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Dysmorphophobie & trouble alimentaire : 9 conseils pour t’aider

Dysmorphophobie & trouble alimentaire : 9 conseils pour t’aider

Dysmorphophobie & trouble alimentaire : 9 conseils pour t’aider

Dysmorphophobie. Ce mot qui semble si compliqué. Lorsque je l’ai entendu pour la première fois, déjà j’avais du mal à le prononcer. Mais en plus je me suis dit « c’est quoi ce truc encore?! ». Et quand on m’a expliqué, j’ai dit « aaaaaah » parce qu’en effet, c’était omniprésent dans ma vie.

Je suis presque sûre que vous souffrez de dysmorphophobie.

 

Qu’est-ce que la dysmorphophobie ?

Elle se caractérise par le fait de voir dans le miroir une image déformée, par rapport à la réalité, de tout ou partie de son corps. Donc c’est le fait de se dire « oh la la, j’ai trop de poids » ou « j’ai trop de formes ». Et c’est une image déformée par rapport à la réalité, mais en fait, bien souvent, vous n’en aviez pas conscience et vous pensez que ce que vous voyez dans le miroir, c’est la réalité. Mais ça ne l’est pas. Je ne sais pas si vous suivez ce que je raconte haha

Ce n’est pas systématique comme symptôme, mais c’est quand même assez courant. Donc pour résumer, la dysmorphophobie, c’est le fait de ne pas se voir tel qu’on est vraiment. Et d’ailleurs, je dis c’est courant, sachez qu’en fait énormément de gens, et surtout des femmes d’ailleurs, à cause des injonctions de la société, ont de la dysmorphophobie sans même avoir de TCA. Mais quand on souffre de troubles alimentaires, vraiment, c’est décuplé.

Quelques signes de dysmorphophobie :

Je vais vous donner quelques façons dont la dysmorphophobie peut se manifester pour voir si vous vous reconnaissez :

  • Scruter le moindre petit défaut sur son corps
  • Avoir une voix intérieure très critique qui te remémore à longueur de journée que tu as tel “défaut”
  • Te forcer à te restreindre, à t’engager dans des activités physiques intenses jusqu’à épuisement pour chaque jour lutter contre ce que tu penses être ton « défaut »
  • Être mal à l’aise en public et avoir le sentiment que tout le monde regarde TON “défaut”, que l’on ne voit que ça.
  • Vérifier dans le miroir ou le reflet des vitrines dans la rue si ton soi-disant « défaut » n’a pas empiré (même si en réalité tu viens de le vérifier 3 minutes plus tôt)
  • Même lorsque les autres te rassurent, qu’ils te disent que ça ne se voit pas ou que ce n’est pas réel, ne pas réussir à dé- focaliser ton attention de ça
  • Te persuader que tu ne mérites pas l’amour, la réussite ou juste profiter paisiblement de ta vie tant que ce « défaut » ne sera pas résolu
  • Détester être pris en photo, et encore plus te voir en photo. Tu as l’impression de ne voir que les “défauts” de ton corps.
  • Constamment te comparer aux autres, notamment sur la partie de ton corps qui te gêne. Envier ceux qui ont un corps selon toi “mieux” que le tien
  • Porter des vêtements plus amples ou d’une certaine forme, certaine couleur pour tenter de cacher les parties de ton corps que tu détestes
  • Régulièrement toucher la partie de ton corps où tu as ton “défaut” pour vérifier sa taille. Ou alors, prendre des photos régulièrement pour en contrôler son évolution. (Quand on souffre de dysmorphophobie, ça peut entraîner ce qu’on appelle du body checking, donc le fait de vérifier des endroits de ton corps).

Si vous vous êtes reconnu dans un ou plusieurs points, c’est que vous en souffrez.

9 conseils pour vous aider à amoindrir la dysmorphophobie

Je me souviens d’un exercice que j’ai fait avec mon interne à l’hôpital qui était très représentatif de cette dysmorphophobie. Il m’avait donné une petite cordelette, et il m’a demandé de faire une boucle avec la corde pour représenter ce qui était selon moi mon tour de cuisse.

Il a ensuite réellement fait le tour de ma cuisse pour la mesurer et la représenter avec une autre cordelette. Il a ensuite superposé ma supposition et la réalité : la réalité était moitié moins grande que ce que je pensais.

C’est vraiment un symptôme vicieux parce qu’il entrave à la guérison : c’est difficile d’accepter la renutrition, d’apprendre à aimer son corps quand on ne le voit pas tel qu’il est.

C’est l’un des symptômes qui est resté le plus longtemps chez moi !

Le but de cet article, c’est de vous donner quelques conseils par rapport à la dysmorphophobie ; parce que la réalité c’est que je pense que vous étiez déjà pas mal à connaître ce phénomène (si on peut l’appeler comme ça).

1 - Avoir conscience de cette dysmorphophobie

La première étape, c’est souvent la prise de conscience. Mais au-delà de la prise de conscience, c’est aussi de se le rappeler. Parce que je pense que beaucoup savent que lorsqu’on souffre de TCA, on souffre de dysmorphophobie, mais quelque part, ils l’oublient, ou se disent que ça ne s’applique pas pour eux.

Eh bien si ! Dès que vous vous trouvez moche dans le miroir, que vous vous trouvez avec trop de poids, trop de forme… que vous ne focalisez que sur votre défaut : rappelez-vous que vous avez comme un filtre au-dessus des yeux, celui du trouble alimentaire, qui vous empêche de vous voir tel que vous êtes réellement. Donc vous n’êtes pas objectif avec vous-même. Vous ne pouvez pas faire confiance à votre ressenti quant à votre corps. Et ça c’est vraiment important de se le rappeler. 

2 - Désapprendre ce qu’on t’a appris

Le deuxième conseil, c’est de désapprendre ce qu’on t’a appris ou de remettre en question ce que tu entends ou que tu as déjà entendu. De quoi je parle ? Je parle de toutes les croyances autour de la minceur, du ventre plat, d’un corps harmonieux… La vérité c’est qu’un corps, c’est un être vivant, et c’est imparfait. Imparfait c’est pas négatif, c’est juste naturel. La prochaine fois que vous vous baladerez en nature, vous regarderez autour de vous à quel point tous les organismes vivants sont « imparfaits » : les feuilles, les arbres, les plantes. Elles ne sont jamais exactement pareilles, elles ont parfois des formes et des tâches, des marques de « vieillesses ». 

Pourquoi désapprendre toutes ces croyances qui sont véhiculées par la société ou parfois même dans ta propre famille ? Parce que c’est évident que si tu y crois toujours, que tu te les appliques, lorsque tu vas te regarder dans la glace, tu vas continuer de te juger, de te croire pas assez bien, trop comme ci, trop comme ça.

3 - Attention aux réseaux sociaux

L’une des choses que j’avais beaucoup moins lorsque j’étais malade par rapport aux personnes qui sont malades aujourd’hui : c’est l’influence des réseaux sociaux. 

En 2015, c’était un peu les débuts d’Instagram. Presque on partageait des photos de nos vacances, des paysages… Mais pas du corps, pas autant qu’aujourd’hui. Maintenant c’est quelque chose d’omniprésent, même les marques mettent en avant leurs publicités sur ces réseaux.

Et en fait, toutes ces photos qui une fois de plus généralement montre des corps mince, musclé, bien « proportionné », avec une peau lisse, parfaite, pas un bourrelet, pas un bouton, pas un poil… bah tout ça, forcément, ça renforce ta sensation de ne pas être assez bien, et donc alimente quelque part ta dysmorphophobie.

Donc vraiment, protégez-vous des réseaux sociaux et prenez du recul aussi. 

Comment se protéger ? 

  • Lorsque vous voyez un compte Instagram qui partage des photos de corps ou des informations qui viennent déstabiliser votre relation corporelle : désabonnez-vous.
  • Lorsque vous vous rendez compte que votre algorithme est pollué par des contenus qui viennent vous déstabiliser : manipulez votre algorithme. Ça peut aller dans les deux sens, c’est pas qu’Instagram ou TikTok qui peut vous manipuler. Vous pouvez faire l’inverse. Comment ? Allez taper un mot clé tout autre, exemple : Chat ou Thaïlande. Et là vous allez regarder plein de contenu de chat, interagir avec ces contenus en likant voire en commentant, en enregistrant ces publications-là. Vous faites ça pendant quelques minutes, voire sur 2-3 jours. Et là votre algorithme va vous mettre en avant des contenus liés à ce que vous avez cherché (donc évidemment, prenez vraiment un sujet qui vous intéresse). 
  • Si vous avez trop de publicités qui vous mettent en avant des corps, des produits cosmétiques…normalement vous avez la possibilité de cliquer sur les trois petits points à droite de la publication (je parle d’Instagram ici) et vous pouvez cliquer sur Masquer ou Ne plus me montrer des contenus de ce genre.
  • Faites des digital detox : limitez votre temps sur les réseaux voire essayez de faire 1 jour ou 2 sans réseaux sociaux.
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Et comment prendre du recul ? 

En vous rappelant que c’est les réseaux sociaux, pas la vraie vie. Aujourd’hui, en quelques secondes, on peut ajouter un filtre à une photo pour la faire paraître « sans défauts ». 

Une photo, c’est un instant capturé. Mais on ne sait pas ce qui se passe avant ou après. 

4 - Comment tu vas réellement ?

Un quatrième conseil, c’est de vous demander comment vous allez réellement. Parfois, on se focus sur des « problèmes » physiques alors que le vrai problème est interne.

J’ai pris conscience de ça un jour, sur une anecdote flagrante. J’étais partie le matin au boulot, je m’étais aperçu dans le miroir du couloir, et j’aimais le reflet que je venais de voir. La journée se passe, j’enchaîne merde sur merde, je rentre énervée. Et là, je repasse devant le même miroir du matin et je me dis « oh, mais horrible, je suis énorme ». Et là je me suis dit « non, c’est impossible Mathilde, il y a quelques heures, tu aimais bien ton reflet. » La seule chose qui avait changé, ce n’était pas mon corps, c’était l’état de mon mental. 

Et vraiment, le mental impacte sur votre dysmorphophobie. Quand je me sens mal dans ma peau, c’est souvent que je me sens mal dans ma tête. Et ça, même chose c’est important d’en prendre conscience. Je vous invite vraiment à vous demander, quand votre corps vous dégoûte, comment vous vous sentez là maintenant ? 

Rejeté ? Mal aimé? Frustré ? Énervé ? Stressé ? En manque de sécurité? Incomprise ? Seul?

Essayez de mettre le doigt sur ce qui va vraiment mal. Si vous parvenez à le faire, ça vous aidera à prendre plus de recul par rapport au reflet du miroir que vous voyez. Gardez en tête que dans tous les cas, vous vous heurtez à un mur si vous cherchez des solutions dans des choses externes (sur votre corps, poids…) alors que les causes sont internes.

5 - Éviter les miroirs

Je peux complètement comprendre que les miroirs, les photos… ça peut être un déclencheur à vous sentir mal. Donc ce que je vous conseille, c’est de les éviter, au moins temporairement. 

D’ailleurs, je voulais aussi vous parler d’un truc par rapport à ça. Il y a une citation qui exprime super bien ce que je veux dire, mais elle est en anglais. C’est « Where your attention goes, energy flows ». Littéralement, ça veut dire « Là où va votre attention, l’énergie circule ». En fait, le cerveau il va créer des schémas de croyance selon vos pensées et actions. Par exemple, si vous regardez à chaque fois les calories sur les emballages de ce que vous mangez, votre cerveau enregistre l’information que les calories sont une donnée importante à prendre en compte. Si vous vous pesez tous les jours, vous envoyez l’information à votre cerveau que le poids est une variable importante. Quand vous vous regardez tous les soirs devant le miroir ou que vous vous checkez la taille de vos cuisses dans le reflet d’une vitrine à chaque fois que vous passez devant une, vous envoyez l’info à votre cerveau que la taille de vos cuisses est quelque chose auquel il faut faire attention.

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Je sais que ce n’est pas simple d’arrêter. Mais déjà, prendre conscience de ça, ça va peut-être vous aider. Quand j’ai compris ça, je me suis vraiment forcée à ne plus me regarder dans les reflets des vitrines. Et ça m’a aidé à me défocaliser de mon corps.

Ne plus checker, ça ne veut pas dire que vous allez perdre le contrôle sur ça. Tout comme ne plus vérifier votre poids ne veut pas dire que vous allez de ce fait prendre du poids à l’infini ou prendre trop de poids. Ça aussi, c’est important. Je sais que dans la pratique c’est plus compliqué à appliquer, mais je vous le dis, parce que je suis passée par là. J’ai arrêté de me peser, de me checker, et il ne s’est pas passé tout ce que je pensais qu’il se passerait.

6 - Changer de perspective

On est toujours la personne la plus dure avec soi-même, et on ne se voit pas tel qu’on est.

Alors, essayez de vous demander ce que vous diriez à une personne que vous aimez si elle vous avance les mêmes arguments que vous utilisez contre vous. Exemple : vous vous dites « mon ventre me dégoûte, il déborde de partout, je suis ignoble ». Qu’est-ce que vous lui répondriez si une personne que vous aimez énormément vous disait ça ? Vraiment, répondez à cette question. Et si vous lui retourneriez des arguments bien plus bienveillants que ce que vous vous apportez à vous-même : demandez-vous pourquoi vous ne pouvez pas vous appliquer ces arguments ? Même chose, répondez-y sincèrement. Parce que peut-être là vous vous dites « mais oui elle a raison ». Mais moi je veux vraiment que vous vous posiez pour essayer de comprendre le pourquoi vous êtes aussi dur avec vous-même, pourquoi vous ne pourriez pas vous appliquer des conseils bienveillants ? 

Aussi, quand vous vous détestez, que vous avez peur d’être rejeté par les autres ou de ne plus être aimé si vous prenez du poids : rappelez-vous (notez le si vous avez besoin) que vous ne jugez pas les autres pour leur poids ou leur physique. Enfin, je vous le demande: est-ce que vous aimeriez moins une personne si elle prenait du poids ? Si elle prenait du ventre? Si elle n’était pas comme ce que la société nous dicte ? 

Personnellement, mes amis et ma famille, je les aime pour qui ils sont, pour leur personne, pas pour leur corps ni leur poids. Et je suis assez certaine que vous c’est pareil.

7 - Changer de focus

Tout à l’heure, je vous ai dit « Where your attention goes, energy flows ». Je la reprends pour vous parler de distractions. Quand vous avez une pensée négative sur votre corps, n’alimentez pas ces pensées (je sais encore une fois que c’est bien plus facile à dire qu’à faire). Mais changez le focus de votre cerveau en l’occupant à autre chose. 

Parfois, on se dit « non, il faut que je pense à ça pour trouver une solution ». Et votre solution ça va être de vous restreindre, ou de faire telle action qui en fait s’avère destructrice. Peut-être qu’après avoir ruminé sur ça, vous vous sentez comme rassuré. La réalité, c’est que c’est le trouble alimentaire qui est rassuré. Mais le fait de ruminer dessus, de penser à comment vous pourriez corriger votre corps, ça alimente le stress autour de votre corps. Encore une fois, je sais que c’est pas simple. Au début, vous tenterez et vous ne tiendrez pas longtemps. Mais à force de répétition, ça entraînera votre cerveau à changer de focus.

Comment vous pourriez changer de focus ? En pensant automatiquement à autre chose, et idéalement quelque chose qui est prenant pour votre cerveau. Par exemple : en pensant à une tâche du boulot, ou de vos cours. Ou en faisant un calcul mental. Ou alors plongez-vous dans un bon souvenir. Et si vous avez du matériel autour, écoutez un podcast, regardez une série, lisez un livre, faites des binero… Bref, faites quelque chose qui vous occupe l’esprit à autre chose qu’à vos pensées obsessionnelles autour de votre corps.

8 - Faites de votre corps un allié

Un autre conseil, c’est de vous rappeler que vous n’êtes pas que ce reflet que vous voyez dans le miroir. Un corps, ce n’est pas qu’un physique, qu’une apparence ou qu’un poids. 

Votre corps, c’est votre outil pour réaliser la vie que vous voulez vivre, pour accomplir vos rêves, vos projets. C’est comme le véhicule qui vous amène aux différentes étapes de votre vie.

Mais pour qu’il puisse vous emmener où vous voulez, il a besoin de carburant, d’énergie, et que vous en preniez soin. L’injurier de tous les noms ne l’aidera pas. Le corps entend les pensées du cerveau et ça lui fait du mal. Il a besoin que vous en preniez soin. Donc prenez le temps de soigner votre environnement, de prendre soin de vous avez des crèmes, des shampoings, des bijoux… 

La relation que vous avez avec votre corps, c’est comme n’importe quelle relation : il faut en prendre soin, il faut l’entretenir. Prendre souvent de ses nouvelles, en vous demandant comment vous allez réellement. Lui offrir des cadeaux, des moments de bien-être. Prendre du temps pour lui, donc pour soi. 

Ça me semble assez abstrait ce que je dis, mais j’espère que vous comprenez. Parce qu’en prenant soin de vous, vous améliorez votre relation à votre corps (même si ça se fait de façon très petit à petit). Et du coup, la dysmorphophobie est plus « facile » à gérer, à contrer. Je dis facile entre guillemets, car je sais bien que ça n’est jamais facile.

9 - Les vêtements aussi sont vos alliés

Je trouve que les vêtements ont vraiment eu un rôle dans ma guérison. Ça fait d’ailleurs partie de prendre soin de son corps. Offrez à votre corps des vêtements dans lesquels il se sent bien. Si vous voyez des vêtements qui ne sont pas à la mode, mais dans lesquels vous vous sentez bien, alors prenez-les. Si vous voyez des vêtements à la mode, mais dans lesquels vous vous sentez mal, ne les prenez pas. Des vêtements, c’est fait pour vous aller. C’est à eux de s’adapter à vous, pas à vous de vous adapter aux vêtements. D’ailleurs, débarrasse-toi de tes vêtements trop petits. Si tu es en reprise de poids, les garder dans ton placard représente un véritable déclencheur. Même si tu les gardes « au cas où ». Tu gardes donc dans un coin de ta tête la possibilité de rechuter.

Pour trouver mon style, j’avais fait un tableau Pinterest où j’enregistrais des idées de tenues. Et je m’étais abonnée à des comptes Instagram de boutiques de fringues. 

Autre point par rapport aux vêtements, je divague un peu, mais ça peut être lié à la dysmorphophobie, parce que parfois quand on essaie un vêtement et qu’on se rend compte que la taille qu’il fait est supérieure à celle qu’on pensait faire, ça peut déclencher de la dysmorphophobie. Les tailles ne sont pas significatives. D’un magasin à un autre, il peut y avoir une différence réelle de 2 tailles pour l’appellation « 38 ». Pour la petite anecdote, j’ai bossé au siège d’une boîte de lingerie. Et la modéliste utilisait toujours des patrons toujours trop petits. Plein de femmes me faisaient le retour que ça taillait trop petit. Certaines culpabilisaient… Pourtant, le problème, ce n’était pas leur taille. C’était le patron trop petit. Sauf qu’en entreprise, pour changer des modèles, c’est long parce que ça passe par de nombreux process. Donc vraiment, ne culpabilise pas pour des histoires de taille ! 

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  • Psychologique,
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...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Voilà pour les quelques conseils. 

Globalement, la dysmorphophobie est très liée à l’acceptation de son corps, au travail sur les croyances erronées par rapport à l’apparence. Donc je t’encourage à travailler sur ça, avec un thérapeute. Moi j’ai aussi fait le programme ButterflyBody qui permet de travailler sur ça. Mais j’espère que déjà, ce petit épisode t’aura apporté de l’aide, au moins te rassurer quelques instants.

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Peur du poids, 0 commentaire
Troubles digestifs dans les TCA (causes et conseils)

Troubles digestifs dans les TCA (causes et conseils)

Troubles digestifs dans les TCA (causes et conseils)

Aujourd’hui, on va parler d’un sujet pas très glamour, mais qui touche la plupart des personnes souffrant d’un trouble alimentaire peu importe le trouble alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie, orthorexie, alcoolorexie…) : il s’agit des troubles digestifs dans les TCA. Certaines études parlent de plus de 80% des patients touchés, d’autres rapportent 96%, j’ai lu aussi 98%. Bref, peu importe le chiffre, on sait que c’est une majorité, voire la totalité des patients. 

Je pense que c’est un sujet tabou, parce qu’en parler génère sans doute de la honte. Je pense d’ailleurs que c’est pour ça, que j’ai tardé à en parler pour être honnête. J’espère, que cet article sera vraiment utile pour vous : pour vous permettre de vous sentir moins seule, pour mieux comprendre ces problèmes digestifs et pour chopper quelques conseils que je vais vous donner afin de mieux les vivre.

Personnellement, j’ai eu beaucoup de problèmes digestifs quand je souffrais d’anorexie, essentiellement ballonnements et ventre gonflé, gaz, reflux gastrique et douleurs abdominales. Et en fait, je n’en parlais pas, parce que j’en avais honte, j’avais peur du jugement, j’avais peur de ce que les autres pouvaient penser. Donc je restais un peu solo avec ces problématiques, et même si en parler n’aurait pas forcément atténué mes douleurs, juste se sentir moins seule et compris, ça aide parfois. Donc voilà, tout ça pour dire que ce sujet me tenait à cœur. 

Comme je le disais, les problèmes digestifs sont des effets secondaires presque inévitables dans les troubles alimentaires. Donc c’est vraiment tout à fait normal de rencontrer des ballonnements, de la constipation, des reflux gastriques, des gaz, des douleurs abominables, etc. Mais attention, ici, je vais vous expliquer, de façon vulgarisée et simplifier, les causes des troubles digestifs. Néanmoins, je tiens à rappeler avant tout que même si c’est « normal » dans le cadre des TCA, c’est important d’en parler à votre médecin généraliste ou psychiatre. C’est important qu’un professionnel de santé ait un œil sur votre santé. Ici, je vais donner quelques explications générales, or vous êtes unique donc il y a a forcément des paramètres spécifiques à prendre avec votre contexte. Et je ne vais pas donner, ou peu, d’explications précises médicales et de vocabulaires médicaux parce que tout simplement, ce n’est pas mon métier. Donc c’est vraiment très très important de voir un professionnel. L’avis d’un médecin est essentiel pour pouvoir détecter au plus tôt une possible inflammation de votre intestin ou une autre maladie.

Quels peuvent être les troubles digestifs dans les TCA ?

  • Brûlures d’estomac
  • Reflux gastrique
  • Nausée
  • Diarrhée
  • Flatulences 
  • Constipation 
  • Douleur abdominale
  • Intolérances alimentaires temporaires 
  • Plénitude après avoir mangé, même de petites quantités
  • Ballonnements
  • Syndrome du côlon irritable
  • Arrêt intestinal
  • Dysfonctionnement du plancher pelvien
  • Difficultés à avaler

Les causes possibles, liées au TCA, des troubles digestifs

Les problèmes de digestion, de transit peuvent être dus à de nombreuses causes. Chaque trouble, chaque comportement du TCA va impacter différemment votre système digestif, donc les symptômes ne sont pas forcément les mêmes d’une personne à une autre, ça dépend aussi de la « sensibilité de votre corps ». D’ailleurs, même si évidemment le TCA impact énormément le système digestif, il y a aussi une petite part parfois de génétique, ou d’autres paramètres de votre corps qui entre en jeu.

Les carences nutritionnelles

L’une des premières causes de ces troubles digestifs, ce sont les carences. Le corps a besoin de toutes les catégories nutritionnelles pour son équilibre, et dans les troubles alimentaires, bien souvent, certaines catégories d’aliments sont diabolisées (notamment les lipides ou les féculents…). Ainsi, il y a bien souvent une réduction de la consommation, voire une suppression totale de certains types d’aliments. J’ai fait exprès de dire des carences nutritionnelles et pas « sous alimentation », car lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on est persuadé de manger assez, et on sous-estime ses besoins alimentaires. Donc si j’avais dit « sous alimentation », beaucoup ne se seraient pas senti concerné. Alors que je suis certaine que beaucoup d’entre vous ont supprimé ou réduit certaines catégories d’aliments. 

Le corps a besoin d’énergie pour vivre, c’est vital, c’est ainsi qu’il fonctionne, et ce depuis des millénaires. Pour cela, il faut lui apporter de l’énergie. Mais lorsque tu ne lui apportes pas cette énergie, comme son instinct est de chercher un moyen de vivre, alors il cherche d’autres sources de carburant, notamment en utilisant l’énergie contenue dans tes muscles (pour vulgariser). Au niveau du système digestif, soit de l’estomac et de l’intestin, tu as des muscles qui sont donc affaiblis. Les muscles situés dans ces zones-là ont pour but de se contracter pour pousser les aliments et les faire circuler. Mais étant affaiblie, la circulation des aliments est beaucoup plus lente. 

