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Partie 1 : Comment ça se passe la vie après l’anorexie ?

Partie 1 : Comment ça se passe la vie après l’anorexie ?

Aujourd’hui où je vous parle de la vie après les troubles alimentaires. Cet article va se faire en deux parties. Ici, je vais vous parler des premiers mois après la sortie, et le prochain article, ce sera la vie après les TCA : sans plus aucun trouble alimentaire.

Ces articles vont être différemment des précédents, dans le sens où je vais ici parler de mon expérience personnelle, sans vraiment donner de conseils. Je fais ces articles, car on me les a demandés. J’imagine que c’est aussi pour vous permettre de savoir ce qu’il se passe après, et peut-être pour vous reconnaître dans mon témoignage. Mais encore une fois, c’est important de garder en tête que c’est MON expérience. Vous vivrez certainement des choses que je n’ai pas vécues et inversement.

Ici, je vais vous parler des premiers mois après les troubles alimentaires. Sauf qu’en réalité, ce n’est pas tout à fait ça. Parce que, qu’on se le dise, on a rarement une date précise du début des troubles alimentaires. Bah c’est la même chose pour la fin ! Je ne me suis jamais réveillée un matin en me disant « tiens, je n’ai plus de TCA ». Mais c’est une période où il me restait des traces des mécanismes de l’anorexie. Ce n’était pas à 100 % éradiqué.

Donc justement, dans cet article, je vais vous parler des premiers mois où j’allais vraiment mieux, c’est à dire où j’avais démaigri, repris tout le poids perdu, que je remangeais concrètement de tout, j’avais une vie sociable, j’avais un travail. Bref, en apparence, je n’avais plus vraiment de troubles alimentaires.

Donc comment se passait ma vie quand mes troubles alimentaires étaient presque plus là ?

Les sensations de faim et de satiété

Je pense que c’est ce qui m’a pris le plus de temps à revenir. Les sensations de faim, je les ressentais. Mais justement, j’avais l’impression d’avoir toujours faim et de ne plus ressentir la satiété. 

Pendant longtemps, je demandais à mon copain : « Est-ce que tu crois que je mange trop là ? Est-ce que c’est une portion normale ». Ça m’a pris vraiment du temps à comprendre ce dont mon corps avait besoin, à écouter les sensations physiques de mon corps parce que mon mental s’en mêlait toujours.

La relation à mon corps

Également, pendant longtemps, je n’acceptais pas le poids repris. Je comparais beaucoup mon corps aux autres filles qui m’entouraient. J’enviais le corps d’autres femmes. J’espérais perdre du poids. 

À cause du fait que je n’acceptais pas mon corps, je redoutais souvent de voir les gens que je n’avais pas vus depuis longtemps. Ça m’arrivait même d’envoyer un message à mes amies pour les prévenir que j’avais pris du poids, par peur qu’elles me fassent une réflexion. Et quand je voyais des personnes que je n’avais pas vues depuis longtemps, je me prenais la tête en m’imaginant ce qu’elle pouvait se dire de mon corps.

La relation à l'hyperactivité

Même chose, je n’ai pas réussi à arrêter du jour au lendemain. Ça s’est fait par phase. J’ai plusieurs fois tenté d’arrêter, puis je reprenais, puis je réarrêté, et ainsi de suite. Je suis passée par des phases où je suivais des fitgirls influenceuse en me persuadant que j’allais faire comme elle. D’ailleurs j’ai suivi des influenceuses qui ne l’avouaient pas, mais dont je suis presque sûre aujourd’hui avec le recul qu’elles avaient elles-mêmes des TCA.

J’ai eu encore longtemps la culpabilité de ne pas bouger certaines journées, où du coup, ça impactait mes apports alimentaires de ces journées-là.

Rapport aux autres

D’une façon générale, le rapport à l’ensemble de la société, on va dire, a été comme « conflictuel » pendant un temps. En fait, c’était plutôt contre la culture du régime. Mais c’est en commençant à sortir des TCA que j’ai pris conscience d’à quel point les gens parlaient de nourriture, de régime en boucle. J’ai la chance d’avoir grandi dans une famille où il n’y a pas d’obsession à la minceur ; et je pense que lorsque j’étais malade, les gens faisaient plus attention. Mais maintenant que j’avais un poids en apparence normal, les personnes qui m’entouraient oubliaient que ce genre de sujet était trigger pour moi. 

