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Pourquoi les aliments sucrés / gras / industriels t’attirent (et pourquoi ce n’est pas grave)

Pourquoi les aliments sucrés / gras / industriels t’attirent (et pourquoi ce n’est pas grave)

Pourquoi les aliments sucrés / gras / industriels t’attirent (et pourquoi ce n’est pas grave)

Il y a une phase dans la guérison qui arrive souvent et qui fait peur lorsqu’on la traverse. Autant pour la personne elle-même que pour les proches (qui ont vu la personne passer d’une restriction stricte à une attirance pour tout ce qui est plus sucré, plus gras, industriels. Donc ils ont peur car ils ne savent pas comment gérer.)

Et puis, souvent, lorsqu’on est dans la restriction pure et qu’on a ces envies (et qu’on les consomme ou non), la peur qui se cache derrière aussi c’est : “Est-ce que je ne vais pas tomber dans l’autre extrême ? Est-ce que je ne risque pas de tomber dans la boulimie ? L’hyperphagie ?”

Franchement, je comprends parce que tout simplement je l’ai vécu ! Je suis passée par cette période. Période qui peut être plus ou moins longue, qui peut être là de façon constante, en fond ; ou alors qui peut venir, repartir, revenir.

Dans cet épisode, je vais donc vous dire ce que j’ai appris assez tard dans ma guérison et que j’aurais aimé savoir lorsque je traversais cette période. Parce que OUI, c’est normal d’être attiré par ces aliments-là et ce n’est même pas grave, au contraire. Tu en as besoin. Donc je vais t’expliquer tout ça.

Déjà, je vais commencer par te dire quelque chose, parce que si ça se trouve tu as lu ou entendu des contenus provenant de la culture du régime te disant n’importe quoi : NON, ce n’est pas un manque de volonté, de la faiblesse, de la gourmandise, de l’ennui.

Il faut remettre les choses dans leur contexte. Tu souffres d’un trouble alimentaire. Ce que tu vis est donc une réponse logique, biologique, et temporaire à une période de restriction.

4 raisons pour lesquelles tu es attiré par ces aliments :

#1 - Ton corps a une dette

En te restreignant, tu as accumulé une dette dans les catégories d’aliments que tu t’es interdit. À cause de cette restriction, ton corps manque d’énergie, de sucres, de graisses… et il le sait. Toi tu connais tout ce que tu manges dans ta journée. Lui il connait tous les aliments et catégories d’aliments dans lesquels tu as une dette énergétique.

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C’est comme quand tu as été en apnée sous l’eau trop longtemps : quand tu remontes, tu prends une énorme bouffée d’air puisque tes poumons sont vides, soit en quelque sorte ils sont endettés. Et ensuite seulement, ta respiration redevient naturelle. Tu ne respires pas à coup de grandes respirations pour toujours. 

Avec la nourriture, c’est pareil :
Ton corps est attiré par ce dont tu as été privée, puis tu il va se réguler naturellement, à condition de ne plus restreindre.

Donc c’est une réponse biologique, normal, logique de ton corps et surtout c’est TEMPORAIRE.

#2 - Plus tu interdis, plus tu y penses

Les aliments que tu considères comme « malsains » sont ceux que tu t’interdit. Ton cerveau les classe comme « rares », « dangereux », donc… ultra désirables. C’est le même principe que pour un enfant : si on lui dit de ne pas toucher, biensûr qu’il va toucher. 

Donc au plus tu t’interdis ces aliments, au plus ton cerveau va être attiré. 

Et si tu vis des compulsions sur ces aliemnts, si tu as des pensées obsessionnelles dessus… ce n’est pas une perte de contrôle, c’est une réponse à la privation.

#3 - Ton corps choisit ce qui lui coûte le moins d’effort

Pendant une restriction, ton corps a moins d’énergie à allouer à ta digestion. Ton système digestif ralentit. Tes enzymes digestives sont en pause, ton estomac fonctionne au ralenti.

Et je te le dis souvent, le corps est intelligent : Il préfère une barre au chocolat à une assiette de brocolis croquants. Parce ça lui demande moins d’énergie à digérer et ça lui rapporte plus vite. Les légumes, les fruits sont plus difficiles à digérer pour lui, même si ça parrait dingue. Il va là où il y a retour sur investissement : calories disponibles + digestion facile.

Tous les aliments ne demandent pas le même effort de traitement :

✅ Une barre de chocolat :

  • Est pauvre en fibres, donc demande peu de mastication et peu de fermentation intestinale.
  • Contient des glucides simples et des graisses, rapidement assimilables sans processus digestif complexe.
  • Est plus riche pour un petit volume, donc efficace pour l’organisme.

🚫 Une assiette de légumes :

  • Contient beaucoup d’eau et de fibres insolubles, ce qui demande un travail digestif plus long et plus énergivore (mastication, brassage gastrique, fermentation dans le côlon…).
  • Offre peu de calories pour un gros volume → beaucoup d’effort pour peu de retour.
  • Peut entraîner des ballonnements ou un inconfort si le système digestif est affaibli.

👉 Résultat : ton corps choisit ce qui lui demande peu d’énergie pour un maximum de gain. C’est une logique de survie, pas de gourmandise.

#4 - Tant que tu crois que ces aliments sont "mauvais", tu resteras piégé

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Il ne suffit pas de réintroduire certains aliments. Il faut aussi changer ton regard sur eux.

Tant que tu penses qu’un aliment sucré ou gras est « mauvais », ton corps et ton cerveau ne se sentiront jamais en sécuritéquand tu le mangeras.
Tu culpabiliseras, tu tenteras de compenser, tu replongeras dans le contrôle.

C’est justement pour ça que j’ai écrit mon nouveau livre : « Déconstruire les croyances erronées du TCA« 
Un livre outil pour t’aider à remettre en question ce que tu crois savoir sur la nourriture, et construire une relation plus apaisée à la nourriture et à ton corps.

Pourquoi ce n’est pas grave (et c'est même important) de manger ces aliments pendant la guérison ?

Beaucoup de personnes s’inquiètent en guérison : »Je mange trop de sucre », »Je ne mange que des choses transformées »…

Moi j’avais sincèrement peur quand j’étais malade. J’étais passée de manger des pommes et des légumes à manger énormément du sucre. Et même mes parents étaient débousolés. Ils ne savaient pas si c’était normal. Donc comme je l’ai expliqué juste avant : c’est normal et temporaire. Mais je vais même te donner d’autres arguments pour t’expliquer que ce n’est même pas grave.

Tu as besoin de manger ce que tu veux, vraiment.

La guérison ne peut pas avoir lieu si tu continues à vivre dans la peur de certains aliments, si tu continues de te restreindre. Le fait d’être attiré par ces aliments, ça va t’aider à les réintroduire, à travailler dessus. Moi je dis souvent que ma période de faim extrême m’a sauvé la vie car elle m’a forcé à réintroduire tous ces aliments qui me faisaient peur. C’est comme ça que j’ai fini par travailler dessus pour en avoir moins peur. Et sache qu’au plus tu t’y confrontes, au moins ton cerveau en aura peur car ils vont perdre de leur caractère “rare” et “interdit”. Ton corps va comprendre que tu lui fais confiance et que tu l’autorises à manger ces aliments. Là, ça te semble peut être très loin cette relation, mais c’est possible. ça demande du temps, beaucoup de temps et de confrontation avec ces aliments, mais tu finiras par y arriver. Je suis la preuve vivante que c’est possible. J’avais peur d’un tas d’aliments gras, sucré… donc je me suis interdit quand j’étais malade. Puis j’ai tout réintégré, notamment durant ma période de faim extrême. Avec le temps, les confrontations, en luttant contre la compensation… j’ai fait un travail d’acceptation. Aujourd’hui, je n’ai plus aucun aliment interdit. Je peux garder du chocolat chez moi, un gâteau… sans être focalisé dessus, sans le finir absolument dans la journée, sans en avoir peur. 

Maintenant, je mange ce que je veux, quand je veux. Mais je suis passée par cette étape où j’en avais peur. Mais garde en tête quand tu les manges que ça fait partie du process : tu dois t’y confronter car manger ce que tu veux et surtout ce qui te fait envie fait partie de la guérison. 

Tu as besoin de calories, pas juste de vitamines.

90 % des besoins de ton corps pendant la récupération, ce sont… des calories. Le mot calorie fait peur, mais ça veut surtout dire que tu as besoin d’énergie. Car les calories, c’est de l’énergie, du carburant. Tout ça pour dire qu’il ne faut pas absolument regarder les aliments en terme de vitamines qu’ils t’apportent, de nutriments. 

Ton corps doit :

  • réparer tes organes
  • restaurer ta masse osseuse
  • rétablir tes hormones
  • relancer ton cerveau en quelque sorte

Et ça, ce n’est pas les brocolis vapeur qui le font. C’est davantage l’énergie qui se trouve dans un muffin au chocolat. 

Les aliments sucrés et gras sont parfois les plus adaptés

C’est ce que je t’expliquais en première partie.

Tu es fatigué(e), ballonné(e), ralenti(e) ?
C’est normal en période de guérison.
Et non, les salades ne sont pas la solution. Trop d’eau, trop de fibres, trop difficile à digérer.

En revanche :
✅ Une part de gâteau
✅ Une tartine beurrée
✅ Des pâtes au fromage
… sont faciles à digérer, réconfortants, et caloriquement denses.
Parfait pour relancer ton système.

L’alimentation de guérison n’est pas l’alimentation de ta vie

C’est quelque chose que j’aurai aimé qu’on me dise. Ce qui te fait envie maintenant, en guérison, ce n’est pas ce que tu mangeras toute ta vie. Par exemple, quand j’étais malade, j’étais très attirée par tout ce qui était sucré, quasiment toute ma journée. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. 

Rassure-toi : cette phase est temporaire.

Plus tu te donnes vraiment la permission,
plus ton corps va naturellement retrouver ses envies variées, y compris des fruits, des légumes, des aliments plus simples.

Le plaisir fait partie de la santé – mentale et physique

On parle souvent de la nourriture pour ce qu’elle apporte au corps : vitamines, protéines, bons nutriments…
Mais on oublie que l’alimentation est aussi là pour nourrir ton mental, ton cœur, ton lien au monde.

Un plat réconfortant, un chocolat chaud un jour de pluie, des frites partagées avec un(e) ami(e)…
Ce n’est pas « inutile ». C’est vital.

Le plaisir alimentaire n’est pas un bonus : c’est un besoin humain fondamental.

Voilà, j’ai terminé mon article. Je suis assez contente car j’aurai vraiment aimé qu’on me dise tout ça à l’époque, donc j’espère qu’il va sincèrement aider. Faites-moi un retour si c’est le cas, c’est important pour moi. Je passe beaucoup de mon temps, de mon énergie parce que j’ai l’envie de vous aider, mais de ce fait, avoir des retours me fait du bien. Je te rappelle une dernière fois que tu ne fais pas “mal” Tu ne « manges pas n’importe comment ».
Tu es en train de réapprendre à vivre. Et pour ça, ton corps a besoin d’énergie alimentaire, de carburant, de plaisir, et de liberté. Pas d’un nouveau contrôle déguisé en « alimentation saine » ou “rééquilibrage alimentaire”.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Faim extrême, Mieux connaître, Peur du poids, 2 commentaires
Les fears food dans les TCA : comment les surmonter

Les fears food dans les TCA : comment les surmonter

Les fears food dans les TCA : comment les surmonter

On se retrouve pour un nouvel article pour parler des fears food ! C’est assez fou que je n’avais pas encore abordé ce sujet sur mon podcast parce que les termes “fears food” qui signifie en anglais “les aliments de la peur”, c’est un peu un “incontournable” si je puis dire dans les TCA. C’est quelque chose qu’on entend très souvent et je dirai que 99,8% des personnes qui ont un trouble alimentaire ont des fears foods.

Dans cet article, j’aimerais un peu t’expliquer la théorie parce que comme tu le sai savec moi, j’aime bien comprendre les choses. Je trouve que ça m’a vraiment aidé quand j’étais malade. Donc je vais t’expliquer pourquoi ces peurs existent, ce qui se passe dans ton cerveau quand tu évites ces aliments ; et surtout, je vais te donner quelques conseils pour t’aider à les surmonter. Rien de magique évidemment. Mais ça peut être des petits tips en plus pour t’aider à cheminer.

C’est quoi un fear food ?

On va commencer par la base : définir le “fear food”.

Un fear food c’est un aliment qui te déclenche de la peur, de l’anxiété. Tu vas souvent éviter à tout prix cet aliment, et lorsque tu vas le manger, ça va te générer une énorme culpabilité. Tu as littéralement peur que ces fear food entraîne chez toi : une prise de poids, une perte de contrôle, une compulsion, une sensation de ne pas pouvoir t’arrêter.

Je suis sure qu’en lisant ça, tu vois clairement de quels aliments je parle pour toi. Tout le monde n’a pas les mêmes fear food. ça va vraiment dépendre des croyances erronées de chacun. Mais on peut souvent retrouver des similitudes, notamment avec les aliments plus gras et sucrés. Mais ça peut même être littéralement une catégorie d’aliment qui est en “fear food”, comme par exemple les lipides. En gros, les fear food, ce sont les aliments que votre TCA considère comme “mauvais” ou “interdit”.

Ce qui est le plus fou, c’est que très souvent, ces fear food, bah en réalité, tu les aimes. Il te donne vraiment envie. Et c’est aussi pour ça que tu en as peur.

Ce qui se passe dans ton cerveau quand tu as peur d’un aliment

restructuration cerebrale trouble alimentaire

La peur est une réaction biologique normale. C’est ton cerveau qui veut te protéger. Ton amygdale (la zone du cerveau responsable des émotions) déclenche une alerte pour te signaler qu’il y a un danger. 

Sauf que la, la différence dans ton cas, c’est ton amygdale ne fait pas la différence entre : 

  • un tigre dans la savane,
  • et un bol de pâtes à la carbonara.

Dès qu’un aliment perçu comme « dangereux » est devant toi, ton cerveau enclenche le mode survie :

  • activation du système nerveux sympathique (fight or flight),
  • hypervigilance,
  • montée de cortisol

Tu n’es pas fou ni folle si tu ressens de la panique face à un aliment. Ton cerveau reptilien, lui, pense te sauver la vie.

Mais clairement, quand tu as un trouble alimentaire, ce mécanisme est renforcé par : 

  • la malnutrition. Ton cerveau fonctionne en grande partie grâce aux lipides. Souvent, c’est une catégorie qui est mise de côté. Donc ton cerveau manque des ressources nécessaires pour bien fonctionner. C’est à dire que tu déraisonne. La peur et la rigidité mentale sont donc renforcées.
  • la pensée dichotomique (pensée en noir et blanc, tout ou rien. “Si je mange ça, c’est foutu”). Cette façon de pensée est dictée par ton TCA et de surcroît par la sous alimentation.

Au plus tu évites ces aliments, au plus tu en as peur

Je l’ai déjà expliqué beaucoup de fois mais je le redis parce que c’est important. Le cerveau apprend de nouvelles croyances à travers tes actions et tes pensées.
Par exemple, on va prendre l’exemple d’un cookie au chocolat. Ce serait ton fear food.
Quand tu es face à ce cookie, ton anxiété augmente, et tu fais tout pour l’éviter.
Quand tu parviens à l’éviter, tu te sens en contrôle et rassurée.
Alors, ton cerveau enregistre la croyance suivante : un cookie est dangereux.

Quand tu évites tes fears food, sur le moment, tu es soulagé. Sauf qu’en réalité, ça soulage ta partie TCA. Tu as l’impression de bien faire. Mais souviens-toi, c’est quand tu ressens la sensation de mal faire que tu fais bien, parce que ça veut dire que tu vas à l’encontre de ton TCA.

À chaque fois que tu évites ces aliments, que tu les compenses, que tu stress devant, tu renforces la croyance erronée qui a derrière. Attention, je t’explique ça pour comprendre le mécanisme, pas pour te blâmer. Évidemment tu ne le choisis pas. C’est les mécanismes du TCA. Ce n’est pas ta faute.

Et en t’exposant petit à petit, en travaillant dessus, tu vas pouvoir réapprivoiser ces aliments.

Je ne te dis pas le nombre d’aliments que j’avais en fear food. Ce serait plus rapide de te dire les aliments que je m’autorisais. Et pourtant, aujourd’hui je n’ai plus AUCUN fearfood.

Quelques conseils pour travailler sur tes fear foods

Fais le point sur tes fearfoods

La première chose à faire, c’est de noter tous les aliments qui te font peur. Et ensuite, tu les classes en 3 catégories. Soit tu les notes de 1 à 3 où 3 tu en as très peur, 1 tu en as un petit peur. Ou alors tu attribues une couleur : vert pour un peu peur mais faisable – jaune pour moyen peur, ça demande déjà du travail – rouge pour panique totale.

Et le but est de commencer par ce qui est le plus abordable pour toi.

Dialoguer avec ton TCA

La deuxième chose à faire, c’est de dialogue avec ton TCA en quelque sorte. Tu peux soit le faire dans ta tête, moi je le faisais sur un carnet. L’idée c’est d’écouter tous les arguments que te donne ton TCA pour te convaincre de ne pas manger cet aliment. Demande-toi “qu’est-ce que mon TCA me dit qu’il va se passer si je manger ça ?”

Et l’objectif est de répondre à chacun de ses arguments par des arguments plus logiques, bienveillants Ce n’est pas facile à faire donc un conseil : donne les arguments que tu donnerais à une amie ou à une autre personne malade.

Pour dialogue avec son TCA, ça demande de déconstruire les croyances erronées que tu as derrière chaque aliment. Ces croyances erronées correspondent souvent aux arguments que te donne ton TCA. C’est pas toujours facile de trouver des arguments non biaisés par la maladie quand on est plongé dans le brouillard du TCA. C’est pour ça que j’ai créé un outil pour t’aider à trouver des arguments sains pour contrer la maladie. Il s’agit tout simplement de mon livre “Déconstruire les croyances erronées du trouble alimentaire” où tu as 140 fiches de croyances déconstruites avec des arguments basés sur la logique, sur des faits scientifiques.

Prépare-toi mentalement

Tu peux utiliser l’outil de la visualisation qui m’a personnellement aidé dans ma guérison. Alors je ne l’utilisais pas pour les fear foods mais avec du recul, j’aurai dû.

En gros, l’idée de la visualisation, c’est que tu t’imagines en train de manger cet aliment : l’endroit, avec qui, ce que tu ressentirais. Et le but est de te convaincre (plutôt de convaincre ton cerveau) que tu ressentirais des choses positives, du plaisir, etc. Le but est de montrer à ton cerveau qu’en te confrontant à ce défi, tu peux aller vers quelque chose de positif. Je sais que cet exercice n’est vraiment pas facile surtout quand on a du mal à s’accorder du plaisir. Et si c’est le cas, il y a aussi un travail de déconstruction de croyance erronée sur le plaisir et surtout, un travail psychologique plus profond derrière souvent.

Créer une première exposition en conditions sécurisées

Choisis un aliment vert, ou un aliment classé 1. Un aliment qui te fait le moins peur.

Planifie : 

  • Le moment, le jour, l’heure
  • Le lieu
  • Avec qui 
  • L’ambiance

Le but est que tous les autres facteurs soient sécurisant pour toi, pour t’aider à te confronter à cet aliment qui te fait peur, pour mettre toutes les chances de ton côté.

Répète, répète, répète (sans compenser)

La répétition est vraiment la clé. Parce qu’au plus tu répètes l’exposition, au moins ton cerveau en aura peur car il perdra de son caractère “interdit” et “rare” à chaque fois que tu t’y confronter.
Et le mieux est de répéter plusieurs fois l’exercice tous les 2-3 jours jusqu’à ce que cet aliment ne te fasse plus peur ou presque plus.

Car si tu l’intègres une fois, puis plus du tout en te disant “c’est bon j’ai coché la case je l’ai remangé une fois”, ton cerveau n’aura pas été suffisamment exposé à ses peurs sur cet aliment. Et la prochaine fois que tu le reprends, même si c’est dans 15 jours, tu vas de nouveau en avoir peur avec intensité.

La répétition désensibilise. C’est ainsi que ton cerveau réapprend que cet aliment n’est pas dangereux.

Et j’insiste aussi sur le fait qu’il ne faut pas le prendre en compensant. Je sais que c’est pas simple, vraiment, je sais. Et au début, c’est assez évident que vous le prendrez peut-être en continuant de compenser. C’est pas grave. Il faut réitérer. Et peut-être que la prochaine fois vous parviendrez à moins compenser voire plus du tout. 

Pourquoi ne pas compenser ? Parce que si tu prends l’aliment, puis diminue ton repas d’après ou va marcher 1h pour l’éliminer… Ton cerveau garde la croyance “cet aliment est dangereux, il faut l’éliminer si on le prend”. 

Diététicienne spécialisée en TCA

Les fearfoods, pour moi, c’est vraiment le domaine des diététiciennes en TCA. Il faut vraiment que la ou le diet soit spécialisé TCA pour faire ce travail de déconstruction de la croyance erronée, et pas juste vous donner un plan alimentaire.

Là où je peux vous aider, c’est que j’ai créé un livre où je déconstruis 140 croyances erronées du trouble alimentaire dont de très nombreuses autour de l’alimentation. Mon livre s’appelle « Déconstruire les croyances erronées du trouble alimentaire » :

Voilà, je vous ai tout dit sur le sujet des fearfoods. Comme vous voyez, il n’y a rien de magique. Moi la majorité de mes fears foods ont été réintégré finalement grâce à mes compulsions, puis en me les autorisant par la suite dans mon quotidien. 

Ce n’est pas les aliments fear food qui te fond peur. C’est la perte de contrôle, l’inconnu, le changement. C’est ce que ton cerveau associé à ces aliments à cause des croyances erronées que tu as dessus. 

Mais ce qu’il faut que tu retiennes, c’est que c’est possible de s’en libérer, c’est possible de retrouver du plaisir, c’est possible de manger sans peur, d’avoir ces aliments qui te font peur dans tes placards sans être terrifié de la prochaine fois que tu vas les manger ou sans les dégommer.

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Se reconnecter à la vraie vie pour guérir

Se reconnecter à la vraie vie pour guérir

Se reconnecter à la vraie vie pour guérir

Quand on souffre d’un trouble du comportement alimentaire, la maladie prend toute la place.

Elle dicte tes journées, tes émotions, tes choix, tes activités… TOUT

La maladie devient une identité, un repère, une fausse sécurité.

Mais il y a une chose qu’on oublie : la guérison, ce n’est pas juste arrêter les comportements alimentaires problématiques. C’est surtout réapprendre à vivre.

Beaucoup de personnes me disent parfois : mais je fais que ça me lancer des défis alimentaires, travailler sur mes problèmes psychologiques, voir des spécialistes… Mais la guérison, c’est beaucoup se reconnecter à la vie.

Parce que la vraie vie, c’est découvrir de nouvelles choses, faire des rencontres, tester de nouvelles activités, avoir des projets… des choses qui n’ont rien avoir avec tes problèmes psychologiques, ton alimentation, ton poids, ton corps.

Dans un article précédent, je vous parlais de burnout de la guérison.

Si vous êtes constamment en train de vous lancer des défis, de travailler sur vos peurs, etc. Oui, vous allez dans un burnout de la guérison. Alors que la guérison, c’est aussi, se reconnecter à la vie. Je ne sais pas trop comment appeler ça autrement.

Mais dans cet article, j’aimerais te donner des pistes pour t’aider à te reconnecter à la vie.

Je vais te parler un peu de mon expérience. Si tu as lu mon roman autobiographique, tu l’as lu. Mais je me rends compte qu’il y a des choses que j’ai oublié de dire dans mon livre. En gros, quand je sortais de ma deuxième hospitalisation, je me suis ouverte à la vie. J’ai commencé à faire des sorties avec des copines. J’ai aussi rencontré mon copain, et alors je me suis mise à voyager, j’ai rencontré de nouvelles personnes. Je me suis inscrite à une association, j’ai commencé des cours de théâtre. Je me suis inscrite sur des applications pour me faire des amis, et rencontrer encore de nouvelles personnes.

Et donc dans cet article j’aimerais vous donner des idées d’activités à faire et des questions à vous poser pour vous aider à aller vers cette reconquête de la vie, la vraie (soit, pas celle de ton trouble alimentaire).

La métaphore du jardin

Je vais commencer par te parler d’une métaphore pour illustrer tout ça.

Imagine un grand jardin.

Pendant longtemps, tu n’as cultivé qu’une seule plante. Une plante envahissante. C’est ton trouble alimentaire.

Tu la connais par cœur : tu sais quand elle pousse, comment l’arroser, comment elle peut évoluer, etc.

Mais ce que tu oublies, c’est qu’il y a tout un terrain autour… que tu peux encore explorer.

Tu n’as juste pas encore osé planter autre chose parce que de nouvelles plantations représentent l’inconnu, que tu ne maîtrises pas, dont tu as peur.

On pense souvent que guérir, c’est arracher la plante envahissante qui représente ton trouble alimentaire. Mais en réalité, c’est plutôt semer d’autres plantes, petit à petit. Parce que oui, arracher une plante, ça fait peur. Puisque c’est la seule qui est là, même si elle est toxique, ton jardin se retrouverait nu si tu l’enlèves. Le vide, ça fait peur à n’importe qui. C’est pour ça qu’en plantant d’autres plantes, tu vas remplir petit à petit ton jardin et il n’y aura petit à petit plus d’espace pour la plante toxique de ton trouble alimentaire.

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Pourquoi c’est essentiel d’aller vers la nouveauté

Le trouble alimentaire se nourrit de l’isolement, de la répétition, du contrôle.

Au plus tu es seul, loins des autres, au plus il a de pouvoir. Au plus tu restes dans tes repères, dans tes habitudes, au plus tu te sens dans le contrôle, dans la sécurité mais en réalité, tu es dans les habitudes de la maladie.

À l’inverse, la nouveauté, la curiosité, les expériences, sont des endroits où la maladie n’a pas ses repères. Elle est donc plus faible dans la nouveauté.

