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Pulsion de Vie : pourquoi ce programme pour t’aider à surmonter ta faim extrême ?

Pulsion de Vie : pourquoi ce programme pour t’aider à surmonter ta faim extrême ?

Pulsion de Vie : pourquoi ce programme pour t’aider à surmonter ta faim extrême ?

Dimanche, après des mois et des heures de travail, je t’ai (enfin) annoncé que le programme Pulsion de Vie est en lancement ! 

C’est le premier programme dédié à la faim extrême dans le cadre de la guérison d’un trouble alimentaire

Il s’agit d’un programme COMPLET qui te guide vraiment pas à pas pour t’aider à surmonter ta période de faim extrême. Dans cet article, je t’explique pourquoi je l’ai créé et les raisons pour lesquelles il peut vraiment t’aider dans ton chemin de guérison.

Pourquoi j’ai lancé Pulsion de Vie ?

La faim extrême est la période la plus compliquée que j’ai eu à vivre dans tous mes troubles alimentaires

  • Tu sais même pas si t’as faim, mais tu manges.
  • Tu as même mal au ventre, mais tu ne penses qu’à manger.
  • Tu te demandes si c’est la gourmandise, une addiction au sucre, une mauvaise habitude…
  • Tu as l’impression de basculer dans un autre extrême. 
  • Tu ne comprends pas comment tu peux manger des quantités astronomiques alors que tu savais tant te restreindre avant. 

Et quand tu as fini par manger ce qui t’obsédait, tu culpabilises. Mais genre TELLEMENT. Et encore, la culpabilité, c’est pas la seule émotion toxique que ton TCA te fait ressentir : dégoût de toi & de la nourriture, remords, impression de mal faire, peur de manquer de volonté, peur de l’impact sur ton poids, angoisses, idées noires…

Et puis ces douleurs de ton ventre qui se tord. Ça n’arrange clairement rien.

Quand je dis que c’est la pire période que j’ai vécu, je n’exagère pas. Comme je n’acceptais pas cette faim extrême et que clairement, je ne comprenais pas ce qui se passait dans mon corps, ça partait toujours en compulsion alimentaire incontrôlable.

Alors, j’ai eu des moments où je faisais compulsion – pleurer – dormir, et je recommençais. Parfois jusqu’à 3 fois dans la journée.

C’était vraiment épuisant. 

Je te parle de tout ça dans mon histoire avec la faim extrême.

Pour ma part, souvent, ça arrivait le soir. Et une fois que t’as fait ta compulsion, que tout le monde dort, tu te sens TERRIBLEMENT seule.

Alors dans ces moments-là, tu cherches un peu désespérément sur internet quelque chose pour t’aider à apaiser tes angoisses… Enfin, moi c’est ce que je faisais. Et je trouvais plein de truc sur des fringales, de la boulimie. Mais rien vraiment sur la faim extrême. Surtout à mon “époque” (bon, c’était en 2017-2018 mais en 4 ans il y a déjà beaucoup de choses qui ont évolué !)

Il existe beaucoup moins de contenus sur la faim extrême. Du moins, beaucoup moins de connaissance dessus. Et du coup, moi ça me faisait encore plus peur, j’avais l’impression d’être anormale à force de ne rien trouver à ce sujet. 

Dans ces moments-là, j’espérais tellement trouver du contenu qui puisse m’aider, me rassurer, me dire quoi faire, m’expliquer ce qui se passait.

Alors aujourd’hui que j’en suis sortie, j’ai voulu être cette personne qui propose ce contenu. 

Et c’est entre-autre pour cette raison que je lance le premier programme dédié à la faim extrême dans le cadre d’un trouble alimentaire pour te donner toutes les clés et t’aider à surmonter cette période difficile.

Une autre raison, c’est que je reçois vraiment beaucoup de message de personne m’exprimant à quel point elles ne savent plus comment se sortir de cette phase de faim extrême. Et c’est super frustrant pour moi parce que j’adore aider, mais répondre en 1 message ou 1 email, c’est trop peu pour dire tout ce que j’ai à dire. J’ai tellement de choses à apporter, de connaissance, de conseils, d’exercices même à proposer. 

Donc j’ai cherché une façon d’aider le plus de monde et que mon aide soit presque “à la demande”. Le programme représentait le meilleur format pour répondre à ces critères.

Ce programme, c’est toutes les connaissances basées sur la science que j’aurais aimée savoir avant. C’est tous les conseils que j’aurais aimé appliquer plus tôt, c’est toutes des prises de conscience que j’aurai aimé qu’on me dise à ce moment-là. Et c’est toutes les actions que j’ai mises en place pour sortir de la faim extrême.

Mais pourquoi “Pulsions de vie” ?

Clairement, c’est avec beaucoup de recul que j’ai appris à voir les choses comme ça. Mais pour moi, ma faim extrême c’était une Pulsion de Vie. C’était mon corps qui voulait guérir, qui voulait se battre contre la maladie. C’était une pulsion de mon corps pour me ramener à la vie, et ne plus me laisser dans ce mode survie.

Évidemment, je dis que j’ai pris du temps à le voir comme ça, parce qu’à ce moment-là, je haïssais lorsque je ressentais ma faim extrême

Mais faim “extrême” n’est peut-être pas approprié. Il s’agit d’une faim NORMALE, logique, biologique du corps suite à la restriction dans laquelle il a été plongé par le trouble alimentaire. C’est une faim réparatrice, une faim de guérison. C’est une pulsion de vie

Et c’est quoi concrètement Pulsion de Vie ?

Ce programme, je ne l’ai clairement pas fait en 1 après-midi. Il m’a demandé des semaines, même des mois de préparation. Je voulais absolument qu’il soit complet et de qualité. Alors j’ai complété tout ce que je savais par énormément de lectures scientifiques et académiques. Genre, franchement +100 heures combinées, c’est sûr. 

J’ai pris en compte tout ce que j’avais vécu, je me suis replongée dans mes carnets de l’époque, dans mes notes de cette période-là. J’ai listé toutes les choses que j’avais faites dans ma thérapie et qui m’ont aidé.

Je suis également partie de vos peurs, de vos questions pour être certaine qu’il réponde à vos besoins.  

Et ça a donné Pulsion de Vie.

Un programme de 5h30

Divisé en 6 modules

Répartis en 34 vidéos

Le module 1 - Mieux comprendre la faim extrême, ce qui se passe dans ton corps & ton cerveau

On n’imagine pas comment c’est important de comprendre ce qui se passe dans le corps et dans le cerveau : avoir conscience des mécanismes de ton corps, de ses besoins, des fonctionnements logiques qui expliquent beaucoup de tes comportements, identifier les comportements inconscients de ton trouble alimentaire.

La conscience des choses est indispensable en premier lieu pour pouvoir ensuite travailler dessus.

Le module 2 - Des actions concrètes à mettre en place facilement et rapidement pour aider ton corps à lutter contre ton trouble alimentaire

Pour n’importe quel problématique rencontrée sur le chemin de la guérison, c’est essentiel de s’instaurer un environnement positif. Et pour ça, je te propose 10 exercices concrets à mettre en place qui te seront utiles pour ta santé mentale en général en fait.

Module 3 - Savoir comment réagir au moment de la faim extrême

Je pense que tu connais cette tornade d’émotions et de questions qui te submergent en quelques secondes lorsque la faim extrême se fait ressentir. Et d’ailleurs, dans les questions, tu peux même te demander si c’est vraiment de la faim extrême justement. 

Ce module a pour but de répondre à TOUTES tes questions et peur : 

  • Savoir comment réagir à l’instant T, 
  • Savoir distinguer la faim extrême des cas d’hyperphagie, d’addiction au sucre, de gourmandise, d’ennui…
  • Comprendre les cas spécifiques de la faim extrême le soir, lorsque ça se transforme en crise, quand elle survient en mangeant…

Module 4 - Gérer l’après faim extrême, quand tu viens d’y répondre

Ce moment où tu es accablé par la culpabilité, la peur, la honte, le dégout, les remords… Et encore, je dis “ce moment”, mais ça dure souvent des heures. Avec ces mensonges de ton trouble alimentaire qui t’ordonne de compenser… Alors qu’au plus tu compenses, au plus la faim extrême reviendra 🙁 

Ce module c’est comprendre tous les effets indésirables qui peuvent subvenir après, comment gérer le reste de ta journée & le lendemain, mettre en place des outils concrets pour contrer les pensées de ton TCA, pour gérer ton envie de compenser, etc.

Module 5 - Gérer son rapport au poids, au corps durant la phase de faim extrême

C’était pour moi indispensable de te consacrer un module sur ton rapport au poids dans cette phase de faim extrême. L’une des raisons pour lesquelles tu n’acceptes pas la faim extrême est souvent ta peur de l’impact que ça peut avoir sur ton apparence et sur ce fameux chiffre de la balance. 

Je réponds à tes inquiétudes de grossir indéfiniment ou de la mauvaise façon, t’aide à identifier les réelles causes de ton mal-être et te propose des exercices concrets pour travailler l’acceptation de ton corps.

Module 6 - Gérer le regard et les commentaires des autres

Alors, même chose, c’était essentiel de te proposer ce module. Surtout que si toi tu ne connais pas bien la faim extrême, imagine tes proches… Du coup, parfois ils prennent peur, ne savent pas comment réagir. Ils font parfois des choses qui entravent à l’acceptation de ta faim extrême.

Bref, je t’aide à savoir quoi dire à tes proches pour qu’ils te comprennent mieux et qu’ils puissent te soutenir dans cette phase. Et je te donne toutes les clés pour adopter le bon état d’esprit et prendre du recul face aux regards et commentaires des autres 

 

Maiiiiis, c’est pas tout !

Je te propose 6 bonus !

ebook-pulsiondevie-norainnoflower

Un cahier d’exercice de 59 pages avec 21 exercices concrets

Un accès au support du programme de 70 pages

15 fonds d’écrans pour te booster partout

23 affiches inspirantes et motivantes

pulsiondevie-norainnoflower

Accès à une playlist motivante de +26 chansons

programme-pulsiondevie

12 annexes avec l’accès à +16 sources & exercices vierges

11 avantages du programme Pulsion de Vie pour t’accompagner dans ta phase de faim extrême

1. Je l’ai vécu, et franchement… ça fait une grande différence

JAMAIS je ne nierai l’importance de l’accompagnement des médecins spécialisés en TCA. Parce qu’ils m’ont beaucoup aidé et c’est essentiel que des médecins t’entourent pour s’assurer que ta santé soit surveillée. Lorsque j’étais suivi dans une unité spéciale TCA, j’ai reçu une aide indispensable. Mais JAMAIS ils ne m’ont parlé de faim extrême. Alors que je leur décrivais ce que je vivais… JAMAIS, ils ne m’ont parlé de ce qui se passait concrètement dans mon corps, ce qui pourrait arriver, ce que je pourrais faire pour surpasser cette période.

Sauf que je ne pouvais pas rester dans ces questionnements sans réponse, tourmentée par 1000 peurs, accablée par des émotions dont je n’arrivais plus à gérer. Donc j’ai dû m’impliquer à 2000 % dans ma guérison et un peu comprendre « par moi-même ».

Toutes les peurs que tu as, les questions sans réponse que tu te poses, les émotions accablantes que tu ressens… J’ai tout vécu. Je sais à quel point c’est dur, à quel point tu veux que ça en finisse, à quel point tu es épuisé. Combien de fois dans les troubles alimentaires on dit que seules les personnes qui l’ont vécu peuvent vraiment comprendre. Je veux dire que oui, les médecins comprennent approximativement. Mais comprendre exactement cette détresse psychologique, émotionnelle et physique que tu ressens… peu de gens le comprenne.

Dans ce programme, tu verras à quel point tu te sentiras comprise, moins seul et tu trouveras des réponses adaptées et efficaces vis-à-vis de tes angoisses.

2. C’est un investissement pour ta santé, ta vie future. C’est un pas de plus vers ta guérison

Investir dans un programme pour sa santé est une prise de position forte, un ancrage dans sa guérison, un engagement que tu fais avec toi-même contre la maladie. C’est une façon de marquer et d’augmenter ton implication dans ta guérison. Et le jour où j’ai compris que c’est primordial d’être actrice de sa guérison, ça m’a permis d’être tellement plus forte contre la maladie, d’avoir plus de force mentale pour la combattre.

Ce n’est pas une dépense, c’est un investissement. Et un investissement qui peut vraiment faire la différence dans ton parcours de guérison. C’est un investissement pour une vie meilleure, une vie plus épanouie, sans être angoissée par ton apparence, par des peurs autour de ton repas. C’est un investissement pour VIVRE et plus survivre. Tu mérites d’être libre, de faire des choix par envie plutôt que par contrainte, obligation et restriction. Tu mérites mieux que ce que ton trouble alimentaire te promet.

3. Tu le fais à ton rythme

L’avantage d’un programme, c’est que tu le fais à ton rythme ! Tu peux le faire dans n’importe quel endroit, à n’importe quel moment. Tu peux mettre pause quand tu veux et reprendre dès que tu le veux.

Si tu n’as pas compris quelque chose, tu peux le re-écouter. Tu peux même commencer par la partie 4 “Que faire après avoir répondu à sa faim extrême” si tu viens de t’y confronter. C’est toi qui décides.

4. Tu y as accès à n’importe quel moment. Et la faim extrême arrive sans prévenir...

La faim extrême ne te dit pas qu’elle va arriver jeudi, à 8h30, après ton petit-déjeuner. Et quand elle arrive, c’est un peu un ascenseur émotionnel, une tornade d’émotions qui est arrivée beaucoup trop vite. Et tu te retrouves seule, avec toutes les émotions toxiques de ton TCA. Malheureusement, tu as rarement la possibilité de voir un thérapeute dans l’immédiat. Et parfois, tes proches ne savent pas toujours comment te rassurer, quel conseil te donner. Le programme, tu peux le consulter à n’importe quel moment.

En plus de ça, j’ai scindé les vidéos par questions et peurs spécifiques. Donc dès que tu te confrontes à une peur, une question spécifique : tu regardes la vidéo correspondante à la demande (peur de grossir indéfiniment, est-ce que j’ai encore faim, faim extrême qui arrive le soir, gérer l’envie de compenser, est-ce de la gourmandise ? un autre TCA? …)

5. Répéter pour mettre des points contre ton TCA à chaque fois qu'il tente de te garder dans la maladie

Ton trouble alimentaire est omniprésent. Et lorsqu’il se sent en danger, il va t’envoyer en masse des tas de mensonges pour te garder dans la maladie. Il faut toujours rétorquer face à ces mensonges. Et clairement, parfois c’est difficile de trouver un raisonnement logique avec tous ces mensonges du TCA. 

Parfois, ta réalité devient biaisée par ton trouble alimentaire. C’est pour ça que tu demandes constamment à tes proches de te rassurer, de te répéter des choses que tu sais au fond de toi. C’est comme une façon de mettre un point dans la tête du trouble alimentaire. Avec le programme, tu pourras avoir le raisonnement logique, non biaisée par le TCA à la demande. Et ce à n’importe quel moment de la journée et de la nuit. Et peu importe où tu te trouves puisque tu peux y avoir accès via ton téléphone !

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6. Il est vraiment complet

Le programme est MEGA complet ! Mais vraiment ! J’y ai passé tellement de temps pour être certaine d’englober TOUS les aspects, toutes tes questions, toutes les peurs qui peuvent subvenir. J’y ai intégré des cas spécifiques : comme la faim extrême le soir, la faim extrême qui arrive en mangeant ou encore la faim extrême lorsque tu n’es pas en sous-poids.

J’ai englobé tous les aspects à intégrer, à savoir, sur lesquels travailler pour que ce programme t’aide réellement : aspects psychologique, mentale, physique, sensations de faim, découverte de soi, etc.

7. Tu gagnes un temps fou

Comme je te disais, j’y ai passé tellement de temps à lire beaucoup de revues académiques, scientifique (je te partage les sources dans le programme), des livres de développement personnel, des contenus sur la restructuration cérébrale… Franchement, c’est sûre il y a +100 heures de lecture. Et puis tout ce que j’ai appris en 6 ans de troubles alimentaires, durant mes thérapies analytiques, TCC (thérapie cognitivo-comportementale)… Évidemment, je m’en suis servie pour bâtir ce programme.

Et je te le livre directement, je te passe ces centaines d’heures de lecture. Je te livre également tous les conseils reçus durant ma thérapie, ceux qui m’ont vraiment aidé. C’est pour toi un raccourci.

8. Il est concret : 21 exercices

Pour moi c’était INDISPENSABLE de te proposer du concret. Parce que la théorie c’est bien, c’est même important de comprendre pour pouvoir agir. Mais agir, c’est souvent ça qui fait la différence. Je te propose des exercices que j’ai personnellement faits dans mon bullet journal, des exercices qui m’ont réellement aidé dans mon parcours de guérison. Et tout ça, je te le propose dans mon ebook de 59 pages avec toutes les explications, les conseils pour les appliquer, des exemples et un espace pour chaque exercice te permettant de les réaliser toi-même.

9. Si des posts t’aident à aller mieux, imagine un programme dédié !

Combien de messages bienveillants et super encourageants je reçois, me disant à quel point mes contenus les aide. Je sais pas si tu écoutes mon podcast, me suit sur instagram ou lis mes articles de blog. Mais si mon contenu t’aide, imagine un programme dédié sur ta problématique.

10. Tu as plein de bonus

Et en plus de tous les bonus que je t’ai cité juste au-dessus…

Crois-moi, d’autres projets trop cool arrivent sur Norainnoflower ! Et je veux remercier avant tout ceux qui m’auront déjà fait confiance ! Alors tu peux être sûre qu’en rejoignant le programme, tu recevras des avantages exclusifs pour les futurs projets !

11. Tu ne prends aucun risque

Enfin, tu ne prends aucun risque. Vraiment. Et ça, c’est parce que je suis vraiment sûre que ce programme va t’apporter un vrai plus dans ton chemin de guérison. C’est vraiment LE programme qui rassemble tout ce que j’aurais aimé savoir avant, tous les conseils que j’aurais aimé entendre, tous les exercices que j’aurais voulu connaître quand je vivais la faim extrême. Tant de choses qui m’auraient évité de répéter certaines erreurs qui me maintenaient dans le cercle infernal restriction / compulsion.

Du coup, je te propose la garantie Sérénité. Cette garantie te permet de regarder 1 module en entier, celui que tu souhaites. Et si ça ne te convient pas, tu seras remboursé intégralement.

garantie-serenite

Elles ont suivi le programme ...

Si tu as des questions sur le programme, n’hésite pas ! J’y répondrai personnellement 🙂 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Couple, Faim extrême, Mieux connaître, Parents, Thérapie, 1 commentaire
Faim extrême et anorexie : mon histoire

Faim extrême et anorexie : mon histoire

Faim extrême et anorexie : mon histoire

La faim extrême est la chose la plus compliquée que j’ai eu à traverser dans tous mes troubles alimentaires. Mais c’est aussi pour moi cette période qui m’a beaucoup aidé à guérir de l’anorexie.

Je suis toujours partagé entre en parler ou non. Parce que d’un côté, j’ai peur de faire peur à celles et ceux qui sont en guérison mais qui ne connaissent pas la faim extrême. Je ne voudrais pas qu’ils soient en stress par mon témoignage. Mais en même temps, les fois où j’en ai parlé, j’ai eu des retours très positifs de personnes me disant que ça les a beaucoup aidées. 

Donc je fais le choix de vous raconter mon histoire avec la faim extrême. Cependant, je tiens quand même à rappeler que tout le monde ne vit pas la faim extrême. Ce n’est pas une étape indispensable par laquelle il faut passer pour guérir des troubles alimentaires. Donc si tu me lis et que tu ne le vis pas, ne t’inquiète pas en avance, vis à l’instant présent car ça ne veut clairement pas dire que tu traverseras ça. Et même si tu le vis, sache que personne ne le vit de la même façon : certain la connaisse de temps en temps, d’autre de façon plus régulière, certain à faible intensité, d’autre à forte intensité. C’est vraiment propre à chacun et ça dépend de nombreux facteurs.

Enfin, je voulais dire que l’on dit “faim extrême”, ou « extreme hunger » en anglais, mais une fois, on m’a parlé de faim réparatrice ou faim adaptée. Et je trouve ça beaucoup plus approprié ! “Extrême” peut paraître péjoratif, violent et peut sembler imposant, ça peut faire peur. Mais c’est une faim NORMALE de ton corps suite à ton trouble alimentaire.

Du coup, je vais te raconter comment ça s’est passé pour moi la faim extrême lorsque je souffrais d’anorexie :

La faim extrême quand je perdais du poids

J’ai connu la faim extrême assez rapidement avec l’anorexie. Sauf que je ne savais pas que ça s’appelait ainsi. Je pensais surtout que je ne savais pas me contrôler. 

D’ailleurs, c’est récemment que je l’appelle comme cela, depuis un peu plus d’un an. Avant, j’appelais ça des compulsions alimentaires. D’où le nom de mon article à ce sujet où je te donne déjà quelques conseils d’ailleurs. 

Si tu as écouté mon épisode de podcast où je te raconte mon histoire avec les troubles alimentaires, tu te souviens peut-être que je suis tombée malade en 2015. Et c’est en fin 2016 que j’ai commencé à sentir une faim extrême. En réalité, à ce moment-là, elle n’était pas si “extrême” au vu de ce que j’ai connu après. Elle se déclenchait en postprandial, soit juste après les repas. Je me resservais en pain, en pomme, en yaourt. Parfois, c’était juste reprendre 2-3 tartines de pain, 1 ou 2 pommes en plus. D’autre fois, je reprenais 10 pommes et le paquet de pain entier. C’étaient les 3 éléments sur lesquels je “compulsais”. Je finissais par avoir peur de commencer à manger pendant les repas parce que j’appréhendais qu’une compulsion arriverait. Et surtout, la culpabilité après me rongeait tellement que ça me gâchait la vie, c’était impossible de me concentrer sur quoi que ce soit d’autre.

Mais j’arrivais (malheureusement) à avoir le contrôle. Je dis “malheureusement” car au fil de ma guérison, j’ai compris que lorsque je pensais avoir le contrôle, c’était en fait le trouble alimentaire qui prenait le dessus sur les véritables besoins de mon corps. Et mon corps allait reprendre justement le contrôle de ses besoins tôt ou tard par cette faim extrême. Et c’était souvent très difficile à accepter pour moi lorsque ça venait.

À chaque fois que cela arrivait, je pensais que je manquais de volonté. Je n’avais absolument pas fait le rapprochement avec le fait que mon corps puisse avoir faim, avoir besoin de ça… Ou du moins, je ne pouvais pas concevoir que mon corps ait besoin d’autant d’énergie. 

Alors j’avais cherché des astuces sur internet. Je tombais tout le temps sur “fringales”, “boulimie”, “hyperphagie”. Mais ça ne correspondait pas exactement à ce que je vivais. J’étais perdue. J’avais essayé de manger de façon plus intuitive, sans distraction, plus calmement, en faisant de la relaxation… Rien n’y faisait !

À ce moment-là, cette faim extrême se faisait quand même rare. Je dirais 1 fois par mois voire tous les 2 mois. 

Puis, ma faim extrême s’est intensifiée

Cette fois, nous sommes à peu près un an plus tard, en 2018. J’avais déjà fait une hospitalisation où j’avais rechuté 1 mois après ma sortie. Nous étions en janvier, vers la fin du mois. Le 01 de l’an, j’ai fait le vœu de guérir pour cette nouvelle année. 

