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Partie 2 : La vie sans plus aucun trouble alimentaire : c’est comment ?

Partie 2 : La vie sans plus aucun trouble alimentaire : c’est comment ?

Cet article fait suite au précédent, sur la thématique « la vie après les troubles alimentaires ».

Dans l’article précédent, je vous ai parlé des premiers mois où j’allais vraiment mieux. Mais, si vous l’avez lu, vous avez pu voir que je vous ai donné encore pas mal de difficultés. Parce que justement, rien n’a été magique, et j’ai connu encore de nombreux obstacles. Le fait que j’aborde cette thématique en deux articles, et que le premier était encore assez péjoratif, montre à quel point le chemin de la guérison se construit petit à petit. 

Cette thématique n’a pas pour but de dire comment je m’en suis sortie. Parce que ça, je l’aborde dans l’article sur la quasi-guérison. Et j’explique également dans beaucoup d’autres articles ce qui m’a aidé à en sortir. 

Mais pour être synthétique, j’ai continué de faire un gros travail physiologique sur les causes, notamment avec la thérapie de l’EMDR. J’ai beaucoup beaucoup travaillé mon rapport au corps, à l’alimentation. Je me construis dans une nouvelle ville, à travers mon couple, à travers mes passions… dans une vie où les TCA n’avaient plus leur place. Et c’est comme ça que j’en suis sortie totalement des TCA. 

Bon, c’est vraiment pour synthétiser au max parce que la réalité était bien plus complexe. Mais comme je dis, cet article n’est pas sur le comment, mais sur quelle est ma vie sans trouble alimentaire ?

Donc dans cet article, je vais vous parler de ma vie sans trouble alimentaire. Parce que oui, c’est POSSIBLE ! Après, évidemment, ça reste mon point de vue. Mais je peux affirmer que c’est possible, car moi, aujourd’hui, je n’en ai plus. Et je vais vous parler de cette vie sans trouble alimentaire, comment elle se passe.

Alors, je vais donner mes idées en vrac, je veux dire qu’il n’y a pas d’ordre prédéfini. Je les donne en fonction de ce qui me vient en tête : 

Mon rapport à la culture du régime

Dans le dernier article, je vous avais dit que j’avais eu une période où je ressentais colère et même jalousie vis-à-vis des personnes qui faisaient un régime. 

Aujourd’hui, et surtout après un gros travail de déconstruction des croyances erronées vis-à-vis de la minceur, ma façon de voir ça a totalement changé.

Aujourd’hui, j’ai plus de la peine pour les personnes qui parlent de régime ou qui sont piégées dans ces régimes. Parce que justement, je les vois plus piégés que chanceux. Et je sais au fond de moi (du moins je pense) que ces personnes-là sont surtout en grande souffrance, qu’elles ont un mal-être. Et j’espère qu’elles finiront par trouver comment guérir leur mal-être sans passer par le contrôle de leur corps. Le seul énervement que je pourrais garder (même si en réalité c’est quelque chose qui me passe au-dessus), c’est contre toute l’industrie de la minceur. Par exemple quand je vais voir ou entendre une pub sur un produit qui met en avant des vertus pour maigrir, ça m’énerve parce que je me dis que juste pour se faire de l’argent, ces entreprises gâchent la vie et la santé de millions de gens.

Comment se passent mes repas ?

Bah comme des repas. La nourriture a repris son rôle de me nourrir, de me donner de l’énergie. Parfois je prévois mes repas en amont parce que faut bien que je sache ma liste de course. Parfois, je fais au feeling, selon ce que j’ai, ou je vais au magasin tous les deux/trois jours parce que j’habite en face, et que je ne prends pas le temps de prévoir. 

Je cuisine au gré de mes envies. Je mange mon repas, souvent devant une série avec mon copain, et après je repars à mes activités sans penser à ce que j’ai mangé. Je ne me compare plus à ce que mon copain mange. J’arrive enfin à ressentir mes sensations de faim et de satiété. Donc je me pose plus la question de savoir si c’est une ration normale puisque je réponds aux besoins de mon corps. Et ça j’en suis tellement reconnaissante de enfin parvenir à le faire. Parce que c’est ce qui m’a pris le plus de temps à retrouver ; mes sensations de faim et de satiété. Donc il y a certains jours où j’ai plus faim, d’autres moins. Ça dépend vraiment de mon corps.

