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Dysmorphophobie & trouble alimentaire : 9 conseils pour t’aider

Dysmorphophobie & trouble alimentaire : 9 conseils pour t’aider

Dysmorphophobie & trouble alimentaire : 9 conseils pour t’aider

Dysmorphophobie. Ce mot qui semble si compliqué. Lorsque je l’ai entendu pour la première fois, déjà j’avais du mal à le prononcer. Mais en plus je me suis dit « c’est quoi ce truc encore?! ». Et quand on m’a expliqué, j’ai dit « aaaaaah » parce qu’en effet, c’était omniprésent dans ma vie.

Je suis presque sûre que vous souffrez de dysmorphophobie.

 

Qu’est-ce que la dysmorphophobie ?

Elle se caractérise par le fait de voir dans le miroir une image déformée, par rapport à la réalité, de tout ou partie de son corps. Donc c’est le fait de se dire « oh la la, j’ai trop de poids » ou « j’ai trop de formes ». Et c’est une image déformée par rapport à la réalité, mais en fait, bien souvent, vous n’en aviez pas conscience et vous pensez que ce que vous voyez dans le miroir, c’est la réalité. Mais ça ne l’est pas. Je ne sais pas si vous suivez ce que je raconte haha

Ce n’est pas systématique comme symptôme, mais c’est quand même assez courant. Donc pour résumer, la dysmorphophobie, c’est le fait de ne pas se voir tel qu’on est vraiment. Et d’ailleurs, je dis c’est courant, sachez qu’en fait énormément de gens, et surtout des femmes d’ailleurs, à cause des injonctions de la société, ont de la dysmorphophobie sans même avoir de TCA. Mais quand on souffre de troubles alimentaires, vraiment, c’est décuplé.

Quelques signes de dysmorphophobie :

Je vais vous donner quelques façons dont la dysmorphophobie peut se manifester pour voir si vous vous reconnaissez :

  • Scruter le moindre petit défaut sur son corps
  • Avoir une voix intérieure très critique qui te remémore à longueur de journée que tu as tel “défaut”
  • Te forcer à te restreindre, à t’engager dans des activités physiques intenses jusqu’à épuisement pour chaque jour lutter contre ce que tu penses être ton « défaut »
  • Être mal à l’aise en public et avoir le sentiment que tout le monde regarde TON “défaut”, que l’on ne voit que ça.
  • Vérifier dans le miroir ou le reflet des vitrines dans la rue si ton soi-disant « défaut » n’a pas empiré (même si en réalité tu viens de le vérifier 3 minutes plus tôt)
  • Même lorsque les autres te rassurent, qu’ils te disent que ça ne se voit pas ou que ce n’est pas réel, ne pas réussir à dé- focaliser ton attention de ça
  • Te persuader que tu ne mérites pas l’amour, la réussite ou juste profiter paisiblement de ta vie tant que ce « défaut » ne sera pas résolu
  • Détester être pris en photo, et encore plus te voir en photo. Tu as l’impression de ne voir que les “défauts” de ton corps.
  • Constamment te comparer aux autres, notamment sur la partie de ton corps qui te gêne. Envier ceux qui ont un corps selon toi “mieux” que le tien
  • Porter des vêtements plus amples ou d’une certaine forme, certaine couleur pour tenter de cacher les parties de ton corps que tu détestes
  • Régulièrement toucher la partie de ton corps où tu as ton “défaut” pour vérifier sa taille. Ou alors, prendre des photos régulièrement pour en contrôler son évolution. (Quand on souffre de dysmorphophobie, ça peut entraîner ce qu’on appelle du body checking, donc le fait de vérifier des endroits de ton corps).

Si vous vous êtes reconnu dans un ou plusieurs points, c’est que vous en souffrez.

9 conseils pour vous aider à amoindrir la dysmorphophobie

Je me souviens d’un exercice que j’ai fait avec mon interne à l’hôpital qui était très représentatif de cette dysmorphophobie. Il m’avait donné une petite cordelette, et il m’a demandé de faire une boucle avec la corde pour représenter ce qui était selon moi mon tour de cuisse.

Il a ensuite réellement fait le tour de ma cuisse pour la mesurer et la représenter avec une autre cordelette. Il a ensuite superposé ma supposition et la réalité : la réalité était moitié moins grande que ce que je pensais.

C’est vraiment un symptôme vicieux parce qu’il entrave à la guérison : c’est difficile d’accepter la renutrition, d’apprendre à aimer son corps quand on ne le voit pas tel qu’il est.

C’est l’un des symptômes qui est resté le plus longtemps chez moi !

Le but de cet article, c’est de vous donner quelques conseils par rapport à la dysmorphophobie ; parce que la réalité c’est que je pense que vous étiez déjà pas mal à connaître ce phénomène (si on peut l’appeler comme ça).

1 - Avoir conscience de cette dysmorphophobie

La première étape, c’est souvent la prise de conscience. Mais au-delà de la prise de conscience, c’est aussi de se le rappeler. Parce que je pense que beaucoup savent que lorsqu’on souffre de TCA, on souffre de dysmorphophobie, mais quelque part, ils l’oublient, ou se disent que ça ne s’applique pas pour eux.

Eh bien si ! Dès que vous vous trouvez moche dans le miroir, que vous vous trouvez avec trop de poids, trop de forme… que vous ne focalisez que sur votre défaut : rappelez-vous que vous avez comme un filtre au-dessus des yeux, celui du trouble alimentaire, qui vous empêche de vous voir tel que vous êtes réellement. Donc vous n’êtes pas objectif avec vous-même. Vous ne pouvez pas faire confiance à votre ressenti quant à votre corps. Et ça c’est vraiment important de se le rappeler. 

2 - Désapprendre ce qu’on t’a appris

Le deuxième conseil, c’est de désapprendre ce qu’on t’a appris ou de remettre en question ce que tu entends ou que tu as déjà entendu. De quoi je parle ? Je parle de toutes les croyances autour de la minceur, du ventre plat, d’un corps harmonieux… La vérité c’est qu’un corps, c’est un être vivant, et c’est imparfait. Imparfait c’est pas négatif, c’est juste naturel. La prochaine fois que vous vous baladerez en nature, vous regarderez autour de vous à quel point tous les organismes vivants sont « imparfaits » : les feuilles, les arbres, les plantes. Elles ne sont jamais exactement pareilles, elles ont parfois des formes et des tâches, des marques de « vieillesses ». 

Pourquoi désapprendre toutes ces croyances qui sont véhiculées par la société ou parfois même dans ta propre famille ? Parce que c’est évident que si tu y crois toujours, que tu te les appliques, lorsque tu vas te regarder dans la glace, tu vas continuer de te juger, de te croire pas assez bien, trop comme ci, trop comme ça.

3 - Attention aux réseaux sociaux

L’une des choses que j’avais beaucoup moins lorsque j’étais malade par rapport aux personnes qui sont malades aujourd’hui : c’est l’influence des réseaux sociaux. 

En 2015, c’était un peu les débuts d’Instagram. Presque on partageait des photos de nos vacances, des paysages… Mais pas du corps, pas autant qu’aujourd’hui. Maintenant c’est quelque chose d’omniprésent, même les marques mettent en avant leurs publicités sur ces réseaux.

Et en fait, toutes ces photos qui une fois de plus généralement montre des corps mince, musclé, bien « proportionné », avec une peau lisse, parfaite, pas un bourrelet, pas un bouton, pas un poil… bah tout ça, forcément, ça renforce ta sensation de ne pas être assez bien, et donc alimente quelque part ta dysmorphophobie.

Donc vraiment, protégez-vous des réseaux sociaux et prenez du recul aussi. 

Comment se protéger ? 

  • Lorsque vous voyez un compte Instagram qui partage des photos de corps ou des informations qui viennent déstabiliser votre relation corporelle : désabonnez-vous.
  • Lorsque vous vous rendez compte que votre algorithme est pollué par des contenus qui viennent vous déstabiliser : manipulez votre algorithme. Ça peut aller dans les deux sens, c’est pas qu’Instagram ou TikTok qui peut vous manipuler. Vous pouvez faire l’inverse. Comment ? Allez taper un mot clé tout autre, exemple : Chat ou Thaïlande. Et là vous allez regarder plein de contenu de chat, interagir avec ces contenus en likant voire en commentant, en enregistrant ces publications-là. Vous faites ça pendant quelques minutes, voire sur 2-3 jours. Et là votre algorithme va vous mettre en avant des contenus liés à ce que vous avez cherché (donc évidemment, prenez vraiment un sujet qui vous intéresse). 
  • Si vous avez trop de publicités qui vous mettent en avant des corps, des produits cosmétiques…normalement vous avez la possibilité de cliquer sur les trois petits points à droite de la publication (je parle d’Instagram ici) et vous pouvez cliquer sur Masquer ou Ne plus me montrer des contenus de ce genre.
  • Faites des digital detox : limitez votre temps sur les réseaux voire essayez de faire 1 jour ou 2 sans réseaux sociaux.
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Et comment prendre du recul ? 

En vous rappelant que c’est les réseaux sociaux, pas la vraie vie. Aujourd’hui, en quelques secondes, on peut ajouter un filtre à une photo pour la faire paraître « sans défauts ». 

Une photo, c’est un instant capturé. Mais on ne sait pas ce qui se passe avant ou après. 

4 - Comment tu vas réellement ?

Un quatrième conseil, c’est de vous demander comment vous allez réellement. Parfois, on se focus sur des « problèmes » physiques alors que le vrai problème est interne.

J’ai pris conscience de ça un jour, sur une anecdote flagrante. J’étais partie le matin au boulot, je m’étais aperçu dans le miroir du couloir, et j’aimais le reflet que je venais de voir. La journée se passe, j’enchaîne merde sur merde, je rentre énervée. Et là, je repasse devant le même miroir du matin et je me dis « oh, mais horrible, je suis énorme ». Et là je me suis dit « non, c’est impossible Mathilde, il y a quelques heures, tu aimais bien ton reflet. » La seule chose qui avait changé, ce n’était pas mon corps, c’était l’état de mon mental. 

Et vraiment, le mental impacte sur votre dysmorphophobie. Quand je me sens mal dans ma peau, c’est souvent que je me sens mal dans ma tête. Et ça, même chose c’est important d’en prendre conscience. Je vous invite vraiment à vous demander, quand votre corps vous dégoûte, comment vous vous sentez là maintenant ? 

Rejeté ? Mal aimé? Frustré ? Énervé ? Stressé ? En manque de sécurité? Incomprise ? Seul?

Essayez de mettre le doigt sur ce qui va vraiment mal. Si vous parvenez à le faire, ça vous aidera à prendre plus de recul par rapport au reflet du miroir que vous voyez. Gardez en tête que dans tous les cas, vous vous heurtez à un mur si vous cherchez des solutions dans des choses externes (sur votre corps, poids…) alors que les causes sont internes.

5 - Éviter les miroirs

Je peux complètement comprendre que les miroirs, les photos… ça peut être un déclencheur à vous sentir mal. Donc ce que je vous conseille, c’est de les éviter, au moins temporairement. 

D’ailleurs, je voulais aussi vous parler d’un truc par rapport à ça. Il y a une citation qui exprime super bien ce que je veux dire, mais elle est en anglais. C’est « Where your attention goes, energy flows ». Littéralement, ça veut dire « Là où va votre attention, l’énergie circule ». En fait, le cerveau il va créer des schémas de croyance selon vos pensées et actions. Par exemple, si vous regardez à chaque fois les calories sur les emballages de ce que vous mangez, votre cerveau enregistre l’information que les calories sont une donnée importante à prendre en compte. Si vous vous pesez tous les jours, vous envoyez l’information à votre cerveau que le poids est une variable importante. Quand vous vous regardez tous les soirs devant le miroir ou que vous vous checkez la taille de vos cuisses dans le reflet d’une vitrine à chaque fois que vous passez devant une, vous envoyez l’info à votre cerveau que la taille de vos cuisses est quelque chose auquel il faut faire attention.

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Je sais que ce n’est pas simple d’arrêter. Mais déjà, prendre conscience de ça, ça va peut-être vous aider. Quand j’ai compris ça, je me suis vraiment forcée à ne plus me regarder dans les reflets des vitrines. Et ça m’a aidé à me défocaliser de mon corps.

Ne plus checker, ça ne veut pas dire que vous allez perdre le contrôle sur ça. Tout comme ne plus vérifier votre poids ne veut pas dire que vous allez de ce fait prendre du poids à l’infini ou prendre trop de poids. Ça aussi, c’est important. Je sais que dans la pratique c’est plus compliqué à appliquer, mais je vous le dis, parce que je suis passée par là. J’ai arrêté de me peser, de me checker, et il ne s’est pas passé tout ce que je pensais qu’il se passerait.

6 - Changer de perspective

On est toujours la personne la plus dure avec soi-même, et on ne se voit pas tel qu’on est.

Alors, essayez de vous demander ce que vous diriez à une personne que vous aimez si elle vous avance les mêmes arguments que vous utilisez contre vous. Exemple : vous vous dites « mon ventre me dégoûte, il déborde de partout, je suis ignoble ». Qu’est-ce que vous lui répondriez si une personne que vous aimez énormément vous disait ça ? Vraiment, répondez à cette question. Et si vous lui retourneriez des arguments bien plus bienveillants que ce que vous vous apportez à vous-même : demandez-vous pourquoi vous ne pouvez pas vous appliquer ces arguments ? Même chose, répondez-y sincèrement. Parce que peut-être là vous vous dites « mais oui elle a raison ». Mais moi je veux vraiment que vous vous posiez pour essayer de comprendre le pourquoi vous êtes aussi dur avec vous-même, pourquoi vous ne pourriez pas vous appliquer des conseils bienveillants ? 

Aussi, quand vous vous détestez, que vous avez peur d’être rejeté par les autres ou de ne plus être aimé si vous prenez du poids : rappelez-vous (notez le si vous avez besoin) que vous ne jugez pas les autres pour leur poids ou leur physique. Enfin, je vous le demande: est-ce que vous aimeriez moins une personne si elle prenait du poids ? Si elle prenait du ventre? Si elle n’était pas comme ce que la société nous dicte ? 

Personnellement, mes amis et ma famille, je les aime pour qui ils sont, pour leur personne, pas pour leur corps ni leur poids. Et je suis assez certaine que vous c’est pareil.

7 - Changer de focus

Tout à l’heure, je vous ai dit « Where your attention goes, energy flows ». Je la reprends pour vous parler de distractions. Quand vous avez une pensée négative sur votre corps, n’alimentez pas ces pensées (je sais encore une fois que c’est bien plus facile à dire qu’à faire). Mais changez le focus de votre cerveau en l’occupant à autre chose. 

Parfois, on se dit « non, il faut que je pense à ça pour trouver une solution ». Et votre solution ça va être de vous restreindre, ou de faire telle action qui en fait s’avère destructrice. Peut-être qu’après avoir ruminé sur ça, vous vous sentez comme rassuré. La réalité, c’est que c’est le trouble alimentaire qui est rassuré. Mais le fait de ruminer dessus, de penser à comment vous pourriez corriger votre corps, ça alimente le stress autour de votre corps. Encore une fois, je sais que c’est pas simple. Au début, vous tenterez et vous ne tiendrez pas longtemps. Mais à force de répétition, ça entraînera votre cerveau à changer de focus.

Comment vous pourriez changer de focus ? En pensant automatiquement à autre chose, et idéalement quelque chose qui est prenant pour votre cerveau. Par exemple : en pensant à une tâche du boulot, ou de vos cours. Ou en faisant un calcul mental. Ou alors plongez-vous dans un bon souvenir. Et si vous avez du matériel autour, écoutez un podcast, regardez une série, lisez un livre, faites des binero… Bref, faites quelque chose qui vous occupe l’esprit à autre chose qu’à vos pensées obsessionnelles autour de votre corps.

8 - Faites de votre corps un allié

Un autre conseil, c’est de vous rappeler que vous n’êtes pas que ce reflet que vous voyez dans le miroir. Un corps, ce n’est pas qu’un physique, qu’une apparence ou qu’un poids. 

Votre corps, c’est votre outil pour réaliser la vie que vous voulez vivre, pour accomplir vos rêves, vos projets. C’est comme le véhicule qui vous amène aux différentes étapes de votre vie.

Mais pour qu’il puisse vous emmener où vous voulez, il a besoin de carburant, d’énergie, et que vous en preniez soin. L’injurier de tous les noms ne l’aidera pas. Le corps entend les pensées du cerveau et ça lui fait du mal. Il a besoin que vous en preniez soin. Donc prenez le temps de soigner votre environnement, de prendre soin de vous avez des crèmes, des shampoings, des bijoux… 

La relation que vous avez avec votre corps, c’est comme n’importe quelle relation : il faut en prendre soin, il faut l’entretenir. Prendre souvent de ses nouvelles, en vous demandant comment vous allez réellement. Lui offrir des cadeaux, des moments de bien-être. Prendre du temps pour lui, donc pour soi. 

Ça me semble assez abstrait ce que je dis, mais j’espère que vous comprenez. Parce qu’en prenant soin de vous, vous améliorez votre relation à votre corps (même si ça se fait de façon très petit à petit). Et du coup, la dysmorphophobie est plus « facile » à gérer, à contrer. Je dis facile entre guillemets, car je sais bien que ça n’est jamais facile.

9 - Les vêtements aussi sont vos alliés

Je trouve que les vêtements ont vraiment eu un rôle dans ma guérison. Ça fait d’ailleurs partie de prendre soin de son corps. Offrez à votre corps des vêtements dans lesquels il se sent bien. Si vous voyez des vêtements qui ne sont pas à la mode, mais dans lesquels vous vous sentez bien, alors prenez-les. Si vous voyez des vêtements à la mode, mais dans lesquels vous vous sentez mal, ne les prenez pas. Des vêtements, c’est fait pour vous aller. C’est à eux de s’adapter à vous, pas à vous de vous adapter aux vêtements. D’ailleurs, débarrasse-toi de tes vêtements trop petits. Si tu es en reprise de poids, les garder dans ton placard représente un véritable déclencheur. Même si tu les gardes « au cas où ». Tu gardes donc dans un coin de ta tête la possibilité de rechuter.

Pour trouver mon style, j’avais fait un tableau Pinterest où j’enregistrais des idées de tenues. Et je m’étais abonnée à des comptes Instagram de boutiques de fringues. 

Autre point par rapport aux vêtements, je divague un peu, mais ça peut être lié à la dysmorphophobie, parce que parfois quand on essaie un vêtement et qu’on se rend compte que la taille qu’il fait est supérieure à celle qu’on pensait faire, ça peut déclencher de la dysmorphophobie. Les tailles ne sont pas significatives. D’un magasin à un autre, il peut y avoir une différence réelle de 2 tailles pour l’appellation « 38 ». Pour la petite anecdote, j’ai bossé au siège d’une boîte de lingerie. Et la modéliste utilisait toujours des patrons toujours trop petits. Plein de femmes me faisaient le retour que ça taillait trop petit. Certaines culpabilisaient… Pourtant, le problème, ce n’était pas leur taille. C’était le patron trop petit. Sauf qu’en entreprise, pour changer des modèles, c’est long parce que ça passe par de nombreux process. Donc vraiment, ne culpabilise pas pour des histoires de taille ! 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

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  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Voilà pour les quelques conseils. 

Globalement, la dysmorphophobie est très liée à l’acceptation de son corps, au travail sur les croyances erronées par rapport à l’apparence. Donc je t’encourage à travailler sur ça, avec un thérapeute. Moi j’ai aussi fait le programme ButterflyBody qui permet de travailler sur ça. Mais j’espère que déjà, ce petit épisode t’aura apporté de l’aide, au moins te rassurer quelques instants.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Peur du poids, 0 commentaire
Rapport à l’argent & TCA : quels liens ?

Rapport à l’argent & TCA : quels liens ?

Rapport à l’argent & TCA : quels liens ?

Pourquoi vous parler du rapport à l'argent dans votre TCA ?

Je vous explique le contexte du pourquoi j’aborde ce sujet :

Début février, à l’occasion du lancement de mon roman « L’anorexie, mon bouclier mortel », j’ai partagé plusieurs extraits sur Instagram en story. Et j’ai partagé notamment un passage que voici :

livre-histoire-vraie

- Roman autobiographique -

L'anorexie, mon bouclier mortel

Découvre tout mon combat contre les troubles alimentaires dans mon livre témoignage sur l’anorexie. Je te raconte tout mon combat, du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte totalement.

Sur ce passage, j’ai eu plusieurs messages de personnes qui ont été interpellés par le côté financier, parce qu’ils se sont reconnus. De ce fait, j’ai voulu savoir où se situait la majorité par rapport au côté financier, donc j’ai lancé un sondage. J’ai d’abord demandé « As-tu vu une anxiété croissante liée à l’argent depuis que tu souffres de ton TCA ? » Et j’ai eu 74% de oui.

Et la seconde question était de savoir plus exactement quel rapport vous avez avec l’argent. J’ai eu 37% de personnes qui ont coché la case « J’essaie de ne rien dépenser ». 8% qui ont choisi l’option « Je dépense n’importe comment ». 38% qui m’ont dit « j’oscille entre les deux ». Et du coup, ça nous laisse 17% de personnes qui n’ont pas de relation « malsaine » avec l’argent. 

Mais de ce fait, ça faisait quand même une majorité et j’avais plein de choses à partager à ce sujet parce que je me suis moi-même posé beaucoup de questions.

Mon expérience avec l'argent pendant mon anorexie

Pour parler un peu de mon expérience, j’ai vu personnellement une anxiété croissante liée à l’argent au fil du temps où je sombrais dans la maladie. De base, je suis quelqu’un d’épargnante, mais là, ça prenait des dimensions vraiment presque maladive. J’étais radine maladive, mais surtout en ce qui concerne dépenser pour moi. J’en étais à un point où je me chauffais pas, je restais dans le noir pour pas utiliser d’électricité, j’utilisais peu d’eau chaude… Et tout ça en 2015, donc c’était pas les tarifs qu’on a aujourd’hui. 

Pendant deux ans, je dépensais le moins possible, j’économisais presque au moindre centime… Et du coup j’ai mis pas mal d’argent de côté. Puis, j’ai eu des compulsions alimentaires qui ont pris une « violente » (j’en parle dans mon article sur la faim extrême). Et là, je dépensais sans compter parce que je perdais comme le contrôle de moi-même. Et donc toutes mes économies, elles s’envolaient en quelques minutes dans des compulsions alimentaires. J’en avais super honte d’ailleurs, j’avais cette sensation de gâcher de l’argent. Et avec le temps, et notamment en sortant petit à petit de la restriction, j’ai eu des réflexions sur mon rapport à l’argent. Et je peux même dire que ç’a fait partie de mon processus de guérison (c’est pour ça que quand je dis que la guérison est multidimensionnelles, c’est qu’il y a plein de micro facettes, qui dépendent de l’histoire de chacun évidemment). 

Comme vous avez été plusieurs à me dire que vous avez remarqué que vous étiez ultra-stressé avec l’argent, que vous étiez devenu beaucoup plus radins et trop économes… Je me suis dit que ce serait intéressant de vous partager mes réflexions ! 

