Hyperactivité

Hyperactivité et sport : comment y remédier pour guérir de l’anorexie ?

Hyperactivité et sport : comment y remédier pour guérir de l’anorexie ?

Hyperactivité et sport : comment y remédier pour guérir de l’anorexie ?

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L’exercice physique quotidien est une recommandation de tout organisme de santé. Pour beaucoup de personnes, faire du sport part d’une bonne intention pour préserver sa santé. Mais cela peut vite tourner à l’obsession. C’est le cas notamment pour les personnes souffrant de troubles alimentaires. Au-delà du sport, les patientes atteintes d’anorexie et de boulimie sont en permanence active, sans s’accorder de repos avant l’heure du coucher. On parle alors d’hyperactivité, un fléau qui touche 80 % des anorexiques.

J’ai décidé de vous écrire cet article, car lorsque j’étais moi-même anorexique, je n’ai lu que très peu d’informations concernant les avantages à ne pas faire de sport pendant la guérison des troubles alimentaires. Et je sais au combien cela m’aurait aidé durant ma phase de récupération.

Je sais à quel point il est difficile de cesser l’hyperactivité quand on souffre d’un trouble alimentaire. Lorsque j’étais anorexique et qu’on me demandait d’arrêter le sport, ne serait-ce que pendant deux jours, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer le poids que je pourrais prendre. J’étais persuadée que je ne pouvais pas interrompre l’exercice. J’allais devoir en faire tous les jours de ma vie entière. Et bien non, ça, c’est ce que votre trouble alimentaire veut vous faire croire. Dans cet article, je vais vous expliquer d’où vient cette hyperactivité et comment y remédier.

Comment reconnaître quand le sport devient obsessionnel ?

La pratique de l’exercice physique est tellement valorisée dans notre société actuelle qu’il en devient difficile de distinguer quand cette pratique est démesurée. Voici donc quelques symptômes à connaître vous permettant de comprendre de quoi s’agit-il lorsqu’on parle d’exercice excessif.

L’exercice excessif se réalise souvent presque tous les jours, et ce durant plusieurs heures. La personne souffrant de cette obsession va jusqu’à passer le sport comme priorité dans sa vie, et ce même devant sa propre famille ou ses amis. Elle va négliger sa vie sociale au profit de son activité physique. Dans les cas les plus graves, la personne continuera de pratiquer malgré des blessures ou douleurs corporelles.

Malheureusement, une personne qui souffre d’un trouble alimentaire effectue de l’exercice intensivement sans avoir conscience de l’impact destructeur de son comportement sur sa santé et sa vie. Généralement, elle dira qu’elle ne fait pas cela pour perdre du poids, mais que simplement, elle est passionnée de sport et aime les bienfaits que lui procure la dépense physique.

Que signifie l’hyperactivité chez les troubles alimentaires ?

Quand on souffre de trouble alimentaire, on ne pratique pas uniquement du sport à outrance. Généralement, on est atteint plus globalement d’hyperactivité. Pour vous expliquer ce point, je vais vous parler de ma propre expérience lorsque j’étais anorexique.

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Il m’était impossible de rester sur une chaise à ne rien faire. Si je devais être assise pendant plus d’une heure, c’était pour dormir. D’ailleurs, les heures de cours étaient très difficiles vis-à-vis de l’inactivité physique qu’elles demandaient. L’hyperactivité causée par mon trouble alimentaire m’incitait également à faire tous mes trajets à pieds, à toujours emprunter les escaliers plutôt que l’ascenseur, à me lancer dans de grandes balades presque tous les jours, à faire un ménage de printemps chaque soir avant de manger. Bref, je devais constamment être en mouvement. J’avais ce sentiment que je ne méritais pas d’être assise, que j’étais obligée de faire de l’exercice continuellement pour pouvoir vivre sereinement. Bien que je n’étais absolument pas sereine, au contraire…

Vous vous reconnaissez dans ce récit ? C’est probablement parce que vous aussi vous souffrez d’hyperactivité due à votre trouble alimentaire.

Comment expliquer cette hyperactivité dans l’anorexie ?

