Peur du poids

Guérison de l’anorexie : je n’arrive pas à reprendre du poids

Guérison de l’anorexie : je n’arrive pas à reprendre du poids

Guérison de l’anorexie : je n’arrive pas à reprendre du poids

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Il m’est déjà arrivé d’entendre que certaines patientes anorexiques en guérison ne parvenaient pas à reprendre du poids. Sachez au préalable une première chose, c’est que chaque guérison est différente. Ce n’est pas parce que j’ai repris très vite du poids avec mes compulsions alimentaires que ce sera la même chose pour vous. Autre chose, c’est que la reprise de poids peut être très longue. Cela peut s’étaler sur des semaines comme sur des mois. Dans cet article, je vous explique pourquoi cette reprise de poids peut être lente et comment y palier.

Votre corps a besoin d’un apport supérieur à la recommandation journalière

Les recommandations journalières sont de 1800 calories pour une femme et de 2000 calories pour un homme. Cependant, lorsque vous avez connu un trouble alimentaire, et notamment une période de restriction, vos besoins journaliers sont supérieurs. En effet, une personne anorexique qui souhaite reprendre du poids nécessite minimum 3000 calories. Et ce chiffre peut aller jusqu’à 5000 calories par jour.

Mais pourquoi votre corps a tant besoin d’apports ? Tout simplement, car quand vous étiez en restriction, votre corps a commencé à tourner au ralenti et a uniquement maintenu les fonctions indispensables à sa survie. Ainsi, certaines hormones ne sont plus produites, votre masse musculaire a fondu, vos organes ne sont plus en pleine puissance. Lorsque vous vous remettez à vous nourrir, votre corps va exploiter l’énergie que vous lui donnez pour le mettre à contribution de tout ce qu’il a arrêté pendant la restriction : reconstitution de cellule, des tissus, de la masse musculaire, réparation des organes, renutrition de la peau et des cheveux, etc. Après avoir restauré tous les dommages créés par la restriction, votre corps pourra utiliser l’énergie qui lui reste pour favoriser la reprise de poids. Ainsi, peut-être que si vous ne prenez pas de poids, c’est tout simplement parce que vous ne mangez pas assez pour votre cas.

Au début de la renutrition, les hormones qui se chargent de la construction de la graisse corporelle demeurent encore inefficaces. Votre organisme s’occupe des fonctions essentielles à votre survie dans un premier temps. Alors, pour récupérer de la graisse corporelle et par conséquent accélérer la prise de poids, il faut laisser du temps à votre corps et continuer de lui donner des apports suffisants chaque jour.

Je sais que cela peut être difficile, car vous allez devoir manger plus que les personnes qui vous entourent. Mais dites-vous bien que ces personnes n’ont pas souffert d’une restriction et n’ont donc pas les mêmes besoins que vous.

De plus, vous allez devoir manger en dépit du fait que vous avez l’impression d’être rassasié et malgré des inconforts physiques. En effet, votre estomac et tout votre appareil digestif ne sont plus habitués à recevoir une quantité de nourriture « normale ». De ce fait, vous allez ressentir des maux de ventre, des crampes d’estomac, des diarrhées et/ou constipations. Ces symptômes sont dus au fait que votre système de digestion tente de s’adapter tant bien que mal aux nouvelles quantités. Ce sont tous des inconforts qui se dissiperont petit à petit à mesure que vous maintiendrez la renutrition de façon permanente.

Attention au syndrome de renutrition !

Je vous parlais juste au-dessus d’adopter une ration calorique plus conséquente. Attention toutefois à y aller en douceur. Ne passez pas à une ration à 3000 calories si la veille vous n’en mangiez que 200. Il est essentiel d’y aller en douceur pour éviter un syndrome de renutrition. Je ferai un article dédié à ce sujet. En attendant, retenez qu’il s’agit d’un ensemble de complications métaboliques lié à la réintroduction trop rapide d’apport énergétique important.