Je disais que la nourriture a repris sa fonction de nourriture, mais elle garde cette fonction de se faire plaisir aussi. Et il n’y a rien de malsain à ça. Si pendant énormément de temps ça m’a fait culpabiliser, aujourd’hui, je trouve ça sain de se faire plaisir et même indispensable pour la santé mentale. De base, j’ai toujours été une personne gourmande (avant d’être malade, c’était comme ça). Et aujourd’hui, c’est toujours le cas. Avec mon copain, on aime bien souvent se faire des goûters, des desserts. Pendant longtemps, ça a été source de culpabilité. Aujourd’hui, c’est quelque chose que j’adore. 

Quand j’étais malade, et notamment les premiers mois où j’allais mieux, je me disais que j’avais tellement compté les calories, que je ne parviendrais plus à me détacher de ces nombres. Et bah sachez qu’en fait, aujourd’hui, je ne saurais même plus dire combien fait tel aliment en termes de calorie, tellement c’est sorti de ma tête. Mais ça, pareil, ça m’a pris du temps, parce que j’ai pris du temps à me détacher du fait de compter les calories. C’est l’un des symptômes qui m’est resté le plus longtemps.

Par rapport à l’alimentation, j’ai aussi découvert de nouveaux goûts que j’aimais, et à l’inverse des aliments que je pensais aimer, mais qu’en fait, c’était mon trouble alimentaire qui me faisait croire que j’aimais. Combien de fois maintenant je me dis « mais comment j’ai pu manger ça ? C’est tellement fade ! ».

Est-ce que je ne ressens plus jamais de culpabilité  ?

Dire « plus jamais » serait mentir. Ça peut encore m’arriver, notamment quand on est en vacances, ou après plusieurs repas de fête par exemple. Je peux ressentir une culpabilité, mais qui n’est pas du tout omniprésente. J’ai envie de dire, c’est une petite culpabilité que beaucoup de gens, TCA ou non, peuvent ressentir occasionnellement. En tout cas, ce n’est pas une culpabilité qui va m’occuper l’esprit, et encore moins me faire engendrer des comportements de restriction ou de compensation. D’autant qu’avec mon passif, je sais identifier ces pensées parasites et me dire « c’est ok Mathilde, t’as rien fait de mal », et passer à autre chose. Et peut-être que là, ça vous semble surréaliste. Et pour moi, ça l’a été pendant longtemps. Je rappelle une fois de plus que j’agis comme ça, mais ça s’est fait tellement petit à petit. Ça n’a jamais été linéaire. Mais je vous assure c’est possible. Et je vous souhaite d’y arriver, je suis sûre que vous y arriverez un jour !

Mon rapport au corps

Même chose, après un gros travail d’acceptation corporel, je vois maintenant mon corps différemment. Je le vois plus de façon neutre, dans son aspect fonctionnel plutôt que son aspect « apparence » on va dire. Maintenant je l’accepte, ce qui ne veut pas dire que je l’aime. Il y a encore des fois où je me trouve pas assez bien, où je complexe. Mais pour autant, je ne vais pas vouloir le changer. Je ne suis plus du tout dans cet objectif de perdre du poids. Et d’ailleurs, depuis que j’ai lâché prise sur cette volonté de perdre du poids, de manger de façon contrôlé, je pense que j’ai perdu du poids, ou du moins ; mon poids s’est stabilisé. Je dis « je pense », parce que je ne suis toujours pas remonté sur une balance. Pour moi, ce chiffre n’a plus la même importance. Donc quand je vois des médecins et qu’on me demande mon poids, je dis « je ne sais pas ». Et il y a zéro problème, on ne me l’a jamais reproché. Et je dis « je pense » dû à mon reflet dans le miroir, et à ce que mes proches m’ont dit.

