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Tout savoir sur l’hospitalisation à temps complet en TCA

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J’ai eu envie de faire cet article, car je me souviens que quand j’étais moi-même anorexique, je recherchais sur Internet des témoignages de filles ayant traversé une hospitalisation en service de trouble alimentaire. C’est pourquoi j’ai voulu faire cet article afin de vous fournir le maximum d’information à ce sujet. Je vous invite parallèlement à lire mon article sur mon expérience personnelle en hôpital lors de mon anorexie. L’article est vraiment complémentaire à celui-ci et vous donnera un aperçu de mon propre vécu. J’y raconte également les routines hebdomadaires et quotidiennes à l’hôpital en service des troubles alimentaires.

Avant tout, sachez que si vous souffrez d’un trouble alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie…), il est préférable d’être hospitalisé dans un service spécialisé en trouble alimentaire plutôt qu’en psychiatrie générale ou en maison de repos. Cela dépend bien évidemment des motifs d’hospitalisation, mais des professionnels habitués aux problématiques et formés pour les pathologies de troubles de comportement alimentaire (TCA) sauront mieux vous encadrer que personne.

Quand hospitaliser ?

Je ne suis pas médecin, mais je suppose qu’il y a des critères d’hospitalisation, dont voici une liste d’exemples tirés à partir de mes recherches sur les sites de HAS (haute autorité de santé) :

Raisons cliniques

Troubles mentaux et addiction

Anorexie mentale

Contexte environnemental

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Il ne faut évidemment pas avoir tous ces critères pour être hospitalisé. Dans tous les cas, avant de vous faire hospitaliser, vous avez un premier rendez-vous avec un médecin du service qui évalue votre situation et décide avec vous si l’hospitalisation vous correspond. Si le motif pour lequel vous voulez être hospitalisé ne figure pas sur la liste ci-dessus, demandez quand même. L’énumération que j’ai inscrite est simplement un exemple de raisons possibles, la liste est non exhaustive.

Me concernant, j’ai choisi ma deuxième hospitalisation vu que je n’arrivais pas à arrêter seule mes comportements destructeurs (restriction et compulsions alimentaires). J’avais également besoin d’un milieu neutre, car l’environnement familial n’est pas toujours évident à concilier avec la guérison. Enfin, j’avais besoin de faire une pause dans ma vie. Je me sentais submergée et je ne parvenais pas à me consacrer à ma guérison. L’hospitalisation me permettait de me soulager de nombreuses tâches quotidiennes qui devenaient trop compliquées à gérer.

Si vous êtes mineur(e) et que c’est vos parents qui ont décidé, dites-vous qu’ils ne font pas cela pour votre mal. Au contraire, c’est pour vous protéger. C’est parce qu’ils vous aiment qu’ils souhaitent que vous alliez mieux. Ils ont probablement pris cette décision conjointement avec les médecins. De toute façon, vous n’avez pas d’autres choix que d’y aller si la décision a été prise. Alors, prenez-vous « au jeu » et mettez toutes les chances de votre côté pour que l’hospitalisation se passe bien et soit efficace. 

Quand peut-on sortir de l'hôpital ?

Je sais que certains hôpitaux instaurent des contrats de poids ou demande l’atteinte d’un certain IMC pour permettre une sortie. Dans l’hôpital où je me trouvais, il n’y avait pas vraiment de condition à remplir. La sortie dépendait de l’évolution de notre poids, de nos angoisses face à la nourriture, du travail effectué sur notre propre histoire, etc. Cela se décidait en fonction du ressenti du patient lui-même et des médecins.

Si vous êtes mineur(e) : ce sont les médecins qui décident conjointement avec vos parents. Généralement, c’est lorsque vous avez fait des progrès nutritionnels, que vous avez regagné du poids, de l’énergie et que vous avez atteint une ration à 1800 calories.

Si vous êtes majeure : vous pouvez partir quand vous le souhaitez. Mais ne voyez pas l’hôpital comme une contrainte, mais plutôt comme une aide. D’ailleurs, je dis « quand vous le souhaitez« , mais si vous êtes en danger vital alors vous serez hospitalisé sous contrainte. Pour que les médecins acceptent votre demande de sortie, il vous faut avoir récupéré un peu de poids, un IMC supérieur et maintenir une ration d’au moins 1800 calories depuis plus de 10 jours d’hôpital.

On peut ressortir lorsqu’on sent que l’hospitalisation n’est plus bonne pour soi, qu’elle devient plus nocive que bénéfique. Le fait d’habiter avec 10 autres patients tout aussi malades que vous peut être néfaste au bout d’un moment. Vous pouvez très bien repartir chez vous quelques semaines en programmant avec votre interne une nouvelle hospitalisation 1 mois plus tard.

Les bénéfices de l’hospitalisation

Dans la plupart des cas, on entre à l’hôpital lorsqu’on a déjà tout essayé, qu’on a plus vraiment le choix et que notre poids est bien trop faible pour nous permettre de vivre seul sans assistance médicale. Mais moi je trouve cela dommage. Bien que ce soit grandement redouté par beaucoup des patients, l’hôpital est pour moi un bon traitement face à l’anorexie. Cela dépend bien évidemment de la qualité du service et des méthodes utilisées. Mais me concernant, l’hôpital a été bénéfique. Toutefois, je sais que c’est difficile d’accepter une hospitalisation et moi-même j’ai été hospitalisée deux fois de suite quand je n’avais presque plus le choix. En revanche, suite à ma deuxième hospitalisation, j’étais prête à revenir pour une durée plus courte de 15 jours si c’était nécessaire. Mais avec un bon suivi extérieur, je n’ai pas eu le besoin d’y retourner.

En effet, tout est structuré avec des repas planifiés. Il y a une routine quotidienne et hebdomadaire qui permettent de mettre un cadre. Cela est rassurant. Vous n’avez plus rien à gérer, vous pouvez pleinement vous concentrer sur votre guérison. Parce que oui, pour qu’une hospitalisation soit efficace, vous devez vouloir guérir. Il faut que vous ayez le désir de travailler sur les choses qui vous font mal, sur les plaies qui ne sont pas encore cicatrisées. Vous devez parallèlement avoir envie d’affronter vos peurs, car c’est de cette façon que vous pourrez déranger la maladie et ainsi vous en sortir.

Cela vous permet également de faire un point sur votre vie extérieure. Vous avez « l’excuse » d’être à l’hôpital et donc de ne plus poursuivre votre scolarité, votre vie professionnelle ou d’accepter n’importe quelle autre invitation dont vous n’aviez pas l’envie d’aller. Cela vous offre l’opportunité de faire un bilan sur votre orientation pro, peut-être sur certaines relations toxiques que vous avez envie d’interrompre. L’hôpital permet de vous reposer, de laisser de côté tous les impératifs de la vie.