Les deux derniers mois de 2017, novembre et décembre, la maladie m’avait totalement anéanti. J’avais extrêmement peur des fêtes de fin d’année et j’avais, en réponse à ce stress, augmenté la restriction. Mon corps n’en pouvait plus. Il était en détresse physique, mentale et émotionnelle aussi. Je me souviens avoir demandé à ma mère de me ramener dans mon appartement, seule, le lendemain de Noël. Alors que toutes les vacances de Noël j’adorais les passer dans ma famille, au coin du feu, dans une ambiance chaleureuse. Là, je fuyais les autres, je me renfermais sur moi-même. Et je me souviens d’ailleurs, lorsque ma mère m’amenait dans mon appart’ à Lille, les larmes coulaient, car je savais qu’une fois seule, l’anorexie allait me dévorer d’autant plus. 

Et c’est à partir de la mi-janvier que j’ai connu une faim extrême très “violente”. En réalité, je dis “violente” mais tout est relatif. De mon point de vue, en tant que personne souffrant d’anorexie, c’était violent. Mais en vérité, aujourd’hui en prenant du recul, je sais que c’était totalement mesuré avec le passé restrictif et les carences d’énergie que mon corps subissaient.

Sauf que je rappelle, je ne savais ABSOLUMENT pas ce qui se passait, je connaissais pas la faim extrême. Je ne comprenais pas mon corps. Je n’avais pas faim mais je ne pouvais rien faire d’autre que manger. Même quand physiquement j’avais super mal au ventre, je continuais de manger.

Je comprenais quand même que mon corps était restreint, alors j’essayais d’augmenter mes apports mais en vain, cela m’ouvrait toujours plus l’appétit. Et comme je ne m’autorisais pas à acheter quoi que ce soit sur quoi je pourrais “craquer”, j’allais dans les boulangeries, les magasins pour acheter de la nourriture à manger. Et j’allais vers tous les aliments que je redoutais : des céréales, des gâteaux, des muffins, des viennoiseries, de la glace, etc. Tout ce qui était sucré me donnait envie. Je ne comprenais pas comment je pouvais avaler autant, j’avais extrêmement mal au ventre, j’avais la sensation que j’allais exploser et pourtant, je continuais de penser à manger, et j’achetais, et je mangeais… 

J’ai dépensé TELLEMENT d’argent durant cette phase-là. Mais je ne calculais pas, je n’étais plus moi-même.

En fait, je ne voulais pas acheter ces aliments qui me donnaient envie parce que je ne voulais pas me l’autoriser. J’étais persuadée que si je les avais chez moi, je compulserais d’autant plus. En réalité, cela augmentait le caractère restrictif de ces aliments, ce qui engendrait encore plus de faim extrême. 

Comme je ne les avais pas chez moi mais que j’avais terriblement faim, à chaque fois, ça se passait dans la rue. J’achetais en me disant que je ne devrais pas. J’étais dans un état de stress… Je commençais toujours par les boulangeries car le pain, c’était ce que je pouvais m’autoriser à peu près. J’achetais un premier pain dans une première boulangerie. Je croquais quelques crocs dedans. Je le jetais, puis je retournais dans une autre boulangerie faire la même chose mais avec un autre type de pain. J’avais besoin de goûter à tout ce que je ne mangeais plus, tous ces types de pain qui me donnaient envie. Dans la queue, lorsque je réfléchissais à ce que j’allais acheter, j’étais perdue face au choix qu’il y avait. C’est comme ci il fallait absolument que ce que je mange soit incroyable en bouche. Pourtant, lorsque je le mangeais, je ne savourais même pas.

Je mangeais de plus en plus à chaque nouvelle boutique que je faisais. Pourtant, je ne ressentais jamais cette sensation de satiété. J’avais toujours ce besoin de manger, alors que je n’avais pas l’impression d‘avoir faim. C’était super ambivalent.

Je mangeais en stress, debout, en marchant et en pensant à ce que j’allais manger juste après. Après les boulangeries, je passais aux rayons de supermarché où j’achetais des gâteaux, des céréales. Et je faisais la même chose qu’avec le pain : je n’en mangeais qu’un peu, je croquais dans quelques biscuits puis je jetais pour recommencer l’achat. Et enfin, j’allais dans des Starbucks ou des Nothing Hill Coffee pour acheter des cookies, des muffins. Et c’était ça ce que je voulais vraiment en fait : les muffins, les cookies qui me donnaient vraiment envie depuis le début, mais que je ne m’autorisais pas.

Dans le fond, je le savais. Mais pourtant je recommençais le même schéma.

Et ça, je le répétais tous les 2 jours.

lille-anorexie

(Je sais que ça faisait beaucoup de gaspillage alimentaire la façon que j’avais de faire mes compulsions. Et je peux te dire que j’aurai aimé ne pas le faire. Mais c’était plus fort que moi. D’ailleurs ça m’était déjà arrivé de donner mes restes à des sans abris.)

J’ai tellement fait de compulsions dans certaines rues qu’il y a des rues où mon corps se souvient et je me sens mal en les traversant de nos jours. Pour ceux qui connaissent Lille, c’est notamment les rues Faidherbe, Nationale et la rue de Béthune. C’est dommage parce que c’est un peu le centre de Lille donc quand j’y retourne parfois (ce qui est rare du coup), je suis presque obligée d’y passer. Bref.

J’étais une fille très studieuse, très pro. À ce moment-là, j’étais en Master d’une école de commerce. Je faisais 3 semaines en alternance et 1 semaine de cours. Lorsque j’étais à l’école, je dévalisais les distributeurs automatiques. J’avais tellement honte : la fille qui paraissait anorexique et ne bouffait rien se met à manger des gâteaux par dizaine. Voilà ce que je me disais que les autres pensaient.

Et les 3 semaines où j’étais en alternance, je bossais à la Voix du Nord qui se trouve sur la Grande Place, au centre quoi. Donc je partais plus tôt de chez moi pour avoir le temps de faire ma compulsion. C’est comme ci je la prévoyais même si je ne le voulais pas, c’était super ambivalent.

Un jour, je me suis arrêtée de faire ma compulsion pour aller au boulot parce qu’il était l’heure. Mais une fois arrivée au boulot, j’avais encore tellement envie de manger que je suis repartie en laissant toutes mes affaires. J’ai averti ma manageuse que j’avais quelque chose à faire et que je revenais d’ici 15 minutes. +1h30 plus tard, j’ai pris mon portable et vu une dizaine d’appels de mon équipe. Je n’avais même pas vu le temps passer tellement j’étais dans un état second. Pour dire à quel point la faim extrême avait une puissance sur moi incroyable.

J’étais comme dans un état second pendant ces moments de “crises”. Et ça devait se voir : je me souviens du regard des autres. Certains devaient connaître et me regarder avec empathie. D’autres me regardaient comme ci j’étais folle. Et j’avais vraiment la sensation d’être folle à vrai dire. Et puis il y a les gens qui travaillaient dans les boulangeries, les magasins et les salons de thé dans lesquels j’allais toujours. Parfois j’allais 2 ou 3 fois dans ces enseignes le même jour, à quelques minutes d’intervalle. J’avais tellement honte…

Je rentrais chez moi épuisée, comme-ci une tornade venait de me dévaster de l’intérieur. Je me retrouvais seule dans mon appartement avec toute la culpabilité qu’il soit. J’appelais ma mère en pleurant. J’avais des douleurs horribles au ventre qui ne m’aidaient pas à accepter ces compulsions. Je me sentais énorme, sale d’avoir mangé tout ça. Mon corps me dégoutait, la nourriture me dégoutait. Je ruminais constamment en repensant à tout ce que j’avais mangé. Et j’établissais un plan pour contrebalancer tout ça avec de la restriction et du sport. Et j’enchaînais souvent avec de nombreuses heures de compensation. Évidemment, “grosse erreur” mais le trouble alimentaire était encore trop fort et je n’avais pas les bonnes clés pour y faire face.

J’étais à bout, épuisée, seule. Je me demandais comment je pourrais arrêter ce cercle vicieux infernal de la compulsion/restriction. Et c’est là que j’ai demandé une nouvelle hospitalisation, en février, en me disant que j’avais besoin de me sevrer de mes crises. J’étais persuadée qu’il s’agissait de boulimie. 

Évidemment, durant l’hospitalisation, impossible de faire ces crises puisque tous les repas étaient supervisés. Mais à peine 15 jours après être sortie de ces 3 mois d’hospitalisation, les crises sont revenues.

Nous étions en Juin 2018, j’avais rendu mon appartement. Donc cette fois, j’habitais chez mes parents. Donc plus à Lille, plus en ville. Et là, lorsque ça me prenait, je partais en voiture dans les magasins les plus proches et je reproduisais exactement la même chose qu’en janvier dernier. J’achetais plein de choses que je mangeais dans ma voiture. Je parcourais des kilomètres pour tester plein d’enseignes différentes. 

J’étais chez mes parents et ma mère achète pas mal de gâteaux pour les goûters de mes neveux. Un soir, alors que j’avais déjà fait une compulsion au matin, j’ai commencé à dévorer tous leurs goûters. Et c’est là que j’ai commencé à manger aussi ce qui se trouvait chez mes parents. C’est de là aussi que de 1 crise par jour, je suis passée à 2 voire 3 crises quotidiennement. Ma journée se résumait entre faire une crise, dormir, pleurer, faire une crise, dormir, pleurer, etc. 

(Je précise juste que je ne me suis jamais faite vomir pendant cette période. Plus tard j’aurai essayé mais genre 3 ou 4 fois. Donc c’était pas du tout quelque chose de récurrent. Je le précise car souvent quand on entend « crise » on pense à vomissement après. Mais c’est pas automatique la preuve. Et j’emploie le terme « crise » mais c’était de la faim extrême. Et comme je n’acceptais pas de répondre à cette faim extrême, ça se transformait en ce que j’appelle des crises tellement les émotions étaient intenses.)

J’avais des comportements dont j’avais tellement honte : je mangeais toujours de cette façon bizarre, de croquer un bout puis de le jeter, tellement je culpabilisais en fait. Mais comme j’étais chez moi, il m’arrivait très souvent de récupérer dans la poubelle ce que j’avais jeté au-dessus pour continuer de le manger. Parfois, je me levais la nuit pour manger. J’essayais de faire le moins de bruit possible parce que mes parents dormaient et qu’une fois ma mère s’était levée. J’avais tellement honte… 

D’ailleurs, mes parents ne savaient pas comment réagir. J’étais presque passée de manger que des fruits et légumes à ne manger que des aliments sucrés et gras. Mon père une fois m’avait dit “Mais tu devrais manger un peu plus de légumes et de fruits, c’est meilleur pour la santé…”. Évidemment, très difficile à entendre mais ils ne connaissaient pas non plus ce que je traversais.  

Je ne savais plus quoi faire. J’avais la sensation que ça ne s’arrêterait jamais.

J’avais demandé à ma mère de me prendre tout mon argent, ma carte bleu. Mais j’avais fini par réussir à voler. Je lui avais dit de m’empêcher de partir de la maison, j’avais fini par fuguer par la fenêtre. Je lui disais de cacher tout ce qui pouvait me donner envie. J’ai fini par “retourner” la maison pour trouver ces gâteaux que j’avais tellement envie.

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Je voyais que mon corps commençait à changer, je ne rentrais plus dans mon Jean’s. J’avais terriblement peur. Je me disais que ça y est je reprenais du poids, je mangeais tous ces aliments. Donc mon corps devrait ne plus en avoir besoin. Mais non, ça continuait. J’avais terriblement peur que ça ne s’arrête jamais, que je grossisse indéfiniment.

Je ne pouvais pas compter mais je sais qu’approximativement, j’allais parfois jusqu’à 10 000 calories par jour. Je ne pensais qu’à manger, du matin au soir. Et j’étais attirée par du sucré, tout le temps. Je pensais que je devenais addict au sucre, que je devenais une mangeuse émotionnelle, hyperphagique. Au plus le temps passait, au plus je me disais que c’était en fait peut-être juste une mauvaise habitude que j’avais prise. 

À chaque repas, même en plein milieu de la journée, je mangeais d’énorme quantité. Je me demandais si j’avais vraiment faim. Pour moi je n’avais pas faim vu tout ce que j’avais mangé, de toutes les douleurs que je ressentais au ventre. À chaque fois que je faisais une crise, je me disais que c’était la dernière. Mais ça n’était jamais la dernière…

Mais la faim extrême est normale

Sauf que tout ça, tout ce que je viens de te raconter, c’est NORMAL.

Et c’est même prouvé scientifiquement, comme j’en parle dans l’expérience menée dans le Minnesota !

Je dis pas qu’il faut que tu passes par là absolument pour guérir. Certaines personnes ne connaissent pas la faim extrême comme je te l’ai dit. Certaines personnes ne la connaissent qu’un peu. Enfin, la façon dont je l’ai vécu n’est clairement pas la façon dont tout le monde le vit. Et d’ailleurs, si je l’ai vécu d’une façon aussi  “violente” c’est parce que je ne l’acceptais pas et que je répétais des erreurs que j’ai compris avec le temps.

Mais je te dis cela pour que tu saches que si tu te reconnais dans ce discours, tu n’es pas anormal. C’est une réponse biologique de ton corps face à tout ce que ton TCA a causé sur ton corps. 

Parallèlement à tout ce que je t’ai raconté là, et surtout depuis Juillet 2018, j’ai commencé à vraiment mettre en place des choses pour ma guérison : 

  • J’étais accompagnée par une psychiatre, je suivais également une TCC (Thérapie Cognitivo-comportemental) où j’ai travaillé sur mes problématiques de faim extrême avec des exercices concrets.
  • J’ai mis en place des petites actions, essayé des choses que je lisais dans des bouquins.
  • J’ai lu beaucoup beaucoup de revues scientifiques, académiques ou autres bouquins pour m’expliquer le fonctionnement du corps humain, les mécanismes du cerveau.
  • J’ai mieux compris la faim extrême, comment je devais agir, les actions que je faisais qui me maintenaient davantage dans la faim extrême…

Alors ça ne s’est clairement pas fait du jour au lendemain, rien n’a été magique et ça n’a pas disparu d’un coup. Cela m’a demandé un vrai travail sur moi-même, sur mes croyances erronées, sur mon rapport au corps, sur le fait de répondre aux besoins réels de mon corps, sur un changement d’état d’esprit quant à la faim extrême.

Mais une chose est sûre, c’est que toutes ces informations que j’ai apprises, toutes ces prises de conscience et actions que j’ai mises en place m’ont clairement aidé à accepter et à surmonter ma faim extrême. 

Alors petit à petit, la faim extrême s’est estompée jusqu’à totalement disparaître. Parfois elle revenait, mais d’une façon beaucoup moins “violente” et je savais comment réagir, comment mieux l’accepter pour m’assurer qu’elle ne revienne pas, que mon corps ait obtenu réponse à ses besoins.

 

Mais comment je pourrais faire pour t’aider ?

Nombreux d’entre-vous m’ont envoyé des messages me parlant de la faim extrême et du fait que vous n’arriviez pas à la gérer. 

Nombreux d’entre vous aviez 1000 questions auxquelles vous ne parvenaient pas à répondre. Et peut-être que t’en fait partie. 

Mais c’était impossible pour moi de répondre en 1 ou 2 messages, vocaux, emails. Et c’est super frustrant parce que j’ai plein de choses à dire, des conseils, des exercices à donner…

Donc c’est pour ça que je me suis plongée sur un contenu vraiment complet et qualitatif qui pourrait vraiment aider. C’est pourquoi j’ai créé le programme Pulsion de Vie pour répondre à toutes les questions que tu te poses, pour comprendre ce qui se passe dans ton corps, pour identifier les causes & déclencheurs de ta faim extrême. Je veux te donner toutes les clés pour t’aider à savoir comment gérer le moment-même où ta faim extrême se fait ressentir et gérer l’après : soit la culpabilité, tous les sentiments négatifs et effets indésirables qui arrivent à ton corps durant cette phase. 

Pulsion de vie c’est un programme de 34 vidéos, avec plus de 5h30 d’explications, de prises de conscience, de partage d’expérience des erreurs que j’ai faites et de ce qui m’a vraiment aidé. Avec ça, tu as un ebook de 60 pages où je te propose 21 exercices concrets à réaliser pour t’aider durant cette phase de faim extrême. Et en plus de ça, il y a de nombreux autres bonus. 

Je me souviens de nombreuses fois après les compulsions : J’étais dans mon lit, recroquevillée en tenant mon ventre douloureux. Je pleurais parfois, j’avais peur, j’étais perdue avec 1000 questions en tête. Et je cherchais du contenu sur internet pour m’aider. J’aurais tant aimé avoir une personne qui aurait vécu la même chose et qui s’en serait sortie. 

Alors j’ai voulu être cette personne. 

Ce programme c’est tout ce que j’aurais aimé savoir avant, toutes les réponses aux questions et aux peurs que j’avais, tous les conseils que j’ai appliqués.

Ce programme je l’ai appelé Pulsion de vie car avec beaucoup de recul, avec le temps, j’ai véritablement vu la faim extrême comme une pulsion de vie. C’est-à-dire que c’est mon corps qui voulait vivre, qui demandait l’énergie qu’il n’avait plus pour vivre. Encore une fois, c’est une faim de guérison, une faim réparatrice. 

Je te laisse découvrir tout ça si cela t’intéresse sur l’onglet programme de mon site internet norainnoflower.com ou directement en description. 

J’espère que ce témoignage t’a aidé à te sentir moins seule, à prendre conscience que tout ce que tu ressens n’est pas signe d’un manque de volonté où d’une perte de contrôle, d’une addiction au sucre ou quoi que ce soit d’autre. C’est quelque chose de complètement normal dans le cadre de la guérison d’un trouble alimentaire. N’hésite pas à me partager en commentaire ton expérience avec la faim extrême et ce que tu as pensé de mon témoignage. 

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Publié par Norainnoflower dans Faim extrême, Mieux connaître, Thérapie, 3 commentaires
Ventre très gonflé dans la guérison de l’anorexie

Ventre très gonflé dans la guérison de l’anorexie

Ventre très gonflé dans la guérison de l’anorexie

La guérison des troubles alimentaires est rude car lorsqu’on commence à se réalimenter, les difficultés sont autant mentales que physiques. Et l’une de ces difficultés justement, c’est ce ventre qui peut être très gonflé, notamment suite à un trouble alimentaire restrictif comme l’anorexie. Ce ventre gonflé peut s’accompagner de douleurs, ballonnements, gaz, constipation… qui rendent d’autant plus difficile à accepter. Je pense que je dédierai un article aux problèmes intestinaux durant la guérison !

Combien de personnes en guérison sont venues me poser des questions sur la normalité ou non d’avoir son ventre gonflé. Combien d’entre-elles sont venues me dire qu’on leur avait déjà demandé si elles n’étaient pas enceintes. On ne me l’a jamais demandé, mais j’imagine au combien ça doit être difficile… 

Si tu t’es déjà retrouvé face à l’une de ces deux questions, cet article va t’intéresser !

Je commence cet article en te disant que OUI, avoir un ventre gonflé dans la guérison de l’anorexie est complètement NORMAL. Non, ce n’est pas parce que tu manges trop. Ça, c’est ton trouble alimentaire qui te ment pour essayer de te garder plus près de la maladie. La cause générale de ce ventre gonflé, c’est ton passé restrictif. 

Mais je vais te donner de façon plus détaillée les principales causes physiologiques de ton corps. Cet article est complémentaire avec un autre où je te donne quelques conseils pour mieux vivre ces ballonnements (lien en bas d’article).

Comme souvent, avant de commencer, je t’incite à consulter un médecin qui pourra surveiller ta santé et t’apporter des conseils adéquats à ta situation, voire un traitement pour t’aider à mieux supporter les douleurs si tu en as. Cela te permettra d’ailleurs de t’assurer qu’il ne s’agit pas d’un SRI : Syndrome de renutrition inappropriée

Pourquoi as-tu un ventre très gonflé en guérison d’anorexie ?

1. Une digestion ralentie dû à la dénutrition

La première cause est due au fait que ton système digestif tourne au ralenti. Tu en as peut-être entendu parler puisque j’en parle souvent sur Instagram ! Ton corps ne recevant plus assez d’énergie pour répondre correctement à ses besoins, il est donc en mode “économie d’énergie”. De ce fait, il alloue le peu d’énergie que tu lui donnes sur des choses essentielles à ta survie (comme faire battre ton cœur par exemple). 

L’énergie allouée à ta digestion est bien en deçà de ce que tu devrais avoir. Or, la digestion demande énormément d’énergie pour bien fonctionner. C’est pourquoi tu as un ralentissement de ta vidange gastrique. On parle de gastroparésie : les mouvements de l’estomac tournent au ralenti. Les muscles de l’estomac qui se contractent pour pousser les aliments sont beaucoup plus lents pour économiser l’énergie. Ainsi, la nourriture que tu ingères reste plus longtemps dans ton système digestif. Pour te donner un ordre d’idée, une personne qui soufre d’un trouble alimentaire prend en moyenne 5 à 10 heures pour digérer contre 1 à 2 heures pour une personne en bonne santé. 

Le lien avec ton ventre gonflé ? La nourriture étant physiquement présente dans ton estomac, intestin… elle prend du volume dans ton ventre.

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2. La diminution des enzymes digestives et bactéries intestinales

“Bactérie” ?! Oui, mais des bactéries saines ! Ton intestin en a besoin, et tous les systèmes digestifs sains en ont. Tu en as naturellement et notamment grâce à ton alimentation. 

Le problème, c’est qu’avec la restriction, ton organisme ne fonctionnant plus correctement, il produit beaucoup moins de bactéries intestinales (saines du coup). Et cette diminution d’enzymes digestives et bactéries participent au ralentissement de ta digestion. On en revient au point 1 ! 

Mais pas de panique, ça revient avec le temps. En gros, comme tu n’as pas consommé ou peu certains aliments, ton estomac a arrêté de produire les enzymes spécifiques à la digestion de ces produits. Donc quand tu vas les manger à nouveau, ça peut être difficile à digérer. Mais ça ne veut pas dire que tu es devenu allergique à ces aliments ou que tu es intolérant, ça veut dire que ton corps a besoin de s’habituer à nouveau. Donc ce n’est pas agréable les premières fois, mais il faut continuer de les manger pour “entraîner” ton système digestif. L’arrêt total de ces aliments serait bien pire et renforcerait cette “intolérance passagère”. 

(Attention, il existe tout de même des vraies intolérances et allergies alimentaires. Donc, je te recommande comme d’habitude d’avoir un suivi avec des professionnels de santé qui sauront de donner un diagnostic). 

De plus, si tu as recouru à des vomissements ou prise de laxatifs, cela vient également impacter négativement ta flore intestinale. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

3. La faiblesse de ta zone abdominale

Lorsque le corps ne reçoit pas d’énergie suffisante, il vient puiser l’énergie en lui-même et notamment dans tes muscles. C’est pourquoi on entend souvent parler d’une “fonte des muscles” dans le cadre de l’anorexie mentale

De ce fait, les muscles qui se trouvent au niveau de ton abdomen, notamment tes abdominaux, ne sont parfois plus assez “forts” pour maintenir le ventre, qui semble alors distendu. 

Et ne te dis pas que du coup, il faut que tu fasses 50 abdos par jour ! Même pas 10, même pas 1 en fait. Ce n’est pas ça qui va t’aider dans ta guérison ni même pour “cacher” ton ventre. 

Ce qui m’amène à mon point suivant…

4. L’hyperactivité à l’origine de ton inconfort digestif

L’hyperactivité impact également ton système digestif. L’hyperactivité diminue la production d’enzymes digestives et d’acide gastrique, entraînant un ralentissement de la mobilité intestinale. L’acide gastrique aide à la décomposition, digestion et absorption des nutriments provenant de la nourriture que tu ingères. 