Pour autant, je ne suis pas en mode « je m’en fous de mon apparence ». Les vêtements m’ont beaucoup aidé à accepter mon corps. J’ai pris le temps, et je prends toujours le temps, de trouver des tenues dans lesquelles je me sens bien. Je mets de bijoux aussi, je fais des coiffures. Tout ça, ça m’aide à me sentir mieux dans ma peau. 

Mon corps d’avant ne me manque plus jamais, contrairement aux premiers mois où j’allais mieux. Et d’ailleurs, dans les premiers mois où j’allais mieux, je regardais mes photos de moi malade en me disant que j’étais physiquement bien avec ce corps-là. Aujourd’hui, c’est comme si je n’avais plus le filtre de la maladie, et je prends conscience d’à quel point j’avais un corps malade et que je n’aime pas du tout. 

Mon rapport au sport

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Il faut savoir qu’avant de tomber malade, je n’avais jamais été une grande sportive. J’avais uniquement fait du sport pour perdre du poids durant mes troubles alimentaires. Donc j’avais toujours fait le lien de faire du sport selon ce que je mangeais. Aujourd’hui, je ne fais plus vraiment de sport à proprement parler. J’adore me balader, en musique. Mais ça n’a plus rien avoir avec de l’hyperactivité. Déjà parce que si je ne le fais pas, ce n’est pas grave (je n’ai pas toujours le temps). Et quand je le fais, c’est vraiment dans un objectif de détente, pour sortir le nez de mon travail, pour me balader en musique, généralement 30 minutes. Donc ce n’est vraiment plus du tout dans la même optique.

Je voulais faire du badminton parce que j’adore ça. Mais je n’ai pas trouvé de club. Donc de temps en temps je fais du sport, mais avec des amis, ou c’est de temps à autre. C’est vraiment pour faire une sortie, me détendre, plus du tout pour perdre du poids.

Après, je ne dis pas, je pourrais et devrais peut-être faire plus de sport pour ma santé. Mais je ne veux pas que ce soit une contrainte. J’ai déjà essayé de faire du sport plus souvent, et je ne le tiens pas parce que juste, c’est une contrainte.

Mon rapport aux restos

Aujourd’hui, je ne vois plus du tout les resto comme avant. Avant, je subissais ces sorties. J’angoissais avant d’y aller, je redoutais qu’on m’invite. Maintenant, je peux être à l’initiative de ces restos. Et ça m’est déjà arrivé d’avoir 2 restos sur 2 jours consécutifs (choses impensables avant).

Je ne me restreins plus du tout en amont, en fait, je ne pense même pas au côté alimentaire. Je prends le plat qui me fait plaisir sur place, mais je suis surtout là pour découvrir un nouveau lieu, pour partager un bon moment avec mes proches, et pour profiter du fait que je n’ai pas à préparer le repas. (Et ça, avant, c’était impensable de manger un plat que je ne contrôlais pas).

Mon rapport à mes proches

Aujourd’hui, quand je suis avec mes proches, je suis vraiment avec eux. Avant, j’étais toujours préoccupée par les repas qu’on allait manger. Maintenant je vis pleinement l’instant avec eux. 

Je dois dire qu’au début, ça fait bizarre de voir que mes proches ne se souciaient plus de ma santé. Mais avec le temps, j’ai compris que je préférais ne plus être une source de stress pour eux. Et ce qui fait bizarre aussi, c’est de voir que mes proches qui m’ont accompagné de près durant mon combat, ont oublié des choses sur mes TCA. Genre ma mère, ma sœur… ils ont oublié des moments clés de mes troubles alimentaires. Et ça, ça fait bizarre. 

Vis-à-vis de tous les souvenirs négatifs de la maladie que j’avais, de tous les reproches que je me faisais pour le mal causé à mes parents, à ma sœur, à mes proches plus globalement… j’ai pris beaucoup de recul. J’ai compris que je n’étais pas la maladie. Et ce n’est pas une façon de me trouver des excuses, mais vraiment, le fait de se dissocier de la maladie, de justement savoir que moi, ma personne n’est pas les actions de la maladie, ça fait partie de la guérison. Donc c’est ainsi que j’ai commencé à me pardonner. Même si ce n’est pas toujours évident. Mais aujourd’hui, et aussi avec le temps, ces souvenirs n’ont plus le même impact émotionnel.