Quels liens possible entre rapport à l'argent & TCA ?

Je détiens pas de vérité absolue, c’est vraiment que mon point de vue. D’ailleurs, j’en avais parlé auparavant, ni même avec des professionnels, c’est vraiment issu de mes moments d’introspection. Donc peut-être que vous vous y retrouverez, peut-être que ça vous aidera, peut-être pas… Prenez ce qui vous convient 🙂

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à dire que mon but ici c’est pas de donner des conseils financiers, c’est plutôt de parler de cette relation entre argent et TCA. Je sais qu’il y a pas mal de choses à dire d’ailleurs sur ce sujet, notamment sur le fait que la guérison peut être coûteuse, elle l’est d’ailleurs. Mais je vais pas parler de ça dans cet article, je vous avais déjà dit d’autres fois qu’il existe les aides d’ALD. Mais vraiment c’est pas le but ici. Et je sais également que les TCA peuvent engendrer des problèmes d’argent, notamment à cause des compulsions. Mais même chose, dans cet article je vais vraiment m’attarder sur la relation restrictive à l’argent.

Je ne pense pas qu’on puisse parler de symptôme, et d’ailleurs on ne peut pas mettre tout sur le dos du TCA. Comme je vous disais à la base je suis une personne économe, épargnante. Et je pense que d’ailleurs j’avais un terrain pour développer du coup de a restriction budgétaire à cause de mes TCA et de mon tempérament épargnant. 

Donc selon mes réflexions, quels sont les liens possibles entre restriction financière et TCA ? 

1 - Anxiété & prévisions pour l'avenir

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on est souvent très anxieux, sur de nombreux sujets ! (J’ai d’ailleurs fait des livres sur la thématique de l’anxiété dans les TCA). Et quelque part, le fait de garder de l’argent de côté apporte un sentiment de sécurité qui vient répondre à cette anxiété. Souvent les personnes qui souffrent de TCA ont de grandes inquiétudes concernant l’avenir, ils anticipent toujours le futur. Épargner, notamment à un point où ça devient maladif, c’est une façon de répondre à cette peur de l’avenir. 

2 - Mécanisme similaire à la restriction alimentaire

Le fait de se restreindre financièrement, c’est comme la restriction alimentaire. Je ne sais pas si vous aviez déjà ressenti ça, moi c’est quelque chose que j’ai d’autant plus expérimenté en phase de lune de miel, pendant les premiers mois de restriction : le sentiment de maîtrise, de puissance, de supériorité vis-à-vis des autres, d’avoir ce sentiment de mieux faire que les autres. Tout ça, on le retrouve aussi dans le rapport à l’argent : quand tu épargnes et que tu augmentes ton apport financier sur le côté alors que les autres dépensent, selon toi, pour des choses inutiles ; ou pour lesquels, selon toi, ils pourraient se passer. C’est vraiment la même chose avec l’alimentation. Moi je me disais « j’arrive à ne pas manger de sucreries alors qu’eux en prennent. »

Il y a vraiment un lien qu’on peut remarquer souvent entre rapport à l’argent et rapport à son alimentation. Souvent, les personnes qui souffrent de boulimie & hyperphagie vont avoir plutôt tendance à faire des achats compulsifs. Les personnes qui sont dans la restriction pure ont tendance à être dans l’épargne poussée. Et souvent quand tu as de la restriction – compulsion ; tu oscilles parfois entre les deux. Encore une fois, c’est pas une vérité absolue et je serais super intéressée d’avoir retour à ce sujet. 

3 - La relation (compliquée) aux autres

Un autre argument qui pourrait expliquer qu’il y a un lien entre le TCA et l’argent, c’est le fait que souvent, quand on souffre de TCA, on a un rapport compliqué aux autres. Peut-être que tu te trouves toujours moins bien que les autres, en deçà des autres, que tu mérites moins que les autres. Peut-être que tu as peur aussi d’être rejeté par les autres. Moi, c’était mon cas. Et en fait, je préférais dépenser mon argent pour les autres plutôt que pour moi. Par exemple, pour Noël, dès le mois d’Octobre, je me préparais une liste d’idée par personne pour trouver LE cadeau qui plaira à mes proches. Et pour eux, j’étais prête à dépenser, bien plus que pour moi-même. Parce que je me disais qu’au moins ce serait utile.

Donc ça peut s’expliquer par le fait que je m’estimais moins que mes proches (donc problème d’estime de soi). Mais pour moi, il y a aussi le fait de répondre à la peur d’être rejeté, exclus. Je pense qu’inconsciemment, je me disais que si je leur faisais LE cadeau qu’il leur ferait trop plaisir, je serais moins rejeté. C’était aussi une façon de me démarquer, et je pense qu’à travers mon TCA, peut-être que parfois je cherchais à me démarquer parce que j’avais la peur d’être oublié, qu’on ne me porte plus d’attention.

4 - des raisons biologiques ?

Avec un trouble alimentaire restrictif, tu ne réponds pas aux besoins de ton corps. Ton corps te demande à manger, mais tu n’y réponds pas. Il pense donc qu’il est dans un environnement où les denrées alimentaires ne sont pas disponibles, comme lorsque c’était la famine. Ton cerveau se pensant dans un climat de famine, donc un climat de danger puisque le but du corps c’est de te maintenir en bonne santé et en vie, il va donc être dans l’optique de cumuler les ressources nécessaires à sa survie. L’argent fait partie des ressources nécessaires à la survie. C’est que les Hommes ont fait lors des périodes de grandes famines ou de guerres. Moi je me souviens que ma grand-mère m’avait raconté que pendant la guerre mondiale, ses parents cachaient des billets derrières des briques de la maison. Donc en fait, c’est une réponse biologique du corps qui veut garder de l’argent parce qu’il se croit en manque de ressources puisqu’il est restreint sur ses besoins primaires.

Je sais pas si vous avez bien compris cet argument-là, évidemment encore une fois, c’est pas une vérité absolue. Mais moi je la trouve pertinente et très intéressante. Parce que ça veut aussi dire que c’est quelque chose qui se régularise lorsqu’on sort de la restriction, et d’ailleurs, même si je reste une personne économe, je ne suis absolument plus comme avant, je dépense pour moi, je sais me faire plaisir et je ne me restreins plus niveau argent. D’ailleurs, ne plus se restreindre ne veut pas dire que je dépense n’importe comment pour autant. Tout comme ne plus se restreindre en termes d’alimentation ne veut pas dire que vous allez manger n’importe comment.

5 - Entrer dans les cases de la société

Une autre théorie ou possibilité qui explique le lien entre argent et TCA, c’est aussi que, tout comme le fait d’être mince, être économe, c’est quelque chose qui est valorisé dans notre société. Donc encore une fois, être économe est une façon d’entrer dans les cases acceptées et valorisées par la société. 

Après, attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas mettre de l’argent de côté. Si vous le pouvez, c’est bien de le faire, de s’assurer une petite sécurité. Mais quand ça va dans l’excès, à l’encontre de votre bien-être, que ça devient une obsession, bah c’est là où c’est problématique. 

6 - Manque d'estime pour soi

Ensuite, j’en ai parlé quand j’ai donné le point sur le rapport aux autres, mais le côté restriction financière peut aussi venir du fait que vous avez tellement peu d’estime pour vous-même, que vous pensez de pas être digne d’avoir du confort chez vous, de vous acheter ce dont vous avez besoin, de vous faire plaisir. 

7 - TOC & obsessions

Dernier point de mes réflexions, c’est que les TCA sont souvent associés à une quête de perfectionnisme et de contrôle. Et souvent, tout ça, ça va vraiment au-delà de la nourriture et du poids. Moi, je me souviens que vraiment je contrôlais toutes les parties de ma vie : professionnels, matériel, administratif, ménage, et évidemment le côté financier. Donc finalement, c’est aussi une extension du TCA qui se manifeste par d’autres TOC, d’autres obsessions qui peuvent mener à des comportements extrêmement économes ou à une réticence à dépenser de l’argent, même pour des besoins de base.

Comment j’ai fait pour faire évoluer ma relation à l’argent ?

Bah, déjà, j’ai pris conscience qu’il y avait un rapport entre ma façon de gérer mon alimentation, soit mon TCA, et ma relation à l’argent.

Donc la première chose, c’est que je vous invite vraiment à vous questionner, et à vous demander : Quelle est votre relation à l’argent ? Qu’est-ce que tu ne t’autorises pas à acheter (au-delà de la nourriture) ? Pourquoi ? Vois-tu un lien entre ta relation à l’argent et ta relation à l’alimentation ? 

Ensuite, moi mon copain m’a beaucoup aidé dans mon rapport à l’argent parce qu’en fait, souvent je lui demandais ce qui lui ferait plaisir comme cadeau, et il me disait souvent qu’en fait, lui, dès qu’il a un besoin ou une envie, il va se l’offrir. Alors, évidemment, c’est pas toujours possible, ça dépend aussi de ce qu’on gagne dans la vie. Donc évidemment, c’est pas non plus à l’infini cette règle qu’il se donnait. Mais rien que le fait de m’avoir dit ça, moi j’ai eu un déclic de me dire « ah ouais? On peut vraiment voir l’argent et les cadeaux comme ça ? ». Parce que moi dans ma tête, les seuls plaisirs que j’avais c’était en décembre (puisque j’ai mon anniversaire & Noël comme tout le monde en décembre), et surtout, c’était les autres qui me faisaient un cadeau. C’était impensable pour moi de me faire un cadeau.

Et il m’a incité à apprendre à me faire des cadeaux. Au début, je culpabilisais de fou ! Presque je me justifiais, je me disais que c’était rentable, que j’allais beaucoup utiliser ce que je m’étais acheté. Ou alors je me disais « bah du coup, je n’achèterais pas ça », vraiment comme avec la nourriture. J’insiste sur le fait que je ne parle pas d’acheter à tout-va, et d’acheter des choses chers. Je me faisais des petits cadeaux comme des stylos, des bougies, des trucs que je trouvais chez action, même des fleurs ! Après parfois c’était plus gros cadeaux. Mais je trouve qu’apprendre à s’offrir des choses pour se faire plaisir c’est important, en tout cas, ça a fait partie de ma guérison. 

Et au-delà du côté cadeau, j’avais du coup un gros stress à compter le moindre centime, ces stress-là sont partis avec la restriction. Mais au-delà de ça, j’ai appris durant ma guérison que j’avais de la valeur, que j’avais besoin de prendre soin de moi, j’ai appris à être davantage bienveillante avec moi-même et de ce fait j’ai arrêté d’être aussi exigeante avec moi-même, de toujours passer les cadeaux des autres avant moi, de m’empêcher de me chauffer, de m’accorder uniquement la plus basse qualité, etc. J’ai vraiment peur que ce soit mal vu cet article, parce que j’ai peur que vous vous dites « bah elle est marrante mais je ne gagne pas bien ma vie, c’est compliqué ». Je sais vraiment. Moi cette année, c’était compliqué financièrement et c’est sûr, j’ai dû faire des concessions mais je savais quand même m’accorder des petits plaisirs ou ne pas être trop dure avec moi-même. C’est vraiment une question d’extrême en fait. Je sais pas si vous voyez ce que je veux dire, j’ai l’impression que c’est peut-être un peu flou.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

En tout cas, j’espère que cet article vous a plus, et vous a quand même donné quelques réflexions, quelques pistes pour vous-même avancer dans votre rapport à l’argent si c’est quelque chose qui vous questionne. Peut-être que ça vous parlait pas, c’est aussi pour ça que je dis que chaque chemin de guérison est différent puisqu’on a tous nos propres problématiques et histoire, et contexte. Mais c’est vrai que j’avais envie d’en parler depuis longtemps, mais comme c’est un sujet tuchy, je ne l’avais pas fait. Et vous avez été plusieurs à me demander d’en parler, donc c’est chose faite ! 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 2 commentaires
J’ai écrit un livre témoignage sur mon combat contre l’anorexie

J’ai écrit un livre témoignage sur mon combat contre l’anorexie

J’ai écrit un livre témoignage sur mon combat contre l’anorexie

Je vous ai annoncé dernièrement la sortie de mon roman autobiographique, qui est sorti le 12 février 2024 et qui a pour titre “L’anorexie, mon bouclier mortel”. J’avais envie de vous faire un article « coulisse », où je vous raconte le processus d’écriture, les difficultés que j’ai rencontrées, etc. J’ai ouvert récemment une FAQ en story sur Instagram pour recueillir toutes vos questions, et je vais y répondre dans cet article en y ajoutant les éléments que j’avais envie de vous expliquer.

On est partiiii

Alors, déjà, je voulais recontextualiser les choses : j’ai déjà écrit plusieurs livres en 2023, notamment avec des livres sur l’anxiété & les TCA. Donc c’étaient des livres plutôt pratiques, avec des exercices, uniquement destinés aux personnes souffrant de TCA. J’ai ensuite écrit un recueil de texte inspirant, publié en juin 2023, qui s’appelle Des mots pour fleurir. Même chose, il est destiné aux personnes souffrant de TCA uniquement. Mais ce roman autobiographique, même en ayant écrit d’autres livres auparavant, il a représenté beaucoup plus pour moi. C’est un énorme projet. J’y retrace tout mon parcours, et pour le coup, il est évidemment destiné aux personnes souffrant de TCA, mais aussi à leurs proches, à mes proches et à toutes les personnes souhaitant comprendre ce que c’est de se battre contre un trouble alimentaire.

Que veut dire roman ? C’est une fiction ou la réalité ?

Alors c’est la réalité, puisque c’est mon histoire, qui est réelle. C’est un roman autobiographique qui retrace tout mon combat contre l’anorexie, et plus globalement contre les troubles alimentaires : du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte TOTALEMENT.

Pourquoi tu as eu envie d’écrire un livre ?

En fait, j’ai toujours aimé écrire. Depuis que je suis petite, l’écriture ça a toujours été mon refuge. Dans les premiers métiers que j’ai voulu faire, c’était écrivain et scénariste. Et j’avais écrit un petit livre à la main quand j’avais 9 ans, puis un autre sur l’ordi quand j’avais 13-14 ans, mais je ne l’ai jamais terminé. Puis après, j’écrivais des petites histoires… Quand j’étais malade, j’écrivais énormément toutes les pensées que j’avais dans ma tête. Et l’écriture m’a sincèrement aidé. Donc c’est assez naturellement que l’envie d’écriture mon histoire m’est venue.

Tout comme j’ai créé mon blog, mon podcast, mon Instagram… J’ai eu envie de parler de mon histoire pour donner des pistes à ceux qui luttent contre les TCA, les aider à cheminer vers leur propre guérison. Mes autres objectifs avec Norainnoflower, c’est d’aider les proches et de déconstruire les idées reçues qui subsistent autour de ces maladies mentales. Donc à travers ce roman, j’ai envie de m’approcher un peu plus de ces objectifs-là.

Et puis, plus d’un point de vue inconscient, ce livre je l’ai fait dans une démarche thérapeutique, pour me permettre de mettre toute cette sombre période dans un roman et donc de désencombrer ma tête de tout ça, pour me dire que c’est bon, je peux passer à autre chose maintenant.

Autre raison aussi, je l’ai fait pour qu’on se rende compte à quels points j’ai eu de nombreuses phases de désespoir, de difficultés. Parce que parfois on me dit que j’étais plus forte, que j’étais toujours dans cette optique de me battre. Mais je veux que les personnes malades prennent conscience que j’ai été dans les mêmes états qu’elles, que j’ai traversé de nombreuses phases obscures et pourtant, j’en suis sortie, donc c’est possible.

Ça t’a pris combien de temps pour l’écrire ?

C’est difficile de donner une temporalité précise, mais vraiment énormément de temps. Après, c’est un roman qui fait 100 000 mots, donc en format “livre”, comme le mien, ça représente près de 400 pages. Donc c’est un bon roman quoi. Mais ça m’a pris vraiment énormément de temps. Pour contextualiser, je l’ai commencé à l’annonce du confinement en Mars 2020. Là, j’avais écrit en 3 semaines, environ 40 000 mots. Et je pensais l’avoir terminé, je pensais être guérie également. Mais en fait, j’étais en quasi-guérison, donc j’ai rechuté entre-temps. Et je l’avais gardé dans un coin de ma tête parce que je savais que j’allais le sortir, je ne voulais pas abandonner. En janvier 2023, j’ai repris l’écriture ; donc 3 ans s’étaient écoulés, 3 ans où j’avais fait un énorme travail de déconstruction de nombreux mécanismes, de construction de ma propre identité, de guérison de blessures profondes. J’ai relu ce que j’avais écrit en 2020, et je me suis rendu compte à quel point j’avais évolué. C’était dingue, j’avais beaucoup plus de recul en janvier 2023. D’autant qu’ayant ce projet en tête de sortir ce livre, j’ai passé l’année 2021-2022 à écrire de nombreuses notes des choses qui m’étaient passées par la tête, des prises de conscience, de recul, etc. Donc j’ai repris l’écriture de zéro, mais évidemment en gardant le même fil chronologique des trois premières années, mais pas du tout avec le même point de vue. Et je suis très contente de ne pas l’avoir publié en 2020 parce que là, j’offre une vision beaucoup plus saine, non influencée par des pensées de la maladie, et avec une grosse prise de recul sur les difficultés que j’ai rencontrées, les étapes par lesquelles je suis passée, etc.

Donc, j’ai commencé en 2020, il est sorti en 2024. Mais je n’ai pas pris 4 ans à écrire. J’ai pris 4 ans de réflexion, mais en temps d’écriture, je dirais 6 bons mois. Après l’écriture, il y a une énorme phase de réécriture, d’amélioration, de correction, etc. Et ça, ça m’a pris de nouveau 6 mois. C’est vraiment un énorme travail où j’ai parfois consacré l’entièreté de mes journées pendant des semaines.

L’as-tu écrit seule ?

Oui, je l’ai écrit seule. Initialement, je voulais intégrer la vision de ma mère. Mais finalement, je l’ai fait seule et ça fait partie justement de mon processus de guérison en fait. Je parle beaucoup de mon rapport à ma mère, de mon détachement à ce qu’elle pouvait penser de moi dans mon livre. Donc cette décision a fait partie de ce processus d’émancipation on va dire.

Je l’ai écrit seule, mais par contre, à la différence de mes autres livres, j’ai pris une équipe de bêta-lecteurs et de correctrices. Et ça a été une très très bonne décision. Car comme je l’ai dit, j’ai travaillé sur ce livre depuis 2020. Donc j’avais comme la tête dans le guidon, et c’était important d’avoir des points de vue extérieurs. J’ai donc eu 4 bêta-lectrices, que je ne connaissais pas, aussi très important pour avoir leurs retours honnêtes. J’ai eu de très très bons retours. L’une d’elles souffrait de TCA et elle m’a dit combien la lecture l’avait aidé. Ensuite, j’ai pris 3 correctrices. Pour ce livre, contrairement aux autres où je faisais moi-même la couverture, là j’ai choisi de prendre une graphiste car je souhaitais un dessin personnalisé, unique, qui représente bien le titre et ce que l’anorexie a été pour moi en quelque sorte.

Est-ce que le livre s’adresse uniquement aux malades ?

Alors non, pas du tout. Comme je le disais en introduction, ce livre est différent des autres que j’ai pu écrire. C’est vraiment un roman autobiographique qui s’adresse à n’importe qui.

Il s’adresse aux personnes malades puisqu’ils montrent toutes les étapes par lesquelles je suis passée pour en sortir, les réflexions que j’ai eu… Mais ça peut aussi leur permettre de se sentir mieux compris, de comprendre aussi des choses de la maladie.

Il s’adresse à leurs proches puisque si les proches comprennent mieux ce que la personne malade vit, bah ils pourront être de meilleurs accompagnants.

Il s’adresse à mes proches puisque je voulais leur montrer ce que je vivais lorsque j’étais malade. Quand j’étais malade, je ne savais pas toujours exprimer, j’ai eu des comportements parfois loufoques et je voulais qu’ils comprennent qu’il s’agissait bien d’une maladie.

Et puis, il s’adresse à toute autre personne désirant mieux comprendre ces maladies. Dans mes bêta-lecteurs & correctrice, une seule souffrait de TCA. L’une de mes bêta-lectrices m’a dit que je l’avais sincèrement aidé puisqu’elle s’est toujours sentie mal dans sa peau et ça l’a aidé dans son rapport au corps. Une autre Bêta-lectrice m’a dit qu’elle aimait beaucoup les romans d’histoire vraie, qu’elle a apprécié l’authenticité du témoignage. Une de mes correctrices m’a dit qu’elle a beaucoup appris sur la maladie, qu’elle ne s’imaginait pas tout le combat que c’était. Donc voilà, c’est vraiment un roman ouvert tout public.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à écrire ?

Alors, il a eu pas mal de choses difficiles à écrire. Et en fait, le plus dur n’était pas tant au moment de l’écriture, c’était dans la phase de relecture & d’amélioration. Parce que c’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que des proches allaient lire ça. Et ce qui est difficile, c’est vraiment la peur du jugement, la honte, la peur d’être incomprise encore une fois, alors que j’en suis sortie. Mais dans mon livre, j’ai vraiment parlé sans filtre, avoué des choses que j’ai faites quand j’étais malade et dont je ne suis pas fière. J’explique toutes ces choses que j’ai faites et dont des personnes ignorantes des TCA pourraient qualifier de “fou”.

Ce qui a été difficile aussi, c’était de parler de ma relation avec ma mère. C’est un sujet assez récurrent tout de même, et j’avais toujours peur de dire des choses qui pourraient lui faire mal, parce que je savais qu’elle allait lire le livre. Et puis j’ai un chapitre que je déteste. J’ai relu mon livre une vingtaine de fois, peut-être même plus, pour l’améliorer, etc. Et à chaque fois que j’arrivais sur ce chapitre, je me disais “oh noooon”. Et non pas parce qu’il est plus mal écrit que les autres, mais parce qu’il est douloureux, dérangeant pour moi. Ce chapitre s’appelle d’ailleurs “profondeurs abyssales”, c’est un chapitre où je parle d’un trauma d’enfance et donc voilà, c’est pas simple, évidemment… même après tout le travail que j’ai fait dessus.

Te replonger dans ces moments si douloureux ne t’as pas trop perturbé ?

Ça dépend quand. Lorsque je l’ai écrit en 2020, je ne le savais pas, mais je n’étais pas totalement guéri. Et quand je passais ma journée à écrire, je me plongeais dans les mécanismes de la maladie. Et une fois ma journée d’écriture terminée, j’avais du mal à faire la part des choses, entre mon « passé » et le présent. Par contre, quand j’ai repris l’écriture en 2023, ça a été beaucoup mieux car j’avais eu une coupure, un vrai recul sur la maladie, j’étais guéri. Donc ça ne m’impactait pas vraiment. Sauf pour le chapitre « Profondeur abyssale »…

Est-ce que tu as absolument tout dit ?