Dans la cadre de la guérison d’un trouble alimentaire, le sport et même l’activité physique en général sont vécues comme un stress pour le corps. L’énergie qui est allouée à l’activité physique, c’est de l’énergie en moins pour la digestion et plus globalement pour aider ton corps à guérir. Le repos est tout aussi important que l’alimentation. Ton organisme en a besoin. Tu n’es pas paresseux quand tu t’autorises à répondre aux besoins de ton corps !  

Donc non, faire des abdos en te disant que du coup ton ventre sera plus musclé c’est WRONG WAY. Tu dépenseras de l’énergie (que tu as déjà en quantité limitée) pour de l’activité physique. C’est de l’énergie en moins pour ta digestion, ce qui renforce tes ballonnements et c’est alors un cercle vicieux.

5. Et l’impact du stress sur ton ventre, on en parle ?

Les troubles alimentaires vont souvent de paires avec l’anxiété. Lorsqu’on va à l’encontre du TCA, on sort de sa zone de confort. L’anxiété se fait ressentir puissance 1000. Et c’est lorsque c’est difficile que l’on est sur le bon chemin. Mais ce stress n’est clairement pas simple à gérer pour ton petit estomac.

Lorsque tu stresses, ton système nerveux sympathique s’active. Donc ton cerveau se met en mode “combat”. C’est ce même système qui s’active si jamais tu es en danger. Par exemple, si un animal se met à t’attaquer, ton cerveau te dit de courir, de prendre la fuite. Donc, lorsque tu angoisses, le peu d’énergie que ton organisme a, il le concentre sur ta survie, il est prêt à combattre, à te protéger. Donc encore une fois, c’est de l’énergie en moins pour ta digestion, ce qui la maintient dans une digestion lente. 

Alors évidemment, la solution serait de s’alimenter de façon décontractée. Mais je sais très bien que ça, c’est la théorie. Moi-même, j’étais constamment angoissée, j’avais 1000 questions dans ma tête, des peurs plus incohérentes les unes des autres… Bref, je ne te juge absolument pas.

Par contre, avant les repas, j’avais pris l’habitude parfois de me masser la mâchoire pour me détendre le visage, ou de prendre quelques inspirations profondes avant. Cela te permet de mettre ton cerveau dans les bonnes conditions au moment des repas. Tu peux par exemple faire une séance de 1 ou 2 minutes de cohérence cardiaque. Je t’avais parlé sur Instagram de l’application Respire. Elle est gratuite. 

Manger moins pour un ventre moins gonflé : la mauvaise idée

Peut-être que tu te dis que tu devrais diminuer ta ration pour que ton système digestif soit moins en galère, pour diminuer ces ballonnements et ce ventre gonflé.  

La seule chose bénéfique que ça aura, c’est un soulagement TEMPORAIRE. Vraiment, temporaire. Les bénéfices ne durent qu’un temps. Tout comme toutes les actions qui émanent de ton TCA. 

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Mais si l’on se positionne d’un point de vue de ta guérison, en mangeant moins, tu ne donnes pas l’énergie nécessaire à ton corps pour guérir. De plus, ton système digestif a besoin d’être “entraîné” justement avec des quantités plus grandes. C’est ainsi qu’il aura l’énergie pour produire les bactéries et enzymes nécessaires à ta digestion, qu’il pourra reconstituer tes muscles, relancer le système digestif, etc. Et c’est comme ça justement qu’à termes, les ballonnements et ton ventre gonflé vont s’estomper.

Mais combien de temps ça va durer ?

Ça je ne peux pas y répondre, et personne à vrai dire. Parce que chaque personne vit son propre chemin de guérison. Il n’y pas de temporalité exacte. Le ventre gonflé s’estompera à mesure que ton corps sera re-nourrit, qu’il aura assez d’énergie pour digérer convenablement. Mais une chose est sûre, c’est que ça ne restera pas à vie, je te rassure !  

C’est temporaire. Et c’est difficile de le voir comme ça, mais c’est un signe positif de la guérison. Cela veut dire que ton organisme se bat contre le TCA, qu’il est en train de guérir. 

J’espère que ces explications t’aident à mieux comprendre pourquoi ce ventre gonflé est totalement normal dans la guérison de ton anorexie mentale. Et d’ailleurs non, ce n’est pas un cumul de graisse soudain après tes repas. 

Il n’existe pas de traitement spécifique pour ce symptôme. Mais je t’invite à lire l’article où je te donne 8 conseils pour t’aider à mieux accepter ton ventre et atténuer l’inconfort des ballonnements occasionnés par la renutrition.

Et n’oublie pas que c’est temporaire, ça s’améliore au fil de la guérison et tu as besoin de manger, d’énergie, de repos pour aider ton corps à digérer. Même si ta première réaction (ou que ton trouble alimentaire te dit) est de moins manger, la seule solution est justement de t’alimenter plus. Tu dois passer à travers cette étape de la guérison, c’est nécessaire, c’est un signe positif que ton organisme fonctionne bien. Comme je te dis souvent, fais confiance à ton corps. S’il agit ainsi, c’est qu’il en a besoin.

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Syndrome de renutrition inappropriée dans les troubles alimentaires

Syndrome de renutrition inappropriée dans les troubles alimentaires

Syndrome de renutrition inappropriée dans les troubles alimentaires

Tu l’as peut-être entendu sous un autre nom, comme syndrome de réalimentation, ou refeeding syndrom qui est la traduction anglaise du terme Syndrome de Renutrition Inappropriée. Pour aller plus vite, j’utiliserai parfois l’abréviation SRI

J’ai un peu hésité à faire cet article de blog car c’est quand même très médical comme sujet. Donc j’avais un peu peur aussi de vous faire peur. Mais en même temps, c’est aussi un sujet que vous m’avez demandé à plusieurs reprises. Donc, je me suis documentée à fond sur ce sujet, j’ai lu des revues académiques et scientifiques pour te donner le maximum d’information et t’expliquer de quoi il s’agit. Et du coup, je te donne toutes mes sources en bas de cet article.

⚠️ Cependant, je commence quand même par un disclaimer : je rappelle que je ne suis pas médecin, pas infirmière. J’ai pas fait d’études dans le domaine médical. Mais je te donne mon expérience en tant qu’ex-anorexique, survivante des troubles alimentaires. Et je passe beaucoup de mon temps à lire et à me renseigner sur des sources fiables. Mais je recommande toujours d’être accompagné par des médecins spécialisés, même le médecin traitant au moins. Mais c’est très important que tu aies un suivi de ta santé pour s’assurer que tu ne sois pas en danger. J’ai moi-même été suivi par une équipe médicale et c’est pour moi indispensable.

Le syndrome de renutrition inapproprié : c’est quoi ?

Ce terme a été utilisé pour la première fois dans le contexte de la 2nd Guerre Mondiale concernant les victimes des camps de concentration. Ils ont subi pendant une longue période de la restriction sévère forcée ou leurs apports étaient bien en deçà de leur besoin. Et lorsqu’ils sortaient des camps, ils se sont mis à remanger de grandes quantités puisqu’ils étaient affamés. Sauf que malheureusement, à cette époque, la médecine n’était pas aussi évoluée. Et certains d’entre eux sont décédés en remangeant, suite à un SRI justement. Et moi, c’est en cours d’histoire, en Première au lycée que donc j’ai entendu ça pour la première fois. Et ça m’avait tellement choquée que je me souviens encore la place où j’étais assise dans la classe que je l’ai su !

Donc on parle de syndrome de renutrition inappropriée pour désigner des réponses corporelles chez des personnes qui souffre de malnutrition et qui augmentent d’un coup leur apport nutritionnel calorique, soit volontairement de façon orale ou entérale (par sonde naso-gastrique) ou parentérale (perfusion intraveineuse). Mais c’est pas “dédié” aux patients qui souffrent de troubles alimentaires. Cela peut se produire aussi chez des personnes alcooliques, après un cancer ou d’autres maladies occasionnant une malnutrition. Je donnerai plus tard dans l’article les facteurs de risque qui déclenchent un SRI.

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser dès maintenant que le SRI est un phénomène quand même rare ! Je dis ça parce que je pense que beaucoup d’entre vous en ont peur. Et de ce fait, ça peut te bloquer dans ta renutrition. Après, c’est pas parce que c’est rare que ça ne doit pas être pris au sérieux. Et pour cause, c’est l’une des complications les plus graves qui peut arriver pour les patients atteints de TCA, notamment d’anorexie. Et ça peut même être mortel.

Qu’est-ce qui se passe dans le corps pour déclencher un sri ?

C’est là qu’on arrive sur des explications bien médicales et assez complexes, je trouve. Donc moi, je vais vulgariser le plus possible les choses pour les rendre compréhensibles. Mais si tu veux vraiment en savoir plus, je te laisse toutes mes sources en bas de l’article. Après, mon avis c’est que tu n’as pas besoin de savoir en détail ce qu’il se passe pour comprendre.

Je vais partir d’un corps en bonne santé : 

Il va décomposer les aliments ingérés et les convertir en énergie pour faire fonctionner le corps (les cellules, les tissus, les organes…). Ici, on dit que le corps est donc dans un état anabolique.

Pour un corps qui est restreint, il reçoit beaucoup moins de nourriture, en deçà de ses apports nécessaires et de ses besoins. Il a donc moins d’énergie. Sauf qu’il a besoin d’énergie pour survivre. Donc des changements dans le fonctionnement corporel vont se faire. Entre autres, le corps va décomposer ses propres muscles par exemple pour les convertir en énergie. Là, on dit que le corps est en état catabolique. C’est certainement ton cas si tu souffres d’un trouble alimentaire restrictif. De plus, le corps développe des carences et voit s’épuiser ses stocks de minéraux, vitamines et nutriments importants à son bon fonctionnement. Ceux dont vont notamment impacter le SRI sont les suivants : les taux de potassium, thiamine, glucose, phosphore, magnésium, sodium et azote. 

Lorsque le corps est à nouveau nourri, qu’il sort de la restriction, il revient à son état anabolique. Sauf qu’un changement trop brutal peut entraîner des changements métaboliques et hormonaux.

En gros, si j’ai bien compris : la réalimentation entraîne une augmentation de l’insuline dû à l’augmentation des glucides. Cela stimule la synthèse de glycogène qui nécessite l’utilisation des vitamines et minéraux dont on a parlé juste avant, qui sont déjà presque épuisés. De ce fait, des changements s’opèrent au niveau métabolique entraînant un déséquilibre électrolytique et hydrique (de liquide). De là, le corps connait une diminution brutale du phosphate, du potassium et du magnésium. Alors que ce sont déjà des éléments en carence.

En vrai, c’est clair ce que je dis ? J’ai l’impression que c’est quand même assez compliqué ! Mais comme je te disais, tu n’as pas besoin de comprendre exactement ce qu’il se passe pour te renourir en toute sécurité.

Les symptômes d’un sri : comment le reconnaître ?

Les symptômes non exhaustifs cités sont les suivants :

  • Fatigue
  • Se sentir faible
  • Confusion, désorientation
  • Irrégularité des battements du cœur (avec risque d’arrêt cardiaque)
  • Difficulté respiratoire
  • Pression artérielle élevée
  • Œdèmes 
  • Coma
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Mais je pense que cela dépend de ton état de malnutrition, et ça dépend de chaque personne. En tout cas il ne faut pas avoir tous ces symptômes pour que ce soit un SRI. Mais ces symptômes sont très graves et si tu en ressens un, je te conseille vivement d’en parler à ton médecin pour que ta santé soit sous surveillance.

⚠️ Dans tous les cas, au moindre doute, parles-en à ton médecin. Il vaut mieux faire de la prévention, comme on dit “il vaut mieux prévenir que guérir”. Tu n’as qu’une vie !

Quels sont les facteurs de risques à développer un syndrome de renutrition ?

Les “critères” ou plutôt facteurs de risques énumérés dans les différentes sources présentées en bas d’article sont les suivants : 

  • Patient souffrant d’anorexie mentale
  • Patient ayant un Indice de Masse Corporelle (IMC) inférieur à 16. 
  • Patient qui ne s’alimente plus ou peu depuis 5 à 10 jours (certains parlent de moins de 1000 calories quotidiennement)
  • Patient recourant à de la purge (diurétique, laxatif)
  • Patient présentant des résultats sanguins avec de faibles taux de magnésiums, phosphate (hypophosphatémie : faible teneur en phosphate), potassium
  • Patient qui a connu une perte du poids rapide
  • Patient ayant un antécédent avec l’alcool, la chimiothérapie ou l’insuline

Je tiens à préciser qu’il ne faut pas être dans un état de malnutrition sévère ou en insuffisance pondérale pour déclarer un SRI. Je veux dire que si tu consommes moins de 1000 calories par jour pendant rien que 5 à 10 jours puis d’un coup 2000 ou 3000 calories, ça peut être trop brutale pour ton organisme. C’est pas une question d’intensité ou de poids. Tout simplement parce que ton corps n’est plus habitué à recevoir cette quantité dans l’alimentation que tu lui donnais.

Le SRI survient généralement dans les premiers jours de réalimentation. Certaines sources parlent de 24 à 72 heures, d’autres de 5 jours. Donc apparemment, si cela fait plus longtemps que tu te réalimentes, les dangers sont beaucoup plus faibles voire sont inexistants. Encore une fois, je te conseille fortement d’avoir un suivi avec un médecin qui lui seul saura t’apporter un diagnostic et surveillera ton état de santé. 

Comment prévenir le développement d’un sri ?

Je le redis au risque de me répéter, mais je conseille plus que fortement d’être accompagné par un médecin. C’est vraiment super important pour ta santé. 

C’est important d’avoir une surveillance médicale avec des analyses régulières de ton sang et de tes electrolytes & liquide soient faites. 

Les sources données indiquent également la réintroduction progressive de l’alimentation. C’est effectivement le traitement que j’avais eu lorsque j’ai été hospitalisée.

Le nombre de calories était augmenté par palier de 100 à 200 calories tous les 2-3 jours. Puis j’avais des analyses tous les 2-3 jours pour voir si mon corps réagissait bien et que donc on pouvait maintenir l’augmentation. 

L’idée est d’augmenter par palier jusqu’à atteindre 2000 calories, donc ça doit se faire sous 10 jours approximativement. 

Mais ça, c’est clairement de la théorie dans les revues scientifiques. Après, c’est ce qui est en effet fait à l’hôpital. Mais bon, je trouve que ça oblige donc à calculer ces calories et c’est pas top. Parce que, sans faire de généralité, les personnes qui souffrent de TCA ont tendance à être perfectionniste et vont vraiment compter à la calorie près.

renutrition-sri-anorexie-trouble-alimentaire

Donc encore une fois, le mieux c’est que tu aies un suivi avec des médecins spécialisés, notamment sur ta nutrition, avec des diététiciens, pour que ce soit géré par des professionnels plutôt que ce soit une source de stress en plus pour toi.

Il me semble qu’à l’hôpital j’avais aussi des compléments de vitamine à côté pour aider mon corps à se remettre en route en gros. 

Mais après, je peux pas te dire combien tu dois reprendre de calorie par jour. C’est vraiment au cas par cas. Donc les revues scientifiques, académiques c’est bien mais la réalimentation, c’est personnalisé. Ça dépend de chacun, de ton organisme, de ton poids, de tes taux sanguins… et là-dessus, une aide de la médecine est indispensable. C’est tellement “touchy”, parce que même si c’est rare ça reste potentiellement mortel, donc vraiment ne prend pas ça à la légère et sois encadré. 

Je parle aussi de cette expérience dans un épisode de podcast : 

Et du coup, moi : mon histoire avec le sri

Est-ce que j’ai fait un syndrome de renutrition inapproprié ? Eh bien, je pense qu’il y a des contenus où j’ai dû écrire que oui. Parce que je le pensais sincèrement et que l’on m’a dit ça même ! 

Je vais te raconter mon histoire en entier pour que tu puisses avoir tous les tenants et les aboutissants.

Je me souviens de ce jour-là avec beaucoup de précision. C’était le 25 Mai 2017, un jeudi. C’était l’ascension donc c’était férié. Et franchement HEUREUSEMENT. Parce que sinon j’étais dans mon appartement à Lille, seule. Et là, j’étais toute la journée chez mes parents. Je sais pas si c’est la vie qui est bien faite ou si c’est mon corps qui a compris que là il pourrait demander de l’aide. Mais c’est arrivé ce jour-là.

Une précision important à t’apporter, c’est le fait que 3 jours plus tôt j’avais été aux urgences dans la nuit prise de douleurs atroces au niveau de l’estomac. Expérience assez catastrophique dans cet hôpital où ils ont perdu mes analyses, j’y dû les refaire pour qu’au final, ils me disent que j’avais une gastro. Je suis sortie toujours avec un grand mal au ventre. Le mercredi, le mal de ventre s’était à nouveau fait ressentir dans l’après-midi.

refeeding-syndrom-sri-anorexie

Bref, toujours est-il que j’étais étudiante, en Master 1 en école de commerce et alternante en même temps. Donc j’avais un rythme de vie assez intense. Ce jour-là, jour férié, j’avais prévu de bosser sur mes cours. Donc, je me lève tôt comme d’habitude. Je suis le genre de personne qui se lève au premier retentissement de son réveil. Mais pas ce matin-là. Je m’étais même surprise à rappuyer sur le bouton “réveil moi dans 10 minutes”. 

Je me souviens que quand j’ai décidé de me relever, je me suis d’abord mis au bord du lit en me disant “Allez Mathilde, tu peux le faire, faut que tu marches jusqu’à la cuisine, t’en as pour 10 pas à peine”. Vraiment, d’habitude je suis une personne super vive, même à 6 heures du matin quoi.

J’ai compris qu’il y avait un truc qui n’allait pas. Je me souviens m’être dit “Merde, ça y est, mon corps me lâche”. Quand j’étais anorexique, je voulais que mes parents me laissent tranquille donc je ne voulais pas qu’ils s’inquiètent pour moi donc généralement, je ne disais rien. Mais ce matin-là, la première chose que j’ai dite en me levant à mes parents qui déjeunaient dans la cuisine, c’était “Je me sens pas bien du tout”. Je crois que j’ai été prise d’une peur ce jour-là : la peur de mourir. 

Du coup, j’ai décidé de manger exactement comme mes parents. D’habitude le matin, je mangeais un yaourt et une demi-pomme (ce qui est clairement pas assez !!). Ce jour-là, j’ai mangé un bon bout de baguette avec du Nutella. Très vite, j’ai eu extrêmement mal au ventre. Je suis partie m’allonger dans mon lit où je travaillais sur mes cours. Sauf que je n’arrivais pas trop à garder ma concentration sur mes cours. J’avais toujours cette peur que mon corps était en train de me lâcher. J’envoyais des messages à ma sœur en lui disant que je prenais conscience qu’il fallait que je me soigne. Et je lui disais dans un message que j’avais même peur qu’il ne soit trop tard. 

Arrivé l’heure du midi, même chose qu’au petit-déjeuner, j’ai pris exactement la même chose que mes parents. Ma mère avait préparé de la viande de bœuf, il me semble, avec des lentilles et des légumes, je crois. J’essayais vraiment de manger mais je n’arrivais pas trop. Mais là, c’était pas la peur des aliments. Bizarrement, je n’avais pas peur de l’aliment mais plutôt peur que mon corps me lâchait. Donc je me forçais, mais j’avais tellement mal au ventre. La douleur s’intensifiait. Ma mère m’a aidé à marcher jusque dans mon lit. Je hurlais de douleur tellement c’était insupportable. Et je pense qu’il devait être aux alentours de 14 heures quand ma mère a dit à mon père qu’on allait aux urgences. Du coup, pas aux mêmes urgences que 3 jours plus tôt.

Heureusement, on était à 15 minutes de ces urgences. Mais tout le long de la route j’avais horriblement mal. Les urgences, c’est pas fun. Les urgences un jour férié, ça l’est encore moins. Il y avait beaucoup moins de personnel j’avais l’impression. 

Arrivée aux urgences, j’ai commencé à vomir involontairement. J’étais allongée dans un brancard. Je me sentais de plus en plus faible, j’avais l’impression que mon cœur s’essoufflait. Je crois avoir le souvenir qu’une infirmière est venue poser une pastille rouge sur mon dossier. Et de ce fait, je suis passée un peu en priorité. 

Je vomissais beaucoup. Ça demandait un effort incroyable je crois pour mon corps qui était épuisé. J’avais l’impression qu’à chaque fois que je vomissais, mon cœur ralentissait un peu plus. Et cette douleur au ventre… 

Ce jour-là, ce moment-là, j’ai vraiment cru que j’étais en train de mourir. Sincèrement, je me suis dit “merde, les médecins avaient raison en fait, on peut en mourir”. La veille, j’étais en train de bosser en entreprise, je marchais dans la rue. Enfin, jamais j’aurais cru quoi ! Et j’ai même dit à mes parents que ce n’était pas leur faute, qu’ils avaient tout fait pour m’aider. Je leur disais au revoir en fait…

Bon, du coup, spoiler : c’était pas mon heure ! Sinon je ne serais pas là en train d’écrire ça. Mais franchement, ça a été trèèèèèès long avant qu’on trouve ce que j’ai. Comme j’avais vomi involontairement, j’avais moins mal au ventre. Mais j’étais quand même pas bien du tout. C’est genre vers 1 ou 2 heures du matin qu’ils ont posé un diagnostic, après des prises de sang, des radios, etc.

À ce moment-là, j’avais pas tout compris. Parce que je n’étais pas en état. Mais on m’avait dit que c’était suite à la renutrition que j’avais fait, suite à mon anorexie. Et je suis presque certaine qu’on m’a parlé d’un syndrome de renutrition. Voilà pourquoi je pensais que j’en avais fait un ! 

Sauf qu’en faisant cet article, j’ai repris le courrier de ma sortie d’hôpital et du coup, j’ai vu que ce n’était pas exactement ça ! 

Je vous dis exactement ce qui était écrit : “On note un syndrome de la pince aorto-mésentérique suite à une réalimentation en raison d’une dilatation gastro duodénale.”

Du coup, en lisant ça, j’ai été voir sur internet ce que c’était un Syndrome de la Pince aorto-Mésentérique. Déjà le nom fait faire des gros yeux haha. Pour aller plus vite, je dirai “SPAM”.

Apparemment, c’est un syndrome assez rare qui peut subvenir chez des patients en dénutrition sévère ou en conséquence d’un hypercatabolisme, notamment pour les patients qui ont connu une chimiothérapie ou une chirurgie lourde. 

Et du coup c’est une obstruction duodénale secondaire à une pince anatomiquement acquise dû à la compression du troisième duodénum par l’artère mésentérique supérieur et l’aorte en arrière dû à la disparition du tissu graisseur périvasculaire. 

Wooow. Genre cette phrase était super longue et compliquée ! Et “duodénum” je l’ai beaucoup entendu dans la nuit du 25 au 26 Mai 2017 dans la bouche des médecins aux urgences. Sauf que j’avais entendu “Duo des Gnomes”. Genre un problème entre un couple de gnomes quoi. Bon j’en rigole aujourd’hui, pour te faire sourire, mais clairement, à ce moment-là, c’était pas une partie de plaisir.

Du coup j’ai eu une sonde pour “aspirer” il me semble ce qui était bouché dans mon système digestif. Mais c’était pas certain que ça marche. Alors c’est pas une sonde alimentaire, c’est un peu plus gros. Et c’était super douloureux la pose. Et j’ai eu ça quelques jours. Et heureusement, ça a marché ! Parce que sinon, je sais qu’ils auraient dû m’opérer mais ils avaient dit à mes parents que c’était risqué dû à mon insuffisance pondérale et à l’épuisement de mon corps.