Je m’apprête à vous faire part d’une analyse dont j’ai moi-même était choquée des résultats :

Des chercheurs ont tenté de trouver le lien entre la restriction alimentaire et l’hyperactivité. Ils ont donc fait une expérience sur des rats. Pour cela, ils ont réduit l’apport alimentaire des rats tout en leur donnant accès à une roue pour qu’ils puissent se dépenser. Et devinez quoi… les rats ont commencé à courir de façon excessive sur leur roue. Leur nourriture était donnée sur une durée limitée. Et plutôt que de profiter de cet instant restreint, les rats préféraient continuer de courir au lieu de se restaurer.

J’étais étonnée à la lecture de cette expérimentation, car je m’attendais à ce que les rats aient moins d’énergie au vu de leur dépense physique et de leur faible apport nutritionnel. Et à ma grande surprise, ils étaient encore plus dynamiques. C’est ce qu’on remarque chez les patientes anorexiques : la restriction alimentaire provoque des dysfonctionnements hormonaux, entraînant une hyperactivité. Quand j’étais malade, j’étais capable de faire un millier de choses dans ma journée sans être fatiguée. Je menais une vie éprouvante où beaucoup d’autres personnes se seraient plaintes par la quantité de travail et d’activité physique. Mais je ne montrais aucun signe de faiblesse. Du moins, au début… si les chercheurs avaient laissé la possibilité aux rats de se dépenser physiquement en continuant de diminuer leur apport alimentaire, ils auraient fini par mourir. Tout comme moi. 

L’hyperactivité s’explique donc scientifiquement dans un premier temps. Mais l’hyperactivité est parallèlement une façon pour votre trouble alimentaire de s’exprimer et de perdurer. Il permet de répondre aux peurs de la patiente : c’est un moyen de bruler des calories, de maintenir un contrôle sur son poids et son corps. C’est également un comportement compensatoire, utilisez notamment chez les personnes boulimiques, comme autopunition et compensation de leur crise alimentaire. Si vous vous demandez alors pourquoi vous ne parvenez pas à réduire votre hyperactivité. Ne soyez pas trop dure avec vous-même. C’est votre trouble alimentaire qui vous pousse à procéder ainsi. Ce n’est par conséquent pas contre vous qu’il faudra vous battre, mais contre votre trouble alimentaire.

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Pourquoi est-ce mauvais d’être hyperactif pendant la guérison de l’anorexie ?

L’exercice physique est considéré comme une vertu de notre société actuelle. Vous êtes donc clairement en droit de vous demander pourquoi il serait mauvais pour vous. Tout simplement, car lorsqu’on souffre de trouble alimentaire, l’activité est souvent pratiqué en excès et devient un symptôme de votre trouble lui-même. Pire, l’hyperactivité va entretenir et même développer votre trouble en maintenant son aspect obsessionnel compulsif.

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En plus de cela, l’hyperactivité peut causer des complications médicales graves sur un corps sous-alimenté. Avant tout, il faut savoir que l’état de malnutrition est vécu comme un stress intense pour votre corps. Ce dernier a peur pour sa survie, il va ainsi arrêter certaines fonctions pour ne conserver que celles essentielles à votre survie. Le cycle de reproduction est interrompu, résultant alors de faibles niveaux d’hormones, tels que l’œstrogène chez la femme. Pourtant, c’est cette hormone qui permet de maintenir une bonne santé osseuse. En conséquence, une dégradation des os créés de l’ostéoporose. C’est-à-dire que les os sont cassants et donc beaucoup plus vulnérables.

Ainsi, en continuant de pratiquer une activité physique, le risque de fracture osseuse augmente considérablement. Le pire, c’est qu’une fois cette fracture guérie, la fragilisation reste bien souvent présente à vie.

Une personne dénutrie maintenant une activité physique s’expose à d’autres problèmes de santé, notamment la déshydratation. Même si vous buvez des litres d’eau tout au long de la journée, vous n’apportez pas à votre corps l’hydratation que vous pouvez retrouver dans une alimentation complète. Des blessures importantes peuvent également apparaître aux muscles, tendons, ligaments et articulations. La personne souffrant d’hyperactivité, en plus de son trouble alimentaire, peut alors multiplier des foulures, entorses, tendinites qui prendront beaucoup plus de temps à guérir puisque le corps est déjà très fatigué physiquement. De plus, tandis que vous réalisez de l’exercice avec un corps malnutri, votre organisme puise son énergie là où il peut, soit dans les muscles. Il en résulte donc une fonte musculaire importante. Autre conséquence encore bien plus grave et tragique, c’est les problèmes cardiaques pouvant être à l’origine d’une mort subite.

