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FAQ – hospitalisation & trouble alimentaire

FAQ – hospitalisation & trouble alimentaire

FAQ – hospitalisation & trouble alimentaire

Vous êtes nombreux à me poser des questions sur l’hospitalisation pour anorexie, boulimie…Trouble alimentaire en général ! 

Je vous ai donc demandé toutes vos questions sur Instagram, et j’y réponds dans cette FAQ ! 

Si vous souhaitez l’intégralité, à l’oral, c’est dispo en épisode de podcast. 

J’avais également écrit deux autres articles il y a plus longtemps où je parle de mes deux hospitalisations pour anorexie. Les liens vers ces articles se trouvent tout en bas de cette page. 

J’ai eu deux hospitalisations pour anorexie pour ma part. Il faut bien garder en tête que c’est mon expérience, mon histoire et que l’hôpital dans lequel j’étais au CHU de Lille (Fontan 2) ne sera pas le même que le tien.

Hospitalisation pour troubles alimentaires (anorexie, boulimie) : je réponds à toutes vos questions.

J’ai toujours décidé moi-même de mes propres hospitalisations. Mais on va dire qu’un travail d’éducation inconscient avait été réalisé en amont par les médecins. J’étais déjà suivi dans l’hôpital où j’ai été hospitalisé. Mais je m’y rendais uniquement pour des consultations avec les psychiatres, et juste avant l’hospitalisation à temps complet, j’ai eu 1 journée par semaine d’hôpital de jour. D’ailleurs, je trouve que l’hôpital de jour est une bonne alternative, notamment lorsque vous avez peur de l’hospitalisation à temps complet. Cela permet de t’immerger dans le milieu hospitalier, de commencer à te familiariser avec l’environnement. 

Les psychiatres qui me suivaient voulaient que je sois hospitalisée en temps complet, mais je refusais. Pour moi, je n’étais pas assez malade. Je me disais d’ailleurs qu’ils étaient fous de vouloir m’hospitaliser, qu’ils n’avaient pas conscience que ceux qui étaient hospitalisés étaient beaucoup plus malades que moi. Mais la réalité, c’est que c’était moi qui n’avais pas conscience de la gravité de ma situation. Comme j’en ai souvent parlé, le trouble alimentaire minimise toujours la maladie. 

Pour ce qui est de ma première hospitalisation, je l’ai demandé suite au séjour en réanimation que j’ai fait, du jour au lendemain. Je ne vais pas de nouveau l’expliquer, car j’en ai parlé dans l’article sur le SRI. Mais ça m’est vraiment arrivé du jour au lendemain, et c’est aussi comme ça que j’ai pris conscience de la gravité et que j’avais vraiment besoin d’aide. J’ai eu vraiment peur de mourir avec cet épisode. Je pense que ça a eu l’effet d’un petit électrochoc. 

Pour ce qui est de ma deuxième hospitalisation, c’est moi aussi qui l’est demandé. Malheureusement, j’ai eu un délai d’attente de 3 semaines. Mais je l’ai demandé, car j’étais dans un cercle vicieux et violent de restriction / compulsion. J’alternais réellement entre 24h de restriction et 8h non-stop de compulsion. Ça m’épuisait et j’étais tellement en détresse que j’ai fini par faire une tentative de suicide. Et après être passée par une cellule psychologique pendant 3 jours, j’ai demandé directement une place dans le même service TCA que ma première hospitalisation. 

Donc j’ai toujours été décideuse de mes hospitalisations. Je vais détailler par la suite les critères d’une hospitalisation générale en TCA. Je pense que j’ai malheureusement eu une place finalement rapidement parce que j’avais un IMC très faible. Je dis malheureusement car c’est très triste de juger la gravité de la maladie en fonction du poids. Parce que les personnes qui ne sont pas en insuffisance pondérale ne se sente de ce fait pas légitime. Alors qu’il s’agit bien d’une maladie mentale, et non pas physique. Après, je pense que cela s’explique notamment par le fait que le nombre de centres / hôpitaux spécialisés TCA, et même le nombre de places dedans sont très faibles. Donc, ils sont obligés d’être ultra-sélectifs.

Alors, on m’a demandé s’il faut être en grande dénutrition. La réponse est non, il ne faut pas être en dénutrition. Ce n’est pas comme cela que l’on mesure la gravité de la maladie comme j’en parlais dans la question précédente. Mais comme je disais aussi juste avant, le nombre de places et d’établissement pouvant accueillir étant limité, alors c’est souvent ceux-là qui sont privilégiés. Mais je trouve que ce critère de l’IMC faible (critère qui n’en est pas un, ou qui l’est inconsciemment) tue les patients. C’est hyper violent ce que je dis et ce n'est pas directement vrai, mais indirectement, ça l’est. Je m’explique : l’hôpital est obligé (pour cause de non-assistance à personne en danger) de prendre les personnes en extrême danger physique. Même si pour moi, une personne qui n’est pas en sous-poids est tout aussi en danger par sa mauvaise santé mentale. Mais dans l’idée commune (et même dans les hôpitaux en fait), la gravité d’une maladie est justifiée si visible physiquement. Donc en effet, les personnes présentant des IMC ultra-faibles sont souvent priorisées. Le nombre de personnes souffrant de TCA augmentant beaucoup plus vite que le nombre de places disponibles, les listes d’attente s’allongent. Parfois, des patients attendent 2-3 mois avant de pouvoir rentrer. De ce fait, la réaction “logique” de la personne malade (et qui est en total accord avec la maladie en fait), est de mettre en place des comportements de restriction & compensation d’autant plus drastique pour atteindre un stade de poids toujours plus bas, en espérant (je pense) entrer plus vite. Ou du moins, se sentir légitime à être hospitalisé. Il y a aussi, je pense inconsciemment (du moins c’est ce qui s’est passé dans ma tête), que lorsqu’on sait qu’on va rentrer à l’hôpital, que ce soit dans quelques jours ou quelques semaines, on se dit que puisqu’on va devoir manger à l’hôpital, alors autant profiter de répondre aux envies de la maladie. Et du coup, pendant les 3 semaines d’attente, j’ai aggravé mon cas en augmentant la restriction. 

Et un autre critère injuste de l’hospitalisation, qui n’est pas explicite, c’est l’âge. 

Malheureusement, de nombreux centres & hôpitaux n’acceptent que les adolescents ou les personnes de moins de 25 ans. Alors qu’encore une fois, les TCA n’ont pas d’âge. N’importe qui peu avoir un trouble alimentaire, à n’importe quel âge. Donc le fait de limiter les âges entraîne de nouveau de la culpabilité chez les personnes ayant un TCA mais qui ne sont pas ado ou jeunes adultes. Mais encore une fois, je pense que le peu de place disponible amène à être ultra-sélectif. 

Je parle ici essentiellement d'anorexie car ce fut mon cas et je ne veux pas dire de bêtise.

Je me suis inspirée du site de la Haute Autorité de Santé (HAS). 

Évidemment, il y a des raisons cliniques : 

  • L’IMC faible vient souvent en premier critère (malheureusement comme j’en ai parlé avant). 
  • Une perte de poids rapide également.
  • Le refus de s’alimenter.
  • Un SRI ou un syndrome occlusif.
  • D’autres raisons médicales comme hypothermie, hyperthermie, hypotension, tachycardie, hypokaliémie, insuffisance rénale, etc. 

Les raisons mentales (puisque après tout, il s’agit de maladie mentale !) : 

  • Tentative de suicide
  • Abus de drogues, alcool
  • Dépression, personnalité borderline, symptôme psychotique
  • Pensées intrusives permanentes
  • Besoin de sevrage vis-à-vis de l’hyperactivité et/ou dû au recours aux vomissements ou aux laxatifs
  • Nécessité de renutrition par sonde naso-gastrique 

Et enfin, ça peut être dû au contexte environnemental :

  • Conflit familial, épuisement familial 
  • Environnement stressant
  • Burn-out professionnel

Évidemment, il ne faut pas avoir tous ces critères. Dans tous les cas, c’est vraiment au cas par car et le mieux est d’avoir un rendez-vous en amont avec le personnel soignant de l’hôpital ou le centre en question afin de déterminer les conditions, les objectifs de l’hospitalisation qui sont propres à chacun. 

L’hospitalisation sous-contrainte est possible, mais quand même rare. La contrainte a lieu lorsqu’il y a un danger vital pour la personne malade. Il me semble qu’il faut l’avis de 2 personnes dont au moins 1 personne du corps médical. L’avis étant d’assurer que la personne est en danger vital pour elle-même, voire pour les autres, si elle n’est pas hospitalisée.

L’hospitalisation peut aussi être non consentis pour les personnes mineures puisqu’il s’agit des parents qui sont les représentants légaux et qui donc, prennent la décision pour leur enfant. Après, évidemment, ce n’est pas évident car parfois en tant que parent on s’inquiète et on est rassuré de savoir son enfant entre les mains des médecins. Mais je pense qu’une hospitalisation à temps complet a peu de chance d’être bénéfique si c'est forcé. Parce que la personne y va à contrecœur, et j’en parlerais dans les autres réponses de la FAQ, mais l’implication est indispensable à la “réussite” d’une hospitalisation selon moi. 

J’ai été hospitalisée entre 2 et 3 mois pour chaque hospitalisation. 



La durée d’une hospitalisation est propre pour chaque patient. Encore une fois je précise anorexie car ce fut mon cas.

Cela dépend d’où la personne en est dans son parcours de guérison, de ses objectifs d’hospitalisation, aussi de son contexte environnemental (si c’est une personne en étude, qui travaille, qui n’a pas une situation familiale stable, etc.)

Je n’ai jamais vu une personne faire moins de 2 semaines d’hospitalisation. Et les personnes qui font 2 ou 3 semaines c’est notamment pour se sevrer de crise, de prises de laxatif, des vomissements ou qui a simplement besoin d’une pause pour retrouver une stabilité dans sa vie, pour avoir un coup de boost dans sa guérison. 

Si je devais partir sur une durée moyenne, je dirais 2 mois. Quand j’étais hospitalisée, les personnes restaient souvent entre 1 mois&demi et 3 mois. 

Non, ce n’est pas indispensable à la guérison. La réponse à cette question est propre à chaque personne puisque comme je le dis souvent, chacun a son propre parcours de guérison.

Moi, personnellement, ça m’a aidé. Mais cela dépend d'où tu en es dans la guérison. Et ça dépend surtout de comment tu abordes l’hospitalisation, dans quel état d’esprit tu arrives. 

Pour ce qui est de ma première hospitalisation, je l’ai demandé un peu par la force des choses, suite au SRI, sous la peur de la mort en fait. Je pense que je n’avais pas fait assez de travail psychologique en amont, que je n’étais pas dans l’action de ma guérison. Du moins, je me concentrais surtout sur les conséquences de la maladie, à savoir sur le côté alimentaire & poids pour ma part. Je me disais qu’il fallait que je mange plus et que je reprenne du poids pour guérir. C’est ce que j’ai fait durant cette hospitalisation, mais j’ai de ce fait très vite rechuté à peine sortie. Donc je dirai que cette hospitalisation m’a surtout permis de prendre conscience de la gravité de mon trouble alimentaire. Parce qu’avant l’hospitalisation, je ne prenais pas conscience que mon corps était épuisé. Je me souviens que j’étais très étonnée de à quel point je dormais à l’hôpital, même en journée, alors que la veille de mon entrée, je bossais encore comme une dingue. 

J’ai abordé ma deuxième hospitalisation complètement différemment. Parce qu’avec le recul, j’avais compris que ma première hospitalisation ne s’était pas basée sur les bons “problèmes”, et qu’il fallait que je m’attaque davantage aux causes. J’ai commencé ma deuxième hospitalisation en étant encore plus basse mentalement. C'est-à-dire que j’avais énormément de rituels, j’étais encore plus dans le contrôle et j’étais très noire dans mes idées. Cette hospitalisation était beaucoup plus difficile. Pour ce qui est du côté poids / alimentaire, je ne mangeais pas tout pour faire plaisir à l’équipe de soignant (ce que je faisais durant la première hospitalisation). La première je voulais prendre du poids (inconsciemment je pense que c’est la maladie qui voulait que je sorte au plus vite). La deuxième j’avais un contrôle encore énorme sur mon poids, j’augmentais très doucement ma ration, etc. Mais par contre, je travaillais beaucoup plus sur les causes : avec mon interne, et puis surtout seule, dans mes propres réflexions. Je lisais des livres de développement personnel, écrivais beaucoup dans mon bullet journal, je réfléchissais beaucoup. Je me disais tant qu’à être enfermée, autant avancer. J’ai eu plusieurs entretiens familiaux aussi qui m’ont aidé à avancer également sur mes blessures d’enfance. 

Donc je dirai que l’hospitalisation m’a aidé à prendre conscience de la gravité de la maladie, de la nécessité d’avancer sur des problématiques douloureuses. 

Mais je dirais que ce qui m’a vraiment le plus aidé, c’est de faire une “pause” dans ma vie. Et d’ailleurs c’est grâce à ça que j’ai pu avoir mes prises de conscience, et travailler sur mes blessures d’enfance. Donc c’est vraiment le fait de casser toute la spirale de l’anorexie. Même si dans ma tête ça continuait, dans mes actions j'étais beaucoup plus limitée pour obéir à la voix de l’anorexie

Parce que dehors, je ne m’autorisais pas à m’arrêter, j’étais pris dans le tourbillon infernal de ma vie. Et à ce moment-là, la maladie était trop forte, je ne parvenais pas de moi-même à faire une pause. Et à l’hôpital, c’est comme si je remettais momentanément ma santé entre les mains des soignants. Et pareil, j’avais besoin de ça. Parce que là, je ne calculais plus rien, je ne devais plus penser à la nourriture. Et en fait ça parait ambivalent parce que justement, j’avais toujours besoin de contrôler et je me rendais malade quand ce n’est pas moi qui cuisinais. Mais là, c’est comme si je n’avais pas le choix. Et j’avais besoin de ça pour me lancer sur le chemin de la “vraie” guérison. 

Alors, ça c’est une bonne question ! À mon sens, non. Ou du moins trop peu. Après encore une fois ça dépend des hôpitaux. Mais en France, je trouve que la prise en charge de la santé mentale a encore énormément de progrès à faire (comparé à des pays comme le Canada, les États-Unis ou même la Belgique). Peut-être que dans des centres privés c’est différent d’ailleurs. 

Mais c’est vrai que l’accent est surtout mis sur le côté nutritionnel : dans le sens où les repas sont très cadrés. Et j’avais aussi des “cours” là-dessus où l’on remettait en cause les règles de la culture du régime en gros. Mais ça je l’ai eu qu’à la deuxième hospitalisation parce qu’il y avait des diététiciens en stage qui étaient là. 

Après il y a surtout l’aspect physique qui est travaillé dans le sens où t’as des bilans réguliers, des prises de sang. Donc, tu es certain qu’ils s’assurent que ton corps réagisse bien à la renutrition. 

Pour ce qui est de l’aspect psychologique, tu as quand même ton interne qui passe te voir au moins 1 fois tous les 2 jours. Là tu peux parler de tout avec. Il y avait aussi une psychologue que tu peux voir 1 fois par semaine voire moins, parfois tous les 15 jours. Et tu as des groupes de parole. Donc il y a quand même tout ça, c’est certain. Pour moi en fait, ça ne changeait pas puisqu’à l’extérieur j’avais déjà ma psy. Mais c’est vrai que pour quelqu’un qui n’a rien eu à côté, c'est un vrai plus. D’autant que là, c'est tous des professionnels familiers ++ aux troubles alimentaires. Donc ça aide forcément, tu as des conseils plus appropriés, des réponses à des questions spécifiques sur la maladie.

Mais après, il faut savoir quand même qu’une hospitalisation, selon moi encore une fois, est beaucoup plus efficace si toi tu t’investis à fond. Dans n’importe quelle maladie je pense qu’il faut être investis ++ dans ton hospitalisation. Parce que c’est à toi de sentir les choses : dès que tu ressens une difficulté, va en parler aux soignants, demande à ce que la psy ou ton interne passe te voir. N’attends pas qu’ils te proposent, parce qu’ils ne peuvent pas lire dans ta tête. Pareil si tu as une difficulté après un repas, une culpabilité ingérable : va en parler, ne reste pas dans ton coin. Et ensuite, lis des livres de développement personnel, écris, prends le temps de faire comme un bilan sur ta vie. Je te parle de ça plus en détail sur la question “Comment s’occuper quand le temps parait infini ?”.

Alors, je ne sais pas ce qui a été le plus difficile. En réalité, clairement, ce fut difficile. C’est certain que je ne vais pas vous mentir, l’hôpital, c'est une épreuve. Et il y a beaucoup de difficulté mais tant mieux parce que le but, c'est que ce soit temporaire, pas que tu t’y sentes trop bien et d’ailleurs, on en parle juste après. 

L’enfermement est difficile, c’est certain. Et couplé à l’inactivité, encore plus. Parce que là où j’étais et normalement c’est partout pareil, tu dois être assise au max, jamais d’activité parce que ton corps a énormément besoin de repos (même si ton trouble alimentaire te dit le contraire). Donc ça c’était difficile parce que mes repas étaient plus importants qu’à l’extérieur, donc la culpabilité était parfois très élevée. Et je n'avais pas la possibilité de compenser. Mais HEUREUSEMENT. Parce que compenser, c’est la maladie, là, j'y faisais face. Et d’ailleurs je ne l’ai pas dit dans ce qui m’a aidé, mais c’est plus simple de faire face à la maladie à l’hôpital puisque tu y es comme contrainte. Tu as moins de déclencheur aussi, et ça c’est ultra-important. Donc c’est plus simple de ne pas répondre aux sollicitations du trouble alimentaire. 

Je pense que vraiment c’est ça qui a été le plus difficile pour moi. Après il y a d’autres difficultés que j’aborde dans les réponses aux prochaines questions. Mais surtout, les difficultés encore une fois sont propres à chacun. 

Ça dépendait vraiment des jours.

Je pense qu’au tout début, pour la première hospitalisation du coup, tu découvres un peu le monde hospitalier. Et ça peut être impressionnant. Et après ça dépend encore une fois si tu es là parce qu’on t’a forcé ou si c’est de ton plein gré. Ça dépend aussi si t’es encore dans la lune de miel, c'est-à-dire que ton trouble alimentaire représente un bien-être dans ta vie plus qu’une maladie. Ou alors si tu as conscience que cette maladie te pourrit la vie et que tu sais que tu dois en sortir.

 

J’étais pour ma part dans le deuxième cas de figure. Et de ce fait, il y a des jours où je sentais les bienfaits de l’hospitalisation. Il y a d’autres jours où je détestais les soignants, où j’avais envie de tout envoyer en l’air, de hurler ma colère. Mais ce n'est pas négatif en fait. Sur le moment, c'est pas agréable, c'est certain. Mais ça veut dire qu’il se passe quelque chose en toi. Et d’ailleurs, il y a pas longtemps, j’avais vu un contenu d’une psy sur Instagram, je sais plus qui. Mais elle disait qu’elle était contente quand ses patients, ils étaient en colère contre elle ou qu’ils étaient énervés contre elle. Parce que ça veut dire que tu t’affirmes, que tu n'es pas là passivement, juste à faire ce que les soignants voudraient que tu fasses. 



Cette question je l’ai trouvé super ! Parce que c’est important d’en parler. C’est un peu le “risque” de l’hospitalisation. C’est qu’à l’hôpital, comme je disais avant, tu as beaucoup moins de déclencheur. Tu es un peu dans une bulle, protégé du monde extérieur, de la culture du régime, etc. Et tu as aussi ce côté, “la maladie est entre les mains des médecins”. Donc c’est vrai que moi, je me sentais parfois comme dans un cocon, protégée, rassurée en effet. Et je sais qu’il y a des patients chroniques à l’hôpital parce que parfois, ils y trouvent un réconfort dans l’hospitalisation. 

C’est aussi un endroit où tu fais des choses pour te reposer, te relaxer. C’est un endroit où tu es peut-être plus écouté qu’à l’extérieur, où tu te sens peut être plus compris. C’est peut-être une façon de te protéger de personnes toxiques avec qui tu vivais quotidiennement. 

Donc si, j’ai clairement ressenti ça. Et je pense que beaucoup le ressent. Je me souviens avoir eu un déclic qui m’a fait dire que non, ça, ce n’était pas la vie. Parce que non, la vie à l’hôpital c’est pas la vraie vie.  Du coup j'explique ce déclic : il y a avait beaucoup de fenêtre, des grandes baies vitrée. Et je me posais souvent devant l’une de ces baies parce que j’aime beaucoup regarder dehors. Et j’étais dans un CHU universitaire. Et c’était la fin d’année scolaire. Et j’entendais des étudiants faire comme la fête, c’était en fin de journée. Mais sans doute ils fêtaient un examen ou la fin de l’année. Et je me suis dit : “Mathilde, t’as 22 ans, ta vie elle n’est pas dans un hôpital. Tu passes à côté de ta jeunesse”. Et vraiment, je vous assure, les cris de joie de ces étudiants me pinçaient le cœur, mais m’ont tellement donné encore plus de rage de vaincre la maladie. 

Très intéressante aussi comme question ! Donc moi, j'étais dans une unité où il y avait 11 places, donc j’étais avec 10 autres patients. Généralement, c'était 9 patientes et 1 patient. Et il faut quand même garder en tête que c’est 10 autres personnes qui souffrent, qui sont malades. Et vous le savez, la maladie change un peu une personne. On fait parfois des actions toxiques, on dit parfois des choses vicieuses, etc. 

Moi, je dirais en général qu’il ne vaut mieux pas être “ami”, trop proche, d’une autre personne qui souffre de trouble alimentaire. Je parle notamment d’une personne qui est en plein dans la maladie. Après, il y a des exceptions, évidemment ! Toute façon, chaque histoire est propre à chacun. Et je sais que certains ça les a aidés, au contraire.

Et ça n’empêche que je ne dis pas de rester seule à l’hôpital. Moi, j'y suis restée longtemps, et évidemment tu crées des affinités. Mais il faut garder en tête que l’autre personne est malade. 

Je vais commencer par vous dire le positif, et ensuite je vous donne des anecdotes plus “sombres” à ce sujet.

Le positif, c’est que durant mes deux hospitalisations, il y avait une fille pour qui j’ai eu un coup de cœur ! Elle s’appelle Audrey, et c’était pour moi mon camarade de guerre dans cette lutte contre la maladie. C’est avec elle que j’ai eu mon premier fou rire avec 2 ans sans avoir rigolé aux éclats. Être avec elle me faisait beaucoup de bien. On parlait beaucoup, sur nos maladies, sur la cause de nos maladies. Et on s’entraidait en fait, vraiment on se disait des arguments pour démontrer les mensonges du trouble alimentaire. Et d’ailleurs, elle a quitté la deuxième hospitalisation avant moi, et j’en ai beaucoup pleuré. Mais, en dehors de l’hôpital, on ne s’est jamais revu. On s’est envoyé des nouvelles, mais quand on allait vraiment mieux. Et de temps en temps j’ai des nouvelles, et je suis trop trop contente. Je ne l’oublierai jamais parce qu’elle a vraiment fait partie de mon combat.

J’étais proche d’autres filles, mais la relation n’était pas aussi saine. Et en fait, c’est pour ça que je vous dis qu’il faut garder en tête que vous n’avez pas comme objectif d’en faire des amies, et qu’il faut se rappeler qu’elles sont aussi malades. Parce qu’il y a des fois où tu t’entends trop bien avec une fille, tu parles avec elle, tu es proche. Mais sauf qu’il y a des moments où la maladie prend le dessus, et vous le savez, le trouble alimentaire est vicieux. La comparaison, la compétitivité est très présente dans les TCA. 

Pour être plus concrète : les jours de pesée étaient des jours vicieux. Car chacun voulait savoir combien l’autre avait pris de poids. Moi-même ! Je m’inclus dedans, quand j’étais malade, j'avais ce côté vicieux que je détestais. Et le plus horrible, c’est que tu te réjouissais intérieurement et inconsciemment quand les autres avaient pris plus de poids. 

Autre exemple, au moment des repas : tu n’as pas forcément les mêmes plateaux repas que tes voisins puisque chacun a son rythme, à un palier différent. Et en fait, pareil, tu préfères être assise à côté de ceux qui mangent plus que toi. Et donc celle qui a plus de difficulté à manger ou qui a un plateau inférieur à toi, ton TCA va te la faire détester. 

Pour ce qui est de l’activité, je vous expliquais avant qu’il faut rester au max assise. Mais quand les soignants ne sont pas là, certains marchent en rond ou restent debout. Et là ton trouble alimentaire te culpabilise de ne pas faire pareil. Donc encore une fois, soit cela t’entraîne vers le bas, soit tu détestes l’autre personne. 

Et c’est pour ça que je vous dis que les relations d’amitié ne sont pas possibles. En même temps, vous n'êtes pas à l’hôpital pour vous faire des amis. Mais c’est assez malsain comme relation parce que parfois, la maladie prend le dessus. 