Elle est intéressante cette question, parce que justement, comme pendant presque deux ans j’ai noté toutes mes idées, j’avais un nombre incalculable de choses à dire. Mais, le but c’est pas de TOUT dire sans oublier le moindre détail. Et d’ailleurs, parfois j’ai des souvenirs où je me dis “mince, je l’ai pas dit ça dans mon livre”. Mais c’est pas grave parce que personne ne va le lire en se disant “elle a oublié de parler de tel souvenir”, en réalité, il n’y a que moi qui ai tous ces souvenirs en tête. Et je pense que justement, il faut savoir s’arrêter tant que le ou les messages principaux que je voulais faire passer y sont consignés.

Mais par contre, j’ai parlé de toutes les dimensions de la maladie que j’ai traversée : la phase où je tombe dedans de façon implicite, la phase de lune de miel où je suis à moitié dans le déni, les phases où je mets en place pleins de choses, celles où je sombre totalement, les phases de compulsions alimentaires & de faim extrême, la phase où je reprends du poids, la dimension vie sociale & rapport aux proches, la dimensions rapport à mes parents et surtout à ma mère, le dimension psychologique avec le gros travail que j’ai fait, la relation de couple avec un trouble alimentaire, la dimension où j’en sors et où je suis nostalgique, la phase de quasi-guérison, la rechute, la guérison totale… Bref, je parle de tous les aspects que j’ai traversés.

Est-ce que tu as rencontré des difficultés ?

Alors, honnêtement, j’ai rencontré pas mal de difficultés, plus que ce que je n’aurais imaginé.

Alors, au niveau de l’écriture, j’ai déjà parlé de mes difficultés. Mais c’est vrai que c’était un gros travail de recherche et de prise de recul que j’avais fait finalement au fil de ma guérison, à travers mes séances de psy, à travers des conversations avec mes proches… ça m’a demandé une vraie organisation chronologique au niveau de toutes mes notes. Mais c’est parce que j’ai choisi de faire un roman un peu « prise de recul », je ne voulais pas simplement relater les faits, je voulais plus de profondeur, inviter à la réflexion en fait.

Une autre difficulté, c’est de mettre un point final. Parce que justement, on se dit toujours qu’on peut mettre telle chose, telle autre chose. Et puis, mettre un point final sur un projet que tu as commencé plusieurs années avant et qui occupe ton esprit pendant des mois, ça fait peur. En fait, c’est comme lorsqu’on guérit des TCA d’ailleurs, ça fait peur de se confronter au vide que ça va faire. Bah là, c’était la même chose pour moi. Je savais que du moment où j’allais mettre un point final, je n’avais jamais été aussi proche de la fin, j’allais mettre le point final de mes années de TCA. Donc ce petit point final, il a représenté beaucoup pour moi, et ça n’a pas été facile de le faire.

Une très grande difficulté, ça a été la phase d’optimisation. En fait, quand on met le point final, j’ai eu autant de temps d’optimisation que d’écriture. Donc c’est à dire que j’ai eu tous les retours des bêta-lectrices, je n’en ai pas eu d’énormes, mais il fallait faire des modifications. Ensuite, avec les correctrices, j’ai eu de nombreuses choses à améliorer : en fait c’est vraiment trouver LE bon mot pour exprimer ce que je veux dire ; mais tout ça, sans répétition, sans alourdir, sans enlever l’essence de ce que je veux exprimer, etc. Et ça c’est un gros gros travail. Mais j’ai fait énormément de progrès au niveau de ma syntaxe. Après, tout ça, c’est quelque chose que tu sous-traites normalement à une maison d’édition, mais j’ai fait le choix de m’autoéditer.

Une autre chose d’ailleurs que j’ai faite moi-même, mais qui est normalement faite par ton éditeur, c’est la mise en page. La mise en page d’un livre c’est spécifique, donc j’ai dû d’abord me renseigner, apprendre et ensuite faire moi-même. Et ça c’était très long, j’ai fait plein de tests d’impression pour voir les rendus de police, de marges, etc.

Très grosses difficultés que j’ai eues également, c’était les 1000 émotions par lesquelles je suis passée haha. Au plus je me rapprochais de la date, au plus j’avais des émotions intenses et très énergivores. J’ai eu des centaines de doutes, de peurs. J’avais peur du jugement, des critiques. Et surtout de la part de mes proches, parce que je dévoile des phases très intimes de ma vie tout de même. Donc le pire, ce n’est pas les gens que je ne connais pas personnellement, c’est vraiment celles que je côtoie régulièrement. Et j’ai certaines personnes dont j’ai sincèrement peur qu’elles le lisent. Parce qu’évidemment, sur certains événements, j’ai ma propre vision des choses, différentes d’autres acteurs de ma famille. Donc j’ai peur de leurs points de vue qu’ils ne comprennent pas le mien. Et j’ai aussi peur que des proches changent leur regard en négatif sur moi à cause de ce que j’ai pu faire durant mes TCA, qu’ils ne comprennent pas en fait que j’étais malade. Ensuite, j’ai un côté perfectionniste donc forcément, je chipote sur énormément de choses. Par exemple, le titre de chacun de mes chapitres a été ultra pensé. Mais après je me suis prise la tête sur la couverture, mon titre, le nombre de mots, la mise en page, la date de publication, ma communication, etc. Eh oui puisqu’encore une fois, comme je m’auto-édite, je fais moi-même toute la communication autour. Alors j’adore ça, c’était d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle j’ai choisi l’auto-édition parce que j’adore ce domaine, créer des contenus, des visuels… mais c’est tout de même beaucoup de boulot. J’avais aussi peur de ne pas avoir bien fait mon livre, puisque j’ai fait le choix de ne lire aucun roman autobiographique dans les TCA, pour ne pas être influencé justement. Mais en fait, c’est débile parce que chacun a son propre parcours, donc je ne peux me baser sur aucun critère pour dire si mon livre est bien fait ou non à ce niveau-là.

Le fait de lire, relire… ce n’était pas simple parce que c’était une lecture émotionnellement difficile dans le sens où quand je relis les passages, j’ai les images associées qui arrivent dans ma tête, où je me souviens et c’est assez dur ça.

Donc voilà, comme vous pouvez le voir j’ai eu beaucoup de difficulté haha

Et quelque chose qui est très dur aussi, c’est le dernier mois avant la publication. Au plus tu t’approches de la date fatidique, au plus tu doutes. C’était terrible. Je relisais des passages, je trouvais ça nul, je voulais changer tel mot, j’avais peur de pas avoir bien fait, etc. Et mes correctrices me rassuraient et m’ont dit que c’est quelque chose de très commun, et que même certaines personnes, une fois leur livre terminé et corrigé, prêt à être publié… finalement ne le publiait pas. Donc c’est quelque chose de normal. Ce qui m’a rassuré, c’est que je n’ai eu que des retours positifs, que ce soit des bêta-lecteurs et correctrices. Donc je me suis dit, “allez Mathilde, tu vas pas faire demi-tour maintenant. Avance, et tu verras. Au pire, il n’y a rien de grave”. Donc j’ai tenu, mais je vous assure que le volcan du stress était en irruption, à son apogée en moi haha.

Est-ce que ça t’a coûté de l’argent ?

Alors oui, encore une fois notamment parce que j’ai voulu faire les choses bien, que j’ai choisi aussi de m’autopublier, donc forcément je dois assumer des coûts qui sont d’habitude pris en charge par une maison d’édition.

Ça a été un long questionnement, car c’est un investissement que je ne suis pas sûre de récupérer puisque lorsque tu vends un livre, tu as peu dans ta poche, il y a les frais d’impression et aussi la commission de la plateforme d’édition. Même si ça reste toujours beaucoup plus que si tu passes par une maison d’édition, c’est peu, donc je ne sais pas si je le rentabiliserai.

Mais je n’ai pas écrit ce livre pour l’argent, je l’ai fait parce qu’il représentait beaucoup pour moi. C’est le plus gros projet de ma vie pour l’instant, et je voulais donc vraiment avoir zéro regret. Donc j’ai investi en tout un peu plus de 1100€, entre les frais de correctrices et de graphiste, et des outils dont j’ai eu besoin pour la communication.

Est-ce qu’il sera disponible en librairie ?

Alors, autour de chez moi, à Lyon, je vais aller en démarcher. Mais par contre, dès que je dois envoyer un livre en librairie par livraison, c’est compliqué. Encore une fois, étant donné que je suis à mon compte, j’ai tous les frais à ma charge. La librairie doit se prendre une part, ce qui est normal. Et en ajoutant en plus les frais de livraison, il me reste zéro. Pire, je dois payer pour qu’on ait mon livre… Donc je ne peux pas me permettre de perdre de l’argent :/ Donc malheureusement, non. 

- Roman autobiographique -

L'anorexie, mon bouclier mortel

Découvre tout mon combat contre les troubles alimentaires dans mon livre témoignage sur l’anorexie. Je te raconte tout mon combat, du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte totalement.

Pour terminer, je voulais vraiment dire qu’écrire mon roman autobiographique a été une expérience incroyable. J’ai beaucoup appris, tant au niveau personnel que professionnel. J’encourage vraiment toutes les personnes qui veulent écrire parce que c’est réellement bénéfique, thérapeutique, il y a des études qui le prouvent. Même sans se dire que ça sera publié, même si c’est que pour vous, que pour vos proches.

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Troubles digestifs dans les TCA (causes et conseils)

Troubles digestifs dans les TCA (causes et conseils)

Troubles digestifs dans les TCA (causes et conseils)

Aujourd’hui, on va parler d’un sujet pas très glamour, mais qui touche la plupart des personnes souffrant d’un trouble alimentaire peu importe le trouble alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie, orthorexie, alcoolorexie…) : il s’agit des troubles digestifs dans les TCA. Certaines études parlent de plus de 80% des patients touchés, d’autres rapportent 96%, j’ai lu aussi 98%. Bref, peu importe le chiffre, on sait que c’est une majorité, voire la totalité des patients. 

Je pense que c’est un sujet tabou, parce qu’en parler génère sans doute de la honte. Je pense d’ailleurs que c’est pour ça, que j’ai tardé à en parler pour être honnête. J’espère, que cet article sera vraiment utile pour vous : pour vous permettre de vous sentir moins seule, pour mieux comprendre ces problèmes digestifs et pour chopper quelques conseils que je vais vous donner afin de mieux les vivre.

Personnellement, j’ai eu beaucoup de problèmes digestifs quand je souffrais d’anorexie, essentiellement ballonnements et ventre gonflé, gaz, reflux gastrique et douleurs abdominales. Et en fait, je n’en parlais pas, parce que j’en avais honte, j’avais peur du jugement, j’avais peur de ce que les autres pouvaient penser. Donc je restais un peu solo avec ces problématiques, et même si en parler n’aurait pas forcément atténué mes douleurs, juste se sentir moins seule et compris, ça aide parfois. Donc voilà, tout ça pour dire que ce sujet me tenait à cœur. 

Comme je le disais, les problèmes digestifs sont des effets secondaires presque inévitables dans les troubles alimentaires. Donc c’est vraiment tout à fait normal de rencontrer des ballonnements, de la constipation, des reflux gastriques, des gaz, des douleurs abominables, etc. Mais attention, ici, je vais vous expliquer, de façon vulgarisée et simplifier, les causes des troubles digestifs. Néanmoins, je tiens à rappeler avant tout que même si c’est « normal » dans le cadre des TCA, c’est important d’en parler à votre médecin généraliste ou psychiatre. C’est important qu’un professionnel de santé ait un œil sur votre santé. Ici, je vais donner quelques explications générales, or vous êtes unique donc il y a a forcément des paramètres spécifiques à prendre avec votre contexte. Et je ne vais pas donner, ou peu, d’explications précises médicales et de vocabulaires médicaux parce que tout simplement, ce n’est pas mon métier. Donc c’est vraiment très très important de voir un professionnel. L’avis d’un médecin est essentiel pour pouvoir détecter au plus tôt une possible inflammation de votre intestin ou une autre maladie.

Quels peuvent être les troubles digestifs dans les TCA ?

  • Brûlures d’estomac
  • Reflux gastrique
  • Nausée
  • Diarrhée
  • Flatulences 
  • Constipation 
  • Douleur abdominale
  • Intolérances alimentaires temporaires 
  • Plénitude après avoir mangé, même de petites quantités
  • Ballonnements
  • Syndrome du côlon irritable
  • Arrêt intestinal
  • Dysfonctionnement du plancher pelvien
  • Difficultés à avaler

Les causes possibles, liées au TCA, des troubles digestifs

Les problèmes de digestion, de transit peuvent être dus à de nombreuses causes. Chaque trouble, chaque comportement du TCA va impacter différemment votre système digestif, donc les symptômes ne sont pas forcément les mêmes d’une personne à une autre, ça dépend aussi de la « sensibilité de votre corps ». D’ailleurs, même si évidemment le TCA impact énormément le système digestif, il y a aussi une petite part parfois de génétique, ou d’autres paramètres de votre corps qui entre en jeu.

Les carences nutritionnelles

L’une des premières causes de ces troubles digestifs, ce sont les carences. Le corps a besoin de toutes les catégories nutritionnelles pour son équilibre, et dans les troubles alimentaires, bien souvent, certaines catégories d’aliments sont diabolisées (notamment les lipides ou les féculents…). Ainsi, il y a bien souvent une réduction de la consommation, voire une suppression totale de certains types d’aliments. J’ai fait exprès de dire des carences nutritionnelles et pas « sous alimentation », car lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on est persuadé de manger assez, et on sous-estime ses besoins alimentaires. Donc si j’avais dit « sous alimentation », beaucoup ne se seraient pas senti concerné. Alors que je suis certaine que beaucoup d’entre vous ont supprimé ou réduit certaines catégories d’aliments. 

Le corps a besoin d’énergie pour vivre, c’est vital, c’est ainsi qu’il fonctionne, et ce depuis des millénaires. Pour cela, il faut lui apporter de l’énergie. Mais lorsque tu ne lui apportes pas cette énergie, comme son instinct est de chercher un moyen de vivre, alors il cherche d’autres sources de carburant, notamment en utilisant l’énergie contenue dans tes muscles (pour vulgariser). Au niveau du système digestif, soit de l’estomac et de l’intestin, tu as des muscles qui sont donc affaiblis. Les muscles situés dans ces zones-là ont pour but de se contracter pour pousser les aliments et les faire circuler. Mais étant affaiblie, la circulation des aliments est beaucoup plus lente. 

Il faut bien comprendre que lorsque tu souffres d’un trouble alimentaire et notamment restrictif et/ou compensatoire, ton corps ne recevant pas toutes les énergies qu’il est censé avoir, il est en mode « économie d’énergie ». Et l’énergie qui devrait être allouée à ta digestion est bien en deçà de la normale. Une personne qui souffre de TCA prend entre 5 à 10h pour digérer, contre 1 à 2h pour une personne en bonne santé.

Quels troubles digestifs sont occasionnés par les carences ?

  • Des ballonnements, des douleurs abdominales puisque la nourriture prend plus de temps à être digérée. 
  • Un ventre gonflé puisque la nourriture reste physiquement présente plus longtemps dans ton bol intestinal, cela prend du volume.
  • Constipation, puisque le transit intestinal est ralenti. 
  • Sensation de plénitude même après avoir mangé de petites quantités, satiété qui arrive très rapidement.

Réduction des enzymes digestives et des bactéries intestinales

Ton corps produit des enzymes digestives et des bactéries pour pouvoir digérer les différents aliments que tu lui donnes. Lorsque tu arrêtes de prendre certains aliments (ou réduis fortement leur quantité), le corps diminue voire arrête la sécrétion des enzymes digestives pour digérer ces aliments. Encore une fois, il économise son énergie, il n’a pas le temps de s’occuper de ça puisqu’il doit se concentrer sur les fonctions vitales comme le maintien du fonctionnement de ton cerveau et de ton cœur. Donc, quand tu manges certains aliments, notamment ceux dont tu te restreins, tu vas rencontrer beaucoup plus de difficulté pour digérer. 

Parfois, on peut penser que l’on est devenu intolérant, et la réaction notamment recommandée par ton trouble alimentaire est de ne pas reprendre ces aliments (puisque tu ne sembles plus les digérer). Mais en agissant ainsi, tu maintiens ton corps dans un cercle vicieux, car il a besoin de remanger ces aliments pour reproduire les enzymes et bactéries afin de les digérer. Ce sont dans la plupart des cas des intolérances passagères, qui sont réversibles avec la réintroduction nutritionnelle progressive. Je sais que c’est difficile, et douloureux, mais c’est important de réintroduire ces aliments.

Après, attention, il existe de vraies intolérances, d’où l’importance d’avoir un suivi avec un médecin afin de faire les bonnes analyses pour les identifier. 

Quels troubles digestifs sont occasionnés par cette réduction d’enzymes et de bactéries ?

Comme ce point est très lié au précédent, ce sont les mêmes et donc entre autres : ballonnements, gaz, ventre gonflé, douleurs abdominales, sensation de brûlures d’estomac. 

Alimentation irrégulière

anorexie-constipation

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on a souvent envie de manger « normalement ». Enfin, je me souviens que moi, c’était vraiment mon souhait. Sauf qu’en fait, aujourd’hui, je sais qu’il n’y a pas de normalité. Mais bref, en théorie, je voulais manger de façon « stable ». Et dans la pratique, ça partait totalement en cacahouète. Mes peurs, la culpabilité, mes règles alimentaires… faisaient que j’avais une alimentation irrégulière. Il m’est arrivé de manger très peu, de sauter des repas, et souvent, de faire des compulsions.

Cette irrégularité entraîne des troubles digestifs, notamment comme la constipation puisqu’il y a une trop faible quantité de nourriture, et notamment de fibre qui permet de digérer. Les douleurs abdominales et les ballonnements sont aussi fréquents puisque le corps est en galère, il doit jongler entre très peu de nourriture et d’un coup une plus grande quantité qu’il n’a pas l’habitude de gérer si vous êtes sujet à des compulsions. Et puis évidemment, si on saute des repas, c’est qu’on sous-alimente son corps, qu’on a des carences nutritionnelles, donc on en revient au point 1 et 2, expliqués précédemment. 

Les comportements compensatoires

Qu’il s’agisse d’hyperactivité, de vomissements, de prise de laxatifs… tous ces comportements sont destructeurs pour votre santé mentale et physique, et pour votre système digestif. 

Les comportements compensatoires forment vraiment un cercle vicieux en altérant davantage le système digestif. Parce que sur le moment même, tu as peut-être la sensation que te faire vomir, prendre un laxatif ou compenser avec du sport va atténuer ton mal-être corporel (que ce soit une sensation de plénitude, de douleurs, de ballonnements…). Mais c’est justement en recourant à ces comportements compensatoires que ces effets indésirables sont produits. Donc c’est vraiment le chat qui se mord la queue. 

Les vomissements et laxatifs interfèrent avec le fonctionnement normal de ton système digestif, provoquant une perte de tonus musculaires, des gaz, des ballonnements et des douleurs abdominales. Les laxatifs et vomissements sont vraiment des comportements très dangereux, qui peuvent aller très loin. Je ne vais pas rentrer plus dans le détail, car là on arrive sur des explications très médicales. Mais vraiment, sur le long terme, ça peut vous amener à des conséquences et effets indésirables parfois amenant à un point de non-retour.

Les vomissements et laxatifs entraînent également une perte des nutriments essentiels, ce qui entraîne des carences et donc on en revient à notre point 1 et 2. 

Pour ce qui est de l’hyperactivité, là aussi, c’est le système digestif qui est impacté. L’hyperactivité diminue la production des enzymes digestives dont on a parlé tout à l’heure, ce qui entraîne un ralentissement de la mobilité intestinale. Quand je parle d’hyperactivité, je ne parle pas forcément des séances de sport ou des longues marches que certaines peuvent s’imposer, je parle aussi de tous les petits mouvements parasites, au quotidien, le fait de se forcer à rester debout, de toujours bouger, faire du ménage, etc. L’énergie qui est allouée à tous ces petits mouvements, c’est de l’énergie en moins pour la digestion. C’est pourquoi vraiment le repos est essentiel dans la guérison. Je sais que c’est difficile, mais vraiment, ça fait partie de votre ordonnance, de votre traitement, votre corps en a besoin. Ce n’est pas un signe de paresse, de manque de volonté… C’est un besoin vital pour votre guérison, donc pour votre vie.

Les produits diététiques

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Les règles strictes sur la nourriture, les croyances erronées sur de nombreux aliments et évidemment, toute la diet culture… font que beaucoup de personnes souffrant de troubles alimentaires vont consommer des aliments diététiques : soit pour couper sa faim, fausser sa sensation de satiété ou privilégier des aliments à faibles calories. Pour info, j’ai énormément fait ça. Et à part gaspiller mon argent, et abîmer un peu plus mon corps, ça ne m’a rien apporté ! (parce qu’il y en a des produits chimiques, du faux sucre, etc dans ces produits-là).

Exemple de ces produits : les chewing-gums sans sucre, les sodas zéro comme le coca zéro pour ne pas le citer, les barres diététiques, les nouilles de konjac, etc… tout ça, va vraiment altérer votre digestion :  

  • Le chewing-gum va vous faire avaler beaucoup d’air et donc créer des sensations de ballonnement et d’inconfort. Sans parler du faux sucre qui fait vraiment mal au ventre. 
  • Tous les produits avec des édulcorants vont irriter votre intestin et créer des gaz, ballonnements et peuvent déclencher de la diarrhée.
  • Les aliments de « remplissage » comme le Konjac entraînent également beaucoup de ballonnement et des gaz dû à leur teneur en fibre trop élevé. 

Le stress, l’anxiété, et tout le brouhaha mental

Le système digestif et le cerveau sont très liés, on dit même que l’intestin est le deuxième cerveau.

L’intestin est très sensible à notre état émotionnel. Si on est stressé, anxieux, le système nerveux sympathique déclenche le mode « combat ou fuite ». C’est ce même système qui s’active quand tu es face à un danger. Ce qui veut dire que ton cerveau, il se met en mode survie, il faut qu’il agisse et concentre le peu d’énergie que tu as pour être prêt à combattre, pour te protéger, car il te croit en danger. Or, les moments des repas, et notamment l’après-repas, sont les moments où la culpabilité, l’anxiété et les peurs se font les plus intenses. C’est donc dans ces moments-là où ton corps est le plus mobilisé pour te protéger. Encore une fois, cela signifie que ton système digestif reçoit moins d’énergie que ce qu’il devrait avoir. 

10 conseils pour atténuer les troubles digestifs

Ce n’est pas parce que je dis que c’est normal que vous ne pouvez rien faire. C’est pourquoi je m’apprête à vous donner quelques conseils. Ces troubles digestifs ne sont vraiment pas évidents à vivre, et les conseils que je vais te donner ne vont pas les éradiquer totalement, mais le but c’est déjà de t’aider à atténuer leurs impacts dans ta vie.

#1 - Accepter

Déjà, le premier conseil c’est d’accepter que ton corps passe par cette phase. Et pour accepter, il faut comprendre pourquoi ton corps agit ainsi, c’est pourquoi je t’ai expliqué tout ça juste avant. Moi, je me répétais que c’était un signe de guérison, notamment les ballonnements, les gaz, le ventre gonflé. C’est le corps qui tente de se reconstruire petit à petit.

#2 - Bouillotte

Le chaud peut aider à détendre votre ventre, donc vous pouvez mettre une bouillotte sur votre ventre.