L’encadrement médical est familiarisé avec les troubles alimentaires. Ils comprennent tous les mécanismes qui se passent dans votre tête. Ils ont de l’expérience et savent vous conseiller, vous guider sur le chemin de la guérison. C’est bon de se sentir compris, et de ne plus avoir tous ces conflits familiaux ou amicaux avec d’autres personnes qui tentaient de comprendre. Malheureusement, pour vraiment bien comprendre votre maladie, il faut la vivre de près ou de loin, en tant que malade ou personne très proche du malade. Alors tant mieux si les autres ne comprennent pas. C’est qu’ils ne l’ont pas vécu.

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Le côté négatif de l’hôpital

L’un des désavantages de l’hospitalisation, du moins dans le service où j’étais, c’est qu’on s’exprime en calorie et en gramme. À tous nos repas il y a protéine, féculent et fruits/légumes dans notre assiette. C’est peut-être nécessaire au moment de l’hospitalisation, mais il est difficile de s’en détacher par la suite. Me concernant, j’ai pris 2 ans pour accepter que ce n’est pas grave si un jour je n’avais que protéine et féculent dans mon assiette, que je ne suis pas obligée de rassembler toutes les catégories d’aliments à chaque repas.

Le traitement se focalise essentiellement sur l’alimentation, les carences et autres problèmes physiques provoqués par la maladie. Ainsi, la prise en charge se concentre sur les conséquences de l’anorexie. Les hôpitaux sont malheureusement encore beaucoup trop fermés aux techniques de médecine douce. De ce fait, l’analyse des causes est minime. En 6 mois (2 x 3 mois) d’hospitalisation, j’ai rencontré 4 fois la psychologue de l’hôpital et je voyais mon interne 30 minutes tous les deux jours dans la semaine, sois 1 h 30 par semaine. Ce n’est clairement pas assez pour faire une thérapie approfondie. C’est pour cela que l’hôpital est souvent qu’un premier pas. D’ailleurs, je tiens à préciser une chose importante : c’est qu’il ne faut pas aller à l’hôpital en pensant que vous en ressortirez guéri. Non pas du tout, comme je le disais l’hôpital est seulement la première étape de la guérison. Elle vous offre tous les outils et ressources dont vous avez besoin. Une hospitalisation permet de vous remettre sur pieds. Lorsque vous sortez, le vrai combat commence. Vous allez devoir apprendre à voler avec vos propres ailes.

À l’hôpital, vous êtes dans une sorte de cocon : tout est fait et pensé pour vous (les repas, les quantités…) et lorsque vous n’êtes pas bien, on vous apporte une solution ou un soutien dans la minute. Même si c’est nécessaire au début de l’hospitalisation pour offrir les meilleures conditions pour le traitement, ce n’est pas la vraie vie. Et il y a un énorme décalage entre la vie à l’hôpital et la vie dehors. C’est pour cela que c’est important de profiter au maximum de nombreuses permissions de sortie pour faire une transition entre l’hôpital et la maison. C’est durant les permissions que vous vous rendrez compte des difficultés qu’il y a à l’extérieur et que vous pourrez déjà commencer à les appréhender avec vos médecins : tentations alimentaires, regards des autres, repas en famille, etc. Dans la vie quotidienne, lorsque vous vous retrouvez en train de cuisiner votre repas (chose que vous n’avez pas faite depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois), les choses se compliquent.

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Pour conclure cet article, je ne vous ferai pas de recommandation quant à l’hospitalisation, car le choix est propre à chacun. Pour moi, les mois que j’ai passés à l’hôpital ont été extrêmement difficiles à vivre, mais se sont avérés bénéfiques. Lorsque j’y étais, je ne trouvais même pas vraiment la pertinence. Cela me faisait du bien, momentanément, mais je ne voyais pas comment ça pouvait me guérir. Finalement, en couplant l’hôpital à d’autres thérapies à la sortie, cela a été très utile sur le long terme. C’est en partie grâce à mes hospitalisations que je me suis sortie de l’anorexie. Néanmoins, il n’existe pas de recette miracle pour guérir. Cela va dépendre d’un ensemble d’actions que vous entreprendrez et qui se monteront efficaces sur le long terme.

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Publié par Norainnoflower dans Mieux connaître, Thérapie, 0 commentaire
Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Anorexie et aménorrhée : quand vais-je retrouver mes règles ?

Les femmes en bonne santé ont leur règle menstruelle. Oui, des menstruations régulières sont synonymes d’un bon équilibre hormonal et que le corps fonctionne normalement. Plus de 80 % des patientes souffrant d’anorexie mentale n’ont plus leur règle. Les femmes atteintes de boulimie peuvent également être touchées par l’absence de cycle menstruel. Les troubles alimentaires impactent alors fortement l’harmonie hormonale du corps.

Qu’est-ce que l’aménorrhée ?

La disparition de la période menstruelle pendant au moins trois mois se définit par l’aménorrhée. Cela correspond donc à la perte des périodes menstruelles chez une femme en âge de procréer.

On identifie deux types d’aménorrhée différents : l’aménorrhée primaire a lieu lorsqu’une fille âgée de 16 ans n’a pas encore eu ses premières règles. L’aménorrhée secondaire équivaut à l’absence de règle pour une femme qui les a déjà eus dans le passé. L’aménorrhée secondaire est souvent diagnostiquée chez la patiente anorexique. Si un trouble alimentaire survient avant le début de la puberté, cela peut retarder le premier cycle menstruel, soit l’aménorrhée primaire. 

Cependant, toutes les personnes atteintes d’anorexie ne souffrent pas systématiquement d’aménorrhée. Si vous avez un trouble alimentaire, mais que vous n’êtes pas concernée par l’aménorrhée, ne vous considérez pas « suffisamment pas malade ». L’aménorrhée est l’un des symptômes de l’anorexie, mais pas le seul permettant de diagnostiquer un trouble alimentaire.

N’oublions pas que les hommes sont aussi touchés par les troubles alimentaires, et notamment l’anorexie mentale. Cependant, il n’existe pas d’équivalent de l’aménorrhée pour les hommes. Face à un trouble alimentaire, leur niveau de testostérone diminuera, entraînant un dysfonctionnement hormonal également.

L’aménorrhée secondaire chez l’anorexique devient préoccupante sur le long terme, c’est-à-dire à partir de plus de 3 mois sans règles.

Quelles sont les causes de l’aménorrhée ?

