Thérapie

Le TCA comme langage silencieux : quand le corps exprime ce qui n’est pas dit

Le TCA comme langage silencieux : quand le corps exprime ce qui n’est pas dit

Le TCA comme langage silencieux : quand le corps exprime ce qui n’est pas dit

On se retrouve pour un nouvel article, un peu plus psychologique. Pour ceux qui me lisent depuis un moment, vous le savez, j’aime beaucoup tout ce qui touche à la psychologie, ça me passionne. Et les TCA étant des maladies mentales avant tout, il y a une grosse part de psychologie dans la guérison. Et mon objectif, à travers mes contenus, c’est aussi de vous guider dans vos moments d’introspection.

Donc aujourd’hui, on va parler du TCA comme langage silencieux du corps.

Qu’est-ce que ça veut dire ? En parlant de “langage silencieux du corps”, je sous entends que le TCA serait une façon pour ton corps de parler à ta place. Parce que pour moi, mon TCA a aussi été, entre autres, un cri qu’on n’a pas su entendre autrement, ou avant (par moi-même et par mon entourage) sur des choses douloureuses que j’avais en moi. 

Donc cet article est là pour vous faire réfléchir à votre TCA, qui pourrait être vu comme un langage non verbal, une tentative de communication quand vous manquez de mots, ou que tout simplement les mots sont impossibles à exprimer. 

Je vais donc vous expliquer ici les raisons possibles de votre silence émotionnel, je donnerais des hypothèses du langage corporel du TCA, et je finirai par donner des pistes pour essayer d’écouter, de comprendre ce que le corps veut te dire.

Je précise que, c’est une piste de réflexion. Le TCA ne peut pas s’expliquer à 100% par du langage émotionnel. Mais, c’est quelque chose qui peut vous amener à comprendre ce que votre corps raconte, pour vous aider à vous reconnecter à lui, votre allié (et non votre ennemi). 

Partie 1 : Les raisons d’un silence émotionnel - Pourquoi ton corps exprime ce que tu ne sais pas dire ?

Le TCA pourrait donc être une façon, entre autres, de dire quelque chose, sans le dire avec des mots. C’est ce que j’appelle langage silencieux, soit le langage du corps. Avant de comprendre ce que ton corps dit, c’est intéressant de comprendre pourquoi ton corps parle.

#1 - Tu as grandi dans une famille où les émotions sont tues

Si, lorsque tu exprimais tes émotions enfants, on t’a répété “Mais non, ce n’est rien”, “arrête d’en faire une montagne” “tu es trop sensible” “y’a plus grave” “tu exagères”… Ou qu’à l’inverse, tu as grandis dans un environnement où te demandait, parfois inconsciemment, d’être fort, de ne pas déranger, de ne pas faire de vague, de ne pas ajouter de charge émotionnelle aux autres…

Alors, tu as appris à taire ce que tu ressens. On ne t’a pas appris à accueillir tes émotions, à les nommer, à les légitimer (parce que c’est quelque chose qui s’apprend. Moi qui suis jeune maman, je lis qu’avant 6 ans, l’enfant n’est pas en capacité de gérer seul ses émotions et qu’il est nécessaire de l’accompagner, l’aider à les nommer, à les accepter, à exprimer). 

#2 - On t’a appris (inconsciemment) que certaines émotions doivent être cachées

Dans la même veine que le point précédent, si on t’a appris que : 

  • tes propres besoins doivent passer après les autres, que répondre à ses besoins en premier est égoïste
  • que la vulnérabilité est pour les “trop fragile”
  • que la tristesse, la colère sont des émotions à garder pour soi, à ne pas montrer aux autres

Et si, en parallèle, on t’a uniquement félicité quand tu étais “sage”, quand tu performais…

Alors, avec toutes ces règles implicites, tu apprends à être “la bonne élève”, “celle qui ne fait de bruit”, celle à qui on a appris à être sage, discrète, à ne pas être de trop.

Donc tu refoules toutes les émotions qui pourraient à l’inverse de tout ça. 

#3 - Parfois, c’est trop douloureux pour être exprimé avec des mots

Ici, je parle notamment des événements traumatiques. Que ce soit pendant l’enfance ou même adulte. Parfois, un événement traumatique, une insécurité affective, un environnement instable est tout simplement trop à porter pour le cerveau, qui de ce fait, active une réaction de survie. 

C’est comme si le cerveau disait “c’est trop douloureux pour toi, je vais le stocker quelque part”. Et donc, ce quelque part, c’est dans ton corps.

#4 - Certaines émotions ont pu être perçues comme dangereuses pour ton cerveau

Peut-être que, par expérience, ton cerveau a associé des émotions à quelque chose de dangereux. 

Je te donne un exemple : 

Si un jour, tu as exprimé ton amour, et qu’en réponse, tu n’as rien reçu en retour voire même tu as perdu cet amour.Si, lorsque tu pleurais, tu avais quelqu’un d’anxieux ou de mal à l’aise, qui ne savait pas gérer ça. Parfois il y a même des gens qui se mettent en colère, parce que ça les stress de voir quelqu’un pleurer. Mais de ce fait, toi, tu as pu associer le fait d’exprimer tes émotions à quelque chose d’interdit à l’extérieur. 

#5 - On ne t’a pas pris au sérieux

Peut-être que, tu as mis des mots sur ce qui n’allait pas par le passé. Mais en retour, on t’a incité à garder le silence, on ne t’a pas pris au sérieux, on a minimisé ce que tu ressentais… Alors, évidemment, tu as appris que : 

  • Parler ne sert à rien
  • Dire ce que tu ressens ne change rien
  • Tes émotions ne sont pas légitimes

Tu as un ingéré ça comme un interdit silencieux, et donc tu as fini par te taire, à le garder à l’intérieur… Sauf que ton corps a besoin que ça sorte et que ça soit reconnu à sa juste valeur. Alors, il va l’exprimer autrement.

Dans de nombreux cas, c’est parce que lorsque tu as exprimé tes émotions dans le passé, tu as eu un retour d’interdiction de l’exprimer. Et les personnes qui incitent les autres à cacher leur émotion pensent qu’ainsi, ça fera disparaître l’émotion. Mais une émotion interdite ne disparaît pas. Elle se déplace, dans le corps, et finira par s’exprimer d’une façon ou d’une autre.  

Partie 2 - Le langage corporel du TCA

J’espère que cette première partie va t’aider peut-être à avoir des prises de conscience, à comprendre des choses sur toi, sur ton TCA. Personnellement, si j’avais écouté cet épisode à l’époque, je pense que ça m’aurait beaucoup parlé. Là, en tout cas, quand j’explique tout ça, ça fait beaucoup sens avec mon histoire. 

Je vais parler maintenant du langage corporel du TCA, mais avant ça, je vais vous parler un peu plus globalement de langage somato-corporel.

#1 - Le langage somato-corporel

C’est quelque chose que j’ai découvert vers la fin de mes TCA, et aujourd’hui, dès que j’ai une douleur quelque part, je vais regarder la signification dans mon dictionnaire des maladies de Jacques Martel. D’ailleurs, ma soeur est osthéo, et évidemment tout ne s’explique pas par le somatique, mais elle regarde aussi la signification pour en parler avec ses patients durant la séance, car beaucoup de blocage, de douleur ont une grande part de psychologie. Et en avoir conscience, ça aide. 

Déjà, il faut savoir que chez TOUT LE MONDE, le corps parle. Parce qu’on est quand même dans une société, notamment en occident, où on a un mode de vie très intense, où on intellectualise tout, on est très focus sur le mental, plus que sur les ressentis corporels. “Le corps parle, mais on ne l’écoute pas” comme je dis dans mon roman autobiographique. Il y a plein de douleur chronique par exemple qui s’explique somatiquement. 

Qu’est-ce que langage somato-corporel ?

C’est tout simplement le fait que le corps exprime ce que l’esprit n’arrive pas à formuler, à conscientiser. 

Il peut le faire à travers : 

  • la posture
  • des douleurs musculaires
  • des troubles du sommeil
  • des problèmes de digestion
  • la respiration
  • Ou des comportements automatiques dont on a même plus conscience 

Je vais vous donner des exemples concrets, en me basant sur des douleurs et blocages fréquents chez les personnes anxieuses : 

Douleurs épaules et nuques

Si tu as : 

  • les trapèzes tendus, la nuque qui n’a pas une forte amplitude en regardant à droite à gauche, les épaules dures, crispées…

Ces zones correspondent à la charge mentale, à la responsabilité, à l’hypervigilance.

Le langage somato-corporel c’est ton corps qui doit “Je porte tout” “je ne peux pas m’écrouler car j’ai trop de responsabilité” “Je m’inflige de tenir absolument la cadence, le rythme”

Douleurs dans le bas du dos

Les lombaires, c’est la zone de sécurité émotionnelle.

Les personnes qui ont mal à cet endroit vivent souvent : 

  • de l’insécurité affective
  • un manque de soutien
  • la sensation d’être seul

C’est le corps qui dit “je n’ai pas d’appui”, “je dois être mon propre pilier”

La mâchoire

Si tu as la mâchoire serrée, que tu fais du bruxisme… c’est une façon de garder le contrôle. Somatiquement, si la mâchoire est bloquée, tu as moins la capacité d’ouvrir la bouche, de l’exprimer si l’émotion sort.  

Les douleurs aux bras, aux mains

Si tu as des tensions dans les bras, des douleurs dans les mains : 

Ce sont souvent des zones liées à la peur de demander de l’aide, à la difficulté d’en recevoir, à un besoin très fort de tout gérer seule.

 

Voilà, je vous ai donné quelques exemples, mais vraiment, c’est super intéressant de connaître le côté somatique je trouve. Même si évidemment, tout ne peut pas s’expliquer somatiquement. Je pense par exemple à la faim extrême, l’explication est majoritairement biologique. La faim mentale, l’explication est aussi biologique ; dans les deux cas que je viens de citer c’est la restriction, donc un manque d’apports alimentaires.

#2 - Anecdote perso

Je vais vous raconter une anecdote personnelle qui me semble, j’ai déjà raconté. En 2020, j’étais quasiment sorti des TCA, et j’étais en pleine reconstruction de mon identité, en train de chercher vers quoi je voulais aller dans la vie, tout en travaillant sur mon attachement à mes parents, à ma mère, ma peur de grandir.

Et, j’avais une verrue plantaire sous la voute plantaire qui était apparue. Je l’avais soigné avec les solutions proposées en pharmacie, ensuite j’avais vu une podologue qui m’avait fait des soins sur plusieurs semaines, j’ai même fait de la cryogénisation… j’ai vraiment mis beaucoup d’argent dedans, et elle ne partait pas ! ça faisait maintenant plus d’un an et demi que je l’avais, et un jour, j’ai posté un message sur un groupe Facebook de Lyon pour avoir des recommandations de méthode pour éradiquer une verrue plantaire. 

Et parmi les réponses, une dame m’a répondu “avez-vous regardé la signification somato-psychologique ?”. Non, je ne l’avais pas fait. Et donc j’ai regardé, et en somato-psycho, une verrue plantaire représentait l’avancée dans la vie, la direction, le fait qu’on n’est pas certain de la direction qu’on veut prendre dans la vie, qu’il y a un conflit intérieur entre avancer et rester là où on est. Et en lisant la signification, je me suis dit “ah mais clairement, c’est mon corps qui parle !”. Et je me suis dit, je vais attendre d’avancer dans ma vie, d’un point de vue psychologique en thérapie, et je ne vais plus penser à tout ça. Et quelque mois plus tard, je me suis souvenue de cette verrue que je m’étais forcée de en plus regarder et… Elle avait disparu ! Parce que je pense que j’avais avancé sur la problématique, et j’avais aussi conscientisé que c’était un message de mon corps, je l’ai donc entendu, écouté.

#3 - Le langage du corps des TCA

Alors, quels pourraient être les messages silencieux de ton TCA ? 

La vérité, c’est qu’ils te sont propres. Mais je vais donner des messages du corps “typiques” qu’il pourrait y avoir chez une personne avec un TCA.

3.1 Le corps exprime un besoin de sécurité

Le langage somato-émotionnel, serait : 

  • “ J’ai besoin de me sentir en sécurité” 
  • “J’ai besoin d’un cadre fixe, rassurant”
  • “Le monde autour de moi me semble (ou m’a semblé) imprévisible, alors je me sécurise comme je peux” 

Hypothèse du pourquoi ?

  • Peut-être que tu as manqué de sécurité affective (environnement instable, fluctuations émotionnelles des adultes).
  • Peut-être que tu as vécu un événement où ta sécurité a été menacée (maltraitance, abandon, agression, violence, rupture brutale).
  • Peut-être qu’on ne t’a jamais vraiment transmis l’idée que tu étais soutenue, protégée, entourée.
  • Peut-être que tu as vécu un trauma où ton corps a ressenti la peur avant même que ta tête puisse comprendre.

3.2 Le corps exprime une sensation de prendre trop de place ou au contraire, de ne peut trouver sa place

Le langage somato-émotionnel, serait : 

  • “J’ai peur de déranger” 

  • “Je veux disparaître” 

    ou

  • “Je veux qu’on me voie enfin” 

  • “Je veux qu’on me laisse ma place”

Hypothèse du pourquoi ?

  • Peut-être que tu as grandi dans un environnement où prendre de la place était dangereux (punition, rejet, critiques).
  • Peut-être qu’on t’a appris que tes besoins dérangeaient.
  • Peut-être aussi que tu t’es sentie invisible, pas entendue, pas comprise… et que ton corps parle pour demander une place.
  • Peut-être qu’il n’y a jamais eu d’espace pour que tu sois pleinement toi.
  • Peut-être que tu as eu une place qui n’était pas la tienne (rejet de ton identité et donc tu te plies à ce qu’on attend de toi, ou alors que tu as été adulte trop tôt alors que tu étais enfant)

3.3 Le corps exprime un besoin d’autonomie

Le langage somato-émotionnel, serait :  

  • “je veux me débrouiller seul”

  • “je sais être indépendante”

  • “je veux ne dépendre de personne”

  • “j’ai peur d’avoir besoin d’autres personnes”

  • “personne ne doit avoir de pouvoir sur mon corps”

Hypothèse du pourquoi ?

  • Peut-être que dépendre de quelqu’un a été dangereux ou décevant.
  • Peut-être qu’on ne t’a pas soutenue quand tu en avais besoin.
  • Peut-être qu’on t’a parentifiée (enfant qui doit être l’adulte).
  • Peut-être que tu as grandi avec des adultes peu fiables ou instables.
  • Peut-être que tu as vécu une intrusion (émotionnelle, physique, éducative) où tu n’a pas réussi (par choc ou incapacité lié à l’âge à dire “Mon corps doit m’appartenir.”

3.4 Le corps exprime un besoin d’anesthésier une douleur (donc enclenche un mécanisme de survie)

Le langage somato-émotionnel, serait :  

  • “C’est trop intense/ trop dur à porter pour que je le ressente.”

  • “Je préfère ne rien ressentir que ressentir ce qui fait mal.”

  • “J’ai besoin de me couper pour survivre.”

Hypothèse du pourquoi ?

  • Peut-être que tu portes une douleur passé (trauma, perte, rejet).
  • Peut-être que tu as dû “vivre” malgré la souffrance.
  • Peut-être que tu as souvent entendu dire : “Allez, sois forte.”
  • Peut-être que tu n’as jamais eu le droit d’être triste ou en colère, qu’on ne t’a pas laissé la place de l’exprimer

3.5 Le corps exprime ne pas ressentir le droit d’exister

Le langage somato-émotionnel, serait :  

  • “Je ressens ne pas le droit d’être là.”

  • “Je dois me faire petite pour mériter ma place.”

  • “Je ne suis pas assez importante pour prendre soin de moi.”

Hypothèse du pourquoi ?

  • Peut-être qu’on t’a transmis l’idée que tu étais un poids, un problème.
  • Peut-être que quelqu’un a occupé tout l’espace émotionnel dans la famille.
  • Peut-être que tu n’as pas été désirée, ou que tu l’as entendu/senti.
  • Peut-être que tu as été comparée, dévalorisée, rabaissée.

3.6 Le corps exprime un besoin de rester dans l’enfance (de réparer l’enfance)

Le langage somato-émotionnel, serait :  

  • “Je veux revenir à un moment où tout était plus simple.”

  • “Je veux revenir à un moment où quelque chose a besoin d’être réparé”

  • “Être adulte me fait peur”

  • “J’ai besoin de protection.”

  • “Je n’ai pas eu d’enfance, ou pas eu l’enfance que j’aurai aimé avoir”

Hypothèse du pourquoi ?

  • Peut-être que tu as dû grandir trop vite (parentification).
  • Peut-être que ton enfance a été insécurisante.
  • Peut-être que tu n’as pas eu l’attention, la protection, la douceur dont un enfant a besoin.
  • Peut-être que tu as été confrontée trop tôt à des responsabilités d’adulte.
  • Peut-être que tu as vécu un trauma dans l’enfance qui a figé une partie de toi à cet âge-là.

3.7 Le corps exprime une colère non dite

Le langage somato-émotionnel, serait :  

  • “Je suis en colère mais je ne peux pas le dire.”

  • “J’ai peur que ma colère détruise quelque chose.”

  • “Je préfère me contrôler plutôt que de risquer d’exploser, ou de faire exploser quelque chose autour de moi (lien, relation…)”

  • “Je retourne l’agressivité vers moi car c’est plus sûr.”

La colère interdite se transforme souvent (sans qu’on en ait conscience) par de l’auto exigence, de la punition envers soi-même, de la violence silencieuse envers soi. Et c’est pas toujours évident de mettre des mots sur cette colère, de se l’autoriser pour que ça passe au conscient et même de savoir sur quoi cette colère porte.

Hypothèse du pourquoi ?

  • Peut-être que la colère a été punie, ridiculisée ou ignorée.
  • Peut-être que tu as grandi avec quelqu’un qui “occupait” toute la colère.
  • Peut-être que tu as fait un mauvais lien qu’être en colère = perdre l’amour.
  • Peut-être que tu as accumulé des injustices jamais dites.

C’est possible que vous vous retrouvez dans plusieurs de ces points ! Et attention, ici je n’ai formulé que des hypothèses. Parfois, entendre ces hypothèses peut faire germer des prises de conscience, mais ça ne veut pas dire que vous devez absolument vous retrouver dans ces hypothèses. Prenez seulement ce qui vous parle. 

Partie 3 - Comment apprendre à écouter son corps ?

Comment faire pour comprendre le message de son corps, ce qu’il exprime, qui n’est pas dit ? 

Déjà, mon dernier épisode de podcast porte sur le sujet de “faut il trouver la cause pour en guérir?” Et grosso modo, dedans je vous dis que non. Et bien, je commence cette partie en vous rappelant qu’il n’est pas nécessaire de s’obstiner à trouver absolument ce que votre corps dit à votre place. Si, dans cet épisode, vous avez trouvé des éléments de réponse, tant mieux. Mais si ce n’est pas le cas, tant pis, c’est que ce n’est pas le moment, et c’est pas pour ça que vous allez rester bloqué plus longtemps dans la maladie, pas du tout. 

Il faut aussi bien comprendre, si je n’ai pas réussi à le transmettre auparavant dans cet épisode, c’est que ton corps, il exprime ça par des maux, pas pour te faire du mal, pour te le faire payer. Mais plutôt dans un but de t’aider, parce que c’est vraiment ton allié, et que c’est sa façon de te dire “eh, il y a quelque chose qui ne va pas, j’ai besoin que tu portes ton attention dessus, que tu ralentisses, que tu m’écoutes”.

Dans cette partie je vais essayer de vous donner quelques pistes pour vous aider à décoder ce langage silencieux. 

#1 - Te reconnecter à ton corps

Ça c’est quelque chose d’important, à apprendre dans la guérison, d’avoir des petits moments de reconnexion avec ton corps pour rétablir cette écoute des sensations de ton corps. Pour certaines personnes ça peut vraiment leur faire peur, donc allez y en douceur, quand vous vous sentez prêt.

Moi je le faisais par des moments de pleine conscience. Mais c’était pas non plus m’assoir sur un tapis et écouter mon corps pendant 20 minutes. Non, ça, ça me stressait même parce que mon esprit s’évadait constamment sur des questions, des peurs, des doutes. Ce que je faisais c’set par exemple quand je buvais du thé, ou une boisson chaude, je me concentrais sur la sensation de chaud qui traversait mon corps, qui descendait petit à petit dans ma gorge. Même chose quand je prenais ma douche, je prenais le temps de ressentir le chaud de l’eau, la puissance du jet sur ma peau. Je trouve ça plus simple de se concentrer sur une zone en particulier, une sensation en particulier dans une situation précise. Par exemple, en ce moment il fait froid. Et bien quand vous êtes dehors, vous pouvez vous concentrer sur la sensation de froid sur ton visage.

#2 - Relever les indices de sécurité / danger

Ton corps te parle, quand il est en sécurité, et quand il est en danger. 

Apprendre à repérer ça, ça peut vraiment t’aider.

Indices de sécurité

  • tu respires plus facilement (ou tu respires tout court)
  • tu penses plus lentement
  • tu rigoles, tu souris, tu te sens plus détendue
  • tu es plus présente
  • tes épaules se relâchent, 
  • tu te sens connectée aux autres

Indices de danger

  • respiration courte voire sensation de respiration coupée
  • oppression
  • gorge serrée
  • besoin de contrôler
  • envie de pleurer qui monte
  • pensées rapides
  • agitation

 

Et quand tu repères ces indices, tu peux aussi essayer de repérer les déclencheurs de ces moments de sécurité et de danger. À vrai dire, ce sont surtout les déclencheurs du danger qui vont t’aider à avancer sur le message silencieux de ton corps. 

#3 - Mettre des mots sur “ça ne va pas”

Parfois, tu sens que tout simplement, “ça ne va pas”. C’est d’ailleurs souvent ces mêmes jours où tu as cette sensation d’être “trop grosse”, où tu n’aimes pas ton reflet dans le miroir.

Essaie, dans ces moments-là, de mettre des mots plus précis sur ton mal-être. Te demander comment tu te sens réellement, est-ce qu’il y a eu une situation dans laquelle tu t’es sentie mal à l’aise ? Pourquoi ? Est-ce qu’il y a une discussion qui t’a touché ? Quelque chose qui a déclenché du stress, une peur, une pression ? Est-ce à la suite d’une interaction avec une personne ?

Essaie, si tu le peux, de trouver un peu plus exactement quelles sont les émotions que tu ressens (tristesse, honte, solitude, fatigue, dégoût, colère…)

#4 - Qu’est-ce que je n’ai pas dit que j’aurais aimé dire ?

Quand tu termines une journée, ou que tu reviens d’un lieu/d’une rencontre et que tu te sens pas très bien sans trop savoir pourquoi, tu peux te poser cette question : qu’est-ce que je n’ai pas dit, mais que j’aurais aimé dire si j’étais certaine qu’il n’y aurait pas de répercussion, pas de jugement ? 

#5 - Accepter de l’aide thérapeutique

Le combo le plus efficace, c’est de s’aider de thérapie. Les mieux sont celles qui allient : thérapie somatique + thérapie psychologique.

Parce que les mots et le corps doivent être impliqués pour créer du changement durable. Et parfois, comme vous n’avez pas la conscience de tout, c’est intéressant de passer par la mémoire de votre corps.

Après, je sais que ce sont souvent des thérapies où les professionnels demandent d’avoir un minimum d’énergie (physique et mentale), donc de ne pas être trop sous-alimenté, d’avoir déjà démaigri (pour les personnes qui ont perdu du poids suite à leur TCA).

EMDR

But : retraiter les souvenirs traumatiques qui restent bloqués dans le système nerveux.

J’ai déjà fait un épisode de podcast sur ce sujet car c’est une thérapie que j’ai faite et que je recommande.

ICV

But : réparer les manques affectifs, stabiliser le système nerveux, reconstituer la sécurité intérieure.

L’ICV fait revivre au cerveau ta ligne du temps (ton histoire de vie), de 0 à aujourd’hui, comme un film accéléré.
Cette répétition permet au cerveau de comprendre :

  • que les menaces appartiennent au passé,
  • que tu n’es plus l’enfant vulnérable d’avant,
  • que tu es adulte et en sécurité maintenant.

Je commence cette thérapie bientôt normalement ! Pour le petit aparté, être maman a fait ressorti beaucoup de choses de mon anxiété, de mon hypervigilance, et de mon enfance. Et du coup, pour m’aider à travailler ce qui n’est pas encore assez travaillé, je tente cette nouvelle thérapie qui commence mi-décembre ! La thérapeute que je vais voir fait de l’EMDR, de l’ICV et de l’hypnose et donc, elle utilisera ce qu’elle semble le plus approprié. Si j’ai recours à l’hypnose et ICV, je ferais peut-être un retour d’ici quelques mois sur le podcast. 

Kinésiologie

But : dénouer les blocages émotionnels, libérer le stress enregistré dans le corps.
Ça se passe via des tests musculaires pour identifier les stress, croyances, blessures… Le thérapeute peut utiliser différents outils (points d’acupression, visualisation, respiration…) pour “défaire” ces mémoires corporelles.

J’ai aussi fait de la kinésiologie quand je souffrais d’anorexie, j’ai fait pas mal de séances.

Hypnose

Ça tout le monde voit ce que c’est je pense 🙂

Voilà, je pense que j’ai dit pas mal de choses déjà sur le sujet. J’ai vraiment bien aimé préparer cet article, je trouve le sujet presque passionnant. D’avoir traversé les TCA, maintenant dans ma vie, je prends très souvent conscience de ce que mon corps essaie de me dire, j’ai comme noué une relation de confiance avec lui qui me permet de l’écouter. Donc, dites-vous que c’est vraiment un outil que vous allez développer pour toute votre vie, pas seulement pour guérir de votre TCA. Si jamais cet épisode t’a parlé, qu’il t’a aidé, ajoute un commentaire sur spotify, sur youtube ou sur l’article de blog correspond. 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, Thérapie, Trouble du comportement alimentaire, 2 commentaires
Faut-il trouver la cause de son TCA pour en guérir ?

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Faut-il trouver la cause de son TCA pour en guérir ?

On se retrouve pour un court épisode pour répondre à une question qui revient souvent, chez les personnes malades, chez les parents, etc : faut-il trouver la cause de son TCA pour en guérir ?