Le mieux est d’être accompagné par des professionnels de la santé, notamment spécialistes dans les troubles alimentaires, qui sauront vous guider. Me concernant, j’ai moi-même fait un syndrome de renutrition qui s’est manifesté par une occlusion intestinale. Pendant 48 heures, je n’ai rien pu avaler le temps que les urgences gèrent l’occlusion. Ensuite, j’ai été nourri par sonde avec seulement 200 calories par jour. Puis petit à petit, en fonction de mes résultats cliniques, j’ai majoré de jour en jour ma ration pour atteindre une ration à 1800 calories minimum.

Comment augmenter sa ration calorique ?

Pour une prise de poids continue, c’est important d’augmenter les besoins énergétiques fréquemment : tous les jours à tous les trois jours. Cela pour éviter de créer une stagnation de poids qui ralentirait votre courbe, voire la casserait.

Ce n’est pas évident de manger 4000 calories dans la journée. Je vous conseille donc de manger tous les 2 ou 3 heures. C’est peut-être plus simple pour vous de manger peu, mais régulièrement.

Attention, prendre 3000 à 5000 calories dans la journée ne veut pas dire manger exclusivement des burgers, de la glace, des kebabs, de la pizza et des chips matin, midi et soir. Non, il est essentiel d’avoir une alimentation équilibrée. J’entends par là une alimentation qui inclut toutes les catégories d’aliments. Introduisez toujours de la pizza, de la glace, des burgers… quand vous en avez envie ! C’est important de se faire plaisir ! Mais tentez de reprendre une alimentation équilibrée chaque jour avec des féculents, des protéines et des légumes. Attention à ne pas faire non plus l’inverse. Cela ne sert à rien de manger une ration de 3000 calories en comblant vos assiettes uniquement avec des fruits et des légumes. Vous aurez toujours des carences et votre corps ne pourra pas faire fonctionner normalement votre organisme. Le mieux est d’être suivi par une diététicienne spécialisée dans les troubles alimentaires qui pourrait vous faire un plan.

À l’hôpital, nous augmentions petit à petit la ration calorique en ajoutant une cuillère à soupe de féculent le midi et le soir, une tartine en plus le matin, une tartine en plus au goûter, un yaourt avec un fruit en plus au midi, puis au goûter, et enfin au soir. Me concernant, l’ajout d’un fruit en plus à chaque repas, d’un yaourt et d’une tartine était le plus simple pour moi. Peut-être que pour vous, c’est plus simple d’augmenter votre ration en augmentant votre apport en féculent, ou en rajoutant une sucrerie à la fin de chacun de vos repas. Vous devez vous adapter en fonction de ce que vous aimez.

L’important est quand même d’allier une aide thérapeutique à votre réalimentation. Tout d’abord pour contrôler que votre corps accepte bien la réalimentation. Ensuite, pour travailler sur toutes les angoisses que vous rencontrez durant cette reprise de poids. Enfin, pour travailler sur les causes de votre trouble alimentaire. Je suis intimement persuadée qu’il est déterminant de régler les raisons du problème plutôt que la conséquence, en l’occurrence ici l’alimentation. Si aucun travail psychologique n’est entrepris sur les facteurs qui vous ont amené à tomber dans ce trouble alimentaire, alors le risque de rechute est d’autant plus élevé.

Renverser le mécanisme de perte de poids

Cela faisait peut-être des mois voire des années que vous étiez plongés dans la restriction. Votre état d’esprit était donc en mode « perte de poids ». Lorsque vous vous mettez à vous nourrir, votre état d’esprit doit basculer vers « reprise de poids ». Votre crainte, parfois inconsciente, de regagner du poids génère un stress accru en vous demandant un apport calorique bien plus élevé. Peut-être qu’inconsciemment, vous avez un blocage lié à d’autres angoisses sous-jacentes : la peur de grossir indéfiniment, la peur de perdre son identité en abandonnant son trouble alimentaire, la peur de perdre l’attention des autres. Ce sont des peurs que j’aborde dans mon autre article Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite. Ce sont des peurs sur lesquelles vous devez travailler avec un thérapeute pour être prête pour la reprise de poids, et plus globalement pour votre guérison.