L’aménorrhée peut être due à l’un ou plusieurs des facteurs suivants :

Perte de poids extrême et rapide, sous-poids

Restriction calorique

Faible masse grasse

Suralimentation, compulsions alimentaires

Vomissements

Sport intensif

Niveau de stress intense

Carence

L’un ou plusieurs des facteurs cités ci-dessus vont entraîner une baisse voire une interruption de la sécrétion d’hormone envoyée à la partie de votre cerveau (hypothalamus) qui régule le cycle menstruel. Sans un minimum de graisse, la sécrétion d’hormone reproductive ne peut être assurée et ainsi vos règles disparaissent.

Mais pourquoi le corps ne sécrète plus suffisamment de substance hormonale ? Lorsque l’organisme ne dispose plus suffisamment d’énergie (par le manque de nutriment dans l’alimentation, la purge, l’exercice physique intensif…), il va prioriser les fonctions qui sont primordiales à la survie. La fonction de reproduction n’en fait pas partie.

Vous pouvez voir cela d’une façon différente : votre corps vous montre qu’il ne peut pas assurer une grossesse. Car pour porter un enfant, il faut être en bonne santé. Si vous ne pouvez pas assurer vos propres fonctions corporelles, alors vous ne pourrez certainement pas garantir celle d’un autre être qui grandit en vous. L’absence des règles est donc une précaution de votre corps face à une grossesse.

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

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Quelles sont les conséquences de l'absence des règles ?

À court terme, soit moins de 3 mois, l’aménorrhée n’est pas préoccupante. Lorsqu’un poids convenable est repris et que le corps détient suffisamment de graisse pour sécréter à nouveau les hormones reproductives, les règles refont leur apparition.

Cependant, à long terme, l’aménorrhée peut occasionner des complications pour la santé :

L’organisme ne produit plus d’œstrogène, une hormone de reproduction permettant également le maintien du niveau de calcium dans les os. La masse osseuse s’amincit, les os sont affaiblis, mais ne sont pas suffisamment dégradés pour parler d’ostéoporose.

L’ostéopénie correspond au début de la détérioration des os. L’étape suivant l’ostéopénie est l’ostéoporose. L’ostéoporose est plus grave que l’ostéopénie. Les os sont d’autant plus affaiblis que le risque de fractures augmente.

L’hormone de l’œstrogène permet de maintenir la densité osseuse, mais également la santé cardiaque. Bien que ce soit plus rare, l’aménorrhée peut engendrer une maladie cardiaque. L’arrêt cardiaque étant l’une des causes de décès de l’anorexie mentale.

Comme expliqué auparavant, votre corps a mis en pause votre système de reproduction pour prioriser sa survie. Au plus l’aménorrhée est longue, au plus le risque d’être stérile augmente.

Vais-je devenir stérile ?

L’aménorrhée peut être un des facteurs de l’infécondité féminine. Cependant, soyez rassurée, plus de 96 % des personnes ayant souffert de trouble alimentaire ont retrouvé des règles naturelles et un système de reproduction fonctionnel.

Il peut arriver que des femmes soient stériles après leur trouble alimentaire, mais ce n’est pas forcément dû à l’aménorrhée. L’infertilité est malheureusement le mal du 21ème siècle et peut être due à des anomalies ovariennes, à l’endométriose, à une défaillance morphologique, etc.

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Comment retrouver mes règles ?

Comme il a été dit auparavant, les causes de l’aménorrhée dans le cas de l’anorexie sont en partie la perte de poids, l’insuffisance de nutriment et le stress. Ainsi, pour récupérer ses règles il semble logique de renverser la machine en regagnant un poids santé, en comblant les carences et en réduisant le stress.

L’obtention d’un poids santé et d’un organisme sans carence est intrinsèquement liée. En effet, en vous nourrissant avec un apport énergétique convenable, incluant tout type d’aliment, vous couvrirez les manques du corps tout en vous approchant de votre poids santé.

Je n’aime pas parler en termes de calorie, mais il est important de manger la quantité calorique recommandée par votre médecin. Chaque personne est différente, ainsi ne vous comparez pas. Je me souviens lorsque j’étais à l’hôpital que certaines filles avaient une ration à 1800 calories pour leur permettre de regagner du poids, tandis que d’autres devaient suivre une ration à 2800 calories. Chaque métabolisme est unique.

Mais peu importe la ration, il faut incorporer toutes les catégories d’aliments. Manger une ration à 2000 calories c’est bien, mais si vous remplissez vos assiettes exclusivement avec des légumes et des fruits, vos carences se perpétueront. Vous ne retrouverez donc pas de cycle menstruel naturel.

Dans la même logique, évitez tous les comportements compensatoires qui vont déstabiliser votre équilibre hormonal : les vomissements, les restrictions, les sauts de repas, le sport intensif, le jeûne… Je sais bien que c’est plus simple à rédiger dans un blog qu’à réaliser en pratique. Je le sais puisque moi-même j’ai pris énormément de temps avant d’interrompre totalement ces comportements de purge. Mais c’est en cessant de compenser que vous retrouverez également plus facilement des règles naturelles.

Il est essentiel de réduire le stress. Encore une fois, c’est bien beau de l’écrire dans cet article, mais pour ce qui est de l’application : on est d’accord que c’est difficile d’arrêter le stress en un claquement de doigts. Mais lorsque vous êtes en rémission d’un trouble alimentaire, c’est important de limiter toutes sources de stress. Si c’est possible, éviter l’exposition au stress scolaire ou professionnel. Éloignez-vous également des personnes néfastes pour vous, qui sont négatives et peut-être elles-mêmes souffrantes d’un trouble alimentaire.

Je sais bien que ce n’est pas forcément envisageable, mais si vous le pouvez, faites une pause dans votre vie. Vous pourrez toujours reprendre vos études dans quelques mois, ou vous mettre temporairement en arrêt maladie.

Ce n’est pas facile de s’accorder du repos. Avant ma deuxième hospitalisation, j’ai pris conscience que je n’arriverais jamais à continuer ma vie scolaire et professionnelle avec mon anorexie. Cela a été l’un des choix les plus difficiles de mon existence, mais j’ai en fin de compte décidé de stopper ma scolarisation 6 mois avant l’obtention de mon diplôme. « 6 mois ? T’aurais pu au moins tenir jusqu’à la fin », vous pourriez me dire. Mais non, vraiment, une semaine de plus et j’allais faire une bêtise. Si je voulais véritablement m’en sortir, je devais me consacrer à ma guérison à 200 %. Et c’est ce que j’ai fait. J’ai été hospitalisée près de 3 mois et par la suite j’ai été en arrêt maladie pendant 4 mois. Et durant l’année qui a suivi, j’étais en cours à mi-temps. Je culpabilisais ne pas travailler. 