Le manque de la maladie

Si dans l’article précédent j’ai pu parler de ce sentiment de manque que j’avais éprouvé les premiers mois, aujourd’hui c’est quelque chose de totalement absent. Parce que j’ai réussi à me reconstruire indépendamment de la maladie, et j’aime ma vie telle qu’elle est. Et aujourd’hui sa place dans ma vie, donc j’ai plus de raison de ressentir de manque pour elle. Et le temps, une fois de plus, aide pour cette problématique. 

Mon couple

Quand je me suis mise avec Arthur, j’avais encore clairement des mécanismes des TCA. Et je trouve que mon TCA m’a volé les instants magiques des débuts de couple. Et bah du coup, c’est au bout de 3 ans de couple que j’ai connu nos vrais débuts haha. J’ai vraiment cette sensation d’avoir redécouvert mon couple. J’ai découvert le fait de partager des moments avec lui sans toutes les pensées parasites de la maladie. Je trouve que déjà la vie de couple c’est pas toujours simple. Mais avec les TCA c’était d’autant plus compliqué. Et là, sans TCA, mais on revit quoi ! C’est comme si avant il y avait un parasite dans notre couple qu’il n’y a plus aujourd’hui. Donc c’est cent fois mieux 🙂 

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Nouvelles passions, nouvelles occupations, énergie croissante

Aujourd’hui, ma vie est à 100 % remplie par des dizaines de projets que j’ai envie de réaliser dans ma vie. Et si j’avais encore des TCA, déjà je n’aurais pas autant d’envie (parce que finalement, le TCA éteignait cette flamme de la vie en moi) ; mais en plus de ça, je n’aurais pas autant d’énergie pour la réaliser.

Quand je vois aujourd’hui à quel point ma vie est remplie alors que je n’ai plus de TCA, je me dis que lorsque j’avais des TCA, j’ai dû passer à côté de tas d’opportunité, de projets.

D’ailleurs, je peux accepter beaucoup plus facilement des projets. Avant, quand on me proposait un truc au dernier moment, ça gênerait tellement d’angoisse en moi que je refusais. 

Aujourd’hui, je suis en plein déménagement dans quelques jours. On vient d’acheter notre appartement que je vais décorer, peindre, etc. Je n’aurais pas eu l’énergie mentale pour gérer ça quand j’étais malade, ou du moins ça aurait été dans le stress permanent. Dans 3 semaines on part en Thaïlande, pour le moment j’ai pas trop trop préparé. Mais j’ai hâte d’y aller. Avec des TCA, déjà je n’aurai pas accepté de partir 3 semaines dans un pays étranger. Mais en plus de ça j’aurais tellement eu de stress vis-à-vis des repas, là j’y pense même pas. Et ensuite, quand je reviens de Thaïlande, je suis la 15 jours pour ensuite repartir dans ma famille. Et tout ça, tout en faisant un gros projet qui verra le jour en début d’année 2024. Bref, ma vie n’aurait pas été aussi remplie avec des TCA, ou du moins, je ne l’aurais pas vécue de la même façon.

Après, attention, j’ai encore des stress. Et tous ces événements que je viens de dire là, évidemment, ça me génère des stress. D’ailleurs, sur insta, j’ai demandé si vous aviez des questions sur ma vie d’après les TCA, et on m’a répondu « fais-nous rêver » (en rigolant bien sûr, je le sais !). Mais ça m’a fait penser qu’il fallait vraiment que j’insiste sur ce point.