Je vais te donner un exemple concret : pareil j’en parle dans mon roman autobiographique l’anorexie, mon bouclier mortel. Quand je suis sortie de ma première hospitalisation, j’ai repris ma vie exactement là où je l’avais arrêté : les mêmes habitudes, les mêmes lieux, le même emploi du temps. Tout ça, c’était des raccourcis pour la maladie et de ce fait, elle s’est très vite réinstallé dans ma vie, et même de façon plus puissante. En sortant de ma deuxième hospitalisation, j’ai changé mon emploi du temps, revu des personnes que je ne voyais plus, fait de nouvelles activités… Et tout ça, ça m’a aidé à aller vers la guérison.

La nouveauté te fait peur, mais souviens-toi que quand tu as peur, quand tu as la sensation de mal faire, c’est que ton trouble alimentaire n’est pas bien, parce qu’il n’a pas ses repères, parce que tu ne lui obéis pas. Et c’est exactement ce qu’on veut. La nouveauté c’est un outil de ta guérison, et l’ennemi de ton trouble alimentaire.

Des idées d’activités pour se reconnecter à soi

Alors, je te parle pas de déménager tous les deux mois, de partir 1 an en Australie. Je te parle pas de révolutionner ta vie, mais juste de planter des petites graines. Mêmes si ces graines n’aboutissent pas en jolie fleur, c’est pas grave. Au moins tu auras essayé, et ton terrain sera de plus en plus fertile pour de nouvelles prochaines fleurs.

Ne cherche pas ta passion pour la vie. Cherche juste des micro-curiosité. Et accepte que ce soit flou, inconfortable, pas parfait. Je le précise car j’ai déjà des personnes qui m’ont dit vouloir faire du journaling comme je faisais mais qui ont peur de mal faire alors elles ne passent jamais à l’action. Vaut mieux fait que parfait. Et le but est de vous intéresser à autre chose que la maladie, pas d’exceller dans un nouveau domaine.

Les gens qui font du yoga, qui sont bibliothécaire bénévole, qui participent à des maraudes… Ils le font pour se faire du bien, pour se rendre utile. Pas pour être parfait.

Exemples d’activités que vous pouvez faire seul :

  • Apprendre à dessiner
  • Faire du scrappbooking avec des photos de votre enfance, ou pour offrir à quelqu’un, ou un scrapbook de petites joies avec des moments doux que vous voulez garder en mémoire
  • Ecrire une histoire / une bd
  • Créer une boîte à souvenir sensoriel
  • Créer une boîte à offrir à quelqu’un (avec des petits cadeaux pour faire plaisir ou des lettres à lire chaque mois par exemple pendant 1 an).
  • Créer un projet de « 100 jours »  : 100 jours où chaque jour tu fais une page de journaling ou 100 jours où tu testes une nouvelle chose
  • Créer des montages vidéos avec des photos de vos proches, ou faire un petit film
  • Créer de la musique avec un logiciel de musique (avec Soundtrap, GarageBand)
  • Apprendre une nouvelle langue
  • Apprendre à jouer un instrument
  • Créer un compte sur les réseaux sociaux mais qui n’a absolument rien avoir avec la recovery/guérison. Plutôt sur de la culture générale, sur un thème que t’a envie d’aborder ou de découvrir toi-même
  • Faire un challenge 2 seconde par jour où tu filmes chaque jour 2 secondes de ta vie random et à la fin des 30 ou 100 jours tu fais un petit montage
  • Faire une capsule temporelle : t’écrire une lettre pour ton toi dans 4 mois, dans 6 mois, dans 1 an, dans 3 ans, dans 5 ans, dans 10 ans… Tu peux le faire pour une autre personne aussi.
  • Tu peux apprendre à lire les cartes (comme le tarot)
  • Tu peux te lancer dans une collection : de timbres, de pièces, de cartes postales, ou tout autre objet anodin
  • Tu peux apprendre à peindre des galets
  • Apprendre à coudre ou à broder

Tout ça ce sont des idées d’activité en mode « projet » qui peuvent être puissantes en guérison car elles donnent un fil conducteur, un objectif, et permettent de canaliser l’énergie mentale dans quelque chose de constructif et gratifiant.

J’ai essayé de donner le maximum d’idée pour vous inspirer. J’espère que ça vous inspira ! Et vraiment, n’oubliez pas que l’important c’est pas de réussir à faire ça parfaitement, c’est de tester des nouvelles choses, de t’ouvrir à de nouvelles choses qui ne sont pas ta maladie.

Sortir de l’isolement social

Là je vous ai donné tous des idées d’activité à faire seul. Mais quelque chose qui est primordial dans la guérison : c’est de s’ouvrir aux autres. C’est ça qui va vraiment vous aider à découvrir que la vie, ce n’est pas la nourriture, le poids, l’apparence. Ce sont les autres qui vont t’ouvrir à tant d’autres choses (à condition évidemment de s’ouvrir vers des gens non toxiques, qui ne sont pas centré sur leur apparence et les régimes. Vraiment j’insiste sur ce point parce que c’est important).

Quand on a un TCA, la solitude est souvent un piège. Elle renforce la maladie. Et pourtant, on n’ose plus aller vers les autres.

Moi je me souviens que lorsque je suis sortie de la maladie, j’étais à un moment de ma vie où j’avais fini les études et c’était compliqué de rencontrer de nouvelles personnes. Donc je m’étais tout simplement tourné vers des applications pour rencontrer des amis ! Et j’en ai rencontré 2-3 ! Alors ça a été passager. Mais ça m’a fait du bien. Et qui sait, vous rencontrerez peut-être votre prochaine meilleure amie !

Meetup : pour trouver des groupes autour de la lecture, de la randonnée, de la spiritualité, de la musique, de la photo, etc.

Bumble BFF : c’est une version de Bumble pour se faire des amis (pas pour sortir en couple).

Et ensuite, il y a tout simplement les associations locales, les clubs, les ateliers… ça peut être des ateliers d’écriture, des cours de chant, une chorale, des cours de théâtre, être bénévole au resto du cœur, à l’unicef, participer à des soirées jeux de société, participer à des maraudes, etc. Le but est de t’ouvrir à de nouvelles personnes pour créer du lien. L’objectif, ce n’est pas d’avoir plein d’amis d’un coup. C’est de remettre un peu de vie et d’humain autour de toi.

Je sais que quand on souffre de TCA, le trouble pousse à t’isoler. Par honte, par fatigue, par peur de devoir “faire semblant”. Mais plus on s’éloigne des autres, plus le trouble prend de la place. Recréer du lien humain, même minuscule, peut faire la différence. Commence petit. Tu n’as pas besoin de te forcer à sortir tous les jours ou de t’exposer à des situations inconfortables.

Tu peux commencer par les applications Meetup ou Bumble BFF puisque les gens sur ces applis ont les mêmes objectifs que toi : chercher à tisser du lien.

Et si tu n’as pas encore l’énergie de rencontrer en vrai, tu peux déjà créer du lien symbolique, en ligne par exemple. Je me rappelle que lorsque j’étais ado je m’étais inscrite sur un forum pour rencontrer un correspondant du monde (j’en avais aux États Unis, en Espagne, en Italie…). Internet peut avoir du bon ! Après attention aux forums sur lesquelles vous allez. Mais pour moi, c’est important de dire de ne pas rester uniquement dans la communauté « recovery ». Même si c’est une communauté qui vous comprend, qui te ressemble, dans laquelle tu te sens en sécurité… ça reste quand même centré autour de la maladie. Je ne te dis pas de couper si c’est quelque chose qui t’aide aujourd’hui, mais je te dis de t’ouvrir à d’autres personnes également.

Tu peux aussi dire à un ou une amie proche que tu cherches à rencontrer de nouvelles personnes, et donc demander à ce qu’elle ou qu’il te fasse rencontrer ses propres amis.

Des questions à te poser

Dans l’esprit de cet article, je te propose des questions sur lesquelles tu peux te poser. Quand j’étais malade, je me faisais souvent des moments d’introspection où moi je notais sur un carnet (mais tu peux très bien le faire dans ta tête ou à voix haute).

Donc je vais te proposer une série de questions, si tu veux les noter pour te créer un moment d’introspection dans la même thématique de « te reconnecter à toi / à la vie » :

  • Si je n’étais pas malade, je serais quel genre de personne ?
  • Qu’est-ce que j’aimerais tester mais qui me fait peur ? Qu’est-ce que je testerai si je n’étais pas malade ?
  • Qu’est-ce que je faisais enfant et que j’adorais ?
  • Qu’est-ce qui me fait rire dans la vie ? Quels sont les moments où je me sens bien ?
  • Si j’étais certaine de réussir, quelles activités je ferai ? Quels métiers ?
  • Comment mes proches me décriraient-ils, en dehors de la maladie ?

J’espère que cet épisode t’aura donné des idées, des pistes, peut-être même une petite étincelle pour aller vers autre chose que ton trouble.

J’espère que ça t’aura inspiré·e à te reconnecter à toi-même, à la vie, aux autres… même si ce n’est qu’un tout petit pas.

La nouveauté, l’inconnu, ça peut faire peur. Mais c’est aussi là que la maladie n’a pas encore mis les pieds.

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Le burnout de la guérison des TCA

Le burnout de la guérison des TCA

Le burnout de la guérison des TCA

Aujourd’hui, je voudrais vous parler du “burnout de la guérison” dans les troubles alimentaires. Alors, c’est pas un concept officiel. Je veux dire que c’est un peu moi qui ait donné ce nom là au phénomène que je vais vous expliquer. Mais en discutant avec pas mal d’entre vous, je remarque que c’est quelque chose de courant. Dans cet article, je vais donc vous expliquer ce que c’est, vous donner les causes et surtout des choses à mettre en place si vous vous retrouvez dans le burnout de la guérison.

Qu’est-ce qu’un burnout de la guérison ?

Le burnout de la guérison s’apparente à un burnout classique, mais dû à la guérison des troubles alimentaire, dû à votre lutte contre le trouble alimentaire. 

Souvent, vous avez : 

  • la sensation de ne plus avancer dans votre guérison
  • l’impression d’avoir un tas de choses sur lesquelles travailler pour guérir
  • l’impression de ne pas savoir par quoi commencer, sur quoi travailler 
  • vous ressentez un épuisement mental, vous êtes fatigués de vous battre
  • vous perdez la motivation et surtout l’espoir qu’une guérison est possible
  • vous remettez en question vos propres progrès dans la guérison
  • vous avez cette sensation d’être à bout d’énergie, de ne plus en pouvoir
  • vous pouvez avoir des idées noires, la sensation qu’aucune autre issue est possible

Bon, si vous ressentez tout ça, déjà, je vous invite à écouter mon épisode de podcast qui s’appelle “Si tu n’as plus espoir… écoute ça !”, c’est l’épisode 25. 

Ensuite, je vais vous dire une chose, c’est assez courant de passer par cette phase et c’est pas anormal. Je vais vous expliquer tout ça quand je vais lister les causes. Mais en tout cas, la solution n’est pas d’abandonner, de répondre à ses idées noires. Si vous en avez, vraiment, ne restez pas seul et parlez en autour de vous, à des professionnels ou à des proches. Mais je vous assure que j’ai eu ces idées noires, je me suis demandée dans mon parcours de guérison si la meilleure solution ne serait pas de tout arrêter et NON je vous assure qu’une vie après les TCA existe. Aujourd’hui, je n’ai plus de restriction, plus de compulsion, mon poids et mon corps ne sont plus une obsession. J’ai une vie saine avec une relation saine et j’ai un petit bébé depuis 3 mois ; et clairement, je n’aurai pas tout ce bonheur dans ma vie si j’étais toujours dans les TCA. Donc la vie sans TCA c’est possible et ça vaut le coup de se battre.

Il faut que vous sachiez que cette période est normale dans la guérison des TCA et que vous ne pourrez pas ne pas ressentir d’émotions négatives et de désagréments, ça fait malheureusement partie de la guérison. La guérison est inconfortable, mais surtout au début. Avec le temps et en avançant, vous ressentirez de plus en plus les effets positifs de la guérison. Mais c’est vrai que c’est difficile de guérir des TCA car on ressent d’abord et pendant un moment des sensations d’inconforts et d’impression de mal faire. Et comme je dis très souvent, quand vous avez la sensation de mal faire, c’est que vous faites bien, parce que vous luttez contre votre trouble alimentaire. Quand c’est “facile” au début, c’est que vous répondez à votre TCA, c’est que vous êtes encore dans le contrôle.

Les causes du burnout de la guérison

Je vais vous parler des causes de ce burnout pour que vous puissiez comprendre que vous êtes légitimes de ressentir ce burnout. Et parfois comprendre le pourquoi aide à mettre des solutions en place.

La guérison d’un TCA est épuisant

Déjà, vous ne vous rendez pas compte que vous luttez contre la maladie mentale la plus difficile, ou du moins l’une des plus difficiles. Un trouble alimentaire c’est épuisant. Et la guérison vous demande des efforts qui requièrent beaucoup d’énergie : se challenger sans cesse, affronter ses peurs, gérer les pensées négatives toute la journée et même la nuit, aller à l’encontre du poison que représente le TCA pour votre cerveau. En plus de ça, la conséquence du TCA se reporte sur l’alimentation, or tu ne peux pas éviter l’alimentation puisque tu en as besoin pour vivre. Et les repas occupent une place importante dans notre société, dans notre vie sociale, notamment en France. Et qui plus est, la société d’aujourd’hui est baignée dans une culture du régime, donc en plus de lutter contre ton trouble alimentaire, tu te prends des bâtons dans les roues à cause de cette culture du régime. 

Donc évidemment, lutter contre un TCA est épuisant et tu ne te rends pas compte à quel point tu es une guerrière (un guerrier) de te battre contre cette maladie. 

Les conséquences du TCA épuisent

Souvent, un TCA t’amène à te sous-alimenter, et à faire de l’hyperactivité. Je ne parle pas forcément de faire du sport, mais je parle de cette activité constante que tu as aussi dans ta tête : de tout calculer, tout réfléchir, toutes les questions que tu te poses, tous ces TOCS imposés par ton TCA. Tout ça, c’est énormément de stress et d’activité mentale et dans beaucoup de cas aussi physique… Donc les comportements imposés par ton TCA t’épuisent aussi.

La pression personnelle que tu te mets

Beaucoup des personnes qui souffrent de TCA ont un niveau d’exigence envers elle-même très élevé. Certaines personnes se mettent une pression monstre pour guérir avant telle date, ou pour telle personne. Si tu te mets une pression de guérir pour quelqu’un ou avant une date ou avant une certaine étape de ta vie, tu vas te mettre une grosse pression. 

Peut-être que tu essaies aussi d’avoir une guérison parfaite. C’est-à-dire que tu sais que certains font des rechutes, n’y arrive pas de façon linéaire, mais tu te dis que toi, tu vas te renseigner à fond pour éviter tout ça. Sauf qu’une tentative de guérison parfaite est impossible. Vouloir une guérison sans rechute et sans faux pas n’est pas réaliste. Cette exigence envers soi-même peut engendrer une pression énorme et mener au burnout de la guérison.

La pression des proches

Parfois les proches, sans même s’en rendre forcément compte, mettent une pression parce qu’ils n’aiment pas te voir mal. Alors quand tu es avec eux, tu te sens comme obligée de montrer que tu vas mieux, que tu avances dans ta guérison. Et leurs regards te met une pression supplémentaire. Parfois, tu veux leur faire plaisir, ne pas les décevoir, notamment s’ils payent pour ta thérapie par exemple. Donc ça, ça représente une pression supplémentaire.

Le syndrome de l’objet brillant

Une autre raison de cet épuisement, c’est peut-être parce que tu as le syndrome de l’objet brillant. Le syndrome de l’objet brillant, c’est un biais psychologique qui pousse une personne à être constamment attiré par de nouvelles solutions ou de nouvelles stratégies.

Donc dans le cadre de la guérison des TCA, ça peut être le fait d’être en quête perpétuelle de la solution miracle. Ça peut être le fait de lire un tas de livre sur la guérison mais sans jamais mettre en place de solutions concrètes. Ça peut être d’enchaîner les thérapies sans prendre le temps de ressentir les effets de chacune. Le syndrome de l’objet brillant, ça peut être aussi d’être incapable de s’engager sur le long terme dans une thérapie parce que chaque nouveauté, chaque nouveau thérapeute semble être meilleur. 

La pression des comptes recovery

Une autre cause du burnout de la guérison, ça peut être la pression que tu ressens avec les comptes de recovery sur Instagram. Et quand je parle de compte recovery, ça peut être les comptes des personnes malades qui font un compte guérison, mais ça peut aussi être les comptes des gens guéris, comme moi j’ai un compte. Je sais que les comptes de professionnels aussi se développent de plus en plus. Alors c’est bien parce que ça partage des conseils et des infos importantes pour ta guérison. Mais parfois, il y a une nouvelle forme de pression qui peut se développer par rapport à ça : la peur de rater une info qui pourrait aider, la peur de rater le post qui donnerait les bons conseils. Et donc vous allez parfois passer des heures à lire plein de posts, à rechercher des informations pour vous aider mais vous sentir finalement assommé sous la quantité d’information que vous avez lue sans rien en retirer. 

J’en ai déjà parlé quand je parle des réseaux sociaux, mais le fait d’être constamment plongé dans le sujet de la guérison sur Instagram ou sur TikTok, bah ça fait que vous ne vous changez pas les idées. Parfois, vous ne pensez peut-être pas à votre TCA ou à votre guérison, vous vous connectez sur les réseaux et BIM, vous avez un post qui vous fait penser à ça alors que votre but, c’était de vous changer les idées. La quantité d’information sur les TCA sur les réseaux peut représenter une oppression pour vous et être contre productif pour votre guérison à certains moments. Avoir trop d’informations sur la guérison peut submerger et donner l’impression de ne pas savoir par où commencer.

Et encore une fois, je sais que mon compte Instagram a pu représenter une oppression pour vous à certains moments. Et c’est d’ailleurs pour ça que je fais cet article de blog. Parce que parfois je dis aussi des choses dans mes podcasts, je parle des éléments à travailler pour guérir par exemple. Mais quand je me mets à votre place (parce que j’ai littéralement été à votre place il y a quelques années), et bien je me dis qu’en fait, ça peut plus oppresser qu’aider. Peut-être que parfois, je vous donne des pistes à suivre pour guérir et vous ça vous perd plus qu’autre chose parce que ça vous donne beaucoup d’informations à emmagasiner. Je ne sais pas, c’est une supposition… Mais c’est pour ça que je fais cet article pour aussi vous donner des solutions pour relativiser et prendre du recul dans votre guérison. 

Les solutions à mettre en place

Je viens donc de vous lister toutes les causes possibles du burnout de la guérison. Après, il y a peut-être d’autres raisons qui vous sont propres. Mais maintenant je vais vous donner quelques pistes pour vous aider à prendre du recul si vous ressentez ce burnout de la guérison. 

Se donner du temps

La première chose à faire, c’est vraiment de se donner du temps pour guérir. Parce que oui, la guérison va prendre du temps. J’ai pris 7 ans à en sortir totalement. Si je vous dis que vous allez prendre des années, ça va être démotivant, clairement. Mais j’ai connu des mieux déjà avant. Et quand je dis 7 ans, c’est aussi le nombre d’années où j’étais malade. Parce que pour moi, la guérison commence le jour où vous tombez malade en quelque sorte. Parce que souvent, il y a une petite période de déni où l’on ne fait rien, mais très vite, on se remet en question, on réfléchit à essayer de manger plus, on tente de comprendre ce qui ne va pas. Enfin je pense. 

Et en tout cas, pour moi, il ne faut pas se donner un délai, une deadline de temps. Il faut se dire “on verra chaque jour à la fois”. Parce que si vous vous dites “cet été il faut que je sois arrivé à tel stade de ma guérison”, vous allez ressentir une pression énorme. Parce que la guérison ne dépend pas de votre volonté. Et la guérison des TCA est un processus long. Moi, je me souviens que je me mettais une pression de dingue notamment pour sortir de mes compulsions alimentaires. Et un jour je me suis dit “c’est tout, tu as toute ta vie pour guérir”. Et je le pensais vraiment, je me disais que dans tous les cas, passer une vie à tenter de guérir, c’était mieux qu’une vie à être malade. Et le fait de me dire ça, ça m’a comme enlevé un poids, et à partir de ce moment-là, la guérison a été finalement plus vite. 

Se concentrer sur soi

ça c’est un conseil qui vaut pour tout dans la vie. Oui, c’est intéressant d’aller écouter des récits de guérison pour s’inspirer. Je reçois beaucoup de messages me disant que mon podcast aide donc je me doute que ça doit aider et c’est d’ailleurs pour vous aider que je fais tout ça. Mais trop se comparer peut être contreproductif. Je le répète très souvent mais je vais encore le dire : concentrez-vous sur votre propre chemin de guérison. Vous n’êtes pas obligé de tester tout ce que j’ai testé moi pour guérir, ou tout ce qu’une autre personne a testé pour guérir.

Voir les échecs autrement

Le mot “échec” fait peur. Souvent, quand on est perfectionniste (et je le suis donc je sais de quoi je parle), le mot échec est terrifiant. On veut tout faire pour éviter les échecs. Mais je vais vous dire, j’ai eu un tas d’échec dans ma guérison : 

  • Toutes les fois où j’ai pris des alternatives healthy plutôt que l’aliment qui me faisait envie, et que donc ça se terminait en compulsion
  • Toutes les fois où je suis allée me restreindre pour finalement compulser 
  • Toutes les fois où je suis allée m’épuiser au sport
  • Toutes les fois où j’ai tenté un nouveau type de régime ou un nouveau programme sportif pour me sortir de mon TCA
  • Toutes les fois où je me concentrais sur la mauvaise cause de mon TCA

Bref, j’ai fait un nombre incalculable d’erreurs. Mais c’est en faisant ces erreurs que j’ai compris ce que mon corps avait besoin, que j’ai compris le pourquoi de ma maladie, que j’ai compris les mécanismes du TCA. C’est en faisant tous ces faux pas que j’ai pu guérir.

Oui, vous allez faire des erreurs, c’est inévitable. Mais autant le savoir, ça enlève un sacré poids de se dire “je sais que je vais faire des erreurs”. Je vais même vous dire : vous avez besoin de faire des erreurs dans votre guérison pour ajuster votre chemin de guérison en quelque sorte. 

Donc faire des erreurs est bénéfique. Voyez le vraiment comme ça parce que ça l’est sincèrement. 

Si quand vous testez un nouveau conseil, vous savez que potentiellement, vous n’y arriverez pas, ça enlève une charge émotionnelle à ce que vous essayez. Si, par exemple, vous tentez d’introduire un aliment qui vous fait peur. Mais qu’au final, vous le prenez mais vous finissez par vous restreindre après (donc c’est un faux pas en avant). Et bien, vous saurez qu’en effet, ce n’est pas la bonne solution, mais ce n’est pas grave car les échecs comme ça font partie de la guérison. Si la guérison était aussi facile que de faire que des pas en avant sans jamais rencontrer de difficulté, je n’aurais pas un podcast sur le sujet. Et guérir serait bien plus facile. 

Et encore une fois, dans ma guérison, 98% du temps j’ai essayé et 2% du temps j’ai réussi. Mais c’est les 98% du temps où j’ai essayé qui m’a surtout aidé à guérir. Parce que même si en finalité votre défi n’est pas accompli, vous aurez essayé donc montré à votre cerveau qu’il existe un autre chemin que celui de votre trouble alimentaire. 

Quelque chose qui m’aidait aussi, c’était de me dire “je fais de mon mieux avec les ressources que j’ai actuellement”. Ne vous en voulez pas si vous n’arrivez pas à surmonter un défi. Vous ne le faites pas exprès d’être malade, ce n’est pas votre faute et vous faites de votre mieux.

Augmenter votre apport alimentaire & réduire l’activité physique

Alors, ce conseil, je sais très bien qu’il est bien plus facile à dire qu’à faire. Mais je me dois de vous le dire. Au plus vous augmenterez votre apport alimentaire, au plus vous donnerez de l’énergie à votre corps, à votre cerveau pour lutter contre le TCA. La culpabilité que vous ressentez quand vous mangez, c’est parce que manger est un médicament qui lutte contre le TCA. Je vais faire une comparaison osée. Mais les chimios ont pour but de guérir, pourtant elles rendent malade la personne qui la subit. Et bien c’est un peu pareil pour vous quand vous mangez. Ça vous met mal mais en réalité, c’est ça qui peut vous aider à guérir. 

Et même chose, l’activité physique vous fatigue. Même si vous avez l’impression que ça vous donne de l’énergie, que vous vous sentez mieux une fois que vous l’avez fait. En réalité, c’est votre TCA qui se sent mieux parce que vous avez répondu à ses volontés. Donc oui, au plus vous allez réduire l’activité physique, au plus vous allez gagner de l’énergie.

Après, je l’ai déjà dit dans un autre épisode, mais au début, c’est complément normal que vous ressentez plus de fatigue qu’avant. Parfois, certaines personnes me disent qu’elles se sentent plus fatiguée depuis qu’elles sont en guérison. En fait, c’est parce qu’avant, votre corps concentrait le peu d’énergie qu’il recevait sur votre survie, sur faire battre votre cœur, faire fonctionner vos poumons, etc. Si vous le nourrissez davantage et que vous faites moins de sport, vous avez plus d’énergie. Donc votre corps n’a plus besoin de concentrer l’énergie que sur votre survie, il va prendre toute cette énergie pour l’allouer à la reconstruction de votre corps, à la réparation de tous les dommages qui ont été causés par votre TCA. Donc toute votre énergie est allouée à ça et c’est pour ça que vous avez la sensation d’être plus fatigué. Mais c’est temporaire. 

Prendre des compléments alimentaires

Vous pouvez aussi vous donner un coup de pouce en prenant des compléments alimentaires. C’est pas la peine de multiplier les cures. Le plus important en cas de fatigue et de stress, c’est le magnésium. Celui de chez Nutri&co a la meilleure composition. Il y a le Rhodiola qui, comme le magnésium, va venir réguler la production de cortisol (l’hormone du stress) et régule le système nerveux. Je sais que chez Nutri&Co, ils font un pack anti stress où il y a les deux.