Pendant mon arrêt maladie, j’étais contrainte de voir ma famille et mes amis pour rétablir une vie sociale, manger et dormir pour réparer mon corps. C’est presque une vie rêvée pour la plupart des gens ne souffrant pas de troubles alimentaires. Oui, mais ne culpabilisez pas, vous, vous en avez besoin.

Reposez-vous, dormez bien la nuit, faites des siestes, prenez du temps pour faire des choses que vous aimez, détendez-vous en écoutant de la musique ou devant un bon film… Bref : reconstruisez-vous.

Certains docteurs prescrivent la pilule pour permettre de faire revenir les règles. Mais une grande majorité est plutôt contre. Toutefois, si vous preniez déjà la pilule auparavant, les médecins vont vous conseiller de la maintenir, car les hormones de la pilule vont soutenir une certaine solidité des os évitant ainsi l’ostéopénie voire l’ostéoporose. Cela a été mon cas.

Cependant, la prescription de la pilule pour retrouver ses règles n’est pas une solution à privilégier. En effet, quand on prend la pilule, une semaine par mois, on a un faux saignement. Parce que oui, les règles sous pilule s’apparentent à de véritables périodes, mais ne le sont pas. Je m’en suis rendu compte, car tandis que j’avais mes règles sous pilule, j’avais un saignement d’une couleur étrange, sans rien ressentir corporellement (pas de petites douleurs au ventre ou aux seins, pas de fatigue, pas de saut d’humeur). Je ne dis pas que ces sensations sont normales, mais c’est ce que je sentais auparavant lorsque j’avais mes vraies règles. Et j’ai su quand j’ai eu à nouveau des règles naturelles en ayant un saignement plus abondant accompagné d’autres petits symptômes physiques.

Ainsi, les contraceptifs oraux vous donneront un saignement chaque mois, mais pas de façon naturelle, pas due à l’ovulation. Cela ne redémarrera donc pas votre système hormonal naturel.

Combien de temps pour retrouver mon cycle menstruel naturel ?

Vous avez regagné un poids correct, vous mangez suffisamment, mais vous n’avez pas récupéré vos règles naturelles ?

Ne soyez pas inquiète. En moyenne, le cycle menstruel naturel revient environ six mois après la guérison, c’est-à-dire lorsque vous avez cessé les comportements compensatoires (restriction, purge, sport excessif…) et que vous avez regagné du poids. Cependant, chacune a un corps différent et le poids santé peut varier d’une femme à une autre. Certaine femme vont retrouver leur règle avec un IMC de 18, tandis que d’autres ne les récupèreront pas avant d’avoir atteint un IMC de 22.

Il y a un point que j’ai oublié de mentionner dans les solutions pour retrouver ses règles : soyez patiente. Le temps fait beaucoup de choses. En vous laissant du temps, en ne vous focalisant pas sans cesse sur le retour de vos règles, vous verrez qu’elles reviendront naturellement.

Lorsque vous comptez trois périodes menstruelles consécutives, vous pouvez vous assurer que votre équilibre hormonal se rétablit correctement.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 5 commentaires
Compulsions alimentaires dans la guérison de l’anorexie

Compulsions alimentaires dans la guérison de l’anorexie

Compulsions alimentaires dans la guérison de l’anorexie

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Lorsque j’étais sur le chemin de la guérison après trois ans d’anorexie, je suis passée par une phase que beaucoup d’ex-anorexiques ont traversée avant de sortir de la maladie : les compulsions alimentaires. Je sais à quel point elles sont frustrantes. Tandis que vous vous remettez à vous nourrir et que vous avez envie de manger « normalement », elles apparaissent et vous déstabilisent complètement. Dans cet article, je vais vous parler de mon expérience personnelle dans ma rémission de l’anorexie. Chaque personne réagit différemment et d’ailleurs certaines ne connaissent jamais de compulsions alimentaires dans leur guérison. Mais sachez que c’est un symptôme que beaucoup d’anorexiques ont rencontré lors de leur propre rémission.

Mon expérience avec les compulsions alimentaires 

Au début de ma guérison, j’étais heureuse de ressentir moins de peur face aux aliments que je m’étais toujours interdit pendant mon anorexie. J’ai alors commencé à me les autoriser. Mais malheureusement, ça n’a pas été aussi facile que ça. La première fois que j’ai mangé du pain avec du Nutella, je n’ai voulu prendre qu’une petite tartine. Mais finalement, j’en ai repris une autre, puis encore une, encore et encore jusqu’à en avoir avalé une bonne dizaine. Et je ne me suis pas arrêté là. J’ai mangé ensuite un muffin qui me faisait languir. Puis un deuxième, et un troisième. Et j’ai dévoré le cookie d’à côté avec, le paquet de biscuits que j’ai trouvé dans le placard et les trois dernières glaces qu’il restait au congélateur… J’étais incontrôlable, je ne parvenais pas à m’interrompre. Est-ce que j’avais faim ? Est-ce que j’étais trop gourmande ? Est-ce que je ne devenais pas addict au sucre ? Je me posais tant de questions, je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait, moi qui avais un self-control imparable face à la nourriture.

Mais ça ne s’est pas arrêté là. Deux jours après j’ai recommencé. Ensuite, c’était le lendemain. Et à la fin de deux semaines, une autre compulsion débutait quelques heures après la première. Jusqu’à ce que j’approche les trois compulsions par jour. Et j’ai connu ça pendant des mois.

Mais alors c’est quoi ces compulsions alimentaires dans le processus de guérison ?

En fait, j’appelle cela des compulsions alimentaires, mais le vocabulaire employé diverge. Certain parle de crise et nos amis anglophones nomment cela de « binge eating ». Mais qu’est-ce que j’entends par les compulsions alimentaires ? C’est ce moment où après une restriction sévère de votre nutrition, vous vous mettez à manger, manger, manger et encore manger. Vous avez une faim sans fin. Vous ne savez pas où votre estomac parviens à placer cette nourriture, mais vous sentez que vous pouvez davantage manger et vous n’arrivez pas à résister. 

Après une période d’anorexie ou même de boulimie, vous pouvez rencontrer des phases de compulsions alimentaires pendant votre guérison. C’est une réponse corporelle, naturelle et vitale du corps suite à la restriction qu’il a connue. Je m’explique : votre corps a été en mode famine pendant longtemps. Quand bien même vous n’étiez pas anorexique et que vous vous nourrissiez convenablement, psychologiquement, votre trouble alimentaire à faire endurer des restrictions tellement intenses à votre cerveau, que ce dernier a activé son mode « famine ». Votre corps est intelligent, il veut vous maintenir en vie. Après avoir subi une diète excessive, votre corps a donc parfois besoin temporairement de passer par l’autre extrême avant de retrouver son équilibre.