Reposez-vous

Vous devez vous reposer. C’est primordial de minimiser les efforts physiques pour une personne dénutrie. Rien que le fait de rester debout va consommer de l’énergie chez un corps affamé.

Je suis presque certaine que dans votre tête vous vous dites que vous n’avez pas besoin d’autant de calories avec autant de repos pour reprendre du poids. Moi non plus je n’y croyais pas. Les médecins me disaient que comme mon corps était dénutri, si je ne faisais rien qu’un peu d’exercice physique, je perdrais du poids. Je n’y croyais pas jusqu’à ce que ça m’arrive. J’étais à l’hôpital depuis plus d’un mois. Je ne bougeais presque plus et j’avais une ration à 2200 calories par jour. Un après-midi, j’ai eu une permission pour prendre la collation avec mes parents chez moi. Je suis donc rentrée chez moi et nous avons simplement fait le tour du jardin. À la pesée du lundi, j’avais perdu 600 grammes…

Le repos est votre alliée pour la guérison. Cela ne sert à rien de manger une ration à 3000 calories si vous faites 2 heures de sport par jour. Vous pouvez bien évidemment prendre l’air, ou pratiquer des exercices très doux comme le yoga. Mais encore une fois, il est préférable de demander l’avis de votre médecin quant à la pratique du sport durant la guérison.

Peut-être que vous êtes pressé(e) de regagner du poids pour pouvoir enfin vous débarrasser de votre trouble alimentaire. Mais ce n’est pas simplement en récupérant du poids que vous serez guérie. Non, c’est un élément essentiel, mais ce n’est pas l’unique étape permettant la guérison. C’est important de comprendre les causes de votre trouble alimentaire et de travailler dessus pour en sortir totalement.

Soyez patient, laissez-vous du temps. N’allez pas trop vite au risque de rechuter. Prenez le temps de travailler sur chaque difficulté que vous rencontrez. Exprimez vos peurs, vos craintes. C’est normal d’en avoir durant le processus de guérison. Il ne sert à rien de poser un mouchoir au-dessus et d’avancer aveuglément. La guérison se fait étape par étape. « Petit à petit, l’oiseau fait son nid ». J’aime beaucoup cette citation. C’est une infirmière de l’hôpital qui me la répétait souvent. Et cela résume bien le processus de guérison.

Si vous parvenez à regagner du poids et que vous êtes envahi par la peur de grossir, n’hésitez pas à consulter mon autre article sur la même thématique : Guérison anorexie : je grossis trop vite.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Peur du poids, 0 commentaire
Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite

Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite

Guérison de l’anorexie : je grossis trop vite

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« Help! Je grossis trop vite ! » Je me souviens avoir recherché cela sur Internet lorsque j’ai commencé à reprendre du poids pendant ma guérison. Je voyais mon poids augmenter et j’avais peur. J’aurais tant voulu qu’on me dise ce que je m’apprête à vous écrire dans cet article. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de le rédiger ! Après avoir lu cet article, vous aurez compris à quoi correspond le poids que vous regagnez, les peurs sous-jacentes à votre crainte de grossir, et comment faire pour gérer la prise de poids durant la guérison des troubles alimentaires sans rechuter dans la restriction ou les comportements compensatoires. Cet article s’adresse essentiellement aux personnes anorexiques, mais peut également concerner les boulimiques.

