Le TCA comme langage silencieux : quand le corps exprime ce qui n’est pas dit
On se retrouve pour un nouvel article, un peu plus psychologique. Pour ceux qui me lisent depuis un moment, vous le savez, j’aime beaucoup tout ce qui touche à la psychologie, ça me passionne. Et les TCA étant des maladies mentales avant tout, il y a une grosse part de psychologie dans la guérison. Et mon objectif, à travers mes contenus, c’est aussi de vous guider dans vos moments d’introspection.
Donc aujourd’hui, on va parler du TCA comme langage silencieux du corps.
Qu’est-ce que ça veut dire ? En parlant de “langage silencieux du corps”, je sous entends que le TCA serait une façon pour ton corps de parler à ta place. Parce que pour moi, mon TCA a aussi été, entre autres, un cri qu’on n’a pas su entendre autrement, ou avant (par moi-même et par mon entourage) sur des choses douloureuses que j’avais en moi.
Donc cet article est là pour vous faire réfléchir à votre TCA, qui pourrait être vu comme un langage non verbal, une tentative de communication quand vous manquez de mots, ou que tout simplement les mots sont impossibles à exprimer.
Je vais donc vous expliquer ici les raisons possibles de votre silence émotionnel, je donnerais des hypothèses du langage corporel du TCA, et je finirai par donner des pistes pour essayer d’écouter, de comprendre ce que le corps veut te dire.
Je précise que, c’est une piste de réflexion. Le TCA ne peut pas s’expliquer à 100% par du langage émotionnel. Mais, c’est quelque chose qui peut vous amener à comprendre ce que votre corps raconte, pour vous aider à vous reconnecter à lui, votre allié (et non votre ennemi).
Partie 1 : Les raisons d’un silence émotionnel - Pourquoi ton corps exprime ce que tu ne sais pas dire ?
Le TCA pourrait donc être une façon, entre autres, de dire quelque chose, sans le dire avec des mots. C’est ce que j’appelle langage silencieux, soit le langage du corps. Avant de comprendre ce que ton corps dit, c’est intéressant de comprendre pourquoi ton corps parle.
#1 - Tu as grandi dans une famille où les émotions sont tues
Si, lorsque tu exprimais tes émotions enfants, on t’a répété “Mais non, ce n’est rien”, “arrête d’en faire une montagne” “tu es trop sensible” “y’a plus grave” “tu exagères”… Ou qu’à l’inverse, tu as grandis dans un environnement où te demandait, parfois inconsciemment, d’être fort, de ne pas déranger, de ne pas faire de vague, de ne pas ajouter de charge émotionnelle aux autres…
Alors, tu as appris à taire ce que tu ressens. On ne t’a pas appris à accueillir tes émotions, à les nommer, à les légitimer (parce que c’est quelque chose qui s’apprend. Moi qui suis jeune maman, je lis qu’avant 6 ans, l’enfant n’est pas en capacité de gérer seul ses émotions et qu’il est nécessaire de l’accompagner, l’aider à les nommer, à les accepter, à exprimer).
#2 - On t’a appris (inconsciemment) que certaines émotions doivent être cachées
Dans la même veine que le point précédent, si on t’a appris que :
- tes propres besoins doivent passer après les autres, que répondre à ses besoins en premier est égoïste
- que la vulnérabilité est pour les “trop fragile”
- que la tristesse, la colère sont des émotions à garder pour soi, à ne pas montrer aux autres
Et si, en parallèle, on t’a uniquement félicité quand tu étais “sage”, quand tu performais…
Alors, avec toutes ces règles implicites, tu apprends à être “la bonne élève”, “celle qui ne fait de bruit”, celle à qui on a appris à être sage, discrète, à ne pas être de trop.
Donc tu refoules toutes les émotions qui pourraient à l’inverse de tout ça.
#3 - Parfois, c’est trop douloureux pour être exprimé avec des mots
Ici, je parle notamment des événements traumatiques. Que ce soit pendant l’enfance ou même adulte. Parfois, un événement traumatique, une insécurité affective, un environnement instable est tout simplement trop à porter pour le cerveau, qui de ce fait, active une réaction de survie.
C’est comme si le cerveau disait “c’est trop douloureux pour toi, je vais le stocker quelque part”. Et donc, ce quelque part, c’est dans ton corps.
#4 - Certaines émotions ont pu être perçues comme dangereuses pour ton cerveau
Peut-être que, par expérience, ton cerveau a associé des émotions à quelque chose de dangereux.