Soigner son sommeil

Le sommeil, c’est vraiment un allié dans ta guérison. Quand tu dors mal (ou pas assez), tout est plus dur : gérer tes émotions, faire face aux pensées TCA, etc. 

Tu peux essayer de mettre en place des petites choses :

  • Éviter les écrans juste avant de dormir (même si c’est tentant)
  • Te créer une mini routine calme le soir (douche chaude, lecture, lumière douce…)
  • Te coucher à peu près à la même heure (ton corps adore les habitudes)

Faire une pause dans sa vie professionnelle

Ensuite, je vous conseille également si vous le pouvez de faire un aménagement de votre vie professionnelle ou vie scolaire. Vous n’êtes pas faible parce que vous avez besoin d’un aménagement. C’est temporaire et vous êtes malade. Vous avez besoin de concentrer le peu d’énergie sur vous et pas sur votre travail. Et je sais que beaucoup des personnes qui souffrent de TCA sont des gros bosseurs, que ce soit à l’école ou dans le monde professionnel. 

J’ai dédié un épisode de podcast sur ce sujet, l’épisode 16 où je réponds à la question “faut il faire une pause dans sa vie pour guérir de son trouble alimentaire ?”. Après, c’est vraiment du cas par cas, et chez certaines personnes, le travail représente un moteur et une source réelle de bien-être. Mais si vous avez conscience que c’est un facteur de stress, ça vaut le coup de demander un mi-temps thérapeutique ou un aménagement de ses cours. Moi j’étais en école de commerce et en alternance losrque j’étais au plus fort de ma maladie, et j’ai eu un mi-temps thérapeutique et un allégement de mon programme scolaire. Et ça m’a été primordial. 

Avoir des projets à long terme

Je vous ai souvent parlé de faire une bucket list. Une bucket list, c’est la liste des choses que vous voulez faire au moins une fois dans votre vie. Faire une bucket list ça peut vous donner des objectifs de vie long terme, des choses sur lesquelles vous rattacher, des choses sur lesquelles vous pouvez rêver, vous évader. Moi personnellement, ça a été important de me référer souvent à cette liste, de la relire, pour me rappeler de mes projets de vie.

Faire une pause de thérapie

Si vous avez la sensation de ne plus avancer dans votre thérapie, vous pouvez aussi faire une pause. Si vous êtes à une période difficile de votre vie, je vous conseille pas plus d’un mois la pause. Mais si vous avez besoin de plus longtemps; prenez quelques mois. J’ai récemment fait ça (parce que oui, j’ai toujours une thérapie, non plus pour les TCA mais pour mon anxiété on va dire). Et à un moment, j’ai arrêté la thérapie en pensant que mon thérapeute n’était plus le bon pour moi, pour mes problématiques. Mais en fait, j’avais juste besoin d’une pause pour me recentrer sur moi, pour respirer un peu et prendre du recul. Donc n’hésitez pas à prendre une pause si vous avez besoin de 2-3 mois. Et parlez en avec votre thérapeute quand vous avez la sensation de ne plus avancer. Il ou elle ne le prendra pas mal, c’est leur métier. Ils pourront vous guider et donner leur propre point de vue.

Faire des activités ressourcantes

Un autre conseil, ça va être d’avoir des activités qui sont ressourçantes pour vous. Je parle souvent de mandala, coloriage, peinture au numéro… mais ça peut être n’importe quoi. Quelque chose qui est créatif ou pas. Mais quelque chose qui vous fait du bien, et si possible, autre que du sport. Le but est que cette activité vous apaise le cerveau, vous aide à mettre en pause votre cerveau. 

Limiter son utilisation des réseaux sociaux

Ensuite, par rapport aux réseaux sociaux, si vous ressentez de la pression face aux contenus recovery : je vous conseille de limiter votre utilisation des réseaux sociaux. Ou alors d’avoir un compte recovery et un compte personnel. Comme ça, quand vous ne voulez pas voir de contenus concernant votre TCA, vous allez uniquement sur votre compte personnel.

Ne pas viser l’objectif où vous n’aurez plus du tout de TCA

Ensuite, un autre point important, c’est de ne pas viser à atteindre tout de suite la guérison totale. La guérison totale existe et elle est possible. Mais si vous cherchez à atteindre ça tout de suite, les pas vont vous paraître être des pas de géants avant de les atteindre. La guérison c’est vraiment des tout petits pas et il faut vous fixer de petits objectifs réalisables. 

Equilibrer vie personnelle & guérison

Tout comme dans la guérison d’un burnout professionnel, l’idée est de retrouver un équilibre entre vie personnelle et vie (pas professionnelle) mais vie de guérison on va dire. Si toute la journée vous ne faites que penser à voter guérison, si tous les jours vous vous donnez des défis, si tous les jours ou tous les 3 jours même vous vous challengez, c’est un rythme énorme. Accordez-vous du temps, accordez-vous des jours de repos en quelque sorte. 

Je sais que ton cerveau perfectionniste aimerait tout réussir bien : écouter tous les podcasts, réussir chaque repas, ressortir des choses de chaque séance avec ton thérapeute, faire des exercices de développement personnel, utiliser des outils de gestion de tes émotions… Sauf que t’es pas un robot, t’es humain. Tu as le droit de faire des pauses. Tu as même le droit de ne pas penser à tout ça pendant quelques jours. Tu ne vas pas empirer ta guérison si pendant quelques jours tu t’autorises à couper un peu de la mentalité guérison. Et franchement, faire des petites pauses va t’aider justement à prendre du recul. 

Parfois, tu es peut être tellement plongé dans la guérison que tu oublies de vivre tout court.

Si tu suis plein de comptes Insta/TikTok sur les TCA, que tu lis 1000 choses sur la guérison, que tu fais des to-do list pour ton suivi… c’est top, mais ça peut vite te submerger.

Tu peux faire un petit tri :

  • Garde 2-3 ressources qui te font vraiment du bien
  • Arrête de suivre les comptes qui te mettent la pression (même s’ils sont bien intentionnés)
  • Allège tes routines si elles deviennent étouffantes (genre 6 pages de journal tous les soirs… non)

Souligner ses petits pas

On a tendance à ne voir que ce qui reste à faire… et à zapper tout ce qu’on a déjà accompli.

Mais chaque petit pas compte. Même si t’as “juste” réussi à manger un goûter, ou à ne pas te peser aujourd’hui, ou à parler de ton ressenti sans culpabiliser… c’est énorme.

Tu peux noter chaque soir une petite victoire (même minuscule, même juste te le dire dans ta tête, sans noter). Tu peux tenir un “cahier des fiertés” par exemple que tu relis quand tu as l’impression de ne pas avancer. 

On arrive à la fin de cet article. J’espère que je t’ai aidé à relativiser si tu te retrouves dans ce burnout de la guérison, et à comprendre pourquoi tu es en burnout. J’espère t’avoir donné quelques pistes pour t’alléger et t’aider à redescendre la pression. N’oublie pas que la guérison c’est pas un sprint, c’est un marathon. L’importance c’est de tenir sur la durée, pas d’aller vite. Si tu vas vite, c’est un risque d’avoir une guérison qui n’est pas consolidée et c’est un risque de rechuter dans quelques mois ou quelques années. 

Et l’idée c’est vraiment de vous apporter de la bienveillance. Demandez-vous ce que vous diriez à une autre personne en guérison qui vous partagerez le ressenti que vous avez. Demandez-vous ce que vous diriez à une personne que vous aimez et qui ressentirait la même chose que vous. Souvent, on est toujours plus difficile avec soi-même, donc faire cet exercice peut vraiment aider. 

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La restructuration cérébrale : Une étape clée de la guérison (souvent oubliée)

La restructuration cérébrale : Une étape clée de la guérison (souvent oubliée)

La restructuration cérébrale : Une étape clée de la guérison (souvent oubliée)

Si vous me lisez depuis un moment, vous m’avez forcément déjà entendu parler de ce que je m’apprête à parler dans cet article.

C’est une partie de la guérison que j’ai découverte finalement assez tard car on ne me l’avait pas expliqué auparavant. Alors que pourtant, elle est pour moi indispensable.

Vous le savez, la guérison est pluridisciplinaire : il y a le côté nutrition, acceptation corporelle, psychologique, physique si vous avez connu une perte de poids… mais il y a une dimension très importante, sous-jacente à tous ces points, il s’agit de la restructuration cérébrale.

Alors, qu’est-ce que c’est la restructuration cérébrale ?

J’en ai déjà parlé dans plusieurs articles où je vous explique que votre cerveau créé des croyances au travers de vos pensées et actions. Et avec le TCA, voire même par votre enfance ou par la société, vous avez emmagasiné un grand nombre de croyances qui sont erronées. Je vous donne un exemple : si devant une quantité de nourriture, vous avez ressenti du stress, vous avez cherché à compenser ou à vous restreindre par la suite, et que devant une faible quantité vous vous sentez plus en contrôle et rassuré ; alors votre cerveau a intégré la croyance suivante : la quantité de nourriture est un danger, il faut que je me limite à des petits apports. Et au plus vous répétez les actions où vous vous restreignez après une plus grande quantité prise, ou plus vous répétez les repas où vous mangez une petite quantité, plus cette croyance est renforcée.

Donc forcément, vous avez un paquet de croyances erronées, notamment si ça fait un moment que vous avez un TCA.

Mais je vous rassure, tout le monde a des croyances erronées. Et nombreuses d’entre elles nous sont inculquées par la société, donc sont communes à énormément de personnes.

Pourquoi déconstruire ces croyances est essentiel pour ta guérison ?

Quand on souffre d’un TCA, il y a les comportements visibles : la restriction, les compulsions, l’hyperactivité, les obsessions…

Mais derrière chaque comportement, il y a souvent une ou plusieurs croyances erronées.

Je vous donne des exemples : 

  • La peur de reprendre du poids.

Oui tu as peur de reprendre du poids. Mais tu n’as pas juste peur de reprendre du poids. Ton TCA te persuade que tu es en danger si tu reprends du poids parce que tu as les croyances suivantes : 

  • Si je reprends du poids, je ne pourrai plus plaire
  • Si je reprends du poids, je risque de ne pas m’arrêter d’en prendre
  • Je n’aime pas mon corps maintenant, mais je ne l’aimerai pas non plus avec plusieurs kilos en plus
  • Si je reprends du poids, je ne rentrerai plus dans les cases de la société
  • Si je reprends du poids, je ne vais pas me reconnaître, pas savoir qui je suis

 

Un autre exemple : tu as peur de manger.

Mais tu as peur de manger car tu as énormément de croyances erronées qui empêchent de remanger librement.

Je te donne des exemples de croyances : 

  • Les aliments faibles en calories sont sains. Il faut éviter ceux qui en contiennent beaucoup
  • Le sucre fait grossir, je dois le supprimer
  • Ce qui est industriel est mauvais
  • Il ne faut pas manger de pain si je mange déjà des féculents en accompagnement
  • Manger par gourmandise, ce n’est pas bien
  • Le beurre et l’huile ne servent à rien à part faire grossir
  • Il faut manger léger le soir car on va dormir ensuite

Et il y en a de nombreuses autres croyances erronées que vous avez sur l’alimentation.

Toutes ces croyances sont tellement ancrées en toi, tellement automatiques qu’elles viennent à toi presque sans que tu ne t’en aperçoives. Tant que tu as toutes ces croyances erronées, et que tu ne les déconstruis pas, tu ne pourras pas aider ton cerveau à guérir.

 

Ces croyances maintiennent la maladie.
Même quand on veut guérir, même quand on commence à changer ses comportements… si la croyance reste là, elle ralentit ou sabote les efforts.

Exemple personnel : Pendant longtemps, je pensais que si je prenais du poids, j’allais jamais m’arrêter d’en prendre. Même quand j’avais envie d’aller mieux, cette pensée me tirait en arrière.

La guérison demande donc plus que de manger à nouveau ou d’arrêter de se peser.

Elle demande de désactiver ces fausses vérités qui pilotent tes choix, souvent inconsciemment.

Comment faire pour les déconstruire ?

La première chose pour déconstruire ces croyances erronées est de prendre conscience que tu les as. Mais souvent, ça ce n’est pas forcément le plus difficile. Le plus difficile, c’est de déconstruire ces croyances erronées en donnant des arguments pour les contrer. Ces arguments, ce sont des arguments qu’on pourrait dire “sains”, qui vont contre la maladie. Le problème, c’est que lorsqu’on souffre de TCA, on est tellement baigné dans l’univers de la maladie, qu’on a du mal à trouver des arguments non biaisés par la maladie. Aussi, on a tellement parfois tellement cru une croyance erronée depuis longtemps qu’on ne sait même pas qu’elle est fausse ou illogique. 

Les TCC (thérapies cognitivo-comportementales) sont très efficaces dans le traitement des TCA et notamment pour déconstruire les croyances erronées. J’en ai moi-même fait une. Et ça m’a clairement aidé. Mais finalement, on a surtout vu certaines croyances erronées générales sur la maladie, mais ce n’était pas en profondeur. Je veux dire que je n’ai pas déconstruis les croyances que j’avais sur l’hyperactivité, sur l’alimentation, sur ma façon de manger, sur l’apparence, sur la prise de poids, sur la guérison en général.

Et clairement, à l’époque où j’étais malade, j’aurais eu besoin d’avoir un tas d’arguments pour contrer la maladie, à relire, à recopier, à me redire pour me rassurer. 

J’ai créé cet outil

Bon, je vais enfin en venir à ce que je voulais vous dire. 

J’ai enfin créé cet outil que j’aurais voulu avoir à l’époque pour déconstruire les croyances erronées du TCA.

En gros, il y a quelques mois, c’était il y a plus d’un an, je n’étais qu’au début de ma grossesse et j’ai lancé un sondage. Peut-être certains d’entre vous s’en souviennent. Je vous avais demandé toutes vos croyances erronées. Et là j’ai reçu un sondage rempli par plus de 200 personnes qui me donnaient toutes leurs croyances erronées. Et là je me suis dit “wow, vraiment, les croyances erronées polluent la guérison”. Et j’ai pris conscience que c’est quelque chose qu’on parle pas souvent, qu’on met de côté ou du moins on dit “il faut les déconstruire” mais sans donner de concret. 

Et donc ça fait plusieurs mois que je travaille sur un nouveau livre (vous le savez, j’ai une passion pour créer des livres). J’ai clairement très peu de temps depuis que j’ai mon petit Victor dans ma vie. Mais ce livre me tenait tellement à coeur parce que vraiment, à l’époque, ça m’aurait tellement aidé.

Dans ce livre, j’explique comment déconstruire les croyances erronées et surtout, je donne 140 fiches de croyances que je déconstruis. Que ce soit sur l’hyperactivité, votre identité, la guérison en général l’alimentation, la comparaison, les TOCs, la reprise de poids, l’apparence… 

Et je m’appuie sur des faits scientifiques, des explications cohérentes et logiques pour donner des arguments qui vont contrer la maladie. 

Ce livre, ça peut être un outil que vous lisez de temps à autre, selon la fiche qui vous intéresse, pour baigner votre cerveau d’arguments sains, capable de contrer la maladie. Ou vous pouvez l’utiliser dès que vous culpabilisez, vous vous référez au sommaire en choisissant la croyance qui cause votre culpabilité. Derrière chaque moment de culpabilité, il y a forcément une croyance erronée. 

Vraiment, ce livre m’aurait tellement rassuré à l’époque. Je suis vraiment ultra contente de l’avoir fait. Je pense qu’avec mon roman autobiographique, c’est le livre dont je suis le plus fière. C’est un véritable outil de thérapie cognitive.

Dans chaque fiche, j’explique d’où peut provenir la croyance (ce qui aide énormément pour comprendre le point de départ), je donne des arguments pour la contrer, et je donne la croyance saine à adopter en réponse (ces croyances saines sont comme des mantras).

Pour finir

Honnêtement, le mieux c’est que vous regardez dans la description, je vous mets le pdf du sommaire de toutes les croyances erronées. Et je suis certaine qu’en lisant le pdf, vous allez vous reconnaitre. Vous me direz, ça m’intéresse de savoir 🙂 Ce livre est dispo sur mon site.

Sache que ton TCA n’a pas cassé ton système de croyances. 

Tu es simplement enfermé·e dans un système de croyances qui, à force d’avoir été répétées, ont laissé une trace dans ton cerveau.

Mais voilà ce que j’aimerais que tu retiennes aujourd’hui : Ton cerveau est plastique.
Il peut se modifier, se reprogrammer, se réorganiser.
Ce qu’on appelle la neuroplasticité, c’est la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions, à désapprendre des schémas nuisibles et à en apprendre de plus sains.

Chaque fois que tu identifies une croyance erronée…
Chaque fois que tu choisis de penser autrement,
tu poses une brique dans un nouveau chemin neurologique.

Et ce sont ces petites briques, répétées jour après jour, qui construisent la guérison.

 

Mon livre (Déconstruire les croyances erronées du TCA) est disponible en format livre physique seul, en format pdf (ebook) ou en box take care. La box take care c’est plus en format limité. C’est le livre physique dédicacé avec 5 cadeaux aléatoires pour seulement 3€ de plus. Dans les cadeaux, il y a des bagues, des tatouages éphémères, des stickers de santé mentale, des chouchous, des stylos, etc. 

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Pourquoi je n’arrive pas à m’arrêter de manger le soir ?

Pourquoi je n’arrive pas à m’arrêter de manger le soir ?

Pourquoi je n’arrive pas à m’arrêter de manger le soir ?

C’est une question que je me suis posée lorsque je souffrais de troubles alimentaires, et je sais que c’est une situation que beaucoup d’entre vous rencontrent. J’avais donc envie de vous parler de mon vécu, des causes possibles et surtout des solutions que vous pouvez mettre en place pour dépasser cette situation.

Tu n'es pas seul-e

Déjà, sache que si tu le lis et que tu te retrouves dans le cas où toi aussi, tu as des compulsions le soir, tu n’es pas seul. Malheureusement, beaucoup de personnes connaissent ça ! Je l’ai donc vécu personnellement quand je souffrais d’anorexie.

J’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog, j’ai souffert de compulsions alimentaires pendant plusieurs mois, étalés sur plusieurs années et les fois où j’avais le plus de compulsions, c’était le soir, chez moi, seule ou parfois même à des événements extérieurs.

Alors, qu’est-ce que j’entends par le fait de ne plus réussir à s’arrêter de manger le soir ? Je ne parle pas du fait de se resservir de son plat une fois. Je parle du fait de terminer son repas, mais reprendre une pomme, puis un yaourt, puis un gâteau, puis du pain, et encore du pain, et encore un autre yaourt. Et parfois faire plusieurs aller-retours vers le frigo. Parfois ouvrir un placard et ne prendre qu’un gâteau, puis y retourner et prendre un deuxième, puis y retourner et prendre la moitié du paquet, pour finalement finir la totalité quelques minutes plus tard. Parfois ces crises se font debout, très vite, en culpabilisant… Je parle de ces moments de compulsions.

Quelles sont les causes des compulsions le soir ?

Cause n°1 : La restriction

La première cause la plus fréquente, c’est tout simplement la restriction. J’en ai déjà parlé à de nombreuses reprises sur Norainnoflower, notamment quand j’ai parlé de la faim extrême. Et d’ailleurs, je vous invite à lire l’article de blog où je parle de l’expérience de la famine dans le Minnesota, où j’explique que c’est biologique : un corps restreint va compulser pour se rattraper, parce qu’il a tout simplement besoin d’énergie. Et oui, même les jours où vous vous êtes reposés, même les jours où vous n’avez pas bougé. Votre corps a besoin d’énergie en permanence pour vous faire vivre. Dites-vous qu’une personne alitée, dans le coma, on lui administre des calories pour maintenir son corps en vie et continuer de faire fonctionner ses organes. 

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Donc si vous vous restreignez, votre corps peut compulser pour simplement rattraper la dette d’énergie que vous accumulez en vous restreignant.

Quand je parle de restriction, ça peut même simplement être de la restriction mentale. Par exemple, il est possible que vous vous autorisez à manger à chaque repas, mais peut-être que vous mangez en vous disant “il ne faut pas que je mange trop de ça”. Ou alors, vous cuisinez sans matières grasses, vous choisissez toujours les options les moins caloriques, vous prenez des moitiés, des petits bouts de… tout ça, c’est de la restriction en fait. La restriction dans les troubles alimentaires est parfois très subtile. Parfois on s’autorise à le manger mais en se disant “c’est qu’aujourd’hui parce que j’ai fait x séance de sport”, ou “c’est la dernière fois”. Ça aussi, c’est de la restriction.

Cause n°2 : Le besoin d’un réconfort

Lorsqu’on souffre de troubles alimentaires compulsifs, on parle souvent de ce besoin de réconfort, de combler un vide, un manque par de la nourriture.

Peut-être, et sans doute qu’il y a des cas où c’est la cause. Mais vraiment, retenez que la première cause, c’est quand même la restriction. 

Après, oui, beaucoup de personnes qui souffrent de TCA sont des personnes anxieuses. Le stress, l’anxiété, la fatigue accumulée peuvent mener à des compulsions pour “se réconforter”. Mais j’insiste en disant que la première cause, notamment lorsque vous vous restreignez, c’est la restriction. Pourquoi j’insiste là-dessus ? Parce que, parfois, on va se focaliser sur l’anxiété. Et de ce fait, on va mettre en place des exercices de respiration, de pleine conscience, de méditation au moment des crises pour les éviter. Et ça ne fonctionne pas, parce que dans bien des cas, le problème est plus biologique : c’est-à-dire que c’est dû à la restriction. Donc, vous aurez beau essayer de vous déstresser, de méditer… votre corps est lui en état de stress intense car il n’a pas assez d’énergie pour vivre. Donc il va compulser pour essayer de trouver de l’énergie. 

Après, il faut aussi déculpabiliser un fait : parfois, oui, on mange pour se réconforter. Parfois, ça peut arriver de vouloir se faire plaisir, de manger du chocolat, de se faire un gros brunch pour se faire plaisir : et c’est complètement normal et sain ! C’est le contrôle et la restriction qui ne sont pas sains. Et d’ailleurs, on devrait se faire plaisir tous les jours !

Pourquoi ça arrive particulièrement le soir ?

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  • À cause de la mentalité “économiser des calories pour le soir”. C’est quelque chose que j’ai énormément fait lorsque je souffrais d’anorexie. Je mangeais peu la journée, en me disant “j’économise des calories, comme ça le soir, je peux me faire plaisir et bien manger sans trop compter mes calories”. Et au plus j’avais des compulsions le soir, au plus j’appliquais cette mentalité parce que je me disais “si jamais je fais une compulsion ce soir, il faut que j’ai de la marge niveau calorie”. 

Cette mentalité fait que le corps, à la fin de la journée, il a reçu très peu d’énergie. Et il se dit “mince, on va partir pour une période de jeûne (qui correspond à votre nuit), et je n’ai pas reçu mon quota d’énergie”. Alors, il vous fait compulser. 

  • Une autre raison pour laquelle je pense que ça se passait le soir pour moi principalement, même si j’ai aussi connu des périodes où c’était 3 à 4 compulsions par jour, donc en journée ; mais une autre raison, c’est parce que le soir, une fois que vous êtes rentrés chez vous, vous êtes à l’abri des regards. Et vous n’avez pas besoin “d’assumer” votre compulsion quelque part, puisque vous allez dormir par la suite. Donc c’est “plus facile” en quelque sorte de compulser le soir car vous pouvez ensuite vous réfugier dans votre lit, la lumière tamisée évite de voir votre corps aussi parfois, et on n’a pas une journée à assumer par la suite et après la nuit, on se dit “qu’on peut recommencer à zéro”. La soirée représente aussi un moment de “liberté”, c’est-à-dire que vous avez fait tout ce que vous avez à faire sur votre todo, vous êtes libérés, donc la compulsion peut se produire. 

Pourquoi ça arrive lors des événements ?

Là, je vous ai beaucoup parlé des compulsions le soir chez vous, seul. Mais il peut arriver aussi que vous ayez toujours des compulsions lorsque vous êtes invités à un événement; à une soirée, à un restaurant…

La cause est la même : la restriction et la mentalité “économiser des calories”. Si toute la journée, ou même juste le repas avant votre événement, vous vous restreignez, vous arrivez affamé. Et si de façon générale, vous êtes en restriction, le corps est affamé. Donc lorsqu’il est face à de la nourriture, le corps se dit “oh, de la nourriture, vite, il faut que je fasse le plein avant qu’on me remette en restriction”. En fait, le corps essai de se sauver lui-même en vous faisant compulser puisque votre TCA l’empêche d’être nourri et de répondre à ses besoins. 

Quelles sont les solutions possibles ?

On va parler maintenant des solutions puisque c’est ça qui nous intéresse, mais les solutions découlent des causes, donc c’est important de comprendre le pourquoi. Et d’ailleurs, c’est possible que ce soit pour encore une autre raison qui vous est propre, d’où l’importance d’avoir un suivi personnalisé avec un thérapeute pour comprendre son pourquoi. Mais, encore une fois, la principale raison est souvent la restriction.

Les solutions que je vais vous donner là, je sais qu’elles sont très difficiles à mettre en place, à appliquer. Mais je me dois de vous les redire, et puis la façon dont je vais l’expliquer, ça pourra peut-être vous aider un petit chouilla en plus pour vous aider à avancer petit à petit vers la guérison.

Solution n°1 : Intégrez ce sur quoi vous compulsez dans la journée.

Alors je sais à quel point c’est difficile parce que souvent, les choses sur lesquelles vous compulsez, c’est ce qui vous fait peur. 

Parfois, c’est même pas forcément le cas, ça peut être sur des aliments que vous vous autorisez. Donc déjà, il s’agira d’augmenter votre ration dans la journée pour donner davantage d’énergie à votre corps.