Retrouvez aussi l’épisode de mon podcast « La peur de prendre du poids dans la guérison de l’anorexie mentale »

La prise de poids : un élément essentiel de la guérison

Personne n’a envie de reprendre du poids, mais c’est pourtant inévitable si vous souhaitez guérir de l’anorexie. Je sais que c’est effrayant et difficile. Je suis passée par là. Moi aussi je voulais guérir sans reprendre de poids. Mais ce n’est pas possible, bien que ce ne soit pas uniquement en regagnant du poids que l’on guérit, c’est un élément essentiel.

Sachez toutefois que vous ne prenez pas du poids. Vous reprenez du poids. Un poids qu’initialement vous n’auriez pas dû perdre. Dans le processus de guérison, la reprise de poids correspond à l’atteinte d’un poids santé sur le long terme. C’est-à-dire un poids qui permettra à votre corps de maintenir toutes les fonctions de votre organisme, en répondant aux besoins de chaque organe et muscle.

La reprise de poids est difficile, car elle implique un changement physique, mental et alimentaire. Physiquement, vous devrez vous préparer à voir votre corps démaigrir, retrouver des formes. Mentalement, il faudra modifier vos schémas de pensée et ne plus agir pour la perte de poids, mais plutôt pour votre guérison. Dans votre alimentation, vous allez devoir inclure de nouvelles catégories d’aliments que vous vous interdisiez jusque-là, tout en augmentant les quantités.

Votre reprise de poids va engendrer des émotions négatives et cela est tout à fait normal. Il n’est pas rare que vous ressentiez de grandes angoisses à la vue du chiffre de la balance qui se rapproche de votre poids santé. Certaines patientes tombent également dans la dépression pendant cette période. D’où l’importance accrue d’être accompagné par des professionnels de la santé. Je sais que ce n’est pas toujours possible, mais c’est essentiel de trouver des thérapeutes spécialisés dans les troubles alimentaires. Cela vous permettra de recevoir des conseils avisés tirés de leur connaissance et de leur expérience avec votre pathologie. En obtenant un traitement adéquat, vous éviterez également la rechute.

Enfin, sachez que les fluctuations de poids ne sont pas significatives sur une journée. Je vous recommande tout simplement de vous peser une seule fois par semaine pour vous assurer que votre poids augmente bien et ne diminue pas. Pour ma part, je ne me pesais plus. Je laissais les médecins le faire quand je les voyais, soit une fois par semaine. 

Comprendre la prise de poids 

L’explication qui va suivre est importante à comprendre lorsque vous êtes en reprise de poids dans votre processus de guérison. En sachant cela, vous pourrez vous y préparer avance que cela n’arrive et ainsi prévenir les rechutes.

Lorsque vous étiez en restriction, votre corps a limité ses fonctions à celles qui étaient essentielles à votre survie. Tout votre organisme s’est mis à tourner au ralenti. Tous vos organes, muscles, tissus se sont détériorés. Vous avez donc besoin de beaucoup d’énergie pour venir réparer et remettre en route tout ce qui était en état de veille. Cela me fait penser à ma voiture. Lorsque je ne l’ai pas utilisé pendant longtemps, elle ne démarre plus. Mon père est obligé de la recharger pendant toute une nuit pour lui donner suffisamment de batteries pour qu’elle puisse redémarrer. La voiture, c’est votre corps. Et la recharge de la batterie, pour votre corps, passe par une augmentation de l’énergie que vous allez lui donner. Soit, par une alimentation plus importante et du repos.

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Lorsque cette « réparation » débute, la première réaction de votre corps va être de créer un œdème. Cela correspond à une rétention d’eau qui va donner des gonflements autour des chevilles, des pieds et même des yeux. C’est très difficile à accepter de voir son corps gonflé et flasque. Mais ce n’est que de l’eau ! Ne vous inquiétez pas, votre corps ne va pas stocker de la graisse d’un seul coup. Il doit d’abord utiliser toute l’énergie que vous lui fournissez pour reconstituer tous les dommages causés par l’anorexie. La rétention hydrique va s’estomper avec le temps avec une réalimentation progressive et continue.