À la suite de ces quelques jours aux urgences, j’ai été transporté en réanimation une dizaine de jours où j’ai été alimenté par sonde alimentaire cette fois-ci. Donc ils ont échangé les sondes en gros. Et après ça, moi j’ai demandé à être hospitalisée en service de trouble alimentaire où là j’ai eu une réintroduction de mon apport nutritionnel progressif et sous la surveillance des médecins.

Donc tu vois, c’est pas un “refeeding syndrom” à proprement parlé. Mais je trouve que ça y ressemble, du moins dans le fait que c’était suite à de la réalimentation et en conséquence à la malnutrition causée par mon anorexie. Mais après métaboliquement ou corporellement, ça n’était donc peut-être pas un SRI.

Voilà, j’ai terminé cet article ! J’espère qu’il t’aura aidé à comprendre les choses et la gravité des troubles alimentaires. 

Mon but c’était évidemment pas de te faire peur. Je te rappelle que c’est rare comme phénomène mais ça ne veut pas dire impossible, ni que tu es une exception et que “ça n’arrive qu’aux autres”. Jusqu’au jour où ça t’arrive à toi.

Donc, je me répète, vraiment, fais-toi accompagner de médecins, c’est super important ! 

Prends soin de toi, tu n’as qu’une santé, qu’une vie ! 

Comme promis, mes sources pour faire ce contenu :

 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 1 commentaire
Ma sélection de 11 films sur l’anorexie

Ma sélection de 11 films sur l’anorexie

Ma sélection de 11 films sur l’anorexie

Le cinéma a toujours été un excellent moyen de mettre en lumière des problématiques courantes de la vie quotidienne, des luttes de certaines minorités et… des maladies paralysantes auxquelles de nombreuses personnes sont confrontées. C’est pourquoi, on s’attend à retrouver des films sur l’anorexie ou la boulimie, et même plus globalement sur les troubles alimentaires, au cinéma.

Je suis une très grande fan de musique. Je peux clairement dire que la musique m’aide à vivre ! Parce qu’elle me fait ressentir des émotions incroyables, elle m’embarque dans un petit monde qui est le mien. Certains films ont également ce pouvoir-là sur moi. Et lorsque j’étais anorexique, je cherchais des films sur l’anorexie justement. À l’époque où j’étais malade (je dis à l’époque mais en vrai, ça ne fait pas si longtemps que ça non plus, c’était 2015-2018 surtout, il existait très peu de contenu sur les troubles alimentaires comme on peut en trouver aujourd’hui sur les réseaux sociaux comme Instagram notamment. 

Et bref, du coup, j’avais envie de trouver des films sur l’anorexie qui refléteraient ce que je vivais quotidiennement. J’en ai trouvé quelques-uns (plus anorexie que sur la boulimie d’ailleurs) et je vous les partage dans cet article !

Je commence par vous dire que globalement, je n’ai jamais trouvé un film où je me reconnaissais à 200%, où j’avais cet effet “wahouuu” de me dire “ils m’ont compris”. Je trouve qu’aucun film ne représente vraiment bien la dure réalité de vivre avec un TCA (Trouble du comportement alimentaire). Et même parfois, je trouve que certains films sur l’anorexie illustrent trop de nombreux mythes sur les troubles alimentaires contre lesquels je lutte justement.

Et petite anecdote, lorsque j’étais petite, je voulais être scénariste ! Je voulais trop mettre en scène des histoires. Et c’est quelque chose qui m’attire toujours à fond ! Et l’un de mes rêves serait de réaliser un film qui représente le combat contre l’anorexie. Ce serait pour moi une façon de montrer à ceux qui en souffrent qu’ils sont compris et que l’espoir d’en sortir est bien réel. Et cela permettrait également à la société de prendre conscience à quel point ces maladies mentales sont graves. 

Je termine cette deuxième intro (désolée je vous tease à fond haha) en précisant que je recommande fortement d’être accompagné-e lorsque vous regardez ces films sur l’anorexie. C’est pas des films de la catégorie comédie, et clairement, c’est pas fun à regarder…

Ils peuvent comporter des scènes déclencheurs d’émotions vives négatives chez vous. Et c’est toujours mieux d’avoir la possibilité de partager en direct ses ressentis avec une personne de confiance.

Les films sur l’anorexie de Netflix :

Je commence par les films sur l’anorexie que l’on trouve sur Netflix. Je sais bien que tout le monde n’a pas Netflix, mais je pense que ce sont ceux que vous pourrez trouver le plus facilement (si vous avez un abonnement). Et si vous n’en avez pas, généralement ce qui est sur Netflix, vous pouvez le louer / acheter sur YouTube.

1. To te bone

Drame – Réalisatrice : Marti Noxon – Date de sortie : 2017

La bande-annonce : 

Alors je commence forcément par celui que la plupart d’entre vous connaissent je pense. C’est l’un des plus récents et il a créé pas mal de critique négative à vrai dire… 

Ce film, je l’ai vu dans un cadre très accompagné puisque c’était durant mon hospitalisation pour l’anorexie en 2017. Le film venait de sortir. Et on a parlé après ensemble, et franchement heureusement ! 

Je vais vous expliquer pourquoi je suis très sceptique (et c’est d’ailleurs pour à peu près les mêmes raisons qu’il a fait polémique). Mais je ne vais pas non plus vous spoiler si vous ne l’avez pas vu !

Mais en gros, le personnage principal, Ellen, qui est interprété par Lily Collins (la fille de Phil Collins !) souffre donc d’anorexie et elle est très maigre. Et du coup, elle est en phase d’entrer dans un centre de soin. 

Et en fait, c’est là où je trouve que ça souligne un peu les mythes des troubles alimentaires : ceux qui disent qu’il faut avoir un poids très faible pour souffrir d’un trouble du comportement alimentaire, ou que les personnes qui vont à l’hôpital ont un TCA “plus grave”. De plus, le personnage principal est souvent une jeune femme, alors qu’en réalité les troubles alimentaires touche n’importe qui (peu importe l’âge, le genre, etc.)

En fait, je dis ça parce que je sais que lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on a tendance à ne pas se sentir légitime. Et j’ai peur que des personnes qui souffrent de TCA et regardent ce film se sentent “illégitime”. 

Ce que je trouve bien dans ce film par contre c’est qu’on voit la relation à la mère, et une scène vers la fin m’avait particulièrement touché. 

`Mais globalement, je trouve que ce film fait très “américain”, enfin ça ne montre pas vraiment la réalité des choses. Limite, parfois je trouve qu’ils “glamourisent” presque le trouble alimentaire. Enfin, y’a un truc malsain qui n’est pas très bien passé chez moi quoi ! Mais je vous laisserai faire votre propre avis ! Juste, gardez bien en tête que ça reste un film. 

Enfin, un truc qui m’a un peu choqué, c’est que j’ai su que Lily Collins avait été anorexique auparavant dans la vraie vie. Et que pour le film, elle a choisi de maigrir (sous la surveillance de nutritionniste). Mais quand même, je trouve que c’est un ÉNORME risque de rechute…

2. Feed

Un autre film sur l’anorexie présent sur Netflix. Il y est depuis récemment, l’année dernière en 2021 il me semble. Lui, pour le coup je l’ai bien aimé. J’ai bien aimé en fait le scénario, la façon dont l’anorexie a été “illustré”.

On voit bien l’emprise, l’impact que la maladie a, qu’elle enlève toute liberté à la personne qui en est malade.

Et du coup, l’actrice, Troian Bellisario, a aussi souffert (et je pense qu’elle en souffre encore ?) d’anorexie pendant de nombreuses années. Et elle a voulu elle-même interprétée ce rôle, ce qui n’a pas dû être facile.

Drame – Réalisateur : Tommy Bertelsen – Date de sortie : 2017

La bande-annonce : 

3. Abzurdah

Drame – Réalisatrice : Daniela Goggi – Date de sortie : 2015

La bande-annonce (désolée j’ai pas trouvé en français) : 

Ce film argentin est basé sur un roman authobiographique de Cielo Latini. 

Ce film était sur Netflix mais je pense qu’il a été retiré il y a pas longtemps… Peut-être qu’il reviendra.

Mais je trouve pas que ce film vaut le coup d’être vu.

Ici, ils abordent un peu le développement d’un trouble du comportement alimentaire suite à une relation amoureuse. Mais, je trouve que beaucoup de scènes sont inutiles. Et que les dialogues sont un peu superficiels…

Les films “plus anciens” dédiés sur l’anorexie :

4. L’engrenage de l’anorexie 

Celui-ci je l’ai vu il y a longtemps, avant même d’être malade ! Il me semble qu’il est assez connu. C’est l’histoire d’une jeune fille de 17 ans qui se rapproche d’une communauté qui envie les troubles alimentaires, qui le vivent comme un style de vie plutôt que comme une maladie mentale. 

Mais du coup, vous voyez, je l’ai vu avant d’être malade et pourtant quand je suis tombée dans l’anorexie, je ne connaissais pas bien cette maladie. Donc le message de prévention n’est pas vraiment passée pour moi. Une fois de plus, je trouve qu’il met davantage en avant les mythes autour des TCA plutôt que la réalité. 

Drame – Réalisatrice : Tara Miele – Date de sortie : 2014

Impossible de trouver la bande annonce, sorry !

l_engrenage_de_l_anorexie (1)

5. My skinny sister

Drame – Réalisatrice : Sanna Lenken – Date de sortie : 2015

Toujours pas de bande anonnce en français mais le film existe bien en France !

Ce film je l’ai connu car il a été diffusé lors d’un événement pour les proches de personnes souffrant de TCA, organisés par le médecin du service de TCA où j’étais hospitalisée. Et donc mes parents ont assisté à cette “réunion” ! 

Moi, j’ai vu ce film l’année dernière. Je l’ai bien aimé. Je trouve qu’il symbolise aussi un peu plus la dure réalité de vivre avec un trouble alimentaire. Et en plus, ici on le voit du point de vue de la petite sœur. Et plus globalement, il souligne le fait que la famille soit aussi impactée par la maladie.

Cette petite sœur est très touchante d’ailleurs je trouve !

Les films où l’on voit une personne souffrir de troubles alimentaires :

Dans cette partie, je vous présente quelques œuvres cinématographiques où l’on retrouve le thème des troubles alimentaires, mais ce n’est pas l’objet principal du film.

6. Je vais bien, ne t’en fais pas

Drame – Réalisateur : Philippe Lioret – Date de sortie : 2006

Un film français !!

Avec des acteurs que l’on connait bien comme Mélanie Laurent ou Kad Merad.

Ici, Mélanie Laurent, l’actrice principale, tombe dans l’anorexie suite à un choc brutal, donc il y a la dimension traumatique. 

7. Polisse

Drame – Réalisateur : Maïwenn – Date de sortie : 2011

Ce film est assez difficile à voir.

Du moins, je l’ai vu trop jeune. Pas si jeune, mais je ne sais pas, je n’étais pas prête je pense. Ce film aborde beaucoup de sujets autour du viol, de l’inceste… Bref, faut être préparé et je ne m’y attendais pas !

Dans ce film, on voit également l’anorexie comme “symptôme” d’un stress post-traumatique.

8. Black Swan

Drame – Réalisateur : Darren Aronofsky – Date de sortie : 2010

Un film également connu avec Natalie Portman où l’anorexie est abordée notamment dans le cadre de la dance classique.

Et l’on voit le côté perfectionnisme, compétition, automutilation. 

9. Thirteen

Drame – Réalisatrice : Catherine Hardwicke – Date de sortie : 2003

Film que j’avais vu lorsque j’étais adolescente.

Je m’étais reconnue dans le mal-être que peuvent éprouver les jeunes adolescentes. Mais en revanche, je le trouve quand même spécial. Et les troubles alimentaires ne sont pas clairement abordés. 

10.  La série Les bracelets 

Réalisateur : Nicolas Cuche – Date de sortie : 2018 – En cours

Ici on n’est pas sur un film mais une série !

Une série française aussi où l’on retrouve l’une des personnages qui est hospitalisée à l’hôpital pour anorexie.

Roxane,  du coup le personnage, a d’ailleurs une sœur jumelle. Et j’avais déjà entendu que le cas d’anorexie était “plus fréquent” chez des jumeaux/jumelles. 

Un reportage sur l’anorexie qui m’a beaucoup touché ! 

11. Sacha - Comme une plume

Drame – Réalisatrice : Émilie Belina Richard – Date de sortie : 2013

Je vous laisse avec la vidéo : 

Enfin, je vous partage deux court-métrages français qui se suivent et qui ont été réalisés dans le but de sensibiliser sur les troubles alimentaires. C’est basé sur une histoire vraie, sur une femme qui s’appelle Sacha et qui souffre de TCA à 22 ans.

Et il n’y a vraiment que dans ces deux court-métrages que je me suis retrouvée, où je trouvais que ça illustrait bien la souffrance de vivre avec un trouble alimentaire. J’avais d’ailleurs montré ces deux courts-métrages à mes parents pour leur montrer davantage ce que je vivais quotidiennement.

Le film n’est visionnable qu’après paiement auprès des réalisateurs. Il faut pour cela envoyer un email ou les contacter sur leur page Facebook. 

Elisa m’a partagé un mini-documentaire qu’elle a réalisé sur le parcours d’Emma, 20 ans, atteinte d’anorexie mentale depuis son adolescence. 

Ce documentaire comprend différentes mentions qui peuvent vraiment être « triggers » pour toi. Donc si tu n’es pas dans un bon jour, je t’invite à éviter de le regarder aujourd’hui ou seul. 

Mais c’est un documentaire plein d’espoir et qui montre comment Emma se bat grâce à la comédie musicale.

Ce documentaire fait partie d’une mini-série de documentaire portant sur des personnes avant vécu un parcours de vie difficile. 

 

 

 

12. Reportage sur Emma & l'annorexie

Drame – Réalisatrice : Elisa TANGUY – Date de sortie : 31 juillet 2022

Je vous laisse avec la vidéo : 

Voilà j’ai terminé ! Je sais qu’il en existe d’autres mais je ne les ai pas vu donc je ne vais pas parler de ce que je ne connais pas.

Par contre, n’hésitez pas à partager ce que vous avez vu (même des séries où c’est abordé ou des documentaires d’ailleurs), ou à me laisser un commentaire sur ce que vous avez pensé d’un des films dont je parle ici. 

Mais juste, globalement, les œuvres sur l’anorexie au cinéma, je trouve personnellement qui ne reflètent pas assez la réalité de la souffrance que c’est de se battre contre un trouble alimentaire. Et c’est dommage, car de ce fait, les malades ne se sentent pas forcément compris et en plus, les mythes et incompréhensions autour des TCA sont cultivés par ces projections.

Dites-moi ce que vous en pensez ! 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, Parents, 0 commentaire
L’impact de la restriction : L’expérience de la famine dans le Minnesota

L’impact de la restriction : L’expérience de la famine dans le Minnesota

L’impact de la restriction : L’expérience de la famine dans le Minnesota

Peut-être as-tu déjà entendu parler de l’expérience de la famine du Minnesota ? C’est l’une des études les plus déterminantes qui a servi et sert encore comme ressource dans le traitement des troubles alimentaires.

Elle explique les effets psychologique et physiologique de la restriction sur le corps et le cerveau. Et elle donne également un aperçu des événements qui peuvent se produire dans le processus de rétablissement.

Personnellement, je trouve cette étude fascinante. Quand je l’ai analysé, j’ai été stupéfaite de découvrir le nombre de similitudes entre ce que j’avais développé lorsque j’étais anorexique et ce qu’ont développé les sujets de cette expérience qui ont été soumis à de la restriction. 

Toutefois, je trouve que cette étude est d’autant plus probante pour les troubles alimentaires restrictifs, notamment l’anorexie mentale.

Enfin, avant de commencer cette étude, je voulais rappeler une chose : ici, il s’agit d’une expérience où les sujets étaient volontaires. Les troubles alimentaires comme l’anorexie ne sont pas volontaires. Il s’agit d’une maladie mentale dont on ne décide pas de l’avoir, de la commencer comme ça nous chante. 

Contexte de l’expérience

L’expérience débute en 1944 dans un contexte de 2nd Guerre Mondiale. Durant cette période, des hommes subissaient de la famine dans toute l’Europe dû au contexte de Guerre. Il était donc nécessaire de comprendre comment ça impactait le fonctionnement de leur corps afin de leur assurer le meilleur rétablissement après la guerre. Cette recherche a été menée par le physiologiste Ancel Keys et ses collègues de l’Université du Minnesota (d’où le nom de l’expérience).

Cette étude a été faite sur 36 jeunes hommes volontaires, tous en très bonne santé physique et mentale (ils ont reçu au préalable une batterie de tests pour le certifier). Cette expérience a duré presque 1 an.

Comment s’est déroulée l’expérience ?

Tous les participants sont passés par 3 grandes étapes, et 12 d’entre eux ont participé à une 4ᵉ étape.

Première période : Période contrôlée en observation - Durée : 3 mois

experience-famine-minnesota

Durant ces 12 semaines, les participants étaient en observation avec des apports donnés en fonction de leurs besoins. Des diététiciens qualifiés leur avaient préparé des repas leur apportant tous les nutriments et vitamines nécessaires. Le but était de maintenir leur équilibre calorique. Ainsi, les chercheurs pouvaient apprendre à mieux connaître les habitudes comportementales et physiques de ces hommes. Et de ce fait, les comparaisons à la fin de la recherche seraient plus pertinentes. 

Durant ces 3 mois, les hommes mangeaient approximativement 3 200 à 3 500 calories. 

Deuxième période : Période de restriction - Durée : 6 mois

La période de famine commença alors au bout de 3 mois pour une durée de 6 mois. Cependant, on dit “famine” mais ce n’est pas une famine au sens propre du terme. Je veux dire que souvent, on associe la famine comme l’arrêt total de nourriture. Cependant, durant cette période, les hommes ont été restreints à un apport calorique moitié moindre à ce qu’ils consommaient auparavant, soit approximativement 1570 calories par jour.

Et pourtant, tu verras dans la suite de cet article, les impacts néfastes sur la santé sont dévastateurs ! Donc c’est dire à quel point ce n’est pas la quantité de restriction qui importe. Je dis ça parce que souvent, quand on a un TCA, on a tendance à minimiser et à dire “oui mais je ne me restreins pas tant que ça”. 

Et autre point, 1570 calories, c’est supérieur à de nombreux régimes préconisés. Et déjà, je déteste les régimes et suis contre ce mindset, mais là, ça prouve encore plus la dangerosité ! La prochaine fois que tu verras ou entendras un discours conseillant un très faible apport calorique, souviens-toi de cette étude !

La prise alimentaire se faisait en 2 repas journaliers : l’un donné aux alentours de 8 heures du matin et l’autre à 18 heures du soir. Le but était de reproduire les prises alimentaires données aux combattants de la guerre. Le type d’aliment donné s’inspirait également de ce qui était donné dans les tranchées : du pain noir, des pommes de terre, des navets, du rutabaga…

Pendant cette période de temps, les hommes devaient marcher quotidiennement un nombre de kilomètres définis. Il était également soumis à un travail dans un laboratoire durant 15 heures par semaine qui correspondait essentiellement à des tâches bureautiques. Enfin, ils avaient un test sur tapis roulant 30 minutes par semaine. S’ils le souhaitaient, ils pouvaient assister à des activités académiques et sociales 25 heures par semaine. 

Durant cette période de “famine”, une perte de poids était attendue et mesurée précisément. Si elle était trop lente ou trop rapide, leur ration était adaptée.

Troisième période : Période de renutrition mesurée - Durée : 3 mois

À la suite de cette période de famine, a suivi une période de 3 mois durant laquelle la renutrition était limitée à un apport calorique entre 2000 et 3000 calories.

Quatrième période : Période de renutrition non contrôlée - Durée : 2 mois

Seulement 12 des sujets a été confronté à cette dernière étape : ils avaient la possibilité de manger la quantité de nourriture, et donc de calories, qu’ils voulaient. Et ils étaient toujours observés. 

Cela ne veut pas dire que le reste des participants n’a pas fait cela, simplement, ils n’ont pas été observés durant cette période.

Les observations qui ont été faites

Je trouve cette partie fascinante et c’est là que j’ai pris conscience des grandes similarités avec l’anorexie.

Toutefois, je connais bien les TCA et je sais qu’on a toujours tendance à minimiser la gravité de sa maladie en soulignant davantage les symptômes que tu n’as pas.

Donc ne te dit pas que si tu n’expérimentes pas ces symptômes, c’est que ton TCA n’est pas grave. Rappelle-toi qu’ici, il s’agit d’une expérience et non pas d’un trouble alimentaire non voulu.

Et souviens-toi également que chacun expérimente les troubles alimentaires à sa propre façon et que ça n’en rend pas moins valide ta maladie ou ta guérison.

observation-impact-experience-famine

Les impacts physiques de la restriction sur leur corps

  • Une perte de poids (volontaire) a été noté comme c’était voulu. Le poids a chuté en moyenne de 25% et leur masse musculaire a diminué de 40%. Ils avaient parfois mal lorsqu’ils devaient s’assoir car ils avaient perdu trop de poids. Ils se munissaient donc d’oreillers pour atténuer la douleur et les frottements.
  • Ils souffraient d’anémie, de déficits neurologiques, ils avaient la peau pâle, rugueuse et fine ; les ongles cessaient de pousser ; les cheveux cassaient et la repousse était ralentie.
  • Les hommes souffraient de problèmes intestinaux, notamment de constipation. Durant les 3 premiers mois de l’expérience, ils allaient aux toilettes au moins 1 fois par jour contre une à 2 fois par semaine durant la période de “famine”. 
  • Leur température corporelle était basse, ils avaient du mal à se réchauffer et avaient froids. Et à l’inverse, ils présentaient une plus grande résistance à la chaleur : ils demandaient d’ailleurs à ce que leur café, thé et repas leur soit servi très chaud.
  • Une diminution de leur pouls, soit le rythme cardiaque, a été noté également. Leur cœur a en moyenne diminuée de 17%.
  • Une diminution de la libido a aussi été notée. Mais pas tant seulement en termes de désir. Des analyses ont démontré une baisse de leur capacité de reproduction. Cette étude a été réalisée uniquement sur des hommes : je pense que c’est parce qu’à l’époque, c’étais les hommes les principaux concernés puisqu’ils étaient soldats. Mais si des femmes avaient participé, ce symptôme se serait traduit par une perturbation des cycles de règles, voire l’arrêt complet des menstruations, soit une aménorrhée.

Les impacts psychiques et comportementaux de la restriction

Très vite, des préoccupations obsessionnelles autour de la nourriture ont été remarquées : cela revenait constamment dans les sujets de conversation, dans les choix de lecture. Et certains participants avaient même honte d’admettre en rêver. 

Cet intérêt pour la nourriture a même conduit certain participant à développer comme une passion autour des livres de recette. À la fin de l’expérience, l’un d’eux avait une collection de plus de 100 livres de recettes qu’il aimait regarder. Cette obsession a même amené certains d’entre eux à observer des gens manger dans des restaurants, ou à dévorer des yeux les vitrines de boulangerie.