Il faut bien comprendre que lorsque tu souffres d’un trouble alimentaire et notamment restrictif et/ou compensatoire, ton corps ne recevant pas toutes les énergies qu’il est censé avoir, il est en mode « économie d’énergie ». Et l’énergie qui devrait être allouée à ta digestion est bien en deçà de la normale. Une personne qui souffre de TCA prend entre 5 à 10h pour digérer, contre 1 à 2h pour une personne en bonne santé.

Quels troubles digestifs sont occasionnés par les carences ?

  • Des ballonnements, des douleurs abdominales puisque la nourriture prend plus de temps à être digérée. 
  • Un ventre gonflé puisque la nourriture reste physiquement présente plus longtemps dans ton bol intestinal, cela prend du volume.
  • Constipation, puisque le transit intestinal est ralenti. 
  • Sensation de plénitude même après avoir mangé de petites quantités, satiété qui arrive très rapidement.

Réduction des enzymes digestives et des bactéries intestinales

Ton corps produit des enzymes digestives et des bactéries pour pouvoir digérer les différents aliments que tu lui donnes. Lorsque tu arrêtes de prendre certains aliments (ou réduis fortement leur quantité), le corps diminue voire arrête la sécrétion des enzymes digestives pour digérer ces aliments. Encore une fois, il économise son énergie, il n’a pas le temps de s’occuper de ça puisqu’il doit se concentrer sur les fonctions vitales comme le maintien du fonctionnement de ton cerveau et de ton cœur. Donc, quand tu manges certains aliments, notamment ceux dont tu te restreins, tu vas rencontrer beaucoup plus de difficulté pour digérer. 

Parfois, on peut penser que l’on est devenu intolérant, et la réaction notamment recommandée par ton trouble alimentaire est de ne pas reprendre ces aliments (puisque tu ne sembles plus les digérer). Mais en agissant ainsi, tu maintiens ton corps dans un cercle vicieux, car il a besoin de remanger ces aliments pour reproduire les enzymes et bactéries afin de les digérer. Ce sont dans la plupart des cas des intolérances passagères, qui sont réversibles avec la réintroduction nutritionnelle progressive. Je sais que c’est difficile, et douloureux, mais c’est important de réintroduire ces aliments.

Après, attention, il existe de vraies intolérances, d’où l’importance d’avoir un suivi avec un médecin afin de faire les bonnes analyses pour les identifier. 

Quels troubles digestifs sont occasionnés par cette réduction d’enzymes et de bactéries ?

Comme ce point est très lié au précédent, ce sont les mêmes et donc entre autres : ballonnements, gaz, ventre gonflé, douleurs abdominales, sensation de brûlures d’estomac. 

Alimentation irrégulière

anorexie-constipation

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on a souvent envie de manger « normalement ». Enfin, je me souviens que moi, c’était vraiment mon souhait. Sauf qu’en fait, aujourd’hui, je sais qu’il n’y a pas de normalité. Mais bref, en théorie, je voulais manger de façon « stable ». Et dans la pratique, ça partait totalement en cacahouète. Mes peurs, la culpabilité, mes règles alimentaires… faisaient que j’avais une alimentation irrégulière. Il m’est arrivé de manger très peu, de sauter des repas, et souvent, de faire des compulsions.

Cette irrégularité entraîne des troubles digestifs, notamment comme la constipation puisqu’il y a une trop faible quantité de nourriture, et notamment de fibre qui permet de digérer. Les douleurs abdominales et les ballonnements sont aussi fréquents puisque le corps est en galère, il doit jongler entre très peu de nourriture et d’un coup une plus grande quantité qu’il n’a pas l’habitude de gérer si vous êtes sujet à des compulsions. Et puis évidemment, si on saute des repas, c’est qu’on sous-alimente son corps, qu’on a des carences nutritionnelles, donc on en revient au point 1 et 2, expliqués précédemment. 

Les comportements compensatoires

Qu’il s’agisse d’hyperactivité, de vomissements, de prise de laxatifs… tous ces comportements sont destructeurs pour votre santé mentale et physique, et pour votre système digestif. 

Les comportements compensatoires forment vraiment un cercle vicieux en altérant davantage le système digestif. Parce que sur le moment même, tu as peut-être la sensation que te faire vomir, prendre un laxatif ou compenser avec du sport va atténuer ton mal-être corporel (que ce soit une sensation de plénitude, de douleurs, de ballonnements…). Mais c’est justement en recourant à ces comportements compensatoires que ces effets indésirables sont produits. Donc c’est vraiment le chat qui se mord la queue. 

Les vomissements et laxatifs interfèrent avec le fonctionnement normal de ton système digestif, provoquant une perte de tonus musculaires, des gaz, des ballonnements et des douleurs abdominales. Les laxatifs et vomissements sont vraiment des comportements très dangereux, qui peuvent aller très loin. Je ne vais pas rentrer plus dans le détail, car là on arrive sur des explications très médicales. Mais vraiment, sur le long terme, ça peut vous amener à des conséquences et effets indésirables parfois amenant à un point de non-retour.

Les vomissements et laxatifs entraînent également une perte des nutriments essentiels, ce qui entraîne des carences et donc on en revient à notre point 1 et 2. 

Pour ce qui est de l’hyperactivité, là aussi, c’est le système digestif qui est impacté. L’hyperactivité diminue la production des enzymes digestives dont on a parlé tout à l’heure, ce qui entraîne un ralentissement de la mobilité intestinale. Quand je parle d’hyperactivité, je ne parle pas forcément des séances de sport ou des longues marches que certaines peuvent s’imposer, je parle aussi de tous les petits mouvements parasites, au quotidien, le fait de se forcer à rester debout, de toujours bouger, faire du ménage, etc. L’énergie qui est allouée à tous ces petits mouvements, c’est de l’énergie en moins pour la digestion. C’est pourquoi vraiment le repos est essentiel dans la guérison. Je sais que c’est difficile, mais vraiment, ça fait partie de votre ordonnance, de votre traitement, votre corps en a besoin. Ce n’est pas un signe de paresse, de manque de volonté… C’est un besoin vital pour votre guérison, donc pour votre vie.

Les produits diététiques

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Les règles strictes sur la nourriture, les croyances erronées sur de nombreux aliments et évidemment, toute la diet culture… font que beaucoup de personnes souffrant de troubles alimentaires vont consommer des aliments diététiques : soit pour couper sa faim, fausser sa sensation de satiété ou privilégier des aliments à faibles calories. Pour info, j’ai énormément fait ça. Et à part gaspiller mon argent, et abîmer un peu plus mon corps, ça ne m’a rien apporté ! (parce qu’il y en a des produits chimiques, du faux sucre, etc dans ces produits-là).

Exemple de ces produits : les chewing-gums sans sucre, les sodas zéro comme le coca zéro pour ne pas le citer, les barres diététiques, les nouilles de konjac, etc… tout ça, va vraiment altérer votre digestion :  

  • Le chewing-gum va vous faire avaler beaucoup d’air et donc créer des sensations de ballonnement et d’inconfort. Sans parler du faux sucre qui fait vraiment mal au ventre. 
  • Tous les produits avec des édulcorants vont irriter votre intestin et créer des gaz, ballonnements et peuvent déclencher de la diarrhée.
  • Les aliments de « remplissage » comme le Konjac entraînent également beaucoup de ballonnement et des gaz dû à leur teneur en fibre trop élevé. 

Le stress, l’anxiété, et tout le brouhaha mental

Le système digestif et le cerveau sont très liés, on dit même que l’intestin est le deuxième cerveau.

L’intestin est très sensible à notre état émotionnel. Si on est stressé, anxieux, le système nerveux sympathique déclenche le mode « combat ou fuite ». C’est ce même système qui s’active quand tu es face à un danger. Ce qui veut dire que ton cerveau, il se met en mode survie, il faut qu’il agisse et concentre le peu d’énergie que tu as pour être prêt à combattre, pour te protéger, car il te croit en danger. Or, les moments des repas, et notamment l’après-repas, sont les moments où la culpabilité, l’anxiété et les peurs se font les plus intenses. C’est donc dans ces moments-là où ton corps est le plus mobilisé pour te protéger. Encore une fois, cela signifie que ton système digestif reçoit moins d’énergie que ce qu’il devrait avoir. 

10 conseils pour atténuer les troubles digestifs

Ce n’est pas parce que je dis que c’est normal que vous ne pouvez rien faire. C’est pourquoi je m’apprête à vous donner quelques conseils. Ces troubles digestifs ne sont vraiment pas évidents à vivre, et les conseils que je vais te donner ne vont pas les éradiquer totalement, mais le but c’est déjà de t’aider à atténuer leurs impacts dans ta vie.

#1 - Accepter

Déjà, le premier conseil c’est d’accepter que ton corps passe par cette phase. Et pour accepter, il faut comprendre pourquoi ton corps agit ainsi, c’est pourquoi je t’ai expliqué tout ça juste avant. Moi, je me répétais que c’était un signe de guérison, notamment les ballonnements, les gaz, le ventre gonflé. C’est le corps qui tente de se reconstruire petit à petit.

#2 - Bouillotte

Le chaud peut aider à détendre votre ventre, donc vous pouvez mettre une bouillotte sur votre ventre.

#3 - La menthe poivrée

La menthe poivrée est également reconnue pour ses vertus digestives. Vous pouvez la prendre en infusion, ou en huile essentielle. Pour l’huile essentielle, il en existe de à prendre de façon orale ou alors en l’appliquant dans un corps gras pour vous masser le ventre avec. Attention à bien vous renseigner sur la prise de l’huile essentielle, il y a parfois certaines contre-indications donc bien demander conseil à un médecin ou pharmacien

#4 - Complément alimentaire

Pensez également aux compléments alimentaires. J’en recommande un en particulier, que je prends chaque année, parfois je fais même deux ou trois cures dans l’année, c’est le magnésium. Le magnésium a de nombreuses vertus, notamment au niveau du stress, du sommeil, de la réduction de l’inflammation et même pour soulager la constipation. C’est un complément que vous trouverez assez facilement dans toutes les pharmacies. Personnellement, je prends celui de Nutri&Co puisqu’il a une très bonne composition, ce sont des spécialistes des compléments alimentaires. Si ça vous intéresse, je vous mets le lien :

Il existe d’autres compléments alimentaires évidemment, je ne vais pas tous les lister. Je ne suis pas forcément pour d’avoir une tonne de compléments alimentaires. J’ai eu une période où je faisais ça, et après, en vrai c’était trop alors que le corps n’assimile pas forcément tout. Le magnésium pour moi c’est un peu la base. Mais n’hésitez pas à demander à votre médecin, il peut vous faire des analyses spécifiques pour déterminer vos carences spécifiques. Mais après, attention aussi aux gélules détox, les gélules qui vont détoxifier votre foie, votre intestin ou quoi. Vraiment, je vous les déconseille. C’est surtout de l’argent gaspillé, et je pense qu’il y a quelque part une envie de « perte de poids » avec ces produits, et c’est clairement pas cette mentalité qu’on veut garder lorsqu’on se bat contre un trouble alimentaire. 

Après, si vous avez un complément alimentaire qui vous a aidé, n’hésitez pas à le mettre en commentaire. Ça peut être sympa de partager ce qui vous aide pour inspirer les autres.

#5 - Positions corporelles

Alors, il y existe des positions qui peuvent vous aider à soulager les douleurs. Et ça, c’est un peu à vous de tester ce qui vous convient. Moi je me souviens que lorsque j’étais allongée dans mon lit, je me balançais doucement de droite à gauche, mais vraiment doucement, et ça me détendait, ça me faisait du bien. Une autre position qui me faisait du bien, c’était la position de l’enfant en Yoga. Alors je ne fais pas de Yoga, mais c’est la seule posture que je connaisse. 

yoga-tca

Ensuite, j’ai appris quelque chose aussi lorsque j’étais à l’hôpital, mais une position qui peut vraiment aider lorsque vous êtes aux toilettes, c’est d’avoir les pieds surélevés, pour avoir les cuisses inclinées. Cette position permet au canal anal de s’ouvrir plus largement et donc d’aider ceux qui souffrent de constipation. Donc pour ça, soit vous prenez un marche pied, soit il existe littéralement des tabourets de toilette. Et en fait, pour l’anecdote, les hommes à la base étaient dans cette position, les premiers hommes qui n’avaient pas de toilette. Le but c’est de reproduire ce genre de position qu’ils faisaient en squat dans la nature. Très glamour, je l’avais dit ! 😉 

#6 - Gestion du stress

Évidemment, la gestion du stress est indispensable pour aider votre corps, votre cerveau à moins être en mode survie. Donc là, il existe de nombreuses techniques, j’en partage plus de 42 dans le livre sur l’anxiété & les peurs liées au trouble alimentaire. Après, ce que vous pouvez faire en quelques minutes, 2-3 minutes, c’est de la cohérence cardiaque avant et/ou après manger. Il existe des applications qui permettent ça, vous tapez « cohérence cardiaque » dans l’App Store. Ensuite, le fait de se masser la mâchoire peut aider, car la mâchoire c’est souvent quelque chose qu’on serre, qu’on crispe sans vraiment s’en rendre compte. Ensuite, le fait de fredonner, de chanter, de faire des vocalises, c’est scientifiquement prouvé : ça permet de libérer des endorphines, les « hormones du bonheur » pour procurer un sentiment de détente. Mais après, encore une fois, l’important c’est de trouver ce qui vous fait du bien à vous. 

#7 - Massages doux

On en a parlé un peu lorsque je vous ai parlé de la menthe poivrée, mais le massage du ventre peut vraiment aider. Souvent on dit que c’est mieux de le faire dans le sens des aiguilles d’une montre. Et le fait de se masser a un double aspect positif puisque ça va vous permettre de prendre soin de vous, de vous reconnecter avec votre corps… et votre corps a vraiment besoin de douceur. 

#8 - Médicaments

Le meilleur traitement reste la renutrition. Mais si vraiment c’est insupportable, encore une fois, je vous invite vraiment à en parler avec votre psychiatre ou médecin généraliste. Il peut peut-être vous trouver des médicaments qui vont vous aider à soulager les douleurs ou à atténuer d’autres effets indésirables. 

#9 - 8 autres conseils

Pour éviter de me répéter, je vous renvoie directement vers mon article sur le ventre gonflé où je partage 8 autres conseils qui sont à prendre en compte pour de nombreux troubles digestif : 

#10 - Le temps

Je sais que c’est presque horripilant quand on dit à quelqu’un qui souffre « laisse-toi du temps ». Non, le temps ne résout pas les choses tout seul. C’est sûr, il faut réintroduire progressivement toutes les catégories d’aliments, arrêter les crises, les laxatifs, les vomissements, etc. Mais parfois, même lorsqu’on tend vers un équilibre, on a toujours de nombreux symptômes désagréables. Mais c’est parce qu’il faut laisser à votre corps du temps. Encore une fois, le TCA est un véritable traumatisme pour votre système digestif et il a besoin de temps pour se réparer. Donc là il faut s’armer de patience, et de bienveillance avec soi ; tout en gardant évidemment un suivi avec un professionnel pour être sûre qu’il n’y ait pas de complication.

- Roman autobiographique -

L'anorexie, mon bouclier mortel

Découvre tout mon combat contre les troubles alimentaires dans mon livre témoignage sur l’anorexie. Je te raconte tout mon combat, du moment où je suis tombée dans la maladie jusqu’à ce que j’en sorte totalement.

En bref je sais que c’est vraiment très difficile tous ces symptômes : les ballonnements, les douleurs abdominales, la constipation, les gaz… Rien que le fait de ressentir rapidement la satiété. Parce que ça veut dire que vous devez manger même lorsque vous ne ressentez pas la faim. Et c’est psychologiquement difficile, je le sais, je suis passée par là. Tous ces symptômes sont aussi difficiles parce que la guérison implique de réapprendre à se sentir mieux dans son corps, alors qu’avec tout ça, tu te sens super inconfortable dans ton propre corps. Mais justement, votre corps vous dit qu’il souffre, qu’il est en train de se réparer, mais c’est donnant-donnant, il a besoin que vous en preniez soin.

Ma sœur a eu un deuxième garçon qui s’appelle Paul, dont je suis la marraine. Il est né fin août, donc c’est encore un bébé là. Et ses premiers mois, il avait énormément de colique, de problèmes de digestion, et il souffrait, il pleurait beaucoup après les biberons. Et je compatissais pour lui, car je me souviens les douleurs que je ressentais quand mon système digestif était en train de se réparer. Donc je me disais :  « woaaaah c’est dur d’être un bébé, tout est en train de se construire, et c’est douloureux ». Et devant ces douleurs qu’il semblait ressentir, bah je lui massais son ventre, je le prenais dans mes bras, je lui parlais doucement pour le rassurer, le calmer, je le balançais doucement pour l’apaiser. Et bah c’est exactement de cette même façon qu’il faut agir avec votre corps, c’est ce dont il a besoin. La prochaine fois que vous avez mal, pensez comment vous agiriez avec un nouveau-né.

J’espère que cet article vous a fait du bien, qu’il vous a aidé. N’hésitez pas à me donner vos conseils, vos retours d’expérience, de choses qui vous ont aidé. Ça peut vraiment être un plus de le partager aux autres.

Je vous souhaite plein de courage, de force, d’ondes positives pour prendre soin de votre corps, il en a besoin, il en a le droit, accordez-vous-le ! ♥️

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 4 commentaires
Anorexie : « Je veux grossir sainement »

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Anorexie : « Je veux grossir sainement »

« Je veux reprendre du poids sainement ». Tel était mon souhait lorsque je souffrais d’anorexie mentale. Si l’on m’écoutait à ce moment-là, j’aurais aimé prendre 100 grammes par semaine, reprendre du poids de façon uniforme et en gardant un taux de masse grasse le plus faible possible. Si mon corps avait respecté mon souhait, je serais encore malade…

Parce que justement : si toi-même tu souffres d’anorexie et que tu cherches à grossir sainement ; est-ce que c’est ton souhait ou celui de l’anorexie ? Parce que la réalité, c’est qu’à l’époque je voulais tout ça pour toujours garder ce contrôle sur mon corps et mon poids. Donc, c’était toujours sous couvert de la maladie.

Qu’entends-tu par « sainement » ?

Demande-toi sincèrement ce que tu entends pas « sain ». Parce que si reprendre du poids sainement veut dire avec un taux de masse grasse faible, en cherchant à avoir une alimentation parfaitement équilibrée, qui respecte des règles très précises… Mmmmh, ce n’est pas sain. Même l’alimentation intuitive n’est pas « parfaite », c’est au gré des besoins de ton organisme. Et ces derniers varient, sans que tu puisses anticiper quoi que ce soit. 

Ce qui est sain, c’est justement de respecter ton corps, de lâcher-prise sur toutes ces règles de nutrition que tu t’imposes.

Attention aux vices cachés de la maladie…

grossir-sainement-anorexie

Sur le chemin de la guérison, j’ai rencontré plusieurs pièges de la maladie. Avec mon expérience dans les TCA, j’ai compris que le trouble alimentaire se cache surtout dans des actions vicieuses, tellement subtiles que tu ne t’en rends pas compte.

Et je suis passée par cette phase d’essayer d’être une « fit girl » pour optimiser ma masse musculaire, à vouloir me lancer dans un programme sportif et une alimentation super équilibrée. En soi, en effet, je mangeais plus, voire différemment d’avant. 

Mais c’était toujours dans un but de contrôle des calories, des macronutriments… En fait, c’était juste une autre façon pour le trouble alimentaire de prendre place dans ma vie.

Ce n’est pas rare d’avoir des formes d’orthorexie qui se développent durant la guérison des troubles alimentaires. J’ai eu quelques phases comme ça personnellement.

Si tu veux prendre du poids sainement…

Sache que le fait de chercher ça reste une façon pour toi de garder le contrôle sur ton corps, et c’est ton trouble alimentaire qui parle dans cette action. Mais zéro jugement sur ça, parce que j’ai vraiment été pareil que toi ! 

Je vais te donner quelques conseils, mais c’était important pour moi de te dire ça 🙂 

Quelques conseils lorsque tu es en reprise de poids :

#1- Fais-toi accompagner

C’est vraiment important ! Tu n’en as sûrement pas conscience, mais ton corps est dénutri et il galère physiquement. La santé de ton organisme est fragile et la renutrition ne doit pas être prise à la légère. C’est rare, mais les SRI existent (j’en ai eu un, et l’article complet se trouve ici : tout savoir sur le SRI en anorexie mentale).

Donc, idéalement, fais-toi accompagner par un médecin psychiatre et/ou un(e) diététicien(ne) (ou nutritionniste). C’est vraiment (VRAIMENT) important qu’ils soient spécialisés en troubles du comportement alimentaire. J’insiste sur ça, parce qu’un diet non spécialisé peut te donner des conseils qui vont à l’encontre de ce que tu devrais faire pour la guérison de ton TCA.

#2 - Ne cherche pas un meal plan tout fait…

Tu ne peux pas chercher un plan alimentaire sur les réseaux sociaux ou sur internet. Tu as besoin de conseils spécialisés pour toi. Tu ne peux pas te comparer à d’autres personnes malades, et encore moins à d’autres personnes qui ne souffrent pas de trouble alimentaire.

Parce que tu as tes propres besoins, et ta guérison a ses propres spécificités. 

Je suis désolée, ce n’était pas l’article qui allait te présenter les produits à consommer pour reprendre du poids sainement. Car l’important, c’est de renouer avec le plaisir aussi, de choisir des aliments qui te donnent envie à TOI (et pas que tu aurais vu sur une liste de produits dans une article de blog). Je ne te blâme pas, j’ai tellement fais ça, rechercher des produits à consommer qui étaient « sains » pour la guérison. La réalité, c’est que c’était malsain…

#3 - Augmente tes portions mais aussi le type d’aliment

Reprendre du poids, c’est augmenter la quantité dans tes assiettes, mais aussi le type d’aliment. La variété dans l’alimentation, c’est ça qui est sain ! Si tu augmentes les quantités mais que tu ne prends que de grandes assiettes de légumes et des plaisirs composés uniquement de fruits, ce n’est pas sain… Et non, tu ne reprendras pas du poids « sainement » (vraiment sainement, pas le « sains » de ton trouble alimentaire). 

Ton corps a besoin de protéines, de lipides, de glucides… Et en bonnes quantités ! Pas un tout petit peu. Je dirais même que dans cette période, tu as surtout besoin de tous ces aliments, pour justement travailler dessus, déconstruire tes croyances erronées selon lesquelles ces aliments sont à diaboliser.

#4 - Dormir…

Oui, le sommeil aide réellement. Je sais que ce n’est pas toujours simple ce conseil car les angoisses du trouble alimentaire font que tes nuits sont écourtées ou de mauvaise qualité. Mais le sommeil aide à réparer ton corps mentalement et physiquement, et de surcroît aide ton métabolisme à se « réparer ». 

fatigue-anorexie

#5 - Faire un travail sur les croyances erronées

Mais ça c’est primordial ! 

Parce que si tu te dis « il faut que je mange beaucoup pour reprendre du poids », mais sans faire de travail sur les croyances erronées liées à ton alimentation et à ton corps, c’est un gros risque de rechuter très rapidement après.

C’est vraiment indispensable de déconstruire toutes ces règles strictes sur ton alimentation, et de faire un VRAI travail d’acceptation corporel. Ça aussi c’est vraiment essentiel pour accepter cette prise de poids (comprendre que tu as besoin de ces kilos, apprendre à voir ton corps différemment, de façon plus neutre…).

Je t’accompagne dans ce travail via mon programme ButterflyBody. Mais tu as aussi des thérapies Cognitivo-Comportementale qui sont compétentes pour déconstruire les croyances erronées. Dans tous les cas, un accompagnement personnalisé est essentiel.

#6 - Débarasse toi de la balance…

Ça non plus ce n’est pas sain. Encore moins si tu en as une qui te détaille le taux de masse grasse.

Au début de la renutrition, le poids peut connaître des fluctuations de poids (notamment dû à la rétention d’eau et au fait que ton système digestif est ralenti, ce qui laisse les aliments plus longtemps dans ton bol intestinal). Mais ce n’est absolument pas fiable. 

Garder la balance, c’est te tirer une balle dans le pied. Vraiment… 

#7 - Souviens-toi que tu souffres de dysmorphophobie

La dysmorphophobie, c’est que tu ne vois pas ton corps tel qu’il est réellement. Tu as comme le filtre du trouble alimentaire devant tes yeux qui t’empêchent d’avoir une image réelle de ton reflet dans le miroir. Et ça, faut que tu le gardes en tête. À chaque fois que ton TCA te dira « tu reprends trop vite, trop mal, de façon disgracieuse… ». C’est des mensonges de ton trouble alimentaire pour te garder dans la maladie.

#8 - Mange régulièrement

Le fait de manger régulièrement, d’avoir plusieurs repas par jour (au moins 4, voire 5 à 6 ; en prenant une collation matin, midi et avant de dormir) peut t’aider à relancer ton métabolisme. Cela peut aider ton organisme aussi, qui a peu d’énergie et donc galère plus à digérer. Le fait de manger régulièrement (même si la culture du régime te dira que c’est grignoter…) s’avère être sain pour ta guérison ! 