Par ailleurs, tout le monde ne connaîtra pas forcément des œdèmes. Pour ma part, j’en ai eu que très peu, pendant 3 ou 4 jours et uniquement aux pieds. Mais à l’hôpital, j’ai vu des filles en avoir aux jambes durant 15 jours à 3 semaines. Mais cela s’est estompé avec le temps. Je vous conseille de mettre vos pieds en l’air, de surélever vos jambes lorsque vous dormez par exemple avec un oreiller.

Donc l’une des premières causes de l’augmentation de votre poids est la rétention d’eau. Et cela peut être assez effrayant, car très rapidement, vous allez peut-être apercevoir +1 kilo sur la balance en seulement 2 jours. Me concernant, cela m’est arrivé dans mes premiers jours à l’hôpital : +1,8 kilo en 3 jours. J’en étais malade ! Je me disais que je grossissais bien trop vite. Mais la semaine d’après, je n’avais pris que 100 grammes. Rassurez-vous, les prises de poids précipitées et disproportionnées sont fréquentes dans les premiers jours de renutrition. Mais rappelez-vous bien que ce n’est pas de la graisse.

Quand votre corps était en mode « famine », son métabolisme s’est mis à tourner au ralenti. Ainsi, lorsque vous vous remettez à vous nourrir, l’énergie que vous fournissez à votre corps va être consacrée à la création des muscles, à la réparation des organes et tissus abîmés. Les hormones qui se chargent de l’élaboration de la graisse corporelle restent encore inefficaces à ce stade. Donc une fois de plus, le poids que vous récupérez au début vous fait peur et c’est normal. Mais soyez rassuré, c’est du poids nécessaire à votre survie : le poids de vos organes qui reprennent une taille normale, le poids de l’eau, le poids de vos muscles en construction, etc.

Maintenant, vous allez me dire : mais si mon métabolisme est ralenti, alors je vais grossir si je continue à manger plus ? Non ! À mesure que vous mangez de plus en plus, votre métabolisme va se réveiller et s’accélérer par la quantité absorbée. Au plus vous allez manger, au plus votre métabolisme va s’activer. Donc pas de panique, votre métabolisme ne va pas rester en mode « ralenti ».

Le ralentissement métabolique entraîne également un affaiblissement de la digestion. Même si vous n’en avez pas l’impression, vos organes digestifs ont moins de force. Alors qu’elle prend environ 1 heure et 30minutes chez une personne en bonne santé, la nourriture est digérée en 4 à 5 heures chez une personne affamée. C’est ainsi que vous pouvez ressentir des maux de ventre, des ballonnements, des crampes d’estomac. Mais ces symptômes ne sont pas signe que vous avez trop mangé. Non, c’est la preuve que votre corps est dénutri, et de cette façon, votre système digestif tente de s’adapter petit à petit à des quantités de nourriture plus normales que ce que vous avaliez durant la restriction. Vos muscles et organes digestifs s’étirent et se renforcent. C’est ce qui est douloureux au début. Vous ne pouvez pas contourner ces inconforts physiques. Ils font partie de la guérison et sont la confirmation que vous êtes sur le bon chemin.

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Attention toutefois si les douleurs sont bien trop intenses au point que vous ne pouvez plus bouger. Cela peut être le signe d’un syndrome de renutrition. Il est donc préférable de prévenir votre médecin qui saura vous diagnostiquer. Je vous ferais prochainement un article sur le syndrome de renutrition.

Oui, vous allez également reprendre du gras. Mais sachez que le gras est indispensable pour votre existence. Arrêtons de diaboliser le gras, ce n’est pas une mauvaise chose. Le gras vous permet de maintenir votre température corporelle. Vos muscles vont parallèlement avoir besoin de la graisse que votre corps stocke pour réaliser des efforts physiques.

Le gras va également permettre de protéger vos organes et de créer de nouvelles cellules dans votre corps. Le gras va vous approvisionner en vitamines A, D et E permettant de conserver une bonne vision, une belle peau, de beaux cheveux et une croissance des os.