Mais quand je vous dis d’intégrer ce qui vous fait peur, c’est vraiment l’aliment sur lequel vous compulsez. Par exemple, si vous compulsez sur un muffin au chocolat le soir, et bien il faut ajouter ce muffin au goûter par exemple. Et il faut intégrer le muffin, pas une pomme et un yaourt, ou pas un muffin diététique. Votre corps va toujours vous faire aller vers ce dont vous lui interdisez. 

Et même chose, si vous intégrez ce muffin au goûter, il ne faut pas de ce fait réduire le repas du midi, du matin ou du soir. 

Je sais à quel point c’est difficile. J’ai eu des étapes où j’ai intégré autre chose que le muffin par des substituts plus “healthy”, puis des étapes où je prenais le muffin mais de ce fait, je me restreignais aux autres repas. Donc je sais que vous allez possiblement passer par ces étapes. Et ça ne sera pas un échec ! ça ne sera pas encore la bonne solution, mais vous aurez essayé, vous aurez avancé, et ça, c’est l’important ! Mais il faut comprendre, il faut savoir que ce dont vous avez besoin, c’est ce dont vous vous interdisez. Donc vous devez l’intégrer sans vous restreindre sur d’autres choses à côté. En fait, vous ne pouvez pas gruger votre cerveau. Il sait quand vous vous restreignez à côté, il sait quand vous calculez pour économiser des calories. Et donc tant que vous fonctionnez comme ça, il saura qu’il ne peut pas avoir confiance, et donc il compulsera.

Je sais que ce que je dis est bien plus simple dans la théorie que dans la pratique. Je le sais et c’est pour ça que j’ai connu les compulsions pendant de longs mois. Mais la seule façon que j’ai eu de les voir disparaitre, c’était de répondre aux besoins de mon corps, de lui donner ce dont j’avais vraiment envie, sans essayer de le gruger, de le manipuler en quelque sorte.

En fait, en les intégrant dans vos repas classiques de la journée, ça permet à votre cerveau de comprendre qu’ils n’ont pas l’étiquette “interdit”.

Solution n°2 : Accepter vos crises

Une autre des clés pour mettre fin aux compulsions, c’est d’accepter que votre corps vous fait compulser. Souvent, les compulsions se font dans le stress, dans la vitesse, debout, parfois en sueur, parfois en tremblant… parce que vous voulez lutter contre ces compulsions. Vous voulez aller à l’encontre de ce que votre corps vous fait faire. 

Et cette solution, je sais aussi au combien elle est difficile à appliquer, et c’est normal que vous allez prendre plusieurs semaines voire mois avant de commencer à y arriver. Mais c’est en acceptant vos crises qu’elles finiront par s’arrêter. Ça veut dire quoi “accepter ses crises ?” 

Ça veut dire se dire “ok, mon corps me fait compulser parce qu’il est affamé, parce qu’il a besoin de cette nourriture, de cette énergie, alors j’accepte de lui donner et de faire cette crise”. Quand votre corps va comprendre que vous lui faites confiance, et évidemment si en parallèle vous ne vous restreignez plus, alors, les compulsions vont diminuer.

Et quand je dis accepter ses crises et les faire, c’est une fois de plus sur les aliments qui vous font vraiment envie. De toute façon, votre corps finira par vous y faire aller. Moi je me souviens que je commençais par une pomme, puis un fromage blanc, puis du pain… Mais ce n’était pas ce que mon corps me demandait. Et à chaque fois j’essayer en quelque sorte de le berner, et pour finalement manger ces gâteaux que j’avais envie depuis le début, mais je me voilais la face, j’essayer de “rester dans le contrôle”. La réalité, c’est que vous ne contrôlez rien du tout. C’est votre corps qui sait ce dont vous avez besoin, ce dont il a besoin même pour vivre.

Souvent, vous avez du mal à accepter les compulsions parce que vous avez l’impression d’avoir perdu le contrôle, alors qu’en réalité, c’est votre corps qui reprend le contrôle sur ses besoins. Et vous avez du mal à accepter aussi parce que vous avez l’impression que vous allez prendre du poids à l’infini et que ces compulsions ne s’arrêteront jamais. Mais ça, c’est un système de pensée de votre TCA de penser au pire. La réalité, c’est que c’est en acceptant ces crises, en y répondant que petit à petit, elles s’atténueront. Et c’est en allant à l’encontre, en essayant de les contrer, que votre cerveau vous amènera toujours vers ce dont vous l’interdisez.

Solution n°3 : intégrer des night snacks

Une autre solution, c’est d’intégrer des night snack. C’est à dire que vous savez que le soir, vous avez un dernier repas avant de vous coucher. Pourquoi faire ça ? Pour donner de l’énergie à votre corps jusqu’au bout de la journée. Ca peut être temporaire de faire ça, c’est pas forcément pour toujours si c’est quelque chose qui vous fait peur. Mais c’est quelque chose que je faisais lorsque j’étais malade. Et sachant que j’avais ce night snack, donc un snack vers 21h, j’avais moins de compulsion à certains moments. 

Mais attention, si vous ajoutez ce repas, ce n’est pas pour retirer un autre repas dans la journée. Parce que si vous faites ça, vous serez de nouveau dans la restriction. Une fois de plus, l’idée n’est pas de chercher à berner votre cerveau. 

Solution n°4 : un plateau avec tout ce qui vous donne envie

Une autre solution que ma psychiatre m’avait apporté lorsque j’avais beaucoup de compulsions, c’est lorsque vous sentez la compulsion arriver, essayez de prendre une inspiration, vous demander ce qui vous donne envie, et de sortir sur un plateau. Alors par exemple, ça peut être deux paquets de biscuits. Mais il ne faut pas que vous vous limitez à un seul gâteau, ou à un substitut. Encore une fois, l’idée c’est pas de berner votre cerveau, c’est de vraiment autoriser votre corps a ce qui lui fait envie. 

Pourquoi faire cette solution ? Parce que vous donnez à votre corps ce dont il a besoin. Donc ça peut se passer moins dans la précipitation, moins dans le stress. Vous vous autorisez à manger ce plateau, assis, à une table par exemple. 

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Attention, c’est fort possible qu’au début, vous mettiez en place ces solutions mais que les compulsions continuent. C’est normal. Il faut donner du temps à votre corps. Il a besoin de temps pour vous refaire confiance. Il a besoin que ça se produise plusieurs fois pour savoir que la restriction est terminée, que vous répondez à ses besoins. Et d’ailleurs, c’est rare de parvenir à lâcher prise du jour au lendemain. Donc souvent, il y a encore de la restriction cachée, donc c’est pour ça aussi que ça prend du temps, que votre corps doit reprendre confiance en vous petit à petit. C’est normal que ça soit un process qui prenne du temps. Mais dites-vous que c’est pour réparer une relation à la nourriture qui est brisée depuis plusieurs mois voire années, donc forcément ça prend du temps. 

Pareil, parfois on me dit “mais j’ai mangé plus aujourd’hui, et pourtant, j’ai compulsé ce soir”. Mais encore une fois, il faut du temps. Et si ça fait déjà plusieurs semaines que vous remangez plus dans la journée et que les compulsions sont toujours aussi intenses, demandez-vous si vraiment, vous n’avez pas de restriction cachée.

Une solution qui ne l’est pas : la restriction du lendemain.

Bon, je suis quasi certaine que la solution que vous souffle votre trouble alimentaire, c’est de vous restreindre le lendemain pour rééquilibrer. Sauf que faire ça, c’est juste signer pour une autre compulsion. La restriction vous emmènera forcément vers de nouvelles compulsions. Donc même si vous vous sentez mieux en vous restreignant à votre petit déjeuner, parce que vous avez l’impression d’avoir “corrigé” votre compulsion de la veille ; ce sentiment de réassurance, c’est celui de votre TCA, pas celui de votre corps. Votre corps se dit “mince, on tape de nouveau dans la dette d’énergie. Il va falloir que je refasse des compulsions pour refaire le plein d’énergie puisque je suis de nouveau privé ».

Le cas où l’on prévoit ses crises.

Il y a des cas où l’on a pas vraiment envie que ses crises s’arrêtent parce que finalement, vous avez réussi à les contrôler. Souvent, vous vous restreignez toute la journée, et le soir, c’est votre moment de détente. Vous prevoyez même ls choses sur lesquelles vous allez faire votre crise durant la journée.

Pourquoi vous prévoyez ? Parce que c’est votre moment où vous lâchez prise. Toute la journée, vous êtes en contrôle, c’est comme une autocuiseur, la pression augmente petit à petit. Et piouf, le soir, vous vous autorisez enfin à souffler. Et vous n’avez pas envie de perdre ça.

Je peux le comprendre, j’ai longtemps fonctionné comme ça aussi. Sauf qu’encore une fois, le corps a besoin d’énergie toute la journée. C’est comme si vous attendiez de votre voiture qu’elle roule en continu alors que sur la moitié du trajet, elle n’a plus de carburant dans son réservoir. 

L’idée dans ce cas est aussi de vous accorder des moments où vous lâchez prise autrement dans la journée, de prendre soin de vous, et surtout, de travailler sur votre perfectionnisme et la pression que vous vous mettez, pour baisser le niveau que vous vous imposez. J’ai pas de solution toute faite à donner la dessus puisque moi-même je m’impose encore beaucoup de perfectionnisme souvent, mais j’ai déjà beaucoup travaillé dessus en lisant des livres de développement personnel, en grandissant, en le travaillant avec des psys.

“Est-ce qu’il faut éviter d’acheter pour ne pas craquer ?”

C’est quelque chose que l’on m’a déjà souvent demandé. Souvent, pour éviter de “craquer”, vous n’achetez pas ce sur quoi vous pourriez potentiellement faire une crise. Sauf qu’en faisant ça, vous renforcez le côté interdit de ses aliments, donc vous augmentez l’attraction de votre cerveau vers ses aliments. Et donc, le jour où vous êtes en face de ses aliments,  votre cerveau va se dire “c’est une denrée rare, tant qu’il y en a sous mes yeux, il faut que je fasse le plein”. 

Donc non, la solution n’est pas d’éviter d’acheter. Si ça vous fait peur d’avoir en grosse quantité, vous pouvez acheter dans les magasins relay des gares, ou simplement à la caisse de n’importe quel magasin, parfois il y a certains gâteaux qui sont vendus à l’unité. Vous pouvez aussi aller acheter en vrac, souvent dans des magasins bio, où vous pouvez jauger la quantité. Cela peut être une alternative.

Le dernier conseil

Donc voilà, on arrive à la fin de cet article car je pense avoir tout dit sur le sujet des compulsions le soir. Pour résumé, c’est principalement dû à la restriction, et l’idée est donc de briser le cercle vicieux de la restriction compulsion. Je sais à quel point c’est difficile, mais si déjà vous avez conscience qu’il faut briser ce cercle vicieux, si vous avez conscience de vos mécanismes, de votre restriction, c’est déjà des petits pas en avant.

D’ailleurs, je me souviens que moi, souvent après les compulsions, quelques heures après ou le lendemain, je prenais le temps de me poser pour écrire : les émotions que j’ai ressenti avant cette crise, ce que j’ai ressenti pendant la crise et ce que j’ai ressenti après. Et selon moi, le pourquoi ? (émotions, stress, restriction le midi ou sport intense, etc.). Ca m’aidait à prendre du recul, à faire le point, et à essayer de démeler le cercle vicieux dans la théorie. Et je suis persuadée que ça a aidait mon cerveau à comprendre les choses pour en sortir petit à petit.

Aussi, je voudrais vous inviter à voir les compulsions comme une pulsion de vie, comme un message de votre corps et de votre esprit pour vous sauver, plus que comme un échec personnel. Vous n’avez pas échoué en répondant à votre compulsion, vous n’avez pas commis de faute, vous n’avez pas été faible, ni manqué de volonté. C’est votre corps qui a tenté de répondre à ses besoins car le TCA lui en empêche. Votre corps a fait ça car il veut vivre, parce qu’il en a besoin pour fonctionner et lutter contre la restriction imposée par votre TCA.

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« Comment savoir si mon corps a retrouvé son poids de forme ? »

« Comment savoir si mon corps a retrouvé son poids de forme ? »

« Comment savoir si mon corps a retrouvé son poids de forme ? »

C’est une question que l’on m’a déjà souvent demandée, et je pense que j’ai dû aussi me la poser lorsque je souffrais moi-même d’anorexie.

En général, “retrouver un poids de forme,” c’est un peu l’objectif général que l’on se donne pour guérir de son trouble alimentaire. C’est peut-être même l’objectif que t’a donné un médecin, un de tes proches… ? Bref, c’est un peu une donnée qui revient souvent dans le cadre des troubles alimentaires. 

Pourtant, je l’ai déjà dit pleeeeeeeein de fois. Le poids de forme, tout comme le poids en général, ne sont pas des indications de guérison d’un trouble alimentaire. Et je le redis : prendre du recul vis-à-vis des chiffres, se détacher de la balance, de son poids… C’est vraiment indispensable, ça fait partie de la guérison (même si je sais bien que c’est bien plus facile à dire qu’à faire. Mais si je n’avais jamais pris ce recul-là, j’aurais toujours un pied dans les TCA, je serais dans ce que j’appelle la quasi-guérison).

Pour autant, je vais quand même répondre à cette question en vous donnant les signes et je vous partagerai quelques conseils.

Qu’est-ce que le poids de forme ?

Je commence par redéfinir ce qu’est le poids de forme.

Le poids de forme, c’est le poids que le corps maintient naturellement pour être en bonne santé. C’est un poids où le corps fonctionne de façon optimale (tant sur le plan physique, mental, hormonal, etc.). Deux choses qui sont essentielles à dire, selon moi, concernant le poids de forme : 

Il varie d’une personne à une autre.

Il n’est pas défini selon votre taille, votre âge… Il est défini surtout selon la génétique. Donc ça, c’est vraiment important à garder en tête parce que ni moi, ni votre médecin, ni vous, ni n’importe quelle personne autour de vous ne pouvons prédire votre poids de forme. J’ai dit “ni moi” parce que parfois, on me pose la question “quel doit être mon poids de forme ?”, et je n’ai pas la réponse. Et je sais que ça, c’est vraiment difficile à accepter, parce qu’on est dans une société où l’on vous fait croire que vous avez le contrôle sur ça, que vous pouvez décider de votre poids de forme. Mais si vous cherchez à atteindre un poids précis, vous perdez le contrôle des besoins de votre corps, vous vous déconnectez de votre corps, et vous vous éloignerez justement de votre poids de forme. Donc tout ça pour dire que c’est inutile de se donner un objectif de poids de forme. Parce que vous ne pouvez pas le deviner en amont. Et si jamais vous dépassez ce poids que vous vous fixez, vous allez être affolé. Vous allez penser que vous vous y prenez mal, et donc vous allez vous engager dans des comportements de restriction ou de compensation… bref, vous n’allez absolument pas agir dans le cadre de votre guérison (au contraire).

il ne s’agit pas d’un poids fixe.

L’autre chose que je trouve importante à dire concernant le poids de forme, c’est qu’en réalité, il ne s’agit pas d’un poids fixe. Il s’agit d’une fourchette de poids, dans laquelle vacille votre corps, et dans lequel il se sent bien. Parce que oui, le poids varie, et c’est NORMAL. Vous n’êtes pas une machine qui doit cocher des cases et être réglée précisément sur une seule donnée numérique. Votre poids de forme ne sera pas le même toute votre vie. On ne fait pas le même poids de forme à 15 ans, à 20 ans, à 30 ans, à 40 ans… à 60 ans, etc. Il faut accepter que nous sommes des êtres vivants, on évolue avec le temps, on ne reste pas figé à un poids toute notre vie. Et encore une fois, il faut l’accepter. 

votre poids de forme ne sera peut-être pas le même qu’avant de tomber malade.

Donc, une autre chose à accepter, c’est que votre poids de forme ne sera peut-être pas le même qu’avant de tomber malade. Et d’ailleurs, un poids de forme ne dit rien de votre silhouette non plus. Je trouve que je n’ai absolument pas la même silhouette entre aujourd’hui et avant la maladie (j’avais 19 ans quand je suis tombée malade, j’en ai maintenant 29.) Donc 10 ans me séparent de ce moment-là. Évidemment, mon corps a changé. J’étais donc persuadée de faire un poids nettement supérieur à mes 19 ans. Vous le savez, la balance ne fait plus partie de ma vie, donc je ne connaissais spas mon poids, c’étaient des suppositions. Avec la grossesse que j’ai eue, j’ai été amené à connaître mon poids du 1ᵉʳ mois. Et j’ai été très étonné de réaliser qu’en fait, mon poids était 2-3 kilos en deçà de ce que je pesais au moment où je suis tombée malade. Tout ça pour vous dire que le poids ne veut rien dire, car pourtant, ma silhouette et mes formes se sont davantage développées entre temps. Je ne sais pas si vous avez déjà vu ces photos aussi où l’on voit genre 5 personnes avec une silhouette totalement différente, et il y a une phrase en dessous qui indique qu’en fait, elles font toutes le même poids. Cette image partage la même idée que ce que je viens de vous présenter. 

Donc voilà, je vous ai redéfini ce qu’est le poids de forme, dans un contexte de guérison de TCA. 

Comment accepter que l’on ne puisse pas choisir son propre poids de forme ?

Je viens de vous dire plusieurs fois que c’est primordial d’accepter que vous n’avez pas de contrôle sur ce poids de forme.

Mais alors, comment faire pour l’accepter ? C’est quelque chose que l’on me demande aussi.

Et moi je vous demanderai de vous poser d’autres questions : 

  • Pourquoi ne pas l’accepter ? Pour quelles raisons ?
  • Qu’est-ce qui se passerait si vous ne pouvez pas le contrôler ? 
  • Vous avez peur d’être une personne moins bien ? Moins belle ? Qui a moins de valeur ? 
  • Vous avez peur d’être moins méritante ? De moins réussir votre vie ? 
  • Vous avez peur de ne pas réussir votre vie si vous ne contrôlez pas ça ?
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La réalité, c’est que tout ça, c’est des croyances erronées, que vous avez à cause de la maladie, ou à cause de ce qu’on vous a inculqué, à travers la culture du régime, ou à travers votre éducation. Et c’est ultra-important de comprendre les croyances erronées que vous avez derrière ça, les peurs que vous avez, pour les déconstruire. 

Pour l’accepter, c’est aussi indispensable de faire un vrai travail d’acceptation corporelle (en retraçant votre histoire avec votre corps, les origines des croyances erronées que vous avez sur votre corps/votre poids. En apprenant à identifier les discours de la culture du régime, en apprenant à prendre du recul, à se protéger. Et en faisant des exercices pour apprendre à voir son corps autrement qu’à travers l’apparence, à mettre en place des routines, des exercices pour nouer une relation de confiance avec son corps.)

Donc tout ce que j’ai dit là, c’est quelque chose qui prend du temps déjà, mais qui doit être fait dans la guérison des TCA. C’est souvent quelque chose qu’on passe à la trappe parce qu’on ne sait pas trop comment le travailler. Je vous invite à trouver un psychiatre ou thérapeute spécialisé en TCA avec qui vous pourriez travailler ça. 

Une grosse partie de mon programme Butterfly Body se concentre aussi sur ça, si vous voulez le travailler en autonomie.

Le temps aide aussi. Juste le temps ne suffit pas, c’est certain. Mais je trouve qu’avec le temps, j’accepte mieux en général les choses sur lesquelles je n’ai pas de contrôle. Je trouve que c’est quelque chose sur laquelle j’ai beaucoup travaillé dans ma guérison : me demander “est-ce que tu as vraiment le contrôle ? Si la réponse est non, alors la seule chose sur laquelle tu as le contrôle, c’est ta façon de voir les choses sur ce point-là”. J’avais lu une citation durant ma guérison qui avait énormément résonné en moi, donc je vous la partage si jamais ça peut résonner en vous : « On ne peut pas contrôler ce qui nous arrive, mais on peut contrôler la façon dont on y répond. »

Les signes physiques démontrant que tu as atteint ton poids de forme

J’ai pris beaucoup de temps avant d’arriver aux signes. Parce que je voulais vraiment insister sur le fait qu’on ne peut pas contrôler le poids de forme, et que ça ne doit pas être un objectif de votre guérison.

Après, oui, il y a des signes physiques et psychologiques qui indiquent que tu as atteint ce poids de forme. 

Je commence par vous parler des signes physiques :

Le poids est maintenu naturellement.

Ça, je l’ai déjà dit, mais qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire qu’il n’y a pas d’actions de compensation ou de restriction qui sont faites pour maintenir ce poids. Typiquement, quelqu’un qui calcule à la lettre ses calories par jour pour s’assurer qui ne dépasse pas x calories/ jour au risque de dépasser le poids qu’il fait ; c’est que ce n’est pas son poids de forme. C’est que ce nombre de calories n’est pas non plus adapté aux besoins de la personne. Donc ça, c’est quelque chose que vous pourrez vous rendre compte sur le long terme. Parce que, notamment dans le cadre d’une reprise de poids après un TCA restrictif comme l’anorexie, il peut y avoir des variations de poids au début qui sont complètement normales (même si je sais que ça fait peur). J’ai fait une vidéo sur ce sujet qui est gratuite, dans mon programme offert. Si vous ne l’avez pas encore vu, vous pouvez vous inscrire à ce programme ici.

Les sensations de faim & de satiété sont stables.

Ça, c’est aussi un bon signe que vous avez atteint votre poids de forme. Mais c’est quelque chose que vous ne verrez pas rapidement, parce que là aussi, les sensations de faim & de satiété ne reviennent pas du jour au lendemain ni de façon linéaire. C’est-à-dire que si certains jours, vous avez la sensation de les avoir retrouvés, de savoir les écouter, d’autres jours, ça peut être complètement anarchique. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà cassé une jambe ou fais une entorse à n’importe quel membre en fait : la guérison n’est pas linéaire. Il y a des jours où la douleur peut être plus importante alors que ça semblait pourtant aller mieux. 

le retour du cycle menstruel pour les femmes ?

Un autre signe physique qui peut être clairement questionné, c’est le retour du cycle menstruel pour les femmes.  

C’est un facteur sur lequel beaucoup de personnes du corps médical (et pas que d’ailleurs) vont se baser et le prendre comme indicateur de guérison et comme retour d’un poids de forme.

Pourquoi c’est discutable ?

Parce qu’encore une fois, ce qui va surtout jouer ici, c’est la génétique. Certaines personnes vont vite retrouver des cycles menstruels alors qu’elles n’ont absolument pas atteint leur poids de forme, et d’autres personnes sont à leur poids de forme depuis quelques mois, pourtant, les règles ne reviennent pas. Ça, c’est vraiment propre à chacun et encore une fois, vous n’avez pas le contrôle là-dessus. Donc moi, je ne le mettrai pas en signe physique d’un poids de forme atteint.  

Température corporelle régulée

Les personnes qui sont en sous-poids ont souvent du mal à réguler leur température corporelle et ont donc très facilement froid, même en été parfois. Lorsque le poids de forme est atteint (et maintenu), le corps sait à nouveau réguler sa température corporelle.

Retour de la libido

Même chose, le retour de la libido peut être un signe que vous avez retrouvé votre poids de forme. Mais une fois de plus, ça reste subjectif à chaque personne. Quand on dit qu’il existe autant de TCA que de personnes qui en sont atteintes, c’est parce que le TCA se manifeste différemment chez chacun. Et donc certains vont être plus vite affectés par ce symptôme, alors que d’autres non. Et ce n’est pas parce que vous n’avez jamais eu de baisse de libido que votre TCA était moins grave ou que vous avez gardé votre poids de forme. Tout comme les femmes qui n’ont jamais vu leurs règles s’arrêter, ça ne veut pas dire qu’elles ont toujours été à leur poids de forme. Encore une fois, la génétique a un rôle majeur. 

Amélioration du système immunitaire

Un corps qui est malnutri, dont les besoins ne sont pas comblés, est forcément carencé. Donc c’est un corps qui est plus susceptible de tomber malade. Alors, personnellement, je me souviens que les premières années dans la maladie, à l’inverse, je n’étais pas du tout malade. Et donc j’étais fière, je disais “bah vous voyez, c’est depuis que je mange mieux !”. (Parce que selon moi, au début, je faisais juste un rééquilibrage alimentaire). Mais par la suite, je n’arrêtais pas de tomber malade h24, à me choper le moindre virus. En fait, au début, je ne me donnais même pas la possibilité de m’arrêter ½ journée pour être “malade”. J’avais la sensation sans doute de trop m’écouter, de ne pas mériter de repos donc “je tenais bon”. Mais jusqu’à ce que mon corps n’en puisse plus. Je vous le dis, au cas où vous vous faites la réflexion que vous n’êtes pourtant jamais malade, même en étant dénutri. C’est peut-être tellement vous bloquez mentalement. 

Finalement, en vous donnant ces différents signes physiques, je me rends compte que oui, il y a des signes. Mais en fait, ils ne sont pas immédiats (dans le sens où ce n’est pas dès que vous avez atteint votre poids de forme, vous récupérez un bon système immunitaire, vous avez une bonne gestion de votre température corporelle, etc. Le temps et la génétique influent énormément. 

Les signes psychologiques attestant que tu as atteint ton poids de forme

Je me suis noté quelques signes plutôt d’ordre psychologique cette fois: 

Meilleure gestion du stress & des angoisses

Lorsque vous aurez atteint votre poids de forme, vous pourrez remarquer une meilleure capacité à gérer votre stress aussi bien de façon mentale que physique d’ailleurs. Quand je dis physique, c’est que vous aurez moins de maux de tête ou de fatigue générés par le stress. Et d’un point de vue psychologique, vous verrez que vous aurez moins d’angoisses irrationnelles. Avant de reprendre du poids, j’avais une peur bleue de regagner du poids. J’étais persuadée que j’allais reprendre indéfiniment, j’avais peur de ne plus contrôler, j’avais peur de mal prendre, j’étais vraiment mal. Et à mesure que je reprenais du poids, même si évidemment, ce n’est pas simple à accepter sur le moment-même et ça restait difficile, bah pour autant, ces angoisses diminuaient. Et à la fin, j’acceptais des choses qui, quelques semaines auparavant, m’auraient semblé insurmontables. Parce qu’un corps qui n’a pas atteint son poids de forme est un corps qui a un cerveau dénutri. Et un cerveau dénutri, c’est un cerveau qui a peur, qui est obsessionnel, irrationnel, avec une réalité complètement biaisée. C’est un cerveau qui est plongé constamment dans un environnement anxieux. 