#3 - La menthe poivrée

La menthe poivrée est également reconnue pour ses vertus digestives. Vous pouvez la prendre en infusion, ou en huile essentielle. Pour l’huile essentielle, il en existe de à prendre de façon orale ou alors en l’appliquant dans un corps gras pour vous masser le ventre avec. Attention à bien vous renseigner sur la prise de l’huile essentielle, il y a parfois certaines contre-indications donc bien demander conseil à un médecin ou pharmacien

#4 - Complément alimentaire

Pensez également aux compléments alimentaires. J’en recommande un en particulier, que je prends chaque année, parfois je fais même deux ou trois cures dans l’année, c’est le magnésium. Le magnésium a de nombreuses vertus, notamment au niveau du stress, du sommeil, de la réduction de l’inflammation et même pour soulager la constipation. C’est un complément que vous trouverez assez facilement dans toutes les pharmacies. Personnellement, je prends celui de Nutri&Co puisqu’il a une très bonne composition, ce sont des spécialistes des compléments alimentaires. Si ça vous intéresse, je vous mets le lien :

Il existe d’autres compléments alimentaires évidemment, je ne vais pas tous les lister. Je ne suis pas forcément pour d’avoir une tonne de compléments alimentaires. J’ai eu une période où je faisais ça, et après, en vrai c’était trop alors que le corps n’assimile pas forcément tout. Le magnésium pour moi c’est un peu la base. Mais n’hésitez pas à demander à votre médecin, il peut vous faire des analyses spécifiques pour déterminer vos carences spécifiques. Mais après, attention aussi aux gélules détox, les gélules qui vont détoxifier votre foie, votre intestin ou quoi. Vraiment, je vous les déconseille. C’est surtout de l’argent gaspillé, et je pense qu’il y a quelque part une envie de « perte de poids » avec ces produits, et c’est clairement pas cette mentalité qu’on veut garder lorsqu’on se bat contre un trouble alimentaire. 

Après, si vous avez un complément alimentaire qui vous a aidé, n’hésitez pas à le mettre en commentaire. Ça peut être sympa de partager ce qui vous aide pour inspirer les autres.

#5 - Positions corporelles

Alors, il y existe des positions qui peuvent vous aider à soulager les douleurs. Et ça, c’est un peu à vous de tester ce qui vous convient. Moi je me souviens que lorsque j’étais allongée dans mon lit, je me balançais doucement de droite à gauche, mais vraiment doucement, et ça me détendait, ça me faisait du bien. Une autre position qui me faisait du bien, c’était la position de l’enfant en Yoga. Alors je ne fais pas de Yoga, mais c’est la seule posture que je connaisse. 

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Ensuite, j’ai appris quelque chose aussi lorsque j’étais à l’hôpital, mais une position qui peut vraiment aider lorsque vous êtes aux toilettes, c’est d’avoir les pieds surélevés, pour avoir les cuisses inclinées. Cette position permet au canal anal de s’ouvrir plus largement et donc d’aider ceux qui souffrent de constipation. Donc pour ça, soit vous prenez un marche pied, soit il existe littéralement des tabourets de toilette. Et en fait, pour l’anecdote, les hommes à la base étaient dans cette position, les premiers hommes qui n’avaient pas de toilette. Le but c’est de reproduire ce genre de position qu’ils faisaient en squat dans la nature. Très glamour, je l’avais dit ! 😉 

#6 - Gestion du stress

Évidemment, la gestion du stress est indispensable pour aider votre corps, votre cerveau à moins être en mode survie. Donc là, il existe de nombreuses techniques, j’en partage plus de 42 dans le livre sur l’anxiété & les peurs liées au trouble alimentaire. Après, ce que vous pouvez faire en quelques minutes, 2-3 minutes, c’est de la cohérence cardiaque avant et/ou après manger. Il existe des applications qui permettent ça, vous tapez « cohérence cardiaque » dans l’App Store. Ensuite, le fait de se masser la mâchoire peut aider, car la mâchoire c’est souvent quelque chose qu’on serre, qu’on crispe sans vraiment s’en rendre compte. Ensuite, le fait de fredonner, de chanter, de faire des vocalises, c’est scientifiquement prouvé : ça permet de libérer des endorphines, les « hormones du bonheur » pour procurer un sentiment de détente. Mais après, encore une fois, l’important c’est de trouver ce qui vous fait du bien à vous. 

#7 - Massages doux

On en a parlé un peu lorsque je vous ai parlé de la menthe poivrée, mais le massage du ventre peut vraiment aider. Souvent on dit que c’est mieux de le faire dans le sens des aiguilles d’une montre. Et le fait de se masser a un double aspect positif puisque ça va vous permettre de prendre soin de vous, de vous reconnecter avec votre corps… et votre corps a vraiment besoin de douceur. 

#8 - Médicaments

Le meilleur traitement reste la renutrition. Mais si vraiment c’est insupportable, encore une fois, je vous invite vraiment à en parler avec votre psychiatre ou médecin généraliste. Il peut peut-être vous trouver des médicaments qui vont vous aider à soulager les douleurs ou à atténuer d’autres effets indésirables. 

#9 - 8 autres conseils

Pour éviter de me répéter, je vous renvoie directement vers mon article sur le ventre gonflé où je partage 8 autres conseils qui sont à prendre en compte pour de nombreux troubles digestif : 

#10 - Le temps

Je sais que c’est presque horripilant quand on dit à quelqu’un qui souffre « laisse-toi du temps ». Non, le temps ne résout pas les choses tout seul. C’est sûr, il faut réintroduire progressivement toutes les catégories d’aliments, arrêter les crises, les laxatifs, les vomissements, etc. Mais parfois, même lorsqu’on tend vers un équilibre, on a toujours de nombreux symptômes désagréables. Mais c’est parce qu’il faut laisser à votre corps du temps. Encore une fois, le TCA est un véritable traumatisme pour votre système digestif et il a besoin de temps pour se réparer. Donc là il faut s’armer de patience, et de bienveillance avec soi ; tout en gardant évidemment un suivi avec un professionnel pour être sûre qu’il n’y ait pas de complication.

- Roman autobiographique -

L'anorexie, mon bouclier mortel

Découvre tout mon combat contre les troubles alimentaires dans mon livre témoignage sur l’anorexie. Je te raconte tout mon combat, du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte totalement.

En bref je sais que c’est vraiment très difficile tous ces symptômes : les ballonnements, les douleurs abdominales, la constipation, les gaz… Rien que le fait de ressentir rapidement la satiété. Parce que ça veut dire que vous devez manger même lorsque vous ne ressentez pas la faim. Et c’est psychologiquement difficile, je le sais, je suis passée par là. Tous ces symptômes sont aussi difficiles parce que la guérison implique de réapprendre à se sentir mieux dans son corps, alors qu’avec tout ça, tu te sens super inconfortable dans ton propre corps. Mais justement, votre corps vous dit qu’il souffre, qu’il est en train de se réparer, mais c’est donnant-donnant, il a besoin que vous en preniez soin.

Ma sœur a eu un deuxième garçon qui s’appelle Paul, dont je suis la marraine. Il est né fin août, donc c’est encore un bébé là. Et ses premiers mois, il avait énormément de colique, de problèmes de digestion, et il souffrait, il pleurait beaucoup après les biberons. Et je compatissais pour lui, car je me souviens les douleurs que je ressentais quand mon système digestif était en train de se réparer. Donc je me disais :  « woaaaah c’est dur d’être un bébé, tout est en train de se construire, et c’est douloureux ». Et devant ces douleurs qu’il semblait ressentir, bah je lui massais son ventre, je le prenais dans mes bras, je lui parlais doucement pour le rassurer, le calmer, je le balançais doucement pour l’apaiser. Et bah c’est exactement de cette même façon qu’il faut agir avec votre corps, c’est ce dont il a besoin. La prochaine fois que vous avez mal, pensez comment vous agiriez avec un nouveau-né.

J’espère que cet article vous a fait du bien, qu’il vous a aidé. N’hésitez pas à me donner vos conseils, vos retours d’expérience, de choses qui vous ont aidé. Ça peut vraiment être un plus de le partager aux autres.

Je vous souhaite plein de courage, de force, d’ondes positives pour prendre soin de votre corps, il en a besoin, il en a le droit, accordez-vous-le ! ♥️

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 4 commentaires
L’alcoolorexie : quand l’alcool se mêle aux troubles alimentaires

L’alcoolorexie : quand l’alcool se mêle aux troubles alimentaires

L’alcoolorexie : quand l’alcool se mêle aux troubles alimentaires

Aujourd’hui, je vais vous parler de l’alcoolorexie (parfois appelé alcoorexie en français). Aussi nommé « Drunkorexia » en anglais, il s’agit d’un terme non médical. Il est facile de deviner de quoi il s’agit en décortiquant le mot : il s’agit d’une contraction de deux mots avec « alcool » et « anorexie ». C’est donc lorsque les troubles alimentaires se mêlent à des problèmes d’alcoolisme… C’est quelque chose que j’ai connu lorsque je souffrais moi-même d’anorexie, durant plusieurs soirées. Dans cet article, on voit en détail comment ce phénomène se manifeste et ses conséquences.

Qu’est-ce que l’alcoolorexie ?

Plus précisément, il s’agit de la restriction alimentaire pour compenser les calories ingérées par la consommation d’alcool. La principale raison est la peur de prendre du poids. 

Pourquoi ce phénomène prend de l’ampleur ?

Malheureusement, la société y est pour beaucoup… 

Et cela commence très jeunes ! Lorsque les étudiants commencent à sortir, par peur du rejet, et pour se sociabiliser, ils se sentent comme forcés à boire. Personnellement, quand j’étais étudiante, j’ai déjà entendu des phrases comme « Mais tu ne vas pas ne pas boire quand même ? » « Tu n’as pas envie de t’amuser un peu? » Comme si on ne pouvait pas s’amuser et profiter d’une soirée sans boire…

Lorsqu’on a peu confiance en soi, on est plus facilement influençable, et on peut être amenée à se forcer de boire.

Sauf que quand des préoccupations sur son image corporelle subsistent… cela amène à réduire sa ration alimentaire pour prioriser l’alcool. C’est ainsi qu’apparaît la drunkorexia.

Il semblerait que cette situation touche davantage les femmes, mais des hommes sont également sujets à ce trouble.

Et la culture du régime… on en parle?

Et oui, malheureusement, elle est encore là elle ! 

Malheureusement, ce qui m’avait personnellement amené à avoir ces comportements de réduction de mon apport alimentaire lorsque j’étais amenée à boire, c’était à cause de tous ces articles que j’avais vus sur des magazines féminins…

Combien de fois j’ai pu lire que l’alcool n’était qu’une bombe calorique ? Combien d’articles j’ai pu lire sur les sucres équivalents selon le type d’alcool choisi ? Combien de conseils j’ai pu lire sur les boissons à privilégier pour « limiter les dégâts »…

Lorsqu’on souffre de préoccupations sur son poids et notamment de troubles alimentaires, évidemment que tout ça nous conditionne à diaboliser l’alcool et à réduire encore plus sa ration alimentaire. D’ailleurs, c’est directement le conseil que donnent ces magazines ! Ce qui est dingue, c’est qu’ils donnent des conseils entraînant des TCA et des problèmes d’alcoolémie ; mais sans que ça pose aucun problème…

Attention, je ne dis pas qu’il faut encourager à boire de l’alcool. Cela reste à consommer avec modération. Mais de là à inciter de manger moins, c’est d’autant plus dangereux (on en parle après dans la partie sur les conséquences).

À titre d’indication, une consommation modérée se trouve à 1 ou 2 verres. Elle est excessive lorsqu’elle se trouve à 4 ou 5 verres en 2 heures environ.

Quel lien entre troubles alimentaires & alcoolisme ?

Les deux sont intrinsèquement liés, évidemment. Mais est-ce que ce sont les troubles alimentaires qui entraînent des problèmes d’alcoolisme ou l’inverse ? 

Et bien je dirais que les deux cas sont possibles. Chacun a sa propre histoire, et donc ça dépend de chaque personne. 

Mais une personne qui n’a initialement pas de problèmes avec l’alcool peut en développer à cause des TCA. En effet, lorsque toute source de plaisir est absente à cause du trouble alimentaire, l’alcool peut trouver sa place comme mécanisme de réconfort et d’adaptation. Il faut en avoir conscience pour être vigilant.

Inversement, une personne alcoolique peut être amenée à perde des kilos sans en prendre conscience. Si elle a des préoccupations liées à son corps en sommeil, cela peut se réveiller et développer des TCA.

Ce n’est vraiment pas rare que les deux coexistent malheureusement.

D’ailleurs, si l’on retrouve le mot « anorexie » dans l’alcoolorexie, il peut également s’agit de boulimie, d’orthorexie, ou d’un autre trouble alimentaire ayant des pratiques restrictives. 

Quelle différence entre alcoolisme et alcoolorexie ?

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Toutefois, il y a quand même une différence entre les deux, bien que les symptômes se chevauchent. 

La personne alcoolique n’a aucun contrôle sur sa consommation de boissons et boit très régulièrement, plusieurs fois par semaine. La personne souffrant d’alcoolorexie est davantage dans le contrôle de sa consommation ; et cela se produit de façon plus occasionnelle.

Une dimension importante qui distingue, la personne souffrant d’alcoolorexie est préoccupée par son poids et sa silhouette. Tandis qu’une personne alcoolique peut avoir une silhouette mince, une perte de poids dû à ses comportements liés à la boisson mais sans avoir de volonté d’en perdre ni de préoccupation autour de la teneur en calories des boissons alcoolisées. 

Les signes de l’alcolorexie

Comment savoir si tu souffres d’alcoolorexie ? 

Ici, je vais te présenter plusieurs singes ; mais il ne faut pas nécessairement tous les avoir pour souffrir d’alcoolorexie.

J’ai envie, comme je le fais souvent, de te dire d’en parler à un médecin. Mais le problème, c’est que comme je le disais en introduction, il ne s’agit pas d’un terme médicalement reconnu. Donc ça va dépendre de « l’ouverture » de ton médecin et/ou thérapeute sur ce sujet-là.

Voici quelques signes :

  • Inquiétude latente sur son image corporelle et peur de prendre du poids et/ou volonté accrue de perdre des kilos
  • Restriction de l’apport alimentaire en cas de consommation de boisson alcoolisée (voire restriction d’autant plus prononcée)
  • Compensation par anticipation ou en aval de la prise de boisson par de l’exercice physique, des laxatifs ou des vomissements
  • Calcul de l’apport calorique de la journée pour s’assurer de ne pas dépasser le seuil que tu t’es fixé (en prenant en compte les boissons alcoolisées que tu t’apprêtes à boire)
  • Sauter le repas qui aurait dû se prendre avant et/ou après avoir bu de l’alcool
  • S’imposer de boire une quantité importante jusqu’à aller aux vomissements non volontaires pour régurgiter ce qui a été mangé 
  • Culpabiliser lorsque tu bois
  • Choisir un repas plus faible en calorie le jour où tu vas boire
  • T’assurer de ne choisir que les boissons les plus faibles en calories (et pas selon tes goûts : par exemple, j’adore les cocktails mais je me les interdisais lorsque je souffrais d’anorexie). Dans la même logique : ne prendre que des diluants à zéro calorie pour limiter le nombre de calories

Les conséquences de la drunkorexia

Si réduire son apport alimentaire peut vous sembler être une bonne idée et vous rassurer… sachez que ce n’est que sur le court terme. Car les effets secondaires sont nombreux et les conséquences sont désastreuses sur la santé. 

Les conséquences immédiats, sur le court-terme

Des effets nocifs apparaissent immédiatement, au moment où l’on boit de l’alcool : 

  • Changements de comportements : anxiété due à un sentiment de perte de contrôle, variation d’humeur
  • Attitudes dangereuses : coordination réduite, fonction cérébrale ralentie qui peuvent amener à conduire sous emprise, à des violences physiques…
  • Intoxication : même dans une moindre quantité, l’alcool est assimilé comme un poison pour l’organisme. Ce dernier a besoin de nutriments spécifiques pour traiter l’alcool. Lorsque vous ne mangez pas suffisamment, vous n’apportez pas ces nutriments, pourtant nécessaires, à votre organisme. Ainsi, le corps peut très vite s’intoxiquer. C’est d’ailleurs pour cela que l’on dit que l’alcool « monte plus vite » lorsqu’il n’y a pas de nourriture ; ou que l’on parle « d’éponger » pour manger. D’ailleurs, NON, manger n’est pas tricher. Qu’est-ce que j’ai pu entendre cette phrase débile lorsque j’étais étudiante…

L’intoxication est d’autant plus dangereuse lorsqu’il y a des médicaments en parallèle, ce qui est beaucoup le cas pour les personnes souffrant de TCA qui suivent un traitement comme les anxiolytiques, antidépresseurs, neuroleptiques…

  • Problème de digestion : comme je le disais dans le point précédent, l’organisme a besoin de nutriments pour digérer l’alcool. Déjà avec ces nutriments, c’est compliqué pour le corps, alors imaginez sans… C’est ainsi que des dysfonctionnements arrivent au niveau digestif, avec des ballonnements, des douleurs abdominales, des constipations ou des diarrhées. 
  • Compulsion alimentaire : il est fréquent de manger de façon plus excessive lorsque vous avez bu. Je me souviens que moi, c’était systématique. C’est comme si l’alcool avait le pouvoir de faire baisser la garde de l’anorexie, et ainsi, mon corps pouvait crier famine, je répondais enfin à ses besoins (sous emprise…). D’ailleurs, je me privais de nourriture dans le but de limiter mes calories… mais après j’explosais ce compteur. Et le lendemain, pleinement consciente, je culpabilisais horriblement (alors que j’avais juste répondu aux besoins de mon corps affamé, soit, je n’avais rien fait de mal).
  • Étourdissement : avec un estomac vide, on tombe plus facilement dans les vapes.
  • Black out : c’est-à-dire que tu ne te souviens plus de ta soirée, ou tu te rappelles seulement de quelques brides. Sans alcoolorexie, ça peut arriver. Mais avec un estomac peu rempli, ça arrive encore plus vite. Et ça, c’était systématique chez moi lorsque je souffrais d’anorexie, même avec seulement deux verres (ce qui n’est pas considéré comme excessif QUAND ON A PAS LE VENTRE VIDE).

Les conséquences sur le long-terme

Sur le long terme, les conséquences sont d’autant plus désastreuses, voire vitales :

  • Risques de maladies sur le long terme : à force de répéter ces comportements de prise de boisson excessive, le risque de subir des lésions cérébrales ou au niveau d’autres organes est accru. En résulte des maladies de foie, des problèmes cardiaques, le développement de diabète de type 2.
  • Problèmes dentaires : l’organisme manquant des nutriments nécessaires, il est moins capable de se protéger face à l’alcool qui agresse les dents. De plus, si ces prises alimentaires s’accompagnent de vomissements (volontaires ou non), cela peut agresser l’émail des dents et entrainer des caries dentaires voire le déchaussement des dents.
  • Problème de peau : l’alcool absorbe les vitamines et nutriments dont l’organisme a besoin ; cela accélère ainsi le processus de vieillissement. Des problèmes de peau sont très souvent liés, avec une peau sujette à l’acné. Au-delà des problèmes de peau, on retrouve également des cheveux cassants et fins.
  • Cela peut augmenter le sentiment de mal-être : accroissement du manque de confiance en soi, symptômes dépressifs. D’ailleurs, c’est quelque chose qui arrive immédiatement selon moi. Je me souviens des lendemains de soirée où j’étais de nouveau pleinement consciente et j’étais accablée par la culpabilité de ce que j’avais fait la veille sous emprise, je me détestais…
  • Augmentation du risque de dépendance : Évidemment, ces comportements augmentent le risque de développer une dépendance et de tomber dans l’alcoolisme pur. 

Comment en sortir ?

Si vous vous êtes reconnus dans les signes de la drunkorexia, déjà, le fait d’en avoir conscience et de connaitre les conséquences toxiques pour votre santé et votre vie peut vous aider. 

Ensuite, ne restez pas seul, parlez-en avec vos médecins, vos thérapeutes. Agissez avant que cela ne prenne trop de place dans votre vie.

N’en ayez pas honte, c’est malheureusement un comportement bien plus répandu qu’on ne l’imagine.

Pour ma part, je n’ai pas travaillé spécifiquement ce point-là dans ma guérison. Car bien que cela me soit arrivé, ça s’est fait de façon plutôt rare, je pourrais les compter sur les doigts de mes deux mains, voire sur 3 mains ; bref c’est arrivé moins de 15 fois. C’est en travaillant sur mes troubles alimentaires, et notamment sur les croyances erronées autour de l’alimentation que j’ai pu retrouver une relation saine à ces soirées. 

Personnellement, je bois peu, parce que je n’aime pas ça. Comme je l’ai dit dans l’article, l’alcool est un poison pour le corps, même à très faible dose. Quand je sors, je prends un verre, généralement pas plus, deux tout au moins. Comme j’ai dit, j’adore les cocktails, donc c’est fréquent que je prenne des cocktails non alcoolisés (ce qui montre bien que j’ai travaillé sur mes croyances erronées).

J’espère que cet article vous aura aidé ! N’hésitez pas à me le faire savoir ou à parler de votre expérience en commentaire.

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 1 commentaire
Partie 2 : La vie sans plus aucun trouble alimentaire : c’est comment ?

Partie 2 : La vie sans plus aucun trouble alimentaire : c’est comment ?

Partie 2 : La vie sans plus aucun trouble alimentaire : c’est comment ?

Cet article fait suite au précédent, sur la thématique « la vie après les troubles alimentaires ».

Dans l’article précédent, je vous ai parlé des premiers mois où j’allais vraiment mieux. Mais, si vous l’avez lu, vous avez pu voir que je vous ai donné encore pas mal de difficultés. Parce que justement, rien n’a été magique, et j’ai connu encore de nombreux obstacles. Le fait que j’aborde cette thématique en deux articles, et que le premier était encore assez péjoratif, montre à quel point le chemin de la guérison se construit petit à petit. 

Cette thématique n’a pas pour but de dire comment je m’en suis sortie. Parce que ça, je l’aborde dans l’article sur la quasi-guérison. Et j’explique également dans beaucoup d’autres articles ce qui m’a aidé à en sortir. 

Mais pour être synthétique, j’ai continué de faire un gros travail physiologique sur les causes, notamment avec la thérapie de l’EMDR. J’ai beaucoup beaucoup travaillé mon rapport au corps, à l’alimentation. Je me construis dans une nouvelle ville, à travers mon couple, à travers mes passions… dans une vie où les TCA n’avaient plus leur place. Et c’est comme ça que j’en suis sortie totalement des TCA. 

Bon, c’est vraiment pour synthétiser au max parce que la réalité était bien plus complexe. Mais comme je dis, cet article n’est pas sur le comment, mais sur quelle est ma vie sans trouble alimentaire ?

Donc dans cet article, je vais vous parler de ma vie sans trouble alimentaire. Parce que oui, c’est POSSIBLE ! Après, évidemment, ça reste mon point de vue. Mais je peux affirmer que c’est possible, car moi, aujourd’hui, je n’en ai plus. Et je vais vous parler de cette vie sans trouble alimentaire, comment elle se passe.