J’avais une fille avec qui je m’entendais trop bien. C’était à ma première hospitalisation, il y avait 2 chambres doubles et malheureusement, j’étais dans l’une d’elles. Et cette fille était pro-guérison à fond, donc je m’entendais bien, car j’étais dans la même démarche. Elle avançait plus vite que moi dans la guérison, elle mangeait super bien, acceptait très bien la reprise de poids, elle n’avait aucune peur. Elle se demandait presque ce qu’elle faisait là. Et elle allait bientôt sortir, mais les médecins lui avaient demandé un certain poids pour ça. Et un jeudi, c’était le jour de pesée, elle a fait un truc qui m’a tellement déçue. En gros quand t’as la pesée, tu dois aller aux toilettes avant. Et en fait, elle a été aux toilettes, mais elle n’a rien fait, elle s’est retenue pour que la balance indique plus de poids. Et de ce fait, elle est sortie plus vite de l’hôpital. Ce jour-là, elle me l’a dit. Et dans ma tête, je me suis dit que j’étais tellement naïve, que je n’avais rien vu mais qu’elle m’avait toujours menti. Je lui en voulais parce que ça faisait plus d’un mois qu’on partageait une chambre, j’étais proche d’elle. Je me sentais trahi. Un an plus tard, j’ai su qu’elle était toujours malade et qu’elle était même dans un état plus grave. Et avec le recul, j'ai compris que ce n’était pas intentionnel, ce n’était pas elle qui m’avait trahi, mais la maladie. 

En vous racontant tout ça, ça m’a fait penser à une autre difficulté. C’est que les autres patients parfois nous apprennent des nouveaux vices de la maladie. Je m’explique : moi, je suis ressortie de l’hôpital avec bien plus de TOC alimentaire qu’en arrivant. Et ça, c’est aussi un risque de l’hospitalisation. J’ai appris des choses en voyant les autres faire. 

Après ma première hospitalisation, j’ai pris conscience de l’impact de l’influence des autres patients sur moi. Et donc dans la deuxième, j'ai pas eu la même posture. Et c’est pour ça que je vous conseille vraiment de vous mettre dans votre bulle. Et c’est pas toujours facile, c’est pour ça aussi que certains vivent très mal l’hospitalisation et je comprends. Mais moi je me disais : je guéris pour MOI. C’est ma vie, les autres patients je ne les reverrai jamais. Et quand je serai dehors, je ne saurai même pas ce qu’ils font de leur vie. Donc, je dois me concentrer sur ma guérison. Même chose, ne vous embarquez pas à demander les IMC, poids, ration calorique des autres. Ça ne sert à rien à part vous comparer et alimenter la maladie. Si on vous demande, répondez que ça ne regarde que vous. Moi, je disais même : “ça ne t’apportera rien de savoir, c’est ta maladie qui veut savoir”. Certain l’admettait, d’autre faisait la gueule. Mais peu importe. Encore une fois, l’important c’est de vous soigner VOUS. C’est VOTRE combat. 

Bon voilà, j’ai peut-être une vision spécifique à ça et ça peut choquer les personnes qui ne connaissent pas ce milieu hospitalier. Mais j’ai du vécu et surtout j’ai réagi en fonction de moi. Encore une fois, ça ne veut pas dire que je ne parlais à personne. Je m’entendais bien avec la plupart et j’ai eu de très belles rencontres, des discussions profondes avec beaucoup. Et je me souviens encore presque de tous. Et pas négativement.

Alors par rapport aux proches, il faut savoir que moi, je suis une personne qui communique beaucoup. J’exprimais beaucoup à mes proches ce qui se passait dans ma tête pour qu’ils puissent mieux me comprendre. Et j’ai rapidement eu conscience que c’était une maladie. Donc pour mon cercle familial proche (parents, frère & soeur), je n'ai jamais eu de problème, pas de honte. Je dirai que les entretiens familiaux avec les médecins ont aussi beaucoup aidé à faire comprendre certaine chose parce qu’il y avait le psychiatre qui est neutre dans la famille.

La première hospitalisation, je faisais venir ma famille et mes amis en visite. Et j’avais zéro honte, mais comme j’expliquais, la première hospitalisation, bizarrement, elle se passait presque trop bien. J’acceptais tout facilement, avec le recul, je pense que c’était la maladie qui voulait rapidement sortir. Franchement, quand j’y repense que j’étais dans un état second. C’est comme si j’étais redevenue la vraie Mathilde pendant l’hospitalisation : souriante, vivante, avec des envies, des projets. Mais que dès que je me suis retrouvée seule chez moi, la maladie est revenue du jour au lendemain telle qu’elle l’était avant. 

Mais du coup pour ma deuxième hospitalisation qui était beaucoup plus difficile, je n’ai fait venir que 2 amies avec qui j’étais vraiment proche et mes parents, ma sœur essentiellement. Et là pour le coup les visites étaient plus difficiles parce que j’étais honnête et je ne me cachais plus derrière mes sourires. Je pleurais, je disais à quel point c’était dur et à quel point je n’en pouvais plus. 

Mais voilà, si je peux donner un conseil, c’est d’expliquer ce qui se passe dans votre tête, d’inviter vos proches à se renseigner sur la maladie. J’ai des contenus pour eux dans la catégorie “Parents” notamment de mon blog. Et parfois, c'est difficile de le faire comprendre par vous-même, donc vous pouvez recourir à des entretiens familiaux pour avoir l’aide d’une personne qui est neutre.

Alors non, ce n’est pas obligatoire. Et je dirai même que s’ils peuvent éviter de la poser, ils le font. Parce que ce qu’ils préfèrent c’est que vous preniez vos repas “naturellement”, par la bouche, les repas, en prandial. Les personnes qui l’avaient, ils étaient en minorité. 

Je l’ai eu de façon très courte, mais pas dans le service TCA. Je l’ai eu juste avant à cause du syndrome que j’ai fait en réanimation. Donc j’ai eu une première sonde assez grosse, qui n’est pas la sonde alimentaire puisque le but, c'était d’aspirer ce qui bloquait mes intestins. Et par la suite, j'ai eu la sonde naso-gastrique alimentaire pendant 10 jours parce que c’était trop dangereux de m’alimenter par moi-même. 

Je  vous renvoie à mon article où je vous raconte mes hospitalisations, vous aurez une semaine type à l'hôpital.

 

Alors ça c’est vrai que le temps parait infini surtout que beaucoup ont une vie hyperactive à l’extérieur. J’avais la sensation que les journées étaient très rythmées par les repas pour ma part. 

Et comme il y a des jours où l’on ne voit pas de médecin, de psychiatre, d’interne, etc… Bah, c'est plus long ! Comme les weekends ou malheureusement, pendant les vacances d’été. 

C’est pour ça que je disais que c’est important de s’impliquer dans sa guérison. Moi j’avais emmené des livres de développement personnel. Aussi j’écrivais, je fais des exercices que je trouvais moi-même, où dont j’ai été inspiré dans certains livres, où que j’avais appris par mes thérapies antérieures ou que mon interne me proposait. Il y a pas mal de ces exercices que j’ai proposés dans mes carnets d'anxiété d’ailleurs. 

Et j’ai aussi commencé des nouvelles activités créatives : j’ai appris à dessiner, à faire de l’origami, à faire beaucoup de mandala, à peindre, etc. Et en fait c’est super important. C’est ce qu’on appelle de l’art thérapie. Moi, perso, ça a fait partie de mon traitement, de ma reconstruction de moi, indépendamment de la maladie. C’était une façon de prendre soin de moi, d’être fière de ce que je produisais. 

Après ça arrivait aussi qu’on faisait des jeux de société avec les autres, ou il y avait souvent des infirmiers qui organisaient des activités.

Oui, les visites sont autorisées, je pense que chaque hôpital a sa propre politique de visites. 

Pour ma part, j’en avais 3 par semaines. Donc dans la semaine, tu avais 1 heure, et le weekend, tu avais 2 à 3 heures par jour. 



Pareil, je pense que ça dépend des hôpitaux car je sais que pour certain, vous avez le portable tout le temps. Dans l’hôpital où j’étais, j’avais le droit qu’à une demi-heure de portable par jour.

Et franchement, je ne l’ai absolument pas mal vécu, au contraire. Pour moi le portable faisait partie des déclencheurs. J’avais plus toutes ces notifications stressantes. Et surtout, plus accès à Google. Parce que quand j’étais malade, je faisais des recherches qui alimentaient ma maladie. Le nombre de fois où j’ai tapé le nom d’un aliment + le mot calorie. Et d’ailleurs, à ma deuxième hospitalisation, quand j’étais mal, ça m’est arrivé de privilégier faire une recherche sur de la bouffe plutôt que d’appeler quelqu’un. Donc moi, je trouve ça bien que le portable était limité dans mon cas.

L’activité physique est interdite en effet parce que tu as besoin de beaucoup de repos. Après, une fois par semaine, il y avait 1 session de sport, mais qui était autorisée à partir d’un certain IMC. Et c’était de la balnéothérapie, il me semble.  



Alors je trouve que c’est vraiment du bulshit. Parce que je le dis souvent, les troubles alimentaires sont des maladies mentales, pas physique. C’est l’un des côtés que je n’apprécie pas dans la médecine en France pour la santé mentale et notamment les TCA. Les médecins se basent parfois sur des statistiques (avec l’IMC) ou des tranches de poids.

Non, je n’avais pas de contrat de poids. Il n’y en avait pas à proprement parlé dans mon hôpital. Après, il y avait des règles sur l’IMC justement. À partir d’un certain IMC tu peux faire du sport, tu peux avoir des permissions, tu peux sortir. Mais en réalité, c’est dans la théorie. 

En fait, ça c’est quelque chose d’important aussi : c’est qu’il ne faut pas voir ton équipe soignante comme ton ennemi. Non, leur but, ce n'est pas de t’engraisser. C’est ton trouble alimentaire qui dit ça. Leur but, c’est de te soigner, c’est leur métier. Mais d’ailleurs ce n’est pas eux qui vont te guérir, ils t’accompagnent pour te mettre sur le chemin de la guérison. 

Je dis ça parce que c’est important de comprendre que le but de ton hospitalisation, c’est de co-construire ta prise en charge main dans la main avec les médecins. Et ça je l’ai compris à ma deuxième hospitalisation. À la première, j’appliquais juste tout ce qu’on me demandait. La seconde, je refusais parfois de passer à un palier supérieur de calorie. J’exprimais ne pas vouloir reprendre de poids. J’exprimais quand c’était trop compliqué. J’ai demandé des permissions (qui m’ont été accordés) alors que je n’avais pas l’IMC théorique autorisé. Mais les médecins voyaient que j’étais dans l’envie d’en sortir et que ce n'était pas la maladie qui parlait je pense. 

Alors pour ma part je ne l’ai pas tellement ressenti. Je vivais en appartement seule, plus chez mes parents. Je pense que tu le ressens d’autant plus quand tu habites encore chez eux.

 

Même chose, mes parents habitaient à ¼ d’heure de l’hôpital donc je les voyais chaque semaine. Il y avait des patients qui venaient de très loin donc ils ne pouvaient pas les voir toutes les semaines.

 

Après j’ai quand même eu un éloignement parce qu'il y avait moins de possibilité de communication. Mais moi ça m’a fait du bien cette coupure. Je pense même que ça a fait du bien à ma famille. Parce qu’ils avaient peur pour moi et là, ils savaient que j’étais enfin prise en charge à 100%. 

 

Ça m’arrivait de me demander s’ils pensaient à moi la journée. Et j’ai demandé bien plus tard, genre 2 ans plus tard. Et ma mère m’avait dit que oui, tous les jours. 

 

Mais voilà, je pense que parfois ça fait partie de la thérapie aussi. Moi l’éloignement n'a pas été violent pour les raisons expliquées. Pour certaines personnes, ça peut être difficile, et notamment les personnes plus jeunes.



Oui, quand même, ça, c'est vrai que je peux le nier. 

En fait, je pense qu’ils ont peu confiance en nous. Mais ce n'est pas en nous, notre personne, c’est plus aux vices de la maladie. Parce qu’ils connaissent avec l’expérience. Et en soi, je pense qu’ils ont raison. J’ai vu des personnes faire des choses assez dingues.

 

En fait, là où j’étais dès nos chambres étaient fermées à clé 1h30 après chaque repas. Et dans mon cas, franchement, heureusement, parce que sinon je serais partie faire du sport en cachette. D’autres se seraient fait vomir. Après c’est vrai que du coup, pendant cette période, tu dois demander pour aller aux toilettes. Et par exemple c’est le soignant qui tire la chasse d’eau pour vérifier que tu ne t’es pas fait vomir. Donc c’est assez gênant, infantilisant. 

 

Et même dans leur façon de parler, c’est vrai que certain sont infantilisants. Et aujourd’hui c’est avec du recul que je dis que certaines contraintes étaient pour notre bien. Mais à ce moment-là c’était pas toujours simple à vivre.

 

Après, ça me fait penser à un sujet et je serai curieuse de savoir ce que vous en pensez, et ce qu’il en est pour vous. Mais moi quand je souffrais d’anorexie, j’étais très enfantine en fait : je regardais des dessins animés, je portais des pyjamas très enfantins, j’avais beaucoup de doudous (alors que je n’en avais plus). Et avec ma thérapie, j’ai compris que mon anorexie avait aussi été une forme de peur de grandir. Donc pour moi ça fait sens. Et justement, je me souviens qu’à l’hôpital, tous avaient des pyjamas enfantins, des doudous. Certains faisaient des dessins enfantins. Enfin, encore une fois je dis ça avec beaucoup de recul. Au moment-même, je n’en avais pas conscience quand j’étais dedans, donc ça ne va peut-être pas vous parler. après, c'est mon point de vue, et je n'affirme rien, c’est plus une généralité. N'hésitez vraiment pas à me dire ce qu’il en est pour vous sur Instagram ou en commentaire de la vidéo YouTube. Et j’en profite aussi pour vous dire de mettre une note sur votre plateforme d’écoute à ce podcast. Cela me permet de m’encourager et de savoir si ce podcast vous aide.  

 

Je reviens au sujet de l’hospitalisation. 



Alors, non, selon moi, on ne te force pas à manger. Par contre, on t’y incite fortement. Donc c’est vrai que si tu ne termines pas ton plateau, les soignants vont te faire des remarques genre “bah alors ?”, “il faut manger”, etc. Ce n'est clairement pas agréable. C’est aussi leur métier de tirailler la maladie en fait. 

 

Mais la première hospitalisation, je mangeais tout sans rechigner sans montrer de difficulté pour pas avoir ces remarques. La deuxième j’étais moi. Je me prenais plein de remarque, notamment sur mes TOC parce que j’en avais énormément. Vraiment, c'était beaucoup, j’étais dans les personnes qui en avaient le plus. Et les infirmières me faisaient souvent des remarques, la maladie les traitaient intérieurement. C’était dur mais elles avaient raison. 

 

Bref il m’est arrivé de ne pas terminer mes plateaux, on ne m’a pas forcé à les finir. En fait, tu dois atteindre une ration calorique dans ta journée. Donc en fonction de ce que tu rends, les infirmières calculent. Et si tu as une “dette” de 50, 100, 150, voire plus de calories, le soir à 21h on te propose de rattraper avec des tartines de pains beurre. Mais c’est toi qui l'acceptes ou non. Moi j’ai déjà refusé, c’est noté dans ton dossier, mais ce n'est pas grave. Moi, je le vivais trop mal à la première hospitalisation, donc j’acceptais. Mais en fait, le but, ce n'est pas d’être un élève modèle. Le but, c’est que tu travailles vraiment sur tes peurs, que tu affrontes la maladie. C’est sûr que si jamais tu manges tes plateaux repas en entier, que tu refuses toujours les mêmes aliments et que tu refuses d’en parler à côté, tu vas à l’encontre du soin. Par contre, si tu refuses, mais qu’à côté t’en parle à ton interne, de tes peurs, que vous trouvez de solutions pour y faire face, des alternatives pour y arriver petit à petit, bah là tu es dans le traitement. 



Alors difficile de répondre à cette question, parce que déjà je me souviens pas. Mais je vais plutôt vous expliquer le “fonctionnement des repas.”

Déjà, on a une ration calorique que l’on “signe” où l’on voit ce qu’on a par repas. Par exemple, pour 1900 calories / jour, c’est x grammes de féculent par repas, x grammes de protéines, etc. 

Je ne trouve pas ce fonctionnement génial parce que ça ne permet pas se détacher des grammes, des calories… bref des chiffres. 

Mais en même temps, c’est aussi comme ça que j’ai pu mieux apprendre à faire mes assiettes, à voir ce que ça représentait en termes de quantité une assiette comme je devais me faire en guérison. En gros, nous on mangeait tous ensemble. Et chacun un à un on est appelé à une table où y’a les plats. Et tu te sers toi-même avec une cuillère à souple. Et l’infirmière vérifie que tu en as mis assez, et te dis d’en rajouter si ce n’est pas le cas. 

Donc c’est toujours moitié de l’assiette avec des féculents, ¼ de légumes, ¼ de protéine. Et tu as une “option” quand tu as moins de difficulté, c’est des plats “mix”. En gros c’est que tu as des quiches, des gratins, des pizzas… Enfin des plats où protéine / légumes / féculents sont mélangés. Moi j’ai toujours refusé, c’était trop compliqué pour moi de travailler dessus à l’hôpital. C’est des choses que j’ai intégrées grâce à ma faim extrême en réalité, donc en dehors de l’hospitalisation. 

Alors ici, la personne avait spécifié les traitements chimiques dans sa question, donc j’entends par là les traitements médicamenteux. Si tu refuses le traitement général de l’hôpital, genre que vraiment tu ne manges presque rien, que t’es toujours en hyperactivité, que tu continues de te cacher pour te faire vomir, etc. Bah les médecins sont là pour t’aider hein mais si tu es vraiment dans le refus du soin, que tu dis ne pas vouloir essayer d’en sortir, généralement, l’hospitalisation prend fin. 

Pour les traitements médicamenteux, je comprends que ça fait peur. Moi la première je refusais. La deuxième, je suis arrivée un mental plus abimé on va dire et j’ai accepté parce que j’avais conscience que j’avais besoin d’une aide supplémentaire. Donc j’ai eu des anxiolytiques. 

Après je me souviens que certains avaient des neuroleptiques et c’était plus difficiles pour eux de l’accepter. Je ne peux pas trop répondre à cette question parce que je n’y ai pas été confronté. 

En revanche, je dirai que c’est important d’exprimer les peurs qu’il y a, toutes les questions que vous avez à votre interne et de comprendre pourquoi vous refusez. Par exemple, si c’est par peur de perdre le contrôle sur vous-même, c’est la maladie qui parle donc il faut le travailler psychologiquement.

Et il faut voir ça comme une aide supplémentaire, ça fait partie du traitement. 

Mais voilà, je n’ajoute rien car je n’ai pas été confronté. Pareil, j’ai pas été confronté aux compléments alimentaires donc difficile de répondre à ce sujet.

Ça, c'est une bonne question aussi ! (En réalité, elles sont toutes bien haha)

Je pense que c’est difficile, mais c’est aussi l’une des choses que j’appliquais dans ma guérison : essayer d’être honnête avec soi-même. Et ça, ça veut dire essayer de se demander : est-ce que c’est moi, Mathilde (dans mon cas) ou la maladie qui veut ça ? 

Donc en gros, si tu veux sortir, demande-toi pour quelles raisons ? 

Si c’est pour avoir plus de contrôle dehors, reprendre l’hyperactivité, recalculer tes calories, te refaire vomir, etc… Bah c’est la maladie. Donc je te dirai qu’en effet c’est fuir.

Si par contre, tu veux partir parce que tu sens que c’est nocif, l’environnement de l’hôpital, des autres patients, que tu ne parviens pas à te protéger. Si tu sens que l’éloignement de tes proches, peut-être de tes enfants si tu en as est plus dévastateur qu’autre chose. Si tu sens que l’hôpital nuit à ta guérison, alors c’est pas fuir. 

Dans tous les cas, il faut en parler, en discuter avec l’équipe soignante. Parce qu’encore une fois, ils sont pour que ça se passe bien. Peut-être que s'ils s’y opposent (c’est un avis, c’est pas déterminant), c’est parce qu’ils savent que c’est la maladie. Et évidemment quand tu es dedans c'est difficile de dire ça. Mais ils ont pas forcément raison. Toi seule sait où tu en es, enfin que tu essaies du moins d’être honnête.

La deuxième fois, c’est moi qui aie demandé à sortir. Je ressentais que je stagnais, que je n'avançais plus. Au contraire, je ruminais trop, ça allait à l’encontre de ma guérison. Mais je leur disais que j’étais dans un état catastrophique quand même et que je devais mettre en place des choses pour en sortir. 

Et ils m’ont laissé sortir, ils ont accepté mais on a décidé de plusieurs choses ensemble : 

  • J’allais avoir une psychiatre toutes les semaines, la fameuse psychiatre géniale dont je vous ai déjà parlé notamment dans l’épisode sur les thérapies que je recommande.
  • J’avais 1 journée par semaine en hôpital de jour.
  • Et j’avais dit que j’allais commencer la sophrologie + une psychologue en TCC en parallèle (ce que j’ai fait).
  • J’avais également dit que je ne reprenais pas mes études avant la rentrée de septembre donc j’avais 3 mois devant moi pour me consacrer à ma guérison. 
  • Et enfin j’ai gardé le traitement d’anxiolytique

Je me souviens que les avis étaient divergeants. Certaines infirmières me disaient que je ne faisais pas le bon choix, un interne m’a dit que dans 6 mois je serais toujours au même stade. Et ça me terrifiait mais au fond de moi je n’y parvenais plus, quitte à revenir plus tard. Un autre interne à qui j’avais exprimé ma peur de ne pas y arriver m’avait dit “Vous ne savez pas où vous serez dans 1 an, l’été prochain.”. Et je me rappelle tellement de lui, Benjamin. Je m’en suis d’autant plus souvenu 1 an après, où je vivais à Marseille avec mon copain que je n’avais pas à l’époque. Et en effet, ma vie n’avait rien avoir, j’étais toujours en lutte, mais j’avais tellement avancé, je revivais, j’avais une vie sociale, je remangeais de tout, etc. 

Alors juste avant je vous ai parlé de 1 an après, mais j’ai fait beaucoup de chemin en 1 an. Et en effet, la sortie n’a pas été simple.

Et d’ailleurs, c’est important de préparer la sortie. C'est-à-dire que normalement, moi, il y avait ça, il y a des permissions qui te permettent d’avoir un pont entre la vie à l’hôpital et la vraie vie. Les permissions ont pour but de te confronter à un repas dehors. Donc souvent on te conseille d’en faire avec différentes personnes avec qui tu vis (tes parents, ton/ta partenaire, tes amis) ; et un repas de famille, et un repas à l’extérieur. Après en soi, tu fais ce que tu veux. Mais le but, c'est de te confronter à des difficultés tout en sachant que tu reviendras rapidement dans un cadre rassurant qu’est l’hôpital et que tu pourras travailler sur ces peurs avec ton équipe soignante. 

La première étape de perm’ c’est de faire une collation à l’extérieur, donc c’est une après-midi, 4 heures. Tu peux le faire qu’une fois si ça s’est bien passée, ou plusieurs fois. Le deuxième pallié c’est faire une journée. Le troisième pallié c’est de faire un weekend donc avec une nuit compris à l’extérieur. C’est vraiment important de le faire pour pas avoir de transition trop violente.

Et encore une fois, il faut vraiment parler de toutes vos angoisses, tout ce qui vous pose problème en amont avec votre interne.

Mon autre conseil qui est pour moi indispensable, c’est de mettre en place des choses à l’extérieur comme j’ai fait. Parce que sinon tu prends le risque de retourner dans le même environnement dans lequel tu étais malade et que le trouble alimentaire retrouve vite ses habitudes. Je sais que c’est pas toujours simple, même financièrement. Mais c’est important. L’avantage de l’hôpital public, c'est que c’est pris en charge les consultations avec psychiatre et les journées en hôpital de jour. 

Voilà, j’ai répondu à toutes les questions 🙂 Dans tous les cas, je vous conseille de rencontrer l’hôpital en amont, d’avoir un entretien avec un psychiatre, une infirmière où vous posez toutes vos questions. 

Moi, personnellement, ça m’a aidé et je pense que j’en avais besoin. Ça m’a permis de me lancer sur le chemin de la guérison. Je sais que pour d’autres personnes ça a fait pire que mieux, elles sont vites parties car l’hôpital n’était pas forcément qualitatif ou que ça ne passait pas avec l’équipe soignante. Enfin en réalité il y a plein de raison et c’est propre à chacun. Et je comprends parce que c’est vraiment difficile. Il y a de nombreuses difficultés, il faut vraiment apprendre à se protéger, à prioriser SA guérison avant tout.  

Je voulais ajouter quelque chose aussi, c’est que dans l’équipe soignante parfois il y a des internes, des infirmières, des aides-soignants qui ne sont vraiment pas appropriés je trouve pour la santé mentale. Et pareil, il faut savoir se protéger. Une fois, une infirmière parlait de régime devant nous par exemple. Ou alors une autre infirmière faisait constamment des remarques désobligeantes, elles étaient plutôt méchantes dans ses paroles et d’autres fois très gentilles. Enfin, ça, c’est comme partout, tu tombes parfois sur des gens qui ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre la maladie. Et il faut réussir à se mettre des œillères face à eux. 