Et donc, plusieurs autres signes, qui sont la conséquence de ce que je viens d’expliquer : 

  • Moins d’obsession autour du poids, de la nourriture
  • Moins d’anxiété lors des repas
  • Capacité à penser à d’autres choses, à avoir de nouveaux projets, à ressentir davantage de joie, de plaisir avec d’autres choses que de la nourriture, du sport, etc.

En gros, les pensées autour de la nourriture et du corps seront moins envahissantes, vous aurez moins ce besoin de devoir tout anticiper, tout contrôler avant/durant les repas, vous aurez une meilleure gestion de la culpabilité. 

Mais globalement, une fois de plus, comme pour les signes physiques, ces signes psychologiques, ils viennent avec le temps. Ce n’est pas dès que vous aurez atteint votre poids de forme que tout va s’apaiser. Et d’ailleurs, ce n’est pas qu’en atteignant votre poids de forme que tout va s’apaiser, surtout sur les aspects psychologiques. Ce que je veux dire, c’est que c’est primordial de coupler la réalimentation (et reprise de poids) avec des thérapies psychologiques pour travailler sur tout l’aspect mental de la maladie. Je l’ai déjà souvent dit, les TCA demandent une prise en charge pluridisciplinaire. C’est-à-dire que sans travailler sur le côté psychologique, ce n’est pas possible d’en sortir, mais tout comme sans atteindre son poids de forme, sans réintégrer toutes les catégories d’aliments sans les diaboliser, on ne peut pas non plus parler de vraie guérison. 

“Si j’ai encore des symptômes de la maladie, ça veut dire que je n’ai pas atteint mon poids de forme ?”

Non vraiment, comme je dis, il y a aussi le temps qui joue et la génétique. Donc c’est possible que vous n’ayez toujours pas vos règles ou que vous avez toujours énormément d’angoisses, alors que vous arrivez doucement à votre poids de forme ou que vous l’avez atteint. D’où l’importance de se donner du temps et d’où l’importance aussi de faire un travail pluridisciplinaire. Par exemple, parfois, certaines personnes ne focalisent sur le poids et font tout pour atteindre un certain poids. Sauf qu’en parallèle, elles n’ont fait aucun travail sur les croyances erronées des aliments qu’elles ont peur, ou aucun travail d’acceptation corporelle, donc il y a encore énormément d’angoisses obsessionnelles autour du poids et de l’alimentation.

Après, moi, je suis littéralement passée par là, c’est-à-dire que j’ai regagné du poids et de mon expérience, on note quand même assez rapidement déjà des effets positifs. Par exemple, assez rapidement, j’ai ressenti un regain d’énergie ou d’intérêt sur de nouveaux sujets/projets. Assez rapidement, j’ai remarqué que certaines angoisses étaient amoindries. Quand je dis assez rapidement, c’était en moins de 2 mois. Mais pour d’autres symptômes, ça a pris beaucoup plus de temps. Donc encore une fois, c’est subjectif. 

Rah, je suis désolée, parce que ça doit être frustrant d’entendre ça pour les personnes qui s’attendaient à une réponse précise de ma part à la question “quand est-ce qu’on sait si on a atteint notre poids de forme ?” 

Votre poids de guérison n’est pas forcément votre poids de forme.

Après une autre chose que je voudrais partager, c’est que le poids se stabilise aussi avec le temps. Ce que je veux dire, c’est que le poids que vous pourriez atteindre durant la guérison n’est pas forcément votre poids de forme non plus.

Pourquoi je dis ça ? Parce que, comme j’ai connu le poids que je faisais au 1er mois de ma grossesse, ou du moins juste avant, et j’ai donc vu qu’il était inférieur au poids que je faisais la toute dernière fois où je m’étais pesée lorsque j’étais en guérison de l’anorexie. Le poids en guérison peut vraiment beaucoup fluctuer et être influencé par de nombreux facteurs (rétention d’eau, digestion ralentie qui maintient les aliments plus longtemps dans le bol intestinal, hormones, etc.). 

Ce qu’il faut retenir là-dedans, c’est que votre corps sait ce qu’il fait. Il agit pour vous et son objectif de vie, c’est d’être en bonne santé. Il n’a aucun intérêt à ne pas être en bonne santé. Donc s’il doit se stabiliser, il le fera. Et c’est quand vous lâcherez prise, que vous lui ferez confiance sur sa capacité à vous mener à son poids de forme, le poids où il est en bonne santé, qu’il vous y mènera justement à ce poids de forme, naturellement.

“Comment faire pour accepter son poids de forme s’il est supérieur à celui que je veux ?”

Alors, ça, c’est une question que l’on m’a posée. Et honnêtement, si vous vous la posez également, c’est que vous n’avez toujours pas accepté le fait que vous ne pouvez pas contrôler votre poids de forme. Et en vrai, ce n’est pas grave. Je veux dire que moi aussi, j’ai eu une longue période durant laquelle je n’acceptais pas ça. ça prend du temps. Et là, le fait de lire cet article, ça va vous permettre de semer une graine qui germera peut-être dans encore quelques mois. Ou ça aidera peut-être une autre graine à germer. D’ailleurs, n’hésitez pas à le lire plusieurs fois, pas d’affilée, genre dans 1 semaine ou 1 mois… pour entendre d’autres informations. C’est comme lorsque vous regardez un film plusieurs fois, la 2ᵉ ou 3ᵉ fois, vous allez parfois repérer des éléments que vous n’aviez pas vus la 1ʳᵉ fois. Ou parfois, lorsqu’on relit un livre, on y voit un message différent de la première fois où on l’a lu : parce qu’on n’est pas toujours disposé/prêt à tout entendre. Donc bref, ça peut être intéressant de le lire plusieurs fois. 

Donc comment faire pour accepter que ce poids de forme est supérieur… eh bien je vous renvoie un peu plus haut, à ce que j’avais dit en amont quand je réponds à la question “Comment accepter que l’on ne puisse pas choisir son propre poids de forme ?” 

Je sais que vous aimeriez avoir un chiffre précis, savoir exactement quand vous aurez atteint votre poids de forme. Mais ce n’est pas possible. Et accepter ça, ça fait partie de la guérison. Accepter que vous ne puissiez pas tout contrôler. 

Accordez du temps aussi à votre corps pour retrouver ses repères, se réguler, se réparer.

Je sais, vraiment, que ce n’est pas simple. Je vous dis ça maintenant que je suis sortie des TCA, que mon poids est stabilisé. Mais j’ai tout de même fait un gros travail d’acceptation corporel, pour accepter que mon corps est bien fait. Et c’est quelque chose qui vous servira pour toute votre vie. J’en suis la preuve une fois de plus. Je sors de 9 mois de grossesse au cours desquels j’ai pris 14 kilos (même si je ne voulais pas le savoir, j’ai fini par le savoir, car on te pèse à chaque rdv. Non pas qu’on veuille surveiller ton poids d’un point de vue apparence, mais une prise de poids rapide dans le cadre de la grossesse pourrait être lié à un diabète gestationnel ou à une autre pathologie qui mettrait en danger le bébé, donc c’est très surveillé).

Bref, si je n’avais pas fait ce travail d’acceptation corporelle et de confiance en mon corps durant la guérison des TCA, je pense que je vivrais très mal le post-partum d’un point de vue corporel, que je me pèserais sans cesse (et c’est hors de question que je remonte sur une balance chez moi, ça reste médical pour moi).

Donc, sachez que ce travail que vous faites là, vous le faites pour votre guérison, mais plus globalement, vous le faites pour votre vie, pour avoir un rapport plus sain à votre apparence, au corps, au poids d’un point de vue général. Et croyez-moi, vous vous démarquerez dans ce monde où (j’ai l’impression), la plupart des gens ont une relation très malsaine au poids et au physique plus globalement.

Aujourd’hui, avec le recul, je sais à quel point le poids est insignifiant, dans le sens où vraiment, ça ne veut rien dire. Ça ne dit pas qui tu es, ça ne dit pas non plus forcément ton état de santé. Si tu te fies à l’IMC par exemple, tu as plein de gens qui sont en mauvaise santé (en sous poids comme en surpoids) alors qu’en réalité, pas du tout. Et je vous dirais encore plus que le poids, dans le cadre de la guérison d’un TCA restrictif (où vous avez perdu du poids notamment), la première année, c’est encore moins parlant. Comme je vous l’ai dit auparavant : à cause de la rétention d’eau, des hormones qui ne sont pas encore forcément stables, de votre digestion qui tourne encore au ralenti… Enfin, je vous conseille vraiment d’aller voir la vidéo que j’ai faite qui s’appelle “Ce qui peut se passer vis-à-vis de ton poids” au début de la reprise de poids. 

Ce que je peux vous dire en mot de fin, c’est réellement de vous accorder du temps et de faire confiance à votre corps. Et puis, un conseil indispensable que je ne cesserais de donner : c’est de lâcher votre balance. Vraiment, c’est ultra-important. Votre balance, pour le moment, c’est un outil de votre TCA, pas de votre guérison. 

Bon désolée, parce que cet article peut être frustrant si vous vous attendiez à une réponse claire qui répondrait à la question posée dans le titre. Mais je préfère être honnête et vous rappeler l’importance de vous détacher des chiffres. Si vous voulez compléter, je vous invite à écouter un autre article que j’ai fait il y a un peu plus longtemps où je parle de l’IMC (et du poids de forme d’ailleurs) et j’explique pourquoi ce sont de mauvais indicateurs pour les troubles alimentaires.

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, Peur du poids, 0 commentaire
Guérison TCA : « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi ? »

Guérison TCA : « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi ? »

Guérison TCA : « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi ? »

On se retrouve pour un nouvel article que j’ai appelé « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi en guérison ? ». Ce titre, je l’ai mis entre guillemets, car il s’agit d’une phrase que tu as déjà pu te dire, et que beaucoup de personnes ayant un trouble alimentaire (ou ayant eu) peuvent être amenées à penser (moi la première !).

Du coup, j’ai eu envie de créer un contenu qui va venir répondre à cette question, en quelque sorte, et que tu pourras lire dès que tu te diras cette réflexion.

J’ai plein de choses à dire par rapport à ça (j’ai toujours plein de choses à dire sur le sujet des TCA toute façon, parce qu’il n’y a jamais une réponse simple et concise. Enfin, rarement ! Puisque les TCA sont des maladies aux problématiques complexes…). Mais tout ça pour dire que je vais un peu donner mes idées « en vrac », ce n’est pas forcément ordonné.

C’est normal que tu ressentes ça

Je commence par te dire que vraiment, c’est normal ce ressenti que rien ne fonctionne pour toi. Comme je viens de le dire, tu n’es pas la/le seul(e)l à ressentir ça :  je fais le pari que quasi toutes les personnes ayant un TCA ont au moins pensé ça une fois dans leur guérison, y compris les personnes qui en sont totalement sorties. 

Moi-même je me suis souvent dit ça lorsque j’étais malade. Parce que, encore une fois, les TCA sont des maladies vraiment complexes. C’est l’une des maladies mentales les plus difficiles à combattre, donc forcément, iil y a de nombreuses phases de désespoir (peut-être même que tu ressens ce sentiment que rien ne marche constamment). C’est une maladie aux problématiques complexes, donc il n’y a pas de « traitement » qui a des effets notables. Ce n’est pas un chemin de guérison où tu vas essayer une séance de n’importe quelle thérapie et tu vas voir un effet direct.

Donc ce qu’il faut retenir de ce premier point, c’est que c’est normal de ressentir ça et surtout, ça ne veut pas dire que c’est la réalité. Je veux dire que moi, la plupart du temps, je n’avais pas l’impression d’avancer. Ou alors, j’avais la sensation qu’à chaque pas en avant, j’en faisais 10 en arrière. Et pourtant, j’en suis sortie ! C’est avec le recul que je peux analyser les moments où j’avançais dans ma guérison. Mais à l’instant T, je ne le percevais pas. Donc c’est pareil pour toi ! Ce n’est pas parce que tu as la sensation que rien ne fonctionne que c’est le cas, en réalité, tu avances !

Tu ressens ça à cause de la comparaison

L’une des raisons qui peuvent expliquer ce sentiment que rien ne fonctionne, c’est à cause de la comparaison. La comparaison, c’est pour moi un symptôme ultra-fréquent dans les TCA, j’appelle d’ailleurs ça la comparaison malsaine, et j’en ai dédié un épisode complet (l’épisode 36). Ici, je vais vous parler de la comparaison que tu peux avoir avec les autres personnes malades (ou celles qui ont été malades).

Souvent, cette comparaison, elle se fait via des groupes de parole, ou pour les personnes qui sont prises en charge à l’hôpital et qui rencontrent d’autres malades. Mais la comparaison est surtout faite sur les réseaux sociaux. Même chose, j’ai fait un article sur le sujet des réseaux sociaux (comment ça impacte votre guérison et comment s’en protéger). Je t’invite à lire ces deux articles évidemment, mais je voudrais vraiment te rappeler que les chemins de guérison représentés sur les réseaux sociaux ne peuvent pas représenter la réalité.

Déjà parce que les personnes qui créent ces contenus ne montrent pas toujours tout. Mais surtout, parce que c’est ultra-difficile de représenter exactement ce qu’est un chemin de guérison. On ne peut pas en un post ou un réel représenter des années de combat. Donc non, la guérison ce n’est pas : 

❌ Manger des bols d’avoine ou d’avocado toast

❌ Devenir une fit girl qui va à la salle et qui progresse de semaine en semaine 

❌ Pleurer devant un fear food ou lors d’une sortie au resto, mais finalement en être fière

❌ Faire une énième crise, mais en tirer des leçons et réussir à les diminuer petit à petit

La guérison, c’est bien plus complexe, ce sont vraiment des montagnes russes. 

Et d’ailleurs, je suis assez certaine que certaines d’entre vous ont déjà comparé leur chemin de guérison au mien et ont peut-être culpabilisé en se disant « Mais elle, elle y arrivait, elle avançait vraiment contrairement à moi ». Et j’en suis sincèrement désolée si tu t’es déjà dit ça. Je pense que la maladie et l’exigence qu’elle impose aux personnes malades rendent cette comparaison assez inévitable. Et bien que je le dise très souvent, que j’essaie d’être la plus transparente possible pour vous montrer à quel point j’ai galéré aussi, tu l’as peut-être quand même ressenti cette comparaison. D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui a fait que j’ai voulu écrire mon roman « L’anorexie, mon bouclier mortel ». Parce que c’est beaucoup plus « facile » de représenter toutes les galères que j’ai traversées, de le faire transparaitre dans un livre de 300 pages plutôt qu’un carrousel de 10 pages sur Instagram. 

Mais en tout cas, si tu t’es dit que je m’en sortais mieux que toi : non, chacun avance à sa façon, à son rythme, et il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de guérir.

Tu as des attentes irréalistes

Une autre raison pour laquelle tu as la sensation que rien ne fonctionne, c’est que tes attentes sur la guérison sont irréalistes. Et ces attentes peuvent d’ailleurs être faussées par ce que tu vois sur les réseaux sociaux, ce qui rejoint le point précédent et renforce mon conseil sur l’importance de se détacher de ce que tu vois sur les réseaux sociaux.

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Peut-être que tes attentes sont irréalistes sur le côté temporel, c’est-à-dire que tu t’attends à vite remanger ou réussir certaines choses qui te terrifiant en peu de temps. Ou peut-être que tu as déjà fait une dizaine de séances de psy et tu t’attends à ce que tes problèmes psy soient totalement réglés. Je vais dire quelque chose qui va peut-être décourager, mais personnellement, j’ai eu besoin d’au moins 7 ans de thérapie pour que mes problèmes psy soient quasi totalement réglés (et j’ai encore des petites choses à travailler). Alors non, ça ne veut pas dire que tu vas prendre des années, parce qu’en quelques mois, j’allais déjà mieux sur certains aspects, mais il faut garder en tête quand même que souvent les problèmes sont tellement profonds, qu’ils datent de plusieurs années, voire de l’enfance, que oui, ça prend du temps.

Tu as aussi peut-être des attentes irréalistes sur une méthode, une thérapie en particulier. Par exemple, je parle souvent de l’EMDR. Certaines personnes s’attendent à des effets un peu « du jour au lendemain », en 2-3 séances. Personnellement, j’ai vu des effets en plusieurs mois. Et au-delà de ça, c’était une thérapie qui m’allait, et ça ne veut pas dire que ça te conviendra forcément. 

L’état d’esprit que j’adoptais quand je tentais une nouvelle thérapie, c’était de me dire que ça pouvait vraiment fonctionner (parce que si tu pars défaitiste, il y a de grandes chances que cette thérapie ne t’apporte rien. Le mental joue beaucoup.) Mais par contre, je ne m’attendais pas à des miracles, ou à des changements notables. Je partais en sachant que ça m’apporterait quelque chose, ça m’aiderait, mais ça n’allait pas me transformer. Et je pense que c’est important de ne pas placer ses attentes trop haut parce que sinon tu vas être déçu et tu vas te décourager. 

L’autre fois, j’ai eu un flower call, donc un appel individuel, avec une fille qui souffrait d’anorexie. Et on a eu un échange ultra-intéressant sur les attentes justement. Elle me disait grosso modo qu’elle voulait guérir, et que du coup, elle avait très souvent des périodes où elle était à fond dans la guérison, mais dès qu’une crise revenait ou dès que la maladie « gagnait », alors elle s’arrêtait dans son mindset de guérison parce qu’elle se disait « en fait, ça ne sert à rien, ça ne fonctionne pas ». Et je lui disais qu’il ne faut pas viser la guérison totale tout de suite. J’avais alors réalisé qu’en fait, je n’avais pas visé initialement une guérison totale, parce qu’on m’a tellement dit « ça reste toujours en fond », que je me disais, il faut déjà que j’arrive à cet état de mieux, même s’il y a des restes. Et je suis arrivée à cet état de « mieux » qui n’était donc pas la guérison totale (c’est ce que j’appelle la quasi-guérison). Et c’est quand j’étais à ce stade, que j’avais déjà fait de nombreux pas, que j’avais déjà avancé sur de nombreuses problématiques, que j’avais déjà plus d’énergie, que j’ai finalement pu atteindre la guérison totale (parce que oui, elle est possible, sans qu’elle reste en fond à vie). 

Mais c’est comme la métaphore de l’escalier : quand tu montes l’escalier, tu regardes la prochaine marche, tout au plus les 3 prochaines. Tu n’espères pas arriver sur le palier d’au-dessus dès le prochain pas en avant. 

Et j’en profite aussi pour redire que la guérison, c’est surtout essayer plus que réussir. Dans mon chemin de guérison, si je l’analyse grosso modo, j’ai la sensation que 95 % du temps, j’essayais de lutter contre la maladie, mais que c’était elle qui « gagnait ». Peut-être que concrètement, j’avais encore compensé, je m’étais encore restreint, j’étais restée dans ma zone de confort. Mais j’avais essayé de lutter contre, j’avais indiqué à mon cerveau qu’il existait une autre voie possible que celle de la maladie, un chemin plus positif qui amène à la vraie vie. Et quand tu essaies, tu avances. Vraiment, même si en finalité, c’est la maladie qui a gagné, tu as avancé. 

Ça me fait penser aussi aux personnes qui sont malades depuis 20 ans et qui me disent que de ce fait, elles n’arriveront pas à en guérir. Oui, c’est vrai que la maladie est installée depuis plus longtemps. Mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas possible de s’en sortir. Par contre, oui, peut-être que l’on ne peut pas avoir les mêmes attentes qu’une personne qui est malade depuis 3-5 ans. Mais les attentes vont être différentes sur le temps que ça prendra, sur les types d’avancés. Donc pour moi, c’est quand même possible, mais il ne faut pas se fixer d’objectifs non réalisables, et se dire que c’est vraiment un travail qui se fait petit à petit.

Donc, fixe-toi vraiment des objectifs atteignables, réalistes. Par exemple : 

  • Ne plus avoir de balance chez soi
  • Changer son utilisation des réseaux sociaux
  • Faire une activité qui va t’aider à te reconstruire, qui n’a pas de rapport avec le corps/l’alimentation
  • Utiliser une distraction dès que tu entends une conversation sur les régimes
  • Dès que tu as un discours intérieur négatif, t’apporter de la bienveillance et te dire quelque chose que tu dirais à une personne que tu aimes vraiment

Ces objectifs te paraissent peut-être bidon ou pas assez grands, mais moi, je parle de ces objectifs. Parce que rien que quand tu réussiras vraiment à remplir déjà tout ce que j’ai dit là, tu vas avancer dans la guérison, tu auras affaibli la maladie. Et c’est avec des petits pas comme ça que tu avances. 

J’en profite d’ailleurs aussi pour dire que je ne recommande pas d’avoir des objectifs chiffrés sur le poids, l’IMC, les grammes, les calories… La guérison, c’est aussi prendre du recul sur toutes ces données chiffrées, c’est changer son regard par rapport au poids, aux calories, etc. Donc si vraiment ce sont des données qui doivent être surveillées, préfère garder ça aux médecins, sans que tu aies à t’en occuper. Et surtout, on ne peut pas prédire comment le corps va réagir, on ne peut pas contrôler la reprise de poids ni les besoins de ton corps (certains jours tu auras plus faim, et se mettre un objectif de gramme ou de calorie, c’est risquer de se le mettre comme maximum, plutôt que comme minimum. Donc ça en devient contre-productif pour la guérison, et ça finit par alimenter le côté maladie).

Wow, j’ai dit beaucoup de choses sur ce point-là, mais je trouve vraiment que c’est des informations importantes, des prises de conscience que j’ai eu et qui ont beaucoup joué dans mon chemin de guérison, donc j’ai envie de vous les partager (même si c’est des choses que j’ai déjà pu dire dans d’autres contenus, la répétition ne fait pas de mal dans la guérison des TCA !)

Nécessité de combiner & tester plusieurs approches

Une autre raison pour laquelle tu as l’impression que ça ne fonctionne pas, c’est qu’il y a certaines dimensions de la guérison qui ne sont pas traitées. 

Je l’ai déjà dit dans plusieurs contenus et je pense notamment à celui où je parle de mon parcours de soin que je t’invite à lire.

Mais en gros, les troubles alimentaires touchent pas mal d’aspects de ta vie et ce sont des maladies dont le traitement est multidimensionnel.

Si je devais catégoriser les dimensions à travailler, ce seraient les suivantes : 

Physique

Évidemment, le côté physique doit être travaillé. C’est-à-dire que si tu es en sous-poids, en dénutrition, ton corps a besoin de retrouver son poids de forme pour avoir l’énergie nécessaire de se battre contre la maladie. 

Alimentaire

Même chose, si tu ne réintègres pas les catégories d’aliments que tu diabolises, si tu es toujours dénutrie, la guérison totale ne sera pas possible.

Psychologique

Qui est pour moi la phase la plus importante. L’alimentation, le poids, ce sont des conséquences de la maladie, mais pas les causes. Donc c’est important de traiter les causes pour une guérison totale.

Restructuration cérébrale

restructuration cerebrale trouble alimentaire

Quelque chose qui est très souvent oublié/mis de côté. Je trouve qu’on en parle trop rarement dans les traitements. Mais pour faire simple, notre cerveau va créer des schémas de croyances à partir de nos pensées et de nos actions. Exemple : si devant un plat de pâtes, le TCA te fait avoir peur. Alors ton cerveau associe que pâtes = danger. Et à chaque fois que tu ressentiras cette peur, ça renforcera cette croyance (qui est erronée). Autre exemple : Si dès que tu as un paquet d’aliments dans les mains, tu regardes les calories, alors ton cerveau enregistre que les calories sont une donnée auxquelles il faut accorder de l’importance.

En gros, ton TCA (et parfois la société, et même ton éducation) va te donner un ensemble de croyances erronées. Et ça concerne la nourriture, l’apparence, mais aussi de nombreux autres aspects de ta vie (exemple : parfois au travail, tu te dis que toi, tu dois travailler plus que les autres, car tu es moins intelligent(e). Parfois dans ta vie sentimentale : tu te dis que tu ne mérites pas quelqu’un qui te respecte, que tu dois te dévouer à cette personne pour être aimé, etc). Et en gros, la restructuration cérébrale, c’est identifier ces croyances erronées pour les déconstruire et reconstruire un ensemble de croyances saines. C’est un travail minutieux, qui prend du temps, qui va se faire petit à petit. Ça passe par beaucoup d’introspection personnelle, mais tu peux t’aider avec des thérapies comme les TCC (thérapie cognitivo-comportementale). Pour moi, c’est l’un des aspects de la guérison les plus importants et qui est trop souvent oublié, et qu’en fait, en France, peu de professionnels intègrent. J’ai découvert ça très tard dans ma guérison, en faisant mes propres recherches, vers la fin, quand j’étais en quasi-guérison, donc vers 2020. Et je suis sûre que si je l’avais découvert avant, ça m’aurait aidé plus tôt.

Pour t’aider dans la restructuration cérébrale, j’ai conçu un outil avec 140 fiches de croyances déconstruites.

Dans chaque fiche, tu as une partie pour t’expliquer d’où vient la croyance (pour t’aider à des prises de conscience). Puis je te donne des arguments non biaisés par la maladie, basés sur la logique, parfois des faits scientifiques pour t’aider à déconstruire la croyance et reconstruire un schéma de croyance saine, pour ta guérison.

La confiance en soi/la reconstruction de votre identité

Indépendamment de la maladie.

L’acceptation corporelle

Pareil, c’est quelque chose de peu travaillé en France je trouve. C’est quelque chose sur laquelle j’ai dû faire beaucoup de recherche et de travail seule pour la travailler.