  • Certains hommes trouvaient du plaisir à regarder les autres manger tandis que d’autres préféraient éviter de les voir manger.
  • Certains sont devenus possessifs quant à la nourriture, inquiets que certaines personnes leur volent leur repas. Durant l’heure du repas, ils gardaient les coudes devant leur assiette comme pour la protéger. (Pour le coup, je trouve qu’ici on voit bien qu’il ne s’agit pas d’un TCA mais d’une expérience. Car leur volonté était de manger le plus possible. Mais ça n’est que mon avis.)
  • Étant donné que les repas n’étaient pas tous exactement les mêmes, ils prenaient plaisir à comparer leur menu. 
  • De nouvelles consommations sont apparues : certains mâchaient énormément de chewing-gum, du matin au soir, à tel point que les chercheurs ont dû limiter le nombre de boîtes de chewing-gums. D’autant que les participants les mâchaient tellement rapidement que leur mâchoire en venait douloureuse. 
  • D’autres ont développé des habitudes de tabagismes et de caféine en essayant d’ignorer leur faim. La consommation d’eau s’est vue aussi fortement accroître dans une recherche de plénitude au niveau de l’estomac. 
  • Les sujets devenaient de plus en plus irritables, facilement énervés pour des broutilles. 
  • Les participants ont également développé comme des TOC : manger beaucoup plus lentement, couper en petits morceaux leur nourriture… ils essayaient de trouver des façons de tromper leur cerveau, de faire des illusions leur faisant croire que leur assiette comportait plus de nourriture qu’elle n’en avait réellement. Ils utilisaient également beaucoup d’épices et de sel pour tenter de relever la saveur de leur plat. 
  • Les hommes qui étaient des hommes sociables et extravertis à la base sont devenus renfermés, isolés, avec des attraits anxieux et dépressifs.

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Que se passait-il durant la phase de réalimentation ?

La réalimentation contrôlée

À mesure que l’apport calorique augmentait, des changements physiques et mentaux ont été notés de façon positive. Les anxiétés et dépressions se sont vues être stabilisées. 

De nombreux participants souffraient d’œdèmes au niveau des chevilles, des genoux et même du visage. 

Beaucoup disaient terminer les repas en se sentant rassasiés physiquement, mais pourtant insatisfaits. Ils avaient le sentiment d’avoir encore faim.

La réalimentation non contrôlée

12 participants ont donc été observés lorsqu’on leur a donné la possibilité de gérer eux-mêmes leur renutrition. Et cette partie, je la trouve également très intéressante et j’aurais aimé la connaître avant de traverser ma faim extrême

Des participants se sont vus manger plusieurs repas au cours d’un seul repas justement. Ils disaient avoir des difficultés à ressentir leurs sensations de faim et de satiété. 

Ils se disaient traverser des périodes de frénésie alimentaire où ils mangeaient une quantité excessive selon eux de nourriture (ils ne le savaient pas, mais c’était une réponse complètement normale suite à la restriction des mois précédents !)

Étant donné qu’ils étaient observés, les chercheurs ont pu noter que les hommes mangeaient entre 4 000 et 11 500 calories les premières semaines avec une moyenne à 5 000 calories. 

Nombreux sont ceux qui ont reporté de grandes douleurs aux ventres avec notamment un patient qui a terminé aux urgences. Les hommes disaient qu’ils sentaient que physiquement ils ne pouvaient plus rien avaler mais qu’ils désiraient encore manger car ils ne se sentaient pas rassasiés.

renutrition-restriction-minnesota

Les chercheurs ont admis qu’ils ne s’attendaient à ce que les sujets aient besoin d’autant de calorie. Et après de longues observations et analyses, Keys a souligné l’importance d’un apport conséquent de calorie pour permettre aux dommages causés pendant la période de restriction d’être reconstruits. 

Certains des participants avaient toujours ces comportements, même 5 mois après la fin de cette observation.

Ce paragraphe est pour moi super important ! Parce que ça répond aux peurs que tu peux rencontrer si tu ressens une faim sans fin, qui dure plusieurs temps, où tu manges de grandes quantités de nourriture : tu vois que c’est une réaction complètement normale du corps après la restriction. Ce n’est pas toi qui a un problème ni à cause de ton TCA. Ces hommes n’avaient pas de troubles alimentaires. Et je redonne également deux données importantes : ils ont été en “semi-famine” pendant 6 mois. À savoir que peut-être que tes apports étaient encore plus moindres et/ou que cela a duré d’autant plus longtemps.

Certains ont précisé que la période de renutrition a été la période la plus compliquée à vivre. 

Je parle aussi de cette expérience dans un épisode de podcast : 

Et après ?

La plupart des participants ont pris encore beaucoup de temps après la fin de l’étude pour retrouver un rapport à l’alimentation classique. En moyenne, la plupart d’entre eux ont retrouvé leur poids après 1 an. Mais il faut bien retenir qu’une fois qu’ils ont commencé à manger, ils ne sont pas restreints. Ils ne compensaient pas non plus par de l’exercice physique ou de la purge. Ils ont mangé jusqu’à être rétabli complètement. Dans le cadre de la guérison d’un trouble alimentaire, les peurs sont souvent tellement présentes que ça peut être beaucoup moins rapide. 

Personnellement, quand j’ai lu cette étude, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir beaucoup de compassion pour ces participants. Je me suis dit qu’ils ont dû le regretter parce que ç’avait l’air vraiment horribles ! 

Mais des chercheurs (Eckert, et al., 2018) ont interrogé 19 d’entre eux 60 ans plus tard pour connaître l’impact de la restriction sur le long terme. Aucun d’entre eux n’a dit regretter avoir participé à l’étude. 

En revanche, ils se souvenaient tous de symptômes précis qu’ils avaient éprouvés durant cette étude. Souvent, ils se rappelaient des points positifs plus que négatifs. Et cela me fait un peu penser à la période où l’on romantise le trouble alimentaire, ou la période de restriction nous manque.

Ils se sont tous souvenus également de la faim incroyable qu’ils ont ressenti à la sortie de la période de famine. Certains ont évoqué une “boulimie” ou de la suralimentation. En réalité, c’était une faim appropriée pour un corps restreint qui avait accumulé une carence d’énergie.

Attention, cette expérience n’est pas un trouble alimentaire

J’aime beaucoup cette expérience car je trouve qu’elle permet de comprendre énormément de fonctionnement du corps lorsqu’il est dans un environnement de restriction comme c’est le cas dans l’anorexie.

Cependant, comme je disais au début, il ne faut pas oublier qu’on voit des différences avec les troubles alimentaires. Je dis ça notamment pour les proches qui peuvent lire cet article. Je ne veux pas qu’ils se disent qu’en fait “il suffit de manger” ou “il suffit d’arrêter la restriction”. Ces hommes n’avaient justement pas les mécanismes de l’anorexie, du trouble alimentaire et c’est ce qui les a aidés à se remettre rapidement de cette expérience. Mais c’est aussi pourquoi leur capacité mentale avait été évalué avant d’être admis pour l’étude. 

Les différences que j’ai notées dans cette étude par rapport à quelqu’un qui souffre de TCA :

  • Souvent, ils disent qu’ils étaient fatigués physiquement. Ils évitaient les escaliers, ils évitaient de faire du sport. Une personne qui a des TCA est facilement hyperactive mentalement et va limite au contraire chercher les escaliers. 
  • Ils attendaient avec impatience la fin de cette étude et d’ailleurs, ils avaient une date de fin à ce cauchemar ! Les troubles alimentaires, on se souvient parfois approximativement quand ça a commencé, par contre, on ne sait pas quand ça se terminera !
  • Si on leur donnait plus de nourriture, ils l’auraient mangé. Alors qu’en général, dans les TCA restrictifs (hors période faim extrême je parle), les patients font généralement tout pour manger le moins possible.
  • L’étude ne révèle pas que ces hommes ont des peurs par rapport à l’alimentation. Souvent, les patients de troubles alimentaires catégorisent des aliments comme “bons” ou “mauvais” et ont des peurs, que ce soit sur le type d’aliment ou la quantité. Les patients ont parfois peur de guérir aussi, soit d’avoir cette période de restriction terminée. Or ici, les sujets éprouvent tout le contraire et s’en fichent un peu de ce qu’ils ont dans leur assiette tant qu’ils ont à manger.
  • Lorsqu’on a un trouble alimentaire, la personne qui en souffre a vraiment la sensation que c’est impossible de manger. Et ce n’est pas juste dans sa tête, elle est malade ! Elle ne fait pas semblant et elle n’a pas “juste à manger”. Ce n’est pas aussi simple. 
  • Enfin, ces hommes se sont restreints de façon volontaire POUR une expérience. Les personnes qui souffrent d’un trouble alimentaire ne se restreignent pas par plaisir même si ça leur fait du bien. C’est justement que leur corps/ mental a développé un TCA comme stratégie d’adaptation. Parce qu’elles ont un mal-être dans leur vie, et le TCA leur donne l’illusion que cela leur permet d’être en contrôle, de se protéger, de gérer l’anxiété ou un traumatisme. Et parfois, des personnes disent que leur trouble alimentaire leur sauve la vie. Et elles le pensent et c’est sans doute vrai ! C’est vraiment la façon que leur corps a trouvé de survivre, de leur dire qu’il y a quelque chose qu’il ne va pas et qu’il faut vraiment le travailler. 

Voilà, j’espère que cette étude vous aura plu ! Je la trouve personnellement super intéressante et très pertinente dans le cas des troubles alimentaires ! N’hésite pas à me dire si tu as mieux compris des choses, si ça t’a aidé d’une quelconque manière.

Je te mets les sources si tu souhaites faire toi-même tes propres recherches : 

They starved so that others be better fed: remembering Ancel Keys and the Minnesota experiment – Leah M Kalm, Richard D Semba, 2005, The Journal of Nutrition.

The Great Starvation Experiment: Ancel Keys and the Men Who Starved for Science

The Biology of Human Starvation – Volume I-II

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Signes d’anorexie chez l’adulte : ne les ignorez pas !

Signes d’anorexie chez l’adulte : ne les ignorez pas !

Signes d’anorexie chez l’adulte : ne les ignorez pas !

Peut-être que lorsque vous entendez le mot anorexie, vous avez facilement l’image d’une jeune fille en tête. Pourtant, l’anorexie, la boulimie ou n’importe quel trouble alimentaire, ne fait pas de discrimination. Peu importe le genre, la nationalité, l’âge… Tout le monde peut être touché par un trouble alimentaire. Même l’anorexie du nourrisson, ça existe ! Mais on parle beaucoup moins souvent des signes de l’anorexie chez l’adulte.

Personnellement, je suis tombée dans l’anorexie mentale quand j’avais 19 ans. Certains catégoriseront cet âge dans la catégorie « adulte ». Pour moi, j’étais une pré-adulte. Je ne suis donc pas vraiment concernée, n’ayant pas été anorexique adulte, mais écrire cet article me tenait à cœur. En effet, depuis que j’apporte mon aide auprès de ceux qui en souffrent encore, j’ai eu de nombreux messages de femmes et d’hommes qui étaient adultes et qui souffraient de troubles alimentaires.

Cet article s’adresse donc aux adultes qui souffrent de trouble alimentaire, mais aussi aux proches de ces adultes-là. 

Alors à partir de quand est-on adulte ? Franchement, ça en est presque une question philosophique ! Mais ici, je vais parler d’adultes lorsqu’on s’approche de la trentaine. Mais cet article touche évidemment les adultes de la quarantaine, cinquantaine et plus.

L’anorexie chez l’adulte : quelles sont les causes ?

Concernant l’anorexie chez l’adulte, il y a 3 « types d’histoire » :

  • Ceux qui sont tombés malades en étant plus jeune
  • Ceux qui ont été malades en étant enfant, qui ont guéri et qui ont connu une rechute à l’âge adulte
  • Ceux qui sont tombés malades à l’âge adulte

Cette partie se concentre sur les personnes qui ont connu une rechute à la période adulte ou qui sont tombées malade en étant adulte.

Les traumatismes de l’adulte engendreraient-ils des TCA ?

Malheureusement, on lit dans beaucoup d’études que le nombre de cas d’anorexie parmi les adultes est en forte croissance depuis les 2 dernières décennies. À vrai dire, globalement (et ça me rend profondément triste), les troubles alimentaires sont en forte croissance, que ce soit pour l’enfant, l’adolescent ou l’adulte. 

Mais est-ce que les causes de l’anorexie mentale chez l’adulte sont différentes de l’anorexie pour une personne plus jeune ? 

Je vous ai déjà partagé mon point de vue à ce sujet dans mes autres contenus. Mais personnellement, je ne pense pas que l’on puisse expliquer la cause d’un trouble alimentaire par une seule raison. C’est pour moi multifactoriels même si les causes sont souvent liées entre-elles. 

Un trouble alimentaire à l’âge adulte peut subvenir, comme à n’importe quel âge, suite à un traumatisme. Lorsqu’on parle de traumatisme dans le cas d’un trouble de la conduite alimentaire, on pense généralement à un événement lié au rapport au corps (attouchement, viol…). Mais un traumatisme est très vaste comme termes. Surtout qu’il faut bien retenir une chose : un traumatisme est subjectif à chacun. Je parle notamment en termes de ressenti. Quelqu’un peut vivre un événement comme un traumatisme, là où une autre personne ayant vécu le même événement au même moment ne l’a absolument pas vécu comme un traumatisme. Cela dépend de chacun, de l’histoire, du passé de la personne, de ses schémas de croyance, de ses sentiments, etc. Et l’important, ce n’est pas si les autres trouvent que l’événement est traumatisant. L’important, c’est comme la personne l’a vécu. 

(Voilà, petite parenthèse sur les traumatismes, mais pour moi, c’est très important de l’expliquer et que vous le compreniez).

Là où ça peut différer avec l’anorexie pour un patient plus jeune, c’est qu’à l’âge adulte, on rencontre plus fréquemment d’autres traumatismes ou cap à vivre : la perte d’êtres qui nous sont proches, la pression du travail (combien de burn-out aboutissent à une dépression ou à un trouble alimentaire ?), les divorces, le fait d’être mère, le départ d’un enfant…

Oui, je sais, j’ai mis dans le même paragraphe « traumatisme » et « le fait d’être mère ». Je sais que c’est très souvent la plus belle chose au monde d’avoir un enfant. Et je ne dis absolument pas qu’avoir un enfant est traumatisant. D’ailleurs, qui suis-je pour dire ça alors que je n’ai pas encore d’enfant ? J’aimerais beaucoup être mère un jour. Mais je sais qu’élever un enfant n’est pas tout rose tous les jours. On se confronte à certaines difficultés et parfois, l’enfant, nous renvoi à nos propres blessures. Des blessures qu’on a parfois oubliées, mis dans son inconscient, qu’on a jamais vraiment travaillé. Et ces blessures sont ravivées à des moments où l’on n’avait vraiment pas prévu que ça arrive. Parfois on n’est pas armé pour y faire face au moment-même, et la seule issue qui semble apaisante peut être le développement d’un trouble alimentaire. Bien sûr, tout ça est un processus inconscient. 

Une abonnée dont je suis proche m’a également expliqué que le trouble alimentaire peut être une façon de rejeter son corps de femme, ses formes féminines. C’est comme une façon de diminuer sa désirabilité et donc se sentir « hors de danger », notamment lorsqu’on a suivi des violences sexuelles. 

La pression sociale à l’origine de l’anorexie chez l’adulte ?

Si vous me lisez depuis un moment ou que vous suivez sur Instagram, vous savez à quel point je lutte contre les diktats de cette put*** de diet culture qui occasionne de nombreux dégâts sur la santé mentale de chacun.

Eh bien, les adultes ne sont pas épargnés. Lorsque j’écris cet article, j’approche de mes 27 ans. Honnêtement, j’ai encore « de la marge » avant d’être la cible des industries pharmaceutiques qui veulent me vendre des produits anti-rides, anti-âge, des crèmes liftings… Punaise mais qu’est-ce que c’est culpabilisant !! On a le droit de vieillir sans qu’on nous dise quoi mettre sur notre peau ?!

Franchement, j’ai peur de vieillir à cause de cette pression sociétale. Une fois, j’ai entendu qu’à Hollywood, le prix journalier des actrices décroît à partir de leurs 40 ans. Non mais ça veut dire quoi ? Qu’à 40 ans une femme est périmée ?  Ça me donne mal au ventre rien que d’écrire ça. Le corps de la femme évolue et c’est complètement normal ! N’importe quel être vivant qui vit prend des années, mais ça ne rend pas cet être moins beau !

Je me focalise sur le corps de la femme car je me sens davantage concernée. Je ferai un article prochainement sur l’anorexie et les troubles alimentaires chez l’homme.

Mais avec le temps, la femme connaît certaines étapes de changements corporels pas simples à vivre : porter un enfant peut changer un corps, le passage à la ménopause, etc. Ces deux exemples que j’ai donnés là sont quand même deux choses complètement naturelles. Et si l’on parlait davantage de la beauté du geste de donner naissance à un enfant, ou de la normalité du corps qui évolue ; plutôt que de parler des solutions auxquelles doit recourir la femme pour lutter contre ces étapes naturelles de la vie… Peut-être que la culpabilité serait moins présente !

Bref, je m’emballe un peu mais j’avoue que ce sont là des sujets qui me mettent en rage.

Et je parle de ça dans cet article car la ménopause, voir son corps évoluer… Ce sont des causes de l’anorexie chez l’adulte justement. 

Les problèmes d’adultes… à l’origine des TCA chez l’adulte ?

Des « problèmes d’adultes » ça veut un peu tout et rien dire. D’autant que malheureusement, des enfants vivent des problèmes d’adultes beaucoup trop tôt. Mais ici, je vous parle de toutes ces choses dont on ne sait même pas qu’on va s’en soucier un jour lorsqu’on est enfant : gagner suffisamment d’argent pour vivre convenablement, investir de la bonne façon pour s’assurer une bonne retraite, s’occuper de ses parents qui vieillissent, etc. La liste est assez subjective en réalité, et je suis sûre qu’en lisant cela vous pensez à des choses qui vous concernent ! 

Devenir adulte a été l’un des caps qui m’a aidé à guérir de mon anorexie mentale. En fait, j’avais peur d’être adulte. J’avais peur de ne pas être capable de gérer toutes ces choses administratives, financières. Je me mettais une telle pression… Aujourd’hui, je crois que je peux dire que je suis adulte ! Et je gère toutes ces choses-là mais je sais que parfois on se sent déborder par le nombre incalculable de choses auxquelles il faut penser… Et encore, je n’ai pas encore d’enfant ! 

Et parfois, pris dans le rythme à 1000 km/heure de sa vie, sans s’en rendre compte, on sombre dans des mécanismes de contrôle et de perfectionnisme autour de son image corporelle et de son alimentation. Et sans que l’on s’en rende compte, les troubles alimentaires ont implanté leur « virus » en vous. Entre sa vie professionnelle, amoureuse, familiale, sociale… on a tendance à se dire que le trouble alimentaire, on le gérera plus tard.

Il y a également une pression sociale, notamment pour la femme, de toujours faire passer le besoin de ses enfants et de son conjoint devant ses propres besoins. Elle en vient donc à négliger ses propres besoins. 

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Les signes de l’anorexie chez l’adulte qui doivent alerter

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Cette partie de l’article sera utile pour vous, si vous vous demandez si vous souffrez d’un trouble alimentaire. Très souvent, lorsqu’on souffre d’un TCA, on minimise beaucoup pour ne pas mettre de notion de gravité. Je vais donc vous présenter des comportements dans lesquelles vous allez pouvoir vous retrouver.

Et cette partie peut également vous être utiles en tant que proche d’une personne qui semble souffrir d’un trouble de la conduite alimentaire. Peut-être reconnaitrez-vous le comportement de votre proche à travers ces symptômes de l’anorexie.

Je tiens à préciser que parfois, il est plus difficile d’avoir un diagnostic pour un patient adulte. Simplement car parfois, le corps étant plus âgé, le changement physique est parfois moins prononcé. De même, la personne étant adulte, elle sait parfois mieux cacher les comportements de son trouble alimentaire face à sa famille (ses enfants, son partenaire) ou ses amis. Enfin, les médecins étant moins familiers à de l’anorexie mentale chez l’adulte, ce sera beaucoup moins rapidement suspecté.

Les signes physiques de l’anorexie chez l’adulte

  • Le poids et l’apparence physiques ne sont pas forcément des facteurs visibles. On peut souffrir d’anorexie sans perdre de poids. Souvent, on voit sur la plupart des sites d’informations de santé que l’IMC (indice de masse corporelle) et le poids sont les deux facteurs indiquant une anorexie. C’est complètement faux ! Il ne faut pas oublier qu’un trouble de la conduite alimentaire est une maladie mentale et pas physique.
  • Problèmes de digestion et inconfort intestinal (crampes d’estomac, constipation, ballonnement)
  • Disparition des règles ou perturbation du cycle menstruel
  • Difficulté de concentration, perte de mémoire 
  • Avoir constamment froid, avoir du mal à se réchauffer
  • Problèmes de sommeil (insomnie, sueur la nuit)
  • Problème de dentition (érosion, perte de dent) notamment si la personne recourt à des vomissements
  • Peau sèche, imperfections sur la peau
  • Perte de cheveux, cheveux secs et cassants
  • Douleurs musculaires
  • Battements du cœur irrégulier
  • Ostéoporose 

Les signes comportementaux et émotionnels de l’anorexie de l’adulte

  • Ne pas être à l’aise pour manger en présence d’autres personnes
  • Le refus constant des invitations impliquant un repas (restaurant, soirée)
  • Sauter des repas ou réduire largement ses portions
  • Avoir des nouvelles façons de manger (couper en très petits morceaux, séparer les catégories d’aliments, mâcher de nombreuses fois avant d’avaler)
  • Se checker souvent dans les miroirs ou les vitres
  • Prétendre avoir déjà mangé pour éviter un repas
  • Retrouver de la nourriture qui était cachée pour ne pas être mangé
  • Être très sensibles face aux discussions sur la nourriture, les régimes, l’image corporelle, l’apparence physique et même le sport
  • Une peur accrue de prendre du poids, se peser très fréquemment
  • Constamment parler négativement de son apparence et se dévaloriser
  • Des changements d’humeurs radicaux
  • Utiliser fréquemment la salle de bain ou les toilettes après les repas
  • évelopper une obsession excessive sur la qualité de son alimentation, les calories, les macronutriments
  • Changer son alimentation : Éviter la prise alimentaire de certains produits ou groupe d’aliments tant aimés auparavant pour ne manger que des aliments considérés comme « healthy »
  • Cuisiner des plats élaborés pour les autres sans se permettre de goûter
  • Tester de nouvelles méthodes de régime
  • Être très rigide face aux imprévus et même répondre par des émotions négatives
  • Porter des vêtements plus amples pour cacher son apparence
  • Boire beaucoup d’eau ou des boissons chaudes pendant et entre les repas ou mâcher excessivement des chewing-gums pour tromper sa faim
  • Développer de l’activité physique constante : notamment marcher, être toujours debout, en mouvement, faire du sport excessivement, peu importe sa fatigue

Disclaimer : Ce n’est pas parce que vous n’avez aucun de ces symptômes que vous n’avez pas de TCA ou qu’il n’est pas valide. Les troubles alimentaires se manifestent différemment selon chacun ! Cette liste n’est qu’une liste d’exemples non exhaustifs. 

Je vous conseille de compléter cette partie en allant voir mon article sur les 38 symptômes d’anorexie dont on ne parle jamais.

Pourquoi c’est d’autant plus difficile de souffrir d’anorexie à l’âge adulte ?

Si vous êtes adulte et que vous souffrez d’anorexie, de boulimie ou de n’importe quel trouble alimentaire, j’imagine que vous savez parler de ce sujet mieux que moi.