Et d’ailleurs, je trouve ça dommage que l’on ne rencontre pas des personnes qui se sont sorties des TCA. Moi j’adorerai animer un groupe de parole à l’hôpital pour discuter, répondre aux questions et donner des conseils dans des unités de TCA. Je pense que je vais vraiment me renseigner, me rapprocher des hôpitaux autour de chez moi pour voir si c’est possible. Je pense que ça pourrait être bénéfique, avec l’accompagnement de psychiatre qui pourraient répondre aux questions plus sur des choses techniques de la maladie par exemple.

J’espère avoir répondu à vos interrogations 🙂

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Anorexie et stress

Anorexie et stress

Anorexie et stress

N’importe quel être vivant ressent du stress dans sa vie. Et ce n’est pas forcément péjoratif. À petite dose, le stress permet de prévenir le corps qu’il y a un danger face à une menace externe. C’est donc un moyen intelligent du corps de nous protéger, de se mettre en état d’alerte afin de maintenir sa survie. 

Dans la plupart des cas, le stress est momentané et ne présente aucun effet indésirable s’il est bien géré. 

Mais lorsqu’on ne parvient pas à réagir sainement au stress, qu’il revient constamment, en plus grande dose, et ainsi engendre des conséquences néfastes pour la santé. 

Il n’est pas rare, et c’est même plus que fréquent, d’être sujet à du stress chronique lorsqu’on souffre d’anorexie mentale ou de n’importe quel trouble alimentaire. Mais anorexie et stress ne font pas bon ménage…

Anorexie et stress : quel lien ?

Lorsque le stress n’est pas géré, il se transforme en maladie. Donc oui, le stress peut engendrer des troubles du comportement alimentaire ; et les TCA amènent d’ailleurs du stress. Bref, stress et anorexie sont intrinsèquement liés. Mais le stress n’engendre pas systématiquement le développement d’un trouble alimentaire. Sinon, tout le monde aurait des TCA. Et bien que ce soit malheureusement en nette augmentation, heureusement, on n’en est pas là. Ça ne peut pas être la cause d’un trouble alimentaire car il s’agit souvent d’un ensemble de facteurs qui en est la cause. Mais l’anxiété est l’un des facteurs qui entre dans l’adéquation du développement de troubles alimentaires (anorexie, boulimie, hyperplasie…). Les personnes qui ont de l’anxiété présentent plus de risque de développer une maladie mentale comme les troubles alimentaires.

Et bien que chaque personne est différente, on voit souvent des similarités dans les caractères des personnes souffrant de trouble du comportement alimentaire. Un tempérament anxieux en fait partie.

Mais le problème, c’est qu’il s’agit d’un cercle vicieux. Je vais partir de mon propre exemple. J’étais une personne extrêmement anxieuse. Et en fait, même si ça va nettement mieux, je le suis encore et cela fait partie des problématiques que je continue d’apprendre à gérer. Lorsque j’étais anorexique, je développais des stratégies d’adaptation face à ce stress qui alimentaient mon anorexie. Parce que le TCA est vicieux et trouve constamment des excuses pour augmenter la puissance de la maladie, la petite voix me faisait croire que pour m’apaiser, la restriction et la compensation aideraient. 

La réalité était tout autre. Au plus je me restreignais, au plus j’étais dans une perte de poids, au moins j’avais d’énergie. Et donc je parvenais moins bien à raisonner convenablement pour faire face à ces angoisses. Ce qui engendrait encore plus de stress…

Est-ce que ton stress impact ta vie ?

Je pense que lorsque je souffrais d’anorexie mentale, je n’avais peut-être pas conscience de l’impact de mon anxiété sur ma vie. D’autant que de nos jours, on dit toujours que tout le monde est stressé. Sauf que chez moi, c’était maladif.

L’anxiété ce n’est pas être stressé une fois de temps en temps parce qu’on a un rendez-vous important ou parce qu’on s’inquiète de comment va se passer une réunion. C’est des symptômes bien plus profonds que ça… 

L’anxiété c’est…

  • Ruminer tous les jours certaines peurs. Tellement, qu’on finit par se convaincre que ces peurs sont réelles, qu’elles se sont passées pour de vrai.
  • Avoir la sensation que quelque chose de mal va arriver. Et parfois même, être stressé parce que justement, on ne semble pas stressé. Tout va trop bien, ça ne semble pas normal.
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  • Constamment chercher la réassurance auprès des autres en leur demandant souvent les mêmes choses. Et lorsque leur réponse va dans ton sens, tu as peur qu’ils te le disent « juste pour te rassurer » et pas parce qu’ils le pensent vraiment.
  • Savoir que ses pensées sont irrationnelles mais ne pas réussir à calmer son anxiété pour autant.
  • Avoir peur que tout le monde te juge, être persuadé que les autres te trouvent bizarre, qu’ils ne t’aiment pas.
  • Ressentir que ses angoissent énervent les autres. Culpabiliser, mais pour autant, ne pas réussir à passer à autre chose.
  • Ne pas oser en parler aux autres par peur qu’ils te jugent ou qu’ils ne parviennent pas à te comprendre.
  • Être bloqué dans le passé, le futur ou le conditionnel. Et ne pas réussir à profiter de l’instant présent.
  • Constamment douter de soi-même et toujours se remettre en question. 
  • Analyser le moindre petit problème pendant des heures. Se refaire des scénarios en boucle et faire d’un petit détail, une montagne de problèmes qui parait insurmontable.
  • Laisser la responsabilité des décisions aux autres car tu ne te crois pas capable de pouvoir te faire confiance et prendre les décisions par toi-même.

Tu te reconnais dans ces points ? Même pas forcément dans tous ! Mais ne serait-ce que dans quelques-uns… C’est que tu souffres d’anxiété qui paralyse ta vie et t’empêche de vivre pleinement. 

Et d’ailleurs, lorsqu’on souffre d’anorexie, ou d’un TCA plus généralement (boulimie nerveuse, orthorexie, hyperplasie…), les sujets d’anxiété ne sont pas forcément uniquement liés à l’alimentation ou à son image corporelle. Parce que ça, c’est la conséquence du mal-être, mais pas la cause. Alors c’est certain que les angoisses liées à ces sujets sont nombreux : la peur de grossir, de certains aliments, de manger avec d’autres personnes, la peur de perdre le contrôle pendant un repas, de faire des compulsions… Mais pour moi, il ne s’agit pas du vrai problème. Les vraies peurs derrières ça sont beaucoup plus profondes. 

C’est indispensable de traiter ton anxiété en même temps que tes troubles alimentaires.

Comme je disais précédemment, les troubles alimentaires cachent des peurs beaucoup plus profondes. Et je pense que lorsque je souffrais d’anorexie mentale, je n’avais pas forcément conscience de ces peurs. Ce qui fait que du coup, je ne les avais pas vraiment travaillées. En sortant de l’anorexie, peu à peu, je n’ai plus eu de peurs liées à mon corps et à la nourriture. Mais il me restait toutes ces peurs bien plus profondes :

La peur de …

  • Ne pas être parfaite
  • Faire des erreurs
  • Ne pas réussir ma vie
  • L’imprévu, de sortir de ma zone de confort
  • Décevoir
  • Du regard des autres 
  • Etc.

Pour moi, le traitement du stress chronique ne peut pas être dissocié de la prise en charge des troubles alimentaires. Car comme je le disais, les TCA sont parfois des mécanismes d’adaptation face à ce stress. Et si la personne souffrant d’anxiété et de TCA sort de son trouble alimentaire, elle peut retomber dans d’autres conduites tout aussi dangereuses pour sa santé afin de faire face à son anxiété qu’elle n’a pas appris à gérer (drogue, alcool, dépression…)

J’ai beaucoup avancé sur la gestion de mon anxiété. Pour moi, la plupart de mes peurs sont liées à un manque de confiance et d’estime de moi-même. C’est donc en apprenant à me connaître, en faisant des choses que j’aime… que j’ai pu travailler sur ces aspects-là. Cela demande un travail personnalisé et beaucoup de travail avec soi-même finalement. C’est à faire au cas par cas, c’est difficile pour moi de t’aider sur ce plan-là.

En revanche, je me suis dit que je pouvais t’aider autrement. Pour moi, la gestion de son anxiété demande aussi de faire évoluer son mindset, sa façon de voir les choses sur certains aspects (perfectionnisme, le droit à l’erreur, l’importance accordée aux regards des autres…). Une autre clé pour gérer son anxiété est d’apprendre à trouver des mécanismes d’adaptation qui soient sains pour ta santé. Il en existe énormément ! Le truc c’est de trouver la méthode qui te convient à toi ! 

Bref, afin de t’aider à gérer ton anxiété, et ce, de façon accessible, j’ai créé 2 outils physiques ! 

ebook

Le premier est un livret qui traite les différents sujets d’anxiété que tu peux éprouver dans tes troubles alimentaires, et dans la vie en général. Il s’agit d’un livret qui reste interactif avec des questionnaires à remplir et 22 questions avec un espace dédié pour y répondre. Tu retrouveras toutes les infos ici :

Le second est d’autant plus concret. Il te présente 26 exercices avec un total de 42 techniques basées sur des techniques reconnues dans le traitement de l’anxiété (TCC, visualisation, ancrage, thérapie des schémas…). Tu retrouveras toutes les infos ici ! 

26-exercices-ebook-anxiete

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Quelle prise en charge pour des problématiques plus spécifiques dans les TCA ?

Quelle prise en charge pour des problématiques plus spécifiques dans les TCA ?

Quelle prise en charge pour des problématiques plus spécifiques dans les TCA ?

Cet article vient clairement à la suite de l’article où je te parle des praticiens que tu peux consulter pour t’aider dans ta guérison de ton TCA. Dedans, j’y partage mon propre parcours de soin. Je t’invite vraiment à le lire.

J’ai scindé l’article pour éviter qu’il soit encore plus long qu’il ne l’est déjà en proposant un article dédié sur les praticiens à aller voir lorsque tu rencontres des problématiques spécifiques dans ton parcours de guérison.

gastro-entérologue

problemes-digestifs-trouble-alimentaire

Les troubles digestifs sont des symptômes très fréquents dans les troubles alimentaires : constipation, problèmes de digestion, maux de ventre, etc. J’ai d’ailleurs dédié 2 articles de blog sur les causes du ventre gonflé et mes 8 conseils pour mieux vivre avec ce ventre gonflé dans la guérison.

Le gastro peut donc t’aider pour les problèmes digestifs en faisant des examens complets de tout ton système digestif. Il va t’apporter des conseils pour diminuer les inconforts et prévenir des maladies gastros–intestinales entre-autres

gynécologue

Alors ça parait un peu anodin, mais on sait que l’un des impacts possibles des TCA c’est le dérèglement hormonal et donc une absence des règles.

Déjà globalement, lorsqu’on est une femme c’est bien de faire un check régulièrement chez un(e) gynécologue. Je sais que c’est pas forcément évident, perso je déteste ça c’est assez difficile pour moi.

Et en fait, je recommande d’aller voir une gynécologue, notamment après, lorsque peut-être tu recommences à reprendre de la force, et peut-être un retour des menstruations. L’idée c’est simplement d’avoir un contrôle par un expert. 

Évidemment, c’est bien d’expliquer ton parcours dans les TCA. En espérant que tu aies en face quelqu’un de compréhensible vis-à-vis de ça.

J’en profite pour te dire qu’à cette période, je prenais la pilule depuis le lycée déjà (donc avant d’être malade) pour raison acnéique. Et les médecins m’avaient dit de la maintenir pour éviter l’ostéoporose. Je ne m’aventure pas sur ce sujet car je ne connais pas le “pourquoi du comment”. Mais c’est vrai que je les ai écoutés et je n’ai effectivement pas eu d’ostéoporose. je dis ça parce que mon réflex avait été d’arrêter la pilule. Par contre, je ne pense pas qu’il faut la prendre POUR éviter l’ostéoporose si tu ne la prenais pas initialement. Dans tous les cas, je laisse ça dans les mains d’un médecin 😉

Rhumatologue

Le rhumatologue se concentre notamment sur les os, les articulations, les muscles, etc. Or, les TCA peuvent impacter ces différents éléments. L’anorexie a dans la nombreuse liste de ses conséquences possibles : l’ostéoporose. 

Moi j’ai eu 2 ou 3 rendez-vous au service de rhumatologie du CHU de Lille. Mais parce qu’en fait, c’était dans la prise en charge du service TCA où j’étais hospitalisée. Et cela permettait de checker que je n’avais pas d’ostéoporose ou de s’assurer que ça n’évolue pas négativement.

osteoporose-anorexie

Sexologue

Alors ça peut paraître surprenant, mais on peut aller voir un(e) sexologue sans avoir de rapports sexuels, sans avoir de partenaire. 

En fait, ici, je le recommande dans le cadre où tu n’es pas à l’aise avec ton corps et notamment si tu as subi une agression corporelle. 

Et pareil, je te rassure (parce que j’avais plein d’apriori avant d’y aller), elle ne va pas te faire d’exercice de toucher ou de manipulation d’objet durant les séances (c’était ma peur). Elle travaille plus sur les peurs que tu as sur ton corps, sur l’image que tu as de la sexualité.

Du coup, moi j’ai été voir une sexologue (alors je dis “une” mais ça peut être “un”. Moi, j’étais plus à l’aise avec une femme). Et j’ai été à plusieurs reprises, 3 thérapeutes différents (à 3 moments de ma vie différents) pour un total d’une dizaine de séances qui m’ont beaucoup aidé. 

Dentiste

probleme-dentaire-boulimie

Même chose, ça peut paraître surprenant mais l’un des symptômes des TCA c’est malheureusement une détérioration de la dentition. Notamment si tu recours à des vomissements. Mais également si tu recours à des boissons sucrées pour t’éviter de manger… Tout ça, et notamment l’acide de l’estomac, accélère l’érosion dentaire (usure, décoloration jusqu’à déchaussement des dents).

Donc c’est bien de faire régulièrement un check-up chez le dentiste, en fait 2 fois par an suffit je pense. 

Voilà, je n’en ai pas mis d’autres mais peut-être qu’il y en a certains auxquels tu penses qui se trouve déjà dans l’article où je te parle des praticiens plus courants voire indispensables à consulter dans la guérison des troubles alimentaires. 

Si ce n’est pas le cas, n’hésites pas à partager en commentaire, ou à m’envoyer un email pour témoigner d’une problématique spécifique que tu aurais rencontré et quel praticien tu aurais vu pour t’aider à y faire face.

En tout cas, je t’invite vraiment à demander de l’aide et ne pas rester seul. Je sais que ce n’est pas simple car on a souvent peur du jugement des autres mais tu n’as pas choisi d’être malade. Ce n’est pas ta faute et tu mérites d’être aidé.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, 0 commentaire
Quel traitement pour les troubles alimentaires ? (thérapie tca, médicaments…)

Quel traitement pour les troubles alimentaires ? (thérapie tca, médicaments…)

Quel traitement pour les troubles alimentaires ? (thérapie tca, médicaments…)

Cet article est vraiment très très complémentaire à l’article répertoriant les professionnels à consulter et celui te donnant ceux pour répondre à une problématique spécifique de ton chemin de guérison. Comme dedans je parle déjà de certaines thérapies pour ton trouble alimentaire, je ne vais pas me répéter donc si ça t’intéresse je t’invite à les lire. Dans cet article, je vais surtout aborder les traitements pour les troubles alimentaires (anorexie, boulimie, orthorexie, hyperphagie, etc.). Dans “traitement” tca, j’entends les types de thérapies voire traitements médicamenteux

Si tu me lis depuis quelque temps, tu le sais, je ne suis pas médecin ! haha, je le répète presque dans chaque contenu, mais c’est important. Car mes contenus ne remplaceront jamais l’avis d’un médecin. Ici, je fais ces articles pour te guider et te partager mon expérience de rescapée de l’anorexie car on est parfois perdu et on ne sait pas qui consulter, quoi choisir.

Et le fait que je ne sois pas médecin explique pourquoi je vulgarise justement les termes médicaux.

En listant les différents traitements possibles, je vais également te dire ce que moi j’ai testé et ce qui m’a le plus aidé. Comme je dis tout le temps, il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de guérir. Donc ce qui m’a aidé ne t’aidera pas forcément et vice versa. Chacun a son propre chemin de guérison. L’important c’est de tester pour voir ce qui te correspond 🙂

Des thérapies psychologiques pour traiter les tca

Comme je dis très souvent, l’accompagnement psychologique me semble vraiment indispensable pour traiter ton trouble alimentaire. Même si tu n’as pas forcément conscience d’éléments déclencheurs, que tu n’es pas “prêt” à travailler sur ton passé, sur les causes de ton TCA… Il y a déjà le présent sur lequel tu peux te concentrer ! Dans le sens où ton trouble alimentaire monopolise tes pensées, te créé beaucoup de stress t’incitant à mettre en place des comportements destructeurs envers toi-même. Donc, pour t’aider à faire face à tout ça, un accompagnement psychologique est vraiment nécessaire.

La TCC : Thérapie Cognitivo Comportementale

Cette thérapie est certainement celle que je recommande le plus dans le traitement des troubles alimentaires. J’ai moi-même recouru à ça, et je la trouve très pertinente car c’est une thérapie “d’actions” dans le sens où tu as des exercices concrets. Et je me base d’ailleurs sur la TCC pour concevoir mes programmes

Cette psychothérapie fait le lien entre tes comportements, tes pensées, tes émotions et sentiment. La thérapie TCC va se concentrer sur tes schémas de croyances erronées, dans un but de les déconstruire pour t’ancrer des croyances plus saines pour toi. Les schémas de croyances peuvent porter sur ton alimentation, ton rapport au corps, au poids, à l’apparence physique. Mais ça peut être aussi de façon plus générale, même sur ton rapport au perfectionnisme. En gros, elle a pour but de déconstruire les mensonges de la maladie (ceux qui te maintiennent malade) pour retrouver un raisonnement logique, non biaisé par la maladie. Grosso modo. 

Et pour être honnête, ce n’est pas une thérapie facile parce qu’on vient déconstruire des schémas de croyance qui ont certainement pris naissance dans ton enfance. Donc c’est bien ancré. Donc clairement, c’est pas en 1 séance que tout se résout. Et puis ça te demande une réelle implication pour ta santé mentale. Mais souvent l’action, c’est ça qui fait la différence. 

Parce que du coup, tu as des exercices à réaliser chez toi entre les séances. Mais pour le coup, j’ai le sentiment que c’est l’une des thérapies qui a été le plus efficace pour me sortir de l’anorexie. C’était vraiment complet : ça m’a permis de travailler sur mes problématiques du moment dans les TCA, de contrer les pensées de la maladie, de travailler indirectement sur les causes, et donc de me permettre de travailler sur mes peurs de manger, ma peur du poids pour ainsi augmenter mes apports… Donc ça m’a permis une meilleure santé physique ET mentale.

Donc, je recommande +++. Et d’ailleurs, il a été démontré que c’est l’une des thérapies qui a fait le plus ses preuves dans la prise en charge des TCA

L’ACT : Thérapie d’acceptation et d’engagement

Alors je ne connaissais pas cette thérapie, c’est en rédigeant cet article que je suis tombée dessus dans mes recherches. De ce que j’ai compris, l’ACT repose essentiellement sur l’acceptation des émotions, sur un travail de prise de conscience de ses actions. Je trouve ça très pertinent car je vous dis très souvent que la prise de conscience est essentielle et presque prérequis pour pouvoir travailler sur tes TCA. Parce que comment veux-tu travailler sur quelque chose dont tu n’aurais pas conscience ? 

Et le but de l’ACT est in fine que le patient apprenne à mieux accepter ce qu’il ressent, à mieux comprendre et surtout, à adopter des réponses plus saines pour lui (plutôt que des comportements destructeurs du trouble alimentaire : restriction, vomissements, scarification, laxatifs…). Donc ça rejoint la TCC dans le sens où c’est déconstruire les façons de faire néfastes du TCA pour mettre en place des actions plus saines pour ta santé mentale (dans un but évidemment de te sortir du trouble alimentaire).

Donc même chose, de ce que j’ai compris, il s’agit d’une thérapie “d’action”. Et je trouve ça top ! Quand je dis d’action, ça ne veut pas dire que du coup, tu n’échanges pas sur tes ressentis avec ton thérapeute. 

L’EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing

J’ai commencé cette thérapie bien après mes tca. Enfin… en réalité, j’avais encore des restes des mécanismes de l’anorexie. J’étais dans l’anorexie mentale très sévère de 2015 à 2018. Les années 2019 et 2020 ont été ma période essentielle de guérison. Et en 2021, j’ai connu une micro-rechute de quelques mois. Et mentalement, je sentais qu’il me restait quelque chose à travailler pour éviter que je ne replonge totalement dans les TCA. C’est pour ça que j’ai essayé une nouvelle thérapie : l’EMDR.

Et je vous ai fait tout un article dédié dessus que tu peux lire ici. Dedans, je t’explique pourquoi l’EMDR est une très bonne thérapie pour les TCA. Et je te raconte comment se déroule une séance pour que tu aies du concret. 

Avec l’EMDR, tu peux travailler sur ton passé, ton présent, et même des angoisses au conditionnel (qui ne se sont jamais produites). Je le dis déjà dans l’article en question mais il ne faut pas forcément avoir eu un traumatisme. Surtout que parfois, toi aujourd’hui adulte, tu penses que telle chose n’était pas un traumatisme, mais pour un enfant ça peut l’être. 

Et même chose, je l’ai dit dans l’article dédié mais l’EMDR c’est pas comme l’hypnose. T’es vraiment conscient. Et c’est pour ça que d’ailleurs dans l’article sur “Qui consulter” je dis que je recommande davantage l’EMDR par rapport à l’hypnose. Après ça dépend des situations et motifs de consultation j’imagine. Mais vraiment, en EMDR, tu peux avoir des souvenirs de choses qui étaient inconscientes. Mais tu les as seulement si ton “cerveau” juge que tu es prêt à recevoir cette information. Ce qui est beaucoup moins brutal qu’avec l’hypnose, je trouve (d’après mon expérience de patiente).

Donc voilà une thérapie que je commande vraiment +++ (+) haha. Et moi aujourd’hui, mon psy est celui qui m’a fait l’EMDR. Et donc je travaille toujours de temps en temps en EMDR sur des blessures d’enfance et fin c’est la thérapie qui m’a fait le plus avancé dans mon chemin de guérison de vie (au-delà des troubles du comportement alimentaire).

L’Art au service de ta guérison

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L’Art Thérapie est une psychothérapie qui s’appuie sur l’art. Alors, c’est vraiment très vaste l’art et c’est pour ça que ça peut convenir à de nombreuses personnes souffrant de TCA. L’Art Thérapie ça peut être des activités autour de dessin, de la peinture, du collage, du coloriage… Mais ça peut aussi être autour de la danse, du mouvement corporel, de la musique. C’est aussi la sculpture, l’argile, la poterie… L’écriture, aussi la calligraphie, est également un excellent Art thérapeutique finalement. Enfin, il existe vraiment de nombreux moyens ! 

J’ai connu l’Art Thérapie par l’hôpital de jour où il y avait des ateliers collectifs. Mais finalement, je prends conscience en écrivant cet article que j’ai toujours fait de l’art thérapie à ma façon, seule, durant tout mon chemin de guérison.

Pour moi, l’Art Thérapie c’est une façon de créer des choses, de laisser parler sa créativité. Cela permet de reprendre confiance en soi, en ses capacités. C’est un moyen aussi de s’évader, de penser à autre chose que la maladie. C’est une façon de se reconstruire.

Je te donne quelques moyens que j’ai utilisés seule chez moi pour pratiquer en quelque sorte l’art thérapie : 

  • Le fait de tenir un bullet journal où je faisais plein de petites décorations/dessins pour personnaliser le journal et le rendre agréable, vivant.
  • Colorier des mandalas (mais ça j’adorais !!! Ça détend tellement je trouve) 
  • Écrire des pages et des pages de mes ressentis, émotions… Écrire pour inventer des histoires
  • Faire mon vision board dont je te parle dans le programme Pulsion de Vie.
  • Apprendre à dessiner par moi-même avec des tutos “step by step drawing” sur internet
  • Faire de l’origami (pareil, avec des tutos YouTube)
  • Faire de la calligraphie sur mon journal
  • Me mettre à la peinture avec des modèles guidés que j’avais trouvé chez Cultura

Les thérapies … à plusieurs !

La thérapie de groupe

La thérapie de groupe m’a été proposé “par défaut” lorsque j’étais à l’hôpital de jour et à temps complet. Et c’est pas mal parce que ça permet d’échanger autour de certaines problématiques, de voir ce qui a aidé d’autres par exemple. Combien de fois vous me dites que lorsque je vous partage mon expérience ça vous permet de vous sentir moins seul. Bah la thérapie de groupe permet ça ! 

Et en général, il y a un “médiateur” qui est un médecin, psychologue, thérapeute, psychiatre voire bénévole (notamment si c’est organisé par une association). Et il y a un sujet donné ou alors juste quelqu’un prend la parole pour parler d’une problématique spécifique de la guérison. 

La dynamique de groupe peut vraiment être un moteur, une motivation. Après, je mets “en garde” parce que moi je sais qu’à un moment de ma guérison, j’étais très fragile et la moindre chose pouvait me créer un déclencheur. Si je voyais quelqu’un plus en difficulté que moi, j’avais juste tendance à me dire que je n’étais pas si malade. Et parfois, ça me mettait plus mal qu’autre chose. Donc je pense que lorsque tu recours à ça, il faut être prêt à voir d’autres patients qui sont parfois à différents stades que toi dans la guérison du TCA. Mais dans tous les cas, encore une fois, je t’invite à tester par toi-même.