Je crois aux “signes” de la vie, et récemment, j’ai eu deux signes qui m’ont donné envie de faire cet épisode 🙂 Le premier, c’est en lisant un livre que mon conjoint m’a offert. Et le deuxième, c’était lors d’une discussion avec Cécile Feltin, pedo-psychiatre, avec qui j’ai enregistré un épisode de podcast récemment. Et le point commun de ces deux signes, c’est que ça a déclenché une prise de conscience en moi en mode : “est-ce que, vraiment, inciter à rechercher la cause, à comprendre le pourquoi de son trouble alimentaire, c’est une bonne chose ?”

J’ai eu une longue réflexion avec moi-même et je voulais vous partager tout ça ! 

Un peu de contexte...

Alors, déjà, je vais vous expliquer exactement, les signes que j’ai eus.

Le premier, c’était en lisant un livre sur les thérapies brèves qui disait mot pour mot : 

Comme on l’aura compris, traiter ce sujet (en l’occurrence dans le contexte du livre : l’anxiété) ne signifie pas partir à la recherche de causes obscures, compliquées et profondes, mais se situer plutôt dans le sillage d’Oscar Wilde qui affirmait : « Le vrai mystère du monde est le visible, et non l’invisible. » Nous nous focaliserons donc sur le fait de savoir « comment » une personne, sans même s’en rendre compte, « construit» le piège dans lequel elle pénètre, mais dont elle ne parvient plus à ressortir seule.”

Déjà là, premier petite ampoule qui s’allume dans ma tête.

Puis, j’avais donc un épisode de podcast à enregistrer avec Cécile. Et le but était de lui poser vos questions. Et l’une des questions que j’ai posé, c’était “faut-il trouver la cause de son TCA pour guérir?”. Et là elle m’a partagé son point de vue. Spoiler : la réponse est non.

Et en fait, c’est ce que j’explique dans le podcast avec Cécile, c’est que ça me fait me questionner car j’ai l’impression qu’à de nombreuses reprises, je vous ai partagé le conseil de vous questionner sur les causes de votre trouble alimentaire, en réalité, je pousse plus souvent à chercher le “pourquoi”. Ce qui n’est pas tout à fait pareil,je trouve.

Mais je pense que parfois, j’ai dû mettre la pression à certaines personnes qui devaient se dire “mais je ne parviens pas à comprendre les causes, donc je n’arriverai pas à en sortir”.

Il n’y a pas 1 cause

Bon, un premier élément de réponse, c’est qu’en réalité, ça vous le savez depuis le temps que je le répète : il n’existe pas une seule cause. Un trouble alimentaire c’est multifactoriel. ça a des causes biologiques, psychologiques, sociaux, culturels… Donc, chercher UNE cause, ça n’a pas de sens, vous ne trouverez jamais LA raison qui pourra tout expliquer.

Les thérapies qui cherchent la cause

Il existe clairement des thérapies (notamment les psychanalyses) qui sont centrées sur les causes pasées. L’objectif est vraiment de comprendre l’origine profonde du trouble. La logique de ces thérapies c’est que les symptômes actuels seraient l’expression de blessures non résolues. Et ça, c’est quelque chose que je vous ai déjà dit d’ailleurs. Que parfois, le TCA c’est une façon du corps d’exprimer des blessures non résolues. Mais alors, est-ce que ça veut dire qu’il est nécessaire d’en comprendre la cause pour guérir ces blessures ? 

Le problème, c’est que ces thérapies de recherche des causes, ce sont des thérapies souvent longues. Et en attendant, ces thérapies n’agissent pas sur les comportements problématiques actuels. Donc si des comportements sont toxiques/destructeurs pour toi, pour ta santé… Bah en attendant, ils peuvent s’agraver. Et en plus de ça, ces thérapies basés sur la recherche de cause, sur le passé… ça demande beaucoup d’énergie, et pour des personnes notamment qui souffrent d’un trouble mental comme les TCA, c’est difficile. Souvent, elles manquent d’énergie… 

Et, en plus, en te focalisant sur la recherche des causes, tu risques de rester bloqué dans l’analyse sans agir.

Les thérapies centrées sur le présent

Donc, à côté de ces thérapies centrées sur le passé, il y a celles qui sont plus centrées sur le présent. L’objectif de ces thérapies (je vais vous donner des exemples juste après), c’est d’identifier comment le problème fonctionne et se nourrit aujourd’hui. Donc en gros, ce n’est pas forcément les causes initiales qui entretiennent le trouble, mais plutôt les schémas qui se sont intaurées avec le temps, les cercles vicieux dans lesquels vous êtes… qui entretiennent le trouble. 

Donc c’est souvent des thérapies qui vont se baser sur des outils plus concrets. Donc c’est par exemple : 

  • La TCC (Thérapie cognitivo Comportemental) : c’est aujourd’hui la thérapie la plus validée scientifiquement pour les TCA. L’objectif de la TCC ce n’est pas de rechercher la cause profonde mais de travailler sur les rituels, les pensées dysfonctionnelles, la peur de grossir, etc. C’est de casser les cercles vicieux qui entretiennent le TCA.
  • L’ACT : Thérapie d’acceptation et d’engagement
  • Les thérpaies stratégiques brèves
  • L’EMDR/l’ICV. Pas forcément pour commencer un traitement, mais plus utile en complément on va dire. Et souvent, ça se fait après un travail de stabilisation alimentaire quand même, du moins c’est conseillé.

 

Donc, faut-il trouver les causes pour guérir ?

Donc pour répondre à la question “faut-il trouver les causes (vu qu’on a vu qu’il n’existe pas une cause unique) pour guérir de son TCA?”

 

Bah la réponse, c’est non. Et c’est plutôt rassurant je pense, parce que comme je l’ai dit, je pense que pour certaines personnes, qui ont notamment aucun élément de réponse, ça peut être paralysant, stressant et décourageant. Donc vous le savez, c’est pas une obligation de trouver les causes pour guérir. Les recommandations scientifiques actuelles pour les TCA vont plutôt dans le sens des thérapies types TCC, c’est à dire que c’est le travail sur les mécanismes de maintien présents qui fait progresser la guérison, pas la recherche des causes passées. 

 

MAIS, j’apporte une petite nuance.

Enfin, c’est pas une nuance, mais en fait, moi de mon côté, en préparant cet épisode, à chaque fois j’avais un peu des pensées qui me venaient dans la tête en mode “oui mais en réalité, c’est parce que t’as compris des choses de ton passé, que t’as dénoué un peu des noeuds… que tu as pu en guérir TOTALEMENT et ne pas rechuter”. Et je pense qu’en vrai, ça c’est quand même quelque chose de vraie. C’est à dire qu’une des choses à faire pour éviter les rechutes et trouver une guérison complète, c’est vraiment que le mal-être profond puisse être travaillé. Quand je dis “travaillé”, ça veut pas dire qu’il disparait, ou qu’il est totalement résolu. Grosso modo, mon mal-être c’était notamment mon manque de confiance en moi, mon anxiété, mon perfectionnisme. Tout ça, je l’ai encore. Et j’ai des journées voire des semaines où je suis mal, de temps à autre, à cause de ça. Mais, comme je l’ai travaillé, comme je comprends mieux ces symptômes et mécanismes chez moi, je sais avoir une réponse + bienveillante avec moi-même et je ne mets plus de mécanismes destructeurs envers moi (comme les TCA par exemple). Travailler sur le présent m’a aidée à comprendre mes schémas plus profonds, comme l’anxiété et le perfectionnisme. Ça ne les a pas effacés, mais ça a changé ma façon d’y répondre.

Donc bref, comme je disais, pour moi le travail sur les mal-être plus profond est important, et il est souvent lié à des causes. Vous n’êtes pas né anxieux, perfectionniste, avec une confiance en vous à zéro. 

Mais j’ai compris qu’en fait, même en faisant un focus sur le présent, soit sur les mécanismes qui entretiennent dans votre quotidien la maladie… vous faites un travail sur les causes (mais de façon plus subtiles). En réalité, très souvent, en modifiant ses comportements actuels, en sortant de la restriction, en affrontant une peur… des échos du passé remontent naturellement.

Par exemple : 

  • Quelqu’un qui travaille sur son besoin de contrôle réalise que ça fait sens avec une famille très exigeante.
  • Une personne qui apprend à exprimer ses émotions se souvient que petite, on lui faisait comprendre qu’être forte, c’était de ne pas pleurer

 

Et en fait, en faisant cet article, et dans l’épisode avec Cécile, à un moment elle me dit “Mais tu as compris A POSTERIORI”, et bien j’ai eu la prise de conscience qu’en effet, j’ai trouvé les causes exactes à posteriori, mais qu’en fait, durant mes thérapies, je me concentrais sur le présent. 

Je vais donner des exemples concrets : 

  • Dans le présent : Dès que je faisais une compulsion alimentaire, il fallait que ma mère le sache. Dès que je devais prendre une décision en lien avec la nourriture, j’en parlais avec ma mère. Dès que ma mère n’était pas présente lors du repas, même 5 minutes de retard, ça partait en vrille dans ma tête. Donc… en analysant ces comportements dans le présent, je suis remontée à mon histoire, ma relation quasi fusionnelle (de mon côté en tout cas) avec ma mère.
  • Dans le présent : je me sentais rassurée quand j’étais maigre car moins attirante donc moins de regard des hommes. Donc j’ai pu faire le parallèle avec mes relations passées avec mes ex, et remonter jusqu’à l’enfance et mon histoire avec mon corps.

 

En fait, dans une approche centrée sur le présent, les liens avec le passé apparaissent comme des prises de conscience secondaires, naturelles, au fil du travail.

Alors que dans une approche causale, on part dès le début à la recherche du passé, parfois au risque de s’y perdre. Mais en travaillant sur le présent, on finit souvent par relier des points et trouver du sens. 

 

Et dans vos prises de conscience secondaires, lié au passé, le but c’est juste d’avoir des éléments de réponse, des petites explications, des petites compréhensions. Mais retenez bien que vous n’avez pas besoin d’élucider le passé pour guérir. Et si vous trouvez des petits éléments de réponse, des petits “pourquoi”, ce sont des « bonus », des éclairages, pas des conditions préalables à la guérison.

 

Donc voilà, si tu veux déjà commencer à travailler sur le présent, tu peux commencer par te poser deux petites questions :

  • Quels comportements j’ai aujourd’hui qui entretiennent mon TCA ?
  • Quelles pensées reviennent en boucle ?

Voilà, j’espère que cet article vous aura rassuré, et enlevé un peu la pression de trouver les causes. Ce qu’il faut bien retenir, c’est que si aujourd’hui tu n’as pas trouvé “les” causes de ton TCA, rassure-toi : ce n’est pas un frein à la guérison. C’est en travaillant sur ce que tu vis au présent que ta guérison avance. Et parfois, les réponses du passé arrivent en bonus, toutes seules !

Dites-moi si vous êtes d’accord avec ça ou si pour vous trouver les causes est indispensable 🙂

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, Trouble du comportement alimentaire, 1 commentaire
La restructuration cérébrale : Une étape clée de la guérison (souvent oubliée)

La restructuration cérébrale : Une étape clée de la guérison (souvent oubliée)

La restructuration cérébrale : Une étape clée de la guérison (souvent oubliée)

Si vous me lisez depuis un moment, vous m’avez forcément déjà entendu parler de ce que je m’apprête à parler dans cet article.

C’est une partie de la guérison que j’ai découverte finalement assez tard car on ne me l’avait pas expliqué auparavant. Alors que pourtant, elle est pour moi indispensable.

Vous le savez, la guérison est pluridisciplinaire : il y a le côté nutrition, acceptation corporelle, psychologique, physique si vous avez connu une perte de poids… mais il y a une dimension très importante, sous-jacente à tous ces points, il s’agit de la restructuration cérébrale.

Alors, qu’est-ce que c’est la restructuration cérébrale ?

J’en ai déjà parlé dans plusieurs articles où je vous explique que votre cerveau créé des croyances au travers de vos pensées et actions. Et avec le TCA, voire même par votre enfance ou par la société, vous avez emmagasiné un grand nombre de croyances qui sont erronées. Je vous donne un exemple : si devant une quantité de nourriture, vous avez ressenti du stress, vous avez cherché à compenser ou à vous restreindre par la suite, et que devant une faible quantité vous vous sentez plus en contrôle et rassuré ; alors votre cerveau a intégré la croyance suivante : la quantité de nourriture est un danger, il faut que je me limite à des petits apports. Et au plus vous répétez les actions où vous vous restreignez après une plus grande quantité prise, ou plus vous répétez les repas où vous mangez une petite quantité, plus cette croyance est renforcée.

Donc forcément, vous avez un paquet de croyances erronées, notamment si ça fait un moment que vous avez un TCA.

Mais je vous rassure, tout le monde a des croyances erronées. Et nombreuses d’entre elles nous sont inculquées par la société, donc sont communes à énormément de personnes.

Pourquoi déconstruire ces croyances est essentiel pour ta guérison ?

Quand on souffre d’un TCA, il y a les comportements visibles : la restriction, les compulsions, l’hyperactivité, les obsessions…

Mais derrière chaque comportement, il y a souvent une ou plusieurs croyances erronées.

Je vous donne des exemples : 

  • La peur de reprendre du poids.

Oui tu as peur de reprendre du poids. Mais tu n’as pas juste peur de reprendre du poids. Ton TCA te persuade que tu es en danger si tu reprends du poids parce que tu as les croyances suivantes : 

  • Si je reprends du poids, je ne pourrai plus plaire
  • Si je reprends du poids, je risque de ne pas m’arrêter d’en prendre
  • Je n’aime pas mon corps maintenant, mais je ne l’aimerai pas non plus avec plusieurs kilos en plus
  • Si je reprends du poids, je ne rentrerai plus dans les cases de la société
  • Si je reprends du poids, je ne vais pas me reconnaître, pas savoir qui je suis

 

Un autre exemple : tu as peur de manger.

Mais tu as peur de manger car tu as énormément de croyances erronées qui empêchent de remanger librement.

Je te donne des exemples de croyances : 

  • Les aliments faibles en calories sont sains. Il faut éviter ceux qui en contiennent beaucoup
  • Le sucre fait grossir, je dois le supprimer
  • Ce qui est industriel est mauvais
  • Il ne faut pas manger de pain si je mange déjà des féculents en accompagnement
  • Manger par gourmandise, ce n’est pas bien
  • Le beurre et l’huile ne servent à rien à part faire grossir
  • Il faut manger léger le soir car on va dormir ensuite

Et il y en a de nombreuses autres croyances erronées que vous avez sur l’alimentation.

Toutes ces croyances sont tellement ancrées en toi, tellement automatiques qu’elles viennent à toi presque sans que tu ne t’en aperçoives. Tant que tu as toutes ces croyances erronées, et que tu ne les déconstruis pas, tu ne pourras pas aider ton cerveau à guérir.

 

Ces croyances maintiennent la maladie.
Même quand on veut guérir, même quand on commence à changer ses comportements… si la croyance reste là, elle ralentit ou sabote les efforts.

Exemple personnel : Pendant longtemps, je pensais que si je prenais du poids, j’allais jamais m’arrêter d’en prendre. Même quand j’avais envie d’aller mieux, cette pensée me tirait en arrière.

La guérison demande donc plus que de manger à nouveau ou d’arrêter de se peser.

Elle demande de désactiver ces fausses vérités qui pilotent tes choix, souvent inconsciemment.

Comment faire pour les déconstruire ?

La première chose pour déconstruire ces croyances erronées est de prendre conscience que tu les as. Mais souvent, ça ce n’est pas forcément le plus difficile. Le plus difficile, c’est de déconstruire ces croyances erronées en donnant des arguments pour les contrer. Ces arguments, ce sont des arguments qu’on pourrait dire “sains”, qui vont contre la maladie. Le problème, c’est que lorsqu’on souffre de TCA, on est tellement baigné dans l’univers de la maladie, qu’on a du mal à trouver des arguments non biaisés par la maladie. Aussi, on a tellement parfois tellement cru une croyance erronée depuis longtemps qu’on ne sait même pas qu’elle est fausse ou illogique. 

Les TCC (thérapies cognitivo-comportementales) sont très efficaces dans le traitement des TCA et notamment pour déconstruire les croyances erronées. J’en ai moi-même fait une. Et ça m’a clairement aidé. Mais finalement, on a surtout vu certaines croyances erronées générales sur la maladie, mais ce n’était pas en profondeur. Je veux dire que je n’ai pas déconstruis les croyances que j’avais sur l’hyperactivité, sur l’alimentation, sur ma façon de manger, sur l’apparence, sur la prise de poids, sur la guérison en général.

Et clairement, à l’époque où j’étais malade, j’aurais eu besoin d’avoir un tas d’arguments pour contrer la maladie, à relire, à recopier, à me redire pour me rassurer. 

J’ai créé cet outil

Bon, je vais enfin en venir à ce que je voulais vous dire. 

J’ai enfin créé cet outil que j’aurais voulu avoir à l’époque pour déconstruire les croyances erronées du TCA.

En gros, il y a quelques mois, c’était il y a plus d’un an, je n’étais qu’au début de ma grossesse et j’ai lancé un sondage. Peut-être certains d’entre vous s’en souviennent. Je vous avais demandé toutes vos croyances erronées. Et là j’ai reçu un sondage rempli par plus de 200 personnes qui me donnaient toutes leurs croyances erronées. Et là je me suis dit “wow, vraiment, les croyances erronées polluent la guérison”. Et j’ai pris conscience que c’est quelque chose qu’on parle pas souvent, qu’on met de côté ou du moins on dit “il faut les déconstruire” mais sans donner de concret. 

Et donc ça fait plusieurs mois que je travaille sur un nouveau livre (vous le savez, j’ai une passion pour créer des livres). J’ai clairement très peu de temps depuis que j’ai mon petit Victor dans ma vie. Mais ce livre me tenait tellement à coeur parce que vraiment, à l’époque, ça m’aurait tellement aidé.

Dans ce livre, j’explique comment déconstruire les croyances erronées et surtout, je donne 140 fiches de croyances que je déconstruis. Que ce soit sur l’hyperactivité, votre identité, la guérison en général l’alimentation, la comparaison, les TOCs, la reprise de poids, l’apparence… 

Et je m’appuie sur des faits scientifiques, des explications cohérentes et logiques pour donner des arguments qui vont contrer la maladie. 

Ce livre, ça peut être un outil que vous lisez de temps à autre, selon la fiche qui vous intéresse, pour baigner votre cerveau d’arguments sains, capable de contrer la maladie. Ou vous pouvez l’utiliser dès que vous culpabilisez, vous vous référez au sommaire en choisissant la croyance qui cause votre culpabilité. Derrière chaque moment de culpabilité, il y a forcément une croyance erronée. 

Vraiment, ce livre m’aurait tellement rassuré à l’époque. Je suis vraiment ultra contente de l’avoir fait. Je pense qu’avec mon roman autobiographique, c’est le livre dont je suis le plus fière. C’est un véritable outil de thérapie cognitive.

Dans chaque fiche, j’explique d’où peut provenir la croyance (ce qui aide énormément pour comprendre le point de départ), je donne des arguments pour la contrer, et je donne la croyance saine à adopter en réponse (ces croyances saines sont comme des mantras).

Pour finir

Honnêtement, le mieux c’est que vous regardez dans la description, je vous mets le pdf du sommaire de toutes les croyances erronées. Et je suis certaine qu’en lisant le pdf, vous allez vous reconnaitre. Vous me direz, ça m’intéresse de savoir 🙂 Ce livre est dispo sur mon site.

Sache que ton TCA n’a pas cassé ton système de croyances. 

Tu es simplement enfermé·e dans un système de croyances qui, à force d’avoir été répétées, ont laissé une trace dans ton cerveau.

Mais voilà ce que j’aimerais que tu retiennes aujourd’hui : Ton cerveau est plastique.
Il peut se modifier, se reprogrammer, se réorganiser.
Ce qu’on appelle la neuroplasticité, c’est la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions, à désapprendre des schémas nuisibles et à en apprendre de plus sains.

Chaque fois que tu identifies une croyance erronée…
Chaque fois que tu choisis de penser autrement,
tu poses une brique dans un nouveau chemin neurologique.

Et ce sont ces petites briques, répétées jour après jour, qui construisent la guérison.

 

Mon livre (Déconstruire les croyances erronées du TCA) est disponible en format livre physique seul, en format pdf (ebook) ou en box take care. La box take care c’est plus en format limité. C’est le livre physique dédicacé avec 5 cadeaux aléatoires pour seulement 3€ de plus. Dans les cadeaux, il y a des bagues, des tatouages éphémères, des stickers de santé mentale, des chouchous, des stylos, etc. 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, 0 commentaire
Guérison TCA : « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi ? »

Guérison TCA : « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi ? »

Guérison TCA : « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi ? »

On se retrouve pour un nouvel article que j’ai appelé « Pourquoi rien ne fonctionne pour moi en guérison ? ». Ce titre, je l’ai mis entre guillemets, car il s’agit d’une phrase que tu as déjà pu te dire, et que beaucoup de personnes ayant un trouble alimentaire (ou ayant eu) peuvent être amenées à penser (moi la première !).

Du coup, j’ai eu envie de créer un contenu qui va venir répondre à cette question, en quelque sorte, et que tu pourras lire dès que tu te diras cette réflexion.

J’ai plein de choses à dire par rapport à ça (j’ai toujours plein de choses à dire sur le sujet des TCA toute façon, parce qu’il n’y a jamais une réponse simple et concise. Enfin, rarement ! Puisque les TCA sont des maladies aux problématiques complexes…). Mais tout ça pour dire que je vais un peu donner mes idées « en vrac », ce n’est pas forcément ordonné.

C’est normal que tu ressentes ça

Je commence par te dire que vraiment, c’est normal ce ressenti que rien ne fonctionne pour toi. Comme je viens de le dire, tu n’es pas la/le seul(e)l à ressentir ça :  je fais le pari que quasi toutes les personnes ayant un TCA ont au moins pensé ça une fois dans leur guérison, y compris les personnes qui en sont totalement sorties. 

Moi-même je me suis souvent dit ça lorsque j’étais malade. Parce que, encore une fois, les TCA sont des maladies vraiment complexes. C’est l’une des maladies mentales les plus difficiles à combattre, donc forcément, iil y a de nombreuses phases de désespoir (peut-être même que tu ressens ce sentiment que rien ne marche constamment). C’est une maladie aux problématiques complexes, donc il n’y a pas de « traitement » qui a des effets notables. Ce n’est pas un chemin de guérison où tu vas essayer une séance de n’importe quelle thérapie et tu vas voir un effet direct.

Donc ce qu’il faut retenir de ce premier point, c’est que c’est normal de ressentir ça et surtout, ça ne veut pas dire que c’est la réalité. Je veux dire que moi, la plupart du temps, je n’avais pas l’impression d’avancer. Ou alors, j’avais la sensation qu’à chaque pas en avant, j’en faisais 10 en arrière. Et pourtant, j’en suis sortie ! C’est avec le recul que je peux analyser les moments où j’avançais dans ma guérison. Mais à l’instant T, je ne le percevais pas. Donc c’est pareil pour toi ! Ce n’est pas parce que tu as la sensation que rien ne fonctionne que c’est le cas, en réalité, tu avances !

Tu ressens ça à cause de la comparaison

L’une des raisons qui peuvent expliquer ce sentiment que rien ne fonctionne, c’est à cause de la comparaison. La comparaison, c’est pour moi un symptôme ultra-fréquent dans les TCA, j’appelle d’ailleurs ça la comparaison malsaine, et j’en ai dédié un épisode complet (l’épisode 36). Ici, je vais vous parler de la comparaison que tu peux avoir avec les autres personnes malades (ou celles qui ont été malades).

Souvent, cette comparaison, elle se fait via des groupes de parole, ou pour les personnes qui sont prises en charge à l’hôpital et qui rencontrent d’autres malades. Mais la comparaison est surtout faite sur les réseaux sociaux. Même chose, j’ai fait un article sur le sujet des réseaux sociaux (comment ça impacte votre guérison et comment s’en protéger). Je t’invite à lire ces deux articles évidemment, mais je voudrais vraiment te rappeler que les chemins de guérison représentés sur les réseaux sociaux ne peuvent pas représenter la réalité.

Déjà parce que les personnes qui créent ces contenus ne montrent pas toujours tout. Mais surtout, parce que c’est ultra-difficile de représenter exactement ce qu’est un chemin de guérison. On ne peut pas en un post ou un réel représenter des années de combat. Donc non, la guérison ce n’est pas : 

❌ Manger des bols d’avoine ou d’avocado toast

❌ Devenir une fit girl qui va à la salle et qui progresse de semaine en semaine 

❌ Pleurer devant un fear food ou lors d’une sortie au resto, mais finalement en être fière

❌ Faire une énième crise, mais en tirer des leçons et réussir à les diminuer petit à petit

La guérison, c’est bien plus complexe, ce sont vraiment des montagnes russes. 

Et d’ailleurs, je suis assez certaine que certaines d’entre vous ont déjà comparé leur chemin de guérison au mien et ont peut-être culpabilisé en se disant « Mais elle, elle y arrivait, elle avançait vraiment contrairement à moi ». Et j’en suis sincèrement désolée si tu t’es déjà dit ça. Je pense que la maladie et l’exigence qu’elle impose aux personnes malades rendent cette comparaison assez inévitable. Et bien que je le dise très souvent, que j’essaie d’être la plus transparente possible pour vous montrer à quel point j’ai galéré aussi, tu l’as peut-être quand même ressenti cette comparaison. D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui a fait que j’ai voulu écrire mon roman « L’anorexie, mon bouclier mortel ». Parce que c’est beaucoup plus « facile » de représenter toutes les galères que j’ai traversées, de le faire transparaitre dans un livre de 300 pages plutôt qu’un carrousel de 10 pages sur Instagram. 

Mais en tout cas, si tu t’es dit que je m’en sortais mieux que toi : non, chacun avance à sa façon, à son rythme, et il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de guérir.