Alors, je vais donner mes idées en vrac, je veux dire qu’il n’y a pas d’ordre prédéfini. Je les donne en fonction de ce qui me vient en tête : 

Mon rapport à la culture du régime

Dans le dernier article, je vous avais dit que j’avais eu une période où je ressentais colère et même jalousie vis-à-vis des personnes qui faisaient un régime. 

Aujourd’hui, et surtout après un gros travail de déconstruction des croyances erronées vis-à-vis de la minceur, ma façon de voir ça a totalement changé.

Aujourd’hui, j’ai plus de la peine pour les personnes qui parlent de régime ou qui sont piégées dans ces régimes. Parce que justement, je les vois plus piégés que chanceux. Et je sais au fond de moi (du moins je pense) que ces personnes-là sont surtout en grande souffrance, qu’elles ont un mal-être. Et j’espère qu’elles finiront par trouver comment guérir leur mal-être sans passer par le contrôle de leur corps. Le seul énervement que je pourrais garder (même si en réalité c’est quelque chose qui me passe au-dessus), c’est contre toute l’industrie de la minceur. Par exemple quand je vais voir ou entendre une pub sur un produit qui met en avant des vertus pour maigrir, ça m’énerve parce que je me dis que juste pour se faire de l’argent, ces entreprises gâchent la vie et la santé de millions de gens.

Comment se passent mes repas ?

Bah comme des repas. La nourriture a repris son rôle de me nourrir, de me donner de l’énergie. Parfois je prévois mes repas en amont parce que faut bien que je sache ma liste de course. Parfois, je fais au feeling, selon ce que j’ai, ou je vais au magasin tous les deux/trois jours parce que j’habite en face, et que je ne prends pas le temps de prévoir. 

Je cuisine au gré de mes envies. Je mange mon repas, souvent devant une série avec mon copain, et après je repars à mes activités sans penser à ce que j’ai mangé. Je ne me compare plus à ce que mon copain mange. J’arrive enfin à ressentir mes sensations de faim et de satiété. Donc je me pose plus la question de savoir si c’est une ration normale puisque je réponds aux besoins de mon corps. Et ça j’en suis tellement reconnaissante de enfin parvenir à le faire. Parce que c’est ce qui m’a pris le plus de temps à retrouver ; mes sensations de faim et de satiété. Donc il y a certains jours où j’ai plus faim, d’autres moins. Ça dépend vraiment de mon corps.

Je disais que la nourriture a repris sa fonction de nourriture, mais elle garde cette fonction de se faire plaisir aussi. Et il n’y a rien de malsain à ça. Si pendant énormément de temps ça m’a fait culpabiliser, aujourd’hui, je trouve ça sain de se faire plaisir et même indispensable pour la santé mentale. De base, j’ai toujours été une personne gourmande (avant d’être malade, c’était comme ça). Et aujourd’hui, c’est toujours le cas. Avec mon copain, on aime bien souvent se faire des goûters, des desserts. Pendant longtemps, ça a été source de culpabilité. Aujourd’hui, c’est quelque chose que j’adore. 

Quand j’étais malade, et notamment les premiers mois où j’allais mieux, je me disais que j’avais tellement compté les calories, que je ne parviendrais plus à me détacher de ces nombres. Et bah sachez qu’en fait, aujourd’hui, je ne saurais même plus dire combien fait tel aliment en termes de calorie, tellement c’est sorti de ma tête. Mais ça, pareil, ça m’a pris du temps, parce que j’ai pris du temps à me détacher du fait de compter les calories. C’est l’un des symptômes qui m’est resté le plus longtemps.

Par rapport à l’alimentation, j’ai aussi découvert de nouveaux goûts que j’aimais, et à l’inverse des aliments que je pensais aimer, mais qu’en fait, c’était mon trouble alimentaire qui me faisait croire que j’aimais. Combien de fois maintenant je me dis « mais comment j’ai pu manger ça ? C’est tellement fade ! ».

Est-ce que je ne ressens plus jamais de culpabilité  ?

Dire « plus jamais » serait mentir. Ça peut encore m’arriver, notamment quand on est en vacances, ou après plusieurs repas de fête par exemple. Je peux ressentir une culpabilité, mais qui n’est pas du tout omniprésente. J’ai envie de dire, c’est une petite culpabilité que beaucoup de gens, TCA ou non, peuvent ressentir occasionnellement. En tout cas, ce n’est pas une culpabilité qui va m’occuper l’esprit, et encore moins me faire engendrer des comportements de restriction ou de compensation. D’autant qu’avec mon passif, je sais identifier ces pensées parasites et me dire « c’est ok Mathilde, t’as rien fait de mal », et passer à autre chose. Et peut-être que là, ça vous semble surréaliste. Et pour moi, ça l’a été pendant longtemps. Je rappelle une fois de plus que j’agis comme ça, mais ça s’est fait tellement petit à petit. Ça n’a jamais été linéaire. Mais je vous assure c’est possible. Et je vous souhaite d’y arriver, je suis sûre que vous y arriverez un jour !

Mon rapport au corps

Même chose, après un gros travail d’acceptation corporel, je vois maintenant mon corps différemment. Je le vois plus de façon neutre, dans son aspect fonctionnel plutôt que son aspect « apparence » on va dire. Maintenant je l’accepte, ce qui ne veut pas dire que je l’aime. Il y a encore des fois où je me trouve pas assez bien, où je complexe. Mais pour autant, je ne vais pas vouloir le changer. Je ne suis plus du tout dans cet objectif de perdre du poids. Et d’ailleurs, depuis que j’ai lâché prise sur cette volonté de perdre du poids, de manger de façon contrôlé, je pense que j’ai perdu du poids, ou du moins ; mon poids s’est stabilisé. Je dis « je pense », parce que je ne suis toujours pas remonté sur une balance. Pour moi, ce chiffre n’a plus la même importance. Donc quand je vois des médecins et qu’on me demande mon poids, je dis « je ne sais pas ». Et il y a zéro problème, on ne me l’a jamais reproché. Et je dis « je pense » dû à mon reflet dans le miroir, et à ce que mes proches m’ont dit.

Pour autant, je ne suis pas en mode « je m’en fous de mon apparence ». Les vêtements m’ont beaucoup aidé à accepter mon corps. J’ai pris le temps, et je prends toujours le temps, de trouver des tenues dans lesquelles je me sens bien. Je mets de bijoux aussi, je fais des coiffures. Tout ça, ça m’aide à me sentir mieux dans ma peau. 

Mon corps d’avant ne me manque plus jamais, contrairement aux premiers mois où j’allais mieux. Et d’ailleurs, dans les premiers mois où j’allais mieux, je regardais mes photos de moi malade en me disant que j’étais physiquement bien avec ce corps-là. Aujourd’hui, c’est comme si je n’avais plus le filtre de la maladie, et je prends conscience d’à quel point j’avais un corps malade et que je n’aime pas du tout. 

Mon rapport au sport

balade-anorexie

Il faut savoir qu’avant de tomber malade, je n’avais jamais été une grande sportive. J’avais uniquement fait du sport pour perdre du poids durant mes troubles alimentaires. Donc j’avais toujours fait le lien de faire du sport selon ce que je mangeais. Aujourd’hui, je ne fais plus vraiment de sport à proprement parler. J’adore me balader, en musique. Mais ça n’a plus rien avoir avec de l’hyperactivité. Déjà parce que si je ne le fais pas, ce n’est pas grave (je n’ai pas toujours le temps). Et quand je le fais, c’est vraiment dans un objectif de détente, pour sortir le nez de mon travail, pour me balader en musique, généralement 30 minutes. Donc ce n’est vraiment plus du tout dans la même optique.

Je voulais faire du badminton parce que j’adore ça. Mais je n’ai pas trouvé de club. Donc de temps en temps je fais du sport, mais avec des amis, ou c’est de temps à autre. C’est vraiment pour faire une sortie, me détendre, plus du tout pour perdre du poids.

Après, je ne dis pas, je pourrais et devrais peut-être faire plus de sport pour ma santé. Mais je ne veux pas que ce soit une contrainte. J’ai déjà essayé de faire du sport plus souvent, et je ne le tiens pas parce que juste, c’est une contrainte.

Mon rapport aux restos

Aujourd’hui, je ne vois plus du tout les resto comme avant. Avant, je subissais ces sorties. J’angoissais avant d’y aller, je redoutais qu’on m’invite. Maintenant, je peux être à l’initiative de ces restos. Et ça m’est déjà arrivé d’avoir 2 restos sur 2 jours consécutifs (choses impensables avant).

Je ne me restreins plus du tout en amont, en fait, je ne pense même pas au côté alimentaire. Je prends le plat qui me fait plaisir sur place, mais je suis surtout là pour découvrir un nouveau lieu, pour partager un bon moment avec mes proches, et pour profiter du fait que je n’ai pas à préparer le repas. (Et ça, avant, c’était impensable de manger un plat que je ne contrôlais pas).

Mon rapport à mes proches

Aujourd’hui, quand je suis avec mes proches, je suis vraiment avec eux. Avant, j’étais toujours préoccupée par les repas qu’on allait manger. Maintenant je vis pleinement l’instant avec eux. 

Je dois dire qu’au début, ça fait bizarre de voir que mes proches ne se souciaient plus de ma santé. Mais avec le temps, j’ai compris que je préférais ne plus être une source de stress pour eux. Et ce qui fait bizarre aussi, c’est de voir que mes proches qui m’ont accompagné de près durant mon combat, ont oublié des choses sur mes TCA. Genre ma mère, ma sœur… ils ont oublié des moments clés de mes troubles alimentaires. Et ça, ça fait bizarre. 

Vis-à-vis de tous les souvenirs négatifs de la maladie que j’avais, de tous les reproches que je me faisais pour le mal causé à mes parents, à ma sœur, à mes proches plus globalement… j’ai pris beaucoup de recul. J’ai compris que je n’étais pas la maladie. Et ce n’est pas une façon de me trouver des excuses, mais vraiment, le fait de se dissocier de la maladie, de justement savoir que moi, ma personne n’est pas les actions de la maladie, ça fait partie de la guérison. Donc c’est ainsi que j’ai commencé à me pardonner. Même si ce n’est pas toujours évident. Mais aujourd’hui, et aussi avec le temps, ces souvenirs n’ont plus le même impact émotionnel.

Le manque de la maladie

Si dans l’article précédent j’ai pu parler de ce sentiment de manque que j’avais éprouvé les premiers mois, aujourd’hui c’est quelque chose de totalement absent. Parce que j’ai réussi à me reconstruire indépendamment de la maladie, et j’aime ma vie telle qu’elle est. Et aujourd’hui sa place dans ma vie, donc j’ai plus de raison de ressentir de manque pour elle. Et le temps, une fois de plus, aide pour cette problématique. 

Mon couple

Quand je me suis mise avec Arthur, j’avais encore clairement des mécanismes des TCA. Et je trouve que mon TCA m’a volé les instants magiques des débuts de couple. Et bah du coup, c’est au bout de 3 ans de couple que j’ai connu nos vrais débuts haha. J’ai vraiment cette sensation d’avoir redécouvert mon couple. J’ai découvert le fait de partager des moments avec lui sans toutes les pensées parasites de la maladie. Je trouve que déjà la vie de couple c’est pas toujours simple. Mais avec les TCA c’était d’autant plus compliqué. Et là, sans TCA, mais on revit quoi ! C’est comme si avant il y avait un parasite dans notre couple qu’il n’y a plus aujourd’hui. Donc c’est cent fois mieux 🙂 

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Nouvelles passions, nouvelles occupations, énergie croissante

Aujourd’hui, ma vie est à 100 % remplie par des dizaines de projets que j’ai envie de réaliser dans ma vie. Et si j’avais encore des TCA, déjà je n’aurais pas autant d’envie (parce que finalement, le TCA éteignait cette flamme de la vie en moi) ; mais en plus de ça, je n’aurais pas autant d’énergie pour la réaliser.

Quand je vois aujourd’hui à quel point ma vie est remplie alors que je n’ai plus de TCA, je me dis que lorsque j’avais des TCA, j’ai dû passer à côté de tas d’opportunité, de projets.

D’ailleurs, je peux accepter beaucoup plus facilement des projets. Avant, quand on me proposait un truc au dernier moment, ça gênerait tellement d’angoisse en moi que je refusais. 

Aujourd’hui, je suis en plein déménagement dans quelques jours. On vient d’acheter notre appartement que je vais décorer, peindre, etc. Je n’aurais pas eu l’énergie mentale pour gérer ça quand j’étais malade, ou du moins ça aurait été dans le stress permanent. Dans 3 semaines on part en Thaïlande, pour le moment j’ai pas trop trop préparé. Mais j’ai hâte d’y aller. Avec des TCA, déjà je n’aurai pas accepté de partir 3 semaines dans un pays étranger. Mais en plus de ça j’aurais tellement eu de stress vis-à-vis des repas, là j’y pense même pas. Et ensuite, quand je reviens de Thaïlande, je suis la 15 jours pour ensuite repartir dans ma famille. Et tout ça, tout en faisant un gros projet qui verra le jour en début d’année 2024. Bref, ma vie n’aurait pas été aussi remplie avec des TCA, ou du moins, je ne l’aurais pas vécue de la même façon.

Après, attention, j’ai encore des stress. Et tous ces événements que je viens de dire là, évidemment, ça me génère des stress. D’ailleurs, sur insta, j’ai demandé si vous aviez des questions sur ma vie d’après les TCA, et on m’a répondu « fais-nous rêver » (en rigolant bien sûr, je le sais !). Mais ça m’a fait penser qu’il fallait vraiment que j’insiste sur ce point.

Ma santé mentale

Aujourd’hui, je ne suis pas du tout sans problème de santé mentale. Je suis toujours très angoissée, d’ailleurs j’ai parfois de grosses crises d’angoisse. Je n’ai pas vraiment confiance en moi. Je n’ai plus rien en rapport avec mon corps et l’alimentation. Mais rien n’est magique, j’ai encore des petits problèmes de santé mentale. Après, je pense que tout le monde en a, surtout avec le rythme dans lequel on vit nos vies aujourd’hui.

Et la différence que j’ai par rapport à avant mes troubles alimentaires, c’est que désormais j’ai l’expérience. Donc je sais plus facilement sentir quand je tire sur la corde. Je sais plus facilement écouter les signaux de mon corps quand il est fatigué. J’ai plusieurs techniques pour prendre soin de moi, pour me calmer, pour me recentrer sur l’essentiel. Au fil de mes thérapies dans les TCA, j’ai développé une grande connaissance sur moi-même qui m’aide à mieux gérer les difficultés de ma vie. Mais encore une fois, c’est pas fluide pour autant. Et j’ai toujours des difficultés. C’est important pour moi d’insister là-dessus, parce que vraiment, rien n’est magique. Mais clairement, ma vie sans TCA est 1 million de fois mieux.

Mais d’ailleurs, au tout début où je commençais à me sentir vraiment mieux, où les TCA n’était plus présents, ça me faisait bizarre d’aller mieux. C’est comme si je m’étais habitué à aller mal avant. Et au début, vraiment c’est étrange. C’est comme si mon cerveau était habitué au mal-être. Et je ne me sentais pas forcément « bien d’aller mieux ». C’était presque inconfortable pour être honnête.

Aujourd’hui, je me trouve encore parfois à faire la différence à « comment j’aurai agi avant, lorsque j’étais malade ? ». Et je suis très reconnaissante de ne plus être malade en fait. D’autant qu’avec Norainnoflower, j’ai encore les récits de personnes qui sont malades. Et ça me rappelle à quel point c’était un enfer. Mais vous voyez, pourtant j’en suis sortie ! Et vous allez en sortir, vraiment, il faut y croire !

Un cerveau plus optimiste

Une autre chose que mon combat m’a apprise, c’est à apprécier les petites choses simples. Quand j’étais malade, j’étais h24 pessimiste, je me concentrais parfois davantage sur les côtés négatifs que le côté positif. Je dois admettre que je suis quand même une personne pessimiste, je pense. Mais justement, j’ai pris l’habitude quand j’étais malade de me focaliser sur les petites choses positives. J’avais pris cette habitude d’entraîner mon cerveau à lister 3 choses positives chaque jour, même les journées difficiles. Et ça, ça m’a aidé à apprécier les petites choses : genre le ciel bleu, le beau temps, des gens qui sourient dans la rue, des câlins avec mon chat, un éclat de rire avec des amis, etc. C’est bête, mais c’est tous des petites choses que je ne parvenais même plus à voir lorsque j’étais malade. C’est comme si le TCA m’enfermait dans une bulle où la positivité n’avait pas sa place. 

"Est-ce que tu ressens encore parfois le besoin de tout contrôler ?"

On m’a demandé si j’avais pas parfois le besoin de tout contrôler. Et si, ça m’arrive encore, d’autant que comme je disais, je suis une personne angoissée (je travaille dessus). Mais par contre, je ne contrôle plus jamais l’aspect alimentaire et corporel. Parce que par mon passé, je sais qu’à chaque fois que j’ai fait ça, je suis retombée dans un cercle vicieux de compulsion-restriction. Aujourd’hui, quand je suis en mode « j’ai envie de tout contrôler », je me dis « oh oh, ça c’est un signal de mon corps que je ne suis pas bien » ; et là j’applique mes propres techniques pour me détendre, pour reprendre chaque point de ma vie qui me stresse et y trouver des solutions. Aujourd’hui j’arrive à faire ça parce qu’encore une fois, j’ai l’expérience de mon passé dans les TCA ; mais aussi parce que j’ai plus d’énergie qu’avant (quand mon TCA me prenait toute cette énergie justement). 

"Comment être sûre de ne pas rechuter une fois qu’on en est sorti ?"

Sur intagram, on m’a aussi posé la question : comment être sûre de ne pas rechuter une fois qu’on en est sorti. J’ai fait un article complet sur la rechute. Donc je vais répondre succinctement : pour moi, on peut être sûre de ne pas rechuter si la guérison est consolidée, que les différents aspects de la guérison sont travaillés. Mais du coup, pour une réponse plus détaillée, je vous invite à lire l’article sur la rechute et celui sur la quasi guérison.

« Comment sait-on si on est guéri ou si on est en voie de guérison ? »

On m’a aussi demandé « comment on sait si on est guéri ou si on est en voie de guérison ? ».

Très intéressante cette question ! Plusieurs fois je me pensais guérie, et avec le recul, j’ai compris qu’à ces moments-là j’étais plus en voie de guérison que réellement guéri. Donc je dirais qu’au moment même, t’as tellement la tête dans le guidon que ce n’est pas évident de s’en rendre compte. Mais je pense qu’il faut essayer d’être honnête avec soi-même et de se demander : est-ce que j’ai toujours cette volonté de perdre du poids, de contrôler mon corps/mon alimentation ? Si oui, alors c’est qu’il y a encore des traces de TCA, des mécanismes du trouble alimentaire. Et cette phase de « être en voie de guérison » est vraiment longue, donc c’est normal si vous avez la sensation d’être dedans depuis longtemps. Vous êtes pas bloqué pour autant, parce que c’est un processus lent. Tant que vous en avez conscience, et que vous mettez des choses en place, que vous en discutez avec des thérapeutes pour aller vers un mieux, c’est que vous êtes dans ce processus de guérison, vous êtes pas « bloqué ».

Et ne vous mettez pas de pression, encore une fois, c’est un processus qui est lent. Les petits pas sont parfois tellement minimes que vous avez pas la sensation d’avancer, mais en réalité, si, vous avancez bien. Et ça, c’est quelque chose donc j’ai eu conscience une fois que j’en suis totalement sorti et que j’ai pu prendre le recul.

De toute façon, évidemment, quand on en est sorti, c’est toujours plus simple de dire toutes ces choses-là, parce que j’ai plus le parasite du TCA qui me brouille l’esprit, j’en ai bien conscience. 

Des séquelles ?

J’ai aussi oublié de dire, personnellement, je n’ai aucune séquelle physique. Je n’ai pas de conséquence de ces six années de troubles alimentaires. Même chose, je sais que chaque personne est différente. Mais voilà, me concernant, j’ai la chance de n’avoir aucune conséquence. 

Voilà, je pense avoir tout dit ! C’était peut-être un peu trop en vrac, mais j’espère que ça vous a quand même servi, que ça vous a donné un aperçu de ce qu’est la vie sans TCA. 

Évidemment, chaque personne est différente, donc chaque parcours de guérison sera différent. Je n’ai pas dit tout ça pour juste vous faire rêver, j’ai aucun intérêt à vous dire que la guérison totale est réelle si elle ne l’est pas. 

Et j’insiste une fois de plus qu’avant d’en arriver à ça, ça s’est fait vraiment petit à petit. Et d’ailleurs, tout au long, j’ai toujours gardé un suivi psy. Donc c’est vraiment important pour moi de garder un suivi psy, même quand vous allez mieux.

- Roman autobiographique -

L'anorexie, mon bouclier mortel

Découvre tout mon combat contre les troubles alimentaires dans mon livre témoignage sur l’anorexie. Je te raconte tout mon combat, du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte totalement.

Voilà, c’est la fin de cette thématique « quelle vie après les TCA ». J’espère avoir répondu à toutes vos interrogations. J’espère que ça vous donne également l’espoir de vous accrocher pour parvenir à cette vie-là. Je vous le souhaite sincèrement d’y parvenir, d’arriver à ce jour où vous pouvez vous poser tranquillement, regarder derrière vous tout ce que vous avez parcouru, et vous dire « punaise, je l’ai fait quoi ! ». Vous pouvez y arriver, je vous assure que je n’étais pas plus forte que vous ! Vraiment 🙂 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 0 commentaire
Partie 1 : Comment ça se passe la vie après l’anorexie ?

Partie 1 : Comment ça se passe la vie après l’anorexie ?

Partie 1 : Comment ça se passe la vie après l’anorexie ?

Aujourd’hui où je vous parle de la vie après les troubles alimentaires. Cet article va se faire en deux parties. Ici, je vais vous parler des premiers mois après la sortie, et le prochain article, ce sera la vie après les TCA : sans plus aucun trouble alimentaire.

Ces articles vont être différemment des précédents, dans le sens où je vais ici parler de mon expérience personnelle, sans vraiment donner de conseils. Je fais ces articles, car on me les a demandés. J’imagine que c’est aussi pour vous permettre de savoir ce qu’il se passe après, et peut-être pour vous reconnaître dans mon témoignage. Mais encore une fois, c’est important de garder en tête que c’est MON expérience. Vous vivrez certainement des choses que je n’ai pas vécues et inversement.

Ici, je vais vous parler des premiers mois après les troubles alimentaires. Sauf qu’en réalité, ce n’est pas tout à fait ça. Parce que, qu’on se le dise, on a rarement une date précise du début des troubles alimentaires. Bah c’est la même chose pour la fin ! Je ne me suis jamais réveillée un matin en me disant « tiens, je n’ai plus de TCA ». Mais c’est une période où il me restait des traces des mécanismes de l’anorexie. Ce n’était pas à 100 % éradiqué.