La thérapie familiale

La thérapie familiale est aussi une thérapie à plusieurs finalement. Alors, “thérapie familiale” ça ne veut pas dire que tu emmènes toute ta famille chez le psy. Mais l’idée, c’est que tu peux proposer à ta famille restreinte (frère & sœurs, parents). Tu peux aussi proposer à ton partenaire de vie. Et tu n’es pas obligé d’avoir tout le monde en même temps, tu peux juste avoir ton père, juste ta mère, juste ta sœur, etc. 

Je trouve personnellement que la thérapie familiale ne doit pas nécessairement avoir lu PARCE qu’il y a un dysfonctionnement dans la famille. Je veux dire que tu peux très bien t’entendre avec ta famille, ne pas avoir de gros problèmes d’entente particuliers et avoir quelques séances voire une seule séance de thérapie familiale. 

Parce qu’avec la thérapie familiale, tu as aussi un médiateur, qui est une personne neutre. Et c’est vraiment important parce que parfois, notamment à cause de la maladie, on n’arrive pas à mettre des mots sur ce qu’on ressent. On se laisse facilement emporter par les émotions, par la peur aussi de dire les choses réellement. Et la présence d’une personne externe permet parfois d’aider à s’exprimer dans le calme. Et le médiateur peut aussi faire comprendre des choses à ta famille que tu n’arrives pas forcément à exprimer.

Donc, je recommande la thérapie familiale. J’ai dû faire 3 ou 4 séances au total. 2 avec mes parents et ma sœur, 1 avec ma mère et 1 avec mon père de souvenir. Et je pense que ça a été d’autant plus bénéfique pour ma sœur qui m’a dit qu’à l’une de ces séances, elle a beaucoup changé d’avis sur moi, elle m’a vu différemment et que ça l’a beaucoup aidé à me comprendre. Et j’ai dit des choses aussi à mon père que j’aurai jamais dit sans le médecin. En gros, je m’exprimais à mon père mais de façon indirecte, puisque je le disais au thérapeute. Et mon père était à côté, il entendait quoi. 

Les animaux pour t’aider dans la guérison de ton trouble alimentaire

La thérapie équine

Alors ça, j’en ai beaucoup entendu parler mais je n’ai jamais fait. Et je sais que certaine clinique propose ça ! Mais en gros, la thérapie équine c’est le fait de s’appuyer sur les chevaux. Le but est de créer un lien avec un cheval pour travailler sur sa propre image corporelle, son estime de soi. Alors, je ne connais pas tous les tenants et aboutissants mais je pense qu’en effet ça peut faire beaucoup de bien.

De toute façon, d’une manière générale, les animaux s’avèrent être un vrai soutien dans la vie en général. Mais vraiment. La ronron-thérapie par exemple c’est le fait que la fréquence des ronronnements du chat créé un réel impact positif pour l’Homme. Les poissons dans les aquariums favorisent aussi le bien-être. Il a été prouvé que ça permet d’instaurer un climat de détente, d’apaisement, etc. À l’hôpital où j’étais hospitalisé, il y avait une salle où il y avait un aquarium. 

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Donc vraiment, si vous avez des animaux, bah profitez-en pour passer du temps avec eux. Moi personnellement, j’ai de la chance car j’ai grandi dans une ferme et donc comme en sortant de la deuxième hospitalisation je suis retournée chez mes parents, j’ai pu profiter de voir mon âne, les chevaux, mon chien, les chèvres, etc. 

Alors c’est sûr que ce n’est pas CA qui permet de guérir des TCA. De toute façon, comme je dis toujours, il n’y a aucune thérapie qui a un effet magique. Enfin, personnellement, je trouve que la guérison, du moins la mienne, était la somme de plusieurs petites actions / prises de conscience / temps, etc. 

Mais l’art thérapie, l’équine thérapie, les thérapies de groupe, c’est des +. Soit, en plus des accompagnements psychologiques que j’ai présentés. La guérison des TCA repose sur un accompagnement pluri-disciplinaire, englobant différents facteurs (psychologique, alimentaire, restructuration cérébrale, confiance en soi…) 

Les traitements médicamenteux dans la guérison des tca

Des médicaments contre les TCA ?

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Je rappelle que je ne suis pas médecin ! La prise de médicaments n’est pas à prendre à la légère et doit être prescrite par un médecin spécialisé, qui te connait, qui a réalisé un diagnostic complet. 

J’ai longtemps été contre les médicaments. Parce que je ne voulais pas qu’on me rende “légumes” et surtout j’avais peur d’une perte de contrôle sur mon corps en fait. Et je suis arrivée à une période où la prise de médicaments a peut-être été inévitable. Donc j’ai été sous-traitement.

Mes médicaments étaient prescrits par ma psychiatre spécialisée en troubles du comportement alimentaire qui me suivait dans l’hôpital où j’avais été hospitalisée. Elle était très compétente et j’avais une entière confiance en elle.

Donc il n’existe pas de médicaments qui vont te permettre de guérir. Encore une fois, pas d’effet magique. Et d’ailleurs, la prise de médicament seul ne “sert à rien”. Dans le sens où ça doit forcément s’accompagner d’un suivi psychothérapeutique à côté si tu veux que ce soit efficace. 

Les médicaments qui sont prescrits sont souvent liés aux symptômes du TCA : état dépressif, crises d’angoisses, idées noires, etc. Il s’agit donc couramment des antidépresseurs, anxiolytiques et antipsychotiques (notamment pour les angoisses, la déformation de l’image corporelle).

Moi j’ai eu des antidépresseurs, que j’ai gardé de 2018 à 2020 donc 1 an et demi. Et pour les anxiolytiques là pour le coup j’avais créé une dépendance. J’ai largement diminué les doses petit à petit mais je n’arrivais pas à me passer de celui que je prenais pour dormir. Et dès que j’avais des crises d’angoisse, j’en prenais davantage. Donc c’était très mauvais mais malheureusement c’est le risque avec ces médicaments. Donc arrêter a été difficile et pour te dire c’est tout récent ! À l’heure où j’écris ça, cela fait 112 jours haha. Et j’ai profité des vacances pour réussir à arrêter et je suis vraiment contente de m’en être enfin séparé. 

Alors attention, on n’arrête pas ce genre de médicament seul, du jour au lendemain. C’est important de se faire accompagner par un thérapeute dédié pour réduire petit à petit et surveiller l’arrêt des médicaments. Parce qu’il peut avoir des effets secondaires. Et c’est aussi l’une des raisons des rechutes. Donc vraiment attention, il ne faut pas prendre ça à la légère.

Je pense que cela m’a aidé, notamment les anxiolytiques. Même si j’avais une dépendance, j’arrivais à prendre du recul et à me dire “ce n’est pas grave, j’en ai besoin en ce moment, c’est pas toute ma vie.” Encore une fois, je faisais preuve de bienveillance avec moi-même mais comme je dis souvent, c’est l’une des clés de la guérison. 

Après, tu peux aussi avoir des médicaments pour les “effets indésirables” que tu peux rencontrer dans la guérison, notamment les troubles digestifs. 

Des compléments alimentaires pour t’aider

Il ne s’agit pas de médicaments mais cela rentre dans la prise en charge des TCA et ça peut t’être prescrit par ton médecin ou psychiatre qui te suit.

Comme les troubles du comportement alimentaire occasionnent de nombreuses carences puisque le corps ne reçoit pas l’énergie qu’il a besoin, tu peux avoir des compléments pour t’aider : magnésium, fer, vitamines, calcium, etc. Tous des choses que tu ne retrouves plus dans ta nourriture dû à la restriction.

Moi j’avais un “cocktail” de tout ça à l’hôpital, je crois 2 ou 3 fois par jour. Et après chez moi j’avais pris aussi en pharmacie du magnésium et des vitamines que je prenais tous les jours, notamment en hiver. C’est histoire de te donner un coup de boost.

Et après tu peux aussi avoir des compléments en potassium, notamment en cas de vomissements ou de prises de diurétique où les taux de potassium sont en chute. Attention parce que ça peut être très grave un manque de potassium ! On appelle ça l’hypokaliémie. Et cela augmente le risque de trouble du rythme cardiaque (crise cardiaque).

D’autres compléments peuvent être prescrits comme les boissons / yaourts Délical ou Fortimel. Il s’agit d’avoir un complément nutritionnel pour t’aider à atteindre une certaine ration dans ta journée. Je n’en ai jamais pris et on ne m’en a jamais prescrit. 

J’en profite d’ailleurs pour terminer cet article en insistant sur le fait que tout ça, toutes les thérapies et traitements auxquels tu peux recourir pour la guérison de ton TCA, elles ne peuvent être totalement efficaces si tu ne l’accompagnes pas d’une alimentation variée qui répond aux besoins de ton corps. Je sais que c’est bien plus simple à dire qu’à faire. Je le sais, crois-moi, j’étais à ta place. Et c’est d’autant plus difficile quand la maladie te fait constamment culpabiliser. Mais c’est pourtant essentiel. Et c’est possible, tu vas y arriver. Ne te dis pas par contre “bon bah je n’arrive pas à manger, donc ça ne sert à rien que je fasse une thérapie”. Non, parce que moi pendant longtemps, genre 3 ans j’ai fait des thérapies sans réussir à répondre aux besoins de mon corps. Mais c’est justement le travail réalisé durant ces thérapies qui m’a aidé à répondre aux besoins de mon corps, à augmenter mes apports nutritionnels. Et après c’est un cercle vertueux. Car les apports nutritionnels me donnaient de l’énergie pour travailler sur mes thérapies psychologiques, qui elles-mêmes m’aidaient à travailler sur mes peurs de certains aliments, et de manger plus globalement et ainsi de suite. 

J’espère que cet article t’a aidé ! Et je te mets en bas de page le lien direct vers les autres articles liés à cette thématique pour t’apporter d’autres informations complémentaires, pour t’aider à savoir qui consulter, quelle thérapie choisir. 

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Trouble alimentaire : Qui consulter ?

Trouble alimentaire : Qui consulter ?

Trouble alimentaire : Qui consulter ?

Les troubles alimentaires sont des maladies complexes et parfois, quand on y est confronté, on ne sait pas ou plus vers qui se tourner. Dans cet article, pour t’aider à savoir qui consulter pour t’accompagner dans la guérison de tes troubles alimentaires, je vais essayer de présenter le maximum de types de praticiens que tu peux essayer de consulter, ainsi que ce qu’ils peuvent t’apporter. 

L’important, c’est de savoir que la guérison des troubles alimentaires passent par un accompagnement pluri-disciplinaire. Donc l’idée est de coupler les différentes thérapies. Je ne te parle pas forcément en même temps, tu ne peux pas tout essayer au même moment (financièrement et en termes d’énergie). Mais tu peux parfois coupler 2 thérapies si elles n’agissent pas sur les mêmes dimensions. Ou alors, tu peux tester différentes thérapies tout au long de ton chemin de guérison. 

Mais les causes sont souvent issues de plusieurs facteurs et c’est bien de travailler à la fois sur les causes mais aussi les conséquences, soit les symptômes du TCA.

D’ailleurs, « tester », c’est un terme à retenir aussi. Il faut que tu testes toi-même différentes thérapies pour voir ce qui te convient. Parce que ce qui m’a aidé, ne t’aidera pas forcément et vice versa. On est tous différents et chacun a son propre chemin de guérison. Je sais que c’est pas simple et même éprouvant de devoir toujours raconter son histoire du début à une nouvelle personne. Mais ça fait partie du chemin de guérison. Et parfois, il faut répéter, s’acharner pour trouver la bonne personne, le bon thérapeute qui te correspondra. J’ai tellement de choses à dire sur ce sujet, que pour éviter que cet article fasse 10 km, je te renvoie sur mes 6 conseils pour une bonne thérapie dans un article dédié. 

Tout au long de cet article, je te dirai ce que moi j’ai testé ou non, si ça m’a aidé et quand j’y ai recouru.

Qui consulter : généraliste ou spécialiste ?

Pourquoi le médecin généraliste n’est pas forcément le mieux placé ?

Je n’ai absolument rien contre les médecins généralistes. D’ailleurs, c’est un beau métier et on en a clairement besoin. Mais, ils sont GÉNÉRALISTES. Et de ce fait, ils ne peuvent pas connaître les spécificités des troubles alimentaires. Et combien de témoignage j’ai reçu m’exprimant un rendez-vous avec un généraliste qui a mal tourné. Combien sont allés voir leur médecin pour suspicion de TCA et qu’on leur a répondu que leur IMC était trop élevé ou que le poids était trop élevé pour avoir un TCA. Ou alors qu’on leur a même conseillé un régime. Ou qu’on leur a dit de faire attention à leur poids… Bref, des conseils qui n’ont fait qu’empirer la situation, plus que d’aider en tout cas. 

Et j’ai moi-même expérimenté ça. Donc c’est vrai que c’est pas le médecin généraliste que je recommande forcément, du moins en premier.

Après, c’est mieux que ton médecin traitant soit tout de même informé. Déjà parce que parfois on peut tomber sur une personne familière aux troubles du comportement alimentaire. Mais en plus, parce qu’il pourra te donner des médicaments pour les inconforts digestifs par exemple. Ou plus globalement, il pourra surveiller tes prises de sang, etc. 

Consulter des professionnels spécialisés en trouble alimentaire

Je sais que ce n’est pas simple d’en trouver partout, et j’espère sincèrement qu’un jour, peu importe où l’on se trouvera, on pourra trouver un spécialiste en TCA à proximité de chez soi. Pourquoi ? Parce que les TCA sont des maladies mentales vraiment complexes. Et ça demande vraiment de très bien connaître pour pouvoir accompagner des personnes qui en souffrent. Car il s’agit de mécanisme spécifique, très difficilement compréhensible quand on ne l’a pas vécu ou qu’on ne connait pas bien. Et malheureusement, parfois, un médecin non spécialisé peut donner des conseils vraiment pas adaptés, qui peuvent empirer le trouble. 

Comment on trouve des spécialistes en trouble alimentaire ?

En regardant si autour de toi, il y a des hôpitaux ou centres de soin qui disposent d’une unité spéciale trouble du comportement alimentaire. Par exemple à Lille il y avait Fontan 2 au CHU de Lille. 

Tu peux également chercher sur Internet avec la fonction de géolocalisation activée. Et tu tapes le type de praticien + le mot-clé “TCA” ou “trouble alimentaire”. 

Qui consulter pour la prise en charge des troubles alimentaires ?

Toi-même

Un peu facile cette réponse. Mais pourtant tellement vrai. En fait, au départ je voulais le mettre en dernier mais c’est TELLEMENT important, que je te le mets en premier finalement. 

Quand je dis toi-même, c’est juste que, il faut vraiment comprendre que tu auras beau faire appel aux meilleurs spécialistes du monde, si tu n’es pas prêt⸱e à t’impliquer à 200% dans ta guérison, alors, ça sera beaucoup moins voire pas efficace.

Ce n’est pas un grief ce que je dis là parce que je sais que c’est pas toujours simple : parce que la guérison fait peur, parce que ton TCA peut être une façon de te protéger et que du coup il y a beaucoup de résistance aux changements. C’est normal, ne t’en veut pas. Mais vraiment, aies conscience que même si oui, tu dois demander de l’aide autour de toi, tu es la personne qui pourra réellement te sortir de ça, du moins tu es la seule à pouvoir décider de te battre contre celle maladie.

Unité spéciale trouble alimentaire en milieu hospitalier

Cela peut te faire peur car il y a le moment “hôpital”. Mais c’est pas parce que tu fais appel à un centre hospitalier que tu vas être hospitalisé. Généralement, ils proposent également des consultations en journée avec les psychiatres spécialisés en trouble du comportement alimentaire. Moi personnellement j’ai commencé par là. Et ils m’ont réellement aidé ! Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un centre de soin spécialisé à proximité. Mais si tu l’as, vraiment, profites-en. Je recommande ++. 

En unité TCA ou centre de soin spécialisé, tu as aussi la possibilité d’avoir l’hôpital de jour. Alors ça pareil, ça ne veut pas dire que tu vas passer toutes tes journées là-bas. Généralement déjà, c’est pas journée complète (c’est 8h-16h environ). Et en plus, c’est pas toute la semaine. Souvent, tu commences avec 1 ou 2 journées. Et c’est presque rare d’y être toute la semaine. Moi, j’ai commencé avec 1 et après j’en avais 2 journées. Même chose c’est vraiment intéressant dans le sens où tu partages des repas avec d’autres, tu peux être amené à manger avec des soignants qui peuvent être un soutien au moment même des repas. Et tu as la possibilité d’avoir des activités thérapeutiques (cuisine ensemble, groupe de parole, art thérapie, consultation psy…). Donc pareil, ça je recommande ++. Au moins tester. 

Après évidemment, tu as aussi l’hospitalisation à temps complet. J’ai fait 2 articles à ce sujet où je parle de mes 2 hospitalisations. Donc je te laisse les lire si c’est quelque chose qui t’intéresse : 

Psychiatre

Pour vulgariser, la différence du psychiatre par rapport au psychologue c’est le fait qu’il a la possibilité de te faire des ordonnances, de te prescrire des médicaments. Il surveille la santé générale de ton corps, physique et mentale. Il s’occupe aussi de s’assurer que ton corps réagisse bien, qu’il n’y ait pas de complication, etc.

J’ai eu un suivi psychiatre dès la première année après le début de l’anorexie. Et pendant 3 ans approximativement. Vu que j’avais un traitement médicamenteux, j’ai eu à nouveau une psychiatre plus tard. Mais pour le coup, elle faisait que les ordonnances. Je dis ça car c’est un peu “au petit bonheur la chance”. Je pense que y’a certains psychiatres qui sont vraiment tournés “ordonnance” / “santé du corps”. Et il y en a d’autres qui font vraiment aussi l’accompagnement psychologique. Lorsque je suis sortie de ma deuxième hospitalisation, j’ai eu une psychiatre en or. Vraiment, une perle ! Elle m’a tellement aidé ! Elle comprenait très bien les TCA, elle avait une très bonne écoute, me faisait réellement avancer psychologiquement. 

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Psychologue

L’accompagnement psychologique est pour moi indispensable. Surtout si tu n’as pas de psychiatre qui te fait l’accompagnement psychologique. 

Les troubles alimentaires sont parfois (et même souvent) des stratégies d’adaptation. C’est-à-dire que c’est une maladie (= “mal à dire”) que le corps exprime, car c’est le seul moyen qu’il ait trouvé pour dire “Il y a quelque chose qui ne va pas. Donc, il faut le travailler”. De façon imagée bien sûr… Et surtout inconsciente.

Et le psychologue va t’aider à travailler sur l’origine de tes troubles alimentaires. Il va t’aider à surmonter aussi des problématiques de ta vie courante (manque de confiance et d’estime de toi, trouble anxieux, etc.) mais aussi que tu rencontres dans ta guérison. Il va t’aider à te donner des outils pour mieux gérer les situations stressantes et trouver des alternatives saines à ta santé plutôt que les comportements destructeurs que tu peux avoir envers toi-même.

Même chose, je recommande d’avoir un psychologue qui connait assez bien quand même les TCA. Après, s’il ne connait pas mais que tu as d’autres praticiens qui connaissent, ne te bloque pas non plus. Ils peuvent tout de même t’aider sans être expert des conduites alimentaires. 

Pour ma part, j’avais un accompagnement psychologique depuis le début de mes TCA. Et même avant. Et même toujours aujourd’hui haha. Mais pour te dire qu’il ne faut pas forcément aller mal pour aller voir quelqu’un. Je dirai même que tout le monde a besoin d’un psy dans le sens où tout le monde a des choses à travailler, sur lesquelles avancer. 

Diététicien

Tu peux travailler la dimension alimentaire avec un diététicien. Et là pour le coup, c’est presque primordial pour moi qu’il soit spécialisé en TCA. Parce que sinon, les conseils de perte de poids ou de restriction peuvent être vraiment dommageables… 

Le diététicien n’a pas seulement pour rôle de te faire un plan alimentaire. D’ailleurs, ce n’est pas systématique. Il t’aide également à travailler sur tes croyances alimentaires erronées. Il t’aide à incorporer des aliments qui te font peur (fearfoods), à t’instaurer une fréquence dans tes repas. Il t’aide à comprendre comment la nutrition affecte ton corps. Il t’aide à avoir une relation plus saine globalement avec la nourriture.

Pour ma part, j’avais vu une diététicienne au tout début, avant même d’aller voir n’importe qui pour trouble alimentaire. À ce moment-là, j’étais dans un “déni” et je n’admettais pas encore avec de TCA, tout simplement, je ne comprenais pas ce qui se passait. De ce fait, ça ne m’a pas aidé. J’ai fait 2 ou 3 séances. Et après, je ne suis pas retournée en voir spécifiquement. Par contre, ayant été suivi à l’hôpital, j’ai eu “par la force des choses” un plan alimentaire que j’ai utilisé de façon momentanée et qui m’a aidé. 

Troubles alimentaires : les thérapeutes auxquels on pense parfois moins

… Mais à tort 😉 Parce que ce sont vraiment des aides intéressantes dans la prise en charge des troubles alimentaires.

En revanche, tous les praticiens que je citerais dans cette partie sont à complémentariser avec un médecin et/ou psychiatre/psychologue. 

Kinésiologue

Alors, la kinésiologie, on n’y pense pas forcément et c’est même pas très connu. Moi, je connais parce que j’en ai fait justement. La kinésiologie ça veut littéralement dire “étude du mouvement”. Et en fait, c’est en gros évaluer la santé du corps via des tests musculaires. C’est assez particulier et très difficile à expliquer par écrit. Mais en gros, un choc émotionnel ou le stress d’une manière générale va affaiblir certains muscles. Quand je dis test musculaire, en fait le praticien va effectuer des pressions très douces, indolore sur un muscle, et souvent, il s’agit des bras (poignées) ou jambes (chevilles). Moi qui n’étais pas à l’aise avec mon corps, ça ne me mettait pas mal à l’aise. Et du coup en gros le but de la kinésiologie, c’est de “rééquilibrer” le corps et l’esprit. Grosso modo. 

Pourquoi j’ai choisi la kinésiologie ? J’ai rencontré une dame dans le village de mes parents qui pratiquait ça et qui avait déjà accompagné des jeunes filles souffrant d’anorexie. Donc j’ai voulu essayer. Dire que ça a été efficace, je ne peux pas parce qu’en fait, il n’y a aucune thérapie qui a un effet magique. Je trouve que la guérison, c’est une accumulation de petites choses. Mais en tout cas, oui, ça m’a aidé. Ça me faisait du bien, je me sentais plus détendue après. 

Sophrologue

Encore une fois pour vulgariser, la sophrologie, c’est des techniques de relaxation pour aider à diminuer ton état de stress général, et donc les tensions dans ton corps. Le but étant, in fine, d’avoir des impacts positifs sur ton mental. 

La sophrologie s’appuie sur la respiration, la relaxation des muscles et la visualisation mentale. Il y a différentes façons de faire, je pense que ça dépend aussi du praticien. 

Cela peut se pratiquer en individuel ou en groupe. 

Alors moi j’ai fait de la sophrologie, à la fois en individuel et en groupe. En individuel, j’avais une thérapeute dédiée. En groupe, c’était à l’hôpital de jour. Ce n’est pas forcément simple. Je trouve, par mon expérience, que la sophrologie demande de la patience et de la répétition.  Certains exercices m’ont sincèrement aidé de façon générale à me déstresser, surtout au moment des séances. Mais après, j’avais appris des exercices que je pratiquais chez moi, notamment lorsque j’avais des crises d’angoisses, ruminations, idées noires, etc. 

Donc oui, la sophrologie m’a aidé. C’était un petit + sur mon chemin de guérison. Mais de toute façon, je trouve que la pratique d’exercices de respiration / relaxation est presque indispensable pour t’aider. Avec sophrologue ou seul. Mais parce que le stress est quand même souvent omniprésent. Et je sais que parfois ça soule de faire ce genre d’exercice, surtout qu’on n’en ressent pas les bénéfices immédiats, mais vraiment, c’est des petits + qui peuvent faire la différence. 

Homéopathe

J’ai aussi été voir une homéopathe. Là après, c’est à chacun de voir à quel point il croit en cette médecin. Je pense que dans certains cas c’est vraiment approprié, et dans d’autres cas peut-être moins. J’ai été voir une homéopathe pour m’aider à avoir un traitement de fond “naturel” pour gérer mes angoisses. Mais en fait, je ne pense pas que ça m’a aidé. Après j’ai peut-être pas pris assez longtemps les gélules prescrites. L’homéopathe que j’ai été voir était très reconnue donc je ne doute absolument pas de ses compétences. Néanmoins, pour être complètement honnête, je l’ai connu dans l’un des moments “apogées” de ma maladie. Et je voyais ces gélules comme du sucre et j’avais très peur de l’apport calorique. C’est débile parce que j’ai su bien plus tard que c’est dérisoire et surtout, c’était pour ma santé. Mais tu sais très bien que la maladie nous fait faire des choses insensées.

L’homéopathe va plutôt venir travailler sur les symptômes anxieux que sur les causes du TCA.