Tu as des attentes irréalistes

Une autre raison pour laquelle tu as la sensation que rien ne fonctionne, c’est que tes attentes sur la guérison sont irréalistes. Et ces attentes peuvent d’ailleurs être faussées par ce que tu vois sur les réseaux sociaux, ce qui rejoint le point précédent et renforce mon conseil sur l’importance de se détacher de ce que tu vois sur les réseaux sociaux.

objectifs-trouble-alimentaire

Peut-être que tes attentes sont irréalistes sur le côté temporel, c’est-à-dire que tu t’attends à vite remanger ou réussir certaines choses qui te terrifiant en peu de temps. Ou peut-être que tu as déjà fait une dizaine de séances de psy et tu t’attends à ce que tes problèmes psy soient totalement réglés. Je vais dire quelque chose qui va peut-être décourager, mais personnellement, j’ai eu besoin d’au moins 7 ans de thérapie pour que mes problèmes psy soient quasi totalement réglés (et j’ai encore des petites choses à travailler). Alors non, ça ne veut pas dire que tu vas prendre des années, parce qu’en quelques mois, j’allais déjà mieux sur certains aspects, mais il faut garder en tête quand même que souvent les problèmes sont tellement profonds, qu’ils datent de plusieurs années, voire de l’enfance, que oui, ça prend du temps.

Tu as aussi peut-être des attentes irréalistes sur une méthode, une thérapie en particulier. Par exemple, je parle souvent de l’EMDR. Certaines personnes s’attendent à des effets un peu « du jour au lendemain », en 2-3 séances. Personnellement, j’ai vu des effets en plusieurs mois. Et au-delà de ça, c’était une thérapie qui m’allait, et ça ne veut pas dire que ça te conviendra forcément. 

L’état d’esprit que j’adoptais quand je tentais une nouvelle thérapie, c’était de me dire que ça pouvait vraiment fonctionner (parce que si tu pars défaitiste, il y a de grandes chances que cette thérapie ne t’apporte rien. Le mental joue beaucoup.) Mais par contre, je ne m’attendais pas à des miracles, ou à des changements notables. Je partais en sachant que ça m’apporterait quelque chose, ça m’aiderait, mais ça n’allait pas me transformer. Et je pense que c’est important de ne pas placer ses attentes trop haut parce que sinon tu vas être déçu et tu vas te décourager. 

L’autre fois, j’ai eu un flower call, donc un appel individuel, avec une fille qui souffrait d’anorexie. Et on a eu un échange ultra-intéressant sur les attentes justement. Elle me disait grosso modo qu’elle voulait guérir, et que du coup, elle avait très souvent des périodes où elle était à fond dans la guérison, mais dès qu’une crise revenait ou dès que la maladie « gagnait », alors elle s’arrêtait dans son mindset de guérison parce qu’elle se disait « en fait, ça ne sert à rien, ça ne fonctionne pas ». Et je lui disais qu’il ne faut pas viser la guérison totale tout de suite. J’avais alors réalisé qu’en fait, je n’avais pas visé initialement une guérison totale, parce qu’on m’a tellement dit « ça reste toujours en fond », que je me disais, il faut déjà que j’arrive à cet état de mieux, même s’il y a des restes. Et je suis arrivée à cet état de « mieux » qui n’était donc pas la guérison totale (c’est ce que j’appelle la quasi-guérison). Et c’est quand j’étais à ce stade, que j’avais déjà fait de nombreux pas, que j’avais déjà avancé sur de nombreuses problématiques, que j’avais déjà plus d’énergie, que j’ai finalement pu atteindre la guérison totale (parce que oui, elle est possible, sans qu’elle reste en fond à vie). 

Mais c’est comme la métaphore de l’escalier : quand tu montes l’escalier, tu regardes la prochaine marche, tout au plus les 3 prochaines. Tu n’espères pas arriver sur le palier d’au-dessus dès le prochain pas en avant. 

Et j’en profite aussi pour redire que la guérison, c’est surtout essayer plus que réussir. Dans mon chemin de guérison, si je l’analyse grosso modo, j’ai la sensation que 95 % du temps, j’essayais de lutter contre la maladie, mais que c’était elle qui « gagnait ». Peut-être que concrètement, j’avais encore compensé, je m’étais encore restreint, j’étais restée dans ma zone de confort. Mais j’avais essayé de lutter contre, j’avais indiqué à mon cerveau qu’il existait une autre voie possible que celle de la maladie, un chemin plus positif qui amène à la vraie vie. Et quand tu essaies, tu avances. Vraiment, même si en finalité, c’est la maladie qui a gagné, tu as avancé. 

Ça me fait penser aussi aux personnes qui sont malades depuis 20 ans et qui me disent que de ce fait, elles n’arriveront pas à en guérir. Oui, c’est vrai que la maladie est installée depuis plus longtemps. Mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas possible de s’en sortir. Par contre, oui, peut-être que l’on ne peut pas avoir les mêmes attentes qu’une personne qui est malade depuis 3-5 ans. Mais les attentes vont être différentes sur le temps que ça prendra, sur les types d’avancés. Donc pour moi, c’est quand même possible, mais il ne faut pas se fixer d’objectifs non réalisables, et se dire que c’est vraiment un travail qui se fait petit à petit.

Donc, fixe-toi vraiment des objectifs atteignables, réalistes. Par exemple : 

  • Ne plus avoir de balance chez soi
  • Changer son utilisation des réseaux sociaux
  • Faire une activité qui va t’aider à te reconstruire, qui n’a pas de rapport avec le corps/l’alimentation
  • Utiliser une distraction dès que tu entends une conversation sur les régimes
  • Dès que tu as un discours intérieur négatif, t’apporter de la bienveillance et te dire quelque chose que tu dirais à une personne que tu aimes vraiment

Ces objectifs te paraissent peut-être bidon ou pas assez grands, mais moi, je parle de ces objectifs. Parce que rien que quand tu réussiras vraiment à remplir déjà tout ce que j’ai dit là, tu vas avancer dans la guérison, tu auras affaibli la maladie. Et c’est avec des petits pas comme ça que tu avances. 

J’en profite d’ailleurs aussi pour dire que je ne recommande pas d’avoir des objectifs chiffrés sur le poids, l’IMC, les grammes, les calories… La guérison, c’est aussi prendre du recul sur toutes ces données chiffrées, c’est changer son regard par rapport au poids, aux calories, etc. Donc si vraiment ce sont des données qui doivent être surveillées, préfère garder ça aux médecins, sans que tu aies à t’en occuper. Et surtout, on ne peut pas prédire comment le corps va réagir, on ne peut pas contrôler la reprise de poids ni les besoins de ton corps (certains jours tu auras plus faim, et se mettre un objectif de gramme ou de calorie, c’est risquer de se le mettre comme maximum, plutôt que comme minimum. Donc ça en devient contre-productif pour la guérison, et ça finit par alimenter le côté maladie).

Wow, j’ai dit beaucoup de choses sur ce point-là, mais je trouve vraiment que c’est des informations importantes, des prises de conscience que j’ai eu et qui ont beaucoup joué dans mon chemin de guérison, donc j’ai envie de vous les partager (même si c’est des choses que j’ai déjà pu dire dans d’autres contenus, la répétition ne fait pas de mal dans la guérison des TCA !)

Nécessité de combiner & tester plusieurs approches

Une autre raison pour laquelle tu as l’impression que ça ne fonctionne pas, c’est qu’il y a certaines dimensions de la guérison qui ne sont pas traitées. 

Je l’ai déjà dit dans plusieurs contenus et je pense notamment à celui où je parle de mon parcours de soin que je t’invite à lire.

Mais en gros, les troubles alimentaires touchent pas mal d’aspects de ta vie et ce sont des maladies dont le traitement est multidimensionnel.

Si je devais catégoriser les dimensions à travailler, ce seraient les suivantes : 

Physique

Évidemment, le côté physique doit être travaillé. C’est-à-dire que si tu es en sous-poids, en dénutrition, ton corps a besoin de retrouver son poids de forme pour avoir l’énergie nécessaire de se battre contre la maladie. 

Alimentaire

Même chose, si tu ne réintègres pas les catégories d’aliments que tu diabolises, si tu es toujours dénutrie, la guérison totale ne sera pas possible.

Psychologique

Qui est pour moi la phase la plus importante. L’alimentation, le poids, ce sont des conséquences de la maladie, mais pas les causes. Donc c’est important de traiter les causes pour une guérison totale.

Restructuration cérébrale

restructuration cerebrale trouble alimentaire

Quelque chose qui est très souvent oublié/mis de côté. Je trouve qu’on en parle trop rarement dans les traitements. Mais pour faire simple, notre cerveau va créer des schémas de croyances à partir de nos pensées et de nos actions. Exemple : si devant un plat de pâtes, le TCA te fait avoir peur. Alors ton cerveau associe que pâtes = danger. Et à chaque fois que tu ressentiras cette peur, ça renforcera cette croyance (qui est erronée). Autre exemple : Si dès que tu as un paquet d’aliments dans les mains, tu regardes les calories, alors ton cerveau enregistre que les calories sont une donnée auxquelles il faut accorder de l’importance.

En gros, ton TCA (et parfois la société, et même ton éducation) va te donner un ensemble de croyances erronées. Et ça concerne la nourriture, l’apparence, mais aussi de nombreux autres aspects de ta vie (exemple : parfois au travail, tu te dis que toi, tu dois travailler plus que les autres, car tu es moins intelligent(e). Parfois dans ta vie sentimentale : tu te dis que tu ne mérites pas quelqu’un qui te respecte, que tu dois te dévouer à cette personne pour être aimé, etc). Et en gros, la restructuration cérébrale, c’est identifier ces croyances erronées pour les déconstruire et reconstruire un ensemble de croyances saines. C’est un travail minutieux, qui prend du temps, qui va se faire petit à petit. Ça passe par beaucoup d’introspection personnelle, mais tu peux t’aider avec des thérapies comme les TCC (thérapie cognitivo-comportementale). Pour moi, c’est l’un des aspects de la guérison les plus importants et qui est trop souvent oublié, et qu’en fait, en France, peu de professionnels intègrent. J’ai découvert ça très tard dans ma guérison, en faisant mes propres recherches, vers la fin, quand j’étais en quasi-guérison, donc vers 2020. Et je suis sûre que si je l’avais découvert avant, ça m’aurait aidé plus tôt.

Pour t’aider dans la restructuration cérébrale, j’ai conçu un outil avec 140 fiches de croyances déconstruites.

Dans chaque fiche, tu as une partie pour t’expliquer d’où vient la croyance (pour t’aider à des prises de conscience). Puis je te donne des arguments non biaisés par la maladie, basés sur la logique, parfois des faits scientifiques pour t’aider à déconstruire la croyance et reconstruire un schéma de croyance saine, pour ta guérison.

La confiance en soi/la reconstruction de votre identité

Indépendamment de la maladie.

L’acceptation corporelle

Pareil, c’est quelque chose de peu travaillé en France je trouve. C’est quelque chose sur laquelle j’ai dû faire beaucoup de recherche et de travail seule pour la travailler.

Tous ces aspects, je propose de les travailler avec des exercices et vidéos concrètes dans mon programme Butterfly Body. Mais évidemment, je vous invite à vous rapprocher aussi de professionnels qui sont spécialisés dans les TCA.

Mais tout ça pour dire qu’il y a beaucoup de personnes, quand je discute avec elles, je me rends compte que le travail de guérison s’est surtout fait sur les symptômes de la maladie, sur les conséquences (donc souvent le poids, et la nutrition), mais que le travail psychologique est resté assez « en surface », donc ces personnes restent dans une espèce de quasi-guérison, et ont de ce fait la sensation qu’on ne peut pas vraiment s’en sortir. 

Et je ne les blâme pas parce que je pense qu’en France, on a encore beaucoup de progrès à faire sur la prise en charge de la santé mentale et notamment des TCA. Même si je remarque que de plus en plus de professionnels développent une approche pluridisciplinaire, mais je pense qu’ils ne sont pas assez nombreux au vu du nombre de personnes malades. 

Les problématiques sous-jacentes ne sont pas traitées

C’est un point qui est lié à ce que je viens de dire, et notamment à la dimension psychologique de la guérison. 

C’est pour moi d’ailleurs le point le plus important qui explique parfois le pourquoi certaines personnes ont l’impression que rien ne fonctionne.

Les troubles alimentaires sont liés à des problématiques sous-jacentes (traumatisme, anxiété importante, dépression, etc.). Je le dis souvent, un TCA vient en réponse à un mal-être profond. C’est comme une échappatoire que ton corps a trouvée pour t’aider à survivre face à la douleur interne qu’il ressentait, même si tu n’en avais pas conscience. Et donc, c’est important de travailler ça en parallèle des autres dimensions pour espérer une guérison totale.

J’ai rapidement eu un suivi psychologique dans mes TCA et je l’ai gardé jusqu’à là, récemment (alors que je n’ai plus de TCA). Pour moi, c’est primordial. Je sais qu’il y a beaucoup de professionnels qui disent qu’à un certain stade de la maladie, c’est des choses qu’on ne peut pas travailler.

Par exemple : pour les patients trop dénutris, où la maladie a trop de « puissance dans leur vie ». Et je suis d’accord quand même. C’est sûr que si tu es dénutri, que ton poids est trop faible, tu auras beaucoup moins d’énergie et tu vas mal raisonner pour pouvoir avancer avec lucidité sur tes problématiques psychologiques. D’où le fait qu’il est important de travailler la renutrition en parallèle. 

C’est certain que si tu as un gros traumatisme, je ne conseille pas de le travailler quand tu es déjà au plus bas. Mais c’est important d’avancer sur certaines problématiques. Parce que malheureusement, c’est rarement une seule cause. Par exemple, moi, je devais travailler la problématique d’attouchement subi en étant enfant. Mais ça, je l’ai travaillé tard, vers 2021, quand j’étais quasi sortie des TCA. Par contre, avant, j’ai beaucoup travaillé sur ma peur d’être adulte, ma peur de grandir, ma peur de me détacher de ma mère, mon estime de moi-même, etc.

Comment travailler sur ça ?

Honnêtement, chacun va un peu trouver la méthode qui lui convient. Moi, j’ai toujours beaucoup écrit sur des carnets, à me faire des moments d’introspection, de prise de recul et ça m’a beaucoup aidé pour prendre conscience de schémas toxiques que j’avais en moi. 

Des livres de développement personnel m’ont aussi aidé à prendre conscience que je n’avais pas le bon état d’esprit sur la vie, ça m’a aidé sur mon perfectionnisme, etc. (je pense notamment aux livres de Laurent Gounelle, mais il y en a plein, j’ai fait un article avec toute une liste de livres que je recommande, je vous mettrai le lien en description). Et après, évidemment, les thérapies psychologiques aident.

Alors, il y a les thérapies où tu vas surtout parler. Mais parfois, ce n’est pas simple de mettre des mots sur ce que tu ressentes, ou parfois, tu as déjà parlé de nombreuses choses, mais en vain, tu n’arrives pas à avancer sur une problématique, comme si ça bloquait dans ton corps. Je recommande du coup les thérapies psychocorporelles. Je pense par exemple aux thérapies suivantes : kinésiologie, EMDR, Access Bars, EFT. Je ne vais pas les détailler une à une, d’un parce que je ne suis pas experte, mais aussi parce que l’article serait trop long haha (il l’est déjà assez). Mais je vous invite à vous renseigner sur des thérapies psychocorporelles qui sont pour moi à tester, en complément évidemment d’autres thérapies. Ne vous attendez pas à des miracles, mais ça + ça… ça va vous aider à avancer.

Quelque chose que je voudrais préciser : je te parle d’avancer sur les problématiques psychologiques, d’avoir des réflexions, des prises de conscience, des discussions sur ces problématiques. Je ne t’ai dit à aucun moment qu’il faut les résoudre pour guérir. J’insiste là-dessus parce que ça pourrait te décourager sinon. Tu ne dois pas tout résoudre pour guérir. Parfois, vous allez avoir une prise de conscience ou avoir une discussion à un moment T, puis c’est 2 ans plus tard que tu vas y repenser et que ça te fera beaucoup plus « déclic » dans ta tête. Donc encore une fois, au moment de la prise de conscience tu ne vois pas de progrès concrets, mais pour autant, tu as avancé. 

Donc la dimension psychologique est vraiment importante, parce que parfois, on me dit « j’ai envie de reprendre du poids, d’avancer, mais c’est comme si mon corps ne voulait pas m’aider ». Et le corps est vraiment dans ton camp, dans le sens où il veut te protéger. Donc parfois, ton corps, t’envoie un signal pour te dire « eh oh, quelque chose n’est pas réglé ». Et je suis d’accord, ce n’est pas toujours facile de mettre le doigt dessus, d’où la possibilité de tester les thérapies psychocorporelles où le thérapeute va surtout faire parler ton corps + que toi. Je pense aussi au fait que parfois, il faut aller chercher du côté de la psychogénéalogie, donc la mémoire de tes ancêtres pour comprendre certaines choses.

Les bénéfices de la maladie sont supérieurs aux bénéfices de la guérison

Un autre point qui est encore une fois lié au précédent : c’est le fait que la maladie t’apporte des bénéfices secondaires qui représentent donc des barrières très fortes à ta guérison. J’ai dédié un article à ça, où je vous parle de comment trouver tes bénéfices secondaires et je te donne tous les bénéfices que j’avais moi-même identifiés. Pour moi, cet exercice, c’est un indispensable de la guérison des TCA. Tu ne vas pas forcément les identifier tout de suite, ils vont aussi potentiellement évoluer. J’ai certaines personnes qui m’ont dit l’avoir fait une fois, puis avoir réitéré l’exercice 6 mois plus tard et elles ont découvert beaucoup plus de choses. 

Donc je t’invite à le refaire de temps en temps aussi.

Mais parfois, les bénéfices de la maladie te protègent encore beaucoup trop, parce que justement, le côté psychologique est encore trop en souffrance, trop à vif. Ne t’en veux pas pour ça, « bénéfices secondaires » c’est le terme psychologique, mais ce n’est en rien conscient et volontaire de ta part. Ça ne veut pas dire que tu préfères rester malade. Je ne développe pas plus ce point parce que c’est lié à ce que je viens de dire et j’en parle énormément dans l’article dédié.

Tu es trop dans ta zone de confort

Ta zone de confort, c’est celle de la maladie. Et je sais que ce n’est pas simple, mais si tu restes constamment dans ta zone de confort, tu déloges beaucoup moins la maladie. Sortir de ta zone de confort est ce qui te terrifie le plus, mais ce qui te fait le plus peur en guérison est justement ce qui peut te sauver. Ce sont les choses qui m’ont fait le plus peur qui m’ont permis d’avancer le plus dans ma guérison. Et je dis ça encore une fois avec du recul. Parce que c’est sûr que sur le moment même, c’est inconfortable, et tu as plus la sensation de mal faire que de bien faire. Mais c’est comme ça, justement, que tu vas à l’encontre de la maladie.

Encore une fois, je sais que c’est difficile, mais c’est important que tu te mettes dans des situations « d’inconfort » de temps en temps. 

Encore une fois, ne t’en demande pas trop. Cela dépend vraiment d’où tu en es dans ton parcours de guérison. À certains moments de ma guérison, notamment à la fin, quand j’avais déjà repris du poids et que j’avais beaucoup avancé, là, je sortais de ma zone de confort presque tous les jours. Mais la plupart du temps, notamment au début, c’était plutôt une fois par semaine, voire parfois à une fréquence encore moindre quand je n’allais vraiment pas bien. Donc ça rejoint ce que je te disais sur les attentes irréalistes, parfois, c’est contre-productif de se mettre des défis qui sont trop grands. C’est difficile de juger quel défi se mettre, d’où l’importance encore une fois d’avoir un suivi avec des professionnels spécialisés.

Tu ne manges pas assez

Ce point est aussi lié au précédent. Et je sais à quel point il est difficile. Mais en gros, si tu manges constamment les mêmes aliments, ceux qui te rassurent, ceux que ton trouble alimentaire estime comme sains, alors encore une fois, tu restes trop dans ta zone de confort. Et même chose si tu es en dénutrition, ton cerveau a beaucoup moins d’énergie pour raisonner convenablement, donc c’est beaucoup plus difficile de lutter contre la maladie. Je sais vraiment que ça, ce n’est pas simple. Quand j’étais malade j’en avais conscience, et pour autant je suis resté des mois voire année dans la restriction à manger tout le temps les mêmes aliments, et de ce fait, à faire souvent des compulsions sur les aliments que je m’interdisais. Mais je me dois de dire ce point-là parce que c’est vraiment quand j’ai réintégré les différentes catégories, quand je remangeais de tout, que j’ai pu voir vraiment une grosse différence, parce que mon cerveau était réalimenté, je raisonnais mieux et du coup, les pas que je faisais en avant étaient davantage « notables », et mes peurs étaient beaucoup moins irraisonnées. 

Tu restes dans le même environnement (toxique) de la maladie

Encore une fois ce point est lié au précédent. Mais personnellement, j’ai vraiment vu aussi un changement dans ma guérison quand j’ai un peu quitté l’environnement de la maladie. 

Dans mon livre « L’anorexie, mon bouclier mortel », je vous parle du fait que quand je suis sortie de ma première hospitalisation, je suis retournée exactement dans le même environnement que celui où la maladie s’est développée et j’ai rechuté tout de suite.

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Et par exemple un changement qui m’a beaucoup aidé aussi dans ma guérison, ça a été de ralentir le rythme que je m’imposais, donc pour ça j’ai fait une pause de quelques mois dans mes études. Je ne dis pas qu’il faut forcément arrêter ses études ou son travail, c’est vraiment au cas par cas ce choix. D’ailleurs, j’ai fait un article sur ce sujet où je vous expose ma réflexion sur “faut-il faire une pause dans sa vie pour guérir des troubles alimentaires ?”. Et un autre grand changement qui m’a aidé dans ma guérison, ça a été de déménager.

Donc je ne vous dis pas de quitter ton travail ou de déménager pour guérir. Par contre, je t’invite vraiment à faire un point dans ta vie pour voir si tu n’es pas bloqué dans un environnement toxique. Je t’invite vraiment à te poser et à réfléchir aux différents aspects de ta vie : que ce soit ton logement, ton travail, ton rythme de vie, les lieux que tu fréquentes souvent, même les proches que tu vois souvent… Essaye de faire le point et de voir s’il y a des choses qui te semblent toxiques, qui te mettent en difficulté. Et si tu en identifies, essaies de voir comment tu pourrais diminuer, voire arrêter cette toxicité. Ça demande parfois de faire des choix difficiles, mais ta vie et ton futur t’en remerciera. 

Et parfois, ce ne sont pas des grandes choses. Ça peut être remarqué que tu fais des petites habitudes toxiques. Rien que le faite, par exemple, de consulter fréquemment des comptes de recovery mais qui montrent leur poids, leurs assiettes, etc., ça, ça peut être une habitude toxique qui vous maintient dans la maladie.

Tu es seul-e

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Une autre raison pour laquelle tu as l’impression que ça ne fonctionne pas, c’est que tu êtes trop seul(e). Je sais que ce n’est pas toujours évident, parce que déjà, la maladie elle te pousse à te refermer sur toi-même. Elle te convainc également que tu es un poids pour les autres. Parfois aussi, il y a des personnes qui se sont éloignées de toi après des mois, voire des années dans la maladie.

Mais ça, pour le coup, je trouve que ça fait vraiment une grande différence dans la guérison. Et je le vois aussi sur les personnes avec qui j’échange en Flower call. Je vois sincèrement une différence entre les personnes qui sont entourées et celles qui ne le sont pas.

Je suis parfois étonnée et hyper triste parce qu’il y a des personnes qui me disent que par exemple, leur conjoint ou leurs propres parents ne savent pas qu’ils ont un trouble alimentaire. Il y a vraiment des personnes qui vivent leur trouble alimentaire sans que personne autour d’elles sachent qu’elles sont malades. Et ça me rend vraiment triste parce que ces personnes qui sont malades ont besoin d’aide, de soutien, pas de solitude.

Donc si c’est ton cas, je t’invite vraiment à essayer de trouver une ou deux personnes. Au moins une, en qui tu peux avoir confiance, qui est sensible aux problématiques de santé mentale et à qui tu te confies. Moi aussi, j’avais l’impression d’être un poids pour mes amis. 

Mais honnêtement si j’avais une copine dans le besoin, mais je serais ravie qu’elle m’en parle en fait. Et c’est vrai qu’à un moment de ma vie, mon discours était peut-être plus négatif, j’avais besoin de soutien, d’aide. Mais c’est temporaire. Aujourd’hui parfois les rôles se sont inversés et j’ai été la personne qui a pu soutenir mes amis. 

Donc là je te parle de l’entourage personnel, mais j’insiste aussi sur le fait que tu aies un accompagnement avec des professionnels. Tu ne pourras pas te sortir seul(e) de ton trouble alimentaire. Ça, c’est un mythe que ton trouble alimentaire lui-même essaye de te convaincre pour continuer de se développer en fait. 

Et au-delà d’avoir un suivi avec des professionnels, parfois, il n’est pas assez fréquent. Pour moi, voir son psychologue une fois par mois, ce n’est pas assez. C’est au moins une fois par semaine. J’avais même eu des périodes où je voyais plusieurs professionnels dans la semaine. Après, je sais que financièrement ce n’est pas toujours possible, mais tu n’es pas non plus obligée de voir un psychologue, ça peut être aussi des groupes de soutien ou des groupes de parole qui sont organisés à bas prix ou même gratuitement dans des associations. Et n’oublie pas aussi, tu peux demander l’ALD à ton médecin traitant. Ça veut dire “affection à longue durée”. Et ça permet que tout ce qui est en rapport avec ton trouble alimentaire soit pris en charge par la Sécurité sociale. Malheureusement ça reste les professionnels où l’on peut passer sa carte vitale comme le psychiatre par exemple, mais pas le psychologue. Mais ça peut déjà réduire tes coûts.

Tu n’aides pas ton cerveau

Une autre raison qui peut expliquer pourquoi tu as l’impression que rien ne fonctionne, c’est parce que tu n’aides pas ton cerveau. Ce point rejoint le point où j’ai parlé de la restructuration cérébrale. En gros, il faut vraiment voir le trouble alimentaire comme un poison dans ton cerveau qui va créer un brouillard mental. Et pour moi, c’est important d’aider ton cerveau avec de la positivité, avec de l’espoir, pour travailler le côté sain en toi.

Quand on a un trouble alimentaire, on note souvent de l’ambivalence en soi, c’est-à-dire qu’on a l’impression qu’il y a un côté noir et il y a un côté plutôt blanc qui est toi en fait.

Donc aide son cerveau, déjà, c’est croire en la guérison, croire que c’est possible et croire que tu vas y arriver. Ça, je te le dis souvent et c’est vraiment important. Après évidemment tu peux avoir des jours où tu n’y crois pas, mais globalement l’idée c’est quand même de se dire que tu vas y arriver. 