Je te donne un exemple :
Si un jour, tu as exprimé ton amour, et qu’en réponse, tu n’as rien reçu en retour voire même tu as perdu cet amour.Si, lorsque tu pleurais, tu avais quelqu’un d’anxieux ou de mal à l’aise, qui ne savait pas gérer ça. Parfois il y a même des gens qui se mettent en colère, parce que ça les stress de voir quelqu’un pleurer. Mais de ce fait, toi, tu as pu associer le fait d’exprimer tes émotions à quelque chose d’interdit à l’extérieur.
#5 - On ne t’a pas pris au sérieux
Peut-être que, tu as mis des mots sur ce qui n’allait pas par le passé. Mais en retour, on t’a incité à garder le silence, on ne t’a pas pris au sérieux, on a minimisé ce que tu ressentais… Alors, évidemment, tu as appris que :
- Parler ne sert à rien
- Dire ce que tu ressens ne change rien
- Tes émotions ne sont pas légitimes
Tu as un ingéré ça comme un interdit silencieux, et donc tu as fini par te taire, à le garder à l’intérieur… Sauf que ton corps a besoin que ça sorte et que ça soit reconnu à sa juste valeur. Alors, il va l’exprimer autrement.
Dans de nombreux cas, c’est parce que lorsque tu as exprimé tes émotions dans le passé, tu as eu un retour d’interdiction de l’exprimer. Et les personnes qui incitent les autres à cacher leur émotion pensent qu’ainsi, ça fera disparaître l’émotion. Mais une émotion interdite ne disparaît pas. Elle se déplace, dans le corps, et finira par s’exprimer d’une façon ou d’une autre.
Partie 2 - Le langage corporel du TCA
J’espère que cette première partie va t’aider peut-être à avoir des prises de conscience, à comprendre des choses sur toi, sur ton TCA. Personnellement, si j’avais écouté cet épisode à l’époque, je pense que ça m’aurait beaucoup parlé. Là, en tout cas, quand j’explique tout ça, ça fait beaucoup sens avec mon histoire.
Je vais parler maintenant du langage corporel du TCA, mais avant ça, je vais vous parler un peu plus globalement de langage somato-corporel.
#1 - Le langage somato-corporel
C’est quelque chose que j’ai découvert vers la fin de mes TCA, et aujourd’hui, dès que j’ai une douleur quelque part, je vais regarder la signification dans mon dictionnaire des maladies de Jacques Martel. D’ailleurs, ma soeur est osthéo, et évidemment tout ne s’explique pas par le somatique, mais elle regarde aussi la signification pour en parler avec ses patients durant la séance, car beaucoup de blocage, de douleur ont une grande part de psychologie. Et en avoir conscience, ça aide.
Déjà, il faut savoir que chez TOUT LE MONDE, le corps parle. Parce qu’on est quand même dans une société, notamment en occident, où on a un mode de vie très intense, où on intellectualise tout, on est très focus sur le mental, plus que sur les ressentis corporels. “Le corps parle, mais on ne l’écoute pas” comme je dis dans mon roman autobiographique. Il y a plein de douleur chronique par exemple qui s’explique somatiquement.
Qu’est-ce que langage somato-corporel ?
C’est tout simplement le fait que le corps exprime ce que l’esprit n’arrive pas à formuler, à conscientiser.
Il peut le faire à travers :
- la posture
- des douleurs musculaires
- des troubles du sommeil
- des problèmes de digestion
- la respiration
- Ou des comportements automatiques dont on a même plus conscience
Je vais vous donner des exemples concrets, en me basant sur des douleurs et blocages fréquents chez les personnes anxieuses :
Douleurs épaules et nuques
Si tu as :
- les trapèzes tendus, la nuque qui n’a pas une forte amplitude en regardant à droite à gauche, les épaules dures, crispées…
Ces zones correspondent à la charge mentale, à la responsabilité, à l’hypervigilance.
Le langage somato-corporel c’est ton corps qui doit “Je porte tout” “je ne peux pas m’écrouler car j’ai trop de responsabilité” “Je m’inflige de tenir absolument la cadence, le rythme”
Douleurs dans le bas du dos
Les lombaires, c’est la zone de sécurité émotionnelle.