Kinésithérapeute / Ostéopathe

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J’ai regroupé les 2 ensemble parce que parfois certain praticien ont les 2 casquettes. Ici on est plutôt dans le cadre d’une thérapie corporelle. Le but d’aller voir un kiné et/ou ostéopathe dans le cadre des TCA c’est de prendre conscience de son corps, de renouer avec les sensations corporelles de son corps. Voilà ça, c’est dans la théorie.

Dans la pratique, je vais te parler de mon expérience avec ça puisque j’ai aussi vu un kiné. Je te dis souvent que le corps est très bien fait. Et que ton corps est ton allié dans ta guérison, qu’il te veut du bien. Je pense sincèrement que n’importe quel problème psychologique se retranscrit dans ton corps. Et en fait, si tu as des tensions spécifiques, peut-être eu un traumatisme sans forcément qu’il y ait eu un contact avec ton corps, et bien ça peut créer des blocages dans ton corps. Et le kiné, et notamment l’osthéo, je pense, peut vraiment t’aider à ça. 

Moi, au tout début où je suis tombée dans l’anorexie, j’ai eu une vingtaine de séances avec une kiné pour juste me masser, me détendre. Encore une fois, avoir des pratiques pour te détendre c’est un vrai atout dans ta guérison. Ce n’est pas forcément quelque chose que les kinés aiment de “seulement masser” mais là, tu en as besoin. Et ils le savent, ils le sentent que c’est tendu. Pour le coup, la kinésithérapie, c’est très bien pris en charge par la sécurité sociale. Je n’aime pas trop dire ça parce qu’on va penser que c’est de l’abus, mais vraiment ça m’a fait beaucoup de bien. 

Et après, j’ai toujours eu de la kiné et je suis très chanceuse, mais ma sœur est kiné / osthéo et du coup, elle m’a très souvent fait des massages crâniens et ouaaaaah, ça m’a fait TELLEMENT de bien. 

Hypnothérapeute

Ici je mets en garde de recourir à un hypnothérapeute qui vous a été recommandé. Car malheureusement, il existe beaucoup de charlatan et ça peut donc faire bien pire qu’autre chose. Vraiment ! 

L’hypnose a pour but également d’agir sur le côté anxiété, peur et d’aider notamment pour certains traumatismes. Il peut donc travailler sur les symptômes du TCA comme sur les causes. 

Tout le monde n’est pas réceptif à l’hypnose. Alors, il y a une différence entre hypnose thérapeutique et hypnose de spectacle. Pour moi tu n’es pas inconsciente en hypnose thérapeutique. Mais après, moi je pense que je n’étais pas super réceptive. Cela demande peut-être un certain lâcher-prise que je n’arrivais pas à avoir. J’ai dû faire 3 séances.

Et c’est vrai que maintenant que je connais l’EMDR, je n’irai pas vers l’hypnose pour gérer un traumatisme. Dans le sens où le cerveau, s’il garde quelque chose dans l’inconscient, c’est pour te protéger. Et parfois, on n’est pas prêt à voir certaines choses. Et ça peut te plonger dans un état dépressif grave d’être confronté à des souvenirs que tu n’étais pas prêt de voir. Après ça reste mon avis personnel et je pense que l’hypnose a pu faire ses preuves pour d’autres personnes. 

Et je pense notamment pour les personnes qui souffrent de boulimie ou hyperphagie et connaissent des phases de frénésies importantes où un sentiment de perte de contrôle subsiste.

Acupuncteur

Même mise en garde que pour l’hypnothérapeute, choisissez un acupuncteur qui est reconnu pour éviter les charlatans parce que l’acupuncture demande tout de même une très grande connaissance et précision où il ne faut pas faire n’importe quoi. 

Les médecines chinoises ont des interprétations à leur façon des troubles alimentaires. Je ne suis pas du tout fermé à ça, au contraire. Mais peut-être que tout le monde n’y croit pas. Je n’ai une connaissance fine en acupuncture mais en gros l’idée est de rééquilibrer certaines énergies dans le corps. 

acupuncture trouble alimentaire

Honnêtement, je ne m’aventure pas plus sur ce sujet pour le moment. Mais je ferai peut-être davantage de recherches ultérieurement. 

En tout cas, j’ai testé 1 séance. Et ça m’a fait du bien sur le moment-même, cette dame était très reconnue pour son efficacité. Par contre, elle m’a donné des conseils très très mauvais vis-à-vis des TCA. Elle m’a dit que je devais calculer avec des pourcentages mes macro-nutriments pour arrêter ma faim extrême. Et c’était à une période où j’étais perdue, je ne comprenais pas cette faim extrême, ça a généré en moi beaucoup de culpabilité. Bref, je n’y suis pas retournée. Mais tu vois, c’est pour te montrer que l’on tombe parfois sur des personnes pas forcément mal intentionnées mais qui donnent des conseils bien plus destructeurs qu’aidant. Et en fait, c’est presque impossible de ne pas tomber sur au moins une personne comme ça dans son parcours. Moi je ne te l’ai pas toujours dit, mais j’en ai eu plusieurs (infirmière à l’hôpital, psychologue en cabinet, médecin généraliste…)

Encre une fois, il me semble que pour les personnes boulimique ou hyperphagique, l’acupuncture est d’autant plus une aide appropriée, notamment pour les périodes de compulsions alimentaires.

Psychomotricien

La psychomotricité repose sur la médiation corporelle, les émotions et les pensées. L’objectif du psychomotricien est, en gros, de permettre au patient de trouver un équilibre entre son mental et son corps, d’être plus à l’aise avec ses émotions et son environnement. Il permet d’aider à prendre conscience de son corps, à travailler sur l’image corporelle et notamment sur la dysmorphophobie. Cela peut passer par des exercices d’identification des émotions, des exercices de respirations, de relaxation, de la gym douce, des exercices théâtrales, etc.

Personnellement, je n’ai jamais testé mais tout simplement parce que je ne pensais pas qu’un psychomotricien pouvait prendre ne charge les troubles alimentaires. Mais je trouve ça très intéressant. Par contre, je pense qu’il faut vraiment que le praticien ait une expérience avec d’autres patients souffrant de TCA. 

Naturopathe

Je n’ai personnellement pas recouru à la naturopathie mais je sais que l’accompagnement TCA existe dans cette branche. Encore une fois, je pense que c’est important que la personne ait une spécialisation ou qu’elle soit très familière aux troubles alimentaires. Lorsque c’est le cas, elle peut conseiller des plantes, fleurs de Bach et huiles essentielles pouvant t’aider dans certaines angoisses. Je sais que certain naturopathe propose aussi un accompagnement avec des exercices pour se réapproprier son corps, des exercices de relaxation, voire des exercices pour retravailler ses croyances erronées sur l’alimentation.

Et les associations dans tout ça ?

On les oublie parfois, et malheureusement, je trouve presque qu’il n’en existe pas assez car certaines régions de France n’en ont pas. Mais les associations peuvent également apporter leur soutien de façons différentes : 

  • Te permettre de rencontrer des personnes qui sont passées par là
  • Organiser des groupes de parole / de soutien (pour les patients comme pour les proches)
  • Te proposer une ligne d’écoute sur des larges plages horaires 
  • Te mettre en relation avec des professionnels reconnus dans les TCA

Je te laisse regarder sur la page où je recense les associations de troubles alimentaires que je connais.

L’Ald : t’aider à financer ta thérapie

Je sais que financièrement ce n’est pas toujours facile de financer une thérapie. Peut-être que tu connais l’ALD. Si tu ne connais pas, il s’agit d’une Affection à Longue Durée qui peut être défini pour plusieurs années (aucun impact). Mais cela te permet d’avoir une prise en charge à 100% de tes soins de santé en rapport avec les TCA : consultation de médecins traitants, médicaments si tu en as en lien, consultations de psychiatre, etc.

Il faut que tu en fasses la demande auprès de ton médecin traitant. Ce n’est pas payant, c’est gratuit.

Malheureusement, les médecines douces ne sont pas prises en charge par l’ALD. Mais en fait, pour tout médecin où il te demande la carte vitale (et que c’est en lien avec ton TCA), c’est pris à 100% en charge. Donc vraiment, c’est un vrai + ! 

D’autre part, je sais que certaines mutuelles remboursent mieux les médecines douces donc si tu en as souvent, ça vaut peut-être le coup de choisir ta mutuelle en fonction de ce critère. 

À quelle fréquence faut-il consulter ?

Je dirais que ça dépend de beaucoup de choses : si tu es étudiant, en activité professionnelle, en mi-temps thérapeutique… Soit du temps que tu as. Même si on peut toujours trouver le temps… 

Et ça dépend d’où tu en es dans ton parcours de guérison. 

Cela dépend aussi, on ne va pas se le cacher, de tes finances.

Toutes les 2 semaines me semble presque un minimum. Lorsque j’étais dans les stades les plus graves de la maladie (je ne parle pas en termes de poids, mais dans ma tête), je voyais toutes les semaines : psychiatre et/ou psychologue + autre thérapie (donc sophrologue ou kinésiologue). Après, au fil du temps, j’ai espacé. Aujourd’hui, je n’ai plus de TCA, mais je travaille encore sur des blessures d’enfance on va dire et je vois mon psy toutes les 3 semaines à peu près.

Voilà, je pense que cet article est très complet car j’ai essayé d’englober énormément de thérapeutes possibles. En écrivant cet article, je me suis rendue compte que j’en ai testé beaucoup en fait ! Mais il existe certainement d’autres praticiens qui prennent en charge les TCA et que je n’ai pas cité ici.

N’hésite pas à partager ton parcours de soin en commentaire ou à prendre contact avec moi si tu souhaites témoigner d’une expérience que tu as eu avec un praticien en particulier. Cela peut être vraiment intéressant de partager cela (si tu es d’accord) avec les autres !

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Thérapie, 1 commentaire
Comment savoir si on a des tca ?

Comment savoir si on a des tca ?

Comment savoir si on a des tca ?

Beaucoup des personnes qui me suivent sur Instagram ou qui viennent sur mon site internet savent déjà qu’elles ont un trouble alimentaire

Cependant, il m’est déjà arrivé que des personnes viennent me parler en privé pour me demander comment savoir si on a des tca car elles n’étaient pas certaines. Alors évidemment, je ne suis pas médecin ni psychologue, donc je ne peux leur certifier que oui ou non, elles souffrent de TCA. Mais, par mon vécu et tout ce que je sais sur les troubles alimentaires, je me suis dit que je pourrais faire un article à ce sujet pour t’aider à donner matière à répondre à ton questionnement si tu n’es pas certain.

Attention, cet article n’a pas pour but de te permettre un auto-diagnostic. Il ne te donnera pas une réponse exacte à ta question. Ce n’est pas possible, je ne te connais pas personnellement. Il y a trop de facteurs à prendre en compte. 

La meilleure chose à faire reste de voir un médecin, et qui plus est, quelqu’un qui soit spécialiste dans les TCA. N’étant pas médecin, je vais surtout vulgariser les propos médicaux dans cet article. 

Déjà, on entend quoi par trouble alimentaire ?

Ce sont des maladies très vastes finalement. Il n’existe pas QUE l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie. Les troubles alimentaires, ça englobe les maladies suivantes :

L’anorexie

L’anorexie mentale fait partie des TCA les plus connues. Elle se caractérise grossièrement par la peur de grossir, la volonté d’avoir un poids toujours plus faible et par conséquence, de tout faire pour effectuer un contrôle sur son poids.

Dans l’anorexie, on peut faire 3 distinctions : 

  • L’anorexie restrictive pure : la personne s’impose des quantités de nourriture bien en deçà de ses besoins. La restriction s’accompagne parfois d’hyperactivité.
  • L’anorexie-boulimie : la personne s’impose également une certaine restriction mais passe par des épisodes de compulsions alimentaires où s’ensuivent des conduites de purge (prise de laxatifs, vomissement, hyperactivité, etc.)
  • L’anorexie atypique : parfois plus difficile à distinguer car il n’y a pas forcément de répercutions sur le poids ; le patient souffre également d’une vision déformée de son corps et une volonté de contrôler son poids à la baisse avec des comportements de restriction. 

L’orthorexie

La personne a une obsession sur la qualité de sa nourriture. Elle mangera de façon excessivement saine. Elle développe une inquiétude quant à la teneur en matière grasse de ses aliments, quant aux données exactes de ses macros nutriments. Il est parfois impossible pour elle de manger un aliment qui est transformé, etc. 

L’alcoolorexie

Il s’agit d’un terme qui correspond à la contraction des mots “Anorexie” et “Alcool”. Grossièrement, il s’agit de manger moins, voire sauter un repas pour s’autoriser de boire de l’alcool. C’est préférer la boisson alcoolisée à manger, entraînant des conséquences néfastes sur la santé, notamment sur le foie, le cœur… 

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération

La boulimie

La personne boulimique connaît des épisodes de compulsions alimentaires où elle mange une quantité importante de nourriture dans un délai de temps réduit (moins de 2 heures). Elle le fait souvent seule, par honte du regard des autres. Elle recourt ensuite à des comportements de purge.

L’hyperphagie

La personne connaît également des épisodes de compulsions alimentaires où elle mange une grande quantité en peu de temps. Elle ressent également la honte et la culpabilité. Cependant, elle recourt plus rarement à des comportements compensatoires, comme c’est le cas avec la boulimie.

PICA

Le PICA correspond au fait de manger de façon persistante des substances non nutritives, qui ne sont pas des aliments : terre, charbon, craie, argile…

Trouble de l’alimentation sélective et évitante (TAR ou AFRID)

Le TAR, plus connu sous le nom d’AFRID signifie en anglais Avoidant Restrictive Food Intake Disorder

Le patient évite certains aliments voire catégorie nutritionnelle. Ainsi, son alimentation se restreint à un faible choix d’une nourriture qui lui est familière. Les raisons de cette restriction ne sont pas les mêmes que l’anorexie mentale ou la boulimie. Les causes sont diverses : sensibilité à la texture, l’odeur, le goût, l’apparence, etc. Cela peut être dû à un traumatisme vécu lors de l’introduction de nouveaux aliments durant l’enfance par exemple.

Merycisme

Le patient qui en souffre développe une dépendance à la régurgitation et/ou rumination d’aliments qui ont déjà été avalés. Il s’agit d’un trouble alimentaire compulsif, qui peut être quotidien avec une envie irrépressible de répéter ces 2 symptômes. 

OSFED (Other Specified Feeding and Eating Disorder)

Il s’agit des autres troubles de l’alimentation ou de l’alimentation spécifiée.

Il s’agit des troubles alimentaires qui n’entrent pas dans les critères de diagnostic de tout autre tca connu. Cependant, de nombreuses similitudes existent : une image corporelle déformée, une peur de prendre du poids, des habitudes alimentaires perturbées, etc.

Deux exemples d’OSFED : 

Le syndrome de l’alimentation nocturne : lorsqu’une consommation de nourriture importante survient le soir, et ce, de façon récurrente. 

Le trouble purgatif : Lorsqu’une personne connait de façon récurrente des épisodes de purge sans consommation excessive d’aliments.

Les “définitions” que je viens de te donner sont clairement à prendre avec des pincettes. Parce que je ne peux pas définir une maladie mentale en 2 ou 3 lignes. La réalité, c’est que c’est bien plus complexes que ça et une définition devrait être donnée au cas par cas.

Il faut savoir également qu’on peut avoir plusieurs troubles du comportement alimentaire dans sa vie. Par exemple, l’anorexie peut-être en même temps que l’alcoolorexie, et basculer par la suite vers l’orthorexie ou la boulimie. Une personne boulimique peut tomber dans l’anorexie, etc.

J’ai vraiment essayé de vulgariser et comme je disais en préambule, je ne suis pas médecin ni psychologue, donc je ne connais pas les particularités de chacune de ces maladies.

Les troubles de la conduite alimentaire que je connais le mieux, c’est l’anorexie, évidemment puisque j’en ai souffert. Ensuite, je connais bien la boulimie, l’orthorexie, l’alcoolorexie, l’hyperphagie. Et depuis quelques années, je connais aussi l’AFRID puisque mon neveu en souffre. 

Alors, j’ai listé ceux que je connaissais. Il est clairement possible qu’il en existe d’autres et d’ailleurs, n’hésite pas à compléter cet article en commentaire avec d’autres TCA que tu connais. Je dis souvent qu’il existe “autant de trouble alimentaire que de personne qui en souffrent”. Dans le sens où si tu ne te retrouves pas dans ces maladies mais que tu sens une relation troublée avec la nourriture et ton corps, fais-toi confiance. Toi seul ressens qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ce n’est pas parce que ton mal-être n’est pas exprimé à travers le nom d’une maladie qu’il est “invalide”. 

D’ailleurs, tout le monde vit sa maladie à sa façon. Toutes les personnes souffrant d’anorexie n’ont pas exactement les mêmes symptômes par exemple, même si l’on retrouve des similarités. 

Comment savoir si on a des tca : les symptômes pouvant indiquer que tu en souffres

Maintenant, je vais te donner quelques conduites, actions qui peuvent être la preuve que tu souffres de tca. Comme expliqué en première partie de cet article, je ne connais pas tous les TCA. Donc les signes que je vais te donner ici concernent essentiellement : l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie. Cet article est assez généraliste donc il ne sera pas précis quant aux symptômes. Encore une fois, l’idée de cet article est de te donner des pistes, pas de te donner un diagnostic officiel.

Tout d’abord, par rapport à l’anorexie, je te renvoie vers un article que j’ai fait pour les symptômes de l’anorexie.

Une autre chose à prendre en compte : il ne faut pas avoir TOUS ces signes-là. Il est possible de souffrir d’anorexie sans jamais recourir au vomissement par exemple. Mais si tu te reconnais dans plusieurs de ces symptômes, alors c’est qu’il y a quelque chose à travailler…

Première dimension impactée : l’alimentation

  • Mise en place de règle rigide : exclusion de certains aliments, voire catégories d’aliments
  • Recourir au comptage de ses calories et parfois ne pas manger un aliment si tu ne connais pas sa valeur énergétique
  • Développement de TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif) sur la façon de te nourrir, de cuire tes plats. Cela peut être utiliser des contenants plus petits dans lesquels tu manges, manger dans un certain ordre tes aliments, réaliser des combinaisons de nourriture particulières, couper en petits morceaux ta nourriture, etc. 
comment savoir si on est anorexique
  • Utiliser beaucoup plus de condiment dans tes plats pour y mettre de la saveur (puisque tu manges généralement des aliments cuits à l’eau ou sans sauce)
  • Éprouver du stress au moment des repas, avant et après
  • Intérêts très tournés autour de la nourriture, des régimes : dès qu’un article parle d’alimentation, tu es attiré. Dès qu’une conversation en parle, tes oreilles sont tout ouïe.
  • Te limiter à certaines quantités, peu importe ta faim : ne pas te resservir alors que tu as faim, prendre des petites quantités dans ton assiette, parfois toujours moins que tes voisins.
  • Avoir des produits “familiers”, que tu vas très régulièrement (presque à chaque repas) consommer pour te rassurer, rester dans une certaine zone de confort.
  • Préoccupation importante quant à l’étiquette nutritionnelle. Tu peux d’ailleurs parfois passer des heures au supermarché en scrutant les étiquettes. Tes choix d’aliments se font en fonction des produits où les chiffres sont les plus bas.
  • Tenter d’ignorer ta faim (par de l’eau, des chewings-gum, du thé…)
  • Rechercher avec une certaine obsession des aliments peu caloriques, ou à forte satiété
  • Avoir des périodes d’obsession autour d’aliments qui te donnent terriblement envie, mais que tu considères comme “mauvais” voire que tu t’interdis.
  • Avaler beaucoup d’aliment, en se cachant ou non, en peu de temps
  • Recourir à de la purge (par prise de laxatif ou vomissement par exemple)
  • Sauter des repas
  • Avoir des peurs sur certains aliments
  • Avoir une peur de perdre le contrôle devant certain aliment
  • Te nourrir secrètement, cacher de la nourriture pour plus tard
  • Aimer ressentir que tu as faim, ressentir un sentiment de puissance lorsque tu ne manges pas
  • Tu connais des épisodes de crises alimentaires notamment le soir, en fin de journée voire la nuit

Deuxième dimension impactée : l’activité physique

comment savoir si on est boulimique
  • Recourir à une activité physique régulière, à du sport de façon intense dans un objectif de contrôle de ton corps / ton poids.
  • Au-delà du sport, tu es en constant mouvement : tu préfères les escaliers à l’ascenseur, tu vas régulièrement marcher, t’imposer de rester debout…
  • Tu culpabilises lorsque tu es une journée sans sortir, sans bouger. Voire, tu adaptes ta ration alimentaire par rapport à ton activité physique de la journée.
  • Tu utilises le sport, l’activité physique comme une punition ou une façon de mériter de manger plutôt qu’une façon de faire réellement du bien à ton corps.

Troisième dimension impactée : ton poids

  • Perte ou prise de poids possible (non, ce n’est pas toujours « indispensable »)
  • Dysmorphophobie : ton reflet dans le miroir est faussé par ton trouble du comportement alimentaire. C’est-à-dire que tu te vois plus large que tu ne l’es réellement. Tu n’arrives pas à avoir une réelle perception de ton image corporelle.
  • Obsession autour du contrôle sur ton poids 
  • Focus sur des parties de ton corps que tu détestes
poids-tca
  • Développer une obsession sur la balance : le chiffre de la balance t’obsède, tu te pèses plusieurs fois par semaine, voire tous les jours.
  • Le chiffre de la balance influence comment tu te sens et ce que tu manges
  • Peur intense de prendre du poids (et donc mise en place de comportement compensatoire pour contrôler ton poids)
savoir si on a des troubles alimentaires

Quatrième dimension : ton corps

  • Problème gastro-intestinal possible : difficulté de digestion, constipation, maux de ventre…
  • Perte des sensations de faim & de satiété : tu ne sais plus si tu as vraiment faim, tu n’arrives parfois plus à ressentir ta satiété
  • Tu n’es pas à l’aise dans ta peau, dans les vêtements : tu recherches des vêtements plus amples pour cacher ton corps.
  • Tu es fatigué, tu te sens plus faible, tu manques d’énergie.
  • Tu as froid aux extrémités (mains, pied, nez)
  • Perte de cheveux, cheveux secs et cassants
  • Peau sèche
  • Avoir du mal à te voir dans le miroir ou en photo sans que ce soit difficile

Cinquième dimension : ta vie sociale

  • Tu préfères manger seul, tu n’aimes pas partager ton repas avec d’autres personnes car cela génère du stress. Tu te caches devant les autres.
  • Tu peux analyser les autres : leur apparence physique, leur façon de s’alimenter. Tu effectues régulièrement des comparaisons par rapport à toi.
  • Tu peux développer une “haine” contre les personnes plus minces, celles qui font des régimes. 
  • Tu as l’impression qu’ils te regardent, ce que tu manges, ton corps
  • Tu refuses des sorties avec eux pour mieux contrôler ton alimentation
  • Tu t’enfermes dans la solitude
  • Tu es plus facilement irrité et donc multiplies les disputes avec ta famille, tes amis
vie-sociale-trouble-alimentaire

Sixième dimension : ta santé mentale en général

Tu ressens un tas d’émotions négatives et difficiles à vivre :

  • Culpabilité
  • Honte
  • Tristesse
  • Perdue avec 1000 questions dans ta tête
  • Angoisses très importantes avec des crises d’anxiété
  • Avoir des humeurs changeantes
  • Irritabilité
  • Peu de patience
  • Problème de gestion de ta colère

 

  • Faible estime de soi
  • Tu as des problèmes de sommeil
  • Difficulté de concentration dû à tes préoccupations autour de la nourriture et de ton poids, de ton apparence
  • Épisode dépressif 
  • Automutilation

Attention, au début, tu peux vivre ce qu’on appelle la lune de miel. C’est-à-dire que ton trouble alimentaire te fait te sentir bien. Tu as peut-être jamais eu autant confiance en toi. Notamment si tu perds du poids, tu as peut-être reçu des compliments qui font que tu te sens mieux dans ton corps. Tu te sens peut-être plus fort que les autres car tu sais te contrôler face à la nourriture, tu sais te restreindre. Mais tout ça, c’est un leurre de la maladie. Les effets indésirables sont bien réels et se mettent insidieusement en place dans ton corps, tu ne le vois juste pas encore… Vraiment, il faut avoir conscience de ça.

Pourquoi tu doutes de ton tca ?

La réalité, c’est que c’est COMPLÈTEMENT normal que tu ne sois pas certain d’être malade. Et ce, pour plusieurs raisons principales : 

1. À cause de la culture du régime

La première, c’est que l’on vit dans une culture du régime. Et que donc, de nombreuses conduites de restriction et comportements de compensation sont normalisés. Par exemple : se restreindre avant un restaurant, compenser avec du sport lorsque tu as mangé un aliment plaisir, refuser une soirée parce que tu n’as pas la possibilité de “contrôler” ce que tu manges, etc. Tout ça… Dans le but d’avoir une vie saine ? Sauf qu’il n’y a absolument rien de sain à faire des choix par obligations et restriction plutôt que par envie et liberté. 

2. Tu souffres d'anosognosie

La deuxième chose, c’est que lorsqu’on souffre d’un trouble du comportement alimentaire justement, il est fort probable que l’on ait de l’anosognosie. C’est quelque chose qui arrive pour beaucoup de maladie mentale et qui correspond à un dysfonctionnement du cerveau qui empêche d’avoir conscience de la maladie, ou qui atténue sa gravité. Ce qui fait que, tu estimes que tes comportements ne sont pas si graves, que d’autres font bien pire, etc. Alors, pour te rassurer, ces dysfonctionnements ne sont pas définitifs, ça revient à la normale par la suite. 