Ensuite je donne plein de conseils pour créer un environnement favorable à la guérison en aidant ton cerveau à être dans un environnement positif dans mon article sur les 16 outils à mettre en place. Donc même chose, je vais pas tout redire ici, je t’invite vraiment à aller le lire. Dans cet article, je réalise que je vous ai souvent envoyé vers d’autres de mes contenus, mais c’est parce que déjà, là j’ai plein de choses à te dire, et comme les troubles alimentaires sont très complexes, il y a énormément de choses à expliquer et à nuancer. Donc ça vaut le coup que tu lises le contenu qui est dédié sur la problématique en question.

Tu vois les rechutes comme quelque chose de négatif

Une autre raison qui fait que tu as l’impression que rien ne fonctionne, c’est que tu vois les rechutes et les jours difficiles comme quelque chose de fataliste. Alors évidemment, c’est tellement difficile que c’est normal que tu le voies comme ça. Mais j’en avais parlé dans mon article sur les rechutes justement, où je dis que vraiment, les journées difficiles et les rechutes, c’est dans ces moments-là où finalement, tu avances le plus. Moi, si je repense à mon parcours de guérison, j’ai l’impression qu’il y avait beaucoup plus de jours négatifs que positifs. Pourtant j’en suis sorti. Parce que ce sont les jours négatifs qui comptent dans la guérison. Et ce n’est pas parce que tu as rechuté que tu es retourné au point de départ. Les rechutes et les journées négatives n’effacent pas tes avancées.

Donc finalement ça rejoint le tout premier point que je disais, c’est que ce n’est pas parce que tu as l’impression que ça ne fonctionne pas que c’est la vérité.

Célèbre tes petits pas

Et du coup, par rapport à ce dernier point et puis globalement par rapport au fait que tu as l’impression que rien ne fonctionne, je t’invite vraiment à te poser et à noter dans un carnet régulièrement tous les petits pas que tu fais en avant, toutes les fois où tu es fier de toi. 

C’est important de les noter pour les relire quand tu as l’impression que tout va mal. Et si tu ne l’as jamais fait, je t’invite aussi à faire un peu une rétrospective depuis que tu es malade, des choses que tu as réussies, de tes avancées. Même si c’étaient des choses qui te paraissent insignifiantes, même si depuis tu as l’impression que tu as régressé sur ces points-là. Encore une fois, ce n’est pas parce que tu as rechuté ou que tu vas moins bien que ça efface tes avancées passées. Quand un sportif a remporté un match en 2022 et qu’en 2023 il a perdu un autre match qui était tout aussi important, ça n’efface pas sa victoire de 2022. 

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Parfois j’ai des personnes qui me disent « je suis malade depuis X années et je n’ai jamais réussi à avancer, je n’en vois pas le bout ». Et finalement, en discutant avec elles, on prend conscience ensemble des avancées qu’elles ont déjà faites. Et ça peut t’aider à te garder motivé.

Et puis je terminerai cet article en te disant aussi de vraiment t’accorder de la patience. Je sais que ce n’est pas simple de dire ça à une personne qui souffre et qui n’en peut plus. Mais vraiment la guérison des troubles alimentaires, elle prend du temps. Et pour autant, moi, j’ai eu des moments, et notamment vers la fin, où j’ai eu des avancées très rapides, bien plus vite que ce que je n’aurais pensé. Par exemple mes tocs qui ont disparu quasiment tous du jour au lendemain. Mais c’est parce que j’avais avancé sur d’autres aspects de ma guérison en amont. Et pourtant je n’en avais pas conscience. Je ne sais pas si tu arrives à percevoir ce que je veux dire là, c’est quelque chose sur lequel j’ai plus longuement insisté dans mon roman autobiographique, « l’anorexie, mon bouclier mortel », tu peux le trouver sur Amazon si ça t’intéresse. 

J’espère que cet article et tous les éléments que je t’ai donnés là t’auront aidé à te dire que même si tu as l’impression que ça ne fonctionne pas, tu avances quand même. J’espère que ça t’aura réconforté, que ça t’aura apporté de l’espoir et des nouvelles pistes peut-être pour ton chemin de guérison. N’hésite pas à me faire le retour !

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Thérapie, 2 commentaires
FAQ – Aménorrhée & trouble alimentaire

FAQ – Aménorrhée & trouble alimentaire

FAQ – Aménorrhée & trouble alimentaire

J’ai souvent des questions à propos de l’aménorrhée dans le cadre des troubles alimentaires, notamment restrictifs comme l’anorexie. N’étant pas une spécialiste sur ce sujet, j’ai préféré directement demander à Florence qui, elle, est spécialiste de l’aménorrhée hypothalamique

Florence a elle-même traversé une dizaine d’années dans des comportements de troubles alimentaires (sport à outrance, restriction). Elle a connu l’aménorrhée hypothalamique et ce fut son premier déclencheur pour travailler sur son rapport au corps, à l’alimentation, mais aussi pour avancer sur les dimensions psychologiques.

Si vous voulez, vous pouvez écouter l’épisode de podcast où elle répond à toutes ces questions. Je mets les liens en bas de cet article. 

Je rappelle que ni Florence, ni moi ne sommes médecins. Je recommande donc évidemment de consulter un médecin professionnel qui saura vous donner un diagnostic.

Sinon, on répond aux principales questions juste ici : 

Petite précision, ici, on se concentre sur l’aménorrhée hypothalamique, c’est-à-dire l’aménorrhée où de nombreuses personnes sont concernées avec un trouble alimentaire.

Aménorrhée & troubles alimentaires (anorexie, boulimie) : on répond à toutes vos questions !

L’aménorrhée, c'est le fait de ne pas avoir de cycle menstruel quand on est en âge d’en avoir. 

L’aménorrhée peut être primaire ou secondaire. L’aménorrhée primaire, c’est lorsqu’à la puberté, il n’y a pas de cycle qui arrive. L’aménorrhée secondaire, c’est lorsqu’on a eu des cycles à la puberté, mais qu’ils ont disparu.

L’aménorrhée hypothalamique peut aussi s’appeler aménorrhée hypophysaire ou hypogonadotrope.

On parle d’aménorrhée, notamment dans le cadre hypothalamique quand on compte au moins 3 mois d’absence de cycle.

Les causes d’une aménorrhée, au-delà de la restriction & des comportements d’un trouble alimentaire, sont multiples. D’où la nécessité d’investiguer en consultant un gynécologue afin d’être certain de la cause de son aménorrhée. Même si vous avez toujours vos règles, mais que les cycles deviennent tout à coup irréguliers, il faut chercher la cause.

Cela peut être dû : 

  • à des problèmes de thyroïde.
  • à un niveau de prolactine trop élevé
  • à un SPOK (Syndrome polykystique)
  • à la prise de certains médicaments
  • à des causes biologiques (soucis au niveau de l’utérus, des ovaires…)
  • à une tumeur bénigne à l’hypophyse
  • à cause d’un déficit d’énergie (c’est le cas de l’aménorrhée hypothalamique)

Souvent, on le fait par le gynécologue, mais ça peut aussi être un endocrinologue. Le diagnostic de l’aménorrhée hypothalamique est un diagnostic d’exclusion. C'est-à-dire qu’on fait des examens médicaux pour exclure toutes les causes énumérées dans la question 2 pour être certain qu’il s’agit d’aménorrhée hypothalamique. 

Le gynécologue va poser des questions pour mieux comprendre : est-ce que vous prenez un médicament ? quelle est votre hygiène de vie ? (sport, alimentation, stress…) 

L’endocrinologue va réaliser les examens d’hormones : la testostérone libre, LH et FSH pour l’ovulation, l’estradiol (le niveau d’œstrogène), la prolactine, la TSH (l’hormone de la thyroïde), SHBG… Une échographie pelvienne peut également être réalisée pour vérifier qu’il n’y a pas de soucis biologique et/ou physique. Et le médecin peut également prescrire une IRM du cerveau pour écarter le diagnostic d’une tumeur bénigne au cerveau. 

Et enfin, parfois, on demande de prendre de la progestérone pendant 5 à 10 jours (Duphaston). Cette prise de Duphaston n’engendre pas le retour des règles. Mais cela permet de comprendre si vous avez un endomètre. Parce que quand vous allez prendre le Duphaston et que vous avez un endomètre, ce médicament va déclencher le fait que l’endomètre va quitter le corps et donc ça va permettre de dire si vous réagissez à la prise de Duphaston en ayant des pertes de sang par après ou si vous ne réagissez pas. Dans ce dernier cas, cela voudrait dire que vous avez donc très peu d’œstrogène puisque presque pas d’endomètre présent. Donc le Duphaston est utilisé pour juger de la sévérité de l’aménorrhée hypothalamique. 

Le stress peut causer des perturbations des cycles. Mais si cela fait plus de 3 mois qu’il n’y a plus de cycle, il y a probablement un problème sous-jacent. 

S’il s’agit des troubles alimentaires, c’est donc la cause du déficit énergétique. Dans ce cas, comme dit précédemment, il faut faire les différents examens médicaux pour éliminer toutes les autres causes possibles.

Le diagnostic précis est important de la part du corps médical pour prendre conscience de l’impact de son trouble alimentaire. La prise de conscience est indispensable pour la guérison.

Avant, l’aménorrhée faisait partie des critères de diagnostic de l’anorexie mentale. Maintenant, ce n’est plus le cas, car on s’est rendu compte que l’aménorrhée dépend beaucoup de la génétique. Certaines personnes vont les perdre très rapidement alors qu’elles ont commencé à faire un peu de sport. D’autres personnes vont les garder alors qu’elles souffrent d’anorexie mentale sévère avec une forte perte de poids, un gros déficit alimentaire. On n'est pas tous égaux/égales face à la génétique. On ne peut pas aller à l’encontre de la génétique, il faut l’accepter. D’où l’importance de ne pas se comparer aux autres ou de se dire “je suis moins malade, car moi j’ai mes règles, mais pas une autre personne”. L’aménorrhée ou non-aménorrhée n’est pas un indicateur de gravité du trouble alimentaire. Votre TCA n’est pas moins grave sans aménorrhée.

Tout comme le poids, l’IMC n’est pas du tout un bon indicateur à prendre en compte. Je vous invite à regarder mon article sur l’IMC qui sort le 25 mars. Certaines personnes ont un IMC très bas et gardent leur règle. D’autres personnes ont un IMC qui est catégorisé comme “normal” et n’ont pourtant plus leur règle. La réponse à cette question est donc qu’il n’y a pas de valeur stricte indiquant quand on tombe dans l’aménorrhée et quand on en sort. Il faut faire confiance à son corps.

Non, tout ce qui semble ne pas être comme un cycle régulier doit vous interpeller. L’aménorrhée se présente de façon différente chez chaque personne. Il se peut donc qu’au tout début, les cycles commencent par s’espacer avant de disparaître totalement. 

Un SIBO est une maladie correspondant à un excès de bactéries dans l’intestin grêle causant des problèmes de troubles digestifs. Il faut rappeler que les troubles alimentaires occasionnent souvent des troubles digestifs. Donc la cause commune aux deux est certainement le TCA. Florence nous rappelle qu’en 6 heures de restriction, le microbiote intestinal a déjà été modifié. Donc on n’imagine pas après des semaines, des mois, voire années de trouble alimentaire. Il faudrait donc se focaliser sur la guérison de son TCA, ce qui permettra certainement d’améliorer les symptômes du SIBO et en même temps ceux de l’AH. Si les symptômes digestifs persévèrent, cela permettra de certifier le diagnostic du SIBO. Parfois, les médecins n’étant pas familiers aux TCA, ils diagnostiquent une maladie digestive sans faire de lien de cause à effet vis-à-vis du trouble alimentaire. 

Oui, vraiment… C’est difficile d’en prendre conscience, car généralement on ne peut pas voir les conséquences directes de l’aménorrhée hypothalamique sur le corps.

Déjà, on ne peut pas concevoir d’enfant. Le système de reproduction est mis à l’arrêt. Le corps est en mode survie, il a trop peu d’énergie pour s’occuper de certaines fonctions. Donc il se concentre sur celles essentielles à votre survie : faire battre le cœur, faire fonctionner les poumons, la circulation sanguine, etc. La fertilité est considérée comme non essentielle à la survie pour le corps.

Les conséquences de l’aménorrhée sur la santé sont dues au manque d’œstrogène. 

L’une des principales conséquences est l’impact sur la densité osseuse. Il n’y a plus assez d’œstrogène pour maintenir la densité osseuse. On estime qu’une personne en aménorrhée hypothalamique perd en moyenne par an 2 à 3% de leur densité osseuse. Le problème, c’est que cette densité atteint un pic entre 16 et 30 ans (c’est assez vaste, car les études sont divergentes sur l’âge). On construit donc de la densité osseuse pendant l’adolescence et nos premières années d’adulte, et après ça on est censé maintenir cette densité jusqu’à la fin de notre vie. Donc le risque de souffrir d’ostéoporose / ostéopénie de façon précoce augmente considérablement avec l’aménorrhée. Or, il s’agit de maladies très handicapantes.

Par contre, la bonne nouvelle, c’est qu’avec la guérison, on retrouve une partie de sa densité osseuse. 

Il y a également de conséquence d’un point de vue cardiaque et neurologique. Le manque d’œstrogène peut cause un rétrécissement des artères entraînant des problèmes d’accidents cardiaques sur le long terme. Les problèmes neurologiques correspondent à des risques de démence précoce (notamment Alzheimer) si l’aménorrhée se fait sur le long terme.

Malheureusement, beaucoup de médecins disent à leur patient de revenir quand le projet d’enfant sera imminent. Sauf qu’en attendant, les conséquences sur la santé énumérées dans la question précédente sont bien réelles. Il est donc primordial de s’en occuper le plus rapidement possible. 

Tant que vous n’avez pas vos règles, vous n’ovulez pas. Donc sans ovulation, il ne peut pas y avoir de grossesse. Tant qu’on est en aménorrhée hypothalamique, on est stérile. Il y a des solutions qui existent comme la PMA. Mais entamer une PMA quand on est dans un corps dénutri, c’est s’exposer à de nombreuses difficultés et de danger pour la santé de la maman. Le corps n’a pas assez d’énergie pour commencer une grossesse. Donc déclencher cela est très dangereux.

Non, vous êtes stériles uniquement lorsque vous êtes en aménorrhée. Mais une fois que vous êtes sorties de l’aménorrhée, le corps retrouve sa fertilité.

Non, la “facilité” de tomber enceinte dépend de chaque personne. Certaines personnes tombent enceintes dès qu’elles retrouvent leur cycle, dès le 1er. Pour d’autres, elles prennent plus de temps. Mais cela dépend de chaque femme, comme n’importe quelle femme, avec un passé d’aménorrhée ou non. 

On ne peut pas savoir. Car les règles sous pilule ne sont pas des vraies règles. Le contraceptif par voie orale a pour but de bloquer les cycles, de bloquer l’ovulation. Les hormones par voie orale bloquent les règles naturelles. Donc les règles que l’on a sous pilule correspondent à une hémorragie de privation. C'est-à-dire qu’on prend les hormones pendant 3 semaines. Quand on arrête pendant 1 semaine, l’endomètre qui s’est créé par la prise d’hormone disparaît et sort du corps. Donc les règles sous pilule ne sont pas un signe que vous allez avoir de vraies règles naturelles si vous arrêtez la pilule. 

Si vous avez des règles sous pilule, vous ne pouvez pas savoir si vous avez une aménorrhée.

Elle ne va pas faire de travail magique puisqu’elle ne stimule par la production naturelle d’hormone, au contraire, elle l’arrête. Donc, elle ne permet pas de “protéger les os”, mais plutôt de maintenir la densité osseuse au niveau où elle en est lorsque vous commencez à prendre la pilule. 

Le stérilet en cuivre n’a pas d’effet hormonal. Quand on met un stérilet en cuivre et qu’on n'a pas de règle, ça veut dire qu’on n'ovule pas. Donc oui, c’est inquiétant et il faut donc faire les examens médicaux présentés à la question 3. 

Oui, la méthode que Florence a testée & approuvée fonctionne pour de nombreuses personnes. Ça s’appelle la méthode All In. Il n’y a pas de raison que lorsqu’on applique cette méthode, on ne retrouve pas ses cycles. La recherche indique 98% de réussite. Et les 2% restants sont des participants qui ont été perdus de vue. Donc ces personnes-là ont potentiellement aussi retrouvé leur cycle.

Ce n’est pas pour autant que c’est facile à appliquer, notamment quand on soufre de trouble alimentaire. D’où l’importance de se faire accompagner.

Cela dépend vraiment de chaque personne. Quand la méthode All In est appliquée, cela prend en moyenne 6 mois. Mais cela peut aller plus vite, notamment quand on est accompagné. Et cela dépend surtout d'où vous vous trouvez dans le chemin de guérison de votre trouble alimentaire. 

Non, car les troubles alimentaires sont des maladies mentales et pas physiques. Donc on ne peut pas se baser sur des critères physiques : apparition de règle, poids, etc. On peut avoir un retour de cycle, mais avoir toujours beaucoup de pensées obsessionnelles sur son corps, sur l’alimentation. C’est important de poursuivre le travail de guérison sur le trouble alimentaire tant qu’il y a toujours ces schémas de croyance erronée sur son image corporelle, sur son alimentation… même sur le perfectionnisme, le regard des autres, etc.

Non, c’est la bonne nouvelle. Il n’y a pas de médicament à prendre. Il s’agit d’une méthode naturelle qui est “simplement” basée sur le fait de manger entre autres. Mais il s’agit de répondre aux besoins de son corps. Dans la méthode All In, il y a une recommandation d’un minimum de calories à manger. Il s’agit bien d’un MINIMUM. Dans tous les cas, il est conseillé de ne pas compter ses calories. D’où l’importance d’un accompagnement.

Quant au sport, il est conseillé de ne pas faire d’activité physique à haute intensité, de type cardio. En effet, ces activités à haute intensité augmentent l’hormone du stress (le cortisol) ce qui met en veille l’hypothalamus. Donc cela va à l’encontre de la guérison de l’aménorrhée hypothalamique. Il est donc préférable de faire des activités douces, bienveillantes pour son corps. 

Enfin, il est nécessaire de travailler sur son anxiété. Si vous le voulez, je propose des carnets d’exercice pour travailler sur l’anxiété : c’est ici.

Si tous ces conseils ont été appliqués et que des cycles ne reviennent pas, alors une aide médicamenteuse peut être envisagée. On prescrit souvent le clomid qui est une petite pilule permettant de stimuler l’ovulation naturelle. On peut utiliser aussi des compléments alimentaires spécifiques. 

Cela dépend totalement des femmes. Parfois, ça peut être assez surprenant, car pendant toute la durée de l’aménorrhée, il n'y a pas de changements hormonaux. Puis lorsque les cycles se remettent en place, on ressent parfois de nouveau les symptômes prémenstruels : mal dans le bas du dos, les douleurs au ventre, les changements d’humeur, ballonnement, etc.

Certaines personnes décrivent également la sensation de vivre une seconde puberté. Par exemple, certaines personnes peuvent connaître de nouveau de l’acné. Mais cela se stabilise avec le temps.

Parfois, c’est également difficile psychologiquement. Car cela peut faire écho à la féminité, ou cela peut faire écho à un trauma. D’où l’importance d’être accompagné psychologiquement pour travailler sur ça.

Absolument. Lorsqu’on soufre d’aménorrhée, on n'a pas ou très peu de pertes blanches puisqu’il n’y a pas d’hormone. D‘ailleurs, on a également peu de libidos. 

Donc oui, les pertes blanches ou pertes en blanc d’œuf cru sont des signes de retour de cycle, car cela montre que l’ovulation est imminente.

On peut être en aménorrhée primaire, mais c’est quand même de l’aménorrhée hypothalamique. Notamment lorsque l’on n’est tombé dans un trouble alimentaire très tôt et que la puberté devait se déclencher, on peut rester dans cet état-là. Et ainsi, on peut connaître ses premières règles à 30 ans ou plus tard. Mais cela reste réversible et la méthode All In est aussi adaptée.

Ce qui est conseillé c’est 3 cycles consécutifs. Il ne faut pas abandonner les efforts mis en place pour répondre aux besoins de votre corps dès le retour du premier cycle. D’ailleurs, tout ce que vous mettez en place durant la guérison, ce n’est pas “juste pour guérir”, c’est pour votre santé, votre vie. 

Les cycles en guérison peuvent être plus longs. À partir de 3 cycles, cela se rapproche plus vers 35-30 jours entre les cycles.



Florence a donc repris le livre du docteur Nicolas Sykes pour le traduire en français et offrir aux francophones la possibilité d’accéder à ce livre qui l’a elle-même énormément aidé à se sortir de l’aménorrhée hypothalamique. 

Ce livre est donc la première ressource francophone sur l’aménorrhée hypothalamique. 

En français, il s’appelle “Je n’ai plus mes règles : le guide complet pour retrouver des cycles réguliers” 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, 0 commentaire
FAQ – hospitalisation & trouble alimentaire

FAQ – hospitalisation & trouble alimentaire

FAQ – hospitalisation & trouble alimentaire

Vous êtes nombreux à me poser des questions sur l’hospitalisation pour anorexie, boulimie…Trouble alimentaire en général ! 

Je vous ai donc demandé toutes vos questions sur Instagram, et j’y réponds dans cette FAQ ! 

Si vous souhaitez l’intégralité, à l’oral, c’est dispo en épisode de podcast. 

J’avais également écrit deux autres articles il y a plus longtemps où je parle de mes deux hospitalisations pour anorexie. Les liens vers ces articles se trouvent tout en bas de cette page. 

J’ai eu deux hospitalisations pour anorexie pour ma part. Il faut bien garder en tête que c’est mon expérience, mon histoire et que l’hôpital dans lequel j’étais au CHU de Lille (Fontan 2) ne sera pas le même que le tien.

Hospitalisation pour troubles alimentaires (anorexie, boulimie) : je réponds à toutes vos questions.

J’ai toujours décidé moi-même de mes propres hospitalisations. Mais on va dire qu’un travail d’éducation inconscient avait été réalisé en amont par les médecins. J’étais déjà suivi dans l’hôpital où j’ai été hospitalisé. Mais je m’y rendais uniquement pour des consultations avec les psychiatres, et juste avant l’hospitalisation à temps complet, j’ai eu 1 journée par semaine d’hôpital de jour. D’ailleurs, je trouve que l’hôpital de jour est une bonne alternative, notamment lorsque vous avez peur de l’hospitalisation à temps complet. Cela permet de t’immerger dans le milieu hospitalier, de commencer à te familiariser avec l’environnement. 

Les psychiatres qui me suivaient voulaient que je sois hospitalisée en temps complet, mais je refusais. Pour moi, je n’étais pas assez malade. Je me disais d’ailleurs qu’ils étaient fous de vouloir m’hospitaliser, qu’ils n’avaient pas conscience que ceux qui étaient hospitalisés étaient beaucoup plus malades que moi. Mais la réalité, c’est que c’était moi qui n’avais pas conscience de la gravité de ma situation. Comme j’en ai souvent parlé, le trouble alimentaire minimise toujours la maladie. 

Pour ce qui est de ma première hospitalisation, je l’ai demandé suite au séjour en réanimation que j’ai fait, du jour au lendemain. Je ne vais pas de nouveau l’expliquer, car j’en ai parlé dans l’article sur le SRI. Mais ça m’est vraiment arrivé du jour au lendemain, et c’est aussi comme ça que j’ai pris conscience de la gravité et que j’avais vraiment besoin d’aide. J’ai eu vraiment peur de mourir avec cet épisode. Je pense que ça a eu l’effet d’un petit électrochoc. 

Pour ce qui est de ma deuxième hospitalisation, c’est moi aussi qui l’est demandé. Malheureusement, j’ai eu un délai d’attente de 3 semaines. Mais je l’ai demandé, car j’étais dans un cercle vicieux et violent de restriction / compulsion. J’alternais réellement entre 24h de restriction et 8h non-stop de compulsion. Ça m’épuisait et j’étais tellement en détresse que j’ai fini par faire une tentative de suicide. Et après être passée par une cellule psychologique pendant 3 jours, j’ai demandé directement une place dans le même service TCA que ma première hospitalisation. 

Donc j’ai toujours été décideuse de mes hospitalisations. Je vais détailler par la suite les critères d’une hospitalisation générale en TCA. Je pense que j’ai malheureusement eu une place finalement rapidement parce que j’avais un IMC très faible. Je dis malheureusement car c’est très triste de juger la gravité de la maladie en fonction du poids. Parce que les personnes qui ne sont pas en insuffisance pondérale ne se sente de ce fait pas légitime. Alors qu’il s’agit bien d’une maladie mentale, et non pas physique. Après, je pense que cela s’explique notamment par le fait que le nombre de centres / hôpitaux spécialisés TCA, et même le nombre de places dedans sont très faibles. Donc, ils sont obligés d’être ultra-sélectifs.

Alors, on m’a demandé s’il faut être en grande dénutrition. La réponse est non, il ne faut pas être en dénutrition. Ce n’est pas comme cela que l’on mesure la gravité de la maladie comme j’en parlais dans la question précédente. Mais comme je disais aussi juste avant, le nombre de places et d’établissement pouvant accueillir étant limité, alors c’est souvent ceux-là qui sont privilégiés. Mais je trouve que ce critère de l’IMC faible (critère qui n’en est pas un, ou qui l’est inconsciemment) tue les patients. C’est hyper violent ce que je dis et ce n'est pas directement vrai, mais indirectement, ça l’est. Je m’explique : l’hôpital est obligé (pour cause de non-assistance à personne en danger) de prendre les personnes en extrême danger physique. Même si pour moi, une personne qui n’est pas en sous-poids est tout aussi en danger par sa mauvaise santé mentale. Mais dans l’idée commune (et même dans les hôpitaux en fait), la gravité d’une maladie est justifiée si visible physiquement. Donc en effet, les personnes présentant des IMC ultra-faibles sont souvent priorisées. Le nombre de personnes souffrant de TCA augmentant beaucoup plus vite que le nombre de places disponibles, les listes d’attente s’allongent. Parfois, des patients attendent 2-3 mois avant de pouvoir rentrer. De ce fait, la réaction “logique” de la personne malade (et qui est en total accord avec la maladie en fait), est de mettre en place des comportements de restriction & compensation d’autant plus drastique pour atteindre un stade de poids toujours plus bas, en espérant (je pense) entrer plus vite. Ou du moins, se sentir légitime à être hospitalisé. Il y a aussi, je pense inconsciemment (du moins c’est ce qui s’est passé dans ma tête), que lorsqu’on sait qu’on va rentrer à l’hôpital, que ce soit dans quelques jours ou quelques semaines, on se dit que puisqu’on va devoir manger à l’hôpital, alors autant profiter de répondre aux envies de la maladie. Et du coup, pendant les 3 semaines d’attente, j’ai aggravé mon cas en augmentant la restriction. 

