutes dans des compulsions alimentaires. J’en avais super honte d’ailleurs, j’avais cette sensation de gâcher de l’argent. Et avec le temps, et notamment en sortant petit à petit de la restriction, j’ai eu des réflexions sur mon rapport à l’argent. Et je peux même dire que ç’a fait partie de mon processus de guérison (c’est pour ça que quand je dis que la guérison est multidimensionnelles, c’est qu’il y a plein de micro facettes, qui dépendent de l’histoire de chacun évidemment). 

Comme vous avez été plusieurs à me dire que vous avez remarqué que vous étiez ultra-stressé avec l’argent, que vous étiez devenu beaucoup plus radins et trop économes… Je me suis dit que ce serait intéressant de vous partager mes réflexions ! 

Quels liens possible entre rapport à l'argent & TCA ?

Je détiens pas de vérité absolue, c’est vraiment que mon point de vue. D’ailleurs, j’en avais parlé auparavant, ni même avec des professionnels, c’est vraiment issu de mes moments d’introspection. Donc peut-être que vous vous y retrouverez, peut-être que ça vous aidera, peut-être pas… Prenez ce qui vous convient 🙂

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à dire que mon but ici c’est pas de donner des conseils financiers, c’est plutôt de parler de cette relation entre argent et TCA. Je sais qu’il y a pas mal de choses à dire d’ailleurs sur ce sujet, notamment sur le fait que la guérison peut être coûteuse, elle l’est d’ailleurs. Mais je vais pas parler de ça dans cet article, je vous avais déjà dit d’autres fois qu’il existe les aides d’ALD. Mais vraiment c’est pas le but ici. Et je sais également que les TCA peuvent engendrer des problèmes d’argent, notamment à cause des compulsions. Mais même chose, dans cet article je vais vraiment m’attarder sur la relation restrictive à l’argent.

Je ne pense pas qu’on puisse parler de symptôme, et d’ailleurs on ne peut pas mettre tout sur le dos du TCA. Comme je vous disais à la base je suis une personne économe, épargnante. Et je pense que d’ailleurs j’avais un terrain pour développer du coup de a restriction budgétaire à cause de mes TCA et de mon tempérament épargnant. 

Donc selon mes réflexions, quels sont les liens possibles entre restriction financière et TCA ? 

1 - Anxiété & prévisions pour l'avenir

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on est souvent très anxieux, sur de nombreux sujets ! (J’ai d’ailleurs fait des livres sur la thématique de l’anxiété dans les TCA). Et quelque part, le fait de garder de l’argent de côté apporte un sentiment de sécurité qui vient répondre à cette anxiété. Souvent les personnes qui souffrent de TCA ont de grandes inquiétudes concernant l’avenir, ils anticipent toujours le futur. Épargner, notamment à un point où ça devient maladif, c’est une façon de répondre à cette peur de l’avenir. 

2 - Mécanisme similaire à la restriction alimentaire

Le fait de se restreindre financièrement, c’est comme la restriction alimentaire. Je ne sais pas si vous aviez déjà ressenti ça, moi c’est quelque chose que j’ai d’autant plus expérimenté en phase de lune de miel, pendant les premiers mois de restriction : le sentiment de maîtrise, de puissance, de supériorité vis-à-vis des autres, d’avoir ce sentiment de mieux faire que les autres. Tout ça, on le retrouve aussi dans le rapport à l’argent : quand tu épargnes et que tu augmentes ton apport financier sur le côté alors que les autres dépensent, selon toi, pour des choses inutiles ; ou pour lesquels, selon toi, ils pourraient se passer. C’est vraiment la même chose avec l’alimentation. Moi je me disais « j’arrive à ne pas manger de sucreries alors qu’eux en prennent. »

Il y a vraiment un lien qu’on peut remarquer souvent entre rapport à l’argent et rapport à son alimentation. Souvent, les personnes qui souffrent de boulimie & hyperphagie vont avoir plutôt tendance à faire des achats compulsifs. Les personnes qui sont dans la restriction pure ont tendance à être dans l’épargne poussée. Et souvent quand tu as de la restriction – compulsion ; tu oscilles parfois entre les deux. Encore une fois, c’est pas une vérité absolue et je serais super intéressée d’avoir retour à ce sujet. 