3. Tu es encore dans la lune de miel

La troisième chose, comme je t’en ai parlé en fin de la deuxième partie, tu vis peut-être la lune de miel. Donc pour le moment, ton trouble alimentaire t’apporte plus de bénéfices que d’effets indésirables. Sauf que ce sont des maladies mentales qui s’inscrivent de façon insidieuse dans ton corps. Par exemple, il n’est pas rare que si tu fais des prises de sang, tout soit au vert. Pourtant, les effets indésirables sont bien réels mais ne sont pas encore “assez visibles”. Et justement, lorsque les impacts négatifs sont visibles, c’est que le trouble alimentaire a déjà pris beaucoup de terrain.

4. Les TCA sont victimes de nombreux mythes

La quatrième raison, c’est qu’il existe de nombreux mythes autour des troubles du comportement alimentaire. Et je vais te les déconstruire par les affirmations suivantes : 

Oui tu peux avoir un trouble alimentaire : 

  • sans être en insuffisance pondérale
  • en étant adulte (tu peux en avoir à tout âge : enfants, adolescents, jeunes-adultes, plus âgés…)
  • et être un homme (non, ça n’arrive pas qu’aux femmes)
  • et manger 4 repas par jour
  • et connaître des jours heureux
  • et continuer de vivre une vie “classique” (avec une vie sociale, avec un travail, avec un compagnon, etc.)

Encore une fois, souviens-toi que ton trouble alimentaire te fera constamment te sentir illégitime. Et si c’est le cas, je t’invite à écouter mon podcast sur ce sujet de l’illégitimité.

Peut-être que tu penses qu’il faut être dans un état très grave, mais non. Et d’ailleurs les cas extrêmes restent une minorité finalement ! Mais simplement, c’est souvent eux que les médias montrent en premier et également eux qui sont pris en urgence à l’hôpital. Donc tu as le sentiment qu’il faut être dans un état grave pour être légitime de souffrir d’un trouble du comportement alimentaire. Mais le problème, c’est pas toi, c’est le système médical français, c’est la fausse image que reflètent les médias vis-à-vis des troubles alimentaires. 

Enfin, peut-être que tu doutes car c’est difficile parfois de faire face à la réalité et clairement, être malade fait peur. C’est complètement normal.

Je ne veux pas te faire peur d’ailleurs avec cet article ! Ce n’est pas mon but et je ne dis pas que tout le monde souffre de trouble de comportement alimentaire. J’espère sincèrement que tu n’en as pas, parce que je sais le calvaire que sont ces maladies. Mais je veux juste que tu aies conscience que c’est “normal” que tu ne sois pas sûr d’avoir des troubles alimentaires alors même que tu as pas mal de signes qui te démontrent que tu en as.

Est-ce que tu te retrouves dans certains points de cet article ? Dis-moi en commentaire si cela t’a aidé.

Dans tous les cas, je te conseille une fois de plus d’aller voir un spécialiste, un psychologue qui connait les TCA et qui saura t’aider et te trouver un traitement approprié.

De même, ne restes pas seul. Parles en autour de toi, n’ais pas honte. Discute de cela avec ta famille, avec des amis. Tu peux également me retrouver sur Instagram @norain.noflower où je parle régulièrement de ces sujets dans mes publications. Peut-être, tu pourras te reconnaître. J’y donne également de nombreux conseils. 

Je terminerai cet article en te disant que je pense que si cette question te stresse, te reste dans la tête, ce n’est pas anodin… 

Mais surtout, il faut que tu saches qu’il s’agit de maladies qui se soignent, où tu peux en guérir et ce totalement. Des thérapies, traitement et actions à mettre en place existent pour te sortir de là. Ne perds jamais espoir.

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Pulsion de Vie : pourquoi ce programme pour t’aider à surmonter ta faim extrême ?

Pulsion de Vie : pourquoi ce programme pour t’aider à surmonter ta faim extrême ?

Pulsion de Vie : pourquoi ce programme pour t’aider à surmonter ta faim extrême ?

Dimanche, après des mois et des heures de travail, je t’ai (enfin) annoncé que le programme Pulsion de Vie est en lancement ! 

C’est le premier programme dédié à la faim extrême dans le cadre de la guérison d’un trouble alimentaire

Il s’agit d’un programme COMPLET qui te guide vraiment pas à pas pour t’aider à surmonter ta période de faim extrême. Dans cet article, je t’explique pourquoi je l’ai créé et les raisons pour lesquelles il peut vraiment t’aider dans ton chemin de guérison.

Pourquoi j’ai lancé Pulsion de Vie ?

La faim extrême est la période la plus compliquée que j’ai eu à vivre dans tous mes troubles alimentaires

  • Tu sais même pas si t’as faim, mais tu manges.
  • Tu as même mal au ventre, mais tu ne penses qu’à manger.
  • Tu te demandes si c’est la gourmandise, une addiction au sucre, une mauvaise habitude…
  • Tu as l’impression de basculer dans un autre extrême. 
  • Tu ne comprends pas comment tu peux manger des quantités astronomiques alors que tu savais tant te restreindre avant. 

Et quand tu as fini par manger ce qui t’obsédait, tu culpabilises. Mais genre TELLEMENT. Et encore, la culpabilité, c’est pas la seule émotion toxique que ton TCA te fait ressentir : dégoût de toi & de la nourriture, remords, impression de mal faire, peur de manquer de volonté, peur de l’impact sur ton poids, angoisses, idées noires…

Et puis ces douleurs de ton ventre qui se tord. Ça n’arrange clairement rien.

Quand je dis que c’est la pire période que j’ai vécu, je n’exagère pas. Comme je n’acceptais pas cette faim extrême et que clairement, je ne comprenais pas ce qui se passait dans mon corps, ça partait toujours en compulsion alimentaire incontrôlable.

Alors, j’ai eu des moments où je faisais compulsion – pleurer – dormir, et je recommençais. Parfois jusqu’à 3 fois dans la journée.

C’était vraiment épuisant. 

Je te parle de tout ça dans mon histoire avec la faim extrême.

Pour ma part, souvent, ça arrivait le soir. Et une fois que t’as fait ta compulsion, que tout le monde dort, tu te sens TERRIBLEMENT seule.

Alors dans ces moments-là, tu cherches un peu désespérément sur internet quelque chose pour t’aider à apaiser tes angoisses… Enfin, moi c’est ce que je faisais. Et je trouvais plein de truc sur des fringales, de la boulimie. Mais rien vraiment sur la faim extrême. Surtout à mon “époque” (bon, c’était en 2017-2018 mais en 4 ans il y a déjà beaucoup de choses qui ont évolué !)

Il existe beaucoup moins de contenus sur la faim extrême. Du moins, beaucoup moins de connaissance dessus. Et du coup, moi ça me faisait encore plus peur, j’avais l’impression d’être anormale à force de ne rien trouver à ce sujet. 

Dans ces moments-là, j’espérais tellement trouver du contenu qui puisse m’aider, me rassurer, me dire quoi faire, m’expliquer ce qui se passait.

Alors aujourd’hui que j’en suis sortie, j’ai voulu être cette personne qui propose ce contenu. 

Et c’est entre-autre pour cette raison que je lance le premier programme dédié à la faim extrême dans le cadre d’un trouble alimentaire pour te donner toutes les clés et t’aider à surmonter cette période difficile.

Une autre raison, c’est que je reçois vraiment beaucoup de message de personne m’exprimant à quel point elles ne savent plus comment se sortir de cette phase de faim extrême. Et c’est super frustrant pour moi parce que j’adore aider, mais répondre en 1 message ou 1 email, c’est trop peu pour dire tout ce que j’ai à dire. J’ai tellement de choses à apporter, de connaissance, de conseils, d’exercices même à proposer. 

Donc j’ai cherché une façon d’aider le plus de monde et que mon aide soit presque “à la demande”. Le programme représentait le meilleur format pour répondre à ces critères.

Ce programme, c’est toutes les connaissances basées sur la science que j’aurais aimée savoir avant. C’est tous les conseils que j’aurais aimé appliquer plus tôt, c’est toutes des prises de conscience que j’aurai aimé qu’on me dise à ce moment-là. Et c’est toutes les actions que j’ai mises en place pour sortir de la faim extrême.

Mais pourquoi “Pulsions de vie” ?

Clairement, c’est avec beaucoup de recul que j’ai appris à voir les choses comme ça. Mais pour moi, ma faim extrême c’était une Pulsion de Vie. C’était mon corps qui voulait guérir, qui voulait se battre contre la maladie. C’était une pulsion de mon corps pour me ramener à la vie, et ne plus me laisser dans ce mode survie.

Évidemment, je dis que j’ai pris du temps à le voir comme ça, parce qu’à ce moment-là, je haïssais lorsque je ressentais ma faim extrême

Mais faim “extrême” n’est peut-être pas approprié. Il s’agit d’une faim NORMALE, logique, biologique du corps suite à la restriction dans laquelle il a été plongé par le trouble alimentaire. C’est une faim réparatrice, une faim de guérison. C’est une pulsion de vie

Et c’est quoi concrètement Pulsion de Vie ?

Ce programme, je ne l’ai clairement pas fait en 1 après-midi. Il m’a demandé des semaines, même des mois de préparation. Je voulais absolument qu’il soit complet et de qualité. Alors j’ai complété tout ce que je savais par énormément de lectures scientifiques et académiques. Genre, franchement +100 heures combinées, c’est sûr. 

J’ai pris en compte tout ce que j’avais vécu, je me suis replongée dans mes carnets de l’époque, dans mes notes de cette période-là. J’ai listé toutes les choses que j’avais faites dans ma thérapie et qui m’ont aidé.

Je suis également partie de vos peurs, de vos questions pour être certaine qu’il réponde à vos besoins.  

Et ça a donné Pulsion de Vie.

Un programme de 5h30

Divisé en 6 modules

Répartis en 34 vidéos

Le module 1 - Mieux comprendre la faim extrême, ce qui se passe dans ton corps & ton cerveau

On n’imagine pas comment c’est important de comprendre ce qui se passe dans le corps et dans le cerveau : avoir conscience des mécanismes de ton corps, de ses besoins, des fonctionnements logiques qui expliquent beaucoup de tes comportements, identifier les comportements inconscients de ton trouble alimentaire.

La conscience des choses est indispensable en premier lieu pour pouvoir ensuite travailler dessus.

Le module 2 - Des actions concrètes à mettre en place facilement et rapidement pour aider ton corps à lutter contre ton trouble alimentaire

Pour n’importe quel problématique rencontrée sur le chemin de la guérison, c’est essentiel de s’instaurer un environnement positif. Et pour ça, je te propose 10 exercices concrets à mettre en place qui te seront utiles pour ta santé mentale en général en fait.

Module 3 - Savoir comment réagir au moment de la faim extrême

Je pense que tu connais cette tornade d’émotions et de questions qui te submergent en quelques secondes lorsque la faim extrême se fait ressentir. Et d’ailleurs, dans les questions, tu peux même te demander si c’est vraiment de la faim extrême justement. 

Ce module a pour but de répondre à TOUTES tes questions et peur : 

  • Savoir comment réagir à l’instant T, 
  • Savoir distinguer la faim extrême des cas d’hyperphagie, d’addiction au sucre, de gourmandise, d’ennui…
  • Comprendre les cas spécifiques de la faim extrême le soir, lorsque ça se transforme en crise, quand elle survient en mangeant…

Module 4 - Gérer l’après faim extrême, quand tu viens d’y répondre

Ce moment où tu es accablé par la culpabilité, la peur, la honte, le dégout, les remords… Et encore, je dis “ce moment”, mais ça dure souvent des heures. Avec ces mensonges de ton trouble alimentaire qui t’ordonne de compenser… Alors qu’au plus tu compenses, au plus la faim extrême reviendra 🙁 

Ce module c’est comprendre tous les effets indésirables qui peuvent subvenir après, comment gérer le reste de ta journée & le lendemain, mettre en place des outils concrets pour contrer les pensées de ton TCA, pour gérer ton envie de compenser, etc.

Module 5 - Gérer son rapport au poids, au corps durant la phase de faim extrême

C’était pour moi indispensable de te consacrer un module sur ton rapport au poids dans cette phase de faim extrême. L’une des raisons pour lesquelles tu n’acceptes pas la faim extrême est souvent ta peur de l’impact que ça peut avoir sur ton apparence et sur ce fameux chiffre de la balance. 

Je réponds à tes inquiétudes de grossir indéfiniment ou de la mauvaise façon, t’aide à identifier les réelles causes de ton mal-être et te propose des exercices concrets pour travailler l’acceptation de ton corps.

Module 6 - Gérer le regard et les commentaires des autres

Alors, même chose, c’était essentiel de te proposer ce module. Surtout que si toi tu ne connais pas bien la faim extrême, imagine tes proches… Du coup, parfois ils prennent peur, ne savent pas comment réagir. Ils font parfois des choses qui entravent à l’acceptation de ta faim extrême.

Bref, je t’aide à savoir quoi dire à tes proches pour qu’ils te comprennent mieux et qu’ils puissent te soutenir dans cette phase. Et je te donne toutes les clés pour adopter le bon état d’esprit et prendre du recul face aux regards et commentaires des autres 

 

Maiiiiis, c’est pas tout !

Je te propose 6 bonus !

ebook-pulsiondevie-norainnoflower

Un cahier d’exercice de 59 pages avec 21 exercices concrets

Un accès au support du programme de 70 pages

15 fonds d’écrans pour te booster partout

23 affiches inspirantes et motivantes

pulsiondevie-norainnoflower

Accès à une playlist motivante de +26 chansons

programme-pulsiondevie

12 annexes avec l’accès à +16 sources & exercices vierges

11 avantages du programme Pulsion de Vie pour t’accompagner dans ta phase de faim extrême

1. Je l’ai vécu, et franchement… ça fait une grande différence

JAMAIS je ne nierai l’importance de l’accompagnement des médecins spécialisés en TCA. Parce qu’ils m’ont beaucoup aidé et c’est essentiel que des médecins t’entourent pour s’assurer que ta santé soit surveillée. Lorsque j’étais suivi dans une unité spéciale TCA, j’ai reçu une aide indispensable. Mais JAMAIS ils ne m’ont parlé de faim extrême. Alors que je leur décrivais ce que je vivais… JAMAIS, ils ne m’ont parlé de ce qui se passait concrètement dans mon corps, ce qui pourrait arriver, ce que je pourrais faire pour surpasser cette période.

Sauf que je ne pouvais pas rester dans ces questionnements sans réponse, tourmentée par 1000 peurs, accablée par des émotions dont je n’arrivais plus à gérer. Donc j’ai dû m’impliquer à 2000 % dans ma guérison et un peu comprendre « par moi-même ».

Toutes les peurs que tu as, les questions sans réponse que tu te poses, les émotions accablantes que tu ressens… J’ai tout vécu. Je sais à quel point c’est dur, à quel point tu veux que ça en finisse, à quel point tu es épuisé. Combien de fois dans les troubles alimentaires on dit que seules les personnes qui l’ont vécu peuvent vraiment comprendre. Je veux dire que oui, les médecins comprennent approximativement. Mais comprendre exactement cette détresse psychologique, émotionnelle et physique que tu ressens… peu de gens le comprenne.

Dans ce programme, tu verras à quel point tu te sentiras comprise, moins seul et tu trouveras des réponses adaptées et efficaces vis-à-vis de tes angoisses.

2. C’est un investissement pour ta santé, ta vie future. C’est un pas de plus vers ta guérison

Investir dans un programme pour sa santé est une prise de position forte, un ancrage dans sa guérison, un engagement que tu fais avec toi-même contre la maladie. C’est une façon de marquer et d’augmenter ton implication dans ta guérison. Et le jour où j’ai compris que c’est primordial d’être actrice de sa guérison, ça m’a permis d’être tellement plus forte contre la maladie, d’avoir plus de force mentale pour la combattre.

Ce n’est pas une dépense, c’est un investissement. Et un investissement qui peut vraiment faire la différence dans ton parcours de guérison. C’est un investissement pour une vie meilleure, une vie plus épanouie, sans être angoissée par ton apparence, par des peurs autour de ton repas. C’est un investissement pour VIVRE et plus survivre. Tu mérites d’être libre, de faire des choix par envie plutôt que par contrainte, obligation et restriction. Tu mérites mieux que ce que ton trouble alimentaire te promet.

3. Tu le fais à ton rythme

L’avantage d’un programme, c’est que tu le fais à ton rythme ! Tu peux le faire dans n’importe quel endroit, à n’importe quel moment. Tu peux mettre pause quand tu veux et reprendre dès que tu le veux.

Si tu n’as pas compris quelque chose, tu peux le re-écouter. Tu peux même commencer par la partie 4 “Que faire après avoir répondu à sa faim extrême” si tu viens de t’y confronter. C’est toi qui décides.

4. Tu y as accès à n’importe quel moment. Et la faim extrême arrive sans prévenir...

La faim extrême ne te dit pas qu’elle va arriver jeudi, à 8h30, après ton petit-déjeuner. Et quand elle arrive, c’est un peu un ascenseur émotionnel, une tornade d’émotions qui est arrivée beaucoup trop vite. Et tu te retrouves seule, avec toutes les émotions toxiques de ton TCA. Malheureusement, tu as rarement la possibilité de voir un thérapeute dans l’immédiat. Et parfois, tes proches ne savent pas toujours comment te rassurer, quel conseil te donner. Le programme, tu peux le consulter à n’importe quel moment.

En plus de ça, j’ai scindé les vidéos par questions et peurs spécifiques. Donc dès que tu te confrontes à une peur, une question spécifique : tu regardes la vidéo correspondante à la demande (peur de grossir indéfiniment, est-ce que j’ai encore faim, faim extrême qui arrive le soir, gérer l’envie de compenser, est-ce de la gourmandise ? un autre TCA? …)

5. Répéter pour mettre des points contre ton TCA à chaque fois qu'il tente de te garder dans la maladie

Ton trouble alimentaire est omniprésent. Et lorsqu’il se sent en danger, il va t’envoyer en masse des tas de mensonges pour te garder dans la maladie. Il faut toujours rétorquer face à ces mensonges. Et clairement, parfois c’est difficile de trouver un raisonnement logique avec tous ces mensonges du TCA. 

Parfois, ta réalité devient biaisée par ton trouble alimentaire. C’est pour ça que tu demandes constamment à tes proches de te rassurer, de te répéter des choses que tu sais au fond de toi. C’est comme une façon de mettre un point dans la tête du trouble alimentaire. Avec le programme, tu pourras avoir le raisonnement logique, non biaisée par le TCA à la demande. Et ce à n’importe quel moment de la journée et de la nuit. Et peu importe où tu te trouves puisque tu peux y avoir accès via ton téléphone !

pulsion-de-vie

6. Il est vraiment complet

Le programme est MEGA complet ! Mais vraiment ! J’y ai passé tellement de temps pour être certaine d’englober TOUS les aspects, toutes tes questions, toutes les peurs qui peuvent subvenir. J’y ai intégré des cas spécifiques : comme la faim extrême le soir, la faim extrême qui arrive en mangeant ou encore la faim extrême lorsque tu n’es pas en sous-poids.

J’ai englobé tous les aspects à intégrer, à savoir, sur lesquels travailler pour que ce programme t’aide réellement : aspects psychologique, mentale, physique, sensations de faim, découverte de soi, etc.

7. Tu gagnes un temps fou

Comme je te disais, j’y ai passé tellement de temps à lire beaucoup de revues académiques, scientifique (je te partage les sources dans le programme), des livres de développement personnel, des contenus sur la restructuration cérébrale… Franchement, c’est sûre il y a +100 heures de lecture. Et puis tout ce que j’ai appris en 6 ans de troubles alimentaires, durant mes thérapies analytiques, TCC (thérapie cognitivo-comportementale)… Évidemment, je m’en suis servie pour bâtir ce programme.

Et je te le livre directement, je te passe ces centaines d’heures de lecture. Je te livre également tous les conseils reçus durant ma thérapie, ceux qui m’ont vraiment aidé. C’est pour toi un raccourci.

8. Il est concret : 21 exercices

Pour moi c’était INDISPENSABLE de te proposer du concret. Parce que la théorie c’est bien, c’est même important de comprendre pour pouvoir agir. Mais agir, c’est souvent ça qui fait la différence. Je te propose des exercices que j’ai personnellement faits dans mon bullet journal, des exercices qui m’ont réellement aidé dans mon parcours de guérison. Et tout ça, je te le propose dans mon ebook de 59 pages avec toutes les explications, les conseils pour les appliquer, des exemples et un espace pour chaque exercice te permettant de les réaliser toi-même.

9. Si des posts t’aident à aller mieux, imagine un programme dédié !

Combien de messages bienveillants et super encourageants je reçois, me disant à quel point mes contenus les aide. Je sais pas si tu écoutes mon podcast, me suit sur instagram ou lis mes articles de blog. Mais si mon contenu t’aide, imagine un programme dédié sur ta problématique.

10. Tu as plein de bonus

Et en plus de tous les bonus que je t’ai cité juste au-dessus…

Crois-moi, d’autres projets trop cool arrivent sur Norainnoflower ! Et je veux remercier avant tout ceux qui m’auront déjà fait confiance ! Alors tu peux être sûre qu’en rejoignant le programme, tu recevras des avantages exclusifs pour les futurs projets !

11. Tu ne prends aucun risque

Enfin, tu ne prends aucun risque. Vraiment. Et ça, c’est parce que je suis vraiment sûre que ce programme va t’apporter un vrai plus dans ton chemin de guérison. C’est vraiment LE programme qui rassemble tout ce que j’aurais aimé savoir avant, tous les conseils que j’aurais aimé entendre, tous les exercices que j’aurais voulu connaître quand je vivais la faim extrême. Tant de choses qui m’auraient évité de répéter certaines erreurs qui me maintenaient dans le cercle infernal restriction / compulsion.

Du coup, je te propose la garantie Sérénité. Cette garantie te permet de regarder 1 vidéo en entier, celle que tu souhaites. Et si elle ne te convient pas, tu seras remboursé intégralement. Quelques conditions à respecter : aucune autre vidéo doit avoir été visionnée, aucun téléchargement des supports proposés ne doit avoir été fait (ebook, support du programme, annexes, fiches d’exercices, affiches inspirantes, fonds d’écran). Si tu respectes ces conditions, je procéderai au remboursement.

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Si tu as des questions sur le programme, n’hésite pas ! J’y répondrai personnellement 🙂 

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Faim extrême et anorexie : mon histoire

Faim extrême et anorexie : mon histoire

Faim extrême et anorexie : mon histoire

La faim extrême est la chose la plus compliquée que j’ai eu à traverser dans tous mes troubles alimentaires. Mais c’est aussi pour moi cette période qui m’a beaucoup aidé à guérir de l’anorexie.

Je suis toujours partagé entre en parler ou non. Parce que d’un côté, j’ai peur de faire peur à celles et ceux qui sont en guérison mais qui ne connaissent pas la faim extrême. Je ne voudrais pas qu’ils soient en stress par mon témoignage. Mais en même temps, les fois où j’en ai parlé, j’ai eu des retours très positifs de personnes me disant que ça les a beaucoup aidées. 

Donc je fais le choix de vous raconter mon histoire avec la faim extrême. Cependant, je tiens quand même à rappeler que tout le monde ne vit pas la faim extrême. Ce n’est pas une étape indispensable par laquelle il faut passer pour guérir des troubles alimentaires. Donc si tu me lis et que tu ne le vis pas, ne t’inquiète pas en avance, vis à l’instant présent car ça ne veut clairement pas dire que tu traverseras ça. Et même si tu le vis, sache que personne ne le vit de la même façon : certain la connaisse de temps en temps, d’autre de façon plus régulière, certain à faible intensité, d’autre à forte intensité. C’est vraiment propre à chacun et ça dépend de nombreux facteurs.

Enfin, je voulais dire que l’on dit “faim extrême”, ou « extreme hunger » en anglais, mais une fois, on m’a parlé de faim réparatrice ou faim adaptée. Et je trouve ça beaucoup plus approprié ! “Extrême” peut paraître péjoratif, violent et peut sembler imposant, ça peut faire peur. Mais c’est une faim NORMALE de ton corps suite à ton trouble alimentaire.

Du coup, je vais te raconter comment ça s’est passé pour moi la faim extrême lorsque je souffrais d’anorexie :

La faim extrême quand je perdais du poids

J’ai connu la faim extrême assez rapidement avec l’anorexie. Sauf que je ne savais pas que ça s’appelait ainsi. Je pensais surtout que je ne savais pas me contrôler. 

D’ailleurs, c’est récemment que je l’appelle comme cela, depuis un peu plus d’un an. Avant, j’appelais ça des compulsions alimentaires. D’où le nom de mon article à ce sujet où je te donne déjà quelques conseils d’ailleurs. 