Tous ces aspects, je propose de les travailler avec des exercices et vidéos concrètes dans mon programme Butterfly Body. Mais évidemment, je vous invite à vous rapprocher aussi de professionnels qui sont spécialisés dans les TCA.

Mais tout ça pour dire qu’il y a beaucoup de personnes, quand je discute avec elles, je me rends compte que le travail de guérison s’est surtout fait sur les symptômes de la maladie, sur les conséquences (donc souvent le poids, et la nutrition), mais que le travail psychologique est resté assez « en surface », donc ces personnes restent dans une espèce de quasi-guérison, et ont de ce fait la sensation qu’on ne peut pas vraiment s’en sortir. 

Et je ne les blâme pas parce que je pense qu’en France, on a encore beaucoup de progrès à faire sur la prise en charge de la santé mentale et notamment des TCA. Même si je remarque que de plus en plus de professionnels développent une approche pluridisciplinaire, mais je pense qu’ils ne sont pas assez nombreux au vu du nombre de personnes malades. 

Les problématiques sous-jacentes ne sont pas traitées

C’est un point qui est lié à ce que je viens de dire, et notamment à la dimension psychologique de la guérison. 

C’est pour moi d’ailleurs le point le plus important qui explique parfois le pourquoi certaines personnes ont l’impression que rien ne fonctionne.

Les troubles alimentaires sont liés à des problématiques sous-jacentes (traumatisme, anxiété importante, dépression, etc.). Je le dis souvent, un TCA vient en réponse à un mal-être profond. C’est comme une échappatoire que ton corps a trouvée pour t’aider à survivre face à la douleur interne qu’il ressentait, même si tu n’en avais pas conscience. Et donc, c’est important de travailler ça en parallèle des autres dimensions pour espérer une guérison totale.

J’ai rapidement eu un suivi psychologique dans mes TCA et je l’ai gardé jusqu’à là, récemment (alors que je n’ai plus de TCA). Pour moi, c’est primordial. Je sais qu’il y a beaucoup de professionnels qui disent qu’à un certain stade de la maladie, c’est des choses qu’on ne peut pas travailler.

Par exemple : pour les patients trop dénutris, où la maladie a trop de « puissance dans leur vie ». Et je suis d’accord quand même. C’est sûr que si tu es dénutri, que ton poids est trop faible, tu auras beaucoup moins d’énergie et tu vas mal raisonner pour pouvoir avancer avec lucidité sur tes problématiques psychologiques. D’où le fait qu’il est important de travailler la renutrition en parallèle. 

C’est certain que si tu as un gros traumatisme, je ne conseille pas de le travailler quand tu es déjà au plus bas. Mais c’est important d’avancer sur certaines problématiques. Parce que malheureusement, c’est rarement une seule cause. Par exemple, moi, je devais travailler la problématique d’attouchement subi en étant enfant. Mais ça, je l’ai travaillé tard, vers 2021, quand j’étais quasi sortie des TCA. Par contre, avant, j’ai beaucoup travaillé sur ma peur d’être adulte, ma peur de grandir, ma peur de me détacher de ma mère, mon estime de moi-même, etc.

Comment travailler sur ça ?

Honnêtement, chacun va un peu trouver la méthode qui lui convient. Moi, j’ai toujours beaucoup écrit sur des carnets, à me faire des moments d’introspection, de prise de recul et ça m’a beaucoup aidé pour prendre conscience de schémas toxiques que j’avais en moi. 

Des livres de développement personnel m’ont aussi aidé à prendre conscience que je n’avais pas le bon état d’esprit sur la vie, ça m’a aidé sur mon perfectionnisme, etc. (je pense notamment aux livres de Laurent Gounelle, mais il y en a plein, j’ai fait un article avec toute une liste de livres que je recommande, je vous mettrai le lien en description). Et après, évidemment, les thérapies psychologiques aident.

Alors, il y a les thérapies où tu vas surtout parler. Mais parfois, ce n’est pas simple de mettre des mots sur ce que tu ressentes, ou parfois, tu as déjà parlé de nombreuses choses, mais en vain, tu n’arrives pas à avancer sur une problématique, comme si ça bloquait dans ton corps. Je recommande du coup les thérapies psychocorporelles. Je pense par exemple aux thérapies suivantes : kinésiologie, EMDR, Access Bars, EFT. Je ne vais pas les détailler une à une, d’un parce que je ne suis pas experte, mais aussi parce que l’article serait trop long haha (il l’est déjà assez). Mais je vous invite à vous renseigner sur des thérapies psychocorporelles qui sont pour moi à tester, en complément évidemment d’autres thérapies. Ne vous attendez pas à des miracles, mais ça + ça… ça va vous aider à avancer.

Quelque chose que je voudrais préciser : je te parle d’avancer sur les problématiques psychologiques, d’avoir des réflexions, des prises de conscience, des discussions sur ces problématiques. Je ne t’ai dit à aucun moment qu’il faut les résoudre pour guérir. J’insiste là-dessus parce que ça pourrait te décourager sinon. Tu ne dois pas tout résoudre pour guérir. Parfois, vous allez avoir une prise de conscience ou avoir une discussion à un moment T, puis c’est 2 ans plus tard que tu vas y repenser et que ça te fera beaucoup plus « déclic » dans ta tête. Donc encore une fois, au moment de la prise de conscience tu ne vois pas de progrès concrets, mais pour autant, tu as avancé. 

Donc la dimension psychologique est vraiment importante, parce que parfois, on me dit « j’ai envie de reprendre du poids, d’avancer, mais c’est comme si mon corps ne voulait pas m’aider ». Et le corps est vraiment dans ton camp, dans le sens où il veut te protéger. Donc parfois, ton corps, t’envoie un signal pour te dire « eh oh, quelque chose n’est pas réglé ». Et je suis d’accord, ce n’est pas toujours facile de mettre le doigt dessus, d’où la possibilité de tester les thérapies psychocorporelles où le thérapeute va surtout faire parler ton corps + que toi. Je pense aussi au fait que parfois, il faut aller chercher du côté de la psychogénéalogie, donc la mémoire de tes ancêtres pour comprendre certaines choses.

Les bénéfices de la maladie sont supérieurs aux bénéfices de la guérison

Un autre point qui est encore une fois lié au précédent : c’est le fait que la maladie t’apporte des bénéfices secondaires qui représentent donc des barrières très fortes à ta guérison. J’ai dédié un article à ça, où je vous parle de comment trouver tes bénéfices secondaires et je te donne tous les bénéfices que j’avais moi-même identifiés. Pour moi, cet exercice, c’est un indispensable de la guérison des TCA. Tu ne vas pas forcément les identifier tout de suite, ils vont aussi potentiellement évoluer. J’ai certaines personnes qui m’ont dit l’avoir fait une fois, puis avoir réitéré l’exercice 6 mois plus tard et elles ont découvert beaucoup plus de choses. 

Donc je t’invite à le refaire de temps en temps aussi.

Mais parfois, les bénéfices de la maladie te protègent encore beaucoup trop, parce que justement, le côté psychologique est encore trop en souffrance, trop à vif. Ne t’en veux pas pour ça, « bénéfices secondaires » c’est le terme psychologique, mais ce n’est en rien conscient et volontaire de ta part. Ça ne veut pas dire que tu préfères rester malade. Je ne développe pas plus ce point parce que c’est lié à ce que je viens de dire et j’en parle énormément dans l’article dédié.

Tu es trop dans ta zone de confort

Ta zone de confort, c’est celle de la maladie. Et je sais que ce n’est pas simple, mais si tu restes constamment dans ta zone de confort, tu déloges beaucoup moins la maladie. Sortir de ta zone de confort est ce qui te terrifie le plus, mais ce qui te fait le plus peur en guérison est justement ce qui peut te sauver. Ce sont les choses qui m’ont fait le plus peur qui m’ont permis d’avancer le plus dans ma guérison. Et je dis ça encore une fois avec du recul. Parce que c’est sûr que sur le moment même, c’est inconfortable, et tu as plus la sensation de mal faire que de bien faire. Mais c’est comme ça, justement, que tu vas à l’encontre de la maladie.

Encore une fois, je sais que c’est difficile, mais c’est important que tu te mettes dans des situations « d’inconfort » de temps en temps. 

Encore une fois, ne t’en demande pas trop. Cela dépend vraiment d’où tu en es dans ton parcours de guérison. À certains moments de ma guérison, notamment à la fin, quand j’avais déjà repris du poids et que j’avais beaucoup avancé, là, je sortais de ma zone de confort presque tous les jours. Mais la plupart du temps, notamment au début, c’était plutôt une fois par semaine, voire parfois à une fréquence encore moindre quand je n’allais vraiment pas bien. Donc ça rejoint ce que je te disais sur les attentes irréalistes, parfois, c’est contre-productif de se mettre des défis qui sont trop grands. C’est difficile de juger quel défi se mettre, d’où l’importance encore une fois d’avoir un suivi avec des professionnels spécialisés.

Tu ne manges pas assez

Ce point est aussi lié au précédent. Et je sais à quel point il est difficile. Mais en gros, si tu manges constamment les mêmes aliments, ceux qui te rassurent, ceux que ton trouble alimentaire estime comme sains, alors encore une fois, tu restes trop dans ta zone de confort. Et même chose si tu es en dénutrition, ton cerveau a beaucoup moins d’énergie pour raisonner convenablement, donc c’est beaucoup plus difficile de lutter contre la maladie. Je sais vraiment que ça, ce n’est pas simple. Quand j’étais malade j’en avais conscience, et pour autant je suis resté des mois voire année dans la restriction à manger tout le temps les mêmes aliments, et de ce fait, à faire souvent des compulsions sur les aliments que je m’interdisais. Mais je me dois de dire ce point-là parce que c’est vraiment quand j’ai réintégré les différentes catégories, quand je remangeais de tout, que j’ai pu voir vraiment une grosse différence, parce que mon cerveau était réalimenté, je raisonnais mieux et du coup, les pas que je faisais en avant étaient davantage « notables », et mes peurs étaient beaucoup moins irraisonnées. 

Tu restes dans le même environnement (toxique) de la maladie

Encore une fois ce point est lié au précédent. Mais personnellement, j’ai vraiment vu aussi un changement dans ma guérison quand j’ai un peu quitté l’environnement de la maladie. 

Dans mon livre « L’anorexie, mon bouclier mortel », je vous parle du fait que quand je suis sortie de ma première hospitalisation, je suis retournée exactement dans le même environnement que celui où la maladie s’est développée et j’ai rechuté tout de suite.

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Et par exemple un changement qui m’a beaucoup aidé aussi dans ma guérison, ça a été de ralentir le rythme que je m’imposais, donc pour ça j’ai fait une pause de quelques mois dans mes études. Je ne dis pas qu’il faut forcément arrêter ses études ou son travail, c’est vraiment au cas par cas ce choix. D’ailleurs, j’ai fait un article sur ce sujet où je vous expose ma réflexion sur “faut-il faire une pause dans sa vie pour guérir des troubles alimentaires ?”. Et un autre grand changement qui m’a aidé dans ma guérison, ça a été de déménager.

Donc je ne vous dis pas de quitter ton travail ou de déménager pour guérir. Par contre, je t’invite vraiment à faire un point dans ta vie pour voir si tu n’es pas bloqué dans un environnement toxique. Je t’invite vraiment à te poser et à réfléchir aux différents aspects de ta vie : que ce soit ton logement, ton travail, ton rythme de vie, les lieux que tu fréquentes souvent, même les proches que tu vois souvent… Essaye de faire le point et de voir s’il y a des choses qui te semblent toxiques, qui te mettent en difficulté. Et si tu en identifies, essaies de voir comment tu pourrais diminuer, voire arrêter cette toxicité. Ça demande parfois de faire des choix difficiles, mais ta vie et ton futur t’en remerciera. 

Et parfois, ce ne sont pas des grandes choses. Ça peut être remarqué que tu fais des petites habitudes toxiques. Rien que le faite, par exemple, de consulter fréquemment des comptes de recovery mais qui montrent leur poids, leurs assiettes, etc., ça, ça peut être une habitude toxique qui vous maintient dans la maladie.

Tu es seul-e

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Une autre raison pour laquelle tu as l’impression que ça ne fonctionne pas, c’est que tu êtes trop seul(e). Je sais que ce n’est pas toujours évident, parce que déjà, la maladie elle te pousse à te refermer sur toi-même. Elle te convainc également que tu es un poids pour les autres. Parfois aussi, il y a des personnes qui se sont éloignées de toi après des mois, voire des années dans la maladie.

Mais ça, pour le coup, je trouve que ça fait vraiment une grande différence dans la guérison. Et je le vois aussi sur les personnes avec qui j’échange en Flower call. Je vois sincèrement une différence entre les personnes qui sont entourées et celles qui ne le sont pas.

Je suis parfois étonnée et hyper triste parce qu’il y a des personnes qui me disent que par exemple, leur conjoint ou leurs propres parents ne savent pas qu’ils ont un trouble alimentaire. Il y a vraiment des personnes qui vivent leur trouble alimentaire sans que personne autour d’elles sachent qu’elles sont malades. Et ça me rend vraiment triste parce que ces personnes qui sont malades ont besoin d’aide, de soutien, pas de solitude.

Donc si c’est ton cas, je t’invite vraiment à essayer de trouver une ou deux personnes. Au moins une, en qui tu peux avoir confiance, qui est sensible aux problématiques de santé mentale et à qui tu te confies. Moi aussi, j’avais l’impression d’être un poids pour mes amis. 

Mais honnêtement si j’avais une copine dans le besoin, mais je serais ravie qu’elle m’en parle en fait. Et c’est vrai qu’à un moment de ma vie, mon discours était peut-être plus négatif, j’avais besoin de soutien, d’aide. Mais c’est temporaire. Aujourd’hui parfois les rôles se sont inversés et j’ai été la personne qui a pu soutenir mes amis. 

Donc là je te parle de l’entourage personnel, mais j’insiste aussi sur le fait que tu aies un accompagnement avec des professionnels. Tu ne pourras pas te sortir seul(e) de ton trouble alimentaire. Ça, c’est un mythe que ton trouble alimentaire lui-même essaye de te convaincre pour continuer de se développer en fait. 

Et au-delà d’avoir un suivi avec des professionnels, parfois, il n’est pas assez fréquent. Pour moi, voir son psychologue une fois par mois, ce n’est pas assez. C’est au moins une fois par semaine. J’avais même eu des périodes où je voyais plusieurs professionnels dans la semaine. Après, je sais que financièrement ce n’est pas toujours possible, mais tu n’es pas non plus obligée de voir un psychologue, ça peut être aussi des groupes de soutien ou des groupes de parole qui sont organisés à bas prix ou même gratuitement dans des associations. Et n’oublie pas aussi, tu peux demander l’ALD à ton médecin traitant. Ça veut dire “affection à longue durée”. Et ça permet que tout ce qui est en rapport avec ton trouble alimentaire soit pris en charge par la Sécurité sociale. Malheureusement ça reste les professionnels où l’on peut passer sa carte vitale comme le psychiatre par exemple, mais pas le psychologue. Mais ça peut déjà réduire tes coûts.

Tu n’aides pas ton cerveau

Une autre raison qui peut expliquer pourquoi tu as l’impression que rien ne fonctionne, c’est parce que tu n’aides pas ton cerveau. Ce point rejoint le point où j’ai parlé de la restructuration cérébrale. En gros, il faut vraiment voir le trouble alimentaire comme un poison dans ton cerveau qui va créer un brouillard mental. Et pour moi, c’est important d’aider ton cerveau avec de la positivité, avec de l’espoir, pour travailler le côté sain en toi.

Quand on a un trouble alimentaire, on note souvent de l’ambivalence en soi, c’est-à-dire qu’on a l’impression qu’il y a un côté noir et il y a un côté plutôt blanc qui est toi en fait.

Donc aide son cerveau, déjà, c’est croire en la guérison, croire que c’est possible et croire que tu vas y arriver. Ça, je te le dis souvent et c’est vraiment important. Après évidemment tu peux avoir des jours où tu n’y crois pas, mais globalement l’idée c’est quand même de se dire que tu vas y arriver. 

Ensuite je donne plein de conseils pour créer un environnement favorable à la guérison en aidant ton cerveau à être dans un environnement positif dans mon article sur les 16 outils à mettre en place. Donc même chose, je vais pas tout redire ici, je t’invite vraiment à aller le lire. Dans cet article, je réalise que je vous ai souvent envoyé vers d’autres de mes contenus, mais c’est parce que déjà, là j’ai plein de choses à te dire, et comme les troubles alimentaires sont très complexes, il y a énormément de choses à expliquer et à nuancer. Donc ça vaut le coup que tu lises le contenu qui est dédié sur la problématique en question.

Tu vois les rechutes comme quelque chose de négatif

Une autre raison qui fait que tu as l’impression que rien ne fonctionne, c’est que tu vois les rechutes et les jours difficiles comme quelque chose de fataliste. Alors évidemment, c’est tellement difficile que c’est normal que tu le voies comme ça. Mais j’en avais parlé dans mon article sur les rechutes justement, où je dis que vraiment, les journées difficiles et les rechutes, c’est dans ces moments-là où finalement, tu avances le plus. Moi, si je repense à mon parcours de guérison, j’ai l’impression qu’il y avait beaucoup plus de jours négatifs que positifs. Pourtant j’en suis sorti. Parce que ce sont les jours négatifs qui comptent dans la guérison. Et ce n’est pas parce que tu as rechuté que tu es retourné au point de départ. Les rechutes et les journées négatives n’effacent pas tes avancées.

Donc finalement ça rejoint le tout premier point que je disais, c’est que ce n’est pas parce que tu as l’impression que ça ne fonctionne pas que c’est la vérité.

Célèbre tes petits pas

Et du coup, par rapport à ce dernier point et puis globalement par rapport au fait que tu as l’impression que rien ne fonctionne, je t’invite vraiment à te poser et à noter dans un carnet régulièrement tous les petits pas que tu fais en avant, toutes les fois où tu es fier de toi. 

C’est important de les noter pour les relire quand tu as l’impression que tout va mal. Et si tu ne l’as jamais fait, je t’invite aussi à faire un peu une rétrospective depuis que tu es malade, des choses que tu as réussies, de tes avancées. Même si c’étaient des choses qui te paraissent insignifiantes, même si depuis tu as l’impression que tu as régressé sur ces points-là. Encore une fois, ce n’est pas parce que tu as rechuté ou que tu vas moins bien que ça efface tes avancées passées. Quand un sportif a remporté un match en 2022 et qu’en 2023 il a perdu un autre match qui était tout aussi important, ça n’efface pas sa victoire de 2022. 

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Parfois j’ai des personnes qui me disent « je suis malade depuis X années et je n’ai jamais réussi à avancer, je n’en vois pas le bout ». Et finalement, en discutant avec elles, on prend conscience ensemble des avancées qu’elles ont déjà faites. Et ça peut t’aider à te garder motivé.

Et puis je terminerai cet article en te disant aussi de vraiment t’accorder de la patience. Je sais que ce n’est pas simple de dire ça à une personne qui souffre et qui n’en peut plus. Mais vraiment la guérison des troubles alimentaires, elle prend du temps. Et pour autant, moi, j’ai eu des moments, et notamment vers la fin, où j’ai eu des avancées très rapides, bien plus vite que ce que je n’aurais pensé. Par exemple mes tocs qui ont disparu quasiment tous du jour au lendemain. Mais c’est parce que j’avais avancé sur d’autres aspects de ma guérison en amont. Et pourtant je n’en avais pas conscience. Je ne sais pas si tu arrives à percevoir ce que je veux dire là, c’est quelque chose sur lequel j’ai plus longuement insisté dans mon roman autobiographique, « l’anorexie, mon bouclier mortel », tu peux le trouver sur Amazon si ça t’intéresse. 

J’espère que cet article et tous les éléments que je t’ai donnés là t’auront aidé à te dire que même si tu as l’impression que ça ne fonctionne pas, tu avances quand même. J’espère que ça t’aura réconforté, que ça t’aura apporté de l’espoir et des nouvelles pistes peut-être pour ton chemin de guérison. N’hésite pas à me faire le retour !

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Thérapie, 3 commentaires
Trouble alimentaire & infertilité ?

Trouble alimentaire & infertilité ?

Trouble alimentaire & infertilité ?

La fertilité… ou l’infertilité après/avec des troubles alimentaires. C’est un sujet que je voulais aborder depuis longtemps, car je sais que vous êtes nombreux à vous questionner sur le sujet. Mais je voulais attendre d’expérimenter un peu plus avant d’en parler. Quand je dis expérimenter, en réalité, j’attendais de tomber enceinte ! Et c’est en portant mon premier enfant que je t’écris cet article de blog ! C’est donc pour moi le moment idéal pour écrire sur le sujet de l’anorexie et l’infertilité.

Je vous ai annoncé ma grossesse sur Instagram au début du mois d’août et à ma grande surprise, vous avez vraiment été nombreux à vouloir en savoir plus sur ma grossesse. Ça me touche vraiment et je suis heureuse de pouvoir partager ça ! J’arrive déjà à la fin du deuxième trimestre. J’ai donc pas mal de choses à vous partager ! 

Je vous ai partagé une « boîte à question » en story pour savoir les sujets qui vous intéressent dans la grossesse / maternité & les TCA. Et de nombreuses questions sont revenues sur la fertilité avec et/ou après des TCA

Dans cet article, je vais donc répondre à cette partie-là ! Pour ce qui est des autres questions, j’y réponds dans mon épisode de podcast dédié à la grossesse & TCA 🙂 

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Retour de règles après un TCA

Il y a eu plusieurs questions concernant le retour de mes règles après les TCA. 

Me concernant, j’étais sous pilule lorsque je suis tombée malade. Les médecins m’ont dit de la garder pour soutenir mes os et me protéger de l’ostéoporose. J’ai donc toujours eu des sortes de « règles » puisque j’étais sous pilule, mais ce n’était clairement pas des vraies. Et d’ailleurs, j’ai quand même vu une différence en voyant mes cycles être très courts et avec un flux vraiment minimes. Je dirais que mes règles sont revenues de façon plus naturelle après quelques mois de réalimentation et de reprise de poids. J’ai fait le choix en 2021 d’arrêter la pilule et du coup ça m’a permis de confirmer que j’avais de vraies règles.

Mais le retour des règles est vraiment subjectif pour chaque personne : certaines personnes vont vite les retrouver, d’autres vont prendre plusieurs mois tandis que leur apport alimentaire a augmenté et qu’elles ont atteint leur poids de forme. C’est la nature qui choisit, et aussi la génétique ! Le mieux reste d’avoir un suivi avec une gynécologue. Et si vous voulez, j’en ai parlé plus en profondeur dans les épisodes de podcast 22 et 23 qui sont dédiés à l’aménorrhée dans les TCA où Florence, du compte @jenaiplusmesregles_livre est mon invitée ! Elle met d’ailleurs en avant ce livre « Je n’ai plus mes règles » qui explique en profondeur le pourquoi et comment retrouver ses règles. Donc, je vous conseille vraiment d’aller écouter les épisodes, consulter le compte de Florence et lire ce livre pour avoir le maximum d’informations à ce sujet.  

Pourquoi & comment les TCA impactent votre fertilité ?

On entend beaucoup des « on dit » qui disent qu’une personne qui a des TCA ou a eu des TCA a dégradé sa fertilité, en quelque sorte. Et on entend même parfois dire que c’est très difficile d’avoir un enfant avec, voire après, un TCA. Sur la question du « après un TCA », j’y réponds plus tard, mais bon, je vous ai déjà annoncé la couleur en intro ;).

Pour la question de « la fertilité avec un TCA », en effet, il y a pas mal de choses à dire. 

Les problèmes d’infertilité sont malheureusement fréquents et sont l’un des effets secondaires des TCA comme l’anorexie, mais aussi la boulimie, l’hyperphagie ou tout autre trouble alimentaire restrictif et/ou compulsif. D’ailleurs, j’ai lu qu’1 femme sur 5 qui souffre d’infertilité souffre également de TCA. Et comme je l’ai déjà souvent dit, il y a plus de personnes qui souffrent de TCA qu’on ne le croit, mais aussi plus de personnes qui souffrent de TCA qu’elles ne le croient. Dans le sens où je pense que des personnes ont des problèmes d’infertilité, et peut-être qu’à cause ou « grâce à ça », elles prennent conscience qu’elles ont des TCA. Bref, c’est une parenthèse que je referme :).

Cause n°1 : La sous-alimentation

Pour ce qui est des TCA restrictifs, la sous-alimentation fait que votre corps ne peut répondre à ses besoins nécessaires. Il doit donc prioriser le peu d’énergie qu’il reçoit sur les fonctions vitales (faire battre ton corps, faire fonctionner tes poumons, alimenter ton cerveau…). Il juge alors que la fonction de reproduction n’est pas vitale. Le système endocrinien de la femme est affecté, or c’est lui qui permet la production des hormones de reproduction. Cela perturbe donc l’ovulation et réduit la quantité d’ovules, entraînant des cycles irréguliers, voire l’arrêt total des règles. 

Cause n°2 : Le faible niveau de graisse

Les TCA restrictifs entraînent également de faibles niveaux de graisse corporelle. Or, je le dis souvent, le corps a besoin de gras. Un corps qui n’a pas suffisamment de gras a une production d’œstrogènes réduite, qui est pourtant une homogène cruciale pour le maintien de la fertilité. 

Cause n°3 : Les conséquences psychologiques

Les personnes souffrant de TCA souffrent également de stress, d’anxiété, parfois de dépression… Tout ça impacte grandement les ovulations. Pour les personnes qui ont retrouvé leurs règles, je ne sais pas si vous avez déjà remarqué des cycles plus courts ou plus douloureux quand vous êtes dans des périodes stressantes. Moi je me souviens qu’il m’est arrivé de sauter un cycle ou d’avoir un retard de 10 jours quand j’étais dans des périodes stressantes de ma vie, et ce, même quand j’étais guérie des troubles alimentaires. Donc ça montre l’impact du stress sur l’ovulation.