Ma santé mentale

Aujourd’hui, je ne suis pas du tout sans problème de santé mentale. Je suis toujours très angoissée, d’ailleurs j’ai parfois de grosses crises d’angoisse. Je n’ai pas vraiment confiance en moi. Je n’ai plus rien en rapport avec mon corps et l’alimentation. Mais rien n’est magique, j’ai encore des petits problèmes de santé mentale. Après, je pense que tout le monde en a, surtout avec le rythme dans lequel on vit nos vies aujourd’hui.

Et la différence que j’ai par rapport à avant mes troubles alimentaires, c’est que désormais j’ai l’expérience. Donc je sais plus facilement sentir quand je tire sur la corde. Je sais plus facilement écouter les signaux de mon corps quand il est fatigué. J’ai plusieurs techniques pour prendre soin de moi, pour me calmer, pour me recentrer sur l’essentiel. Au fil de mes thérapies dans les TCA, j’ai développé une grande connaissance sur moi-même qui m’aide à mieux gérer les difficultés de ma vie. Mais encore une fois, c’est pas fluide pour autant. Et j’ai toujours des difficultés. C’est important pour moi d’insister là-dessus, parce que vraiment, rien n’est magique. Mais clairement, ma vie sans TCA est 1 million de fois mieux.

Mais d’ailleurs, au tout début où je commençais à me sentir vraiment mieux, où les TCA n’était plus présents, ça me faisait bizarre d’aller mieux. C’est comme si je m’étais habitué à aller mal avant. Et au début, vraiment c’est étrange. C’est comme si mon cerveau était habitué au mal-être. Et je ne me sentais pas forcément « bien d’aller mieux ». C’était presque inconfortable pour être honnête.

Aujourd’hui, je me trouve encore parfois à faire la différence à « comment j’aurai agi avant, lorsque j’étais malade ? ». Et je suis très reconnaissante de ne plus être malade en fait. D’autant qu’avec Norainnoflower, j’ai encore les récits de personnes qui sont malades. Et ça me rappelle à quel point c’était un enfer. Mais vous voyez, pourtant j’en suis sortie ! Et vous allez en sortir, vraiment, il faut y croire !

Un cerveau plus optimiste

Une autre chose que mon combat m’a apprise, c’est à apprécier les petites choses simples. Quand j’étais malade, j’étais h24 pessimiste, je me concentrais parfois davantage sur les côtés négatifs que le côté positif. Je dois admettre que je suis quand même une personne pessimiste, je pense. Mais justement, j’ai pris l’habitude quand j’étais malade de me focaliser sur les petites choses positives. J’avais pris cette habitude d’entraîner mon cerveau à lister 3 choses positives chaque jour, même les journées difficiles. Et ça, ça m’a aidé à apprécier les petites choses : genre le ciel bleu, le beau temps, des gens qui sourient dans la rue, des câlins avec mon chat, un éclat de rire avec des amis, etc. C’est bête, mais c’est tous des petites choses que je ne parvenais même plus à voir lorsque j’étais malade. C’est comme si le TCA m’enfermait dans une bulle où la positivité n’avait pas sa place. 

"Est-ce que tu ressens encore parfois le besoin de tout contrôler ?"

On m’a demandé si j’avais pas parfois le besoin de tout contrôler. Et si, ça m’arrive encore, d’autant que comme je disais, je suis une personne angoissée (je travaille dessus). Mais par contre, je ne contrôle plus jamais l’aspect alimentaire et corporel. Parce que par mon passé, je sais qu’à chaque fois que j’ai fait ça, je suis retombée dans un cercle vicieux de compulsion-restriction. Aujourd’hui, quand je suis en mode « j’ai envie de tout contrôler », je me dis « oh oh, ça c’est un signal de mon corps que je ne suis pas bien » ; et là j’applique mes propres techniques pour me détendre, pour reprendre chaque point de ma vie qui me stresse et y trouver des solutions. Aujourd’hui j’arrive à faire ça parce qu’encore une fois, j’ai l’expérience de mon passé dans les TCA ; mais aussi parce que j’ai plus d’énergie qu’avant (quand mon TCA me prenait toute cette énergie justement). 

"Comment être sûre de ne pas rechuter une fois qu’on en est sorti ?"