3 - La relation (compliquée) aux autres

Un autre argument qui pourrait expliquer qu’il y a un lien entre le TCA et l’argent, c’est le fait que souvent, quand on souffre de TCA, on a un rapport compliqué aux autres. Peut-être que tu te trouves toujours moins bien que les autres, en deçà des autres, que tu mérites moins que les autres. Peut-être que tu as peur aussi d’être rejeté par les autres. Moi, c’était mon cas. Et en fait, je préférais dépenser mon argent pour les autres plutôt que pour moi. Par exemple, pour Noël, dès le mois d’Octobre, je me préparais une liste d’idée par personne pour trouver LE cadeau qui plaira à mes proches. Et pour eux, j’étais prête à dépenser, bien plus que pour moi-même. Parce que je me disais qu’au moins ce serait utile.

Donc ça peut s’expliquer par le fait que je m’estimais moins que mes proches (donc problème d’estime de soi). Mais pour moi, il y a aussi le fait de répondre à la peur d’être rejeté, exclus. Je pense qu’inconsciemment, je me disais que si je leur faisais LE cadeau qu’il leur ferait trop plaisir, je serais moins rejeté. C’était aussi une façon de me démarquer, et je pense qu’à travers mon TCA, peut-être que parfois je cherchais à me démarquer parce que j’avais la peur d’être oublié, qu’on ne me porte plus d’attention.

4 - des raisons biologiques ?

Avec un trouble alimentaire restrictif, tu ne réponds pas aux besoins de ton corps. Ton corps te demande à manger, mais tu n’y réponds pas. Il pense donc qu’il est dans un environnement où les denrées alimentaires ne sont pas disponibles, comme lorsque c’était la famine. Ton cerveau se pensant dans un climat de famine, donc un climat de danger puisque le but du corps c’est de te maintenir en bonne santé et en vie, il va donc être dans l’optique de cumuler les ressources nécessaires à sa survie. L’argent fait partie des ressources nécessaires à la survie. C’est que les Hommes ont fait lors des périodes de grandes famines ou de guerres. Moi je me souviens que ma grand-mère m’avait raconté que pendant la guerre mondiale, ses parents cachaient des billets derrières des briques de la maison. Donc en fait, c’est une réponse biologique du corps qui veut garder de l’argent parce qu’il se croit en manque de ressources puisqu’il est restreint sur ses besoins primaires.

Je sais pas si vous avez bien compris cet argument-là, évidemment encore une fois, c’est pas une vérité absolue. Mais moi je la trouve pertinente et très intéressante. Parce que ça veut aussi dire que c’est quelque chose qui se régularise lorsqu’on sort de la restriction, et d’ailleurs, même si je reste une personne économe, je ne suis absolument plus comme avant, je dépense pour moi, je sais me faire plaisir et je ne me restreins plus niveau argent. D’ailleurs, ne plus se restreindre ne veut pas dire que je dépense n’importe comment pour autant. Tout comme ne plus se restreindre en termes d’alimentation ne veut pas dire que vous allez manger n’importe comment.

5 - Entrer dans les cases de la société

Une autre théorie ou possibilité qui explique le lien entre argent et TCA, c’est aussi que, tout comme le fait d’être mince, être économe, c’est quelque chose qui est valorisé dans notre société. Donc encore une fois, être économe est une façon d’entrer dans les cases acceptées et valorisées par la société. 

Après, attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas mettre de l’argent de côté. Si vous le pouvez, c’est bien de le faire, de s’assurer une petite sécurité. Mais quand ça va dans l’excès, à l’encontre de votre bien-être, que ça devient une obsession, bah c’est là où c’est problématique. 

6 - Manque d'estime pour soi

Ensuite, j’en ai parlé quand j’ai donné le point sur le rapport aux autres, mais le côté restriction financière peut aussi venir du fait que vous avez tellement peu d’estime pour vous-même, que vous pensez de pas être digne d’avoir du confort chez vous, de vous acheter ce dont vous avez besoin, de vous faire plaisir. 