Après, encore une fois, si tu préfères avoir des conseils professionnels qui te sont personnalisés à toi ; c’est toujours mieux ! 

#9 - Accorde toi de la patience et souviens-toi que rien n’est figé

La guérison prend du temps. Et même si tu voudrais savoir dès maintenant à quoi ressemblera ton corps demain, tu ne le peux pas. Mon corps n’était pas le même avant la maladie, pendant la maladie, en guérison, et aujourd’hui.

Parce que c’est un être vivant et il évolue. C’est important de garder ça en tête. Si aujourd’hui, tu te retrouves affolé par la silhouette de ton corps, sache qu’il évoluera mais surtout que toi (dans ta tête) tu évolueras. Et avec le temps, en travaillant sur ton acceptation corporelle et tes croyances erronées, tu verras les choses différemment. 

Avant, prendre 200 grammes me terrifiait. Aujourd’hui, je ne connais plus mon poids et ce chiffre n’a plus d’importance.

Avant, je pleurais en voyant la taille de mon pantalon. Maintenant, je m’en fous totalement.

Avant, je scrutais mon corps pour voir le moindre défaut. Aujourd’hui, je vois mon corps dans son ensemble ; et s’il ne me plait pas parfaitement, je le vois surtout dans son aspect fonctionnel et je prends soin de lui. Je l’accepte et je suis en paix avec mon apparence physique. 

« Oui mais moi, je préfère reprendre du poids lentement »

Ah mais je me doute… Et moi aussi je le voulais. Mais sauf que ton corps agit comme bon lui semble, selon ses besoins. Ce que je veux te dire, c’est pas que tu vas reprendre vite. Ça, je n’en sais rien, ça dépend de chaque personne. Tout le monde réagit différemment.

Mais surtout, ce qu’il faut que tu gardes en tête, c’est que ce n’est pas parce que tu reprends plus vite que tu vas prendre PLUS. Pas du tout. 

Et puis surtout, encore une fois, garde en tête que tu souffres de dysmorphophobie et que tu as les pensées parasites de ton TCA qui vont toujours te convaincre que tu prends trop vite. 

J’ai souvent des messages de personnes affolées parce qu’elles ont pris « 500 g », « 600 g » ou « 1 kg » en 3 jours. Et j’ai été à leur place donc je les comprends tellement. J’avais si peur que ça ne s’arrête plus, qu’avec le peu que je mangeais, je reprenais beaucoup, et que donc, j’étais bloquée si je voulais manger davantage…

La réalité, c’est que 500 g, 600 g, 1 kg… c’est rien. (Évidemment, je dis ça aujourd’hui avec mon point de vue hors des troubles alimentaires). Là, en me lisant, tu dois faire de gros yeux. Mais je t’assure que c’est vrai. Déjà parce que TOUT LE MONDE (TCA ou non) connais des variations constantes du poids. Il y a plein de raisons qui expliquent ça : 

  • Le cycle menstruel
  • La teneur en eau des aliments que tu as mangés
  • L’heure de la journée
  • Même le taux d’humidité peut influer…

Mais en plus de ça, se peser une fois n’est pas significatif. Pour vraiment avoir une donnée pertinente, il faudrait se peser 2-3 fois par semaine, pendant 1 mois et faire une moyenne à la fin. CE QUE JE NE TE CONSEILLE PAS !!! Parce que toi, en plus de ça, tu souffres de troubles alimentaires. Donc tu vas connaître (au début, de façon temporaire) de la rétention d’eau et un bol intestinal qui fonctionne au ralenti. Ce qui va influencer d’autant plus tes premières variations de poids. Et puis surtout, tu dois apprendre à te détacher de la balance.

Mais ce que je veux surtout que tu retiennes : c’est que ces prises de kilos ne sont pas significatives. Et si ton TCA te convainc que tu fais fausse route, que tu es bloqué, que tu vas devoir compenser, que tu vas devoir te restreindre toute ta vie : C’est FAUX. Ça fait juste partie du process. Et te restreindre d’autant plus ne fera qu’augmenter ces variations de poids (car ça augmente le ralentissement de l’énergie de ton corps ; donc la rétention d’eau et ton système digestif au ralenti).

« Oui mais moi, je mange super mal à cause de mes crises »

J’ai connu ça ! J’ai eu une grande phase de faim extrême (je te raconte mon histoire ici). Donc j’ai eu plusieurs mois où je mangeais BEAUCOUP de sucre et d’aliments gras. Pendant cette période, j’ai eu de nombreux jours où je n’avalais même pas un légume, ni un fruit…

Et pas par choix, mais parce que mon corps me faisait compulser sur ces aliments que je m’étais tant interdits. 

Et dans ma tête je me disais que j’allais prendre que du gras, que j’allais grossir à l’infini. Oui, j’ai repris du poids. Mais c’était des kilos dont j’avais besoin pour guérir.

Comme j’ai dit dans les conseils, il faut garder en tête que rien n’est figé. Mon alimentation pendant la guérison n’a rien avoir avec mon alimentation aujourd’hui. Je reste une personne gourmande (je l’étais avant d’être malade). Mais je ne mange plus de façon compulsive ni du sucre à longueur de journée. Parce que mon corps sait maintenant qu’il n’est plus restreint sur ça. J’ai eu besoin de passer par cette phase pour retrouver mon équilibre.

Donc ne t’inquiète vraiment pas, sache que ton corps a besoin de passer par cette période pour « rembourser la dette que tu as accumulée » après des années de restriction sur ces aliments. Non, ça ne va pas durer indéfiniment sur tu acceptes ces compulsions. Non, tu ne vas pas grossir indéfiniment. Mais fais-toi accompagner, c’est vraiment important ! 

J’espère t’avoir aidé et apporté des conseils qui te seront utiles pour te détacher de cette envie (qui relève de ton TCA) de reprendre du poids « sainement ». Ne te mets pas de pression, prends soin de toi, et accorde-toi du temps & de la bienveillance !

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 1 commentaire
rechute anorexie, tca : signes précurseurs, facteurs de risque et comment agir ?

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Le terme « rechute » est un mot que l’on retrouve souvent associé à la guérison des troubles alimentaires. Et je pense que ça fait peur pour certains, d’autant qu’on l’entend parfois tellement, y compris de la part des professionnels de santé, que lorsqu’on souffre de TCA, on se sent presque bloqué, c’est redouté, comme si c’était inévitable.

J’ai donc choisi de faire un contenu complet sur la rechute, pour vous parler de ma propre expérience des rechutes dans l’anorexie ; pour énumérer les facteurs de risque (afin de les éviter). Je vais vous donner les signes qui indiquent que vous faites une rechute, et surtout : comment agir si ça vous arrive et comment les éviter. 

L’état d’esprit à adopter quant aux rechutes

UNE RECHUTE N'EST PAS UN ÉCHEC

Je voulais démarrer par ce point très important : comment tu dois voir la rechute. Je m’explique. Souvent, lorsqu’on est confronté à une rechute, la petite voix du trouble alimentaire te dit :

  • « Tu as échoué ! »
  • « Tu dois tout recommencer… alors que tu es épuisé. Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? »
  • « Et voilà… tu recules. »
  • « Tu ne guériras jamais »

Et je sais que c’est difficile de ne pas le voir comme ça. Dans mon livre sur l’anxiété & les peurs des troubles alimentaires, je parle de l’importance de faire évoluer son état d’esprit sur l’erreur, l’échec ; de les voir différemment.

rechute-tca

Les rechutes ne sont pas des échecs. Ce n’est pas un signe de faiblesse de rechuter. Ça fait juste partie de la guérison. Les rechutes permettent d’apprendre de nouvelles choses pour t’aider à guérir d’autant mieux et de façon plus consolidée. Tout processus de changement, d’évolution s’accompagne de son lot d’obstacles. Des obstacles ne sont pas des barrières, ce sont obstacles ; c’est-à-dire que tu peux les surmonter. Et tu l’as déjà fait dans le passé

Lorsque tu as commencé à apprendre à marcher, tu as dû faire face à des problématiques d’équilibre, d’objet sur lesquels tu pensais t’appuyer, mais qui n’était absolument pas stable, tu as rencontré des marches inattendues. Tu es tombé, sans doute des dizaines et des dizaines de fois. Mais c’est en tombant que tu as appris à te relever et qu’à force, tu as su marcher. Aujourd’hui, marcher est une compétence fluide pour toi ; mais à la base, tu as vraiment galéré pour y parvenir. 

Les rechutes c’est la même chose, c’est une façon de t’apprendre de nouvelles choses pour que tu puisses viser une guérison durable et consolidée. Je dirais même que si tu ne rencontres aucun obstacle dans ta guérison, c’est trop idyllique ; c’est que ça fait trop plaisir à ton trouble alimentaire. Je dis souvent que lorsque c’est difficile, c’est bon signe, car ça veut dire que tu vas à l’encontre de ton trouble alimentaire. 

Je pense que c’est important de comprendre ça, parce que si tu le vois plus comme une étape qui va t’apprendre quelque chose plutôt qu’une étape maudite, qui t’enverra dans les tréfonds de la maladie… tu agiras différemment si ça t’arrive.

LA MOINDRE DIFFICULTÉ N'EST PAS UNE RECHUTE

La deuxième chose que je voulais dire en avant-propos, c’est qu’il ne faut pas prendre la moindre difficulté comme une rechute. Avoir des journées difficiles, répondre à la maladie plutôt que choisir l’action qui te permettrait d’avancer dans ta guérison… tout ça, c’est normal. Je le dis souvent, mais les jours sombres font partie de la guérison. Je dirais même que dans ma guérison, j’ai eu plus de jours sombres que de jours ensoleillés. Une difficulté n’est pas une rechute. Une rechute, c’est sur du long terme. Mais on va voir plus en détail comment identifier une rechute par la suite.

Mon histoire avec les rechutes

Je voudrais te parler de mon histoire avec les rechutes. Je dis « les rechutes », mais pour moi, j’en ai surtout connu une seule. D’ailleurs, c’est ce que je voulais dire aussi en avant-propos : les rechutes sont fréquentes, mais pas systématiques. Et finalement, je n’en ai connu qu’une seule (une vraie).

Pourquoi je dis que l’une d’elles n’était pas réellement « vraie » ? Parce qu’en fait, je n’étais pas réellement sorti des TCA, pas du tout, donc pour moi, ce n’était pas une rechute, mais juste la continuité. Je parle de la fois où j’ai été à l’hôpital et que là-bas, j’avais remangée, repris du poids… Et je pensais naïvement que l’hôpital avait le don de guérir. Mais dès que je suis ressorti, l’anorexie m’attendait derrière la porte. Donc ici, je n’appelle pas ça une « rechute » (évidemment, je dis ça avec la rechute).

Par contre, pour moi, j’ai connu une période de rechute, que j’évoque dans mon article sur la quasi-guérison. Je ne l’ai pas vraiment vu venir (et je pense que beaucoup de rechutes, malheureusement, s’installent insidieusement. Notamment parce qu’on n’a pas vraiment envie de s’avouer à nouveau dans les TCA). 

Pour autant, ça a été une très petite rechute. Parce que j’ai bien agi aussi (je vous expliquerai dans la partie : « comment agir »). Cette rechute est arrivée selon moi parce que je n’avais pas totalement réglé mes problèmes, j’étais dans ce qu’on appelle la quasi-guérison. Mais justement, je vais tout de suite parler des facteurs de risque à avoir une rechute.

10 facteurs de risque

#1 - AVOIR L'UNE DES PARTIES DE LA GUÉRISON QUI N'A PAS ÉTÉ (ASSEZ) TRAVAILLÉ

Je le dis souvent, chacun a son propre parcours de guérison. Donc forcément, là, je vais donner des facteurs de risque, mais ça reste non exhaustif et dépends de la vie de chaque personne.

Selon moi (et c’est mon point de vue), une rechute survient si la guérison n’est pas consolidée, n’est pas complète. Selon moi, une rechute arrive par exemple si tu es en quasi-guérison : c’est-à-dire que plusieurs choses n’ont pas été travaillées (ou pas totalement). Je parle déjà de ça dans l’article sur la quasi-guérison. Ici, je vais à nouveau expliquer, mais plus synthétiquement. 

Pour moi, il y a 3 grandes catégories dans la guérison : la guérison physique (retrouver un poids d’équilibre, notamment s’il y a eu une perte de poids) ; la guérison comportementale (avec la restructuration cérébrale, l’acceptation corporelle, la prise de recul vis-à-vis de la culture du régime, la rupture des comportements de compensation) ; et la guérison psychologique (le travail sur les causes de la maladie, sur le mal-être plus profond). C’est pourquoi la guérison est multifactorielle. Ce sont tous des points que je traite dans mon programme ButterflyBody ; et d’ailleurs ceux qui le suivent me disent souvent qu’il y a souvent certains points qu’ils n’avaient jamais travaillés avant alors qu’en le travaillant, ils prennent conscience que c’était essentiel.

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Je pense qu’une rechute survient lorsqu’une ou plusieurs des trois types de guérison n’est pas travaillée solidement.

Attention, il ne faut pas pour autant vous dire « ah bah voilà, c’est ma faute, je suis nul, je n’ai pas bien travaillé ces aspects-là ». C’est normal ! Moi, je n’ai jamais travaillé ces éléments-là d’un coup. Ça s’est vraiment fait petit à petit. Si l’on prend la métaphore d’une montagne où le sommet correspond à la guérison, croyez-moi, même dans la vie réelle, les alpinistes ne grimpent pas d’une seule traite la première fois. Parfois ils s’arrêtent, parfois redescende pour avoir de meilleures prises, parfois ils se blessent même. Il leur faut beaucoup d’entraînement pour atteindre le sommet.

#2 - LORSQU’UNE DES PROBLÉMATIQUES SUIVANTES N’EST PAS TRAVAILLÉE :

  • l’acceptation du corps (ce qui fait qu’il y a toujours une volonté de perdre du poids, une croyance erronée selon laquelle la vie sera plus belle & plus simple en étant plus mince)
  • La cause psychologique (peut-être qu’une blessure n’est pas guérie quant à une relation, l’éducation que vous avez reçue, un trauma, un problème profond de confiance en soi…). Le TCA vient inconsciemment aider à pallier à ces problèmes-là. Donc tant que les causes psychologiques ne sont pas réglées, il y a plus de risque de revenir. Mais attention une fois de plus. Je n’avais pas totalement réglé mes problèmes (et d’ailleurs aujourd’hui je suis toujours stressée, angoissée, avec peu de confiance en moi.. et je n’ai plus de TCA). Régler les problèmes psychologiques, ça veut surtout dire bien comprendre le pourquoi de la maladie, et avancer sur ces problématiques-là. Encore une fois, les personnes qui sont guéries de TCA ne sont pas des personnes qui n’ont plus de problème.

#3 À #10 FACTEURS DE RISQUE :

#Se lancer dans un nouveau régime

#Entamer une nouvelle routine sportive (surtout si le but est de perdre du poids ou de contrôler son corps)

#L’utilisation d’un outil de tracking (montre connectée, application) pour tracter les calories, les pas, etc.

#Un commentaire de quelqu’un qui vient réveiller une blessure non travaillée

#Un événement stressant, qu’il soit positif ou négatif. Ça peut être un accouchement, un décès, un nouveau travail, une nouvelle relation, le retour des règles, le fait d’essayer d’avoir un enfant, un mariage. En fait, c’est un événement qui va venir chambouler votre quotidien. Encore une fois, les rechutes n’arrivent pas systématiquement quand vous avez ces événements. Elles arrivent si la guérison n’est pas consolidée et que ces événements viennent encore plus vous déstabiliser.

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#Un événement déclencheur qui vient faire écho à un traumatisme

#Une perte de poids involontaire

#Le fait de s’isoler, de se sentir illégitime : les mécanismes ont donc le temps de se réimplanter dans votre quotidien.

Tous ces facteurs se font souvent de façon inconsciente, et sont parfois liés entre eux. Ce que je veux dire, c’est qu’aujourd’hui, je sais dire les causes de ma rechute. Mais parce que je l’analyse avec du recul, sans avoir les œillets de la maladie qui m’empêche de réfléchir convenablement. 

Ma rechute a eu lieu dans un contexte de déménagement, de nouveau travail. J’étais déstabilisée, donc j’ai commencé à chercher à contrôler pour me rassurer (mais c’était un leurre). C’est ainsi que je me suis lancée dans une nouvelle routine sportive et que j’ai essayé un nouveau régime (bien déguisé sous le nom de « rééquilibrage alimentaire »). Mais la base de cette rechute, c’est que je n’avais pas travaillé un gros point des causes de mon trouble alimentaire ; et je n’avais pas non plus fait de travail consolidé sur l’acceptation de mon corps. Et au final, cette rechute m’a aidé à faire tout ça, et m’a permis de sortir totalement des TCA. Donc cette rechute m’a aidé à guérir totalement ! (C’est pour vous montrer qu’une rechute n’est pas négative).

12 signes que tu rechutes

Comment savoir reconnaître les signes d’une rechute ?

Je vais à nouveau faire une liste pour structurer, mais il ne faut pas avoir tous ces signes-là. C’est des points de repère et une fois de plus, c’est non exhaustif 

#1 - PRÉOCCUPATIONS SUR L'APPARENCE

Vous avez des préoccupations croissantes sur votre poids, votre corps, vos formes. De ce fait, vous pouvez augmenter le fait de vous regarder dans le miroir, le fait de vous peser.

#2 - VOLONTÉ CROISSANTE DE PERDRE DU POIDS

Vous avez la croyance que vous devez perdre du poids pour vous sentir mieux, pour atteindre tel objectif, pour pouvoir vivre plus sereinement. 

#3 - NOSTALGIE DE LA MALADIE

Vous vous rappeler de votre vie passée avec le TCA avec mélancolie, avec manque, en vous souvenant uniquement des côtés « positifs ».

#4 - RETOUR DE LA CULPABILITÉ

La culpabilité augmente (après les repas, lorsque vous ne faites pas d’activité, lorsque vous vous reposez)

#5 - PERFECTIONNISME EN FORCE

Votre perfectionnisme prend davantage de place : vous êtes de plus en plus strict avec vous-même (même dans d’autres domaines que l’alimentation ou votre corps)

#6 - ANXIÉTÉ CROISSANTE

Vous vous sentez submergé, oppressé… La sensation dont vous avez besoin d’une échappatoire à tout ce stress. Vous avez peut-être même des idées noires.

#7 - MENSONGE ET DISSIMULATION

Vous augmentez mensonges et dissimulations à vos proches (voire aux médecins qui vous suivent) : sur votre état psychique, sur votre ration alimentaire, sur vos comportements compensatoires, sur votre poids, etc.

#8 - DIMINUTION DE LA RATION

Vous diminuez les quantités dans les assiettes, vous commencez à vous interdire de manger entre les repas, vous trouvez des excuses pour ne pas manger, vous supprimer à nouveau des catégories d’aliments. Peut-être que vous reprenez même le comptage de calories.

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#9 - RESTRICTION MENTALE

Augmentation de la restriction mentale : parfois, concrètement, tu manges toujours bien. Mais par contre, dans ta tête tu te dis « ça, il va bientôt falloir que je l’enlève de mon alimentation ou que je le diminue ». « ça c’est vraiment mauvais, il faut que j’arrête ». Ton cerveau assimile cela à de la restriction, et il se souvient de son passé. Il ne veut pas retrouver ça, et ça peut d’ailleurs te déclencher des compulsions. 

#10 - TOCS, ACTIVITÉ PHYSIQUE...

Vous augmentez votre activité physique, vous avez une réapparition des TOCs (lors des repas, dans le ménage, etc.)

#11 - ISOLEMENT SOCIAL

Vous vous isolez de plus en plus, trouvez de plus en plus de prétextes pour éviter les invitations à l’extérieur, vous vous renfermez davantage sur vous-même

#12 - PENSÉES PARASITES QUI PRENNENT UNE PLACE CROISSANTE

Globalement, vos pensées commencent à être bien plus focalisées sur vos préoccupations alimentaires, sur votre corps, sur le contrôle de votre vie de façon plus générale. Peut-être même que vos centres d’intérêt s’axent sur ça (par le biais du sport, des comptes que vous visitez sur les réseaux sociaux, etc.)

Comment agir en cas de rechute ? 11 conseils

On arrive maintenant au cœur du sujet : comment agir en cas de rechute. Cela dit, c’est tout de même important de bien comprendre l’état d’esprit à adopter en amont, et de connaître les signes précurseurs, les facteurs de risque pour savoir les identifier, voire mieux, les éviter, pour agir au plus vite si vous les identifiez. 

#1 - NE PAS ÊTRE FATALISTE

Déjà, la première chose, c’est de ne pas se dire que c’est un retour en arrière, un retour à la case départ. Pour moi, une rechute n’est pas un retour en arrière. Tout au plus, c’est quelque pas en arrière pour faire demi-tour et prendre conscience qu’un autre chemin existe et que celui-là a plus de probabilité de vous emmener à la guérison totale.

Il ne faut pas se dire « foutu pour foutu, tant pis, je retourne dans le TCA à fond, je me doutais, ça ne fonctionne pas… ». Bref, l’attitude fataliste, il faut oublier. Je sais que c’est bien plus simple à dire qu’à faire, et que tu sur le moment même, c’est très décourageant. Je vous assure que je sais, je n’étais pas en mode guerrière qui affronte chaque obstacle de sa maladie, je pleurais très souvent et j’avais parfois peur d’être bloquée à jamais dans cette maladie. Mais quand j’ai eu ma rechute, déjà il m’a fallu un temps pour me l’avouer. Mais ensuite, je me suis dit « ok, c’est que mon corps essaie de me dire qu’il y a quelque chose qui n’est pas réglé ». Et c’est comme ça que j’ai consulté directement un professionnel.

Et c’est quelque chose que je vous conseille aussi : 

#2 - ALLER VOIR UN PRO TRÈS RAPIDEMENT

Ne restez pas seul. Allez chercher de l’aide professionnel auprès des spécialistes de TCA. Oui, même si vous n’avez pas perdu de poids (je n’avais pas perdu 1 gramme et en apparence, je n’avais pas du tout l’air d’avoir de TCA). Allez-y même si vous mangez toujours 4 repas par jour, que vos préoccupations ne sont pas encore trop omniprésentes. Vous n’avez pas besoin d’attendre que ça soit pire pour aller consulter. On a toujours l’idée qu’il faut aller voir quelqu’un si on va mal. Mais non, il faut y aller justement avant que ce soit trop grave. Au plus vous laissez le temps à votre TCA, au plus il s’installe, au plus la suite est difficile. Donc agissez le plus rapidement possible, vraiment ! 

Et si vous tombez sur quelqu’un qui ne comprend pas, qui vous dit que ce n’est pas si grave, mais que vous ne vous sentez pas bien… Alors, allez voir quelqu’un d’autre. Malheureusement, des gens qui ne comprennent pas, il y en a ! (Même chez les spécialistes). Le problème, ce n’est pas vous, c’est cette personne qui ne comprend pas. 

#3 - SE DÉFOCALISER DE LA RECHUTE EN ELLE-MÊME

Une autre chose, ce n’est pas se concentrer sur cette rechute en elle-même. Ce que je veux dire, c’est que si vous focalisez votre attention sur le fait que vous n’allez pas bien, sur tous les symptômes qui réapparaissent, sur le côté « j’ai rechuté, j’ai échoué », ça n’aidera pas votre cerveau à combattre. Je sais une fois de plus que c’est bien plus simple à dire qu’à faire. Mais concentrez plutôt votre attention et votre énergie à ce que vous pourriez faire pour vous sortir de cette rechute. Je vais donner des exemples plus concrets : 

#4 - COMPRENDRE LE POURQUOI

Essayez de vous poser, avec de quoi écrire, et demandez-vous « pourquoi, selon moi, j’ai rechuté ? ». Qu’est-ce qui a pu déclencher ça, comment vous vous sentez maintenant, qu’est-ce qui vous a manqué auparavant pour vous permettre de bien guérir.

#5 - COMPRENDRE LES BÉNÉFICES SECONDAIRES

Un autre exercice, s’il n’a pas été fait (et je pense que dans tous les cas il est intéressant de faire plusieurs fois) : c’est de comprendre les bénéfices secondaires de votre maladie. C’est un processus inconscient, j’ai fait un article complet dessus où je donne l’exercice concret à réaliser et des exemples (qui étaient mes bénéfices secondaires). Identifier les bénéfices secondaires c’est important, car ce sont eux qui représentent des barrières à la guérison. Ça peut vous permettre de comprendre la rechute.

#6 - PARLEZ-EN À VOS PROCHES

Je sais que souvent il y a la honte, la peur de décevoir, la peur de ne pas se sentir légitime. Et c’est pour ça que je vous invite à contacter des proches qui sont ouverts, qui peuvent vous comprendre, qui sont sensibles aux problématiques de santé mentale. Vous êtes pas obligé de le dire à tous, mais au moins une ou deux personnes. Et prenez un temps calme, où vous êtes seul avec, pour expliquer comment vous vous sentez. Je vous assure que la solitude est le meilleur allié du trouble alimentaire. Au plus vous ne parlez, au plus vous le rendez vulnérable, au plus vous passez au conscient ce qui subsiste dans votre inconscient. 