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Pendant longtemps, votre corps vous envoyait des signaux de faim que vous avez ignorés. Dans certains cas, notamment concernant la boulimie, la satiété et la faim ont toutes deux été ignorées puisque vous étiez habitué à manger ou non, peu importe la faim. Les vomissements altèrent également ces sensations-là.

Ainsi, quand vous donnez de la nourriture à votre corps, il émet des avertissements plus forts concernant les aliments dont il a été privé pendant des mois voire des années. Lorsque le corps a enfin accès à ces aliments, il fait comme un « plein » avant l’éventuelle prochaine famine. Car votre corps a peur que vous lui fassiez subir une nouvelle période de restriction. Il faut lui laisser du temps pour qu’il vous fasse confiance à nouveau.

Sachez toutefois que c’est également normal que votre corps mange beaucoup plus que d’autres personnes qui n’ont pas souffert de troubles alimentaires. Et cela ne dépend pas de votre volonté ! Votre corps a des carences. Certaines fonctions de votre organisme ont été altérées. Il a donc besoin d’énormément de carburant pour renouveler vos cellules, remettre en marche vos organes correctement, reconstituer votre masse musculaire, etc.

L’erreur que j’ai faite

erreur

Après ma première grosse compulsion, mon erreur a été de ne pas manger au repas qui suivait, comme pour compenser. Puis au repas suivant, j’ai mangé, mais une petite quantité. Et c’est exactement-là que j’ai commis mon erreur. J’ai résisté à ma faim dans les repas qui ont suivi ma compulsion alimentaire. Alors, mon corps a simplement assimilé que la restriction n’était pas terminée et qu’il devait rester sur son mode famine. Et c’est ainsi qu’une deuxième crise a débuté deux jours après. Puis j’ai recommencé la même erreur : sauter un repas, moins me nourrir pour compenser. Et une troisième crise est arrivée, toujours plus forte. Et le cercle infernal de la restriction-compulsion s’était lancé. Plus je me restreignais sur mes aliments plaisir, plus mon corps me les réclamait. Lorsque je mangeais un paquet de céréales, je culpabilisais et je me disais : « c’est la dernière fois que tu en manges ! Au moins pour une semaine », devinez ce dont j’avais le plus envie le soir même ? Des céréales ! Évidemment !

La plus grosse erreur que j’ai faite aussi, dans une logique identique, a été de finir par me faire vomir. Les compulsions qui suivaient mes vomissements étaient encore plus grandes.

Je sais que c’est difficile de continuer à manger une quantité suffisante de nourriture après une crise sans compenser. Je le sais puisque quand bien même j’avais compris mon erreur, je persévérais à la reproduire, tant j’avais peur de ces crises, tellement je craignais la prise de poids. Mais aussi longtemps que vous maintiendrez des compensations après vos compulsions (purge, restriction alimentaire, sport, diurétique, laxatifs, etc.), le corps ne se sentira pas en sécurité et il perpétuera les compulsions comme pour se protéger.

Combien de temps ça va durer ?

Chaque personne est différente, il n’existe donc pas de durée prédéfinie. Cela dépend de la durée de votre restriction, du degré auquel vous vous êtes restreint. Et cela va surtout dépendre de comment vous gérez les compulsions alimentaires. Comme je vous l’exprimais précédemment, tant que vous n’acceptez pas vos compulsions alimentaires et que vous maintenez une restriction, alors votre corps continuera de compulser.

Me concernant, cela faisait 10 mois que j’avais des compulsions presque tous les jours. J’avais évidemment pris du poids. Je ne comprenais pas :  malgré que mes crises s’étaient calmées, qu’elles étaient moins conséquentes, j’en avais toujours. Je me disais que j’avais repris du poids, qu’avec mes crises je mangeais tous les jours des aliments que je m’interdisais auparavant. Alors pourquoi mon corps ne me faisait toujours pas confiance ? Et bien parce que justement, je ne m’autorisais mes aliments plaisirs que pendant mes crises. Et même si la restriction n’était plus visible physiquement, elle était constamment présente mentalement.

En dehors de mes crises, je passais mon temps à chercher sur internet les aliments detox, les aliments « brûle graisse » qui me permettraient de perdre du poids. Et j’intégrais ces aliments dans mes repas. Mais je n’incluais pas d’aliment plaisir. Ou alors, si je me les autorisais, ce n’était qu’un petit bout et il ne fallait absolument plus que j’en mange pendant trois jours après et que j’augmente le sport pour compenser. Bref, j’essayais toujours d’avoir un contrôle maximal sur mon alimentation. Et mon cerveau ressentait cela comme la même restriction qu’il a subie les trois années d’anorexie précédentes. Ainsi, il maintenait les compulsions pour se protéger.

schéma restriction-compulsion

En conclusion, la durée des compulsions alimentaires va dépendre du temps que vous prenez à accepter ses compulsions et à continuer de suivre votre plan alimentaire. C’est-à-dire de conserver les 3 à 4 voire 5 repas que vous devez faire par jour, quand bien même vous auriez fait des compulsions alimentaires entre ces repas.

Comment je m’en suis sortie ?

Aussi simplement que cela puisse paraître, mais tellement difficile en soi : j’ai accepté mes compulsions. J’ai admis que mon corps ait besoin de dépasser mon poids de forme pour le retrouver plus tard. Attention, cela me concerne ! Soyez rassuré, vous ne le dépasserez pas obligatoirement ! Mais consentez que cela puisse être possible temporairement. C’est extrêmement difficile mais tellement important de se détacher de votre poids, du nombre de calories et des chiffres en général… C’est un élément que j’aborde dans le point 8 de mon article sur les leçons de vie que j’ai tirées de mon anorexie

J’ai accepté également que j’avais le droit de manger du chocolat en dehors de mes crises, et ce tous les jours si j’en avais envie. Dans mon cas à moi, mes aliments « peurs » que je ne m’autorisais plus et sur lesquelles je faisais des compulsions étaient la pâte à tartiner, les muffins, le pain, le fromage et la glace.