Enfin, c’est votre cerveau qui a besoin de gras. Il est même principalement constitué de graisses ! C’est avec cette graisse corporelle que votre cerveau pourra continuer de fonctionner et de maintenir vos capacités mentales.

Ce n’est pas parce que vous avez de la graisse corporelle que vous êtes une personne grasse. C’est juste tout à fait normal. Sans graisse, vous ne survivrez pas.

Bien que toutes les patientes anorexiques ne l’aient pas, il n’est pas rare de souffrir de lipodystrophie au début de votre reprise de poids. En effet, lorsque votre corps a récupéré assez d’énergie pour refaire votre masse musculaire, vos organes et toute autre fonction vitale, il va commencer à stocker de la graisse corporelle. Et au début de la récupération, la graisse peut être stockée de façon inégalée à certaines parties du corps, notamment au niveau du ventre. La lipodystrophie correspond à l’accumulation des tissus adipeux, dans notre cas ici, autour de l’abdomen. Ne vous inquiétez pas, vous n’allez pas garder un ventre gonflé pour toujours. Ne tombez pas dans le piège de la restriction pour pallier à cette peur. Sachez qu’en maintenant votre réalimentation, votre graisse corporelle finira par se redistribuer uniformément dans les autres parties de votre corps. Mais ce, si vous persévérez à manger de façon continue tous les jours. La graisse du ventre est un signe de rétablissement.

Les peurs sous-jacentes à la prise de poids

Bien souvent, lorsqu’on a peur de grossir, il y a d’autres peurs sous-jacentes derrière. C’est important d’en prendre conscience et de travailler dessus :

Vous avez peur que votre poids continue d’augmenter sans jamais s’arrêter ? J’avais cette terrible peur également. Mais je vous rassure, votre corps cessera de reprendre du poids. Quand votre corps aura suffisamment de nutriment, qu’il n’aura plus peur d’une prochaine restriction, il n’aura plus besoin d’autant de nourriture que durant votre rémission. Pendant longtemps, je craignais de prendre indéfiniment du poids. Je vous en parle d’ailleurs dans mon article sur les compulsions alimentaires. Dès que j’avais fait une crise, j’avais peur du poids que cela allait engendrer. Je me mettais alors à me restreindre à nouveau. Et une nouvelle compulsion faisait son apparition, et ainsi de suite. Jusqu’à ce que je stoppe les compensations après une crise alimentaire. J’ai fait confiance à mon corps en lui donnant ce qu’il réclamait. Et mon corps a fini par me faire confiance à son tour : ma prise de poids s’est arrêtée et petit à petit j’ai retrouvé un poids de forme.

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Ah ça c’était aussi une de mes grandes peurs ! Mais qu’est-ce que je vais devenir sans l’anorexie ? C’est elle qui me définissait pour le moment. Sans elle, quelle identité vais-je avoir ? Rassurez-vous, vous deviendrez vous-même. Cela prendra du temps. Vous allez apprendre à vous connaître. Et petit à petit, vous découvrirez une nouvelle passion, vous ferrez de nouvelles rencontres… Et c’est ainsi que vous écrirez un tout nouveau chapitre de votre vie.

Le fait de regagner du poids n’est pas synonyme de guérison. C’est un élément essentiel, mais cela ne fait pas tout. Ceux qui vous entourent comprendront qu’il vous reste un long chemin à faire avant d’aller mieux. Vous pouvez d’ailleurs l’expliquer à vos amis et à votre famille. Moi je le disais clairement : « Physiquement, j’ai l’air d’aller mieux, mais dans ma tête c’est pas encore ça. C’est toujours compliqué. » Je vous rassure, le fait de regagner du poids ne va pas vous faire perdre le soutien de vos proches. Ceux qui comprendront réellement resteront à vos côtés. Et vous aurez continuellement accès aux soins des thérapeutes. Cela amène à un point crucial qui est de comprendre qu’un trouble alimentaire peut survenir à tout le monde, peu importe sa taille ou son poids. Vous ne devez pas être au plus maigre pour être crédible et bénéficier de soin. Non, tout le monde a le droit d’obtenir du soutien.