Et je me souviens que j’éprouvais à la fois de la colère en entendant ça, mais aussi une forme de jalousie. C’est comme si je me disais « punaise, ils ont la chance, eux ils parviennent à se restreindre ». Même si je savais au fond de moi que ce n’était absolument pas sain. 

Par rapport à mes proches, ils ont pris du temps à me « refaire confiance ». Plusieurs fois je voyais leur inquiétude si j’allais faire du sport, ou si je mangeais moins à un repas. La plupart des cas, j’avais genre vraiment moins faim ou j’avais envie de me défouler. Ce que je veux dire, c’est que ce n’était pas motivé par une envie de compenser ou de me restreindre puisque comme je disais, les TCA étaient presque partis. Mais mes proches avaient peur de retourner dans l’enfer qu’on avait connu, je pense. 

Prises de conscience douloureuses

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À ce moment-là, quand j’ai donc commencé à bien sortir la tête de l’eau ; j’ai pris conscience de mes dernières années dans la maladie. J’ai pris conscience de la gravité, du fait que j’aurais pu en mourir. Et j’ai surtout pris conscience que la maladie avait fait beaucoup de mal à mes proches. J’avais plein de flashbacks qui revenaient où je revoyais des scènes de cris & de larmes avec ma mère, mon père, ma sœur. Ces prises de conscience ont été très très douloureuses, pendant plusieurs mois, je pleurais parfois des heures dans mon lit en pensant à ça.

Nostalgie de la maladie

J’ai eu aussi une phase de nostalgie, mais vis-à-vis des symptômes de la maladie. Je ressentais de la mélancolie, j’embellissais les aspects de la maladie. Je regrettais de ne plus savoir me restreindre. Je regrettais ces années d’anorexie sévère comme si c’était génial. Alors qu’en fait c’était un enfer. Mais j’ai eu ce manque de la maladie en fait, je me suis même revue vouloir retourner dans le cocon de l’hôpital. 

Les sorties au restaurant

Pour ce qui est des sorties, c’était soit noir, soit blanc. Je ne parvenais pas forcément à trouver un entre-deux. Sur certaines sorties, je les anticipais à fond, je me restreignais, je ne mangeais presque rien sur place. Sur d’autres sorties, je partais en totale compulsion sur place, et j’avais la mentalité « foutu pour foutu ». 

Relation de couple

Avec mon copain, c’était pas mal de prises de tête quand même. Je me comparais beaucoup à ce qu’il mangeait. Je faisais inconsciemment la gueule s’il mangeait moins que moi. Les sorties étaient parfois source d’angoisse donc ça enlevait la magie des sorties de couple, surtout qu’on était dans nos premiers mois.

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Mais... la guérison ce n'est que du négatif alors ?

Vous voyez que durant les premiers mois, c’était compliqué. Et d’ailleurs, je n’étais pas encore totalement sortie des troubles alimentaires. 

Néanmoins, il y avait quand même déjà du gros positif. Je l’ai moins dit, mais je ressentais que j’avais plus d’énergie. Je faisais bien plus d’activité sociale, donc je revoyais des gens (alors que lorsque j’étais malade, je m’isolais sans cesse). Les moments où je ne pensais pas à la nourriture & à mon corps étaient de plus en plus nombreux. J’avais de plus en plus d’énergie pour me permettre de travailler sur tous les aspects psychologiques de la maladie (dont les causes). 

Nouvelles passions

Durant cette période, j’ai également commencé à me découvrir de nouvelles passions, de nouvelles activités qui n’avaient rien avoir le trouble alimentaire. Mais c’était encore un peu compliqué, j’avais toujours quelques traces du TCA en arrière plan qui me gâchait un peu la vie, du moins, qui m’empêchait d’en profiter pleinement. 

Mais petit à petit, en continuant d’avancer, je commencerais enfin à voir le sommet de la montagne, celle de la guérison, pour m’amener à cette guérison totale. Et ça, on en parle dans le prochain article 🙂 

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1 commentaire

Merci pour cet article Mathilde, il peut nous aider sur l’avenir 🫶

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