Alors que cela faisait près d’un an que j’avais des compulsions alimentaires, que j’enchainais compulsions puis restrictions voire vomissements, et de nouvelle compulsion, j’ai décidé de changer. Je me suis dit que dans tous les cas, j’avais pris du poids et que si j’avançais de cette façon, je continuerais d’en prendre. Donc, soit je poursuivais mon schéma restriction-compulsion qui me conduisait à la prise de poids, soit je me permettais mes aliments peurs qui selon moi m’amenait également à la prise de poids. La finalité serait la même d’après moi.

schéma rompre le cercle vicieux des compulsions alimentaires

Ainsi j’ai commencé à m’autoriser mes aliments plaisirs : je me suis dit que tous les petit-déjeuner, maintenant je mangerais du pain avec de la pâte à tartiner, sans me restreindre sur le nombre de tartines. Je me suis dit que j’inclurais plus souvent des desserts et goûters avec de la glace et des muffins. Je me suis dit que j’ajouterais moi aussi du gruyère sur mes pâtes si j’en ai envie. Au début, j’avalais 6, 7, 8 tartines de Nutella le matin. Je mangeais régulièrement de la glace et des muffins. Et j’ajoutais toujours du fromage dans mes plats. Mais je continuais de me nourrir aux repas suivants. J’avais horriblement peur, je pensais que j’allais prendre un poids monstrueux avec une alimentation pareille. Je me disais que j’étais addict au sucre, que j’étais bien trop gourmande. Mais je tenais bon, je voulais que mon corps me fasse confiance à nouveau, et je patientais.

Et puis un jour, je n’avais plus envie d’une quatrième tartine au petit déjeuner. Je n’avais plus la tentation de manger de la glace cinq fois par semaine. Je n’éprouvais plus le besoin d’ajouter du fromage à TOUS mes repas. J’ai commencé à ressentir petit à petit les sensations de faim, de satiété. Et puis les compulsions se sont espacées, jusqu’à s’arrêter totalement.

Maintenant mon corps me fait confiance. Il sait que je vais le nourrir convenablement tous les jours, à tous les repas. Il sait que je vais lui donner des aliments plaisirs qui vont me permettre de me sentir bien dans ma tête. Il sait qu’il ne connaîtra plus de restriction ni plus jamais de vomissements. Et aujourd’hui, quand je mange de la glace, je ne prends que deux ou trois boules. Je ne ressens pas le besoin de terminer le bac. Quand je déguste un muffin, je n’en mange qu’un et pas cinq. Lorsque je mange des céréales, je prends un bol, et je ne finis pas le sachet dans l’heure. Avant, je pouvais terminer un paquet de biscuits et en rentamer un autre même pas une heure après avoir fini le premier. Aujourd’hui, je ne sais même pas si je réussirais à terminer le premier entièrement. Et bon sang, qu’est-ce que c’est bon de me faire plaisir sans avoir peur que ça ne se termine en orgie où que je sois obligée de me restreindre par la suite !

Les compulsions alimentaires ne s’arrêtent pas du jour au lendemain, quand bien même vous vous autorisez vos aliments plaisirs et que vous avez cessé toute forme de compensation. Il faut du temps pour votre cerveau d’assimiler que vous avez changé vos habitudes et du temps à votre corps pour vous faire confiance et pour cesser son mode famine. Les compulsions alimentaires vont disparaitre petit à petit, doucement, mais sûrement.

Mais, est-ce que je ne serais pas en train de devenir boulimique ?

C’était la question que je me posais sans cesse ! Je pensais que j’avais quitté l’anorexie pour trouver la boulimie. Mais non, ce n’est pas nécessairement de la boulimie. Attention, je dis bien « nécessairement », car il peut arriver que le trouble évolue vers de la boulimie. L’important est d’être entouré par un professionnel de la santé qui saura vous guider et vous diagnostiquer.

Mais notez bien ces différences entre la boulimie et les compulsions alimentaires. Dans mon cas, on peut parler de « boulimie », mais ce n’est pas de la boulimie à proprement parler, c’est plutôt la suite de l’anorexie, un symptôme de la rémission selon moi :

comparaison boulimie et compulsion alimentaire

Attention enfin à ne pas confondre non plus les compulsions alimentaires avec le grignotage. Le grignotage correspond à des petites quantités fractionnées, souvent prises sur une durée prolongée, par exemple sur toute la journée. On grignote sans avoir faim, c’est plus une pratique pour combler l’ennui ou pour apaiser ses angoisses.

Mes conseils face aux compulsions alimentaires

Quelques petits conseils que j’ai appliqués lorsque j’avais des compulsions alimentaires. Attention, je ne vous donne pas de conseils miracles qui vont vous faire arrêter les compulsions. Non, ce sont des astuces qui m’ont aidé à accepter et à mieux vivre mes compulsions alimentaires :

Ayez un soutien avec un professionnel de la santé qui est spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire. Ce dernier saura diagnostiquer votre trouble. De plus, il est important d’être supervisé pour éviter le syndrome de renutrition. Je ferai un article sur ce sujet très prochainement.

Le sommeil est le meilleur remède de pas mal de maux. Et dans notre cas ici, le sommeil est fondamental. Pendant la nuit, votre corps fabrique de nombreuses hormones qui permettent de réguler votre corps, vos émotions et ainsi de mieux gérer vos compulsions alimentaires. Je vous conseille donc de dormir à heures fixes si possible, durant une durée suffisante d’au moins 7 heures.

Il est primordial de s’hydrater correctement dans la journée. L’eau va permettre de faire fonctionner votre corps : régulariser votre salive, réguler votre température corporelle, renouveler vos cellules, normaliser le volume de sang qui circule dans votre corps, etc. C’est important de boire de l’eau pour vous sentir bien dans votre corps. Mais attention à ne pas tomber dans l’excès ! Ne buvez pas une quantité monstrueuse d’eau pour vous remplir le ventre en espérant éviter la compulsion ! C’est une fois de plus chercher à tromper les sensations de faim de votre corps qui ne pourra pas vous faire confiance. Il maintiendra donc les compulsions alimentaires et vous ne sortirez pas de ce cercle infernal.

Après mes crises, j’avais pris pour habitude de noter dans un journal mes émotions. Je tentais d’identifier la situation qui pourrait être la cause de ma compulsion : stress lié à un événement, tristesse, repas précédent peu conséquent, envie alimentaire non comblée, etc. Le but était de comprendre l’élément déclencheur pour par la suite changer mes schémas de pensée, modifier mes croyances, répondre autrement que par la compulsion. Je ferai un article plus en détail sur l’utilisation du carnet des émotions.

Comme je vous le disais plus haut dans l’article, il est important de maintenir votre plan alimentaire avec tous vos repas et constituez vos repas avec les bons apports. Ne vous privez pas. Vous savez que c’est la privation qui amène à la compulsion.