Les personnes qui ont mal à cet endroit vivent souvent :
- de l’insécurité affective
- un manque de soutien
- la sensation d’être seul
C’est le corps qui dit “je n’ai pas d’appui”, “je dois être mon propre pilier”
La mâchoire
Si tu as la mâchoire serrée, que tu fais du bruxisme… c’est une façon de garder le contrôle. Somatiquement, si la mâchoire est bloquée, tu as moins la capacité d’ouvrir la bouche, de l’exprimer si l’émotion sort.
Les douleurs aux bras, aux mains
Si tu as des tensions dans les bras, des douleurs dans les mains :
Ce sont souvent des zones liées à la peur de demander de l’aide, à la difficulté d’en recevoir, à un besoin très fort de tout gérer seule.
Voilà, je vous ai donné quelques exemples, mais vraiment, c’est super intéressant de connaître le côté somatique je trouve. Même si évidemment, tout ne peut pas s’expliquer somatiquement. Je pense par exemple à la faim extrême, l’explication est majoritairement biologique. La faim mentale, l’explication est aussi biologique ; dans les deux cas que je viens de citer c’est la restriction, donc un manque d’apports alimentaires.
#2 - Anecdote perso
Je vais vous raconter une anecdote personnelle qui me semble, j’ai déjà raconté. En 2020, j’étais quasiment sorti des TCA, et j’étais en pleine reconstruction de mon identité, en train de chercher vers quoi je voulais aller dans la vie, tout en travaillant sur mon attachement à mes parents, à ma mère, ma peur de grandir.
Et, j’avais une verrue plantaire sous la voute plantaire qui était apparue. Je l’avais soigné avec les solutions proposées en pharmacie, ensuite j’avais vu une podologue qui m’avait fait des soins sur plusieurs semaines, j’ai même fait de la cryogénisation… j’ai vraiment mis beaucoup d’argent dedans, et elle ne partait pas ! ça faisait maintenant plus d’un an et demi que je l’avais, et un jour, j’ai posté un message sur un groupe Facebook de Lyon pour avoir des recommandations de méthode pour éradiquer une verrue plantaire.
Et parmi les réponses, une dame m’a répondu “avez-vous regardé la signification somato-psychologique ?”. Non, je ne l’avais pas fait. Et donc j’ai regardé, et en somato-psycho, une verrue plantaire représentait l’avancée dans la vie, la direction, le fait qu’on n’est pas certain de la direction qu’on veut prendre dans la vie, qu’il y a un conflit intérieur entre avancer et rester là où on est. Et en lisant la signification, je me suis dit “ah mais clairement, c’est mon corps qui parle !”. Et je me suis dit, je vais attendre d’avancer dans ma vie, d’un point de vue psychologique en thérapie, et je ne vais plus penser à tout ça. Et quelque mois plus tard, je me suis souvenue de cette verrue que je m’étais forcée de en plus regarder et… Elle avait disparu ! Parce que je pense que j’avais avancé sur la problématique, et j’avais aussi conscientisé que c’était un message de mon corps, je l’ai donc entendu, écouté.
#3 - Le langage du corps des TCA
Alors, quels pourraient être les messages silencieux de ton TCA ?
La vérité, c’est qu’ils te sont propres. Mais je vais donner des messages du corps “typiques” qu’il pourrait y avoir chez une personne avec un TCA.
3.1 Le corps exprime un besoin de sécurité
Le langage somato-émotionnel, serait :
- “ J’ai besoin de me sentir en sécurité”
- “J’ai besoin d’un cadre fixe, rassurant”
- “Le monde autour de moi me semble (ou m’a semblé) imprévisible, alors je me sécurise comme je peux”
Hypothèse du pourquoi ?
- Peut-être que tu as manqué de sécurité affective (environnement instable, fluctuations émotionnelles des adultes).
- Peut-être que tu as vécu un événement où ta sécurité a été menacée (maltraitance, abandon, agression, violence, rupture brutale).
- Peut-être qu’on ne t’a jamais vraiment transmis l’idée que tu étais soutenue, protégée, entourée.
- Peut-être que tu as vécu un trauma où ton corps a ressenti la peur avant même que ta tête puisse comprendre.
3.2 Le corps exprime une sensation de prendre trop de place ou au contraire, de ne peut trouver sa place
Le langage somato-émotionnel, serait :
-
“J’ai peur de déranger”
-
“Je veux disparaître”
ou
-
“Je veux qu’on me voie enfin”
-
“Je veux qu’on me laisse ma place”
Hypothèse du pourquoi ?