Enfin, le fait d’être constamment en activité représente un stress supplémentaire pour votre corps. Il tente tant bien que mal de vous garder en vie, et l’activité intense va lui rajouter une nouvelle difficulté. Alors, cela rallonge le processus de rétablissement des niveaux normaux d’hormones de reproduction, et ainsi la réapparition des menstruations.

Donc finalement, à l’origine vous souhaitiez faire de l’exercice physique quotidiennement pour maintenir votre santé. Mais en fin de compte, l’exercice physique vous amène au contraire de ce que vous étiez censé atteindre, c’est à dire des complications physiques graves qui peuvent aller jusqu’à la mort.

Est-ce que je dois arrêter le sport ?

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas médecin. Ce n’est pas mon rôle de vous dire si vous devez cesser le sport ou continuer. J’ai fait le maximum de recherche pour vous apporter tous les conseils qui vous permettront de répondre à vos questions. Mais il n’existe aucune motion catégorique sur le fait qu’une personne en guérison d’un trouble alimentaire doit arrêter totalement le sport. Après cela dépend de ce qu’on met derrière le mot « sport ». Mais la décision reste largement subjective. C’est pour cela que je recommande vivement d’être accompagné par une équipe de soignants spécialisée dans les troubles alimentaires. Ils sauront, en fonction de vos constantes (évolution du poids, rythme cardiaque) et de votre état actuel dans la maladie vous dire quelle attitude vous devez adopter vis à vis du sport.

Toutefois, la plupart des praticiens conseillent une période minimale de repos complet pour tout le monde. Comme une phase de sevrage pour pouvoir en second lieu travailler sur la diminution de l’hyperactivité. J’en parle dans le point suivant. Cependant, une minorité de médecins souligne le fait qu’interdire à une personne en phase de guérison tout exercice physique renforce inconsciemment le lien qu’elle fait entre sports et la prise de poids.

Le terrain d’entente qu’on peut alors trouver entre ces deux courants de pensée et qu’il est préférable d’avoir une période où l’activité intensive est complètement interrompue. Mais pendant ce temps, des sports beaucoup plus calmes comme la marche ou le yoga peuvent être pratiqués, mais ce, sur un laps de temps limité. Encore une fois, cela dépend de votre cas personnel et donc de l’avis de votre thérapeute.

Petite information utile : sachez que si vous êtes inscrit dans une salle de sport, vous pouvez demander à votre médecin de vous faire une attestation disant que vous devez arrêter de faire du sport pour raison médicale pendant une durée indéterminée. Cela vous permettra de rompre votre contrat et ainsi de ne plus payer une salle de sport pour rien.

Comment réduire l’hyperactivité ?

Le sevrage

Comme exprimé juste au-dessus, pour réduire votre hyperactivité, il est préférable de commencer par une période de sevrage. C’est-à-dire ne plus faire de sport de façon soutenue pendant une certaine phase. Cette durée pourra être déterminée par votre médecin. Si vous êtes hospitalisé, cette phase d’abstinence sera encadrée par votre équipe médicale. Si votre état de santé s’est déjà amélioré et que vous êtes en ambulatoire, alors je vous conseille de respecter cette période de sevrage en arrêtant toute activité intensive. Je ne vous dis pas de rester toute la journée assise dans votre canapé. Mais je vous invite à passer par des mouvements beaucoup plus doux et variés, tels que du yoga ou de la marche, mais aussi des activités récréatives comme la danse, le jardinage, l’artisanat, etc.

Pendant cette phase de sevrage, je vous incite à identifier les schémas de pensées que vous avez dans votre tête lorsque vous luttez contre votre hyperactivité. L’objectif de cette période va être de rompre le lien que vous avez fait entre votre alimentation, votre poids et l’exercice physique jusqu’à ce que votre obsession soit plus faible.