Si tu as écouté mon épisode de podcast où je te raconte mon histoire avec les troubles alimentaires, tu te souviens peut-être que je suis tombée malade en 2015. Et c’est en fin 2016 que j’ai commencé à sentir une faim extrême. En réalité, à ce moment-là, elle n’était pas si “extrême” au vu de ce que j’ai connu après. Elle se déclenchait en postprandial, soit juste après les repas. Je me resservais en pain, en pomme, en yaourt. Parfois, c’était juste reprendre 2-3 tartines de pain, 1 ou 2 pommes en plus. D’autre fois, je reprenais 10 pommes et le paquet de pain entier. C’étaient les 3 éléments sur lesquels je “compulsais”. Je finissais par avoir peur de commencer à manger pendant les repas parce que j’appréhendais qu’une compulsion arriverait. Et surtout, la culpabilité après me rongeait tellement que ça me gâchait la vie, c’était impossible de me concentrer sur quoi que ce soit d’autre.

Mais j’arrivais (malheureusement) à avoir le contrôle. Je dis “malheureusement” car au fil de ma guérison, j’ai compris que lorsque je pensais avoir le contrôle, c’était en fait le trouble alimentaire qui prenait le dessus sur les véritables besoins de mon corps. Et mon corps allait reprendre justement le contrôle de ses besoins tôt ou tard par cette faim extrême. Et c’était souvent très difficile à accepter pour moi lorsque ça venait.

À chaque fois que cela arrivait, je pensais que je manquais de volonté. Je n’avais absolument pas fait le rapprochement avec le fait que mon corps puisse avoir faim, avoir besoin de ça… Ou du moins, je ne pouvais pas concevoir que mon corps ait besoin d’autant d’énergie. 

Alors j’avais cherché des astuces sur internet. Je tombais tout le temps sur “fringales”, “boulimie”, “hyperphagie”. Mais ça ne correspondait pas exactement à ce que je vivais. J’étais perdue. J’avais essayé de manger de façon plus intuitive, sans distraction, plus calmement, en faisant de la relaxation… Rien n’y faisait !

À ce moment-là, cette faim extrême se faisait quand même rare. Je dirais 1 fois par mois voire tous les 2 mois. 

Puis, ma faim extrême s’est intensifiée

Cette fois, nous sommes à peu près un an plus tard, en 2018. J’avais déjà fait une hospitalisation où j’avais rechuté 1 mois après ma sortie. Nous étions en janvier, vers la fin du mois. Le 01 de l’an, j’ai fait le vœu de guérir pour cette nouvelle année. 

Les deux derniers mois de 2017, novembre et décembre, la maladie m’avait totalement anéanti. J’avais extrêmement peur des fêtes de fin d’année et j’avais, en réponse à ce stress, augmenté la restriction. Mon corps n’en pouvait plus. Il était en détresse physique, mentale et émotionnelle aussi. Je me souviens avoir demandé à ma mère de me ramener dans mon appartement, seule, le lendemain de Noël. Alors que toutes les vacances de Noël j’adorais les passer dans ma famille, au coin du feu, dans une ambiance chaleureuse. Là, je fuyais les autres, je me renfermais sur moi-même. Et je me souviens d’ailleurs, lorsque ma mère m’amenait dans mon appart’ à Lille, les larmes coulaient, car je savais qu’une fois seule, l’anorexie allait me dévorer d’autant plus. 

Et c’est à partir de la mi-janvier que j’ai connu une faim extrême très “violente”. En réalité, je dis “violente” mais tout est relatif. De mon point de vue, en tant que personne souffrant d’anorexie, c’était violent. Mais en vérité, aujourd’hui en prenant du recul, je sais que c’était totalement mesuré avec le passé restrictif et les carences d’énergie que mon corps subissaient.

Sauf que je rappelle, je ne savais ABSOLUMENT pas ce qui se passait, je connaissais pas la faim extrême. Je ne comprenais pas mon corps. Je n’avais pas faim mais je ne pouvais rien faire d’autre que manger. Même quand physiquement j’avais super mal au ventre, je continuais de manger.

Je comprenais quand même que mon corps était restreint, alors j’essayais d’augmenter mes apports mais en vain, cela m’ouvrait toujours plus l’appétit. Et comme je ne m’autorisais pas à acheter quoi que ce soit sur quoi je pourrais “craquer”, j’allais dans les boulangeries, les magasins pour acheter de la nourriture à manger. Et j’allais vers tous les aliments que je redoutais : des céréales, des gâteaux, des muffins, des viennoiseries, de la glace, etc. Tout ce qui était sucré me donnait envie. Je ne comprenais pas comment je pouvais avaler autant, j’avais extrêmement mal au ventre, j’avais la sensation que j’allais exploser et pourtant, je continuais de penser à manger, et j’achetais, et je mangeais… 

J’ai dépensé TELLEMENT d’argent durant cette phase-là. Mais je ne calculais pas, je n’étais plus moi-même.

En fait, je ne voulais pas acheter ces aliments qui me donnaient envie parce que je ne voulais pas me l’autoriser. J’étais persuadée que si je les avais chez moi, je compulserais d’autant plus. En réalité, cela augmentait le caractère restrictif de ces aliments, ce qui engendrait encore plus de faim extrême. 

Comme je ne les avais pas chez moi mais que j’avais terriblement faim, à chaque fois, ça se passait dans la rue. J’achetais en me disant que je ne devrais pas. J’étais dans un état de stress… Je commençais toujours par les boulangeries car le pain, c’était ce que je pouvais m’autoriser à peu près. J’achetais un premier pain dans une première boulangerie. Je croquais quelques crocs dedans. Je le jetais, puis je retournais dans une autre boulangerie faire la même chose mais avec un autre type de pain. J’avais besoin de goûter à tout ce que je ne mangeais plus, tous ces types de pain qui me donnaient envie. Dans la queue, lorsque je réfléchissais à ce que j’allais acheter, j’étais perdue face au choix qu’il y avait. C’est comme ci il fallait absolument que ce que je mange soit incroyable en bouche. Pourtant, lorsque je le mangeais, je ne savourais même pas.

Je mangeais de plus en plus à chaque nouvelle boutique que je faisais. Pourtant, je ne ressentais jamais cette sensation de satiété. J’avais toujours ce besoin de manger, alors que je n’avais pas l’impression d‘avoir faim. C’était super ambivalent.

Je mangeais en stress, debout, en marchant et en pensant à ce que j’allais manger juste après. Après les boulangeries, je passais aux rayons de supermarché où j’achetais des gâteaux, des céréales. Et je faisais la même chose qu’avec le pain : je n’en mangeais qu’un peu, je croquais dans quelques biscuits puis je jetais pour recommencer l’achat. Et enfin, j’allais dans des Starbucks ou des Nothing Hill Coffee pour acheter des cookies, des muffins. Et c’était ça ce que je voulais vraiment en fait : les muffins, les cookies qui me donnaient vraiment envie depuis le début, mais que je ne m’autorisais pas.

Dans le fond, je le savais. Mais pourtant je recommençais le même schéma.

Et ça, je le répétais tous les 2 jours.

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(Je sais que ça faisait beaucoup de gaspillage alimentaire la façon que j’avais de faire mes compulsions. Et je peux te dire que j’aurai aimé ne pas le faire. Mais c’était plus fort que moi. D’ailleurs ça m’était déjà arrivé de donner mes restes à des sans abris.)

J’ai tellement fait de compulsions dans certaines rues qu’il y a des rues où mon corps se souvient et je me sens mal en les traversant de nos jours. Pour ceux qui connaissent Lille, c’est notamment les rues Faidherbe, Nationale et la rue de Béthune. C’est dommage parce que c’est un peu le centre de Lille donc quand j’y retourne parfois (ce qui est rare du coup), je suis presque obligée d’y passer. Bref.

J’étais une fille très studieuse, très pro. À ce moment-là, j’étais en Master d’une école de commerce. Je faisais 3 semaines en alternance et 1 semaine de cours. Lorsque j’étais à l’école, je dévalisais les distributeurs automatiques. J’avais tellement honte : la fille qui paraissait anorexique et ne bouffait rien se met à manger des gâteaux par dizaine. Voilà ce que je me disais que les autres pensaient.

Et les 3 semaines où j’étais en alternance, je bossais à la Voix du Nord qui se trouve sur la Grande Place, au centre quoi. Donc je partais plus tôt de chez moi pour avoir le temps de faire ma compulsion. C’est comme ci je la prévoyais même si je ne le voulais pas, c’était super ambivalent.

Un jour, je me suis arrêtée de faire ma compulsion pour aller au boulot parce qu’il était l’heure. Mais une fois arrivée au boulot, j’avais encore tellement envie de manger que je suis repartie en laissant toutes mes affaires. J’ai averti ma manageuse que j’avais quelque chose à faire et que je revenais d’ici 15 minutes. +1h30 plus tard, j’ai pris mon portable et vu une dizaine d’appels de mon équipe. Je n’avais même pas vu le temps passer tellement j’étais dans un état second. Pour dire à quel point la faim extrême avait une puissance sur moi incroyable.

J’étais comme dans un état second pendant ces moments de “crises”. Et ça devait se voir : je me souviens du regard des autres. Certains devaient connaître et me regarder avec empathie. D’autres me regardaient comme ci j’étais folle. Et j’avais vraiment la sensation d’être folle à vrai dire. Et puis il y a les gens qui travaillaient dans les boulangeries, les magasins et les salons de thé dans lesquels j’allais toujours. Parfois j’allais 2 ou 3 fois dans ces enseignes le même jour, à quelques minutes d’intervalle. J’avais tellement honte…

Je rentrais chez moi épuisée, comme-ci une tornade venait de me dévaster de l’intérieur. Je me retrouvais seule dans mon appartement avec toute la culpabilité qu’il soit. J’appelais ma mère en pleurant. J’avais des douleurs horribles au ventre qui ne m’aidaient pas à accepter ces compulsions. Je me sentais énorme, sale d’avoir mangé tout ça. Mon corps me dégoutait, la nourriture me dégoutait. Je ruminais constamment en repensant à tout ce que j’avais mangé. Et j’établissais un plan pour contrebalancer tout ça avec de la restriction et du sport. Et j’enchaînais souvent avec de nombreuses heures de compensation. Évidemment, “grosse erreur” mais le trouble alimentaire était encore trop fort et je n’avais pas les bonnes clés pour y faire face.

J’étais à bout, épuisée, seule. Je me demandais comment je pourrais arrêter ce cercle vicieux infernal de la compulsion/restriction. Et c’est là que j’ai demandé une nouvelle hospitalisation, en février, en me disant que j’avais besoin de me sevrer de mes crises. J’étais persuadée qu’il s’agissait de boulimie. 

Évidemment, durant l’hospitalisation, impossible de faire ces crises puisque tous les repas étaient supervisés. Mais à peine 15 jours après être sortie de ces 3 mois d’hospitalisation, les crises sont revenues.

Nous étions en Juin 2018, j’avais rendu mon appartement. Donc cette fois, j’habitais chez mes parents. Donc plus à Lille, plus en ville. Et là, lorsque ça me prenait, je partais en voiture dans les magasins les plus proches et je reproduisais exactement la même chose qu’en janvier dernier. J’achetais plein de choses que je mangeais dans ma voiture. Je parcourais des kilomètres pour tester plein d’enseignes différentes. 

J’étais chez mes parents et ma mère achète pas mal de gâteaux pour les goûters de mes neveux. Un soir, alors que j’avais déjà fait une compulsion au matin, j’ai commencé à dévorer tous leurs goûters. Et c’est là que j’ai commencé à manger aussi ce qui se trouvait chez mes parents. C’est de là aussi que de 1 crise par jour, je suis passée à 2 voire 3 crises quotidiennement. Ma journée se résumait entre faire une crise, dormir, pleurer, faire une crise, dormir, pleurer, etc. 

(Je précise juste que je ne me suis jamais faite vomir pendant cette période. Plus tard j’aurai essayé mais genre 3 ou 4 fois. Donc c’était pas du tout quelque chose de récurrent. Je le précise car souvent quand on entend « crise » on pense à vomissement après. Mais c’est pas automatique la preuve. Et j’emploie le terme « crise » mais c’était de la faim extrême. Et comme je n’acceptais pas de répondre à cette faim extrême, ça se transformait en ce que j’appelle des crises tellement les émotions étaient intenses.)

J’avais des comportements dont j’avais tellement honte : je mangeais toujours de cette façon bizarre, de croquer un bout puis de le jeter, tellement je culpabilisais en fait. Mais comme j’étais chez moi, il m’arrivait très souvent de récupérer dans la poubelle ce que j’avais jeté au-dessus pour continuer de le manger. Parfois, je me levais la nuit pour manger. J’essayais de faire le moins de bruit possible parce que mes parents dormaient et qu’une fois ma mère s’était levée. J’avais tellement honte… 

D’ailleurs, mes parents ne savaient pas comment réagir. J’étais presque passée de manger que des fruits et légumes à ne manger que des aliments sucrés et gras. Mon père une fois m’avait dit “Mais tu devrais manger un peu plus de légumes et de fruits, c’est meilleur pour la santé…”. Évidemment, très difficile à entendre mais ils ne connaissaient pas non plus ce que je traversais.  

Je ne savais plus quoi faire. J’avais la sensation que ça ne s’arrêterait jamais.

J’avais demandé à ma mère de me prendre tout mon argent, ma carte bleu. Mais j’avais fini par réussir à voler. Je lui avais dit de m’empêcher de partir de la maison, j’avais fini par fuguer par la fenêtre. Je lui disais de cacher tout ce qui pouvait me donner envie. J’ai fini par “retourner” la maison pour trouver ces gâteaux que j’avais tellement envie.

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Je voyais que mon corps commençait à changer, je ne rentrais plus dans mon Jean’s. J’avais terriblement peur. Je me disais que ça y est je reprenais du poids, je mangeais tous ces aliments. Donc mon corps devrait ne plus en avoir besoin. Mais non, ça continuait. J’avais terriblement peur que ça ne s’arrête jamais, que je grossisse indéfiniment.

Je ne pouvais pas compter mais je sais qu’approximativement, j’allais parfois jusqu’à 10 000 calories par jour. Je ne pensais qu’à manger, du matin au soir. Et j’étais attirée par du sucré, tout le temps. Je pensais que je devenais addict au sucre, que je devenais une mangeuse émotionnelle, hyperphagique. Au plus le temps passait, au plus je me disais que c’était en fait peut-être juste une mauvaise habitude que j’avais prise. 

À chaque repas, même en plein milieu de la journée, je mangeais d’énorme quantité. Je me demandais si j’avais vraiment faim. Pour moi je n’avais pas faim vu tout ce que j’avais mangé, de toutes les douleurs que je ressentais au ventre. À chaque fois que je faisais une crise, je me disais que c’était la dernière. Mais ça n’était jamais la dernière…

Mais la faim extrême est normale

Sauf que tout ça, tout ce que je viens de te raconter, c’est NORMAL.

Et c’est même prouvé scientifiquement, comme j’en parle dans l’expérience menée dans le Minnesota !

Je dis pas qu’il faut que tu passes par là absolument pour guérir. Certaines personnes ne connaissent pas la faim extrême comme je te l’ai dit. Certaines personnes ne la connaissent qu’un peu. Enfin, la façon dont je l’ai vécu n’est clairement pas la façon dont tout le monde le vit. Et d’ailleurs, si je l’ai vécu d’une façon aussi  “violente” c’est parce que je ne l’acceptais pas et que je répétais des erreurs que j’ai compris avec le temps.

Mais je te dis cela pour que tu saches que si tu te reconnais dans ce discours, tu n’es pas anormal. C’est une réponse biologique de ton corps face à tout ce que ton TCA a causé sur ton corps. 

Parallèlement à tout ce que je t’ai raconté là, et surtout depuis Juillet 2018, j’ai commencé à vraiment mettre en place des choses pour ma guérison : 

  • J’étais accompagnée par une psychiatre, je suivais également une TCC (Thérapie Cognitivo-comportemental) où j’ai travaillé sur mes problématiques de faim extrême avec des exercices concrets.
  • J’ai mis en place des petites actions, essayé des choses que je lisais dans des bouquins.
  • J’ai lu beaucoup beaucoup de revues scientifiques, académiques ou autres bouquins pour m’expliquer le fonctionnement du corps humain, les mécanismes du cerveau.
  • J’ai mieux compris la faim extrême, comment je devais agir, les actions que je faisais qui me maintenaient davantage dans la faim extrême…

Alors ça ne s’est clairement pas fait du jour au lendemain, rien n’a été magique et ça n’a pas disparu d’un coup. Cela m’a demandé un vrai travail sur moi-même, sur mes croyances erronées, sur mon rapport au corps, sur le fait de répondre aux besoins réels de mon corps, sur un changement d’état d’esprit quant à la faim extrême.

Mais une chose est sûre, c’est que toutes ces informations que j’ai apprises, toutes ces prises de conscience et actions que j’ai mises en place m’ont clairement aidé à accepter et à surmonter ma faim extrême. 

Alors petit à petit, la faim extrême s’est estompée jusqu’à totalement disparaître. Parfois elle revenait, mais d’une façon beaucoup moins “violente” et je savais comment réagir, comment mieux l’accepter pour m’assurer qu’elle ne revienne pas, que mon corps ait obtenu réponse à ses besoins.

 

Mais comment je pourrais faire pour t’aider ?

Nombreux d’entre-vous m’ont envoyé des messages me parlant de la faim extrême et du fait que vous n’arriviez pas à la gérer. 

Nombreux d’entre vous aviez 1000 questions auxquelles vous ne parvenaient pas à répondre. Et peut-être que t’en fait partie. 

Mais c’était impossible pour moi de répondre en 1 ou 2 messages, vocaux, emails. Et c’est super frustrant parce que j’ai plein de choses à dire, des conseils, des exercices à donner…

Donc c’est pour ça que je me suis plongée sur un contenu vraiment complet et qualitatif qui pourrait vraiment aider. C’est pourquoi j’ai créé le programme Pulsion de Vie pour répondre à toutes les questions que tu te poses, pour comprendre ce qui se passe dans ton corps, pour identifier les causes & déclencheurs de ta faim extrême. Je veux te donner toutes les clés pour t’aider à savoir comment gérer le moment-même où ta faim extrême se fait ressentir et gérer l’après : soit la culpabilité, tous les sentiments négatifs et effets indésirables qui arrivent à ton corps durant cette phase. 

Pulsion de vie c’est un programme de 34 vidéos, avec plus de 5h30 d’explications, de prises de conscience, de partage d’expérience des erreurs que j’ai faites et de ce qui m’a vraiment aidé. Avec ça, tu as un ebook de 60 pages où je te propose 21 exercices concrets à réaliser pour t’aider durant cette phase de faim extrême. Et en plus de ça, il y a de nombreux autres bonus. 

Je me souviens de nombreuses fois après les compulsions : J’étais dans mon lit, recroquevillée en tenant mon ventre douloureux. Je pleurais parfois, j’avais peur, j’étais perdue avec 1000 questions en tête. Et je cherchais du contenu sur internet pour m’aider. J’aurais tant aimé avoir une personne qui aurait vécu la même chose et qui s’en serait sortie. 

Alors j’ai voulu être cette personne. 

Ce programme c’est tout ce que j’aurais aimé savoir avant, toutes les réponses aux questions et aux peurs que j’avais, tous les conseils que j’ai appliqués.

Ce programme je l’ai appelé Pulsion de vie car avec beaucoup de recul, avec le temps, j’ai véritablement vu la faim extrême comme une pulsion de vie. C’est-à-dire que c’est mon corps qui voulait vivre, qui demandait l’énergie qu’il n’avait plus pour vivre. Encore une fois, c’est une faim de guérison, une faim réparatrice. 

Je te laisse découvrir tout ça si cela t’intéresse sur l’onglet programme de mon site internet norainnoflower.com ou directement en description. 

J’espère que ce témoignage t’a aidé à te sentir moins seule, à prendre conscience que tout ce que tu ressens n’est pas signe d’un manque de volonté où d’une perte de contrôle, d’une addiction au sucre ou quoi que ce soit d’autre. C’est quelque chose de complètement normal dans le cadre de la guérison d’un trouble alimentaire. N’hésite pas à me partager en commentaire ton expérience avec la faim extrême et ce que tu as pensé de mon témoignage. 

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Ventre très gonflé dans la guérison de l’anorexie

Ventre très gonflé dans la guérison de l’anorexie

Ventre très gonflé dans la guérison de l’anorexie

La guérison des troubles alimentaires est rude car lorsqu’on commence à se réalimenter, les difficultés sont autant mentales que physiques. Et l’une de ces difficultés justement, c’est ce ventre qui peut être très gonflé, notamment suite à un trouble alimentaire restrictif comme l’anorexie. Ce ventre gonflé peut s’accompagner de douleurs, ballonnements, gaz, constipation… qui rendent d’autant plus difficile à accepter. Je pense que je dédierai un article aux problèmes intestinaux durant la guérison !

Combien de personnes en guérison sont venues me poser des questions sur la normalité ou non d’avoir son ventre gonflé. Combien d’entre-elles sont venues me dire qu’on leur avait déjà demandé si elles n’étaient pas enceintes. On ne me l’a jamais demandé, mais j’imagine au combien ça doit être difficile… 

Si tu t’es déjà retrouvé face à l’une de ces deux questions, cet article va t’intéresser !

Je commence cet article en te disant que OUI, avoir un ventre gonflé dans la guérison de l’anorexie est complètement NORMAL. Non, ce n’est pas parce que tu manges trop. Ça, c’est ton trouble alimentaire qui te ment pour essayer de te garder plus près de la maladie. La cause générale de ce ventre gonflé, c’est ton passé restrictif. 

Mais je vais te donner de façon plus détaillée les principales causes physiologiques de ton corps. Cet article est complémentaire avec un autre où je te donne quelques conseils pour mieux vivre ces ballonnements (lien en bas d’article).

Comme souvent, avant de commencer, je t’incite à consulter un médecin qui pourra surveiller ta santé et t’apporter des conseils adéquats à ta situation, voire un traitement pour t’aider à mieux supporter les douleurs si tu en as. Cela te permettra d’ailleurs de t’assurer qu’il ne s’agit pas d’un SRI : Syndrome de renutrition inappropriée

Pourquoi as-tu un ventre très gonflé en guérison d’anorexie ?

1. Une digestion ralentie dû à la dénutrition

La première cause est due au fait que ton système digestif tourne au ralenti. Tu en as peut-être entendu parler puisque j’en parle souvent sur Instagram ! Ton corps ne recevant plus assez d’énergie pour répondre correctement à ses besoins, il est donc en mode “économie d’énergie”. De ce fait, il alloue le peu d’énergie que tu lui donnes sur des choses essentielles à ta survie (comme faire battre ton cœur par exemple). 

L’énergie allouée à ta digestion est bien en deçà de ce que tu devrais avoir. Or, la digestion demande énormément d’énergie pour bien fonctionner. C’est pourquoi tu as un ralentissement de ta vidange gastrique. On parle de gastroparésie : les mouvements de l’estomac tournent au ralenti. Les muscles de l’estomac qui se contractent pour pousser les aliments sont beaucoup plus lents pour économiser l’énergie. Ainsi, la nourriture que tu ingères reste plus longtemps dans ton système digestif. Pour te donner un ordre d’idée, une personne qui soufre d’un trouble alimentaire prend en moyenne 5 à 10 heures pour digérer contre 1 à 2 heures pour une personne en bonne santé. 

Le lien avec ton ventre gonflé ? La nourriture étant physiquement présente dans ton estomac, intestin… elle prend du volume dans ton ventre.

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2. La diminution des enzymes digestives et bactéries intestinales

“Bactérie” ?! Oui, mais des bactéries saines ! Ton intestin en a besoin, et tous les systèmes digestifs sains en ont. Tu en as naturellement et notamment grâce à ton alimentation. 

Le problème, c’est qu’avec la restriction, ton organisme ne fonctionnant plus correctement, il produit beaucoup moins de bactéries intestinales (saines du coup). Et cette diminution d’enzymes digestives et bactéries participent au ralentissement de ta digestion. On en revient au point 1 ! 

Mais pas de panique, ça revient avec le temps. En gros, comme tu n’as pas consommé ou peu certains aliments, ton estomac a arrêté de produire les enzymes spécifiques à la digestion de ces produits. Donc quand tu vas les manger à nouveau, ça peut être difficile à digérer. Mais ça ne veut pas dire que tu es devenu allergique à ces aliments ou que tu es intolérant, ça veut dire que ton corps a besoin de s’habituer à nouveau. Donc ce n’est pas agréable les premières fois, mais il faut continuer de les manger pour “entraîner” ton système digestif. L’arrêt total de ces aliments serait bien pire et renforcerait cette “intolérance passagère”. 

(Attention, il existe tout de même des vraies intolérances et allergies alimentaires. Donc, je te recommande comme d’habitude d’avoir un suivi avec des professionnels de santé qui sauront de donner un diagnostic). 

De plus, si tu as recouru à des vomissements ou prise de laxatifs, cela vient également impacter négativement ta flore intestinale. 

3. La faiblesse de ta zone abdominale

Lorsque le corps ne reçoit pas d’énergie suffisante, il vient puiser l’énergie en lui-même et notamment dans tes muscles. C’est pourquoi on entend souvent parler d’une “fonte des muscles” dans le cadre de l’anorexie mentale

De ce fait, les muscles qui se trouvent au niveau de ton abdomen, notamment tes abdominaux, ne sont parfois plus assez “forts” pour maintenir le ventre, qui semble alors distendu. 

Et ne te dis pas que du coup, il faut que tu fasses 50 abdos par jour ! Même pas 10, même pas 1 en fait. Ce n’est pas ça qui va t’aider dans ta guérison ni même pour “cacher” ton ventre. 