- Peut-être que tu as grandi dans un environnement où prendre de la place était dangereux (punition, rejet, critiques).
- Peut-être qu’on t’a appris que tes besoins dérangeaient.
- Peut-être aussi que tu t’es sentie invisible, pas entendue, pas comprise… et que ton corps parle pour demander une place.
- Peut-être qu’il n’y a jamais eu d’espace pour que tu sois pleinement toi.
- Peut-être que tu as eu une place qui n’était pas la tienne (rejet de ton identité et donc tu te plies à ce qu’on attend de toi, ou alors que tu as été adulte trop tôt alors que tu étais enfant)
3.3 Le corps exprime un besoin d’autonomie
Le langage somato-émotionnel, serait :
-
“je veux me débrouiller seul”
-
“je sais être indépendante”
-
“je veux ne dépendre de personne”
-
“j’ai peur d’avoir besoin d’autres personnes”
-
“personne ne doit avoir de pouvoir sur mon corps”
Hypothèse du pourquoi ?
- Peut-être que dépendre de quelqu’un a été dangereux ou décevant.
- Peut-être qu’on ne t’a pas soutenue quand tu en avais besoin.
- Peut-être qu’on t’a parentifiée (enfant qui doit être l’adulte).
- Peut-être que tu as grandi avec des adultes peu fiables ou instables.
- Peut-être que tu as vécu une intrusion (émotionnelle, physique, éducative) où tu n’a pas réussi (par choc ou incapacité lié à l’âge à dire “Mon corps doit m’appartenir.”
3.4 Le corps exprime un besoin d’anesthésier une douleur (donc enclenche un mécanisme de survie)
Le langage somato-émotionnel, serait :
-
“C’est trop intense/ trop dur à porter pour que je le ressente.”
-
“Je préfère ne rien ressentir que ressentir ce qui fait mal.”
-
“J’ai besoin de me couper pour survivre.”
Hypothèse du pourquoi ?
- Peut-être que tu portes une douleur passé (trauma, perte, rejet).
- Peut-être que tu as dû “vivre” malgré la souffrance.
- Peut-être que tu as souvent entendu dire : “Allez, sois forte.”
- Peut-être que tu n’as jamais eu le droit d’être triste ou en colère, qu’on ne t’a pas laissé la place de l’exprimer
3.5 Le corps exprime ne pas ressentir le droit d’exister
Le langage somato-émotionnel, serait :
-
“Je ressens ne pas le droit d’être là.”
-
“Je dois me faire petite pour mériter ma place.”
-
“Je ne suis pas assez importante pour prendre soin de moi.”
Hypothèse du pourquoi ?
- Peut-être qu’on t’a transmis l’idée que tu étais un poids, un problème.
- Peut-être que quelqu’un a occupé tout l’espace émotionnel dans la famille.
- Peut-être que tu n’as pas été désirée, ou que tu l’as entendu/senti.
- Peut-être que tu as été comparée, dévalorisée, rabaissée.
3.6 Le corps exprime un besoin de rester dans l’enfance (de réparer l’enfance)
Le langage somato-émotionnel, serait :
-
“Je veux revenir à un moment où tout était plus simple.”
-
“Je veux revenir à un moment où quelque chose a besoin d’être réparé”
-
“Être adulte me fait peur”
-
“J’ai besoin de protection.”
-
“Je n’ai pas eu d’enfance, ou pas eu l’enfance que j’aurai aimé avoir”
Hypothèse du pourquoi ?
- Peut-être que tu as dû grandir trop vite (parentification).
- Peut-être que ton enfance a été insécurisante.
- Peut-être que tu n’as pas eu l’attention, la protection, la douceur dont un enfant a besoin.
- Peut-être que tu as été confrontée trop tôt à des responsabilités d’adulte.
- Peut-être que tu as vécu un trauma dans l’enfance qui a figé une partie de toi à cet âge-là.
3.7 Le corps exprime une colère non dite
Le langage somato-émotionnel, serait :
-
“Je suis en colère mais je ne peux pas le dire.”
-
“J’ai peur que ma colère détruise quelque chose.”
-
“Je préfère me contrôler plutôt que de risquer d’exploser, ou de faire exploser quelque chose autour de moi (lien, relation…)”
-
“Je retourne l’agressivité vers moi car c’est plus sûr.”