Donc justement, dans cet article, je vais vous parler des premiers mois où j’allais vraiment mieux, c’est à dire où j’avais démaigri, repris tout le poids perdu, que je remangeais concrètement de tout, j’avais une vie sociable, j’avais un travail. Bref, en apparence, je n’avais plus vraiment de troubles alimentaires.

Donc comment se passait ma vie quand mes troubles alimentaires étaient presque plus là ?

Les sensations de faim et de satiété

Je pense que c’est ce qui m’a pris le plus de temps à revenir. Les sensations de faim, je les ressentais. Mais justement, j’avais l’impression d’avoir toujours faim et de ne plus ressentir la satiété. 

Pendant longtemps, je demandais à mon copain : « Est-ce que tu crois que je mange trop là ? Est-ce que c’est une portion normale ». Ça m’a pris vraiment du temps à comprendre ce dont mon corps avait besoin, à écouter les sensations physiques de mon corps parce que mon mental s’en mêlait toujours.

La relation à mon corps

Également, pendant longtemps, je n’acceptais pas le poids repris. Je comparais beaucoup mon corps aux autres filles qui m’entouraient. J’enviais le corps d’autres femmes. J’espérais perdre du poids. 

À cause du fait que je n’acceptais pas mon corps, je redoutais souvent de voir les gens que je n’avais pas vus depuis longtemps. Ça m’arrivait même d’envoyer un message à mes amies pour les prévenir que j’avais pris du poids, par peur qu’elles me fassent une réflexion. Et quand je voyais des personnes que je n’avais pas vues depuis longtemps, je me prenais la tête en m’imaginant ce qu’elle pouvait se dire de mon corps.

La relation à l'hyperactivité

Même chose, je n’ai pas réussi à arrêter du jour au lendemain. Ça s’est fait par phase. J’ai plusieurs fois tenté d’arrêter, puis je reprenais, puis je réarrêté, et ainsi de suite. Je suis passée par des phases où je suivais des fitgirls influenceuse en me persuadant que j’allais faire comme elle. D’ailleurs j’ai suivi des influenceuses qui ne l’avouaient pas, mais dont je suis presque sûre aujourd’hui avec le recul qu’elles avaient elles-mêmes des TCA.

J’ai eu encore longtemps la culpabilité de ne pas bouger certaines journées, où du coup, ça impactait mes apports alimentaires de ces journées-là.

Rapport aux autres

D’une façon générale, le rapport à l’ensemble de la société, on va dire, a été comme « conflictuel » pendant un temps. En fait, c’était plutôt contre la culture du régime. Mais c’est en commençant à sortir des TCA que j’ai pris conscience d’à quel point les gens parlaient de nourriture, de régime en boucle. J’ai la chance d’avoir grandi dans une famille où il n’y a pas d’obsession à la minceur ; et je pense que lorsque j’étais malade, les gens faisaient plus attention. Mais maintenant que j’avais un poids en apparence normal, les personnes qui m’entouraient oubliaient que ce genre de sujet était trigger pour moi. 

Et je me souviens que j’éprouvais à la fois de la colère en entendant ça, mais aussi une forme de jalousie. C’est comme si je me disais « punaise, ils ont la chance, eux ils parviennent à se restreindre ». Même si je savais au fond de moi que ce n’était absolument pas sain. 

Par rapport à mes proches, ils ont pris du temps à me « refaire confiance ». Plusieurs fois je voyais leur inquiétude si j’allais faire du sport, ou si je mangeais moins à un repas. La plupart des cas, j’avais genre vraiment moins faim ou j’avais envie de me défouler. Ce que je veux dire, c’est que ce n’était pas motivé par une envie de compenser ou de me restreindre puisque comme je disais, les TCA étaient presque partis. Mais mes proches avaient peur de retourner dans l’enfer qu’on avait connu, je pense. 

Prises de conscience douloureuses

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À ce moment-là, quand j’ai donc commencé à bien sortir la tête de l’eau ; j’ai pris conscience de mes dernières années dans la maladie. J’ai pris conscience de la gravité, du fait que j’aurais pu en mourir. Et j’ai surtout pris conscience que la maladie avait fait beaucoup de mal à mes proches. J’avais plein de flashbacks qui revenaient où je revoyais des scènes de cris & de larmes avec ma mère, mon père, ma sœur. Ces prises de conscience ont été très très douloureuses, pendant plusieurs mois, je pleurais parfois des heures dans mon lit en pensant à ça.

Nostalgie de la maladie

J’ai eu aussi une phase de nostalgie, mais vis-à-vis des symptômes de la maladie. Je ressentais de la mélancolie, j’embellissais les aspects de la maladie. Je regrettais de ne plus savoir me restreindre. Je regrettais ces années d’anorexie sévère comme si c’était génial. Alors qu’en fait c’était un enfer. Mais j’ai eu ce manque de la maladie en fait, je me suis même revue vouloir retourner dans le cocon de l’hôpital. 

Les sorties au restaurant

Pour ce qui est des sorties, c’était soit noir, soit blanc. Je ne parvenais pas forcément à trouver un entre-deux. Sur certaines sorties, je les anticipais à fond, je me restreignais, je ne mangeais presque rien sur place. Sur d’autres sorties, je partais en totale compulsion sur place, et j’avais la mentalité « foutu pour foutu ». 

Relation de couple

Avec mon copain, c’était pas mal de prises de tête quand même. Je me comparais beaucoup à ce qu’il mangeait. Je faisais inconsciemment la gueule s’il mangeait moins que moi. Les sorties étaient parfois source d’angoisse donc ça enlevait la magie des sorties de couple, surtout qu’on était dans nos premiers mois.

relation-couple-anorexie

Mais... la guérison ce n'est que du négatif alors ?

Vous voyez que durant les premiers mois, c’était compliqué. Et d’ailleurs, je n’étais pas encore totalement sortie des troubles alimentaires. 

Néanmoins, il y avait quand même déjà du gros positif. Je l’ai moins dit, mais je ressentais que j’avais plus d’énergie. Je faisais bien plus d’activité sociale, donc je revoyais des gens (alors que lorsque j’étais malade, je m’isolais sans cesse). Les moments où je ne pensais pas à la nourriture & à mon corps étaient de plus en plus nombreux. J’avais de plus en plus d’énergie pour me permettre de travailler sur tous les aspects psychologiques de la maladie (dont les causes). 

Nouvelles passions

Durant cette période, j’ai également commencé à me découvrir de nouvelles passions, de nouvelles activités qui n’avaient rien avoir le trouble alimentaire. Mais c’était encore un peu compliqué, j’avais toujours quelques traces du TCA en arrière plan qui me gâchait un peu la vie, du moins, qui m’empêchait d’en profiter pleinement. 

Mais petit à petit, en continuant d’avancer, je commencerais enfin à voir le sommet de la montagne, celle de la guérison, pour m’amener à cette guérison totale. Et ça, on en parle dans le prochain article 🙂 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 1 commentaire
rechute anorexie, tca : signes précurseurs, facteurs de risque et comment agir ?

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Le terme « rechute » est un mot que l’on retrouve souvent associé à la guérison des troubles alimentaires. Et je pense que ça fait peur pour certains, d’autant qu’on l’entend parfois tellement, y compris de la part des professionnels de santé, que lorsqu’on souffre de TCA, on se sent presque bloqué, c’est redouté, comme si c’était inévitable.

J’ai donc choisi de faire un contenu complet sur la rechute, pour vous parler de ma propre expérience des rechutes dans l’anorexie ; pour énumérer les facteurs de risque (afin de les éviter). Je vais vous donner les signes qui indiquent que vous faites une rechute, et surtout : comment agir si ça vous arrive et comment les éviter. 

L’état d’esprit à adopter quant aux rechutes

UNE RECHUTE N'EST PAS UN ÉCHEC

Je voulais démarrer par ce point très important : comment tu dois voir la rechute. Je m’explique. Souvent, lorsqu’on est confronté à une rechute, la petite voix du trouble alimentaire te dit :

  • « Tu as échoué ! »
  • « Tu dois tout recommencer… alors que tu es épuisé. Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? »
  • « Et voilà… tu recules. »
  • « Tu ne guériras jamais »

Et je sais que c’est difficile de ne pas le voir comme ça. Dans mon livre sur l’anxiété & les peurs des troubles alimentaires, je parle de l’importance de faire évoluer son état d’esprit sur l’erreur, l’échec ; de les voir différemment.

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Les rechutes ne sont pas des échecs. Ce n’est pas un signe de faiblesse de rechuter. Ça fait juste partie de la guérison. Les rechutes permettent d’apprendre de nouvelles choses pour t’aider à guérir d’autant mieux et de façon plus consolidée. Tout processus de changement, d’évolution s’accompagne de son lot d’obstacles. Des obstacles ne sont pas des barrières, ce sont obstacles ; c’est-à-dire que tu peux les surmonter. Et tu l’as déjà fait dans le passé

Lorsque tu as commencé à apprendre à marcher, tu as dû faire face à des problématiques d’équilibre, d’objet sur lesquels tu pensais t’appuyer, mais qui n’était absolument pas stable, tu as rencontré des marches inattendues. Tu es tombé, sans doute des dizaines et des dizaines de fois. Mais c’est en tombant que tu as appris à te relever et qu’à force, tu as su marcher. Aujourd’hui, marcher est une compétence fluide pour toi ; mais à la base, tu as vraiment galéré pour y parvenir. 

Les rechutes c’est la même chose, c’est une façon de t’apprendre de nouvelles choses pour que tu puisses viser une guérison durable et consolidée. Je dirais même que si tu ne rencontres aucun obstacle dans ta guérison, c’est trop idyllique ; c’est que ça fait trop plaisir à ton trouble alimentaire. Je dis souvent que lorsque c’est difficile, c’est bon signe, car ça veut dire que tu vas à l’encontre de ton trouble alimentaire. 

Je pense que c’est important de comprendre ça, parce que si tu le vois plus comme une étape qui va t’apprendre quelque chose plutôt qu’une étape maudite, qui t’enverra dans les tréfonds de la maladie… tu agiras différemment si ça t’arrive.

LA MOINDRE DIFFICULTÉ N'EST PAS UNE RECHUTE

La deuxième chose que je voulais dire en avant-propos, c’est qu’il ne faut pas prendre la moindre difficulté comme une rechute. Avoir des journées difficiles, répondre à la maladie plutôt que choisir l’action qui te permettrait d’avancer dans ta guérison… tout ça, c’est normal. Je le dis souvent, mais les jours sombres font partie de la guérison. Je dirais même que dans ma guérison, j’ai eu plus de jours sombres que de jours ensoleillés. Une difficulté n’est pas une rechute. Une rechute, c’est sur du long terme. Mais on va voir plus en détail comment identifier une rechute par la suite.

Mon histoire avec les rechutes

Je voudrais te parler de mon histoire avec les rechutes. Je dis « les rechutes », mais pour moi, j’en ai surtout connu une seule. D’ailleurs, c’est ce que je voulais dire aussi en avant-propos : les rechutes sont fréquentes, mais pas systématiques. Et finalement, je n’en ai connu qu’une seule (une vraie).

Pourquoi je dis que l’une d’elles n’était pas réellement « vraie » ? Parce qu’en fait, je n’étais pas réellement sorti des TCA, pas du tout, donc pour moi, ce n’était pas une rechute, mais juste la continuité. Je parle de la fois où j’ai été à l’hôpital et que là-bas, j’avais remangée, repris du poids… Et je pensais naïvement que l’hôpital avait le don de guérir. Mais dès que je suis ressorti, l’anorexie m’attendait derrière la porte. Donc ici, je n’appelle pas ça une « rechute » (évidemment, je dis ça avec la rechute).

Par contre, pour moi, j’ai connu une période de rechute, que j’évoque dans mon article sur la quasi-guérison. Je ne l’ai pas vraiment vu venir (et je pense que beaucoup de rechutes, malheureusement, s’installent insidieusement. Notamment parce qu’on n’a pas vraiment envie de s’avouer à nouveau dans les TCA). 

Pour autant, ça a été une très petite rechute. Parce que j’ai bien agi aussi (je vous expliquerai dans la partie : « comment agir »). Cette rechute est arrivée selon moi parce que je n’avais pas totalement réglé mes problèmes, j’étais dans ce qu’on appelle la quasi-guérison. Mais justement, je vais tout de suite parler des facteurs de risque à avoir une rechute.

10 facteurs de risque

#1 - AVOIR L'UNE DES PARTIES DE LA GUÉRISON QUI N'A PAS ÉTÉ (ASSEZ) TRAVAILLÉ

Je le dis souvent, chacun a son propre parcours de guérison. Donc forcément, là, je vais donner des facteurs de risque, mais ça reste non exhaustif et dépends de la vie de chaque personne.

Selon moi (et c’est mon point de vue), une rechute survient si la guérison n’est pas consolidée, n’est pas complète. Selon moi, une rechute arrive par exemple si tu es en quasi-guérison : c’est-à-dire que plusieurs choses n’ont pas été travaillées (ou pas totalement). Je parle déjà de ça dans l’article sur la quasi-guérison. Ici, je vais à nouveau expliquer, mais plus synthétiquement. 

Pour moi, il y a 3 grandes catégories dans la guérison : la guérison physique (retrouver un poids d’équilibre, notamment s’il y a eu une perte de poids) ; la guérison comportementale (avec la restructuration cérébrale, l’acceptation corporelle, la prise de recul vis-à-vis de la culture du régime, la rupture des comportements de compensation) ; et la guérison psychologique (le travail sur les causes de la maladie, sur le mal-être plus profond). C’est pourquoi la guérison est multifactorielle. Ce sont tous des points que je traite dans mon programme ButterflyBody ; et d’ailleurs ceux qui le suivent me disent souvent qu’il y a souvent certains points qu’ils n’avaient jamais travaillés avant alors qu’en le travaillant, ils prennent conscience que c’était essentiel.

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Je pense qu’une rechute survient lorsqu’une ou plusieurs des trois types de guérison n’est pas travaillée solidement.

Attention, il ne faut pas pour autant vous dire « ah bah voilà, c’est ma faute, je suis nul, je n’ai pas bien travaillé ces aspects-là ». C’est normal ! Moi, je n’ai jamais travaillé ces éléments-là d’un coup. Ça s’est vraiment fait petit à petit. Si l’on prend la métaphore d’une montagne où le sommet correspond à la guérison, croyez-moi, même dans la vie réelle, les alpinistes ne grimpent pas d’une seule traite la première fois. Parfois ils s’arrêtent, parfois redescende pour avoir de meilleures prises, parfois ils se blessent même. Il leur faut beaucoup d’entraînement pour atteindre le sommet.

#2 - LORSQU’UNE DES PROBLÉMATIQUES SUIVANTES N’EST PAS TRAVAILLÉE :

  • l’acceptation du corps (ce qui fait qu’il y a toujours une volonté de perdre du poids, une croyance erronée selon laquelle la vie sera plus belle & plus simple en étant plus mince)
  • La cause psychologique (peut-être qu’une blessure n’est pas guérie quant à une relation, l’éducation que vous avez reçue, un trauma, un problème profond de confiance en soi…). Le TCA vient inconsciemment aider à pallier à ces problèmes-là. Donc tant que les causes psychologiques ne sont pas réglées, il y a plus de risque de revenir. Mais attention une fois de plus. Je n’avais pas totalement réglé mes problèmes (et d’ailleurs aujourd’hui je suis toujours stressée, angoissée, avec peu de confiance en moi.. et je n’ai plus de TCA). Régler les problèmes psychologiques, ça veut surtout dire bien comprendre le pourquoi de la maladie, et avancer sur ces problématiques-là. Encore une fois, les personnes qui sont guéries de TCA ne sont pas des personnes qui n’ont plus de problème.

#3 À #10 FACTEURS DE RISQUE :

#Se lancer dans un nouveau régime

#Entamer une nouvelle routine sportive (surtout si le but est de perdre du poids ou de contrôler son corps)

#L’utilisation d’un outil de tracking (montre connectée, application) pour tracter les calories, les pas, etc.

#Un commentaire de quelqu’un qui vient réveiller une blessure non travaillée

#Un événement stressant, qu’il soit positif ou négatif. Ça peut être un accouchement, un décès, un nouveau travail, une nouvelle relation, le retour des règles, le fait d’essayer d’avoir un enfant, un mariage. En fait, c’est un événement qui va venir chambouler votre quotidien. Encore une fois, les rechutes n’arrivent pas systématiquement quand vous avez ces événements. Elles arrivent si la guérison n’est pas consolidée et que ces événements viennent encore plus vous déstabiliser.

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#Un événement déclencheur qui vient faire écho à un traumatisme

#Une perte de poids involontaire

#Le fait de s’isoler, de se sentir illégitime : les mécanismes ont donc le temps de se réimplanter dans votre quotidien.

Tous ces facteurs se font souvent de façon inconsciente, et sont parfois liés entre eux. Ce que je veux dire, c’est qu’aujourd’hui, je sais dire les causes de ma rechute. Mais parce que je l’analyse avec du recul, sans avoir les œillets de la maladie qui m’empêche de réfléchir convenablement. 

Ma rechute a eu lieu dans un contexte de déménagement, de nouveau travail. J’étais déstabilisée, donc j’ai commencé à chercher à contrôler pour me rassurer (mais c’était un leurre). C’est ainsi que je me suis lancée dans une nouvelle routine sportive et que j’ai essayé un nouveau régime (bien déguisé sous le nom de « rééquilibrage alimentaire »). Mais la base de cette rechute, c’est que je n’avais pas travaillé un gros point des causes de mon trouble alimentaire ; et je n’avais pas non plus fait de travail consolidé sur l’acceptation de mon corps. Et au final, cette rechute m’a aidé à faire tout ça, et m’a permis de sortir totalement des TCA. Donc cette rechute m’a aidé à guérir totalement ! (C’est pour vous montrer qu’une rechute n’est pas négative).

12 signes que tu rechutes

Comment savoir reconnaître les signes d’une rechute ?

Je vais à nouveau faire une liste pour structurer, mais il ne faut pas avoir tous ces signes-là. C’est des points de repère et une fois de plus, c’est non exhaustif 

#1 - PRÉOCCUPATIONS SUR L'APPARENCE

Vous avez des préoccupations croissantes sur votre poids, votre corps, vos formes. De ce fait, vous pouvez augmenter le fait de vous regarder dans le miroir, le fait de vous peser.

#2 - VOLONTÉ CROISSANTE DE PERDRE DU POIDS

Vous avez la croyance que vous devez perdre du poids pour vous sentir mieux, pour atteindre tel objectif, pour pouvoir vivre plus sereinement. 

#3 - NOSTALGIE DE LA MALADIE

Vous vous rappeler de votre vie passée avec le TCA avec mélancolie, avec manque, en vous souvenant uniquement des côtés « positifs ».

#4 - RETOUR DE LA CULPABILITÉ

La culpabilité augmente (après les repas, lorsque vous ne faites pas d’activité, lorsque vous vous reposez)

#5 - PERFECTIONNISME EN FORCE

Votre perfectionnisme prend davantage de place : vous êtes de plus en plus strict avec vous-même (même dans d’autres domaines que l’alimentation ou votre corps)

#6 - ANXIÉTÉ CROISSANTE

Vous vous sentez submergé, oppressé… La sensation dont vous avez besoin d’une échappatoire à tout ce stress. Vous avez peut-être même des idées noires.

#7 - MENSONGE ET DISSIMULATION

Vous augmentez mensonges et dissimulations à vos proches (voire aux médecins qui vous suivent) : sur votre état psychique, sur votre ration alimentaire, sur vos comportements compensatoires, sur votre poids, etc.

#8 - DIMINUTION DE LA RATION

Vous diminuez les quantités dans les assiettes, vous commencez à vous interdire de manger entre les repas, vous trouvez des excuses pour ne pas manger, vous supprimer à nouveau des catégories d’aliments. Peut-être que vous reprenez même le comptage de calories.

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#9 - RESTRICTION MENTALE

Augmentation de la restriction mentale : parfois, concrètement, tu manges toujours bien. Mais par contre, dans ta tête tu te dis « ça, il va bientôt falloir que je l’enlève de mon alimentation ou que je le diminue ». « ça c’est vraiment mauvais, il faut que j’arrête ». Ton cerveau assimile cela à de la restriction, et il se souvient de son passé. Il ne veut pas retrouver ça, et ça peut d’ailleurs te déclencher des compulsions. 

#10 - TOCS, ACTIVITÉ PHYSIQUE...

Vous augmentez votre activité physique, vous avez une réapparition des TOCs (lors des repas, dans le ménage, etc.)

#11 - ISOLEMENT SOCIAL

Vous vous isolez de plus en plus, trouvez de plus en plus de prétextes pour éviter les invitations à l’extérieur, vous vous renfermez davantage sur vous-même

#12 - PENSÉES PARASITES QUI PRENNENT UNE PLACE CROISSANTE

Globalement, vos pensées commencent à être bien plus focalisées sur vos préoccupations alimentaires, sur votre corps, sur le contrôle de votre vie de façon plus générale. Peut-être même que vos centres d’intérêt s’axent sur ça (par le biais du sport, des comptes que vous visitez sur les réseaux sociaux, etc.)

Comment agir en cas de rechute ? 11 conseils

On arrive maintenant au cœur du sujet : comment agir en cas de rechute. Cela dit, c’est tout de même important de bien comprendre l’état d’esprit à adopter en amont, et de connaître les signes précurseurs, les facteurs de risque pour savoir les identifier, voire mieux, les éviter, pour agir au plus vite si vous les identifiez. 

#1 - NE PAS ÊTRE FATALISTE

Déjà, la première chose, c’est de ne pas se dire que c’est un retour en arrière, un retour à la case départ. Pour moi, une rechute n’est pas un retour en arrière. Tout au plus, c’est quelque pas en arrière pour faire demi-tour et prendre conscience qu’un autre chemin existe et que celui-là a plus de probabilité de vous emmener à la guérison totale.

Il ne faut pas se dire « foutu pour foutu, tant pis, je retourne dans le TCA à fond, je me doutais, ça ne fonctionne pas… ». Bref, l’attitude fataliste, il faut oublier. Je sais que c’est bien plus simple à dire qu’à faire, et que tu sur le moment même, c’est très décourageant. Je vous assure que je sais, je n’étais pas en mode guerrière qui affronte chaque obstacle de sa maladie, je pleurais très souvent et j’avais parfois peur d’être bloquée à jamais dans cette maladie. Mais quand j’ai eu ma rechute, déjà il m’a fallu un temps pour me l’avouer. Mais ensuite, je me suis dit « ok, c’est que mon corps essaie de me dire qu’il y a quelque chose qui n’est pas réglé ». Et c’est comme ça que j’ai consulté directement un professionnel.

Et c’est quelque chose que je vous conseille aussi : 

#2 - ALLER VOIR UN PRO TRÈS RAPIDEMENT

Ne restez pas seul. Allez chercher de l’aide professionnel auprès des spécialistes de TCA. Oui, même si vous n’avez pas perdu de poids (je n’avais pas perdu 1 gramme et en apparence, je n’avais pas du tout l’air d’avoir de TCA). Allez-y même si vous mangez toujours 4 repas par jour, que vos préoccupations ne sont pas encore trop omniprésentes. Vous n’avez pas besoin d’attendre que ça soit pire pour aller consulter. On a toujours l’idée qu’il faut aller voir quelqu’un si on va mal. Mais non, il faut y aller justement avant que ce soit trop grave. Au plus vous laissez le temps à votre TCA, au plus il s’installe, au plus la suite est difficile. Donc agissez le plus rapidement possible, vraiment ! 