Et un autre critère injuste de l’hospitalisation, qui n’est pas explicite, c’est l’âge. 

Malheureusement, de nombreux centres & hôpitaux n’acceptent que les adolescents ou les personnes de moins de 25 ans. Alors qu’encore une fois, les TCA n’ont pas d’âge. N’importe qui peu avoir un trouble alimentaire, à n’importe quel âge. Donc le fait de limiter les âges entraîne de nouveau de la culpabilité chez les personnes ayant un TCA mais qui ne sont pas ado ou jeunes adultes. Mais encore une fois, je pense que le peu de place disponible amène à être ultra-sélectif. 

Je parle ici essentiellement d'anorexie car ce fut mon cas et je ne veux pas dire de bêtise.

Je me suis inspirée du site de la Haute Autorité de Santé (HAS). 

Évidemment, il y a des raisons cliniques : 

  • L’IMC faible vient souvent en premier critère (malheureusement comme j’en ai parlé avant). 
  • Une perte de poids rapide également.
  • Le refus de s’alimenter.
  • Un SRI ou un syndrome occlusif.
  • D’autres raisons médicales comme hypothermie, hyperthermie, hypotension, tachycardie, hypokaliémie, insuffisance rénale, etc. 

Les raisons mentales (puisque après tout, il s’agit de maladie mentale !) : 

  • Tentative de suicide
  • Abus de drogues, alcool
  • Dépression, personnalité borderline, symptôme psychotique
  • Pensées intrusives permanentes
  • Besoin de sevrage vis-à-vis de l’hyperactivité et/ou dû au recours aux vomissements ou aux laxatifs
  • Nécessité de renutrition par sonde naso-gastrique 

Et enfin, ça peut être dû au contexte environnemental :

  • Conflit familial, épuisement familial 
  • Environnement stressant
  • Burn-out professionnel

Évidemment, il ne faut pas avoir tous ces critères. Dans tous les cas, c’est vraiment au cas par car et le mieux est d’avoir un rendez-vous en amont avec le personnel soignant de l’hôpital ou le centre en question afin de déterminer les conditions, les objectifs de l’hospitalisation qui sont propres à chacun. 

L’hospitalisation sous-contrainte est possible, mais quand même rare. La contrainte a lieu lorsqu’il y a un danger vital pour la personne malade. Il me semble qu’il faut l’avis de 2 personnes dont au moins 1 personne du corps médical. L’avis étant d’assurer que la personne est en danger vital pour elle-même, voire pour les autres, si elle n’est pas hospitalisée.

L’hospitalisation peut aussi être non consentis pour les personnes mineures puisqu’il s’agit des parents qui sont les représentants légaux et qui donc, prennent la décision pour leur enfant. Après, évidemment, ce n’est pas évident car parfois en tant que parent on s’inquiète et on est rassuré de savoir son enfant entre les mains des médecins. Mais je pense qu’une hospitalisation à temps complet a peu de chance d’être bénéfique si c'est forcé. Parce que la personne y va à contrecœur, et j’en parlerais dans les autres réponses de la FAQ, mais l’implication est indispensable à la “réussite” d’une hospitalisation selon moi. 

J’ai été hospitalisée entre 2 et 3 mois pour chaque hospitalisation. 



La durée d’une hospitalisation est propre pour chaque patient. Encore une fois je précise anorexie car ce fut mon cas.

Cela dépend d’où la personne en est dans son parcours de guérison, de ses objectifs d’hospitalisation, aussi de son contexte environnemental (si c’est une personne en étude, qui travaille, qui n’a pas une situation familiale stable, etc.)

Je n’ai jamais vu une personne faire moins de 2 semaines d’hospitalisation. Et les personnes qui font 2 ou 3 semaines c’est notamment pour se sevrer de crise, de prises de laxatif, des vomissements ou qui a simplement besoin d’une pause pour retrouver une stabilité dans sa vie, pour avoir un coup de boost dans sa guérison. 

Si je devais partir sur une durée moyenne, je dirais 2 mois. Quand j’étais hospitalisée, les personnes restaient souvent entre 1 mois&demi et 3 mois. 

Non, ce n’est pas indispensable à la guérison. La réponse à cette question est propre à chaque personne puisque comme je le dis souvent, chacun a son propre parcours de guérison.

Moi, personnellement, ça m’a aidé. Mais cela dépend d'où tu en es dans la guérison. Et ça dépend surtout de comment tu abordes l’hospitalisation, dans quel état d’esprit tu arrives. 

Pour ce qui est de ma première hospitalisation, je l’ai demandé un peu par la force des choses, suite au SRI, sous la peur de la mort en fait. Je pense que je n’avais pas fait assez de travail psychologique en amont, que je n’étais pas dans l’action de ma guérison. Du moins, je me concentrais surtout sur les conséquences de la maladie, à savoir sur le côté alimentaire & poids pour ma part. Je me disais qu’il fallait que je mange plus et que je reprenne du poids pour guérir. C’est ce que j’ai fait durant cette hospitalisation, mais j’ai de ce fait très vite rechuté à peine sortie. Donc je dirai que cette hospitalisation m’a surtout permis de prendre conscience de la gravité de mon trouble alimentaire. Parce qu’avant l’hospitalisation, je ne prenais pas conscience que mon corps était épuisé. Je me souviens que j’étais très étonnée de à quel point je dormais à l’hôpital, même en journée, alors que la veille de mon entrée, je bossais encore comme une dingue. 

J’ai abordé ma deuxième hospitalisation complètement différemment. Parce qu’avec le recul, j’avais compris que ma première hospitalisation ne s’était pas basée sur les bons “problèmes”, et qu’il fallait que je m’attaque davantage aux causes. J’ai commencé ma deuxième hospitalisation en étant encore plus basse mentalement. C'est-à-dire que j’avais énormément de rituels, j’étais encore plus dans le contrôle et j’étais très noire dans mes idées. Cette hospitalisation était beaucoup plus difficile. Pour ce qui est du côté poids / alimentaire, je ne mangeais pas tout pour faire plaisir à l’équipe de soignant (ce que je faisais durant la première hospitalisation). La première je voulais prendre du poids (inconsciemment je pense que c’est la maladie qui voulait que je sorte au plus vite). La deuxième j’avais un contrôle encore énorme sur mon poids, j’augmentais très doucement ma ration, etc. Mais par contre, je travaillais beaucoup plus sur les causes : avec mon interne, et puis surtout seule, dans mes propres réflexions. Je lisais des livres de développement personnel, écrivais beaucoup dans mon bullet journal, je réfléchissais beaucoup. Je me disais tant qu’à être enfermée, autant avancer. J’ai eu plusieurs entretiens familiaux aussi qui m’ont aidé à avancer également sur mes blessures d’enfance. 

Donc je dirai que l’hospitalisation m’a aidé à prendre conscience de la gravité de la maladie, de la nécessité d’avancer sur des problématiques douloureuses. 

Mais je dirais que ce qui m’a vraiment le plus aidé, c’est de faire une “pause” dans ma vie. Et d’ailleurs c’est grâce à ça que j’ai pu avoir mes prises de conscience, et travailler sur mes blessures d’enfance. Donc c’est vraiment le fait de casser toute la spirale de l’anorexie. Même si dans ma tête ça continuait, dans mes actions j'étais beaucoup plus limitée pour obéir à la voix de l’anorexie

Parce que dehors, je ne m’autorisais pas à m’arrêter, j’étais pris dans le tourbillon infernal de ma vie. Et à ce moment-là, la maladie était trop forte, je ne parvenais pas de moi-même à faire une pause. Et à l’hôpital, c’est comme si je remettais momentanément ma santé entre les mains des soignants. Et pareil, j’avais besoin de ça. Parce que là, je ne calculais plus rien, je ne devais plus penser à la nourriture. Et en fait ça parait ambivalent parce que justement, j’avais toujours besoin de contrôler et je me rendais malade quand ce n’est pas moi qui cuisinais. Mais là, c’est comme si je n’avais pas le choix. Et j’avais besoin de ça pour me lancer sur le chemin de la “vraie” guérison. 

Alors, ça c’est une bonne question ! À mon sens, non. Ou du moins trop peu. Après encore une fois ça dépend des hôpitaux. Mais en France, je trouve que la prise en charge de la santé mentale a encore énormément de progrès à faire (comparé à des pays comme le Canada, les États-Unis ou même la Belgique). Peut-être que dans des centres privés c’est différent d’ailleurs. 

Mais c’est vrai que l’accent est surtout mis sur le côté nutritionnel : dans le sens où les repas sont très cadrés. Et j’avais aussi des “cours” là-dessus où l’on remettait en cause les règles de la culture du régime en gros. Mais ça je l’ai eu qu’à la deuxième hospitalisation parce qu’il y avait des diététiciens en stage qui étaient là. 

Après il y a surtout l’aspect physique qui est travaillé dans le sens où t’as des bilans réguliers, des prises de sang. Donc, tu es certain qu’ils s’assurent que ton corps réagisse bien à la renutrition. 

Pour ce qui est de l’aspect psychologique, tu as quand même ton interne qui passe te voir au moins 1 fois tous les 2 jours. Là tu peux parler de tout avec. Il y avait aussi une psychologue que tu peux voir 1 fois par semaine voire moins, parfois tous les 15 jours. Et tu as des groupes de parole. Donc il y a quand même tout ça, c’est certain. Pour moi en fait, ça ne changeait pas puisqu’à l’extérieur j’avais déjà ma psy. Mais c’est vrai que pour quelqu’un qui n’a rien eu à côté, c'est un vrai plus. D’autant que là, c'est tous des professionnels familiers ++ aux troubles alimentaires. Donc ça aide forcément, tu as des conseils plus appropriés, des réponses à des questions spécifiques sur la maladie.

Mais après, il faut savoir quand même qu’une hospitalisation, selon moi encore une fois, est beaucoup plus efficace si toi tu t’investis à fond. Dans n’importe quelle maladie je pense qu’il faut être investis ++ dans ton hospitalisation. Parce que c’est à toi de sentir les choses : dès que tu ressens une difficulté, va en parler aux soignants, demande à ce que la psy ou ton interne passe te voir. N’attends pas qu’ils te proposent, parce qu’ils ne peuvent pas lire dans ta tête. Pareil si tu as une difficulté après un repas, une culpabilité ingérable : va en parler, ne reste pas dans ton coin. Et ensuite, lis des livres de développement personnel, écris, prends le temps de faire comme un bilan sur ta vie. Je te parle de ça plus en détail sur la question “Comment s’occuper quand le temps parait infini ?”.

Alors, je ne sais pas ce qui a été le plus difficile. En réalité, clairement, ce fut difficile. C’est certain que je ne vais pas vous mentir, l’hôpital, c'est une épreuve. Et il y a beaucoup de difficulté mais tant mieux parce que le but, c'est que ce soit temporaire, pas que tu t’y sentes trop bien et d’ailleurs, on en parle juste après. 

L’enfermement est difficile, c’est certain. Et couplé à l’inactivité, encore plus. Parce que là où j’étais et normalement c’est partout pareil, tu dois être assise au max, jamais d’activité parce que ton corps a énormément besoin de repos (même si ton trouble alimentaire te dit le contraire). Donc ça c’était difficile parce que mes repas étaient plus importants qu’à l’extérieur, donc la culpabilité était parfois très élevée. Et je n'avais pas la possibilité de compenser. Mais HEUREUSEMENT. Parce que compenser, c’est la maladie, là, j'y faisais face. Et d’ailleurs je ne l’ai pas dit dans ce qui m’a aidé, mais c’est plus simple de faire face à la maladie à l’hôpital puisque tu y es comme contrainte. Tu as moins de déclencheur aussi, et ça c’est ultra-important. Donc c’est plus simple de ne pas répondre aux sollicitations du trouble alimentaire. 

Je pense que vraiment c’est ça qui a été le plus difficile pour moi. Après il y a d’autres difficultés que j’aborde dans les réponses aux prochaines questions. Mais surtout, les difficultés encore une fois sont propres à chacun. 

Ça dépendait vraiment des jours.

Je pense qu’au tout début, pour la première hospitalisation du coup, tu découvres un peu le monde hospitalier. Et ça peut être impressionnant. Et après ça dépend encore une fois si tu es là parce qu’on t’a forcé ou si c’est de ton plein gré. Ça dépend aussi si t’es encore dans la lune de miel, c'est-à-dire que ton trouble alimentaire représente un bien-être dans ta vie plus qu’une maladie. Ou alors si tu as conscience que cette maladie te pourrit la vie et que tu sais que tu dois en sortir.

 

J’étais pour ma part dans le deuxième cas de figure. Et de ce fait, il y a des jours où je sentais les bienfaits de l’hospitalisation. Il y a d’autres jours où je détestais les soignants, où j’avais envie de tout envoyer en l’air, de hurler ma colère. Mais ce n'est pas négatif en fait. Sur le moment, c'est pas agréable, c'est certain. Mais ça veut dire qu’il se passe quelque chose en toi. Et d’ailleurs, il y a pas longtemps, j’avais vu un contenu d’une psy sur Instagram, je sais plus qui. Mais elle disait qu’elle était contente quand ses patients, ils étaient en colère contre elle ou qu’ils étaient énervés contre elle. Parce que ça veut dire que tu t’affirmes, que tu n'es pas là passivement, juste à faire ce que les soignants voudraient que tu fasses. 



Cette question je l’ai trouvé super ! Parce que c’est important d’en parler. C’est un peu le “risque” de l’hospitalisation. C’est qu’à l’hôpital, comme je disais avant, tu as beaucoup moins de déclencheur. Tu es un peu dans une bulle, protégé du monde extérieur, de la culture du régime, etc. Et tu as aussi ce côté, “la maladie est entre les mains des médecins”. Donc c’est vrai que moi, je me sentais parfois comme dans un cocon, protégée, rassurée en effet. Et je sais qu’il y a des patients chroniques à l’hôpital parce que parfois, ils y trouvent un réconfort dans l’hospitalisation. 

C’est aussi un endroit où tu fais des choses pour te reposer, te relaxer. C’est un endroit où tu es peut-être plus écouté qu’à l’extérieur, où tu te sens peut être plus compris. C’est peut-être une façon de te protéger de personnes toxiques avec qui tu vivais quotidiennement. 

Donc si, j’ai clairement ressenti ça. Et je pense que beaucoup le ressent. Je me souviens avoir eu un déclic qui m’a fait dire que non, ça, ce n’était pas la vie. Parce que non, la vie à l’hôpital c’est pas la vraie vie.  Du coup j'explique ce déclic : il y a avait beaucoup de fenêtre, des grandes baies vitrée. Et je me posais souvent devant l’une de ces baies parce que j’aime beaucoup regarder dehors. Et j’étais dans un CHU universitaire. Et c’était la fin d’année scolaire. Et j’entendais des étudiants faire comme la fête, c’était en fin de journée. Mais sans doute ils fêtaient un examen ou la fin de l’année. Et je me suis dit : “Mathilde, t’as 22 ans, ta vie elle n’est pas dans un hôpital. Tu passes à côté de ta jeunesse”. Et vraiment, je vous assure, les cris de joie de ces étudiants me pinçaient le cœur, mais m’ont tellement donné encore plus de rage de vaincre la maladie. 

Très intéressante aussi comme question ! Donc moi, j'étais dans une unité où il y avait 11 places, donc j’étais avec 10 autres patients. Généralement, c'était 9 patientes et 1 patient. Et il faut quand même garder en tête que c’est 10 autres personnes qui souffrent, qui sont malades. Et vous le savez, la maladie change un peu une personne. On fait parfois des actions toxiques, on dit parfois des choses vicieuses, etc. 

Moi, je dirais en général qu’il ne vaut mieux pas être “ami”, trop proche, d’une autre personne qui souffre de trouble alimentaire. Je parle notamment d’une personne qui est en plein dans la maladie. Après, il y a des exceptions, évidemment ! Toute façon, chaque histoire est propre à chacun. Et je sais que certains ça les a aidés, au contraire.

Et ça n’empêche que je ne dis pas de rester seule à l’hôpital. Moi, j'y suis restée longtemps, et évidemment tu crées des affinités. Mais il faut garder en tête que l’autre personne est malade. 

Je vais commencer par vous dire le positif, et ensuite je vous donne des anecdotes plus “sombres” à ce sujet.

Le positif, c’est que durant mes deux hospitalisations, il y avait une fille pour qui j’ai eu un coup de cœur ! Elle s’appelle Audrey, et c’était pour moi mon camarade de guerre dans cette lutte contre la maladie. C’est avec elle que j’ai eu mon premier fou rire avec 2 ans sans avoir rigolé aux éclats. Être avec elle me faisait beaucoup de bien. On parlait beaucoup, sur nos maladies, sur la cause de nos maladies. Et on s’entraidait en fait, vraiment on se disait des arguments pour démontrer les mensonges du trouble alimentaire. Et d’ailleurs, elle a quitté la deuxième hospitalisation avant moi, et j’en ai beaucoup pleuré. Mais, en dehors de l’hôpital, on ne s’est jamais revu. On s’est envoyé des nouvelles, mais quand on allait vraiment mieux. Et de temps en temps j’ai des nouvelles, et je suis trop trop contente. Je ne l’oublierai jamais parce qu’elle a vraiment fait partie de mon combat.

J’étais proche d’autres filles, mais la relation n’était pas aussi saine. Et en fait, c’est pour ça que je vous dis qu’il faut garder en tête que vous n’avez pas comme objectif d’en faire des amies, et qu’il faut se rappeler qu’elles sont aussi malades. Parce qu’il y a des fois où tu t’entends trop bien avec une fille, tu parles avec elle, tu es proche. Mais sauf qu’il y a des moments où la maladie prend le dessus, et vous le savez, le trouble alimentaire est vicieux. La comparaison, la compétitivité est très présente dans les TCA. 

Pour être plus concrète : les jours de pesée étaient des jours vicieux. Car chacun voulait savoir combien l’autre avait pris de poids. Moi-même ! Je m’inclus dedans, quand j’étais malade, j'avais ce côté vicieux que je détestais. Et le plus horrible, c’est que tu te réjouissais intérieurement et inconsciemment quand les autres avaient pris plus de poids. 

Autre exemple, au moment des repas : tu n’as pas forcément les mêmes plateaux repas que tes voisins puisque chacun a son rythme, à un palier différent. Et en fait, pareil, tu préfères être assise à côté de ceux qui mangent plus que toi. Et donc celle qui a plus de difficulté à manger ou qui a un plateau inférieur à toi, ton TCA va te la faire détester. 

Pour ce qui est de l’activité, je vous expliquais avant qu’il faut rester au max assise. Mais quand les soignants ne sont pas là, certains marchent en rond ou restent debout. Et là ton trouble alimentaire te culpabilise de ne pas faire pareil. Donc encore une fois, soit cela t’entraîne vers le bas, soit tu détestes l’autre personne. 

Et c’est pour ça que je vous dis que les relations d’amitié ne sont pas possibles. En même temps, vous n'êtes pas à l’hôpital pour vous faire des amis. Mais c’est assez malsain comme relation parce que parfois, la maladie prend le dessus. 

J’avais une fille avec qui je m’entendais trop bien. C’était à ma première hospitalisation, il y avait 2 chambres doubles et malheureusement, j’étais dans l’une d’elles. Et cette fille était pro-guérison à fond, donc je m’entendais bien, car j’étais dans la même démarche. Elle avançait plus vite que moi dans la guérison, elle mangeait super bien, acceptait très bien la reprise de poids, elle n’avait aucune peur. Elle se demandait presque ce qu’elle faisait là. Et elle allait bientôt sortir, mais les médecins lui avaient demandé un certain poids pour ça. Et un jeudi, c’était le jour de pesée, elle a fait un truc qui m’a tellement déçue. En gros quand t’as la pesée, tu dois aller aux toilettes avant. Et en fait, elle a été aux toilettes, mais elle n’a rien fait, elle s’est retenue pour que la balance indique plus de poids. Et de ce fait, elle est sortie plus vite de l’hôpital. Ce jour-là, elle me l’a dit. Et dans ma tête, je me suis dit que j’étais tellement naïve, que je n’avais rien vu mais qu’elle m’avait toujours menti. Je lui en voulais parce que ça faisait plus d’un mois qu’on partageait une chambre, j’étais proche d’elle. Je me sentais trahi. Un an plus tard, j’ai su qu’elle était toujours malade et qu’elle était même dans un état plus grave. Et avec le recul, j'ai compris que ce n’était pas intentionnel, ce n’était pas elle qui m’avait trahi, mais la maladie. 

En vous racontant tout ça, ça m’a fait penser à une autre difficulté. C’est que les autres patients parfois nous apprennent des nouveaux vices de la maladie. Je m’explique : moi, je suis ressortie de l’hôpital avec bien plus de TOC alimentaire qu’en arrivant. Et ça, c’est aussi un risque de l’hospitalisation. J’ai appris des choses en voyant les autres faire. 

Après ma première hospitalisation, j’ai pris conscience de l’impact de l’influence des autres patients sur moi. Et donc dans la deuxième, j'ai pas eu la même posture. Et c’est pour ça que je vous conseille vraiment de vous mettre dans votre bulle. Et c’est pas toujours facile, c’est pour ça aussi que certains vivent très mal l’hospitalisation et je comprends. Mais moi je me disais : je guéris pour MOI. C’est ma vie, les autres patients je ne les reverrai jamais. Et quand je serai dehors, je ne saurai même pas ce qu’ils font de leur vie. Donc, je dois me concentrer sur ma guérison. Même chose, ne vous embarquez pas à demander les IMC, poids, ration calorique des autres. Ça ne sert à rien à part vous comparer et alimenter la maladie. Si on vous demande, répondez que ça ne regarde que vous. Moi, je disais même : “ça ne t’apportera rien de savoir, c’est ta maladie qui veut savoir”. Certain l’admettait, d’autre faisait la gueule. Mais peu importe. Encore une fois, l’important c’est de vous soigner VOUS. C’est VOTRE combat. 

Bon voilà, j’ai peut-être une vision spécifique à ça et ça peut choquer les personnes qui ne connaissent pas ce milieu hospitalier. Mais j’ai du vécu et surtout j’ai réagi en fonction de moi. Encore une fois, ça ne veut pas dire que je ne parlais à personne. Je m’entendais bien avec la plupart et j’ai eu de très belles rencontres, des discussions profondes avec beaucoup. Et je me souviens encore presque de tous. Et pas négativement.

Alors par rapport aux proches, il faut savoir que moi, je suis une personne qui communique beaucoup. J’exprimais beaucoup à mes proches ce qui se passait dans ma tête pour qu’ils puissent mieux me comprendre. Et j’ai rapidement eu conscience que c’était une maladie. Donc pour mon cercle familial proche (parents, frère & soeur), je n'ai jamais eu de problème, pas de honte. Je dirai que les entretiens familiaux avec les médecins ont aussi beaucoup aidé à faire comprendre certaine chose parce qu’il y avait le psychiatre qui est neutre dans la famille.

La première hospitalisation, je faisais venir ma famille et mes amis en visite. Et j’avais zéro honte, mais comme j’expliquais, la première hospitalisation, bizarrement, elle se passait presque trop bien. J’acceptais tout facilement, avec le recul, je pense que c’était la maladie qui voulait rapidement sortir. Franchement, quand j’y repense que j’étais dans un état second. C’est comme si j’étais redevenue la vraie Mathilde pendant l’hospitalisation : souriante, vivante, avec des envies, des projets. Mais que dès que je me suis retrouvée seule chez moi, la maladie est revenue du jour au lendemain telle qu’elle l’était avant. 

Mais du coup pour ma deuxième hospitalisation qui était beaucoup plus difficile, je n’ai fait venir que 2 amies avec qui j’étais vraiment proche et mes parents, ma sœur essentiellement. Et là pour le coup les visites étaient plus difficiles parce que j’étais honnête et je ne me cachais plus derrière mes sourires. Je pleurais, je disais à quel point c’était dur et à quel point je n’en pouvais plus. 

Mais voilà, si je peux donner un conseil, c’est d’expliquer ce qui se passe dans votre tête, d’inviter vos proches à se renseigner sur la maladie. J’ai des contenus pour eux dans la catégorie “Parents” notamment de mon blog. Et parfois, c'est difficile de le faire comprendre par vous-même, donc vous pouvez recourir à des entretiens familiaux pour avoir l’aide d’une personne qui est neutre.

Alors non, ce n’est pas obligatoire. Et je dirai même que s’ils peuvent éviter de la poser, ils le font. Parce que ce qu’ils préfèrent c’est que vous preniez vos repas “naturellement”, par la bouche, les repas, en prandial. Les personnes qui l’avaient, ils étaient en minorité. 

Je l’ai eu de façon très courte, mais pas dans le service TCA. Je l’ai eu juste avant à cause du syndrome que j’ai fait en réanimation. Donc j’ai eu une première sonde assez grosse, qui n’est pas la sonde alimentaire puisque le but, c'était d’aspirer ce qui bloquait mes intestins. Et par la suite, j'ai eu la sonde naso-gastrique alimentaire pendant 10 jours parce que c’était trop dangereux de m’alimenter par moi-même. 

Je  vous renvoie à mon article où je vous raconte mes hospitalisations, vous aurez une semaine type à l'hôpital.

 

Alors ça c’est vrai que le temps parait infini surtout que beaucoup ont une vie hyperactive à l’extérieur. J’avais la sensation que les journées étaient très rythmées par les repas pour ma part. 

Et comme il y a des jours où l’on ne voit pas de médecin, de psychiatre, d’interne, etc… Bah, c'est plus long ! Comme les weekends ou malheureusement, pendant les vacances d’été. 