Tandis que j’étais anorexique, la nourriture occupait mes pensées du matin au soir. Il m’arrivait même d’en rêver… Mais alors à quoi pense-t-on lorsqu’on est guéri ? À tout ! Sauf à la nourriture ! Vos amis, votre famille, vos destinations de rêve où voyager, votre prochain cinéma, votre escapade du week-end à venir…

Certainement qu’au début vous aurez du mal à l’accepter. Mais c’est normal, ça fait partie du trouble et de la rémission. Mais petit à petit, vous retrouverez la santé et vous prendrez conscience de tout ce que vous pourrez faire à nouveau ! Avec le temps, vous allez pouvoir profiter de la vie, pleinement ! Vous allez pouvoir vous consacrer à de nouveaux projets !

Tout culturiste avisé vous dira qu’on gagne du muscle dans son lit, au repos ! La récupération est primordiale pour la croissance musculaire. Au moment où vous étiez en restriction, votre fibre musculaire s’est décomposée. Le corps concentrait le peu d’énergie qu’il avait sur les fonctions essentielles à la survie : le muscle ne l’est pas. Quand vous recommencez à vous nourrir, votre fibre musculaire se forme à nouveau, et ce, sans musculation. D’ailleurs, le muscle pèse lourd sur une balance. Donc lorsque vous voyez votre poids augmenter, ce n’est absolument pas QUE du gras.

Mes conseils pour accepter la prise de poids

La prise de poids est une étape importante, mais terrifiante de la guérison. C’est primordial d’apprendre à l’accepter pour ne pas rechuter. Voici donc quelques conseils pour vous aider dans cette épreuve difficile :

S’il y a bien une chose que j’ai faite en premier c’est de me débarrasser de mes vêtements taille 12 ans, taille 32 et 34 dès qu’ils ne m’allaient plus. Les garder dans mon placard ne m’aurait fait que du mal. Donnez-les dans un organisme, une association ou à quelqu’un d’autre. Mais débarrassez-vous-en au plus vite ! Pour ma part, j’ai tout mis dans des cartons que j’ai mis dans une autre pièce de la maison, loin de ma vue, avant de les donner complètement. 

Vous pourrez donc vous acheter une nouvelle garde-robe. Cela a été une des étapes difficiles de ma guérison : accepter d’acheter des vêtements dans une taille supérieure. Je vous conseille de faire les boutiques avec quelqu’un (votre sœur, votre amie, votre mère) pour surmonter cette épreuve. Pour ma part, je pleurais quand j’étais dans les magasins. Mais c’est normal de ressentir de la détresse lorsque votre corps change physiquement après une période de restriction.

Entourez-vous d’amis et de famille qui vous comprennent et vous soutiennent dans cette étape délicate. Défaites-vous de vos relations toxiques. La vie est déjà assez complexe pour se la compliquer encore plus avec des personnes négatives. Évitez pareillement de garder contact avec d’autres patientes souffrant de troubles alimentaires. C’est difficile de voir une autre fille anorexique dans un corps frêle tandis que vous tentez de vous débarrasser vous-même de cette maladie. Développez également un réseau de soutien thérapeutique. Pour ma part, lorsque je suis sortie de l’hôpital, chaque semaine je consultais ma psychiatre, une psychologue, une sophrologue et une hypnotiseuse. Je sais bien que tout le monde n’a pas les moyens, mais dans les hôpitaux publics, les soins sont pris en charge. Il existe également des psychologues offrants des consultations gratuites dans les CMP (centre médico-psychologique). Enfin, renseignez-vous auprès de votre mutuelle qui peut prendre en charge toute ou partie des frais médicaux.