Travailler sur vos distorsions cognitives

Les schémas de pensées que vous aurez identifiés sont souvent des distorsions cognitives. C’est-à-dire que ce sont des schémas de pensées irrationnels. Je vous donne quelques exemples :

  • « Si je ne fais pas de sport, je vais prendre du poids ».
  • « Si je ne bouge pas dans ma journée, je n’aurai pas le droit de manger »
  • « Si je ne reste pas le maximum de temps debout, je n’aurais pas le droit de manger ce soir »
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Une fois que vous avez identifié les distorsions cognitives qui sont à l’origine de votre obsession pour l’exercice physique, je vous invite à travailler dessus avec un thérapeute. Cela fait partie d’une thérapie cognitivo-comportementale pour vous aider à changer votre façon de pensée et donc votre comportement.

Si vous n’êtes pas accompagné, vous pouvez commencer le travail en trouvant des preuves validant et invalidant votre pensée. Vous pouvez également essayer de reformuler votre distorsion cognitive en réfléchissant ce que vous diriez à un ami qui croit cela.

Voici un exemple employant la méthode des preuves :

  • « Si je ne fais pas de sport, je vais prendre du poids » -> avez-vous déjà vécu cela dans le passé ? Avez-vous déjà tenté de ne pas faire de sport pendant 1 semaine ? Avez-vous pris du poids ? »

Je vous propose une autre illustration en utilisant l’approche de ce que vous exprimeriez à un ami :

  • « Si je ne bouge pas dans ma journée, je n’aurai pas le droit de manger. » Peut-être diriez-vous à votre ami : « Si tu ne bouges pas dans ta journée, ton trouble alimentaire te fait croire que tu n’auras pas le droit de manger. Mais est-ce qu’on doit mériter de manger ? Non, c’est un besoin primaire de tout être humain. Tu as le droit de manger, même si tu t’es reposé. De plus, tu souffres d’un trouble alimentaire, tu as donc besoin de beaucoup de repos et de donner l’énergie dont ton corps a besoin ».

Si vous utilisez le sport pour « penser à autre chose », élaborez une liste d’activité qui peut remplir la même fonction. Par exemple : s’offrir un massage au spa, sortir au cinéma avec des amis, se plonger dans une bonne série ou un bouquin, s’occuper d’animaux, etc.

Utilisez un cahier d’activité

J’ai moi-même utilisé cette méthode pour réduire mon hyperactivité. Chaque fois que vous faites du sport, notez-le dans votre cahier d’activité. Inscrivez le type d’activité, le temps passé et si vous le faites par répétition, le nombre de répétitions réalisé. Essayez au fur et à mesure de diminuer soit le nombre de répétitions ou le nombre de minutes consacré. Par exemple, diminuez de 1 minute voire 30 secondes par jour. Ou alors, réduisez de 10 à 5 répétitions par jour. Cela vous permettra de voir votre évolution et de vous maintenir dans la bonne direction.

Pratiquez du sport avec d’autres personnes

Lorsqu’on est tout seul, on ne voit pas le temps passé, on peut laisser notre trouble alimentaire prendre le dessus et augmenter la durée et l’intensité de notre exercice sans même nous en apercevoir.

Le fait de pratiquer un sport avec une autre personne vous permet de rendre votre activité plus agréable. De plus, cette personne pourra également remarquer et vous dire si vous partez dans l’excès. Elle sera là pour tempérer votre activité et rendre vulnérable votre trouble alimentaire.

Découvrez de nouvelles activités

Lorsqu’on souffre d’un trouble alimentaire, on pratique souvent des sports cardio où l’on se dit qu’on doit être complètement à plat à la fin de notre séance.

Il est intéressant de découvrir d’autres activités plus ludiques et que vous appréciez faire, car cela vous plait, et non parce que ça permet de brûler un maximum de calories. Faites la liste des choses que vous aimeriez faire et essayez d’expérimenter une nouvelle activité chaque semaine. Par exemple : le patinage, la danse, le jardinage, la marche nordique, la piscine, etc.

C’est important de tester différentes activités pour savoir laquelle vous correspond.

Quand puis-je reprendre le sport ?

Tout d’abord, avant de recommencer le sport, vous devez avoir fait les exercices que je vous ai suggérés précédemment pour identifier toutes les préoccupations et distorsions cognitives que vous avez concernant le sport. Sinon, les mêmes schémas vont se répéter et vous risquez de rechuter.