7 - TOC & obsessions

Dernier point de mes réflexions, c’est que les TCA sont souvent associés à une quête de perfectionnisme et de contrôle. Et souvent, tout ça, ça va vraiment au-delà de la nourriture et du poids. Moi, je me souviens que vraiment je contrôlais toutes les parties de ma vie : professionnels, matériel, administratif, ménage, et évidemment le côté financier. Donc finalement, c’est aussi une extension du TCA qui se manifeste par d’autres TOC, d’autres obsessions qui peuvent mener à des comportements extrêmement économes ou à une réticence à dépenser de l’argent, même pour des besoins de base.

Comment j’ai fait pour faire évoluer ma relation à l’argent ?

Bah, déjà, j’ai pris conscience qu’il y avait un rapport entre ma façon de gérer mon alimentation, soit mon TCA, et ma relation à l’argent.

Donc la première chose, c’est que je vous invite vraiment à vous questionner, et à vous demander : Quelle est votre relation à l’argent ? Qu’est-ce que tu ne t’autorises pas à acheter (au-delà de la nourriture) ? Pourquoi ? Vois-tu un lien entre ta relation à l’argent et ta relation à l’alimentation ? 

Ensuite, moi mon copain m’a beaucoup aidé dans mon rapport à l’argent parce qu’en fait, souvent je lui demandais ce qui lui ferait plaisir comme cadeau, et il me disait souvent qu’en fait, lui, dès qu’il a un besoin ou une envie, il va se l’offrir. Alors, évidemment, c’est pas toujours possible, ça dépend aussi de ce qu’on gagne dans la vie. Donc évidemment, c’est pas non plus à l’infini cette règle qu’il se donnait. Mais rien que le fait de m’avoir dit ça, moi j’ai eu un déclic de me dire « ah ouais? On peut vraiment voir l’argent et les cadeaux comme ça ? ». Parce que moi dans ma tête, les seuls plaisirs que j’avais c’était en décembre (puisque j’ai mon anniversaire & Noël comme tout le monde en décembre), et surtout, c’était les autres qui me faisaient un cadeau. C’était impensable pour moi de me faire un cadeau.

Et il m’a incité à apprendre à me faire des cadeaux. Au début, je culpabilisais de fou ! Presque je me justifiais, je me disais que c’était rentable, que j’allais beaucoup utiliser ce que je m’étais acheté. Ou alors je me disais « bah du coup, je n’achèterais pas ça », vraiment comme avec la nourriture. J’insiste sur le fait que je ne parle pas d’acheter à tout-va, et d’acheter des choses chers. Je me faisais des petits cadeaux comme des stylos, des bougies, des trucs que je trouvais chez action, même des fleurs ! Après parfois c’était plus gros cadeaux. Mais je trouve qu’apprendre à s’offrir des choses pour se faire plaisir c’est important, en tout cas, ça a fait partie de ma guérison. 

Et au-delà du côté cadeau, j’avais du coup un gros stress à compter le moindre centime, ces stress-là sont partis avec la restriction. Mais au-delà de ça, j’ai appris durant ma guérison que j’avais de la valeur, que j’avais besoin de prendre soin de moi, j’ai appris à être davantage bienveillante avec moi-même et de ce fait j’ai arrêté d’être aussi exigeante avec moi-même, de toujours passer les cadeaux des autres avant moi, de m’empêcher de me chauffer, de m’accorder uniquement la plus basse qualité, etc. J’ai vraiment peur que ce soit mal vu cet article, parce que j’ai peur que vous vous dites « bah elle est marrante mais je ne gagne pas bien ma vie, c’est compliqué ». Je sais vraiment. Moi cette année, c’était compliqué financièrement et c’est sûr, j’ai dû faire des concessions mais je savais quand même m’accorder des petits plaisirs ou ne pas être trop dure avec moi-même. C’est vraiment une question d’extrême en fait. Je sais pas si vous voyez ce que je veux dire, j’ai l’impression que c’est peut-être un peu flou.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

En tout cas, j’espère que cet article vous a plus, et vous a quand même donné quelques réflexions, quelques pistes pour vous-même avancer dans votre rapport à l’argent si c’est quelque chose qui vous questionne. Peut-être que ça vous parlait pas, c’est aussi pour ça que je dis que chaque chemin de guérison est différent puisqu’on a tous nos propres problématiques et histoire, et contexte. Mais c’est vrai que j’avais envie d’en parler depuis longtemps, mais comme c’est un sujet tuchy, je ne l’avais pas fait. Et vous avez été plusieurs à me demander d’en parler, donc c’est chose faite ! 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 2 commentaires
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J’ai écrit un livre témoignage sur mon combat contre l’anorexie