#7 - FAITES LA LISTE DES RAISONS DE GUÉRIR

Reprenez les raisons pour lesquelles vous vous battez, qui vous rappellent pourquoi une vie sans TCA est bien mieux qu’une vie avec (qui n’est d’ailleurs pas une vie, c’est de la survie). Et si vous n’avez pas fait cette liste avant, faites-la. Je vous rappelle que dans mon kit de guérison que vous recevez gratuitement en vous inscrivant à la newsletter, il y a une liste de 100 Raisons de guérir. 

#8 - JETER LA BALANCE

Et même tous les outils de tracking (les applications, la balance culinaire, la montre connectée…). Je sais que c’est difficile, mais au moins la balance pèse-personne : c’est un outil du trouble alimentaire, pas de ta guérison.

#9 - BIENVEILLANCE ET ACTIVITÉS SELF-CARE

Faites des activités qui vous font du bien, pour prendre soin de vous, et qui n’ont rien avoir avec votre corps, l’alimentation. C’est aussi ça la guérison : se reconstruire indépendamment de la maladie, dans des activités qui vous font du bien, et qui ne sont pas liées de près ou de loin au TCA.

#10 - UN ENVIRONNEMENT POSITIF

Implémentez un environnement positif pour votre guérison en mettant en place des petites actions qui vous font du bien. Et là je vous renvoie au 16 outils à mettre en place pour créer un climat favorable à la guérison. C’est des outils à porter de main. Je choisis de pas tout répéter parce que l’article est vraiment complet.

#11 - SE FIXER DES OBJECTIFS RÉALISABLES

Ne te met pas une pression de dingue à vouloir te sortir rapidement de cette rechute. Oui, évidemment, tu n’as pas envie d’y rester longtemps et c’est normal. Mais ne t’en demande pas trop, n’essai pas d’aller trop vite. Tu risques de bruler des étapes, de pas consolider la base. Si tu tentes de reconstruire un mur qui s’effondre sans t’assurer que les fondations sont solides, le mur risque probablement de s’effondrer à nouveau tôt ou tard.

7 choses à mettre en place pour éviter de rechuter

Évidemment, tu as envie d’éviter la rechute et c’est tout à fait normal. Déjà, sache vraiment que même si c’est fréquent, ce n’est pas systématique. Et je pense que faut pas se mettre une pression ou avoir une peur bleue de la rechute, parce que cela veut dire que tu vois vraiment la rechute comme quelque chose de péjoratif. Une rechute ne veut pas non plus dire que tu retombes bien plus bas. Ma rechute a été mince, sur une courte durée. Même si tu as déjà connu des rechutes auparavant, chaque rechute est différente, ça ne veut pas dire que tu vas avoir la même chose que al dernière fois.

Une rechute n’est pas fatale, elle peut être surmontée. 

Mais pour prévenir d’une rechute, tu peux :

#1 - IDENTIFIER TES DÉCLENCHEURS

 Les connaître pour mieux les éviter ou savoir comment réagir s’ils arrivent.

#2 - MAINTENIR UN CADRE ALIMENTAIRE

Garder un cadre, pendant longtemps, en termes de repas. Pour t’assurer que tu manges suffisamment, pour t’éviter d’avoir de la restriction qui s’installe.

#3 - LA RESTRICTION N'EST JAMAIS UNE OPTION

Garder en tête que la restriction et la compensation ne sera jamais une option. Dans les périodes où tu vas mal, tu as une petite croyance qui peut émerger, te disant que c’est en contrôlant, en te restreignant que tu iras mieux : mais non, ça c’est un leurre.

#4 - SE FAIRE ACCOMPAGNER SUR LE LONG-TERME

Garder un suivi avec un psy au moins, pendant longtemps, même quand tu vas mieux. J’ai toujours un suivi perso. Et j’ai des copines qui ont des psys sans avoir de TCA ni de gros sujets à travailler. Mais comme je disais, il faut abandonner l’idée qu’il faut aller mal pour aller voir un psy. 

#5 - S'ÉLOIGNER DES INFLUENCES NÉGATIVES

Je ne sais pas si vous connaissez cette image du panier de fruits où il y a un fruit pourri. Ceux qui l’entourent et le touchent finissent par pourrir. Éloignez-vous des relations toxiques, des personnes négatives. Faites aussi le tri dans vos réseaux sociaux. Tout ce qui est contenu qui vous trigger, désabonnez-vous. Le problème des réseaux sociaux, c’est aussi que parfois, on ne contrôle pas : les images sur le corps viennent à nous sans qu’on veuille les voir. Donc faites-vous de digital detox, au moins 1 jour par semaine sans se connecter. Je vous assure que ça fait un bien fou. 

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#6 - DÉVELOPPER DES NOUVEAUX CENTRES D’INTÉRÊT, EN DEHORS DU TCA

Je peux vous conseiller le bullet journal si vous voulez. Moi j’ai beaucoup utilisé cet outil, et j’en fais toujours aujourd’hui ! J’ai 3 vidéos YouTube sur ma chaîne où je vous présente le matériel à avoir, les idées de pages à faire, et des conseils pour en faire un outil positif pour vous.

#7 - TRAVAILLER SUR LES ASPECTS DE LA GUÉRISON (PHYSIQUE, PSYCHOLOGIQUE, COMPORTEMENTALE)

Et puis évidemment, travailler sur ces aspects de votre guérison qui doivent être consolidées : l’acceptation corporelle, la restructuration cérébrale, la déconstruction des croyances erronées, les causes psychologiques… Je vous accompagne sur tout ça dans mon programme ButterflyBody. Mais n’hésitez pas à vous orienter vers des thérapies concrètes, qui vous amènent à travailler sur ces sujets-là ! 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

Je vous ai partagé beaucoup de choses dans cet article ! J’espère que ça vous a aidé à mieux comprendre les rechutes, que ça vous a donné des conseils concrets. J’ai toujours plein de choses à dire, mais j’essaie de me limiter pour que ça ne dure pas trop longtemps.

Je voulais terminer cet article en vous parlant d’un autre point de vue dans la rechute. C’est que certains se convainquent qu’il faut rechuter fortement pour être légitime, et pouvoir se battre. En gros, c’est « il faut toucher le fond pour pouvoir remonter » (et il y a zéro jugement, car j’ai moi-même eu cette façon de penser quand j’étais malade).

Je vais vous lire un texte issu du recueil Des mots pour fleurir qui est mon dernier livre sorti en juin :

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 0 commentaire
Crise de boulimie : que faire le lendemain ?

Crise de boulimie : que faire le lendemain ?

Crise de boulimie : que faire le lendemain ?

J’ai connu des compulsions alimentaires de 2017 à 2021. Lorsque j’avais terminé ma crise de boulimie, je me détestais, je me dégoutais, je me sentais sale, je m’en voulais d’avoir autant mangé. J’avais la sensation de ne pas avoir de volonté et la première chose à laquelle je pensais, c’était “comment réparer cette crise ?”. Alors, je faisais des recherches sur internet, et “Crise de boulimie : que faire le lendemain ?” (qui est le titre de cet article), c’est typiquement ce que j’aurai pu taper à l’époque.

Bien souvent, je suis tombée sur des conseils qui, en réalité, ne m’aidaient pas tellement à atténuer la culpabilité. Et je lisais parfois des conseils qui allaient finalement empirer ma situation et déclencher une nouvelle crise quelques jours plus tard, si ce n’est pas le lendemain. 

Ayant connu de nombreux épisodes de compulsions alimentaires, et étant aujourd’hui définitivement sortie des TCA, j’ai eu envie d’écrire cet article pour donner mes conseils pour savoir comment réagir après une crise de boulimie.

Par rapport au terme “crise de boulimie”, je pense que c’est ce qui peut venir en tête assez rapidement. Me concernant, j’appelais ça dès le début “crise de boulimie” ou “d’hyperphagie” parce qu’il s’agissait d’une courte période où j’étais comme en pilote automatique et je mangeais beaucoup, rapidement, de la nourriture sucrée et souvent grasse. Mais avec le temps, j’ai compris que mes compulsions alimentaires étaient due à ma faim extrême, dû à la restriction que je m’imposais avec l’anorexie. Je ne peux pas vous dire exactement de quel type de compulsion il s’agit parce que je ne vous connais pas. Et c’est pourquoi le premier conseil que je vous dirai en amont, c’est d’avoir un avis médical par un professionnel SPÉCIALISÉ dans les TCA. C’est vraiment important qu’il connaisse bien, même extrêmement bien, les troubles alimentaires. Parce que le nombre de personnes que je connais qui ont en fait eu un mauvais diagnostic… Or, c’est très important de pouvoir identifier le type de compulsions alimentaires, car ça donnera beaucoup d’indications sur les causes. Si vous voulez en savoir plus sur la faim extrême, j’ai fait plusieurs contenus à ce sujet ici : 

Pareil, j’ai mis “lendemain de crise”, parce que souvent, moi, elles se produisaient le soir. Mais si ça s’est passé dans la journée, alors peut-être que tu te demandes juste “quoi faire après une crise”. Tu es sur le bon article 🙂 

Sinon, on va démarrer ! Peu importe le type de compulsion, ces conseils s’appliquent dans n’importe quel cas si tu as fait une crise, compulsion alimentaire (de boulimie, d’hyperphagie, de faim extrême…) : 

Sois bienveillant·e avec toi

Je sais que là, tu te trouves comme une mer*e, que tu te détestes, que tu as peut-être même envie de te faire du mal. Je sais que tu penses n’avoir aucune volonté, peut-être ton corps te dégoute. Et peut-être que tu te parles super mal. Mais stooooooop. Doucement, ne sois pas si dure avec toi-même.

Si tu as eu cette compulsion, c’est que ton corps et/ou ton mental sont en souffrance. Ne continue pas de l’assaillir d’insulte et de mauvaises intentions. La vérité, c’est que tu n’as rien fait de mal. Tu n’as commis aucun crime, aucun acte préjudiciable. 

Vraiment, accorde-toi bienveillance, de l’auto-compassion. Et ça, je t’assure que c’est très important. Ce n’est vraiment pas simple, je le sais. Mais te détester n’arrangera rien, au contraire. Essaie de penser à une personne qui compte beaucoup pour toi, que tu aimes beaucoup. Si cette personne venait te dire qu’elle avait fait une compulsion alimentaire, est-ce que tu lui dirais toutes ces choses que tu te dis à toi-même ? Traite-toi de la même façon que tu traiterais une personne que tu aimes. Vraiment, c’est important. Je ne te parle pas de te parler avec “amour” (parce que je peux comprendre que tu n’y arrives pas, surtout à ce moment-ci). Mais tu as besoin d’acceptation, au moins. Être dans l’autocritique, le rejet de toi-même ne te permet pas d’accepter ta crise. Tu ne peux rien faire d’autre qu’accepter. Parce que ta crise, elle est arrivée. Tu ne peux pas changer le passé. Le passé est passé, c’est terminé. Ce que tu as, c’est le présent, c’est maintenant. Et avec ces conseils, on va tout essayer pour que dans ton présent, tu apaises ton corps & ton mental pour que tu te sentes mieux dans ton futur.

2. Sport ou pas sport ?

Pas sport, vraiment ! Je sais que la plupart des sites mettent de pratiquer de l’activité physique. Mais le problème, c’est que ces sites ne prennent pas en compte les croyances erronées que tu as dans ta tête. Moi, je sais que tu vois l’activité physique comme un moyen de compenser tes repas précédents et/ou de te donner le droit de manger aux prochains repas. Or, vraiment, il ne faut rompre le lien sport-nourriture. Le sport, c’est un moyen de prendre soin de toi ; ce n’est pas un instrument pour te punir ou t’autoriser à manger. Si tu recours à une activité physique après ta crise avec, dans un coin de ta tête, un soulagement parce que tu auras “rattrapé un peu” ta prise alimentaire. Alors c’est vraiment le mauvais chemin à prendre. Tu peux mentir aux gens qui t’entourent, tu peux te mentir à toi-même, mais tu ne peux pas mentir à ton cerveau. Ton cerveau, il sait que tu fais cette activité physique pour compenser. Or, la compensation est une forme de restriction, et la restriction, c’est la cause n°1 des compulsions (bien souvent). Donc pratiquer du sport pour compenser une crise précédente, c’est le meilleur moyen d’en préparer une prochaine (sans s’en rendre compte évidemment). Mais je vous assure, je sais de quoi je parle, j’ai fait cette erreur plein de fois. Je le dis avec la plus grande bienveillance parce que je sais à quel point c’est difficile. Il n’y a aucun jugement dans ce que je dis là.

Par contre, ce que tu peux faire, c’est une petite balade pour t’apaiser. Je te conseille quand même d’attendre au moins 30 minutes – 1 heure après, parce que sinon, tu vas te sentir très ballonné·e et ça peut être douloureux. Mais je te parle là d’une balade pour te faire du bien. Donc, c’est-à-dire marcher à un pas de balade, pas de course ou de marche nordique. Et l’idée, c’est te balader pendant 30 minutes, dans la nature, avec de la musique ou un podcast si tu préfères, même accompagné. L’idée est vraiment de créer un moment de relaxation. Je sais que ce n’est pas du tout du tout simple ce que je conseille là. Et c’est complètement normal si durant cette balade la crise que tu viens d’avoir (ou que tu as fait la veille) te revient plusieurs fois en tête. Mais une petite balade bienveillante ne peut que te faire du bien. 

3. Non, ne bois pas une quantité d’eau après

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Alors ça aussi, je pense que c’est l’un des conseils que tu retrouveras le plus. Du coup, à chaque fois, je me forçais à boire beaucoup pour me “purifier”. Mais la réalité, c’est qu’une fois de plus, je ne prenais pas en compte les besoins de mon organisme, je me faisais même du mal. Je buvais une quantité d’eau, ce qui me faisait encore plus mal au ventre alors que j’étais déjà ballonnée. Donc ça ralentissait ma digestion et je me forçais une fois de plus à m’imposer quelque chose que mon corps ne voulait pas. Donc mon conseil, c’est bois de l’eau si t’as plus soif, mais sinon, non. Ne te force pas à boire plus que d’habitude. Du moins, ne t’impose pas des grandes quantités. La seule exception, c’est si tu as eu recours à des vomissements, des laxatifs, où là ton organisme est déshydraté, donc c’est important de bien boire. 

4. Oublie la balance

Pour certain, l’automatisme est de monter sur la balance le lendemain, pour voir “les dégats”. Aucune utilité, à part se faire du mal. Vraiment ! Parce que oui, il y a de forte chance que le chiffre soit supérieur à la dernière fois que tu es monté·e sur une balance. Mais c’est tout à fait normal. Les aliments que tu as mangés durant ta compulsion sont souvent riches en glucides. Or, les glucides ont des molécules “hydratées” avec de l’eau. Ces glucides sont donc stockés sous forme de glycogène dans vos muscles et votre foie. Lorsque le glycogène est stocké, 3 grammes d’eau sont stockés pour chaque gramme de glycogène. Donc 300 grammes de glucides = 900 grammes d’eau, donc c’est presque 1 kg en plus. Donc l’eau, ça va se résorber. Ça veut dire que c’est temporaire, c’est pas du “vrai poids”. Et deuxième raison qui explique la hausse de poids soudaine : toute cette nourriture prend plus de temps à être digérée, donc elle est présente physiquement dans ton bol intestinal. Ce qui fait que oui, ça pèse plus lourd sur la balance. Mais même chose, ça fait être digéré, c’est temporaire. Donc vraiment, se peser le lendemain n’a aucun intérêt. J’ai déjà souvent expliqué ce que je pense de la balance. Personnellement, je l’ai tout simplement supprimé de ma vie (alors je dis tout simplement, mais ça a été très dur de sauter le pas). Et personnellement, ça m’a été indispensable dans l’acceptation de mon corps, dans ma façon de le voir. Mais c’est un autre sujet 🙂 

5. Fuis les compensations

Que ce soit les vomissements, les laxatifs, le sport… vraiment, compenser est la pire idée. Je sais que là, ce n’est pas parce que je te dis ça que du coup, tu ne vas pas compenser. Je sais que la compensation c’est comme une addiction, c’est super difficile de s’en passer. J’étais personnellement addict à l’hyperactivité comme moyen de compensation. 

Mais évidemment, je me dois quand même de te le dire. Que ce soit n’importe quel moyen de compensation, les conséquences sont graves sur l’organisme. Et si jamais tu n’y as jamais recouru et que tu as envie d’y recourir, vraiment, je t’assure, ne commence pas. 

Pour ce point-là, il faudrait en parler des heures et des heures. C’est un énorme travail que de se détacher des compensations, ça demande de comprendre les causes de ton mal-être, de travailler sur toutes tes croyances erronées, de travailler sur tant d’aspect… d’où, une fois de plus, l’importance d’avoir un accompagnement.

6. Repose-toi, créé toi un moment cocooning

L’une des manières de lutter contre la compensation et toutes les ruminations après ta crise de boulimie, c’est de te créer des distractions cocooning. Clairement, c’est pas simple. Et évidemment que toutes ces pensées vont te revenir comme un boomerang dans la tête. Mais c’est quand même une action qui va t’aider, qui va indiquer et entraîner ton cerveau à focaliser son attention sur autre chose.

Si ça t’est arrivé le soir, pose-toi dans ton lit : lis un livre, regarde une série, écoute de la musique qui te fait du bien, et dors. Oui, tu as le droit de rester dans ton lit, posé, de dormir alors que tu viens d’avoir une compulsion. Non, tu ne dois pas te punir, souffrir, te faire payer cette crise. Encore une fois, ne sois pas si dure avec toi-même. Tu as besoin de compassion, de bienveillance, pas de critique et de jugement. 

Si c’est en journée, tu as plus de possibilité sur les activités à faire, tu peux sortir pour n’importe quelle activité qui pourra te changer les idées. C’est contrintuitif, tu n’as absolument pas envie de faire ça, je sais. Mais c’est pourtant ça qui t’aidera le plus, bien plus que de te critiquer. 

Et j’en profite ici aussi pour te conseiller de te mettre dans des vêtements confortables. Mets des vêtements qui ne te collent pas à la peau (pas des leggings trop serrés ou des jeans slims). Ton corps a besoin d’être cocooné, aidé dans la digestion. Tu te sens mal dans ta peau… donc autant l’envelopper dans des vêtements doux, confortables.

Mais en tout cas, repose-toi. Il est fort probable que tu te sentes d’ailleurs d’un coup très fatigué. Parce que émotionnellement, c’est beaucoup d’émotions. Et physiquement, ton système digestif doit digérer et ça lui demande beaucoup d’énergie. Mais non, tu ne deviens pas paresseux-se. Accorde-toi le droit de te reposer, ton organisme en as besoin. Est-ce que tu dirais à cette personne que tu aimes qu’elle est paresseuse parce qu’elle se repose après une crise alimentaire, qui est une épreuve très difficile ? 

 

Par contre…

7. Évite les réseaux sociaux

crise-d-hyperphagie

Parfois, pour essayer de “s’anesthésier” le cerveau et ne plus penser à rien, on est tenté de courir sur les réseaux sociaux. Pour moi, ce n’est pas la bonne idée. Il a été prouvé que les courtes vidéos, les shorts, les tiktok ont des mauvais impacts sur le cerveau (si vous ne l’avez pas vu je vous conseille cette vidéo de Simon qui explique très bien :   ). Alors, je ne vais pas mentir. Moi aussi j’en regarde. Mais avec modération. Et même si c’est tentant, dans les moments où tu vas mal, les réseaux sociaux c’est pas l’endroit qui va te remonter le moral. Tu peux ressentir une oppression face à la quantité de posts, de vidéos. Tu peux être confronté à des posts sur la nourriture, sur des photos de physique qui te font te sentir encore plus mal. Ton cerveau a besoin d’être nourri avec des ondes positives, pas enfermé dans un petit écran. Personnellement, j’ai remarqué que les fois où je me coupe totalement des réseaux sociaux (ne serait-ce qu’une journée), ça me fait beaucoup de bien au moral. Mais c’est mon point de vue, peut-être que toi, tu l’utilises pour quelque chose de spécifique qui te fait du bien 🙂

8. Ne reste pas seul·e

Je sais que t’as envie de t’isoler, parce que tu as honte, que tu ressens une culpabilité énorme. Tu as peur du regard des autres, du jugement des autres, de l’incompréhension des autres. Et je comprends, ce n’est pas facile de trouver quelqu’un qui comprenne les compulsions alimentaires. Je conseille toujours de trouver au moins une ou deux personnes à qui tu peux parler de ces problèmes-là, qui sont plus ouverts sur ces questions de santé mentale. Et du coup, en post-crise, c’est important de leur parler : au téléphone, mais aussi pourquoi pas les voir. A chaque fois, avant d’y aller, je n’avais pas du tout envie d’y aller. Et après, finalement, ça m’avait trop du bien. Parce que ça te change les idées quand même, ou ça t’apporte un nouvel œil sur la question, ou souvent, ces personnes qui sont tes amis ou même tes thérapeutes, t’apportent de la bienveillance et de la compassion. Et comme je te disais, c’est ce dont tu as besoin. 

9. Ne te lance pas dans des réflexions sur la nourriture

Je sais aussi qu’après une compulsion, les ruminations fusent par millier dans ta tête. Et c’est souvent dans ces moments-là qu’on se met à procéder à des recherches sur internet. Du genre “quels types d’aliments manger après une crise ?” → La vraie réponse : mange normalement, de tout, sans exclure certains aliments. Ça aussi, c’est l’une des causes n°1 des compulsions. Après je sais que ce n’est pas aussi simple, et je sais que si tu soufres d’un trouble alimentaire restrictif, c’est vraiment très difficile pour toi de réintégrer des aliments qui te font peur. Mais le travail se trouve donc sur ces aliments qui te font peur, pas sur les aliments que tu dois manger après une crise. Le seul aliment que je peux conseiller c’est la banane, notamment si tu as recours au vomissement. La banane est forte en potassium et lorsque tu te fais vomir, tu as une chute du potassium, ce qui peut être très dangereux pour ton cœur. 

Peut-être que tu fais plein de recherche sur le nouveau régime que tu pourrais essayer dès demain pour compenser. Mais même chose, c’est retourner dans la restriction et tant que tu es bloquée dans ce cercle vicieux de restriction-compulsion, tu ne régleras rien. 

Et enfin, peut-être que tu tentes de calculer toutes les calories que tu as potentiellement ingérées durant ta prise alimentaire. (Je fais mes suppositions sur les comportements que j’avais). Même chose, ça ne sert à rien. Ta compulsion est terminée, passée. Tu veux calculer pour savoir le nombre de calories à compenser ? Mais c’est vraiment le mauvais chemin. Ce chemin-là, c’est celui qui t’amène à une autre compulsion pour sûr. Je te jure, je le sais parce que j’ai emprunté ce chemin-là et centaine de fois, et ça s’est toujours terminé par une autre compulsion (le lendemain ou dans les jours à venir).

Encore une fois, je dis tout ça avec énormément de bienveillance parce que je sais que dans les faits, tu as la sensation que faire tout ça te rassure et que tu n’as aucun autre choix que de compenser. Mais je me dois de te dire que c’est le chemin opposé à celui que tu dois prendre. Ce n’est pas du tout simple et tu ne parviendras pas à t’en libérer en une fois, mais tu vas y arriver. 

10. Et tes repas d’après ?

Sûrement que ta voix critique intérieur te dit de sauter le repas suivant, ou de te restreindre sur le ou les repas suivants. Mais une fois de plus, cela ne fera qu’indiquer à ton cerveau qu’il est dans la restriction, et donc que la prochaine fois qu’il sera face à de la nourriture qu’il lui fait envie, il en fera le stock en te faisant compulser avant la prochaine restriction. La restriction, je vois ça comme la pression qui augmente dans une cocotte minute. Et au bout d’un moment, elle finit par exploser sous la pression, ce qui donne naissance à la compulsion.

Donc vraiment, continue de t’alimenter, ne supprime pas tes collations si tu en prenais déjà, voire, ajoute des collations, car c’est peut-être aussi parce que tu as faim ou que tu t’interdis des plaisirs que tu finis par compulser.

restriction-anorexia

11. Fais des exercices de relaxation

Pratique des exercices de relaxation, pour gérer toutes les idées que tu as dans ta tête, toute l’anxiété générée par ta crise. Dans mon livre sur l’anxiété liée aux troubles alimentaires, je te propose 26 exercices pour gérer ton anxiété, basé sur 42 techniques différentes. Donc tu peux choisir la technique qui te correspond le mieux, qui est le plus efficace pour toi.

Le but est de calmer toutes les questions, les doutes que tu as dans ta tête. Et l’idéal est aussi de revenir sur l’instant présent, en recourant à un exercice de pleine conscience. Ça peut paraitre barbant dit comme ça. Mais vraiment, ça peut aider. Si tu veux, déjà, dans mon kit de guérison que tu reçois en t’inscrivant à la newsletter, je partage des techniques de détente. 