De plus, la reprise du sport est une décision qui appartient à votre professionnel de santé qui vous suit. Vous ne trouverez pas la réponse dans cet article, je vous propose simplement des conseils et vous rapportent les informations que j’ai pu collecter à travers diverses lectures scientifiques. Mais en général, il y a trois éléments principaux à avoir avant de pouvoir reprendre une activité physique : un apport nutritionnel adéquat, une restauration du poids et un retour du cycle de reproduction. En effet, la présence ou non des menstruations est un bon indicateur prouvant que la santé de votre corps s’améliore. Cependant, cela ne veut pas dire qu’avoir ses règles signifie que tout va bien. Encore une fois, c’est un symptôme subjectif à chacun. Tout comme le retour des règles n’est pas un feu vert pour recommencer le sport. D’autres éléments sont à prendre en compte comme le poids et l’apport alimentaire.

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Certaines personnes vont refaire le même sport qu’ils pratiquaient lorsqu’ils étaient malades sans que les pensées malsaines reprennent le dessus. Cependant, cela peut être trop déclencheur des troubles obsessionnels et entraîner une rechute. Il est tout de même préférable de changer d’environnement et de débuter de nouvelles activités comme proposées au point 5 dans la partie précédente. Le mieux est de reprendre progressivement, en démarrant avec de courtes périodes de 10 à 15 minutes et des sports doux. N’oubliez pas de maintenir des jours de répit dans votre semaine et une nutrition adéquate à votre dépense. Même les plus grands athlètes s’autorisent du repos.

Mon expérience avec le sport

Je souhaitais vous faire part de ma propre expérience avec le sport durant mes troubles alimentaires. Lorsque j’étais anorexique, je pratiquais beaucoup de sport et j’étais hyperactive comme je vous l’ai expliqué plus haut.

Lorsque je suis arrivée à l’hôpital, j’ai été forcé au repos complet, car nous sommes en permanence surveillée et n’avons que très peu accès à notre chambre. Si vous voulez en savoir plus sur mon hospitalisation, je vous invite à lire l’article où je vous raconte tout.

Lorsque je me suis retrouvée à ne plus pouvoir faire de sport, ni même un minimum d’activité physique du jour au lendemain, je ne vous cache pas que cela a été très dur. Et puisque j’ai toujours été honnête avec vous, je vous avoue que je continuais d’en faire en secret dans ma chambre. Cela ne durait que 3 à 4 minutes, mais ça me permettait d’être rassurée. Au fur et à mesure de mon hospitalisation, j’ai diminué jusqu’à n’en faire qu’une minute par jour puis plus du tout. Lorsque je suis sortie de ma dernière hospitalisation, je n’ai pas recommencé le sport tout de suite. À la place, je pratiquais d’autres activités physiques beaucoup plus douces comme la marche. Mais après deux-trois mois, j’ai repris le sport « cardio ». L’anorexie me quittait peu à peu, mais le sport intensif était le seul outil pour l’anorexie de garder un pas dans ma vie. J’ai pris énormément de temps à arrêter le cardio dans l’objectif de maintenir un contrôle sur mon poids. Cela fait à présent huit mois aujourd’hui que je réalise des activités beaucoup plus variées. Je pratique 2 à 3 séances de sport par semaine en moyenne. Je fais de temps en temps du badminton, de ma danse, parfois je vais me balader. Je fais maintenant des activités qui me permettent de me sentir bien dans mon corps.

En conclusion, bien qu’il n’existe aucune règle indiquant que le sport est interdit durant la guérison d’un trouble alimentaire, c’est toute de même plus que fortement recommandé. Si cela est trop difficile pour vous, arrêtez au moins totalement le sport intensif et préférez des activités plus calmes et ludiques en attendant de retrouver un poids de santé.

Je sais bien que ce n’est clairement pas facile de diminuer son hyperactivité et son sport tandis que la société vous rabâche qu’il faut en faire pour vous maintenir en bonne santé. À peine vous vous connectez sur Instagram que vous voyez vos amis qui partagent leur séance de sport du jour. Mais rappelez-vous que les recommandations nutritionnelles et d’exercice par les organismes de la santé ne s’appliquent PAS aux personnes en guérison de l’anorexie. Pour permettre à votre corps de se remettre de cette longue période de restriction, votre corps a besoin d’un maximum de repos.

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