J’ai écrit un livre témoignage sur mon combat contre l’anorexie

Je vous ai annoncé dernièrement la sortie de mon roman autobiographique, qui est sorti le 12 février 2024 et qui a pour titre “L’anorexie, mon bouclier mortel”. J’avais envie de vous faire un article « coulisse », où je vous raconte le processus d’écriture, les difficultés que j’ai rencontrées, etc. J’ai ouvert récemment une FAQ en story sur Instagram pour recueillir toutes vos questions, et je vais y répondre dans cet article en y ajoutant les éléments que j’avais envie de vous expliquer.

On est partiiii

Alors, déjà, je voulais recontextualiser les choses : j’ai déjà écrit plusieurs livres en 2023, notamment avec des livres sur l’anxiété & les TCA. Donc c’étaient des livres plutôt pratiques, avec des exercices, uniquement destinés aux personnes souffrant de TCA. J’ai ensuite écrit un recueil de texte inspirant, publié en juin 2023, qui s’appelle Des mots pour fleurir. Même chose, il est destiné aux personnes souffrant de TCA uniquement. Mais ce roman autobiographique, même en ayant écrit d’autres livres auparavant, il a représenté beaucoup plus pour moi. C’est un énorme projet. J’y retrace tout mon parcours, et pour le coup, il est évidemment destiné aux personnes souffrant de TCA, mais aussi à leurs proches, à mes proches et à toutes les personnes souhaitant comprendre ce que c’est de se battre contre un trouble alimentaire.

Que veut dire roman ? C’est une fiction ou la réalité ?

Alors c’est la réalité, puisque c’est mon histoire, qui est réelle. C’est un roman autobiographique qui retrace tout mon combat contre l’anorexie, et plus globalement contre les troubles alimentaires : du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte TOTALEMENT.

Pourquoi tu as eu envie d’écrire un livre ?

En fait, j’ai toujours aimé écrire. Depuis que je suis petite, l’écriture ça a toujours été mon refuge. Dans les premiers métiers que j’ai voulu faire, c’était écrivain et scénariste. Et j’avais écrit un petit livre à la main quand j’avais 9 ans, puis un autre sur l’ordi quand j’avais 13-14 ans, mais je ne l’ai jamais terminé. Puis après, j’écrivais des petites histoires… Quand j’étais malade, j’écrivais énormément toutes les pensées que j’avais dans ma tête. Et l’écriture m’a sincèrement aidé. Donc c’est assez naturellement que l’envie d’écriture mon histoire m’est venue.

Tout comme j’ai créé mon blog, mon podcast, mon Instagram… J’ai eu envie de parler de mon histoire pour donner des pistes à ceux qui luttent contre les TCA, les aider à cheminer vers leur propre guérison. Mes autres objectifs avec Norainnoflower, c’est d’aider les proches et de déconstruire les idées reçues qui subsistent autour de ces maladies mentales. Donc à travers ce roman, j’ai envie de m’approcher un peu plus de ces objectifs-là.

Et puis, plus d’un point de vue inconscient, ce livre je l’ai fait dans une démarche thérapeutique, pour me permettre de mettre toute cette sombre période dans un roman et donc de désencombrer ma tête de tout ça, pour me dire que c’est bon, je peux passer à autre chose maintenant.

Autre raison aussi, je l’ai fait pour qu’on se rende compte à quels points j’ai eu de nombreuses phases de désespoir, de difficultés. Parce que parfois on me dit que j’étais plus forte, que j’étais toujours dans cette optique de me battre. Mais je veux que les personnes malades prennent conscience que j’ai été dans les mêmes états qu’elles, que j’ai traversé de nombreuses phases obscures et pourtant, j’en suis sortie, donc c’est possible.

Ça t’a pris combien de temps pour l’écrire ?