Ne perdez pas espoir. Les compulsions alimentaires après une restriction extrême sont normales et cela passera. Apprenez à faire confiance à votre corps. Soyez patiente et je peux vous garantir que les choses rentreront dans l’ordre si vous cessez les compensations et surtout la restriction, notamment mentale.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Faim extrême, Mieux connaître, 18 commentaires
Les choses que vous ne devez absolument pas dire à une personne souffrant d’un trouble alimentaire

Les choses que vous ne devez absolument pas dire à une personne souffrant d’un trouble alimentaire

Les choses que vous ne devez absolument pas dire à une personne souffrant d’un trouble alimentaire

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Lorsque j’étais moi-même malade, j’en ai entendu des phrases en tout genre de la part de mes amies, de ma famille et de mes parents. Ils étaient tous bien intentionnés et avaient cette envie de m’aider. Mais la plupart du temps, leurs phrases me blessaient plus qu’elles ne m’aidaient. Je ne les blâme pas, ils ne comprenaient très certainement pas la situation. Et c’est pour cela que j’ai décidé de faire cette article.

En voyant un proche qui souffre d’un trouble alimentaire, vous vous sentez sûrement impuissant et vous tentez de dire certaines phrases en pensant soutenir la personne, en essayant de déclencher chez elle un électrochoc qui la mènera sur le chemin de la guérison. Rappelez-vous d’abord que les troubles du comportement alimentaire sont une maladie mentale et que le malade agit contre sa volonté, il procède sous l’influence de son trouble qui le ronge de l’intérieur.

Et ainsi dans certains cas, vos mots, malgré qu’ils soient exprimés avec la meilleure intention possible, peuvent s’avérer plus douloureux qu’encourageants. Ils peuvent parfois faire plus de mal que de bien. Je vous ai fait une liste d’exemples de commentaires qu’il ne faut absolument pas dire à une personne souffrant de trouble du comportement alimentaire, et notamment d’anorexie.

Ces phrases, vous devez éviter de les dire à une personne anorexique, mais également à quelqu’un en rémission et qui s’en est sorti. Car parfois, le simple fait de lui mettre en face les peurs qu’elle a vécu peut la faire rechuter.

« Waouh, comment est-ce que tu as fait pour perdre autant de poids ? Tu peux me donner des conseils pour perdre du poids ? »

Je le rappelle encore une fois au risque de me répéter, mais les troubles du comportement alimentaire sont une maladie mentale grave. Ce n’est pas une volonté de faire un régime. Une anorexique ne choisit pas de perdre du poids, elle est contrainte de se restreindre ou de se gaver pour ensuite se faire vomir par la petite voix qu’est l’anorexie dans sa tête.

Quand vous avez conscience que c’est une maladie, réfléchissez à ce que vous venez de demander. Est-ce que vous souhaitez demander à quelqu’un atteint d’une leucémie de vous apprendre comment attraper la leucémie ? Bien sûr que non ! En sollicitant des conseils concernant la perte de poids à une anorexique, vous négligez la gravité de la maladie.

De plus, en soulignant l’aspect positif de la perte de poids, vous donnez du pouvoir au trouble lui-même en renforçant la croyance que maigrir est bon pour la santé chez le malade.

« Mange normalement, comme tout le monde ! » « Tu n’as qu’à manger, ce n’est pas si compliqué ! »

Manger est un besoin primaire. Alors quand vous voyez un ami qui ne s’alimente pas, cela vous parait incompréhensible et insensé. Et vous pensez certainement qu’en donnant un argument aussi logique, cela va créer un électrochoc chez votre proche.

Je comprends que ce soit déconcertant et que vous vous sentez complètement impuissants. Mais la nourriture n’est pas le vrai problème d’une personne anorexique, boulimique, hyperphagique… Non, les problèmes sont souvent psychologiques et dus à des blessures ancrées au plus profond de son être. Ce sont ces problèmes-là qui rendent une personne souffrante de trouble alimentaire incapable de se nourrir convenablement. Elle a une peur irréfutable de manger. Et lui demander de « tout simplement manger » ne sera pas utile. C’est comme demander à quelqu’un en fauteuil roulant de tout simplement se lever et marcher. Elle ne le peut pas, même avec toute la volonté du monde.

Lui réclamer de manger comme tout le monde lui montre juste que vous ne comprenez pas sa maladie, que vous ne prenez pas cela au sérieux. Elle se sentira incomprise et se renfermera sur elle-même.

« J’ai tellement mangé hier soir, je vais sauter le petit déjeuner »

Peut-être que vous ne souffrez pas de trouble du comportement alimentaire et que lorsque vous mangez un paquet de biscuits entier, vous sautez le prochain repas sans culpabiliser trop longtemps à propos des biscuits avalés quelques heures avant. En revanche, si vous dites cela devant une personne souffrant d’un trouble du comportement alimentaire, le simple fait d’en parler pourrait déclencher des ruminations à propos de son alimentation, de son poids et pourrait même provoquer une rechute chez une patiente en convalescence. Parce qu’une personne souffrant de trouble du comportement alimentaire ne peut pas sauter de repas, car ça la ramènerait sur la pente glissante de la restriction alimentaire. Et le simple fait de savoir que vous allez sauter un repas va l’inciter à elle-même sauter son prochain repas quand bien même elle n’a pas dévoré le paquet de gâteau que vous avez mangé. 

Si je peux vous donner un conseil : juste, ne discutez pas de repas avec une personne souffrant de troubles alimentaires. Ni même de poids, de kilos et de tout ce qui s’y rapproche. C’est peut-être difficile pour vous de vous empêcher d’en parler. Mais ça peut éviter d’accroître les troubles alimentaires d’une personne voire d’enclencher une rechute chez elle.

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« C’est tout ce que tu manges ? »

c'est tout ce que tu mange

Cela s’apparente à ce que j’ai écrit juste au-dessus : ne parlez pas de nourriture ou de la quantité que la personne malade avale pendant son repas. Cela peut paraître une question inoffensive et même bienveillante de votre part, mais cela va générer beaucoup d’anxiété et un énorme blocage chez la personne en souffrance.

« Vu comment t’es maigre, tu pourrais te faire un kebab ou un gros McDo ! »

Les personnes souffrant de troubles alimentaires catégorisent généralement les aliments de bon ou mauvais. Ils ont des aliments confort, qui ne leur font pas trop peur et qu’ils s’autorisent de manger. Et ils ont des aliments qu’ils redoutent terriblement. Ceux qu’on appelle les « fear food ». Ces derniers englobent très souvent des aliments gras, des hamburgers, des kebabs, etc. Les inciter à manger leurs fear food peut générer chez eux une anxiété intense. Les pousser à faire face aux aliments qu’ils craignent prouve une fois de plus que vous ne comprenez pas ce qu’ils vivent.