Néanmoins, après avoir parlé et rencontré des personnes adultes anorexiques (c’est la maladie dont j’ai souffert, donc je rencontre davantage de patient anorexique), je peux imaginer quelques raisons pour lesquelles c’est plus difficile :

L’anorexie adulte : un diagnostic moins donné

Déjà parce que comme je disais précédemment, c’est parfois moins facilement détectable. Donc il est plus difficile de recevoir un diagnostic attestant votre trouble alimentaire. Or, on ressent souvent le sentiment d’illégitimité lorsqu’on souffre de TCA. Donc ça ne doit pas être évident de contrer ce sentiment-là lorsqu’il est moins reconnu.

anorexie-adulte

Avoir un TCA en étant adulte : se sentir seul, coupable, honteux

Ensuite, j’imagine qu’il y a un sentiment de honte. Lorsque l’on voit que la plupart des personnes qui souffrent d’anorexie sont des jeunes, on doit peut-être ressentir de la honte, de la culpabilité sur le fait de développer cette maladie de « jeune ». Mais dites-vous que vous voyez ceux qui « se montrent ». Je veux dire que si d’autres femmes souffrent d’anorexie à 40, 50 ans… Mais qu’elles ont honte, elles restent dans l’ombre. Donc elles existent mais vous ne le savez pas. 

Il y a peut-être aussi un sentiment de culpabilité vis-à-vis de sa famille (son partenaire, ses enfants si vous en avez), et de ses proches. Lorsqu’on est adulte, on a souvent la pression d’être « fort », de moins se montrer vulnérable. Mais c’est du bulshit ça ! Justement, montrer qu’à l’âge adulte il faut « être fort » renforce la peur d’être adulte quand on est jeune, je trouve. Même si vous êtes adulte, vous restez humain. Et c’est complètement normal de rencontrer des difficultés sur le chemin de votre vie. Ça ne fait absolument pas de vous quelqu’un de faible.

Anorexie chez l’adulte : les services de soins ne vous aident pas

C’est assez déconcertant, mais je me souviens que lorsque je cherchais une clinique ou un hôpital spécialisé en trouble alimentaire quand j’avais 21 ans, je voyais souvent que dans les critères, l’âge maximal accepté était de 30 ans voire même 25 ans. Nombreux sont les établissements qui restreignent leur prise en charge pour adolescent. Et du coup quand on est anorexique et qu’on est adulte, on se débrouille tout seul ?!

Quiconque ne devrait se sentir exclu dans le traitement des troubles alimentaires. Pourtant, c’est souvent le cas. On pourrait dire que les TCA ne font pas de discrimination mais les services de soins, oui. Les hommes et les femmes plus âgées en font les frais. 

Généralement, les CHU qui sont publics proposent une prise en charge pour les femmes plus vieilles, tout comme les hommes. Lorsque j’étais à Lille, j’étais dans un CHU et dans mes 5-6 mois d’hospitalisation, j’ai connu 2 patients hommes et 2 femmes de plus de 30 ans et 2 femmes de plus de 40 ans. 

Anorexie à l’âge adulte : les conséquences dramatiques peuvent arriver plus vite

Le corps adulte est souvent plus fatigué que celui des jeunes. Et c’est complètement normal, aucune raison de culpabiliser à ce propos.

Néanmoins, de ce fait, les ravages du trouble alimentaire se font connaître parfois de façon plus rapide et plus drastique. C’est d’autant plus le cas si la personne recourt à des vomissements ou à la prise de laxatifs. (Mais ne vous dites pas que si vous ne recourez pas à ces compensations, votre cas est “moins grave”. Ça, c’est votre TCA qui minimise la gravité de votre situation).

Je pense notamment à l’ostéoporose, les problèmes gastriques, les problèmes cardiaques, etc.

Que faire si vous êtes concernés ?

Une fois de plus, cette partie vise autant les personnes qui se reconnaissent en tant qu’adulte souffrant de troubles alimentaires. Mais également pour les proches qui s’inquiètent pour une personne qu’il aime. 

Ne restez pas seul

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Si vous êtes adulte et que vous vous reconnaissez dans cet article, ne restez pas seul dans votre souffrance. Une chose que j’ai apprise de mes 6 ans de troubles alimentaires, c’est que la solitude donne de la puissance à la maladie. Lorsque vous exposez ces « combines » à la lumière, cela rend vulnérable la maladie. 

Demandez de l’aide à vos proches mais également à des médecins spécialisés dans les TCA. Le médecin traitant est parfois moins sensibilisé à ces problématiques et peuvent au contraire dire des choses qui vous mettront plus bas que terre. C’est pourquoi je recommande de s’adresser à un médecin spécialisé en TCA qui connaissent les mécanismes de l’anorexie mentale, y compris pour l’adulte.

De plus, comme je disais juste au-dessus, le corps étant plus fatigué, le risque de complications est plus élevé. Il est donc indispensable d’avoir un suivi médical pour assurer votre suivi.

Si vous êtes un proche, encouragez votre proche à obtenir de l’aide. Au plus vite le trouble est pris en charge, au moins il a de temps pour faire des dommages sur la santé.

Gardez en tête que les troubles alimentaires sont des maladies mentales très difficiles à combattre mais dont la guérison est possible, à 100%. Et ce, peu importe l’âge ou le temps depuis lequel vous êtes malade. Il faut être patient car ça ne s’en ira pas du jour au lendemain, mais n’abandonnez jamais, je vous promets que vous méritez de vivre une vie fluide, paisible, sans toutes ces peurs qui vous rongent. 

Essayez la thérapie familiale

Les troubles alimentaires impactent les personnes qui sont malades, mais aussi les proches. C’est parfois plus simple de recourir à une thérapie familiale pour avoir un médiateur qui permet d’expliquer les choses calmement. En effet, je me souviens que parfois, j’étais dans un état de stress tellement élevé et mes parents tellement apeurés de me voir dans cet état que nos discussions se faisaient toujours dans les cris. Avec une thérapie familiale, il est plus facile de mettre des mots sur ces maux, dans le calme et de façon à ce que chacun se comprenne.

Renseignez-vous le plus possible

Les troubles alimentaires sont des maladies aux mécanismes complexes. Alors, renseignez-vous le plus possible pour comprendre l’impact (sur votre cerveau et votre corps) et le fonctionnement de ce trouble alimentaire. Je suis persuadée que le fait de comprendre les choses aident énormément dans le processus de guérison. Ce fut mon cas et c’est quelque chose de reconnu dans les maladies mentales.

Si vous êtes un proche, le fait de vous renseigner au maximum sur la maladie vous permettra de mieux comprendre ce que vie la personne qui en souffre. Les TCA font souvent l’objet de nombreux mythes. Et déconstruire ces mythes est pour moi indispensable si vous voulez aider votre proche. Je vous propose d’aller voir les articles que j’ai écrits dans la catégorie « Parents » ou « Couple ».

J’espère que cet article vous aura aidé. Je vous propose de laisser un commentaire à cet article, notamment si vous êtes concerné. Cela ne pourra que renforcer la pertinence de cet article. Car comme je vous disais, n’étant pas complètement concerné par ce cas spécifique, ce sont ceux qui le vivent qui sauront mieux en parler !

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38 symptômes d’anorexie dont on ne parle jamais 

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S’il l’on en croit les médias ou les « on dit », l’anorexie mentale se résume surtout à une perte de poids, à de l’hyperactivité et une mauvaise image de son corps. Eh bien c’est complètement erroné ! Certains ne perdent même pas de poids et souffrent pourtant d’anorexie mentale. Le dernier mot de ma dernière phase est important : « mentale« . On oublie souvent que les troubles alimentaires sont des maladies mentales ! C’est pourquoi j’ai décidé de vous présenter les symptômes connus VS ceux dont on ne parle (presque) jamais !

Symptome anorexie : ceux qui sont connus de tous

Si l’on fait une recherche sur les symptômes de l’anorexie mentale, la plupart des sites se concentreront sur la conduite alimentaire : 

  • La restriction, le refus de manger, et une perte d’appétit
  • Les choix alimentaires qui se tournent vers des légumes et le refus de certaines catégories d’aliments (matière grasse, féculent…). Restreindre son alimentation à certains aliments familiers, un refus de diversifier.
  • La culpabilité après avoir mangé

Les TOC : trier la nourriture dans son assiette, les couper en petits morceaux, les mâcher plusieurs fois…

On associe aussi souvent l’anorexie à des changements physiques : une perte de poids dans la plupart des cas. Et évidemment, on retrouve la notion d’IMC (Indice Masse Corporelle) qui doit être inférieur à un certain chiffre. Je trouve ça assez aberrant personnellement… L’IMC c’est une donnée statistique qui dépend de tellement d’autres données. Cela ne devrait pas être utilisé dans le diagnostic de l’anorexie. Toutes les personnes avec un trouble alimentaire, et même souffrant d’anorexie NE PERDENT PAS DE POIDS ! C’est culpabilisant pour les personnes qui ne sont pas en insuffisance pondérale et qui ne connaissent pas de perte de poids parce qu’elles ne se sentent de ce fait pas légitime.

L’anorexie mentale, et généralement les TCA, sont fréquemment associées à de l’hyperactivité physique et même intellectuelle. De nombreux patients ont de très bons résultats scolaires. 

D’autres symptômes que l’on retrouve sur de nombreux sites de “santé” : l’aménorrhée (l’absence de règles), les préoccupations sur l’image du corps et le désir de perdre du poids, un niveau de stress important, la fatigue, les problèmes osseux, la prise de laxatif ou le recours à des vomissements…

Ensuite, j’ai très souvent vu sur ces sites que les anorexiques sont très souvent sujets à faire de la boulimie. C’est faux ! Ce n’est pas “très souvent”. Malheureusement, la phase de faim extrême n’est pas assez connue de ces sites de santé qui, je pense, considèrent cela comme de la boulimie. Mais cette faim extrême est une réponse logique de ton corps. Ce sont les conséquences des mois de restriction, physique et mentale.

Dernier “coup de geule” après j’arrête, promis haha. Mais j’ai TRÈS (trop) souvent vu également le fait que l’anorexie mentale soit associée à la typologie d’une “jeune fille”. Une fois de plus, les troubles alimentaires n’ont pas d’âge. Cela peut arriver à n’importe quel âge. Les personnes plus âgées tombant dans l’anorexie peuvent aussi se sentir illégitime à la lecture de ce genre d’information. Pourtant, leur souffrance est tout aussi réelle qu’une jeune fille anorexique.

Bref, la plupart des sites (pourtant référents) dans le domaine de la santé présentent les signes de l’anorexie les plus connues. Bien sûr ces symptômes sont importants à prendre en compte ! Mais le problème, c’est que cela entretien l’idée populaire que les TCA sont uniquement des maladies tournées autour de la nourriture, le corps et l’activité physique.

symptome-trouble-alimentaire

Et d’ailleurs, beaucoup de médecin se base uniquement sur les symptômes précédemment cités pour effectuer leur diagnostic. Et de ce fait, de nombreuses personnes (pourtant bien anorexiques) ne reçoivent pas le bon diagnostic parce qu’elles ne font pas de sport et/ou qu’elles continuent d’avoir une alimentation d’apparence “normale” et/ou qu’elles ont un IMC “dans la norme”. Leur prise en charge n’est de ce fait pas appropriée et elles ne reçoivent pas le bon traitement.

Je pense que les médecins spécialisés dans les troubles alimentaires prennent tout de même en compte la liste des symptômes que je vous présente en deuxième partie. Mais les médecins traitants, en général, se limitent à ceux présentés dans cette partie. Et c’est dommage, car c’est souvent le premier médecin vers lequel on se tourne pour chercher de l’aide.

La société est encore mal éduquée sur les maladies mentales et preuve en est : beaucoup trop de comportements mentaux sont oubliés !

L’hyperactivité et l’assiette de légumes, c’est seulement la phase visible de l’iceberg : les conduites qui sont perceptibles. Mais on oublie qu’il s’agit de maladie mentale !

Il y a un grand nombreux d’autres signes beaucoup moins connus, ou du moins dont on parle rarement. Et pourtant, il s’agit peut-être de ceux dont les malades souffrent le plus… 

C’est pourquoi, à partir de mon expérience et de mes 6 ans dans les troubles alimentaires, j’ai voulu vous faire une liste des symptômes de l’anorexie mentale qui représente la phase cachée de l’iceberg.

Les 38 symptômes de troubles alimentaires dont on ne parle presque jamais

Avant de te présenter cette liste, je rappelle simplement que bien que de nombreuses “caractéristiques” sont communes, il y a autant de types de troubles alimentaires que de personne malade. J’entends par là que ce n’est pas parce que tu souffres aussi d’anorexie mentale, ou de TCA plus globalement, que tu auras chacun de ses manifestations. Peut-être que tu en auras certain, peut-être que tu les vivras de façon plus ou moins intensément que moi, et peut-être qu’il y en a d’autres que tu ne vivras jamais. 

Et je connais trop bien cette petite voix qui te fait culpabiliser de ne pas être “assez malade” ou qui minimise ton propre TCA en te disant que les autres sont dans un état plus grave que toi. Souviens-toi que c’est un mensonge ! C’est ton trouble alimentaire qui tente de toujours te rabaisser et de te ramener toujours plus loin dans la maladie. Mais ce n’est pas parce que tu n’as pas certains de ces signes que ton TCA est moins grave ou que tu n’es pas légitime à recevoir de l’aide. Je sais que c’est difficile parce que l’anorexie est une maladie très compétitive : mais te comparer aux autres ne fera que te faire du mal. Donc concentre-toi sur ta guérison à toi, sur ta santé 🙂

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1. Penser à la nourriture 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, jour et nuit. Et parfois, tu sors à peine de table que tu penses déjà à ce que tu vas manger au repas suivant ou tu rumines avec la voix culpabilisante sur le repas que tu viens de manger. En phase de faim extrême, il m’est même arrivée de penser à ce que j’allais manger après alors même que j’étais déjà en train de dévorer des muffins et que ma bouche était pleine.

2. Associer la valeur de sa propre personne au chiffre de la balance : selon le poids que m’indiquait la balance, ma journée et mon humeur étaient complètement différentes !

3. Avoir le sentiment d’échouer, d’être faible lorsque tu manges

4. Se peser tous les jours voire plusieurs fois par jour. Parfois avant, puis après le repas. Et savoir qu’il ne faut pas se peser, mais être obsédée par cette fichue balance !

5. Avoir l’impression que tout le monde te regarde en train de manger. 

6. Se disputer avec les personnes que tu aimes. Et d’ailleurs, savoir que ton trouble alimentaire leur fait du mal mais ne pas parvenir à les protéger. Et ça, c’est tellement douloureux. Aujourd’hui, les TCA sont derrière-moi mais j’ai encore beaucoup de mal à me pardonner d’avoir fait pleurer ma sœur, d’avoir causé tant de soucis et tant de dispute avec mes parents…

7. Commencer à manger et avoir cette sensation de ne plus pouvoir t’arrêter. Et de ce fait, redouter de commencer à avaler quelque chose “au cas où” ça déclenche une faim extrême. Et d’ailleurs, une peur associée à ce point est que souvent, on a peur de tomber dans la boulimie ou l’hyperphagie.

8. Être dans l’autocritique et le jugement de toi-même en permanence

9. Se sentir terriblement seul : même lorsqu’on a ses proches qui nous accompagnent… En réalité, lorsqu’on souffre de TCA, on est quand même seul face à la maladie car notre entourage, famille et amis, ne comprend pas exactement ce qu’on ressent.

10. S’imposer des restrictions strictes à longueur de journée : et pas seulement au niveau alimentaire. Je m’imposais des restrictions sur mes heures de sommeil, sur l’argent dépensé, sur l’électricité dépensée…

11. Faire constamment des vérifications corporelles 

12. Subir des ballonnements et troubles digestifs douloureux : avec les troubles alimentaires, le système digestif tourne au ralenti. Pour te donner un ordre de grandeur : une personne qui souffre de TCA prend en moyenne 4 à 5 heures pour digérer contre 1 à 2 heures pour une personne lambda.

13. Être accablé par une culpabilité angoissante qui s’accumule

14. Prendre de longues douches chaudes ou te coller à un radiateur tellement tu as froid et que tu ne parviens pas à te réchauffer

15. Faire manger les autres en espérant qu’ils prennent plus de poids que toi ou pour t’assurer qu’ils consommeront toujours plus que toi, que tu aies une sorte de “marge d’avance”. Sur la même lignée, il y a aussi le fait d’insister pour resservir les autres ou de leur préparer de grosses assiettes avec plus de matières grasses. (J’en ai terriblement honte, mais je faisais ça !)

16. S’imposer un rythme à 1000 à l’heure et culpabiliser lorsque tu ne peux pas suivre ce rythme (à cause de la fatigue ou parce que ton emploi du temps ne te le permets pas)

17. Passer des heures dans les rayons du supermarché et comparer les calories de toutes les étiquettes pour finalement acheter toujours les mêmes produits que tu connais

18. Cuisiner pour les autres mais ne pas manger ce que tu as préparé

19. Voir l’apparition d’un duvet de poil sur la peau (lanugo)

20. Angoisser à l’approche de ton anniversaire car tu ne veux pas manger plus de jour-là, même une simple part de ton propre gâteau

21. Avoir des rituels et des TOCs à respecter dont tu as terriblement honte

22. Éprouver un désir de manger un snack qui te fait plaisir mais ne pas te l’autoriser.

23. S’interdire de se nourrir  si ce n’est pas l’heure d’un repas.

24. Culpabiliser lorsque tu te poses, que tu es assise ou allongée, notamment pour regarder une série ou un film. 

25. Certains jours, ta maladie t’inquiète et tu prends conscience de sa gravité. Puis d’autres jours, tu as cette petite voix qui te chuchote que tu n’es pas assez malade, que ton cas est moins grave que d’autre. 

26. Avoir le désir de guérir mais avoir trop peur de quitter ce trouble alimentaire

27. Faire du sport jusqu’à te faire mal voire même lorsque tu es déjà blessé

28. Te priver de tout divertissement et tout plaisir : même au-delà de l’aspect nutritionnel. 

29. Avoir une crise de panique si l’heure d’un repas ou l’organisation prévue change

30. Mentir fréquemment, à tes proches mais aussi à toi-même pour t’éviter de te nourrir ou pour compenser davantage. Le mensonge est parfois tellement omniprésent que tu finis par y croire toi-même et à oublier que c’est faux.

31. Ne t’autoriser à avaler tes repas une fois que tu connais la valeur énergétique

32. Toujours choisir de la nourriture sûre et familière ; puis craquer devant ceux qui te font plaisir mais te terrorise

33. Une perte de cheveux par dizaine et des cheveux cassés, fragiles. 

34. Avoir des pensées excessives dès qu’un sujet de conversation parle de nourriture ou de corps

35. Subir la voix culpabilisante de la restriction et être accablé par les mensonges du trouble alimentaire en permanence. 

36. Avoir la sensation qu’il y a un brouillard dans ton cerveau en permanence qui t’empêche de réfléchir convenablement

37. Ne plus sentir ses sensations de faim et de satiété : te demander très souvent si tu as vraiment faim ? Si tu as assez mangé ? Ne plus savoir ce qu’est une “alimentation normale”

38. Porter ce faux sourire pour rassurer tes proches et les convaincre que tu vas bien

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Peut-être qu’en lisant cette liste, tu te sens épuisée et que tu as peur car tu as l’impression d’avoir un nombre incalculable de choses sur lesquelles tu dois travailler. Mais sache que la plupart de ces comportements sont liés entre eux.

Personnellement, je les ai tous ressenti quand j’étais anorexique. Et moi aussi je me demandais combien de temps j’allais prendre pour en sortir. Mon quotidien était l’anorexie. Aujourd’hui, je n’ai plus un seul de ces conduites nocives pour ma santé. Et je ne pensais clairement pas qu’ils partiraient “aussi vite”. Mais je suis la preuve que c’est possible de s’en sortir. Et je ne suis pas plus forte que toi. Tu vas y arriver ! 

Alors oui, c’est certain, c’est difficile de se battre. Et ça ne partira pas du jour au lendemain. 

Mais ce sera toujours moins difficile que de vivre avec un trouble alimentaire. Peut-être que tu as l’impression que te restreindre, recourir à des vomissements ou faire du sport à outrance est beaucoup plus simple que d’aller à l’encontre de ton TCA. Mais en réalité, ce bien-être, tu le ressens sur le court terme. Sur le long terme, tu laisses ton TCA te prendre ta vie. Tandis que la guérison te fait mal sur le court terme, au moment même où tu te bats, mais dans le but de te ramener doucement vers la liberté. 

D’un côté, tu vas vers la mort, de l’autre, tu vas vers la vie. D’un côté, tu survis, de l’autre, tu vis.

Alors, qu’est-ce que tu choisis ?

Tu sais à quel point ton trouble alimentaire t’embête de vivre. Tous ces symptômes sont des raisons de te battre. Tu mérites de vivre une belle vie beaucoup plus paisible où tu te sens en paix ! 

J’espère qu’au travers de cette liste, tu te sens moins seul(e) si toi aussi tu es anorexique, ou même que tu souffres de TCA globalement. Et j’espère également que ça permettra aux proches, notamment à la famille qui vit avec, de mieux comprendre ce que vit quotidiennement le/la malade (parce que oui, je ne l’ai pas dit car ça me semble évident : mais les hommes aussi peuvent être touchés par ces maladies mentales !)

N’hésite pas à me dire en commentaire si tu te reconnais dans ces comportements et si tu souhaites en partager d’autres ! 

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  • Psychologique,
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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 10 commentaires
13 choses que votre proche souffrant d’un trouble alimentaire aimerait que vous sachiez

13 choses que votre proche souffrant d’un trouble alimentaire aimerait que vous sachiez

13 choses que votre proche souffrant d’un trouble alimentaire aimerait que vous sachiez

La relation avec les proches est très compliquée lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire. Parce que c’est difficile de faire comprendre ce qu’on ressent à ceux qui nous entourent. Et que les actions ou paroles de nos proches peuvent parfois être très frustrantes, voire être perçues comme des bâtons dans les roues qui viennent s’ajouter en plus des difficultés de la maladie sur le chemin de la guérison. Parfois, la fatigue du combat, les émotions que l’on ressent nous empêchent de dire clairement ce qu’on ressent à nos proches. J’ai écrit cet article sur la base de ma relation avec mes proches lorsque j’étais moi-même malade, de tout ce que je leur ai dit ou que j’aurais aimé leur dire pour qu’ils puissent mieux me comprendre.

Cet article a pour vocation d’aider les personnes malades qui ne parviennent pas à mettre de mots sur leurs maux, et qui aimeraient que leurs proches comprennent mieux ce qu’ils traversent afin de mieux les aider sur le chemin de la guérison contre les TCA. Et cet écrit a, de ce fait, pour but d’aider également les proches, ceux qui accompagnent les malades dans leur combat, quotidiennement ou plus ponctuellement. Cela peut vous aider, vous, maman ou papa, conjoint ou conjointe, petit ami ou petite copine, ami(e)… d’une personne souffrant d’un trouble du comportement alimentaire.

Dans les lignes qui vont suivre, je parlerai à la première personne du singulier, en me mettant dans la peau de quelqu’un qui souffre actuellement de trouble alimentaire et qui s’adresse directement à son proche.

Enfin, juste pour information, ayant souffert moi-même d’anorexie restrictive mentale sévère, j’adapte cet article surtout autour de ce trouble alimentaire.

Voici 13 choses que votre proche souffrant d’un trouble alimentaire aimerait que vous sachiez …

1 - Ce n’est pas ta faute

Non, ce n’est pas ta faute. Les troubles alimentaires sont une maladie qui n’est pas causée par une personne. Et d’ailleurs, un trouble alimentaire ne s’explique pas par une raison. Il y a souvent une multitude de petits facteurs qui ont entraîné le déclenchement d’un TCA : des facteurs génétiques (et tu ne choisis pas la génétique…) ; des facteurs environnementaux ; la diet culture ; des schémas de croyance ancrée depuis des années à partir de blessures du passé… Il y a un tas de raisons qui peuvent expliquer mon trouble alimentaire, et qui sont propres à chaque malade. Et je te rassure, tu n’es responsable d’aucune de ces facteurs. 