C’est difficile de donner une temporalité précise, mais vraiment énormément de temps. Après, c’est un roman qui fait 100 000 mots, donc en format “livre”, comme le mien, ça représente près de 400 pages. Donc c’est un bon roman quoi. Mais ça m’a pris vraiment énormément de temps. Pour contextualiser, je l’ai commencé à l’annonce du confinement en Mars 2020. Là, j’avais écrit en 3 semaines, environ 40 000 mots. Et je pensais l’avoir terminé, je pensais être guérie également. Mais en fait, j’étais en quasi-guérison, donc j’ai rechuté entre-temps. Et je l’avais gardé dans un coin de ma tête parce que je savais que j’allais le sortir, je ne voulais pas abandonner. En janvier 2023, j’ai repris l’écriture ; donc 3 ans s’étaient écoulés, 3 ans où j’avais fait un énorme travail de déconstruction de nombreux mécanismes, de construction de ma propre identité, de guérison de blessures profondes. J’ai relu ce que j’avais écrit en 2020, et je me suis rendu compte à quel point j’avais évolué. C’était dingue, j’avais beaucoup plus de recul en janvier 2023. D’autant qu’ayant ce projet en tête de sortir ce livre, j’ai passé l’année 2021-2022 à écrire de nombreuses notes des choses qui m’étaient passées par la tête, des prises de conscience, de recul, etc. Donc j’ai repris l’écriture de zéro, mais évidemment en gardant le même fil chronologique des trois premières années, mais pas du tout avec le même point de vue. Et je suis très contente de ne pas l’avoir publié en 2020 parce que là, j’offre une vision beaucoup plus saine, non influencée par des pensées de la maladie, et avec une grosse prise de recul sur les difficultés que j’ai rencontrées, les étapes par lesquelles je suis passée, etc.

Donc, j’ai commencé en 2020, il est sorti en 2024. Mais je n’ai pas pris 4 ans à écrire. J’ai pris 4 ans de réflexion, mais en temps d’écriture, je dirais 6 bons mois. Après l’écriture, il y a une énorme phase de réécriture, d’amélioration, de correction, etc. Et ça, ça m’a pris de nouveau 6 mois. C’est vraiment un énorme travail où j’ai parfois consacré l’entièreté de mes journées pendant des semaines.

L’as-tu écrit seule ?

Oui, je l’ai écrit seule. Initialement, je voulais intégrer la vision de ma mère. Mais finalement, je l’ai fait seule et ça fait partie justement de mon processus de guérison en fait. Je parle beaucoup de mon rapport à ma mère, de mon détachement à ce qu’elle pouvait penser de moi dans mon livre. Donc cette décision a fait partie de ce processus d’émancipation on va dire.

Je l’ai écrit seule, mais par contre, à la différence de mes autres livres, j’ai pris une équipe de bêta-lecteurs et de correctrices. Et ça a été une très très bonne décision. Car comme je l’ai dit, j’ai travaillé sur ce livre depuis 2020. Donc j’avais comme la tête dans le guidon, et c’était important d’avoir des points de vue extérieurs. J’ai donc eu 4 bêta-lectrices, que je ne connaissais pas, aussi très important pour avoir leurs retours honnêtes. J’ai eu de très très bons retours. L’une d’elles souffrait de TCA et elle m’a dit combien la lecture l’avait aidé. Ensuite, j’ai pris 3 correctrices. Pour ce livre, contrairement aux autres où je faisais moi-même la couverture, là j’ai choisi de prendre une graphiste car je souhaitais un dessin personnalisé, unique, qui représente bien le titre et ce que l’anorexie a été pour moi en quelque sorte.

Est-ce que le livre s’adresse uniquement aux malades ?

Alors non, pas du tout. Comme je le disais en introduction, ce livre est différent des autres que j’ai pu écrire. C’est vraiment un roman autobiographique qui s’adresse à n’importe qui.

Il s’adresse aux personnes malades puisqu’ils montrent toutes les étapes par lesquelles je suis passée pour en sortir, les réflexions que j’ai eu… Mais ça peut aussi leur permettre de se sentir mieux compris, de comprendre aussi des choses de la maladie.

Il s’adresse à leurs proches puisque si les proches comprennent mieux ce que la personne malade vit, bah ils pourront être de meilleurs accompagnants.