Et si vous tombez sur quelqu’un qui ne comprend pas, qui vous dit que ce n’est pas si grave, mais que vous ne vous sentez pas bien… Alors, allez voir quelqu’un d’autre. Malheureusement, des gens qui ne comprennent pas, il y en a ! (Même chez les spécialistes). Le problème, ce n’est pas vous, c’est cette personne qui ne comprend pas. 

#3 - SE DÉFOCALISER DE LA RECHUTE EN ELLE-MÊME

Une autre chose, ce n’est pas se concentrer sur cette rechute en elle-même. Ce que je veux dire, c’est que si vous focalisez votre attention sur le fait que vous n’allez pas bien, sur tous les symptômes qui réapparaissent, sur le côté « j’ai rechuté, j’ai échoué », ça n’aidera pas votre cerveau à combattre. Je sais une fois de plus que c’est bien plus simple à dire qu’à faire. Mais concentrez plutôt votre attention et votre énergie à ce que vous pourriez faire pour vous sortir de cette rechute. Je vais donner des exemples plus concrets : 

#4 - COMPRENDRE LE POURQUOI

Essayez de vous poser, avec de quoi écrire, et demandez-vous « pourquoi, selon moi, j’ai rechuté ? ». Qu’est-ce qui a pu déclencher ça, comment vous vous sentez maintenant, qu’est-ce qui vous a manqué auparavant pour vous permettre de bien guérir.

#5 - COMPRENDRE LES BÉNÉFICES SECONDAIRES

Un autre exercice, s’il n’a pas été fait (et je pense que dans tous les cas il est intéressant de faire plusieurs fois) : c’est de comprendre les bénéfices secondaires de votre maladie. C’est un processus inconscient, j’ai fait un article complet dessus où je donne l’exercice concret à réaliser et des exemples (qui étaient mes bénéfices secondaires). Identifier les bénéfices secondaires c’est important, car ce sont eux qui représentent des barrières à la guérison. Ça peut vous permettre de comprendre la rechute.

#6 - PARLEZ-EN À VOS PROCHES

Je sais que souvent il y a la honte, la peur de décevoir, la peur de ne pas se sentir légitime. Et c’est pour ça que je vous invite à contacter des proches qui sont ouverts, qui peuvent vous comprendre, qui sont sensibles aux problématiques de santé mentale. Vous êtes pas obligé de le dire à tous, mais au moins une ou deux personnes. Et prenez un temps calme, où vous êtes seul avec, pour expliquer comment vous vous sentez. Je vous assure que la solitude est le meilleur allié du trouble alimentaire. Au plus vous ne parlez, au plus vous le rendez vulnérable, au plus vous passez au conscient ce qui subsiste dans votre inconscient. 

#7 - FAITES LA LISTE DES RAISONS DE GUÉRIR

Reprenez les raisons pour lesquelles vous vous battez, qui vous rappellent pourquoi une vie sans TCA est bien mieux qu’une vie avec (qui n’est d’ailleurs pas une vie, c’est de la survie). Et si vous n’avez pas fait cette liste avant, faites-la. Je vous rappelle que dans mon kit de guérison que vous recevez gratuitement en vous inscrivant à la newsletter, il y a une liste de 100 Raisons de guérir. 

#8 - JETER LA BALANCE

Et même tous les outils de tracking (les applications, la balance culinaire, la montre connectée…). Je sais que c’est difficile, mais au moins la balance pèse-personne : c’est un outil du trouble alimentaire, pas de ta guérison.

#9 - BIENVEILLANCE ET ACTIVITÉS SELF-CARE

Faites des activités qui vous font du bien, pour prendre soin de vous, et qui n’ont rien avoir avec votre corps, l’alimentation. C’est aussi ça la guérison : se reconstruire indépendamment de la maladie, dans des activités qui vous font du bien, et qui ne sont pas liées de près ou de loin au TCA.

#10 - UN ENVIRONNEMENT POSITIF

Implémentez un environnement positif pour votre guérison en mettant en place des petites actions qui vous font du bien. Et là je vous renvoie au 16 outils à mettre en place pour créer un climat favorable à la guérison. C’est des outils à porter de main. Je choisis de pas tout répéter parce que l’article est vraiment complet.

#11 - SE FIXER DES OBJECTIFS RÉALISABLES

Ne te met pas une pression de dingue à vouloir te sortir rapidement de cette rechute. Oui, évidemment, tu n’as pas envie d’y rester longtemps et c’est normal. Mais ne t’en demande pas trop, n’essai pas d’aller trop vite. Tu risques de bruler des étapes, de pas consolider la base. Si tu tentes de reconstruire un mur qui s’effondre sans t’assurer que les fondations sont solides, le mur risque probablement de s’effondrer à nouveau tôt ou tard.

7 choses à mettre en place pour éviter de rechuter

Évidemment, tu as envie d’éviter la rechute et c’est tout à fait normal. Déjà, sache vraiment que même si c’est fréquent, ce n’est pas systématique. Et je pense que faut pas se mettre une pression ou avoir une peur bleue de la rechute, parce que cela veut dire que tu vois vraiment la rechute comme quelque chose de péjoratif. Une rechute ne veut pas non plus dire que tu retombes bien plus bas. Ma rechute a été mince, sur une courte durée. Même si tu as déjà connu des rechutes auparavant, chaque rechute est différente, ça ne veut pas dire que tu vas avoir la même chose que al dernière fois.

Une rechute n’est pas fatale, elle peut être surmontée. 

Mais pour prévenir d’une rechute, tu peux :

#1 - IDENTIFIER TES DÉCLENCHEURS

 Les connaître pour mieux les éviter ou savoir comment réagir s’ils arrivent.

#2 - MAINTENIR UN CADRE ALIMENTAIRE

Garder un cadre, pendant longtemps, en termes de repas. Pour t’assurer que tu manges suffisamment, pour t’éviter d’avoir de la restriction qui s’installe.

#3 - LA RESTRICTION N'EST JAMAIS UNE OPTION

Garder en tête que la restriction et la compensation ne sera jamais une option. Dans les périodes où tu vas mal, tu as une petite croyance qui peut émerger, te disant que c’est en contrôlant, en te restreignant que tu iras mieux : mais non, ça c’est un leurre.

#4 - SE FAIRE ACCOMPAGNER SUR LE LONG-TERME

Garder un suivi avec un psy au moins, pendant longtemps, même quand tu vas mieux. J’ai toujours un suivi perso. Et j’ai des copines qui ont des psys sans avoir de TCA ni de gros sujets à travailler. Mais comme je disais, il faut abandonner l’idée qu’il faut aller mal pour aller voir un psy. 

#5 - S'ÉLOIGNER DES INFLUENCES NÉGATIVES

Je ne sais pas si vous connaissez cette image du panier de fruits où il y a un fruit pourri. Ceux qui l’entourent et le touchent finissent par pourrir. Éloignez-vous des relations toxiques, des personnes négatives. Faites aussi le tri dans vos réseaux sociaux. Tout ce qui est contenu qui vous trigger, désabonnez-vous. Le problème des réseaux sociaux, c’est aussi que parfois, on ne contrôle pas : les images sur le corps viennent à nous sans qu’on veuille les voir. Donc faites-vous de digital detox, au moins 1 jour par semaine sans se connecter. Je vous assure que ça fait un bien fou. 

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#6 - DÉVELOPPER DES NOUVEAUX CENTRES D’INTÉRÊT, EN DEHORS DU TCA

Je peux vous conseiller le bullet journal si vous voulez. Moi j’ai beaucoup utilisé cet outil, et j’en fais toujours aujourd’hui ! J’ai 3 vidéos YouTube sur ma chaîne où je vous présente le matériel à avoir, les idées de pages à faire, et des conseils pour en faire un outil positif pour vous.

#7 - TRAVAILLER SUR LES ASPECTS DE LA GUÉRISON (PHYSIQUE, PSYCHOLOGIQUE, COMPORTEMENTALE)

Et puis évidemment, travailler sur ces aspects de votre guérison qui doivent être consolidées : l’acceptation corporelle, la restructuration cérébrale, la déconstruction des croyances erronées, les causes psychologiques… Je vous accompagne sur tout ça dans mon programme ButterflyBody. Mais n’hésitez pas à vous orienter vers des thérapies concrètes, qui vous amènent à travailler sur ces sujets-là ! 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Je vous ai partagé beaucoup de choses dans cet article ! J’espère que ça vous a aidé à mieux comprendre les rechutes, que ça vous a donné des conseils concrets. J’ai toujours plein de choses à dire, mais j’essaie de me limiter pour que ça ne dure pas trop longtemps.

Je voulais terminer cet article en vous parlant d’un autre point de vue dans la rechute. C’est que certains se convainquent qu’il faut rechuter fortement pour être légitime, et pouvoir se battre. En gros, c’est « il faut toucher le fond pour pouvoir remonter » (et il y a zéro jugement, car j’ai moi-même eu cette façon de penser quand j’étais malade).

Je vais vous lire un texte issu du recueil Des mots pour fleurir qui est mon dernier livre sorti en juin :

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 0 commentaire
Boulimie sans vomir : c’est quand même de la boulimie ?

Boulimie sans vomir : c’est quand même de la boulimie ?

Boulimie sans vomir : c’est quand même de la boulimie ?

Je fais cet article en réponse à une question que l’on m’a déjà posé plusieurs fois. La boulimie sans vomir, est-ce que c’est possible ? Je pense qu’il y a tellement d’idées reçues sur les troubles alimentaires que même lorsqu’on souffre soi-même de TCA, on en est victime. Je dois dire que moi-même, lorsque j’étais malade, la boulimie sans vomissement ne me semblait pas possible. Je pense d’ailleurs que si cette question se pose, c’est parce que les termes “boulimie vomitive” sont très souvent associés.

Je vais donc répondre à cette question dans cet article ! Toutefois, je fais cet article pour donner des pistes de réponse. Mais vraiment, c’est important d’avoir l’avis d’un professionnel qui est spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire. 

Boulimie avec vomissement v/s boulimie sans vomissement

Il existe deux types de boulimie : la boulimie avec purge et la boulimie sans.

Les symptômes communs :

Les deux présentent de nombreux symptômes en commun. 

Les personnes boulimiques, qu’elles recourent ou non aux vomissements, présentent souvent plusieurs des symptômes suivants : 

  • Problème d’image corporelle (dysmorphophobie, se sent mal dans sa peau, ressent peut-être même un dégoût envers lui)
  • Obsession pour la perte de poids et le contrôle du corps
  • Relation à la nourriture compliquée (vision dichotomique des aliments : soit ils sont “bons” ou “mauvais”, beaucoup de règles alimentaires, alimentation désordonée…)
  • Anxiété, perfectionnisme
  • Faible estime de soi voire haine envers soi-même

La crise de boulimie est également la même, peu importe s’il s’agit d’une boulimie vomitive ou non.

La crise présente donc souvent les caractéristiques suivantes : 

  • Manger une grande quantité de nourriture, sur un laps de temps court, et ce même si la personne n’a plus faim (ou du moins n’a plus la sensation d’avoir faim, que son ventre est ballonné) 
  • Sentiment d’une perte de contrôle sur la nourriture consommée et sa quantité
  • La personne a parfois la sensation de ne pas être vraiment consciente de ce qu’elle fait durant la crise
  • Elle peut se diriger vers des aliments encore même surgelés 
  • La crise se fait seule, à l’abri des regards, par honte de son comportement 
  • S’ensuit une grande culpabilité qui génèrera alors des comportements compensatoires

Les différences

La différence notable se fait sur les compensations qui sont faites, le type et la façon. 

Dans le cadre de la boulimie avec purge, le patient va recourir aux vomissements et/ou prise de laxatifs. Une fois que la crise de boulimie est terminée, les personnes boulimiques ressentent un besoin compulsif urgent de recourir à ces pratiques. Sensuivra un sentiment de soulagement une fois qu’elle aura répondu à ces pulsions. 

Dans ce cas-ci, tout comme les crises en elles-mêmes, les comportements de compensation se font en privé, à l’abri des regards et potentiels jugements.

Dans le cadre d’une boulimie sans recours à la purge, il y a tout de même des comportements compensatoires, mais qui prennent une forme différente. Il s’agit d’ailleurs de compensation que l’on retrouve également dans l’anorexie mentale. 

La personne boulimique peut recourir à l’hyperactivité, la restriction sur les repas suivants la crise, voire le jeûne total sur un ou plusieurs repas. Elle peut également recourir à la prise de pilule amaigrissante ou des diurétiques stimulants. La différence dans ces moyens de compensations, c’est que même si le patient ressent également un besoin compulsif de le faire, il y a moins cette notion d’urgence. La compensation se fera souvent dans la journée, mais pas forcément dans l’heure, contrairement aux vomissements ou laxatifs. De même, ces comportements de compensation peuvent se faire en public : la compensation physique ou la restriction ne sont pas forcément visibles. 

Donc non, les vomissements ne sont pas systématiques dans la boulimie ; et on peut souffrir de boulimie sans se faire vomir. Ce n’est pas un critère nécessaire pour un diagnostic. 

Boulimie sans purge v/s l’hyperphagie

Du coup, on peut se poser la question de la différence entre l’hyperphagie et la boulimie sans purge. Et en effet, les frontières sont très minces. D’ailleurs, globalement, entre les différents types de troubles du comportement alimentaire, beaucoup de symptômes se retrouvent en commun et quelques petits points les distinguent. D’ailleurs, les termes “hyperphagie boulimie”, “boulimie hyperphagie” ou “hyperphagie boulimique” sont couramment employés ensemble. C’est dire à quels points les deux pathologies sont proches.

Les symptômes communs :

L’hyperphagie présente les mêmes signes que la boulimie non vomitive, à quelques distinctions près, que je développerais après.

Les conséquences sur la santé sont les mêmes : 

  • Les conséquences psychologiques : l’anxiété, la faible estime de soi, le sentiment de honte, de dégout de soi, l’isolement social
  • Les conséquences sur l’organisme : brûlure d’estomac, indigestion, fatigue, déshydratation, dommages à l’œsophage…

Les différences :

Les symptômes communs sont ceux que j’ai listés au-dessus. Mais il faut enlever les points suivants : 

  • Problème d’image corporelle : il aurait été remarqué que les patients souffrant d’hyperphagie présente moins de problème d’image corporelle qu’une personne boulimique. Certes, une personne hyperphage ne se sent pas particulièrement bien non plus dans sa peau. Mais l’obsession autour du poids et du contrôle du corps semble moins intense.
  • Le déclencheur de la crise d’hyperphagie : Même si dans les deux cas, le manque de nourriture, la restriction (qu’elle soit concrète ou simplement mentale, comme le fait de catégoriser un aliment comme mauvais et se l’autoriser qu’en petite quantité ou une fois de temps en temps) amène à la naissance des épisodes de crise.

Mais il aurait été noté que chez les patients hyperphagiques, le déclencheur est d’autant plus émotionnel. La crise viendrait en moyen de combler un vide émotionnel intérieur, ou pour réguler des émotions qui ne sont pas gérées. 

Là-dessus, je trouve que ça reste flou, car ayant souffert de faim extrême, même si elle était là en conséquence de la restriction, j’avais la sensation que parfois, c’était également émotionnel.

Peut-on souffrir de boulimie ET d’anorexie ?

Même chose, les termes “anorexie boulimie” sont très souvent liés. Et l’on entend souvent “il n’y a qu’un pas entre les deux”, phrase qui personnellement me terrifiait lorsque je souffrais d’anorexie. J’avais très peur de “tomber dans l’autre extrême”.

Il faut savoir que l’on parle de boulimie lorsque les crises que j’ai décrites dans la section 1 se répète souvent, et qu’elles sont présentes depuis plus de trois mois. Donc, une compulsion de temps à autre ne serait pas de la boulimie.

Je précise également qu’il est courant d’avoir la sensation de faire une crise alors qu’en réalité, ton corps te demande simplement plus que ce que tu avais prévu. Parce que ce que tu avais prévu (ou ce que ton tca t’a autorisé) est bien en deçà de ce que ton corps a besoin. Si ton corps est restreint, c’est normal qu’il te réclame plus. Car il a des besoins vitaux pour vivre. Tu es comme carencé⸱e en énergie, et ton corps doit avoir suffisamment d’énergie pour contrebalancer la carence. Le trouble alimentaire trouve le moindre petit aliment mangé en plus par rapport à ce qu’il t’avait autorisé pour te faire culpabiliser et t’inciter à te restreindre. Donc parfois, tu n’as pas compulsé, tu as juste répondu aux besoins de ton organisme.

Pour autant, les épisodes de crise existent dans le cadre de l’anorexie, et c’est pour cela que l’on parle souvent d’”anorexie à tendance boulimique” ou “d’anorexie boulimie”. 

De mon expérience, je pense que la faim extrême est très courante dans la guérison de l’anorexie, mais que c’est un terme employé dans le monde médical et qu’à la place, on parle vite de boulimie.

Et donc la faim extrême dans tout ça ?

J’avais donc quand même envie de parler de la faim extrême dans cet article ! Que l’on te parle de “faim extrême” ou de “boulimie” dans le cadre de l’anorexie, ça importe peu. C’est juste un terme, en réalité.

Je sais que le terme “boulimie” a tendance à faire peur lorsqu’on souffre d’un trouble restrictif comme l’anorexie. Parce qu’on a la sensation de tomber dans l’autre extrême. Je me souviens que lorsque j’étais malade, je répétais “je préfère contrôler et souffrir d’anorexie, que perdre le contrôle et souffrir de boulimie”. Mais je t’assure que dans aucun des cas tu contrôles la situation. Si tu contrôlais, tu saurais arrêter ta maladie du jour au lendemain. Or, tu ne le peux pas. Cette sensation de contrôle c’est un leurre de la maladie justement.

La boulimie est souvent diabolisée, mais pour autant, ça reste un trouble alimentaire qui se soigne, pour lesquels il existe un traitement possible, au même titre que l’anorexie.

J’ai connu de nombreux épisodes de compulsions alimentaires dans mes 6 années de TCA. Et sur certains papiers des médecins, c’était noté “anorexie à tendance boulimique”. Pour autant, je ne me suis jamais considérée comme une “boulimique à part entière”. Je veux dire que pour moi, je ne souffrais pas de boulimie. Ces crises de boulimie étaient le résultat de mon anorexie, et j’aurai appris plus tard dans ma guérison que ça avait un nom ; la faim extrême. 

En faim extrême, tu vas surtout te diriger vers des aliments que tu t’interdis, donc pour ma part, c’était beaucoup de sucre. Dans le cadre de la boulimie, tu peux manger “ce qui te passe par la main, voire même du surgelé”. Le surgelé est moins fréquent dans le cadre de la faim extrême. 

En faim extrême, tu vas souvent faire des compulsions seules, par honte du regard de l’autre. Mais ça peut aussi arriver que tu le fasses en présence d’autres personnes, en compulsant par exemple sur des desserts lors d’un repas en famille. La boulimie, il y a plus cette notion de solitude.

Il y a énormément de choses à dire sur la faim extrême, et j’ai déjà fait beaucoup d’articles dessus si tu veux : Ici, je te parle de mon histoire avec la faim extrême. Sur mon instagram @norain.noflower, dans les guides (3ᵉ onglet du profil), tu as toutes les publications sur ce sujet. Et j’ai même un programme complet sur le sujet, qui s’appelle Pulsion de vie.

Ils peuvent être dus à plusieurs facteurs. Par exemple, le fait d’avoir faim peut réveiller en plein milieu de la nuit. Ensuite, souvent, des problèmes d’endormissements ou une qualité de sommeil médiocre sont dus à toute l’anxiété. Parfois, le corps se réveille parce qu’il est en mode “survie”, et il est plongé dans un état de stress, donc il maintient éveillé pour ne pas “mourir”. 

Ce que je pense de tout ça

Les termes “anorexie boulimie” “boulimie hyperphagique” “faim extrême” “boulimie vomitive”… Sont surtout des termes justement. Et tu vois qu’entre tous, les limites restent flou. Encore une fois, je ne suis pas médecin, et donc je n’ai pas la vérité absolue. Vraiment pas ! Chacun expérimente le trouble alimentaire à sa façon et c’est pour ça que c’est super important de demander de l’aide, pour avoir comme un diagnostic sur-mesure, un suivi personnalisé pour répondre à TES problématiques et spécificités de ton TCA.

Tu n’as pas besoin d’avoir un mot précis pour caractériser ton trouble alimentaire, tu n’a pas besoin de rentrer dans une case pour pouvoir demander de l’aide. 

Je serais curieuse de savoir si cet article t’a aidé ? Et selon TON expérience, qu’est-ce que tu rajouterais toi ? 🙂

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 0 commentaire
anorexie : les causes possibles

anorexie : les causes possibles

anorexie : les causes possibles

3.1 Obésité infantile

Aujourd’hui, je vais vous parler des causes des troubles alimentaires, voire des causes de l’anorexie, car une fois de plus, c’est ce dont j’ai souffert. Et c’est aussi le TCA sur lequel on retrouve le plus de littérature médicale. À noter quand même que dans la plupart des revues, que j’ai lues pour me documenter pour compléter mes connaissances, elles signalaient que les causes étaient les mêmes pour les autres troubles alimentaires comme la boulimie ou l’hyperphagie. Dans tous les cas, il s’agit de causes possibles, c’est surtout fait sur des hypothèses, car les troubles alimentaires sont des maladies complexes dont on ne parvient pas à trouver les explications exactes. D’ailleurs, il existe différentes causes de l’anorexie, la boulimie… C’est souvent multifactoriel, et vous pourrez voir que certains éléments sont liés entre eux. Donc c’est presque certain que vous allez vous retrouver dans plusieurs points que je vais présenter. Au-delà du terme « cause », je pense qu’on peut presque surtout parler de facteur de risque. Dans le sens où ce n’est pas parce que quelqu’un a eu les éléments que je vais citer dans sa vie qu’elle va forcément souffrir de cette maladie mentale. 

Et enfin, avant de rentrer dans le cœur du sujet, je voulais aussi dire que les causes des troubles alimentaires dépendent de chacun. C’est pour ça que je dis aussi qu’il y a autant de types de trouble alimentaire que de patients qui en souffrent parce que chacun à son histoire unique. Donc même si l’on a des similitudes, vous n’aurez jamais exactement les mêmes causes qu’une autre personne. 

Il existe donc énormément de causes possibles à l’anorexie, la boulimie… ! Et je ne vais certainement pas pouvoir tout citer, donc c’est vraiment non exhaustif. Justement, pour essayer de structurer un peu, je vais vous parler de causes / facteurs internes et externes. Les facteurs internes, ce sont les facteurs « en vous », donc liés à votre corps, votre organisme, votre fonctionnement, votre cerveau. Mais attention, ça ne veut pas dire que c’est votre faute, que vous êtes responsables de ces causes. Ensuite, on aura les facteurs externes qui proviennent de votre environnement. Mais on verra que ces facteurs-là peuvent engendrer des facteurs internes, en modifiant vos traits de caractère par exemple, etc.