Sur intagram, on m’a aussi posé la question : comment être sûre de ne pas rechuter une fois qu’on en est sorti. J’ai fait un article complet sur la rechute. Donc je vais répondre succinctement : pour moi, on peut être sûre de ne pas rechuter si la guérison est consolidée, que les différents aspects de la guérison sont travaillés. Mais du coup, pour une réponse plus détaillée, je vous invite à lire l’article sur la rechute et celui sur la quasi guérison.

« Comment sait-on si on est guéri ou si on est en voie de guérison ? »

On m’a aussi demandé « comment on sait si on est guéri ou si on est en voie de guérison ? ».

Très intéressante cette question ! Plusieurs fois je me pensais guérie, et avec le recul, j’ai compris qu’à ces moments-là j’étais plus en voie de guérison que réellement guéri. Donc je dirais qu’au moment même, t’as tellement la tête dans le guidon que ce n’est pas évident de s’en rendre compte. Mais je pense qu’il faut essayer d’être honnête avec soi-même et de se demander : est-ce que j’ai toujours cette volonté de perdre du poids, de contrôler mon corps/mon alimentation ? Si oui, alors c’est qu’il y a encore des traces de TCA, des mécanismes du trouble alimentaire. Et cette phase de « être en voie de guérison » est vraiment longue, donc c’est normal si vous avez la sensation d’être dedans depuis longtemps. Vous êtes pas bloqué pour autant, parce que c’est un processus lent. Tant que vous en avez conscience, et que vous mettez des choses en place, que vous en discutez avec des thérapeutes pour aller vers un mieux, c’est que vous êtes dans ce processus de guérison, vous êtes pas « bloqué ».

Et ne vous mettez pas de pression, encore une fois, c’est un processus qui est lent. Les petits pas sont parfois tellement minimes que vous avez pas la sensation d’avancer, mais en réalité, si, vous avancez bien. Et ça, c’est quelque chose donc j’ai eu conscience une fois que j’en suis totalement sorti et que j’ai pu prendre le recul.

De toute façon, évidemment, quand on en est sorti, c’est toujours plus simple de dire toutes ces choses-là, parce que j’ai plus le parasite du TCA qui me brouille l’esprit, j’en ai bien conscience. 

Des séquelles ?

J’ai aussi oublié de dire, personnellement, je n’ai aucune séquelle physique. Je n’ai pas de conséquence de ces six années de troubles alimentaires. Même chose, je sais que chaque personne est différente. Mais voilà, me concernant, j’ai la chance de n’avoir aucune conséquence. 

Voilà, je pense avoir tout dit ! C’était peut-être un peu trop en vrac, mais j’espère que ça vous a quand même servi, que ça vous a donné un aperçu de ce qu’est la vie sans TCA. 

Évidemment, chaque personne est différente, donc chaque parcours de guérison sera différent. Je n’ai pas dit tout ça pour juste vous faire rêver, j’ai aucun intérêt à vous dire que la guérison totale est réelle si elle ne l’est pas. 

Et j’insiste une fois de plus qu’avant d’en arriver à ça, ça s’est fait vraiment petit à petit. Et d’ailleurs, tout au long, j’ai toujours gardé un suivi psy. Donc c’est vraiment important pour moi de garder un suivi psy, même quand vous allez mieux.

- Roman autobiographique -

L'anorexie, mon bouclier mortel

Découvre tout mon combat contre les troubles alimentaires dans mon livre témoignage sur l’anorexie. Je te raconte tout mon combat, du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte totalement.

Voilà, c’est la fin de cette thématique « quelle vie après les TCA ». J’espère avoir répondu à toutes vos interrogations. J’espère que ça vous donne également l’espoir de vous accrocher pour parvenir à cette vie-là. Je vous le souhaite sincèrement d’y parvenir, d’arriver à ce jour où vous pouvez vous poser tranquillement, regarder derrière vous tout ce que vous avez parcouru, et vous dire « punaise, je l’ai fait quoi ! ». Vous pouvez y arriver, je vous assure que je n’étais pas plus forte que vous ! Vraiment 🙂 

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