Il s’adresse à mes proches puisque je voulais leur montrer ce que je vivais lorsque j’étais malade. Quand j’étais malade, je ne savais pas toujours exprimer, j’ai eu des comportements parfois loufoques et je voulais qu’ils comprennent qu’il s’agissait bien d’une maladie.

Et puis, il s’adresse à toute autre personne désirant mieux comprendre ces maladies. Dans mes bêta-lecteurs & correctrice, une seule souffrait de TCA. L’une de mes bêta-lectrices m’a dit que je l’avais sincèrement aidé puisqu’elle s’est toujours sentie mal dans sa peau et ça l’a aidé dans son rapport au corps. Une autre Bêta-lectrice m’a dit qu’elle aimait beaucoup les romans d’histoire vraie, qu’elle a apprécié l’authenticité du témoignage. Une de mes correctrices m’a dit qu’elle a beaucoup appris sur la maladie, qu’elle ne s’imaginait pas tout le combat que c’était. Donc voilà, c’est vraiment un roman ouvert tout public.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à écrire ?

Alors, il a eu pas mal de choses difficiles à écrire. Et en fait, le plus dur n’était pas tant au moment de l’écriture, c’était dans la phase de relecture & d’amélioration. Parce que c’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que des proches allaient lire ça. Et ce qui est difficile, c’est vraiment la peur du jugement, la honte, la peur d’être incomprise encore une fois, alors que j’en suis sortie. Mais dans mon livre, j’ai vraiment parlé sans filtre, avoué des choses que j’ai faites quand j’étais malade et dont je ne suis pas fière. J’explique toutes ces choses que j’ai faites et dont des personnes ignorantes des TCA pourraient qualifier de “fou”.

Ce qui a été difficile aussi, c’était de parler de ma relation avec ma mère. C’est un sujet assez récurrent tout de même, et j’avais toujours peur de dire des choses qui pourraient lui faire mal, parce que je savais qu’elle allait lire le livre. Et puis j’ai un chapitre que je déteste. J’ai relu mon livre une vingtaine de fois, peut-être même plus, pour l’améliorer, etc. Et à chaque fois que j’arrivais sur ce chapitre, je me disais “oh noooon”. Et non pas parce qu’il est plus mal écrit que les autres, mais parce qu’il est douloureux, dérangeant pour moi. Ce chapitre s’appelle d’ailleurs “profondeurs abyssales”, c’est un chapitre où je parle d’un trauma d’enfance et donc voilà, c’est pas simple, évidemment… même après tout le travail que j’ai fait dessus.

Te replonger dans ces moments si douloureux ne t’as pas trop perturbé ?

Ça dépend quand. Lorsque je l’ai écrit en 2020, je ne le savais pas, mais je n’étais pas totalement guéri. Et quand je passais ma journée à écrire, je me plongeais dans les mécanismes de la maladie. Et une fois ma journée d’écriture terminée, j’avais du mal à faire la part des choses, entre mon « passé » et le présent. Par contre, quand j’ai repris l’écriture en 2023, ça a été beaucoup mieux car j’avais eu une coupure, un vrai recul sur la maladie, j’étais guéri. Donc ça ne m’impactait pas vraiment. Sauf pour le chapitre « Profondeur abyssale »…

Est-ce que tu as absolument tout dit ?

Elle est intéressante cette question, parce que justement, comme pendant presque deux ans j’ai noté toutes mes idées, j’avais un nombre incalculable de choses à dire. Mais, le but c’est pas de TOUT dire sans oublier le moindre détail. Et d’ailleurs, parfois j’ai des souvenirs où je me dis “mince, je l’ai pas dit ça dans mon livre”. Mais c’est pas grave parce que personne ne va le lire en se disant “elle a oublié de parler de tel souvenir”, en réalité, il n’y a que moi qui ai tous ces souvenirs en tête. Et je pense que justement, il faut savoir s’arrêter tant que le ou les messages principaux que je voulais faire passer y sont consignés.

Mais par contre, j’ai parlé de toutes les dimensions de la maladie que j’ai traversée : la phase où je tombe dedans de façon implicite, la phase de lune de miel où je suis à moitié dans le déni, les phases où je mets en place pleins de choses, celles où je sombre totalement, les phases de compulsions alimentaires & de faim extrême, la phase où je reprends du poids, la dimension vie sociale & rapport aux proches, la dimensions rapport à mes parents et surtout à ma mère, le dimension psychologique avec le gros travail que j’ai fait, la relation de couple avec un trouble alimentaire, la dimension où j’en sors et où je suis nostalgique, la phase de quasi-guérison, la rechute, la guérison totale… Bref, je parle de tous les aspects que j’ai traversés.