12. Recourir au journaling

apres-crise-boulimie

Comment j’ai pu oublier d’en parler en premier ? haha

Le journaling, c’est tout simplement le fait d’écrire ton ressenti. Parfois, juste après, tu n’as juste pas envie d’écrire et t’es tellement enseveli sous toutes ces émotions négatives, qu’en effet, ce n’est pas forcément le meilleur moment pour écrire, tu n’as pas la prise de recul nécessaire.

Mais le lendemain ou quelques heures après, tu peux écrire sur un journal ou juste une feuille de papier.

Le but, c’est d’écrire ce qu’il s’est passé mais sous un angle d’analyse. Je m’explique : en gros tu essaies de comprendre les déclencheurs : 

  • Est-ce que tu t’es restreint en amont ?
  • Est-ce que depuis plusieurs jours, semaine, mois… tu te restreins, tu t’interdis des choses… et même restriction mentale ! C’est-à-dire, peut-être que tu manges mais que dans ta tête tu te dis “c’est pas bien”, “il ne faut pas que je mange ça”, “ces aliments sont mauvais”, etc. 
  • Est-ce que dans ta journée ou récemment, tu as eu une contrariété ?

Ensuite, c’est d’expliquer comment ça s’est passé, quelles pensées et croyances erronées tu as eu (envers toi ou envers la nourriture, ou quoi que ce soit d’autres). 

Le but d’écrire, c’est d’identifier tout le côté émotionnel et essayer de comprendre les mécanismes qui se sont passés dans ta tête avant et au moment de la compulsion. C’est vraiment important pour pouvoir avancer dans ton chemin de guérison et te sortir du cercle vicieux des compulsions.

Ce n’est pas un travail simple à aborder, donc tu peux aussi t’accompagner d’un médecin spécialisé.

Et d’ailleurs, pour le côté émotionnel, ne bloque pas ce que tu ressens, ne minimise pas non plus. C’est normal que tu pleures, que tu aies peur, que tu sois affolé, que tu te sentes très mal. Je me souviens que moi après une compulsion alimentaire, j’étais dans tous mes états. Et les autres ne comprenaient pas autour de moi. Mais moi je te comprends. Et je sais à quel point c’est dur à accepter psychologiquement et même physiquement. Donc c’est normal que tu sois mal parce que tu es dans une grande souffrance et c’est une grande épreuve que tu traverses là, donc c’est normal. T’es légitime à ressentir tout ça.

13. Entamer une thérapie, un travail profond, sur le long terme

Ta crise s’est passée à l’instant T, sur une courte durée finalement (quelques minutes, quelques heures tout au plus). Et peut-être que dès que tu te sentiras mieux, tu préféreras ne plus y penser et basta. Mais si ça se répète plusieurs fois, rien que 2 fois c’est plusieurs fois, je te conseille vraiment de faire un travail profond.

 

La cause des crises de boulimie est différente selon chaque personne. Je donne quelques causes possibles : 

  • La restriction (le fait de se restreindre, même si toi, tu penses manger assez)
  • Les règles alimentaires (le manque de flexibilité dans l’alimentation, le fait de catégoriser les aliments comme “bon” ou “mauvais”, s’imposer de manger à telle heure, s’interdire des catégories d’aliments, tu planifies tous tes prises alimentaires, tu refuses des sorties sociales pour éviter des repas à l’extérieur, etc.)
  • La rigidité, le contrôle et le perfectionnisme imposé dans d’autres aspects de ta vie (et donc potentiellement, le fait de n’avoir aucune source de plaisir, autre qu’alimentaire)
  • Le fait de recourir à des activités de sport intense sans adapter sa ration alimentaire (l’organisme en manque d’énergie finit par compulser)
  • Le fait de traverser une période compliquée, d’être bloqué dans une relation toxique, d’être harcelé au travail, etc. (la nourriture devient alors une échappatoire)
  • Le fait d’avoir un traumatisme non résolu (la nourriture devient alors une façon de te dissocier, de te faire du mal)

Tu vois, il existe vraiment plein de raisons possibles, et je précise que ces raisons peuvent être cachées dans ton inconscient. 

Donc c’est vraiment important de faire un gros travail sur soi, ça prend du temps mais c’est nécessaire.

Et c’est aussi important de faire un gros travail d’acceptation corporel, de remise en question des standard de beauté. Et un gros travail sur les croyances erronées concernant la nutrition. Alors, ça peut paraitre barbant aussi comme travail à faire mais je vous jure que c’est essentiel. Personnellement, c’est depuis que j’ai fait ce travail (qui se fait en continu, sur plusieurs années honnêtement, petit à petit), que je n’ai plus jamais eu de compulsion. Pourquoi car depuis je ne suis plus aussi dur sur mon physique envers moi-même et je ne me restreins plus jamais, même mentalement. Vraiment ça prend du temps, rien de magique. Mais c’est un travail essentiel.

Dans le programme Butterflybody, le module 2 fait 3h30 et dedans il y a 26 exercices (c’est le module où y’a le plus d’exercice) où le but c’est justement de vous aider à identifier les racines profondes de ta relation conflictuelle avec ton image corporelle, apprendre à te détacher de ton influence familiale, des croyances erronées de la culture du régime, et beaucoup d’exercices pour travailler sur l’acceptation corporelle. Et dans le module 3, on travaille tout ce qui est alimentaire, les croyances erronées sur la nutrition, affronter ses peurs alimentaires, et se détacher de la compensation. C’est un travail qui nécessite vraiment du concret, donc c’est pour ça que je vous recommande de passer aussi par des thérapies concrètes comme la TCC (thérapie cognitivo-comportementale). Si vous voulez en savoir plus sur le programme, je mets le lien en description. 

Surmonter ta peur de prendre du poids avec une approche englobant TOUS les aspects de la guérison

Dimensions…

  • Psychologique,
  • Restructuration cérébrale,
  • Physique,
  • Nutrition,
  • Acceptation corporelle,
  • Reconstruction de ton identité,
  • Anti-compensation…

...pour un chemin de guérison durable et consolidé.

14. Ne pas oublier que tu n’es pas seul

Vraiment, tu n’es pas seul. Des milliers de personnes connaissent des compulsions alimentaires dans leur vie, et beaucoup s’en sont sorti. On le voit d’ailleurs sur les réseaux sociaux, il y en a de plus en plus qui témoignent de leur passé avec les compulsions. Moi-même j’en ai eu, et je te le dis ,c’est possible de ne plus en connaître dans sa vie. Et oui, franchement, ça change la vie de ne plus en avoir. Ce n’est pas magique, c’est un long travail, douloureux, et pas du tout linéaire (j’ai eu des périodes où c’était revenu, notamment parce que je n’avais pas fini d’avancer sur certaines problématiques, comme l’acceptation corporelle par exemple). Mais vraiment, c’est possible d’en sortir, donc ne perd pas espoir.

15. Ne vois pas les compulsions comme quelque chose de négatif

Je sais que là, maintenant, c’est peut-être impossible pour toi de te dire que c’est positif. Moi au moment-même, je trouvais que les compulsions étaient la pire chose qui me soit arrivée dans mon histoire avec les troubles du comportement alimentaire. Mais en fait, les compulsions, c’est un signe de ton corps qui s’exprime, qui t’alerte que quelque chose ne va pas. 

Et il m’a fallu énormément de temps, beaucoup de recul, et d’en être presque sorti pour dire que les compulsions alimentaires que j’ai connu m’ont aidé dans ma vie. Cela m’a permis de travailler sur des choses dont je n’aurais travaillé si je les avais pas eu. Et sans ce travail, je ne serais pas aussi sereine avec mon corps et la nourriture aujourd’hui. Attention, ça ne veut pas dire que j’aime mon corps. J’ai toujours du mal avec certaines parties, mais plus jamais ça n’impacte ma façon de m’alimenter parce que je m’accepte physiquement (nuance avec le fait de l’aimer).

Et aujourd’hui, je dis même que les compulsions étaient des pulsions de vie de mon corps qui m’ont permis de sortir de l’anorexie.

Oui, je sais, c’est difficile de voir ça positivement, surtout que peut-être que tu prends du poids via tes compulsions. J’en ai pris du poids et c’était horriblement difficile à accepter. J’avais même des compulsions alors que j’avais repris tout mon poids, et que je n’étais clairement pas en sous-poids. Donc je sais, vraiment, à quel point c’est difficile.

D’ailleurs, je parle énormément de tout ça dans mon programme sur la faim extrême. Programme qui concerne les personnes qui sont dans un trouble alimentaire restrictif, je le précise. Mais si vous vous posez des questions sur ce programme que j’ai d’ailleurs appelé pulsion de vie, n’hésitez pas à m’envoyer un DM sur Insta ou un mail. 

Je termine en te disant : ne te dis pas qu’à cause de cette compulsion tu as foutu en l’air ta journée, ta semaine, ton weekend. Je sais que tous les conseils que je t’ai donnés là ne sont pas simples à appliquer dans l’immédiat. Et d’ailleurs, la plupart du temps, j’appliquais l’inverse de ces conseils-là. Mais c’est justement parce que je les ai faits et que je sais que ça ne mène à rien que je vous dis tout ça ici. 

Ne te dis pas non plus “demain, je me reprends en main” ou “c’était la dernière crise”. Parce que ça aussi, le cerveau comprend cela comme de la restriction. D’ailleurs, un jour, ça faisait des mois que je connaissais des compulsions, je n’avais pas une semaine sans compulsion (et souvent, c’était 2-3 dans la semaine). Et là, je me suis dit “bah ok, je lâche prise, si mon corps veut faire des compulsions, qu’il les fasse. Dans tous les cas, soit j’essaie de contrôler mon alimentation et ça fini toujours pas une compulsion. Soit, je laisse faire la compulsion… Dans les deux cas, ça finit par une compulsion”. Alors, j’avais fait déjà un gros travail dans ma tête en amont, mais à ce moment-là j’ai eu quand même un gros changement. J’ai commencé à avoir beaucoup moins de compulsions car mon cerveau savait que je n’étais plus dans l’optique de le restreindre, et j’étais ok d’avoir des compulsions. Dans la pratique, c’était quand même très difficile ! Mais le fait d’accepter mes compulsions et d’être même prête à me dire que j’en connaîtrais finalement d’autres ne m’a pas conduit à en avoir à répétition par la suite, mais m’a plutôt conduit à en avoir de moins en moins. 

Je te souhaite en tout cas plein de force, d’énergie positive pour cette épreuve que sont les compulsions. Je sais que c’est très difficile, j’ai eu des périodes où j’en pleurais tous les jours et je dirais même que c‘était la pire période de tous mes troubles du comportement alimentaire.. 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, 2 commentaires
Idées de pages pour ton bullet journal

Idées de pages pour ton bullet journal

Idées de pages pour ton bullet journal

Il existe de nombreuses idées de pages pour créer ton bullet journal. C’est pourquoi j’ai décidé d’en dédier un article. Je vais notamment te parler des pages que j’ai conçues lorsque je souffrais d’anorexie, tout en complétant la liste pour te donner d’autres idées de page à créer. 

Quelques rappels avant de commencer…

Je commence en te rappelant de ne pas chercher à tout faire. Je vais te donner vraiment beaucoup d’idées. Et même si les photos que tu vois, les inspirations Pinterest que tu enregistres te donnent envie, fais attention de ne pas tomber dans “l’excès”. Parfois, au début, on a envie de tout faire. Mais finalement, tu risques de te fatiguer, voire te dégoûter du bullet journal si tu fais trop d’un coup.

Donc demande-toi réellement ce dont tu as besoin aujourd’hui dans ta vie : que souhaites-tu organiser ? quel domaine ?

Tu n’es pas obligé-e non plus de faire exactement pareil que moi ou que les inspirations des tableaux Pinterest. Encore une fois, un bullet journal est personnalisé. Donc tu peux prendre des éléments à droite à gauche pour constituer ta propre page, celle qui répond à TES besoins et qui te correspond. 

Enfin, tu n’es pas non plus obligé-e de faire des dessins artistiques. Tu peux faire beaucoup plus simple si tu en as envie. Si ta page n’est pas aussi “soignée” que celle que tu as vue en photo, ce n’est grave. Il n’y a pas de comparaison à avoir, ce n’est pas une compétition. Un bullet journal c’est là pour te faire du bien, pas pour te mettre la pression et te stresser 🙂 

Les pages pour la guérison de ton trouble alimentaire

Je te mets quelques pages que j’ai fait dans mon propre bullet journal de l’époque dans ce tableau Pinterest : 

Si tu ne souffres pas de trouble alimentaire, tu peux toujours lire ces idées de pages et les appliquer pour ta santé mentale en règle générale. Sinon, rendez-vous au paragraphe suivant !

Pour faire ce paragraphe, je pars de mon propre bujo de l’époque où je souffrais d’anorexie.

  • Les raisons de guérir 

C’est une liste que je conseille souvent de faire. Pour moi, elle est même indispensable. Personnellement, j’avais juste fait la liste et j’avais fait des petits dessins autour. Pour rappel, tu as une liste de 100 raisons de guérir pour t’inspirer dans mon kit de guérison que tu reçois gratuitement par email en t’inscrivant à la newsletter.

  • Les conséquences négatives de ton TCA

Une liste intéressante à faire lorsque la maladie te manque, que tu as envie d’écouter la voix du TCA.

  • Les choses à garder en tête

J’avais fait plusieurs pages comme ça. Il s’agissait en fait des arguments pour contrer la maladie. C’était des choses que je me disais, que les médecins ou psy me disaient ou que j’avais entendues à droite, à gauche. Tu peux par exemple recopier des choses que je dis dans les podcasts, sur Instagram, sur mon blog… et qui a raisonné en toi.

  • Les citations inspirantes

Je faisais des pages où je notais des citations inspirantes, mais aussi tes petits textes que je recopiais des livres de développement personnel. Si tu le souhaites, j’ai conçu un livre avec 138 textes inspirants : Des mots pour fleurir. Certains sont des textes que je m’étais écrit moi-même à l’époque dans mon propre bujo. Tu peux recopier des textes entiers ou juste des paragraphes. Ou peut-être certains textes vont t’inspirer tes propres arguments pour contrer la maladie.

Dans mon carnet de notes et le feel-good planner, il y a également de nombreuses citations inspirantes.

  • Lettre à ton corps 

Tu peux également écrire une lettre à ton corps en lui demandant “pardon” pour tout ce que ton trouble alimentaire a pu lui faire subir, et en lui expliquant que tu souhaites prendre soin de lui. Une lettre pour lui dire merci d’être toujours là. J’avais écrit une lettre à mon corps dans cet article si tu souhaites t’inspirer. 

  • Affirmations

J’avais fait une liste des affirmations positives à se répéter. Il y a aussi une liste d’idées de mantra dans le kit de guérison. Du coup, elles étaient très liées à ma guérison, mais tu peux le faire sur les sujets que tu souhaites.

  • Difficultés rencontrées

Les difficultés que tu rencontres dans ton chemin de guérison. Ça te permet d’en prendre conscience, de mettre des mots dessus.

  • Points sur ma vie : 

Je notais dans une colonne ce que je voulais changer dans ma vie, et l’autre colonne comment je pouvais le faire. Donc même chose, c’était très lié à ma guérison, mais tu peux le faire sur différents aspects de ta vie.

  • Les activités pour prendre soin de mon corps
  • Les leçons de vie que je retenais : Je m’inspirais beaucoup des livres de développement personnel que je lisais.
  • Social boost : J’avais appelé la liste “social boost” là où je notais toutes mes idées de petites activités pour relancer ma vie sociale.
  • Ce que mon corps me permettait de faire.
  • Conseils pour prendre confiance en moi : Je notais des conseils, des exercices que j’avais lus dans des livres ou entendus.
  • Exercices pour mieux gérer son anxiété.

Je notais des conseils, des exercices pour mieux gérer mon stress. Pour rappel, j’ai fait un livre où je donne +26 exercices, donc +42 techniques pour mieux gérer son stress & anxiété, notamment lié aux TCA.

Et ensuite, j’ai fait plein d’autres pages que je vais lister dans cet article. Ce sont des pages plus générales pour me fixer des objectifs, travailler ma gratitude, noter des choses positives, etc. Mais ce sont toutes des choses qui m’ont beaucoup aidé dans ma guérison. De toute façon, je te laisse regarder aussi les exemples de pages que j’ai mis dans mon tableau Pinterest.

Idées de pages pour booster ta santé mentale

Le fait de noter des choses positives conditionne ton cerveau à être plus orienté solution, à être plus optimiste. Noter des motivations, des objectifs, des projets… t’aident aussi à te tourner vers l’avenir, t’aident à avancer.

  • Noter les souvenirs positifs de chaque mois
  • Idées de self-care : Tu peux énumérer les idées d’activités à faire pour prendre soin de toi.
  • Les petits plaisirs qui te rendent heureux-se
  • Bucket list : les choses que tu veux faire au moins une fois dans ta vie
  • Les choses qui te motivent dans la vie
  • Tes projets futurs 
  • Ta journée idéale, de rêve
  • Brain dump” : c’est une page où tu déverses tout ce que tu as dans ta tête. Ça peut être des pensées négatives, du stress… comme ça peut être des choses plus positives. Soit tu écris, soit tu illustres par des petits dessins.
  • 1 mot par jour” (ou par mois) : C’est noter chaque jour ou chaque mois (si tu le fais à l’année) un mot qui résume ta journée.
  • Therapy notes” : c’est soit noter par anticipation les problématiques que tu as envie d’aborder avec ton thérapeute. Ou soit, après la séance, noter un résumé : les prises de conscience, les actions à mettre en place, etc.
  • Plan sur 5 / 10 ans : c’est te projeter sur l’avenir et noter ce que tu voudrais avoir dans ta vie dans 5 ou 10 ans
  • Les réalisations, des accomplissements de ta vie dont tu es fière
  • Pages de gratitude : noter toutes les choses pour lesquelles tu es reconnaissante dans ta vie. Si tu es inscrit à la newsletter, tu as reçu le ebook de la gratitude (que tu reçois au 5ᵉ jour)
  • Les faits à propos de moi : les faits qui te définissent, ou ce qu’il y a à savoir sur toi.

Idées de pages plus classiques de bullet journal

Je n’en ai pas reparlé ici car j’en ai parlé dans l’article précédent. Mais évidemment, tu peux faire les pages “classique” de la méthode initiale du bullet journal avec le future log, l’index, les clés. C’est vrai qu’à la base, c’est aussi une méthode d’organisation, donc on retrouve beaucoup de pages de calendrier, de planning, etc.

Moi, je faisais souvent une page d’organisation mensuelle avec la liste des tâches, des événements, les notes importantes du mois. Et parfois, je faisais les pages de planning hebdomadaire. 

Tu peux aussi faire des pages d’objectifs annuel, mensuel, hebdomadaire…

Comme j’expliquais dans l’article précédent, je n’utilisais par mon bullet journal principalement pour ça, et encore moins pour les to do liste du quotidien. Comme ça changeait beaucoup et que je voulais aller vite là-dessus, je le faisais dans un autre carnet beaucoup moins soigné.

Tu peux toi aussi choisir de fonctionner comme ça. Et si tu le souhaites, j’ai conçu le self-care planner où tu auras toutes les pages de planning classiques (mois, semaine, jour) et d’autres outils phares qui m’ont aidé pour prendre soin de ma santé mentale. Je te laisse découvrir ça :

Autres pages de collection pour ton bujo : 

Activités / Loisirs : 

  • Les livres à lire
  • Livre des livres lus (et notation de ce que tu en as pensé)
  • Les films à voir
  • Les meilleurs films
  • Les séries à voir (ou celles qui ont été vues)
  • Suivi des séries
  • Endroits à visiter
  • Endroits visités
  • Musiques favorites
  • Podcast favori
  • Activités et sorties que tu as envie de faire
  • Ce que tu emmènes dans ta valise
  • Social Log : identifiants sur les différents réseaux sociaux
  • Les sites internet favoris
  • Liste de tes boutiques favorites
  • Les paroles de chansons qui t’inspirent

Fêtes : 

  • Idées de cadeau pour les autres
  • Christmas plans
  • Traditions / fête
  • Dates anniversaires
  • Wish list pour ton anniversaire

Travail : 

  • Énumérer les tâches pour les différents projets
  • Suivi de l’avancement de tes projets
  • Contacts importants
  • Tes objectifs professionnels (pour faire évoluer ta carrière)
  • Rdv importants sur l’année/mois
  • Les compétences que tu souhaites acquérir
  • Log professionnel : tes identifiants des différents outils que tu utilises au travail

Études :

  • Emploi du temps
  • Calendrier de tes examens
  • Nom des profs et des salles de cours
  • Notes par matières
  • Projets de groupe : les membres, les matières, ta liste des tâches, les dates de rendu, etc.
  • Les écoles / métiers qui t’intéressent
  • Conseils pour réviser (je t’en donne 26 dans mon livre sur l’anxiété)

Finance : 

  • Jar d’économie pour t’aider à épargner
  • Budget : répartition de ton budget mensuel
  • Dépenses du mois
  • Suivi de crédit bancaire

Routines :

  • Routine matinale
  • Routine du soir
  • Conseils pour mieux dormir
  • Routine pour prendre soin de tes cheveux (tu trouveras une check list pour prendre soin de tes cheveux après les TCA dans mon kit de guérison offert)
  • Routine pour prendre soin de ta peau
  • Routine pour te maquiller

Inclassables, mais sympa à faire : 

  • Rêves que tu as faits dans la nuit
  • Tes prénoms favoris (si tu as envie d’enfant un jour)
  • Idées pour organiser ton mariage (si tu as envie de te marier)
  • Souvenirs nostalgiques de ton enfance (qui te met du baume au cœur)
  • Astuces / conseils sur n’importe quel sujet qui t’intéresse
  • Les produits que tu as envie d’avoir 

Et enfin, il y a les pages de tracker. Mais je vais en dédier un article spécifique ! 

Voilà, j’ai essayé de te donner une liste assez complète d’idées pour ton bullet journal. Mais en réalité, il en existe encore plein d’autres ! Parce que cette liste peut être déclinée à l’infini. Ça dépend tellement de TA vie, de TES envies, de TON organisation. 

D’ailleurs, n’hésite pas à me partager si tu as réalisé d’autres pages pour compléter cet article et inspirer les autres 🙂 

Et puis une fois de plus, je t’invite à aller sur Pinterest sur les différents tableaux que j’ai faits. Tu pourras avoir plein d’idées également 🙂 

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Publié par Norainnoflower dans Bullet journal, Conseils, 1 commentaire
Journaling & santé mentale : Comment un journal peut t’aider dans la guérison de ton TCA ?

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Ceux qui me connaissent depuis un moment savent déjà que l’un des outils phares de ma guérison a été mon bullet journal. J’aimerais donc expliquer comment le journaling (le fait de tenir un journal) peut vous aider dans la guérison de votre TCA, mais plus globalement, dans l’amélioration de votre santé mentale. Et pour ça, je souhaite montrer du concret pour t’aider à te lancer dans la création d’un bullet journal (si toi aussi ça te tente !)

Cet article est donc le premier d’une petite série. Les 3 prochains articles (qui présentent le matériel nécessaire, les idées de pages, l’inspiration, etc.) sont en bas de page.

Mon histoire avec le bullet journal : 

Honnêtement, je ne sais même pas d’où m’est venue l’idée ?! J’ai commencé à le créer en 2017, ça faisait déjà plus d’un an que j’étais malade. Je pense que j’ai dû voir des inspirations sur mon feed Pinterest, et ça a fonctionné, ça m’a inspiré.

Depuis toute petite, j’ai une passion pour les stylos et les carnets. Je me souviens d’un cadeau que j’avais eu par mon parrain, c’était une palette de stylo avec 200 stylos de toutes les couleurs possibles et inimaginables. J’étais heureuse et je m’en souviens encore haha.

Et c’est par cette passion pour les carnets, l’écriture, les stylos… que j’ai eu l’envie de sortir mes livres pour vous inspirer et même mon propre planner : le Self-Care Planner. (Et j’ai d’autres idées en tête pour les mois à venir 🤫)

bulletjournal-tca

Découvre mon journal prérempli pour prendre soin de ta santé mentale :

agenda-journal-feel-good

Qu’est-ce qu’un bullet journal ?

Commençons par la base, à savoir : la définition d’un bullet journal. Peut-être que tu as déjà vu le terme “bujo” ? ça veut dire la même chose, c’est juste son abrégé.

En gros, il s’agit d’un journal (ou carnet, cahier… peu importe comme tu l’appelles) que tu personnalises, pour organiser des aspects pratiques de ta vie. Le bullet journal est vierge, il n’est pas pré-remplis. Donc l’avantage, c’est que tu peux vraiment y mettre ce que tu veux, selon tes besoins, tes envies. Tu es vraiment flexible. Et l’inconvénient, c’est que parfois, on ne sait pas par où commencer. C’est pour ça que le prochain article donnera des conseils pratiques pour commencer un bujo.

En gros, le bullet journal permet de centraliser toutes les informations de ta vie, en un seul endroit. Il te permet d’être organisé, mais pas que ! C’est vraiment un outil puissant qui te permet de nombreux bienfaits !