C’est pour ça que je disais que c’est important de s’impliquer dans sa guérison. Moi j’avais emmené des livres de développement personnel. Aussi j’écrivais, je fais des exercices que je trouvais moi-même, où dont j’ai été inspiré dans certains livres, où que j’avais appris par mes thérapies antérieures ou que mon interne me proposait. Il y a pas mal de ces exercices que j’ai proposés dans mes carnets d'anxiété d’ailleurs. 

Et j’ai aussi commencé des nouvelles activités créatives : j’ai appris à dessiner, à faire de l’origami, à faire beaucoup de mandala, à peindre, etc. Et en fait c’est super important. C’est ce qu’on appelle de l’art thérapie. Moi, perso, ça a fait partie de mon traitement, de ma reconstruction de moi, indépendamment de la maladie. C’était une façon de prendre soin de moi, d’être fière de ce que je produisais. 

Après ça arrivait aussi qu’on faisait des jeux de société avec les autres, ou il y avait souvent des infirmiers qui organisaient des activités.

Oui, les visites sont autorisées, je pense que chaque hôpital a sa propre politique de visites. 

Pour ma part, j’en avais 3 par semaines. Donc dans la semaine, tu avais 1 heure, et le weekend, tu avais 2 à 3 heures par jour. 



Pareil, je pense que ça dépend des hôpitaux car je sais que pour certain, vous avez le portable tout le temps. Dans l’hôpital où j’étais, j’avais le droit qu’à une demi-heure de portable par jour.

Et franchement, je ne l’ai absolument pas mal vécu, au contraire. Pour moi le portable faisait partie des déclencheurs. J’avais plus toutes ces notifications stressantes. Et surtout, plus accès à Google. Parce que quand j’étais malade, je faisais des recherches qui alimentaient ma maladie. Le nombre de fois où j’ai tapé le nom d’un aliment + le mot calorie. Et d’ailleurs, à ma deuxième hospitalisation, quand j’étais mal, ça m’est arrivé de privilégier faire une recherche sur de la bouffe plutôt que d’appeler quelqu’un. Donc moi, je trouve ça bien que le portable était limité dans mon cas.

L’activité physique est interdite en effet parce que tu as besoin de beaucoup de repos. Après, une fois par semaine, il y avait 1 session de sport, mais qui était autorisée à partir d’un certain IMC. Et c’était de la balnéothérapie, il me semble.  



Alors je trouve que c’est vraiment du bulshit. Parce que je le dis souvent, les troubles alimentaires sont des maladies mentales, pas physique. C’est l’un des côtés que je n’apprécie pas dans la médecine en France pour la santé mentale et notamment les TCA. Les médecins se basent parfois sur des statistiques (avec l’IMC) ou des tranches de poids.

Non, je n’avais pas de contrat de poids. Il n’y en avait pas à proprement parlé dans mon hôpital. Après, il y avait des règles sur l’IMC justement. À partir d’un certain IMC tu peux faire du sport, tu peux avoir des permissions, tu peux sortir. Mais en réalité, c’est dans la théorie. 

En fait, ça c’est quelque chose d’important aussi : c’est qu’il ne faut pas voir ton équipe soignante comme ton ennemi. Non, leur but, ce n'est pas de t’engraisser. C’est ton trouble alimentaire qui dit ça. Leur but, c’est de te soigner, c’est leur métier. Mais d’ailleurs ce n’est pas eux qui vont te guérir, ils t’accompagnent pour te mettre sur le chemin de la guérison. 

Je dis ça parce que c’est important de comprendre que le but de ton hospitalisation, c’est de co-construire ta prise en charge main dans la main avec les médecins. Et ça je l’ai compris à ma deuxième hospitalisation. À la première, j’appliquais juste tout ce qu’on me demandait. La seconde, je refusais parfois de passer à un palier supérieur de calorie. J’exprimais ne pas vouloir reprendre de poids. J’exprimais quand c’était trop compliqué. J’ai demandé des permissions (qui m’ont été accordés) alors que je n’avais pas l’IMC théorique autorisé. Mais les médecins voyaient que j’étais dans l’envie d’en sortir et que ce n'était pas la maladie qui parlait je pense. 

Alors pour ma part je ne l’ai pas tellement ressenti. Je vivais en appartement seule, plus chez mes parents. Je pense que tu le ressens d’autant plus quand tu habites encore chez eux.

 

Même chose, mes parents habitaient à ¼ d’heure de l’hôpital donc je les voyais chaque semaine. Il y avait des patients qui venaient de très loin donc ils ne pouvaient pas les voir toutes les semaines.

 

Après j’ai quand même eu un éloignement parce qu'il y avait moins de possibilité de communication. Mais moi ça m’a fait du bien cette coupure. Je pense même que ça a fait du bien à ma famille. Parce qu’ils avaient peur pour moi et là, ils savaient que j’étais enfin prise en charge à 100%. 

 

Ça m’arrivait de me demander s’ils pensaient à moi la journée. Et j’ai demandé bien plus tard, genre 2 ans plus tard. Et ma mère m’avait dit que oui, tous les jours. 

 

Mais voilà, je pense que parfois ça fait partie de la thérapie aussi. Moi l’éloignement n'a pas été violent pour les raisons expliquées. Pour certaines personnes, ça peut être difficile, et notamment les personnes plus jeunes.



Oui, quand même, ça, c'est vrai que je peux le nier. 

En fait, je pense qu’ils ont peu confiance en nous. Mais ce n'est pas en nous, notre personne, c’est plus aux vices de la maladie. Parce qu’ils connaissent avec l’expérience. Et en soi, je pense qu’ils ont raison. J’ai vu des personnes faire des choses assez dingues.

 

En fait, là où j’étais dès nos chambres étaient fermées à clé 1h30 après chaque repas. Et dans mon cas, franchement, heureusement, parce que sinon je serais partie faire du sport en cachette. D’autres se seraient fait vomir. Après c’est vrai que du coup, pendant cette période, tu dois demander pour aller aux toilettes. Et par exemple c’est le soignant qui tire la chasse d’eau pour vérifier que tu ne t’es pas fait vomir. Donc c’est assez gênant, infantilisant. 

 

Et même dans leur façon de parler, c’est vrai que certain sont infantilisants. Et aujourd’hui c’est avec du recul que je dis que certaines contraintes étaient pour notre bien. Mais à ce moment-là c’était pas toujours simple à vivre.

 

Après, ça me fait penser à un sujet et je serai curieuse de savoir ce que vous en pensez, et ce qu’il en est pour vous. Mais moi quand je souffrais d’anorexie, j’étais très enfantine en fait : je regardais des dessins animés, je portais des pyjamas très enfantins, j’avais beaucoup de doudous (alors que je n’en avais plus). Et avec ma thérapie, j’ai compris que mon anorexie avait aussi été une forme de peur de grandir. Donc pour moi ça fait sens. Et justement, je me souviens qu’à l’hôpital, tous avaient des pyjamas enfantins, des doudous. Certains faisaient des dessins enfantins. Enfin, encore une fois je dis ça avec beaucoup de recul. Au moment-même, je n’en avais pas conscience quand j’étais dedans, donc ça ne va peut-être pas vous parler. après, c'est mon point de vue, et je n'affirme rien, c’est plus une généralité. N'hésitez vraiment pas à me dire ce qu’il en est pour vous sur Instagram ou en commentaire de la vidéo YouTube. Et j’en profite aussi pour vous dire de mettre une note sur votre plateforme d’écoute à ce podcast. Cela me permet de m’encourager et de savoir si ce podcast vous aide.  

 

Je reviens au sujet de l’hospitalisation. 



Alors, non, selon moi, on ne te force pas à manger. Par contre, on t’y incite fortement. Donc c’est vrai que si tu ne termines pas ton plateau, les soignants vont te faire des remarques genre “bah alors ?”, “il faut manger”, etc. Ce n'est clairement pas agréable. C’est aussi leur métier de tirailler la maladie en fait. 

 

Mais la première hospitalisation, je mangeais tout sans rechigner sans montrer de difficulté pour pas avoir ces remarques. La deuxième j’étais moi. Je me prenais plein de remarque, notamment sur mes TOC parce que j’en avais énormément. Vraiment, c'était beaucoup, j’étais dans les personnes qui en avaient le plus. Et les infirmières me faisaient souvent des remarques, la maladie les traitaient intérieurement. C’était dur mais elles avaient raison. 

 

Bref il m’est arrivé de ne pas terminer mes plateaux, on ne m’a pas forcé à les finir. En fait, tu dois atteindre une ration calorique dans ta journée. Donc en fonction de ce que tu rends, les infirmières calculent. Et si tu as une “dette” de 50, 100, 150, voire plus de calories, le soir à 21h on te propose de rattraper avec des tartines de pains beurre. Mais c’est toi qui l'acceptes ou non. Moi j’ai déjà refusé, c’est noté dans ton dossier, mais ce n'est pas grave. Moi, je le vivais trop mal à la première hospitalisation, donc j’acceptais. Mais en fait, le but, ce n'est pas d’être un élève modèle. Le but, c’est que tu travailles vraiment sur tes peurs, que tu affrontes la maladie. C’est sûr que si jamais tu manges tes plateaux repas en entier, que tu refuses toujours les mêmes aliments et que tu refuses d’en parler à côté, tu vas à l’encontre du soin. Par contre, si tu refuses, mais qu’à côté t’en parle à ton interne, de tes peurs, que vous trouvez de solutions pour y faire face, des alternatives pour y arriver petit à petit, bah là tu es dans le traitement. 



Alors difficile de répondre à cette question, parce que déjà je me souviens pas. Mais je vais plutôt vous expliquer le “fonctionnement des repas.”

Déjà, on a une ration calorique que l’on “signe” où l’on voit ce qu’on a par repas. Par exemple, pour 1900 calories / jour, c’est x grammes de féculent par repas, x grammes de protéines, etc. 

Je ne trouve pas ce fonctionnement génial parce que ça ne permet pas se détacher des grammes, des calories… bref des chiffres. 

Mais en même temps, c’est aussi comme ça que j’ai pu mieux apprendre à faire mes assiettes, à voir ce que ça représentait en termes de quantité une assiette comme je devais me faire en guérison. En gros, nous on mangeait tous ensemble. Et chacun un à un on est appelé à une table où y’a les plats. Et tu te sers toi-même avec une cuillère à souple. Et l’infirmière vérifie que tu en as mis assez, et te dis d’en rajouter si ce n’est pas le cas. 

Donc c’est toujours moitié de l’assiette avec des féculents, ¼ de légumes, ¼ de protéine. Et tu as une “option” quand tu as moins de difficulté, c’est des plats “mix”. En gros c’est que tu as des quiches, des gratins, des pizzas… Enfin des plats où protéine / légumes / féculents sont mélangés. Moi j’ai toujours refusé, c’était trop compliqué pour moi de travailler dessus à l’hôpital. C’est des choses que j’ai intégrées grâce à ma faim extrême en réalité, donc en dehors de l’hospitalisation. 

Alors ici, la personne avait spécifié les traitements chimiques dans sa question, donc j’entends par là les traitements médicamenteux. Si tu refuses le traitement général de l’hôpital, genre que vraiment tu ne manges presque rien, que t’es toujours en hyperactivité, que tu continues de te cacher pour te faire vomir, etc. Bah les médecins sont là pour t’aider hein mais si tu es vraiment dans le refus du soin, que tu dis ne pas vouloir essayer d’en sortir, généralement, l’hospitalisation prend fin. 

Pour les traitements médicamenteux, je comprends que ça fait peur. Moi la première je refusais. La deuxième, je suis arrivée un mental plus abimé on va dire et j’ai accepté parce que j’avais conscience que j’avais besoin d’une aide supplémentaire. Donc j’ai eu des anxiolytiques. 

Après je me souviens que certains avaient des neuroleptiques et c’était plus difficiles pour eux de l’accepter. Je ne peux pas trop répondre à cette question parce que je n’y ai pas été confronté. 

En revanche, je dirai que c’est important d’exprimer les peurs qu’il y a, toutes les questions que vous avez à votre interne et de comprendre pourquoi vous refusez. Par exemple, si c’est par peur de perdre le contrôle sur vous-même, c’est la maladie qui parle donc il faut le travailler psychologiquement.

Et il faut voir ça comme une aide supplémentaire, ça fait partie du traitement. 

Mais voilà, je n’ajoute rien car je n’ai pas été confronté. Pareil, j’ai pas été confronté aux compléments alimentaires donc difficile de répondre à ce sujet.

Ça, c'est une bonne question aussi ! (En réalité, elles sont toutes bien haha)

Je pense que c’est difficile, mais c’est aussi l’une des choses que j’appliquais dans ma guérison : essayer d’être honnête avec soi-même. Et ça, ça veut dire essayer de se demander : est-ce que c’est moi, Mathilde (dans mon cas) ou la maladie qui veut ça ? 

Donc en gros, si tu veux sortir, demande-toi pour quelles raisons ? 

Si c’est pour avoir plus de contrôle dehors, reprendre l’hyperactivité, recalculer tes calories, te refaire vomir, etc… Bah c’est la maladie. Donc je te dirai qu’en effet c’est fuir.

Si par contre, tu veux partir parce que tu sens que c’est nocif, l’environnement de l’hôpital, des autres patients, que tu ne parviens pas à te protéger. Si tu sens que l’éloignement de tes proches, peut-être de tes enfants si tu en as est plus dévastateur qu’autre chose. Si tu sens que l’hôpital nuit à ta guérison, alors c’est pas fuir. 

Dans tous les cas, il faut en parler, en discuter avec l’équipe soignante. Parce qu’encore une fois, ils sont pour que ça se passe bien. Peut-être que s'ils s’y opposent (c’est un avis, c’est pas déterminant), c’est parce qu’ils savent que c’est la maladie. Et évidemment quand tu es dedans c'est difficile de dire ça. Mais ils ont pas forcément raison. Toi seule sait où tu en es, enfin que tu essaies du moins d’être honnête.

La deuxième fois, c’est moi qui aie demandé à sortir. Je ressentais que je stagnais, que je n'avançais plus. Au contraire, je ruminais trop, ça allait à l’encontre de ma guérison. Mais je leur disais que j’étais dans un état catastrophique quand même et que je devais mettre en place des choses pour en sortir. 

Et ils m’ont laissé sortir, ils ont accepté mais on a décidé de plusieurs choses ensemble : 

  • J’allais avoir une psychiatre toutes les semaines, la fameuse psychiatre géniale dont je vous ai déjà parlé notamment dans l’épisode sur les thérapies que je recommande.
  • J’avais 1 journée par semaine en hôpital de jour.
  • Et j’avais dit que j’allais commencer la sophrologie + une psychologue en TCC en parallèle (ce que j’ai fait).
  • J’avais également dit que je ne reprenais pas mes études avant la rentrée de septembre donc j’avais 3 mois devant moi pour me consacrer à ma guérison. 
  • Et enfin j’ai gardé le traitement d’anxiolytique

Je me souviens que les avis étaient divergeants. Certaines infirmières me disaient que je ne faisais pas le bon choix, un interne m’a dit que dans 6 mois je serais toujours au même stade. Et ça me terrifiait mais au fond de moi je n’y parvenais plus, quitte à revenir plus tard. Un autre interne à qui j’avais exprimé ma peur de ne pas y arriver m’avait dit “Vous ne savez pas où vous serez dans 1 an, l’été prochain.”. Et je me rappelle tellement de lui, Benjamin. Je m’en suis d’autant plus souvenu 1 an après, où je vivais à Marseille avec mon copain que je n’avais pas à l’époque. Et en effet, ma vie n’avait rien avoir, j’étais toujours en lutte, mais j’avais tellement avancé, je revivais, j’avais une vie sociale, je remangeais de tout, etc. 

Alors juste avant je vous ai parlé de 1 an après, mais j’ai fait beaucoup de chemin en 1 an. Et en effet, la sortie n’a pas été simple.

Et d’ailleurs, c’est important de préparer la sortie. C'est-à-dire que normalement, moi, il y avait ça, il y a des permissions qui te permettent d’avoir un pont entre la vie à l’hôpital et la vraie vie. Les permissions ont pour but de te confronter à un repas dehors. Donc souvent on te conseille d’en faire avec différentes personnes avec qui tu vis (tes parents, ton/ta partenaire, tes amis) ; et un repas de famille, et un repas à l’extérieur. Après en soi, tu fais ce que tu veux. Mais le but, c'est de te confronter à des difficultés tout en sachant que tu reviendras rapidement dans un cadre rassurant qu’est l’hôpital et que tu pourras travailler sur ces peurs avec ton équipe soignante. 

La première étape de perm’ c’est de faire une collation à l’extérieur, donc c’est une après-midi, 4 heures. Tu peux le faire qu’une fois si ça s’est bien passée, ou plusieurs fois. Le deuxième pallié c’est faire une journée. Le troisième pallié c’est de faire un weekend donc avec une nuit compris à l’extérieur. C’est vraiment important de le faire pour pas avoir de transition trop violente.

Et encore une fois, il faut vraiment parler de toutes vos angoisses, tout ce qui vous pose problème en amont avec votre interne.

Mon autre conseil qui est pour moi indispensable, c’est de mettre en place des choses à l’extérieur comme j’ai fait. Parce que sinon tu prends le risque de retourner dans le même environnement dans lequel tu étais malade et que le trouble alimentaire retrouve vite ses habitudes. Je sais que c’est pas toujours simple, même financièrement. Mais c’est important. L’avantage de l’hôpital public, c'est que c’est pris en charge les consultations avec psychiatre et les journées en hôpital de jour. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
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  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Voilà, j’ai répondu à toutes les questions 🙂 Dans tous les cas, je vous conseille de rencontrer l’hôpital en amont, d’avoir un entretien avec un psychiatre, une infirmière où vous posez toutes vos questions. 

Moi, personnellement, ça m’a aidé et je pense que j’en avais besoin. Ça m’a permis de me lancer sur le chemin de la guérison. Je sais que pour d’autres personnes ça a fait pire que mieux, elles sont vites parties car l’hôpital n’était pas forcément qualitatif ou que ça ne passait pas avec l’équipe soignante. Enfin en réalité il y a plein de raison et c’est propre à chacun. Et je comprends parce que c’est vraiment difficile. Il y a de nombreuses difficultés, il faut vraiment apprendre à se protéger, à prioriser SA guérison avant tout.  

Je voulais ajouter quelque chose aussi, c’est que dans l’équipe soignante parfois il y a des internes, des infirmières, des aides-soignants qui ne sont vraiment pas appropriés je trouve pour la santé mentale. Et pareil, il faut savoir se protéger. Une fois, une infirmière parlait de régime devant nous par exemple. Ou alors une autre infirmière faisait constamment des remarques désobligeantes, elles étaient plutôt méchantes dans ses paroles et d’autres fois très gentilles. Enfin, ça, c’est comme partout, tu tombes parfois sur des gens qui ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre la maladie. Et il faut réussir à se mettre des œillères face à eux. 

Et d’ailleurs, je trouve ça dommage que l’on ne rencontre pas des personnes qui se sont sorties des TCA. Moi j’adorerai animer un groupe de parole à l’hôpital pour discuter, répondre aux questions et donner des conseils dans des unités de TCA. Je pense que je vais vraiment me renseigner, me rapprocher des hôpitaux autour de chez moi pour voir si c’est possible. Je pense que ça pourrait être bénéfique, avec l’accompagnement de psychiatre qui pourraient répondre aux questions plus sur des choses techniques de la maladie par exemple.

J’espère avoir répondu à vos interrogations 🙂

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, 0 commentaire
Anorexie et stress

Anorexie et stress

Anorexie et stress

N’importe quel être vivant ressent du stress dans sa vie. Et ce n’est pas forcément péjoratif. À petite dose, le stress permet de prévenir le corps qu’il y a un danger face à une menace externe. C’est donc un moyen intelligent du corps de nous protéger, de se mettre en état d’alerte afin de maintenir sa survie. 

Dans la plupart des cas, le stress est momentané et ne présente aucun effet indésirable s’il est bien géré. 

Mais lorsqu’on ne parvient pas à réagir sainement au stress, qu’il revient constamment, en plus grande dose, et ainsi engendre des conséquences néfastes pour la santé. 

Il n’est pas rare, et c’est même plus que fréquent, d’être sujet à du stress chronique lorsqu’on souffre d’anorexie mentale ou de n’importe quel trouble alimentaire. Mais anorexie et stress ne font pas bon ménage…

Anorexie et stress : quel lien ?

Lorsque le stress n’est pas géré, il se transforme en maladie. Donc oui, le stress peut engendrer des troubles du comportement alimentaire ; et les TCA amènent d’ailleurs du stress. Bref, stress et anorexie sont intrinsèquement liés. Mais le stress n’engendre pas systématiquement le développement d’un trouble alimentaire. Sinon, tout le monde aurait des TCA. Et bien que ce soit malheureusement en nette augmentation, heureusement, on n’en est pas là. Ça ne peut pas être la cause d’un trouble alimentaire car il s’agit souvent d’un ensemble de facteurs qui en est la cause. Mais l’anxiété est l’un des facteurs qui entre dans l’adéquation du développement de troubles alimentaires (anorexie, boulimie, hyperplasie…). Les personnes qui ont de l’anxiété présentent plus de risque de développer une maladie mentale comme les troubles alimentaires.

Et bien que chaque personne est différente, on voit souvent des similarités dans les caractères des personnes souffrant de trouble du comportement alimentaire. Un tempérament anxieux en fait partie.

Mais le problème, c’est qu’il s’agit d’un cercle vicieux. Je vais partir de mon propre exemple. J’étais une personne extrêmement anxieuse. Et en fait, même si ça va nettement mieux, je le suis encore et cela fait partie des problématiques que je continue d’apprendre à gérer. Lorsque j’étais anorexique, je développais des stratégies d’adaptation face à ce stress qui alimentaient mon anorexie. Parce que le TCA est vicieux et trouve constamment des excuses pour augmenter la puissance de la maladie, la petite voix me faisait croire que pour m’apaiser, la restriction et la compensation aideraient. 

La réalité était tout autre. Au plus je me restreignais, au plus j’étais dans une perte de poids, au moins j’avais d’énergie. Et donc je parvenais moins bien à raisonner convenablement pour faire face à ces angoisses. Ce qui engendrait encore plus de stress…

Est-ce que ton stress impact ta vie ?

Je pense que lorsque je souffrais d’anorexie mentale, je n’avais peut-être pas conscience de l’impact de mon anxiété sur ma vie. D’autant que de nos jours, on dit toujours que tout le monde est stressé. Sauf que chez moi, c’était maladif.

L’anxiété ce n’est pas être stressé une fois de temps en temps parce qu’on a un rendez-vous important ou parce qu’on s’inquiète de comment va se passer une réunion. C’est des symptômes bien plus profonds que ça… 

L’anxiété c’est…

  • Ruminer tous les jours certaines peurs. Tellement, qu’on finit par se convaincre que ces peurs sont réelles, qu’elles se sont passées pour de vrai.
  • Avoir la sensation que quelque chose de mal va arriver. Et parfois même, être stressé parce que justement, on ne semble pas stressé. Tout va trop bien, ça ne semble pas normal.
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  • Constamment chercher la réassurance auprès des autres en leur demandant souvent les mêmes choses. Et lorsque leur réponse va dans ton sens, tu as peur qu’ils te le disent “juste pour te rassurer” et pas parce qu’ils le pensent vraiment.
  • Savoir que ses pensées sont irrationnelles mais ne pas réussir à calmer son anxiété pour autant.
  • Avoir peur que tout le monde te juge, être persuadé que les autres te trouvent bizarre, qu’ils ne t’aiment pas.
  • Ressentir que ses angoissent énervent les autres. Culpabiliser, mais pour autant, ne pas réussir à passer à autre chose.
  • Ne pas oser en parler aux autres par peur qu’ils te jugent ou qu’ils ne parviennent pas à te comprendre.
  • Être bloqué dans le passé, le futur ou le conditionnel. Et ne pas réussir à profiter de l’instant présent.
  • Constamment douter de soi-même et toujours se remettre en question. 
  • Analyser le moindre petit problème pendant des heures. Se refaire des scénarios en boucle et faire d’un petit détail, une montagne de problèmes qui parait insurmontable.
  • Laisser la responsabilité des décisions aux autres car tu ne te crois pas capable de pouvoir te faire confiance et prendre les décisions par toi-même.

Tu te reconnais dans ces points ? Même pas forcément dans tous ! Mais ne serait-ce que dans quelques-uns… C’est que tu souffres d’anxiété qui paralyse ta vie et t’empêche de vivre pleinement. 

Et d’ailleurs, lorsqu’on souffre d’anorexie, ou d’un TCA plus généralement (boulimie nerveuse, orthorexie, hyperplasie…), les sujets d’anxiété ne sont pas forcément uniquement liés à l’alimentation ou à son image corporelle. Parce que ça, c’est la conséquence du mal-être, mais pas la cause. Alors c’est certain que les angoisses liées à ces sujets sont nombreux : la peur de grossir, de certains aliments, de manger avec d’autres personnes, la peur de perdre le contrôle pendant un repas, de faire des compulsions… Mais pour moi, il ne s’agit pas du vrai problème. Les vraies peurs derrières ça sont beaucoup plus profondes. 

C’est indispensable de traiter ton anxiété en même temps que tes troubles alimentaires.

Comme je disais précédemment, les troubles alimentaires cachent des peurs beaucoup plus profondes. Et je pense que lorsque je souffrais d’anorexie mentale, je n’avais pas forcément conscience de ces peurs. Ce qui fait que du coup, je ne les avais pas vraiment travaillées. En sortant de l’anorexie, peu à peu, je n’ai plus eu de peurs liées à mon corps et à la nourriture. Mais il me restait toutes ces peurs bien plus profondes :

La peur de …

  • Ne pas être parfaite
  • Faire des erreurs
  • Ne pas réussir ma vie
  • L’imprévu, de sortir de ma zone de confort
  • Décevoir
  • Du regard des autres 
  • Etc.

Pour moi, le traitement du stress chronique ne peut pas être dissocié de la prise en charge des troubles alimentaires. Car comme je le disais, les TCA sont parfois des mécanismes d’adaptation face à ce stress. Et si la personne souffrant d’anxiété et de TCA sort de son trouble alimentaire, elle peut retomber dans d’autres conduites tout aussi dangereuses pour sa santé afin de faire face à son anxiété qu’elle n’a pas appris à gérer (drogue, alcool, dépression…)

J’ai beaucoup avancé sur la gestion de mon anxiété. Pour moi, la plupart de mes peurs sont liées à un manque de confiance et d’estime de moi-même. C’est donc en apprenant à me connaître, en faisant des choses que j’aime… que j’ai pu travailler sur ces aspects-là. Cela demande un travail personnalisé et beaucoup de travail avec soi-même finalement. C’est à faire au cas par cas, c’est difficile pour moi de t’aider sur ce plan-là.