Maman, si tu lis ces lignes, j’insiste, tu n’es pas responsable. Même si parfois j’ai pu te dire le contraire. Même si parfois, même les médecins ont pu te dire le contraire. On dit souvent que la nourriture fait référence à l’allaitement maternel et que donc, la maman serait responsable des troubles alimentaires. Mais c’est des discours ancestraux et culpabilisant ! N’écoute pas ça, je te jure. Même si à un moment j’ai pu croire ça, j’ai pris énormément de recul aujourd’hui et après beaucoup de temps de thérapie j’ai réalisé que tu n’es pas la cause. Je pense que, j’avais aussi besoin de trouver un coupable pour rejeter ma colère d’être malade. 

Évidemment tu as fait des erreurs, mais c’est normal, tu es humaine. Et même si j’essaierai de faire de mon mieux, je ferai certainement des erreurs lorsque je serai moi-même maman. Et toutes les relations parents-enfants sont conflictuels. C’est normal. Ne t’en veux pas, je t’assure. Je sais bien qu’être parent c’est difficile, que tu dois te sentir coupable. Tu dois te demander comment tu aurais pu faire pour éviter que je tombe malade, ou que ça s’aggrave. Mais tu n’as pas choisi que je tombe malade. C’est comme un cancer, un trouble alimentaire, ça arrive sans qu’on ne contrôle quoi que ce soit. 

J’ai besoin que tu travailles sur ce sentiment de culpabilité que tu as, car je m’en veux que tu puisses penser que c’est ta faute que je sois malade. 

2 - Ne t’attends pas à un changement rapide

Il faut que tu comprennes que la guérison d’un trouble alimentaire est longue. Ne t’attends pas à des changements rapides. Ne te dis pas que, parce que j’ai commencé une thérapie avec un professionnel de santé, alors en quelques semaines je vais faire des progrès incroyables.

Non, malheureusement, ça ne se passe pas comme ça. Ne pense pas ça parce que franchement, ça me met la pression. Moi aussi, je t’assure, j’aimerais que ça aille plus vite, même si guérir me fait peur. Souviens-toi que je suis la première victime de ce trouble alimentaire. Même si j’ai conscience que ça t’impact, c’est ma vie que la maladie me vole. 

Alors oui, ça va prendre du temps. C’est vraiment étape par étape, un pied devant l’autre que je vais vers la guérison. Ça peut prendre des années ! Mais l’important, c’est que je guérisse, non ?

J’ai vraiment besoin que tu comprennes ça pour me soutenir. Parce que le genre de remarque “bah, je pensais que tu voyais un psy. ça ne t’aide pas?” ou “tu n’arrives toujours pas à manger ça ?” ou “Pourquoi tu fais encore autant de sport ? Je pensais que tu avais compris maintenant”. Ce genre de remarques font tout sauf m’aider. Oui, je comprends que je dois manger, oui je comprends que je dois arrêter d’avoir peur de prendre du poids, oui je comprends que je dois arrêter d’être hyperactive. Mais s’il suffisait de comprendre les choses pour guérir, le problème serait vite réglé. 

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3 - Peut-être que tu ne réalise pas la difficulté que c’est…

Je pense que tu n’imagines pas la difficulté que c’est pour moi de me battre contre mon trouble alimentaire. Déjà, parce que c’est comme se battre contre soi-même. 

Mais aussi, parce que la conséquence de mon trouble alimentaire tourne autour de la nourriture. Et la nourriture, surtout en France, c’est central dans notre vie !

Déjà, pas de bol, l’Homme a besoin d’au moins 3 repas par jour pour avoir de l’énergie pour vivre. Donc 3 à 5 fois dans la journée, je dois faire face à ma plus grande peur. Mais s’il n’y avait que ça ! La nourriture est omniprésente dans notre vie ! Essai de te rappeler la dernière fois que t’as passé un bon moment avec tes amis ou avec ta famille, il n’y avait pas une histoire de repas ? Que ce soit au boulot, avec les amis, ou la famille, on se retrouve tout le temps autour d’un petit déj’, dans un restaurant, au bar, dans un salon de thé… Les gens se rassemblent tout le temps autour d’un repas. Et ce qui est censé être une festivité ou un moment agréable est un enfer pour moi ! Y’a pas un jour où je peux éviter cette peur.

Et en plus de ça, on est dans une diet culture… quel aliment manger, en quelle quantité, à quel moment de l’année, pour quel bienfait… On ne parle que de ça ! Que ce soit sur les réseaux sociaux, à la radio, la télé, dans les magazines ou juste dans la bouche des gens. C’est littéralement omniprésent ! Alors oui, je m’isole parfois. Parce que ça crée un sacré brouhaha dans ma tête qui m’épuise littéralement !

J'aborde ce sujet dans cet épisode de mon podcast :

4 - Mais en même temps, ça n’a rien avoir avec la nourriture

Je viens de te faire tout un discours sur le fait que la lutte de mon trouble alimentaire est difficile parce que l’alimentation est omniprésente. Et en même temps, sache que les troubles alimentaires… bah ça n’a rien avoir avec l’alimentation ! 

Ambivalent n’est-ce pas ? Oui, bah le dualisme c’est toute l’histoire de mon trouble alimentaire en fait !

En réalité, quand je dis que ça n’a rien avoir avec l’alimentation, c’est que la nourriture n’est pas la cause de mon trouble alimentaire, c’est la conséquence. Ce qui veut dire que ce n’est pas “juste en mangeant” que je vais guérir. Sinon, encore une fois, ce serait trop simple. Mon TCA ce n’est pas non plus comme un régime, où j’ai arrêté de manger du jour au lendemain. Non vraiment, c’est une maladie. 

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Les causes de mon TCA, comme je te le disais avant, elles sont multiples. Et je dois faire tout un travail sur moi-même pour comprendre comment j’en suis arrivée là, pour m’aider à en sortir. D’ailleurs, c’est certainement le combat de toute une vie. Ça ne veut pas dire que je vais être malade toute ma vie, non ! Je vais guérir ! Mais en fait, c’est mon corps qui a voulu exprimer le mal-être que j’avais sous la forme d’une anorexie, boulimie, orthorexie… En travaillant sur mes blessures, je vais peu à peu sortir des TCA.

Comme je t’ai dit aussi, il y a aussi une partie de génétique. Et il y a des modifications concrètes au niveau du cerveau, comme des zones qui sont “altérées”. Mais ce n’est pas rédhibitoire, ça va se “normaliser” au fil de la guérison. Simplement, ce n’est pas juste en mangeant que ça va se réparer. C’est avec de la reprogrammation/restructuration cérébrale. Je vais devoir réapprendre à mon cerveau de ne pas avoir peur de certains aliments, de lui faire comprendre que lorsque je sors de ma zone de confort, je ne suis pas en danger, de lui faire accepter que le perfectionnisme n’est pas un but ultime dans la vie, etc.

5 - Félicite-moi de mes petites victoires

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Comme tu l’as compris, les TCA sont des maladies super complexes. Alors quand je parviens à remporter une victoire, j’ai besoin que tu me félicites. Quand j’ai enfin réussi à diminuer mon hyperactivité, à sauter une séance de sport, à manger un aliment qui me faisait peur, à aller au restaurant, à accepter que des invités viennent à la maison, à faire preuve de spontanéité, etc. 

Sauf que je ne veux pas que tu le soulignes verbalement et de façon trop explicite. Je sais, je t’en demande beaucoup… Mais c’est important. Parce que me dire “c’est bien tu as bien mangé” ou “c’est bien, tu n’as pas été au sport aujourd’hui” ; c’est un véritable déclencheur dans ma tête. Il faut que tu prennes conscience qu’il y a le moi “sain” et le moi “contaminé” par la maladie. Et lorsque tu dis ce genre de commentaire, c’est le moi contaminé qui s’active. En réalité, j’entends “c’est bien, tu vas bien t’engraisser” et j’ai un énorme sentiment de culpabilité qui s’accroit en quelques secondes. Alors, je sais bien que ce n’est pas ce que tu as voulu dire. Mais je suis malade, et c’est comme ça que le moi malade le perçoit. Et du coup, je vais me braquer, et ça peut même générer des comportements compensatoires en moi. Bref, de quoi gâcher les belles victoires que je viens de remporter…

Alors j’ai besoin que tu fasses les choses de façon plus subtile. Par exemple, tu peux me dire “je suis contente d’avoir passé ce moment avec toi” ou “j’ai bien rigolé avec toi, c’était très agréable”, “ça me fait plaisir de discuter avec toi”, “j’ai vraiment passé une bonne soirée en ta compagnie”, etc. 

6 - Tu ne comprendras jamais ce que je vis

C’est frustrant pour moi, et j’imagine que pour toi aussi, mais tu ne comprendras jamais ce que je vis. Et je me console en me disant que, tant mieux si tu ne comprends pas. Car si tu comprenais, ça voudrait dire que toi aussi tu es malade. Personne, à part les gens qui sont ou ont été malade, ne peut comprendre. 

Non, je te jure, ce n’est pas comme faire un régime. Parce que, qu’est-ce que j’ai pu l’entendre ce genre de commentaire : “Ah oui, je te comprends, moi c’est pareil, parfois je me trouve super gros !” ou “Oh oui moi parfois je rentre le soir et je me fais un paquet de chips entier sur le canap’ devant la télé” ou encore “Ah oui je comprends cette sensation, ça me fait ça quand je fais un régime”. Non, je t’assure, avoir un trouble alimentaire, ça n’a rien avoir avec tout ça. 

Avoir un trouble alimentaire, c’est une maladie, pas un régime. Ce n’est pas quelque chose que j’ai choisi. Ce n’est pas non plus une sensation de se sentir gros, une fois de temps en temps. Ce n’est pas non plus se faire plaisir avec un bon gâteau ou un paquet de chips tranquille devant la télé. C’est être obsédé par la nourriture, par le contrôle sur son corps. C’est tellement oppressant comme sensation, comme peur, que ça te bouffe la vie. Genre vraiment, mon contrôle sur la nourriture, sur mon corps passe devant tout ! Ça passe devant ma vie sociale, devant mes amis, devant ma famille, devant mon travail, devant mes projets de vie, devant ma santé ! Et je ne le choisis pas ! Je n’arrive pas à faire autrement. L’autre fois, j’ai dit à mon médecin que je préférais creuver que de prendre 100 grammes. 100 grammes, non mais tu imagines ?! C’est tellement insignifiant ! 

Un trouble alimentaire, c’est comme un tourbillon, une spirale infernale qui t’emmène tellement loin, que tu ne peux plus contrôler et qui te bousille ta vie ! Mais je ne t’en veux pas, tu ne peux pas comprendre, mais arrête de penser que tu peux comprendre. C’est frustrant pour moi…

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

7 - C’est un combat de tous les jours

Je pense que tu l’as compris quand je t’ai expliqué la difficulté que c’est de se battre contre un trouble alimentaire, mais c’est vraiment un combat de tous les jours.

C’est vraiment se battre chaque seconde, de chaque minute, de chaque jour ! Jour, et nuit en fait ! Parfois, je me réveille, et ça y est mon cerveau est focus sur une peur liée à mon trouble alimentaire. Alors oui, je suis épuisée parfois, et très facilement.

Je ne dis pas, lutter contre une addiction à l’alcool ou à une drogue, c’est extrêmement compliqué et c’est une maladie grave et un combat de tous les jours aussi. Mais la différence, c’est que le combat réside dans l’abstention à une substance. Là où moi, je ne peux pas m’abstenir de manger parce que j’en ai besoin pour vivre ! 

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Au magasin, je ne dois pas éviter le rayon alcool, je dois lutter contre tous les déclencheurs dans chaque pu*** de rayon ! 

Des déclencheurs j’en ai constamment : dans le discours des gens, dans les publicités, dans la rue quand je passe devant une boulangerie, au boulot quand on me propose un chocolat à la pause, quand je vois des gens courir, quand j’entends des personnes dire qu’elles font une cure detox, quand je croise une personne plus mince que moi, quand j’entends un commentaire sur l’apparence, quand je me vois dans le miroir, quand je revois une photo de moi plus mince, etc. 

C’est vraiment un combat QUOTIDIEN.

Alors oui, parfois j’ai besoin que tu me répètes tous les jours la même chose. Pour me rassurer, pour que dire que j’ai le droit de manger, que j’ai le droit de me reposer, que c’est mon trouble alimentaire qui me fait croire que je ne suis pas digne de tout ça. Parce que moi, ma réalité est biaisée. Et oui, j’ai besoin que tu le répètes, même si tu me l’as déjà dit hier, avant-hier et tous les jours de la semaine dernière. 

8 - Arrêtes de faire des commentaires autour de la nourriture ou du corps

Je t’en supplie, arrête de parler de nourriture ou de l’image au corps. Je veux dire, vraiment, fais attention. Tu n’imagines pas les impacts que cela a sur mon trouble alimentaire. 

Je sais que tu es certainement bien intentionné, mais ne me dit pas quand tu vois que j’ai regagné du poids. Me dire “Tu as l’air en forme, tu as repris du poids, c’est bien, tu es jolie, ça te va bien”. Tu as beau me faire des compliments, ma tête n’a retenu que le début de ta phrase et plus précisément “tu as repris du poids”. Mon TCA transforme ça en “tu es trop grosse”. Et c’est un véritable déclencheur qui va me faire adopter des comportements compensatoires pour reperdre ce poids que j’ai gagné. C’est vraiment très très dur pour moi, alors juste, ne le souligne pas.

C’est la même remarque pour mes assiettes, ne me dis pas que j’ai des assiettes plus remplies, ou que je mange mieux et que c’est bien. Non ! Parce que mon TCA transforme ça en “tu manges trop”. Juste, ne parles pas de nourriture, ni de mon apparence physique. Encore une fois, il existe d’autres compliments qui n’ont rien avoir avec l’apparence : “j’admire ta capacité à te battre”, “j’adore ton rire”, “tu es une personne très agréable avec qui j’aime passer du temps”, “tu es quelqu’un d’authentique”, etc.

Et ces commentaires sur la nourriture ou le corps valent aussi bien pour toi. Même si tu te dis que ça parait évident que les commentaires que tu te fais ne me sont pas destinés, mon trouble alimentaire va toujours ramener ça à mon propre corps. Si tu dis devant moi que tu trouves que tu as grossis, c’est un déclencheur pour moi. Si tu dis que tu as trop mangé hier et que du coup tu ne vas manger qu’une salade ce midi, c’est un déclencheur pour moi. Si tu te dis qu’avec l’été qui arrive, tu vas reprendre le sport à fond, c’est un déclencheur pour moi. Encore une fois : ne me parles pas de ce qui a un rapport avec la nourriture, le sport ou le corps. Parce que vraiment, ce sont de gros déclencheurs à des comportements néfastes pour ma santé. 

Ce genre de commentaires nourris mon trouble alimentaire. Et je dois déjà lutter avec les messages de la diet culture que l’on a quotidiennement autour de nous. Alors, s’il te plait, épargne-moi cela dans mon propre petit cocon. 

9 - La guérison n’est pas linéaire, et ce n’est pas parce que j’ai fait un pas en avant, que je ne peux pas faire deux pas en arrière.

La guérison, ce n’est pas une ligne ascendante droite. Non, la guérison d’un trouble alimentaire, c’est une véritable bataille avec des hauts et des bas. Parfois, il y aura des jours avec, et des jours sans. Il y aura des jours où je ferai un pas en avant, d’autres où je ferai deux pas en arrière. Mais ça ne veut pas dire que je suis retombée plus bas. Non, parce que les rechutes font parties de la guérison. Quand j’ai appris à marcher, comme toi d’ailleurs, je suis tombée. Et au plus je tombais, au mieux je me relevais et au moins je tombais. C’est ainsi que l’on avance ! 

Alors ne sois pas déçue quand tu vois que j’ai moins réussi à manger, que j’ai fait plus de sport, quand j’ai refusé une sortie à l’extérieur… Même si tu essaies de me le cacher, je le ressens. J’ai besoin que tu acceptes que ces difficultés-là font parties de la guérison. Ce n’est pas négatif, ça fait partie du cheminement. 

Ne pense pas que c’est parce que ce soir j’ai réussi à manger un aliment qui me faisait très peur que je le remangerais sans aucun problème. Non, et je peux même déjà te dire que la prochaine fois sera encore difficile. Ne crois pas non plus que c’est parce que je regagne du poids que je vais mieux. Le poids n’a rien avoir avec la gravité de mon trouble alimentaire. D’ailleurs, regagner du poids me terrifie. Alors même si je sais que j’ai besoin de reprendre ce poids, c’est très dur pour moi psychologiquement. Et la maladie est si forte qu’elle me fait culpabiliser et me rend encore plus mal que lorsque j’étais plus mince. 

10 - Oui, parfois je vais te mentir…

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Parfois, tu t’es peut être déjà rendu compte que je ne te dis pas toujours la vérité : quand tu me demandes si j’ai mangé, si j’ai bien respecté le fait de ne pas faire d’exercice, ou simplement quand tu me demandes si je vais bien. 

Le mensonge fait partie des troubles du comportement alimentaire. Mais je ne te mens pas juste parce que je suis sournoise. Absolument pas. C’est parce que j’ai honte aussi de mes actions. J’ai honte de ce que je mange ou ne mange pas. J’ai honte de ne pas savoir respecter les consignes du médecin. J’ai honte et j’ai peur de te décevoir. J’ai peur que tu ne perçoives pas, que tu oublies que je sois sous l’emprise de la maladie et que ce n’est pas tous les jours facile de lutter contre la petite voix qu’il y a dans ma tête. 

Alors oui, parfois je te dirai que j’ai mangé quand je n’ai pas mangé, que je suis restée à la maison pour me reposer alors que j’ai été au sport, que je suis juste allé faire un tour dehors alors que j’ai fait une compulsion alimentaire à la boulangerie, que je vais bien… alors que mon corps hurle de douleurs causées par le trouble alimentaire.

Je te mens parfois, mais ne m’en veux pas. Je ne veux pas te faire de mal, je ne veux pas te décevoir, je ne veux pas non plus voir la réalité en face, voir ce que la maladie me fait faire. 

11 - Beaucoup d’activités qui te paraissent simples sont extrêmement difficiles pour moi

Je pense que parfois, tu n’en as pas conscience, mais des activités qui paraissent détentes pour toi, simples, sont extrêmement compliquées pour moi.

Par exemple, les vacances. Tout le monde attend les vacances avec impatience. Eh bien moi, c’est difficile. Cela veut dire potentiellement des barbecues, des soirées, des repas avec les amis ou la famille. Cela veut dire peut être se mettre en maillot de bain et donc exhiber ce corps que je déteste tant. Cela veut dire ne pas contrôler les personnes qui viennent à la maison à l’improviste ou les activités. Cela veut dire que peut être je n’aurai pas accès à ma salle de sport. Bref, les vacances sont sources d’angoisse pour moi ! 

Se retrouver dans un salon de thé ou dans un bar, juste pour prendre un verre ou un thé. Tu vas te dire que j’ai la possibilité de prendre une boisson sans sucre ou un thé. Mais sauf que moi j’ai peur que d’autres personnes prennent un gâteau qui me donnerait envie et qui donc me ferait compulser. J’ai peur qu’il y ait des commentaires sur la nourriture qui me créent un déclencheur.

Aller voir un spectacle d’un ami, de théâtre ou de danse peu importe. Pareil, tu peux te dire qu’il n’y a pas de problème puisque il n’y a pas de repas comme une sortie au restaurant. Oui, mais sauf que du coup, ça va peut-être décaler mon heure de repas. J’ai peur aussi que sur place, ils vendent de la nourriture et que j’en ai envie. J’ai peur de voir d’autres personnes qui n’auront pas dîné et que du coup, je vais me fixer toute la soirée sur le fait que j’ai mangé avant de venir tandis que d’autres n’ont pas mangé, etc. 

Tu vois, des choses qui te paraissent simples sont si difficile à gérer pour moi. Tout va très vite dans ma tête. La petite voix me balance un tas d’idées négatives. Elle me plonge dans un brouillard qui me fatigue. Alors oui, parfois je refuse des choses simples. Mais sache que ce n’est pas parce que je ne fais pas d’effort ou que je suis asociale. J’aimerais avoir une vie normale. Mais mon trouble alimentaire m’en empêche. 

12 - Non, tu ne peux pas guérir à ma place

Je comprends que ce soit difficile pour toi de me voir comme ça. Tu as le sentiment d’être impuissant(e) face à ma maladie. Tu as l’impression de ne pouvoir que regarder la maladie me détruire sans savoir comment m’aider. Et je sais que tu aimerais tout faire pour me sortir de là, pour me voir guérir.

Mais non, tu ne peux pas guérir à ma place. Je ne suis pas responsable de ma maladie, en revanche, je suis actrice de ma guérison. Et les seuls changements qui puissent se faire doivent venir de moi. Et ce n’est pas parce que je te dis ça que tu dois me créer des électrochocs pour me faire réagir. Ça ne sert à rien à part me brusquer et altérer nos relations. Tu peux m’aider autrement que par la confrontation. Parce que oui, tu peux quand même m’aider. Et d’ailleurs ton aide est précieuse. 

13 - J’ai besoin de toi 

Oui, ton aide est précieuse et j’ai besoin de toi dans ma guérison. J’ai besoin de toi, car moi, j’ai comme un filtre. Le filtre de mon trouble alimentaire qui m’empêche de discerner la réalité, le vrai du faux.

Je ne me vois pas tel que toi tu me vois. Mon trouble alimentaire me murmure que je mange trop, je ne sais plus comment on mange en fait. Mon trouble alimentaire me dit constamment que je ne fais pas les choses assez bien, que je dois mériter pour manger, que je n’ai pas le droit de me reposer. Alors j’ai besoin de toi, pour me rassurer, pour me rappeler la vérité. 

J’ai besoin aussi que tu me changes les idées. Que tu me parles de choses qui me font rire, qui me font penser à d’autres choses que mes troubles alimentaires. 

J’ai aussi besoin que tu prennes soin de toi. Car je t’observe, même inconsciemment. Et si je vois que tu prends soin de ta santé, que ce soit physique et mentale, cela m’aidera à prendre soin de ma propre santé.

J’ai besoin de toi, de ton écoute, sans jugement, de ton empathie. J’ai besoin de sentir que je peux compter sur toi. J’ai besoin de sentir que tu as confiance en moi, que tu crois profondément en ma guérison. Je te jure que ça, c’est primordial. Parce que j’ai peur parfois de ne plus y croire moi-même. Donc j’ai besoin de sentir que toi, tu y crois. 

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Et j’ai besoin que tu me dises que tu m’aimes. Parce que mon TCA me fait toujours croire que je ne suis pas digne d’être aimé.

Enfin, je terminerai en te disant merci. Merci d’être à mes côtés. Je sais que ce n’est pas simple pour toi. Et j’en suis profondément désolée. Mais merci de me soutenir dans un combat qui est certainement l’un des plus grands combats de ma vie. Je sais que je vais en sortir, et que j’en sortirai plus fort. Et même si c’est mon combat, c’est aussi un peu grâce à toi.

J’espère que cela vous aura aidé. Si vous lisez cet article et que vous souffrez vous-même de TCA, je vous invite à le partager à vos proches. Cela pourrait vraiment les aider à mieux vous comprendre, et donc vous aider dans votre combat. 

Si vous êtes un proche qui accompagne une personne souffrant de TCA, j’imagine que ça ne doit pas être forcément simple de prendre conscience de la difficulté dans laquelle se trouve la personne que vous aimez. Mais retenez bien que c’est une maladie que l’on peut guérir. Et faites confiance à votre proche, il ou elle va s’en sortir ! 