Les bienfaits du journaling pour ta santé mentale :

#1 - Clarification mentale : 

Le fait de noter, d’organiser tes projets, tes mois, tes semaines… Cela te permet de désencombrer ta tête. 

Tu peux aussi utiliser ton bullet journal pour noter tes difficultés, noter les leçons que tu as apprises… En fait, tu peux l’utiliser pour poser sur le papier toutes ces choses qui occupent de l’espace mental dans ta tête. 

#2 - Réduction du stress, gestion de l’anxiété : 

De surcroît, si tu désencombres ta tête, ça te permet aussi de réduire ton stress. Le fait de consigner tes pensées, tes émotions… ça te permet de mettre des mots sur tes maux, et donc de mieux comprendre tes émotions pour savoir comment les gérer.

#3 - Sommeil plus qualitatif : 

Toujours de surcroît, cela te permet d’améliorer ton sommeil. Notamment si tu utilises ton journal le soir. Moi par exemple, je notais (dans un cahier à part pour le coup) 3 choses positives de ma journée. Ça me permettait de terminer sur une note positive. Mais je notais aussi mon organisation du lendemain. Et ça me permettait d’être plus au clair dans mon esprit et de moins ruminer avant de dormir. 

#4 - Mieux te connaître : 

C’est un bienfait plus implicite, mais selon les pages que tu vas créer, le bullet journal te permet d’augmenter la conscience de toi-même. Cela te permet de réfléchir à ce que tu aimes, ce que tu aimerais faire. Cela te permet d’explorer tes projets, tes envies, tes rêves, tes objectifs…

#5 - Conditionner ton cerveau à un état d’esprit positif : 

Même chose, cela dépend des pages que tu feras, mais le bullet journal peut te permettre de faire évoluer ton état d’esprit en l’orientant davantage “solution” plutôt que “problème”. Personnellement, avec les pages que je faisais, cela me permettait vraiment de conditionner mon cerveau à un environnement favorable à ma guérison, pour donner un coup de boost à mon mental et lutter plus activement contre la maladie.

#6 - Te fixer tes objectifs et t’y tenir : 

Le bullet journal est vraiment un outil efficace pour établir des objectifs, suivre progrès et te maintenir motivé jusqu’à la réalisation de ces objectifs. Et ce, notamment grâce aux pages de trackers. Je consacrerai un article sur ce thème.

#7 - Améliorer tes capacités cognitives : 

Il a été prouvé que le fait d’écrire dans un journal permet d’améliorer tes capacités de mémorisations et plus globalement tes compétences cognitives.

#8 - Prendre soin de toi : 

Cela te permet de prendre un temps calme pour toi, tout en développant ta créativité. Et à la fin, tu as quelque chose de concret dans les mains dont tu peux être fière. C’est un vrai accomplissement positif.

Un bullet journal, c’est fait pour toi si…

  • Tu es une personne créative, artistique… qui aime créer des choses (et tu n’as pas besoin de savoir dessiner !)
  • Tu es une personne qui aime écrire, planifier, organiser…
  • Tu es une personne qui a trop de brouhaha dans la tête
  • Tu es une personne qui aime avoir quelque chose 100% personnalisé, adapté selon TES besoins, dont tu as le contrôle total
  • Tu as une passion stylo & carnet (facultatif haha)
  • Tout simplement, ça t’attire ! 

Franchement, je recommande à 2000% d’avoir un bullet journal. J’ai arrêté d’en tenir un pendant plus de 2 ans. Et mon niveau d’anxiété étant encore très élevé, j’ai décidé d’en recommencer un nouveau ! C’est ailleurs pour ça que je commence cette série d’articles. Je vais tenir mon bullet journal… en même temps que vous ! Donc, ce sera mis à jour petit à petit 🙂 

Voilà, c’est un premier petit article pour que ce ne soit pas trop long, mais vraiment, le bullet journal a plein de bienfaits qui ont été prouvés et reconnus ! Dans le prochain article, je vais te donner toutes les astuces pour bien démarrer (le matériel à avoir, les premières pages indispensables, et des conseils pour t’aider à le faire et le maintenir). Dans l’article d’après, je te donnerais toutes les idées de pages à faire et notamment celles que j’avais dans mon bullet journal lorsque je souffrais d’anorexie. 

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Publié par Norainnoflower dans Bullet journal, Conseils, 1 commentaire
Guérison : “Comment guérir ?” “Par où commencer” ?

Guérison : “Comment guérir ?” “Par où commencer” ?

Guérison : “Comment guérir ?” “Par où commencer” ?

Dans le titre de cet article, j’ai mis deux questions entre guillemets parce que c’est des questions que l’on me pose souvent.

Pourquoi je ne peux pas te dire “comment guérir” ?

La première question, c’est “comment guérir ?”. Parfois, je reçois vraiment, “bonjour, je souffre de tca et je voudrais savoir comment guérir?”. Aucun jugement de ma part quand je reçois ça. Je peux complètement comprendre l’intention de la personne derrière le message : j’ai été pareil. J’étais aussi complètement perdue, et je me demandais comment on pouvait guérir de cette maladie. Mais moi, face à cette question, je suis perplexe. 

Je ne peux pas vraiment répondre à cette question, et ce, pour plusieurs raisons :

Déjà, la première, c’est que je ne sais pas comment guérir. Par contre, je sais comment moi je m’en suis sortie. Et en plus d’en être sortie, j’ai beaucoup de recul sur la maladie, j’ai lu énormément de choses aux sujets des TCA, j’ai fait des années de thérapies, donc c’est vrai que j’en connais un rayon. Mais qui serais-je pour savoir la formule magique de la guérison des TCA ? Je sais que vous aimeriez que je vous envoie un PDF du manuel qui précise comment en sortir étape par étape. Ce serait bien plus facile. Moi aussi j’espérais tomber sur un truc comme ça, mais la vérité, c’est que ce n’est pas aussi simple. Donc voilà, la première raison pourquoi je ne peux pas répondre à cette question, c’est que je ne peux pas te dire “comment guérir”.

Deuxième raison, qui est liée à la première, c’est que la guérison englobe tellement de choses différentes, tellement de dimensions que c’est compliqué de répondre en quelques messages. Pour te donner une idée, j’ai traité pas mal de dimensions de la guérison dans le programme Butterfly Body, et ça m’a pris +12h de vidéo, + les 215 pages du ebook avec les 55 exercices, + pleins d’autres choses. Donc difficile de résumer en un message.

Et puis troisième raison, bah c’est que je ne connais rien de la personne. Or, la guérison dépend vraiment de chaque personne. Donc c’est pour ça que j’invite toujours à consulter un professionnel pour avoir des réponses qui sont personnalisées à ses propres problématiques. 

Mais je comprends totalement que vous ayez envie d’avoir l’avis d’une personne qui en est sortie. D’ailleurs je trouve ça même primordial d’avoir un retour sur expérience on va dire. Moi, ça n’existait quand j’étais malade. On dirait que je parle de l’époque lointaine, jadis. Mais c’était en 2015-2018 que je cherchais surtout ça. Comme quoi, tout évolue vraiment vite. Parce qu’à ce moment-là ça n’existait pas encore, pas comme aujourd’hui où on a plein de conseils et de ressources sur Google ou sur les réseaux sociaux. Et je trouve ça génial. Et c’est parce que je ne trouvais pas cette aide à l’époque que je l’offre aujourd’hui. C’est un peu ma revanche on va dire sur ces moments de solitude absolue que je me remémore là, où j’étais toute seule, dans mon appartement, en pleurant. C’était dur. Mais j’en suis sortie ! Et je suis très contente de vous aider en partageant mon expérience.

Et c’est pour ça qu’aujourd’hui, je fais cet article pour donner des premières pistes à ceux qui se demandent comment guérir. Globalement, dans tous les contenus que je fais, que ce soit sur le blog, le podcast, dans ma newsletter, sur instagram… j’y donne plein de conseils, de retours d’expérience pour donner des pistes de guérison justement. 

Guérison des troubles alimentaires : par où commencer ? 

Mais en réalité, dans cet article, je vais surtout répondre à une question qu’on me pose aussi souvent et dont c’est plus simple de répondre on va dire. C’est “Par où je dois commencer ?

Donc cet article pourra répondre à des personnes qui se pose la question. Et même si ça fait plusieurs années que tu es en guérison, que tu es à un stade plus avancé de ta guérison, ça peut quand même t’être utile : de voir justement ce que t’as déjà mis en place, ou ce que tu n’avais pas pensé faire et que du coup tu pourrais tester, etc.

Donc je vais te donner une bonne dizaine de gros conseils que je vais bien développer pour t’aider à savoir comment aborder ta guérison.

Je rappelle quand même que c’est selon MON point de vue. Ce n’est pas à suivre à la lettre les conseils que je donne. Et tant mieux en fait si vous ne les appliquez pas à la lettre. Le but, ce n’est pas d’être bonne élève. Moi j’étais vachement comme ça, mais le but c’est de prendre ce qui vous correspond et de laisser de côté le reste. On n’est pas pareil, chacun est unique donc c’est normal que notre histoire et notre chemin diffèrent. Petite anecdote, j’ai une abonnée qui m’a envoyé un message pour me dire qu’elle utilisait le journal pro-guérison que j’ai sorti : le feel-good planner. Et elle me montrait qu’elle avait un peu changé son utilisation, et presque, elle s’excusait en fait de ne pas l’utiliser pour ce dont il était prévu à la base. Et je lui ai répondu qu’au contraire je trouvais ça juste génial qu’elle se l’était appropriée. Elle l’avait personnalisé pour en faire un outil pour sa guérison, un journal qui lui ressemblait à ELLE. Et c’est ça le plus important, parce que ça lui sera beaucoup plus bénéfique.

#1 - Premier conseil de guérison via des métaphores :

Il n’y a pas d’ordre d’importance particulier dans les conseils que je vais te donner.

Ne te mets pas de pression en te disant “oulala mais j’ai pas fait ça ou je suis à la bourre sur ça” : non. Chacun vit les étapes à sa façon, au moment où il est prêt à les vivre. Il y a des personnes qui connaîtront des étapes avant d’autres, d’autres qui le feront d’une façon différente. Peu importe. Il n’y a pas de mauvaise façon de faire. Il n’y a pas qu’un seul bon chemin qui mène à la ligne d’arrivée. L’importance, ce n’est pas non plus ta vitesse. C’est la direction de ton chemin. Ça nous est tous déjà arrivés de vouloir prendre des raccourcis pour arriver quelque part, et finalement, on se rend compte qu’en fait, bah ce raccourci, il mène à un cul-de-sac. Donc finalement, tu prendras deux fois plus de temps. Ne cherche pas à précipiter les choses, à aller trop vite. L’important, c’est une guérison consolidée. Si tes fondations ne sont pas bien ancrées, le mur s’écroulera plus tard. Et tu auras beau remettre des briques dessus, ça retombera toujours si les fondations ne sont pas solides. Donc petit à petit, étape par étape.

Bon voilà, derrière toutes ces métaphores, c’était déjà un premier conseil finalement pour te concentrer sur TON chemin et pour y aller progressivement, sans te mettre la pression sur le temps que ça prend.

#2 - Crois-y (pour de vrai)

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Du coup d’un deuxième conseil que j’avais mis initialement en premier tellement il est important : c’est de croire en ta guérison, et de croire en toi

Croire en ta guérison, c’est te dire que oui, la guérison est possible. Et vraiment, crois-y. Mais pas que les jours où tu te sens bien. Crois-y les jours où tu vas le plus mal aussi. Crois au fait que ces jours difficiles sont temporaires et que cette bataille, tu la fais pour une vie meilleure qui t’attend. 

Pour vous aider, je dois analyser ce qui a pu m’aider dans ma guérison. Donc c’est un exercice intéressant pour moi. Et j’ai compris qu’une chose qui m’avait aidé, ça a  été ça : de croire en ma guérison. Évidemment, il y a des jours où j’étais plus bas que Terre et où je me demandais si j’allais vraiment m’en sortir. 

Mais quand j’étais malade et que je me projetais 10 ans plus tard, je savais que je n’allais pas être malade toute ma vie. Je me disais que ce n’était pas possible, ce n’était pas ça ma vie. Et la visualisation m’a beaucoup aidé d’ailleurs : et je ne me voyais pas malade à vie parce que je croyais au fond de moi à cette guérison. 

Pour ce qui est de croire en toi, c’est croire en tes capacités à battre la maladie. Croire que tu as les ressources en toi. J’ai une phrase qui était affichée sur les murs de ma chambre quand j’étais malade, c’était : “Le changement est une porte qui s’ouvre de l’intérieur”. Et c’est quelque chose que je dis souvent, mais que je vais répéter : tu n’es pas responsable de ta maladie, tu ne l’as pas choisi. Mais tu dois être acteur de ta guérison. Être acteur, ça veut dire mettre des choses en place, des actions concrètes, faire des recherches, vouloir être acteur plutôt que spectateur de sa vie. D’ailleurs si tu m’écoutes c’est que tu es déjà plus acteur que spectateur, parce que tu es une personne proactive, qui veut s’en sortir. Dans les actions que tu peux mettre en place, c’est important de faire des actions qui vont plonger ton cerveau dans un état d’esprit favorable pour la guérison. C’est quelque chose dont je n’en avais pas conscience au moment même, mais pareil, ça m’a beaucoup aidé en fait. Je ne vais pas me répéter parce que j’en ai dédié un article que je te conseille de lire sur les outils concrets que j’ai mis en place (et qui sont souvent à la portée de tout le monde).

#3 - Ne reste pas seul(e)

Être acteur et responsable de sa guérison, ça ne veut pas dire rester dans son coin. Non, tu n’es pas plus fort(e) parce que tu cherches à te sortir seul(e) de la maladie. D’ailleurs, je pense qu’il faut encore plus de force pour demander de l’aide. Donc demander de l’aide, c’est pas un signe de faiblesse, au contraire. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai dit l’importance d’avoir une aide des professionnels de santé. Si je le dis c’est parce que moi-même je me suis fait accompagner. Et sans ça, ça aurait été beaucoup plus compliqué si ce n’est impossible. Je recommande toujours d’avoir des professionnels qui sont spécialisés en TCA. Même si je sais que ce n’est pas facile d’en trouver… 

13-choses-dont-votre-proche-souffrant-tca-aimerait-que-vous-sachiez

Même chose, je ne vais pas me répéter, mais je renvoie vers mes articles parlant de mon parcours de soin où je parle des professionnels que tu peux voir, quelle thérapie choisir, etc. 

Et ne pas rester seule, c’est aussi en parler à ses proches. Je sais qu’il y a souvent un sentiment de honte, de culpabilité d’être malade, d’avoir la sensation d’être un poids en plus, un boulet pour les autres. Mais il faut bien garder en tête que justement, tu n’es pas responsable de ta maladie. Tu ne l’as pas choisi. Et tes proches, ceux qui t’aiment et qui te respectent, ils ne vont pas te rejeter pour ça. Tout le monde n’est pas capable d’être ouvert aux maladies mentales. Donc choisis au moins 2 personnes de confiance qui sont ouvertes à ces problématiques-là. Et prends le temps de vraiment leur en parler, de leur expliquer ce que tu ressens. Tes proches ne peuvent pas deviner ce qu’ils se passent dans ta tête, ils ne peuvent même pas s’imaginer ce que c’est de vivre avec un TCA. Et c’est là où l’importance de la communication entre en jeu. Dis-leur comment ils peuvent t’aider, et à l’inverse, ce qu’il ne faut surtout pas faire. Si tu veux leur partager, j’ai fait cet article sur les 13 choses que votre proche souffrant d’un TCA aimerait que vous sachiez. 

#4 - Ne te met pas la pression

Le 4eme conseil, c’est de ne pas te mettre la pression. 

Parce que je te vois venir, là en me lisant, tu te dis “ok, il faut que je sois acteur de ma guérison, il faut que je mette ça, ça et ça en place, il faut que j’arrive à tel objectif dans tels jours…

STOP.

On lève le pied de la pédale d’accélération.

J’ai aussi dit que c’était important d’y aller étape par étape. Mais je sais que souvent, on a un tel niveau d’exigence avec soi-même qu’on filtre les informations bienveillantes. 

Donc je fais ce conseil “rappel” pour te dire de vraiment ne pas te mettre la pression. Sinon, tu fonces droit dans ce que j’appelle le “burnout de la guérison”. Le fait de vouloir tout bien faire parfaitement, de s’imposer des choses inatteignables à faire dans un but de guérir. Mais au final, tu oublies totalement de te reposer, d’être bienveillant avec toi-même. Or, repos et bienveillance font aussi partie de la guérison. Et c’est même primordial. Donc, vise la progression, pas la perfection. Accepte de faire des erreurs. Tu es humain. Tu n’es pas invincible. C’est normal de ne pas réussir à relever tous les défis. Comme je dis souvent, en guérison, on a parfois l’impression qu’il y a plus de jours de pluie que de soleil. Mais pourtant, ces jours pluvieux t’aident à avancer. Même si tu n’en as pas l’impression. Là, tous les conseils que je te donne, ce ne sont pas des choses que j’ai appliquées dès le début. C’est d’ailleurs des choses que j’ai apprises en tombant. C’est en tombant qu’on apprend à marcher quand on est bébé. Mais je n’étais pas plus forte que toi, vraiment. Garde en tête aussi que quand c’est difficile, c’est que tu vas à l’encontre de la maladie. Donc c’est bon signe, même si c’est difficile de le voir d’une façon positive sur le moment même.

D’avoir vécu et surmonté les TCA, qui a été la période la plus sombre de ma vie, une période très très difficile ; aujourd’hui, j’aborde plus de la même façon les phases compliquées de ma vie. J’en pleure toujours, j’ai toujours peur mais je sais que c’est dans ces moments-là qu’on grandit, qu’on n’avance le plus ; et que ça me sera bénéfique pour plus tard, que ça va m’armer davantage. 

#5 - Des listes pour t'aider dans ta guérison

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Je propose souvent de faire 3 listes pour avoir un welcome package de la guérison. 

La première c’est la liste des raisons de guérir. Et c’est pas juste faire la liste, c’est la faire, mais la relire souvent. Donc le mieux c’est de la personnaliser, de la rendre jolie dans un journal ou sur une affiche que tu accroches sur ton mur. D’ailleurs, je t’offre 100 raisons de guérir dans le kit de guérison qui est sur mon site où il y a plein d’autres petites ressources offertes.

La deuxième liste, c’est la liste des avantages et inconvénients de ton trouble alimentaire. Les inconvénients deviendront des motivations à te battre, pour ne plus les avoir. Et la liste des avantages est très intéressante. Elle est vraiment à faire sans jugement, parce que c’est normal de tirer des avantages positifs. C’est un processus inconscient dans le domaine de la santé mentale, on va dire. C’est ce qu’on va appeler les bénéfices secondaires de la maladie. Et les identifier est primordial pour travailler dessus parce qu’ils représentent souvent des barrières à la guérison.

Même chose, j’ai fait un article où je t’explique comment trouver tes bénéfices secondaires et je te donne ceux que j’avais. 

Et dernière liste (même si j’en ai plein en stock haha), c’est la liste des conséquences de ton TCA. J’avais lu une revue scientifique qui disait que le cerveau des personnes souffrant d’un tca restrictif, comme l’anorexie, était câblé un peu différemment (alors pas d’affolement, ce n’est pas irréversible, ça revient à la “norme” avec la guérison). Mais en gros, le circuit des récompenses et de la prise de risque est différent. La plupart des gens sont motivés par les récompenses, mais chez les personnes souffrant d’anorexie, elles sont motivées par la conséquence. Donc par exemple, au lieu de te dire “Si tu guéris, tu pourras voyager dans tel grand pays de tes rêves”, tu peux aussi te dire “Si tu ne guéris pas, tu ne vas pas pouvoir exercer tel métier qui te donne envie”. ou “Si tu ne t’alimentes pas, tu auras beaucoup moins de capacité de mémorisation, de concentration… car ça impacte négativement ton cerveau”. Je sais que moi, ça, c’était important, le fait de préserver mon cerveau. Donc c’est bien de faire cette liste des conséquences, pour le coupler à la liste des motivations de guérir. Comme ça, tu peux voir ce qui marche le mieux pour toi.

#6 - Vois la guérison dans son ensemble

C’est quelque chose que je dis souvent, mais parfois, on focalise sa guérison uniquement sur les conséquences : le côté nutritionnel, son poids, son hyperactivité, ses TOC, ses stratégies de compensation… C’est normal que ça attire une grande partie de ton attention parce que c’est ce qui est omniprésent dans ta vie. Mais, tout ça, c’est des symptômes physiques. Or, je le dis souvent, les TCA ce sont des maladies MENTALES. Alors oui, il faut traiter ces symptômes, c’est important. Mais faut pas oublier de travailler sur le côté psychologique, sur le côté causes de la maladie, le pourquoi. C’est vraiment personnel, mais moi, j’ai plus travaillé sur les causes que sur les conséquences dans mon parcours, et personnellement, ça m’a été bénéfique. Ça m’a permis de reconstituer l’histoire de ma maladie, et ça m’a aidé à guérir d’une façon générale les blessures que j’avais en moi. Donc comment j’ai fait : par un accompagnement psy, par l’EMDR, et surtout par beaucoup d’introspection avec moi-même, via le journaling et les livres de développement personnel qui m’ont beaucoup aidé. 

#7 - Penser long terme

Tu apprends à dépasser tes peurs alimentaires, pas uniquement pour guérir, pas uniquement pour reprendre du poids.

Tu ne te bats pas que pour soigner tes compulsions si tu en as. Tu ne te bats pas pour accepter ton corps cet été à la plage, pour ne pas culpabiliser au restaurant demain soir. Tu ne te bats pas pour des raisons à court terme. Tu te bats pour ta vie. Tu ne guéris pas uniquement pour sortir de ton TCA, tu te bats pour un mieux-être à VIE. Donc c’est pour du long terme. Il y a une citation qui dit “ne précipite pas les choses que tu veux avoir éternellement”. Et ce mieux-être, cette paix intérieure, tu le veux éternellement, pour le reste de ta vie. Donc c’est normal que ça prenne du temps.

#8 - Aie de l’autocompassion pour toi-même

Tu n’es pas cette personne. Enfin, je parle dans mon cas et peut-être que tu te reconnaîtras. Mais moi, quand j’étais malade, je me suis perdue. Je n’étais plus la Mathilde si bienveillante. Surtout avec mes proches où je mentais, j’étais agressive, j’avais zéro tolérance… Et j’avais honte, je me détestais. Mais vraiment, tu n’es pas cette personne. C’est la maladie. Et en guérissant, tu te retrouveras davantage. Donc c’est important de prendre du recul et de te pardonner parce que tu n’es pas cette horrible personne que tu penses être, je te jure. 

Aussi, ne sois pas si difficile, si indulgente avec toi-même. Ne t’impose pas des emplois du temps de ministre que personne ne pourrait tenir. Et encore moins toi, tu as besoin de te reposer, de te battre contre ton TCA et le repos est en top liste de ton ordonnance. Ne sois pas aussi difficile avec toi quand tu as un mauvais jour. Souligne plutôt tes demi-victoires que tes demi-défaites.

Demande-toi si tu agirais ainsi avec une personne que tu aimes ? Demande-toi si tu lui parlerais comme ton discours interne te parle

Et prends soin de toi, mais vraiment concrètement. Fais des actions pour prendre soin de ton mental, de ta peau, de tes cheveux, de ton corps, de toi quoi.

#9 - Ouvre-toi à d’autres choses que ton trouble alimentaire.

Être acteur de sa guérison, aller sur des comptes recovery, faire des recherches sur les causes de sa maladie. Oui, mais avec des pauses. Accorde-toi des pauses où tu fais des trucs qui n’ont rien à avoir avec tes troubles alimentaires. C’est super important, d’apprendre à te déconnecter. Le TCA il est tellement omniprésent dans ta vie, que tu as la sensation qu’il fait partie de toi. Et la guérison ça passe aussi par apprendre à se redécouvrir, apprendre à se connaître, faire des choses que tu aimes faire TOI (et pas ton TCA). Et donc ouvre-toi à des centres d’intérêt qui n’ont rien avoir avec les TCA : fais des activités créatives, inscris-toi dans des associations, lis des livres qui n’ont rien avoir, regardes des séries, des films qui n’ont rien avoir non plus et qui te changent les idées. Ouvre-toi à des personnes qui ne savent pas que tu es malade ou du moins qui ne t’en parlent pas. L’idée ce n’est pas de le cacher, pas du tout. Mais c’est d’avoir des moments de répit où tu fais autre chose que penser à ton TCA. Et ce n’est pas simple hein. Moi quand j’ai commencé à bien guérir, j’ai eu 1 an où mon copain me rappelait que j’étais en train d’en parler h24. Genre j’étais dans la nostalgie de ma maladie, et je n’en avais même pas conscience. 