La colère interdite se transforme souvent (sans qu’on en ait conscience) par de l’auto exigence, de la punition envers soi-même, de la violence silencieuse envers soi. Et c’est pas toujours évident de mettre des mots sur cette colère, de se l’autoriser pour que ça passe au conscient et même de savoir sur quoi cette colère porte.
Hypothèse du pourquoi ?
- Peut-être que la colère a été punie, ridiculisée ou ignorée.
- Peut-être que tu as grandi avec quelqu’un qui “occupait” toute la colère.
- Peut-être que tu as fait un mauvais lien qu’être en colère = perdre l’amour.
- Peut-être que tu as accumulé des injustices jamais dites.
C’est possible que vous vous retrouvez dans plusieurs de ces points ! Et attention, ici je n’ai formulé que des hypothèses. Parfois, entendre ces hypothèses peut faire germer des prises de conscience, mais ça ne veut pas dire que vous devez absolument vous retrouver dans ces hypothèses. Prenez seulement ce qui vous parle.
Partie 3 - Comment apprendre à écouter son corps ?
Comment faire pour comprendre le message de son corps, ce qu’il exprime, qui n’est pas dit ?
Déjà, mon dernier épisode de podcast porte sur le sujet de “faut il trouver la cause pour en guérir?” Et grosso modo, dedans je vous dis que non. Et bien, je commence cette partie en vous rappelant qu’il n’est pas nécessaire de s’obstiner à trouver absolument ce que votre corps dit à votre place. Si, dans cet épisode, vous avez trouvé des éléments de réponse, tant mieux. Mais si ce n’est pas le cas, tant pis, c’est que ce n’est pas le moment, et c’est pas pour ça que vous allez rester bloqué plus longtemps dans la maladie, pas du tout.
Il faut aussi bien comprendre, si je n’ai pas réussi à le transmettre auparavant dans cet épisode, c’est que ton corps, il exprime ça par des maux, pas pour te faire du mal, pour te le faire payer. Mais plutôt dans un but de t’aider, parce que c’est vraiment ton allié, et que c’est sa façon de te dire “eh, il y a quelque chose qui ne va pas, j’ai besoin que tu portes ton attention dessus, que tu ralentisses, que tu m’écoutes”.
Dans cette partie je vais essayer de vous donner quelques pistes pour vous aider à décoder ce langage silencieux.
#1 - Te reconnecter à ton corps
Ça c’est quelque chose d’important, à apprendre dans la guérison, d’avoir des petits moments de reconnexion avec ton corps pour rétablir cette écoute des sensations de ton corps. Pour certaines personnes ça peut vraiment leur faire peur, donc allez y en douceur, quand vous vous sentez prêt.
Moi je le faisais par des moments de pleine conscience. Mais c’était pas non plus m’assoir sur un tapis et écouter mon corps pendant 20 minutes. Non, ça, ça me stressait même parce que mon esprit s’évadait constamment sur des questions, des peurs, des doutes. Ce que je faisais c’set par exemple quand je buvais du thé, ou une boisson chaude, je me concentrais sur la sensation de chaud qui traversait mon corps, qui descendait petit à petit dans ma gorge. Même chose quand je prenais ma douche, je prenais le temps de ressentir le chaud de l’eau, la puissance du jet sur ma peau. Je trouve ça plus simple de se concentrer sur une zone en particulier, une sensation en particulier dans une situation précise. Par exemple, en ce moment il fait froid. Et bien quand vous êtes dehors, vous pouvez vous concentrer sur la sensation de froid sur ton visage.
#2 - Relever les indices de sécurité / danger
Ton corps te parle, quand il est en sécurité, et quand il est en danger.
Apprendre à repérer ça, ça peut vraiment t’aider.
Indices de sécurité
- tu respires plus facilement (ou tu respires tout court)
- tu penses plus lentement
- tu rigoles, tu souris, tu te sens plus détendue
- tu es plus présente
- tes épaules se relâchent,
- tu te sens connectée aux autres
Indices de danger
- respiration courte voire sensation de respiration coupée
- oppression
- gorge serrée
- besoin de contrôler
- envie de pleurer qui monte
- pensées rapides
- agitation
Et quand tu repères ces indices, tu peux aussi essayer de repérer les déclencheurs de ces moments de sécurité et de danger. À vrai dire, ce sont surtout les déclencheurs du danger qui vont t’aider à avancer sur le message silencieux de ton corps.