Les causes internes des troubles alimentaires

#1 - LA GÉNÉTIQUE

La première cause possible, c’est une question qu’on a pu souvent me poser : est-ce que les troubles alimentaires sont génétiques ? Donc la première source possible, c’est la génétique. 

Il y a de nombreuses études qui se sont penchées sur le lien entre la génétique et le développement de TCA. Beaucoup démontrent en effet une corrélation significative entre les deux. On ne sait pas quels sont les gènes exacts qui sont impliqués dans le développement de l’anorexie ou de la boulimie. Mais apparemment, s’il y a des antécédents de troubles alimentaires dans la famille, ça augmente fortement la probabilité d’en développer un. Certaines études indiquent que 30% des personnes souffrant de TCA ont une influence génétique, d’autres études tablent autour de 80%. Donc c’est assez vaste, mais ça semblerait en tout cas être un gros élément à prendre en compte. Ce pourcentage augmenterait s’il s’agit d’un parent proche ou d’un frère, d’une sœur. Et en quoi ça représente une cause possible aussi ? Parce que les enfants font du mimétisme et donc en voyant par exemple un parent avoir des comportements de trouble alimentaire, il va reproduire.

Mais il n’y a pas que des antécédents de troubles des conduites alimentaires qui comptent. D’autres études ont montré que des antécédents familiaux de toxicomanie, de dépression peuvent également augmenter le risque de développer cette maladie mentale.

Ce facteur fait parfois beaucoup parler, parce que certaines personnes associent automatiquement la génétique au lien à la mère en culpabilisant du coup la mère, c’est-à-dire en la prenant pour cause. Parce que la mère est la première personne qui nourrit le bébé, qui a la possibilité d’allaiter. Mais ça, c’est dur, je trouve, car la mère est souvent culpabilisée pour quoi que ce soit en lien avec son enfant. Or ce n’est pas vrai. Ce n’est pas la mère qui provoque l’anorexie de sa progéniture. Certes, si la maman souffre elle-même d’un TCA, cela augmente sans doute les risques que sa fille ou son fils le développe. Mais c’est un facteur de danger et pas un lien de cause à effet systématique. Et puis, il n’y a pas que la mère qui peut influencer : le père aussi, les grands-parents, etc. Il y a des enfants qui ont des parents avec des TCA et qui n’en développent pas, et d’autres qui n’ont aucun membre de la famille qui en a, mais qui finalement en développe tout de même. 

Donc voilà, je le précise, car je trouve ça difficile quand les parents, et notamment la mère est accusée à tort. Après, encore une fois, ça dépend de l’histoire de chacun, s’il y a des traumatismes en lien, etc.

#2 - FACTEURS PSYCHOLOGIQUES

Ensuite, d’autres problèmes de santé mentale peuvent créer un terrain favorable au développement de la maladie. Par exemple, un patient souffrant d’anxiété, de dépression, de TOC (troubles obsessionnels compulsifs) présente une probabilité plus accrue d’en développer. 

Je fais notamment un focus sur l’anxiété, beaucoup de personnes souffrant d’anxiété depuis longtemps (souvent de l’enfance) comme avec un TAG (Trouble Anxieux Généralisé), de la phobie sociale, etc., souffrent d’un TCA à un moment de leur existence. J’ai lu une étude qui indiquait que 2/3 des patients anorexiques peinaient déjà avant d’anxiété. Et personnellement, c’était mon cas.

#3 - PROBLÈMES DE SANTÉ LIÉS (PLUS OU MOINS) À L’ALIMENTATION

3.1 Obésité infantile

Les enfants, adolescents ayant des antécédents d’obésité infantile sont plus à risque de développer de la boulimie ou de l’hyperphagie. Ce sont des enfants qui ont peut-être reçu des remarques de façon récurrente sur leur poids (ou même, il suffit d’une fois…) ou qui ont connu de la discrimination sur leur physique. Peut-être qu’on leur a mis une pression sur leur poids dès le plus jeune âge (et ça même par des médecins), peut-être qu’ils ont été restreints… Bref, tous des facteurs qui instaurent un climat favorable aux TCA.

3.2 Diabète de type 1

Une étude a démontré que 25% des femmes ayant un diagnostic de diabète de type 1 développent un trouble du comportement alimentaire. Et il existe d’ailleurs un nom pour ça, la diaboulimie. C’est lorsqu’un patient atteint de diabète type 1 se restreint et diminue sa prise d’insuline pour perdre du poids, ce qui amène des complications pour leur maladie initiale. Pourquoi ces personnes développent davantage un TCA ? Entre autres parce que le diabète leur demande d’avoir une hygiène de vie stricte, un contrôle sur leur nourriture et une activité sportive rigoureuse. Ça fait malheureusement partie de leur traitement de base, or dans les TCA, il faut se détacher de ça pour la guérison, donc ça ne doit vraiment pas être simple à gérer pour eux.

#4 - Les hormones

Il y a aurait un lien entre les hormones et les troubles des conduites alimentaires. Notamment lors de la puberté, où il y a des changements hormonaux. Et ça crée des changements physiques qui peuvent engendrer de l’insatisfaction corporelle.

#5 - La sérotonine

J’ai trouvé une seule étude parlant de ce motif. Une dérégulation de la sérotonine pourrait causer l’apparition d’un trouble du comportement alimentaire. Je n’ai pas plus d’éléments à ce sujet, et n’étant pas médecin, je ne préfère pas dire de bêtises.

#6 - Les traits de caractères

On retrouve beaucoup d’études qui parlent de traits de caractère communs chez les personnes souffrant de trouble alimentaire. Pour moi, là, on doit vraiment davantage parler de facteurs de risque que de causes. Parce que toutes les personnes ayant ces traits de caractère ne tombent pas systématiquement malades. Dans ces traits de caractère, on retrouve notamment : 

  • Difficulté à exprimer ses émotions
  • Faible estime de soi
  • Doutes sur l’avenir, peur des responsabilités
  • Sensibilité aux événements stressants
  • Tendance à faire passer les besoins des autres avant soi
  • Perfectionnisme axé sur soi, en se fixant des attentes irréalistes, en s’imposant une organisation excessive…

Peut-être que vous vous êtes reconnus là ? Le trouble alimentaire vient en apaisement de ces maux-là, de ces souffrances. Évidemment, c’est de façon inconsciente. 

causes-trouble-alimentaire

Personnellement, je pense que ces traits de caractère sont pour beaucoup la conséquence d’éléments externes. Par exemple, des traumatismes, des règles familiales tacites, des événements anxieux… peuvent amener un individu à avoir une faible estime de soi, à ne pas exprimer ses émotions, à s’oublier, etc. Il peut s’agir également de traits de caractère transmis par l’environnement familial. Je vais parler de tout ça par la suite. Je reviendrai aussi sur la notion du perfectionnisme en deuxième partie quand je vais parler des possibles sources externes. 

#7 - Crise identitaire

Avant de passer aux possibles sources externes, je voulais également parler des crises identitaires qui peuvent être une explication possible. J’entends par crises identitaires lorsque quelqu’un ne parvient pas à savoir qui il est : parce qu’on lui a collé trop d’étiquette, parce qu’il a été obligé inconsciemment de vivre à travers une autre personne, parce qu’il s’est oublié, qu’il ne sait plus qui il est en fait. 

Le trouble alimentaire va aider à avoir une identité, donc qui n’est toujours pas SON identité, mais la personne a trouvé cette solution-là. Évidemment, il s’agit d’un processus inconscient. C’est quelque chose dont j’ai parlé dans l’article sur les bénéfices secondaires

Et sur ce sujet de la crise identitaire, il a été démontré que beaucoup de jumelles et jumeaux, notamment les « vrais », donc ceux qui ont un physique très similaire, développent plus de TCA. Pour quelles raisons ? Parce que beaucoup de jumeaux sont souvent comparés l’un à l’autre, ou alors, ils sont considérés comme une seule et même unité (quand on les appelle « les jumeaux », « les jumelles »). Les jumeaux identiques ont aussi ce problème de se voir en permanence comme si l’on se contemplait toute la journée dans un miroir. Donc ils voient les défauts sur l’autre, mais quelque part sur eux-mêmes. Il y a aussi une compétitivité qui peut naître entre eux, ce qui est un facteur de risque qu’on retrouve dans l’anorexie. Donc c’est fréquent, du moins, il y a plus de probabilité chez les jumeaux que l’un d’eux développe un TCA, souvent de l’anorexie mentale. C’est une façon de se démarquer, de se distinguer de l’autre. Encore une fois, c’est de façon inconsciente. 

Les causes externes possibles

Je vais maintenant parler des causes externes. Je pense que c’est pour moi les plus importantes, qui ont le plus de poids dans la balance et qu’on retrouve le plus chez les patients. D’autant que, comme je l’ai dit, les éléments externes engendrent des facteurs internes qu’on a exposés juste avant.

#8 - Les événements anxiogènes, des transitions de vie

La vie n’est malheureusement pas un long fleuve tranquille. Et l’on vit tous des événements tragiques, parfois à des moments où l’on ne s’y attend pas, où l’on est vulnérable. Bref, certains événements peuvent être difficiles à vivre et le trouble alimentaire vient en réponse à ces instabilités (parfois des années après).

Ces événements peuvent être divers selon chaque personne. J’ai déjà entendu dire qu’un TCA arrive dans un contexte d’abandon, de séparation. Donc ça peut être la perte d’un proche, une rupture, un divorce, un ami ou un frère qui déménage, un déménagement justement…

Et de façon plus générale, des transitions de vie comme un nouveau travail, l’arrivée d’un enfant, l’entrée en études supérieures, etc.

En fait, ce n’est pas forcément l’événement en lui-même qui déclenche la maladie. C’est plutôt les croyances adoptées à la suite de ces événements : des croyances sur soi-même, sur la vie. C’est aussi peut-être la façon dont on a été traité, ou la façon dont on s’est senti à l’écart. Finalement, ce n’est pas l’événement en lui-même qui compte le plus, c’est surtout votre ressenti. Et c’est pour ça que c’est important d’analyser ces événements, votre ressenti, ce qu’il s’est passé en vous. Vous pouvez si vous le voulez écrire ce que vous ressentiez ou en parler avec un psy. Mais je précise que c’est le ressenti, car en fait, 2 individus peuvent vivre le même événement, mais seulement l’un d’eux peut tomber dans une maladie mentale. Ça ne veut pas dire que l’un est plus faible ou que c’est dans sa tête, ou que « il en fait trop ». Chaque personne réagit à sa façon et dans son contexte, son interprétation. 

#9 - Les traumatismes

Alors, c’est très intrinsèquement lié à ce que j’ai dit avant. Simplement, je n’ai pas évoqué d’autres traumatismes qu’on retrouve comme antécédent chez les personnes souffrant de TCA : les violences physiques, les violences sexuelles, le harcèlement scolaire, les relations amoureuses toxiques. MAIS, un traumatisme ce n’est pas forcément quelque chose d’aussi tragique. Je sais que certains se sentent illégitimes, car ils n’ont pas vécu de « traumatisme ». On fait souvent le parallèle entre agressions sexuelles et TCA. En réalité, c’est moins de 30% des patients (c’est déjà beaucoup trop). Un traumatisme c’est très vaste et ça ne repose pas sur l’événement en lui-même encore une fois, mais sur le ressenti de la personne. Par exemple, un traumatisme, ça peut aussi être : 

  • Grandir avec un parent qui n’exprime pas d’affection 
  • Avoir un parent qui vit à travers toi, qui essaies de te modeler comme il voudrait que tu sois
  • Devoir t’occuper de tes propres parents ou de tes frères et sœurs alors que tu n’es qu’un enfant
  • C’est être culpabilisé dès que tu exprimes tes sentiments ou tes émotions
  • C’est par exemple des déménagements fréquents 
  • C’est des disputes fréquentes entre tes parents
  • C’est grandir dans une famille qui n’accepte pas la différence
  • C’est grandir dans une famille qui base tout sur l’apparence
  • C’est être soumis à de la pression de réussir ses études, de ne pas avoir le droit à l’erreur
  • C’est ne pas te sentir soutenu dans tes choix 
  • C’est grandir dans une insécurité financière
  • C’est grandir dans une famille où l’on ne prend pas en compte ce que ressens, pense l’enfant

Bref, c’est ultra vaste ! Un TCA survient dans le cadre d’un traumatisme si ce dernier n’est résolu. 

Et encore une fois, l’importance d’un traumatisme ou la gravité d’un traumatisme ne peut être jugée. L’important c’est vraiment ce que toi tu ressens, pas ce que l’opinion publique pense. Je sais que ce n’est pas simple de prendre du recul et de ne pas ressentir ce sentiment d’illégitimité (vraiment je sais), mais c’est important de toi-même te reconnaître comme victime pour pouvoir t’accorder la bienveillance dans ta guérison de tes blessures.

De toute façon, je vais dédier un épisode de podcast au sujet des traumatismes. Parce que c’est un sujet qui me tient à cœur et dont je pense qu’il y a beaucoup de préjugés. Beaucoup ne se sentent pas concernées ou plutôt, ne se sentent pas légitimes d’être concernés, mais pourtant le sont. Et en plus de ça, ça a un GROS lien avec sa façon d’aborder la vie, et notamment le développement potentiel de son TCA.

Avant de clôturer le sujet des traumatismes dans cet article, je voulais aussi parler des moqueries ou remarques sur le corps, l’apparence physique. Beaucoup des patients souffrant de trouble alimentaire (une étude indiquait 60%) affirment avoir reçu des commentaires sur leur poids ou leur physique. C’était notamment par des membres de la famille, de médecin (!!), des professeurs, des entraîneurs de sport, des camarades de classe… Or, ces commentaires engendrent de l’insatisfaction corporelle. Et si tu es déjà dans un contexte où tu as une faible estime de toi-même (dû à n’importe quelle autre cause), bah forcément, cela augmente la fertilité du terrain pour le développement de la maladie.

#10 - HISTOIRES FAMILIALES & TRAUMATISMES TRANSGÉNÉRATIONNELS

cause-de-lanorexie

Les traumatismes, événements « tragiques », les non-dits qui se transmettent de génération en génération peuvent aussi être liés. Vous savez que les descendants des survivants de l’Holocauste (donc des camps) ont développé plus de TCA ? Parce que ces survivants ont été soumis à une énorme famine et à cette époque, on n’exprimait pas ce qu’on ressentait. Ils ont tout gardé en eux et la mémoire du corps s’est transmise avec son lot de traumatisme, ce qui a favorisé le développement d’anorexie sur les générations suivantes. 

Personnellement je crois beaucoup en la psychologique transgénérationnelle. Et je pense que c’est intéressant de demander à ses parents, ses grands-parents ou grands-oncles, grandes-tantes si c’est possible, de parler un peu de l’histoire familiale. Moi en faisant ça, j’ai su qu’il y a avait déjà une personne souffrant d’anorexie sur la génération d’avant. J’ai su qu’il y avait eu au moins 2 suicides. Fin voilà, j’ai appris plein de choses ! Est-ce que ça me permet d’expliquer mes TCA? Non, mais c’est juste un élément en plus dans la balance.

Le trouble alimentaire peut venir en moyen de faire face aux conflits émotionnels, aux tensions non résolues au sein de la famille. 

Et en fait, les 3 éléments que j’ai abordés là, les traumatismes & événements clés de votre existence vont venir influer sur votre personnalité, vos traits de caractère, vos mécanismes de défense, vos croyances sur la vie…. Donc tous des facteurs internes ! Et d’ailleurs, avant je parlais de perfectionnisme. J’y reviens maintenant : on dit souvent que l’anorexie est liée au perfectionnisme, au contrôle. Je pense que c’est aussi surtout lié à une recherche de sécurité intérieure. Ce que l’on recherche à travers ces comportements de contrôle, c’est un sentiment de sécurité, c’est pour se protéger.

D’un point de vue extérieur, c’est une perpétuelle recherche de contrôle. Mais à l’intérieur, c’est une quête de sécurité.

Pourquoi cette recherche de sécurité ? Peut-être pour se protéger des regards des autres ou d’un danger extérieur. Certains souhaitent inconsciemment devenir tellement maigres qu’ils seraient comme “invisible”, à l’abri de tout danger. D’autres développent inconsciemment comme une carapace à travers des kilos émotionnels pour se protéger.

Cela peut être dû à une sécurité jamais totalement ressentie durant l’enfance. Ça peut être un manque de sécurité dans un environnement actuel qui semble menaçant. Ça peut être un manque de confiance en soi tellement profond que l’on a peur de ne pas savoir faire face au monde extérieur. Ça peut être des schémas de croyance erronée sur la perception du monde qui semblerait dangereux.

Parfois, c’est une façon d’anesthésier des souvenirs ou des émotions douloureuses qu’on ne semble pas réussir à gérer, qui nous poussent dans une insécurité.

L’origine de cette quête de sécurité est propre à chacun et il y a rarement une seule réponse.

Demande-toi : de quoi te protègerait ton tca ? Quelle sécurité il t’apporterait ?

#11 - Pression culturelle

Ce n’est pas la première fois que j’en parle. On vit dans une société qui inculque une culture du régime, qui valorise la minceur, qui associe la minceur au succès, à la beauté, à la performance. On est même dans une société grossophobe. Et tout ça, c’est véhiculé par les médias, par des médecins, des membres de la famille, des élèves à l’école, des inconnus, etc. Donc ça cultive un terrain favorable à une mauvaise image corporelle, et aux développements de la maladie.

#12 - Les réseaux sociaux

C’est lié au point précédent, mais les réseaux sociaux sont plus que liés à l’apparence (notamment Instagram, TikTok, je dirais aussi YouTube). Je trouve que c’est de pire en pire, et de plus en plus de jeunes (qui sont vulnérables, à un âge où ils ont peu confiance en eux) qui sont sur ces plateformes. Moi lorsque j’étais au collège, ça n’existait pas et heureusement ! Mon adolescence était déjà assez compliquée comme ça… donc ça aurait été encore pire ! Les réseaux sociaux véhiculent une perception irréaliste de l’image corporelle. Les interactions humaines « réelles », en face à face, sont beaucoup moins priorisées pour des interactions virtuelles. Ce qui fait que certaines personnes se renferment sur elles-mêmes. Les réseaux sociaux amènent aussi au cyberharcèlement. Et il y a même des communautés proanorexie. Bref, les réseaux sociaux sont une énorme bête noire pour le développement des TCA. Et c’est un sujet tellement important, et dont vous êtes pour la plupart tellement concernés, que j’ai décidé d’en faire un épisode dédié (que je préparerais bientôt).

causes-des-troubles-alimentaires

#13 - Métier ou activité propice aux TCA

Sans être à l’échelle de la société, on peut ressentir une pression sur l’apparence, et ce même très jeune, si l’on pratique une activité sportive, artistique qui a des exigences physiques. C’est le cas notamment de la gymnastique, de la danse classique. J’avais écrit un article à ce sujet :  gymnastique, dance & TCA.

Et puis, au-delà de l’activité périscolaire, tu peux également te retrouver dans une branche de métier qui met une grosse pression sur le physique également, notamment dans le monde de la mode, du mannequinat, de la photo, etc. 

#14 - Les régimes

Je ne pouvais pas terminer cet article sans parler des régimes. C’est pour moi lié au point sur la pression culturelle qui incite les gens à faire des régimes. Ça peut aussi être lié à l’environnement familial. Car malheureusement, certaines personnes ont grandi dans un environnement où leurs parents faisaient des régimes. Certaines ont été contraintes de faire un régime très tôt dans leur enfance, l’adolescence. Certaines ont enchaîné des années dans les régimes. Et les régimes sont souvent un facteur de risque aux troubles alimentaires. À savoir que 98% des régimes échouent… Et il y a de nombreuses études qui ont aussi démontré que beaucoup des symptômes des troubles du comportement alimentaire sont en fait des symptômes de la famine. J’en parle d’ailleurs dans l’épisode sur la famine où j’explique l’expérience du Minnesota. La restriction affecte le cerveau, entraîne des changements d’humeur fréquents, une pensée rigide, de l’anxiété, etc. D’ailleurs j’ai fait un article sur les conséquences de l’anorexie et beaucoup des conséquences citées sont en fait le résultat de la restriction. 

Après, on entend souvent dire que les TCA débutent après un « régime foiré ». Pour moi, et ça vaut pour différentes causes que j’ai exposées dans cet article, il y a une différence entre un déclencheur et la cause profonde. Je vous donne mon cas : j’ai eu une relation amoureuse, plutôt même une rupture, qui a été un déclencheur à mes TCA. Pendant longtemps, j’ai cru que c’était de sa faute (mon ex), si j’étais tombée dans les TCA. Mais en fait, c’était la relation dans laquelle j’étais, la façon dont je me ressentais qui venait faire écho à quelque chose de beaucoup plus profond qui remontait à mon enfance. Pareil, je suis tombée malade dans un contexte de séparation amoureuse, mais aussi géographique (puisque c’était lors d’un long voyage à l’étranger). Et ce n’est pas à cause du voyage que je suis tombée malade, ça a été un déclencheur. Mais ça venait faire écho à la séparation avec ma mère, à ma peur de grandir, d’être adulte… à des blessures d’enfance encore une fois. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

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...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Donc voilà, je vous invite vraiment à vous poser des questions sur le moment où vous êtes tombé malade (le « à peu près », car il n’y a pas de date précise). Essayez d’identifier les déclencheurs. Et pour chaque déclencheur, essayez de comprendre ce que vous vous êtes dit dans votre tête à ce moment-là, dans quel contexte vous étiez. Ça peut vous permettre d’identifier peut-être des croyances que vous aviez, de faire le parallèle avec un autre moment de votre vie plus lointain par exemple. 

Et je vous invite vraiment à chercher vos bénéfices secondaires, ça peut vous aider à trouver les causes. 

Dans le programme ButterflyBody, il y a pas mal de vidéos et exercices que je vous propose pour vous aider à retravailler sur l’origine, le pourquoi de votre maladie. Pour moi, c’est important de comprendre le contexte, l’histoire. Mais après, il ne faut pas se mettre de pression. C’est important d’avoir des éléments, mais vous ne devez pas TOUT résoudre pour guérir. Moi, j’ai eu la réponse à la plupart des questions que je me posais sur mon histoire une fois guérie. Et c’est normal parce que j’avais plus de liberté mentale, plus d’énergie pour y répondre. Et par contre, le fait d’y répondre, d’avancer dessus, je pense que ça m’a permis de ne pas rechuter. 

J’espère que je vous ai donné des pistes de réflexion, que ça vous permet d’avancer même si ce n’est que d’une chouille. Encore une fois, c’est plus que fortement possible que votre TCA soit lié à des éléments que je n’ai pas dits dans cet article, car comme j’avais précisé au début, les causes sont tellement multiples que c’est non exhaustif. 

N’hésitez pas d’ailleurs à apporter votre témoignage et parler de vos causes en commentaire ! Ça peut aider d’autres personnes. 

Tu souhaites recevoir un shot de bienveillance et de motivation pour ta guérison chaque semaine ?

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