D’ailleurs, cette année-là, mon feed instagram était rempli de compte recovery, ou de nourriture, ou de fitgirls. Pareil, défollow les comptes qui ne parlent que de nourriture ou qui montrent des photos de corps. Parce que ça fait un rappel à ton TCA que tu es là-dedans. Évidemment, garde les comptes conseils recovery, qui te sont bénéfiques, qui te donnent des conseils concrets. Ça, c’est bien. Mais n’aie pas que ça dans ton feed. Ouvre toi à des influenceurs qui n’ont rien avoir, qui parlent d’autres sujets cools : sur de la décoration, du journaling, sur du dessin, sur des tutos do it yourself, sur l’humain… il existe plein d’influenceurs cools qui ne parlent absolument pas de ça, de corps, de nourriture.

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Si tu as peur de “râter” les posts des comptes qui te sont bienveillants pour ta guérison, ce que tu peux faire, c’est aussi te créer un compte spécifique pour ça, où tu as que ça et donc tu y fais un tour 10 minutes par jour par exemple. Et après, tu passes sur ton compte classique, ce qui fait que tu n’as pas de rappel de TCA (je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, si je m’exprime clairement).

Et autre chose, c’est bien aussi de suivre justement des comptes qui parle de diversité corporelle, d’acceptation corporelle… ça permet de remettre en question tes idéaux de beauté, de déconstruire tes idées reçues, de t’ouvrir à de nouveaux points de vue sur le corps, etc. (Sans faire que ça). 

Enfin, ça reste MON conseil. Mais c’est vrai que j’ai vu une nette différence quand j’ai arrêté de suivre que des comptes de nourriture, de corps, etc. Et j’avais fait un compte insta à côté où je suivais tous ces comptes-là. Et petit à petit j’ai fini par plus y aller parce que mon cerveau n’y était plus confronté en permanence, même quand je n’y pensais pas et que hop, il y avait un post dessus dans mon feed. Donc je te recommande de faire ça. 

#10 - Fais le bilan de ta vie, et demande-toi ou tu veux aller.

J’ai pensé à le proposer parce que j’ai relu hier mon bullet journal que je tenais à l’époque. Et j’avais fait ça et ça m’a aidé. En gros c’est un exercice que je m’étais mis où je faisais le point dans ma vie. Donc j’avais passé en revue les différentes parties de ma vie : professionnel, situation amoureuse, vie sociale amicale, relation familiale, confiance en moi, relation avec la nourriture et relation avec mon corps. Et j’avais fait 4 colonnes : 

La première, bah je notais chacune de ces parties.

La deuxième, je faisais l’état des lieux d’où j’en étais.

La troisième, je me suis demandé ce que je ne voulais plus, de quoi je voulais me séparer (donc des habitudes, des actions, des façons de penser)

La dernière, je notais ce que je voudrais avoir dans chacun des domaines. Et je notais vraiment l’idéal, sans prendre en compte les barrières et les peurs que j’avais à ce moment-là.

Et je suis sûre que cet exercice m’a aidé à me projeter dans mon futur et à faire l’état des lieux de ma vie un peu. Et ça permet de ne pas se focaliser sur les conséquences du TCA, plus sur les causes ou ce qui est indirectement lié, mais dont on n’a pas forcément conscience. Moi à l’époque j’avais beaucoup parlé de ma relation à ma mère et à mon père. Et globalement, je suis contente parce que j’ai atteint aujourd’hui ce que j’avais mis dans ma dernière colonne, ou presque. Et si c’est pas du tout pareil bah au final je suis contente de la tournure que ça a pris. Toute façon j’essaie de me dire que faut faire confiance à la vie.

#11 - Faire un vrai travail d'acceptation corporelle

Dernier conseil, finalement il y en a 11 vu que j’avais introduits avec un conseil. Ce dernier conseil c’est de faire un vrai travail d’acceptation corporelle. Souvent, on passe son temps à se dire “il faut que j’aime mon corps,” ou à s’autopersuader “j’aime mon corps”. Mais au final, on ne met rien de concret en place. Moi c’est ce que j’avais fait, mais à tort. Et ce travail d’acceptation corporelle, je l’ai fait tard finalement. Pourtant, il m’a aussi aidé à sortir totalement de mes TCA ou peut-être aussi de ne pas rechuter. Et d’ailleurs le but c’est d’accepter son corps, pas nécessairement de l’aimer.

C’est vraiment un gros travail indispensable selon moi que j’ai réalisé à travers de nombreuses recherches et lectures pour trouver quelles actions et état d’esprit adopter par rapport à ça. Dans Butterfly Body, ça représente un gros module, de +de 3h30 de vidéos et 100 pages dans le ebook donc vraiment avec plein d’exercices. Et en fait, ce travail d’acceptation corporelle je trouve qu’on devrait nous l’apprendre à l’école. J’ai beaucoup de copines qui me disent ne pas aimer leur corps et vouloir le changer, se prendre la tête avec ça, sans qu’elle ait de TCA. Mais je me dis qu’elles devraient faire un travail d’acceptation corporelle.

C’est indispensable que tout le monde le fasse finalement. Moi c’est l’une des choses que je voudrais transmettre, apprendre à mes enfants quand j’en aurai. On est dans une culture de la culpabilité, de la minceur et c’est indispensable de savoir s’en détacher concrètement. Et c’est important d’apprendre à voir son corps différemment, au-delà de son apparence. De le voir dans sa globalité, pour l’accepter, le respecter et ne plus lui faire du mal, de plus le soumettre à des comportements destructeurs.

Voilà, c’était mon dernier conseil. Parce qu’il faut savoir mettre un point final à ses contenus pour éviter que ça dure 1000 ans. J’espère que ça t’a plu.

À très vite 🙂 

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Ne pas rester bloqué dans la quasi-guérison des TCA

Ne pas rester bloqué dans la quasi-guérison des TCA

Ne pas rester bloqué dans la quasi-guérison des TCA

Dans cet article, je voudrais te parler de la quasi-guérison des troubles alimentaires.

Je sais pas si tu en as déjà entendu parler ? Je me trompe peut-être, mais j’ai la sensation qu’on n’en parle pas forcément assez, du moins pas en profondeur.

Enfin, moi : je ne savais pas ce que c’était réellement. Et je suis restée assez longtemps dans cette quasi-guérison. Et je pense que si j’avais lu avant ce que je vais te dire ici, j’y serai restée moins longtemps.

Qu’est-ce que c’est la quasi-guérison ?

Certaines personnes considèrent que c’est une période qui arrive à mi-chemin de la guérison. Sous-entendu, après la quasi-guérison, il reste encore la moitié du chemin à parcourir pour en sortir totalement.

Je pense que ça dépend un peu de chaque personne, de chaque histoire. Je le dis souvent, chaque chemin de guérison est différent. Et me concernant, j’estime quand même que tout le parcours que j’ai fait avant la quasi-guérison était tellement difficile et douloureux, que pour moi : la quasi-guérison, c’est une étape qui arrive en fin de chemin. Et je ne parle pas vraiment en termes de temps, mais plutôt en termes d’effort de guérison. Mais encore une fois, c’est propre à MON EXPÉRIENCE. 

Pour autant, ça reste une étape difficile de la guérison dont on parle peu. Et finalement, plein de personnes sont bloquées dedans sans même en avoir conscience. 

Je vais expliquer plus en détail après ce que c’est concrètement pour que tu saches si tu es justement bloquée dedans. 

Mais avant ça, je voulais quand même préciser quelque chose. Pour moi, c’est inévitable de passer par une phase de quasi-guérison. Le problème, en réalité c’est surtout d’y rester longtemps. Je m’explique : Souvent, quand on est à fond dans son chemin de guérison, on part d’un stade où on est épuisé émotionnellement, où on s’est peut-être coupé de sa vie sociale, où on se sent seule, où on a des comportements que l’on déteste. Et avec la guérison, tous ces symptômes diminuent largement. On retrouve une vie sociale, on retrouve de la force, de l’énergie. On a moins de désagrément. On sent que ça y est, on retrouve de la flexibilité, de la vie. Et donc quand on ressent ça. On a envie de faire une pause, de s’accorder un peu de répit, de profiter de ces petits plaisirs qu’on n’avait plus depuis des années ! Et c’est … normal ! Mais sauf qu’on ne se rend pas compte que parfois, on entre dans une prison dorée. On est comme libre dans une cage. Parce qu’il reste des choses à travailler pour réellement atteindre la guérison.

Pourquoi la quasi-guérison te maintient bloqué ? Et pourquoi la quasi-guérison peut même être dangereuse si tu n'en as pas conscience ?

En quasi-guérison, souvent, tu as déjà bien avancé dans ton chemin de guérison. Donc, si tu avais perdu du poids, peut-être que tu as déjà retrouvé le poids perdu, ou presque. Peut-être que tu as largement diminué ton hyperactivité. Peut-être que tu as beaucoup moins de peurs alimentaires, et que même tu remanges beaucoup plus de choses qu’avant. Peut-être même que tu es plus facilement capable de nouer des liens avec des proches parce que les obstacles liés aux repas sont moins présents.

Donc, d’un point de vue extérieur, tu peux sembler aller vraiment mieux. Et d’ailleurs, tes proches te bombardent peut-être de commentaires bienveillants te disant « Ohhh t’as l’air vraiment mieux », « tu sembles enfin guérie », etc. Donc le truc, c’est que c’est une période où tu peux facilement tromper tout le monde, leur faire croire que tu vas réellement mieux. Et je dirais même que c’est une période où tu peux toi-même être persuadée que tu es guérie. Et ce n’est pas que tu te voiles la face consciemment, c’est que vraiment, tu en es persuadée. Je le précise parce que moi, c’est ce qui m’est arrivé : je me pensais guérie, mais je ne l’étais pas. 

Mais comment ça se fait ? Bah, toujours à cause du même problème.

Le problème, c’est que même quand on est la personne concernée par la maladie mentale, on se soumet aux idées communes disant que les maladies mentales sont réelles si elles sont visibles. Pourtant c’est bien des maladies MENTALES.

Donc le danger de la quasi-guérison, c’est que les autres et peut-être même toi, tu peux croire que tu es guérie si tu te bases sur tes symptômes en apparence visible. Mais pourtant, tu es toujours en lutte mentalement contre les mécanismes du trouble alimentaire. Donc, tu te confrontes à ce sentiment d’illégitimité où tu vas te renfermer dans cette quasi-guérison. Tu vas l’accepter, sans chercher à en sortir.

Pourtant, tu n’es toujours pas libre. Tu ne vis toujours pas pleinement ta vie. Car tu as toujours ces pensées parasites, cette culpabilité. Même si c’est beaucoup moins présent qu’avant, c’est toujours là. C’est comme si tu vivais, mais à moitié. Tu es dans une quasi-vie. 

Et le problème, c’est que si les mécanismes du trouble alimentaire restent là, même de façon minime… Et bien il y a un GROS RISQUE de rechute. C’est-à-dire qu’il y a un risque qu’un jour, ces mécanismes reprennent de plus en plus de place, que la culpabilité soit de plus en plus présente et qu’à nouveau, tes choix soient dictés par le TCA.

Parce que le problème, c’est qu’en quasi-guérison, comme les symptômes sont moins omniprésents, qu’ils sont plus sournois, plus discrets… Et bien, tu t’habitues presque à ça. Tu as presque organisé ta vie autour de ça. Et ta guérison totale, elle ne fait plus partie de tes priorités. Tu te dis que finalement, tu pourras vivre comme ça toute ta vie. Une fois de plus, je le sais, parce que j’ai fait pareil. Je parlerai de mon expérience juste après 🙂

Mais c’est souvent quand on ne s’y attend pas, quand on tourne le dos, que ça refait surface. Souvent, c’est quand tu as un stress qui est plus prononcé qu’à un autre moment : ça peut être une rupture, un décès, la naissance d’un enfant, la perte d’un emploi ou au contraire un nouveau boulot…

En fait, si les mécanismes du trouble alimentaire ne sont pas totalement éradiqués… Et bien, tu prends le risque de retomber à un stade bien plus grave, sans t’en rendre compte, et plus rapidement.

Bon, mon but c’est absolument pas de te faire peur. C’est vraiment de sensibiliser. Et c’est bienveillant : parce que je pense que des personnes restent dans cette quasi-guérison, sans s’en rendre compte et que c’est dommage du coup parce qu’elles se privent  d’une vie qu’elle pourrait vivre pleinement. Et en plus, elles prennent le risque de rechuter. Je ne dis pas que c’est automatique, mais c’est un risque.

Donc pour résumer, pourquoi on reste bloqué dans la quasi-guérison : à cause du sentiment de solitude vis-à-vis des autres qui te pense guéri, donc sentiment d’illégitimité qui fait que tu t’isoles, tu restes seule. Et comme les symptômes sont moins handicapants, alors, tu peux plus facilement cohabiter avec. 

Une autre raison pour laquelle je pense que beaucoup de personnes restent bloquées en quasi-guérison, c’est propre à moi : mais je pense que c’est parce que pour beaucoup de personnes, la quasi-guérison = la guérison totale. Je veux dire, on entend souvent dire que, des maladies comme les TCA, tu les gardes toute ta vie en fond. 

Mais alors, c'est quoi la vraie guérison des TCA ? (selon moi)

Je ne peux pas parler de quasi-guérison, sans parler de ce qu’est la vraie guérison d’un trouble alimentaire. Alors c’est quoi guérir complètement d’un trouble alimentaire ?

C’est une question compliquée.

J’ai déjà observé plusieurs réponses à ce sujet. Et je ne partage pas forcément les avis que j’ai vus, mais pour autant, je les respecte. Parce que comme je dis, chaque histoire, chaque guérison est différente et propre à la personne qui en a souffert.

Donc à la question : c’est quoi guérir totalement ? Je vais y répondre selon MON point de vue, mais aussi selon MON histoire, MON contexte, etc. 

Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a pas UNE SEULE bonne réponse à cette question.

guérison-anorexie

Est-ce que la guérison totale des troubles alimentaires est possible ?

Selon moi, OUI.

Je vois parfois des contenus qui disent qu’il faut faire attention à ne pas envoyer du rêve sur la guérison. Et j’espère que ce n’est pas ce que vous ressentez en m’écoutant, en me lisant. Parce que vraiment, non, la guérison, ce n’est pas simple. Le chemin est long, douloureux. Il n’est clairement pas linéaire. Et il demande beaucoup de temps, de travailler sur de nombreux aspects. Donc ce que je veux dire, c’est que tu n’arrives pas à la guérison totale de ton trouble alimentaire du jour au lendemain. Clairement pas, et ça prend du temps. Mais ça vaut vraiment le coup, 1000x le coup. 

Tu sais, d’avoir été malade, souvent, je fais la comparaison entre maintenant et avant, quand j’étais malade.

L’autre fois, je marchais près des quais à Lyon, je me baladais. Avant, quand j’étais malade et encore dans la quasi-guérison. J’aurais été en train de compter mes pas, de me dire qu’il fallait que je continue pour pouvoir griller le max de calories. J’aurais aussi pensé à ce repas où une copine m’avait invité et qu’il fallait que je trouve une excuse pour ne pas y aller. J’aurais pensé à ma gamelle du lendemain que je devais préparer, au nombre de calories dans ce repas. J’aurai pensé à ce weekend où mes beaux-parents allaient venir et qu’il fallait que je fasse à manger sans qu’ils prennent conscience d’à quel point ça me stressait, de comment j’allais le compenser, etc.

Aujourd’hui, quand je me balade près des quais à Lyon. Donc là on est au printemps quand j’écris cet article. Déjà, mon pas est calme, posé. Je profite d’observer la nature, je regarde les chiens qui profitent de la balade autour de moi. Je regarde le beau ciel bleu, le paysage. Et juste, je kiffe. Je pense même au fait qu’il fait tellement beau que je pourrais aller manger au resto en terrasse avec mon copain le soir. Ou que je pourrais proposer à une copine un picnic sur les quais.

Mais ma vie n’a clairement RIEN AVOIR. Et j’aime à 1 milliard de % plus ma vie aujourd’hui que quand j’étais malade ou en quasi-guérison (où j’étais toujours malade d’ailleurs, je ne devrais pas faire la distinction).

Signes d'une guérison totale :

Donc, je m’éloigne, mais pour moi OUI, la guérison totale existe. Et ça ressemble à quoi ?

  • La nourriture, c’est « que de la nourriture » : dans le sens où c’est plus une source de stress.
  • Tu n’as plus de symptômes physiques (digestion, maux de tête, de sommeil, de concentration…. Liés à la nutrition)
  • Tu profites des repas avec tes amis, ta famille. Et tu profites en étant concentré sur les interactions sociales. Tu n’as plus de stress lié au repas que ça implique.
  • Tu n’es plus en contrôle sur les repas : tu n’as pas besoin de connaître à l’avance ce que tu vas manger. Tu n’as plus besoin de l’anticiper ou de le compenser après.
  • Tu réponds aux besoins de ton corps, tu es davantage connecté à ses signaux.
  • Quand tu fais du sport, c’est vraiment dans un but de te faire du bien, de te vider la tête… mais pas pour compenser ton repas ou t’autoriser à manger.
  • Tu sais te reposer, sans t’en vouloir, sans culpabiliser vis-à-vis de ton poids, de tes repas.
  • Tu ne te limites plus sur les types d’aliments, tu n’évites plus certains aliments par peur.
  • Tu sais qui tu es TOI, ta valeur. Tu n’associes plus ton poids à ta valeur, à ta personne. Tu as d’ailleurs changé tes standards de beauté.
  • Tu n’as plus peur de prendre du poids, tu n’as plus d’obsession à ce sujet.

Voilà, c’est que quelques exemples, mais la liste peut être beaucoup plus longue et développée.

Par contre, ma vie n’est pas fluide et sans problème.

Ce que je veux dire, c’est que les personnes qui disent « tu gardes toujours des restes de TCA », je peux comprendre cette phrase. Du moins, voilà le sens que je lui donne : 

Il peut m’arriver quand on est 1 semaine en vacances et qu’on enchaîne plusieurs restos, plusieurs barbecues, plusieurs journées avec des repas plus lourds, ça peut m’arriver de me dire « Oula, c’est peut-être un peu trop ». Ça pour moi, c’est une pensée culpabilisante. Mais en réalité, beaucoup de personnes l’ont, même sans passif dans les TCA. Mais la différence, c’est qu’aujourd’hui, je ne donne plus de pouvoir à ces pensées. Déjà, elles sont de plus en plus rares. Mais en plus de ça, je n’agis plus en conséquence. Plus jamais, je ne vais me restreindre ou compenser car ça serait donner raison à ces pensées culpabilisantes. Donc voilà, je veux bien entendre qu’en effet, il peut y avoir des pensées, de façon plus ou moins intense (au début, il y en a encore beaucoup, et peu à peu, de moins en moins surtout si tu n’y accordes plus d’importance). Mais par contre, la vraie guérison, pour moi, c’est de ne plus y mettre en place d’action destructrice en réponse.

Et autre point que je voulais souligner : est-ce que j’aime mon corps à 100% ? Non. Je vais être honnête : non. Il y a des fois je me dis « oh punaise, faut que je me mette en maillot de bain, je suis pas super à l’aise ». Il y a des fois je regarde d’autres filles que je trouve trop belles et je les envie. Mais ça ne dure pas longtemps. Et surtout, pareil, je ne mets plus d’actions en place pour changer mon corps. Parce que je l’accepte. Et voilà, c’est ça le truc : ok je n’aime pas forcément mon corps à 100%. Par contre, je l’accepte. Mais une fois de plus, je pense que plein de gens n’aiment pas leur corps à 100% sans avoir un passif dans les TCA.

Donc voilà, j’espère que tu comprends bien que, c’est pas noir ou blanc la réponse. Et puis, encore une fois, réussir à arriver dans cette guérison totale, ça m’a demandé énormément de travail, sur de nombreux aspects et ç’a m’a pris du temps. Ça s’est fait PETIT à PETIT.

Mon histoire avec la quasi-guérison

On arrive au moment où je te parle de mon histoire avec la quasi-guérison.

En gros, en 2015, je suis tombée dans l’anorexie. En 2018, j’ai commencé à vachement bien en sortir. Jusqu’en 2019 où là, j’avais beaucoup moins de symptômes. Physiquement, j’avais repris le poids perdu. Je remangeais de tout, j’avais des amis. Avec mon copain, on allait à des repas, des soirées, des restos. En apparence, j’allais bien. Mais la réalité, c’est que de 2019 à 2020, j’avais toujours les mécanismes de l’anorexie. J’avais toujours les mêmes schémas de pensées. Je testais toujours de nouvelles méthodes pour essayer de perdre du poids. Dès que je faisais du sport, c’était dans l’objectif de changer mon corps. Quand j’étais invitée, la première chose à laquelle je pensais, c’était la nourriture qu’il y avait à cet événement (avant de penser à l’évènement social en lui-même). J’avais toujours beaucoup de stress et de préoccupations sur la nourriture et mon poids. C’est comme si j’étais guérie, MAIS, je savais qu’un jour, ça repartirait. Aujourd’hui, je dis ça avec le recul. À ce moment-là je ne le sentais pas concrètement.

Et bref, en 2021, j’arrive à Lyon. Je viens de Lille, mais je suis passée par Marseille avant d’être à Lyon. Donc déjà un déménagement entre 2 villes éloignées à gérer. Et là, nouveau travail : grosse période stressante, des nouvelles responsabilités.

Et fiouuuuuuu. Je ne m’en suis même pas rendu compte, mais BAM, un jour j’ai ouvert les yeux et Ohhh : ça y est j’étais retombée dans le contrôle.

Je recalculais la moindre calorie. Je mangeais très peu. Je refusais toute sortie sociale. J’étais constamment tendue, irritée. On s’embrouillait avec mon copain parce que je refusais d’avoir qui que ce soit chez moi pour pas avoir un repas non contrôlé. Je refaisais de l’hyperactivité à fond.

Enfin, j’avais totalement replongé.

Alors c’était une rechute, mais elle était quand même minime. Dans le sens où elle a été courte, genre 6 mois. Et j’ai très vite eu conscience des choses quand même.

Et puis, je ne suis pas retombée dans le stade où j’étais avant. Et puis, j’ai eu le bon réflexe de tout de suite me faire accompagner. Et finalement, c’est cette rechute qui m’a permis de me sortir TOTALEMENT de mon TCA. Parce que c’est là que justement j’ai pris conscience qu’il y a avait pas mal de choses qui me restaient, qu’il fallait travailler.

Et c’est pour ça d’ailleurs que je dis que les rechutes ne sont pas forcément négatives. Parce que les rechutes te permettent de travailler sur des choses dont tu n’avais pas encore travaillé, donc te t’amener encore plus loin dans ta guérison.

Et donc voilà, finalement, je suis sortie aussi assez rapidement de cette petite rechute. Parce que justement, c’est ce que je disais en début d’épisode. Tout ce que j’avais parcouru, travailler en amont… bah c’était énorme. Donc j’avais déjà bien travaillé sur beaucoup de choses, donc ça m’a servi évidemment pour sortir de cette rechute.

Comment savoir si tu es bloquée dedans ?

Les signes qui indiquent que tu es en quasi-guérison :

Une fois de plus, comme chaque personne vit son TCA à sa façon, il n’y a pas de liste précise. Je vais te donner quelques signes pour t’éclairer, mais c’est non exhaustif : 

  • Tu respectes tes sensations de faim, mais avec des aliments que tu considères comme « sains » « sûres »
  • Tu continues de calculer tes calories, de lire les étiquettes nutritionnelles
  • Tu t’autorises des plaisirs, mais 1x par semaine ou que les jours où tu fais du sport
  • Tu manges plus qu’avant, mais toujours moins que ce dont ton corps te réclame
  • Tu vois toujours l’alimentation de façon dualiste « bon » ou « mauvais » ; « qui fait prendre du poids » ou « qui fait perdre du poids ». 
  • Tu as toujours du stress, des préoccupations quand tu es invitée quelque part
  • Tu fais du sport pour mériter de manger ou compenser tes repas
  • Tu continues d’avoir des routines étranges, ou des règles. Ça peut être vis-à-vis des heures de repas. Par exemple moi pendant longtemps je m’affamais dans la journée pour faire de gros repas le soir. Et je me protégeais en disant « bah non au final je mange dans les bonnes quantités » oui, mais en me restreignant toute la journée : il n’y a rien de sain à ça.
  • Tu continues à avoir très peur de prendre du poids, à surveiller constamment ton poids
  • Tu ne fais peut-être plus de sport à proprement parler, comme du cardio, mais tu continues peut-être l’hyperactivité via du ménage ou de longs trajets que tu t’imposes à la marche.

Il ne faut pas avoir TOUS les éléments de cette liste pour être en quasi-guérison. Pour moi, si tu as rien qu’un élément de cette liste, c’est que tu n’as pas encore atteint la guérison totale. Mais c’est normal, ne t’en veux pas. Je le rappelle, ça prend du temps. Sois bienveillant avec toi-même.

Alors comment se sortir de la quasi-guérison ?

Parce que OUI, tu peux te sortir de cette phase, peu importe le temps depuis lequel tu es dedans. C’est possible d’atteindre une guérison totale. Même si en effet, ça va prendre du temps, ça va se faire petit à petit. 