Cause n°4 : Le cas de la boulimie et de l’hyperphagie

On parle souvent des problèmes d’infertilité dans le cas de l’anorexie. Mais on parle moins souvent des TCA compulsifs comme la boulimie ou l’hyperphagie

Dans les TCA compulsifs, on retrouve également des dérèglements hormonaux. Les compensations (vomissements, laxatifs, hyperactivité…) perturbent la régulation des hormones et donc du cycle menstruel, compliquant la conception. 

Les comportements de purge peuvent également impacter la qualité des ovocytes. 

L’hyperphagie est parfois associée à une résistance à l’insuline qui peut également être l’une des causes d’infertilité. 

Et enfin, les TCA compulsifs sont aussi touchés par le stress. Or comme je l’ai expliqué dans le point précédent, un niveau élevé de cortisol peut inhiber la fonction reproductrice. 

Cause n°5 : L’hyperactivité : quelles conséquences sur la fertilité ?

L’hyperactivité, un niveau intense d’activité physique, vient également se placer dans les causes principales d’infertilité. L’activité intense entraîne des niveaux d’œstrogènes et de progestérone en diminution, or ce sont des hormones essentielles pour l’ovulation. 

La pratique du sport intense peut également entraîner une diminution de la masse graisseuse, qui impacte la production d’œstrogènes comme j’en ai parlé précédemment. 

Et évidemment, cela peut également entraîner des carences alimentaires nécessaires à une bonne fertilité (manque de fer, de calcium, de vitamines ou minéraux…).

J’ai également lu que l’exercice physique en abondance peut perturber l’implantation de l’embryon dans l’utérus à cause des niveaux d’hormones qui sont déséquilibrés et le flux sanguin vers l’utérus est aussi en baisse. Or ce sont deux éléments essentiels pour soutenir une grossesse. 

Enfin, le sport excessif est vécu comme une forme de stress pour votre corps. Cela augmente donc encore votre niveau de cortisol, qui plus est était déjà élevé, ce qui inhibe l’ovulation et donc perturbe l’équilibre hormonal comme j’en ai parlé précédemment également. 

Cause n°6 : Les comorbidités addictives

Il n’est pas rare de souffrir d’une autre addiction lorsqu’on souffre de TCA comme l’alcool, le tabac ou autre drogue. Or, ces substances font partie des premières causes d’infertilité.

 

D’ailleurs, je parle énormément du système de reproduction des femmes, puisqu’étant une femme, je connais bien plus. Mais la production de testostérone chez l’homme est aussi affectée par ces différents comportements de TCA (hyperactivité, purge, etc.), ce qui entraîne une perte de libido, une baisse du nombre de spermatozoïdes ou une altération de leur qualité. Tout ça impacte donc négativement leur fertilité. 

 

Donc clairement, malheureusement, oui, les troubles alimentaires impactent la fertilité lorsqu’on souffre de TCA et augmente grandement le risque d’infertilité.

Aménorrhée & TCA : est-il possible de tomber enceinte ?

anorexie-infertilite

On m’a aussi beaucoup posé la question de savoir s’il est possible de tomber enceinte tandis qu’on est en aménorrhée. 

Comme je viens d’en parler dans la partie précédente, on a vu que c’est clairement plus difficile de concevoir un bébé lorsqu’on souffre de TCA. Mais est-ce impossible, notamment pour les personnes en aménorrhée, c’est-à-dire qui n’ont plus de règles, que les cycles menstruels sont arrêtés ?

Pour répondre à cette question, j’ai littéralement demandé à mon experte sur le sujet, Florence, dont je vous parlais à l’instant ! 

En aménorrhée, il n’y a plus de cycles menstruels, ce qui veut dire qu’il n’y a plus d’ovulation. J’en ai expliqué les causes dans la première partie. Donc la logique veut que sans ovulation, il ne soit pas possible de tomber enceinte. Mais ça, c’est dans la théorie ! 

Si on est à la limite du déficit énergétique, ou si on est dans le cas où les cycles mensuels sont très longs, alors il est possible d’avoir des ovulations imprévisibles et irrégulières. Cette irrégularité entraîne des difficultés à déterminer le moment opportun pour avoir un enfant. Parce que du coup, pour vous expliquer grosso modo, sur tout le cycle, on n’a que quelques jours où on est fertile et où on peut donc maximiser nos chances de tomber enceinte. Alors certaines personnes préfèrent être en mode totale naturel et avoir des rapports quand ils ont envie. J’ai été dans la team « on maximise nos chances d’avoir un bébé sur cette période en multipliant les rapports ». Et quand j’en parle autour de moi, je vois que beaucoup sont dans cette team 🙂 

Bref, pour revenir sur la réponse à la question « peut-on tomber enceinte même en aménorrhée ? », la réponse est OUI. C’est assez illogique, improbable, mais c’est possible, même si les chances sont considérablement réduites. 

Mais j’ai quand même déjà plusieurs fois entendu des personnes qui pensaient être totalement infertiles en raison de l’absence de règles et qui ont eu la surprise de tomber enceintes ! Donc si quelque part, vous voulez un enfant, c’est une bonne nouvelle ! Mais d’autres personnes n’en veulent pas ou ne sont pas prêtes, d’où l’importance d’avoir toujours un moyen de contraception. 

Risque d’infertilité même une fois guérie des TCA ?

Jusque-là, j’ai beaucoup parlé des risques d’infertilité lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire. 

Mais qu’en est-il des risques d’infertilité après un trouble alimentaire ? 

Mon expérience : mes essais bébé après un TCA ?

Comme je vous ai dit dans le début de l’article, j’écris actuellement en étant enceinte. Donc la conclusion est rapide : oui, c’est possible de tomber enceinte même après avoir eu un TCA.

On m’a du coup demandé si j’ai rencontré des difficultés pour tomber enceinte ?

Quand on s’est lancé dans le projet, je me suis mise en tête que ça prendrait au moins 6 mois pour tomber enceinte. La moyenne est même de 8 mois à 1 an. 

Par contre, à aucun moment, je ne me suis dit que mon parcours avec les TCA allait impacter mes chances de tomber enceinte. Parce que je suis totalement rétablie et que j’avais de ce fait confiance en mon corps.

Mais quand j’ai annoncé ma grossesse à mon copain et à ma mère, les deux m’ont dit qu’ils avaient peur qu’avec mon passif dans les TCA, je rencontre beaucoup de difficultés voire je ne parviens même pas du tout à tomber enceinte. 

norainnoflower-enceinte

Et bien, vous savez quoi, je suis tombée enceinte après 1 semaine d’essai ! 

Et je me sais vraiment très chanceuse d’être tombée enceinte dès nos premiers essais ! Je n’ai pas connu la déception de voir le test de grossesse négatif. Et vraiment, j’ai une gratitude infinie pour ça ! Et je pense sincèrement à tous les couples qui rencontrent des difficultés, vraiment, je suis de tout cœur avec eux parce que j’en ai eu plusieurs couples d’amis autour de moi qui ont été concernés (et qui ont un bébé ou sont enceintes actuellement d’ailleurs), mais je sais à quel point c’est quelque chose de très difficile à vivre.

Donc, non, je n’ai pas du tout rencontré de difficulté à tomber enceinte, même après avoir vécu des TCA. 

Infertilité persistante après les TCA

Évidemment, l’histoire de chaque personne est différente. Et ce n’est pas parce que je suis tombée enceinte du premier coup que c’est la même chose pour tout le monde. 

Déjà, encore une fois, la moyenne se trouve autour de 1 an pour la conception. 

Il me semble qu’on parle d’infertilité après 12 mois d’essais bébé justement. 

N’étant pas concernée par cette infertilité persistante après les TCA, je me suis renseignée pour voir si ça existait. 

>> Cause n°1 des difficultés de tomber enceinte après un TCA : la quasi-guérison

Déjà, on note que beaucoup de personnes dites « guéries » rencontrent des difficultés. Mais en réalité, beaucoup de ces personnes sont en « quasi-guérison ». C’est-à-dire que la médecine les considère parfois guéries, car elles ont un IMC ou un poids qui est selon des tableaux statistiques « dans la norme », mais ces personnes sont toujours en restriction ou bloquées dans des mécanismes du TCA. Je parle de la quasi-guérison dans cet article : comment ne pas être bloqué en quasi-guérison. Je vous invite à le lire, parce que je sais que beaucoup de personnes ont écouté l’épisode de podcast correspondant et sont venues me voir en me disant qu’à l’écoute de l’épisode, elles ont pris conscience qu’elles étaient bloquées dans cette quasi-guérison alors qu’elles se pensaient totalement guéries.

Bref, tout ça pour dire que parfois, on se pense guérie, on est en projet, mais comme on ne l’est pas totalement, on rencontre des difficultés. 

>> Cause n°2 des difficultés de tomber enceinte après un TCA : la durée de la maladie

Il semblerait que la durée durant laquelle vous avez été malade impacterait la fertilité sur le long terme. Il n’y avait pas de données d’âge indiqué dans les articles que j’ai lus, je dirais peut-être 20 ans de maladie ? Mais sachez que j’ai eu plusieurs mamans qui sont venues me parler lorsque j’ai annoncé ma grossesse. Plusieurs d’entre elles souffrent de TCA depuis plus de 20 ans, parfois 30-40 ans. Et elles avaient eu des enfants même en ayant un TCA. Donc ce n’est pas impossible encore une fois.

La durée de la maladie peut avoir des dommages à long terme sur la fonction ovarienne qui serait réduite, et pourrait causer dans des cas beaucoup plus rares qu’une ménopause prématurée.

>> Cause n°3 des difficultés de tomber enceinte après un TCA : le manque de temps depuis la guérison

J’ai mis en route mes essais bébés 3 ans après être totalement guérie de mes TCA

Et c’est clairement certain que ça m’a aidé. 

Comme on l’a vu précédemment, le TCA impact la qualité des ovocytes, perturbe les niveaux d’hormones. Il faut donc laisser du temps au corps de récupérer, de se réparer. D’autant que le corps a beaucoup de dommages causés par le TCA à réparer : les muscles, la reproduction des cellules, réalimenter les organes, relancer la digestion, etc. La fonction de reproduction peut passer en dernière priorité chez certaines personnes. Et ça, comme je le disais par rapport à la question du retour des règles après un TCA, c’est vraiment aléatoire chez chaque personne. Je sais que c’est frustrant, mais c’est la nature qui décide, pas vous. Ce sur quoi vous avez le ‘pouvoir’, c’est la réalimentation, la diminution de l’hyperactivité, la gestion du stress… Donc, vous pouvez soutenir votre corps, mais pas le forcer. 

Donc parfois, il faut s’armer de patience pour que le corps récupère et soit prêt à être opérationnel pour la reproduction. Dites-vous que si c’est long, c’est que votre corps n’est pas prêt à accueillir un bébé, et que de ce fait, il ne serait pas bien. Votre corps est dans votre camp, il fait tout pour vous réparer et faire en sorte que vous puissiez créer un nid douillet au sein de votre utérus pour votre futur bébé. 

>> Cause n°4 des difficultés de tomber enceinte après un TCA : autres problèmes gynécologiques

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Ensuite, il y a des personnes qui peuvent rencontrer des difficultés à tomber enceinte après un TCA sans que ça n’est aucun rapport avec leur passé dans les TCA. Il y a de nombreuses causes d’infertilité, comme des problèmes gynécologiques tels que l’endométriose ou un SOPK (Syndrome des Ovaires PolyKystiques). D’où l’importance d’être suivi par des professionnels, par une gynécologue et/ou sage-femme. D’ailleurs, peut-être que les gynécologues, ça vous fait peur. Je trouve qu’une sage-femme est parfois plus douce. J’ai souvent eu de très bons retours des personnes suivies par une sage-femme et je sais qu’on n’y pense pas forcément. Non, il ne faut pas être en projet bébé pour être suivi par une sage-femme. Tu peux avoir 15-16 ans, sans aucun projet bébé et être suivie par une sage-femme. 

>> Cause n°5 des difficultés de tomber enceinte après un TCA : autres causes psychologiques

On a parlé du stress comme facteur impactant la fertilité. Or, j’en ai déjà parlé plusieurs fois, mais ce n’est parce qu’on sort des TCA que miraculeusement, la vie devient sans problème. Je n’ai plus de TCA aujourd’hui. Pourtant, je suis toujours une personne très angoissée, anxieuse, stressée… Appelez ça comme vous voulez. Mais clairement, c’est quelque chose de toujours compliqué. Et je l’ai dit aussi juste avant, mais j’ai eu des cycles impactés par ce stress.

Donc c’est possible que vous soyez sortis des TCA, mais que votre stress fasse que ça impacte votre fertilité.

 

Enfin, il y a d’autres causes possibles qui peuvent faire que vous rencontrez des difficultés à tomber enceinte, mais qui ne sont pas liées à votre passé avec les TCA. De toute façon, après 1 an d’essai, souvent on va chercher de l’aide auprès de professionnels spécialisés dans les problématiques d’infertilité pour faire toute une batterie d’examens et investiguer sur les causes possibles. 

grossesse avec un TCA ?

Je fais un petit aparté sur la grossesse lorsqu’on souffre d’un TCA.

Les personnes souffrant de TCA peuvent rencontrer des complications lors de la grossesse

Déjà, il y a un risque de fausses couches qui est plus accru. Une fausse couche ce n’est malheureusement pas rare, c’est 1 grossesse sur 5. C’est lorsque la grossesse s’interrompt, dans la plupart des cas, c’est dû au fait que la grossesse est non évolutive. C’est-à-dire que le fœtus se développait mal ou il y a un autre problème chromosomique quelconque. Mais ce n’est pas la faute de la maman. 

Le risque de fausse couche peut être plus accru, car le niveau de stress subi par le corps est trop élevé (avec les carences nutritionnelles ou l’hyperactivité par exemple). Le déséquilibre hormonal peut également entraîner des anomalies de l’endomètre (la muqueuse de l’utérus).

Il y a d’autres complications de grossesse qui peuvent lorsqu’on souffre d’un TCA : 

  • Retard de croissance : le fœtus ne recevant pas suffisamment de nutriment, cela peut impacter sa croissance, son développement et faire que le bébé ait un poids plus faible à la naissance. 
  • Accouchement prématuré : parfois, pour la bonne santé du bébé et/ou de la maman, il est nécessaire de déclencher l’accouchement de façon prématuré ou alors parfois, le bébé nait de façon prématurée naturellement.
  • Décollement placentaire : il y a un risque plus accru de décollement du placenta, ce qui peut être dangereux. Mais sachez quand même que ça, ce n’est pas rare, même hors TCA et que pour autant, la grossesse se poursuit, et le décollement peut se réduire par lui-même avec du repos.

Je vous parle de tout ça, parce que ça fait partie du sujet « infertilité, grossesse et TCA ». Mais pour autant, le but ce n’est pas de vous faire peur. Mais on ne peut pas non plus le nier : une grossesse lorsque le corps (et l’esprit) sont en souffrance, ça comporte des risques, que ce soit pour le bébé et pour la maman. Pour autant, VOUS N’ÊTES PAS RESPONSABLES. Vous n’avez pas choisi d’être malade, ça ne dépend pas de votre volonté. C’est une maladie, vous n’y êtes pour rien et vous faites ce que vous pouvez. 

Je tiens quand même à dire, encore une fois, que j’ai eu beaucoup de retours suite à l’annonce de ma grossesse, des personnes qui ont un TCA et ont eu une grossesse et que tout s’est globalement bien passée. Les risques de complications de grossesse ne veulent pas dire que vous les aurez systématiquement. Ce sont juste des risques qui existent. Et d’ailleurs, ils existent aussi, peut-être en probabilité plus faible, pour n’importe quelle femme. Et pourtant, ça reste des cas rares sur l’ensemble des grossesses qui existent.

 

Personnellement, je conseille d’être guérie pour tomber enceinte. Moi, je me souviens que c’était une grande motivation pour moi : être guérie totalement pour ne plus avoir ce fardeau dans ma vie lorsque je serai maman. Je me souviens que malade, guérir était une motivation pour mes futurs enfants, alors que je n’avais même pas de copain lorsque j’y pensais. Après, je sais que tout le monde ne veut pas d’enfant, et c’est un choix que je respecte, ce n’est pas automatique d’avoir des enfants ! Je sais aussi que certaines personnes ont peur d’avoir des enfants parce qu’elles ont un TCA et que quelque part, elles s’en empêchent parce qu’elles ont peur des conséquences que ça peut avoir sur leur alimentation, leur poids, leur corps, le contrôle général qu’elles ont dans leur vie. J’en parlerai dans l’épisode de podcast où je réponds à vos questions. 

 

Mais je conseille de régler au maximum vos TCA avant un projet bébé pour éviter les risques de rechute aussi. Quoique, j’ai déjà entendu aussi des témoignages de personnes guéries grâce à leur grossesse…

Je vous parle de ça en dernier point : 

La grossesse : un risque de rechute dans les TCA ?

Je pense que la grossesse peut vraiment être à double tranchant. 

Pour moi, si la guérison n’est pas consolidée, si on est en quasi-guérison, alors ça veut dire qu’on a toujours des mécanismes de restriction qui reste en fond, qu’il y a aussi possiblement toujours pas d’acceptation de son corps, de son poids. Et donc, oui, il y a un risque de rechute dans les TCA. J’ai déjà entendu des témoignages comme ça. Parce que oui, clairement, la grossesse engendre de nouvelles réflexions sur son corps et son poids (je parlerai de mon expérience dans l’épisode FAQ sur ma grossesse).

Donc oui, je pense qu’un risque de rechute existe SI LA GUÉRISON N’EST PAS CONSOLIDÉE.

J’insiste sur ça. 

 

Mais en même temps, j’ai déjà eu des témoignages de femmes me disant que la grossesse a pour elles été un déclic et que c’est même grâce à ça et à leur enfant qu’elles sont sorties des TCA. Donc, vous voyez, il n’y a pas de règles. Je sais que lorsqu’on souffre de TCA, on aimerait pouvoir tout anticiper, savoir comme ça va se passer. Mais ce n’est pas possible. Je le dis très souvent, on est tous différents et il y a autant d’histoires de guérison que de personnes qui souffrent de TCA. 

D’ailleurs, je vous invite vraiment à partager votre propre expérience en commentaire de cet article pour diversifier les expériences et enrichir le contenu sur ce sujet !

Aperçu de l'épisode de podcast "faq sur ma grossesse après un tca"

Je crois que je vous ai tout dit sur le sujet fertilité et TCA, je vous ai même fait un aparté grossesse & TCA. Je voudrais quand même vraiment que vous reteniez une chose : ne stressez pas trop pour ça. Si vous vous soignez, physiquement (par la réalimentation, la réduction des purges & compensations) et psychologiquement, alors ça va le faire. Oui, c’est sûr, il y a plus de risques, plus de difficultés, mais ce n’est pas impossible. Et encore une fois, le mieux est que vous sortiez de cette maladie et que vous ayez un avenir plus paisible avec vos futurs enfants si tel est votre souhait ! 

 

Je vais maintenant répondre à toutes vos questions sur ma grossesse après un TCA dans un épisode de podcast dédié. 

Un petit aperçu du programme de cet épisode : 

  1. Mes essais bébé après un TCA (l’état d’esprit que j’ai adopté)
  2. Comment je vais ? 
    1. Comment s’est passé mon 1er trimestre ? 
    2. Comment s’est passé mon 2e trimestre ?
    3. Est-ce que le bébé va bien ? Et moi ?
  3. Mon rapport au corps 
    1. Comment je réagis à la prise de poids ?
    2. Est-ce que la prise de poids me fait peur ?
    3. Comment supporter les changements du corps après l’accouchement ? 
  4. Mon rapport à l’alimentation 
    1. Est-ce que mon rapport à l’alimentation a changé ? A-t-il été impacté ?
    2. Est-ce que j’ai dû augmenter mes apports ?
  5. Est-ce que j’ai des peurs particulières ?
    1. Accouchement ?
    2. Post-partum ?
    3. Temps pour moi
    4. Avenir professionnel
    5. Gestion du manque de sommeil, des pleurs de bébé
  6. Ce que j’ai mis en place pendant ma grossesse pour gérer mon stress de l’insécurité 
  7. Autres questions 
    1. Ai-je eu de nouveaux déclics ?
    2. Est-ce que j’ai peur que mon enfant ait des TCA ?
    3. Est-ce que j’ai changé d’état d’esprit ou mis en place de nouvelles choses depuis que je suis enceinte ?
    4. Est-ce que j’ai hâte ?
  8. L’envie et la peur d’avoir un enfant quand on a un TCA

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 2 commentaires
Réseaux sociaux & TCA : aide ou préjudice ?

Réseaux sociaux & TCA : aide ou préjudice ?

Réseaux sociaux & TCA : aide ou préjudice ?

Je vous retrouve pour parler du sujet des réseaux sociaux dans les TCA. C’est un sujet un peu incontournable de nos jours, dont j’avais envie de vous parler depuis un petit moment, et vous avez été une majorité à me dire que c’est un sujet que vous vouliez que j’aborde dans mon podcast. Donc c’est parti ! 

Les réseaux sociaux font partie de la vie de la plupart des jeunes, et je dirais même de la plupart des gens, de tout âge maintenant ! Mais les réseaux sociaux ont donné ces dernières années une nouvelle dimension aux TCA je trouve. Je me suis souvent fait la réflexion ces 2 dernières années : si les réseaux sociaux avaient été autant développés au moment où je suis tombée malade, ça aurait été tellement difficile. Autre réflexion : si les réseaux sociaux avaient été aussi développés lorsque j’étais au collège, je serais peut-être tombée plus rapidement dans les TCA. Je vais paraître un peu vieille en disant ça, mais du coup quand j’étais au collège, c’étaient les premières années de Facebook. Et quand je suis tombée malade, c’était le début d’Instagram, où on partageait essentiellement des photos de paysage mais pas tant de nourriture ni de corps. Bon, ces petites réflexions perso montrent déjà ce que je pense des réseaux sociaux haha. Mais en réalité, j’ai plutôt un avis mitigé, c’est-à-dire que je n’y vois pas que du négatif. D’un point de vue général, les réseaux sociaux nous permettent de rester connecté avec nos amis, notre famille, notamment quand on est loin ou que notre emploi du temps ne nous permet pas des rencontres régulières. Mais les réseaux sociaux sont aussi associés à pas mal de problématiques. 

Allez, je vous parle de tout ça : 

Les dangers que représentent les réseaux sociaux pour tout le monde

Je commence par parler des « dangers » (même si y’a pas de notion de danger de mort non plus) mais dans un contexte de « vie en général ». Parce que oui, les réseaux sociaux peuvent être toxiques, mais pas que pour les personnes qui souffrent d’une maladie mentale. Au contraire, une personne qui est bien dans sa tête peut se voir avoir des problèmes de santé mentale à cause des réseaux sociaux, ou du moins que ça les déclenche ou les empire.

Perte de concentration, de motivation

Les réseaux sociaux nous apportent tout, très vite, à porter de main. Dès qu’on a quelques minutes (dans les transports, dans une salle d’attente, en attendant quelque chose…) : HOP, on ouvre une appli d’un réseau social. Et parfois, on y reste bien plus que quelques minutes. Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé de vous dire « allez, j’y vais un tour 5 minutes » (par exemple avant d’aller dormir). Et puis finalement, ¾ d’heure plus tard, vous y êtes toujours… 

Et souvent, quand on fait ça, on a cette sensation d’avoir perdu du temps, ou de ramollir son cerveau. Je dis « on », car je me compte dans le lot. Il n’y a pas longtemps, je me suis dit « allez, je vais sortir de chez moi, bosser dans un cowork, sortir me balader ». Sauf que juste avant, j’ai décidé de faire un petit tour sur des réels. Et finalement, j’y ai passé un temps fou, j’y ai perdu toute motivation et je suis restée enfermée chez moi, avec une concentration minimale. Donc, même si on n’en a pas conscience sur le moment même, l’un des premiers points, c’est que les réseaux sociaux impactent notre motivation, concentration et de surcroît estime de soi. 

La comparaison

D’ailleurs, une autre raison pour laquelle ils impactent l’estime de soi, c’est à cause de la comparaison. C’est une notion que je parlerai d’autant plus dans la suite de cet article quand je parlerai spécifiquement des TCA. Mais déjà chez énormément de gens, les réseaux sociaux engendrent de la comparaison. Et même chose, on ne s’en rend pas forcément compte sur le moment, mais les contenus que l’on peut voir engendrent de la comparaison à nos valeurs, à de l’apparence, à nos emplois du temps… parfois, on voit des « familles parfaites », des « mamans parfaites », ou des personnes qui semblent tout réussir dans tous les aspects de leur vie. Évidemment que ça pousse à culpabiliser ! La réalité, c’est qu’autour de moi, que je connais vraiment bien, je ne connais personne qui gère toutes les parties de sa vie. C’est que sur les réseaux sociaux qu’on nous montre ça… D’ailleurs, souvent, c’est des influenceuses qui ont une si grande communauté, que leur gagne-pain, c’est justement de filmer leur lifestyle. Donc, elles ont toute leur journée pour tout faire en effet, mais elles ne sont que quelques-unes dans le monde entier. Tous ces contenus peuvent aussi créer de la frustration : « Pourquoi moi je ne voyage pas autant ? Pourquoi sur moi les vêtements ne me vont pas aussi bien ? Pourquoi moi je n’ai pas autant de bijoux dans mon armoire ? Pourquoi moi je n’arrive pas à faire autant… ? »

Et puis, pour certaines personnes, il peut aussi y avoir une comparaison aux chiffres : au nombre de vues, au nombre de likes, de partage, etc. Elles peuvent se sentir moins bien selon le nombre de réactions qu’elles reçoivent. 