En revanche, je me suis dit que je pouvais t’aider autrement. Pour moi, la gestion de son anxiété demande aussi de faire évoluer son mindset, sa façon de voir les choses sur certains aspects (perfectionnisme, le droit à l’erreur, l’importance accordée aux regards des autres…). Une autre clé pour gérer son anxiété est d’apprendre à trouver des mécanismes d’adaptation qui soient sains pour ta santé. Il en existe énormément ! Le truc c’est de trouver la méthode qui te convient à toi ! 

Bref, afin de t’aider à gérer ton anxiété, et ce, de façon accessible, j’ai créé 2 outils physiques ! 

ebook

Le premier est un livret qui traite les différents sujets d’anxiété que tu peux éprouver dans tes troubles alimentaires, et dans la vie en général. Il s’agit d’un livret qui reste interactif avec des questionnaires à remplir et 22 questions avec un espace dédié pour y répondre. Tu retrouveras toutes les infos ici :

Le second est d’autant plus concret. Il te présente 26 exercices avec un total de 42 techniques basées sur des techniques reconnues dans le traitement de l’anxiété (TCC, visualisation, ancrage, thérapie des schémas…). Tu retrouveras toutes les infos ici ! 

26-exercices-ebook-anxiete

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, 0 commentaire
Quelle prise en charge pour des problématiques plus spécifiques dans les TCA ?

Quelle prise en charge pour des problématiques plus spécifiques dans les TCA ?

Quelle prise en charge pour des problématiques plus spécifiques dans les TCA ?

Cet article vient clairement à la suite de l’article où je te parle des praticiens que tu peux consulter pour t’aider dans ta guérison de ton TCA. Dedans, j’y partage mon propre parcours de soin. Je t’invite vraiment à le lire.

J’ai scindé l’article pour éviter qu’il soit encore plus long qu’il ne l’est déjà en proposant un article dédié sur les praticiens à aller voir lorsque tu rencontres des problématiques spécifiques dans ton parcours de guérison.

gastro-entérologue

problemes-digestifs-trouble-alimentaire

Les troubles digestifs sont des symptômes très fréquents dans les troubles alimentaires : constipation, problèmes de digestion, maux de ventre, etc. J’ai d’ailleurs dédié 2 articles de blog sur les causes du ventre gonflé et mes 8 conseils pour mieux vivre avec ce ventre gonflé dans la guérison.

Le gastro peut donc t’aider pour les problèmes digestifs en faisant des examens complets de tout ton système digestif. Il va t’apporter des conseils pour diminuer les inconforts et prévenir des maladies gastros–intestinales entre-autres

gynécologue

Alors ça parait un peu anodin, mais on sait que l’un des impacts possibles des TCA c’est le dérèglement hormonal et donc une absence des règles.

Déjà globalement, lorsqu’on est une femme c’est bien de faire un check régulièrement chez un(e) gynécologue. Je sais que c’est pas forcément évident, perso je déteste ça c’est assez difficile pour moi.

Et en fait, je recommande d’aller voir une gynécologue, notamment après, lorsque peut-être tu recommences à reprendre de la force, et peut-être un retour des menstruations. L’idée c’est simplement d’avoir un contrôle par un expert. 

Évidemment, c’est bien d’expliquer ton parcours dans les TCA. En espérant que tu aies en face quelqu’un de compréhensible vis-à-vis de ça.

J’en profite pour te dire qu’à cette période, je prenais la pilule depuis le lycée déjà (donc avant d’être malade) pour raison acnéique. Et les médecins m’avaient dit de la maintenir pour éviter l’ostéoporose. Je ne m’aventure pas sur ce sujet car je ne connais pas le “pourquoi du comment”. Mais c’est vrai que je les ai écoutés et je n’ai effectivement pas eu d’ostéoporose. je dis ça parce que mon réflex avait été d’arrêter la pilule. Par contre, je ne pense pas qu’il faut la prendre POUR éviter l’ostéoporose si tu ne la prenais pas initialement. Dans tous les cas, je laisse ça dans les mains d’un médecin 😉

Rhumatologue

Le rhumatologue se concentre notamment sur les os, les articulations, les muscles, etc. Or, les TCA peuvent impacter ces différents éléments. L’anorexie a dans la nombreuse liste de ses conséquences possibles : l’ostéoporose. 

Moi j’ai eu 2 ou 3 rendez-vous au service de rhumatologie du CHU de Lille. Mais parce qu’en fait, c’était dans la prise en charge du service TCA où j’étais hospitalisée. Et cela permettait de checker que je n’avais pas d’ostéoporose ou de s’assurer que ça n’évolue pas négativement.

osteoporose-anorexie

Sexologue

Alors ça peut paraître surprenant, mais on peut aller voir un(e) sexologue sans avoir de rapports sexuels, sans avoir de partenaire. 

En fait, ici, je le recommande dans le cadre où tu n’es pas à l’aise avec ton corps et notamment si tu as subi une agression corporelle. 

Et pareil, je te rassure (parce que j’avais plein d’apriori avant d’y aller), elle ne va pas te faire d’exercice de toucher ou de manipulation d’objet durant les séances (c’était ma peur). Elle travaille plus sur les peurs que tu as sur ton corps, sur l’image que tu as de la sexualité.

Du coup, moi j’ai été voir une sexologue (alors je dis “une” mais ça peut être “un”. Moi, j’étais plus à l’aise avec une femme). Et j’ai été à plusieurs reprises, 3 thérapeutes différents (à 3 moments de ma vie différents) pour un total d’une dizaine de séances qui m’ont beaucoup aidé. 

Dentiste

probleme-dentaire-boulimie

Même chose, ça peut paraître surprenant mais l’un des symptômes des TCA c’est malheureusement une détérioration de la dentition. Notamment si tu recours à des vomissements. Mais également si tu recours à des boissons sucrées pour t’éviter de manger… Tout ça, et notamment l’acide de l’estomac, accélère l’érosion dentaire (usure, décoloration jusqu’à déchaussement des dents).

Donc c’est bien de faire régulièrement un check-up chez le dentiste, en fait 2 fois par an suffit je pense. 

Voilà, je n’en ai pas mis d’autres mais peut-être qu’il y en a certains auxquels tu penses qui se trouve déjà dans l’article où je te parle des praticiens plus courants voire indispensables à consulter dans la guérison des troubles alimentaires. 

Si ce n’est pas le cas, n’hésites pas à partager en commentaire, ou à m’envoyer un email pour témoigner d’une problématique spécifique que tu aurais rencontré et quel praticien tu aurais vu pour t’aider à y faire face.

En tout cas, je t’invite vraiment à demander de l’aide et ne pas rester seul. Je sais que ce n’est pas simple car on a souvent peur du jugement des autres mais tu n’as pas choisi d’être malade. Ce n’est pas ta faute et tu mérites d’être aidé.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, 0 commentaire
Quel traitement pour les troubles alimentaires ? (thérapie tca, médicaments…)

Quel traitement pour les troubles alimentaires ? (thérapie tca, médicaments…)

Quel traitement pour les troubles alimentaires ? (thérapie tca, médicaments…)

Cet article est vraiment très très complémentaire à l’article répertoriant les professionnels à consulter et celui te donnant ceux pour répondre à une problématique spécifique de ton chemin de guérison. Comme dedans je parle déjà de certaines thérapies pour ton trouble alimentaire, je ne vais pas me répéter donc si ça t’intéresse je t’invite à les lire. Dans cet article, je vais surtout aborder les traitements pour les troubles alimentaires (anorexie, boulimie, orthorexie, hyperphagie, etc.). Dans “traitement” tca, j’entends les types de thérapies voire traitements médicamenteux

Si tu me lis depuis quelque temps, tu le sais, je ne suis pas médecin ! haha, je le répète presque dans chaque contenu, mais c’est important. Car mes contenus ne remplaceront jamais l’avis d’un médecin. Ici, je fais ces articles pour te guider et te partager mon expérience de rescapée de l’anorexie car on est parfois perdu et on ne sait pas qui consulter, quoi choisir.

Et le fait que je ne sois pas médecin explique pourquoi je vulgarise justement les termes médicaux.

En listant les différents traitements possibles, je vais également te dire ce que moi j’ai testé et ce qui m’a le plus aidé. Comme je dis tout le temps, il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de guérir. Donc ce qui m’a aidé ne t’aidera pas forcément et vice versa. Chacun a son propre chemin de guérison. L’important c’est de tester pour voir ce qui te correspond 🙂

Des thérapies psychologiques pour traiter les tca

Comme je dis très souvent, l’accompagnement psychologique me semble vraiment indispensable pour traiter ton trouble alimentaire. Même si tu n’as pas forcément conscience d’éléments déclencheurs, que tu n’es pas “prêt” à travailler sur ton passé, sur les causes de ton TCA… Il y a déjà le présent sur lequel tu peux te concentrer ! Dans le sens où ton trouble alimentaire monopolise tes pensées, te créé beaucoup de stress t’incitant à mettre en place des comportements destructeurs envers toi-même. Donc, pour t’aider à faire face à tout ça, un accompagnement psychologique est vraiment nécessaire.

La TCC : Thérapie Cognitivo Comportementale

Cette thérapie est certainement celle que je recommande le plus dans le traitement des troubles alimentaires. J’ai moi-même recouru à ça, et je la trouve très pertinente car c’est une thérapie “d’actions” dans le sens où tu as des exercices concrets. Et je me base d’ailleurs sur la TCC pour concevoir mes programmes

Cette psychothérapie fait le lien entre tes comportements, tes pensées, tes émotions et sentiment. La thérapie TCC va se concentrer sur tes schémas de croyances erronées, dans un but de les déconstruire pour t’ancrer des croyances plus saines pour toi. Les schémas de croyances peuvent porter sur ton alimentation, ton rapport au corps, au poids, à l’apparence physique. Mais ça peut être aussi de façon plus générale, même sur ton rapport au perfectionnisme. En gros, elle a pour but de déconstruire les mensonges de la maladie (ceux qui te maintiennent malade) pour retrouver un raisonnement logique, non biaisé par la maladie. Grosso modo. 

Et pour être honnête, ce n’est pas une thérapie facile parce qu’on vient déconstruire des schémas de croyance qui ont certainement pris naissance dans ton enfance. Donc c’est bien ancré. Donc clairement, c’est pas en 1 séance que tout se résout. Et puis ça te demande une réelle implication pour ta santé mentale. Mais souvent l’action, c’est ça qui fait la différence. 

Parce que du coup, tu as des exercices à réaliser chez toi entre les séances. Mais pour le coup, j’ai le sentiment que c’est l’une des thérapies qui a été le plus efficace pour me sortir de l’anorexie. C’était vraiment complet : ça m’a permis de travailler sur mes problématiques du moment dans les TCA, de contrer les pensées de la maladie, de travailler indirectement sur les causes, et donc de me permettre de travailler sur mes peurs de manger, ma peur du poids pour ainsi augmenter mes apports… Donc ça m’a permis une meilleure santé physique ET mentale.

Donc, je recommande +++. Et d’ailleurs, il a été démontré que c’est l’une des thérapies qui a fait le plus ses preuves dans la prise en charge des TCA

L’ACT : Thérapie d’acceptation et d’engagement

Alors je ne connaissais pas cette thérapie, c’est en rédigeant cet article que je suis tombée dessus dans mes recherches. De ce que j’ai compris, l’ACT repose essentiellement sur l’acceptation des émotions, sur un travail de prise de conscience de ses actions. Je trouve ça très pertinent car je vous dis très souvent que la prise de conscience est essentielle et presque prérequis pour pouvoir travailler sur tes TCA. Parce que comment veux-tu travailler sur quelque chose dont tu n’aurais pas conscience ? 

Et le but de l’ACT est in fine que le patient apprenne à mieux accepter ce qu’il ressent, à mieux comprendre et surtout, à adopter des réponses plus saines pour lui (plutôt que des comportements destructeurs du trouble alimentaire : restriction, vomissements, scarification, laxatifs…). Donc ça rejoint la TCC dans le sens où c’est déconstruire les façons de faire néfastes du TCA pour mettre en place des actions plus saines pour ta santé mentale (dans un but évidemment de te sortir du trouble alimentaire).

Donc même chose, de ce que j’ai compris, il s’agit d’une thérapie “d’action”. Et je trouve ça top ! Quand je dis d’action, ça ne veut pas dire que du coup, tu n’échanges pas sur tes ressentis avec ton thérapeute. 

L’EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing

J’ai commencé cette thérapie bien après mes tca. Enfin… en réalité, j’avais encore des restes des mécanismes de l’anorexie. J’étais dans l’anorexie mentale très sévère de 2015 à 2018. Les années 2019 et 2020 ont été ma période essentielle de guérison. Et en 2021, j’ai connu une micro-rechute de quelques mois. Et mentalement, je sentais qu’il me restait quelque chose à travailler pour éviter que je ne replonge totalement dans les TCA. C’est pour ça que j’ai essayé une nouvelle thérapie : l’EMDR.

Et je vous ai fait tout un article dédié dessus que tu peux lire ici. Dedans, je t’explique pourquoi l’EMDR est une très bonne thérapie pour les TCA. Et je te raconte comment se déroule une séance pour que tu aies du concret. 

Avec l’EMDR, tu peux travailler sur ton passé, ton présent, et même des angoisses au conditionnel (qui ne se sont jamais produites). Je le dis déjà dans l’article en question mais il ne faut pas forcément avoir eu un traumatisme. Surtout que parfois, toi aujourd’hui adulte, tu penses que telle chose n’était pas un traumatisme, mais pour un enfant ça peut l’être. 

Et même chose, je l’ai dit dans l’article dédié mais l’EMDR c’est pas comme l’hypnose. T’es vraiment conscient. Et c’est pour ça que d’ailleurs dans l’article sur “Qui consulter” je dis que je recommande davantage l’EMDR par rapport à l’hypnose. Après ça dépend des situations et motifs de consultation j’imagine. Mais vraiment, en EMDR, tu peux avoir des souvenirs de choses qui étaient inconscientes. Mais tu les as seulement si ton “cerveau” juge que tu es prêt à recevoir cette information. Ce qui est beaucoup moins brutal qu’avec l’hypnose, je trouve (d’après mon expérience de patiente).

Donc voilà une thérapie que je commande vraiment +++ (+) haha. Et moi aujourd’hui, mon psy est celui qui m’a fait l’EMDR. Et donc je travaille toujours de temps en temps en EMDR sur des blessures d’enfance et fin c’est la thérapie qui m’a fait le plus avancé dans mon chemin de guérison de vie (au-delà des troubles du comportement alimentaire).

L’Art au service de ta guérison

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L’Art Thérapie est une psychothérapie qui s’appuie sur l’art. Alors, c’est vraiment très vaste l’art et c’est pour ça que ça peut convenir à de nombreuses personnes souffrant de TCA. L’Art Thérapie ça peut être des activités autour de dessin, de la peinture, du collage, du coloriage… Mais ça peut aussi être autour de la danse, du mouvement corporel, de la musique. C’est aussi la sculpture, l’argile, la poterie… L’écriture, aussi la calligraphie, est également un excellent Art thérapeutique finalement. Enfin, il existe vraiment de nombreux moyens ! 

J’ai connu l’Art Thérapie par l’hôpital de jour où il y avait des ateliers collectifs. Mais finalement, je prends conscience en écrivant cet article que j’ai toujours fait de l’art thérapie à ma façon, seule, durant tout mon chemin de guérison.

Pour moi, l’Art Thérapie c’est une façon de créer des choses, de laisser parler sa créativité. Cela permet de reprendre confiance en soi, en ses capacités. C’est un moyen aussi de s’évader, de penser à autre chose que la maladie. C’est une façon de se reconstruire.

Je te donne quelques moyens que j’ai utilisés seule chez moi pour pratiquer en quelque sorte l’art thérapie : 

  • Le fait de tenir un bullet journal où je faisais plein de petites décorations/dessins pour personnaliser le journal et le rendre agréable, vivant.
  • Colorier des mandalas (mais ça j’adorais !!! Ça détend tellement je trouve) 
  • Écrire des pages et des pages de mes ressentis, émotions… Écrire pour inventer des histoires
  • Faire mon vision board dont je te parle dans le programme Pulsion de Vie.
  • Apprendre à dessiner par moi-même avec des tutos “step by step drawing” sur internet
  • Faire de l’origami (pareil, avec des tutos YouTube)
  • Faire de la calligraphie sur mon journal
  • Me mettre à la peinture avec des modèles guidés que j’avais trouvé chez Cultura

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Les thérapies … à plusieurs !

La thérapie de groupe

La thérapie de groupe m’a été proposé “par défaut” lorsque j’étais à l’hôpital de jour et à temps complet. Et c’est pas mal parce que ça permet d’échanger autour de certaines problématiques, de voir ce qui a aidé d’autres par exemple. Combien de fois vous me dites que lorsque je vous partage mon expérience ça vous permet de vous sentir moins seul. Bah la thérapie de groupe permet ça ! 

Et en général, il y a un “médiateur” qui est un médecin, psychologue, thérapeute, psychiatre voire bénévole (notamment si c’est organisé par une association). Et il y a un sujet donné ou alors juste quelqu’un prend la parole pour parler d’une problématique spécifique de la guérison. 

La dynamique de groupe peut vraiment être un moteur, une motivation. Après, je mets “en garde” parce que moi je sais qu’à un moment de ma guérison, j’étais très fragile et la moindre chose pouvait me créer un déclencheur. Si je voyais quelqu’un plus en difficulté que moi, j’avais juste tendance à me dire que je n’étais pas si malade. Et parfois, ça me mettait plus mal qu’autre chose. Donc je pense que lorsque tu recours à ça, il faut être prêt à voir d’autres patients qui sont parfois à différents stades que toi dans la guérison du TCA. Mais dans tous les cas, encore une fois, je t’invite à tester par toi-même.

La thérapie familiale

La thérapie familiale est aussi une thérapie à plusieurs finalement. Alors, “thérapie familiale” ça ne veut pas dire que tu emmènes toute ta famille chez le psy. Mais l’idée, c’est que tu peux proposer à ta famille restreinte (frère & sœurs, parents). Tu peux aussi proposer à ton partenaire de vie. Et tu n’es pas obligé d’avoir tout le monde en même temps, tu peux juste avoir ton père, juste ta mère, juste ta sœur, etc. 

Je trouve personnellement que la thérapie familiale ne doit pas nécessairement avoir lu PARCE qu’il y a un dysfonctionnement dans la famille. Je veux dire que tu peux très bien t’entendre avec ta famille, ne pas avoir de gros problèmes d’entente particuliers et avoir quelques séances voire une seule séance de thérapie familiale. 

Parce qu’avec la thérapie familiale, tu as aussi un médiateur, qui est une personne neutre. Et c’est vraiment important parce que parfois, notamment à cause de la maladie, on n’arrive pas à mettre des mots sur ce qu’on ressent. On se laisse facilement emporter par les émotions, par la peur aussi de dire les choses réellement. Et la présence d’une personne externe permet parfois d’aider à s’exprimer dans le calme. Et le médiateur peut aussi faire comprendre des choses à ta famille que tu n’arrives pas forcément à exprimer.

Donc, je recommande la thérapie familiale. J’ai dû faire 3 ou 4 séances au total. 2 avec mes parents et ma sœur, 1 avec ma mère et 1 avec mon père de souvenir. Et je pense que ça a été d’autant plus bénéfique pour ma sœur qui m’a dit qu’à l’une de ces séances, elle a beaucoup changé d’avis sur moi, elle m’a vu différemment et que ça l’a beaucoup aidé à me comprendre. Et j’ai dit des choses aussi à mon père que j’aurai jamais dit sans le médecin. En gros, je m’exprimais à mon père mais de façon indirecte, puisque je le disais au thérapeute. Et mon père était à côté, il entendait quoi. 

Les animaux pour t’aider dans la guérison de ton trouble alimentaire

La thérapie équine

Alors ça, j’en ai beaucoup entendu parler mais je n’ai jamais fait. Et je sais que certaine clinique propose ça ! Mais en gros, la thérapie équine c’est le fait de s’appuyer sur les chevaux. Le but est de créer un lien avec un cheval pour travailler sur sa propre image corporelle, son estime de soi. Alors, je ne connais pas tous les tenants et aboutissants mais je pense qu’en effet ça peut faire beaucoup de bien.

De toute façon, d’une manière générale, les animaux s’avèrent être un vrai soutien dans la vie en général. Mais vraiment. La ronron-thérapie par exemple c’est le fait que la fréquence des ronronnements du chat créé un réel impact positif pour l’Homme. Les poissons dans les aquariums favorisent aussi le bien-être. Il a été prouvé que ça permet d’instaurer un climat de détente, d’apaisement, etc. À l’hôpital où j’étais hospitalisé, il y avait une salle où il y avait un aquarium. 

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Donc vraiment, si vous avez des animaux, bah profitez-en pour passer du temps avec eux. Moi personnellement, j’ai de la chance car j’ai grandi dans une ferme et donc comme en sortant de la deuxième hospitalisation je suis retournée chez mes parents, j’ai pu profiter de voir mon âne, les chevaux, mon chien, les chèvres, etc. 

Alors c’est sûr que ce n’est pas CA qui permet de guérir des TCA. De toute façon, comme je dis toujours, il n’y a aucune thérapie qui a un effet magique. Enfin, personnellement, je trouve que la guérison, du moins la mienne, était la somme de plusieurs petites actions / prises de conscience / temps, etc. 

Mais l’art thérapie, l’équine thérapie, les thérapies de groupe, c’est des +. Soit, en plus des accompagnements psychologiques que j’ai présentés. La guérison des TCA repose sur un accompagnement pluri-disciplinaire, englobant différents facteurs (psychologique, alimentaire, restructuration cérébrale, confiance en soi…) 

Les traitements médicamenteux dans la guérison des tca

Des médicaments contre les TCA ?

medicaments-trouble-alimentaire

Je rappelle que je ne suis pas médecin ! La prise de médicaments n’est pas à prendre à la légère et doit être prescrite par un médecin spécialisé, qui te connait, qui a réalisé un diagnostic complet. 

J’ai longtemps été contre les médicaments. Parce que je ne voulais pas qu’on me rende “légumes” et surtout j’avais peur d’une perte de contrôle sur mon corps en fait. Et je suis arrivée à une période où la prise de médicaments a peut-être été inévitable. Donc j’ai été sous-traitement.

Mes médicaments étaient prescrits par ma psychiatre spécialisée en troubles du comportement alimentaire qui me suivait dans l’hôpital où j’avais été hospitalisée. Elle était très compétente et j’avais une entière confiance en elle.

Donc il n’existe pas de médicaments qui vont te permettre de guérir. Encore une fois, pas d’effet magique. Et d’ailleurs, la prise de médicament seul ne “sert à rien”. Dans le sens où ça doit forcément s’accompagner d’un suivi psychothérapeutique à côté si tu veux que ce soit efficace. 

Les médicaments qui sont prescrits sont souvent liés aux symptômes du TCA : état dépressif, crises d’angoisses, idées noires, etc. Il s’agit donc couramment des antidépresseurs, anxiolytiques et antipsychotiques (notamment pour les angoisses, la déformation de l’image corporelle).

Moi j’ai eu des antidépresseurs, que j’ai gardé de 2018 à 2020 donc 1 an et demi. Et pour les anxiolytiques là pour le coup j’avais créé une dépendance. J’ai largement diminué les doses petit à petit mais je n’arrivais pas à me passer de celui que je prenais pour dormir. Et dès que j’avais des crises d’angoisse, j’en prenais davantage. Donc c’était très mauvais mais malheureusement c’est le risque avec ces médicaments. Donc arrêter a été difficile et pour te dire c’est tout récent ! À l’heure où j’écris ça, cela fait 112 jours haha. Et j’ai profité des vacances pour réussir à arrêter et je suis vraiment contente de m’en être enfin séparé. 

Alors attention, on n’arrête pas ce genre de médicament seul, du jour au lendemain. C’est important de se faire accompagner par un thérapeute dédié pour réduire petit à petit et surveiller l’arrêt des médicaments. Parce qu’il peut avoir des effets secondaires. Et c’est aussi l’une des raisons des rechutes. Donc vraiment attention, il ne faut pas prendre ça à la légère.

Je pense que cela m’a aidé, notamment les anxiolytiques. Même si j’avais une dépendance, j’arrivais à prendre du recul et à me dire “ce n’est pas grave, j’en ai besoin en ce moment, c’est pas toute ma vie.” Encore une fois, je faisais preuve de bienveillance avec moi-même mais comme je dis souvent, c’est l’une des clés de la guérison. 

Après, tu peux aussi avoir des médicaments pour les “effets indésirables” que tu peux rencontrer dans la guérison, notamment les troubles digestifs. 

Des compléments alimentaires pour t’aider

Il ne s’agit pas de médicaments mais cela rentre dans la prise en charge des TCA et ça peut t’être prescrit par ton médecin ou psychiatre qui te suit.

Comme les troubles du comportement alimentaire occasionnent de nombreuses carences puisque le corps ne reçoit pas l’énergie qu’il a besoin, tu peux avoir des compléments pour t’aider : magnésium, fer, vitamines, calcium, etc. Tous des choses que tu ne retrouves plus dans ta nourriture dû à la restriction.

Moi j’avais un “cocktail” de tout ça à l’hôpital, je crois 2 ou 3 fois par jour. Et après chez moi j’avais pris aussi en pharmacie du magnésium et des vitamines que je prenais tous les jours, notamment en hiver. C’est histoire de te donner un coup de boost.

Et après tu peux aussi avoir des compléments en potassium, notamment en cas de vomissements ou de prises de diurétique où les taux de potassium sont en chute. Attention parce que ça peut être très grave un manque de potassium ! On appelle ça l’hypokaliémie. Et cela augmente le risque de trouble du rythme cardiaque (crise cardiaque).

D’autres compléments peuvent être prescrits comme les boissons / yaourts Délical ou Fortimel. Il s’agit d’avoir un complément nutritionnel pour t’aider à atteindre une certaine ration dans ta journée. Je n’en ai jamais pris et on ne m’en a jamais prescrit. 