Mais déjà, la première chose pour justement aussi avoir la prise de conscience : c’est de réussir à être honnête avec soi-même. Parce que pour travailler sur quelque chose, il faut avoir la prise de conscience en amont.

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Donc vraiment, la première étape c’est d’être honnête avec toi-même sur le fait qu’il y a encore des choses sur lesquelles travailler. Si tu as encore des règles, des restrictions, des routines en place qui sont à l’origine d’une anxiété sur ton poids, ton alimentation, ton corps… Bah, c’est que le travail n’est pas terminé. 

Une autre chose importante pour moi, c’est que tes proches soient au courant que le chemin n’est pas terminé. J’espère pour toi qu’ils s’éduquent eux-mêmes sur les TCA et qu’ils savent que la guérison ne se mesure pas à un poids rétabli. Mais c’est important de toi-même, de communiquer pour leur exprimer que oui, tu as encore besoin de soutien et t’aide, et que tu es toujours en lutte contre des mécanismes des TCA. Le but c’est de te sentir moins seule.

Et d’ailleurs, en parlant de solitude. Une autre chose ultra-importante c’est de t’entourer. En fait, je l’ai dit en parlant de mon histoire vis-à-vis de la quasi-guérison. Mais mon avantage c’est que j’ai eu la bonne idée de rapidement m’entourer. Donc vraiment, même si tu te sens pas légitime : tu l’es. Va chercher de l’aide, vraiment. Ne reste pas seul, va auprès de professionnels pour t’aider à en sortir totalement.

Et puis quelque chose de super important qui m’a par-dessus tout aidé : c’est de me rattacher à mes raisons de guérir. Mais ça n’importe quand ça doit t’aider. C’est pour ça d’ailleurs que je le propose dans le kit de guérison offert. Mais lister ses raisons de guérir + se les remémorer souvent ne les relisant régulièrement c’est indispensable.

Par exemple, dans mes raisons de guérir j’avais le fait de pouvoir profiter pleinement de mes amis, de ma famille. Est-ce que je pouvais le faire dans cette quasi-guérison ? Non. Dans mes raisons de guérir, j’avais aussi le fait de vivre de façon fluide avec mon copain. Et là, clairement, je ne pouvais pas non plus. Parce que j’avais toujours des prises de tête vis-à-vis de la nourriture, même vis-à-vis du fait que lui mangeait parfois moins que moi. Dans mes raisons de guérir, j’avais aussi le fait de vouloir être maman un jour. Et personnellement, je ne voulais pas être maman si j’avais toujours cette grosse fragilité parce que j’avais peur de transmettre à mes enfants cette relation malsaine que j’avais à mon corps, à la nourriture.

Donc voilà c’est mes propres motivations et évidemment, tu as les tiennes. Mais réécris-les si tu ne les as plus. Ou même, refais cet exercice parce que c’est normal que les raisons de guérir évoluent au fil du temps.

Ces aspects sur lesquels travailler pour sortir de ta quasi-guérison

Et donc je t’ai dit que pour sortir de cette quasi-guérison, j’ai travaillé sur des aspects sur lesquels je n’avais pas assez ou pas du tout travaillé.

Entre autres, il y avait le côté psychologique où j’ai énormément travaillé sur ma peur de grandir. J’ai beaucoup travaillé sur ma relation à mes parents. J’ai aussi travaillé beaucoup plus concrètement sur l’acceptation du corps et sur la construction de mon identité au-delà de mon apparence. Mais ça pour le coup c’est des choses que j’avais déjà commencé à travailler depuis 2017. Et puis c’est aussi en travaillant sur la remise en question de l’idéal de beauté de la société, en me créant un esprit critique vis-à-vis de la culture du régime. Et un autre truc c’est que j’avais pas assez travaillé sur la restructuration cérébrale, donc le fait de « recâbler » mon cerveau sur des schémas de pensées sains et non pas ceux du TCA. Et sans restructuration, tu gardes toujours les mêmes schémas de pensées en fait.

Donc voilà beaucoup de choses, variées. Mais qui m’ont été vraiment indispensables pour me sortir totalement de mes troubles alimentaires. 

Et d’ailleurs, pour t’épauler, te guider dans ton propre chemin, tous ces aspects-là et bien d’autres, je les propose dans le programme Butterfly Body. Donc c’est un programme pour t’aider à surmonter la peur de prendre du poids en travaillant sur tous les aspects du TCA : donc psychologique, nutritionnel, anti-compensation, acceptation du corps, création de ta propre identité, etc. Donc vraiment complet et CONCRET avec un ebook avec +55 exercices & méthodes à mettre en place. Donc voilà c’est un programme qui t’accompagne sur au moins 3 mois. 

Un petit mot pour la fin ?

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Ce que je peux dire en petit de fin c’est de vraiment, bah continuer de se battre jusqu’au bout. Parce que je te jure que ça vaut le coup. Tu as le droit de vivre pleinement, et pas à moitié. Parce que rester dans les mécanismes du TCA, même s’ils sont plus discrets, bah ça reste te couper de TOI, de TA VIE. Tu as le droit de VIVRE, et pas seulement d’exister. N’oublie pas quand même de rester bienveillant avec toi-même parce que ça prend du temps d’arriver à une guérison totale, ne te met pas de pression, tu as le temps. Et voilà, accorde-toi patience et bienveillance. 

Personne ne mérite de « s’installer » dans une période de quasi-guérison. Et ça me tenait à cœur, vraiment, de parler de ce sujet et de mon point de vue sur la guérison des TCA. J’aimerais trop avoir vos retours. Donc n’hésite pas à me laisser un commentaire ou à me MP sur Instagram 🙂 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, 3 commentaires
La peur de prendre du poids : pourquoi et comment la surpasser

La peur de prendre du poids : pourquoi et comment la surpasser

La peur de prendre du poids : pourquoi et comment la surpasser

La peur de prendre du poids, de reprendre du poids… C’était dans mon combat, la peur qui me semblait la plus terrifiante. Mais en même temps, c’était aussi la peur indispensable et essentielle sur laquelle je devais travailler pour me sortir de mes troubles alimentaires.

Et je pense que pour beaucoup, c’est la même chose.

Déjà, je viens d’écrire « peur de prendre du poids, de reprendre du poids… ». Il y a une distinction qui est souvent faite, et que je vais expliquer.

La peur de reprendre du poids : qu’est-ce que c’est ?

Je vais commencer par donner la définition que l’on retient quand on souffre de trouble alimentaire. Et je vais te démontrer qu’il y a une différence avec la réelle « définition ». Je dis souvent que lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, sa réalité est biaisée. Bah là, ça va bien le démontrer.

Zéro jugement quand je dis ça, parce que moi-même, quand j’étais malade, je répondais à travers les arguments de mon trouble alimentaire plutôt qu’avec des arguments raisonnés. 

Donc si on demande à une personne souffrant de TCA, qu’est-ce que la reprise de poids. Ce serait « Un processus de récupération faisant référence à un individu qui atteint un poids sain POUR LUI ». Alors évidemment, la personne ne répondrait pas cette définition exacte mais c’est dans l’idée. Ce que je veux souligner ici, c’est que souvent, quand on souffre d’un TCA, on associe la reprise de poids à un poids « sain » selon SOI.

Donc ça veut dire que souvent, la personne dans sa reprise de poids, elle va se fixer un poids à atteindre qui est SAIN selon ELLE. Et pour déterminer ce poids, elle se base souvent sur l’IMC. Or, j’ai fait un article sur l’IMC. Et justement, dedans j’explique pourquoi il faut vraiment pas se baser sur l’IMC, ni même qu’il ne faut pas se baser sur un objectif de poids. Alors, comme j’ai dédié un article à cette explication, je ne vais pas revenir dans le détail. Mais grosso modo, ton corps nait avec un poids de forme génétiquement programmé. Et donc tu ne peux pas déterminer de toi-même, selon des calculs, le poids que ton corps doit atteindre. Parce que justement, la reprise de poids, c’est atteindre un poids qui est bon mais pas selon TOI, selon TON CORPS. Selon les besoins de ton corps. 

Toujours, si on demande à une personne souffrant d’un TCA ce qu’est la reprise de poids, la personne peut répondre « C’est reprendre un poids que tu es capable de maintenir sur le long terme ». Et là aussi j’émets une distinction avec la définition plus réaliste (que je donnerai par la suite). Ce n’est pas un poids que TU es capable de maintenir sur le long terme, c’est un poids que TON corps maintient NATURELLEMENT sur le long terme.

La différence elle est où ?

La différence elle est dans le fait que ton TCA peut te persuader que c’est ton poids « sain »/ « santé » parce que tu le maintiens sur le long terme. Mais à quel prix ? Parce que si le poids que tu fais, que tu maintiens sur le long terme est le résultat d’actions de compensation & de restriction… Ce n’est absolument pas un poids santé. 

Donc je te redonne la définition d’un point de vue maladie : « Processus de récupération faisant référence à un individu qui atteint un poids sain pour lui. C’est un poids qu’il est capable de maintenir sur le long terme ». Et maintenant, la définition d’un point de vue guérison : « Processus de récupération faisant référence à un individu qui atteint un poids sain pour lui, c’est-à-dire répondant aux besoins de son corps. C’est un poids que son corps maintient naturellement sur le long terme ». Et quand je dis les besoins de son corps, ce n’est pas que nutritionnel, c’est aussi respecter quand son corps est fatigué, donc se reposer.

Bon, voilà pour le côté théorique. Peut-être que tu t’es rendu compte que ta définition à toi est plus proche du point de vue maladie. Peut-être qu’à l’inverse, tu as pris conscience que tu es plus sur la définition réelle. Ça va vraiment dépendre de où tu en es dans la guérison, si tu vis une période compliquée en ce moment, etc.

Et ne te juge pas si ta définition est plus proche du côté maladie. Ça se fait petit à petit d’accepter que son poids de forme est un poids que l’on ne contrôle pas, qui correspond aux besoins du corps et pas aux exigences du TCA, des standards de beauté. 

La peur de reprendre du poids v/s la peur de prendre du poids ?

La distinction, si on peut en faire une, selon moi c’est que : 

  • Peur de reprendre du poids : c’est quand ton TCA se dit « ok, il admet que tu as quand même du poids à reprendre mais tu en es tout de même terrifiée ». 

 

  • La peur de prendre du poids : c’est soit quand selon ton TCA, tu n’as plus de poids à prendre (même si en réalité, tu n’as pas atteint le poids de forme qui correspond à ton CORPS (et pas à toi). Ou alors, c’est quand tu as peut-être atteint un poids où ton corps est bien mais mentalement, tu as toujours cette peur terrifiante de prendre du poids. Et l’important, ce n’est pas le poids que tu fais, c’est la peur que tu as. Parce que je le rappelle, les troubles alimentaires c’est des maladies MENTALES, pas physiques. 

 

Ce que je veux dire, c’est que peu importe si tu as peur de reprendre du poids ou peur de prendre du poids : il faut le travailler. Parce que rester avec cette peur te maintient forcément plus ou moins dans les mécanismes de restriction / compensation ; peut-être même dans le cercle vicieux compulsion-restriction. Et rester dans ces mécanismes, c’est s’exposer à un risque de rechute, ou de rester dans une quasi-guérison. Je parlerai de la quasi-guérison dans le prochain article  d’ailleurs. 

5 raisons pour lesquelles c’est indispensable de travailler sur ta peur de prendre/reprendre du poids

Déjà, il a tous les dangers physiques qu’il existe de vivre dans un corps dénutri. Mais je vais pas les lister parce que je veux répondre à la question avec des réponses qui concernent tout le monde, peu importe ton poids. Ça évitera à ton trouble alimentaire de te dire « non mais toi ça te concerne pas » alors qu’en réalité ça te concerne. 

Mais voilà 5 bonnes raisons :

#1 - Pour être toi.

Parce que peut-être que tu penses que c’est toutes tes actions, réactions, pensées actuelles c’est TOI. Mais NON, enfin je veux dire, pas toujours.

Je m’explique : C’est vraiment toutes les pensées de ton TCA qui font qu’à terme, tu peux être une personne constamment irritée, sur la défensive, qui a peu de tolérance, qui prend tout mal, qui parle mal à tes proches… Peut-être même que tu leur mens pour pouvoir t’assurer de ne pas manger un certain aliment ou pour t’assurer que tu vas bien pouvoir faire ta séance de sport.

Toute cette obsession sur ton corps, ton poids, ton alimentation… fait que tu n’es plus vraiment toi. Je n’aimais vraiment pas la Mathilde malade. Surtout avec mes proches « proche » : soit mes parents, mes frères & sœurs. Après, je ne me permettais pas avec les autres. Mais avec eux, je mentais, je les rejetais, je les engueulais pour un rien, je n’acceptais rien de ce qu’ils me disaient, je les culpabilisais pour mon mal-être… Franchement, ça me fait mal de me souvenir que j’ai été comme ça. Mais la réalité, c’est que ce n’était pas moi. Je ne suis pas cette Mathilde et j’ai pu retrouver en guérissant la Mathilde attentionnée, proche de sa famille, qui aime leur faire plaisir, partager de beaux moments avec eux. Donc retrouver le vrai toi, c’est une énorme raison pour travailler sur ta peur de prendre du poids.

Parce que quand tu es comme ça, c’est difficile d’apprendre à t’aimer.

#2 - Pour retrouver ta vie sociale

Ces obsessions sur la nourriture, sur ton poids sur ton corps… Elles ont tendance à t’isoler. Tu vas refuser des sorties, des weekends, des soirées. Tu vas de surcroit t’éloigner de tes proches, de ta famille, de tes amis. Peut-être que du coup, tu ne profites même pas de ta vie étudiante (c’était mon cas…).

Même si tu as l’impression qu’être seul t’apaise : c’est un LEURRE. Oui, sur le moment même, ça t’apaise. Mais sur le long terme, tu te coupes de ta vie.

Je t’assure qu’en t’ouvrant aux autres, tu t’ouvres à de la vie, du bonheur, des moments de partage, d’échange. Tu t’ouvres à d’autres choses que ta maladie, tes obsessions. Les autres permettent de rendre vulnérables toutes ces obsessions. Même si au début tu n’as pas l’impression, il faut multiplier les sorties parce que forcément, les premières fois tu as peur.

Mais au plus tu te confrontes à ces peurs, au plus ce sera « facile ». 

#3 - Pour avoir une relation saine à la nourriture

Parce que oui, avoir cette obsession autour du poids, de ton corps… fait que forcément, tu n’as pas une relation saine à la nourriture.

Soit tu te restreins, tu ne réponds pas aux besoins de ton corps, tu te coupes de tout plaisir alimentaire.

Soit tu manges, mais ne choisis pas l’option dont tu as réellement envie. Tu es dans la culpabilité, les regrets alimentaires. Tu es dans le calcul, le contrôle. Peut-être même que tu connais des compulsions alimentaires et que tu es prise au piège dans ce cercle vicieux de restriction/compulsion.

Peut être même que tu incites les autres à manger plus, en cuisinant pour eux, en les incitant à manger plus, en leur offrant constamment de la nourriture. Quelque part, inconsciemment peut-être, tu espères qu’ils prennent du poids, plus que toi tu dois en prendre.

Mais c’est méga malsain. Aucun jugement, moi aussi j’ai longtemps fait ça. Mais le truc c’est que les autres s’en rendent compte. Et forcément, ils risquent de mal le prendre, ce qui est normal. 

#4 - Pour lutter contre la dépression, l’anxiété

L’isolement, le fait de se restreindre (même mentalement : c’est-à-dire que tu manges l’aliment mais en te l’interdisant), le fait d’être toujours dans la culpabilité, d’avoir cette voix critique intérieure, de mal se traiter, de ne pas prendre en compte les besoins de son corps… Tout ça, ça développe des symptômes dépressifs, anxieux.

#5- Parce que tu as la vie devant toi

Et ça, peu importe ton âge ! Ce que je veux dire c’est que tu aies 16, 20, 30, 40, 55 ans… Peu importe que le TCA soit dans ta vie depuis 5, 10, 20, 25 ans…

Il n’y a pas de trop tard. Tu as plein de belles expériences à vivre, plein de belles rencontres. Plein de choses incroyables à vivre. C’est certain ! Depuis que j’en suis sortie, je prends conscience de à quel point la vie est belle. Genre vraiment belle.

Évidemment, elle a son lot de problèmes dont on se passerait bien. Mais elle réserve aussi de belles surprises 🙂 

#6 - Parce que tu n’as qu’une vie

Genre vraiment qu’une vie. Et elle passe vite ! J’avais vu une citation qui disait « on a qu’une vie, mais une vie suffit si tu la vis à fond ». Est-ce qu’avec cette peur de prendre du poids tu vis ta vie à fond ? Genre vraiment, réponds en étant honnête avec toi-même.

Bon et en fait, des raisons y’en a plein ! Mais je ne veux pas tous les lister sinon ce serait trop long hihi.

Et puis surtout, à la base, je voulais aborder la peur de prendre du poids sous un autre angle. 

Et cet angle, c’est de te parler de…

Pourquoi c’est réellement difficile de surmonter cette peur de prendre du poids / de reprendre du poids ?

Pour moi, je pense que surmonter cette peur demande de surmonter bien d’autres peurs qui sont plus beaucoup profondes. Je veux dire, qu’il ne faut pas « juste » travailler sur ta peur de prendre du poids.

En fait, il faut aller vraiment plus en profondeur. Et comprendre de quoi tu as réellement peur ?

Et parce que c’est beaucoup plus profond, la peur de prendre / reprendre du poids demande vraiment un travail sur de nombreux aspects : 

Cette peur fait parfois référence à :

  • La peur de grandir
  • La peur de s’émanciper de ses parents
  • La peur d’avancer dans sa vie
  • La peur de perdre l’attention des autres
  • La peur d’être oublié, remplacé, abandonné…

En fait, ça peut être d’autres choses, ça dépend de chaque personne.

=> Mais c’est tous des aspects psychologiques qui sont indispensables à traiter.

Cette peur peut être due à de nombreuses croyances erronées que tu as sur ton corps, sur l’alimentation, sur le poids.. qui sont dû à des choses qu’on t’a dites quand tu étais enfant, ou que tu as intégrées de par les valeurs de la société…

Parfois et même souvent, c’est des croyances inconscientes. Mais dont il faut prendre conscience, déconstruire, et reconstruire des croyances saines.

=> donc toute la dimension mentale, reconstruction cérébrale doit être travaillée

Cette peur peut être due à la peur de l’inconfort digestif, d’avoir temporairement un corps non harmonieux, en gros dû à la peur de certains symptômes. Et en effet, si tu n’es pas préparé, si tu ne comprends pas ce qui se passe dans ton corps, tu peux retomber dans de la restriction/compensation donc rester bloqué dans ces mêmes schémas. 

=> Donc toute la dimension physique, doit être travaillée.

Tu as peut-être aussi peur de prendre du poids/reprendre du poids parce que :

  • Tu as peur de voir ton corps changer physiquement 
  • Tu as peur des commentaires des autres
  • Tu as peur de te dégoûter, d’encore moins t’aimer
  • Tu as peur de plus te reconnaître, de plus savoir qui tu es 

=> Donc un travail concret d’acceptation corporelle doit être fait. Genre pas juste dire « Tu dois t’accepter », vraiment mettre en place des actions concrètes. Et un travail qui est lié, qui est celui de se reconstruire, d’apprendre à se connaître, à savoir qui tu es.

Donc : il faut un travail mental, physique, physiologique, d’acceptation corporelle, de reconstruction de soi. 

En fait, il faut un travail pluridisciplinaire. Ce n’est pas la première fois que tu m’entends dire ça . J’en avais parlé notamment dans l’épisode 18 où je t’explique l’importance d’avoir une équipe médicale complète ,d’essayer différentes thérapies. 

Comment je peux t'aider dans ce travail pluridisciplinaire ?

Comment j’en suis arrivée à lier ce travail pluridisciplinaire à la peur de prendre du poids ?

En fait, ça fait depuis 2020 que j’ai Norainnoflower. Et depuis 3 ans, je reçois énormément de messages de personnes qui me parlent aussi de cette peur qui les bloque en fait dans leur guérison. Et souvent, je me rends compte que le travail qui est réalisé pour les aider ne se concentre que sur les conséquences : une focalisation sur le poids, sur la nourriture, l’hyperactivité… En fait, le travail est fait sur les symptômes en apparence visibles.

Mais justement il n’y a pas de travail en profondeur qui est réalisé, pas de travail multidimensionnel. Donc bah c’est difficile pour ces personnes de se détacher totalement de leurs mécanismes de restriction, de compensation. C’est difficile pour ces personnes de ne pas rester dans une quasi-guérison. C’est difficile pour ces personnes de se libérer totalement.

Moi j’ai fait ce travail multidimensionnel. Mais avec du temps. Je veux dire, te mets pas la pression en écoutant ça : c’est un process de petits pas, qui se fait petit à petit. 

Mais j’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice. Je me suis demandé :

Comment je pourrais aider les personnes dans leur peur de prendre du poids / de reprendre du poids ?

Et donc il y a quelques mois, je me suis lancé dans la création d’un nouveau programme que je pensais sortir il y a déjà au moins 2 mois. Au début je proposais surtout tout le travail sur l’acceptation corporelle, les outils concrets pour aider à mieux accepter son corps et la reprise de poids. Mais je me concentrais sur ce côté d’acceptation corporelle. Et en fait, j’ai eu la réflexion que je vous ai exposée en amont : 

Le fait que la peur de prendre du poids est liée à énormément d’autres peurs, et englobe énormément de dimensions. Donc j’ai pris plus du double de temps à le faire. Sans rire, j’y ai travaillé +600 heures ! 

Mais je suis trop fière et trop contente du résultat parce qu’il répond à de nombreuses problématiques et englobe tous les aspects de la guérison.

C’est 5 modules, plus de 11h30 de vidéo, un ebook de +200 pages avec 55 exercices & techniques concrètes, et tant d’autres choses.

✅ Le premier module sera sur toute la dimension psychologique : comprendre les mécanismes inconscients du TCA, comprendre le pourquoi de ta maladie, ce qui t’empêche de guérir, et t’apprendre à te détacher de la maladie.

✅  Le 2e module c’est l’acceptation corporelle : identifier les racines profondes de ta relation conflictuelle avec ton corps et apprendre à t’en détacher (donc l’influence sociétale, mais aussi l’influence familiale, parentale, tes expériences passées). Déconstruire toutes tes croyances erronées, te mettre des objectifs adaptés pour ta guérison. Et après énormément d’outils concrets pour accepter ton corps, travailler sur qui tu es réellement, et aussi des outils pour accepter la reprise de poids).

✅  Le 3e module c’est ton plan d’action nutritionnel & anti-compensation. Parce que ce n’était pas possible de parler de la peur de prendre du poids sans traiter la dimension alimentaire et compensation (hyperactivité, laxatifs, vomissement…). Donc le but c’est aussi de travailler sur les croyances erronées, de comprendre tes sensations de faim, satiété, de revenir sur la base alimentaire, de te proposer des méthodes concrètes pour t’aider durant les repas, mais aussi après les repas pour faire face à la culpabilité et lutter contre les compensations.

✅  Le 4e module parle de tout ce qui peut se passer dans ton corps : les symptômes, mais aussi ce qui peut se passer mentalement dans ta tête. Le but c’est donc de défier tes peurs, de comprendre les variations de ton poids. En gros, le but c’est de connaître pour mieux se préparer et éviter les rechutes. Et y’a une partie sur la communication avec ses proches ; apprendre à exprimer ses besoins, gérer leur commentaire sur ton poids, ton corps…

✅  Le 5e module parle de la quasi-guérison pour éviter d’y rester coincé, parle des différentes causes de rechute. Et je fais un focus sur la peur de grandir qui a été une peur importante pour moi. Et je t’aide aussi à gérer les moments où la maladie te manque.

Bref, franchement, là j’ai même pas tout dit ce qu’il y a dedans. Il est vraiment ultra-complet, concret. Le programme s’appelle ButterflyBody et si tu veux en savoir plus, c’est par ici :

Un petit mot pour la fin ?

Je te dirai de ne pas rester seul(e). Fais-toi accompagner, entoure-toi de tes proches, de professionnels. Vraiment, cherche à te sortir totalement de cette obsession sur ton poids. Sois honnête avec toi-même : ce n’est pas une vie de vivre comme ça. Et c’est possible de s’en libérer totalement. Je t’assure. Et la vie est tellement plus belle, plus légère sans ça ! Je dirai même qu’en fait, la vie est déjà pas toujours facile. Donc pas besoin de se rajouter ce poids sur les épaules. 

Ta vie c’est maintenant, elle ne t’attend pas, n’oublie pas que tu en as qu’une encore une fois. Crois vraiment en cette vie sans ces obsessions. Tu vas t’en sortir, crois-y réellement. Tu es bien plus fort/forte que tu ne le crois. 

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Publié par Norainnoflower dans Conseils, Mieux connaître, Peur du poids, 3 commentaires