Ce qui m’amène à mon point suivant…

4. L’hyperactivité à l’origine de ton inconfort digestif

L’hyperactivité impact également ton système digestif. L’hyperactivité diminue la production d’enzymes digestives et d’acide gastrique, entraînant un ralentissement de la mobilité intestinale. L’acide gastrique aide à la décomposition, digestion et absorption des nutriments provenant de la nourriture que tu ingères. 

Dans la cadre de la guérison d’un trouble alimentaire, le sport et même l’activité physique en général sont vécues comme un stress pour le corps. L’énergie qui est allouée à l’activité physique, c’est de l’énergie en moins pour la digestion et plus globalement pour aider ton corps à guérir. Le repos est tout aussi important que l’alimentation. Ton organisme en a besoin. Tu n’es pas paresseux quand tu t’autorises à répondre aux besoins de ton corps !  

Donc non, faire des abdos en te disant que du coup ton ventre sera plus musclé c’est WRONG WAY. Tu dépenseras de l’énergie (que tu as déjà en quantité limitée) pour de l’activité physique. C’est de l’énergie en moins pour ta digestion, ce qui renforce tes ballonnements et c’est alors un cercle vicieux.

5. Et l’impact du stress sur ton ventre, on en parle ?

Les troubles alimentaires vont souvent de paires avec l’anxiété. Lorsqu’on va à l’encontre du TCA, on sort de sa zone de confort. L’anxiété se fait ressentir puissance 1000. Et c’est lorsque c’est difficile que l’on est sur le bon chemin. Mais ce stress n’est clairement pas simple à gérer pour ton petit estomac.

Lorsque tu stresses, ton système nerveux sympathique s’active. Donc ton cerveau se met en mode “combat”. C’est ce même système qui s’active si jamais tu es en danger. Par exemple, si un animal se met à t’attaquer, ton cerveau te dit de courir, de prendre la fuite. Donc, lorsque tu angoisses, le peu d’énergie que ton organisme a, il le concentre sur ta survie, il est prêt à combattre, à te protéger. Donc encore une fois, c’est de l’énergie en moins pour ta digestion, ce qui la maintient dans une digestion lente. 

Alors évidemment, la solution serait de s’alimenter de façon décontractée. Mais je sais très bien que ça, c’est la théorie. Moi-même, j’étais constamment angoissée, j’avais 1000 questions dans ma tête, des peurs plus incohérentes les unes des autres… Bref, je ne te juge absolument pas.

Par contre, avant les repas, j’avais pris l’habitude parfois de me masser la mâchoire pour me détendre le visage, ou de prendre quelques inspirations profondes avant. Cela te permet de mettre ton cerveau dans les bonnes conditions au moment des repas. Tu peux par exemple faire une séance de 1 ou 2 minutes de cohérence cardiaque. Je t’avais parlé sur Instagram de l’application Respire. Elle est gratuite. 

Manger moins pour un ventre moins gonflé : la mauvaise idée

Peut-être que tu te dis que tu devrais diminuer ta ration pour que ton système digestif soit moins en galère, pour diminuer ces ballonnements et ce ventre gonflé.  

La seule chose bénéfique que ça aura, c’est un soulagement TEMPORAIRE. Vraiment, temporaire. Les bénéfices ne durent qu’un temps. Tout comme toutes les actions qui émanent de ton TCA. 

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Mais si l’on se positionne d’un point de vue de ta guérison, en mangeant moins, tu ne donnes pas l’énergie nécessaire à ton corps pour guérir. De plus, ton système digestif a besoin d’être “entraîné” justement avec des quantités plus grandes. C’est ainsi qu’il aura l’énergie pour produire les bactéries et enzymes nécessaires à ta digestion, qu’il pourra reconstituer tes muscles, relancer le système digestif, etc. Et c’est comme ça justement qu’à termes, les ballonnements et ton ventre gonflé vont s’estomper.

Mais combien de temps ça va durer ?

Ça je ne peux pas y répondre, et personne à vrai dire. Parce que chaque personne vit son propre chemin de guérison. Il n’y pas de temporalité exacte. Le ventre gonflé s’estompera à mesure que ton corps sera re-nourrit, qu’il aura assez d’énergie pour digérer convenablement. Mais une chose est sûre, c’est que ça ne restera pas à vie, je te rassure !  

C’est temporaire. Et c’est difficile de le voir comme ça, mais c’est un signe positif de la guérison. Cela veut dire que ton organisme se bat contre le TCA, qu’il est en train de guérir. 

J’espère que ces explications t’aident à mieux comprendre pourquoi ce ventre gonflé est totalement normal dans la guérison de ton anorexie mentale. Et d’ailleurs non, ce n’est pas un cumul de graisse soudain après tes repas. 

Il n’existe pas de traitement spécifique pour ce symptôme. Mais je t’invite à lire l’article où je te donne 8 conseils pour t’aider à mieux accepter ton ventre et atténuer l’inconfort des ballonnements occasionnés par la renutrition.

Et n’oublie pas que c’est temporaire, ça s’améliore au fil de la guérison et tu as besoin de manger, d’énergie, de repos pour aider ton corps à digérer. Même si ta première réaction (ou que ton trouble alimentaire te dit) est de moins manger, la seule solution est justement de t’alimenter plus. Tu dois passer à travers cette étape de la guérison, c’est nécessaire, c’est un signe positif que ton organisme fonctionne bien. Comme je te dis souvent, fais confiance à ton corps. S’il agit ainsi, c’est qu’il en a besoin.

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Syndrome de renutrition inappropriée dans les troubles alimentaires

Syndrome de renutrition inappropriée dans les troubles alimentaires

Syndrome de renutrition inappropriée dans les troubles alimentaires

Tu l’as peut-être entendu sous un autre nom, comme syndrome de réalimentation, ou refeeding syndrom qui est la traduction anglaise du terme Syndrome de Renutrition Inappropriée. Pour aller plus vite, j’utiliserai parfois l’abréviation SRI

J’ai un peu hésité à faire cet article de blog car c’est quand même très médical comme sujet. Donc j’avais un peu peur aussi de vous faire peur. Mais en même temps, c’est aussi un sujet que vous m’avez demandé à plusieurs reprises. Donc, je me suis documentée à fond sur ce sujet, j’ai lu des revues académiques et scientifiques pour te donner le maximum d’information et t’expliquer de quoi il s’agit. Et du coup, je te donne toutes mes sources en bas de cet article.

⚠️ Cependant, je commence quand même par un disclaimer : je rappelle que je ne suis pas médecin, pas infirmière. J’ai pas fait d’études dans le domaine médical. Mais je te donne mon expérience en tant qu’ex-anorexique, survivante des troubles alimentaires. Et je passe beaucoup de mon temps à lire et à me renseigner sur des sources fiables. Mais je recommande toujours d’être accompagné par des médecins spécialisés, même le médecin traitant au moins. Mais c’est très important que tu aies un suivi de ta santé pour s’assurer que tu ne sois pas en danger. J’ai moi-même été suivi par une équipe médicale et c’est pour moi indispensable.

Le syndrome de renutrition inapproprié : c’est quoi ?

Ce terme a été utilisé pour la première fois dans le contexte de la 2nd Guerre Mondiale concernant les victimes des camps de concentration. Ils ont subi pendant une longue période de la restriction sévère forcée ou leurs apports étaient bien en deçà de leur besoin. Et lorsqu’ils sortaient des camps, ils se sont mis à remanger de grandes quantités puisqu’ils étaient affamés. Sauf que malheureusement, à cette époque, la médecine n’était pas aussi évoluée. Et certains d’entre eux sont décédés en remangeant, suite à un SRI justement. Et moi, c’est en cours d’histoire, en Première au lycée que donc j’ai entendu ça pour la première fois. Et ça m’avait tellement choquée que je me souviens encore la place où j’étais assise dans la classe que je l’ai su !

Donc on parle de syndrome de renutrition inappropriée pour désigner des réponses corporelles chez des personnes qui souffre de malnutrition et qui augmentent d’un coup leur apport nutritionnel calorique, soit volontairement de façon orale ou entérale (par sonde naso-gastrique) ou parentérale (perfusion intraveineuse). Mais c’est pas “dédié” aux patients qui souffrent de troubles alimentaires. Cela peut se produire aussi chez des personnes alcooliques, après un cancer ou d’autres maladies occasionnant une malnutrition. Je donnerai plus tard dans l’article les facteurs de risque qui déclenchent un SRI.

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser dès maintenant que le SRI est un phénomène quand même rare ! Je dis ça parce que je pense que beaucoup d’entre vous en ont peur. Et de ce fait, ça peut te bloquer dans ta renutrition. Après, c’est pas parce que c’est rare que ça ne doit pas être pris au sérieux. Et pour cause, c’est l’une des complications les plus graves qui peut arriver pour les patients atteints de TCA, notamment d’anorexie. Et ça peut même être mortel.

Qu’est-ce qui se passe dans le corps pour déclencher un sri ?

C’est là qu’on arrive sur des explications bien médicales et assez complexes, je trouve. Donc moi, je vais vulgariser le plus possible les choses pour les rendre compréhensibles. Mais si tu veux vraiment en savoir plus, je te laisse toutes mes sources en bas de l’article. Après, mon avis c’est que tu n’as pas besoin de savoir en détail ce qu’il se passe pour comprendre.

Je vais partir d’un corps en bonne santé : 

Il va décomposer les aliments ingérés et les convertir en énergie pour faire fonctionner le corps (les cellules, les tissus, les organes…). Ici, on dit que le corps est donc dans un état anabolique.

Pour un corps qui est restreint, il reçoit beaucoup moins de nourriture, en deçà de ses apports nécessaires et de ses besoins. Il a donc moins d’énergie. Sauf qu’il a besoin d’énergie pour survivre. Donc des changements dans le fonctionnement corporel vont se faire. Entre autres, le corps va décomposer ses propres muscles par exemple pour les convertir en énergie. Là, on dit que le corps est en état catabolique. C’est certainement ton cas si tu souffres d’un trouble alimentaire restrictif. De plus, le corps développe des carences et voit s’épuiser ses stocks de minéraux, vitamines et nutriments importants à son bon fonctionnement. Ceux dont vont notamment impacter le SRI sont les suivants : les taux de potassium, thiamine, glucose, phosphore, magnésium, sodium et azote. 

Lorsque le corps est à nouveau nourri, qu’il sort de la restriction, il revient à son état anabolique. Sauf qu’un changement trop brutal peut entraîner des changements métaboliques et hormonaux.

En gros, si j’ai bien compris : la réalimentation entraîne une augmentation de l’insuline dû à l’augmentation des glucides. Cela stimule la synthèse de glycogène qui nécessite l’utilisation des vitamines et minéraux dont on a parlé juste avant, qui sont déjà presque épuisés. De ce fait, des changements s’opèrent au niveau métabolique entraînant un déséquilibre électrolytique et hydrique (de liquide). De là, le corps connait une diminution brutale du phosphate, du potassium et du magnésium. Alors que ce sont déjà des éléments en carence.

En vrai, c’est clair ce que je dis ? J’ai l’impression que c’est quand même assez compliqué ! Mais comme je te disais, tu n’as pas besoin de comprendre exactement ce qu’il se passe pour te renourir en toute sécurité.

Les symptômes d’un sri : comment le reconnaître ?

Les symptômes non exhaustifs cités sont les suivants :

  • Fatigue
  • Se sentir faible
  • Confusion, désorientation
  • Irrégularité des battements du cœur (avec risque d’arrêt cardiaque)
  • Difficulté respiratoire
  • Pression artérielle élevée
  • Œdèmes 
  • Coma
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Mais je pense que cela dépend de ton état de malnutrition, et ça dépend de chaque personne. En tout cas il ne faut pas avoir tous ces symptômes pour que ce soit un SRI. Mais ces symptômes sont très graves et si tu en ressens un, je te conseille vivement d’en parler à ton médecin pour que ta santé soit sous surveillance.

⚠️ Dans tous les cas, au moindre doute, parles-en à ton médecin. Il vaut mieux faire de la prévention, comme on dit “il vaut mieux prévenir que guérir”. Tu n’as qu’une vie !

Quels sont les facteurs de risques à développer un syndrome de renutrition ?

Les “critères” ou plutôt facteurs de risques énumérés dans les différentes sources présentées en bas d’article sont les suivants : 

  • Patient souffrant d’anorexie mentale
  • Patient ayant un Indice de Masse Corporelle (IMC) inférieur à 16. 
  • Patient qui ne s’alimente plus ou peu depuis 5 à 10 jours (certains parlent de moins de 1000 calories quotidiennement)
  • Patient recourant à de la purge (diurétique, laxatif)
  • Patient présentant des résultats sanguins avec de faibles taux de magnésiums, phosphate (hypophosphatémie : faible teneur en phosphate), potassium
  • Patient qui a connu une perte du poids rapide
  • Patient ayant un antécédent avec l’alcool, la chimiothérapie ou l’insuline

Je tiens à préciser qu’il ne faut pas être dans un état de malnutrition sévère ou en insuffisance pondérale pour déclarer un SRI. Je veux dire que si tu consommes moins de 1000 calories par jour pendant rien que 5 à 10 jours puis d’un coup 2000 ou 3000 calories, ça peut être trop brutale pour ton organisme. C’est pas une question d’intensité ou de poids. Tout simplement parce que ton corps n’est plus habitué à recevoir cette quantité dans l’alimentation que tu lui donnais.

Le SRI survient généralement dans les premiers jours de réalimentation. Certaines sources parlent de 24 à 72 heures, d’autres de 5 jours. Donc apparemment, si cela fait plus longtemps que tu te réalimentes, les dangers sont beaucoup plus faibles voire sont inexistants. Encore une fois, je te conseille fortement d’avoir un suivi avec un médecin qui lui seul saura t’apporter un diagnostic et surveillera ton état de santé. 

Comment prévenir le développement d’un sri ?

Je le redis au risque de me répéter, mais je conseille plus que fortement d’être accompagné par un médecin. C’est vraiment super important pour ta santé. 

C’est important d’avoir une surveillance médicale avec des analyses régulières de ton sang et de tes electrolytes & liquide soient faites. 

Les sources données indiquent également la réintroduction progressive de l’alimentation. C’est effectivement le traitement que j’avais eu lorsque j’ai été hospitalisée.

Le nombre de calories était augmenté par palier de 100 à 200 calories tous les 2-3 jours. Puis j’avais des analyses tous les 2-3 jours pour voir si mon corps réagissait bien et que donc on pouvait maintenir l’augmentation. 

L’idée est d’augmenter par palier jusqu’à atteindre 2000 calories, donc ça doit se faire sous 10 jours approximativement. 

Mais ça, c’est clairement de la théorie dans les revues scientifiques. Après, c’est ce qui est en effet fait à l’hôpital. Mais bon, je trouve que ça oblige donc à calculer ces calories et c’est pas top. Parce que, sans faire de généralité, les personnes qui souffrent de TCA ont tendance à être perfectionniste et vont vraiment compter à la calorie près.

renutrition-sri-anorexie-trouble-alimentaire

Donc encore une fois, le mieux c’est que tu aies un suivi avec des médecins spécialisés, notamment sur ta nutrition, avec des diététiciens, pour que ce soit géré par des professionnels plutôt que ce soit une source de stress en plus pour toi.

Il me semble qu’à l’hôpital j’avais aussi des compléments de vitamine à côté pour aider mon corps à se remettre en route en gros. 

Mais après, je peux pas te dire combien tu dois reprendre de calorie par jour. C’est vraiment au cas par cas. Donc les revues scientifiques, académiques c’est bien mais la réalimentation, c’est personnalisé. Ça dépend de chacun, de ton organisme, de ton poids, de tes taux sanguins… et là-dessus, une aide de la médecine est indispensable. C’est tellement “touchy”, parce que même si c’est rare ça reste potentiellement mortel, donc vraiment ne prend pas ça à la légère et sois encadré. 

Je parle aussi de cette expérience dans un épisode de podcast : 

Et du coup, moi : mon histoire avec le sri

Est-ce que j’ai fait un syndrome de renutrition inapproprié ? Eh bien, je pense qu’il y a des contenus où j’ai dû écrire que oui. Parce que je le pensais sincèrement et que l’on m’a dit ça même ! 

Je vais te raconter mon histoire en entier pour que tu puisses avoir tous les tenants et les aboutissants.

Je me souviens de ce jour-là avec beaucoup de précision. C’était le 25 Mai 2017, un jeudi. C’était l’ascension donc c’était férié. Et franchement HEUREUSEMENT. Parce que sinon j’étais dans mon appartement à Lille, seule. Et là, j’étais toute la journée chez mes parents. Je sais pas si c’est la vie qui est bien faite ou si c’est mon corps qui a compris que là il pourrait demander de l’aide. Mais c’est arrivé ce jour-là.

Une précision important à t’apporter, c’est le fait que 3 jours plus tôt j’avais été aux urgences dans la nuit prise de douleurs atroces au niveau de l’estomac. Expérience assez catastrophique dans cet hôpital où ils ont perdu mes analyses, j’y dû les refaire pour qu’au final, ils me disent que j’avais une gastro. Je suis sortie toujours avec un grand mal au ventre. Le mercredi, le mal de ventre s’était à nouveau fait ressentir dans l’après-midi.

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Bref, toujours est-il que j’étais étudiante, en Master 1 en école de commerce et alternante en même temps. Donc j’avais un rythme de vie assez intense. Ce jour-là, jour férié, j’avais prévu de bosser sur mes cours. Donc, je me lève tôt comme d’habitude. Je suis le genre de personne qui se lève au premier retentissement de son réveil. Mais pas ce matin-là. Je m’étais même surprise à rappuyer sur le bouton “réveil moi dans 10 minutes”. 

Je me souviens que quand j’ai décidé de me relever, je me suis d’abord mis au bord du lit en me disant “Allez Mathilde, tu peux le faire, faut que tu marches jusqu’à la cuisine, t’en as pour 10 pas à peine”. Vraiment, d’habitude je suis une personne super vive, même à 6 heures du matin quoi.

J’ai compris qu’il y avait un truc qui n’allait pas. Je me souviens m’être dit “Merde, ça y est, mon corps me lâche”. Quand j’étais anorexique, je voulais que mes parents me laissent tranquille donc je ne voulais pas qu’ils s’inquiètent pour moi donc généralement, je ne disais rien. Mais ce matin-là, la première chose que j’ai dite en me levant à mes parents qui déjeunaient dans la cuisine, c’était “Je me sens pas bien du tout”. Je crois que j’ai été prise d’une peur ce jour-là : la peur de mourir. 

Du coup, j’ai décidé de manger exactement comme mes parents. D’habitude le matin, je mangeais un yaourt et une demi-pomme (ce qui est clairement pas assez !!). Ce jour-là, j’ai mangé un bon bout de baguette avec du Nutella. Très vite, j’ai eu extrêmement mal au ventre. Je suis partie m’allonger dans mon lit où je travaillais sur mes cours. Sauf que je n’arrivais pas trop à garder ma concentration sur mes cours. J’avais toujours cette peur que mon corps était en train de me lâcher. J’envoyais des messages à ma sœur en lui disant que je prenais conscience qu’il fallait que je me soigne. Et je lui disais dans un message que j’avais même peur qu’il ne soit trop tard. 

Arrivé l’heure du midi, même chose qu’au petit-déjeuner, j’ai pris exactement la même chose que mes parents. Ma mère avait préparé de la viande de bœuf, il me semble, avec des lentilles et des légumes, je crois. J’essayais vraiment de manger mais je n’arrivais pas trop. Mais là, c’était pas la peur des aliments. Bizarrement, je n’avais pas peur de l’aliment mais plutôt peur que mon corps me lâchait. Donc je me forçais, mais j’avais tellement mal au ventre. La douleur s’intensifiait. Ma mère m’a aidé à marcher jusque dans mon lit. Je hurlais de douleur tellement c’était insupportable. Et je pense qu’il devait être aux alentours de 14 heures quand ma mère a dit à mon père qu’on allait aux urgences. Du coup, pas aux mêmes urgences que 3 jours plus tôt.

Heureusement, on était à 15 minutes de ces urgences. Mais tout le long de la route j’avais horriblement mal. Les urgences, c’est pas fun. Les urgences un jour férié, ça l’est encore moins. Il y avait beaucoup moins de personnel j’avais l’impression. 

Arrivée aux urgences, j’ai commencé à vomir involontairement. J’étais allongée dans un brancard. Je me sentais de plus en plus faible, j’avais l’impression que mon cœur s’essoufflait. Je crois avoir le souvenir qu’une infirmière est venue poser une pastille rouge sur mon dossier. Et de ce fait, je suis passée un peu en priorité. 

Je vomissais beaucoup. Ça demandait un effort incroyable je crois pour mon corps qui était épuisé. J’avais l’impression qu’à chaque fois que je vomissais, mon cœur ralentissait un peu plus. Et cette douleur au ventre… 

Ce jour-là, ce moment-là, j’ai vraiment cru que j’étais en train de mourir. Sincèrement, je me suis dit “merde, les médecins avaient raison en fait, on peut en mourir”. La veille, j’étais en train de bosser en entreprise, je marchais dans la rue. Enfin, jamais j’aurais cru quoi ! Et j’ai même dit à mes parents que ce n’était pas leur faute, qu’ils avaient tout fait pour m’aider. Je leur disais au revoir en fait…

Bon, du coup, spoiler : c’était pas mon heure ! Sinon je ne serais pas là en train d’écrire ça. Mais franchement, ça a été trèèèèèès long avant qu’on trouve ce que j’ai. Comme j’avais vomi involontairement, j’avais moins mal au ventre. Mais j’étais quand même pas bien du tout. C’est genre vers 1 ou 2 heures du matin qu’ils ont posé un diagnostic, après des prises de sang, des radios, etc.

À ce moment-là, j’avais pas tout compris. Parce que je n’étais pas en état. Mais on m’avait dit que c’était suite à la renutrition que j’avais fait, suite à mon anorexie. Et je suis presque certaine qu’on m’a parlé d’un syndrome de renutrition. Voilà pourquoi je pensais que j’en avais fait un ! 

Sauf qu’en faisant cet article, j’ai repris le courrier de ma sortie d’hôpital et du coup, j’ai vu que ce n’était pas exactement ça ! 

Je vous dis exactement ce qui était écrit : “On note un syndrome de la pince aorto-mésentérique suite à une réalimentation en raison d’une dilatation gastro duodénale.”

Du coup, en lisant ça, j’ai été voir sur internet ce que c’était un Syndrome de la Pince aorto-Mésentérique. Déjà le nom fait faire des gros yeux haha. Pour aller plus vite, je dirai “SPAM”.

Apparemment, c’est un syndrome assez rare qui peut subvenir chez des patients en dénutrition sévère ou en conséquence d’un hypercatabolisme, notamment pour les patients qui ont connu une chimiothérapie ou une chirurgie lourde. 

Et du coup c’est une obstruction duodénale secondaire à une pince anatomiquement acquise dû à la compression du troisième duodénum par l’artère mésentérique supérieur et l’aorte en arrière dû à la disparition du tissu graisseur périvasculaire. 

Wooow. Genre cette phrase était super longue et compliquée ! Et “duodénum” je l’ai beaucoup entendu dans la nuit du 25 au 26 Mai 2017 dans la bouche des médecins aux urgences. Sauf que j’avais entendu “Duo des Gnomes”. Genre un problème entre un couple de gnomes quoi. Bon j’en rigole aujourd’hui, pour te faire sourire, mais clairement, à ce moment-là, c’était pas une partie de plaisir.

Du coup j’ai eu une sonde pour “aspirer” il me semble ce qui était bouché dans mon système digestif. Mais c’était pas certain que ça marche. Alors c’est pas une sonde alimentaire, c’est un peu plus gros. Et c’était super douloureux la pose. Et j’ai eu ça quelques jours. Et heureusement, ça a marché ! Parce que sinon, je sais qu’ils auraient dû m’opérer mais ils avaient dit à mes parents que c’était risqué dû à mon insuffisance pondérale et à l’épuisement de mon corps.

À la suite de ces quelques jours aux urgences, j’ai été transporté en réanimation une dizaine de jours où j’ai été alimenté par sonde alimentaire cette fois-ci. Donc ils ont échangé les sondes en gros. Et après ça, moi j’ai demandé à être hospitalisée en service de trouble alimentaire où là j’ai eu une réintroduction de mon apport nutritionnel progressif et sous la surveillance des médecins.

Donc tu vois, c’est pas un “refeeding syndrom” à proprement parlé. Mais je trouve que ça y ressemble, du moins dans le fait que c’était suite à de la réalimentation et en conséquence à la malnutrition causée par mon anorexie. Mais après métaboliquement ou corporellement, ça n’était donc peut-être pas un SRI.

Voilà, j’ai terminé cet article ! J’espère qu’il t’aura aidé à comprendre les choses et la gravité des troubles alimentaires. 

Mon but c’était évidemment pas de te faire peur. Je te rappelle que c’est rare comme phénomène mais ça ne veut pas dire impossible, ni que tu es une exception et que “ça n’arrive qu’aux autres”. Jusqu’au jour où ça t’arrive à toi.

Donc, je me répète, vraiment, fais-toi accompagner de médecins, c’est super important ! 

Prends soin de toi, tu n’as qu’une santé, qu’une vie ! 

Comme promis, mes sources pour faire ce contenu :

 

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, 0 commentaire