Est-ce que tu as rencontré des difficultés ?

Alors, honnêtement, j’ai rencontré pas mal de difficultés, plus que ce que je n’aurais imaginé.

Alors, au niveau de l’écriture, j’ai déjà parlé de mes difficultés. Mais c’est vrai que c’était un gros travail de recherche et de prise de recul que j’avais fait finalement au fil de ma guérison, à travers mes séances de psy, à travers des conversations avec mes proches… ça m’a demandé une vraie organisation chronologique au niveau de toutes mes notes. Mais c’est parce que j’ai choisi de faire un roman un peu « prise de recul », je ne voulais pas simplement relater les faits, je voulais plus de profondeur, inviter à la réflexion en fait.

Une autre difficulté, c’est de mettre un point final. Parce que justement, on se dit toujours qu’on peut mettre telle chose, telle autre chose. Et puis, mettre un point final sur un projet que tu as commencé plusieurs années avant et qui occupe ton esprit pendant des mois, ça fait peur. En fait, c’est comme lorsqu’on guérit des TCA d’ailleurs, ça fait peur de se confronter au vide que ça va faire. Bah là, c’était la même chose pour moi. Je savais que du moment où j’allais mettre un point final, je n’avais jamais été aussi proche de la fin, j’allais mettre le point final de mes années de TCA. Donc ce petit point final, il a représenté beaucoup pour moi, et ça n’a pas été facile de le faire.

Une très grande difficulté, ça a été la phase d’optimisation. En fait, quand on met le point final, j’ai eu autant de temps d’optimisation que d’écriture. Donc c’est à dire que j’ai eu tous les retours des bêta-lectrices, je n’en ai pas eu d’énormes, mais il fallait faire des modifications. Ensuite, avec les correctrices, j’ai eu de nombreuses choses à améliorer : en fait c’est vraiment trouver LE bon mot pour exprimer ce que je veux dire ; mais tout ça, sans répétition, sans alourdir, sans enlever l’essence de ce que je veux exprimer, etc. Et ça c’est un gros gros travail. Mais j’ai fait énormément de progrès au niveau de ma syntaxe. Après, tout ça, c’est quelque chose que tu sous-traites normalement à une maison d’édition, mais j’ai fait le choix de m’autoéditer.

Une autre chose d’ailleurs que j’ai faite moi-même, mais qui est normalement faite par ton éditeur, c’est la mise en page. La mise en page d’un livre c’est spécifique, donc j’ai dû d’abord me renseigner, apprendre et ensuite faire moi-même. Et ça c’était très long, j’ai fait plein de tests d’impression pour voir les rendus de police, de marges, etc.

Très grosses difficultés que j’ai eues également, c’était les 1000 émotions par lesquelles je suis passée haha. Au plus je me rapprochais de la date, au plus j’avais des émotions intenses et très énergivores. J’ai eu des centaines de doutes, de peurs. J’avais peur du jugement, des critiques. Et surtout de la part de mes proches, parce que je dévoile des phases très intimes de ma vie tout de même. Donc le pire, ce n’est pas les gens que je ne connais pas personnellement, c’est vraiment celles que je côtoie régulièrement. Et j’ai certaines personnes dont j’ai sincèrement peur qu’elles le lisent. Parce qu’évidemment, sur certains événements, j’ai ma propre vision des choses, différentes d’autres acteurs de ma famille. Donc j’ai peur de leurs points de vue qu’ils ne comprennent pas le mien. Et j’ai aussi peur que des proches changent leur regard en négatif sur moi à cause de ce que j’ai pu faire durant mes TCA, qu’ils ne comprennent pas en fait que j’étais malade. Ensuite, j’ai un côté perfectionniste donc forcément, je chipote sur énormément de choses. Par exemple, le titre de chacun de mes chapitres a été ultra pensé. Mais après je me suis prise la tête sur la couverture, mon titre, le nombre de mots, la mise en page, la date de publication, ma communication, etc. Eh oui puisqu’encore une fois, comme je m’auto-édite, je fais moi-même toute la communication autour. Alors j’adore ça, c’était d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle j’ai choisi l’auto-édition parce que j’adore ce domaine, créer des contenus, des visuels… mais c’est tout de même beaucoup de boulot. J’avais aussi peur de ne pas avoir bien fait mon livre, puisque j’ai fait le choix de ne lire aucun roman autobiographique dans les TCA, pour ne pas être influencé justement. Mais en fait, c’est débile parce que chacun a son propre parcours, donc je ne peux me baser sur aucun critère pour dire si mon livre est bien fait ou non à ce niveau-là.