#3 - Mettre des mots sur “ça ne va pas”
Parfois, tu sens que tout simplement, “ça ne va pas”. C’est d’ailleurs souvent ces mêmes jours où tu as cette sensation d’être “trop grosse”, où tu n’aimes pas ton reflet dans le miroir.
Essaie, dans ces moments-là, de mettre des mots plus précis sur ton mal-être. Te demander comment tu te sens réellement, est-ce qu’il y a eu une situation dans laquelle tu t’es sentie mal à l’aise ? Pourquoi ? Est-ce qu’il y a une discussion qui t’a touché ? Quelque chose qui a déclenché du stress, une peur, une pression ? Est-ce à la suite d’une interaction avec une personne ?
Essaie, si tu le peux, de trouver un peu plus exactement quelles sont les émotions que tu ressens (tristesse, honte, solitude, fatigue, dégoût, colère…)
#4 - Qu’est-ce que je n’ai pas dit que j’aurais aimé dire ?
Quand tu termines une journée, ou que tu reviens d’un lieu/d’une rencontre et que tu te sens pas très bien sans trop savoir pourquoi, tu peux te poser cette question : qu’est-ce que je n’ai pas dit, mais que j’aurais aimé dire si j’étais certaine qu’il n’y aurait pas de répercussion, pas de jugement ?
#5 - Accepter de l’aide thérapeutique
Le combo le plus efficace, c’est de s’aider de thérapie. Les mieux sont celles qui allient : thérapie somatique + thérapie psychologique.
Parce que les mots et le corps doivent être impliqués pour créer du changement durable. Et parfois, comme vous n’avez pas la conscience de tout, c’est intéressant de passer par la mémoire de votre corps.
Après, je sais que ce sont souvent des thérapies où les professionnels demandent d’avoir un minimum d’énergie (physique et mentale), donc de ne pas être trop sous-alimenté, d’avoir déjà démaigri (pour les personnes qui ont perdu du poids suite à leur TCA).
EMDR
But : retraiter les souvenirs traumatiques qui restent bloqués dans le système nerveux.
J’ai déjà fait un épisode de podcast sur ce sujet car c’est une thérapie que j’ai faite et que je recommande.
ICV
But : réparer les manques affectifs, stabiliser le système nerveux, reconstituer la sécurité intérieure.
L’ICV fait revivre au cerveau ta ligne du temps (ton histoire de vie), de 0 à aujourd’hui, comme un film accéléré.
Cette répétition permet au cerveau de comprendre :
- que les menaces appartiennent au passé,
- que tu n’es plus l’enfant vulnérable d’avant,
- que tu es adulte et en sécurité maintenant.
Je commence cette thérapie bientôt normalement ! Pour le petit aparté, être maman a fait ressorti beaucoup de choses de mon anxiété, de mon hypervigilance, et de mon enfance. Et du coup, pour m’aider à travailler ce qui n’est pas encore assez travaillé, je tente cette nouvelle thérapie qui commence mi-décembre ! La thérapeute que je vais voir fait de l’EMDR, de l’ICV et de l’hypnose et donc, elle utilisera ce qu’elle semble le plus approprié. Si j’ai recours à l’hypnose et ICV, je ferais peut-être un retour d’ici quelques mois sur le podcast.
Kinésiologie
But : dénouer les blocages émotionnels, libérer le stress enregistré dans le corps.
Ça se passe via des tests musculaires pour identifier les stress, croyances, blessures… Le thérapeute peut utiliser différents outils (points d’acupression, visualisation, respiration…) pour “défaire” ces mémoires corporelles.
J’ai aussi fait de la kinésiologie quand je souffrais d’anorexie, j’ai fait pas mal de séances.
Hypnose
Ça tout le monde voit ce que c’est je pense 🙂
Voilà, je pense que j’ai dit pas mal de choses déjà sur le sujet. J’ai vraiment bien aimé préparer cet article, je trouve le sujet presque passionnant. D’avoir traversé les TCA, maintenant dans ma vie, je prends très souvent conscience de ce que mon corps essaie de me dire, j’ai comme noué une relation de confiance avec lui qui me permet de l’écouter. Donc, dites-vous que c’est vraiment un outil que vous allez développer pour toute votre vie, pas seulement pour guérir de votre TCA. Si jamais cet épisode t’a parlé, qu’il t’a aidé, ajoute un commentaire sur spotify, sur youtube ou sur l’article de blog correspond.
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