Si vous cliquez sur l’icône PDF, vous découvrirez une liste que je vous ai partagé. Elle compte 50 raisons de guérir de l’anorexie. Cette liste je l’ai réalisé petit à petit durant mes 4 ans d’anorexie. Ceci est une liste non exhaustive et ce n’est qu’un exemple ! En dessous de cette liste, vous verrez une liste vierge que vous pouvez imprimer et remplir vous-même ! C’est important de relire souvent cette liste pour vous remémorez du pourquoi vous voulez guérir. Vous avez choisi de guérir, en partie, car un trouble alimentaire n’est pas la vie. Vous ne serez jamais satisfait de votre trouble alimentaire : vous ne vous trouverez jamais assez parfait(e), assez mince, assez jolie.

Essayez de vous défocaliser de votre prise de poids en vous consacrant à d’autres activités : le dessin, le chant, la musique, la méditation, la lecture, etc. Vous pouvez exprimer qui vous êtes au travers d’autre chose que votre corps.

Quand je parle de déclencheurs, je parle des éléments qui vont vous faire culpabiliser vis-à-vis de votre reprise de poids. Fuyez les miroirs, évitez de regarder d’autres photos de vous lorsque vous étiez plus maigre. Évitez également de contempler des photos d’autres filles encore malades sur les réseaux sociaux. Éloignez-vous des photos de corps, mais aussi des assiettes des personnes encore malades.

La thérapie d’exposition existe bel et bien et passe effectivement par le regard dans le miroir, ou la comparaison des photos. Mais cela se fait de façon encadrée et avec un thérapeute.

L’acceptation du corps prend du temps. J’ai commencé à démaigrir en juin 2018 et j’ai vraiment accepté mon corps en décembre 2019. Cela prend du temps, mais c’est possible ! Rappelez-vous en plus que vous souffrez peut-être de dysmorphophobie. C’est-à-dire que vous vous voyez plus grosse que vous ne l’êtes réellement. Les changements corporels sur lesquels vous faites une fixette ne sont généralement pas visibles aux yeux des autres.

Ne soyez pas trop dure avec vous-même. Vous vous battez contre une maladie mentale grave, c’est légitime de ressentir de la peur, des angoisses, de la triste et de la détresse. Prenez le temps de vous reposer et de respecter votre corps.

  • Votre ventre est gonflé après avoir mangé ? C’est normal, votre estomac digère votre repas.
  • Vos cuisses ont l’air plus grosses lorsque vous êtes assise ? C’est normal, vos cuisses s’appuient contre la chaise.
  • Vous n’avez pas un écart entre vos cuisses ? C’est normal, vos cuisses sont là pour vous aider à marcher, à vous tenir debout. Vous avez besoin d’avoir de belles cuisses pour vous maintenir sur pieds.

La prise de poids est terrifiante, je connais, je l’ai vécu. Mais vous savez quoi ? Je suis toujours en vie, plus heureuse qu’il y a deux ans, ça, c’est certain ! Je suis devenue une jeune femme avec de nouveaux projets de vie, avec une vie sociale plus développée et je suis capable de faire ce que je souhaite.

En sachant tout ce que vous venez de lire, ne soyez pas terrifiée face à votre ventre gonflé, vos chevilles enflées, votre estomac qui crie de douleur après avoir mangé ou encore votre poids qui augmente de façon disproportionnée. Tout cela est normal et fait partie du processus de guérison. Si vous ressentez cela, c’est une excellente nouvelle : vous êtes sur le bon chemin de la guérison. Si cela est possible pour vous, c’est un véritable atout d’être entouré par des professionnels spécialisés dans les troubles alimentaires pour vous aider à faire face à cette reprise de poids. Enfin, si vous traversez une étape de compulsions alimentaires durant votre phase de guérison, je vous invite à lire mon article sur les compulsions alimentaires pendant la guérison pour savoir comment y faire face.

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