Désinformation de masse

Un autre point sur l’impact des réseaux sociaux dans la vie des gens en général, c’est aussi qu’il y a une grosse désinformation. Il y a énormément de contenus qui balancent des informations non vérifiées, mais où la personne le dit avec tellement de conviction, que tout le monde y croit. Et parfois, ça crée des réactions ultra-violentes, où des gens dépensent une énergie de dingue alors que l’info de base n’est pas vérifiée… D’ailleurs, énormément de personnes vont faire des posts avec des infos choquantes pour faire réagir, parce que c’est comme ça que l’algorithme fonctionne. Donc ils s’en foutent de si l’information est vraie, tant que ça fait des vues. Donc parfois, vous culpabilisez peut-être pour des contenus qui sont totalement irréels. 

Donc voilà, je pense que j’ai déjà donné pas mal de points qui montrent à quel point les réseaux sociaux peuvent être toxiques. Et encore, je n’ai pas parlé du cyberharcèlement, où des gens se permettent d’insulter les autres sous prétexte qu’ils sont protégés par un pseudo et un écran. Et ça peut aller tellement loin… à croire qu’ils en oublient que derrière, ces insultes s’adressent à de vrais humains. 

Réseaux sociaux et TCA : quels dangers ?

Je vais maintenant me concentrer sur l’impact des réseaux sociaux dans le cadre des TCA, mais sachant que tous les points que j’ai énoncés juste avant sont d’autant plus impactant pour des personnes ayant une santé mentale fragile. 

Pour préparer mes contenus, j’aime bien vous demander votre avis sur Instagram en amont (comme quoi, les réseaux sociaux peuvent être un outil utile dans certains cas haha ! Mais je le dis, je ne blâme pas à 100 % ! Sinon, je ne serais pas moi-même dessus). Mais du coup, j’ai fait un sondage. 

Je vous ai demandé votre relation avec les réseaux sociaux : 

  • Vous n’avez été que 7 % à me dire que vous trouviez qu’ils vous aidaient, 
  • Contre 19 % à dire que ça vous rend plus mal que ça ne vous fait du bien. 
  • Et la majorité a répondu « ça m’aide, mais parfois ça me rend mal ». Donc c’est bien ce que je dis, c’est que ça peut être bien mais il y a pas mal de dangers !

Et du coup, je vous ai aussi demandé les raisons de ce qui vous rendait mal dans les réseaux sociaux. Vous avez été énormément à me parler de la comparaison.

Danger n° 1 : déclencheurs à la comparaison

Vous avez été nombreux à m’avoir partagé le fait que les réseaux sociaux engendrent chez vous beaucoup de comparaison. 

Les réseaux sociaux pullulent de publications sur la perte de poids, des régimes, souvent déguisés par le terme de « rééquilibrage alimentaire », véhiculant des images corporelles avec des idéaux complètement irréalistes. 

Une abonnée m’a répondu « les publications sur la nourriture et le sport, et l’interprétation qu’en fait la maladie ». Et j’ai trouvé ça tellement pertinent ! C’est-à-dire que déjà chez beaucoup ça pourrait engendrer de la comparaison, mais quand vous souffrez de TCA, il y a aussi l’interprétation de la maladie qui va vous dire « toi, tu ne fais pas assez » « tu as vu, ces personnes mangent moins ou font plus de sport, tu devrais faire pareil », etc. 

Danger n° 2 : déclencheurs à des comportements de la maladie

Et le problème, c’est que toute cette comparaison engendre des comportements malsains de la maladie. C’est-à-dire que ces publications sont de véritables déclencheurs. Par exemple, des publications sur la nourriture peuvent vous inciter à manger moins. Combien « d’astuces » il y a sur les réseaux sociaux pour mincir, dépenser des calories… C’est tellement malsain, on vous apprend à vous déconnecter de votre corps alors que vous avez déjà du mal à être connecté à ses besoins. Il y a aussi des déclencheurs lorsque vous voyez d’autres personnes faire du sport, ou juste le corps d’une autre personne peut vous donner envie de perdre du poids. Il y a une personne qui m’a aussi dit « certains posts de diététicien présentent des aliments comme mauvais alors que moi je les consomme ». 

Danger n° 3 : La communauté TCA

Là, je vous ai parlé des réseaux sociaux en général, mais dans les TCA, il y a aussi la particularité d’avoir une communauté TCA. On va dire qu’il y a deux types de contenu dans cette communauté : 

  • Les contenus éducationnels, qui sont là pour aider, donner des conseils… 
  • Les contenus des personnes qui sont en guérison. Toutes ces personnes ne partagent pas le même contenu, mais pour certaines, elles ressentent le besoin de partager ce qu’elles mangent, ce qu’elles ont accompli comme défi, leur hospitalisation, leur variation de poids, etc. Et peut-être que pour eux-mêmes, c’est source de motivation, peut-être que pour d’autres, c’est source d’inspiration. Mais je pense que malheureusement, pour beaucoup, c’est source de comparaison. 

Donc, il y a d’une part la comparaison aux gens en général sur les réseaux sociaux, mais peut-être que la comparaison à d’autres personnes malades peut être aussi dangereuse. Moi je me souviens que lorsque j’étais malade, j’étais presque rassurée de voir que j’allais moins bien que d’autres, comme si j’étais davantage légitime alors que c’était débile. Mais ça me rassurait, c’était la maladie qui me faisait croire ça. Donc si je voyais quelqu’un qui semblait plus en difficulté que moi, je culpabilisais presque et ça pouvait me ralentir dans mes avancées dans la guérison. 

tiktok-tca

Focus TikTok & TCA : 

Une personne m’a dit que son déclencheur sur les réseaux sociaux, ce sont « les filles sur TikTok qui romantise les TCA ». Alors, TikTok, je connais beaucoup moins. C’est moins de mon âge je pense (je semble super vieille en disant ça haha). Mais c’est vrai que j’avais été voir il y a 1 an je crois, ce qui se faisait sur TikTok en termes de TCA. Et j’avais été assez choqué de voir beaucoup de contenus en effet qui semblaient romantiser la guérison, la réalimentation, les hospitalisations, etc. Et j’avais trouvé que certains contenus étaient vraiment malsains et n’aidaient en rien ! Surtout qu’il me semble que la communauté TikTok est en effet plus jeune, et être confronté à ce genre de contenu peut vraiment être dangereux je trouve ! 

La mention « TW »

Alors, je ne sais pas si vous avez déjà vu cette mention dans certains posts, ce n’est pas seulement réservé aux TCA hein. Mais TW, c’est l’abréviation de Trigger Warning, qui signifie en anglais que le contenu peut contenir un déclencheur pour la personne qui lit. Donc c’est un avertissement, pour dire que le post peut contenir des informations qui vont vous sentir mal. Le fait de mettre « TW » permet un peu au créateur de contenu de se dédouaner de toute responsabilité, en disant « c’est vous qui faites le choix de vous y confronter ». J’ai moi-même déjà utilisé cette mention il y a longtemps, en 2021 je dirai. Mais courant 2022, j’ai lu une étude américaine qui disait que le fait de mettre cette mention attirait d’autant plus les gens à aller consulter ces contenus. Donc c’est vrai que je ne sais pas trop ce qui est le mieux : ne pas mettre cette mention ou pas ? Je vous conseillerais de faire vraiment attention quand vous voyez cette mention TW, même si vous êtes attirés, ne le lisaient pas. Personnellement, je ne mets plus la mention TW mais je fais surtout très attention à ne pas parler de choses qui pourraient être trigger pour ma communauté. 

Ce que je pense de la sensibilisation des TCA sur les réseaux sociaux

Justement, je voudrais vous parler de la sensibilisation des TCA sur les réseaux sociaux. Alors, évidemment, je trouve ça positif. Je participe moi-même à ça. 

Ce que je trouve bien : 

  • Le fait d’ouvrir la parole sur des sujets qui ne sont encore pas assez connus ou du moins mal compris du grand public
  • Le fait de donner la parole aux personnes malades, elles en parlent le mieux 
  • Le fait que ça peut aider les personnes malades à se sentir moins seules, mieux comprises et peut-être même avoir des prises de conscience 

Mais par contre, je pense que comme partout, il y a parfois des choses qui peuvent ne pas aider. Je pense notamment aux posts tels que « X choses que j’ai faites lorsque je souffrais de TCA », « X choses que mon TCA m’a fait faire » en donnant en quelque sorte des comportements malsains, des choses qui s’apparentent presque à des « astuces » pour la maladie. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire. Les personnes qui partagent ça ne font pas ça du tout à mal, mais je pense que parfois, ça donne des idées au côté « maladie » en vous. Par exemple, peut-être que vous pourriez vous dire « tiens, elle a fait ça mais moi je ne l’ai jamais fait, c’est que je suis moins malade » « tiens, c’est vrai que je n’avais pas pensé à ça pour dépenser plus de calories ». La personne qui l’a écrit, si elle est passée par les TCA et qu’elle en est sortie, elle a une prise de recul sur ces actions du TCA que la personne malade qui lit le post n’a peut-être pas encore, et donc ça peut être néfaste. Donc je pense qu’il y a certains contenus qui sont parfois trigger alors qu’à la base ils étaient là pour aider. Mais bon après, ça peut être trigger pour certaines personnes et pas pour d’autres. 

Après, je pense que c’est de la responsabilité de chacun qui crée du contenu de savoir si ça pourrait heurter sa communauté, de savoir où mettre des limites. Par exemple, moi je ne publie JAMAIS de contenu avec de la nourriture parce que je me dis que ça pourrait être trigger pour certaines personnes. Peut-être une infime partie de ma communauté mais je ne préfère donc pas le faire. Là où d’autres comptent en partage, et ça peut même être inspirant pour leur communauté. Je me pose toujours énormément de questions quand je fais un contenu car je veux vraiment aider et pas porter préjudice, et je trouve que ça demande de prendre beaucoup de précautions, de me souvenir quand j’étais malade, comment j’aurais reçu cette information. Pour vous dire, ça m’est déjà arrivé de rédiger tout un contenu pour finalement l’effacer, au cas où ça serait néfaste pour quelques personnes. Et encore, c’est grave possible que j’ai déjà publié du contenu qui ait été problématique pour vous et je vous assure que je m’en excuse vraiment, j’essaie de faire au mieux. Mais c’est ça aussi le problème avec les réseaux, c’est qu’on s’adresse à une communauté de plusieurs centaines voire milliers de personnes et donc forcément, on ne peut pas prendre en compte les problématiques spécifiques de chaque personne, puisqu’évidemment, on ne connait pas tout le monde personnellement. Et c’est là où il faut aussi savoir prendre du recul en tant que lecteur/utilisateur, de se dire « ça ne m’est pas adressé spécifiquement ».  

Par contre, il y a une partie de la sensibilisation des TCA que je n’aime pas sur les réseaux sociaux. C’est quand ça vient de la part des influenceuses/influenceurs qui vendent des programmes de perte de poids, de régime… et qui savent qu’évidemment, ça a des conséquences, donc pour se donner bonne conscience, de temps en temps, ces personnes font un post de sensibilisation pour les TCA. Je ne trouve personnellement pas ça crédible, puisqu’en fait, ils font partie des personnes qui publient du contenu qui envenime le mal-être des personnes qui ont des TCA. Tu ne peux pas parler de perte de poids toute l’année puis une semaine par an, parler de trouble alimentaire. Tu ne peux pas faire la prévention des troubles alimentaires tout en favorisant les régimes. 

Danger n° 4 : se renfermer sur les réseaux sociaux

J’ai déjà pas mal parlé des dangers, j’en ai un dernier à partager avant de passer à la partie « conseils ». 

Un autre danger, qui peut pourtant faire du bien quelque part et je le comprends, c’est le fait de trouver dans les réseaux sociaux un refuge. On le sait, les TCA ont tendance à éteindre la vie sociale, à renfermer la personne sur elle-même. Et les réseaux sociaux offrent des contacts sociaux derrière un écran, donc c’est beaucoup moins de barrières pour la personne malade. Et pour certaines personnes, ça peut les aider à renouer avec des amitiés, à se sentir moins seules, à être avec d’autres personnes. J’ai eu la chance d’être entouré dans ma guérison, donc je ne peux pas 100 % me mettre à la place des autres. Mais ce que je voudrais tout de même dire : c’est attention à ne pas vous renfermer exclusivement aux réseaux sociaux. Parce que ce n’est pas la vraie vie les réseaux sociaux. Et une partie de la guérison consiste justement à renouer avec la vraie vie. Mais ça, j’en parlerai dans la partie « conseil », mais je voulais déjà le dire ici comme « danger potentiel ». 

Les conseils pour une utilisation plus positive des réseaux sociaux.

Ces conseils peuvent s’appliquer à une personne souffrant de TCA, mais pas que. J’ai pas mal parlé de danger, mais je voudrais quand même rappeler que oui, les réseaux sociaux peuvent aider : 

  • À se sentir moins seule, à être mieux compris
  • À trouver des contenus éducatifs qui vous aident à mieux comprendre la maladie
  • À rester en lien avec des proches, à faire des rencontres, à maintenir un minimum de vie sociale

Mais je voudrais vous donner quelques conseils pour vraiment les utiliser de la façon la plus positive possible. Bon, sachant que moi-même, j’essaie d’appliquer certains de ces conseils et certains jours, je n’y arrive pas et ce n’est pas grave. C’est normal d’avoir des jours de « moins bien », j’en parlerais justement dans le contenu que je ferais sur le burnout de la guérison. 

#Conseil 1 - Suivre les bons comptes TCA

C’est un conseil qui revient fréquemment, que vous avez déjà dû entendre : suivez les bons comptes. C’est-à-dire que dès que vous voyez un contenu qui vous trigger, et que vous remarquez peut-être que ce n’est pas la première fois que ce compte poste des contenus qui vous dérangent, alors désabonnez-vous. Moi je me souviens qu’à la fin de mes TCA, je suivais pas mal de filles de compte recovery, mais aussi des filles fitgirl, qui partageaient des recettes avec les calories, etc. Et dans ma tête je me disais que c’était pour me donner des idées, pour élargir mes possibilités de repas. Mais en réalité, ça me maintenait dans la mentalité « il faut associer des calories à la nourriture ». Et une fois mon copain m’a regardé faire et m’a dit « mais regarde, tous les soirs tu regardes ton feed, il y a que de la bouffe ». Et il avait raison ! Et ça a été vraiment dur pour moi de plus suivre ces comptes-là, c’était presque devenu une routine. Et un jour j’ai tout defollow, et vraiment, ça m’a fait du bien et ça a été un pas en plus dans ma guérison, mais un vrai grand pas qui a fait la différence pour moi en tout ça.

À l’inverse, je vous invite vraiment à suivre des comptes TCA qui vous aident, qui partagent des choses plus éducatives sur le sujet. Évidemment, je vais vous parler du mien @norain.noflower où je partage plein de posts qui répondent souvent à des questions qu’on me pose mais pas que ! Mais il y en a plein et qui sont vraiment chouettes ! Et n’hésitez pas à enregistrer leurs posts, pour vraiment en faire une utilisation « utile », pour que vous ayez des posts qui vous aident, rassemblés au même endroit, comme votre propre base de données d’aide, que vous pouvez consulter à n’importe quel moment.

#Conseil 2 - Ayez (peut-être ?) un compte TCA

Suivre des comptes qui vous aident dans la guérison de votre TCA c’est vraiment bien. Mais le truc, c’est que la guérison des TCA, c’est justement s’ouvrir à d’autres choses que la maladie. 

Donc c’est vrai qu’il y a peut-être ce truc où vous êtes sur les réseaux sociaux juste pour vous changer les idées, ou peut-être qu’enfin vous avez réussi à décrocher quelques instants du monde du TCA, et là bim, l’algorithme qui a remarqué que c’est un sujet qui vous intéresse, il vous met des infos sur les TCA. Et parfois, vous n’avez pas envie de ça ou juste, de ce fait, ça vous replonge dans le monde de la maladie (même si c’est plus de la guérison). Mais ce que je veux dire dans le fait d’avoir un compte « TCA », c’est peut-être un compte où vous pouvez suivre tous ces comptes qui vous aident (je ne vous parle pas d’un compte où vous partagez vos assiettes, vos victoires, etc). Le but de ce compte « exclusivement TCA », c’est que c’est vous qui choisissez quand vous avez envie d’aller voir des posts à ce sujet. Ce n’est pas l’algorithme qui décide de vous mettre ça sous le nez à n’importe quel moment. Et en plus c’est très facile de swipper d’un compte à l’autre, que ce soit sur Insta ou TikTok, ils ne vous redemandent pas de mot de passe ou quoi que ce soit. Donc ça, c’est à vous de voir, mais ça peut être un conseil intéressant. 

#Conseil 3 - Diversifiez les comptes que vous suivez

Un autre conseil, notamment si vous gardez un unique compte, c’est de diversifier les comptes que vous suivez : soit ne pas suivre uniquement des comptes TCA. Essayez de diversifier : des comptes d’humour, de déco, de calligraphie, de lecture, de voyage, d’animaux… enfin, ce qui vous plaît en fait ! Mais si vous ne suivez que des fitgirls, des comptes recovery et des comptes de recettes… bah une fois de plus, ça vous maintient dans l’univers de la maladie, c’est plein de trigger que la maladie peut facilement utiliser contre vous. 

#Conseil 4 - Réinitialiser votre algorithme

Si vous avez décidé d’avoir un compte TCA mais que votre compte de base est déjà plein de contenu TCA ou si vous en avez juste marre de voir plein de contenu sur les TCA… il vous faut manipuler votre algorithme.

L’algorithme des réseaux sociaux fonctionne de la façon suivante : 

Au plus vous montrez de l’intérêt à un contenu, au plus l’algorithme sait que ce genre de contenu vous plait, et il va donc vous mettre en avant des contenus similaires. 

algotihme-tca-reseaux-sociaux

Comment vous montrez de l’intérêt à un contenu ? En le likant, en le partageant, le commentant, et en le regardant. Et ça, c’est quelque chose qui devient très important, ça s’appelle le watchtime. Si votre algorithme remarque que vous passez 2 secondes de plus à lire un contenu sur la perte de poids ou sur de l’alimentation, même si vous ne l’avez pas liké ou n’avez fait aucune interaction, alors il enregistre que ça vous intéresse. 

Donc comment manipuler son algorithme ?

En vous forçant à regarder du contenu différent, et à swipper très vite les contenus que vous ne voulez plus voir. 

Et ça, vous pouvez le faire simplement déjà 10 minutes, et ça devrait suffire pour manipuler votre algorithme, pour qu’il ne vous montre plus les contenus que vous ne voulez plus voir.

#Conseil 5 - Protégez-vous des contenus inappropriés

Alors, là je vais vous parler uniquement d’Instagram car TikTok, comme je vous disais, je l’utilise peu donc je ne connais pas assez. 

Mais sur Instagram, vous pouvez faire quelques manipulations pour vous protéger. Ça marche pas à 100 % mais ça peut déjà réduire je pense. 

Déjà, s’il y a un contenu, n’importe lequel qui vous dérange, vous pouvez cliquer sur les trois petits points à la verticale à droite de la publication, et cliquer sur « Masquer ». Au moins, si vous ne souhaitez pas vous désabonner, vous ne verrez plus les publications de cette personne. Et elle ne le saura pas, rassurez-vous.

Ensuite, rendez-vous sur votre profil > sur les trois barres latérales à droite > vous arrivez sur paramètres et activité directement. Là dans la barre de recherche vous écrivez « pub » > sélectionnez « sujet publicitaire » > allez dans la barre de recherche et là vous aurez tout en bas « contrôle du poids corporel » > cliquez et sélectionner « voir moins ». Et dans la barre de recherche vous pouvez mettre d’autres termes mais en anglais. Par exemple « diet » pour régime, et faire la même chose. D’expérience, ça ne marche pas à 100 % mais ça permet normalement de limiter un peu. 

#Conseil 6 - Prendre du recul

Un autre conseil, c’est de prendre du recul vis-à-vis des réseaux sociaux, et notamment garder en tête que les réseaux sociaux, ce n’est clairement pas la vraie vie. Sur les réseaux, vous ne voyez qu’un instant qui est capturé, vous ne savez pas ce qu’il se passe avant ou après. Une personne peut sembler avoir un mode de vie saine, mais être très malade psychologiquement. La souffrance psychologique ne se voit pas en photo. Et même chose, d’expérience, c’est souvent ceux qui affichent le plus sur les réseaux sociaux qui ont le plus de souffrance, et pas forcément ceux qui ont « la plus belle vie ». Comme s’il fallait prouver que leur vie était bien. Sur mes réseaux perso, je dois poster 1 photo par an voire tous les 2 ans. Et pourtant, je ne suis pas malheureuse ! J’ai plein de trucs où je me dis que je pourrais le montrer. Mais les réseaux, ce n’est pas la vraie vie, je préfère vivre ces choses à fond plutôt que de tout le temps montrer. Ça ne veut pas dire que ceux qui postent souvent c’est pas bien, chacun ses choix, mais c’est juste pour dire que ce n’est pas corrélé avec à quel point votre vie est bien ou non. 

Et c’est important de prendre du recul et de se faire un esprit critique vis-à-vis des contenus que vous voyez. Ça aussi je trouve que ça fait partie de la guérison. Quand vous voyez des contenus qui prônent des régimes, des pertes de poids, des produits minceurs ou quoi que ce soit : gardez en tête que bien souvent, ces contenus jouent sur les émotions et peurs de gens pour vendre quelque chose derrière. Comme je disais, il y a bien des contenus où ils se foutent de savoir si leurs informations sont vérifiées, tant qu’ils font le buzz et qu’ils vendent derrière. C’est une triste réalité… Mais du coup, il faut prendre du recul vis-à-vis de ça. 

#Conseil 7 - Diminuer votre temps d’écran

Ça franchement, c’est l’un des meilleurs conseils que je pourrais donner. Je l’applique moi-même et vraiment, ça aide de fou ! Psychologiquement, et même, vous gagnez du temps. Et je ressens personnellement une oppression en moins. 

Donc quelques astuces pour vous aider : 

  • Mettre votre portable en mode silencieux, c’est-à-dire où vous ne recevez pas les notifications. Et je vous dirai même de faire en sorte que ce mode s’active automatiquement (plutôt que vous le mettiez manuellement). Quitte à l’enlever manuellement si ça vous dérange. Mais par exemple, moi il est en silencieux avec zéro notif jusqu’à 8 h et puis, prend le relais d’un autre mode qui ne me montre que les notifications importantes : SMS et appel quoi. Et à 22 h, je repasse automatiquement en zéro notification. Moi je suis sur iPhone, donc je ne sais pas comment ça se fait sur Androïd, mais ces modes-là, vous les paramétrez dans Réglages > Concentration. Et là, vous pouvez définir des programmes avec des heures ou choisir les applications dont vous souhaitez garder les notifications. 
  • Vous pouvez aussi mettre votre téléphone dans une autre pièce. Par exemple, si vous travaillez dans votre bureau, laissez-le dans le séjour. Et ça même chose, ça aide vraiment. Si vous l’avez à portée de main, la tentation est plus grande. 
  • Vous pouvez aussi utiliser des applications qui vous aident à limiter votre utilisation des réseaux sociaux. Je vous en donne 4 et je vous laisserai regarder par vous-même si ça vous intéresse : Forect, Flipd, Space, AppBlock

#Conseil 8 - Faire des digitales detox

Une digitale detox, une vraie, c’est de ne plus avoir d’écran du tout pendant une période de temps définie. Bon, c’est plus difficile à mettre en place concrètement. Mais ce que je fais personnellement, puisque je sais que ce qui me prend le plus de temps, c’est Instagram ou les vidéos Facebook (ouais, je suis vieille…), je vais me faire des journées entières sans aller dessus. Et je vous conseille d’avoir au moins une journée sans y aller dans votre semaine, par exemple le dimanche, où vous laissez vraiment votre portable dans un coin. Je fais ça aussi parfois sur des plages horaires. C’est-à-dire que je sais que de 9 h à 18 h je ne me connecte pas. Mais après il faut faire attention à ne pas s’accorder les réseaux juste avant de dormir, ce qui peut clairement impacter votre sommeil avec la lumière bleue du portable, et le fait que les écrans juste avant de dormir ce n’est pas génial ! Je dis ça, mais ça m’arrive encore trop souvent de le faire… 

Je vous ai déjà donné pas mal de conseils concrets qui j’espère vont vous aider. Je voudrais terminer en donnant un conseil très spécifique.

On me dit souvent que j’inspire d’autres personnes malades à faire ce que je fais sur les réseaux : à savoir aider les autres. Je vous redonne mon vécu par rapport à ça. En 2020, j’avais lancé mon compte alors qu’en fait, je n’étais pas totalement guérie. J’étais en quasi-guérison. J’allais vraiment mieux et moi aussi j’ai eu envie de partager mon vécu. D’un coup, j’ai eu plein de messages de gens qui vivaient ce que j’avais vécu ou que je vivais encore à ce moment-là, et j’ai ressenti en fait une oppression où les réseaux dans les TCA devenaient ma nouvelle vie en quelque sorte, alors que je cherchais à me reconstruire indépendamment de la maladie. Au final, j’ai tout arrêté du jour au lendemain, sans rien à personne. Parce que ça me portait préjudice dans ma guérison. Je suis partie 17 mois, le temps de guérir totalement et de faire une vraie coupure entre le moment où je guéris et le moment où je voulais en faire une force, et aider d’autres. Et pour moi, ça a été vraiment indispensable. Pour moi, la coupure est importante pour vous comme pour ceux que vous voulez aider. Pour apporter plus saine et être capable de prendre un véritable recul sur ce que vous entendrez et/ou lirez et/ou verrez d’autres personnes.

Donc voilà, je tenais à le dire. Pour autant, chacun fait comme il veut. Et c’est super de vouloir en faire une force, de vouloir aider, de témoigner, ça aide clairement les autres ! Mais pensez à vous, à consolider VOTRE guérison avant tout. C’est vraiment un conseil bienveillant que je vous donne là 🙂 

J’espère que cet article vous aura aidé ! Mettez vos propres conseils en commentaire de l’article de blog correspondant, que vous retrouverez sur mon site norainnoflower.com. Ça peut être sympa de partager ça aux autres pour enrichir ce contenu !

Je vous remercie pour votre écoute et je vous dis, à bientôt ! 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 0 commentaire