J’en profite d’ailleurs pour terminer cet article en insistant sur le fait que tout ça, toutes les thérapies et traitements auxquels tu peux recourir pour la guérison de ton TCA, elles ne peuvent être totalement efficaces si tu ne l’accompagnes pas d’une alimentation variée qui répond aux besoins de ton corps. Je sais que c’est bien plus simple à dire qu’à faire. Je le sais, crois-moi, j’étais à ta place. Et c’est d’autant plus difficile quand la maladie te fait constamment culpabiliser. Mais c’est pourtant essentiel. Et c’est possible, tu vas y arriver. Ne te dis pas par contre “bon bah je n’arrive pas à manger, donc ça ne sert à rien que je fasse une thérapie”. Non, parce que moi pendant longtemps, genre 3 ans j’ai fait des thérapies sans réussir à répondre aux besoins de mon corps. Mais c’est justement le travail réalisé durant ces thérapies qui m’a aidé à répondre aux besoins de mon corps, à augmenter mes apports nutritionnels. Et après c’est un cercle vertueux. Car les apports nutritionnels me donnaient de l’énergie pour travailler sur mes thérapies psychologiques, qui elles-mêmes m’aidaient à travailler sur mes peurs de certains aliments, et de manger plus globalement et ainsi de suite. 

J’espère que cet article t’a aidé ! Et je te mets en bas de page le lien direct vers les autres articles liés à cette thématique pour t’apporter d’autres informations complémentaires, pour t’aider à savoir qui consulter, quelle thérapie choisir. 

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Trouble alimentaire : Qui consulter ?

Trouble alimentaire : Qui consulter ?

Trouble alimentaire : Qui consulter ?

Les troubles alimentaires sont des maladies complexes et parfois, quand on y est confronté, on ne sait pas ou plus vers qui se tourner. Dans cet article, pour t’aider à savoir qui consulter pour t’accompagner dans la guérison de tes troubles alimentaires, je vais essayer de présenter le maximum de types de praticiens que tu peux essayer de consulter, ainsi que ce qu’ils peuvent t’apporter. 

L’important, c’est de savoir que la guérison des troubles alimentaires passent par un accompagnement pluri-disciplinaire. Donc l’idée est de coupler les différentes thérapies. Je ne te parle pas forcément en même temps, tu ne peux pas tout essayer au même moment (financièrement et en termes d’énergie). Mais tu peux parfois coupler 2 thérapies si elles n’agissent pas sur les mêmes dimensions. Ou alors, tu peux tester différentes thérapies tout au long de ton chemin de guérison. 

Mais les causes sont souvent issues de plusieurs facteurs et c’est bien de travailler à la fois sur les causes mais aussi les conséquences, soit les symptômes du TCA.

D’ailleurs, “tester”, c’est un terme à retenir aussi. Il faut que tu testes toi-même différentes thérapies pour voir ce qui te convient. Parce que ce qui m’a aidé, ne t’aidera pas forcément et vice versa. On est tous différents et chacun a son propre chemin de guérison. Je sais que c’est pas simple et même éprouvant de devoir toujours raconter son histoire du début à une nouvelle personne. Mais ça fait partie du chemin de guérison. Et parfois, il faut répéter, s’acharner pour trouver la bonne personne, le bon thérapeute qui te correspondra. J’ai tellement de choses à dire sur ce sujet, que pour éviter que cet article fasse 10 km, je te renvoie sur mes 6 conseils pour une bonne thérapie dans un article dédié. 

Tout au long de cet article, je te dirai ce que moi j’ai testé ou non, si ça m’a aidé et quand j’y ai recouru.

Qui consulter : généraliste ou spécialiste ?

Pourquoi le médecin généraliste n’est pas forcément le mieux placé ?

Je n’ai absolument rien contre les médecins généralistes. D’ailleurs, c’est un beau métier et on en a clairement besoin. Mais, ils sont GÉNÉRALISTES. Et de ce fait, ils ne peuvent pas connaître les spécificités des troubles alimentaires. Et combien de témoignage j’ai reçu m’exprimant un rendez-vous avec un généraliste qui a mal tourné. Combien sont allés voir leur médecin pour suspicion de TCA et qu’on leur a répondu que leur IMC était trop élevé ou que le poids était trop élevé pour avoir un TCA. Ou alors qu’on leur a même conseillé un régime. Ou qu’on leur a dit de faire attention à leur poids… Bref, des conseils qui n’ont fait qu’empirer la situation, plus que d’aider en tout cas. 

Et j’ai moi-même expérimenté ça. Donc c’est vrai que c’est pas le médecin généraliste que je recommande forcément, du moins en premier.

Après, c’est mieux que ton médecin traitant soit tout de même informé. Déjà parce que parfois on peut tomber sur une personne familière aux troubles du comportement alimentaire. Mais en plus, parce qu’il pourra te donner des médicaments pour les inconforts digestifs par exemple. Ou plus globalement, il pourra surveiller tes prises de sang, etc. 

Consulter des professionnels spécialisés en trouble alimentaire

Je sais que ce n’est pas simple d’en trouver partout, et j’espère sincèrement qu’un jour, peu importe où l’on se trouvera, on pourra trouver un spécialiste en TCA à proximité de chez soi. Pourquoi ? Parce que les TCA sont des maladies mentales vraiment complexes. Et ça demande vraiment de très bien connaître pour pouvoir accompagner des personnes qui en souffrent. Car il s’agit de mécanisme spécifique, très difficilement compréhensible quand on ne l’a pas vécu ou qu’on ne connait pas bien. Et malheureusement, parfois, un médecin non spécialisé peut donner des conseils vraiment pas adaptés, qui peuvent empirer le trouble. 

Comment on trouve des spécialistes en trouble alimentaire ?

En regardant si autour de toi, il y a des hôpitaux ou centres de soin qui disposent d’une unité spéciale trouble du comportement alimentaire. Par exemple à Lille il y avait Fontan 2 au CHU de Lille. 

Tu peux également chercher sur Internet avec la fonction de géolocalisation activée. Et tu tapes le type de praticien + le mot-clé “TCA” ou “trouble alimentaire”. 

Qui consulter pour la prise en charge des troubles alimentaires ?

Toi-même

Un peu facile cette réponse. Mais pourtant tellement vrai. En fait, au départ je voulais le mettre en dernier mais c’est TELLEMENT important, que je te le mets en premier finalement. 

Quand je dis toi-même, c’est juste que, il faut vraiment comprendre que tu auras beau faire appel aux meilleurs spécialistes du monde, si tu n’es pas prêt⸱e à t’impliquer à 200% dans ta guérison, alors, ça sera beaucoup moins voire pas efficace.

Ce n’est pas un grief ce que je dis là parce que je sais que c’est pas toujours simple : parce que la guérison fait peur, parce que ton TCA peut être une façon de te protéger et que du coup il y a beaucoup de résistance aux changements. C’est normal, ne t’en veut pas. Mais vraiment, aies conscience que même si oui, tu dois demander de l’aide autour de toi, tu es la personne qui pourra réellement te sortir de ça, du moins tu es la seule à pouvoir décider de te battre contre celle maladie.

Unité spéciale trouble alimentaire en milieu hospitalier

Cela peut te faire peur car il y a le moment “hôpital”. Mais c’est pas parce que tu fais appel à un centre hospitalier que tu vas être hospitalisé. Généralement, ils proposent également des consultations en journée avec les psychiatres spécialisés en trouble du comportement alimentaire. Moi personnellement j’ai commencé par là. Et ils m’ont réellement aidé ! Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un centre de soin spécialisé à proximité. Mais si tu l’as, vraiment, profites-en. Je recommande ++. 

En unité TCA ou centre de soin spécialisé, tu as aussi la possibilité d’avoir l’hôpital de jour. Alors ça pareil, ça ne veut pas dire que tu vas passer toutes tes journées là-bas. Généralement déjà, c’est pas journée complète (c’est 8h-16h environ). Et en plus, c’est pas toute la semaine. Souvent, tu commences avec 1 ou 2 journées. Et c’est presque rare d’y être toute la semaine. Moi, j’ai commencé avec 1 et après j’en avais 2 journées. Même chose c’est vraiment intéressant dans le sens où tu partages des repas avec d’autres, tu peux être amené à manger avec des soignants qui peuvent être un soutien au moment même des repas. Et tu as la possibilité d’avoir des activités thérapeutiques (cuisine ensemble, groupe de parole, art thérapie, consultation psy…). Donc pareil, ça je recommande ++. Au moins tester. 

Après évidemment, tu as aussi l’hospitalisation à temps complet. J’ai fait 2 articles à ce sujet où je parle de mes 2 hospitalisations. Donc je te laisse les lire si c’est quelque chose qui t’intéresse : 

Psychiatre

Pour vulgariser, la différence du psychiatre par rapport au psychologue c’est le fait qu’il a la possibilité de te faire des ordonnances, de te prescrire des médicaments. Il surveille la santé générale de ton corps, physique et mentale. Il s’occupe aussi de s’assurer que ton corps réagisse bien, qu’il n’y ait pas de complication, etc.

J’ai eu un suivi psychiatre dès la première année après le début de l’anorexie. Et pendant 3 ans approximativement. Vu que j’avais un traitement médicamenteux, j’ai eu à nouveau une psychiatre plus tard. Mais pour le coup, elle faisait que les ordonnances. Je dis ça car c’est un peu “au petit bonheur la chance”. Je pense que y’a certains psychiatres qui sont vraiment tournés “ordonnance” / “santé du corps”. Et il y en a d’autres qui font vraiment aussi l’accompagnement psychologique. Lorsque je suis sortie de ma deuxième hospitalisation, j’ai eu une psychiatre en or. Vraiment, une perle ! Elle m’a tellement aidé ! Elle comprenait très bien les TCA, elle avait une très bonne écoute, me faisait réellement avancer psychologiquement. 

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Psychologue

L’accompagnement psychologique est pour moi indispensable. Surtout si tu n’as pas de psychiatre qui te fait l’accompagnement psychologique. 

Les troubles alimentaires sont parfois (et même souvent) des stratégies d’adaptation. C’est-à-dire que c’est une maladie (= “mal à dire”) que le corps exprime, car c’est le seul moyen qu’il ait trouvé pour dire “Il y a quelque chose qui ne va pas. Donc, il faut le travailler”. De façon imagée bien sûr… Et surtout inconsciente.

Et le psychologue va t’aider à travailler sur l’origine de tes troubles alimentaires. Il va t’aider à surmonter aussi des problématiques de ta vie courante (manque de confiance et d’estime de toi, trouble anxieux, etc.) mais aussi que tu rencontres dans ta guérison. Il va t’aider à te donner des outils pour mieux gérer les situations stressantes et trouver des alternatives saines à ta santé plutôt que les comportements destructeurs que tu peux avoir envers toi-même.

Même chose, je recommande d’avoir un psychologue qui connait assez bien quand même les TCA. Après, s’il ne connait pas mais que tu as d’autres praticiens qui connaissent, ne te bloque pas non plus. Ils peuvent tout de même t’aider sans être expert des conduites alimentaires. 

Pour ma part, j’avais un accompagnement psychologique depuis le début de mes TCA. Et même avant. Et même toujours aujourd’hui haha. Mais pour te dire qu’il ne faut pas forcément aller mal pour aller voir quelqu’un. Je dirai même que tout le monde a besoin d’un psy dans le sens où tout le monde a des choses à travailler, sur lesquelles avancer. 

Diététicien

Tu peux travailler la dimension alimentaire avec un diététicien. Et là pour le coup, c’est presque primordial pour moi qu’il soit spécialisé en TCA. Parce que sinon, les conseils de perte de poids ou de restriction peuvent être vraiment dommageables… 

Le diététicien n’a pas seulement pour rôle de te faire un plan alimentaire. D’ailleurs, ce n’est pas systématique. Il t’aide également à travailler sur tes croyances alimentaires erronées. Il t’aide à incorporer des aliments qui te font peur (fearfoods), à t’instaurer une fréquence dans tes repas. Il t’aide à comprendre comment la nutrition affecte ton corps. Il t’aide à avoir une relation plus saine globalement avec la nourriture.

Pour ma part, j’avais vu une diététicienne au tout début, avant même d’aller voir n’importe qui pour trouble alimentaire. À ce moment-là, j’étais dans un “déni” et je n’admettais pas encore avec de TCA, tout simplement, je ne comprenais pas ce qui se passait. De ce fait, ça ne m’a pas aidé. J’ai fait 2 ou 3 séances. Et après, je ne suis pas retournée en voir spécifiquement. Par contre, ayant été suivi à l’hôpital, j’ai eu “par la force des choses” un plan alimentaire que j’ai utilisé de façon momentanée et qui m’a aidé. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Troubles alimentaires : les thérapeutes auxquels on pense parfois moins

… Mais à tort 😉 Parce que ce sont vraiment des aides intéressantes dans la prise en charge des troubles alimentaires.

En revanche, tous les praticiens que je citerais dans cette partie sont à complémentariser avec un médecin et/ou psychiatre/psychologue. 

Kinésiologue

Alors, la kinésiologie, on n’y pense pas forcément et c’est même pas très connu. Moi, je connais parce que j’en ai fait justement. La kinésiologie ça veut littéralement dire “étude du mouvement”. Et en fait, c’est en gros évaluer la santé du corps via des tests musculaires. C’est assez particulier et très difficile à expliquer par écrit. Mais en gros, un choc émotionnel ou le stress d’une manière générale va affaiblir certains muscles. Quand je dis test musculaire, en fait le praticien va effectuer des pressions très douces, indolore sur un muscle, et souvent, il s’agit des bras (poignées) ou jambes (chevilles). Moi qui n’étais pas à l’aise avec mon corps, ça ne me mettait pas mal à l’aise. Et du coup en gros le but de la kinésiologie, c’est de “rééquilibrer” le corps et l’esprit. Grosso modo. 

Pourquoi j’ai choisi la kinésiologie ? J’ai rencontré une dame dans le village de mes parents qui pratiquait ça et qui avait déjà accompagné des jeunes filles souffrant d’anorexie. Donc j’ai voulu essayer. Dire que ça a été efficace, je ne peux pas parce qu’en fait, il n’y a aucune thérapie qui a un effet magique. Je trouve que la guérison, c’est une accumulation de petites choses. Mais en tout cas, oui, ça m’a aidé. Ça me faisait du bien, je me sentais plus détendue après. 

Sophrologue

Encore une fois pour vulgariser, la sophrologie, c’est des techniques de relaxation pour aider à diminuer ton état de stress général, et donc les tensions dans ton corps. Le but étant, in fine, d’avoir des impacts positifs sur ton mental. 

La sophrologie s’appuie sur la respiration, la relaxation des muscles et la visualisation mentale. Il y a différentes façons de faire, je pense que ça dépend aussi du praticien. 

Cela peut se pratiquer en individuel ou en groupe. 

Alors moi j’ai fait de la sophrologie, à la fois en individuel et en groupe. En individuel, j’avais une thérapeute dédiée. En groupe, c’était à l’hôpital de jour. Ce n’est pas forcément simple. Je trouve, par mon expérience, que la sophrologie demande de la patience et de la répétition.  Certains exercices m’ont sincèrement aidé de façon générale à me déstresser, surtout au moment des séances. Mais après, j’avais appris des exercices que je pratiquais chez moi, notamment lorsque j’avais des crises d’angoisses, ruminations, idées noires, etc. 

Donc oui, la sophrologie m’a aidé. C’était un petit + sur mon chemin de guérison. Mais de toute façon, je trouve que la pratique d’exercices de respiration / relaxation est presque indispensable pour t’aider. Avec sophrologue ou seul. Mais parce que le stress est quand même souvent omniprésent. Et je sais que parfois ça soule de faire ce genre d’exercice, surtout qu’on n’en ressent pas les bénéfices immédiats, mais vraiment, c’est des petits + qui peuvent faire la différence. 

Homéopathe

J’ai aussi été voir une homéopathe. Là après, c’est à chacun de voir à quel point il croit en cette médecin. Je pense que dans certains cas c’est vraiment approprié, et dans d’autres cas peut-être moins. J’ai été voir une homéopathe pour m’aider à avoir un traitement de fond “naturel” pour gérer mes angoisses. Mais en fait, je ne pense pas que ça m’a aidé. Après j’ai peut-être pas pris assez longtemps les gélules prescrites. L’homéopathe que j’ai été voir était très reconnue donc je ne doute absolument pas de ses compétences. Néanmoins, pour être complètement honnête, je l’ai connu dans l’un des moments “apogées” de ma maladie. Et je voyais ces gélules comme du sucre et j’avais très peur de l’apport calorique. C’est débile parce que j’ai su bien plus tard que c’est dérisoire et surtout, c’était pour ma santé. Mais tu sais très bien que la maladie nous fait faire des choses insensées.

L’homéopathe va plutôt venir travailler sur les symptômes anxieux que sur les causes du TCA.

Kinésithérapeute / Ostéopathe

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J’ai regroupé les 2 ensemble parce que parfois certain praticien ont les 2 casquettes. Ici on est plutôt dans le cadre d’une thérapie corporelle. Le but d’aller voir un kiné et/ou ostéopathe dans le cadre des TCA c’est de prendre conscience de son corps, de renouer avec les sensations corporelles de son corps. Voilà ça, c’est dans la théorie.

Dans la pratique, je vais te parler de mon expérience avec ça puisque j’ai aussi vu un kiné. Je te dis souvent que le corps est très bien fait. Et que ton corps est ton allié dans ta guérison, qu’il te veut du bien. Je pense sincèrement que n’importe quel problème psychologique se retranscrit dans ton corps. Et en fait, si tu as des tensions spécifiques, peut-être eu un traumatisme sans forcément qu’il y ait eu un contact avec ton corps, et bien ça peut créer des blocages dans ton corps. Et le kiné, et notamment l’osthéo, je pense, peut vraiment t’aider à ça. 

Moi, au tout début où je suis tombée dans l’anorexie, j’ai eu une vingtaine de séances avec une kiné pour juste me masser, me détendre. Encore une fois, avoir des pratiques pour te détendre c’est un vrai atout dans ta guérison. Ce n’est pas forcément quelque chose que les kinés aiment de “seulement masser” mais là, tu en as besoin. Et ils le savent, ils le sentent que c’est tendu. Pour le coup, la kinésithérapie, c’est très bien pris en charge par la sécurité sociale. Je n’aime pas trop dire ça parce qu’on va penser que c’est de l’abus, mais vraiment ça m’a fait beaucoup de bien. 

Et après, j’ai toujours eu de la kiné et je suis très chanceuse, mais ma sœur est kiné / osthéo et du coup, elle m’a très souvent fait des massages crâniens et ouaaaaah, ça m’a fait TELLEMENT de bien. 

Hypnothérapeute

Ici je mets en garde de recourir à un hypnothérapeute qui vous a été recommandé. Car malheureusement, il existe beaucoup de charlatan et ça peut donc faire bien pire qu’autre chose. Vraiment ! 

L’hypnose a pour but également d’agir sur le côté anxiété, peur et d’aider notamment pour certains traumatismes. Il peut donc travailler sur les symptômes du TCA comme sur les causes. 

Tout le monde n’est pas réceptif à l’hypnose. Alors, il y a une différence entre hypnose thérapeutique et hypnose de spectacle. Pour moi tu n’es pas inconsciente en hypnose thérapeutique. Mais après, moi je pense que je n’étais pas super réceptive. Cela demande peut-être un certain lâcher-prise que je n’arrivais pas à avoir. J’ai dû faire 3 séances.

Et c’est vrai que maintenant que je connais l’EMDR, je n’irai pas vers l’hypnose pour gérer un traumatisme. Dans le sens où le cerveau, s’il garde quelque chose dans l’inconscient, c’est pour te protéger. Et parfois, on n’est pas prêt à voir certaines choses. Et ça peut te plonger dans un état dépressif grave d’être confronté à des souvenirs que tu n’étais pas prêt de voir. Après ça reste mon avis personnel et je pense que l’hypnose a pu faire ses preuves pour d’autres personnes. 

Et je pense notamment pour les personnes qui souffrent de boulimie ou hyperphagie et connaissent des phases de frénésies importantes où un sentiment de perte de contrôle subsiste.

Acupuncteur

Même mise en garde que pour l’hypnothérapeute, choisissez un acupuncteur qui est reconnu pour éviter les charlatans parce que l’acupuncture demande tout de même une très grande connaissance et précision où il ne faut pas faire n’importe quoi. 

Les médecines chinoises ont des interprétations à leur façon des troubles alimentaires. Je ne suis pas du tout fermé à ça, au contraire. Mais peut-être que tout le monde n’y croit pas. Je n’ai une connaissance fine en acupuncture mais en gros l’idée est de rééquilibrer certaines énergies dans le corps. 

acupuncture trouble alimentaire

Honnêtement, je ne m’aventure pas plus sur ce sujet pour le moment. Mais je ferai peut-être davantage de recherches ultérieurement. 

En tout cas, j’ai testé 1 séance. Et ça m’a fait du bien sur le moment-même, cette dame était très reconnue pour son efficacité. Par contre, elle m’a donné des conseils très très mauvais vis-à-vis des TCA. Elle m’a dit que je devais calculer avec des pourcentages mes macro-nutriments pour arrêter ma faim extrême. Et c’était à une période où j’étais perdue, je ne comprenais pas cette faim extrême, ça a généré en moi beaucoup de culpabilité. Bref, je n’y suis pas retournée. Mais tu vois, c’est pour te montrer que l’on tombe parfois sur des personnes pas forcément mal intentionnées mais qui donnent des conseils bien plus destructeurs qu’aidant. Et en fait, c’est presque impossible de ne pas tomber sur au moins une personne comme ça dans son parcours. Moi je ne te l’ai pas toujours dit, mais j’en ai eu plusieurs (infirmière à l’hôpital, psychologue en cabinet, médecin généraliste…)

Encre une fois, il me semble que pour les personnes boulimique ou hyperphagique, l’acupuncture est d’autant plus une aide appropriée, notamment pour les périodes de compulsions alimentaires.

Psychomotricien

La psychomotricité repose sur la médiation corporelle, les émotions et les pensées. L’objectif du psychomotricien est, en gros, de permettre au patient de trouver un équilibre entre son mental et son corps, d’être plus à l’aise avec ses émotions et son environnement. Il permet d’aider à prendre conscience de son corps, à travailler sur l’image corporelle et notamment sur la dysmorphophobie. Cela peut passer par des exercices d’identification des émotions, des exercices de respirations, de relaxation, de la gym douce, des exercices théâtrales, etc.

Personnellement, je n’ai jamais testé mais tout simplement parce que je ne pensais pas qu’un psychomotricien pouvait prendre ne charge les troubles alimentaires. Mais je trouve ça très intéressant. Par contre, je pense qu’il faut vraiment que le praticien ait une expérience avec d’autres patients souffrant de TCA. 

Naturopathe

Je n’ai personnellement pas recouru à la naturopathie mais je sais que l’accompagnement TCA existe dans cette branche. Encore une fois, je pense que c’est important que la personne ait une spécialisation ou qu’elle soit très familière aux troubles alimentaires. Lorsque c’est le cas, elle peut conseiller des plantes, fleurs de Bach et huiles essentielles pouvant t’aider dans certaines angoisses. Je sais que certain naturopathe propose aussi un accompagnement avec des exercices pour se réapproprier son corps, des exercices de relaxation, voire des exercices pour retravailler ses croyances erronées sur l’alimentation.

Et les associations dans tout ça ?

On les oublie parfois, et malheureusement, je trouve presque qu’il n’en existe pas assez car certaines régions de France n’en ont pas. Mais les associations peuvent également apporter leur soutien de façons différentes : 

  • Te permettre de rencontrer des personnes qui sont passées par là
  • Organiser des groupes de parole / de soutien (pour les patients comme pour les proches)
  • Te proposer une ligne d’écoute sur des larges plages horaires 
  • Te mettre en relation avec des professionnels reconnus dans les TCA

Je te laisse regarder sur la page où je recense les associations de troubles alimentaires que je connais.

L’Ald : t’aider à financer ta thérapie

Je sais que financièrement ce n’est pas toujours facile de financer une thérapie. Peut-être que tu connais l’ALD. Si tu ne connais pas, il s’agit d’une Affection à Longue Durée qui peut être défini pour plusieurs années (aucun impact). Mais cela te permet d’avoir une prise en charge à 100% de tes soins de santé en rapport avec les TCA : consultation de médecins traitants, médicaments si tu en as en lien, consultations de psychiatre, etc.

Il faut que tu en fasses la demande auprès de ton médecin traitant. Ce n’est pas payant, c’est gratuit.

Malheureusement, les médecines douces ne sont pas prises en charge par l’ALD. Mais en fait, pour tout médecin où il te demande la carte vitale (et que c’est en lien avec ton TCA), c’est pris à 100% en charge. Donc vraiment, c’est un vrai + ! 

D’autre part, je sais que certaines mutuelles remboursent mieux les médecines douces donc si tu en as souvent, ça vaut peut-être le coup de choisir ta mutuelle en fonction de ce critère. 

À quelle fréquence faut-il consulter ?

Je dirais que ça dépend de beaucoup de choses : si tu es étudiant, en activité professionnelle, en mi-temps thérapeutique… Soit du temps que tu as. Même si on peut toujours trouver le temps… 

Et ça dépend d’où tu en es dans ton parcours de guérison. 

Cela dépend aussi, on ne va pas se le cacher, de tes finances.

Toutes les 2 semaines me semble presque un minimum. Lorsque j’étais dans les stades les plus graves de la maladie (je ne parle pas en termes de poids, mais dans ma tête), je voyais toutes les semaines : psychiatre et/ou psychologue + autre thérapie (donc sophrologue ou kinésiologue). Après, au fil du temps, j’ai espacé. Aujourd’hui, je n’ai plus de TCA, mais je travaille encore sur des blessures d’enfance on va dire et je vois mon psy toutes les 3 semaines à peu près.

Voilà, je pense que cet article est très complet car j’ai essayé d’englober énormément de thérapeutes possibles. En écrivant cet article, je me suis rendue compte que j’en ai testé beaucoup en fait ! Mais il existe certainement d’autres praticiens qui prennent en charge les TCA et que je n’ai pas cité ici.

N’hésite pas à partager ton parcours de soin en commentaire ou à prendre contact avec moi si tu souhaites témoigner d’une expérience que tu as eu avec un praticien en particulier. Cela peut être vraiment intéressant de partager cela (si tu es d’accord) avec les autres !

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