Le fait de lire, relire… ce n’était pas simple parce que c’était une lecture émotionnellement difficile dans le sens où quand je relis les passages, j’ai les images associées qui arrivent dans ma tête, où je me souviens et c’est assez dur ça.

Donc voilà, comme vous pouvez le voir j’ai eu beaucoup de difficulté haha

Et quelque chose qui est très dur aussi, c’est le dernier mois avant la publication. Au plus tu t’approches de la date fatidique, au plus tu doutes. C’était terrible. Je relisais des passages, je trouvais ça nul, je voulais changer tel mot, j’avais peur de pas avoir bien fait, etc. Et mes correctrices me rassuraient et m’ont dit que c’est quelque chose de très commun, et que même certaines personnes, une fois leur livre terminé et corrigé, prêt à être publié… finalement ne le publiait pas. Donc c’est quelque chose de normal. Ce qui m’a rassuré, c’est que je n’ai eu que des retours positifs, que ce soit des bêta-lecteurs et correctrices. Donc je me suis dit, “allez Mathilde, tu vas pas faire demi-tour maintenant. Avance, et tu verras. Au pire, il n’y a rien de grave”. Donc j’ai tenu, mais je vous assure que le volcan du stress était en irruption, à son apogée en moi haha.

Est-ce que ça t’a coûté de l’argent ?

Alors oui, encore une fois notamment parce que j’ai voulu faire les choses bien, que j’ai choisi aussi de m’autopublier, donc forcément je dois assumer des coûts qui sont d’habitude pris en charge par une maison d’édition.

Ça a été un long questionnement, car c’est un investissement que je ne suis pas sûre de récupérer puisque lorsque tu vends un livre, tu as peu dans ta poche, il y a les frais d’impression et aussi la commission de la plateforme d’édition. Même si ça reste toujours beaucoup plus que si tu passes par une maison d’édition, c’est peu, donc je ne sais pas si je le rentabiliserai.

Mais je n’ai pas écrit ce livre pour l’argent, je l’ai fait parce qu’il représentait beaucoup pour moi. C’est le plus gros projet de ma vie pour l’instant, et je voulais donc vraiment avoir zéro regret. Donc j’ai investi en tout un peu plus de 1100€, entre les frais de correctrices et de graphiste, et des outils dont j’ai eu besoin pour la communication.

Est-ce qu’il sera disponible en librairie ?

Alors, autour de chez moi, à Lyon, je vais aller en démarcher. Mais par contre, dès que je dois envoyer un livre en librairie par livraison, c’est compliqué. Encore une fois, étant donné que je suis à mon compte, j’ai tous les frais à ma charge. La librairie doit se prendre une part, ce qui est normal. Et en ajoutant en plus les frais de livraison, il me reste zéro. Pire, je dois payer pour qu’on ait mon livre… Donc je ne peux pas me permettre de perdre de l’argent :/ Donc malheureusement, non. 

- Roman autobiographique -

L'anorexie, mon bouclier mortel

Découvre tout mon combat contre les troubles alimentaires dans mon livre témoignage sur l’anorexie. Je te raconte tout mon combat, du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte totalement.

Pour terminer, je voulais vraiment dire qu’écrire mon roman autobiographique a été une expérience incroyable. J’ai beaucoup appris, tant au niveau personnel que professionnel. J’encourage vraiment toutes les personnes qui veulent écrire parce que c’est réellement bénéfique, thérapeutique, il y a des études qui le prouvent. Même sans se dire que ça sera publié, même si c’est que pour vous, que pour vos proches.

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 0 commentaire