De plus, sachez qu’inverser l’effet de la perte de poids n’est pas aussi simple que de manger un kebab ou un McDo.

« Tu es jolie. Tu as perdu du poids ? »

Malheureusement, dans notre société, on félicite et l’on encourage la perte de poids. En complimentant une anorexique, on lui confirme juste que les résultats de son trouble alimentaire sont positifs, peu importe comment elle a dû obtenir cette perte de poids.

Je me souviens qu’au début de mon anorexie, on me disait « Ça te va super bien, tu es trop belle ! T’as un beau corps ». Les gens s’imaginaient qu’en me disant cela, j’allais être satisfaite de mon apparence et que je m’arrêterais là. Mais moi, quand je me regardais dans la glace, je ne me suis jamais dit que j’avais perdu assez. Lorsqu’on me complimentait, je me disais simplement que j’étais sur la bonne voie et que je pouvais continuer ainsi. Cela me confortait dans ma perte de poids.

« Mais, tu ne vois pas que tu es trop maigre ?! Ce n’est pas joli ! »

dysmorphophobie

Déjà, sachez une chose, c’est que les personnes touchées par les troubles alimentaires souffrent généralement de dysmorphophobie. C’est-à-dire qu’elles se voient plus grosses qu’elles ne le sont réellement. Cela fait partie du trouble. Donc elle ne voit pas la même chose dans le miroir que vous. Ainsi ce genre de commentaire va juste augmenter son mal-être et sa faible estime d’elle-même. 

Ensuite, dans l’anorexie il existe un énorme préjugé qui est celui de croire qu’une personne anorexique essaie de perdre du poids simplement pour être plus jolie. Non, c’est absolument faux !  Le contrôle qu’elle exerce sur son alimentation est le contrôle qu’elle essaie d’obtenir sur ses émotions.

Mais cela n’a souvent aucun rapport avec son apparence. Je ne me suis jamais trouvée jolie, même à un poids « normal » et même lorsque j’ai atteint le poids le plus bas que je pouvais. Mon mal-être ou bien-être n’a jamais été en lien avec mon reflet dans le miroir, mais bien avec le désordre que je ressentais en moi.

« T’es au courant qu’il y a des gens qui meurent de faim dans le monde ? À ta place, ils seraient heureux de manger ! »

Je suis certaine que oui, la personne à qui vous avez dit ça est au courant qu’il y a des gens qui meurent de faim chaque jour. Mais le fait de lui dire ça ne va absolument pas l’aider et au contraire. Cela va renforcer sa culpabilité. Lorsque j’étais anorexique, je m’en voulais d’être malade alors que je n’y pouvais rien. Je portais déjà toute la culpabilité du monde sur mes épaules. Alors pas la peine d’en rajouter…

« Je suis content(e) que tu aies mangé »

Les personnes souffrant d’un trouble du comportement alimentaire sont souvent persuadées qu’elles sont constamment surveillées lorsqu’elle mange. Elles ont ce sentiment d’être observées. Et leur faire ce genre de commentaire ne fera que renforcer leur croyance.

De plus, même si votre proche a réalisé un effort extraordinaire, qu’elle a mangé plus que d’habitude, qu’elle a osé goûter à l’aliment qui lui fait peur, ne lui faites pas de commentaire pour souligner son effort, à moins qu’elle vous en parle d’elle-même. Mais sinon, cela la stoppera net dans son élan ! Cela augmentera même la culpabilité qu’elle a de ne pas obéir à son trouble alimentaire qu’est la restriction ou l’interdiction de manger certain aliment. Elle est en lutte contre l’anorexique qui est en elle.

« Viens on va en discuter ensemble autour d’un repas » « viens on va boire un verre pour te changer les idées »

Manger ou boire un verre sont des activités sociales, ce sont des moyens faciles de retrouver ses amis. Mais si cet ami a du mal à manger, alors évitez de lui suggérer un restaurant. Même boire un verre c’est stressant ! Parce qu’on n’est pas sûr à 100 % qu’ils auront du coca zéro. Si vous avez envie de voir votre ami pour lui remonter le moral, proposez plutôt une balade dans un parc ou un cinéma. Cela évitera de lui mettre une pression supplémentaire et de vous retrouver plus sereinement.

« Tu sais à quel point c’est difficile pour moi de gérer cette situation ? »

Je me doute que ce doit être très difficile à vivre pour l’entourage. Moi-même j’ai vu mon entourage en souffrir de ma maladie, différemment que moi, mais tout autant. Je sais combien il doit être frustrant de regarder un proche ou même son enfant malade, mais de rester impuissant face à cela. Mais ne tentez pas de le culpabiliser pour le faire arrêter. Déjà parce que ça ne marchera pas, mais en plus parce qu’il culpabilise déjà très certainement et cela ne fera que renforcer son mal-être. Il a besoin de votre soutien, de votre amour, de votre empathie, mais pas de vos reproches.

difficulté pour l'entourage

« Je suis grosse ! » « Je vais éviter de manger ça, il y’a plus de 200 calories dedans ! »

Les personnes souffrant de troubles alimentaires sont en alerte permanente quant à l’apparence, au poids et à l’alimentation des autres autour. Alors, évitez d’en rajouter en commentant votre ressenti de vous-même concernant ces choses-là. Cela va les amener à se concentrer encore plus sur leur poids et leur nourriture. Pire, elles vont se comparer à vous et puisqu’elles sont atteintes de dysmorphophobie, elles risquent de se trouver plus grosses et donc de se restreindre davantage si vous-même choisissez de ne pas manger tel ou tel aliment.

« Je sais comment t’aider ! Tu n’as qu’à faire ce que je te dis et tout ira bien » « À l’hôpital, tu les écoutais les infirmières quand elles te disaient de manger »

Combien de fois j’ai entendu ma mère me dire qu’elle voulait m’aider, qu’elle pouvait faire l’infirmière à la maison et s’occuper de ma réalimentation. Et bien non, ce n’est absolument pas possible. C’est certainement frustrant, notamment si votre enfant a été hospitalisé, de savoir qu’à l’hôpital il réussissait à manger mais pas avec vous. C’est tout simplement parce qu’une infirmière ou un médecin n’est pas vous. C’est une personne neutre, extérieure à la famille, aux proches. Et si vous pouviez remplacer les infirmière, on fermerait bientôt les hôpitaux. 

N’essayez pas de guérir votre enfant ou votre ami. Ce n’est pas votre rôle. Votre rôle est de le soutenir, d’être patient à ses côtés et de se montrer présent. Si vous essayez de trop vous immiscer dans son processus de guérison, vous risquez de heurter votre relation. 

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