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Publié par Norainnoflower dans Couple, Mieux connaître, Parents, 8 commentaires
Ce que c’est vraiment de se battre contre un trouble alimentaire

Ce que c’est vraiment de se battre contre un trouble alimentaire

Ce que c’est vraiment de se battre contre un trouble alimentaire

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J’ai décidé d’écrire cet article au cas où certaines personnes pensent encore que les troubles alimentaires sont juste une période passagère d’une petite fille capricieuse en pleine crise d’adolescence qui veut attirer l’attention. C’est un préjugé complètement faux ! D’autant plus que les hommes sont également touchés et les troubles alimentaires peuvent apparaître à n’importe quel âge !

Cet article sera intéressant pour les proches d’une personne anorexique ou boulimique afin de mieux comprendre l’enfer que le malade traverse au quotidien. Mais le récit qui va suivre pourra conformément aider les personnes souffrants elles-mêmes de troubles alimentaires. Peut-être qu’elles se reconnaitront et se sentiront moins seules. Mais elles devront surtout se dire que j’ai vécu tout ce que je m’apprête à raconter et surtout que j’en suis sortie ! Ainsi, si moi je l’ai fait, tout le monde peut en guérir ! La guérison est possible !

Pendant 4 ans, j’ai vécu jours et nuits avec l’anorexie mentale, et en outre, j’ai connu une période de boulimie à la fin de mes troubles alimentaires. Alors je sais ce que c’est de vivre avec un trouble alimentaire. Ce récit est propre à mon histoire mais beaucoup de patients éprouvent les mêmes peurs, sentiments et étapes dans le processus de guérison.

Manger

Manger : tout être humain mange chaque jour, et ce plusieurs fois dans la même journée. C’est un besoin primaire, tout à fait normal. Pourtant, quand on souffre d’un trouble alimentaire, manger est une épreuve terrifiante. Lorsque j’étais malade, j’étais à peine levé que je songeais à ce que j’allais manger au petit-déjeuner. Je devais connaître la contenance calorique exacte de chaque aliment pour me rassurer. Si je ne savais pas la teneur énergétique, alors je ne prenais pas le risque de manger. À peine je sortais du petit-déjeuner que je pensais déjà à ce que j’allais déjeuner le midi. Tout était préalablement planifié des heures avant chaque repas. Généralement, c’était toujours les aliments identiques, dans le même lieu et à la même heure. S’il y avait le moindre changement (un retard dans mon repas, un invité surprise, une impossibilité de manger seule dans l’endroit qui me rassurait), dès lors c’était la catastrophe. Je devenais hors de contrôle, tétanisée par la panique et l’imprévu. Comme-ci ma vie en dépendait. Et je ne dramatise pas. Vraiment, les imprévus lorsqu’on souffre de trouble alimentaire sont des véritables dangers de mort. La moitié des personnes souffrant de troubles alimentaires ont déjà fait une tentative de suicide. Et malheureusement, dans les 10 % de décès, beaucoup ont recours au suicide. C’est donc des maladies à ne pas prendre à la légère…

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Manger lorsqu’on se bat contre un trouble alimentaire, c’est s’obliger à mettre une cuillère à soupe de féculent en plus, à ajouter cette demi-cuillère de sauce qui nous fait si peur. C’est aussi devoir se nourrir plus que les autres personnes autour de soi qui elles ne souffrent pas de trouble alimentaire. J’explique dans cet article pourquoi les personnes récupérant d’un trouble alimentaire doivent manger plus pour regagner du poids. Guérir d’un trouble alimentaire c’est également se forcer à manger plus tandis que notre appareil digestif n’a plus l’habitude d’ingérer une quantité normale de nourriture. C’est continuer de se nourrir malgré les douleurs au ventre. C’est devoir manger malgré la culpabilité et la voix de l’anorexie qui nous hurle de n’avaler que de la salade et des pommes. C’est aussi finir tous ses repas en étant frustré, en se demandant s’il l’on n’aurait pas dû prendre plus ou plutôt moins. C’est ruminer quant au repas qu’on a mangé, et ce encore pendant des heures après l’avoir terminé.

Manger, lorsqu’on se bat contre un trouble alimentaire, c’est l’enfer.

Penser sans cesse à la nourriture

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on parle souvent d’une petite voix. Dans mon cas, cette petite voix c’était elle, l’anorexie. Presque toutes les heures, j’entendais sa voix me faire comme un récapitulatif de ce que j’avais déjà mangé et ce que j’avais encore le droit de manger le reste de ma journée. Dès que je commençais à ne plus trop l’entendre et à me changer les idées, elle revenait au galop. Elle venait me dire que je devais culpabiliser pour tout ce que j’avais mangé. Elle me titillait pour que j’aille faire du sport, histoire de griller le maximum de calorie. 

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on a faim. Oui vraiment, on a terriblement faim. Moi j’entendais mon ventre gargouiller si fort que je mettais de la musique à fond pour ne pas l’entendre. J’avais tellement faim, mais l’anorexie m’empêchait de me nourrir, car il n’était pas l’heure à laquelle elle m’autorisait de me restaurer. Parce que souffrir d’un trouble alimentaire c’est aussi se battre sans cesse pour ne pas écouter la sensation de faim de son corps. Alors je me nourrissais par procuration. Je visionnais des recettes en vidéo, des photos de nourriture… j’y consacrais bien 2 heures chaque jour pour cela sur internet. C’était totalement malsain. Autre chose complètement maladive : je m’assurais que les autres mangent bien, mais surtout plus que moi. Dès que j’en avais l’occasion, je leur proposais des gâteaux, des biscuits, des bonbons… jusqu’à cuisiner des pâtisseries pour eux afin de les regarder en manger sans en prendre une miette.

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 C’est ça aussi souffrir d’anorexie : avoir des comportements malsains et malveillants envers ses proches. C’est avoir honte de soi, jusqu’à même se détester. Mais c’est surtout ne pas parvenir à faire différemment. C’est être sous l’emprise d’un monstre qui est invisible, que les autres ne voient pas, mais surtout qu’ils ne comprennent pas.

Et le pire, c’est que la nourriture est PARTOUT. Si vous avez enfin réussi à ne plus y songer ne serait-ce qu’une fraction de seconde, il y a toujours quelque chose pour vous y faire repenser : vous passez devant une boulangerie, votre collègue a ramené le petit-déjeuner au bureau, vos amis vous invitent à un restaurant, vous apercevez des posts de nourriture sur les réseaux sociaux, etc. Si vous ne souffrez pas de trouble alimentaire, pour mieux comprendre vous pouvez vous imaginer que vous êtes sans cesse confronté à votre pire crainte tous les jours, et ce plusieurs fois dans la journée. Par exemple, si vous avez peur des énormes mygales : Vous vous réveillez le matin et vous devez faire face à une immense mygale qui vous attend dans la cuisine. Ensuite, vous sortez et vous en croisez une dizaine dans la rue. Vous devez êtes en constante alerte et toujours faire attention. Vous arrivez au bureau, on vous a ramené des mygales servies sur un plateau. Le midi, rebelote une mygale… et je vais m’arrêter là en supposant que vous avez compris ! Vraiment imaginez-vous cette situation.

Et quand arrivait le moment de dormir, il m’était impossible de fermer l’œil sans devoir recompter mon total calorique de la journée. Des chiffres, des calories, des kilomètres, des grammes… Lorsque vous souffrez d’un trouble alimentaire, votre tête est envahie par les nombres.

Avant de dormir, je devais planifier mes repas du lendemain qui étaient pourtant similaires à ceux de la veille. Je devais préparer ma séance de sport pour être certaine de pouvoir la faire même si ça impliquait que je travaille mes cours jusqu’à minuit ou que je ne vois pas mes amis que je n’avais pas vu depuis déjà 3 mois.

Le poids et la balance

Souffrir d’un trouble alimentaire c’est monter sur la balance, dans certains cas plusieurs fois par jour, puis pleurer après avoir vu le chiffre. Même si cela n’implique que +100 grammes. La balance c’est elle qui avait le pouvoir de déterminer si oui ou non j’avais le droit de manger toutes mes tartines à mon petit-déjeuner.

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Lorsque vous êtes atteint d’un trouble alimentaire, vous réduisez votre vie à un seul chiffre : votre poids. C’est ce put*** de nombre qu’indiquait la balance qui me disait si j’avais le droit d’être heureuse ou non ! Souffrir d’anorexie c’est souhaiter peser un poids de plus en plus bas, tellement faible qu’on en devient presque inexistant.

Je savais que j’étais en sous-poids, je savais que je devais reprendre du poids si je ne voulais pas mourir. Et j’avais envie de regagner du poids pour guérir. Mais c’était plus fort que moi, je n’y arrivais pas. J’étais satisfaite uniquement si le poids avait diminué voire stagné. Parce que souffrir d’un trouble alimentaire, c’est aussi ça : savoir ce qu’il faut faire, mais ne pas réussir à mettre en œuvre des actions concrètes pour y parvenir.

Les autres

Avant l’anorexie, j’étais une fille sociable, souriante, qui allait toujours vers les autres. Lorsque je suis tombée malade, l’anorexie a tué ma vie sociale.

Lorsque je parle des autres, je fais d’abord référence à ma famille. Souffrir d’un trouble alimentaire c’est se rendre compte qu’on fait du mal à nos parents, à nos frères et sœurs, mais de rester impuissant face à cela. Non, je n’avais pas envie de faire pleurer ma sœur en lui déclarant qu’elle ne pouvait plus venir manger chez ses parents, car j’y vivais et que je ne supportais pas les invités. Non, je n’avais pas envie de regarder ma mère pleurer quand je lui disais que la seule chose qui pouvait m’arriver de bien c’était de ne pas me réveiller le lendemain matin. Non, je n’avais pas envie de voir mon père ruminer, culpabiliser et stresser parce qu’il voyait sa fille s’éteindre à petit feu. Lorsqu’on est atteint d’un trouble alimentaire, on voit son entourage souffrir également, mais on ne parvient pas à faire autrement. Ce n’est pas une question de manque de volonté ou d’essayer d’attirer l’attention. C’est juste qu’on a tellement peu d’estime pour soi qu’on n’arrive pas à se protéger et à s’aimer soi.

Les autres font aussi référence à mes amis. Durant mes 4 années d’anorexie, je me suis vu refuser des dizaines d’invitations à des soirées, des restaurants ou des week-ends entre copines simplement parce que je craignais de ne pas pouvoir contrôler les repas. J’avais peur que les autres fassent une remarque en ce qui concerne ma façon de manger, quant au poids que j’avais probablement perdu tandis que j’avais le sentiment d’avoir grossi. Souffrir d’un trouble alimentaire, c’est se couper de ses amis malgré soi. Non, on ne le fait pas exprès de rater toutes les invitations. Notre trouble alimentaire ne nous laisse pas le choix que de les refuser. L’isolement est le meilleur ami de l’anorexie. À deux, ils formaient un combo de choc et se trouvaient en pleine puissance pour m’anéantir.

Et enfin, les autres font référence à toutes les personnes que je pouvais croiser dans la rue. Leurs regards pesants sur la maigreur de mon corps. Leurs mots mal placés sur mon apparence ou ma manière de manger. Leur incompréhension blessante sur la maladie qui me terrassait. Et puis leur façon de manger. Une personne atteinte d’un trouble alimentaire à un comportement terriblement malsain à l’égard de l’alimentation des autres : surveiller ce qu’ils mangent, quelle quantité, à quelle heure, etc. Quand j’étais malade, mon trouble alimentaire ne me laissait jamais démarrer le repas en premier. Je devais toujours commencer de manger lorsque les autres étaient déjà à la moitié de leur repas. C’était épuisant : se nourrir en fonction des autres sans écouter les besoins de son corps.

Et si jamais ils venaient à parler de leur poids, leur alimentation ou du prochain régime qu’ils allaient essayer… cela réveillait mon trouble alimentaire et multipliait par 10 ma culpabilité et mes comportements destructeurs envers moi-même. Dans cet article, je vous donne des conseils pour gérer les personnes qui suivent un régime autour de vous

L’hyperactivité

Regarder un film Netflix à 15 : 00 un dimanche après-midi ? Faire une sieste dans l’après-midi pour se reposer ? Faire une grasse mat’ jusqu’à 10 : 00 du matin ? Ou simplement, s’assoir plus de 2 heures sans bouger ? Je n’avais plus le droit à tout ça. L’hyperactivité accompagne souvent les troubles alimentaires. L’hyperactivité c’est pas juste faire plus de 5 séances de sport par semaine. Non, l’hyperactivité c’est également aller faire ses courses au magasin de l’arrondissement d’à côté. C’est aussi faire le maximum de trajet à pied. C’est pareillement ne jamais avoir le droit d’emprunter un ascenseur. C’est aussi gigoter continuellement lorsqu’on est assis sur sa chaise. C’est aussi être constamment en train de penser ou de réfléchir à quelque chose qui nous pompe de l’énergie. L’hyperactivité, c’est ne jamais s’accorder de repos. Vraiment, jamais.

Les TOCs (troubles obsessionnels compulsifs)

Lorsque j’étais malade, ma vie était rythmée par les TOCs : les troubles obsessionnels compulsifs. Bien évidemment, cela commençait dans l’assiette : je ne pouvais pas manger si chacune des catégories d’aliments était bien distincte l’une de l’autre dans mon assiette. Il fallait que je coupe tout en petits morceaux, que je fasse des mélanges très bizarres… Ensuite, il y avait les TOCs de comptage : les calories, les grammes. C’était compter, recompter et re-recompter. J’avais également des TOCs de vérification. Je vérifiais que je sentais toujours bien les os de ma cache thoracique, que je pouvais toujours faire le tour de mon biceps avec mes doigts. Et puis il y avait les TOCs dans le ménage : je ne pouvais pas manger tant que le ménage n’était pas fait et que mon appartement était totalement propre.

Pourquoi tous ces TOCs ? Pour avoir un sentiment de contrôle. Pour se rassurer. Mais en fait, ce ne sont que des illusions. Compter les calories, toucher mes os, faire le ménage ne me mettait pas plus en sécurité. Et puis il y a le regard des autres, encore une fois. Lorsque je mangeais à des repas de famille, il m’était impossible d’abandonner mes TOCs. Je détestais la façon dont les gens m’observaient manger en me demandant ce que je pouvais bien foutre avec ces aliments ! Je savais que c’était stupide et que j’avais l’air d’une folle en faisant cela. Mais c’était plus fort que moi. C’était la maladie qui me dictait cela.

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La culpabilité

La culpabilité est le sentiment qui nous hante lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire. La culpabilité après avoir mangé évidemment : Est-ce que j’ai trop mangé ? Est-ce que je n’ai pas fait une connerie en me resservant ? Pourquoi ai-je mangé ce pain ?! Pourquoi ai-je compulsé sur ces puta*** de biscuits ?! Mais malheureusement, la culpabilité ne se limite pas à la nourriture. Il y a la culpabilité de ne pas faire assez : pas assez de sport, pas assez de travail à l’école ou en entreprise, pas assez de marche, pas assez de ménage… juste pas assez. Je me souviens combien je culpabilisais d’être assise sur une chaise en cours. Je n’avais pas d’autre choix que de rester assise et la culpabilité rongeait tellement mes pensées que je n’arrivais plus à me concentrer sur l’intervenant de mon école.

Et puis il y a la culpabilité d’être malade. Combien de fois je culpabilisais d’être anorexique. Je me disais que si je n’étais pas malade, mes parents ne seraient pas aussi inquiets, que ma sœur ne devrait pas m’envoyer un message dès qu’elle souhaitait voir ses propres parents pour ne pas me déranger pendant un repas. J’aurai sans doute était une meilleure amie pour mes copines. Bref, je me culpabilisais pour une maladie que je n’avais pas demandée et dont j’étais moi-même la première victime.

La honte

La honte est l’autre sentiment qui cohabite avec la culpabilité dans notre tête. Quand j’étais anorexique, j’avais honte de mon corps maigre. J’avais honte de porter trois couches de vêtements, même lorsqu’il faisait 30 degrés dehors. J’avais honte de ressembler à une vieille de 50 ans alors que j’en avais 22. J’avais honte d’être toujours tendue et stressée dès qu’on parlait de nourriture ou qu’il y avait quelque chose à manger à proximité.

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Lorsque je suis tombée dans les compulsions alimentaires puis dans la boulimie, j’avais honte de mes crises. Je passais de boulangerie en boulangerie, englobant des muffins, cookies, brioches et j’en passe. Je voyais déjà dans le regard des commerçants leur pitié de me voir stressé en train d’acheter une quantité astronomique de nourriture. Ils me voyaient maintenant souvent et se doutaient que ma relation avec la nourriture n’était pas saine. Et puis j’avais honte de mon comportement face aux passants dans la rue. Je mordais dans une brioche puis le balançais dans la poubelle à proximité. Aussi vite, je me ruais dans un magasin pour acheter d’autres sucreries avec lesquelles je répétais la même action. Il m’est déjà arrivé de jeter un aliment puis d’aller le récupérer dans la poubelle, devant tout le monde… Même la honte n’arrêtait pas mon trouble alimentaire. Je me haïssais plus que tout de faire des choses pareilles.

J’avais encore plus honte de moi devant mes parents. Ma mère m’a déjà surprise en train de faire une crise de boulimie, vomitive ou non. Et elle me demandait pourquoi je n’avais pas réussi à me contrôler. Cette question que moi-même je me posais, mais à laquelle je ne savais pas répondre. J’avais l’impression de terriblement la décevoir. Après chaque crise, nous discutions ensemble. On se disait toutes les deux que c’était certainement la dernière, que maintenant j’avais compris les choses. Jusqu’à ce que le lendemain une nouvelle crise survienne, voire même parfois quelques heures après notre discussion.

Ces sentiments de honte et de culpabilité étaient tellement puissants qu’ils généraient souvent des envies suicidaires chez moi. Combien de fois j’ai marché près d’une ligne de chemin de fer en me disant qu’il fallait que je trouve le courage de sauter sous le prochain train ! Parce que vivre avec un trouble alimentaire c’est aussi ça : avoir des désirs de mettre fin à sa vie en permanence. Avoir la sensation que la mort est la seule arme qui permettrait d’arrêter la petite voix dans notre tête.

Le froid

Si vous n’êtes pas ou n’avez pas été atteint.e de trouble alimentaire, vous n’imaginez pas à quel point on a froid lorsqu’on souffre de ces troubles. Le froid est là en permanence. Comme un corps sans vie. J’avais tellement froid que je me collais souvent au radiateur de ma chambre. J’avais déjà 4 couches de vêtements sur moi, mes mains sur le radiateur, mais elles restaient froides. Mettre un t-shirt sans avoir froid n’était plus possible pour moi. Même en plein été. Même lorsqu’il faisait plus de 30 degrés. Je devais toujours avoir un petit gilet sur moi parce que le froid glaçait mon corps.

La solitude

La solitude est la meilleure amie des troubles alimentaires, avec la culpabilité et la honte. Ces derniers sont en pleine puissance lorsqu’ils se trouvent isolés de tout le monde. Pendant mon anorexie, je me suis vu rejeter des dizaines d’invitations m’empêchant de profiter de mes amis, de voir ma famille. J’avais tellement besoin d’eux, mais paradoxalement je refusais de les voir. Encore une action de l’anorexie que je ne maîtrisais pas.

Mais la solitude réside même lorsqu’on se trouve accompagné en fait. Parce qu’on a beau avoir notre famille et nos amis autour de nous, aucun d’eux ne comprend réellement ce qu’on vit tant qu’ils ne l’ont pas vécu. Ils ont beau nous apporter tout le soutien du monde, nous sommes la seule personne à nous battre contre la maladie. Nous sommes la seule personne à pouvoir guérir. Et c’est vraiment difficile de se sentir seule, incomprise.

Notre reflet dans le miroir

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Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, nous sommes obnubilés par notre image corporelle. Chaque matin et chaque soir, je vérifiais dans la glace que j’avais toujours mon corps squelettique. Comme-ci j’avais pris 10 kilos dans la journée. Cela peut paraître complètement insensé. Mais pourtant, j’avais parfois réellement la sensation d’avoir pris 10 kilos et qu’on ne voyait que cela.

Lorsque je marchais dans la rue, je regardais systématiquement mon reflet dans les vitrines. Non pas que j’étais narcissique. Loin de là, mais j’avais ce besoin de vérifier que j’étais toujours aussi maigre. C’était une obsession constante. Une autre obligation de la maladie.

Les moments festifs

Le jour de son anniversaire, la nouvelle année, les fêtes de Noël… ces jours-là ont toujours été mes moments préférés dans l’année. Je les attendais avec impatience. Sauf lorsque j’ai eu mes troubles alimentaires. À ces moments-là, je les craignais plus que tout.

Le jour de mon anniversaire, je redoutais qu’on m’offre des bonbons, des gâteaux ou chocolats. J’appréhendais de devoir organiser une fête et que donc j’allais devoir nourrir les invités et avoir ce besoin de tout contrôler pour obéir à mon anorexie. Pendant 4 ans, j’étais souvent seule le jour de mon anniversaire. Je pleurais parfois parce que j’avais mangé un chocolat. J’avais envie de souffler les bougies sur mon gâteau pour faire un vœu. Mais je ne pouvais pas manger mon gâteau, je n’y arrivais pas. Alors on ne faisait pas de gâteau.

Les fêtes de fin d’année je les redoutais dès le début novembre. Je me souviens de mon Noël 2017. J’ai pleuré du début à la fin. Je voyais toute ma famille me regarder, complètement démunie. Et moi j’étais terrifiée par toute cette nourriture qui m’apeurait, que je désirais, mais que l’anorexie m’interdisait. Je n’avais plus le droit de simplement manger et célébrer Noël et la nouvelle année. Je devais résister, me contrôler pour ne pas craquer sur un aliment. Lorsque j’arrivais à la table de Noël, je ne voyais pas ma famille, j’additionnais mentalement toutes les calories qui se trouvaient sur la table. Je ne pouvais plus profiter de ceux qui m’entouraient et que j’aimais. J’étais esclave de mon anorexie.

Me battre contre l’anorexie est la chose la plus compliquée que j’ai surmontée. C’est une bataille quotidienne, constante, à chaque seconde de chaque journée. C’est comme avoir un démon en soi qui critique chaque chose que l’on réalise, mange ou pense. Vivre avec un trouble alimentaire c’est comme tomber d’un bateau qui nous maintenait dans une stabilité générale dans la vie. Et à chaque fois que vous êtes sur le point de remonter sur le bateau, vous vous prenez une grosse vague qui vous renvoie loin du navire. Vous avez envie d’arrêter de nager, vous êtes épuisé et vous voulez abandonner pour vous laisser couler.

Vivre avec un trouble alimentaire c’est comme essayer de respirer dans un tout petit bocal où il n’y a presque pas d’air. À chaque respiration, on a l’impression qu’on se rapproche un peu plus de la mort. C’est une bataille difficile, mais je suis la preuve que l’espoir existe et est réel. Continuez de vous accrocher. Continuez de respirer peu à peu jusqu’à ce que vous sortez de ce petit bocal qui vous empêche de vivre. Le rétablissement consiste à respirer de mieux en mieux, et tellement mieux qu’un jour vous réussirez à faire exploser le couvercle du bocal pour en sortir. Il se pourra que le couvercle tente de se révisser par lui-même. Mais votre respiration aura déjà affronté des épreuves qui l’auront rendue plus forte. Elle sera donc capable de rouvrir le couvercle d’autres fois encore. Tenez-bon. Je vous assure que ça en vaut la peine.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Couple, Mieux connaître, Parents, 8 commentaires